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Ailleurs dans le monde Faits et chiffres Marchés géographiques

Les grandes destinations classiques et les vedettes montantes

Toutes les régions de la planète possèdent leurs stars. Bien souvent, elles n’enregistrent pas de taux de croissance spectaculaires et subissent parfois même des baisses, mais elles figurent toujours en tête de liste du classement. Par contre, les vedettes montantes, au gré du taux de change, de campagnes publicitaires efficaces, de changements géopolitiques et de multiples autres facteurs, affichent d’importantes augmentations des arrivées internationales et grugent les parts de marché des plus grands.

Selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), les dix premières destinations au classement mondial constituaient 88% des arrivées internationales en 1950, proportion qui a diminué à 47,6% en 2004; cette tendance devrait se poursuivre, mais dans une moindre mesure.

Sauf indication contraire, les données du texte indiquent les arrivées touristiques internationales de 2004 et les taux de croissance de ces arrivées par rapport à 2003. Ces chiffres proviennent de l’OMT et sont provisoires.

L’Europe demeure la star incontestée

Cette région regroupe le plus grand nombre de pays au Top Ten du classement mondial (six pays sur dix) et accapare plus de la moitié des touristes internationaux en 2004 (54,4%) (lire aussi: Les stars au firmament des destinations). Malgré ses monuments, d’autres destinations gagnent en popularité.

  • L’étoile filante est sans contredit la Turquie (16,8 millions) qui présente des taux de croissance substantiels de ses arrivées internationales de 2000 à 2004 (39,1%, 12,5%, 18,6%, 3,8% et 26,9%).
  • Les pays de l’Europe centrale et de l’Est ont le vent dans les voiles. Avec l’Ukraine en tête (15,6 millions, 24,9% et 19% en 2003), la République Tchèque (6 millions, 19,4% et 10,8% en 2003) et la Bulgarie (4,6 millions, 14,4% et 17,9% en 2003) réalisent elles aussi des avancées intéressantes.
  • Quant à la Croatie, elle est devenue la nouvelle coqueluche de la région méditerranéenne (7,9 millions, 6,8%).

L’Asie-Pacifique est sans contredit l’enfant prodige de la planète

Bien que le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) soit venu interrompre son ascension en 2003, tous les yeux sont tournés vers la région Asie-Pacifique. Outre la Chine et Hong Kong, plusieurs autres pays prennent du galon. Une vingtaine de destinations ont, non seulement surmonté les reculs de 2003, mais réussi à atteindre des taux de croissance notables.

  • La Malaisie (15,7 millions) avec des hausses spectaculaires de ses arrivées internationales, brille au firmament des stars asiatiques. En 2003, elle a connu une baisse touristique de 20,4% et dès 2004, elle rebondissait avec une augmentation de 48,5% (28,9% en 2000, 25% en 2001).
  • La Thaïlande (11,7 millions, 16,4%) et Macao en Chine (8,3 millions, 31,9%) constituent deux autres destinations qui tirent bien leur épingle du jeu.
  • Le Japon (6,1 millions, 17,8%) a obtenu des taux de croissance intéressants trois années durant et n’a enregistré qu’une très faible diminution lors du SRAS (-0,5%).
  • Suivent la République de Corée (5,8 millions, 22,4%) et l’Indonésie (5,3 millions, 19,1%).
  • L’Inde (3,4 millions, 23,5% et 14,4% en 2003) est aussi à surveiller. À l’instar de celles de la Chine, ses perspectives de croissance sont grandes et le gouvernement indien met les bouchées doubles afin de dynamiser ce secteur.
  • Taïwan (2,9 millions, 31,2%) et les Philippines (2,3 millions, 20,2%) affichent un volume de touristes plus modeste, mais obtiennent un niveau de croissance appréciable.
  • Malgré la baisse généralisée en Asie-Pacifique en 2003, la Nouvelle-Zélande (2,3 millions, 11,6%) a réussi à conserver une croissance positive de ses arrivées (2,9%). Avec l’effet combiné du film Le Seigneur des anneaux et de son plan marketing efficace, ce pays continue sur sa lancée.

L’Amérique Latine émerge des Amériques

Les États-Unis représentent toujours la destination phare de ce continent, malgré les importantes baisses subies lors des trois dernières années. Quant au Canada, il lutte surtout avec le Mexique pour obtenir une plus grande part de marché. Les années 2001 et 2002 se sont soldées globalement par un bilan négatif pour l’ensemble des Amériques, mais 2003 et 2004 ont sonné le coup d’envoi pour plusieurs pays.

  • L’Amérique latine se réclame de plusieurs vedettes montantes: le Brésil (4,7 millions, 15,5%), l’Argentine (3,4 millions, 11,9%), l’Uruguay (1,8 million, 23,7% et 12,9% en 2003), le Chili (1,8 million, 10,6% et 14,3% en 2003), le Costa Rica (1,5 million, 17,3% et 11,3% en 2003), le Guatemala (1,2 million, 34,3%) et le Pérou (1,2 million, 24,6%).
  • Et plusieurs autres pays, se classant sous la barre du million de touristes, ont obtenu des hausses supérieures à 15% en 2004.
  • Les Caraïbes font aussi bonne figure. La République dominicaine (3,4 millions, 5,1% et 16,8% en 2003), Cuba (2 millions, 9,2% et 11,5% en 2003) et Porto Rico (3,5 millions, 9,4%) présentent de bonnes performances.

Le Moyen-Orient met de l’avant des projets hors du commun

Les données préliminaires de 2004 démontrent une croissance de 20,5% des touristes pour le Moyen-Orient. L’Arabie saoudite (8,6 millions, 17,3%) représente la principale destination de cette partie du globe et certains pays progressent de façon notable.

  • Avec Dubaï et ses mégaprojets touristiques, les Émirats arabes unis (5,9 millions en 2003, 7,8% et 31,7% en 2002) se taillent progressivement une place au sein de cette région et caressent l’ambitieux objectif de tripler leur nombre de touristes étrangers d’ici 2010.
  • L’Égypte (5,7 millions en 2003, 17,1%) cherche à reprendre la deuxième place.
  • La République arabe syrienne (4 millions) impressionne avec un taux de croissance de 43,9% en 2004.
  • Malgré une année difficile en 2003, le Bahreïn (2,9 millions en 2003, -6,7%, en 2002 13,6% et en 2001 15,2%) réussit à tirer son épingle du jeu.
  • Le Liban a connu aussi des hausses appréciables (12,9% en 2001, 14,3% en 2002 et 26% en 2004) pour atteindre 1,3 million d’arrivées internationales.

L’Afrique est engagée sur le sentier de la croissance

En 2004, l’Afrique du Sud (6,8 millions, 2,6%) figure en tête des arrivées internationales du continent africain. Suivent les pays du Maghreb, qui connaissent de bonnes années.

  • La Tunisie (6 millions, 17,3%) voit le Maroc (5,5 millions, 15,5%) se rapprocher, tandis que l’Algérie (1,2 million) obtient des taux de croissance intéressants depuis cinq ans (15,6%, 4,1%, 9,6%, 18%, 5,8%).
  • Le Kenya (1,1 million) a joui d’une hausse impressionnante de 30,7% en 2004.
  • Bien que le volume de touristes étrangers se situe sous le seuil du million, plusieurs autres pays d’Afrique ont enregistré des taux de croissance surpassant les 30% (Ouganda 68,2%, Mali 61,6%, Madagascar 43,6% et Togo 36,5%).

Une concurrence accrue

La concurrence s’intensifie, dit-on! Oh que OUI! Première destination mondiale, la France, qui courtise ses marchés limitrophes (Anglais, Allemands, Italiens, Belges et autres), doit désormais rivaliser avec la Croatie, Dubaï et de nombreuses destinations asiatiques. Et la concurrence irradie de multiples façons.

Elle s’intensifie – de nombreuses destinations bataillent fort pour affirmer leur présence (investissements promotionnels, projets audacieux, etc.).

Elle s’étale – l’Europe de l’Est gagne du terrain, les gens se rendent jusqu’en Antarctique et la Route de la soie devient accessible.

Elle se diversifie – les gros canons ont toujours la cote, mais les destinations plus marginales gagnent du terrain.

Elle se démocratise – quoi de plus facile que de se rendre en Thaïlande, à Bali ou en Russie?

Ce texte fait suite à l’article Les stars au firmament des destinations

Sources:
– Organisation mondiale du tourisme. «WTO World Tourism Barometer», vol. 3, no 2, juin 2005.
– Organisation mondiale du tourisme. «Le tourisme international obtient ses meilleurs résultats depuis vingt ans», communiqué de presse, Bangkok, 2 février 2005.
– Organisation mondiale du tourisme. «Tourism Highlights 2004», [www.world-tourism.org].
– Organisation mondiale du tourisme. «Tourism Highlights 2003», [www.world-tourism.org].
– Organisation mondiale du tourisme. «Tourism Highlights 2001», [www.world-tourism.org].
– Organisation mondiale du tourisme. «Tourisme Horizon 2020», Madrid, Espagne, 1999.

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Ailleurs dans le monde Transport

Les multiples facettes touristiques du train

De nos jours, la variété et la qualité des prestations offertes par le train brisent souvent de vieux stéréotypes. Un simple coup d’oeil à la panoplie des produits et services disponibles permet de constater à quel point le train est devenu bien plus qu’un mode de transport coûteux avec un piètre service. Qu’il adopte la cadence du «slow travel» ou la vitesse d’un avion, le transport ferroviaire s’est raffiné et, plus que jamais, il appartient au paysage touristique.

Adaptation du train

Du début du XXe siècle jusqu’aux années cinquante, le train constitue le fleuron des modes de transport au pays et Montréal agit comme plaque tournante du continent. L’arrivée de l’automobile, combinée au développement des autoroutes et du transport aérien, a sonné le glas de l’époque ferroviaire. Mais, aujourd’hui, le tourisme donne une nouvelle vie à ce moyen de transport.

Plusieurs destinations ont adapté leur service régulier de train de manière à ce que la tarification convienne davantage à la clientèle touristique. La passe européenne Eurail, qui permet aux voyageurs de parcourir plusieurs pays en utilisant le train de façon illimitée durant un certain laps de temps, constitue un exemple bien connu. On trouve le même concept avec la Carte Amérique du Nord, valide pour trente jours et offerte conjointement par Via Rail et Amtrak.

L’utilisation du train à des fins touristiques s’organise de plusieurs façons. L’une d’elles consiste à offrir de longs trajets ferroviaires qui recréent les voyages épiques. Via Rail, par exemple, mise sur cette approche classique pour découvrir le Canada, grâce à un forfait de trois jours permettant de franchir la distance entre Toronto et Vancouver. Le transporteur a même développé, en collaboration avec des partenaires touristiques, un portail spécifique où les voyageurs peuvent sélectionner des escapades en train parmi les thématiques proposées.

Trains de luxe

Par ailleurs, quelques entreprises misent sur un produit ferroviaire de luxe. Le groupe Orient-Express, par exemple, exploite des trains touristiques très haut de gamme en offrant un service hors pair. Les trains Venice Simplon-Orient-Express (Europe), Eastern & Oriental Express (Bangkok-Singapour), Northern Belle et Hiram Bingham (Pérou) font partie de ce créneau. Le segment Venice Simplon-Orient-Express est membre honorifique des Relais & Châteaux depuis 1968. À titre indicatif, la tarification d’un forfait de 9 jours/8 nuits sur le Northern Belle, en occupation double, coûte 5425 euros par personne. 

La compagnie Royal Scotsman gère un train du même nom en Écosse. Considéré par plusieurs comme le plus luxueux du monde (photo), il offre un service attentionné grâce à un ratio d’un employé pour deux passagers et le nombre de voyageurs se limite à 36 par circuit afin de maximiser l’espace disponible et de privilégier l’intimité.

Rovos Rail, Palace On Wheels, Rocky Mountaineer et le Trans-Siberian Express figurent parmi les autres transporteurs qui proposent des produits de luxe en train. La réponse du marché semble bonne puisque plusieurs projets d’expansion sont à l’agenda des entreprises qui oeuvrent dans ce créneau.

Petits trains touristiques

Les petits trains touristiques s’inscrivent plus comme un attrait que comme un mode de déplacement. Par exemple, le train à vapeur Hull-Chelsea-Wakefield propose une excursion d’une demi-journée dans l’Outaouais visant à faire revivre une époque révolue. Les Trains touristiques de Chaudière-Appalaches et le Train touristique du Haut-Saint-François offrent également ce type de produit.

Plus près de Montréal, l’Agence métropolitaine de transport prend également un virage touristique. L’organisme a publié un dépliant dédié à la promotion d’escapades thématiques en train dans la grande région métropolitaine. Ces excursions d’une journée comprennent des volets de découvertes (visites de vignobles, de fermes, de sites historiques, de centres d’interprétation, etc.) et des sorties à caractère plus ludique (parc aquatique, rallye, croisière, canot, etc.). 

En France, de 3 à 4 millions de touristes empruntent les petits trains qui sillonnent le pays. Le train jaune s’avère le plus populaire alors qu’il accueille à lui seul plus de 500 000 visiteurs. C’est le caractère hautement pittoresque du trajet parcouru à une vitesse de croisière de 30 km/h, sur une liaison ferroviaire aux allures de montagne russe, qui le rend si populaire. Comme ces petits trains français offrent des trajets trop limités, on les jumelle habituellement avec des circuits d’autocaristes ou de tours-opérateurs spécialisés.

Le train touristique convient parfaitement aux familles, même avec de très jeunes enfants. Les adeptes de l’histoire et de la mécanique ainsi que les nostalgiques d’une certaine époque peuvent également s’intéresser à ce type d’expérience. Ce produit s’adapte évidemment très bien aux groupes ainsi qu’aux réunions d’affaires. 

En Ontario, une initiative originale

Certaines destinations vont encore plus loin dans l’intégration du train comme composante touristique. Cochrane, petite municipalité située dans le nord-est de l’Ontario, à 700 kilomètres de Toronto, jouit d’une excellente réputation auprès des marchés du sud de la province et auprès de plusieurs Américains comme destination de motoneige. Afin de faciliter l’accès aux motoneigistes et d’intéresser d’importants marchés éloignés tels que le Michigan, la destination a mis sur pied le service «Tracks to Trails – Snowmobile Excursions» adapté au transport des motoneiges en train (photo).

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L’initiative s’est avérée un succès: une importante proportion des motoneigistes utilisent leur automobile jusqu’à la région de Sault-Sainte-Marie et montent ensuite à bord d’un train (Algoma Central Railway) pour atteindre la région de Cochrane. Cette formule a fait l’objet d’une dynamique campagne de promotion et a rapporté d’intéressants résultats. La quasi-totalité de la clientèle qui utilise ce service appartient à la catégorie des motoneigistes expérimentés.  

Quelques perspectives

Bien qu’il n’occupe plus l’avant-scène en Amérique du Nord, le train ne ralentit certainement pas ailleurs dans le monde. Les projets visant l’amélioration des réseaux ferroviaires se multiplient et comprennent souvent d’imposants ponts et tunnels dans le but de faciliter les déplacements internationaux des voyageurs en reliant certains pays entre eux. Voici quelques exemples:

  • Un tunnel de 40 kilomètres connectera l’Espagne au Maroc (2008).
  • Un pont ou tunnel sera construit entre l’Allemagne et le Danemark (2015).
  • Un tunnel de 53 kilomètres reliera Lyon et Turin.
  • Un tunnel de 136 kilomètres permettra de passer de la Tunisie à la Sicile.
  • Un tunnel de 120 kilomètres reliera le Japon à la Corée du Sud.
  • Un passage de 125 kilomètres rejoindra Taiwan à partir de la Chine.

Par ailleurs, les préoccupations liées à l’environnement constituent un autre facteur qui contribuera à accroître la popularité de ce mode de transport. La majorité des trains, lorsque comparés sur une base équivalente, s’avèrent beaucoup moins dommageables pour l’environnement en termes d’émission de dioxyde de carbone que l’automobile et l’avion. Calculé en kilomètres par passager, le taux de pollution du train équivaut à 27% de celui des vols court-courriers, à 45% de celui des autos et à 64% de celui des autobus. 

En outre, d’importantes percées dans l’ingénierie améliorent sans cesse l’efficacité du transport ferroviaire. Les autorités chinoises ont mis à profit la nouvelle technologie MAGLEV qui consiste à utiliser la lévitation magnétique. Une première mondiale, le Maglev Transrapid (photo), inauguré le 31 décembre 2004, relie le centre-ville de Shanghai à l’aéroport international. Ce train, dont la vitesse de pointe atteint 430 km/h, parcourt une trentaine de kilomètres en 7 minutes et 20 secondes. Le coût de cette innovation: 1,2 milliard $US. Les Pays-Bas, l’Allemagne, le Royaume-Uni (avec un train qui atteindra 500 km/h) et les États-Unis étudient la faisabilité de projets similaires. Avec de telles avancées, on doit se demander si le train ne représentera pas un concurrent sérieux à l’avion.

Peut-on se permettre de rêver à un train Maglev pour Dorval (ou Mirabel) un jour?

Voir aussi

Forfaits Via
Escapades en train de l’AMT
Train à vapeur Hull-Chelsea-Wakefield
Trains touristiques de Chaudière-Appalaches inc.
Algoma Central Railway

Sources :
– China Daily/The Guardian. «Shanghai Maglev Train May Fly on London Line», Chinadaily.com.cn [www.chinadaily.com.cn], 6 juillet 2005.
– De Gueldere, Alexis. «Le Québec par d’autres voies – Au rythme du rail», Au Québec, 2005.
– Noyer, Olivier. «Les petits trains qui visitent la France», L’Écho Touristique, 22 avril 2005.
– Paquet, Stéphane «Le p’tit train des Alpes», La Presse, 11 juin 2005.
– Mintel. «Worldwide Rail Tourism – International», Travel & Tourism Analyst, no. 2, février 2005.

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Ailleurs dans le monde Faits et chiffres Marchés géographiques

Les stars au firmament des destinations

Plusieurs destinations gagnent en popularité et voient croître substantiellement leurs arrivées touristiques. Ces vedettes montantes érodent les parts de marché des destinations classiques et menacent d’en déloger certaines du grand classement mondial. Comment se profile la concurrence du Canada sur l’échiquier international en 2004?

Basés sur les données de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), les chiffres présentés font référence au classement des destinations, aux arrivées et aux recettes touristiques internationales. Afin d’alléger la lecture, certains synonymes sont utilisés. Les données de 2004 sont provisoires et celles de 2003 peuvent ultérieurement être sujettes à modification. Il est important de souligner que la méthodologie utilisée pour la compilation des arrivées peut différer d’un pays à l’autre. Dans les tableaux, la colonne Série fait état de la méthodologie utilisée.

La situation mondiale: 2004 sous le signe de la reprise et 2005 bien amorcée

Après trois années difficiles, l’année 2004 enregistre la plus importante croissance des arrivées touristiques internationales depuis dix ans (10,7%) ce qui porte le volume des arrivées à 763 millions (tableau 1). Une augmentation similaire (10,3%) des recettes a permis de générer 622 milliards $US. Les données du début de l’année 2005 indiquent la poursuite de cette tendance à la hausse amorcée en 2004.

L’évolution du tourisme récepteur chez les dix plus grands de la planète

L’année 2004 a été sans contredit l’année de la Chine, cette dernière ayant détrôné l’Italie de sa quatrième position grâce à une croissance de 26,7% de ses arrivées (tableau 2). De même, Hong Kong a fait une entrée remarquée dans le Top Ten des destinations en s’emparant de la septième place avec une impressionnante augmentation de 40%, alors qu’en 2003, il n’occupait que le douzième rang.

Le graphique 1 permet d’observer l’évolution des arrivées touristiques internationales dans les principaux pays récepteurs au cours des dix dernières années:

  • depuis les deux dernières années, la tendance générale est à la hausse à l’exception de l’Italie qui, depuis 2001, éprouve des difficultés;
  • la France n’arrive plus à reprendre sa vitesse de croisière de l’avant septembre 2001;
  • seule l’Espagne présente un parcours de croissance assez régulier;
  • après quatre années de dégringolade, les États-Unis reviennent en force en 2004;
  • la Chine a entrepris une ascension très rapide et a rebondi de façon spectaculaire après le SRAS de 2003;
  • à la suite d’un parcours plutôt linéaire, la chute de 2001 a secoué le Royaume-Uni, lequel a connu depuis un nouvel essor;
  • Hong Kong, le Mexique, l’Allemagne et l’Autriche bataillent pour les derniers rangs du classement. Si l’on observe les courbes de croissance, Hong Kong ne tardera pas à se détacher du peloton pour aller rejoindre le Royaume-Uni, alors que les autres pays ne semblent pas pouvoir miser sur des augmentations substantielles.

Les principaux rivaux du Canada

En 2004, le Canada a été évincé du Top Ten mondial pour se glisser à la onzième position (tableau 3). En raison de leur taux de croissance annuel impressionnant, la Turquie (26,9%), la Malaisie (48,5%) et l’Ukraine (24,9%), principales rivales du Canada, réalisent des avancées considérables au classement et talonnent le Canada. Dans ce regroupement, seule la Hongrie a connu un recul substantiel en 2004, avec une diminution de 3,5 millions de visiteurs internationaux (-22,2%), glissant ainsi de cinq échelons.

Macao (Chine) se situe en vingt et unième position cette année (8,3 millions, 31,9%) et si, tout comme ses consoeurs chinoises (Chine et Kong Kong), elle continue ses avancées spectaculaires, elle ne tardera pas à grimper dans l’échelle des destinations.

Sur un horizon à long terme

Estimées par l’OMT en 1999, les données de l’année 2020 établissent le nombre d’arrivées de touristes internationaux à 1,5 milliard, soit le double de celui enregistré en 2004. Dans ces mêmes prévisions, les parts de marché seront modifiées (graphique 2). L’Europe et les Amériques perdront du terrain par rapport à 1990, tandis que l’Asie-Pacifique et l’Afrique seront en mode de croissance. Déjà en 2004, l’Asie-Pacifique a surpassé les Amériques et le Moyen-Orient a atteint le niveau de croissance qu’on lui prévoyait pour 2020.

De nombreuses destinations investissent des sommes importantes dans le tourisme et plusieurs possèdent des objectifs ambitieux. À observer la vitesse des changements se profilant à l’horizon, nous pouvons croire, à juste titre, que les prévisions de l’OMT pour 2020 pourraient être sérieusement bousculées.

Serge Trigano, ex-président du Club Méditerranée, exprimait récemment sa vision du tourisme de 2010 en ces termes : «Les pays deviendront de vraies marques, avec leurs personnalités, et se battront à travers de violentes campagnes publicitaires.» Et on peut sûrement lui donner raison.

Comme bien d’autres, le Canada a du pain sur la planche. Où se positionnera-t-il en 2020? Les paris sont ouverts!

Pour d’autres données, consultez «Les grandes destinations classiques et les vedettes montantes».

Sources:
– L’Écho touristique. «Dix patrons nous livrent leur vision», 10 décembre 2004, p. 34.
– Organisation mondiale du tourisme. «WTO World Tourism Barometer», vol. 3, no 2, juin 2005.
– Organisation mondiale du tourisme. «Le tourisme international obtient ses meilleurs résultats depuis vingt ans», communiqué de presse, Bangkok, 2 février 2005.
– Organisation mondiale du tourisme. «Tourism Highlights 2004», [www.world-tourism.org].
– Organisation mondiale du tourisme. «Tourisme Horizon 2020», Madrid, Espagne, 1999.

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Produits et activités

La croissance des musées pour enfants fait des bonds aux États-Unis

En tapant simplement les mots «children museum» dans Google, on obtient une longue liste de musées pour enfants: à Boston, Chicago, Indianapolis, Manhattan, Saint-Paul, Houston, Denver, Seattle, Austin… Ce type de musées abonde aux États-Unis, et selon l’Association of Children’s Museums de Washington D.C., la tendance ne montre aucun signe de ralentissement… même après 105 ans.

Que diriez-vous…

  • de vous promener en scooter dans les rues de Hanoi et d’explorer le Vietnam grâce à ses contes populaires?
  • de vous attaquer au record de la plus grosse balle d’élastiques?
  • d’explorer l’estomac d’Eddie, un garçon de 12 mètres de haut, pesant près de 17 000 kilos?

  • de plonger au coeur des traditions et de la culture japonaises?
  • de créer une oeuvre d’art ou de réaliser une expérience scientifique cool à partir d’objets récupérés, collés, pliés et peints?
  • de grimper au grenier des grands-parents et d’y découvrir un monde de fantaisie à travers des costumes et des trésors de toutes sortes?
  • de faire de la musique?
  • de découvrir la recette de «la tarte rouge et verte facile»?
  • de modeler un visage en argile dont les joues, les yeux, le nez, la bouche sont en forme de fruits et de légumes?
  • d’être entraîné par le corbeau et le renard, le lion et le rat, la cigale et la fourmi, la grenouille et le boeuf, dans un parcours ludique sur la vie du fabuleux fabuliste Jean de la Fontaine?
  • de fouiner au petit Baz’art pour trouver des livres, des bonbons, de la pâte à modeler, de la pâte à sel, des cartes postales… et plein d’autres plaisirs?

Et ce n’est qu’un échantillon des activités offertes par les musées pour enfants!

«We don’t think childhood should end at 10.»
Jane Werner – directrice du Children’s Museum of Pittsburgh

Amuser tout en éduquant

Lieux de mille et une découvertes excitantes, les musées pour enfants ont pour but de stimuler la curiosité des jeunes et de les aider dans leur apprentissage. Fondées sur le jeu et l’humour, les différentes approches pédagogiques proposées permettent de développer la sensibilité, l’intérêt et la créativité de l’enfant. Diverses thématiques artistiques, scientifiques, historiques, civiques et ethniques sont abordées à travers des expositions et des ateliers. Ces institutions appuient les établissements scolaires, les éducateurs en milieu de garde et les parents.

Un fort taux de natalité aux États-Unis

  • Le premier musée américain pour enfants a vu le jour à Brooklyn en 1899.
  • Depuis 1990, 100 musées ont vu le jour et 85 sont à l’état de projet. On évalue entre 250 et 300 le nombre de musées dédiés aux enfants aux États-Unis.
  • En 2003, plus de 25,7 millions d’enfants et de familles ont visité un musée faisant partie de l’Association of Children’s Museums (plus de 200 membres).
  • Environ 56% des musées se situent en région urbaine, 31% en banlieue et 15% en milieu rural.

Plusieurs facteurs ont influencé l’essor de ce type d’établissement aux États-Unis:

  • les parents recherchent des environnements éducatifs différents du cadre scolaire, afin de rompre avec ce milieu trop souvent associé à la performance – les musées sont axés sur l’enfant et le plaisir;
  • depuis les événements de 2001, les gens cherchent des environnements sécuritaires – les musées sont perçus comme un endroit sûr;
  • les Américains veulent passer plus de temps en famille;
  • les attractions qui utilisent les nouvelles technologies se répandent, permettant ainsi de réaliser des choses jusqu’alors inimaginables – plusieurs musées misent sur les technologies pour fasciner les enfants.

De nombreuses villes américaines ont flairé l’intérêt des familles pour ces musées et ont ajouté cet attrait à leur liste d’activités, au même titre que les aquariums et les musées d’art. Au musée de Columbia, 36% des visiteurs proviennent de l’extérieur de la ville. On assiste actuellement à une escalade de projets audacieux marquant une nouvelle vague d’établissements – attractions plus grandes que nature, immeubles immenses, agrandissements considérables, etc.

Ailleurs dans le monde, au Canada… et au Québec?

Il est difficile de tracer un portrait international des villes qui comptent ce type d’établissements parmi leurs attraits touristiques. L’Australie, le Canada, le Honduras, Israël, le Mexique, le Portugal, le Royaume-Uni et bien d’autres pays figurent sur la liste des membres de l’Association of Children’s Museums de Washington. Plusieurs projets de musées sont aussi amorcés dans divers pays (Brésil, Chine, Espagne, France, Irlande).

À Paris, le Musée en Herbe fêtera ses 30 ans en avril et certaines de ses expositions, conçues pour être montées en une journée maximum (sauf exception!), font le tour de la France. Au pays de la démesure, à Dubaï (Émirats arabes unis), on ne parle plus de musée, mais bien d’une Children’s City consacrée aux enfants âgés de 2 à 5 ans, où ils peuvent explorer le monde dans lequel ils vivent.

Au Canada, on dénombre quatre musées pour enfants et deux projets sont en cours:

  • le London Regional Children’s Museum (London, Ontario) – le premier au Canada;
  • le Children’s Own Museum (Toronto, Ontario);
  • le Waterloo Regional Children’s Museum (Kitchener, Ontario);
  • le Manitoba Children’s Museum (Winnipeg, Manitoba);
  • le Children’s Museum of Victoria (Victoria, Colombie-Britannique) – ouverture en 2007;
  • Kids around the world (Vancouver, Colombie-Britannique) – ouverture vers 2010.

Au Québec? Les tout-petits ne sont pas négligés, mais la formule semble plutôt éclatée. Certaines institutions muséales ont aménagé pour eux un espace spécifique (notamment le Musée canadien des civilisations à Gatineau), d’autres leur consacrent des expositions ou mettent sur pied des ateliers ou des programmes de visite adaptés. Le Centre des sciences de Montréal utilise des approches pédagogiques et ludiques pour amener les visiteurs à apprivoiser le milieu scientifique, mais il s’adresse toutefois à une clientèle beaucoup plus large et se concentre sur un secteur spécifique. Des événements comme Le Rendez-vous culturel international des enfants, qui a eu lieu dans le Vieux-Port en mai dernier, la tenue de camps de vacances spécialisés (scientifiques, linguistiques, etc.) – et la liste pourrait s’allonger -, contribuent à l’épanouissement des jeunes.

Y aurait-il lieu de concocter une folie magique qui séduirait nos jeunes et qui deviendrait un attrait touristique couru? Avec son concept récréo-éducatif nommé «Kidtropolis», le projet Lac Mirabel semble vouloir développer un parc récréatif hybride en lui jouxtant un volet éducatif. Projet en devenir…

Sources:
– Sloan, Gene. «Kids’ museums grow by leaps, bounds», USA Today, 17 février 2005.
– Association of Children’s Museums. [www.childrensmuseums.org].
– Sites Internet de différents musées.

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Ailleurs dans le monde Produits et activités

Le cas Revelstoke, une expérience inédite

Partout dans le monde, les projets de centres de villégiature quatre-saisons foisonnent. Un regard sur les expériences d’autres destinations nous a permis d’en découvrir un particulièrement intéressant, celui de Revelstoke en Colombie-Britannique.

Cette petite municipalité, coincée entre le mont Mackenzie et le parc national du Canada Mont-Revelstoke, a choisi de se positionner comme la «porte d’entrée» des escapades d’aventure en montagne et des parcs nationaux de la région. Un plan de développement fera du mont Mackenzie et de la région de Revelstoke une destination quatre-saisons de calibre international.

Voici ce que propose Revelstoke:  

Une destination alpine de haut calibre

  • Positionnement de la ville de Revelstoke: «The Gateway to Mountain Adventure and National Parks».
  • Village situé au pied du mont Mackenzie, domaine skiable de 1945 mètres d’altitude offrant la quatrième plus importante dénivellation au monde (Whistler, avec ses 1524 mètres, se situe au 19e rang).
  • Précipitations annuelles de plus de 12 m de neige au mont Mackenzie.
  • Vision: «Small, low density, high quality and service oriented, nature-based destination resort as an integral part of a remote and diverse mountain town.
  • Investissement de départ de 270 millions $, auquel s’ajouteront environ 800 millions de ventes provenant de l’immobilier.

L’infrastructure et les activités

  • Capacité maximale actuelle de 4000 visiteurs par jour en été et de 2500 en hiver, soit 1355 unités d’hébergement et 978 sites de camping; ajout de 16 000 chambres pour le projet.
  • Principales activités hivernales: ski alpin, héli-ski, motoneige, ski de fond et snowcat skiing*.
  • Principales activités estivales: vélo, randonnée, nautisme, équitation, observation de la faune, escalade et golf.
  • Des cabanes de bois dispersées sur le territoire – accessibles en randonnée l’été et en hélicoptère l’hiver – pour une expérience en hébergement de montagne.
  • Organisation par le parc national du Canada Mont-Revelstoke d’une randonnée annuelle de ski au clair de lune.

Pôle nature/éducation

  • Proximité du parc national du Canada Mont-Revelstoke, ce qui confère un important pôle nature/éducation à la destination.
  • Organisation de cours de découverte de l’histoire et de l’écologie du secteur, dispensés par l’organisme «les Amis des parcs nationaux du Mont-Revelstoke et des Glaciers».
  • Tenue sur place d’ateliers de perfectionnement professionnel et de conférences sur tout un éventail de sujets touchant au secteur nord de la chaîne Columbia (ex.: écologie du grizzli, survie du caribou dans la région, utilité des échantillons d’ADN pour la recherche sur la faune, etc.) organisés par le Columbia Mountains Institute of Applied Ecology.
  • Instauration du programme «Revelstoke EdVentures» offert par l’Okanagan University College et qui propose des voyages d’apprentissage dans la région de Revelstoke.

En plus de présenter un produit de haut calibre, Revelstoke nous apparaît également comme un cas de bonne pratique pour plusieurs raisons:

  • Le développement du mont Mackenzie se réalisera en symbiose avec la vision de la municipalité, laquelle se positionne comme la porte d’entrée des parcs nationaux de la région.
  • Afin de respecter les espaces protégés environnants, les autorités souhaitent que le mont Mackenzie devienne une destination qui privilégie avant tout le développement de faible densité, la qualité des services et des infrastructures, et la préservation du milieu naturel.
  • Enfin, le maillage avec le parc national limitrophe lui confère un pôle nature/éducation qui lui permet de jouer la carte écotouristique.

* Transport des skieurs à l’aide d’autobus à chenilles dans des endroits difficilement accessibles.

Voir aussi

Revelstoke Mountain Resort

Sources:
– Brent Harley and Associates Inc. et The Resort Planning Group. «Socio-Economic and Land Use Assesment of Potential Impacts of the Proposed Mount Mackenzie Expansion Plan», City of Revelstoke and Columbia Shuswap Regional District, août 2004.
– Government of British Columbia. «British Columbia Resort Strategy and Action Plan», Ministry of Sustainable Resource Management, 2004.
– Enkon Environmental Limited. «Mount Mackenzie Resort Expansion», Land and Water British Columbia, décembre 2003.
– Minister of State for Resort Development Land and Water British Columbia Inc. «$270 Million All Season Resort For Revelstoke [www.cityofrevelstoke.com], 7 décembre 2004.

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Segments de clientèles

Le naturisme: la vérité toute nue!

Le naturisme, aussi appelé nudisme, se développe lentement mais sûrement au Canada. Bien que le taux de pratique n’y soit pas aussi élevé que dans plusieurs pays européens, la France en tête, ce choix de vie devrait continuer à faire des adeptes. 

Naturisme ou nudisme

Selon la Fédération naturiste internationale de (FNI), «Le naturisme est une manière de vivre en harmonie avec la nature, caractérisée par une pratique de la nudité en commun. Il a pour but de favoriser le respect de soi-même, le respect des autres et celui de l’environnement.» Le Petit Larousse, pour sa part, définit le nudisme comme une doctrine prônant la vie au grand air dans un état de complète nudité. Si certains utilisent une appellation plutôt qu’une autre, sachez que les deux termes sont synonymes.

Combien d’adeptes au Canada?

Bien qu’il soit très difficile d’obtenir des statistiques précises, à la Fédération québécoise de naturisme (FQN; fondée en 1977) on estime que le Canada compte environ 50 centres et clubs naturistes, en bonne partie concentrés en Ontario et au Québec. Ce nombre ne comprend pas les regroupements «non officiels».

Les centres et clubs proposent divers forfaits et services, allant de la simple visite à un séjour de quelques semaines. Ils offrent également la possibilité de louer un terrain de camping, ou encore un petit chalet ou une roulotte. Organisés comme des centres de villégiature «traditionnels», ils permettent de pratiquer de nombreuses activités de loisirs et de plein air (natation, volley-ball, badminton, vélo, randonnées pédestres, etc.).

Un sondage Market Facts effectué début 1999 pour le compte de la Federation of Canadian Naturists (FCN) révélait qu’environ 2,7 millions de Canadiens (soit 8,9% des ménages) ont déjà visité des plages ou des centres naturistes. Par ailleurs, 3,5 millions (11,6% des ménages) ont témoigné d’une curiosité envers cette pratique, en affirmant que l’idée de se baigner nus en présence d’autres personnes, incluant des personnes de sexe opposé, ne leur déplaisait pas.

C’est donc un total de quelque 6,2 millions de Canadiens (soit 20,5% des ménages) qui se montrent ouverts à la pratique du naturisme. Le sondage révèle également que les adeptes se concentrent dans les milieux urbains, même si l’on en trouve partout, et ils bénéficient généralement d’un revenu élevé. Bien que le nudisme se développe au Canada, il demeure moins répandu que dans plusieurs pays européens. Néanmoins, selon les fédérations canadienne et québécoise, il devrait obtenir davantage de reconnaissance au sein de la société.

Ailleurs dans le monde

La Fédération française de naturisme (FFN) a été créée en 1950 afin d’organiser, de développer et de contrôler les activités naturistes en France métropolitaine et dans les DOM-TOM. Aujourd’hui composée d’environ 80 000 membres, dont 14 000 appartiennent à un club, elle regroupe 180 associations et près de 85 centres de vacances répartis sur le territoire. Depuis 1983 elle est agréée par le ministère du Temps Libre, de la Jeunesse et des Sports comme association nationale de jeunesse et d’éducation populaire.

La France accueille environ 1,5 million de naturistes chaque année; de ce nombre, 52% sont étrangers. Le nudisme y constitue une industrie en soi, avec un chiffre d’affaires de 100 millions d’euros et près de 3000 emplois permanents.

Selon un sondage Ifop-France Naturiste réalisé en 2002, 5,5 millions de Français affirment avoir déjà pratiqué le naturisme et près de 8,5 millions se disent prêts à tenter l’expérience. Les résultats du sondage révèlent en outre que le naturiste moyen est plutôt jeune (15 à 49 ans) et de classe sociale élevée.

Mais depuis quelques mois, la FNI constate une réduction du nombre d’adhésions. Entre autres causes, le naturisme en France subit, tout comme les autres secteurs touristiques, l’assaut de la concurrence avec l’arrivée de nouvelles destinations comme l’Espagne et la Croatie. La Fédération mentionne aussi le net ralentissement de l’activité économique et la baisse du pouvoir d’achat des classes moyennes, qui font que le produit perd de son intérêt.

Aux États-Unis, en 2003, le marché du naturisme affichait un chiffre d’affaires de 400 millions $US, avec une progression de presque 400% sur les dix dernières années. Peu à peu, les camps de nudistes traditionnels font place à de nouvelles formules: croisières nudistes en Méditerranée, spas ou centres de conditionnement physique pour nudistes ou, pour les plus audacieux, expéditions de pêche aux piranhas en Amazonie, etc.

Ce produit est toujours considéré comme un marché de niche. Selon le porte-parole de la Travel Industry Association of America (TIA), Dexter Koehl, personne n’a encore mené de recherche approfondie sur le sujet.

Les croisières naturistes, un produit en émergence

Dans le but de renouveler le produit naturisme, plusieurs types de croisières dans différentes destinations sont offerts à des clientèles diversifiées: pour la famille ou en groupes, pour échangistes, pour homosexuels, sur des bateaux de croisières ou des voiliers, en Guadeloupe, aux Antilles, au Portugal…

Dernièrement, la Bare Necessities Tour and Travel Company, une entreprise américaine qui organise des croisières pour les nudistes depuis 1991, annonçait une première visite en Australie en février 2005. En effet, le Clipper Odissey accueillait à son bord 128 nudistes venus des États-Unis, du Canada, d’Hawaï, d’Amérique centrale et d’Australie pour une croisière de deux semaines entre Sydney et Cairns.

Sources:
– Easen, Nick. «Clothing Optional», Time Asia, 5 juillet 2004.
– L. A. «Le recul du naturisme en France», août 2004.
– J’ai mon voyage. «L’Australie attend sa première croisière de nudistes», 21 octobre 2004.
– Le Télégramme (Bretagne). «8,5 millions de Français prêts à pratiquer», 26 juillet 2004.

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Gestion

L’évaluation de la performance: deux études de cas

Bien qu’il s’agisse d’un outil de planification stratégique d’une importance majeure pour la prise de décision, l’évaluation de la performance demeure une pratique sous-utilisée dans la plupart des entreprises ou destinations touristiques. Pour favoriser une meilleure compréhension du processus d’évaluation et des liens essentiels qu’il entretient avec la définition des objectifs stratégiques, le texte qui suit fournit des exemples concrets de mesure de l’impact économique du tourisme et de certaines activités marketing dans deux destinations réputées pour leur savoir-faire: la Colombie-Britannique et la Grande-Bretagne.

L’évaluation de l’impact économique

Cette évaluation s’effectue principalement par l’entremise des indicateurs nationaux du tourisme (INT). Il s’agit d’un ensemble de statistiques qui rend possible l’analyse trimestrielle de la demande, de l’offre de biens et services touristiques, et de l’emploi généré. Au Canada, les principaux indicateurs de la demande sont fondés sur les données de l’enquête sur les voyageurs internationaux (EVI), concernant les dépenses des touristes, et sur celles de l’étude sur les voyages des Canadiens au pays (EVC), soit le nombre d’entrées aux frontières, ainsi que les dépenses touristiques par marché et par trimestre. Comme les résultats que produisent ces enquêtes sont généralement incomplets, quelques régions touristiques se sont dotées d’un certain nombre d’indicateurs, soit:

  • le taux d’occupation des chambres d’hôtel;
  • le taux de fréquentation des sites et des attraits;
  • le taux de fréquentation des restaurants;
  • le taux d’achalandage dans les aéroports;
  • le nombre de demandes de renseignements aux bureaux d’information touristique;
  • le nombre de congrès d’importance et de congressistes.

Nous le constatons, les INT peuvent être utiles à la prise de décision en matière de politiques et de stratégies puisqu’ils permettent de connaître l’importance relative des grands marchés touristiques, la répartition des différentes composantes de la consommation touristique et ainsi, les marchés en croissance ou en émergence. Par contre, employés isolément, ils ne permettent pas de dresser un portrait régional de l’impact économique du tourisme. Dès lors, il s’avère important de porter une attention particulière aux autres sources possibles d’information ou à la création de nouveaux outils standard de collecte d’information.

Les activités de marketing

La majorité des destinations et entreprises touristiques allouent d’importantes sommes à la réalisation de leurs activités de marketing. Mais très peu d’entre elles possèdent une vision claire des retombées de ces actions, principalement en ce qui concerne l’atteinte de leurs objectifs, ce qui n’est pas le cas de la Colombie-Britannique, que nous présentons ci-dessous.

L’exemple de la Colombie-Britannique

Objectif général: vendre la Colombie-Britannique aux consommateurs et à l’industrie afin qu’elle devienne leur destination touristique préférée.

Activité marketing Objectifs spécifiques Indicateurs de performance Performance annuelle
Objectif Résultat
Publicité consommateur: BC Escapes Accroître l’achalandage au printemps et en été en offrant des forfaits intéressants sur les marchés à fort potentiel. Budget investi Revenus générésNombre de demandes d’informationNombre de forfaits vendus 5,6 MM$ 62 MM$60 00010 000 5,6 MM$ 70,3 MM$78 00013 000
Marketing coopératif Soutenir les partenaires régionaux et sectoriels dans leurs activités marketing: publicité, publications, foires et bourses touristiques, etc. Nombre d’entreprises participantes Nombre de guides et publications touristiques distribués 1 000 1,5 MM 1 040 1,6 MM
Activités visant le réseau de distribution Maintenir la position de la C-B auprès des intermédiaires de voyage par des activités telles que les programmes éducatifs, les tournées de familiarisation et le démarchage. Part de la C-B dans les brochures de forfaits canadiens des opérateurs de tours. Amérique du Nord : 40 % Europe : 40 %Asie : 60 % Amérique du Nord : 41 % Europe : 41 %Asie : 71%
Relations de presse Continuer de sensibiliser les principaux médias à la destination Valeur des articles publiés Nombre de journalistes aidésNombre de participation à des bourses médias 65 MM$ 1 34210 203,6 MM 2 05516

L’exemple de la Colombie-Britannique nous démontre clairement que toutes les activités se rattachent à un objectif général, identifié dans leur stratégie de marketing, et qu’elles sont mesurées en fonction d’un objectif annuel, ce qui permet aux décideurs de vérifier l’atteinte des buts fixés et de réorienter le tir si nécessaire. Malgré tout, on remarque certaines lacunes, surtout dans l’identification d’indicateurs utiles. En effet, on peut se demander comment le budget investi dans la publicité consommateur pour accroître l’achalandage au printemps et en été peut représenter un indicateur de performance utile au processus décisionnel proprement dit. Bien sûr, si l’action posée se révèle un échec, la somme investie sera toujours trop élevée. De même, on est en droit de se questionner sur la validité des revenus générés uniquement par la campagne publicitaire quand on sait qu’une multitude de facteurs peuvent influencer le processus d’achat d’un consommateur.

L’exemple de la Grande-Bretagne

La British Tourist Authority (BTA) fournit un autre type d’exemple. À partir de quatre principes généraux – satisfaction des visiteurs, croissance de l’industrie, acceptation du tourisme par la communauté et protection de l’environnement -, elle a défini sept indicateurs et leurs diverses sources d’information afin de mesurer l’atteinte des objectifs visés dans leur stratégie de marketing (voir tableau suivant). Ici, la démarche semble plus complète puisqu’elle fait référence aux sources d’information à utiliser, mais on ne dispose d’aucun indice sur les cibles à atteindre et les actions qui seront mises sur pied pour parvenir aux objectifs.

Principes de base/ Objectif Indicateurs Sources d’information
Satisfaction des visiteurs/
S’assurer que les visiteurs reviennent en Grande-Bretagne et recommandent la destination
  1. Degré de satisfaction des consommateurs en fonction des services reçus
  2. Nombre de plaintes enregistrées
  1. Questionnaire standard de suivi
  2. Banque de données sur les plaintes enregistrées
Croissance de l’industrie/
Atteindre le niveau international de croissance de l’industrie tout en favorisant une meilleure distribution saisonnière des revenus
  1. Croissance des dépenses touristiques des voyageurs en Grande-Bretagne
  2. Dépenses touristiques des voyageurs en Grande-Bretagne par trimestre
  1. Sondage sur les voyageurs internationaux*
  2. Sondage sur les voyageurs internationaux
Acceptation par la communauté/
Maximiser localement les bénéfices reliés au tourisme
  1. Dépenses touristiques des voyageurs en Grande-Bretagne par région
  2. Degré de satisfaction des partenaires
  1. Sondage sur les voyageurs internationaux
  2. Le processus d’évaluation de campagne
Protection de l’environnement/
Encourager l’utilisation du transport public
  1. Utilisation des transports en commun par les voyageurs internationaux
  1. Sondage sur les voyageurs internationaux
* Le sondage sur les voyageurs internationaux est effectué mensuellement par l?Office national des statistiques

Enfin, dans tous les plans stratégiques ou de développement et les programmes analysés pour les fins de cet article, nous n’avons recensé aucune organisation disposant d’un processus d’évaluation complètement adéquat. Cette activité semble s’effectuer de façon instinctive et ne paraît pas s’intégrer dans un processus de planification stratégique comme ce devrait être le cas. Prenons seulement les exemples de la Colombie-Britannique et de la Grande-Bretagne; il aurait fallu les combiner pour obtenir un modèle pertinent d’évaluation de la performance. Et encore, les indicateurs ne s’avèrent pas tous fiables, ni comparables et on ne possède aucune donnée sur la participation des fournisseurs et utilisateurs d’information dans le processus d’évaluation. En fait, l’évaluation de la performance deviendra totalement pertinente lorsqu’on aura appris à s’en servir systématiquement pour alimenter la phase de planification stratégique.

Voir aussi:

L’évaluation de la performance dans l’industrie touristique: de quoi parlons-nous?

Sources:
– Tourism British Columbia. «Tourism British Columbia Annual Report 2002/03».
– British Tourist Authority. «A Strategy for the Sustainable Growth of Tourism to Britain.», septembre 2001.

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Faits et chiffres Marchés géographiques

Québécois et Ontariens voyagent surtout au Canada

Dans ce deuxième article sur les résultats de l’Enquête sur les voyages des Canadiens, de Statistique Canada, le Réseau de veille poursuit son analyse. Ainsi, on apprend que les Québécois ont effectué en 2003 plus de 27,8 millions de voyages touristiques d’une nuit et plus, pour un total de près de 100 millions de nuitées et une durée moyenne de 3,6 jours. Ils ont dépensé 7,7 milliards de dollars à cet effet. Près de la moitié (49%) de leurs dépenses touristiques ont été engagées à l’extérieur du Québec.

Le Québec aux Québécois

Dans un article récent, nous avons analysé le comportement de voyage des Québécois à l’extérieur du pays (lire «Où vont les Québécois à l’étranger?»). Toutefois, la majorité des déplacements touristiques des Canadiens s’effectuent à l’intérieur du Canada. En ce qui concerne les Québécois, ils ont réalisé en 2003 quelque 27,8 millions de voyages incluant au moins une nuitée, toutes destinations confondues; 75% ont eu lieu au Québec, soit environ 20,8 millions de voyages (graphique 1). Les autres provinces canadiennes ont obtenu 11% des voyages, comparativement à 10% pour les États-Unis et 4% pour les pays outre-mer.

Environ 56% des 99,4 millions de nuitées des Québécois se sont déroulés au Québec (graphique 2). La durée moyenne des voyages au Québec était de 2,6 jours, comparativement à 8 jours pour les séjours à l’étranger. Les États-Unis et les destinations outre-mer ont obtenu chacun approximativement 16% des nuitées, alors que les autres provinces canadiennes complétaient le portrait avec 12%.

Les dépenses des Québécois

Les Québécois ont dépensé 7,7 milliards $ en 2003 – excluant les dépenses réalisées dans le cadre d’excursions. Un peu plus de la moitié (51%) ont été effectuées au Québec, ce qui représente près de 4 milliards $ (graphique 3). Voici comment ces sommes se répartissent pour les autres destinations: 19% dans les pays outre-mer, 17% aux États-Unis et 13% dans les autres provinces canadiennes.

Quel est le poids des excursionnistes dans les dépenses touristiques?

Les visites d’excursionnistes jouent un rôle important sur les retombées économiques et cette tendance ne fera qu’augmenter puisque, à compter de 2005, le gouvernement canadien mettra en application sa nouvelle définition d’un touriste, laquelle se lit ainsi: une personne qui «effectue un déplacement de plus de 40 km, incluant une nuitée» alors qu’actuellement, le seuil s’établit à 80 km.

En 2003, environ 23% des dépenses touristiques effectuées au Canada par les Québécois provenaient des excursionnistes, soit 1,5 milliard $
(graphique 4), dont la majeure partie (1,4 milliard $) a eu lieu au Québec.

Déplacements domestiques des Québécois

Regardons de plus près la répartition des déplacements des Québécois dans les autres provinces canadiennes (tableau 1). L’Ontario est celle qui accueille le plus de Québécois (2,1 millions de visites et 7 millions de nuitées), ce qui se traduit par des dépenses totalisant 638 millions $, pour une moyenne de 92$ par jour et de 298$ par voyage. Le Nouveau-Brunswick arrive en deuxième position avec 319 000 visites. Fait intéressant, même si seulement 125 000 Québécois se sont rendus en Colombie-Britannique en 2003, ils ont tout de même dépensé 122 millions $, soit davantage qu’au Nouveau-Brunswick, et ce, principalement en raison de séjours plus longs.

  Visites Nuitées Dépenses
Ontario 2 140 6 964 637 880
Nouveau-Brunswick 319 1 551 86 977
Colombie-Britannique 125 1 276 121 795
Nouvelle-Écosse 122 643 53 498
Alberta 84 578 42 212
Île-du-Prince-Édouard 83 423 39 614
Terre-Neuve 45 323 23 094
Manitoba 32 258 13 007
Saskatchewan 22 80 12 804
Yukon, T-N-O et Nunavut 5 27 5 668
Total 2 977 12 123 1 036 549

Source: Statistique Canada

Un coup d’oeil sur les Ontariens

Les Ontariens sont plus nombreux à visiter le Québec (3 millions) que les Québécois à se rendre en Ontario (tableau 2). En moyenne, les Ontariens séjournent au Québec durant 3,1 jours et dépensent 286$. On remarque également que les voyages des Ontariens sont assez bien répartis entre les provinces canadiennes, puisqu’ils effectuent 9,4 millions de nuitées au Québec, 4,7 millions en Colombie-Britannique, 3,4 millions en Nouvelle-Écosse et 3 millions en Alberta. Les dépenses touristiques totales (une nuit et plus) des Ontariens dans les autres provinces canadiennes ont atteint
2,2 milliards $.

  Visites Nuitées Dépenses
Québec 3 099 9 375 869 030
Colombie-Britannique 565 4 677 432 793
Alberta 496 3 050 244 295
Nouvelle-Écosse 440 3 407 239 730
Nouveau-Brunswick 387 1 599 101 710
Manitoba 328 1 712 103 065
Terre-Neuve 190 1 519 136 274
Île-du-Prince-Édouard 172 960 48 647
Saskatchewan 171 1 225 41 534
Yukon, T-N-O et Nunavut 28 260 31 062
Total 5 816 27 784 2 248 140

Source: Statistique Canada

Pour conclure, bien que le Québec constitue la destination privilégiée des Québécois (75%), près d’un dollar touristique sur deux (49%) est néanmoins dépensé à l’extérieur de la province. Les Québécois consacrent 3,8 milliards de leur budget à des dépenses à l’extérieur du Québec, soit l’équivalent de 44,3 millions de nuitées. Près de 72% des déplacements touristiques d’une nuit et plus des Québécois vers d’autres provinces canadiennes se font vers l’Ontario, ce qui représente 62% des dépenses. Quant aux Ontariens, leurs choix de destinations canadiennes sont plus variés. Seulement 34% des nuitées vers d’autres provinces s’effectuent au Québec, soit 39% en termes de dépenses.

Sources:
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages des Canadiens», traitement spécial, 2003.
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages internationaux», traitement spécial, 2003.

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Enjeux Produits et activités

Vancouver 2010: 2 milliards $ pour 17 jours, est-ce trop cher?

Après Montréal et Calgary, c’est au tour de Vancouver d’organiser les Jeux olympiques en 2010. Mais à quel prix? La facture des Jeux risque d’être salée: on parle déjà de 2 milliards $ (1,3 milliard $ en opérations et 600 millions $ en sites de compétition). Trop cher pour 17 jours d’activités? Les avis sont partagés.

Les XXIes Jeux olympiques d’hiver auront lieu du 12 au 28 février 2010 dans la région de Vancouver-Whistler. Les organisateurs estiment que ces JO attireront 6000 athlètes et représentants officiels, 10 000 représentants des médias et 35 000 visiteurs, qui séjourneront plus de 24 heures à Vancouver et Whistler. Les Jeux paralympiques auront lieu, eux, du 12 au 21 mars 2010 dans la région de Whistler.

C’est la troisième fois dans l’histoire des Jeux que le Canada a la chance de relever le défi. Seulement cinq autres pays (États-Unis, France, Japon, Allemagne, Italie) ont présenté les Jeux à trois reprises ou plus.

Projection des retombées de 2010

Une récente étude publiée par l’Association de l’industrie touristique du Canada (AITC) et l’Alliance canadienne du tourisme sportif (ACTS) estime que les Jeux olympiques d’hiver et les Jeux paralympiques de 2010 coûteront 1,3 milliard $. Le financement accordé par le gouvernement n’est pas destiné au budget de fonctionnement; 86 millions du budget d’immobilisations (financé par les gouvernements provincial et fédéral) seront dépensés en améliorations et en constructions des installations municipales.

Selon cette étude, 50% des recettes proviendront de la radio et télédiffusion, 40% des commandites de sociétés, 8% de la vente des billets et 2% des permis. Les auteurs prévoient que les recettes de la télédiffusion seront de l’ordre de 670 millions $.

Un bon coup de pouce à l’économie

Mais d’ores et déjà, les organisateurs prévoient des retombées financières colossales.

Selon le British Columbia Ministry of Competition, Science and Enterprise, l’obtention des Jeux d’hiver de 2010, combinée à un agrandissement du centre des congrès de Vancouver, pourrait: générer jusqu’à

  • générer jusqu’à 10 milliards $ en activité économique directe;
  • créer environ 228 000 emplois directs et indirects dans l’ensemble de la province;
  • engendrer des recettes fiscales supplémentaires de l’ordre de
    2,5 milliards $ ainsi que d’autres bénéfices importants, tels qu’un héritage durable sur le plan des installations sportives et communautaires.

Et ceci, sans compter les investissements dans plusieurs domaines, comme:

1. Le tourisme: l’organisation des Jeux constitue un excellent moyen de faire connaître Vancouver, Whistler, la Colombie-Britannique et le Canada au monde entier.

Dans les différents scénarios envisagés, le succès des Jeux dépend de l’efficacité des campagnes de promotion touristique associées à l’événement, efficacité qui passe par la conception d’un programme de commercialisation ciblé. À cet effet, la première étape consiste à développer un plan de vente qui vise à profiter de chaque occasion pour attirer l’attention internationale. La deuxième étape verra à définir et à fixer les ressources appropriées pour appuyer ce plan.

Un comité spécial – Tourism 2010, composé de Tourism Vancouver, Tourism Whistler, Tourism Victoria, Tourism Richmond, Tourism British Columbia et la Commission canadienne du tourisme (CCT) – a été formé pour développer un plan stratégique à long terme.

2. Le transport: la ville compte élaborer un plan de transport combiné afin de répondre tant aux besoins des athlètes qu’à ceux des médias, des bénévoles et des spectateurs. Cette action se fera en collaboration avec de nombreux groupes, notamment le ministère des Transports, TransLink, BC Transit, BC Rail et l’administration de l’aéroport international de Vancouver. Le plan de transport combiné intégrera les plans de transport régionaux existants ainsi que de nouveaux plans.

Les travaux d’aménagement et de construction sont déjà entamés et s’étaleront sur les six prochaines années. Ainsi, la route reliant les deux centres olympiques sera améliorée au coût de 600 millions $ afin de réduire la durée du parcours et d’augmenter la sécurité des automobilistes.

3. L’hébergement: les organisateurs de Vancouver 2010 proposent la construction, près des sites olympiques, de deux villages des athlètes dotés de tous les services. Après les Jeux, ces installations seront léguées aux villes de Vancouver et Whistler pour être transformées en complexes de logements.

Le passé est-il toujours garant de l’avenir?

Cet été, le comité organisateur des Jeux de 2010 a envoyé une délégation à Athènes pour étudier certains aspects de gestion, de sécurité et de problèmes liés aux transports (au coût de 380 000 $). Ceci afin de ne pas répéter certaines mauvaises expériences où des villes se sont vues aux prises avec un déficit notoire après l’organisation des Jeux.

Au Canada, le tourisme sportif est un marché évalué à 1,3 milliard $ par an (4% des dépenses reliées au tourisme). Environ 200 000 événements sportifs se déroulent au pays chaque année.

Voir aussi

Vancouver 2010

Voir aussi

Comment mesurer les impacts économiques des événements sportifs sur les communautés hôtesses?
Quels impacts ont les grands événements sportifs sur le tourisme?

Sources:

– Association de l’industrie touristique du Canada (AITC) et Alliance canadienne du tourisme sportif (ACTS). «Jeux olympiques de 2010: Appel à l’action pour l’industrie touristique du Canada», juillet 2004.
– BCTIO. «The Economic Impact of the Winter Olympic Games: Initial Estimates», janvier 2003.
– InterVistas Inc. «The Economic Impact of the 2010 Winter Olympic and Paralympic Games: An Update», octobre 2002.

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Faits et chiffres Marchés géographiques

Le Top 10 du classement mondial des destinations selon l’OMT

L’Organisation mondiale du tourisme (OMT) publie chaque année le classement des destinations touristiques en fonction du nombres de visiteurs internationaux qu’elles reçoivent. Le Canada y figure, mais pour combien de temps encore?

Depuis les années 2000, les six premières positions sont plutôt stables. La France affiche une confortable avance, malgré une baisse de deux millions de visiteurs en 2003 par rapport à 2002. La bataille se situe principalement entre le Canada, le Mexique, l’Autriche et l’Allemagne pour les quatre derniers rangs du Top 10.

Pour la première fois de son histoire, en 2003, l’Organisation mondiale de la santé mettait à l’index plusieurs destinations en raison du SRAS. C’est ainsi que le Canada et la Chine affichent les plus importantes baisses d’arrivées internationales avec respectivement 12,7 et 10,3%. L’avance confortable de la Chine sur le Royaume-Uni lui a cependant permis de garder sa 5e position, alors que le Canada, 7e en 2002, a glissé au 10e rang en 2003.

Selon les prévisions de l’OMT pour 2020, le Canada, l’Autriche et l’Allemagne ne figureront plus parmi les dix principaux pays visités par la clientèle internationale. Le Mexique devrait mieux s’en sortir que ses rivaux actuels, en conservant son 8e rang au classement.

Mais… il y aura sûrement beaucoup de facteurs qui viendront brouiller les cartes d’ici 2020. Notamment, l’OMT révise actuellement ses prévisions jusqu’à l’horizon de 2010.

Source:
– Organisation mondiale du tourisme. [www.world-tourism.org]