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La vente croisée: une source de revenu encore peu exploitée par l’industrie touristique

Plusieurs fournisseurs touristiques considèrent vendre davantage de services complémentaires exploités par d’autres intervenants de l’industrie. Selon une étude menée par Forrester Consulting, les revenus de ces ventes croisées augmenteront de 30% d’ici 2015. Ces transactions permettent de générer des profits rapidement et de bonifier l’expérience de voyage sans nécessiter de lourds investissements. Les placements médias et les services touristiques figurent parmi les prestations les plus visées. En quoi consiste cette tendance?

Plusieurs informations présentées dans cette analyse sont issues de l’étude Cross-Sell Your Way To Profit, citée plus bas.

Pourquoi s’intéresser à la vente croisée?

La vente croisée de services complémentaires consiste en la vente de services auxiliaires par un fournisseur pour le compte d’un autre. Celui qui vend la prestation au voyageur perçoit une commission de celui qui l’exploite et devient ainsi intermédiaire ou distributeur.

Les compagnies aériennes qui offrent la location de chambres d’hôtel ou de voitures s’y livrent déjà et comptent intégrer de nouveaux services auxquels on ne les associe pas habituellement. Les compagnies de croisières en font autant lorsque, par exemple, elles vendent à leurs passagers des excursions terrestres exploitées par un fournisseur touristique local. De plus en plus, d’autres intervenants de l’industrie comme les compagnies ferroviaires, les hôtels et les agences de location de voitures s’en inspirent aussi.

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Source: Fenêtre de réservation de la compagnie aérienne Americanairlines

Ces services complémentaires vendus pour le compte de partenaires permettent aux fournisseurs touristiques de réaliser des marges de profit substantielles et de proposer à leurs clients une prestation de voyage plus complète, plus intégrée et plus personnalisée. Par ailleurs, ils contribuent également à prolonger la durée du séjour et à augmenter les points de contact avec le client.

Qu’en pensent les plus grands intervenants touristiques?

Selon l’étude réalisée par Forrester Consulting, les fournisseurs touristiques s’attendent à ce que les ventes des services complémentaires distribués pour le compte de partenaires gagnent en importance dans les cinq prochaines années (graphique 1). Ces services représenteront 19% des revenus totaux des produits complémentaires d’ici 2015, ce qui correspondra à environ 2,5 % des recettes totales.

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Source: Cross-Sell Your Way To Profit, le rapport de Forrester Consulting

Pour les compagnies aériennes, les services de voyage axés sur le transport, l’hébergement et les transferts à l’aéroport sont et resteront la catégorie la plus populaire. Cela dit, nombre d’entre elles ont l’intention de vendre un plus grand choix de produits complémentaires de niche comme des croisières, des billets de train, des espaces de stationnement à l’aéroport ou des services de conciergerie. De plus, la participation des compagnies aériennes à la vente de services touristiques à destination, par exemple les visites guidées, augmentera d’environ 37% durant les cinq prochaines années. Le divertissement est aussi un créneau dans lequel elles veulent investir, notamment en offrant des billets de spectacles et d’événements divers (tableau 1).

En plus de distribuer des produits touristiques variés, la moitié des compagnies aériennes sondées ont dit avoir l’intention d’agir en tant qu’espace média. Étant donné que l’espace média est un important point de contact pour le voyageur, plusieurs d’entre elles pensent vendre de l’espace publicitaire à d’autres exploitants touristiques. Elles sont les premières à connaître la localisation exacte de leurs passagers et leur trajet. Elles peuvent donc devenir un média attractif capable d’informer le voyageur sur les différentes prestations touristiques complémentaires. Plusieurs stratégies s’offrent aux compagnies aériennes. Intégrer sur leur site Web des cartes d’aéroports ou de destinations commanditées par des entreprises touristiques en est une.

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Contrairement aux compagnies aériennes, la majorité des établissements hôteliers proposent déjà des visites guidées de leurs destinations. Cependant, cette prestation se généralisera et deviendra une norme d’ici 2015. De plus, constatant l’engouement des touristes pour le divertissement comme forme de découverte d’une ville, les hôtels comptent vendre davantage de billets d’événements sportifs, de concerts et de spectacles divers. On estime que le nombre d’établissements qui offriront ce service de billetterie triplera d’ici 2015. Les voyageurs pourront également acheter des cartes-cadeaux pour les restaurants à même l’hôtel.

Par ailleurs, les hôtels continueront d’offrir des placements médias sur leur site Web pour le compte de partenaires touristiques, mais ils le feront de manière plus agressive.

Autre fait important, l’intérêt des hôteliers pour la vente de services exploités par des tiers et livrés sur la propriété au nom de l’hôtel, tels que la restauration, les spas ou le golf, dépassera celui pour la vente de services de voyage externes comme la location de voitures ou la vente de billets d’avion. La majorité des établissements envisagent d’offrir à leurs clients d’ici 2015 la possibilité de réserver ces activités en ligne.

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Un cadre de réussite

Lorsqu’un fournisseur touristique décide de vendre des services complémentaires exploités par d’autres entreprises, il lui faut au préalable établir des objectifs d’affaires clairs et mesurables. Ces derniers doivent soutenir l’image de marque et la vision de la compagnie. De ce fait, l’implantation d’un processus de sélection des partenaires et des prestations constitue une étape fondamentale.

De plus, pour que ces nouveaux services complémentaires apportent une réelle valeur ajoutée à l’expérience client, ils doivent être judicieusement incorporés à l’offre principale de l’entreprise. Cette intégration doit aussi tenir compte des particularités de l’infrastructure des chaînes de commercialisation de chacun des partenaires.

L’infrastructure technologique

Une chose est sûre, une bonne infrastructure technologique est essentielle pour rendre ces nouveaux produits touristiques disponibles en temps et lieu. À ce sujet, l’étude de Forrester indique que le Web restera, d’ici 2015, la plateforme technologique la plus efficace pour commercialiser ces nouveaux produits, mais qu’il sera toutefois nécessaire d’améliorer l’expérience de la navigation et du magasinage en ligne.

Le rapport indique également qu’en 2015, les appareils mobiles tels que les téléphones intelligents et les tablettes électroniques deviendront le deuxième canal de distribution le plus approprié pour mettre ces offres à la disposition des voyageurs.

La vente croisée de services complémentaires représente une occasion encore inexploitée que les fournisseurs touristiques ont résolument l’intention de saisir au cours des cinq prochaines années. Pensez-vous qu’elle soit envisageable pour votre entreprise?

Source:

– Forrester Consulting pour le compte d’Amadeus. Cross-Sell Your Way To Profit:  How Travel Suppliers Are Using Third-Party Ancillary Services To Drive New Revenues And Enhance Their Travelers’ Experiences, janvier 2011.

Site Web:

– American Airlines

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Marketing

Les achats de dernière minute: une tendance à renverser!

La popularité des réservations de dernière minute se reflète de plus en plus dans les comportements d’achat des voyageurs. Le manque de temps, la mobilité, les agences de voyages en ligne, les conditions économiques incertaines et les offres alléchantes des entreprises touristiques elles-mêmes expliquent en grande partie le renforcement de cette tendance. Mais ce qui se voulait une tactique de dernier recours pour remplir des chambres ou des sièges vides a-t-il pris une ampleur non souhaitée? Afin de renverser la vapeur, les entreprises touristiques multiplient les stratégies favorisant les consommateurs qui achètent leur voyage à l’avance. Voici un topo d’une tendance qui ne semble pas s’essouffler.

De bonnes raisons d’attendre

Depuis au moins cinq ans, et de façon plus prononcée depuis la crise économique de 2008-2009, le calendrier de réservation des entreprises touristiques a rétréci considérablement. Plutôt que de réserver sa chambre d’hôtel des mois à l’avance, comme par le passé, le consommateur d’aujourd’hui attend souvent à la toute dernière minute pour procéder à la réservation, parfois même une fois rendu devant l’établissement, à partir de son appareil mobile. Les raisons qui incitent à un tel comportement sont nombreuses. En voici quelques-unes.

  • La multiplication des courts séjours entraîne une plus grande flexibilité quant aux dates.
  • La réservation en ligne est accessible et rapide, surtout combinée à la technologie mobile.
  • En période d’incertitude économique, les consommateurs:
    • craignent pour leur emploi;
    • appréhendent la faillite des compagnies aériennes;
    • ne savent pas à l’avance s’ils pourront prendre des vacances et quelles en seront les dates.
  • L’offre des promotions de dernière minute étant devenue imposante, les gens attendent pour profiter de ces bas tarifs.

Les offres de dernière minute permettent aux entreprises d’écouler les invendus. Mais le phénomène gagne en popularité et occupe une place grandissante dans le marché du voyage. Les agences en ligne comme Expedia ont leur section «dernière minute», tout comme certains hôtels et certaines compagnies aériennes. Les agences «opaques», comme Priceline et Hotwire, qui ne divulguent le nom du fournisseur qu’une fois la transaction complétée, favorisent aussi les ventes de dernière minute et ont beaucoup de succès. L’agence Lastminute.com, quant à elle, offre désormais des forfaits de dernière… seconde!

On peut aussi se demander si les comportements de réservation des voyageurs plus jeunes, comme ceux des générations X et Y, à la recherche de liberté et plus restreints dans le temps que les baby-boomers en fin de carrière ou à la retraite, y sont pour quelque chose. C’est, du moins, ce que suppose Dori Saltzman de Travel Market Report.com.

Des Américains et des Français à la dernière minute

Selon une enquête de PhoCusWright, le quart des voyageurs américains a réservé 2 semaines ou moins à l’avance leur plus récent voyage aux États-Unis, 12% à moins de 7 jours du départ. Dans le cas des séjours à l’international, 29% ont acheté leur voyage moins d’un mois à l’avance, dont 20% à moins de 2 semaines précédant la date de départ (graphique 1).

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Les voyageurs français ont une propension encore plus forte que les Américains à réserver à la dernière minute (graphique 2). En effet, 23% ont acheté leur dernier voyage en France moins d’une semaine à l’avance; cette proportion est de 12% pour les voyages en dehors de l’Europe. Près de la moitié (44%) a planifié son dernier séjour à l’international moins d’un mois à l’avance.

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Des achats impulsifs

Une étude de Ypartnership-Harrison Group 2010 révèle des faits étonnants sur le phénomène. Elle porte plus particulièrement sur les ventes-éclairs (flash-sales) envoyées par courriel non sollicité. Il s’agit d’offres promotionnelles de dernière minute proposées par les fournisseurs de services touristiques pour écouler leur inventaire. Les résultats de l’enquête sont plutôt surprenants. En effet, un internaute sur sept ayant reçu ce type de courriel aurait procédé à l’achat du service offert! Près de la moitié (47%) de ces acheteurs s’est déjà laissé tenter par des billets d’avion, la même proportion a succombé à des nuitées en hébergement, 38% pour des forfaits de vacances et 21% pour des croisières!

La dernière crise économique a largement renforcé ce comportement d’achat de dernière minute. Skyscanner, un site de comparaison des prix, observe des changements significatifs dans la façon de réserver les billets d’avion depuis 2008. En examinant trois routes (ou vols) très populaires au Royaume-Uni, Skyscanner enregistrait en 2008 des achats réalisés en moyenne 146 jours à l’avance alors qu’en 2009, ce nombre a chuté à 34 jours. Ironiquement, bien que ces consommateurs agissent ainsi par prudence, ils auraient probablement payé moins cher leurs billets d’avion s’ils les avaient achetés à l’avance… Et c’est sûrement là une des avenues de sensibilisation à emprunter pour redresser la situation.

Favoriser les achats de «première minute»

Inciter à acheter à l’avance en offrant des rabais demeure la stratégie la plus courante pour élargir son calendrier de réservations. Selon Patrick Landman, de Xotels, une entreprise spécialisée en gestion hôtelière, les clients particulièrement influencés par le prix sont prêts à réserver à l’avance si on leur offre une aubaine pour une date qui sort du cadre de référence. En attendant que les clients moins influencés par le prix manifestent leur intérêt, une entreprise touristique aura déjà réalisé une bonne base de réservation. Nombre d’hôtels et de compagnies de croisières jouent cette carte. Quant aux hôteliers, certains proposent aux consommateurs de réserver avant un certain nombre de jours pour bénéficier d’un rabais de 5, 10, 15 ou même 35%. Le recours au revenue management (lire: Le «Revenue Management» pour les hôteliers indépendants) s’avère ici un exercice nécessaire. Des compagnies de croisière et des voyagistes comme Transat ont aussi développé des offres avantageuses pour les «lève-tôt».

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Source: www.carnival.com

Les différentes formules d’abonnement de saison favorisent grandement les secteurs du ski ou encore celui des parcs à thème, puisqu’elles permettent aux entreprises de s’assurer un revenu minimal. Ces abonnements à prix réduit lorsqu’ils sont achetés avant une date donnée remportent beaucoup de succès et ont inspiré les parcs d’attractions et aquatiques ou encore les jardins zoologiques.

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Source: www.laronde.com

Récompenser les consommateurs prévoyants

Quoi qu’il en soit, les ventes de dernière minute occuperont toujours une place sur le marché, mais idéalement, elles devraient redevenir une option marginale ou de dernier recours. Le prix est un outil de vente, il permet de segmenter et de cibler différents marchés. Les clients influencés par le prix sont plutôt indifférents à réserver tôt. À force de récompenser les consommateurs prévoyants, une tendance vers les achats de «première minute» pourrait rétablir l’équilibre.

Source:

– Cloutier, Jean-François. «Transat change sa stratégie de prix», Argent, 24 septembre 2010.

– Landman, Patrick. «Managing Price Sensitivity in Hotels: Lastminute Deals vs. Early Bird Offers», 4Hoteliers, 28 octobre 2010.

– Mourier, Jean-François. «Secrets for making the most out of the new last-minute booking trend», Eyefortravel, 27 septembre 2010.

– Rheem, Carroll et Cathy Schetzina. «Destination Unknown: How U.S. and European Travelers Decide Where to Go», PhoCusWright, 5 octobre 2010.

– Saltzman, Dori. «Tour Trends: The Younger They Are, The Later They Book», Travel Market Report.com, 13 mai 2010.

– Skyscanner. « Skyscanner has reported a significant change in the way people are booking flights since the global downturn began», 2 février 2010.

– Yesawich, Peter. «At The Last Minute…», Ypartnership, 29 octobre 2010.

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Malaise au service à la clientèle…

«Ça sera pas long ma p’tite madame», « (…) tu vas payer ça au comptoir, en sortant», «J’peux rien faire pour vous aider, merci, au revoir.» On a tous déjà vécu de mauvaises expériences de service à la clientèle. Parfois, ce sont des histoires d’horreur, d’autres fois, ce n’est pas grand-chose, mais la qualité de l’expérience en est affectée. Le professionnalisme est souvent le grand absent dans un mauvais service. Et le danger réside dans le fait que la plupart des personnes insatisfaites ne se plaindront pas, mais se feront un plaisir de raconter leur histoire dans leur entourage et ne reviendront probablement jamais. Un bon service à la clientèle est donc essentiel. Alors comment sensibiliser ses employés à donner un service professionnel? Voici quelques pistes.

N’essayez pas ça… dans votre entreprise!

Dans un petit restaurant de type bistro, des clients sont attablés et profitent calmement de leur repas. Une dame entre, commande un café pour emporter et pose quelques questions, puis elle quitte le restaurant. L’employé, en s’adressant à un collègue, se met à imiter la dame en ridiculisant ses propos devant les autres clients. Personne ne rit, le silence s’installe.

Un homme se présente au comptoir d’une entreprise de location de voitures. L’employée semble désorganisée, cherche des documents en faisant des allers et retours du bureau au comptoir, tarde à récupérer des fichiers dans l’ordinateur, etc. À quelques reprises, pour excuser le service plutôt brouillon, elle mentionne au client que tout cela résulte de l’incompétence d’une ex-employée, ainsi que du mauvais traitement du patron et de l’entreprise en général à l’égard de son personnel.

Sentez-vous le malaise? Ces deux situations sont embarrassantes et ne devraient pas se produire. Personne n’y gagne, ni l’employé, ni l’entreprise et surtout pas le client.

S’inspirer du pire pour devenir meilleur

Selon Ron Kaufman, expert en service à la clientèle, une façon efficace de sensibiliser les employés consiste en un exercice d’analyse des exemples de mauvais service à la clientèle. Pour ce faire, il propose un modèle à six niveaux (voir l’illustration ci-dessous). D’abord, il y a le service «criminel», soit celui qui est si mauvais qu’il est en deçà du minimum requis. Puis le service «de base», ensuite le service «espéré», «désiré», «surprenant» et enfin, le service «incroyable».

Il utilise l’exemple d’un trajet en taxi pour illustrer ces niveaux. Le chauffeur de taxi offrant un service «criminel» conduit une voiture sale, fait des détours, impose un tarif excessif et n’aide pas le client avec sa lourde valise. Le service de base consisterait à mener le client à bon port, mais avec une radio trop forte, sans aucun effort pour emprunter des raccourcis. On peut poursuivre cette ascension jusqu’au service incroyable, qui se traduit par une expérience des plus agréables dans un taxi confortable offrant divers magazines au client, le choix de la musique, de l’eau fraîche, un trajet rapide mais sécuritaire et bien sûr, de l’aide pour les bagages.

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L’exercice avec les employés consiste donc à leur présenter des exemples de services (externes à l’entreprise), de leur demander de les situer dans l’échelle, puis de faire ressortir ce qui ne va pas et ce qui permettrait de les faire grimper dans la liste pour atteindre l’ultime «incroyable». Par la suite, les employés peuvent tenter d’analyser leur propre service. Cet exercice peut donner lieu à des séances de remue-méninges très créatives!

Dix choses à ne pas faire

Meredith Estep, auteure et vice-présidente de Client Services chez Unitiv, une entreprise qui offre des solutions en technologie de l’information et de la communication, détermine dix caractéristiques types de mauvais service à la clientèle. Comme elle le souligne, cette liste peut circuler dans les équipes de travail à titre de rappel de comportements à éviter, que l’on adopte parfois de façon non intentionnelle.

  1. Omettre de saluer ou d’accueillir un client qui entre dans l’établissement. Personne ne souhaite être traité avec indifférence. Le client doit sentir que l’on est sensible à son intérêt pour l’établissement.
  2. Raccrocher la ligne au nez d’un client. Même si le client est en colère, il est préférable d’attendre qu’il ait pu évacuer son mécontentement, sans le contredire, pour ensuite discuter avec lui de façon plus rationnelle. Si la situation s’avère trop intense, le gérant doit prendre le relais de la conversation.
  3. Manger devant des clients. La nourriture doit demeurer dans la salle des employés, que ce soit un repas ou une collation. On évite ainsi de parler la bouche pleine ou de salir des documents que l’on remet au client.
  4. Mettre un client en attente au téléphone sans d’abord le mentionner. Il faut d’abord l’aviser, par politesse. Le client sera aussi moins porté à raccrocher par frustration.
  5. Éviter le contact des yeux. Le contact des yeux en dit long sur l’attention portée par l’interlocuteur. En évitant ce contact, l’employé donne l’impression qu’il s’intéresse peu ou pas au client.
  6. Socialiser avec d’autres employés en présence de clients. Les conversations personnelles entre employés doivent rester entre employés. Les clients ne sont pas intéressés par leurs projets des employés pour le week-end.
  7. Délaisser les formules de politesse de base. «S’il vous plaît» et «merci» sont trop souvent sous-utilisés. Le vouvoiement est de mise! La courtoisie est nécessaire pour qu’un service soit qualifié de professionnel.
  8. Crier contre un client. Il est préférable de laisser d’abord le client exprimer sa plainte, puis de noter ses frustrations calmement et de façon rationnelle, tout en faisant preuve d’empathie.
  9. Utiliser le jargon de l’industrie dans les échanges avec les clients. L’emploi d’un langage connu du client s’avère essentiel; les termes techniques sont utiles entre collègues.
  10. Se plaindre de l’entreprise aux clients. Un tel comportement est totalement inapproprié et est très nuisible à l’établissement.

Il s’agit là de gros bon sens. Pourtant, ces situations sont extrêmement fréquentes. Parfois, un petit rappel des règles de base permet de remettre les pendules à l’heure.

L’industrie de l’accueil

Choisir ses employés de façon rigoureuse, assigner les bonnes personnes aux bons endroits, offrir des formations adaptées, motiver ses troupes, souligner les bons coups, bref gérer adéquatement ses ressources humaines favorise très certainement l’offre d’un bon service. Dans un contexte où les difficultés de recrutement perdurent, la tâche n’est pas simple. Mais ne sous-estimons pas l’importance d’un accueil professionnel. L’industrie touristique en est une de l’accueil, après tout!

Sources:

– Burgin, Ken. «Using “criminally bad service” examples to Improve Performance», Hotel News Resource.com, 24 novembre 2009.

– Dogor Di Nuzzo, Béatrice. «L’accueil: un métier – Application au tourisme et à l’hôtellerie», Éditions EMS, 2009.

– Estep, Meredith. «10 Characteristics of Bad Customer Service», 4Hoteliers, 30 juillet 2010.

– Homer, Jill. «Customer Service: Tips for Curing Bad Customer Service», Customer Service Point.

Sites Internet:

Ron Kaufman

Unitiv

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Ressources humaines

«Multigénératio-culturel»: la main-d’œuvre de demain!

La notion de diversité en ressources humaines devient de plus en plus complexe. L’âge, le sexe, la culture, la religion… les différences fondamentales entre les membres d’une même équipe sont nombreuses. Mais des aînés actifs et un taux élevé d’immigration pourraient bien pallier, en partie, les difficultés de recrutement. Ainsi, des équipes de travail multigénérationnelles et plus cosmopolites seront davantage représentées dans les entreprises dynamiques et proactives. La diversité de la main-d’œuvre implique aussi d’adapter son style de gestion. Voici quelques pistes pour assurer l’harmonie et rendre l’entreprise plus performante grâce à une main-d’œuvre multigénérationnelle et multiethnique.

Cinq générations au travail!

Selon l’Organisation mondiale de la santé, les hommes et les femmes en santé à 60 ans seront physiquement en mesure de travailler jusqu’à 74 et 77 ans en moyenne respectivement! D’ailleurs, depuis 2001, l’âge moyen de la retraite grimpe. À cette tendance s’ajoutent celle du retour au travail après la retraite et celle de la multiplication des emplois de transition, avant la retraite définitive. Ainsi, cinq générations se côtoient au travail − les années de naissance sont approximatives:

  • Seniors – nés avant 1946
  • Baby-boomers – de 1947 à 1964
  • Génération X – de 1965 à 1980
  • Génération Y – de 1981 à 1990
  • Génération C – nés après 1990

Pour connaître le profil de chacune de ces générations, lire:

Seniors, baby-boomers, générations X et Y – des clients mais aussi des employés

Qui sont ces C?

Comment tirer le meilleur de tous ces âges?

D’abord, il importe de bien connaître le profil des différents groupes d’âge qui se côtoient et de miser sur les forces de chacun afin de créer une synergie. Dans son guide «Offrir des emplois en tourisme aux retraités», le Conseil québécois des ressources humaines en tourisme propose quelques idées pour une cohabitation harmonieuse.

  • Pratiquer la tolérance zéro pour le manque de respect. Il faut parfois énoncer clairement les comportements respectueux attendus.
  • Multiplier les occasions d’échanges sur les façons d’améliorer le travail.
  • Favoriser les transferts de savoir.
  • Permettre aux employés de répartir eux-mêmes les tâches selon les forces de chacun.
  • Préserver un bon climat de travail. Tout le monde souhaite avoir du plaisir en travaillant!

Cas par cas

L’auteure Tania Saba, professeure titulaire à l’École de relations industrielles de l’Université de Montréal, émet toutefois une mise en garde quant aux stéréotypes associés à chacune des générations. Chaque individu est différent et possède ses valeurs propres. La segmentation permet, très certainement, de comprendre la «culture» de ces groupes d’âge et la dynamique générale entre chacun. Toutefois, les enquêtes menées par l’équipe de Tania Saba montrent que certaines attentes des travailleurs, comme la reconnaissance, la stabilité d’emploi et l’autonomie au travail, sont d’importance équivalente d’une génération à l’autre. Les besoins en flexibilité, par exemple, sont très présents dans tous les groupes d’âge mais pour des raisons différentes – étudier, s’occuper de jeunes enfants, d’adolescents ou encore de parents malades. Comme elle le précise: «Les bonnes pratiques étendues à l’ensemble des employés évitent le risque de rompre l’équité dans le traitement des individus et nivellent les différences attribuables à la diversité d’âge des employés.»

Les rôtisseries St-Hubert ont bien saisi cette problématique et l’illustrent parfaitement par leur stratégie de recrutement. Sous l’onglet Emploi/carrière du site Web de l’entreprise, des témoignages d’employés aux attentes et aux besoins très diversifiés sont présentés (voir image ci-dessous; pour écouter les témoignages, cliquez sur la source).

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Source: St-Hubert

Ouvrir nos horizons

En raison d’un taux élevé d’immigration, la main-d’œuvre au Canada possède des compétences, des connaissances et des talents des plus diversifiés. Ces employés potentiels représentent environ 9% de la population québécoise. Les organismes publics, notamment, ont élaboré des programmes d’accès à l’égalité en emploi. Ces programmes incluent des mesures de discrimination positive qui visent à favoriser l’embauche de certaines personnes appartenant à des groupes souvent victimes de discrimination, dont les minorités visibles.

À part pour se conformer à des programmes d’équité, les entreprises touristiques québécoises ont tout intérêt à ouvrir leurs portes à ces gens, et ce, pour plusieurs raisons, dont:

  • remédier en partie au problème de la pénurie de main-d’œuvre;
  • permettre d’obtenir un avantage stratégique et concurrentiel, notamment par la créativité et l’innovation qu’apporte une équipe multiculturelle;
  • mieux répondre aux besoins de la clientèle, elle-même diversifiée, particulièrement en tourisme;
  • acquérir une réputation d’ouverture et de diversité.

Un gestionnaire bien outillé

Dans un article, Denise Fortier de la Williams School of Business de l’Université Bishop’s suggère au gestionnaire de se doter de «compétences multiculturelles». Le tableau suivant donne les grandes lignes de son modèle.

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Source: Fortier, Denise. «De quelles compétences multiculturelles les gestionnaires ont-ils besoin?», Gestion, vol. 34, n° 3.

L’inclusion plutôt que la tolérance

Pour la sixième année consécutive, la chaîne Marriott figure parmi les 40 «best companies for diversity» du magazine Black Enterprise. Plutôt que d’adopter une politique de «tolérance», la chaîne Marriott prône «l’inclusion». Il s’agit d’optimiser la diversité en s’assurant que chaque individu se sente valorisé et respecté pour ce qu’il a d’unique. Par cette stratégie, qui s’applique aux employés mais aussi aux fournisseurs, aux propriétaires d’établissement et, bien sûr, aux clients, les dirigeants de Marriott croient pouvoir améliorer le service à la clientèle, créer de nouveaux produits et services, rehausser la satisfaction de la clientèle et favoriser sa fidélisation. Des partenariats avec des fournisseurs autochtones, des cours de langue, des programmes de formation… plusieurs initiatives ont vu le jour.

La diversité prend de nombreuses formes; celles-ci sont appelées à se multiplier avec le temps. Certains gestionnaires voient cette diversité comme une contrainte, d’autres la considèrent comme un avantage dont il est important de se préoccuper. La gestion de la diversité n’est pas simple, certes. Mais les efforts en valent certainement la peine et deviendront plus tard un gage de succès.

Sources:

– Cimini, Marla. «Inclusion is key to success», Lodging Magazine, octobre 2009.

– Conseil québécois des ressources humaines en tourisme. «Offrir des emplois en tourisme aux retraités».

– Fortier, Denise. «De quelles compétences multiculturelles les gestionnaires ont-ils besoin?», Gestion, volume 34, numéro 3, automne 2009.

– Humes, James. «The Art of communication is the language of leadership», Kwintessential, consulté le 15 octobre 2010.

– Meister, Jeanne C. et Karie Willyerd. «Are You Ready to Manage Five Generations of Workors?», Harvard Business Review, 16 octobre 2009.

– Petit, Parie-Pier. «Comment se doter d’une main-d’œuvre culturellement diversifiée?», Gestion, volume 34, numéro 3, automne 2009.

– Saba, Tania. «Les différences intergénérationnelles au travail», Gestion, volume 34, numéro 3, automne 2009.

Sites Internet:

Marriott

St-Hubert

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Le phénomène low cost: le concept de bas prix, mais pas à n’importe quel prix!

Il y a à peine plus d’une décennie, on observait le phénomène low cost avec beaucoup de scepticisme et d’ironie dans le secteur aérien. Voilà que maintenant il occupe une part de marché grandissante dans de multiples secteurs d’activité. Mais pour s’y engager, il ne s’agit pas simplement de réduire ses prix. Ce concept correspond avant tout à un modèle d’affaires. Et même si le critère prix est une priorité pour le consommateur, il ne l’est pas à n’importe quel prix! On doit ainsi offrir un produit de qualité pour y faire sa place. Et si les hôtels s’appropriaient le concept à leur avantage?

Petit retour sur le concept de l’entreprise low cost

Traduit à tort par «entreprise à bas prix», même si la résultante s’avère exacte, il existe toute une structure d’entreprise derrière ce concept. David Targy, dans son article de la revue Espaces, le résume bien: il est fondé sur la compression des frais d’exploitation, l’élimination d’intermédiaires et la simplification des produits. (Lire aussi: Le concept de bas prix, il faut avoir les moyens de se le permettre)

Ode à ce concept

Il répond efficacement aux besoins de base; sans frivolité, il va à l’essentiel.

Il plaît au voyageur hybride qui réduit ses dépenses sur certaines prestations pour s’offrir du luxe.

Il convient grandement aux restrictions budgétaires des entreprises.

Il ajoute de la latitude au budget discrétionnaire du voyageur et lui permet aussi de partir plus souvent.

Il ne remet pas en cause la qualité du produit, il le fait bien et simplement.

Il offre un choix intelligent au voyageur avisé et ne l’oblige pas à payer pour des services qu’il n’utilise pas.

Il rassure le consommateur perdu dans l’escalade des services offerts et fait un contrepoids à la surenchère du marché.

Il bataille sur le terrain des grands et donne du fil à retordre aux concurrents qui n’ont aucune valeur ajoutée, ou qui ne respectent pas leurs promesses.

Il élargit le bassin de clients potentiels à ceux dont le budget est serré.

L’engouement est indéniable

Même si à l’origine on les affublait de qualificatifs peu flatteurs et qu’ils étaient le sujet de moqueries, notamment en matière de sécurité, force est de constater que les transporteurs aériens low cost ont bouleversé l’industrie aérienne.

En Europe, Ryanair a transporté 58,6 millions de passagers en 2009, soit une augmentation de 15% par rapport à l’année précédente. L’Eurocontrol, organisme européen chargé de superviser le contrôle aérien, prévoit que les transporteurs low cost pourraient accaparer 50% du trafic intra-européen en 2013, contre 35% aujourd’hui. Selon Euromonitor, au Canada, ce type de compagnie devrait connaître un taux de croissance annuel d’environ 11% d’ici 2014, et atteindre près de 4 milliards CAD de recettes.

Qualité, satisfaction et bas prix sont compatibles

Un sondage tenu auprès de 12 300 passagers ayant voyagé avec un grand transporteur en Amérique du Nord entre avril 2009 et avril 2010 a permis de mesurer leur taux de satisfaction à l’égard de ces compagnies. Les compagnies aériennes à bas coûts surpassent les transporteurs réguliers, comme en font foi les résultats du tableau suivant.

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Un prix bas ne signifie pas de rogner sur la qualité. À l’ère de la transparence, un produit ou un service de mauvaise qualité ne fera pas long feu.

Il s’agit plutôt de la promesse d’offrir l’essentiel au juste prix. Un brin de créativité pour couper les coûts, un accueil chaleureux, un service irréprochable, jouer sur l’émotion du client peuvent faire toute une différence.

En lançant sa bannière Formule 1 en 1985 en Europe, le groupe Accor a contribué à créer le modèle low cost dans l’hôtellerie. Avec HotelF1, Accor nous présente la nouvelle génération de ce type d’hébergement. Il rénove progressivement tous ses Formule1 pour les présenter sous cette nouvelle bannière, tout en respectant son principe d’hôtel standardisé et homogène et ses exigences fondamentales : la propreté et la qualité. Il augmente la présence du personnel d’accueil, offre deux configurations de chambres et mise grandement sur la polyvalence de son personnel pour assurer le service (réservation des chambres, accueil des clients, service du petit déjeuner, etc.). Et paradoxalement, il diminue ses prix.

Un contexte qui légitime l’essor de ce modèle d’affaires

La morosité économique qui prévaut actuellement et les citoyens davantage sensibilisés à l’environnement et aux effets néfastes de la surconsommation (surendettement, pollution, etc.) ébranlent les fondements mêmes de la consommation. Le consommateur se recentre sur des valeurs essentielles et devient un acheteur avisé et responsable. Avec un pouvoir d’achat malmené, le prix occupe le premier rang des critères de choix et l’éventail de services offerts paraît superflu, ce qui a tout lieu d’ébranler les entreprises qui doivent revenir à l’essentiel.

Est-ce que ce changement de mentalité attribuable à la crise actuelle n’est que conjoncturel, ou s’il induira des transformations structurelles dans les modes de consommation?

L’ambiguïté des étoiles associées aux services

Dans l’hébergement, on assiste à une surenchère de services pour se démarquer. Et si le contraire était aussi vrai? Pourquoi ne pas remettre les établissements un ou deux étoiles au goût du jour?

Un établissement un ou deux étoiles n’est pas synonyme d’un motel qui sent l’humidité. Pas de service aux chambres, de restaurant dans l’établissement, de centre d’entraînement ou de journal à la porte le matin. À la place, on donne avec gentillesse au client les meilleures adresses du coin et on lui fournit un accès Internet sans fil.

Depuis trois ans, les hôtels Tune offrent un produit de base de grande qualité – bien localisé, lit confortable, douche puissante, environnement propre et sécuritaire – et les clients paient pour les services supplémentaires qu’ils souhaitent utiliser.

Il y a sûrement d’autres produits et services qui mériteraient qu’on explore le concept low cost

Sources:

– Carey, Susan. «Discount Airlines Score Best in Survey», The Wall Street Journal.com, 9 juin 2010.

– Espaces Tourisme et Loisirs. «Low cost et tourisme», no 282, juin 2010.

  • Combe, Emmanuel. «Le modèle low cost, révélateur de valeur ajoutée», p. 23.
  • Neuvy, Flavien. «L’achat low cost, un phénomène durable», p. 17.
  • Soleilhavoup, Karim. «HotelF1 réinvente l’hôtellerie low cost», p. 40.
  • Targy, David. «L’achat low cost, un mode de consommation alternative?», p. 20.
  • Treguer, Jean-Paul. «Le low cost, c’est “tendance”», p. 12.

– Euromonitor International. «Transportation – Canada», Country Sector Briefing, mars 2010.

– Hotel News Resource. «New Central London Low-Cost Hotel Promises 5 Star Beds at 1 Star…», 2 septembre 2010.

– Ryanair. «Annual Report 2009».

– Scemama, Corinne. «Les coûts volent bas», L’Express, 25 février 2010.

– Von Dörnberg, Adrian. «The global phenomenon of “low cost” carrier growth», Trends and Issues in Global Tourism 2007, Springer, 2007, Part 2, p. 53-60.

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Gestion Marketing

Facteurs de succès d’un DMO et d’une destination

Est-ce qu’un DMO – Destination management organisation – qui réussit bien détermine assurément le succès de la destination? Et est-ce qu’une destination qui a du succès implique nécessairement un DMO performant? Des chercheurs se sont penchés sur les facteurs de succès – communs et divergents – de ces deux concepts. Il ressort de cela que certains atouts, comme les capacités relationnelles des dirigeants et la force des actions marketing, s’avèrent particulièrement importants.

Méthodologie de recherche

L’étude réalisée par les chercheurs Bornhorst, Ritchie et Sheeman, publiée dans la revue Tourism Management, examine les facteurs de succès d’une destination et d’un DMO selon le point de vue de ses principaux intervenants. La revue de littérature rappelle qu’un DMO est l’organisation qui assure le leadership et la coordination auprès des intervenants d’une destination. Le DMO gère aussi la complexité du système touristique.

Des entrevues ouvertes ont été réalisées auprès de 84 répondants provenant de 25 destinations canadiennes. Pour se qualifier, un intervenant devait avoir une bonne connaissance du rôle du DMO dans sa destination.
Les intervenants interrogés peuvent être regroupés en quatre catégories:

  • gestionnaires d’attraits touristiques ou d’événements accueillant des touristes;
  • intervenants politiques, principalement au niveau municipal, participant à l’élaboration de stratégies touristiques;
  • gestionnaires hôteliers membres du DMO;
  • administrateurs liés au DMO (directeur de centre de congrès, président de chambre de commerce, directeur opérationnel ou président d’un DMO).

Plus de la moitié des répondants provenaient des provinces de l’Ouest, 30% du Québec et de l’Ontario et 19% des provinces maritimes.

Les déterminants du succès d’une destination

Les entrevues effectuées auprès des gestionnaires canadiens ont permis de dégager cinq principaux facteurs du succès d’une destination.

  • Les variables qui témoignent du succès économique (le nombre et la croissance des visiteurs, ainsi que les principaux ratios hôteliers).
  • L’efficacité du marketing (la force de l’image, le niveau de notoriété) mesurée par divers facteurs comme les sondages de notoriété, la couverture média, etc.
  • L’offre de produits et de services est considérée comme un critère d’importance pouvant attirer des visiteurs. Plusieurs répondants croient qu’une destination doit offrir un large éventail d’activités orientées vers les préférences de ses marchés cibles.
  • La qualité de l’expérience, se mesurant entre autres par les visites répétitives, le bouche à oreille et le rapport qualité/prix.
  • Le soutien et l’accueil par la communauté, ainsi que les interactions entre les visiteurs et la population locale.

Les graphiques 1 et 2 doivent être analysés avec prudence, puisqu’il s’agit d’informations qualitatives; non seulement l’échantillon n’est pas suffisamment important pour assurer une validité statistique, mais aussi les réponses proviennent d’entretiens ouverts, où les éléments de la discussion ont été classés sous quelques thématiques.

Malgré tout, on remarque que les trois premiers facteurs revêtent une importance plutôt semblable, si l’on ne considère que la moyenne des intervenants. Des particularités ressortent lorsqu’on observe les réponses en fonction des différents rôles. Par exemple, les gestionnaires d’attraits touristiques accordent plus d’importance aux activités marketing que les autres répondants. De leur côté, les présidents de DMO sont les plus sensibles à l’offre de produits et services ainsi qu’à l’expérience du visiteur.

Les déterminants du succès d’un DMO

Les intervenants devaient également exprimer ce qui caractérise un DMO performant.

  • Les habiletés relationnelles: interagir efficacement avec les parties prenantes est un élément considéré comme important pour son succès. Plus un DMO réussit à rassembler ses membres autour d’une vision et d’objectifs communs, plus ses stratégies marketing seront fortes et génératrices de revenus. À cet effet, les gestionnaires d’attraits et d’événements ont manifesté leur frustration et se sentent souvent sous-représentés.
  • Les activités opérationnelles: principalement le marketing (73%), la gestion et, dans une moindre mesure, le développement de l’offre.
  • Le financement et le leadership du DMO: habileté politique, aptitude visionnaire et dynamisme.
  • Une mesure de la performance efficace: tant en termes de visiteurs que de retour sur investissement des actions entreprises.

Les mêmes considérations méthodologiques s’appliquent au graphique 2. Dans le cas du succès d’un DMO, tous les types de répondants s’entendent sur l’importance des activités opérationnelles. Pour les autres facteurs, les opinions sont davantage partagées.

Les observations des chercheurs

Ces facteurs de réussite sont parfois des atouts de la destination, alors que d’autres concernent les processus. Certains sont propres à la destination comme l’offre de produits et de services, la localisation et l’accessibilité, la qualité de l’expérience client et l’accueil de la communauté. En fait, il s’agit d’attributs tangibles ou intangibles. Uniques au succès d’un DMO, notons les relations avec les membres, une gestion efficace, le financement et les qualités des dirigeants. En d’autres termes, l’efficience organisationnelle. Quant aux relations avec la communauté, le marketing et les indicateurs de performance, ils déterminent autant le succès de la destination que celui du DMO.

Parmi les principales constatations de cette recherche, mentionnons l’importance accordée à la gestion des relations au sein d’une destination par le DMO, tant auprès des fournisseurs de services que des résidents et des acteurs politiques. Les capacités relationnelles des dirigeants et les apports qu’ils peuvent générer (le financement, par exemple) sont vitaux à l’organisation. Sans l’assentiment des intervenants concernés, des fonctions comme le marketing ne connaîtront pas le succès. Les répondants s’accordent pour reconnaître la nature dynamique et complexe du système touristique.

Cette étude permet l’identification des facteurs de succès et de leur importance auprès des intervenants de l’industrie touristique. Chaque organisation de gestion de la destination peut ainsi accomplir un exercice comparable et déterminer des outils de mesure pour chacun de ces aspects.

Source:
– Bornhorst, Tom, J.R. Brent Ritchie etLorn Sheeman. «Determinants of tourism success for DMOs & destinations: An empirical examination of stakeholders’ perspectives», Tourism Management 31, 2010.

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Marketing

Petit traité de psychologie du consommateur et facteurs d’influence

Influencer la décision d’un consommateur ne relève pas de la chance ou de la magie, c’est scientifique! Le consommateur est un être complexe et imprévisible. Quels stratagèmes utiliser pour tenter d’influencer ses décisions? Quels sont les arguments les plus convaincants?

La nature humaine étant ce qu’elle est…

Le comportement du consommateur est un vaste sujet d’étude. Une multitude de facteurs peuvent influencer le processus décisionnel du consommateur (son âge, sa culture, sa personnalité, son style de vie, son éducation, le type de produit, le prix, la publicité, etc.). Comment raisonne-t-il quand il prend une décision?

La nature humaine étant ainsi faite, le consommateur peut, parfois difficilement, expliquer ses actions de façon consciente ou rationnelle. Il adopte certains comportements innés ou induits par des normes sociales, il prend des raccourcis ou réagit de façon automatique.

Robert B. Cialdini a passé une trentaine d’années à étudier les facteurs influençant le comportement du consommateur alors qu’il était professeur au département de psychologie à l’Arizona State University. Auteur reconnu sur le sujet, Cialdini a déterminé six grands principes qui modèlent le comportement du consommateur.

Les six armes d’influence de Cialdini

La réciprocité – On se sent redevable envers une personne qui nous donne un cadeau, qui nous rend un service ou qui nous porte une attention particulière. Un sentiment de culpabilité s’installe lorsque l’on reçoit et que l’on ne donne rien en retour.

Pour persuader les gens de répondre à un sondage marketing, une note autocollante (post-it) manuscrite a été envoyée avec le sondage à un tiers de l’échantillon, un autre tiers a reçu une note autocollante laissée volontairement en blanc dans le but d’attirer l’attention et le dernier tiers, aucune note. Résultats: le taux de réponse du groupe ayant reçu la note manuscrite a été de 69% – les réponses ont été jugées de meilleure qualité, les gens ayant été sensibles à l’attention qu’on leur avait portée –, celui de la note laissée en blanc, 43%, et l’absence de note, 34%.

La réciprocité explique pourquoi offrir une gratuité, un échantillon, un cadeau, une information privilégiée, une expérience hors du commun, une attention particulière, de l’aide ou encore poser un geste inattendu incite le client, qui se sent redevable, à revenir dans un établissement, à acheter un produit, à donner un meilleur pourboire… C’est donnant, donnant et vous avez avantage à faire les premiers pas.

L’engagement et la cohérence – Engagement rime avec cohérence. Ceci est d’autant plus vrai chez les personnes plus âgées. Une fois qu’une personne s’est engagée, elle reste habituellement cohérente avec son engagement. On peut en tirer profit de multiples façons:

  • en demandant au consommateur, lors d’un concours, de parler d’un produit, de décrire ses qualités, ce qui l’amène en quelque sorte à mieux le découvrir, à renforcer son adhésion au produit et, en se prononçant publiquement, il devient difficile pour lui de faire marche arrière;
  • avec la tactique du pied dans la porte, on demande un petit engagement pour finalement en demander un plus grand;
  • en trouvant l’argument qui supprimera toute hésitation chez le consommateur, car ce dernier est plus enclin à s’engager lorsqu’on énonce des valeurs auxquelles il adhère.

La norme sociale – Norme sociale et similarité font la paire. Si tout le monde le fait… Dans des cas d’incertitude, de situation confuse ou ambiguë, le consommateur s’en remet aux autres pour savoir quelle conduite adopter, pour prendre une décision ou pour juger si un comportement est acceptable ou non. Ceci est d’autant plus vrai lorsque le consommateur s’identifie à un groupe d’individus, se reconnaît en eux. En suivant les autres, cela lui permet d’agir avec assurance et tranquillité sans avoir à peser tous les avantages et les inconvénients de sa décision. C’est pourquoi le témoignage de clients satisfaits démontre au consommateur que des gens comme lui ont aimé le produit ou le service, ce qui le rassurera et l’incitera à faire de même. Pour jouer la carte de la similarité, l’entreprise peut tenter de cibler quelques membres clés pour qu’à leur tour, ils influencent leurs proches.

Le barman déposera volontairement la monnaie sur le comptoir, pour indiquer que des clients l’ont déjà fait, ce qui amène subtilement les autres à laisser un pourboire. Une file d’attente est synonyme de popularité et les boîtes de nuit en créent volontairement devant l’entrée pour persuader les gens de leur renommée. De même, un restaurant achalandé est identifié comme étant un bon établissement et attire toujours plus de gens alors qu’inversement, un restaurant désert soulève le doute. Les publicités où l’on affiche «Ventes record», «2000 clients l’ont essayé» ou dire qu’un voyage se vend très bien s’appuient sur ce principe.

La sympathie – Avoir un penchant pour… Une personne que l’on apprécie, que l’on respecte, à laquelle on s’identifie, avec qui l’on a quelque chose en commun ou avec qui il s’établit une connivence aura un plus grand effet de persuasion sur nous. En effet, le consommateur est plus vulnérable devant les personnes qui lui sont sympathiques ou qui sont physiquement attrayantes. Si en plus elles le complimentent, alors là, c’est gagné d’avance!

Même nom, même lieu de naissance, mêmes goûts, même tenue vestimentaire… L’envoi d’un sondage signé par une personne portant le même nom ou un nom similaire à la personne sondée a obtenu un plus fort taux de réponse (56%) que les sondages signés avec des noms différents (30%). On essaie alors de bien connaître son public cible, d’accumuler des renseignements sur les clients et on recherche des affinités avec eux.

L’autorité – Un titre, un diplôme, un uniforme, un expert, un leader, des accessoires (vêtements griffés, voiture de luxe), un élément qui témoigne de la compétence, de la qualification ou de la connaissance dans un domaine… ces «symboles» guident le consommateur, souvent pris au dépourvu. En général, il respecte l’autorité et il s’en remet à l’avis des experts.

La rareté – Selon la théorie économique de l’offre et de la demande, si un produit est rare, il a d’autant plus de valeur aux yeux du consommateur. En outre, la notion de compétition pour obtenir un produit exacerbe le désir de l’acquérir.

Si votre offre est vraiment unique, il faut mettre l’accent sur ses caractéristiques uniques pour accroître la perception de rareté. Des expressions qui laissent entrevoir une perte potentielle pour le consommateur telles que «ne manquez pas la chance de», «voici ce que vous manquerez», «l’offre se termine le», «quantité limitée» sont généralement efficaces.

Cialdini souligne toutefois qu’il ne faut surtout pas utiliser ces stratégies pour berner le consommateur car, à long terme, cela est nocif pour l’entreprise. Il propose de tirer profit de ces comportements dans l’optique d’une utilisation positive.

À venir, quelques études de cas assez révélatrices qui viennent appuyer certains de ces principes.

Sources:

Bigthink.com – Robert Cialdini.

– Cialdini, Robert. «Descriptive Social Norms as Underappreciated Sources of Social Control», Psychometrika, vol. 72, no 2, juin 2007, p. 263-268.

– Garner, Randy. «Post-It©Note Persuasion: A Sticky Influence», Journal of Consumer Psychology, vol. 15, no 3, 2005, p. 230-237.

– Goldstein, Noah J., Robert B. Cialdini et Vladas Griskevicius. «A Room with a Viewpoint: Using Social Norms to Motivate Environmental Conservation in Hotels», Journal of Consumer Research, vol. 35, août 2008.

– Goldstein, Noah J., Steve J. Martin et Robert B. Cialdini. «Yes!: 50 Scientifically Proven Ways to Be Persuasive», Free Press, 2008.

– Marketingsherpa.com. «Six Scientifically Proven Ways to Succeed in Office Politics», 12 janvier 2010.

– Perner, Lars. «Consumer Behavior: The Psychology of Marketing», University of Southern California.

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Hébergement

Capsule – Service aux chambres si désiré

Est-il nécessaire de nettoyer la chambre quotidiennement, surtout si les clients souhaitent réutiliser leurs serviettes, ne pas faire changer leurs draps et que le savon est presque intact? Plusieurs voyageurs constatent le ridicule de la situation, tandis que d’autres souhaitent une chambre impeccable. Alors pourquoi ne pas leur donner le choix du type de service? Cette proposition devient d’autant plus alléchante lorsqu’elle s’allie à une promotion.

La chaîne hôtelière Best Western l’a compris. Elle demande à ses clients quel type de service ils préfèrent: aucun service, service réduit (serviettes, poubelles et balayeuse) ou service complet. Le client n’a qu’à accrocher une carte à la poignée de la chambre indiquant sa préférence et l’heure à laquelle il souhaite obtenir le service. Depuis son lancement l’an dernier, environ 40% de la clientèle a choisi les deux premières options.

Le Marmara Manhattan Hotel à New York offre, quant à lui, une tarification «verte» à ceux qui ont réservé trois nuits ou plus: une réduction de 20$ par jour si le client n’utilise pas les services de la femme de chambre pendant trois jours.

Par cette initiative, on fait d’une pierre quatre coups: on réduit les dépenses, on protège l’environnement, on offre une promotion attrayante au client pour qui cela compte et on apporte, en partie, une solution aux problèmes de main-d’œuvre.

Source:

Yu, Roger. «Budget-conscious hotels turn to optional housekeeping», USA TODAY, 23 juin 2010.

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Tourisme durable

L’économie sociale, un fort potentiel de développement

L’économie sociale? C’est une façon d’«entreprendre autrement». C’est une économie à «valeurs ajoutées», car elle vise autant l’atteinte de la rentabilité sociale qu’économique. On la côtoie au quotidien; elle améliore notre qualité de vie. C’est 7 000 entreprises au Québec, 125 000 emplois et un chiffre d’affaires de 17 milliards CAD, ce qui correspond à 6% du PIB québécois. C’est un modèle qui colle bien à la réalité de l’industrie touristique. Et on n’a pas fini d’en entendre parler!

Les pieds dans la marge

Sans entrer dans toutes les considérations sociales et politiques, certains qualifient l’économie sociale de voie parallèle à l’économie de marché. D’autres la voient comme une tentative de réforme du capitalisme, une remise en cause du système économique classique qui a connu plusieurs ratés récemment, de relais de l’État ou encore de levier de changement.

Un fait est certain: on assiste à la reconnaissance formelle de l’économie sociale, mais il reste encore beaucoup à faire pour assurer sa consolidation. Des recherches y sont consacrées afin de définir son rôle actuel et potentiel, l’importance des acteurs sociaux et leur contribution au mieux-être de la collectivité.

On n’est jamais mieux servi que par soi-même!

Alors que les pressions sociales obligent les entreprises à intégrer dans leurs pratiques économiques une gestion responsable et durable de leurs activités, ces notions sont l’essence même de l’économie sociale et figurent au cœur de ces organisations.

Ce type d’entreprise émane d’une mobilisation et d’une action collectives pour créer de l’emploi, soutenir le développement d’une région, répondre aux besoins d’une communauté, améliorer la qualité de vie et le bien-être de la population. Tout en incarnant les valeurs auxquelles elle croit, l’entreprise sociale s’acquitte d’une double mission: rentabilité économique et sociale. Des profits? Oui, mais des profits qui s’inscrivent dans une logique d’intérêt collectif, dans la conciliation de l’économie et des valeurs humaines. Ce modèle de développement est aussi fondé sur le fonctionnement démocratique et le véritable partenariat entre les acteurs, et sur l’autonomie de gestion par rapport à l’État (définition de l’économie sociale).

Modèles variés et secteurs diversifiés

Sans que nous le sachions, l’économie sociale fait partie de notre quotidien. Elle prend principalement la forme de coopératives, d’organismes à but non lucratif, d’organisations communautaires et bénévoles, de mutuelles et de fondations. Selon le Chantier de l’économie sociale, celle-ci est présente dans une vingtaine de secteurs d’activité économique (p. ex. agroalimentaire, commerce de détail, manufacturier, médias et communication, ressources naturelles, éducation, services aux entreprises).

Le commerce équitable, et du même souffle le tourisme équitable, s’imbriquent aussi dans l’économie sociale. Encore marginaux, certes! Mais qui aurait pensé à l’origine qu’ils connaîtraient une aussi forte croissance et qu’ils établiraient de nouvelles règles de commerce international en marge des canaux et des intermédiaires imposés par les voies normalisées?

Le tourisme y est fortement associé

En raison de la nature des services touristiques comme l’accueil, l’information, la promotion, la formation, l’accessibilité, la qualité des services, la préservation et la mise en valeur du patrimoine culturel et naturel, ce secteur est fortement associé à l’économie sociale. C’est sans compter l’implication des bénévoles et de la population dans les différents services offerts (p. ex. la tenue des événements et des festivals).

Dans le secteur des loisirs et du tourisme en économie sociale, on répertoriait, en juin 2010, 547 organismes répartis dans les domaines suivants: activités récréatives (267), centres de loisirs et sports (79), villégiature et hébergement (132), marinas (14), musées et patrimoine (116), agences de voyages (5) et autres (12).

Viable économiquement

Bien que l’on dénonce trop souvent le fait que l’économie sociale vive aux crochets de l’État, il faut souligner que l’entreprise privée récolte aussi sa part d’aide gouvernementale: subventions de démarrage, de développement, de recherche; subventions salariales et pour la formation; crédits d’impôt; financement à des conditions avantageuses; contrats provenant des gouvernements – l’industrie de l’asphaltage vit presque essentiellement de contrats gouvernementaux. En subventionnant l’entreprise d’économie sociale et en contractant des services avec elle (p. ex. les services de garde – CPE), l’État reconnaît ainsi la pertinence des entreprises collectives dans la structure socioéconomique et leur complémentarité par rapport à sa propre mission.
En général, ce type d’entreprise est rentable, gérée sainement, capable de concurrencer avantageusement le secteur privé avec des produits de qualité, souvent utilisatrice des technologies les plus performantes et implantée aussi bien à la ville qu’en milieu rural.

Apport positif à l’expansion de l’économie sociale, les différentes avenues de financement socialement responsable au Québec se chiffrent en milliards de dollars (lire aussi: Le financement socialement responsable, une avenue à explorer). De son côté, le Chantier d’économie sociale mettait sur pied, en 2006, la Fiducie du Chantier d’économie sociale. Cette fiducie est dotée d’un fonds de 59 millions de dollars et d’objectifs à long terme (15 ans). Depuis, le Chantier a investi une dizaine de millions de dollars pour aider les organismes aux prises avec un financement précaire et agir à titre de complément aux subventions et aux prêts à court ou à moyen terme.

Multiples retombées difficilement chiffrables

Un écueil à la reconnaissance de l’économie sociale: la difficulté à en chiffrer les multiples retombées (revitalisation de territoires, impacts environnementaux positifs, emploi de personnes en difficulté, offre d’un service à un coût abordable pour les personnes à faible revenu, etc.). En effet, les indicateurs économiques et comptables ne mesurent pas l’apport social, culturel et environnemental, tant positif que négatif, des diverses entreprises. Le défi: créer un système d’indicateurs qui comptabilisera ces retombées et où le système économique ne dénaturera pas le mandat des entreprises sociales et en facilitera le financement.

La croisée des chemins

Dans un contexte où le changement engendre de nouvelles avenues, où le lucratif flirte avec le social et vice versa, il y a place à des modèles pour repenser le développement d’une région, d’une activité, d’un secteur et une opportunité pour établir des partenariats entre entreprises de divers horizons.

Des exemples de réussite touristique en économie sociale? Il y en a une multitude. Nous vous en présenterons quelques-uns subséquemment.

Lire aussi:
Développer une région touristique de façon harmonieuse, c’est possible! (compte rendu de conférence)
La responsabilité sociale des entreprises, une affaire de crédibilité

Sources:
Alliance de recherche universités-communautés en économie sociale (ARUC-ÉS) et Réseau québécois de recherche partenariale en économie sociale (RQRP-ÉS), Aruc-es.uqam.ca, consulté en août 2010.
– Bergeron, Maxime. «Entrepreneuriat social – En affaires pour changer le monde», La Presse Affaires, 25 août 2007.
– Bourdon, Marie-Claude. «Une autre économie est-elle possible?», Inter-Magazine, UQAM, vol. 7, no 1, printemps 2009.
– Bourque, Gilles L. et al. «Portrait de la finance socialement responsable (FSR) au Québec», faits saillants d’une recherche sur la finance socialement responsable au Québec, menée dans le cadre du chantier d’activités partenariales (CAP), Finance de l’Alliance de recherche universités-communautés en économie sociale (ARUC-ÉS), Aruces.uqam.ca, mai 2007.
– Chantier d’activités partenariales en Loisir et tourisme social de l’Alliance de recherche universités-communautés en économie sociale. «Utilité sociale du loisir associatif au Québec», Aruc-es.uqam.ca, octobre 2008.
– Chantier de l’économie sociale. «La définition, en chiffres, les secteurs d’activités», Chantier.qc.ca, novembre 2009.
– Chantier de l’économie sociale. «Une économie à valeurs ajoutées – Outil de sensibilisation à l’économie sociale», Chantier.qc.ca, septembre 2004.
– Drayton, Bill. «Finance’s Next Opportunity: Social Investing», blogue Harvard Business Review, Blogs.hbr.org, 2 mars 2010.
– Drayton, Bill et Valeria Budinich. «Get Ready To Be a Changemaker», blogue Harvard Business Review, Blogs.hbr.org, 2 février 2010.
Économie sociale Québec, Economiesocialequebec.ca, consulté le 21 juin 2010.
– Favreau, Louis. «Qu’est-ce que l’économie sociale? Synthèse introductive», Laboratoire de recherche sur les pratiques et les politiques sociales (LAREPPS) et copublication avec la Chaire de recherche du Canada en développement des collectivités (CRDC), UQO, Cahiers du LAREPPS, no 05-16, École de travail social, Université du Québec à Montréal, Larepps.uqam.ca, juillet 2005.
– Huot, Geneviève. «Les entreprises d’économie sociale en loisir et tourisme social», synthèse du séminaire du 23 octobre 2001 sous la direction de Louis Jolin, Michel Nolin et Sonia Vaillancourt, Aruc-es.uqam.ca, avril 2002.
– Nadeau, Jean-Benoit. «Mes bonnes causes rentables», L’Actualité, 15 septembre 2009.
– Observatoire en économie sociale, en développement régional, en organisation communautaire et en développement international. «Les outils de soutien aux entreprises collectives créés par des organisations de développement», Uqo.ca, consulté en août 2010.
– Renault, Micheline. «Préparation et divulgation de l’information financière pour les organismes en loisir et tourisme social: redéfinir les pratiques actuelles», École des sciences de la gestion, Université du Québec à Montréal, Aruc-es.uqam.ca, mars 2004.
– Schéou, Bernard. «Du tourisme durable au tourisme équitable – Quelle éthique pour le tourisme de demain?», collection «Les métiers du tourisme», De Boeck, 2009.
– Vaillancourt, Yves. «L’économie sociale au Québec et au Canada: configurations historiques et enjeux actuels», Laboratoire de recherche sur les pratiques et les politiques sociales (LAREPPS) et copublication avec l’Alliance de recherche universités-communautés en économie sociale (ARUC-ÉS) et le Centre de recherche sur les innovations sociales (CRISES), Cahiers du LAREPPS, no 08-07, École de travail social, Université du Québec à Montréal, Larepps.uqam.ca, octobre 2008.
– Vaillancourt, Yves. «Six enjeux concernant l’économie sociale au Québec et au Canada», Thephilanthropist.ca, The Philanthropist 2010, vol. 23, no 1.

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Gestion Tendances Tourisme durable

Cap sur le tourisme urbain durable

Les villes accueillent plus de la moitié de la population mondiale, et la majorité des touristes les visitent, ou du moins les traversent pour accéder à des destinations plus recluses. L’industrie touristique, qui exerce une pression sur ces zones urbaines, doit se préoccuper des implications environnementales, socioculturelles et économiques engendrées par ses activités.

La prise de conscience générale par rapport aux conséquences des modes de consommation incite le tourisme urbain à s’orienter vers des stratégies de croissance durable non compromettantes pour les générations futures.

Le tourisme durable présente des exigences et des enjeux bien spécifiques

Selon l’Organisation mondiale du tourisme, le tourisme durable doit aussi bien optimiser l’utilisation des ressources environnementales que respecter l’authenticité socioculturelle des communautés d’accueil et assurer à long terme la viabilité financière des investissements.

Or, ce n’est pas faute d’ambition que les villes ne suivent pas ce modèle, mais c’est souvent par manque d’expertise, de leadership ou de modèle de gouvernance fiable et équitable pour encadrer cette nouvelle forme de développement.

Une stratégie de tourisme urbain durable doit répondre aux exigences suivantes:

  • Minimiser l’empreinte écologique des activités touristiques et promouvoir des modes de consommation durables.
  • Créer une infrastructure touristique viable.
  • Concilier les intérêts des habitants et ceux des visiteurs.
  • Préserver le patrimoine culturel, architectural et social dans un contexte de villes en constantes mutations.
  • Gérer la surcharge des lieux touristiques.
  • Encourager un développement économique viable à long terme et offrant de bonnes possibilités d’emploi.
  • Éviter l’apparition de phénomènes de ghettoïsation et d’espaces exclusivement touristiques qui créent une discontinuité de la vie urbaine locale.
  • Avoir une politique de transport «verte» et viable pour contrer les effets négatifs des déplacements (pollution, bruit, encombrement des routes, problèmes de stationnement, etc.).
  • Trouver le moyen de mobiliser les intervenants de l’industrie touristique autour d’un même objectif, bien que la nature de cette dernière soit très fragmentée.

La liste n’est pas exhaustive, mais elle témoigne de la complexité des enjeux et de la nécessité que les parties prenantes impliquées, à savoir les offices de tourisme, le gouvernement, les entreprises touristiques et les résidants, pour ne citer que ceux-là coordonnent leurs interventions. L’entente sur un modèle de gouvernance est un grand défi pour ces partenaires, qui ont parfois des intérêts opposés.

Des destinations qui franchissent le pas

L’application des pratiques de développement durable du tourisme dans un environnement urbain est un concept relativement nouveau, mais certaines villes se sont déjà lancées dans l’aventure.

Dès 1996, la Green Tourism Association (GTA) a largement contribué à la diffusion d’une image plus «verte» de Toronto, grâce à la réalisation de deux projets prônant l’application des principes du tourisme durable:

  • L’édition, en 1999, d’une carte (The Other Map of Toronto) qui relie les sites et les activités touristiques à l’environnement.
  • Le lancement d’un guide (The Other Guide of Toronto), dont l’objectif était de fournir des informations sur les nombreuses possibilités de tourisme durable à Toronto. La richesse des histoires sociales et environnementales des quartiers y est mise en valeur et une section pédagogique explique comment voyager «vert».

Ces initiatives ont connu un franc succès et ont servi d’outils pour commercialiser le concept de durabilité urbaine auprès des touristes et des résidants de la ville.

À son tour, Edinburgh Tourism Action Group (ETAG) a élaboré une stratégie appelée SUTS: Sustainable Urban Tourism Strategy, qui vise à ce qu’Édimbourg devienne la destination touristique la plus durable de l’Europe du Nord d’ici 2015. La SUTS identifie les trois champs d’action les plus importants comme suit:

Afin de préserver son héritage culturel et naturel, la ville d’Édimbourg encourage les entreprises à réduire ou à compenser leurs émissions de carbone. Le projet «climate friendly events», visant la tenue de congrès respectueux de l’environnement, en fait partie. D’autre part, la ville encourage la promotion du patrimoine naturel et culturel comme raison de visite. Dans le souci de maintenir la cordialité et un climat propice à l’échange entre les résidents et les touristes, la ville promeut les avantages issus du tourisme tels que l’amélioration des transports et des installations, la tenue d’événements divers et la stimulation culturelle. La campagne «Tourism is Everyone’s Business» en est un bel exemple. Pour rehausser la qualité des services offerts, Édimbourg s’investit afin de valoriser le tourisme pour attirer des employés compétents et prêts à considérer cette industrie comme premier choix de carrière.

Comme le développement durable doit inclure chaque personne, la problématique de l’accessibilité est aussi prise en compte, et la ville met l’accent sur l’inclusion sociale pour que la majorité de la population puisse profiter des activités et des événements gratuits. La ville se dote également d’infrastructures accessibles aux personnes à mobilité réduite.

Édimbourg a adopté une stratégie d’ensemble qui canalise et coordonne les différentes initiatives. D’autres villes mènent des actions sporadiques, mais qui sont tout de même de bons exemples:

Source: mobilito.at

Mobilito: La ville de Salzbourg en Autriche a mis en place une centrale de transport mettant à la disposition des touristes des options alternatives de déplacement. Le système inclut le réseau ferroviaire européen, les transports en commun de la région, les réseaux autrichiens nationaux de bus et de trains, les centrales de taxi et les points de location de véhicules électriques non polluants. La centrale est accessible en ligne, par téléphone et a également pignon sur rue.

Source : parkandride.net

Park and ride: Ce concept nous vient du Royaume-Uni. Il privilégie des stationnements d’accueil à l’entrée des villes, où le visiteur peut laisser son véhicule durant son séjour. Un système de transport en commun lie l’espace de stationnement au centre urbain.

Le tourisme durable urbain offre une valeur ajoutée à la promotion des villes. Il leur permet d’enrichir leur offre touristique, alors susceptible d’attirer une nouvelle clientèle ou de conforter la clientèle existante dans ses choix de consommation. Nos villes sauront-elles se démarquer à leur tour?

Sources:
– Bintner, Martine. «Le tourisme durable urbain», Institut de gestion de l’environnement et d’aménagement du territoire, 25 juillet 2002.
– Dodds, Rachel, Anna Gibson, Marion Joppe et Brian Jamieson. «Ecotourism in the city? Toronto’s Green Tourism», Emerald Journal of Contemporary Hospitality Management, 2003.
– Dodds, Rachel et Marion Joppe. «Promoting urban green tourism: The development of the other map of Toronto», Journal of vacation Marketing, 2001.
– «Sustainable Urban Tourism Strategy», Edinburgh Tourism Action Group, 29 octobre 2008.
– Yi-Yen Wu, Hsioa-Lin Wang et Yu-Feng Ho. «Urban ecotourism: Defining and assessing dimensions using fuzzy number construction», Tourism Management, 2009.