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Tourisme culinaire : préserver son authenticité

La gastronomie locale est le reflet de l’histoire et de l’héritage d’un territoire, mais aussi de la créativité de sa communauté. Pour un touriste, déguster les saveurs locales lui permet de comprendre les lieux visités. L’engagement et l’éducation de la communauté, l’intérêt des jeunes envers la cuisine régionale et l’élaboration d’une stratégie touristique culinaire incluant l’ensemble de la chaîne de valeur contribuent fortement à étendre et préserver son patrimoine culinaire.

 

Engager la communauté : le cas de l’Irlande

Cet automne, les Irlandais célèbrent la gastronomie avec la campagne Taste the Island. Fáilte Ireland, l’autorité nationale de développement touristique, invite l’industrie à partager ses trésors culinaires, de la mi-septembre à la mi-novembre. Les organisations souhaitant prendre part à la campagne doivent adhérer à la charte et à ses engagements tels que prioriser l’approvisionnement local, sensibiliser les visiteurs aux produits régionaux et créer un événement qui met en valeur la culture culinaire, les gens et les lieux (voir la vidéo).

Source : Youtube 

Les entreprises participantes ont à leur disposition des ateliers et une boîte à outils qui comprend des conseils personnalisés sur l’éventail d’expériences à proposer, selon la catégorie d’activités :

– Restaurants, hébergements, pubs, cafés, attractions;

– Producteurs, microbrasseries, distilleries, marchés fermiers, vente au détail;

– Circuits et activités gourmandes;

– Festivals et événements.

Cette initiative a comme objectifs de créer un réseau d’ambassadeurs, de faire connaître l’histoire culinaire de l’Irlande à travers le monde et d’attirer les visiteurs en dehors de la période de pointe estivale. Ce programme, de portée nationale, est d’une durée de trois ans.

Intéresser la relève

L’éducation des jeunes constitue l’une des voies privilégiées pour préserver l’identité culinaire d’une destination. Selon un rapport de 2019 de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) et du Centre culinaire basque (BCC), la gastronomie devrait être incluse dans le cursus scolaire dès le plus jeune âge. Le Japon, reconnu internationalement pour la qualité de sa cuisine, intègre ce principe.

Taki, une ville de 15 000 résidents, possède une école professionnelle de gestion de restaurant. Pour appliquer les notions apprises, les étudiants gèrent un restaurant de façon totalement autonome. Ouvert uniquement les fins de semaine, l’établissement jouit d’une grande popularité depuis son ouverture en 2002 et sert environ 200 repas par jour. De plus, lors de sa création, des étudiants en architecture ont contribué à la conception du design des lieux.

La ville de Niigata, quant à elle, se définit comme créatrice de culture culinaire. Une initiative de la municipalité cible les élèves des écoles primaires. L’institution Agri-Park offre des conseils et des activités pratiques en agriculture et de conscientisation sur l’alimentation. Cet établissement est aussi ouvert au public.

Jeunes chefs rebelles cuisinent pour jeunes gourmets

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En Belgique, un collectif de 53 chefs âgés de moins de 35 ans propose une introduction à la cuisine gastronomique flamande aux jeunes de 18 à 34 ans, et ce, deux fois par année. La campagne, menée par Visitflanders, vise à offrir à une jeune clientèle une introduction à la cuisine haut de gamme à prix raisonnable. Ces jeunes chefs, des ambassadeurs de la destination, sont connus sous la signature « Flanders Kitchen Rebels ».

Des besoins de formation se présenteront dans l’avenir avec l’arrivée de nouvelles techniques et technologies dans ce secteur. LABe, un nouveau laboratoire d’innovation ouverte, au croisement de la gastronomie et de la transformation numérique, a vu le jour en Espagne. LABe est un incubateur pour tester les idées et les projets en lien avec la gastronomie et l’innovation. Un restaurant alimenté par des producteurs locaux figure comme un des lieux d’expérimentation et de validation pour les chefs et les start-ups.

On ne s’improvise pas destination gourmande

Une stratégie touristique culinaire ou gastronomique s’avère un outil crucial de développement qui contribue à faire converger l’ensemble des acteurs vers un objectif commun. Selon l’OMT et le BCC, le repérage, l’inventaire et l’analyse des acteurs dans la chaîne de valeur du tourisme culinaire du territoire sont considérés comme des étapes clés. Celles-ci permettent de déterminer les synergies et les réseaux d’intérêt et de créer les produits touristiques qui forgeront la culture gastronomique de la destination.

Un exemple de synergie réussie est l’itinéraire Taste the Atlantic – A Seafood Journey, mis sur pied par Fáilte Ireland sur une partie de la populaire route touristique Wild Atlantic Way, en Irlande. À ses débuts en 2015, 28 restaurants ont été présentés à 8 pêcheurs locaux afin d’explorer des pistes de collaboration. L’initiative a été reprise par plusieurs autres localités de la route et compte maintenant 21 fournisseurs. Les visiteurs peuvent dorénavant se délecter des captures du jour dans les pubs et les restaurants locaux. Au Québec, il existe un nouveau réseau de la ferme à l’assiette pour professionnels. La plateforme Arrivage, encore à ses débuts, a comme mission d’approvisionner directement les restaurateurs par un circuit court avec les producteurs.  

Les labels de qualité font aussi partie intégrante de la chaîne de valeur, car ils contribuent à conserver l’authenticité culinaire d’une destination et à éviter sa standardisation. Au Japon, le ministère de l’Agriculture, des Forêts et des Pêches délivre la certification Savor Japan – Explore Regional Flavors depuis 2016. Les régions certifiées sont souvent gérées par un organisme de promotion touristique et chacune met en valeur les spécialités locales. Au Québec, les produits d’appellation réservée pour le vin et le cidre de glace participent à la préservation de l’authenticité.

Enfin, les résidents prennent une place importante dans une stratégie. Ils agissent comme hôtes, comme visiteurs et, surtout, comme ambassadeurs : transmettez-leur votre histoire et votre vision afin qu’ils puissent se les approprier et les faire connaître à leur tour. 

Mettre en valeur les saveurs d’ici

Une nouvelle stratégie touristique canadienne honore les producteurs et les restaurateurs d’ici. Le tourisme de la ferme à la table – de l’océan à la table et le tourisme culinaire sont reconnus comme des priorités d’investissement, particulièrement les circuits gastronomiques, les expériences culinaires autochtones, les festivals alimentaires, les marchés de producteurs et les expériences culinaires locales.

Dans ce contexte favorable, il est d’autant plus opportun de connaître son authenticité culinaire et, surtout, de la faire rayonner auprès de la communauté, des jeunes et des visiteurs.

 

Image à la une : Pexels

Image Jeunes chefs rebelles : Michaël Dehaspe

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Gestion

Des destinations touristiques qui répondent au phénomène climatique

Parce qu’il faut atténuer mais aussi s’adapter

En 2013, la Commission européenne (CE) a mis en ligne un système d’indicateurs pour la gestion durable des destinations touristiques. Ce guide vise à soutenir et à orienter les destinations dans leur démarche vers un développement viable des ressources. L’atténuation, soit la réduction des gaz à effet de serre, demeure la clé de la durabilité économique, environnementale et sociale. Néanmoins, les critères liés à l’adaptation au climat (p. ex.: infrastructures touristiques en zone vulnérable, mise en place d’une stratégie) s’inscrivent maintenant dans le volet environnemental, signe que l’industrie subit ou profite déjà de certains impacts.

L’Australie, un leader

Les écosystèmes fragiles de l’Australie (les récifs, régions tropicales, parcs nationaux ou régions montagneuses) sont sensibles aux effets des changements climatiques. L’engagement des entreprises en adaptation figure dans la stratégie touristique nationale à long terme de l’Australie, intitulée Tourism 2020.

Dans la même optique, Sustainable Tourism Australia, une organisation appartenant à Ecotourism Australia, a mis sur pied une certification pour reconnaître les efforts mis de l’avant face au climat. Elle est accessible à l’ensemble des organisations touristiques publiques ou privées.

KG_DestinationAdapte_Climat_image1Le programme Climate Action Australia classe les organisations en trois niveaux:

  1.  Certifié business: l’entreprise a mis en place des actions de réduction de gaz à effet de serre et d’adaptation, mais ne mesure pas nécessairement son empreinte carbone.
  2.  Certifié innovator: l’entreprise a mis en place des actions de réduction de gaz à effet de serre et d’adaptation, évalue et mesure son empreinte carbone.
  3.  Certifié leader: l’entreprise a mis sur pied une stratégie intégrée sur les changements climatiques à tous les niveaux pertinents des activités et de la planification d’affaires.

Une mise à jour sera effectuée au même rythme que l’évolution des technologies, de la disponibilité de l’information et des changements législatifs. Voici quelques-uns des critères du programme:

  • éthique et responsabilité collective: considérer les options d’assurance pour se prémunir des dommages liés aux événements météorologiques extrêmes, travailler ensemble pour réduire les coûts;
  • clientèle: colliger de l’information sur les répercussions sociales du changement climatique (décision d’achat, comportement de voyage) pour adapter son produit, son service et son marketing, assurer le confort du visiteur, communiquer les risques liés à la santé et à la sécurité;
  • choix de fournisseurs responsables.

Investir dans la sauvegarde du patrimoine naturel

Dans la région de Devon, située au sud-ouest de l’Angleterre, l’offre touristique est composée de parcs nationaux, de sports extrêmes, de plages, de plaisirs gastronomiques, de villages et de villes rustiques. L’organisation de gestion de la destination, Visit Devon, engage autant les habitants et entreprises de la région que les touristes dans une démarche durable et collective pour la conservation de l’héritage naturel, la façon qu’elle a choisie pour combattre les impacts du réchauffement. L’objectif est que la région devienne la plus «verte» d’Angleterre.

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Source: Visit Devon

Le site destiné aux professionnels, Devon Tourism Advice, propose des ressources aux entrepreneurs actuels et futurs pour le développement durable. Plusieurs outils sont mis à leur disposition, notamment:

  • un réseau de «champions» formé d’entrepreneurs prêts à aider les autres dans leur processus de gestion responsable;
  • des suggestions pour partager la responsabilité de conservation avec les clients (projet Visitor Gifting). Par exemple, les entreprises peuvent collecter de l’argent lors d’événements spéciaux ou ajouter un supplément sur des produits locaux;
  • le guide Green Tourism Marketing Toolkit;
  • plusieurs certifications et récompenses régionales (p. ex.: Dartmoor first, Devon Environmental Business Initiative Awards) et nationales (p. ex.: Green Tourism Business Scheme) axées sur la durabilité (environnementale, sociale, économique et locale).

La promotion du site Climateprepared, un site Web qui aide les gestionnaires à agir maintenant face aux inondations, aux sécheresses, à l’érosion côtière et aux périodes de canicule. 

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 Source: Climateprepared

Miser sur l’excellence

La destination de ski Åre en Suède a participé au programme de recherche international Clim-ATIC de 2009 à 2011 pour s’adapter aujourd’hui au changement potentiel dans les habitudes de voyage dû aux changements climatiques. La destination vise à diversifier l’offre et répartir les risques d’affaires sur un plus grand éventail d’activités de même qu’à réduire sa dépendance à l’égard des combustibles fossiles, par le développement d’un réseau de transport écologique alternatif et l’économie énergétique. La destination de ski a opté pour une stratégie environnementale nourrie par des alliances entre les autorités locales et le secteur privé (110 entreprises). Elle compte assurer le leadership européen en matière d’adaptation et développer les sports (hiver et été) en misant sur l’excellence et la recherche.

Des solutions adaptées

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Source: Facebook. The North Face Ultra-Trail du Mont-Blanc.

Après trois ans de mauvaises surprises météorologiques, l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (France, Suisse et Italie) propose un format de course garanti pour 2013 en cas de mauvais temps. Les organisateurs ont prévu des parcours de rechange avec des caractéristiques semblables à ceux d’origine, ce qui assurera la sécurité des coureurs et des bénévoles.

Dans un autre ordre d’idées, certains se proclament anticaniculaires. Par exemple, France Montagnes, un organisme de promotion des sports de montagne, profite des vagues de chaleur pour attirer la clientèle dans ses «zones de fraîcheur».

Au Québec, les entreprises réagissent depuis longtemps à l’imprévisibilité des conditions météorologiques et communiquent de plus en plus efficacement avec leur clientèle. Le simple fait d’être proactives leur permet de mieux se préparer et de se prémunir contre des effets indésirables. À un autre niveau, un encadrement législatif et politique pour soutenir les entrepreneurs s’avèrent nécessaires pour l’élaboration de stratégies face aux effets des événements météorologiques en matière de ressources humaines, financières et matérielles de l’entreprise. 

Également, l’anticipation des changements de comportement de la clientèle assurera une plus grande résilience de l’industrie touristique et, par le fait même, un meilleur positionnement à long terme.

 

Cette analyse a été rédigée en collaboration avec Stéphanie Bleau.

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Gestion

L’heure juste sur les changements climatiques pour l’industrie touristique québécoise

Distinguer la météo du climat

Comme dirigeant d’entreprise, vous adaptez-vous à la météo, au climat ou aux deux? La distinction des deux définitions est importante pour bien comprendre le réchauffement thermique actuel (voir la vidéo ci-dessous).

 Source: Chaire de tourisme Transat, entrevue avec Alain Bourque, directeur général d’Ouranos, 2013.

Les changements climatiques, quant à eux, se résument à une variation significative de la moyenne statistique, de la variabilité de ses propriétés, ou encore de la fréquence, de l’intensité ou de la durée des événements extrêmes pendant une période prolongée (décennie ou plus).

Les impacts climatiques sur les activités touristiques au Québec

Les gestionnaires d’entreprises touristiques du Québec perçoivent déjà plusieurs phénomènes sur leur territoire:

  • l’imprévisibilité et la variabilité des conditions climatiques;
  • la diminution de la saison hivernale et de l’accumulation de neige au sol;
  • l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des vents;
  • la hausse des pluies;
  • l’allongement de la saison estivale.

Pour mieux comprendre les grandes tendances qui se dessinent à moyen et à long terme, Alain Bourque nous expose les impacts climatiques au fil de saisons (voir la vidéo ci-dessous).

 

Source: Chaire de tourisme Transat, entrevue avec Alain Bourque, directeur général d’Ouranos, 2013.

Statu quo ou adaptation?

Jusqu’ici, aucune planification stratégique ou presque n’a été réalisée quant à l’évolution future du tourisme à l’échelle du Québec dans un contexte de changements climatiques. Toutefois, plusieurs secteurs d’activités ou entreprises touristiques agissent pour s’adapter aux effets associés à la modification du climat. Ces derniers peuvent même se traduire par des occasions d’affaires pour certains. L’adaptation est-elle accessible à toutes les organisations, quelle que soit leur taille? Où se situe le Québec par rapport à ses voisins? La vidéo qui suit nous apporte quelques pistes de réflexion.

 

Source: Chaire de tourisme Transat, entrevue avec Alain Bourque, directeur général d’Ouranos, 2013.

Après avoir visionné ces vidéos, certains gestionnaires réalisent certainement qu’ils ont déjà fait un premier pas vers l’adaptation. Le partage d’information et la concertation constituent pour l’industrie touristique des éléments clés, pour en assurer sa pérennité. N’hésitez pas à partager vos initiatives dans la boîte de commentaires ci-dessous. 

Des vidéos supplémentaires pour en savoir plus sur le sujet:

Comprendre l’évolution du système climatique jusqu’à aujourd’hui

Comment fonctionnent les outils de prévision climatique?

Au cours des 3 dernières années, 300 intervenants du secteur récréotouristique ont pris part à la première étude sur l’analyse socioéconomique des impacts et de l’adaptation aux changements climatiques de l’industrie touristique au Québec. L’engagement des acteurs issus des secteurs privé et public a grandement contribué à l’avancement des connaissances dans ce domaine.

Ce projet a été réalisé par la Chaire de tourisme Transat, sous la gouverne du consortium Ouranos et en collaboration avec de nombreux partenaires. Les régions des Laurentides et des Cantons-de-l’Est ont été choisies comme terrain d’étude en raison de leur grande diversité d’activités en toutes saisons. Les résultats de cette recherche sont accessibles sur le site de la Chaire de tourisme Transat.

 

Capsules vidéo produites par la Chaire de tourisme Transat, 2013.

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Produits et activités Tourisme durable

Verdir un festival par la sensibilisation

La perception de la clientèle

Un sondage à l’intention des festivaliers est depuis 2008 produit par Teresa Moore, de la Buckinghamshire New University, en partenariat avec l’organisme A Greener Festival. Ce questionnaire en ligne vise à connaître la perception de la clientèle quant à l’impact des festivals sur l’environnement. En 2012, l’échantillon était composé de 2 300 répondants en provenance de 32 pays – y compris du Canada –, le Royaume-Uni (40%) et la Slovaquie (27%) étant les mieux représentés. Les deux tiers des participants étaient âgés de 30 ans et moins.

L’opinion des festivaliers en matière d’environnement est résumée ci-dessous. Les résultats des années 2012 et 2008 sont quelquefois comparés afin de montrer l’évolution des réponses.  

  • 90% des répondants pensent que les festivals ont la responsabilité de minimiser leur empreinte écologique;
  • 80% estiment que la tâche revient également aux festivaliers (comparativement à 56% en 2008);
  • 43% affirment qu’ils ont changé leur comportement après avoir découvert de nouvelles initiatives ou idées proposées lors d’un événement;
  • Les éléments suivants sont perçus comme des conséquences néfastes de la tenue de festivals: déchets (87%), trafic (81%), bruit (77%), dommage au sol (66%) et émission de CO2 (56%);
  • 86% des répondants trient leurs matières résiduelles lorsque les installations le permettent (comparativement à 62% en 2008);
  • 28% considèrent les pratiques écologiques de l’événement avant d’y assister;
  • 87% iraient voir la prestation de leur groupe favori même si l’événement n’avait pas de politique verte.

Pour la plupart des festivaliers, les pratiques écologiques ne font pas partie des priorités dans le choix d’un événement. Toutefois, la clientèle est consciente que cette responsabilité lui incombe autant qu’aux promoteurs. L’équipe de direction d’un festival devrait considérer un certain nombre de facteurs avant d’entreprendre le virage vert.

Quels sont les ingrédients pour réussir sa stratégie environnementale?

Il est important de comprendre les responsabilités qui accompagnent la stratégie environnementale.

Les experts mentionnent plusieurs enjeux dans l’implantation d’une stratégie environnementale en tourisme: manque de fonds, de réglementation et d’information; intérêts multiples des parties prenantes; contexte politique; soutien de l’administration et capacité de l’organisation. En 2009, le festival Pride Toronto, l’une des plus grandes célébrations culturelles de la communauté gaie et lesbienne (LGBT), a entamé un processus d’analyse dans le but de devenir «carbone neutre» pour 2013.

L’organisation a ainsi formé un partenariat sur trois ans avec l’Icarus Foundation, organisme spécialisé en recherche et éducation environnementale et climatique en tourisme. Plus spécifiquement, elle souhaitait mesurer son impact, sensibiliser et éduquer les employés, les bénévoles ainsi que le public, et mettre en place les mesures adéquates. Un coordonnateur a été embauché au cours de cette période.

La stratégie environnementale (objectifs, mesures et indicateurs de performance) a été élaborée lors de la première année. Dès la deuxième, le festival a mis sur pied bon nombre d’initiatives telles que l’installation d’un kiosque d’information avec écran tactile destiné, entre autres, à évaluer l’intérêt du public sur le sujet et à l’informer sur les initiatives entreprises dans l’organisation. Malgré tout, le festival n’a pas réussi à atteindre l’ensemble des objectifs. Pourquoi?

Premièrement, l’implantation d’une série considérable d’actions (liées à la gestion des matières résiduelles, à l’énergie, à l’eau, aux fournisseurs, aux émissions de gaz à effet de serre, etc.) doit être en harmonie avec les valeurs organisationnelles. Plusieurs pressions externes (politiques et financières, par exemple) peuvent venir bouleverser les priorités des organisateurs. Pride Toronto est très impliqué socialement, et l’énergie du coordonnateur a été canalisée à cette fin. Il est conseillé aux organismes d’insérer leurs pratiques de durabilité dans leurs principes directeurs.    

Deuxièmement, ce type de projet devrait être mené par un décideur à l’intérieur de l’organisation. L’engagement et la motivation des employés ainsi que de l’administration sont privilégiés pour l’opérationnalisation d’un plan d’action. Finalement, la communication de ses bonnes pratiques concrétise la vision d’un festival et le travail accompli.  

Des initiatives de sensibilisation dans les festivals

35% du dioxyde de carbone (CO2) émis par l’industrie touristique dans l’atmosphère provient des déplacements terrestres.

Les festivals constituent un carrefour artistique et culturel d’excellence pour la sensibilisation d’une clientèle captive. L’organisation du carnaval de Rio de Janeiro a incité de façon originale les esprits festifs à échanger leurs canettes de bière vides contre un billet de métro gratuit dans le «tourniquet à bière». La fréquentation de ces derniers a été supérieure de 86% à celle des tourniquets classiques au cours d’une journée. En matière de bienfaits sociaux, les infractions liées à la conduite en état d’ébriété ont diminué de 43% ce jour-là (voir la vidéo).

Source: YouTube. The Beer Turnstile Antarctica AlmapBBDO

Des festivals à thématique écologique misent sur leur expertise pour éduquer la clientèle. À Vancouver, l’Epic Festival, prônant un mode de vie durable, offre des ateliers de jardinage pour les espaces restreints, tels que les balcons d’appartement.

Au Québec, plusieurs événements font appel à la brigade Écho’Scouade pour conscientiser les festivaliers et les commerçants aux comportements écoresponsables. L’organisation des Jeux du Canada 2013 (Sherbrooke) a mis sur pied l’équipe verte Cascades pour informer les participants et le public sur les mesures prises en matière de développement durable. Grâce à la collaboration du Conseil régional de l’environnement de l’Estrie, cette équipe deviendra permanente et sera valorisée dans diverses manifestations.

Depuis 2010, la norme BNQ 9700-253 sur la gestion responsable d’événements aide les organisateurs à minimiser leur impact environnemental et à augmenter les retombées économiques et sociales. Cette certification propose des critères d’intégration progressive du développement durable. L’adhésion des parties prenantes (fournisseurs, employés, clients, commanditaires, etc.) à votre vision et la communication de vos actions facilitent le changement dans l’organisation. De plus, l’engagement de l’ensemble de vos relations et des festivaliers dans le processus pourrait produire des effets positifs insoupçonnés!

Analyse réalisée grâce à un partenariat avec Tourisme Montréal sur le tourisme urbain durable.

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Produits et activités Technologies

Tourisme de montagne 2.0

«Les changements technologiques n’influencent pas les missions des acteurs touristiques dans les domaines de la promotion et du développement des produits, mais la manière de les accomplir.» Telle était la prémisse qui a lancé le 7e Congrès mondial du tourisme de neige et de montagne, organisé par l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) en Andorre, en avril dernier.

D’entrée de jeu, le Secrétaire général de l’OMT, M. Taleb Rifai, a relevé trois changements majeurs pour les stations de montagne:

  • L’arrivée de nouveaux voyageurs plus éduqués, exigeants et expérimentés;
  • La nécessité de gérer les ressources financières, mais aussi naturelles, car les changements climatiques et leurs effets sont bien présents dans les stations de ski;
  • Les nouvelles technologies, de plus en plus incontournables.

Ce dernier défi constitue le thème de ce congrès. Comment la technologie mobile et les réseaux sociaux influencent-ils le produit montagne? Quelques conférenciers ont tenté de répondre à cette question par des analyses ou des exemples de pratiques.

Un topo mondial sur le ski alpin

Sur les quelque 80 pays où l’on pratique le ski, sept se partagent 78% de la fréquentation mondiale, selon Laurent Vanat, auteur du Rapport international sur le tourisme de montagne publié chaque année. Les États-Unis se classent au premier rang, suivis de la France, de l’Autriche et du Japon. Le Canada arrive en 7e position. Ces importants acteurs ont atteint une certaine maturité et leurs jours-ski (visites) stagnent ou déclinent. En contrepartie, les marchés émergents se développeront au cours des prochaines années. L’Europe de l’Est et l’Asie devraient considérablement augmenter leur part de marché d’ici 2020. Actuellement, ces deux marchés regroupent 33% des skieurs, mais seulement 21% de la fréquentation en station.

Toutefois, le ski s’avère plutôt un sport national, de par le monde: 86% des stations attirent une clientèle domestique et 14% internationale. Le Canada suit la tendance mondiale. Seulement dix pays comptabilisent plus de 20% de skieurs étrangers, dont trois plus de 50% (Andorre, Autriche, Suisse).

Laurent Vanat s’est questionné par rapport à l’incidence du Web sur la fréquentation de la majorité des stations de ski. Son constat: «Internet n’aide pas et n’apprend pas à skier», c’est un outil de communication, de transparence et de marketing qui apporte un effet bénéfique à l’image de l’entreprise. La technologie agit comme un facilitateur permettant, entre autres, la vente de forfaits et la transmission des conditions d’enneigement en temps réel. En bref, les techniques marketing ont changé, mais pas le marché.

Vanat a aussi observé que les adeptes de Facebook représentent au maximum 10 à 12% de la clientèle réelle d’une station.

Après avoir tenté de corréler la fréquentation à la montagne avec plusieurs facteurs tels que la croissance du nombre d’utilisateurs d’Internet, l’enneigement, l’ensoleillement et le taux de change, Laurent Vanat a conclu qu’une seule composante ne suffit pas pour influencer les visiteurs. Selon lui, la combinaison gagnante pour une station de montagne regroupe…

Enneigement — Ensoleillement — Économie — État d’esprit

Les stations 2.0 prolongent l’expérience client

Que ce soit avant, pendant ou après le séjour à la station, le e-marketing maximise l’expérience globale.

Par exemple, le Resort Vallnord, situé en Andorre, propose des codes QR sur son site Internet pour que les futurs visiteurs puissent télécharger les indications routières sur leur appareil mobile avant leur séjour.

Source: VallNord

Actif sur Facebook et Twitter, Vallnord offre aussi une application mobile munie d’une carte interactive des pistes, du positionnement GPS, des conditions météo, des services disponibles, de la fonction «trouver vos amis», de la réalité augmentée, des données sur la performance de ski de l’utilisateur et d’un accès aux webcams, aux vidéos ainsi qu’à des jeux. Cette application contient des informations descriptives, éducationnelles et promotionnelles, une section réservée aux activités pour enfants, des lignes de conduite et de sécurité dans les zones aménagées pour les skieurs et planchistes, des produits touristiques classés par thématique, des forfaits offerts pour les entreprises et les groupes, etc. En somme, une réplique du site Internet à portée de main.

 

Source: VallNord

Un service Wi-Fi gratuit est disponible au pied des pistes et dans les centres de services. La station offre également une formation à ses employés sur la manière d’interagir sur les médias sociaux.

Un portail montagnes qui se démarque

France Montagnes détient un rôle de promotion et de communication des offres de vacances à la montagne, été comme hiver. La dernière campagne de promotion hivernale visait, entre autres, à revaloriser le ski de randonnée (ski de fond, pas de patin et hors-piste), perçu comme trop «élitiste» ou «pépère». Accompagnés d’une bonne dose d’humour, une série d’outils promotionnels sur le thème central de la femme, la décideuse, sont diffusés sur le site Internet et Facebook.

 

Source: France Montagnes

L’organisme a également créé une application mobile amusante, «la montagne, bienfaits pour vous», qui transforme les photos selon la journée du skieur.

Source: Application Bienfaits pour vous

France Montagnes poursuit sur la même note pour la saison estivale et propose aux femmes d’envoyer balader leurs enfants, à la montagne bien sûr.

baladerenfant

Source: France Montagnes

 

Une stratégie de communication appropriée

Pour les stations, il est important d’entretenir la conversation sur les médias sociaux, qu’elle soit positive ou négative. Selon Georg Ziegler, directeur B2B chez HolidayCheck.com, les critiques des internautes revues par les hôteliers sont dix fois plus lues que les autres. D’après ses analyses internes, 79% des clients sont rassurés si un gestionnaire répond à une critique négative sur son établissement, mais seulement 7% des hôteliers enregistrés le font.

Il faut aussi différencier les clientèles estivale et hivernale. À Flaine, en Haute-Savoie, la clientèle estivale est fortement représentée par des familles intergénérationnelles. Un mix média traditionnel et sur le Web est privilégié. À l’opposé, Internet et les nouvelles technologies composent 99% de ses outils promotionnels en hiver. Les nouvelles technologies s’insèrent dans une politique globale de communication et de fidélisation.

L es pays tant émergents que développés entrent dans cette ère numérique et misent sur divers canaux, images et vidéos pour attirer la clientèle. Les effets de la technologie ne sont pas encore très bien mesurés, mais elle déclenche sans aucun doute des buzz. Comme le dit Mme Turino, directrice marketing de Monterosa Ski, en Italie, «il y a un temps pour Facebook et un temps pour skier». Elle attend le jour où des panneaux sur la nuisance de Twitter seront installés sur les pistes pour rappeler aux skieurs que si les réseaux sociaux peuvent prolonger leur expérience, il faut tout d’abord qu’ils la vivent.

 

Sources:

Conférences. 7e Congrès mondial du tourisme de neige et de montagne, La Massana, Andorre, 11 et 12 avril 2012.

– Vanat, Laurent. «2012 International report on mountain tourism», 7e Congrès mondial du tourisme de neige et de montagne, Andorre, 11 avril 2012.

Sites Web:

France Montagnes

VallNord

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Hébergement Produits et activités

Voyager autrement dans les destinations nordiques

D’un réseau de fermes en Islande aux rorbus en Norvège, les lieux inédits révèlent l’histoire et la culture d’une région d’accueil et alimentent l’imaginaire du voyageur. L’hébergement constitue une composante majeure de l’expérience. Qu’ils soient seuls ou en réseaux, certains propriétaires l’ont compris et structurent leur offre pour satisfaire le touriste en quête d’authenticité, ou plutôt d’excentricité.

D’une ferme à l’autre en Islande

Icelandic Farm Holidays, une association formée de près de 180 propriétaires fermiers, propose 4800 lits répartis en Islande, à la limite du cercle arctique. Selon le type d’établissement, de 4 à 150 personnes sont accueillies directement chez l’habitant ou dans un petit hôtel (guesthouse), une maisonnette, un appartement ou un hôtel champêtre. En plus de la vente d’hébergement, l’association peut offrir un séjour complet grâce à sa licence de voyagiste. Les activités, telles que la pêche, la randonnée à cheval et la plongée en apnée, et les forfaits sont offerts de manière organisée ou autonome. Icelandic Farm Holidays est certifiée par le programme EarthCheck.

Il est facile de planifier des circuits semi-organisés en automobile à partir du site Internet de l’Association. D’une durée de 3 à 13 jours, 14 circuits thématiques sont offerts en été et 11 en hiver, dont l’Express Self-drive, qui constitue un grand tour en une semaine. Les circuits s’adressent aux couples, aux familles comme aux aventuriers.

Source: Icelandic farm holidays

Par exemple, l’itinéraire Free as a bird inclut une nuit à Reykjavik, la capitale de l’Islande, et 3 certificats au choix dans les établissements d’hébergement membres. Des tours guidés, des circuits thématiques ponctuels (p. ex., Noël en campagne, aurore boréale) et spécialisés pour les amateurs d’ornithologie font aussi partie des offres.

Le site promotionnel de l’organisation comprend des informations présentées de manière simple et conviviale, ce qui permet au voyageur de bien préparer son itinéraire et d’éviter les mauvaises surprises à destination, telles que:

  • le nombre de jours, le prix, la description générale du circuit et sa localisation sur une carte;
  • le nombre de kilomètres à parcourir et l’itinéraire quotidien, incluant les points d’intérêt;
  • la liste des services et des produits compris ou non dans le forfait (p. ex., la location d’une voiture, les nuitées, la carte routière);
  • le mode de transport à l’arrivée à l’aéroport: location d’une voiture sur place ou transfert en navette jusqu’à l’hôtel avec un représentant (location ultérieure);
  • les indications sur la conduite en Islande: conditions routières et météorologiques et signalisation sur le site Web Safetravel.is, des brochures et une vidéo explicative;
  • la réservation en ligne.

Pour faciliter le parcours du client, l’Association a produit deux logos: «visites à la ferme» (open farm) et «vente de produits sur place» (farm food direct). Ce dernier fait la promotion des produits locaux fabriqués en quantité limitée et non offerts dans les sites marchands. Nouvellement créé, un label qualité est apposé sur les produits agroalimentaires; il sert à assurer la salubrité des lieux par des inspections de l’organisme administrateur. Les logos sont affichés sur l’ensemble des outils promotionnels.

Source: Icelandic farm holidays

Des phares et des rorbus en Norvège

La location d’un phare en Norvège s’avère possible grâce à la Société des phares de la Norvège, qui veille à la préservation de cet héritage patrimonial. Plus de 50 phares historiques ont changé de vocation depuis les années 1990; ils accueillent maintenant des visiteurs. Généralement, le séjour se déroule dans la maison du gardien qui a vue sur la mer. Toutefois, des offres plus insolites existent comme une nuit dans la tour, avec un forfait spécial pour les nouveaux mariés, ou dans un phare isolé sur une île accessible seulement en hélicoptère à cause de l’imprévisibilité des vagues (voir l’image ci-dessous). La liste des phares est affichée sur le site de l’Office de tourisme de la Norvège.

Plus d’une centaine de cabanes de pêcheurs, autrefois appelées «rorbus», longent la côte norvégienne. Elles étaient jadis utilisées par les pêcheurs de passage. Au fil du temps, elles sont devenues une oasis pour les visiteurs étrangers. Très prisés en été, ces rorbus sont équipés minimalement d’une salle de séjour, d’une chambre et d’une toilette.

Source: Visit Norway

Des igloos en été

L’hôtel quatre étoiles Arctic, au Groenland, a construit cinq «igloos estivaux» en remplaçant la glace par une structure en aluminium. Jouissant d’une vue sur le fjord, ils sont disponibles de mai à octobre.

Source: Hotel Arctic

Le Québec détient tout le potentiel nécessaire pour mettre en valeur de façon originale sa nature et son terroir. Très riche de son agriculture, la province compte plus de 80 fermes découvertes certifiées à ce jour; des exploitations agricoles spécialisées en visites récréatives et éducatives. Les tables champêtres, les gîtes, les pourvoiries, les phares, les refuges sur terre ou dans les airs, les yourtes, les fromageries, les vignobles, les microbrasseries et plus encore s’ajoutent à la liste des attraits d’ici. Quelques initiatives méritent d’être soulignées, telles que le site Internet terroiretsaveurs.com, qui met en valeur les atouts des région touristiques.

Dans un élan de continuité, la multiplication des collaborations entre les entreprises et leurs associations respectives, ainsi qu’avec d’autres secteurs non touristiques, est souhaitée pour la mise en marché de produits unifiés et diversifiés. La mise en place de partenariats innovants est nécessaire, car, au final, le mot d’ordre reste encore et toujours l’expérience ainsi que la simplicité d’action pour le client.

 

Sources:

Icelandic Farm Holidays

– Visitnorway.fr. «Séjourner dans une cabane de pêcheur», 20 juillet 2009.

– Hotel Arctic. «Stay overnight in an igloo», consulté le 15 mars 2012.

– Visitnorway.fr. «Louer un phare», 20 avril 2010.

– Visitnorway.fr. «Deux hôtels norvégiens classés pour leur originalité», 4 février 2009.

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Marchés géographiques Tourisme durable

Un modèle touristique différent dans les communautés autochtones

++ Commentaire de Sylvie Blangy, chercheure en tourisme autochtone ++

 

Une communauté Saami au Nord de la Suède a su bâtir un réseau touristique pour mettre en valeur sa culture. Que le tourisme autochtone se base sur un modèle d’affaires ou, plutôt, sur une philosophie de vie, les entrepreneurs locaux partagent une même vision : préserver et valoriser leur culture, la faire connaître à leurs hôtes, créer des emplois pour les jeunes et diversifier les sources de revenus. La création d’un projet touristique comporte toutefois plusieurs défis tels que la mobilisation de la collectivité et le recrutement d’une main-d’œuvre intéressée et qualifiée. En ce sens, regardons les initiatives autochtones étrangères et les programmes qui méritent une attention particulière.

Qu’est-ce que le tourisme autochtone?

Butler et Hinch définissent le tourisme autochtone comme suit:

«Une activité dans laquelle les peuples autochtones sont directement impliqués, qu’ils contrôlent en partie ou en totalité et dont l’attraction principale est leur culture. Le degré de contrôle et le contenu “autochtone” de la prestation varient d’une entreprise à l’autre et génèrent une grande diversité d’expériences.»

De l’aventure à l’immersion culturelle, le tourisme autochtone prend plusieurs formes et est souvent offert en forfait d’une durée variable (lire aussi: Le tourisme autochtone, plus qu’un simple produit). Les défis auxquels font face les exploitants divergent selon l’intérêt, le leadership et l’emplacement géographique de la communauté. La participation active des parties prenantes, l’innovation et la créativité s’avèrent primordiales pour la réalisation d’un projet collectif.

Quelques modèles à succès

Nutti Sami Siida

En 1997, pour répondre à un besoin financier, Nils-Torbjörn Nutti et Carina Pingi ont décidé de lier leur mode de vie traditionnel, comme éleveurs de rennes, au tourisme. Située à Jukkasjärvi, au nord de la Suède, leur offre est basée sur la culture Saami et sur la nature: un écolodge, des journées d’immersion (gastronomie, lancée du lasso, éducation du visiteur) et des randonnées en traîneau tiré par des rennes. Dès le départ, le partenariat que ces entrepreneurs ont établi avec l’hôtel de glace à proximité de leur entreprise s’avèrera très fructueux et durable. Certifié par le label de qualité Nature’s Best Sweden, Nutti Sami Siida sert d’exemple autant pour son implication auprès de l’industrie touristique que pour la commercialisation réussie de son produit dans les marchés extérieurs.

 

Tourisme_autochtone_image1

Source: Nutti Sámi Siida

Min Eallin

Aussi éleveurs de rennes, Britt-Marie Labba et Per-Nils Päiviö d’Övre Soppero, en Suède, ont converti une hutte traditionnelle Saami et une ferme en lieu d’hébergement pour des visiteurs. Ce lieu a été bonifié d’un musée, d’un sauna et d’un spa, et plusieurs activités de plein air y sont organisées. Leur savoir est également transmis aux élèves lors de sorties scolaires éducatives.

 

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Source: Mineallin

VisitSápmi

Min Eallin et Nutti Sami Siida sont membres de VisitSápmi, l’association touristique suédoise Saami. La création de cette dernière découle d’un séjour d’étude au Québec, organisé en 2009. Cette visite visait l’échange d’idées entre quelques nations québécoises et les Saami. Inspirés en grande partie par le modèle de l’association touristique Eeyou Istchee, les fondateurs de VisitSápmi s’occupent maintenant de la formation, de la promotion, du marketing et de la certification des entreprises. La plupart des entrepreneurs Saami conjugent l’élevage de rennes au tourisme. L’association les représente dans divers événements avec un rayonnement international tels que ITB Berlin et WTM Londres.

Écotourisme et culture à Arviat : un modèle en développement

En 2008, Nunavut Tunngavik inc., l’organisation formée sous l’accord des revendications territoriales du Nunavut, et l’Association Inuit de Kivalliq ont entrepris une démarche avec la collectivité d’Arviat. Ce projet quinquennal vise à développer un produit touristique durable et à promouvoir la destination. Arviat a été sélectionné pour plusieurs raisons:

  • son intérêt pour le tourisme;
  • sa culture traditionnelle forte;
  • ses possibilités d’excursion en nature et d’observation de la faune;
  • son emplacement géographique au nord de Churchill, surnommé la «capitale mondiale de l’ours polaire».

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Source: Arviat Community Ecotourism

Le projet a débuté par deux années de consultations, plusieurs ateliers et visites des lieux. En faisant appel à l’ensemble des parties prenantes, les conseillers ont ainsi convenu de ce qui devait être partagé avec le visiteur. Ils ont offert une formation à plus de 50 personnes dans divers champs de compétence: service à la clientèle, sécurité, planification d’événements, photographie, etc. En janvier 2011, les résidents ont évalué leur programme culturel en se mettant dans la peau de touristes. L’appropriation de l’offre touristique, sa gestion et sa commercialisation par les entreprises et les résidents sont souhaitées pour 2013. L’offre s’harmonise autour:

  • de la valorisation des savoir-faire, du partage des traditions;
  • de camps de chasse et de pêche autour du village;
  • de démonstrations des méthodes de survie des Inuit, de rencontres d’artistes et de conteurs, de chants de gorge, de partage du thé avec les personnes âgées, etc.

Un facteur d’attractivité non négligeable repose sur les 20 000 visiteurs qui se déplacent à Churchill chaque année. Arviat apparaît comme une valeur ajoutée au circuit traditionnel.

Quelques actions marketing ont été déployées, telles que l’accueil de cinq opérateurs de tours canadiens et britanniques au printemps (deux d’entre eux ont déjà manifesté l’intérêt de les ajouter à leur brochure 2012), la création d’un site Internet et une présence active dans les médias sociaux. Un projet de camp mobile pour l’observation de la migration de caribous et la construction d’un écolodge sont dans l’air…

 

Tourisme_autochtone_image4

Source: Arviat Community Ecotourism

Un enjeu majeur: une main-d’œuvre qualifiée

Le profil démographique dans le Nord du Québec diffère de celui au sud; dans les régions au nord, les jeunes de moins de 30 ans représentent de 32% à 62% de la population, et dans les régions au sud, environ de 30% à 40%. Le développement de l’entrepreneuriat constitue une nécessité. Voici deux programmes qui encouragent le leadership.

Indigee pour les jeunes entrepreneurs autochtones scandinaves et russes

Ces deux dernières années, plus d’une centaine de jeunes Saami, Nenets, Komis et Vepses, âgés de 18 à 28 ans, ont participé à Indigee en poursuivant un des deux objectifs suivants:

  • développer leur projet d’affaires pour mettre sur pied une entreprise;
  • augmenter la valeur et la productivité de leur entreprise.

Des conseillers les ont accompagnés durant un an et leur ont offert une formation personnalisée, orientée vers des résultats concrets, en plus de trois conférences par année. Indigee mise sur le réseautage pour développer une culture d’affaires dans la région.

Institut de formation en patrimoine

Pour former la relève en patrimoine et dans le secteur muséal, le projet Gaining toward the Future se caractérise par la remise d’une certification reconnue comme un programme non crédité du Nunavut Arctic College. Ce projet vise le rehaussement des connaissances et prévoit des formations au Nunavut et dans les régions du sud du Canada.

Au Québec, onze nations se répartissent un territoire naturel d’une grande richesse. Tourisme Autochtone Québec propose sur son site Internet une multitude d’immersions culturelles sous les thématiques «Apprendre», «Découvrir» et «Voir». Ce dernier met l’accent sur l’histoire des onze nations, appuyé par un visuel qui met de l’avant la convivialité des communautés hôtes. La société soutient aussi l’entrepreneuriat et le développement de meilleures pratiques d’affaires autochtones.

 

Commentaire de Sylvie Blangy, chercheure en tourisme autochtone

J’ai publié un livre en 2006, Le Guide des Destinations Indigènes, qui réunit 200 initiatives de tourisme autochtone à travers le monde, sur tous les continents, et qui a été mis en ligne sur un site interactif et géoréférencé. Les auteurs de ces témoignages peuvent dialoguer entre eux sur le forum de discussion. Ce site donne pour la première fois la parole aux entreprises autochtones. Depuis la parution du livre, les initiatives n’ont pas cessé de se multiplier sur les 5 continents. Cette multitude d’offres ne peut plus être ignorée.

Les hôtes accueillent les touristes dans d’excellentes conditions et sont fiers de partager avec eux leur quotidien et leur savoir-faire. Ces communautés veulent être les actrices de leur propre changement: préserver leurs ressources, se réapproprier leur culture, financer leurs infrastructures de base, donner aux jeunes des emplois et valoriser leurs savoir-faire traditionnels. Leurs territoires abritent 80% de la biodiversité de la planète. On y trouve la plus grande partie du patrimoine linguistique de l’humanité. Le tourisme autochtone surpasse en diversité de langues, de cultures, de modes de vie et d’écosystèmes le tourisme traditionnel de masse. Il n’y a pas de modèles d’affaires dans le tourisme autochtone. C’est donc, avant tout, un accueil conçu, réalisé et géré par des populations autochtones et villageoises ayant la volonté de maîtriser leur développement et de bénéficier, les premiers, des recettes de cette nouvelle activité économique. Le tourisme y est toujours le résultat d’une longue concertation. Ses conséquences et ses répercussions ont été étudiées et sont constamment évaluées. La communauté montre à la fois une réelle aptitude à l’accueil et un désir de partage et d’échange. Les ressources naturelles sont gérées avec soin. Les retombées en matière d’emplois ne sont pas réservées à une poignée de privilégiés et les bénéfices font l’objet d’une redistribution équitable.

L’intérêt croît dans nos sociétés pour ces peuples et pour ce qu’ils peuvent nous apporter. Le tourisme se redéfinit alors comme un lien permettant à des cultures de se reconnecter entre elles.

Mais qui est au juste ce voyageur amateur de «tourisme autochtone»? L’étude de l’Union Nationale des Associations de Tourisme (UNAT) révèle que près des deux tiers des personnes interrogées se déclarent intéressées par le tourisme solidaire. Elles l’associent spontanément au commerce équitable. Ces nouveaux voyageurs veulent: «avoir des contacts avec la population locale, connaître et respecter la nature et le patrimoine local, savoir exactement à qui va l’argent payé pour le voyage et se sentir utile au pays visité».

Être un touriste responsable, c’est aussi savoir anticiper l’effet, y compris négatif, qu’on peut avoir sur la survie des villages-hôtes, en exploitant les ressources rares comme l’eau, les combustibles et les produits agricoles de base en régions désertiques ou de haute montagne. Des «codes de conduite», des «chartes éthiques» existent aujourd’hui et servent à guider les voyageurs. Ils ont été conçus par les communautés hôtes en concertation avec les professionnels de l’écotourisme (1). La plupart des hôtes qui accueillent des touristes ont dressé un inventaire des comportements à adopter et de l’étiquette à respecter lors de leurs séjours.

Le tourisme autochtone ne se réduit pas, fort heureusement, à une succession de devoirs. Il apporte d’abord des plaisirs inédits comme la découverte d’un autre rythme de vie, celui de l’hôte. Les Saami du nord de la Suède accueillent le nouvel arrivant avec ces mots: «Notre programme? Eh bien… Jour 1: surprise! Jour 2: surprise! Jour 3: surprise!» Indulgence, humour, chaleur et dévouement sont de mises. Les communautés prennent aussi, de jour en jour, plus clairement conscience qu’un accueil bien pensé, planifié et autogéré peut devenir un outil de reconquête, de réappropriation culturelle et un levier de revendications territoriales.

(1) Chartes éthiques et codes de conduite:

Charte éthique du voyageur d’Atalante

Code de conduite de TIES

 

Sites Internet:

Arviat Community Ecotourism

Indigee

Mineallin

Nutti Sámi Siida

Spirit Bear Lodge

VisitSapmi

 

Références:

– Bechtloff, Katja. Nutti Sámi Siida Leads the Way for Responsible Development of Indigenous Ecotourism in Swedish Sápmi, yourtravelchoice.org, 21 juin 2011.

– Blangy, Sylvie. «Co-construire le tourisme autochtone par la recherche-action participative et les Technologies de l’Information et de la Communication», thèse pour l’obtention du grade de docteur de l’Université Paul Valéry Montpellier III, septembre 2010.

– Blangy, Sylvie. «Le Guide Des Destinations Indigènes», Indigene Editions, Collection Indigène Esprit, 2006, 384 pages.

– Blangy S. et A. Laurent. «Le tourisme autochtone. Un lieu d’expression privilégié pour des formes de solidarité innovantes», TEOROS- Revue de recherche en tourisme, Université du Québec à Montréal, numéro spécial sur le tourisme solidaire, septembre 2007.

– Blangy S. et R. Lemelin. «Special Issue on « Aboriginal Ecotourism »», The Journal of Ecotourism, Guest editors (dir.), juin 2009, double volume.

– Blangy, S., R. McGinley et R.H. Lemelin. «La recherche action participative et collaborative autochtone peut-elle améliorer l’engagement communautaire dans les projets touristiques?», Teoros, vol. 29, no 1 : printemps 2010.

– Butler, Robert et Tom Hinch. Tourism and Indigenous Peoples: Issues and Implications, Burlington, Butterworth-Heinemann, 2007.

– Canada’s Arctic Journal Above and Beyond. « The Arviat Community Ecotourism Initiative », mai/juin 2011.

– Donohoe, H. et Blangy, S. «The Role of Indigenous Tourism in Supporting and Meeting the United Nations Millennium Development Goals», dans K. Bricker, R. Black et S. Cottrell (dir.), «Ecotourism and Sustainable Tourism: Transitioning into the New Millenium», Jones and Bartlett, 2011.

– Inuit Heritage Trust. Sivumut Piruqpalliajuq (Gaining Towards the Future): Heritage Training Institute, consulté le 12 octobre 2011.

– Robins, Mike. «Preserving Inuit Cultural Traditions Through Tourism in Arviat, Nunavut, Canada», Papier soumis pour la 3e Conférence internationale sur la philanthropie des voyageurs, Costa Rica, 20-23 juillet 2011.

– Statistique Canada, Division de la démographie et Institut de la statistique du Québec, Direction des statistiques sociodémographiques. MRC et territoires équivalents, population selon l’âge et le sexe, consulté le 13 octobre 2011.

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Produits et activités

Connaissez-vous les parcs régionaux du Québec?

Saviez-vous qu’il existe près de 200 parcs régionaux dans la province et qu’ils totalisent de 15 à 19 millions de visites annuelles? En avril dernier, une centaine d’intervenants se sont rassemblés au Manoir du lac Delage pour assister au premier Colloque québécois sur les parcs régionaux. Cet événement était organisé par le Groupe IBI/DAA, en partenariat avec l’Association québécoise du loisir municipal, ATR associées du Québec et la Fédération québécoise des organisations locales de tourisme. Les nombreux panels et conférences ont permis de faire un tour d’horizon de ce créneau quelque peu éclaté à travers la province.

Qu’est-ce qu’un parc régional?

C’est un site en milieu naturel proposant des activités de loisir et de plein air avec, au minimum, un rayonnement régional. Cette définition regroupe un large éventail de sites potentiels, tels que des infrastructures municipales, des parcs régionaux, des sites récréotouristiques privés et des coopératives de plein air.

Un parc régional reconnu par le gouvernement du Québec est adopté par règlement, selon la Loi sur les compétences municipales. Il naît d’une initiative régionale et s’établit sur des terres publiques ou privées accessibles au public. Une minorité de parcs régionaux, sur les quelque 200 se définissant comme tel, porterait l’appellation légale et reconnue par le gouvernement du Québec. Le processus de reconnaissance s’avère long et fastidieux pour plusieurs petits organismes qui doivent s’adresser à de multiples instances. De plus, l’utilisation multifonctionnelle des ressources naturelles assujettit les gestionnaires de parcs à plusieurs lois qui relèvent de ministères différents.

Qu’un parc soit reconnu ou non, sa pérennité repose sur l’équilibre entre sa vocation récréotouristique dominante et une utilisation saine du milieu naturel avec un respect de son seuil de tolérance.

Portrait des parcs régionaux

Le groupe IBI/DAA a présenté les résultats d’une vaste enquête réalisée auprès des gestionnaires de parcs régionaux du Québec. La participation de 80 d’entre eux a permis de dresser un premier profil sectoriel, dont voici les principaux faits saillants.

En moyenne, ces parcs existent depuis plus de 25 ans et représentent plus de 6000 emplois au Québec, dont un tiers de travailleurs permanents. Ils génèrent des revenus totaux de plus de 80 millions de dollars pour la province (voir graphique 1). La période de fort achalandage débute généralement au printemps et se termine à l’automne: environ la moitié des parcs reçoivent moins de 25 000 visiteurs annuellement et 21% plus de 100 000.

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Parmi l’offre estivale, 90% des parcs proposent de la randonnée pédestre (25 km de sentiers en moyenne), délogeant de loin le vélo de montagne et de randonnée, les terrains de jeux, le canot, le kayak, la pêche, et les centres d’interprétation se maintiennent tous entre 30% et 40%.

Selon les répondants, la marche arrive presqu’à égalité avec la raquette parmi les activités offertes en hiver dans les parcs régionaux (voir graphique 2).

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Près de la moitié des parcs offrent au moins un type d’hébergement (camping, refuge, tente prospecteur, prêt-à-camper, chalet locatif), 43% louent des équipements pour les activités hivernales (patins, ski de fond, etc.) et 33% des embarcations nautiques.

Les gestionnaires de parcs ont mentionné plusieurs enjeux touchant

  • les ressources humaines: précarité des emplois, difficulté à attirer une main-d’œuvre qualifiée;
  • le financement: difficulté à s’autofinancer, à obtenir une subvention récurrente et à investir dans des projets;
  • le territoire: vandalisme et vol, problème d’entretien du site, gestion de l’occupation du territoire;
  • le produit: maintenir la qualité de l’offre et innover.

François Chevrier, spécialiste du Web et du marketing touristique, faisait remarquer le manque de référencement des parcs régionaux sur les moteurs de recherche et une présence encore inexploitée pour la majorité dans les médias sociaux. Les parcs sont les maîtres de leur contenu et de leur histoire; le Web est un outil efficace pour faire vivre l’expérience au client et l’inciter à se déplacer.

Modèles structurants

Certains parcs ont mis en place une structure organisationnelle innovante pour renforcer leur positionnement à l’échelle régionale. Par exemple, la municipalité régionale de comté (MRC) Matawinie, dans Lanaudière, regroupe six parcs régionaux en terres publique et privée. En misant sur le récréotourisme comme moteur économique, la Société de développement des parcs régionaux de la Matawinie (SDPRM) a donné naissance au premier réseau de parcs régionaux au Québec en 2009. La planification et la mise en valeur récréotouristique des parcs dans une optique de développement durable constituent la mission première de l’organisme. L’ensemble des municipalités de la MRC contribuent financièrement au fonctionnement de la SDPRM. Cette mise en réseau a comme objectif de faire connaître la région comme lieu incontournable de plein air.

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Source: Parc régionaux MRC Matawinie

Dans la région de Portneuf, les gestionnaires de la Coopérative de solidarité Vallée Bras-du-Nord usent de leur passion et de leurs compétences pour mobiliser en continu les propriétaires de la vallée et la population dans ce projet structurant de sentiers de randonnée pédestre, de vélo de montagne et de modes d’hébergement alternatifs. Leur coopérative se présente comme une réussite en matière d’appropriation des lieux par les résidents. (Lire aussi Développer une région touristique de façon harmonieuse, c’est possible! (Compte rendu de conférence))

Vers une vision d’avenir?

La cohabitation difficile des usages et des ressources du territoire, la valeur locale des parcs et la précarité du financement et des ressources humaines peuvent constituer des freins au développement d’une offre et d’une image provinciales. Monsieur Langevin Gagnon du Parc régional du Mont Ham propose des solutions pour rassembler le secteur. Par exemple, développer un branding avec une thématique familiale ou de rencontre avec l’art de vivre des gens de chez nous, mettre en place une association pour la mise en marché et l’accompagnement de projets, une certification, tout cela pour bâtir un réseau durable.

À cette première édition s’ajouteront fort probablement d’autres rencontres. La situation actuelle a été diagnostiquée, mais elle est encore loin de celle souhaitée. Ces passionnés de plein air ont franchi un premier pas vers une concertation plus structurée du secteur et le développement d’une force commune, tout en préservant leur unicité.

 

Source :

– Colloque québécois sur les parcs régionaux, Manoir du lac Delage, 27 et 28 avril 2011.

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Hébergement Tourisme durable

Des hôtels qui ont pris le virage durable

La responsabilité environnementale et sociale d’une entreprise n’est pas une mode; malgré les fluctuations économiques, les clients sont sensibilisés au développement local et durable des organisations. Des hôtels l’ont compris et redoublent d’astuces pour verdir leurs services et soutenir la communauté. Voici quelques exemples de bonnes pratiques observées dans le secteur de l’hôtellerie.

L’offre verte s’organise

La U.S. General Services Administration (GSA) a annoncé en septembre 2010 un plan pour réduire de 25% les émissions de gaz à effet de serre provenant de la permutation de ses employés et des voyages d’affaires. Les agences fédérales planifient également faire séjourner leurs employés uniquement dans les établissements certifiés LEED.

Des agences de voyages en ligne commercialisent les hôtels engagés dans une démarche environnementale. Par exemple, Orbitz met de l’avant les hôtels adhérents à Energy Star aux États-Unis en plus de critères ecofriendly, tels que l’utilisation d’énergie renouvelable, de produits non toxiques, et l’appui à des organisations environnementales. En outre, elle indique sur son site Eco les hôtels certifiés LEED. Travelocity affiche plus de 1900 hôtels sous sa bannière écoresponsable et travaille conjointement avec plusieurs programmes de certification.

De petites et grandes actions en hôtellerie

Les initiatives ponctuelles se multiplient et les programmes plus englobants aussi. Le projet pilote «Hotel Energy Solutions», soutenu entre autres par l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et l’Association internationale des hôtels et restaurants (IH&RA) en est un exemple. Il a comme objectif d’accroître la compétitivité du secteur de l’hébergement en Europe en misant sur l’efficacité énergétique. Quatre destinations figurent dans ce projet: Palma de Mallorca (Espagne), Bonn (Allemagne), Strandja (Bulgarie) et la « destination montagne » de Haute-Savoie. Un service-conseil, du soutien technique et des outils sont proposés aux participants.

Plusieurs établissements d’hébergement montrent la voie au secteur en instaurant un programme environnemental complet tandis que d’autres cumulent les initiatives pour s’engager dans une démarche responsable. Voici des exemples de bonnes pratiques d’ici et d’ailleurs.

  • La Tablée des Chefs mobilise des chefs, cuisiniers et traiteurs du Québec dans des causes sociales et environnementales. L’organisme offre un service de courtage en alimentation durable pour les organismes communautaires locaux accrédités par les Banques alimentaires Québec. Concrètement, il récolte les surplus alimentaires dans les hôtels et les restaurants ou lors d’événements. Il les redistribue ensuite, de façon ponctuelle ou sur une base régulière, aux personnes dans le besoin.
  • Le Bristol, à Paris, traite les déchets des cuisines à l’aide d’un déshydrateur thermique afin d’obtenir de l’eau (lavage des planchers) et de la matière sèche (engrais).
  • Le site Internet Echo de Vail Resort, au Colorado, présente les efforts environnementaux de l’entreprise, ses actions de charité et le bénévolat des employés sur le centre de villégiature et dans la communauté. Une section dédiée aux employés les informe des possibilités de bénévolat et sert de plate-forme collaborative sur le sujet.

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Source: Vailresortsecho.com

  • Grâce à l’instauration d’un programme de gestion de l’eau, chaque chambre de l’hôtel Andaluzau Nouveau-Mexique consomme seulement 93 gallons d’eau par jour comparativement à 200 gallons, soit la moyenne par chambre selon la Florida Department of Environmental Protection.
  • Le centre de villégiature Equinoxe au Vermont s’est engagé dans une voie marginale d’énergie de remplacement en s’associant avec le programme « Cow Power », un regroupement de six fermes à travers le Vermont qui produit du biogaz à partir de fumier. Le centre de villégiature subvient ainsi partiellement à ses besoins énergétiques en alimentant deux de ses établissements.
  • Le Meurice, un hôtel de luxe parisien, a découvert grâce à son premier bilan carbone (outil pour comptabiliser les émissions de gaz à effet de serre) que 40% de sa consommation énergétique était liée à ses achats de produits rares et importés en cuisine. Ainsi, les propriétaires devront réfléchir à une façon de garder les mêmes standards en réduisant leur impact environnemental.
  • Au Solar Hôtel à Paris, le bilan carbone est effectué annuellement en même temps que le bilan financier. Parmi les actions entreprises, on compte l’installation de panneaux solaires photovoltaïques sur la façade, de trois récupérateurs d’eau de pluie pour arroser les jardins et le trottoir ainsi que pour alimenter quelques toilettes, le prêt de vélos, l’offre de déjeuners 100% biologiques, l’affichage de cartes explicatives dans les chambres des clients, l’utilisation de réducteurs de débit d’eau, la collecte sélective des déchets dans les corridors et la mise sur pied d’un programme de soutien aux jeunes et aux artistes.

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Source: Solarhotel.fr

  • Le Comfort Inn and Suites à Boston a entamé un processus écologique qui consiste à recycler des débris de construction, à remplacer des bouteilles en distributeurs de savon, à sensibiliser la clientèle au compostage en les incitant à trier eux-mêmes leurs déchets, à installer un système de nettoyage ionisé dans la piscine, à choisir des plantes indigènes pour réduire l’apport d’eau et à fournir une navette fonctionnant au gaz naturel pour transporter les clients de l’aéroport à l’hôtel.
  • L’hôtel boutique Stadthalle à Vienne s’alimente exclusivement en énergies renouvelables et offre un rabais vert de 10% aux clients arrivant en vélo ou en train ainsi qu’aux clients fidèles.

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Source : Hotelstadthalle.at

Un changement opérationnel se produit grâce à un changement comportemental. Les dirigeants qui croient aux innovations durables apporteront des modifications opérationnelles structurantes, transmettront leur vision aux employés qui les transmettront à leur tour aux clients. Plusieurs hôteliers québécois affichent une longueur d’avance dans ce domaine, mais on constate que les actions liées à la responsabilité environnementale ne sont pas systématiquement mises en œuvre dans l’ensemble du secteur.

Sources:

A. Mc Neill, Laura. «A Green Transformation», Lodging Magazine, juillet 2010.

Hôtel boutique Stadthalle. «Le premier hôtel urbain au monde avec une consommation énergétique nulle» Hotelstadthalle, 2010.

Chevalley, Sarah. «Labels et certifications vertes, le nouvel engagement», L’Écho touristique Hors-série, juin 2010, p.18.

Good Planet, «Du Palace au gîte, l’hôtellerie se met au vert», GoodPlanet.info, 3 juillet 2010.

Eco Green Hotel «Hotel Cuts Water Use Nearly 80%», EcoGreenHotel.com, 2010.

Echo Vail Resorts

Environmental Leader. «Vermont Resort Cuts Carbon Footprint with “Cow Power”», Environmentalleader.com, 28 juillet 2010.

Hotel Energy Solutions

La Tablée des Chefs

Rufus, Anneli, «Cash-Crunched Resorts and Hotels Find That Going Green is a Good Way to Scrimp on Money», AlterNet, 12 août 2010.

Solar Hotel

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Gestion Tourisme durable

Les pratiques environnementales dans les hôtels

Un sondage récent montre que 44% des hôteliers américains sont membres d’un programme de certification environnementale ou sont en voie de l’obtenir. De plus en plus d’hôtels adoptent des pratiques environnementales, allant d’actions simples jusqu’à la certification, pour réduire les coûts, améliorer leur service, innover, acquérir de la notoriété et contribuer au bien-être de la société.

L’American Hotel & Lodging Association (AHLA) a publié les résultats de son sondage 2010, effectué auprès de 9000 établissements hôteliers aux États-Unis. Le tableau ci-dessous présente quelques statistiques portant sur les pratiques environnementales les plus répandues.

Évolution des pratiques environnementales dans les établissements hôteliers américains¹

 

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¹9000 établissements hôteliers ont été sondés en 2010 (18% du secteur hôtelier des États-Unis), par rapport à 10 350 établissements en 2008 (23% du secteur).

L’augmentation de chacune des pratiques est indéniable, exception faite du système de gestion énergétique dans les chambres, qui affiche une légère baisse. Aussi, seulement 6% des répondants disposaient de distributeurs automatiques de savon liquide dans les salles de bain, soit le même résultat qu’en 2004, comparativement à 22% en 2008. Le secteur ne s’est donc visiblement pas approprié cette pratique pour réduire le nombre de bouteilles de plastique individuelles.

Le rapport soutient aussi que 44% des répondants sont en voie d’obtenir ou sont membres d’un programme de certification. La proportion d’adhérents pour certains segments hôteliers se décline comme suit:

  • 71% des hôtels de luxe;
  • 59% des resorts;
  • 40% des propriétés indépendantes.

La popularité des certifications environnementales

Le programme de certification tourisme vert, bien implanté au Royaume-Uni auprès de 3500 entreprises (Green Tourism Business Scheme), a inspiré plusieurs destinations. Récemment, la société ETHOS «BC Partnership for Sustainable Tourism Society» a obtenu un permis lui donnant le droit de piloter ce projet auprès de 24 entreprises dans l’Ouest canadien. Ce programme vise la certification de tous les secteurs touristiques. Des indicateurs de performance spécifiques au Canada sont en développement, entre autres sur l’énergie, la préservation de la nature, l’implication de la communauté et l’utilisation de produits locaux. Plusieurs certifications environnementales existent au Canada. Pour obtenir plus de détails, lire: Les tendances en matière d’adhésion à des labels écologiques dans les hôtels canadiens.

Aux États-Unis, 18 États offrent un programme environnemental pour les hôtels. Les participants au programme de certification des hébergements verts du Maine (Green Lodging Certification Program), dont la moyenne de chambres se situe à 33, économisent chaque année 10 600 USD en électricité.

À ce jour, près de 50 hôtels de la chaîne hôtelière Marriott International sont enregistrés ou certifiés LEED, et la chaîne projette que 300 autres hôtels seront certifiés d’ici cinq ans. Cette dernière fait office de pionnière avec son prototype hôtelier LEED, en partenariat avec le U.S. Green Building Council (USGBC).

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Source: news.marriott.com

La certification environnementale assure une meilleure crédibilité à l’entreprise et offre aux membres la reconnaissance, des outils, des étapes à suivre et souvent, une évaluation de site agréée par une organisation indépendante.

La consommation énergétique du secteur

Pratiques_environnementales_hotels_image2Le secteur de l’hébergement s’avère la deuxième plus grande source d’émissions de carbone de l’industrie touristique après le transport. Selon des données de l’Office de l’efficacité énergétique (OEE) de Ressources naturelles Canada, le secteur de l’hébergement et de la restauration constitue la branche ayant le plus haut taux d’intensité énergétique dans le secteur commercial et institutionnel (2,64 GJ/m² d’énergie en 2007). Un virage environnemental s’avère un avantage compétitif présentement, mais tend à devenir un standard pour le secteur en entier.

Source: Gamlao.se/daniel

Mesurer ses impacts

Dès le départ, il est impératif de mesurer sa consommation d’énergie. La quantification de chacune des actions posées permettra de cibler les postes de dépenses majeurs: scruter les factures mensuelles d’électricité ou encore faire appel à un expert pour qu’il effectue des vérifications. Selon l’OEE, des rénovations énergétiques et des modes d’opération optimaux dans les bâtiments existants peuvent faire économiser 20% d’énergie en moyenne. L’Office indique les étapes à suivre pour faire diminuer la consommation énergétique des bâtiments. Le graphique suivant présente la déclinaison des postes de dépenses énergétiques dans les hôtels américains.

Graphique 1. Utilisation de l’énergie dans les hôtels américains

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Sources: Hotel-online.com/News

La mise sur pied d’une équipe de vérification pour améliorer les comportements et les procédures mis en place dans chacun des départements peut s’avérer une solution de départ. Pour obtenir des idées d’actions simples à effectuer pour réduire votre consommation d’énergie, lire: Les hôtels passent au vert.

Quels sont les volets à travailler?

Les chaînes hôtelières assument de plus en plus leurs responsabilités face à l’environnement. Les petits et moyens établissements suivent en adoptant des pratiques usuelles: gestion de l’énergie, de l’eau et des déchets. Par ailleurs, plusieurs se démarquent au-delà de ces pratiques de base. Toutefois, ces derniers affrontent certaines barrières, selon plusieurs experts: contraintes budgétaires, manque de connaissances, confusion au sujet de la pertinence d’un virage opérationnel durable, absence de coordination et de soutien.

Voici quelques volets à considérer pour l’entreprise qui veut redéfinir ses orientations vers une durabilité économique, sociale et environnementale:

  • eau: système de buanderie à l’ozone, récupération d’eau de pluie, choix de plantes indigènes;
  • déchets: réduction de la consommation matérielle, réutilisation, recyclage et compostage;
  • énergie: système de contrôle dans les chambres, appareil informatique, énergies renouvelables;
  • éducation/sensibilisation: formation, bénévolat et engagement des employés, sensibilisation et implication des clients, formation des gestionnaires par des séminaires;
  • qualité de l’air: produits nettoyants non toxiques;
  • biodiversité: protection de la faune et de la flore;
  • patrimoine: préservation de l’héritage patrimonial;
  • transport: navette, transport en commun;
  • gestion: vision intégrée, mise sur pied d’un comité environnemental et d’un plan de gestion d’opérationnalisation durable des activités, procédures et politiques;
  • communauté: soutien de la vision de la communauté, achat de produits locaux, fournisseurs, main-d’œuvre et partenaires d’affaires régionaux.

Une prochaine analyse présentera des établissements hôteliers qui se démarquent sur le plan environnemental.

Sites Internet de programmes de certification:

Audubon Green Leaf Eco-Rating Program

Conseil du bâtiment durable du Canada (LEED)

Energy Star au Canada

Programme d’évaluation écologique Clé verte

RéserVert

Incitatifs financiers et sites portant sur les énergies renouvelables:

Association canadienne de l’énergie éolienne

Association canadienne de l’énergie solaire

Incitatif écoÉNERGIE Rénovation pour les bâtiments

Projet d’innovations IDÉE (Hydro-Québec)

Sources:

Association de l’industrie touristique du Canada, Commission canadienne du tourisme et Parcs Canada. «Pour une entreprise écosensible: Trousses à outils pour les entreprises touristiques», 2008.

Deloitte. «The staying power of sustainability: Balancing opportunity and risk in the hospitality industry», Tourism, Hospitality and Leisure, 2008.

Hasek, Glenn. «AH&LA’s 2010 Lodging Survey Covers Many Green Subject Areas», Greenlodgingnews, 2 septembre 2010.

Hasek, Glenn. «One Word to Describe Peter Cooke’s Impact on State Green Certification Programs: “Measurable”», Greenlodgingnews, 9 août 2010.

J. Cordero, Marcos. «10 Green Business Practices That Will Save Your Hotel $8,021 Per Employee», septembre 2010.

Jonas, David. «GSA Targets 25 Percent Cut In Business Travel Emissions», Travel Management, 10 septembre 2010.

Marriott News Center. «Marriott Leads the Industry with the First LEED Green Hotel Prototype», Marriott, 23 juillet 2010.

Office de l’efficacité énergétique. «Évolution de l’efficacité énergétique au Canada de 1990 à 2007», Ressources naturelles Canada.

Tjolle, Valere. «Green tourism model for Canada, 17 juillet 2010», 17 juillet 2010.

Van Haaster, Merel et Danuta de Grosbois. «Environmental Initiatives in Bed and Breakfast Establishments in Canada: Scope and Major Challenges with Implementation», Tourism and Hospitality Planning & Development, vol. 7, no 2, p.179-193, mai 2010.