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Marketing Tourisme durable

Partagez vos coups de cœur montréalais!

Le géotourisme est une forme de tourisme qui maintient ou valorise le caractère géographique d’un milieu (l’environnement, la culture, l’esthétique, le patrimoine) et le bien-être des résidants. Selon la National Geographic Society (NGS), le géotourisme englobe le concept de tourisme durable, ce qui signifie que les destinations devraient préserver une nature vierge pour les générations à venir tout en réalisant des améliorations susceptibles de protéger l’endroit dans son intégrité. Ainsi, le géotourisme contribue aux principes de durabilité en se fondant sur le caractère géographique du milieu. Une dizaine de destinations ont déjà adhéré à la Charte en géotourisme de la NGS, dont la ville de Montréal qui est devenue, en 2007, la première destination urbaine dans le monde à l’avoir signée.

L’adhésion à la Charte en géotourisme de la NGS procure de nombreux avantages aux destinations; celles-ci peuvent profiter d’une solide synergie entre les acteurs de l’industrie du tourisme et de la communauté locale grâce aux cartes guides géotouristiques de la NGS. Les cartes guides visent à sensibiliser davantage la communauté à la destination, puisque celle-ci est tenue de collaborer avec la NGS à une démarche de création d’une carte commune qui met en évidence tous les acquis de la destination, autant naturels qu’historiques et culturels. De nombreuses destinations américaines signataires de la Charte disposent d’une telle carte, dont les Appalaches, le Vermont, l’Arizona-Sonora, la péninsule de Baja California et la région du parc Yellowstone. Des cartes guides sont en voie d’être réalisées pour Montréal, le Pérou et le nord de la Californie. L’initiative Crown of the Continent, qui regroupe les provinces canadiennes de l’Alberta et de la Colombie-Britannique ainsi que l’état du Montana aux États-Unis, soutient la création d’une carte guide de la NGS qui sert d’outil au démarrage de projets transfrontaliers venant appuyer la synergie entre le secteur du tourisme et les communautés de ces régions.

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Pour pouvoir participer à la création de la carte guide de Montréal, veuillez vous rendre sur le site Internet www.geomontreal.com d’ici le 15 janvier 2009 et soumettez les attractions, sites, événements ou expériences qui, selon vous, confèrent à Montréal son caractère authentique. Une sélection de 150 points d’intérêts de partout sur l’île de Montréal sera publiée dans la carte guide de la NGS.

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Enjeux Produits et activités

Quand le paysage prend une valeur économique!

Le paysage est sans conteste un argument de développement et de promotion économique et touristique. À l’heure où la question du paysage oppose développement et préservation dans les grands dossiers de l’aménagement du territoire (projets éoliens, développement durable, etc.), quelle est son importance? Quelle valeur y accorde-t-on? Une démarche s’impose afin de mieux connaître les paysages, les spécificités qui les caractérisent et les possibilités qu’ils génèrent en matière de développement local et régional durable.

Le paysage est beaucoup plus qu’une simple carte postale

Le paysage, c’est…

… un parc industriel, les maisons et les commerces qui se côtoient, l’affichage le long des routes, les terres agricoles, l’exploitation forestière, un cours d’eau, un parc, un centre historique;

… ce qui accueille le voyageur qui arrive dans une nouvelle destination;

… ce qui fait la réputation d’un lieu, qu’il soit beau ou laid;

Le paysage, c’est un lieu qui raconte son histoire.

Le paysage, un concept intégrateur

David Belgue, président du Conseil du paysage québécois, souligne que la notion de «paysage» est le résultat des interactions entre les populations, leurs activités et les éléments naturels qui les accueillent. L’homme transforme sans cesse son milieu et crée des paysages humanisés avec les paysages ruraux, villageois et urbains. Il faut donc reconnaître son caractère évolutif, car il se métamorphose selon l’évolution des valeurs et des usages résidentiel, agricole, industriel et touristique.

Générateur de retombées économiques souvent majeures, le paysage se compose d’une mosaïque d’éléments, et son analyse ne peut se limiter au seul aspect visuel mais bien à l’ensemble du territoire.

Il constitue un enjeu important de développement durable qui implique à la fois des actions de préservation, de mise en valeur, de gestion et de développement du territoire en relation avec les valeurs et les préoccupations des collectivités. N’étant la chasse gardée d’aucune profession, le paysage doit faire l’objet de concertation et se construire sur la base d’une entente collective.

Reconnaître la valeur publique des paysages

Intervenir pour améliorer la qualité des paysages requiert du temps et constitue un défi de taille dans un contexte où le rythme de la prise de conscience est plus lent que celui du développement et de l’évolution des pratiques en matière d’évaluation et de gestion des paysages.

Selon la Chaire en paysage et environnement de l’Université de Montréal, les phases de mise en œuvre sont les suivantes:

  • Reconnaissance publique des enjeux du paysage – indissociable d’un travail d’éducation et de sensibilisation des populations et des acteurs locaux.
  • Diagnostic des paysages – jeter un regard multiple (identitaire, historique, économique, visuel, social, politique, utilitaire, etc.) qui requiert plusieurs expertises différentes, déterminer les caractéristiques et les potentiels d’un territoire afin de dresser un bilan global des possibilités et des contraintes.
  • Énoncé du projet public de paysage – déterminer de manière concertée les objectifs à atteindre en matière de préservation, de mise en valeur, d’aménagement et de développement des territoires; doit traduire une vision commune de tous les acteurs intéressés (population, autorités locales et régionales, autres acteurs concernés par les politiques du paysage).
  • Cadres d’action et de mise en œuvre – outils législatifs et réglementaires, outils de valorisation (diffusion, sensibilisation, reconnaissance, etc.), projets (chartes paysagères, atelier, concours, mesure d’accompagnement d’initiative locale).
  • Suivi et audit – prise en compte de l’évolution des caractéristiques physico-spatiales, évaluation de la cohérence et de la pertinence des politiques, des programmes, des outils publics et interventions, et de l’adéquation des objectifs.

Des actions concrètes, un pas dans la bonne direction

Incorporé en 1994, le Conseil du paysage québécois a pour objectif de susciter un véritable partenariat en faveur du paysage. Il regroupe associations et ordres professionnels, intervenants régionaux et nationaux. En s’inspirant de l’expérience européenne, cet organisme a élaboré la Charte du paysage québécois qui se veut un outil de sensibilisation et de consensus auprès des citoyens, des décideurs publics et privés et des professionnels de l’aménagement. La Charte vise à promouvoir la valeur des paysages, à les protéger, à les mettre en valeur et à s’assurer qu’ils fassent également partie des considérations d’ordre économique, social ou environnemental lors de l’élaboration des orientations régionales et locales.

Ayant établi un lien direct entre l’accroissement des activités touristiques et de villégiature et la qualité des paysages, la Municipalité régionale de comté (MRC) de Memphrémagog fait figure de pionnière dans la prise en compte des dimensions paysagères (milieu rural, culture, patrimoine, forêt, tourisme, villégiature) à l’intérieur de son tout premier schéma d’aménagement – catégorisation selon quatre types (paysages naturels d’intérêt supérieur, vues panoramiques, routes pittoresques et panoramiques, paysages champêtres), protection et mise en valeur, etc.

La région des Cantons-de-l’Est possède sa Charte des paysages estriens, et la Réserve internationale de ciel étoilé du mont Mégantic témoigne de l’importance d’un ciel sans pollution lumineuse.

La MRC de Lotbinière a décidé de miser sur le paysage pour relever le défi du déclin démographique et pour rehausser son offre touristique. La réalisation du diagnostic paysager a permis d’élaborer des cartes thématiques et interprétatives dans plusieurs domaines (agricole, forestier, etc.). En se fondant sur les qualités et les particularités des paysages, la MRC a conçu des circuits découvertes – itinéraires à vélo – pour les touristes désireux d’explorer la région.

Déjà au début des années 1990, l’Association touristique des Laurentides faisait partie des organismes qui déploraient la dégradation du paysage et qui soulignaient l’urgence d’agir. Le projet Opération paysages a voulu mobiliser les acteurs sur l’importance des questions paysagères, avec comme argumentaire «L’argent pousse dans les arbres». Un sondage auprès de la population a jeté un éclairage sur sa perception à l’égard de la qualité des paysages dans la région. Ces démarches ont mené à l’adoption de la Charte des paysages naturels et bâtis des Laurentides visant à favoriser l’engagement régional et à préserver l’intégrité des paysages des Laurentides.

Un projet-pilote en Gaspésie baptisé «paysage humanisé»

Voulant revitaliser et dynamiser son territoire, la municipalité de Mont-Saint-Pierre a fait appel à la Chaire multifacultaire de recherche et d’intervention sur la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine de l’Université Laval (MRIGIMUL) pour l’aider à concevoir et à mettre en place un village-parc (Agenda 21) qui prolongerait le Parc de la Gaspésie jusqu’à la mer en enclavant Mont-Saint-Pierre.

Le modèle envisagé s’apparente à celui des parcs naturels régionaux et n’exclut pas la présence humaine: le territoire à protéger s’étend sur 600 km2 et compte environ 3000 citoyens, englobant les quatre villages côtiers de l’Estran (municipalités de Rivière-Madeleine, Grande-Vallée, Petite-Vallée et Cloridorme).

La relance de l’Estran mise sur plusieurs moteurs économiques, et le tourisme y joue un rôle de premier plan. Fonds de vallée avec leurs mosaïques agricoles, contraste entre la mer et la montagne, architecture élaborée des maisons de certains rangs, l’Estran possède l’un des plus beaux paysages aménagés par l’humain. Son but: faire de ce coin de pays une destination de séjour et non pas seulement un lieu de passage pour se rendre à Forillon et à Percé.

Voici un projet-pilote inspirant pour d’autres régions du Québec.

Le constat de la Chaire en paysage et environnement de l’Université de Montréal

À l’heure actuelle, la prise en charge des préoccupations paysagères demeure davantage le fruit d’initiatives locales et ponctuelles que le résultat d’un cadre global et intégré par le gouvernement, et ce, malgré la reconnaissance explicite de l’importance du paysage dans certaines lois.

Lire aussi: Protection des paysages québécois… Urgence!

Sources:
– Andréas, Vanessa, Gérard Beaudet, Sabine Courcier et Marie-Odile Trépanier. «Prise en considération des préoccupations paysagères dans la fusion des lois sur l’affichage», études et recherches en transport, ministère des Transports du Québec, 2004.
– Belgue, David. «Les agents locaux de tourisme, des gardiens du paysage?», souper conférence de la Fédération québécoise des organisations locales de tourisme, Québec, 16 avril 2008.
– Guéricolas, Pascale. «Des professeurs de l’Université ont décidé de parier sur la Gaspésie en s’associant à des projets innovateurs, dont les Gaspésiens sont partie prenante. Espoir à l’horizon», Magazine Contact, Université Laval, printemps 2007.
– Lemieux, Denis. «Paysages, demande sociale et actions des instances publiques», Urbanité, juin 2008, p. 21-22.
– Paquette, Sylvain et Philippe Poullaouec-Gonidec, Gérald Domon. «Guide de gestion des paysages au Québec – Lire, comprendre et valoriser le paysage», Chaire en paysage et environnement de l’Université de Montréal, 2008.
– Ruelland , Jacques, Josée Froment et Agnès Grondin. «Laurentides – Une charte comme catalyseur du projet de paysage régional», Urbanité, juin 2008, p. 26-28.
– Vaillancourt, Linda. (2007). «L’Agenda 21e siècle local de l’Estran. Un projet territorial aux couleurs du Paysage humanisé», dans GAGNON, C. (Éd) et E., ARTH (en collab. avec). Guide québécois pour des Agendas 21e siècle locaux: applications territoriales de développement durable viable, [En ligne], http://www.a21l.qc.ca/9549_fr.html (page consultée le 9 octobre 2008).

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Ailleurs dans le monde Transport

Et si on prenait le train?

Comment voyager en évitant les mauvaises surprises causées par les hausses du prix de l’essence, les multiples contrôles de sécurité aux aéroports, les longues files d’attente, la multiplication des frais supplémentaires sur les voyages en avion, les congestions routières, le stress des longs trajets en voiture? En prenant le train! Moyen de transport de l’avenir, comme le clament certains pour sa bonne performance environnementale et pour sa rapidité lorsqu’il s’agit du t.g.v., le train gagne du terrain. Voyager en train est monnaie courante pour la plupart des Européens et semble de plus en plus populaire auprès des Américains. Dans le cas de Via Rail, on enregistre des hausses d’achalandage depuis le début de 2008. L’univers du transport ferroviaire serait-il en ébullition?

Rêvons un peu…

Imaginez si le Québec était pourvu d’un réseau de trains – encore mieux de t.g.v. – à la française! La nouvelle donne environnementale, dont le contexte plutôt alarmant des changements climatiques et la nécessité de trouver des solutions durables de transport, devrait nous pousser à envisager sérieusement un virage vers le transport par train.

Via Rail: investir pour rajeunir

Le nombre de passagers sur le réseau de Via Rail a augmenté de près de 10% pour les six premiers mois de 2008 par rapport au premier semestre de 2007 pour atteindre 2,2 millions de passagers. Le tronçon Montréal-Gaspé aurait connu une hausse de 25%. Mais comme le constate la société d’État elle-même, pour une croissance durable de l’achalandage, tout le réseau nécessite une cure de rajeunissement. Heureusement, le gouvernement fédéral annonçait à la fin de l’année 2007 un investissement de 692 millions de dollars pour l’amélioration des infrastructures ferroviaires, soit le plus gros investissement en immobilisations de l’histoire de Via Rail.

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Ces derniers arrivent à point compte tenu des défis de taille auxquels doit faire face Via Rail. Outre la vétusté du réseau, des voitures de passagers et des locomotives, mentionnons:

  • la concurrence féroce des transporteurs aériens offrant des billets à bas prix;
  • les retards des trains de passagers occasionnés par l’augmentation du trafic de trains de marchandises et par la réduction de vitesse de ces derniers.

Ajoutons aussi que le nombre de départs et l’horaire des trains de voyageurs sont parfois restrictifs. Par ailleurs, les déplacements par train au Québec ne permettent pas de voyager plus rapidement qu’en voiture ou en autobus.

Un projet de train rapide refait surface

Au fil des ans, plusieurs projets de t.g.v. ou de train rapide ont fait l’objet d’études de faisabilité ou de discussions entre les provinces et les États concernés. Pensons au lien Montréal–Boston ou encore à celui de Montréal–New York. Mais c’est le projet du train rapide dans le corridor Québec–Windsor qui soulève le plus grand intérêt chez nos gouvernements. Du moins, il a refait surface en 2008. Les premiers ministres du Québec et de l’Ontario estiment que dans le contexte actuel, soit les nouvelles préoccupations en regard de la réduction des gaz à effet de serre ainsi que la congestion routière, une réévaluation du projet est nécessaire. Même si celui-ci a fait l’objet d’études il y a plus d’une dizaine d’années, les nouvelles technologies ainsi que les impératifs environnementaux teinteront sûrement les résultats des évaluations à venir.

Aux États-Unis: une demande en forte croissance

La popularité du train bat des records aux États-Unis. Le transporteur national, Amtrak, a connu en juillet 2008 le meilleur mois de ses 37 ans d’histoire. Quelque 28 millions de passagers ont voyagé sur le réseau d’Amtrak entre septembre 2007 et 2008, une augmentation d’au moins 10%. L’essence à plus de 4 USD le gallon, les aéroports bondés, les mesures de sécurité contraignantes et le coût élevé des billets d’avion ne sont pas étrangers à ce phénomène. Et certains hôtels saisissent l’occasion en offrant des promotions aux voyageurs qui se sont déplacés par train. C’est le cas de la chaîne Kimpton Hotels – pour ses établissements de New York, Boston et Washington D.C. – avec sa promotion «Ride the Rails», qui consiste à donner 20% de rabais sur le meilleur prix en vigueur à ceux qui se procurent un billet Amtrak.CB_2008-10_prendre_train_img2

Et pourtant, le réseau américain souffre à peu près des mêmes maux que ceux du Canada, soit des équipements vieillissants et des retards importants. À cet égard, le Congrès des États-Unis vient d’accepter de doubler l’enveloppe budgétaire d’Amtrak à 13 milliards de dollars sur cinq ans. Dans le passé, les subventions versées au transporteur national étaient très critiquées. Aujourd’hui, on les voit d’un autre œil étant donné le contexte économique défavorable qui règne depuis quelques années. On étudie aussi la possibilité de nouvelles lignes dont celle d’un lien rapide entre Washington et New York. Si les Américains se mettent à voyager en train, nous devrions peut-être y voir une opportunité!

Le réseau européen prend de la vitesse et s’organise

Le transport des voyageurs par train en Europe est très bien implanté, non seulement dans le quotidien des résidants, mais aussi dans la culture touristique, et ce, depuis un bon moment. Ce qui domine ce secteur à l’heure actuelle, c’est le développement et le déploiement extrêmement rapide des lignes à grande vitesse. On parle même d’une révolution du train rapide. Avec les projets en cours, ce réseau à grande vitesse devrait tripler d’ici 2020 pour atteindre plus de 15 000 kilomètres (pour les projets, consultez http://www.railteam.fr/A-propos-de-Railteam/Futur-de-la-Grande-Vitesse).

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À l’été 2007, sept opérateurs européens de train à grande vitesse ont signé un contrat de coopération, Railteam, dont le but est de faciliter les voyages internationaux, directs ou par correspondance. L’objectif consiste à faire du transport ferroviaire à grande vitesse une véritable solution de remplacement à l’avion et à la voiture. Le partenariat Railteam devrait permettre une amélioration des correspondances, la diffusion d’une information complète et multilingue, à bord et en gare, et un accompagnement continu, notamment en cas de retard et de complications pour les correspondances. Autre aspect d’importance, Railteam investit dans une plateforme de distribution commune aux sept opérateurs. Au cours de l’année 2009, les clients pourront acheter leurs billets de t.g.v. en une seule transaction, même s’ils combinent plus d’une compagnie ferroviaire. Ce système devrait constituer une plus-value notable et, du même coup, un enjeu pour le transport aérien qui était le seul jusqu’à maintenant à offrir ce type de distribution.

If you can’t beat them, join them

La libéralisation du transport ferroviaire en Europe, prévue pour 2009, entraînera sûrement la participation de nouveaux joueurs. Plusieurs transporteurs aériens pourraient bien faire leur entrée. Déjà, certains ont conclu des ententes, et d’autres partenariats sont pressentis. À titre d’exemple, Lufthansa et Deutsche Bahn (DB) ont élaboré le concept AIRail qui permet aux voyageurs de transférer de l’avion au train avec un seul billet. Air France et son partenaire Veolia ont l’intention de lancer leur propre train à grande vitesse afin de fournir un service sur certaines lignes devenues moins rentables pour le transporteur aérien et de s’assurer une part de ce marché qui prend de l’ampleur. KLM a conclu une entente avec la Dutch railway company pour prendre une part de 10% dans la nouvelle ligne de train rapide.

Le succès européen devrait nous inspirer dans notre recherche de modes de transport de longues distances durables, surtout en raison de la vastitude de notre territoire et des possibilités de développement que peut représenter le déploiement d’un réseau ferroviaire efficace.

Sources:
– Balland, Karine. «Air France avance son projet ferroviaire», L’Écho touristique, 12 septembre 2008.
– Beauchamp, Alexis. «Les nouvelles “technologies écoactives” de Bombardier Transport», [http://www.visiondurable.com], page consultée le 15 octobre 2008.
– Beauchamp, Alexis. «Washington double le financement du transport ferroviaire», [http://www.visiondurable.com], page consultée le 14 octobre 2008.
– Dubuc, André. «Le train de nouveau sur les rails», Les Affaires, 20 septembre 2008.
– Fortin, Karine. «Le projet de train rapide Québec-Windsor relancé», 10 janvier 2008.
– McCommons, James. «A New Era for Train Travel?», [americancity.org], page consultée le 17 octobre 2008.
– Stone, Danie. «All Eyes on Amtrak», Newsweek, 12 juillet 2008.
– The Associated Press. «Amtrak reports record annual ridership», USA TODAY, 10 octobre 2008.
– Therrien, Yves. «Un TGV Québec-Windsor, toujours une priorité», 2 septembre 2008.
– Travel & Tourism Analyst. «Rail Travel – Europe», Mintel, no 3, mars 2008.
– Vézina, René. «Il est temps de remettre le projet de TGV sur les rails», Les Affaires, 26 avril 2008.
– Via Rail Canada. «Rapport annuel 2007: La revue de l’année».

Sites Internet:

– Amtrak
– Railteam
– SNCF
– VIA Rail

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Ailleurs dans le monde Hébergement Tourisme durable

Verdir les hôtels américains: quelques mesures pratiques mises en œuvre jusqu’à présent par le secteur de l’hébergement touristique

Le nombre d’établissements hôteliers qui sont certifiés «verts» ne cesse de croître, et pourtant, les mesures prises en matière d’efficacité énergétique varient considérablement d’un établissement à l’autre. Dans plusieurs cas, la stratégie de durabilité des hôtels englobe un engagement visant la neutralité en carbone, une intervention des acteurs communautaires, un soutien apporté aux projets de conservation et une participation à divers programmes de certification. Cependant, plusieurs hôtels dits verts ne le sont que de nom, et des mesures de base pour améliorer la performance n’ont souvent même pas été prises, comme il est d’ailleurs indiqué dans les conclusions du rapport publié en 2008 par l’American Hotel and Lodging Association (AHLA) et par Smith Travel Research (appelé rapport de l’AHLA dans notre analyse (1)). Les données qui ont servi de base à l’élaboration de ce rapport ont été recueillies auprès de 10 350 établissements hôteliers, ce qui équivaut à 23% du secteur aux États-Unis dans son ensemble.

Mesure 1: Programmes de réutilisation des draps et serviettes

Les programmes de réutilisation des draps constituent des moyens de conservation de l’énergie parmi les plus anciens et les plus populaires. Ils permettent de réaliser des économies sur le plan des coûts de la main-d’œuvre et de l’utilisation de l’eau, de l’énergie et des détergents. Avec cette mesure, il est facile d’améliorer l’efficacité énergétique alors que 75% des clientèles qui en ont la possibilité participent à ces programmes, comme l’indiquent les recherches récentes (2). Un client est plus susceptible de réutiliser les serviettes quand il est au courant que les autres clients le font. Les recherches laissent entendre que les affiches qui présentent surtout les effets bénéfiques pour l’environnement sont moins efficaces que celles qui soulignent le degré de participation des autres clients à ce type de programme. Le rapport de l’AHLA révèle qu’en 2004, 52% des établissements ayant pris part à l’enquête se sont dotés d’un programme de réutilisation des draps et serviettes, alors qu’en 2008, ils représentent 67% (1). L’analyse menée sur les catégories de prix montre que, parmi les établissements qui ont établi un programme, 63% sont des hôtels bon marché et 76% des hôtels haut de gamme Les hôtels de grande capacité sont plus à même de mettre en place ce genre de programme que les petits hôtels.

Mesure 2: Distributeurs automatiques de savon liquide dans les salles de bains

D’après GreenLodgingNews environ dix milliards de lots de produits de toilette sont jetés annuellement par les hôtels à l’échelle de la planète (3). Mettre des distributeurs automatiques de savon liquide à la disposition des clients constitue une mesure des plus efficaces sur le plan écologique. Elle permet de réduire de 70% le volume de déchets, et puisque le personnel de nettoyage n’est pas obligé de remplacer les produits tous les jours, les frais d’exploitation sont moins élevés. Selon le rapport de l’AHLA, l’utilisation de distributeurs automatiques de savon liquide est passée de 6% en 2004 à 22% en 2008 dans les hôtels qui ont participé à l’enquête (1). Si l’on considère le prix des chambres, 15% des hôtels bon marché et 20% des hôtels haut de gamme ont installé de tels distributeurs dans les salles de bains. La taille de l’établissement ne semble pas être un facteur qui modifie le taux d’installation .

Mesure 3: Pourcentage des hôtels qui disposent d’un système de gestion énergétique dans les chambres

Le PNUD estime que le secteur hôtelier produit 21% de l’ensemble des émissions de CO2 produites par le secteur du tourisme dans le monde. De surcroît, le chauffage, la télévision et l’éclairage dans les chambres inoccupées équivalent jusqu’à 20% de la facture d’électricité d’un hôtel. De nombreux hôtels disposent depuis quelques années de systèmes de gestion énergétique pour améliorer l’éco-efficacité. Des concepteurs de ces dispositifs signalent que la réduction des coûts énergétiques permet d’amortir l’investissement initial en l’espace d’un an. Ces systèmes de gestion à fonctionnement automatique font économiser du temps au personnel de soutien administratif qui n’a plus à vérifier chaque chambre (5). Il est possible aussi de réduire la consommation d’énergie par chambre en incitant les clients à éteindre leurs lumières et en demandant aux gestionnaires de réserver toutes les chambres d’un étage à la fois (6). Cette mesure se traduit par une diminution de la consommation d’énergie, notamment pendant les périodes de faible activité. Le rapport de l’AHLA montre que 15% des établissements recensés en 2004 disposaient d’un système de gestion énergétique dans les chambres comparativement à 25% en 2008 (1). Près de 40% des hôtels bon marché se servent de ce type d’équipement comparativement à 32% pour la catégorie haut de gamme. Les hôtels de grande capacité sont relativement plus nombreux à investir dans un tel système que les hôtels de petite taille.

Mesure 4: Mise sur pied d’un programme de recyclage

Il peut s’avérer difficile de mettre en œuvre un programme de recyclage, car ce dernier est tributaire de la disponibilité d’une infrastructure supplémentaire et relève d’une organisation lourde pour traiter tous les déchets ramassés. Dans les endroits éloignés et reculés, l’enjeu est encore plus évident. D’ailleurs, le développement de programmes de recyclage dans le milieu hôtelier est lent, mais une tendance à la hausse se confirme. Le rapport de l’AHLA soutient qu’en 2004, 32% des établissements américains avaient mis sur pied un programme de recyclage, alors qu’en 2008, 40% d’entre eux l’ont réussi (1). Le cinquième (21%) des hôtels à petit budget recyclent comparativement à 56% du côté des hôtels de luxe. Les hôtels de taille moyenne (entre 20 et 129 chambres) sont moins enclins à recycler que les petits hôtels et ceux qui comptent plus de 130 chambres.

Mesure 5: Établissements qui utilisent des appareils d’éclairage à faible consommation d’énergie

Un grand nombre d’hôtels ont remplacé leurs luminaires, notamment dans les couloirs, par des lampes sur pied à incandescence de type T5 et T8. Dans la plupart des cas, des organismes gouvernementaux, par le biais de mesures incitatives, leur ont accordé une subvention ou une remise. Selon le rapport de l’AHLA, des appareils d’éclairage à faible consommation d’énergie sont utilisés dans 68% des établissements hôteliers aux États-Unis (1). On observe une très faible différence en ce qui concerne leur utilisation en comparant les catégories de prix ou le nombre de chambres.

Mesure 6: Pourcentage des hôtels dotés d’un programme d’économie d’eau

Le PNUB estime que les touristes sont, en règle générale, portés à consommer quatre fois plus d’eau pendant leur voyage qu’à la maison (4). Des équipements efficaces comme les toilettes à double chasse et les robinets à faible débit peuvent entraîner une réduction de la consommation d’eau de 20% à 40% dans les hôtels. Le marché répond bien à la demande pour des produits qui favorisent une utilisation plus efficace de l’eau. À cet égard, l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) dispose du programme de partenariat volontaire WaterSense qui identifie et établit la liste des produits et services reconnus qui permettent de réaliser des économies en eau. Le rapport de l’AHLA établit qu’en matière d’économie d’eau, des programmes sont mis en œuvre dans 46% des établissements américains qui ont participé à l’enquête en 2008 (1). Près des deux tiers (64%) des hôtels à petit budget se sont dotés d’un programme comparativement à 50% pour les hôtels de luxe. Les résultats d’étude indiquent de faibles différences selon la taille pour ce qui est de la mise en œuvre, mais les hôtels de grande capacité se montrent plus ouverts à réduire la surconsommation de l’eau.

En guise de conclusion

Pour survivre économiquement et demeurer concurrentiel, le secteur de l’hôtellerie doit présenter un bilan financier positif. Les programmes écologiques peuvent permettre des économies substantielles, et l’accueil que les clients réservent à ce genre de programmes (en matière de fidélisation et de sensibilité au prix) peut aussi contribuer à ouvrir de nouvelles possibilités commerciales (7). Le groupe Market Metrix a mis au point un indice à l’intérieur d’une enquête menée sur le secteur de l’hôtellerie. Globalement, les clients qui ont classé les programmes verts des hôtels au niveau le plus élevé possible sont prêts à payer au moins 7% de plus que les autres clients pour leur chambre (8). De plus, ces mêmes clients effectuent des séjours plus longs, en ressentent un plus grand bonheur et sont plus enclins à déclarer que le programme de fidélisation est « très important » avant de choisir un hôtel. Les hôtels dont les programmes verts sont très bien cotés sont intervenus deux fois moins que les autres pour résoudre des problèmes rapportés par des clients (selon les données de l’enquête).

Forbes a publié une liste des établissements hôteliers les plus écologiques aux États-Unis en 2008 (9):

  • Marriott New York City
  • Wyland Waikiki, Hawaii
  • Bison Quest Sanctuary and Spa Montana
  • Seaport Hotel Boston
  • Hotel Triton (Kimpton), San Francisco
  • Lookout Point Inn, Arkansas
  • Banyan Resort, Key West Florida

Sources:

(1) Smith Travel Research (2008) Lodging Survey. « Lodging, Facilities, Trends 2008 », Rapport préparé pour l’American Hotel and Lodging Association, Washington D.C. 245 p.
(2) Goldstein, N.J., Cialdini, R.B. and Griskevicius, V. (2008). « Room with a Viewpoint Using Social Norms to Motivate Environmental Conervation in Hotels », Journal of Consumer Research, 35 (Août).
(3) Greenlodging News (2008). « Green’ Definitions Can Confuse Conscientious Amenity Purchasers« . [www.greenlodgingnews.com], page consultée le 20 septembre 2008.
(4) United Nations Environment Programme Sustainable Consumption & Production Branch (2008). « Environmental Impacts of Tourism », [www.unep.fr/scp/tourism/sustain/impacts/environmental/], page consultée le 20 septembre 2008.
(5) Butler, J. (2008) « The Compelling « Hard Case » for « Green » Hotel Development ». Cornell Hospitality Quarterly 49 (3) 234-244.
(6) Maycock, P. (2008) Hotel News Now, « Four easy ways to cut carbon and costs », Hotel News Now, 28 août 2008, [www.hotelnewsnow.com], page consultée le 28 août 2008.
(7) Houdré, H. (2008) « Sustainable Development in the Hotel Industry. Industry Perspectives: A White Paper Series », Cornell University No2. School of Hotel Administration. The Center for Hospitality Research. Ithaca.
(8) Barsky, J. (2008). « Do customers really care about “green”? » , Market Metrix [http://www.marketmetrix.com], page consultée le 20 septembre 2008.
(9) Forbes Traveler (2008). « Americas Greenest Hotels 2008 », [http://www.forbestraveler.com], page consultée le 20 septembre 2008.

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Enjeux Produits et activités Tourisme durable

Les enjeux de l’eau douce dans l’industrie du tourisme au Québec

L’eau est devenue une des ressources les plus rares et son niveau de consommation a plus que sextuplé au cours du siècle dernier. Plus de 40% de la population mondiale vit aujourd’hui dans la pauvreté de l’eau (1 à 4). Les questions les plus préoccupantes au Québec concernent plus la qualité de l’eau et la propriété de la ressource que sa disponibilité, notamment depuis l’éclosion des algues bleues qui est concomitante du phénomène de l’eutrophisation (5). Celle-ci est le résultat d’un enchaînement de processus se répercutant sur la qualité de l’eau, qui se traduit par des plans d’eau riches en substances nutritives (5, 6). Les processus naturels liés au vieillissement des lacs peuvent aussi entraîner l’eutrophisation en raison de la consommation croissante de l’oxygène qui est due à la décomposition des organismes présents dans l’eau. La pollution générée par des activités peut également contribuer à l’enrichissement des eaux en matières nutritives (7).

Peu importe les conditions dans lesquelles se trouve un lac, l’eutrophisation peut être accélérée par les caractéristiques naturelles et les différents types d’occupation du sol dans son bassin hydrographique (8, 9). Les effets liés à l’eutrophisation comprennent la croissance effrénée de phytoplanctons et des algues ainsi que la modification dans le foisonnement et la composition des espèces, la production de biomasse et la teneur en oxygène dissous. L’eutrophisation d’un lac peut se manifester notamment par la croissance rapide de certains types d’algues nocives, comme les algues bleues ou cyanobactéries (10, 11). Celles-ci sont les algues nocives les plus répandues dans les étendues d’eau douce. En Europe et en Amérique du Nord, les pollutions d’origine agricole sont les principaux facteurs à l’origine de l’eutrophisation, suivi des eaux usées et des effluents industriels (10, 12). De plus, le secteur du tourisme et des activités de loisir peut contribuer à l’eutrophisation du seul fait qu’il consomme de l’eau et génère des déchets dont certains sont toxiques (13).

Le tourisme et l’eau

Chaque touriste à l’échelle mondiale consomme de 100 à 2000 litres d’eau par jour (7), c’est-à-dire une quantité plusieurs fois supérieure à la consommation moyenne par ménage. Cela s’explique par l’exploitation des installations touristiques et l’utilisation de l’eau par les visiteurs au quotidien entre autres pour prendre une douche ou aller à la piscine. Le volume d’eau utilisé par certaines activités comme la production de neige artificielle dans les stations de sports de glisse est très élevé.

Il existe un lien direct entre la consommation de l’eau par l’industrie touristique et l’emploi de produits chimiques, tels que des fertilisants de synthèse pour entretenir la pelouse et des détergents et savons qui, dans l’ensemble, représentent des sources importantes de pollution. Par ailleurs, les activités nautiques motorisées contribuent non seulement à la dégradation physique du milieu, mais aussi à l’augmentation des composés d’hydrocarbure émis par la combustion de l’essence et par la peinture antisalissure (14). À titre d’exemple, les 307 terrains de golf du Québec déversent environ 40 000 kilogrammes d’ingrédients actifs dans l’environnement sous forme de fongicides, d’herbicides et d’insecticides (15). Les eaux usées rejetées par les activités de tourisme et de loisir à petite échelle et dispersées sur le territoire peuvent être à l’origine de la prolifération de bactéries et d’algues dans les écosystèmes d’eau douce des régions éloignées (16). Toutefois, les impacts de ces activités au Québec, en particulier dans les pourvoiries et les camps de vacances, ne sont pas encore connus. Les résidences secondaires équipées de fosses septiques polluent le sol et la nappe phréatique, car jusqu’à 25% des boues n’y sont pas traitées, et peuvent même, selon leur localisation, éventuellement se déverser dans un lac (5).

D’après les objectifs de développement durable, le secteur du tourisme est appelé à gérer son usage des ressources en eau plus efficacement et à éviter de déverser des substances qui nuisent à sa qualité (17). Quant aux répercussions de la disponibilité et de la qualité des ressources en eau sur le tourisme, peu d’études ont abordé cette question jusqu’à présent. En Floride, une étude a montré que les efflorescences d’algues en surface ont entraîné une baisse des revenus nets de 29% dans le secteur de la restauration et de 35% dans celui de l’hébergement (18). Il n’existe aucune estimation de l’impact économique net de la réduction de la qualité de l’eau des lacs au Québec.

Les démarches de résolution

Des solutions de rechange peuvent être envisagées pour réduire les coûts et la complexité des travaux de restauration environnementale de sites aquatiques. Au Québec, de nombreux projets de restauration ont été réalisés avec succès grâce à un partenariat entre l’industrie du tourisme, les agences gouvernementales et les organismes non gouvernementaux (19). Certains d’entre eux ont permis la plantation d’espèces végétales dans les bandes riveraines, l’organisation d’activités récréatives et de loisirs et le développement d’infrastructures sur le pourtour des lacs. D’autres actions de gestion, comme celle de semer des espèces aquatiques en vue d’améliorer le système de filtration naturelle, peuvent également être bénéfiques pour certains lacs, dans la mesure où les plantes accroissent la capacité d’absorption des éléments nutritifs (2).

Un des moyens les plus efficaces est de prévenir la pollution par une démarche d’éducation relative à l’environnement, dont le but est d’accroître le niveau de sensibilisation. Différentes organisations proposent des recommandations sur la consommation de l’eau et l’évacuation des substances toxiques. Les programmes de sensibilisation québécois comme la Charte des lacs (20) constituent des outils appréciables. Les pesticides, herbicides et insecticides sont des substances dont l’emploi est maintenant réglementé, bien que les répercussions de la réglementation varient selon les différentes utilisations du territoire. Depuis 2006, la loi ne permet plus l’utilisation de pesticides sur les pelouses et les espaces verts publics, y compris les aires semi-publiques et les terrains municipaux (6). Par conséquent, certains acteurs du secteur du tourisme comme les clubs de golf ont l’obligation de déposer d’ici 2009 un plan de réduction de 12,9% de l’usage de pesticides en moyenne, de 9,4% de fongicides, de 8,2% d’herbicides et de 7,4% d’insecticides. Les autres secteurs du tourisme ne semblent pas être soumis à de telles restrictions.

C’est le temps d’agir

La compétition pour les ressources en eau douce deviendra de plus en plus rude et les changements climatiques auront des incidences sur les lacs du Canada (21). Quelques exploitants d’entreprises touristiques ont déjà réduit leur niveau de consommation d’eau ou ont cessé d’utiliser des substances toxiques pour effectuer leurs opérations et ont trouvé des produits biodégradables pour remplacer les produits polluants généralement utilisés. Cependant, la portée des changements apportés dans le secteur n’a pas encore fait l’objet d’une évaluation. Au Québec, il est impossible de distinguer pour le moment la part de responsabilité du tourisme et des activités de loisir de celle des autres utilisations du territoire en ce qui a trait aux problèmes liés à la qualité de l’eau. Également, les impacts économiques des lacs sur l’industrie du tourisme dans les diverses régions ne sont pas connus. Il serait important de mieux comprendre les liens entre les ressources en eau et le tourisme et ainsi atténuer les problèmes auxquels se heurtent les principaux acteurs de l’industrie.

Sources

1. Klessing, L.L. (2001). « Lakes and Society: the Contribution of Lakes to Sustainable Societies », Lakes and Reservoirs: Research and Management, vol. 6, p. 95-101.
2. Jöbgen, A.M., A. Palm, et M. Melkonian (2004). « Phosphorus Removal from Eutrophic Lakes Using Periphyton on Submerged Artificial Substratal », Hydrobiologia, vol. 528, p. 123-142.
3. Babou, I., et P. Callot (2007). Les dilemmes du tourisme, Vuibert, Paris.
4. World Resources Institute (2008). Water Resources and Freshwater Ecosystems, [en ligne], 2007, [http://earthtrends.wri.org/features/index.php?theme=2] (page consultée le 2 mai 2008).
5. Hade, A. (2002). Nos lacs : les connaître pour mieux les protéger, Fides, Québec.
6. Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP) (2008a). Actions ministérielles en matière de pesticides, [en ligne], s. d., [www.mddepp.gouv.qc.ca/pesticides/actions.htm] (page consultée le 28 avril 2008).
7. Gössling, S. (2006). « Tourism and Water », dans S. Gössling et C.M. Hall (dir.), Tourism and Global Environmental Change: Ecological, Social, Economic, and Political Interrelationships, Routledge, Londres, p. 180-194.
8. Salmaso, N. (2000). « Factors Affecting the Seasonality and Distribution of Cyanobacteria and Chlorophytes: A Case Study from Large Lakes South of the Alps, with Special Reference to Lake Garda », Hydrobiologia, vol. 438, p. 43-63.
9. Davis, C. (2007). The Multiple Dimensions of Water Scarcity. EarthTrends. World Resources Institute.
10. Cronberg, G. (1999). « Qualitative and Quantitative Investigations of Phytoplankton in Lake Ringsjön, Scania, Sweden », Hyrobiologia, vol. 404, p. 27-40.
11. Larkin, S.L., et C.M. Adams (2007). « Harmful Algal Blooms and Coastal Business: Economic Consequences in Florida », Society and Natural Resources, vol. 20, p. 849-859.
12. McGarrigle, M.L., et W.S.T. Champ (1999). « Keeping Pristine Lakes Clean: Loughs Conn and Mask, Western Ireland », Hydrobiologia, vol. 395-396, p. 455-469.
13. Bramwell, B., et G. Pomfret (2007). « Planning for Lake and Lake Shore Tourism: Complexity, Coordination and Adaptation », International Journal of Tourism and Hospitality Research, vol. 18, no 1, p. 43-66.
14. Mosisch, T.D., et A.H. Arthington (2004). « Impacts of Recreational Power-boating on Freshwater Ecosystems », dans R. Buckley (dir.), Environmental Impacts of Ecotourism, Wallingford, CABI Publishing, p. 125-154.
15. Lavardière, C, S. Dion, et S. Gauthier (2007). Bilan des plans des réductions des pesticides sur les terrains de golf au Québec, Rapport réalisé pour le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Gouvernement du Québec.
16. Lukavsky, J., A. Moravcova, L. Nedbalova, et O. Rauch (2006). « Phytobenthos and Water Quality in Mountain Streams in the Bohemian Forest Under the Influence of Recreational Activity », Biologia, vol. 61 (suppl. 20), p. S533-S542.
17. United Nations Environment Programme Division of Technology, Industry, and Economics Sustainable Consumption & Production Branch. Resource Efficiency, [en ligne], s.d., [http://www.unep.fr/scp/tourism/topics/resource/use.htm] (page consultée le 2 mai 2008).
18. Hoagland, P., D.M. Anderson, Y. Kaoru, et A.W. White (2002). « The Economic Effects of Harmful Algal Blooms in the United States: Estimates, Assessment Issues and Information Needs », Estuaries, vol. 25, no 4, p. 819-837.
19. Tourisme Québec (2000). Guide de mise en valeur des plans d’eau du Québec à des fins récréotouristiques et de conservation du patrimoine, Groupe DBSF pour Tourisme Québec.
20. Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP) (2008b). Charte des lacs,[en ligne], s.d.,  [www.menv.gouv.qc.ca/eau/algues-bv/engagement/engagement.asp] (page consultée le 2 mai, 2008).
21. Jones, B.E., D. Scott, et S. Gössling (2006). « Lakes and Streams », dans S. Gössling et C.M. Hall (dir.), Tourism and Global Environmental Change: Ecological, Social, Economic, and Political Interrelationships, Routledge, Londres, p. 67-94.

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Tourisme et science, un rapprochement intelligent

De la sensibilisation à la découverte, de l’approfondissement à l’expérimentation et jusqu’à l’immersion, le tourisme scientifique est en plein essor. Les scientifiques se font guides et s’affichent dans les brochures de tourisme. Ce secteur déploie toute une panoplie d’expériences pour répondre au voyageur curieux qui aime comprendre «comment ça fonctionne» et au voyageur féru de biodiversité qui souhaite côtoyer des spécialistes et expérimenter sur le terrain.

Les plaisirs de la découverte, de la connaissance et des émotions

Quotidiennement, les gens côtoient le monde scientifique à travers les grands enjeux environnementaux, les phénomènes physiques, les problèmes humanitaires et autres. Progressivement, ils enrichissent leurs connaissances, veulent mieux comprendre, mieux juger, mieux s’impliquer et s’ouvrir à de nouveaux horizons.

Dans cette dynamique, l’engouement du public pour les sciences s’accélère et les spécialistes s’imposent de plus en plus naturellement. Étant plus informés, les voyageurs veulent comprendre les vrais enjeux et leurs questions vont bien souvent au-delà de l’expertise d’un guide amateur.

Le tourisme scientifique offre un croisement peu banal: découverte, aventure, plaisir, ludisme, connaissance, compréhension, émotion. Il permet au voyageur de pénétrer dans un monde étonnant qu’il ne connaît, habituellement, que par des reportages et de vivre des expériences touristiques authentiques et enrichissantes.

Tout un catalogue de scientifiques qui se font «GO»

Paléontologue, archéologue, écologue, volcanologue, anthropologue, glaciologue, océanographe, botaniste et plusieurs autres accompagnent des groupes d’amateurs et vulgarisent leur savoir scientifique. Le milieu de la recherche surfe sur l’engouement pour ce type de loisirs.

La diffusion du savoir faisant partie des missions de bon nombre d’organismes scientifiques, le maillage tourisme et science devient un important levier pour les scientifiques, et ce, pour de multiples raisons:

  • améliorer le contact avec le public,
  • permettre aux gens de se familiariser avec la démarche scientifique,
  • mettre en lumière leur travail,
  • diffuser le savoir scientifique tout en vulgarisant leurs travaux,
  • sensibiliser les gens à une cause,
  • éduquer les gens,
  • sauvegarder les espèces,
  • soutenir leurs recherches,
  • obtenir des sources de financement,
  • bénéficier de main-d’œuvre bénévole,
  • contribuer au débat science et société,
  • apporter matière à réflexion quant aux enjeux majeurs liés à l’environnement et au développement durable.

Les scientifiques américains ont, notamment, une longue tradition de collaboration avec le grand public, qui les seconde dans certains travaux de recensement. Le Muséum national d’histoire naturelle de France fait de plus en plus appel aux amateurs, par le biais de son programme Vigie-Nature pour inventorier la biodiversité, où une quarantaine de chercheurs ont accepté de coiffer la casquette de guide.

De la valeur ajoutée…

Le tourisme scientifique proprement dit représente certes un marché de niche, mais le volet scientifique, quant à lui, fait partie intégrante d’une multitude de prestations et constitue une valeur ajoutée à l’expérience touristique.

Visiter un zoo peut être à la fois ludique et instructif, mais visiter un zoo avec un biologiste constitue un plus dans l’expérience du visiteur. Visiter un musée avec un spécialiste de l’histoire de l’art transforme cette visite en expérience enrichissante. Découvrir des commerces en compagnie des architectes et des designers qui les ont conçus, faire une randonnée en forêt avec un expert en foresterie, faire une promenade dans un jardin avec un botaniste… voilà autant de valeur ajoutée à l’expérience touristique.

Centres de sciences, musées de toutes sortes, biodôme, insectarium, jardin botanique, planétarium, économusées, centres d’interprétation, parcs naturels, thématiques et animaliers, réserves, entreprises (industrielles et artisanales), barrages, observatoires et sites d’exploitation abordent tous à des niveaux différents les domaines scientifiques. Les initiatives pour développer ces volets et susciter l’intérêt du public se multiplient.

Certains centres de recherche ouvrent leurs laboratoires et leurs sites à la population pour des visites commentées, ce qui est le cas, notamment, de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) d’Europe. En France, Nature & Découvertes recensait 3500 activités naturalistes en 2007, soit une augmentation de 25 % par rapport à l’année précédente.

Au Québec, Science pour tous regroupe les organismes œuvrant en culture scientifique et technique (CST) et en fait la promotion. La Toile scientifique a publié un guide répertoire de toutes les initiatives de tourisme scientifique et technologique offertes au public au Québec, ensemble qui s’est révélé impressionnant. Anciennement le Zoo de Saint-Félicien, le Centre de Conservation de la Biodiversité Boréale de Saint-Félicien s’est engagé résolument sur la voie du tourisme scientifique.

Pour les jeunes génies en herbe, les camps de vacances scientifiques offrent toute une diversité d’expériences. À ce chapitre, la France est très active. L’Association nationale et internationale de Culture Scientifique et Technique invite les jeunes de 7 à 18 ans à vivre une aventure scientifique à travers une quarantaine de séjours dans plusieurs pays, dont le Québec. Les colonies de vacances permettent de côtoyer les scientifiques et sont organisées en collaboration avec des centres de recherche qui participent à leur préparation pédagogique. Les séjours de vacances du réseau Planète Sciences font rimer sciences et loisirs et proposent aux jeunes de faire des choses sérieuses sans se prendre au sérieux. Le Mouvement International pour le Loisir Scientifique et Technique (MILSET) est une organisation qui vise à développer la culture scientifique chez les jeunes en organisant des programmes appropriés.

…à l’expérience extrême…

Que diriez-vous de vous rendre à la station scientifique des Nouragues au cœur de la forêt guyanaise à plusieurs heures de pirogue et de marche du premier village habité et de découvrir, avec un spécialiste de la biodiversité, les richesses de la réserve naturelle et un catalogue de 1200 espèces végétales, 435 espèces d’oiseaux, 112 espèces de reptiles et d’amphibiens et autant de mammifères, s’étendant sur un millier de kilomètres carrés inhabités depuis deux siècles? Inauguré en 1986, ce laboratoire, le plus inaccessible du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) de France, s’apprête à accueillir ses premiers touristes grâce à l’agence de voyages Escursia, qui proposera cette année trois dates pour une douzaine de privilégiés.

Escursia fait école dans l’immersion du tourisme scientifique avec des partenariats de premier plan. Fondée en 2003, cette agence a dû convaincre à la fois les amateurs et les scientifiques de la pertinence d’un tel produit. Au fil des années, Escursia a su s’associer à des partenaires de marque: le Muséum national d’histoire naturelle de France, l’Office national des forêts (ONF), la Ligue de protection des oiseaux (LPO) et le dernier en liste, le CNRS. À sa première saison, moins de 30 clients ont répondu à l’appel. En 2006, ils étaient 260 et, en 2007, 800 se sont embarqués pour l’un des quarante «sentiers de la connaissance» proposés.

D’autres agences, comme Saïga, offrent des programmes participatifs destinés à partager le quotidien d’une équipe de scientifiques et à comprendre sur le terrain les enjeux de la préservation.

…en passant par la responsabilité sociale

Le tourisme scientifique sert aussi à remettre les pendules à l’heure. En réponse à plusieurs débats qui occupent la place publique et aux gens qui réclament toujours plus de transparence, d’importantes compagnies se lancent dans un exercice de relations publiques. Par le biais des visites scientifiques, elles désirent promouvoir leur type d’activités, redorer leur blason, démontrer leur responsabilité sociale ou simplement faire découvrir un domaine qui fascine bien souvent les visiteurs.

En faisant visiter sa méga-usine, la plus importante des Amériques, Aluminerie Alouette souhaite répondre aux questions suivantes:

  • Quand et comment Aluminerie Alouette a-t-elle déployé ses installations à Pointe-Noire, dans la baie de Sept-Îles?
  • À quoi ressemble et comment fonctionne une usine de première fusion réputée mondialement?
  • Où vont ces tonnes de lingots et de gueuses d’aluminium qu’on y produit annuellement?
  • Quelles sont les retombées locales et régionales d’une telle industrie?
  • Comment y aborde-t-on les questions environnementales?

Tourisme scientifique et développement durable, un tandem indissociable

En 2007, le congrès annuel de l’Association des biologistes du Québec se concentrait sur la dynamique touristique: Tourisme, Nature, Biologie – Le biologiste, collaborateur essentiel au développement durable de l’industrie touristique.

Lors du colloque «Le tourisme scientifique: un instrument de médiation (ou de médiatisation) des sciences», Louis Jolin, professeur au Département des études urbaines et touristiques de l’École des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal (ESG-UQAM), soulignait que la jonction du tourisme scientifique (par la connaissance qu’il apporte des mécanismes de l’univers et par la conscientisation qu’il suscite) avec la notion de développement durable est une piste gagnante pour les prochaines années.

Lire aussi :
– Éducation, environnement et tourisme: un ménage à trois prometteur
– Le tourisme d’apprentissage fait ses classes dans une multitude de domaines
– Le tourisme industriel, un volet du tourisme d’apprentissage

Sources :
– Association des biologistes du Québec. «Tourisme, Nature, Biologie – Le biologiste, collaborateur essentiel au développement durable de l’industrie touristique», 26 et 27 octobre 2007.
– de Malet, Caroline. «Le CNRS se lance dans le tourisme scientifique», [LeFigaro.fr], 25 février 2008.
-Frigout, Olivier. «Le tourisme scientifique sur orbite», Fréquence Terre, la Radio Nature, 30 janvier 2008.
– Jolin, Louis. «Le tourisme scientifique: un instrument de médiation (ou de médiatisation) des sciences», Science pour tous – colloque 2004, Montréal, novembre 2004.
– Molga, Paul. «Le tourisme scientifique en plein essor», [www.lesechos.fr], 5 mars 2008.
– Revue Espaces. «Centres de culture scientifique et technique – 1re et 2e parties», septembre et octobre 2006, nos 240 et 241.

Sites Internet:
– Agence Saïga
– Aluminerie Alouette
– Association nationale et internationale de Culture Scientifique et Technique
– Centre de Conservation de la Biodiversité Boréale de Saint-Félicien
– Centre national de la recherche scientifique
– Escursia
– Institut national de la recherche agronomique
– Mouvement International pour le Loisir Scientifique et Technique
– Muséum national d’histoire naturelle de France – Vigie-Nature
– Natures et découvertes
– Planète Sciences
– Portes Ouvertes Design Montréal 2008
– Science pour tous

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Enjeux Tendances

Le monde en 2030

Le monde change et il change vite. Skierons-nous encore sur de la vraie neige? Cohabiterons-nous avec des robots? Vivrons-nous jusqu’à 125 ans? Restera-t-il du pétrole pour faire voler nos avions? Beaucoup plus de questions que de réponses donc et les hypothèses sur notre avenir sont aussi nombreuses que contradictoires. Difficile de s’y retrouver dans tout le discours des futurologues, mais amusons-nous à suivre quelques pistes de réflexion. Peut-être celles-ci auront-elles un effet inéluctable sur l’industrie touristique?

La population mondiale

Nous sommes près de 7 milliards de personnes en 2008 et nous serons plus de 8 milliards en 2030. Il faudra donner à manger et à boire à tout ce monde et combler ses besoins en énergie! Vivrons-nous une pénurie de ressources?

Cette croissance démographique proviendra de certaines régions du monde, dont l’Asie et l’Afrique. La déjà si populeuse Chine devrait être dépassée par l’Inde en 2030. En effet, selon un rapport de l’Organisation des Nations Unies (ONU), l’Inde sera le pays le plus peuplé du monde en 2030, soit cinq ans plus tôt que prévu lors des précédentes estimations. C’est la natalité nettement plus élevée dans le sous-continent qu’en Chine qui explique ce résultat.

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En plus de croître, la population change de profil. En 2006, environ une personne sur 13 avait plus de 65 ans. Cette proportion pourrait passer à une personne sur 8, soit 1 milliard de personnes en 2030. Et ces ratios sont beaucoup plus élevés dans les pays développés. Une forte immigration des pays moins développés vers les plus riches, l’aide robotisée ainsi que la technologie s’occuperont de cette cohorte vieillissante. Qui se prépare à recevoir une clientèle touristique du 3e et même du 4e âge?

Le réchauffement de la planète

Selon un rapport produit par le Benfield-UCL Hazard Research Center, intitulé Holiday 2030, la température globale devrait augmenter de un à deux degré d’ici 2030. Ce changement pourrait avoir des répercussions importantes sur les destinations touristiques. Certaines destinations soleil souffriront d’une chaleur trop extrême; l’Espagne en été par exemple. La hausse du niveau de l’eau contribuera à l’érosion des côtes. L’augmentation des risques d’ouragan, la dégradation des récifs coralliens sont quelques autres conséquences possibles.

Les destinations hivernales seront également touchées. Un récent slogan de la station Aspen au Colorado qui dit «La neige est une espèce en danger» annoncerait-il donc un réel déclin des sports d’hiver? Selon une étude prospective de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le nombre de stations de ski européennes devrait fondre. Au Québec aussi, la saison de ski sera plus courte et reposera de plus en plus sur l’enneigement artificiel (difficile à croire en date d’aujourd’hui!). Mais, dans un contexte d’économie des ressources, les canons à neige gourmands en eau et en énergie auront-ils libre jeu? Et quel sera le prix d’un billet de remontée?

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Lire aussi: Si le climat vous intéresse!

Les enjeux liés aux transports

Nous approchons du moment où le pétrole sera trop dispendieux pour une consommation massive comme maintenant. D’autant plus que, avec une hausse de la population et de la classe moyenne, les besoins énergétiques doubleront dans les 25 prochaines années, malgré une préoccupation grandissante pour l’environnement.

L’époque où la technologie automobile était au service de la vitesse et de la performance achève. Les efforts sont mis à développer des modes de propulsion innovants et bien moins polluants. L’hydrogène ou l’électricité? Les véhicules hybrides se répandent, mais la technologie a encore du chemin à parcourir en matière d’autonomie. En utilisant uniquement sa batterie électrique, la Prius de Toyota ne peut rouler que sur une distance de 2 kilomètres.

On comptait 24 millions de passagers aériens en 1950 et 2,1 milliards en 2006. L’Association internationale du transport aérien (IATA) en prédit 2,75 milliards en 2011… alors combien en 2030? Voici quelques réflexions sur les impacts de cette situation:

  • Le pétrole de plus en plus cher amène les recherches actuelles à réfléchir à des avions qui consommeraient moins et transporteraient encore plus d’individus. Airbus s’est engagé à réduire de 50 % les émissions de dioxyde de carbone de ses avions d’ici à 2020. On parle aussi «d’ailes volantes», c’est-à-dire des machines très plates et triangulaires qui accueilleraient des passagers dans leurs ailes. On fait également des essais pour remettre les dirigeables en service. Près de 80 ans après leur disparition, ils volent à nouveau en 3D sur les écrans d’ordinateur. Ils consommeraient quatre fois moins que les avions et sont envisagés dans le domaine du fret. Leur taille gigantesque demeure un handicap; il faut toujours un mètre cube d’hélium par kilo de charge.
  • Pour que l’essor se poursuive, il faudrait multiplier les aéroports et ce, dans un contexte où les enjeux environnementaux s’accentuent.
  • Comment éviter un encombrement du ciel? En poursuivant le passage des actuelles routes aériennes (marquées au sol par des phares électromagnétiques) vers des routes totalement virtuelles où les avions utilisent les satellites GPS.
  • La question du contrôle aérien demeure. Le système actuel est «humain», donc limité par le nombre d’avions qu’un contrôleur peut diriger à un moment donné. Le monde de l’aviation espère toujours créer des avions totalement indépendants, qui auraient à leur bord les instruments nécessaires pour leur permettre d’éviter les collisions.

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L’avenir du tourisme de masse

Selon une étude du Groupe Cendant, le simple forfait avion-plage ne sera plus au goût du jour en 2020. Les individus préféreront les voyages excitants, ludiques, riches en expériences et en découvertes culturelles. L’industrie touristique devra relever le défi de conjuguer tourisme de masse et authenticité. Il y a cependant un décalage entre les attentes des voyageurs des pays émergents et celles des pays qui ont de l’expérience en matière de voyage. Les exigences des Chinois et des Indiens, par exemple, sont celles d’un Européen des années 1970 ou d’un Japonais d’il y a 10 ans.

La famille nouvelle

Les trente dernières années ont vu la famille se métamorphoser drastiquement. Les tendances actuelles – les différents modes de cohabitation, un nombre élevé de divorces, des naissances hors mariage et des parents célibataires – seront encore plus prononcées en 2020. Les chercheurs s’entendent pour dire que nous pourrons très difficilement parler de «familles typiques» et que ce concept fera place à des familles de tous types et de toutes tailles. De plus, avec la combinaison des dettes étudiantes et de l’augmentation du coût des propriétés, les enfants resteront avec leurs parents plus longtemps!

L’offre touristique devra donc être créative et flexible pour répondre aux intérêts de toute la famille, des grands-parents aux petits-enfants. Chacun aura ses intérêts particuliers, mais ils devront aussi pouvoir se retrouver tous ensemble.

Cependant, tous ne vivront pas en famille, aussi éclatée soit-elle, et la société de demain comptera encore plus de célibataires et de personnes seules. Il faudra leur permettre de se joindre à des groupes qui ont les mêmes centres d’intérêt qu’eux.

Et ce n’est pas tout!

La société comporte combien d’autres facettes qui seront différentes demain. Pensons à la révolution médicale, déjà bien entamée, qui devrait prolonger notre espérance de vie et nous permettre encore plus simplement de subir des retouches esthétiques. Imaginons un monde ou l’Internet sans fil est omniprésent et permet des formules de travail ultra-flexibles, mais aussi une surveillance technologique et un partage de l’information personnelle à grande échelle. Réfléchissons à la présence de robots dans tous les aspects de notre vie quotidienne; cette vision futuriste est certes à nos portes. Spéculons sur l’avenir des grandes villes, toujours plus audacieuses… Mais, surtout, soyons à l’affût de ce qui nous attend, préparons-nous et essayons de préserver ce monde aux mille facettes, qui offre tant à découvrir.

Sources:

– Dugain, Marc. «Le futur, enfin! – Vivre en 2020», Le Monde hors série, 2007.
– Ihaddadène, Luc. «Vous pensiez aller au ski en 2050? – Vivre en 2020», Le Monde hors série, mars 2007.
– Lauer, Stéphane. «Auto: Adieu la frime – Vivre en 2020», Le Monde hors série, octobre 2006.
– Garot, Jean-Marc. Entrevue «La Planète en overbooking – Vivre en 2020», Le Monde hors série, novembre 2005.
– Hopquin, Benoit. «Revoilà le dirigeable! – Vivre en 2020», Le Monde hors série, avril 2007.
– Agence France-Presse. «Le tourisme a encore de beaux jours devant lui jusqu’en 2030», Journal de Montréal, 1er décembre 2007.
– Robertet, Éric. Entrevue «Tourisme – En 2020, « bronzer idiot » ne suffira plus», [LCI.fr], 31 mars 2008.
– Hammond, Ray. «The World in 2030», Plastics Europe, novembre 2007.
– Guardian Special. «The World in 2020», [www.guardian.co.uk], 2004.
– McGuire, Bill, Benfield-UCL Hazard Research Centre. Holiday 2030, Halifax Travel Insurance, 2006.

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Tourisme durable

S’outiller pour organiser des événements responsables

Une foule d’organismes et de ressources diverses rendent disponibles des guides, des stratégies, des boîtes à outils pour instaurer des pratiques vertes. Dans le but de passer à l’action dès maintenant, voici quelques recommandations pour verdir les événements, ainsi qu’un exemple concret, celui de la conférence 2008 Greening the Hospitality Industry.

Par où commencer?

Une entreprise qui souhaite prendre le virage vert devrait d’abord rédiger une politique environnementale ou, plus globalement, de développement durable. L’énoncé de cette politique devrait être clair, simple et traduire la prise de position environnementale. Ensuite, la stratégie de mise en œuvre – ou plan d’action – permettrait d’identifier les gestes à poser. À cet égard, voici deux documents bien étoffés sur le sujet qui peuvent servir de guide. D’autres ressources figurent à la fin de cet article.

Sélection de la destination: la clé!

Le planificateur d’un événement vert recherche une destination qui répond à ses critères et lui permet d’atteindre ses objectifs. Ainsi, une ville verte doit, entre autres, rendre faciles et agréables tous les déplacements, tant à pied que par les moyens de transport en commun. Ces derniers doivent également desservir l’aéroport de façon efficace. La destination verte assiste les planificateurs dans leurs recherches d’un site et de fournisseurs écoresponsables.

À titre d’exemple, Tourism Toronto offre, sur son site Internet, une sélection d’établissements de réunions et de congrès qui ont adopté une politique pro-environnementale. Par ailleurs, cette ville se classait parmi les plus vertes en Amérique du Nord, selon l’édition d’août 2006 du Meetings and Conventions Magazine. La ville de Sherbrooke a également choisi de promouvoir les réunions vertes en proposant aux planificateurs d’événements un Guide de l’organisateur écoresponsable.

Un exemple d’événement vert: la conférence 2008 Greening the Hospitality Industry

Le Green Meeting Industry Council a comme premier but dans l’organisation de son événement de faire tout en son pouvoir pour réduire son empreinte écologique et, en deuxième lieu, de compenser les émissions inévitables de carbone, en s’associant à un programme de compensation. (Lire aussi: «Vers un bilan «carbone neutre» – Le voyage prend le virage écologique».) Voici les actions entreprises pour y arriver:

  • Sélection d’une destination qui a été en mesure de répondre aux exigences environnementales décrites dans l’appel d’offre.
  • Choix d’un hôtel et d’un traiteur qui appliqueront les pratiques vertes reliées à la réduction des déchets, à l’économie de l’eau, à une utilisation efficiente de l’énergie, ainsi qu’à une bonne qualité de l’air et de l’eau.
  • Impression du programme de la conférence et de la liste des délégués sur du papier 100% recyclé postconsommation*, avec de l’encre à base de soja.
  • Pas ou très peu de documentation à remettre aux participants. Les présentations des conférenciers seront disponibles sur le site Web de l’organisme.
  • Sensibilisation auprès des exposants pour les encourager à minimiser les produits dérivés qu’ils distribuent et à choisir plutôt des objets durables.
  • Cueillette et réutilisation des étuis à cocardes et des rubans.
  • Organisation d’une activité de bénévolat avec la Vancouver Food Bank, qui permet aux participants de poser un geste responsable dans la communauté d’accueil.
  • Association à un programme d’achat de crédits de carbone, soit Offsetters Climate Neutral Society, organisation de Vancouver.

Pour la tenue de cet événement, le Four Season Hotel de Vancouver s’est engagé à:

  • Mettre en place un programme de recyclage (papier, verre, plastique, métal) ainsi que de compostage des déchets de table.
  • Établir un partenariat avec une banque alimentaire afin de lui donner les repas non servis.
  • Utiliser de la vaisselle de porcelaine et du linge de table lavable.
  • Présenter les condiments et les confitures dans des contenants et le lait, le jus et l’eau dans des pichets, plutôt que d’avoir recours à des emballages individuels.
  • Élaborer un menu qui met en valeur des produits locaux et biologiques ainsi que des options végétariennes.
  • Donner à un organisme de charité les produits de beauté restants ou non utilisés (shampoing, revitalisant, lotion hydratante, etc.).
  • Décorer avec des accessoires réutilisables (des plantes plutôt que des fleurs, par exemple).
  • Adopter des pratiques écoénergétiques, comme éteindre les lumières et baisser le chauffage et la ventilation lorsque les salles sont inoccupées.

L’organisme encourage également les participants à faire leur part par différents gestes:

  • Emprunter le service de navette ou les transports en commun de l’aéroport à l’hôtel, plutôt qu’un taxi.
  • Choisir la marche ou les transports en commun dans la ville plutôt qu’un taxi.
  • Si le taxi est inévitable, choisir un hybride de la flotte spéciale des Yellow Cabs de Vancouver.
  • Éteindre les lumières et le chauffage de la chambre d’hôtel lorsqu’elle est inoccupée.
  • Réduire la consommation et recycler le plus possible.
  • Participer au programme de crédits de carbone proposé par la Conférence.

Mesurez, pesez, comparez

Pour gérer efficacement les efforts de réduction de consommation, il s’avère essentiel de mesurer les résultats. Cet exercice est nécessaire car il permet de vérifier si les objectifs ont été atteints, d’estimer la valeur des économies et d’en communiquer les résultats: prévoir un tri puis un suivi rigoureux des contenants ou des sacs dédiés aux matières recyclables, au compostage et aux déchets; comptabiliser les quantités de nourriture produites localement ou de façon biologique ainsi que les repas non servis qui sont donnés; comparer la production de documents imprimés par rapport à celle réalisée pour les événements précédents.

Vert et sincère!

Le bureau de normalisation du Québec (BNQ) et le Réseau québécois des femmes en environnement, en association avec plus de 70 intervenants de divers milieux, sont impliqués dans un projet de standardisation pour la gestion d’événements responsables. La mise en place de standards augmentera la crédibilité des pratiques de ceux qui y auront recours. Ces normes, d’abord utilisées comme repères, pourront ensuite être intégrées à un programme de certification.

Mais, en attendant, le recours aux appellations faisant référence à de bonnes pratiques environnementales ou aux principes de développement durable doit traduire une volonté sincère de changer pour des comportements plus responsables. Les imposteurs sont vite démasqués et condamnés… par des consommateurs de plus en plus informés.

* Le papier recyclé postconsommation est fait de papier qui a déjà été utilisé puis recyclé, contrairement au papier recyclé préconsommation, qui est fabriqué avec les retailles et autres déchets réalisés lors de la production de papier.

Sources:
– Conférence «2008 Greening the Hospitality Industry». Green Meeting Industry Council, 19-21 février 2008, Vancouver.
– Green Events Source. «The Green Events Source Book», Special PCMA (Professional Convention Management Association) Edition, janvier 2008.
– Réseau québécois des femmes en environnement en partenariat avec Recyc-Québec. «Guide pour la réduction des matières résiduelles lors de l’organisation d’événements publics», [http://www.rqfe.org/documentation/RQFE-guide.pdf], consulté le 4 mars 2008.
– Tourisme Sherbrooke. Guide de l’organisation écoresponsable, [guideorganisateurecoresponsable.pdf], consulté le 4 mars 2008.

Sites Internet:
– Événement Écoresponsable
– Green meeting Industry Council
– Tourism Toronto (Green Meetings & Facilities)

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Tourisme durable

Virage vert: certains mythes ont la vie dure

D’abord du papier, pour des centaines, parfois des milliers d’envois postaux, ensuite des tonnes de déplacements en voiture et en avion, puis une grande quantité de vaisselle jetable, d’ustensiles et de bouteilles d’eau en plastique qui rempliront les conteneurs à déchets, d’importants surplus de nourriture intouchée qui seront jetés, des produits dérivés souvent inutiles qui finiront en grande partie à la poubelle… Les réunions et les congrès laissent une lourde empreinte environnementale. Selon le projet «Pour des événements écoresponsables», mis de l’avant par le Réseau québécois des femmes en environnement, chaque participant à une conférence de 3 jours produit 30 kg de déchets, cinq fois plus qu’il ne le fait dans son quotidien. Mais les réunions permettent des contacts privilégiés essentiels et doivent continuer d’offrir des occasions uniques de rassembler des gens autour d’un intérêt commun. Heureusement, on perçoit une volonté de rendre ces événements plus «écoresponsables».

Du 19 au 21 février dernier se déroulait à Vancouver la conférence 2008 Greening the Hospitality Industry. Ce rendez-vous devait permettre aux participants de s’outiller pour prendre le virage vert. Démystifions d’abord cette tendance.

Mythes

De plus en plus d’organisateurs de réunions et de congrès sont interpellés par cette tendance aux événements plus verts, mais il perdure une résistance à une réelle intégration de telles mesures, souvent à cause d’un certain nombre de mythes et d’idées préconçues véhiculés à ce sujet. En voici quelques-uns:

Ça coûte trop cher
Faux: Les réunions vertes ont pour but, entre autres, d’augmenter l’efficacité économique et environnementale en minimisant l’utilisation des ressources et en réduisant les pertes générées par les activités de réunions et de congrès. On peut commencer par intégrer des éléments qui demandent peu d’effort tout en résultant en une diminution automatique des coûts, par exemple le recours à des pichets d’eau et à des verres plutôt qu’à des bouteilles jetables. D’autres mesures, comme la mise en place d’outils écoénergétiques, exigent des investissements qui rapporteront à moyen terme (souvent entre deux et cinq ans).

C’est tout ou rien
Faux: Chaque effort compte! On peut très bien intégrer une seule action pour commencer, la mentionner avant la tenue de l’événement et la rappeler en cours d’activité: «(…) Comme première action pour prendre le virage vert nous avons choisi de réduire les communications papier.»

Ça implique énormément d’efforts
Faux
: Les composantes vertes peuvent remplacer aisément un grand nombre d’activités déjà existantes; il faut simplement garder à l’esprit ce souci d’économie des ressources et de réduction de la consommation et faire des choix en ce sens. Par exemple, on emploie de la vaisselle lavable plutôt que celle en plastique jetable.

C’est pour les environnementalistes
Faux
: un nombre croissant d’organisations provenant de divers domaines prennent le virage vert en incorporant à leurs activités des mesures proenvironnementales. Pensons notamment à:

  • Starbuck, dont la mission même comporte plusieurs mesures vertes, comme s’efforcer à utiliser et à vendre des produits qui sont proenvironnementaux.
  • Toyota avec, entre autres, son Plan d’Action environnemental 2006-2010, qui comprend des mesures spécifiques et des objectifs d’amélioration de sa performance environnementale.
  • Fairmont Hotels & Resorts, en avance sur son temps, qui a mis sur pied en 1990 le Partenariat Vert de Fairmont, un véritable guide de bonnes pratiques vertes pour l’industrie hôtelière.
  • Transat avec, notamment, son programme de soutien pour des projets de tourisme durable.

La qualité du service et de l’expérience en sera réduite
Faux
: La plupart des mesures passent inaperçues aux yeux des clients/participants. De plus, comme ceux-ci bien souvent les ont déjà adoptées dans leur quotidien et qu’ils sont de plus en plus soucieux de leur empreinte environnementale, ils s’attendent à ce qu’on agisse de façon responsable. Une alimentation saine interpelle aussi davantage de gens, les menus réalisés à partir de produits locaux et de qualité seront applaudis. Ceux qui poursuivent leur séjour apprécieront en outre la réduction du nombre de produits dérivés et de documents papier à transporter.

Les réunions vertes permettent notamment de:

  • faire des économies et parfois gagner du temps;
  • réduire l’utilisation des ressources non renouvelables et renouvelables;
  • consommer de façon plus responsable et sensibiliser les participants à l’adoption de bonnes habitudes;
  • s’inscrire dans le processus de développement durable;
  • créer un avantage compétitif et bonifier sa réputation;
  • répondre à une demande grandissante.

Le terme «vert» signifie ici «développement durable» et sous-entend, par le fait même, les considérations économiques, sociales et environnementales. Selon le Green Meeting Industry Council (GMIC), une réunion verte se définit comme suit:

«Incorporate environmental considerations throughout all stages of the meeting process in order to minimize the negative impact on the environment and make a positive impact to host communities in terms of environmental and social legacies.»

Tous les acteurs sont interpellés

Malgré la résistance de certains à adopter ce virage pour les raisons évoquées plus haut, les planificateurs d’événements rechercheront de plus en plus des destinations et des fournisseurs qui se soucient de leur empreinte environnementale et qui adoptent un comportement plus responsable. Il peut s’agir de la volonté du client, de la pression exercée par certains intervenants ou encore du bon vouloir du planificateur. Cette voie, chacun devra la prendre un jour ou l’autre.

À suivre dans un prochain Globe-Veilleur: S’outiller pour organiser des réunions «vertes».

Source:
– Conférence «2008 Greening the Hospitality Industry», Green Meeting Industry Council, 19-21 février 2008, Vancouver.

Sites Internet:
– Green Meeting Industry Council
– Événement Écoresponsable

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Enjeux Tourisme durable

Consommation verte: votre entreprise a-t-elle une politique d’achats écologiques?

L’achat – ou l’approvisionnement – écologique sert à réduire les effets nocifs de la consommation sur l’environnement. Cela consiste à se renseigner sur ce dont les produits sont faits, d’où ils viennent, comment ils ont été fabriqués et comment ils seront éliminés à la fin de leur cycle de vie. L’achat écologique favorise également la consommation responsable et la création d’une société durable.

La plupart des gouvernements, de grandes entreprises et de plus en plus de petites et moyennes entreprises touristiques se sont dotés d’une politique d’achats ou d’approvisionnement dont les objectifs visent le respect de l’environnement et de la société. Pour l’instant, on ne connaît toutefois pas leur nombre. Le secteur public dépense de 45 à 65% de son budget en approvisionnement, ce qui représente de 13 à 17% du PIB des pays de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques). En élaborant des politiques d’achats écologiques, le tourisme peut nettement améliorer son rendement en matière de durabilité, puisque cette industrie consomme des produits et des services de presque tous les secteurs économiques. Par exemple, certaines chaînes hôtelières comme Scandic ainsi que la municipalité de Whistler ont intégré des objectifs d’achats «verts» dans leur politique d’approvisionnement et ont mis sur pied un certain nombre d’outils pour leur permettre de faire de meilleurs choix d’achats.

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Qu’est-ce qu’un produit écologique?

Les produits écologiques doivent satisfaire à l’un des critères suivants : ils doivent être faits à partir de sources abondantes ou renouvelables, fonctionner de façon efficace, être fabriqués ou cultivés localement et être recyclables, biologiques et durables (c’est-à-dire qu’ils doivent avoir un long cycle de vie), ou être réutilisables. Un produit durable efficace répond de façon optimale aux exigences d’une gestion respectueuse de l’environnement à toutes les étapes de son cycle de vie. L’analyse du cycle de vie d’un produit joue un rôle très important dans la consommation responsable et réfère à toutes les étapes liées à sa production et à sa consommation:

  • matériaux utilisés pour la production initiale,produits_bois_logo.jpg
  • consommation d’énergie pour l’extraction de matériaux,
  • production de déchets lors de l’acquisition de matières premières,
  • processus de fabrication,
  • utilisation par les consommateurs,
  • entretien, et
  • élimination finale.

Les produits traditionnels ne reflètent pas le coût réel de leurs impacts social et environnemental. Par exemple, le prix des polluants tels que les produits chimiques ou non biodégradables n’inclut pas les frais de dépollution qu’ils entraînent. Ce sont les communautés touchées qui en paient souvent le prix, généralement par le biais de fonds publics. Il est quasi impossible pour une entreprise touristique ou un consommateur de faire l’analyse du cycle de vie de chaque produit. Pour qu’il soit plus facile d’identifier les produits socialement responsables, un ensemble d’organismes voit à l’élaboration de normes, d’étiquettes et de programmes de certification. Le programme Choix environnemental du gouvernement canadien, entre autres, fournit une liste des produits testés et certifiés écologiques pour toute la durée de leur cycle de vie. Ces produits sont les moins dommageables sur le marché et peuvent afficher l’«Éco-Logo». Différents organismes en Amérique du Nord et ailleurs peuvent certifier une vaste gamme de produits.

Il est difficile d’évaluer des produits qui ne sont pas étiquetés. Il faut également être vigilant avec les étiquettes et les stratégies de commercialisation: le marché est présentement saturé de produits soi-disant écologiques qui ne le sont pas réellement. On peut évaluer un produit en consultant son site Web ou en obtenant des renseignements directement du fournisseur. Si une entreprise n’offre aucune description claire de sa politique de durabilité, il est recommandé de vérifier si elle respecte au moins certaines normes et si elle est listée au Répertoire des entreprises canadiennes socialement responsables (Canadian Business for Social Responsibility).

Pourquoi l’achat écologique?

L’achat écologique influence le marché en incitant les entreprises à offrir des options novatrices et durables aux consommateurs. En plus d’être responsables, les entreprises qui adoptent une politique d’achats «verts» en tirent de nombreux avantages, dont diverses économies – surtout à long terme – et l’amélioration de leur image de marque. Les consommateurs optent en effet de plus en plus pour de bonnes habitudes écologiques; les entreprises qui en font autant peuvent ainsi se différencier de la concurrence. Les autres avantages dont elles bénéficient sont:

  • des frais d’exploitation inférieurs grâce à une utilisation efficace de l’électricité, de l’eau et d’autres ressources;
  • des coûts de gestion des déchets moindres;
  • un respect accru de la réglementation environnementale;
  • l’élimination des risques pour la santé et la sécurité associés à l’utilisation de produits toxiques.

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Notons que plusieurs de ces avantages ne s’acquièrent qu’à moyen ou à long terme. La sensibilisation aux avantages économiques et environnementaux dont peuvent jouir les entreprises qui ont adopté des politiques d’achats écologiques permet à leurs employés d’en tirer une grande fierté.

Mesures pratiques en vue de mettre sur pied une politique d’achats écologiques

1. Reconsidérer chaque achat
Bien des entreprises consomment des produits inutiles. Afin de déterminer l’utilité d’un produit, il faut se poser les questions suivantes:

  • En quoi ce produit sert-il l’entreprise?
  • L’entreprise peut-elle fournir ses services sans l’aide de ce produit?
  • S’il est nécessaire, ce produit a-t-il été utilisé jusqu’au bout de son cycle de vie?

Dans le cas de produits consommables, il est bon d’évaluer la possibilité d’en abaisser le taux de consommation. La réduction des achats inutiles permet de faire des économies qui serviront à acheter des produits durables ou à en favoriser l’essor.

2. Louer ou acheter d’occasion

Il est également possible de louer des produits ou de les partager avec d’autres entreprises : mobilier bureau_logo.jpgde bureau, outils, appareils et ordinateurs, par exemple. En louant, on épargne sur le prix d’achat initial et on évite les risques et les frais liés à l’élimination des déchets de ces produits. Certaines entreprises qui achètent des produits durables sont juridiquement responsables de l’élimination et du recyclage de ces derniers. Par ailleurs, les matériaux recyclés ou d’occasion sont de plus en plus accessibles pour les travaux de rénovation et de construction.

3. Choisir un produit durable ou de longue durée

Il vaut mieux choisir des produits multifonctionnels de longue durée afin de diminuer le taux global de consommation. Pour déterminer s’il y a possibilité d’épargne, il faut comparer le coût par utilisation des produits moins durables ou jetables à celui d’une version durable. Par exemple, des tasses en styromousse jetables peuvent être remplacées par des éléments recyclables, dont le verre. La plupart des produits sur le marché ont des versions de longue durée, les ampoules et les piles notamment. Les produits électroniques et les appareils durent longtemps et peuvent souvent être réparés.

4. Choisir des produits ou des services qui répondent à des critères environnementaux ou sociaux précis

Lorsque possible, choisir de préférence des produits dont l’étiquette certifie qu’ils ont été testés par des organismes fiables. Si de tels produits ne sont pas disponibles, voici quelques suggestions:

  • Vérifier le contenu de tous les produits à base de substances chimiques. Les produits nettoyants, les engrais, les produits d’éclairage et de tuyauterie, la peinture, les produits du bois ont tous fait l’objet d’évaluations particulières pour connaître leur degré de toxicité. Celles-ci sont accessibles au grand public par le biais de pages Web gouvernementales ou autres. Certains produits nettoyants et matériels informatiques contiennent des ingrédients toxiques tels que du formaldéhyde, du mercure, du plomb, du cadmium, du chrome, du phosphate et des composés organiques volatils. Ces produits doivent être remplacés par des éléments moins polluants et moins toxiques (la peinture à base d’huile par son équivalent à base d’eau et ainsi de suite). Certains plastiques et meubles émettent des gaz qui sont nocifs pour l’environnement et la santé humaine.appareils_electros1.jpg
  • Vérifier si les produits non périssables peuvent être recyclés et réutilisés. Ces produits comprennent les cartouches d’encre, les huiles, le verre, les plastiques, le papier, les stylos, les contenants de boisson, les piles, etc.
  • Trouver des produits qui utilisent une quantité moindre d’électricité ou d’eau, qu’il s’agisse des appareils de plomberie, des électroménagers, et même des ampoules.
  • Vérifier si le produit est recyclable ou s’il contient des matières recyclables ou des éléments réutilisables. Certains nouveaux produits sont faits à partir de matières recyclées: l’achat de ces articles favorise la récupération plutôt que l’utilisation de matières neuves. Le pourcentage de matières recyclées qui entre dans la composition d’un produit est indiqué sur son étiquette. Certains produits, dont plusieurs meubles, sont fabriqués à partir de ressources surexploitées qui se font de plus en plus rares.
  • Surtout dans le cas des voitures, vérifier s’il existe des produits qui utilisent des sources d’énergie renouvelable ou plus propre que l’essence, par exemple. Le nombre de voitures à bon rendement énergétique s’accroît rapidement, toutes catégories confondues; au Québec, le gouvernement octroie un crédit d’impôt aux acheteurs de certains véhicules hybrides.
  • Vérifier si les denrées périssables sont de culture biologique ou locale. Les propriétaires de restaurant doivent éviter de servir certaines espèces de poissons qui font l’objet d’une pêche excessive, par exemple. Sustainable Seafood Canada, une coalition d’organismes de conservation, fournit un guide visant à favoriser des habitudes de consommation durable.
  • Vérifier si les produits importés de pays en développement ont été fabriqués dans le respect des principes du commerce équitable.equitable.jpg

5. Choisir des produits locaux autant que possible
En vue de réduire les émissions de gaz à effet de serre, il est très important de s’approvisionner auprès de sources locales.

Comment s’y prendre?

Le processus de mise en place d’une politique d’achats écologiques est long du fait que le personnel du service des achats doit trouver des compromis. Il lui faut soupeser les objectifs environnementaux et composer avec les exigences opérationnelles, la compétitivité des prix, la qualité et la disponibilité des produits. Étant donné le besoin de trouver un équilibre entre ces aspects, l’adoption d’une politique d’achats écologiques ne sera pas facile pour la plupart des entreprises de tourisme. Il vaut donc mieux débuter par un projet simple qui pourra être amélioré constamment. Les entreprises qui ont adopté de telles mesures recommandent:

  1. d’établir un énoncé de politique clair sur la vision et les objectifs de l’entreprise en matière de durabilité, y compris un nouveau plan d’achats aux priorités bien définies;
  2. de faire participer tous les membres de l’entreprise au processus;achats_responsables_logo141.jpg
  3. de se fixer des cibles précises et quantifiables pour l’adoption de la politique;
  4. de faire un contrôle régulier du progrès en vue d’atteindre les objectifs fixés.

L’achat écologique est un outil efficace qui permet aux entreprises d’enrayer la pollution à la source. C’est également une bonne façon d’inciter chacun à devenir responsable. Les achats ont une incidence sur toutes les étapes de la production, de l’extraction des matières premières à la gestion des déchets. Grâce à la consommation responsable, les rendements financier et environnemental peuvent s’améliorer, car chaque décision d’achat a des répercussions sur l’économie, l’environnement et la société. Le fait d’acheter des produits verts permet aux entreprises qui les fournissent de réaliser des économies d’échelle tout en réduisant leurs coûts et en effectuant une plus vaste distribution de leurs produits, à un prix abordable. Présentement, les produits écologiques sont fabriqués à moindre échelle et coûtent plus cher, en partie parce que le marché est encore petit. Cela devrait changer au fur et à mesure que la demande s’accroîtra.

Chaque personne et chaque entreprise se doivent d’être plus responsables et de changer leurs comportements dès aujourd’hui. Consumers cannot shop the planet out of its problems, mais la consommation responsable aidera à atténuer quelques enjeux environnementaux.

Sources :

– Canadian business directory for social responsibility (répertoire des entreprises canadiennes socialement responsables). [www.cbsr.ca], (consulté le 4 février 2008).
-Cleverdon, R. et Kalisch, A. «Faire Trade in Tourism», International Journal of Tourism Research, 2, 2000, pp. 171-187.
-Chen, C. «Incorporating green purchasing into the frame of ISO 14 000», Journal of Cleaner production, 13, 2005, pp. 27-933.
-Environnement Canada [www.ec.gc.ca], (consulté le 4 février 2008).
– Programme de Choix environnemental. [http://www.ecologo.org/fr/certifiedgreenproducts], (consulté le 4 février 2008).
– Greater Vancouver Regional District. «Sustainable Purchasing Guide». Greater Vancouver Regional District, 2007, 44 p.
– Guide relatif à l’importation commerciale. [www.inspection.gc.ca/francais/fssa/imp/guide1f.shtml], (consulté le 4 février 2008).
– Low, W. et Davenport, E. «Postcards from the Edge: Maintaining the ‘Alternative’ Character of Fair Trade», Sustainable Development, 13, 2005, pp. 143-153.
– Perera, O., Chowdhury, N. et Goswami, A. «State of Play in Sustainable Public Procurement», International Institute for Sustainable Development, Winnipeg, 2007, 83 p.
Guide d’achats écologiques de la municipalité de Whistler (anglais). [http://www.whistler2020.ca/whistler/site/genericPage.acds?context=1967998&instanceid=1967999], (consulté le 4 février 2008).
Politique d’achats écologiques de la chaîne hôtelière Scandic (anglais). [http://www.scandic-hotels.com/corporateinfo/913_OurBeliefsAndPractices.jsp], (consulté le 4 février 2008).
– US Environmental Protection Authority (agence de protection environnementale des É.-U.). [http://www.epa.gov], (consulté le 4 février 2008).