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Hébergement Tendances

Quel avenir pour l’hôtellerie urbaine ?

Qui occupera les hôtels en milieu urbain si le volume des déplacements d’affaires n’atteint pas les seuils observés avant la pandémie ? Comment les hôteliers peuvent-ils imaginer à nouveau l’espace, tenter d’augmenter l’achalandage ou d’attirer une clientèle différente ? Ce sont des questions auxquelles l’Association romande des hôteliers (ARH), l’École Hôtelière de Lausanne (EHL) et l’Institut de tourisme de la HES-SO Valais-Wallis ainsi que divers partenaires de l’industrie ont tenté de répondre lors d’une récente étude de 2021. Cette dernière répertorie des stratégies innovantes qui répondent à cet enjeu de fréquentation.  

La méthodologie employée

Les porteurs du projet ont d’abord sondé différents établissements hôteliers suisses pour comprendre les défis de la reprise graduelle des activités. Les résultats de cette première enquête mettent en évidence qu’une majorité d’hôteliers souhaitent travailler de concert avec les acteurs urbains pour mieux exploiter les atouts de la ville. À la suite de cette démarche, un concours d’idées destiné au grand public a été lancé ; l’objectif était de générer de nouvelles réflexions et de promouvoir l’avis de la population.  

Source de l’image: Conférence L’avenir des hôtels urbains 

Après le concours d’idées, trois groupes de réflexion composés de professionnels de l’industrie hôtelière et de secteurs connexes (architectes, designers, économistes, professionnels du tourisme…) se sont réunis au cours de divers ateliers. La discussion convergeait vers un point : l’hôtel devait redevenir un lieu de vie multifonctionnel. Un second sondage rassemblant des propositions plus précises a ensuite été envoyé aux hôteliers participants. Enfin, des groupes de discussions regroupant des experts de divers horizons ont permis d’évaluer la faisabilité des propositions les plus populaires et d’effectuer un travail de synthèse.  

L’hôtel urbain doit redevenir un lieu de vie multifonctionnel.

La Chaire de tourisme Transat s’est entretenue avec une partie prenante active du projet, le Dr Roland Schegg, professeur à la Haute école spécialisée de Suisse occidentale en Valais (HES-SO Valais-Wallis) et chercheur à l’Institut du tourisme (ITO), pour commenter les résultats de ce processus d’idéation : « Ce qui est difficile en tant que chercheur, c’est qu’on ne va pas mettre en œuvre les idées, on tente le plus possible avec cet exercice d’inspirer les hôteliers, à la fin c’est une décision entrepreneuriale ; certaines des propositions formulées peuvent fonctionner pour un établissement et pour un autre, non ».  

Source de l’image: Conférence L’avenir des hôtels urbains 

Les constats obtenus

À la suite de cet exercice de consultation, les parties prenantes de l’étude proposent des pistes de réflexion et des stratégies de relance pouvant appuyer le secteur hôtelier urbain. Ces dernières sont regroupées dans un recueil selon quatre thématiques principales. 

 

Cœur de quartier 

Le recueil suggère que les hôtels urbains s’ouvrent sur leur quartier pour devenir un noyau social invitant, tant pour la population que pour les touristes en visite. Ces établissements favoriseraient la rencontre entre les visiteurs et les visités ; ils feraient ainsi office de lieu d’échange convivial et accessible. Les hôtels pourraient alors proposer à des artisans locaux de présenter leurs produits de manière sporadique à la réception. Pour ceux disposant d’un restaurant, pourquoi ne pas offrir des cours de cuisine en saison plus calme ? La diversification des activités générerait des revenus supplémentaires et renforcerait la visibilité du lieu.  

Le programme montréalais Passerelle est un bel exemple d’initiative qui invite les résidents comme les voyageurs à (re)découvrir leur hôtel de quartier en participant à des représentations d’artistes locaux.  

 

Hôtel hybride

Les hôtels en milieux urbains gagneraient à imaginer une reconfiguration plus flexible de leurs espaces pour répondre à de nouveaux besoins et attirer une clientèle diversifiée. En plus des chambres, on pourrait mettre à disposition des espaces de soins, des boutiques et marchés et des salles de réunions. Cette diversification du modèle d’affaires viendrait également cibler des segments de clientèle qui n’habitent pas en ville à longueur d’année, par exemple les étudiants ou les travailleurs saisonniers. Il serait alors envisageable d’offrir des tarifs différenciés se basant sur la durée des séjours et les services utilisés (buanderie, casiers, cuisine…).  

Le modèle d’hébergement au séjour prolongé se base en partie sur ce principe et voit de plus en plus le jour au Québec et ailleurs dans le monde. C’est notamment ce que propose le Hampton Inn et Homewood Suites par Hilton situé dans le quartier chinois montréalais. En Europe, on retrouve le concept d’Edgar Suites ou du The Student Hotel.  

 

Espace de coworking 

En relation avec cette configuration plus flexible et hybride des lieux, les hôtels urbains pourraient proposer des espaces de travail aux personnes en télétravail ou en formule hybride. Les pièces devraient disposer du matériel nécessaire (prises, écrans, ordinateurs…) pour accueillir ce type de clientèle, mais avant tout favoriser les échanges et permettre l’interaction entre collègues. Les hôtels auraient alors l’opportunité de devenir des lieux de réseautage favorisant le bien-être des employés. Il pourrait être intéressant de proposer des forfaits incluant un repas ou une activité ou même d’établir des partenariats avec des entreprises locales spécialisées dans le coworking. 

C’est ce qu’a fait le groupe Accor pour l’un de ses hôtels lors du dernier tournoi Roland-Garros. La société a collaboré avec Wojo, un réseau européen d’espaces de travail, pour transformer certains lieux en postes éphémères de coworking.  

 

Hôtel destination 

Le recueil suggère enfin aux hôtels urbains d’enrichir leur offre dans l’objectif d’être bien plus qu’un simple lieu de passage pour les voyageurs. Proposer plusieurs activités au sein de l’établissement ou à proximité pourrait en faire le produit d’appel de la destination. Le mot d’ordre : personnalisation. Cette démarche leur permettrait d’attirer des segments de clientèle diversifiés, comme des familles ou des voyageurs d’affaires qui souhaiteraient prolonger leur séjour sans trop se casser la tête.  

Pour la suite, M. Schegg souhaite notamment réfléchir à la pénurie de main-d’œuvre. À son avis, il sera primordial de repenser les processus des entreprises touristiques pour s’adapter aux demandes des nouvelles générations qui placent leur qualité de vie comme une priorité. Il ajoute qu’il est nécessaire, en tant que gestionnaire, de prendre le temps de sortir de son quotidien, de voir ce qui se fait ailleurs et de se mettre dans la peau du client. Prendre du recul n’est pas du temps perdu.   

Chose certaine, les idées ne manquent pas. Les hôtels urbains qui s’adapteront à la nouvelle réalité des villes auront la possibilité de devenir des pionniers dans le secteur.  

Pour consulter le plus récent rapport rédigé par le Dr Roland Schegg et ses collègues en lien avec la gestion de crise et le secteur hôtelier, cliquez ici.  

Image à la une : Pexels

Source des icônes : Rapport Avenir de l’hôtellerie d’affaires urbaine

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Tourisme durable Transport

Devenir une « capitale vélo » : exemples concrets

Dans le cadre du programme CIVITAS Handshake, dix métropoles européennes ont bénéficié de l’expertise de trois villes cyclables exemplaires (Amsterdam, Copenhague et Munich) pour les épauler durant cinq ans (2018-2022) dans leur propre développement. (lire aussi : S’inspirer des grandes « capitales vélos » 

Avant même que le projet ne débute en 2018, chaque ville impliquée détenait préalablement un concept, un plan ou une stratégie cyclable. Or, elles ont rapidement reconnu que ce n’était pas suffisant pour venir à bout de leurs enjeux de développement et atteindre leurs ambitions d’augmenter le nombre de cyclistes sur leur territoire ; les principaux obstacles étant d’ordre infrastructurel et socioculturel. Surmonter de tels défis nécessite du financement, de l’expertise et une volonté réelle de s’engager, en définissant des objectifs clairs, en tenant compte des commentaires de différentes parties prenantes et en effectuant d’importants changements. C’est ici que le programme CIVITAS Handshake s’est inséré, fournissant une aide externe susceptible d’accélérer la transition vers un meilleur réseau de mobilité douce. 

Une stratégie cyclable n’est pas suffisante pour surmonter les enjeux de développement et augmenter le nombre de cyclistes sur un territoire.

Maintenant que le programme tire à sa fin, l’heure est aux bilans. Quelles sont les principales réalisations des villes participantes ? Quelles leçons tirent-elles ? Quelles sont leurs ambitions pour l’avenir ? Voici ce qu’il faut retenir de ces cinq années de travail propulsées par la coopération.  

Un exemple concret

Bordeaux (France)

La volonté politique constitue un facteur déterminant pour mener à des changements.

Ce que Bordeaux retient de son expérience : 

Se rendre à Copenhague (ville mentor) avec des fonctionnaires de Bordeaux a contribué à positionner davantage le vélo dans le programme politique.  

Quelques réalisations

-Lancement du Plan Urgence Vélo durant la pandémie de COVID-19, qui consiste à la mise en place d’aménagements vélos provisoires visant à améliorer le confort et la sécurité des cyclistes ;

-Élaboration d’un 3e Plan vélo métropolitain 2021-2026 ; 

-Déploiement de stationnements pour vélo, par exemple les Vélobox, et implantation de nouveaux services destinés aux cyclistes tels que des bornes de réparation et des stations de gonflage en libre-service. 

Des ambitions pour les années à venir

-Atteindre une part modale du vélo de 18 % d’ici 2030 ; 

-Développer un réseau cyclable efficace : étendre le réseau actuel, créer les connexions manquantes entre les pistes déjà existantes, renforcer l’entretien, construire un ReVe (Réseau Express Vélo), actualiser la signalisation ; 

-Améliorer les solutions de stationnement ainsi que les services offerts aux cyclistes. 

Pour découvrir ce que les neufs autres futures « capitales vélos » ont réalisé durant les cinq dernières années, vous pouvez consulter le document Facts and lessons from the transferred solutions. 

Source: Hanshakecycling.eu 

Dix conseils et recommandations provenant des villes mentorées

1. Confirmer la volonté politique ainsi que les investissements qui soutiendront le développement cyclable ;  

2. Unir ses forces avec d’autres villes partageant une vision similaire afin de prendre des décisions plus éclairées ; 

3. Visiter des villes exemplaires pour expérimenter ce qui se fait de mieux ; 

4. Ne pas copier-coller les modèles des autres, mais plutôt s’inspirer et adapter les bonnes pratiques selon sa propre situation ; 

5. Convaincre les décideurs avec des données, par exemple calculer les avantages économiques des solutions cyclables avec une analyse « Bikenomics » ; 

6. Prévoir des fonds pour réaliser des campagnes promotionnelles afin de sensibiliser la population à recourir au vélo pour ses déplacements ; 

7. Être à l’écoute des cyclistes, de leurs besoins en matière d’infrastructures, de services et autres ; 

8. Utiliser des mesures temporaires qui permettent de tester des solutions sans devoir investir trop de ressources au départ ; 

9. Élaborer un plan cyclable ambitieux à long terme et favoriser la collaboration avec toutes les parties prenantes concernées ; 

10. Rendre la pratique du vélo amusante et apprécier chaque étape du projet.  

Accorder plus d’importance à la mobilité douce

Plusieurs villes ont noté d’importants changements sur le plan des comportements des citoyens durant la pandémie de COVID-19. Nombreux sont les Européens qui ont augmenté leur pratique du vélo, acheté de l’équipement et intégré ce mode de transport à leurs habitudes de déplacement, un phénomène aussi observable en Amérique du Nord (lire aussi : Le vélo électrique a le vent dans le dos). Pour les municipalités, ce fut une période propice à l’intégration d’aménagements temporaires qui, dans certains cas, sont ensuite devenus permanents. 

Les crises que nous traversons depuis 2020 (sanitaire, économique, environnementale) pourraient être synonymes de catalyseur de changement (lire aussi : Profiter de la crise pour réinventer la ville et le tourisme). Les municipalités ont tout avantage à demeurer à l’écoute des nouvelles tendances et à saisir l’opportunité d’améliorer les infrastructures préconisant des alternatives à l’automobile sur leur territoire. Et si le momentum entourant la mobilité durable était maintenant ? Saurez-vous saisir la balle au bond ? 

Image à la une : Pexels 

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Tourisme durable Transport

S’inspirer des grandes « capitales vélos »

Créé sous le programme européen Horizon 2020, CIVITAS Handshake vise à contribuer au développement des réseaux cyclables urbains. Plus spécifiquement, le projet cherche à tirer profit de l’expertise de trois villes reconnues mondialement pour leur culture et infrastructures cyclables, soit Amsterdam (Pays-Bas), Copenhague (Danemark) et Munich (Allemagne). À travers un processus innovant, basé entre autres sur la coopération et le mentorat, ces trois métropoles accompagnent durant cinq ans (2018-2022) dix autres municipalités afin qu’elles bénéficient des connaissances qu’elles ont acquises au fil des années. À terme, les villes participantes aspirent à devenir à leur tour des « capitales vélos ».  

Les objectifs du projet

Le programme CIVITAS Handshake offre un cadre qui favorise l’accélération du déploiement de différents réseaux cyclables sur le territoire européen et vise l’atteinte des objectifs stratégiques suivants :  

-Inspirer la mise en place (ou le raffinement) d’une vision holistique du cyclisme et d’un processus de transfert de connaissances ;  

-Favoriser l’adoption d’une culture de planification multidisciplinaire pour optimiser les processus de développement, consolider les futures politiques et appuyer les investissements cyclables ;  

-Permettre au vélo de devenir un élément clé du transport urbain ;  

-Augmenter la part modale du vélo et veiller à la sécurité des cyclistes ;  

-Positionner le vélo en tant qu’option de transport essentielle de réduction des embouteillages ;  

-Mettre à profit la pratique du vélo pour améliorer la santé publique ;  

-Favoriser la croissance économique.  

Les instigateurs du programme s’attendent aussi à contribuer à l’attractivité du vélo, augmenter la fréquence de son utilisation et diminuer les émissions de CO2 en milieu urbain. 

Un programme qui s’appuie sur le mentorat

Les villes ayant des besoins similaires travaillent avec un mentor adapté à leurs priorités et avec lequel elles ont la possibilité d’échanger (physiquement et virtuellement) et d’effectuer des visites sur le terrain. Voici l’attribution des villes mentorées: 

Source : CIVITAS Handshake 

L’échange de connaissances et d’expérience s’effectue également à plus grande échelle, entre tous les représentants des villes participantes. Ainsi, même les métropoles dites « mentors » gagnent à s’impliquer dans le programme, car bien qu’elles soient exemplaires, elles font également face à des défis et cherchent des solutions pour améliorer leur réseau cyclable. Ces échanges favorisent ainsi le partage de nouvelles approches. Par exemple, dans la vidéo suivante, un consultant de la ville de Copenhague explique en quoi les villes mentorées représentent une source d’inspiration. 

 

Un programme dynamique

Le processus mis de l’avant par le programme comprend : 

Une gestion transitoire 

Cette méthode consiste à créer une « courroie de transmission », c’est-à-dire à constituer un groupe de personnes qui guide les villes participantes tout au long du processus : de la conception jusqu’à la mise en œuvre des solutions. Ce groupe s’assure de mettre à jour les objectifs, d’établir une ligne directrice des projets à réaliser et ultimement de veiller à une planification à long terme. 

Des activités immersives 

L’apprentissage sur le terrain offre une occasion unique de constater l’état des lieux et d’orienter les échanges des participants, composés d’une délégation pluridisciplinaire, autour d’éléments tangibles. Dans le cadre du projet, deux types de visites figurent à l’agenda : l’une vers la ville mentor (Immersive Study tours) et la seconde vers la ville mentorée (Immersive Symposia).  

Des évaluations

Tout au long du processus, les villes participantes bénéficient d’un accompagnement méthodologique qui permet d’évaluer les développements en cours. Intitulée « Bikenomics », cette méthode combine des techniques d’analyse du bien-être qui offre un aperçu holistique des impacts (positifs ou négatifs) engendrés par les solutions cyclables retenues. Cet outil permet aux gestionnaires de prendre des décisions à partir des données recueillies.  

Un programme axé sur des solutions concrètes

Tout au long du projet, les experts et les instances locales impliqués ont co-créé plus de 60 solutions que l’on retrouve sous quatre grandes catégories. Voici quelques exemples : 

 

 

 

  • Solution : Planifier un réseau cyclable cohérent et ininterrompu  

L’exemple d’Amsterdam : son réseau relie les zones résidentielles à toutes les destinations (quotidiennes) importantes, telles que les centres commerciaux, les écoles, les parcs, les gares, etc. Il permet de se rendre rapidement et de façon sécuritaire d’un point A à un point B.  

  • Solution : Développer un réseau à l’aide du secteur privé 

L’exemple de Copenhague : la ville implique le secteur privé dans le développement de stationnements à vélos, de pistes et de passerelles cyclables afin d’augmenter l’attractivité de nouveaux quartiers résidentiels ou de milieux de travail. 

 

 

 

  • Solution : Intégrer des stationnements pouvant accueillir un grand volume de vélos  

L’exemple d’Amsterdam : il y a plus de 255 000 emplacements pour stationner des vélos dans l’espace public à Amsterdam, dont certains sont souterrains. Dans le cadre du programme CIVITAS Handshake, la ville a publié un guide pour accompagner les municipalités dans la mise en place de telles infrastructures. 

  • Solution : Utiliser la technologie pour créer des rues plus « intelligentes » 

L’exemple de Copenhague : la ville utilise des technologies qui lui permettent de surveiller en temps réel la circulation des vélos, d’adapter les messages des panneaux de communication et d’offrir de l’éclairage « intelligent ».  

 

 

 

  • Solution : Obtenir de la rétroaction des usagers pour améliorer le réseau  

L’exemple de Munich : depuis juin 2021, les cyclistes de Munich utilisent une plateforme Web qui leur permet de poser des questions (et recevoir des réponses), d’offrir de la rétroaction à propos du réseau (par exemple, de localiser des zones de danger ou des pistes qui nécessitent un meilleur entretien) et de proposer des suggestions. L’implication des usagers contribue à l’amélioration en continu du réseau et aide à rendre les infrastructures plus sécuritaires. 

  • Solution : Calculer les effets socio-économiques de la pratique du vélo 

L’exemple de Copenhague : il est démontré que pour chaque kilomètre parcouru à vélo, la société danoise gagne 4,80 couronnes danoises (0,85 dollar canadien) et que pour chaque kilomètre effectué en voiture le coût s’élève à 5,28 couronnes danoises (0,91 dollar canadien). L’outil « Bikenomics » aide les villes à effectuer ce type de calcul qui offre des données sur lesquelles il est possible d’appuyer des décisions. 

 

 

 

  • Solution : Sensibiliser les cyclistes de tous âges et de toutes habiletés 

L’exemple de Munich : chef de file dans les campagnes misant sur l’inclusion, Munich a développé des outils et des visuels qui représentent tous les types d’usagers. 

  • Solution : Informer et faire la promotion du vélo pour changer des habitudes 

L’exemple de Munich : la ville considère le vélo comme étant un pilier essentiel à la mobilité durable. Dans ce contexte, elle effectue des campagnes de marketing ciblées ayant pour objectif de sensibiliser les citoyens au transport actif et de les mobiliser afin qu’ils prennent part à ce mouvement. 

L’union fait la force

Le programme CIVITAS Handshake est un modèle fort inspirant de collaboration entre différentes municipalités. Le site Web du projet regorge de documents, de solutions et de ressources qui peuvent accompagner des villes intéressées par le développement cyclable. Pour découvrir le travail effectué au cours des cinq dernières années par les villes mentorées et les leçons qu’elles ont tirées de cette expérience, vous pouvez parcourir la seconde partie de cette analyse : « Devenir une “capitale vélo” : exemples concrets ».

Les municipalités de toutes tailles gagnent à intégrer et à valoriser davantage la mobilité douce sur leur territoire. D’un point de vue touristique, les visiteurs profitent d’une expérience à échelle humaine, peuvent découvrir un lieu sous une autre perspective et bénéficient d’options supplémentaires pour réduire leur empreinte carbone à destination. Enfin, lorsque les pistes cyclables des villes se connectent à de plus vastes réseaux, elles deviennent aussi attrayantes pour les cyclotouristes en quête de lieux où se poser durant leur périple. 

Image à la une : CIVITAS Handshake 

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Destinations Tendances

Vers des villes plus vertes et plus saines

La mobilité durable, le verdissement et les solutions fondées sur la nature pour s’adapter aux changements climatiques, voilà quelques approches envisagées par des urbanistes et autres experts en regard de la ville de demain. 

Verdir, « réensauvager »

Selon un sondage réalisé pour l’organisme canadien Amis des parcs auprès de 3500 Canadiens, les 2/3 ont déclaré avoir passé plus de temps dans les parcs qu’avant la pandémie et 82 % de ceux-ci souhaitent maintenir ce rythme, voire visiter davantage ces lieux après la crise. De plus en plus de villes s’engagent d’ailleurs à créer des espaces verts. Les approches sont diverses et innovantes : aménagement d’une microforêt dans un ancien stationnement, transformation d’un centre commercial en zone humide et en prairie de fleurs, etc.  Plusieurs projets de microforêts sont aussi en cours à Montréal, voici à quoi devrait ressembler celui de la forêt urbaine du concept Le jardin d’Emiliano dans le Quartier des spectacles. 

Source : © Mario + Raquel Peñalosa + Diana Elizalde + WAA Montréal en collaboration avec Vinci Consultats, BES, Pageau Morel, Atomic3 et Les Ateliers Ublo 

Concevoir des parcs d’envergure

Et les projets de parcs urbains ne manquent pas. Certains sont spectaculaires et pourraient bien devenir des icônes. À Paris, la mairie a approuvé les plans de transformation des Champs Élysées en un vaste espace public de 1,9 km combinant verdure, tunnels d’arbres et zones piétonnes tout en réduisant la circulation automobile de moitié. Manhattan aura prochainement sa première « plage ». Le Gansevoort Peninsula consistera en un grand parc donnant accès au fleuve Hudson pour les amateurs de sports de pagaie. Ce développement s’ajoute à de nombreuses autres initiativesle long de ce fleuve. C’est le cas de Little Island, un projet inauguré en mai 2021 et unique en son genre, reconnaissable par sa structure sur piliers érigée sur l’eau.   

Source : Hudson River Park 

Déployer une offre en mobilité douce

Parcs et mobilité douce vont de pair. Les pistes cyclables en milieu urbain se sont multipliées depuis le début de la pandémie. Celles-ci sont fréquentées par les cyclistes traditionnels, mais de plus en plus par les adeptes de véloà assistance électrique. Ces appareils ont raison des côtes, du vent, des longues distances et des obstacles qui freinent souvent l’adoption de la petite reine comme moyen de déplacement. Plusieurs villes, dont Montréal et Québec, proposent maintenant une flotte de vélos électriques en libre-service.   

Selon laNorth American Bikeshare Association, 44 % des systèmes de vélo-partage en Amérique du Nord détenaient des vélos électriques en 2020 comparativement à 28 % l’année d’avant. Le nombre de déplacements avec ces appareils durant l’année 2020 a crû de 7 millions à près de 10 millions alors que l’utilisation des autres modes de transport actifs en libre-service et collectifs a diminué pendant cette même période en raison notamment des confinements. Le fort engouement pour les vélos électriques a incité certaines villes à changer leur flotte de vélo-partage pour n’offrir que ceux à assistance électrique. C’est le cas de Charlotte, en Caroline du Nord et de Madison, au Wisconsin.   

Source : Charlotte Joy Rides 

Promouvoir la ville différemment

La mobilité durable constitue une composante majeure du virage vers un tourisme plus responsable, mais elle n’est pas la seule. Pour inciter les voyageurs à adopter des comportements qui permettront de réduire les émissions de GES du secteur touristique, l’industrie doit leur proposer des options attractives (Tourisme durable en 2022 : l’industrie doit guider le chemin). À cet égard, l’organisation de gestion de la destination (OGD) de Copenhague présente son Sustainability Guide. L’OGD invite les visiteurs à se déplacer à vélo et en transport en commun, mais aussi à choisir des restaurants qui collaborent avec des producteurs locaux, à dormir dans des établissements d’hébergement certifiés écoresponsables, à utiliser les fontaines d’eau publiques plutôt que des bouteilles à usage unique, etc. Le guide en lignedonne des suggestions de comportements responsables à adopter ainsi qu’une liste d’organisations dont l’approche est en phase avec ces principes.   

Source : VisitCopenhagen 

Des villes qui s’engagent à verdir

Quelque 31 maires de grandes villes — dont ceux de Montréal, de Toronto et de Vancouver – on d’ailleurs signé la C40’s Urban Nature Declaration en juillet 2021, démontrant leur engagement à investir massivement dans des projets de verdissement. Ces derniers ont pour but de protéger les environnements urbains des impacts des changements climatiques — comme de créer des milieux permettant d’absorber les précipitations abondantes ou encore de réduire l’effet des îlots de chaleur —, mais aussi d’assurer l’accès à des espaces verts pour tous. Voilà qui contribuera certainement à créer des villes attractives, plus saines et plus résilientes.

Image à la une : Unsplash

Cet article fait partie du cahier des perspectives touristiques 2022 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat.

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Destinations Tendances

Citoyens heureux, ville heureuse

La ville est un écosystème complexe qui fut l’objet de nombreuses conversations durant la pandémie. Le bien-être et la santé de la communauté sont au cœur des discussions. La planification de la ville « 15 minutes », la densification et la dynamisation des rues principales pour créer des milieux de vie de qualité, voilà quelques approches envisagées par des urbanistes et autres experts en regard de la ville de demain.  

Voici des exemples d’initiatives proposées ou déjà en place qui s’inscrivent dans la mouvance des cœurs de collectivités résilients et durables.   

Valoriser les lieux par des commerces identitaires 

Mettre en valeur les commerces indépendants et attrayants constitue l’une des pistes de solutions pour favoriser la vitalité des cœurs de collectivités. La Ville de Lisbonne emprunte cette voie depuis quelques années déjà en choisissant de préserver les entreprises qui contribuent à l’ADN du lieu. L’initiative Lojas Com História (Commerces avec Histoire) vise à protéger les organisations qui participent au dynamisme de la ville par leur valeur historique, commerciale et identitaire. En 2016, des magasins, bars, restaurants, pâtisseries et boulangeries ont été sélectionnés selon une liste de critères préétablis par un comité multidisciplinaire. Ces commerces bénéficient d’une vitrine grâce à une plateforme Web et d’un fonds pour couvrir certaines dépenses.   

Source : Lojas Com História 

La Ville d’Amsterdam, très investie dans une meilleure gestion du tourisme et des flux touristiques, est aussi préoccupée par l’évolution commerciale de ses quartiers centraux. Pour mieux servir les résidents et les voir revenir s’installer au centre, elle aspire à réduire le nombre de boutiques de souvenirs et de commerces d’aliments pour emporter destinés aux touristes (ex. comptoirs à gaufres). À cette fin, les instances municipales ont annoncé en décembre 2021 qu’elles aideraient financièrement les OBNL qui souhaitent acheter ces propriétés pour en faire des commerces à saveur locale qui profiteront aux habitants comme aux visiteurs.   

Rouvrir des cafés pour dynamiser des villages

En France, le programme 1000 cafés vise à redynamiser des villages de moins de 3500 habitants en en offrant des occasions de rencontre qui favorisent les liens sociaux. L’initiative comprend ainsi la création, la réouverture ou la transformation d’un café pour en faire un lieu multiservice où les citoyens peuvent se retrouver tout en se procurant des produits du quotidien. Dans plusieurs des cas, la municipalité joue le rôle de propriétaire du commerce. Dans d’autres cas, elle identifie un propriétaire déjà en place. La Ville agit aussi comme mobilisateur en s’assurant de l’engagement des citoyens dans le projet. L’organisme Groupe SOS investit et accompagne la mairie et la personne qui gèrera le commerce dans la mise en place de l’initiative. Le fonds de commerce de chaque établissement appartient au mouvement 1000 cafés. Mis sur pied en 2019, ce réseau compte à ce jour plus d’une centaine de cafés. L’objectif du programme consiste à créer 1000 cafés dans 1000 villages français.  

Source : Facebook/1000 cafés 

Aménager la ville avec la participation des citoyens

Des villes misent sur le concept de « ville 15 minutes », soit une planification urbaine où les habitants peuvent travailler, magasiner, accéder aux services de santé, d’éducation et de loisirs dans un rayon de 15 minutes de marche ou de vélo. La capitale de la Suède mise plutôt sur la « ville une minute ». Le projet-pilote, qui s’intitule Street Moves, invite les résidents de Stockholm à décider de l’utilisation de leur rue. L’idée consiste à prioriser la mobilité douce et à créer des lieux de rencontre. Les citoyens déterminent la quantité d’espace dédié au stationnement, à la circulation automobile, etc. Le but de cette approche est de repenser toutes les rues de la Suède pour en faire des lieux en santé, durables et vibrants pour 2030.   

Source : ArkDes 

La ville des résidents, d’abord

Qu’adviendra-t-il des tours de bureaux et des commerces avoisinants si la tendance au télétravail se poursuit? Le tourisme d’affaires reprendra-t-il comme avant? Le contexte actuel ne permet pas d’obtenir des réponses claires à ces enjeux.  

Mais dans une optique de développement durable et responsable, l’attractivité touristique des milieux urbains nécessite d’abord l’appropriation de ceux-ci par leurs résidents. Une ville où il fait bon vivre, attirera des entreprises, des voyageurs d’affaires, des congrès et des touristes d’agrément. Qu’il s’agisse de noyaux villageois ou de grands centres, la gestion de cet équilibre s’avère essentielle à la création de milieux résilients.   

Image à la une : George Becker de Pexels

Cet article fait partie du cahier des perspectives touristiques 2022 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat.

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Gestion Marketing

Le démarketing pour une meilleure gestion des flux touristiques

En 2019, l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) estimait que d’ici 2030, quatre millions de touristes s’ajouteraient aux 1,4 milliard de voyageurs déjà existants, soit près d’un humain sur cinq. Cette croissance soutenue a mené à une surfréquentation de certains lieux, provoquant des conséquences sur la faune et la flore et sur la vie quotidienne des résidents. Avant la pandémie, la forte présence des visiteurs dans certaines villes comme Amsterdam, Barcelone et Venise, avait suscité de vives critiques de la part des citadins qui désiraient se réapproprier leurs quartiers.

Plusieurs gestionnaires ont profité de la pause forcée des derniers mois pour repenser le tourisme de demain. Parmi les solutions envisagées : le démarketing.

Qu’est-ce que le démarketing ?

Ce concept déjà proposé en 1971 par les Américains Philip Kotler et Sidney Levy, tous deux spécialistes du marketing, repose sur l’idée que les surplus peuvent être aussi problématiques que les pénuries. Le démarketing vise à décourager la clientèle (ou un segment en particulier) sur une base temporaire ou permanente. Kotler fait entre autres référence à la nécessité de réduire la consommation de certaines ressources naturelles dans le but de les préserver. La demande ne peut pas être illimitée dans un monde où les ressources sont limitées.

Dans le contexte touristique, l’idée consiste à restreindre l’augmentation de l’achalandage, puisque la croissance peut avoir des répercussions négatives sur la société et l’environnement. Dès lors, les stratégies de promotion d’un attrait sont remplacées par une approche visant à mieux gérer les flux de clientèles. Il ne s’agit donc pas ici de décourager les visiteurs, mais de les encadrer plus adéquatement.

Comment développer une approche de démarketing ?

Les méthodes à adopter se basent sur les mêmes principes que ceux du marketing traditionnel, c’est-à-dire les 4 P (promotion, place, produit, prix). À l’aide de quelques exemples, voyons comment elles s’articulent dans un contexte de démarketing touristique.

Allier promotion et gestion de la destination

Lorsque la concentration de visiteurs à un même endroit est trop dense, l’une des solutions envisageables consiste à cesser toute forme de promotion. C’est ce qu’a fait l’Organisation de gestion de la destination (OGD) des Pays-Bas dans son plan de développement touristique sorti en 2019. Ainsi, elle consacrerait son énergie à gérer la destination plutôt qu’à la promouvoir. Ce plan a été réalisé en collaboration avec les résidents afin qu’ils retrouvent un milieu de vie agréable.

Quelque 3,5 millions de vacanciers ont fréquenté les plages et les sites de la ville de Marseille entre le 15 juin et le 1er septembre 2020. Il s’agit d’une hausse de 60 % par rapport à 2019. Le maire et son équipe ont demandé à l’Office métropolitain du tourisme et des congrès de la ville d’arrêter toute forme de promotion. Le budget sert maintenant à former une centaine d’agents d’accueil et de conseil dans l’optique de rediriger les visiteurs vers des endroits moins connus.

Géolocaliser de façon responsable

La géolocalisation des attraits rend maintenant les trésors les mieux gardés accessibles à tous. Cependant, cette pratique a des impacts sur l’environnement. Certains endroits, autrement restés méconnus, deviennent rapidement très fréquentés. En réponse à ce phénomène, l’OGD de Jackson Hole, au Wyoming, a lancé une campagne invitant les visiteurs à géolocaliser leurs photos de façon responsable, en utilisant les coordonnées génériques d’un site plutôt que la position exacte où celle-ci a été prise.

Source de la vidéo : YouTube

En 2019, le Fonds mondial pour la nature France encourageait les gens à inscrire sur les réseaux sociaux « I Protect Nature », plutôt que d’indiquer la position géographique réelle. Cela permet d’éviter de partager les endroits où se trouvent certains attraits et, ainsi, sensibiliser les voyageurs à la protection des ressources naturelles.

Sur une note plus humoristique, l’OGD de la Nouvelle-Zélande a créé début 2021 une série de vidéos avec pour objectif d’influencer les touristes à explorer des lieux moins partagés sur les réseaux sociaux. Tom Sainsbury, humoriste néo-zélandais de renom, joue le rôle d’un policier dont le travail est d’empêcher les voyageurs de fréquenter des zones trop populaires. Pour ce faire, il les arrête et les amène dans des attraits plus originaux.

Réserver ses accès

Dans une perspective de démarketing, une des stratégies établies quant au produit est de le rendre moins attrayant, par exemple en en restreignant l’accès. Il peut s’agir d’acheter son billet en ligne. Bien que cette pratique soit courante depuis le début de la pandémie, certains gestionnaires y avaient eu recours bien avant. Depuis le 1er juillet 2017 au Pérou, les visiteurs avides de découvrir le site emblématique du Machu Picchu doivent réserver une plage horaire d’un maximum de 4 h.

Dans le but de protéger les berges du Parc national des Calanques, près de Marseille, des billets sans frais seront requis dès 2022 pour y accéder. Puisqu’un nombre restreint d’entrées est disponible, les gens devront planifier leur sortie.

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Source : Calanques, Pexel

Au Japon, depuis 2019, il est obligatoire de réserver son entrée pour explorer Shirakawa (le village de la rivière blanche). Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1995, sa popularité ne cesse de grandir. Avant la mise en place de cette mesure, la petite communauté de 1600 habitants devait conjuguer avec l’accueil de 2,15 millions de visiteurs chaque année. Les maisons uniques de style japonais, dotées de toits de chaume à forte pente, et la préservation du mode de vie traditionnel ont eu raison de ce calme d’antan. C’est d’ailleurs pour recouvrer cette tranquillité que la politique de réservation en ligne a vu le jour.

Tarifier pour mieux préserver

La mise en place de tarifs d’accès constitue une autre stratégie de démarketing. Avant la pandémie, la Nouvelle-Zélande connaissait une augmentation annuelle moyenne de touristes de 8 %. Si la tendance se maintenait, le nombre de visiteurs devait dépasser celui des cinq millions d’habitants en 2024. Depuis le 1er octobre 2019, les voyageurs étrangers doivent payer une taxe écologique d’environ 30 dollars canadiens qui servira au financement des infrastructures et à la protection des richesses naturelles. Plus récemment, en mars 2021, le conseiller en chef pour l’environnement de Air New Zealand a souligné qu’il était favorable à une augmentation des prix des vols internationaux pour compenser les émissions de gaz à effet de serre générés. Cette initiative n’est pas encore déployée.

Après avoir interdit l’accès aux paquebots dans sa lagune le 1er août 2021, les gestionnaires de Venise ont mis en place une taxe pour les voyageurs sans réservation minimale d’une nuitée. Elle entrera en vigueur dès le 1er janvier 2022. Le coût sera de six euros par jour lors de périodes creuses et pourra s’élever à 10 euros pendant la haute saison. Les passagers des bateaux de croisière bénéficieront d’un montant forfaitaire de sept euros.

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Source : Tyler Lastovich, Pexels

Durant la saison estivale en France, des milliers de vacanciers foulent le sol des îles bretonnes Sein et Bréhat. Le maire de Sein, Didier Fouquet, voit d’un bon œil la présence des touristes, car ils aident à remettre en état leur patrimoine. Sous le principe du pollueur payeur, 7 % du prix de chaque billet de traversée sont réinvestis dans des travaux d’aménagement.

Mieux vaut prévenir que guérir !

Le démarketing est souvent employé en réponse à un problème de surfréquentation. Ces stratégies peuvent aussi être utilisées de manière proactive pour gérer les flux de visiteurs avant qu’ils ne deviennent une nuisance pour les communautés locales et l’environnement. Les îles Féroé et la Thaïlande ont d’ailleurs décidé de fermer leurs sites durant une certaine période de l’année pour permettre à la nature de se régénérer et d’effectuer des travaux de restauration. Aux Îles de la Madeleine, au Québec, le nouveau plan de développement touristique 2020-2025 a été réalisé dans une optique inclusive, de concert avec les résidents, afin de répondre à leurs besoins et à ceux des visiteurs.

Et vous, quelles stratégies pensez-vous adopter pour la reprise des activités ?

 

Note : Cette analyse est la mise à jour de l’article : Le démarketing à la rescousse de la destination.

 

Image à la Une : Ricardo Gomez, Unsplash

 

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Produits et activités

Toilettes publiques, ça presse !

Une analyse publiée par le Réseau de veille en 2017 faisait déjà état de la demande croissante et de l’importance de toilettes adéquates dans le contexte touristique. Pourtant, les lacunes des installations sanitaires de plusieurs régions et villes touristiques québécoises ont fait couler de l’encre depuis la saison estivale 2020.

 

 

Des enjeux existants accentués par la crise sanitaire

Parcs municipaux, zones de plein air ou encore places publiques, les espaces extérieurs ont profité d’une grande popularité dans la dernière année alors que les commerces, restaurants, bars et infrastructures sportives, culturelles et de divertissement sont restés fermés la majeure partie du temps. Comparativement à l’Europe qui possède davantage de sanitaires de type autonettoyant, le Canada s’est en moindre mesure équipé de toilettes dans l’espace public. Il a adopté une culture d’installations privées, présentes essentiellement dans les commerces ou les entreprises. Ainsi, les diverses fermetures ont mis en évidence leur insuffisante. Souvent, on déplore aussi de ces lieux leur manque d’hygiène et de sécurité. Or, il s’agit d’éléments essentiels à la nouvelle expérience de voyage dans un contexte de reprise des activités touristiques.

À la chasse aux toilettes

Pour faire face au manque d’infrastructures, certaines destinations ont développé des solutions qui permettent de repérer les toilettes disponibles.

Au Royaume-Uni, un site Web entièrement dédié à leur localisation sur le territoire a vu le jour. La carte interactive Lockdown Loo a été conçue à l’origine pour localiser les installations sanitaires ouvertes durant les mesures de confinement. La plateforme est par la suite devenue Loocations.com et fonctionne sur une base collaborative. Elle propose aux visiteurs et usagers de partager en ligne les endroits où des toilettes sont accessibles et d’en donner une description : informations générales sur le lieu, heures d’ouverture, accès pour les personnes à mobilité réduite, etc.

Source : Loocations UK

Des applications ont aussi été créées pendant la pandémie. Développée par la startup nantaise Urban Services, en France, Ici Toilettes permet aux citadins de trouver les toilettes les plus proches grâce à la géolocalisation. Outre la difficulté d’accès et la salubrité des lieux, les fondateurs de l’application ont fait certains constats, dont les coûts élevés pour la construction et l’entretien de ces infrastructures. La startup a alors lancé une campagne de collecte de fonds pour démarrer un projet qui répond à tous ces critères. L’idée est de trouver des partenaires privés comme des bars ou des restaurants, qui, en échange d’une rémunération mensuelle de la part des municipalités, ouvriront les portes de leurs installations sanitaires. De son côté, l’utilisateur peut accéder gratuitement à ces toilettes situées à proximité.

Ainsi, son fonctionnement se base sur trois entités : les pouvoirs publics, les utilisateurs et certains collaborateurs. La rémunération apportée par les autorités est redistribuée équitablement entre les partenaires restaurateurs, plusieurs associations ayant des objectifs communs et Urban Services.

Source : Ici Toilettes

D’ici 10 ans, le projet vise à s’étendre à l’ensemble des villes françaises de plus de 20 000 habitants. Depuis déjà plusieurs années, il existe un programme similaire pour les commerces de l’Allemagne et de la Suisse qui s’intitule Nette Toilet. L’utilisateur peut télécharger une application qui localise les toilettes faisant partie du programme.

 

Et l’hygiène, dans tout ça ?

D’après un rapport du Centre de collaboration nationale en santé environnementale, la pandémie ne devrait pas justifier la fermeture totale ou partielle des toilettes publiques. On y dévoile l’importance d’accorder à ces installations un entretien régulier et accompagné de protocoles renforcés, et ce, pour lutter contre la transmission bactérienne en général. Ces infrastructures sont aussi bien indispensables pour les travailleurs sur la route que pour les personnes se trouvant dans des situations précaires ou de handicap.

L’hygiène est devenue un facteur inconditionnel à la reprise des activités. D’après une étude menée par Léger à l’été 2020 auprès des visiteurs du Quartier des spectacles de Montréal, la désinfection de certains lieux comme les toilettes après chaque passage fait partie des mesures les plus rassurantes (82 %) pour participer à des activités culturelles dans le quartier. De plus, avoir des installations sanitaires propres et accessibles permet aux passants de se laver les mains fréquemment et de lutter contre le phénomène des « toilettes sauvages ».

Des toilettes connectées, propres et sans attente 

Pour assurer des standards de propreté et proposer une expérience efficace, plusieurs villes ont recours à la technologie.

L’aéroport de Narita, au Japon, ainsi que l’aéroport d’Atlanta, aux États-Unis, se sont dotés de toilettes connectées fabriquées par la firme TOTO. La technologie utilisée permet de récolter des données sur le nombre de personnes en attente et de connaitre la quantité de toilettes disponibles aux usagers depuis l’entrée. Des capteurs permettent aussi de surveiller le volume de savon des distributeurs et d’obtenir des renseignements sur l’état de propreté générale des infrastructures. Pour les employés de l’entretien, l’utilisation de ces données permet une gestion des opérations et de l’achalandage plus efficace. Les usagers, de leur côté, bénéficient d’un service irréprochable. C’est la première image qu’ils auront de cette destination : hygiène impeccable et gestion exemplaire.

Source : TOTO USA

Inclure les toilettes dans l’expérience touristique 

À Tokyo, de nouvelles toilettes publiques attirent les regards. Conçues par des architectes de renom, ces infrastructures futuristes transparentes ont été installées à l’occasion des Jeux olympiques de 2020. Destinées à la fois aux touristes et aux résidents, la mission est double : marier une nécessité d’ordre public avec la performance artistique. La configuration du lieu promet une expérience sécuritaire à ses usagers. En effet, avant d’y pénétrer, ces derniers peuvent s’assurer de la disponibilité et de la propreté des toilettes. Une fois verrouillées, les vitres s’assombrissent.

Source : CBC

Depuis 2016, l’entreprise québécoise Les Cabinets se spécialise en blocs sanitaires expérientiels dans les événements, les galas ou en contexte corporatif. Mêlant ambiance olfactive et sonore, ces toilettes haut de gamme assurent propreté et service irréprochable. La qualité de l’expérience client, essentielle à la reprise du tourisme de demain, est au cœur de la démarche.

À chacun sa toilette

Qu’il s’agisse d’une implantation dans l’espace public, dans une entreprise privée ou encore dans un événement, plusieurs solutions existent et peuvent répondre à tous types de besoins et de budgets.

Concevoir des toilettes publiques innovantes, c’est aussi ce qu’ont choisi de faire plusieurs startups. C’est le cas de Madame Pee, une jeune pousse française, qui a commercialisé les premiers urinoirs pour femmes dès 2019. Ceux-ci répondent à plusieurs objectifs : hygiène, intimité, ergonomie, écologie et efficacité. Si, dans les premiers temps, ces urinoirs étaient déployés dans certains festivals, de nouveaux modèles se sont adaptés au contexte urbain.

Toujours en France, Ecosec propose les toilettes MADA. Le projet s’inscrit dans le mouvement de l’économie circulaire. Ces toilettes sèches sont dotées d’un système qui permet de revaloriser l’urine en engrais. Par la suite, ce fertilisant naturel est vendu aux agriculteurs locaux. Le système fonctionne entièrement sans électricité, ne dépend pas des réseaux d’eau des municipalités, et son coût est inférieur à celui des toilettes chimiques traditionnelles. La vidéo suivante illustre le concept.

https://www.youtube.com/watch?v=7gJszaYbeUc

Chaque année depuis 2010, le concours Canada’s Best Restroom propose à l’assistance d’élire par vote les meilleures toilettes au Canada. Et vous, êtes-vous prêt pour concourir l’année prochaine ?

 

Source de l’image à la une : Freepik

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Produits et activités

Des piscines urbaines fort attrayantes

La baignade fait partie des activités les plus populaires des vacances estivales. En général, la moitié des voyageurs québécois affirment vouloir aller à la plage ou se baigner lors de leurs voyages d’été (selon un sondage de la Chaire de tourisme publié en 2021). Ce ne sont pas les cours d’eau qui manquent au Québec. Mais leur accès pour la baignade est parfois périlleux, souvent absent, particulièrement en milieu urbain. Le contrôle de la qualité de l’eau peut aussi représenter un défi important.

Voici, en rafale, des exemples d’installations aquatiques qui devraient vous rafraîchir et peut-être inspirer des projets dans votre municipalité.

Une tradition danoise

Au Danemark, la mer n’est jamais bien loin. La culture de bord de l’eau fait partie du mode de vie des Danois et le pays regorge d’aménagements qui permettent d’en profiter. Grâce à d’importants investissements pour dépolluer l’eau, le port de Copenhague propose plusieurs sites de baignade. L’un des plus connus est le Islands Brygge Harbour Bath. Il comporte notamment cinq bassins destinés à différents usages (jeux, corridors de natation, etc.) et une tour à plongeons. Très populaire durant les chaudes journées d’été, ce site est également fréquenté en hiver, pour une saucette revigorante.

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Source : ArchDaily

Autrefois dynamique de par ses activités industrielles, le port de Hasle a pris un virage récréatif. Le réaménagement des lieux en 2013 offre un bel espace pour la baignade, la socialisation et la détente, grâce aux nombreuses possibilités offertes pour s’asseoir.

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Source : Bornholm.info

Une structure toute particulière est maintenant devenue iconique dans la région d’Ørestad, non loin de Copenhague. Kastrup Sea Bath comprend plusieurs atouts, dont celui de protéger les baigneurs du vent. Le projet a remporté plusieurs prix architecturaux.

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Source : White Arkitekter

Se baigner dans une barge

Le Badeshiff de Berlin accueille chaque été les résidents comme les visiteurs. Cette ancienne barge industrielle fait partie du complexe multifonctionnel Arena, situé sur une berge de la rivière Spree.

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Source : Source : Badeschiff Berlin / Facebook

La ville de New York propose aussi de se baigner dans une barge durant les journées chaudes. La Floating Pool Lady flotte ainsi sur l’East River.

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Source : The Floating Pool Lady

Des projets audacieux

Mais New York a d’autres ambitions en matière de piscine. La +Pool, un projet dans les cartons depuis déjà plusieurs années, consiste en une piscine en forme de croix, remplie d’une eau filtrée de l’East River et conçue pour y flotter. Les concepteurs de ce projet ont relevé de nombreux défis, dont celui de trouver la bonne technologie pour assainir l’eau. La +Pool vient d’obtenir le feu vert de la Ville pour sa réalisation. La vidéo ci-dessous explique le concept.

Source : Heineken

La ville de Bergen, en Norvège, aura aussi sa piscine flottante. La firme White a conçu les plans d’un vaste projet d’aménagement de parc riverain dans lequel est prévue la construction d’une piscine avec un design signature.

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Source : White Arkitekter

À Londres, le projet collectif Thames Baths s’inspire des piscines publiques flottantes des siècles derniers. Il vise à donner accès à la baignade en plein air à tous. Une installation aquatique quatre-saisons, durable et moderne pour les résidents et les touristes, voilà l’ambition des initiateurs de Thames Baths. La structure envisagée comprend une piscine chauffée et un bassin d’eau froide, un vestiaire, un café et du mobilier pour se détendre. Le concept pourrait être adapté à d’autres sites.

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Source : Thames Baths

Les piscines : des espaces attractifs

La pandémie a mis en lumière l’importance que revêtent les parcs et les espaces publics. Les installations aquatiques extérieures en font partie. L’accès à des plans d’eau pour la baignade en milieu urbain contribue à la qualité de vie des résidents et exerce un pouvoir attractif auprès des touristes, surtout lorsque le design de ces sites enrichit l’image de la destination.

Source de l’image à la une : +pool

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Gestion

Planifier et gérer une concentration de visiteurs

Avec la pandémie, les sites extérieurs comme les parcs naturels et les attractions agrotouristiques sont confrontés à la gestion d’un nombre croissant de visiteurs. Heureusement, composer avec une augmentation significative de touristes ne date pas d’hier. De grandes villes et des attraits populaires prenaient déjà le taureau par les cornes avant la crise et certains en sont même ressortis triomphants.

En septembre 2018, l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) a publié un rapport qui recommande 11 stratégies et 68 mesures visant à mieux gérer la croissance des flux touristiques. Bien que ce document demeure issu d’une période prépandémie, il constitue une excellente source d’inspiration pour les régions et les municipalités. En milieu urbain ou rural, avant ou après la crise sanitaire, composer avec une concentration de visiteurs nécessite des pistes d’action élémentaires assez similaires. Cette analyse présente trois stratégies.

1. Promouvoir une offre favorisant une meilleure répartition des visiteurs

Les principaux attraits et événements d’une destination attirent généralement une masse de voyageurs. Pour atténuer cette tendance, les offices de tourisme et les organisations de gestion de la destination (OGD) pourraient promouvoir une variété de lieux et d’attraits dispersés sur tout leur territoire, voire en périphérie.

Faire dévier la route d’une personne qui visite une destination pour la première fois représente un défi de taille, car bien souvent les icônes de ce lieu s’inscrivent parmi les raisons de son déplacement. Toutefois, si on lui propose une offre complémentaire, un touriste pourrait être tenté de bifurquer légèrement de son itinéraire et de se laisser surprendre par de nouvelles suggestions.

Certains voyageurs recherchent justement ces endroits situés à l’écart des grandes foules, d’autres reviennent pour une deuxième fois ou plus, ou effectuent un plus long séjour. Cette stratégie s’adresse à toutes les clientèles.

Exemple : la promotion des attraits méconnus en Nouvelle-Zélande

Dans sa volonté de mieux gérer les flux touristiques, la Nouvelle-Zélande a lancé une campagne au ton léger adressée aux influenceurs en partie responsables de la concentration de visiteurs dans certains attraits naturels. Une série de vidéos humoristiques met en scène un garde forestier à la poursuite des touristes qui saisissent des clichés aux endroits souvent popularisés sur les médias sociaux. Celui-ci « arrête » les « coupables » et les amène non pas vers un poste de police, mais vers une autre attraction moins connue. Leur slogan : « SVP, ne voyagez pas sous l’influence des médias sociaux ». Le site Web officiel de la Nouvelle-Zélande recommande aussi des activités qui ne figurent pas nécessairement parmi les incontournables reconnus sur TripAdvisor.

https://www.youtube.com/embed/Trs-isdu4eE

Source : Lonely Planet

En Europe, l’organisme de promotion France Montagnes publiait cet hiver des articles qui proposent des activités « loin des foules ». Cette méthode peu coûteuse met de l’avant des joyaux cachés, le tout, sous le signe de la sécurité et de la tranquillité.

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Source : France Montagnes

2. Promouvoir une offre hors des heures de pointe et hors saison

Atteindre un meilleur équilibre quant à la répartition des voyageurs au cours d’une journée, d’une semaine ou d’une année constitue un objectif pour bien des organisations touristiques.

L’OMT a élaboré quelques mesures qui appuient une telle démarche :

  • Établir d’une tarification dynamique pour favoriser la clientèle se déplaçant hors des périodes de pointe ;
  • Mettre en valeur des expériences uniques, à fort potentiel, qu’on ne trouve pas nécessairement en haute saison.

Exemple : Visit Finland

Depuis plusieurs années, la Finlande se démarque par la façon dont elle promeut ses saisons. Sur son portail, des expériences saisonnières uniques y sont présentées à travers des articles, des vidéos et des images qui témoignent du caractère authentique de la destination.

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Source : Visitfinland.com

L’OGD n’hésite pas à évoquer ce qui la distingue des autres lieux plus visités dans le monde et à faire ressortir ce qui pourrait plaire de l’expérience typiquement finlandaise.

3. Stimuler la création de nouveaux itinéraires et attraits

Chaque destination possède des atouts méconnus de la plupart des visiteurs. Créer des itinéraires de type « hors des sentiers battus » et les mettre en valeur avec la collaboration d’offices du tourisme, d’ambassadeurs et de commerçants locaux peut contribuer à mieux répartir les personnes sur un territoire.

La demande pour une offre touristique alternative est bien réelle. Avant la pandémie, elle se reflétait déjà par le désir des consommateurs de vivre des expériences authentiques et par le goût de découvrir la culture locale. Par dépit ou par envie, les restrictions de voyage liées à la COVID-19 auront tôt fait de mousser cette tendance, notamment dans les attraits en milieu rural. De ce constat découle le défi de créer des circuits hors du commun et en phase avec la tolérance des résidents pour continuer le développement dynamique d’expériences uniques.

Exemple : UnDiscovered itineraries de Tourisme Australie

Conscient des idées stéréotypées des touristes qui visitent sa destination, l’OGD de l’Australie a décidé de créer et de promouvoir des expériences inusitées à travers des itinéraires qui sortent des corridors les plus fréquentés.

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Source : Tourism Australia

En matière de circuits courts, le plein air et l’agrotourisme font bon ménage. Le réseau des parcs nationaux anglais propose plus d’une trentaine d’expériences qui mettent en valeur la culture locale et qui répartissent les visiteurs autour des aires protégées. Du café-kayak à la dégustation de gin forestier, ces partenariats créent des activités uniques.

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Source : National Park Experiences

Du top 5 au top 50 ?

Devrions-nous remplacer les fameux tops 5, tops 10, les Bucket List et les suggestions d’incontournables, par une proposition plus diversifiée ? Certaines destinations le font, choisirez-vous également cette avenue ?



Note : Cette analyse est la mise à jour de : Planifier et gérer une augmentation significative de visiteurs

Source image à la une : Pexels

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Destinations

La pandémie pousse la ville à se remettre en question

Les autorités se mobilisent

D’abord, tout s’est arrêté. Du jour au lendemain, le cœur des villes a cessé de battre. En fait, beaucoup de centres urbains, encore à ce jour, sont maintenus en vie artificiellement. Les travailleurs, les visiteurs, les étudiants et même les résidents se font rares dans les centres-villes depuis maintenant trop longtemps. Les commerces, ceux qui peuvent encore accueillir la clientèle en fonction des mesures sanitaires, en souffrent sévèrement.

Très rapidement, les autorités municipales ont démontré leur capacité à adapter le territoire pour permettre des déplacements sécuritaires. Plusieurs initiatives ont vu le jour dans les grandes et moins grandes villes à travers le monde : piétonisation, nouvelles voies cyclables, zones de rencontre et terrasses sur les trottoirs et les places publiques. Dans un contexte normal, ce type de projets se bute à de la résistance, nécessite des compromis. Mais avec la crise, il a fallu faire vite, adapter pour sécuriser et faciliter la fréquentation des commerces locaux, maillon essentiel de la vitalité des rues principales. La ville est alors devenue un véritable laboratoire de projets pilotes en accéléré. Comme les habitudes de la plupart des gens ont été bouleversées, leur état d’esprit est probablement plus ouvert, plus disposé aux changements.

Tourisme : une haute saison difficile

Le déconfinement estival a soulagé bien des entreprises, dont de nombreux hôtels, restaurants et attraits touristiques en région. Mais la situation dans les centres urbains s’est avérée bien différente. Selon les estimations de Destination Canada, les taux d’occupation moyens dans les grandes villes canadiennes ont rarement dépassé 40 % à 50 % au plus fort de l’été.

Selon le bilan estival de l’enquête sur les impacts de la COVID-19 sur l’industrie touristique québécoise*, la majorité des entreprises situées dans les grands centres urbains du Québec ont vu leurs finances se détériorer davantage durant la haute saison. Les données de la firme STR indiquent un taux d’occupation moyen de 18 % dans les hôtels de Montréal à la fin juillet, du jamais vu.

À court terme : un hiver confiné à domicile… et dehors

Malgré tout, avec l’hiver et la deuxième vague de la pandémie, d’autres initiatives ingénieuses se déploient dans les villes qui doivent conjuguer avec le froid et la neige. Pour des raisons de santé mentale et physique, la population aura plus que jamais besoin de sortir. Cet hiver, la qualité de vie des citoyens passera, entre autres, par l’aménagement des sites extérieurs.

Des architectes, urbanistes et autres professionnels de l’aménagement ont documenté de bonnes pratiques afin d’accompagner les autorités locales dans l’élaboration de concepts adaptés à l’hiver dans un contexte pandémique. Par exemple, pour favoriser la fréquentation des rues commerciales, l’organisation Bench Consulting a mis sur pied le concours Winter Places. Celui-ci vise à multiplier les solutions d’aménagements extérieurs hivernaux à faible coût et à installation rapide. Un guide téléchargeable gratuitement rassemble les initiatives retenues.

villes_redefinir_tourisme_postcovidSource : Pexels

À moyen et long termes : pour des villes plus résilientes

De nombreux professionnels du développement urbain se sont prononcés sur l’avenir des villes compte tenu du contexte actuel. La crise favorisera certainement l’accélération de certaines tendances. Des constructions plus durables, davantage d’agriculture urbaine et d’espaces verts ainsi qu’une place grandissante pour le transport actif et à propulsion électrique constituent des cibles qui gagneront en importance.

Dans cette mouvance, une cinquantaine d’experts et de personnalités influentes au pays, sous l’impulsion de l’ex-urbaniste en chef de la Ville de Toronto, Jennifer Keesmaat, signent la Déclaration 2020 pour la résilience des villes canadiennes. Ce groupe multidisciplinaire propose de développer une économie verte, propre et sobre en carbone en changeant la façon de planifier et d’opérer les milieux urbains. Les signataires formulent ainsi 20 mesures à mettre en place comme point de départ à ce virage. Celles-ci se regroupent sous trois thèmes :

  • Assurer une occupation responsable du territoire ;
  • Accélérer la « décarbonisation » de nos systèmes de transport ;
  • Adhérer au développement durable dans nos environnements naturels et bâtis.

Des solutions concrètes à mettre en place dès maintenant

L’enjeu de la dévitalisation des centres-villes ne date pas de la pandémie. Le magasinage en ligne et les centres commerciaux des banlieues ont contribué à étioler la fréquentation des rues principales. La crise a exacerbé cette dégradation et stimulé la mobilisation des acteurs de différents milieux pour créer des outils concrets de revitalisation. L’Institut urbain du Canada a publié un rapport intitulé : In it Together: Bringing Back Canada’s Main Street qui rassemble des actions pour dynamiser le cœur des villes. Ces propositions sont organisées autour de cinq thématiques phares : les gens, les lieux, le soutien, les commerces et le leadership.

Au Québec, le Centre d’écologie urbaine de Montréal et la Chaire de recherche In.SITU de l’ESG UQAM ont lancé une plateforme Web rassemblant une panoplie de ressources pour l’aménagement des villes, dont six fascicules offrant la marche à suivre pour réaliser des projets de rues conviviales.  

Et le tourisme ?

Les villes du Québec sont de véritables moteurs de l’économie touristique. Des centres urbains dynamiques, animés, où les scènes culturelles et gastronomiques sont vibrantes et identitaires, où il fait bon vivre et où les résidents sont fiers et heureux d’accueillir le visiteur, voilà des villes attractives, tant pour les touristes d’agrément que d’affaires. Veillons à ce que la pandémie de COVID-19 ait servi à propulser un virage essentiel pour l’avenir des villes, une sorte de legs qui profite aussi bien aux résidents, aux entreprises qu’aux clientèles touristiques.

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*L’enquête portant sur les impacts de la COVID-19 sur l’industrie touristique québécoise est une étude menée en trois volets, d’avril à septembre 2020, par la Chaire de tourisme Transat en partenariat avec le ministère du Tourisme, l’Alliance de l’industrie touristique du Québec et les associations touristiques régionales et sectorielles.

 

Image à la Une : Pexels