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Ailleurs dans le monde Marchés géographiques

Les comportements de voyage des touristes de cinq marchés à la loupe

Lors de la conférence One Travel tenue à Pasadena en janvier 2011, Kristen Esposito a présenté les comportements de voyage de clientèles en provenance de cinq marchés : l’Inde, l’Australie, le Brésil, la Corée du Sud et la Chine. Ces touristes se déplacent le plus souvent pour visiter des parents et des amis; ils ont des intérêts variés mais tous apprécient le magasinage et se révèlent particulièrement branchés; et plus de la moitié voyagent avec un téléphone intelligent.

Réalisée pour les magasins Macy’s et Shop America, cette étude s’intéresse au magasinage et à d’autres aspects des voyages effectués par les touristes en provenance de certains pays pour lesquels le volume est en croissance aux États-Unis. Il s’agit d’un comparatif intéressant permettant de mieux comprendre ces clientèles, également en hausse au Canada. La firme Mandala Research a mené cette enquête à l’été 2010 auprès de 500 répondants pour chacun des marchés, soit l’Inde, l’Australie, le Brésil, la Corée du Sud et la Chine. Les touristes faisant partie de l’échantillon retenu avaient visité les États-Unis au cours des douze derniers mois, dépensé un minimum de 250 USD lors de séances de magasinage et disposait d’un revenu du ménage au moins égal à la médiane nationale.

À l’exception des Australiens qui favorisent légèrement Los Angeles, New York est la destination préférée des répondants, ce qui représente une belle occasion pour le Québec.

Caractéristiques du voyage

L’enquête révèle que la majorité des visiteurs en provenance de ces pays visitent des parents ou des amis (graphique 1). C’est particulièrement vrai pour les Brésiliens et légèrement moins pour les Australiens. Une part des répondants visite tout de même les États-Unis par agrément ou pour assister à une conférence. Notons enfin que l’Amérique du Nord semble un choix populaire pour les lunes de miel des Australiens.

Les voyageurs de ces pays réalisent plus d’un voyage par année (tableau 1). Par comparaison avec les touristes traditionnels des États-Unis (interrogés lors de la même enquête), il s’agit d’un nombre élevé. Par exemple, les Allemands effectuent en moyenne 1,7 voyage avec vol long-courrier par an, tout comme les Japonais. Cependant, d’autres visiteurs internationaux ont des moyennes plus élevées en ce qui a trait aux voyages avec vol long-courrier : 3,1 pour le Canada, 4,4 pour le Mexique et 2,3 pour le Royaume-Uni.

Tableau 1
Nombre de voyages réalisés au cours des 12 derniers mois

Source: Mandala Research pour Macy’s, 2010

L’offre touristique des États-Unis et celle du Canada, quoique distinctes, comptent également plusieurs caractéristiques communes. On peut supposer que les activités préférées de nos voisins sont susceptibles d’intéresser ces visiteurs lors d’un séjour au Canada (tableau 2). On constate donc que les parcs d’attractions sont appréciés de tous, particulièrement des Brésiliens. On remarque aussi que les Chinois portent un plus grand intérêt aux parcs nationaux, et les Sud-Coréens, aux musées ou aux galeries d’art. On observe des écarts considérables quant à une expérience de restauration unique, à laquelle les Indiens et les Sud-Coréens y accordent beaucoup plus d’importance que les Chinois ou les Brésiliens.

Tableau 2
Principales activités pratiquées lors d’un voyage aux États-Unis

Source: Mandala Research pour Macy’s, 2010

Plus du tiers des Australiens, des Brésiliens et des Sud-Coréens effectuent un séjour d’une durée moyenne de 7 à 14 jours (Chinois, 30%, et Indiens, 26%). Notons que les touristes de ces marchés effectuent également des voyages de plus longue durée (15 jours et plus) dans des proportions non négligeables: Corée du Sud 18%, Australie 13%, Chine 12%, Brésil 7% et Inde 4%.

Planification du voyage et technologies

Considérant le premier but du déplacement, on ne s’étonne pas de constater l’importance que revêtent la famille et les amis comme source d’information pour la planification du séjour (tableau 3). Les moteurs de recherche et les guides de voyage sont aussi utilisés par la plupart des touristes, sauf les Indiens qui favorisent un peu plus les agences de voyages en ligne et traditionnelles ou les magazines touristiques.

Tableau 3
Sources d’information utilisées pour la planification d’un voyage aux États-Unis

Source: Mandala Research pour Macy’s, 2010

Une des observations les plus marquantes de cette enquête est la proportion (51%) de touristes en provenance de ces pays qui voyagent avec un téléphone intelligent (graphique 2). Il y a peu de variation entre chacun des marchés. Le téléphone cellulaire traditionnel n’est utilisé que par 26% des répondants. Remarquons aussi la popularité étonnante des lecteurs vidéo en voyage.

Très branchés, environ les trois quarts des voyageurs de ces pays réalisent leur séjour avec plus d’un de ces appareils électroniques. Pour les Chinois, cette proportion est plus élevée que pour tous les autres marchés (graphique 3).

Les mandataires de cette étude étant intéressés à connaître le comportement lié au magasinage, de nombreuses questions s’y référaient et les résultats sont affichés en ligne. Notons néanmoins que le magasinage joue un rôle très important dans le choix d’une destination (graphique 4). Il est particulièrement déterminant pour les Brésiliens et les Sud-Coréens, mais influe tout de même sur la décision des autres touristes.

Cette enquête complémente d’autres sources d’information, Statistique Canada par exemple, sur la compréhension de ces marchés ainsi que sur le potentiel qu’ils représentent pour les destinations. Si les volumes de ces visiteurs demeurent encore modestes au Québec, il s’avère néanmoins pertinent de les séduire afin de les attirer chez nous et de satisfaire ou de surpasser leurs attentes une fois ici.

Source:
– Esposito, Kristen. «The International Traveler Study/Growth Markets – Australia, Brazil, China, Korea and India», présentation lors de One Travel Conference, Pasadena CA, 16 au 18 janvier 2011.

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Faits et chiffres Marchés géographiques

Le Brésil, un marché à prendre au sérieux

Environ 20 millions de Brésiliens appartiennent à la classe moyenne aisée ou à celle des riches. Le Canada figure au quatrième rang des destinations de rêve sur ce marché. Même s’il n’offre aucun vol direct en provenance du Brésil, le Québec présente tout de même des résultats encourageants. À l’occasion de la conférence TTRA-Canada 2010, Donna Green, TNS Canadian Facts, a exposé les principaux résultats de l’enquête sur le marché brésilien.

L’enquête de TNS inclut des groupes de discussion et un sondage, réalisé à l’automne 2009 auprès de 2466 Brésiliens ayant déjà effectué un voyage d’outre-mer ou ayant l’intention d’en faire un prochainement.

Pourquoi s’intéresser à ce marché?

L’économie du Brésil a assez bien résisté à la crise économique et croît à un rythme de plus de 5% annuellement. D’ici 2025, on s’attend à ce que le PIB du pays se classe cinquième au monde et surpasse même ceux de la France et du Royaume-Uni. La ville de São Paulo deviendrait alors la cinquième ville mondiale en ce qui a trait à la richesse. Il y a trois ans, nous avions dressé un premier portrait de ce marché en émergence (lire aussi: Le marché brésilien: une puissance montante).

La taille actuelle du marché des voyageurs internationaux est de 2,8 millions de voyages avec vols long-courriers, dont environ 30% vers les États-Unis. On note une augmentation de 14% du volume de voyages avec vols long-courriers hors Amérique du Sud de 2007 à 2009. Depuis 2001, le nombre de visiteurs brésiliens au Canada augmente annuellement de 9%, sauf pour l’année 2009 qui affiche une baisse de 14%, pour un total de 62 000 visiteurs. Plus de 74% d’entre eux entrent au pays par l’Ontario. Toronto étant la seule ville à bénéficier d’un vol direct.

Le Québec montre quant à lui des signes prometteurs, alors que sa part de marché au Canada est passée de 7% à 11% d’entrées directes, de 2006 à 2010 (huit premiers mois). Contrairement au Canada, le Québec n’a subi aucune baisse sur ce marché en 2009. Si l’on tient compte des entrées effectuées par d’autres provinces canadiennes, on évalue à 10 000 le nombre de Brésiliens ayant visité le Québec en 2009.

Incidence à voyager

Un sondage réalisé auprès de la population brésilienne a permis d’estimer l’incidence à effectuer un voyage de quatre nuits ou plus comprenant de l’hébergement commercial, à l’extérieur du continent dans un avenir rapproché (2 ans). On constate qu’il y a un écart majeur entre la proportion de gens ayant effectué un voyage avec un vol long-courrier dans le passé (5%) et ceux qui disent avoir fermement l’intention d’en entreprendre un (15%), en dépit d’une estimation conservatrice. On évalue ce marché potentiel à 8,6 millions de personnes.

Ces intéressantes perspectives s’expliquent en partie par une amélioration marquée du niveau de vie et une ferme volonté de découvrir la planète. Le Canada s’avère toutefois difficile à vendre aux Brésiliens qui connaissent peu cette destination et ses produits touristiques. Le nombre de vols est encore limité et ils sont dispendieux. De plus, le processus d’obtention d’un visa demeure complexe.

Comportements de voyage

Pour la majorité (55%) des Brésiliens, un voyage d’agrément avec vol long-courrier se planifie au moins six mois à l’avance (graphique 1). La réservation s’effectue toutefois beaucoup plus près de la date de départ. Environ 46% des voyageurs confirment le paiement de leur périple moins d’un mois d’avance. Seulement 17% des gens réservent six mois avant la date de départ.

Cette même enquête révèle que les sources d’inspiration menant au choix d’une destination d’outre-mer sont très différentes de celles liées à la clientèle nord-américaine ou européenne. Pour ces dernières, c’est le Web qui s’avère, et de loin, la principale source d’influence au début du processus de planification. Pour les Brésiliens, les conseils de parents ou d’amis surpassent largement (59%) toutes les autres sources, particulièrement Internet qui ne compte que pour 6% (graphique 2). Ce sont les reportages ou des articles de journaux ou de magazines qui arrivent en deuxième position (12%).

Les habitudes de réservation d’un voyage avec vol long-courrier sont tout aussi différentes de celles de nos marchés traditionnels, alors que la majorité (54%) des consommateurs brésiliens se fie d’abord aux agents de voyages (graphique 3). Même ceux qui choisissent de réserver en ligne se tournent plutôt vers le site Web d’agences de voyages traditionnelles (20%) et une très faible proportion de gens (5%) a adopté les agences de voyages en ligne telles qu’Expedia.

L’intérêt et les perceptions envers le Canada

Le Canada figure dans le peloton de tête des destinations de rêve des Brésiliens. Plus de 42% des personnes ayant déjà réalisé un voyage d’outre-mer ou ayant l’intention d’en faire un aimeraient visiter le Canada au cours des deux prochaines années (graphique 4). Parmi ces visiteurs potentiels, les deux tiers n’en sont qu’à une étape purement hypothétique, mais 12% affirment s’affairer activement à planifier un voyage au Canada. Un autre 22% des répondants mentionnent être sérieusement intéressés à effectuer un tel voyage.

Le défi d’augmenter significativement le nombre de visiteurs brésiliens demeure néanmoins important, notamment en raison d’une faible connaissance des produits que nous avons à leur offrir. Les Brésiliens perçoivent le Canada comme une destination nordique, proposant principalement des activités hivernales et possédant de beaux paysages.

Quant à ceux qui sont déjà venus au pays, les activités les plus populaires incluent entre autres:

  • les excursions en montagne (33%);
  • la découverte de petits villages (30%);
  • la visite de parents ou d’amis (29%);
  • les musées ou les galeries d’art (29%);
  • l’observation de cours d’eau ou de chutes (28%);
  • la participation à des festivals (27%).

Parmi les freins les plus souvent évoqués à entreprendre un voyage au Canada, on compte:

  • le coût trop élevé (36%);
  • le désir de voir d’autres destinations en priorité (16%);
  • la trop longue distance à parcourir pour s’y rendre (10%)
  • les exigences liées au visa ou au passeport (9%);
  • la langue (8%);
  • le climat (8%);
  • des inquiétudes liées à la sécurité (7%);
  • un manque de connaissances du pays (6%).

Capitaliser sur ce potentiel

L’intérêt potentiel des Brésiliens à venir visiter le Québec est certes présent. Pour mieux performer auprès de cette clientèle, nous devons relever plusieurs défis, notamment améliorer le niveau de connaissance des Brésiliens de nos produits touristiques. Nous devons par exemple promouvoir nos expériences estivales, plus susceptibles de les intéresser que notre offre hivernale pour laquelle le Canada est généralement associé à leurs yeux.

Grâce à l’ajout d’un vol direct sur Montréal, le Québec serait mieux positionné auprès de cette clientèle qui montre un intérêt particulier pour les destinations d’outre-mer aux origines latines. Actuellement, l’Italie, le Portugal et l’Espagne sont les pays les plus visités après les États-Unis.

Bien que le Brésil demeure encore un marché émergent, les perspectives de croissance pour le Québec s’avèrent fort prometteuses. Le ministère du Tourisme du Québec a d’ailleurs entrepris des actions marketing à l’endroit du Brésil, en plus d’avoir traduit en 2010 une section du site de BonjourQuébec.com en Portugais. À moyen terme, les investissements réalisés pourraient générer d’intéressants dividendes.

Sources:
– Commission canadienne du tourisme. «Consumer and Trade Research in Brazil», avril 2010.
– Green, Donna. «The Emerging Market of Brazil», TNS Canadian Facts, présentation à l’occasion de TTRA-Canada qui s’est déroulé à Québec du 13 au 15 octobre 2010.
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages internationaux», traitement spécial, 2005.

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Enjeux Segments de clientèles

Les grandes tendances démographiques et leur impact sur le tourisme

Selon une étude récente sur les changements démographiques et le tourisme, la compétitivité des destinations dépendra de leur capacité à développer et à commercialiser des produits touristiques à une population vieillissante, multiethnique, vivant de plus en plus dans des familles multigénérationnelles et dont l’espérance de vie s’est accrue. Comment? Entre autres, en exploitant le créneau des parents célibataires ou encore en offrant des chambres voisines conçues pour les besoins de trois générations. Pour d’autres idées, lisez ce qui suit.

Le vieillissement de la population…

La population mondiale passera de 6,9 milliards en 2010 à 8,3 milliards en 2030 et celle des seniors augmentera de 26% d’ici 2030. Dans l’ensemble, les personnes âgées de 50 ans et plus représenteront alors le tiers de la population mondiale, compte tenu du déclin de la fertilité et de l’accroissement de la longévité. On en retrouvera une forte concentration dans les économies avancées. De plus, on prévoit que la population de l’Europe de l’Ouest vieillira beaucoup plus rapidement que celle de l’Amérique du Nord. Ces gens âgés seront:

  • très instruits;
  • plus riches et en meilleure santé que ceux des générations précédentes;
  • à la retraite ou à la fin de leur vie professionnelle;
  • grands-parents ou parents de jeunes adultes;
  • très disponibles à voyager (beaucoup de temps libre);
  • curieux et intéressés par la culture et les occasions d’apprentissage;
  • des voyageurs expérimentés.

À l’inverse, les économies émergentes verront leur population de jeunes augmenter sensiblement en raison d’un taux de natalité élevé. De plus, elles occupent une proportion de plus en plus importante de la population mondiale. Par conséquent, c’est un marché qui gagne en importance pour l’industrie touristique à travers le monde.

…et les nouvelles stratégies d’adaptation qui y sont liées

  • Accorder une attention particulière aux besoins des touristes plus âgés issus des pays développés: offres d’hébergement, organisation de forfaits et de croisières, calendrier des vacances, sécurité et accès aux soins médicaux.
  • Proposer des forfaits vacances pour accueillir les voyageurs en provenance de cultures plus traditionnelles ou conservatrices intéressés par l’histoire et la culture (touristes en provenance de pays émergents).
  • Réorganiser l’offre pour tenir compte de la prépondérance des groupes de jeunes couples asiatiques et sud-américains compte tenu de leur tendance à se marier plus jeunes que ceux d’Europe ou d’Amérique du Nord.

La composition des ménages et les nouvelles structures familiales…

L’augmentation de l’espérance de vie et la diminution de la fécondité engendrent un impact important sur les structures familiales qui dorénavant s’élargiront pour inclure plusieurs générations. De plus, étant donné le nombre croissant de divorces dans certaines parties du monde, un plus grand nombre d’individus feront partie d’une ou de deux «familles» à la fois. Dans les pays émergents comme le Brésil et certains pays d’Asie, on remarquera un allongement de la période de célibat.

L’ensemble des secteurs touristiques devra répondre à cette diversité des structures familiales (multigénérations, célibataires, plusieurs familles) et à la fragmentation des besoins au sein du groupe, car tous les membres de la famille sont impliqués dans le processus décisionnel lié au voyage.

Les entreprises offrant des services à la fois aux groupes multigénérationnels et aux célibataires devront relever tout un défi pour bien cerner leurs besoins spécifiques. Les touristes célibataires souhaiteront probablement des occasions de se joindre à des groupes tandis que ceux qui voyagent dans des groupes plus grands apprécieront la possibilité de passer du temps seul.

…et les nouvelles stratégies d’adaptation qui y sont liées

  • Offrir des services de transport et d’hébergement flexibles de manière à orchestrer les besoins de grands groupes hétérogènes (chambres voisines conçues pour les besoins de trois générations).
  • Créer des modèles de tarification qui correspondent aux attentes des générations multiples (un prix «famille de trois générations») ou des personnes seules.
  • Exploiter le créneau des parents célibataires (divorcés) qui seront de plus en plus nombreux sur les marchés en leur proposant de meilleurs services de garde.
  • Former le personnel en vue de l’amener à mieux anticiper et comprendre les besoins des groupes multigénérationnels et de tailles diverses.
  • Organiser des voyages éducatifs et «fondés sur les intérêts», puisque ces types de séjour procurent un sentiment de sécurité et offrent un environnement rassurant pour les touristes seuls ou célibataires.

La localisation des populations…

Une proportion croissante de la population résidera dans les pays développés, mais la part du continent européen dans la population mondiale enregistrera une décroissance. Les économies émergentes gagneront aussi en importance. On assistera également à une migration globale des gens qui quitteront les zones rurales pour s’établir dans les communautés urbaines. La croissance de la population urbaine constitue un développement positif pour le tourisme; les données suggèrent que les citadins disposent d’une plus grande propension à voyager que les personnes habitant dans les zones rurales.

Les changements dans la répartition de la population à travers le monde et dans les centres de pouvoir économique – importance accrue de l’Asie – entraîneront une augmentation du nombre de touristes asiatiques sur le marché européen.

…et ses implications pour le tourisme

  • Nécessité d’accroître la sensibilité de tous les secteurs de l’industrie touristique en ce qui concerne les besoins culturels et religieux des touristes asiatiques.
  • Accroissement de la demande pour des expériences de tourisme rural, surtout de la part des citadins des marchés développés.
  • Développement du marché des échanges de maisons «urbaines-rurales».
  • Augmentation de la demande pour des séjours de ville et de magasinage, surtout en Europe (citadins des marchés émergents)

La migration des populations…

D’ici 2030, 42 millions de personnes migreront principalement vers les États-Unis et l’Europe, mais aussi vers le Moyen-Orient. Majoritairement des travailleurs non qualifiés, ces migrants auront tendance à se concentrer dans les zones urbaines.

Le regroupement des familles amplifie les flux migratoires, mais le lien avec le pays d’origine demeurera très fort pour les migrants de la première génération. Ceux des deuxième et troisième générations porteront un intérêt particulier à la découverte de leurs racines.

Deux groupes de migrants se démarqueront:

  • les jeunes adultes dont la migration s’effectuera entre des pays développés;
  • les retraités qui migreront au sein d’un même pays (à l’intérieur des États-Unis, par exemple) et du nord au sud de l’Europe.

Une large proportion des migrants sera relativement pauvre.

…et ses implications sur le tourisme

  • Hausse des visites de parents et d’amis dans les pays d’accueil.
  • Accroissement des voyages domestiques pour découvrir le pays d’accueil.
  • Augmentation des voyages à faible coût – utilisation de compagnies de transport à bas prix, par exemple.
  • Croissance de la main-d’œuvre pour l’industrie touristique européenne.
  • Création de forfaits sans hébergement, puisque les touristes logeront chez des parents ou des amis.
  • Possibilité d’utiliser la communauté de résidents à l’étranger pour promouvoir la destination d’accueil.
  • Besoin de concevoir des offres touristiques qui prennent en considération les désirs spécifiques des diverses ethnies (religion, habitudes alimentaires).
  • Nécessité de former le personnel aux particularités culturelles des nouveaux arrivants.

Face à l’évolution prévue de la démographie, les destinations touristiques pourraient être obligées d’effectuer des choix difficiles en matière de marketing, de communication et de développement de produits. Quelle cible choisir? Tout un défi que celui de répondre aux besoins des touristes plus jeunes et moins expérimentés des marchés en développement et à ceux des touristes chevronnés des marchés développés.

Source:
– Organisation mondiale du tourisme et Commission européenne du tourisme. «Demographic Change and Tourism», 2010, 121 p.

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Transport

Une décennie horribilis pour l’industrie aérienne

De 2000 à 2009 inclusivement, le secteur du transport aérien a subi des pertes nettes de 68 milliards USD, la pire décennie de son histoire. Seules trois années – 2000, 2006 et 2007 – ont été profitables à l’industrie au cours de cette période.  Ce texte repose principalement sur une analyse publiée dans le magazine Airline Business, en janvier 2010.

Le bogue de l’an 2000

Tout a commencé à péricliter en 2000. Avec une économie globale déjà à la baisse, personne n’était préparé au choc qu’ont provoqué les attentats du 11 septembre 2001: un ralentissement considérable du trafic aérien a entraîné une profonde crise financière pour de nombreuses entreprises qui se sont mises sous la protection de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité ou de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies. Ce fut le cas d’Air Canada, suivie de Delta, de Frontier, de Northwest, de US et United Airways. Cette dernière a passé pas moins de 38 mois en faillite pour finalement renouer avec la rentabilité en 2006.

La montée en flèche des transporteurs à rabais

Pendant que les grandes compagnies aériennes peinaient à sortir de la banqueroute, d’autres s’inspirant de Southwest Airlines – JetBlue, AirTran, WestJet, AirAsia, easyJet, Ryanair, Virgin Blue et Gol – ont rapidement saisi la balle au bond. Fortes des avions achetés à rabais après la crise du 11 septembre, elles ont envahi le marché des voyages courtes distances.

Des fusions sous un ciel de plus en plus ouvert

Alors que les pourparlers de fusions d’Air France-KLM et Delta-Northwest faisaient la manchette quasi quotidienne des journaux, l’accord de ciels ouverts entre les États-Unis et l’Union européenne prenait son envol. (Lire aussi: Un ciel de plus en plus ouvert!)

Malgré cette récente effervescence, peu d’entreprises ont trouvé leur compte, et les coffres sont restés vides. Les changements structurels nécessaires –  liberté d’investir hors frontières et d’atterrir où bon nous semble – demeurent hors de portée.

D’autres sources de revenus

Cette situation catastrophique a obligé les compagnies aériennes à se tourner de plus en plus vers des sources complémentaires de revenus. En fait, on prévoit cette année que l’ensemble de l’industrie aérienne générera des recettes additionnelles de 58 milliards USD qui proviendront des frais d’enregistrement des bagages (4 milliards USD pour les États-Unis seulement; en tête, Delta et American Airlines), d’allocation de sièges, de services ou produits offerts en vol, etc.

Pionniers des frais auxiliaires, les transporteurs aériens à bas tarif en tirent une portion importante de leurs revenus, soit environ 15%. En 2009, les recettes de JetBlue provenant des frais auxiliaires ont augmenté de 60 millions USD (17%) par rapport à 2008.

Selon une étude du Centre for Asia Pacific Aviation (CAPA), cette façon, enclenchée par les compagnies aériennes américaines, de facturer un supplément pour des services habituellement inclus dans le prix des billets ne fait que commencer et va se développer pour inclure davantage les transporteurs européens et asiatiques.

L’Asie-Pacifique, un avenir prometteur?

Pour la première fois en 2009, la région intra Asie-Pacifique a détrôné l’Amérique du Nord au titre du plus grand marché de l’aviation avec ses 647 millions de voyageurs comparativement à 638 millions en Amérique du Nord (incluant les marchés domestiques), selon l’Association internationale du transport aérien (IATA). Les entreprises de cette région tirent bien leur épingle du jeu grâce à des réductions de coûts efficaces: deux des cinq compagnies aériennes les plus rentables au monde viennent de cette région. Toutefois, à long terme, l’Asie-Pacifique devra faire face à des défis plus globaux incluant:

  • l’environnement – amélioration de l’efficacité énergétique, stabilisation des émissions de carbone neutre (d’ici 2020) et réduction desdites émissions (d’ici 2050);
  • la sécurité – élimination des menaces en partenariat avec les autorités gouvernementales mondiales;
  • la libéralisation – l’ouverture du ciel en Asie-Pacifique est prévue pour 2015. Des ententes de principe ont été signées, en novembre 2009, avec sept gouvernements incluant les États-Unis, la Commission européenne, Singapour et la Malaisie.

De ces dix années horribilis, que retiendrons-nous? Que seront les prochaines années? Est-ce que ça peut être pire? Qu’en pensez-vous? Faites-nous part de vos commentaires sur www.archive.veilletourisme.ca.
Lire aussi: La «low cost mania»
Sources:
– «A decennis horribilis», Airline Business, volume 26, no1, janvier 2010, p. 50.
– «Airlines expected to generate US$58 billion in ancillaries this year», EyeforTravel, 25 janvier 2010.
– IATA. «Intra-Asia Market Eclipses North America as World’s Largest», eTurboNews, 31 janvier – 2010.
– Pucci McClatchy. «Study: Airlines to charge more fees in 2010», Tribune News Service, 1er février 2010.

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Perspectives

Aucune croissance du marché britannique au Canada pour les cinq prochaines années

Le marché britannique représente le premier marché d’outre-mer en importance pour le Canada, le deuxième pour le Québec.  Malheureusement, il semble qu’à court terme, nous pourrons difficilement  compter sur ce marché pour relancer la croissance du tourisme international. On anticipe même une baisse d’achalandage de 6,7% pour l’année 2011. Globalement, le volume touristique des départs à l’étranger des Britanniques stagnera en 2009 mais affichera une lente reprise de 3% de 2010 à 2013.

Une croissance qui se fait attendre

Selon les dernières prévisions d’Euromonitor International, les perspectives touristiques pour les voyages vers le Canada d’ici 2013 s’avèrent plutôt ternes (graphique 1).  Les années 2010 et 2011 seront marquées par des baisses du nombre d’arrivées et il faudra attendre 2013 pour atteindre à nouveau le seuil de l’année 2009.

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Après une croissance de 2,4% en 2009, Euromonitor prévoit une baisse combinée de plus de 9% pour 2010 et 2011 (graphique 2). D’ailleurs, c’est le Canada qui subira la plus forte baisse au cours des deux prochaines années sur le marché britannique. Heureusement, on s’attend à une croissance supérieure à la moyenne internationale pour les années 2012 (+5,3%) et 2013 (3,9%).

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L’Espagne constitue la destination principale des Britanniques avec 14 millions de voyages en 2008. L’évolution des déplacements internationaux de ce marché est intimement liée au développement des liaisons aériennes low cost.  La Turquie a enregistré les meilleurs taux de croissance au cours des dernières années pour les voyages en provenance du Royaume-Uni. En 2008, cette destination montre un gain spectaculaire de 11% par rapport à l’année précédente.

La concurrence des destinations émergentes se fait de plus en plus sentir grâce à l’ajout de nouvelles liaisons aériennes à bas prix. C’est le cas par exemple de l’Ukraine qui a récemment bénéficié de nouveaux vols en provenance du Royaume-Uni. Même constat du côté de la région du Moyen-Orient qui exerce, elle aussi, une attraction grandissante au cours des dernières années auprès de ce marché. Les grands gagnants, particulièrement durant les mois d’hiver, sont Israël, l’Égypte et Dubaï.

Source:
-Euromonitor International. «Tourism Flows Outbound – United Kingdom», Country Sector Briefing, août 2009.

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Enjeux Marchés géographiques Tendances

Le tourisme de demain: les économies émergentes d’aujourd’hui

Le tourisme de demain sera dominé par les pays dont l’économie est émergente, et ce, non seulement en tant que nouvelles destinations, mais aussi en tant que nouvelles clientèles. Depuis l’avènement du tourisme de masse et ensuite l’arrivée d’Internet, il s’agit d’une nouvelle révolution qui modifie en profondeur les rouages du monde du voyage.

La troisième révolution du tourisme: les économies émergentes

Selon une analyse du magazine The Economist, la troisième révolution de l’industrie touristique des 50 dernières années est amorcée. La première est survenue dans les années 1960 avec l’accessibilité aux voyages pour un plus grand nombre. Le transport aérien et les voyages organisés sont devenus abordables et la hausse des revenus moyens a permis aux individus ayant des moyens modestes de voyager vers des lieux de plus en plus éloignés de la planète. La deuxième révolution est apparue avec l’arrivée d’Internet qui a permis à des millions de personnes de réserver les vols, les hôtels, les locations de voiture et les forfaits sans l’entremise d’un agent de voyages.

Aujourd’hui, les économies émergentes que sont les pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine), mais aussi d’autres comme Dubaï, la Corée du Sud, le Vietnam, le Mexique, etc., changent le visage du monde du voyage encore une fois. Ils représentent autant des destinations à la mode que des marchés émetteurs explosifs. C’est d’ailleurs ce que croit M. Baumgarten, président du World Travel & Tourism Council (WTTC), qui relativise l’importance des États-Unis et de l’Europe dans le tourisme de demain.

En tant que destination

Selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), les arrivées internationales ont crû de 6% en 2007. Cette croissance a été de 13% dans le Moyen-Orient, de 10% en Asie et de 8% et en Afrique.

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Dubaï illustre les propos du magazine The Economist de façon théâtrale. L’Émirat s’est tourné vers le tourisme et la finance et a ébloui le monde par ses projets d’envergure démesurée. À ce titre, mentionnons le Palm Jumeirah, trois îles en forme de palmier où abondent hôtels, immeubles d’affaires et résidences de luxe; l’unique hôtel sept étoiles qu’est le Burj al-Arab; ainsi qu’une station de ski intérieure. Mais le projet de l’heure est Dubailand, complexe de tourisme et de divertissement intégrant sept thématiques du monde, qui sera le Disneyland du coin. Une superficie de 81 kilomètres carrés, principalement sur la mer, où 15 millions de touristes sont attendus pour 2015. Rien que ça! Environ 30% du produit intérieur brut (PIB) de Dubaï provient du tourisme, mais ses dirigeants souhaitent voir cette proportion augmenter encore. (Lire aussi: Dubaï, région de la démesure.)

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La Chine explose depuis quelques années et le tourisme n’est pas en reste. Le pays est dans une course à la construction de routes, de chemins de fer et d’aéroports. En effet, 97 autres aéroports sont planifiés pour 2020. Dans les prochaines semaines, le plus long pont du monde traversant la mer (36 km) reliera Ningbo et Shanghai, deux ports majeurs, en un trajet de deux heures.

Par rapport aux pays susmentionnés, les infrastructures d’accueil de l’Inde sont pour l’instant moins développées, mais le gouvernement prévoit y investir environ 500 milliards USD d’ici 2012.

Les grandes entreprises touristiques occidentales ont bien compris le potentiel de croissance et envahissent ces régions. Ainsi, Marriott mise sur le Moyen-Orient et y construira 65 hôtels d’ici 2011, de même qu’il se développe en Chine et en Inde. C’est aussi dans ce dernier État que le groupe Carlson, déjà propriétaire des hôtels Radisson et des croisières Regent Seven Seas, déploie ses efforts: 50 hôtels en développement en Inde comparativement à 10 en Chine.

En tant que marché

Le pouvoir d’achat des sociétés émergentes croît à un rythme rapide et une partie de celui-ci sera consacrée aux voyages domestiques et internationaux. Nous avons récemment parlé des marchés chinois, indien, brésilien et mexicain, lesquels figurent parmi les plus en croissance et dont les prévisions sont enthousiasmantes. Pour plusieurs pays, le développement touristique représente une route importante vers une diminution de la pauvreté. Non seulement l’activité touristique génère-t-elle des revenus, mais les individus qui ont oeuvré à l’accueil des voyageurs deviennent souvent touristes à leur tour.

Les citoyens de ces pays visitent de plus en plus d’autres nations émergentes. Par exemple, les destinations premières des Russes en 2007 ont été la Turquie, la Chine et l’Égypte. Par ailleurs, l’industrie touristique du Vietnam prend des proportions énormes avec l’augmentation des visiteurs chinois et indiens qui se font maintenant plus nombreux que les Occidentaux. La Thaïlande vit une situation semblable et prévoit la visite de 1,3 million de Chinois en 2008, soit 10% de plus qu’en 2007.

Selon M. Geoffrey Lipman, de l’Organisation mondiale du tourisme, ce scénario de croissance des marchés émergents souffrira des aléas économiques, de crises, de la hausse du prix du pétrole et d’autres freins, mais le potentiel de voyageurs est tellement énorme que les perspectives futures demeureront substantielles.

Pour comprendre notre monde

Ces pays dont l’économie est effervescente révolutionnent actuellement le tourisme mondial. Ce changement dans les flux touristiques affectera de nombreux acteurs; des compagnies aériennes qui modifieront leurs routes, aux hôteliers qui accueilleront de nouvelles clientèles aux caractéristiques propres, en passant par les distributeurs qui transformeront leur offre. Les impacts multiples s’avéreront parfois grandioses, parfois subtils. Il ne s’agit toutefois pas d’un bouleversement qui influencera la gestion de tout un chacun à court terme, mais plutôt d’un virage macro qu’il importe de comprendre afin de regarder vers l’avant avec clairvoyance.

Le président du WTTC, M. Baumgarten, illustre l’essentiel de ce changement en disant que l’expression «lorsque les États-Unis éternuent, l’Europe attrape un rhume et le reste du monde meurt d’une pneumonie» n’est plus à propos. Il avance plutôt que, «aujourd’hui, les États-Unis éternuent et le reste du monde va magasiner» (traduction libre).

Lire aussi:
Dubaï, région de la démesure
Mais qui sont ces Chinois-ci?! Profil des touristes chinois au Canada
Apprivoisons le tigre indien
Le marché brésilien: une puissance montante
Quel est le troisième marché géographique international d’importance au Quebec

Sources :
– Baumgarten, Jean-Claude. «Travel & Tourism Outlook», Présentation du président du World Travel & Tourism Council à la conférence de la US Travel Insurance Association, 25 février 2008.
– Lipman, Geoffrey. «Emerging Tourism Markets – The Coming Economic Boom», Présentation de l’assistant secrétaire général de l’Organisation mondiale du tourisme au congrès annuel de la UK Tourism Society, 20 juin 2008.
– Organisation mondiale du tourisme. «Baromètre OMT du tourisme mondial», vol. 6, no 1, janvier 2008.
– The Economist. «A New Itinerary», The Economist, 17 mai 2008.

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Marchés géographiques Marketing

Le Mexique: un marché en croissance – Assises du tourisme 2008

Au cours des Assises du tourisme 2008 s’est tenu un atelier sur le marché mexicain où trois panelistes ont présenté leur expérience auprès de cette clientèle. Leurs interventions fort pertinentes illustraient les actions et les préoccupations associées à trois paliers de démarchage, rendant ainsi la présentation particulièrement concrète.

Introduction du Réseau de veille

Les Mexicains voyagent de plus en plus à l’étranger; leurs voyages internationaux ont connu une croissance de 57% en 10 ans, totalisant 13,6 millions de déplacements en 2006. Pour le Québec, il s’agit maintenant du troisième marché d’outre-mer en importance, nez à nez avec l’Allemagne. En 2006, 73 600 Mexicains ont visité le Québec, une croissance de 29% depuis 2004. La hausse soutenue en 2007 pour l’ensemble du Canada laisse présager une autre bonne année pour le Québec, qui reçoit environ 35% des voyageurs. Avec 250 600 touristes mexicains au Canada en 2007, la croissance a atteint 45% en trois ans.

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Au Québec, environ 70% des touristes mexicains viennent avant tout par agrément, alors que cette proportion est plutôt de 50% pour l’ensemble du Canada.

Michel Gagné, coordonnateur du marché mexicain au ministère du Tourisme

Oublions le Mexique des ponchos et des sombreros, ses cités sont modernes et vivent des réalités semblables à celles de leurs acolytes de l’Amérique du Nord; on oublie trop souvent que le Mexique en fait partie. Le Québec jouit d’ailleurs d’un avantage de proximité: la durée du vol vers Montréal est de 5h10, 4h50 pour New York et 10h55 pour Madrid. Il existe quelques liens aériens directs vers Montréal et d’autres passent par Toronto, ce qui est un avantage certain pour les Mexicains qui ne possèdent pas le visa requis pour visiter les États-Unis ou y faire escale.

Malgré une hausse de la valeur du dollar canadien par rapport au peso mexicain, le prix des forfaits est encore compétitif. Un circuit de 7 jours entre Niagara et Québec est un peu plus coûteux qu’une semaine à Orlando, mais moins cher qu’un parcours entre Paris et Madrid. Le prix de l’essence préoccupe davantage et fera augmenter le prix des billets d’avion.

L’été est clairement la période la plus populaire, mais nous devrions miser davantage sur les Fêtes ainsi que les mois de mars et avril, puisque les Mexicains démontrent un intérêt à découvrir l’hiver.

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Environ 40% des Mexicains sont des visiteurs individuels et 60% choisissent d’acheter un forfait. Environ le tiers de ces visiteurs louent une voiture.

Selon M. Gagné, la croissance de ce marché est là pour durer car de nombreux éléments positifs sont déjà en place. Il est donc primordial de continuer d’agir sur les éléments suivants:

  • un accueil chaleureux;
  • l’adaptation des outils et de l’accueil à la langue parlée;
  • une description honnête du produit;
  • la présentation de la destination: les Mexicains connaissent le Canada et se sentent attirés, mais connaissent mal ses attraits, les activités offertes et les différentes régions (à l’exception de Montréal et de Niagara);
  • le renouvellement de l’offre: le circuit classique est encore à l’honneur, mais les Mexicains sont de plus en plus ouverts à découvrir d’autres aspects de notre offre. Plusieurs souhaitent essayer des activités hivernales (ex.: ski, traîneau à chiens) ou estivales (ex.: parcs nationaux) et visiter d’autres régions.

Le bouche-à-oreille est particulièrement fort au Mexique et les bonnes expériences vécues par les voyageurs se communiquent allègrement. Il faut donc séduire la clientèle mexicaine non seulement pour générer des retombées touristiques, mais surtout pour établir une relation durable.

Luzana Rada, vice-présidente, Global Tourisme International

La présentation de Mme Rada a apporté un regard clair sur la façon dont l’offre de service devrait être adaptée pour répondre aux attentes et aux besoins du marché mexicain.

Elle insiste sur le fait que si l’on s’intéresse à ce marché, il faut être en mesure de relever le défi de la dernière minute. Il s’agit d’une caractéristique intrinsèque à la culture mexicaine: tout est urgent, tout est en retard. Confirmations, changements et annulations surviennent jusqu’au jour du départ. La clientèle mexicaine est en effet très impulsive et il est bien difficile pour un grossiste de fournir des confirmations de réservation aux hôteliers et aux autres fournisseurs longtemps à l’avance. Une grande flexibilité est donc nécessaire.

En ce qui concerne les produits offerts, c’est encore le traditionnel circuit qui se vend le mieux. Toutefois, celui-ci s’agrémente toujours de plus en plus d’activités, les croisières aux baleines par exemple. Les itinéraires se renouvellent et de nouveaux voient le jour: des circuits VIP, des voyages en famille, des voyages de ski ou de multi-activités hivernales. La représentante du grossiste souligne l’importance d’une présence constante tout au long de l’année pour pouvoir garantir les départs.

Le marché mexicain apprécie grandement la qualité des services et les valeurs ajoutées à leur séjour. Voici quelques cartes à jouer:

  • offrir aux consommateurs et aux grossistes mexicains une ligne téléphonique 24 heures, en espagnol;
  • aider les voyageurs à l’aéroport pour les arrivées, les départs et les pertes de bagages.
  • transiger et recevoir avec efficacité et rapidité, en espagnol;
  • proposer un surclassement au même prix (chambre, catégorie hôtelière, petit déjeuner américain, chambre communicante pour les familles);
  • toujours être transparent quant à l’offre et aux produits optionnels.

Initier des actions auprès de ce marché devrait se faire dans une perspective de long terme. Il importe d’être persévérant et de se faire voir en participant aux salons et à des tournées de familiarisation. La création de liens d’affaires passe par l’établissement d’une bonne communication et d’une relation de confiance.

Cynthia Leon, directrice des groupes, Le Nouvel Hôtel et Spa Montréal, Groupe hôtelier Tidan

Le Nouvel Hôtel a décidé de miser sur le marché mexicain il y a quelques années et il en récolte aujourd’hui les bénéfices.

Le principal défi des fournisseurs est de travailler avec des ajouts de clients jusqu’à la toute dernière minute. Il est nécessaire de changer les habitudes de travail. Alors que la politique de l’hôtel est de recevoir une liste des voyageurs 15 jours à l’avance, cette pratique est presque impossible du côté du marché mexicain et il faut s’adapter en conséquence.

Le respect de la clientèle mexicaine est primordial et il importe d’éviter tout préjugé blessant. Le souci du détail afin d’offrir une expérience inoubliable est également une stratégie payante.

Voici les principales actions réalisées auprès de ce marché depuis 2005 par Mme Leon et son équipe:

    • 2005: analyser le marché, connaître et rencontrer les agences réceptives;
    • 2006: analyser le volume de chaque agence réceptive, leurs besoins et leurs attentes, déterminer un tarif compétitif, appuyer les réceptifs en participant aux bourses touristiques et participer aux promotions offertes par Tourisme Québec et Tourisme Montréal;
    • 2007: poursuivre l’appui à la promotion en participant à Conozca Canada, présenter du matériel en espagnol lors des bourses, être attentifs aux besoins des grossistes et participer à chaque tournée de familiarisation offerte en s’y démarquant des compétiteurs présents.

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Sur trois ans, les investissements s’avèrent relativement peu élevés, considérant l’ampleur des retombées (graphique 3).

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Des périodes d’échanges stimulantes

Les intervenants qui agissent auprès du marché mexicain commencent à déployer des efforts pour stimuler les voyages d’affaires et de motivation. Ils observent une tendance en ce sens, même pour les offres hivernales. Le marché gai représente également un fort potentiel.

L’offre s’élargit donc petit à petit pour déborder du forfait classique. Avec les années, une place grandissante apparaîtra pour de nouvelles régions du Québec et ses acteurs et, puisque le démarchage est un processus qui débute longtemps d’avance, il est temps de se préparer.

Les panelistes s’entendent pour soutenir qu’il ne s’agit pas d’un engouement circonstanciel et que, même si on ne peut lire l’avenir, plusieurs facteurs jouent en faveur d’une croissance continue de l’arrivée de Mexicains au Québec et au Canada. L’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), la proximité, le contraste de l’hiver et l’accueil chaleureux en sont quelques-uns. Mais il importe également de faire en sorte que l’image du Canada demeure forte dans l’esprit des Mexicains, par la poursuite et le déploiement de relations solides et durables.

Lire aussi: Quel est le troisième marché géographique international d’importance au Québec?

Sources:
– Gagné, Michel. «Séduire (mais sans tromper)», Ministère du Tourisme, Assises du tourisme 2008.
– Leon, Cynthia. «Retombées concrètes pour le Nouvel Hôtel & Spa», Nouvel Hôtel & Spa Montréal, Groupe hôtelier Tidan, Assises du tourisme 2008.
– Rada, Luzana. «Adapter l’offre de service… Comment?», Global Tourisme International, Assises du tourisme 2008.

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Marchés géographiques Tendances

Apprivoisons le Tigre indien

Une croissance des voyages internationaux de plus de 10% annuellement, une classe moyenne qui se multiplie, une population qui devrait dépasser celle de la Chine dans 20 ans et une explosion du tourisme en ligne. Encore timide au Québec, le marché indien suit néanmoins une courbe de croissance qui en surpasse plus d’un.

La classe moyenne: pas du tout en voie d’extinction!

L’Inde, un des quatre pays du BRIC, jouit actuellement d’une économie forte, avec un PIB (produit intérieur brut) qui augmente d’environ 8% par année. (À propos du BRIC, c’est-à-dire les pays émergents que sont le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine, lire: Le marché brésilien: une puissance montante.) Sa population s’élève à plus de 1,1 milliard de personnes et les Nations Unies prévoient qu’elle surpassera celle de la Chine en 2030.

Cette situation engendre une croissance de la classe moyenne: le premier facteur favorisant les voyages des Indiens. Environ 300 millions de ménages indiens gagnent plus de 2000 USD par année et 58 millions plus de 4400 USD. Bien que de tels revenus situent ceux-ci dans la classe moyenne, en raison du faible coût de la vie dans le pays, ils sont encore insuffisants pour leur permettre de faire des voyages internationaux.

La Pacific Asia Travel Association (PATA) rapporte que les individus dont le revenu est de 3000 à 5500 USD sont en mesure d’économiser pour s’offrir des biens et des expériences de voyages et qu’ils représentent 22% de la population. Ils devraient compter pour 33% en 2015. Le groupe dont le revenu dépasse 5500 USD équivaut actuellement à 10% des ménages et cette part augmentera à 15% en 2015. Pour être en mesure de faire un voyage long-courrier, par exemple vers le Canada, les revenus doivent être encore plus élevés. Ils le sont d’ailleurs dans les régions urbaines de Chandigarh, de Goa et de New Delhi.

Le pays présente néanmoins d’importantes disparités salariales. Certaines régions s’enrichissent, notamment dans le sud du pays, alors que les très peuplés États du centre et du nord-est de l’Inde demeurent parmi les plus pauvres du monde. Environ 400 millions de personnes y vivent avec moins de un dollar par jour.

La faune voyageuse actuelle et potentielle

Le potentiel du marché indien a souvent été comparé à celui de la Chine. (Lire aussi: L’Inde, un marché à surveiller.) Contrairement à cette dernière, l’Inde permet à sa population de voyager librement, sans contraintes gouvernementales. (Lire: Mettre les pendules à l’heure… de la Chine.) De plus, les Indiens ont davantage d’expérience en matière de voyages et parlent plus couramment l’anglais. C’est, en fait, un des marchés touristiques émetteurs qui enregistre la croissance la plus rapide du monde.

Les campagnes agressives de promotion auprès du marché indien (de plus en plus d’organismes nationaux de promotion touristique ont reconnu le potentiel de l’Inde et envahissent le pays) et l’avancée des transporteurs low cost, avec leurs tarifs abordables, sont d’autres éléments qui ont contribué au désir des Indiens de voyager à l’étranger. Le tourisme expéditif demeure toutefois plutôt désorganisé, avec plus de 20 000 agents de voyages disséminés dans tout le pays.

Les habitants de l’Inde ont fait près de 8,3 millions de voyages internationaux en 2006, comparé à 6,2 millions en 2004 et à 4,4 millions en 2000, soit une augmentation moyenne de plus de 10%. Les dépenses touristiques suivent un rythme encore plus déroutant.

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Les destinations de voyages des Indiens varient considérablement selon les sources d’information. En ordre d’importance, on trouve d’abord l’Asie et le Moyen-Orient, l’Europe, les Amériques, la région de l’Australie et du Pacifique et, finalement, l’Afrique.

Le Canada gagne en popularité et les visites suivent un taux de croissance annuel moyen de 15% depuis 2004 (graphique 1).

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La part du Québec était d’environ 16% en 2005, avec 13 100 touristes. Parmi eux, 5600 (43%) étaient entrés directement par le Québec (7600 en 2007). À titre comparatif, l’Ontario a enregistré 54 000 entrées directes en provenance de l’Inde en 2007. Les vols directs ainsi que l’importante communauté indienne favorisent grandement Toronto. Pour le Québec, l’Inde se situait au 14e rang des visiteurs outre-mer en 2005 et au 13e rang pour le Canada, derrière Hong Kong mais devant l’Italie et la Suisse.

Comportement de voyage

Comme c’est le cas pour les destinations, l’information concernant les buts de voyages varie selon les sources. La PATA présente les données d’ACNielsen, qui suggère que le tourisme d’affaires domine les autres motifs primaires (tableau 2). En effet, bien que ce type de déplacement soit stimulé par l’économie effervescente de l’Inde, ces voyageurs ont peut-être aussi fait des visites touristiques ou du magasinage comme second but de voyage.

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Les voyageurs d’agrément deviennent de plus en plus sophistiqués et exigeants. D’ailleurs, selon un sondage de l’agence Thomas Cook, les voyages d’aventure gagnent en popularité, tout comme les activités nautiques et sportives.

Une enquête réalisée par la Commission canadienne du tourisme (CCT) en 2007 auprès d’Indiens ayant voyagé au Canada au cours des trois dernières années nous éclaire sur leur profil et leur comportement de voyage:

  • La population de l’Inde est jeune: 50% a moins de 35 ans; ceux qui voyagent au Canada le sont aussi: les voyageurs indiens au Canada ont de 18 à 49 ans et, de ce groupe, 41% ont 29 ans ou moins.
  • La durée moyenne des séjours est de 9 nuits, certains pouvant durer jusqu’à 21 nuits.
  • La majorité des voyages se font de mars à juin, pour éviter la période la plus chaude en Inde.
  • La plupart sont des voyageurs indépendants (67%).
  • Les principales motivations de voyage sont la visite des points d’intérêts et la détente, alors que d’autres visitent des amis ou des parents (20%).
  • Seulement 21% séjournent chez des parents ou des amis, 54% préférant des hôtels à prix moyen ou modique et 18% choisissant des lieux de villégiature. Parmi les Indiens interrogés par la (CCT) qui ont voyagé au Canada, 89% étaient des professionnels ou des cadres instruits et 82% gagnaient de 6360 CAD à 19 080 CAD, ce qui correspond à des revenus très élevés pour ce pays.
  • Les répondants ont d’ailleurs dépensé en moyenne 6500 CAD par voyage, par groupe, soit plus que ce que gagne un Indien de classe moyenne en une année complète.

Le Tigre est de plus en plus branché!

Alors que seulement 39 millions d’Indiens avaient accès à Internet en 2005, l’Internet & Mobile Association of India prédit que ce nombre s’élèvera à 120 millions en 2010. Internet permet aux Indiens d’être plus au fait des opportunités touristiques et facilite les réservations en ligne. Il y avait 60 millions de téléphones cellulaires en circulation en 2006 et 5 millions s’y ajoutent à chaque mois.

Selon PhoCusWright, le marché indien du tourisme en ligne devrait connaître une croissance retentissante au cours des prochaines années. La propagation d’Internet auprès d’une classe moyenne montante, l’augmentation de la demande pour des voyages, la présence de plus en plus d’entreprises touristiques sur la toile indienne (notamment des low cost) et le développement de plateformes transactionnelles virtuelles sont les principaux facteurs expliquant cette explosion.

PhoCusWright estimait que le marché du tourisme en ligne en Inde, évalué à 295 millions USD en 2005, devrait atteindre 2 milliards USD en 2008. Euromonitor va dans le même sens et prévoit que la vente de voyages par Internet aura augmenté de 272% de 2005 à 2010.

Les entreprises qui souhaitent rejoindre le marché indien par le biais du Web se doivent d’adapter leur mode de paiement aux systèmes de cartes prépayées, très populaires dans le pays. Les cartes de crédit sont encore peu utilisées par les Indiens, traditionnellement économes, quoique la croissance soit forte en cette matière. Les cartes prépayées permettent aux consommateurs de mieux gérer leurs dépenses et peuvent être compatibles avec le paiement en ligne.

En définitive, comme les renseignements statistiques sur l’Inde manquent encore de fiabilité, il est difficile de bien comprendre ce marché et de l’approcher de façon appropriée. Néanmoins, il ne fait aucun doute qu’il continuera de croître à un rythme rapide. Serons-nous dans la course?

Lire aussi:
Le marché brésilien: une puissance montante
L’Inde, un marché à surveiller
Mettre les pendules à l’heure… de la Chine

Sources:
– Commission canadienne du tourisme. «Étude sur les consommateurs et l’industrie touristique de l’Inde», décembre 2007.
– PhoCusWright. «The Emerging Online Travel Market Place in India», 2006.
– Pacific Asia Travel Association. «Total Tourism India», 2006.
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages internationaux», 2007.

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Marchés géographiques

Mais qui sont ces Chinois-ci!? Profil des touristes chinois au Canada

Le marché chinois se classe au huitième rang des visiteurs outre-mer au Canada et ce, malgré l’absence du statut de destination autorisée (SDA) qui empêche notre pays de recevoir des groupes de touristes d’agrément et d’effectuer des actions de promotion en Chine. Cette situation particulière explique pourquoi les touristes chinois au Canada n’ont pas exactement le même comportement de voyage que ceux qui se déplacent vers d’autres destinations éloignées détenant le SDA. En outre, considérant le potentiel de ce marché, il y a lieu d’apprendre à le connaître. Pour faire suite à notre dernière analyse sur la Chine (Mettre les pendules à l’heure… de la Chine), voici donc un profil des touristes chinois au Canada et de ceux qui effectuent des voyages hors Asie, tels qu’étudiés par la Commission canadienne du tourisme (CCT) et d’autres sources. Même si les visas pour voyager au Canada ne sont émis que pour visiter un membre de la famille ou par affaires, une fois ici, ces voyageurs en profitent pour faire du tourisme d’agrément. La CCT s’est donc penchée sur les réelles motivations de voyage. Mentionnons que nous traiterons ici de la Chine continentale et que les régions administratives particulières de la Chine que sont Hong Kong et Macau ainsi que l’État de Taïwan ne sont pas inclus.

Profil sociodémographique

Les profils démographiques des voyageurs au Canada et hors Asie se ressemblent. En effet, ces touristes long-courrier, et encore plus ceux du Canada, représentent un groupe d’élite par rapport à la population chinoise. Leur niveau de scolarité, leur salaire et leur poste dans la hiérarchie du travail sont plus élevés et le quart sont retraités. Ils sont instruits, les trois quarts ayant fait des études postsecondaires. Ces voyageurs sont aussi plus âgés, particulièrement au Canada où 34% d’entre eux ont 55 ans ou plus.

Plus de 60% ont un revenu mensuel de plus de 10 000 yuans (1380 CAD), comparativement à environ la moitié des voyageurs hors Asie. Il s’agit de revenus largement au-dessus de la moyenne chinoise où seulement 10% de l’ensemble de la population peut s’offrir des biens de luxe tels que des voyages. Il convient toutefois de rappeler que 10% de la population représente quand même 130 millions d’individus…

Tableau 1
Caractéristiques sociodémographiques
des voyageurs récents
au Canada et hors Asie
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Source: CCT, 2006

Buts et types de voyages

Les voyages d’agrément comptent pour la moitié des déplacements hors Asie, mais les voyages au Canada présentent une tendance différente, soit 26%. Il s’agit de touristes chinois venus au Canada grâce à un visa, soit pour visiter des parents, soit par affaires, mais qui en profitent pour faire du tourisme d’agrément.

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Rappelons que, officiellement, le gouvernement chinois reconnaît deux types de voyages, soit les voyages d’affaires et les voyages personnels. Les premiers englobent quelques segments tels que les voyages officiels (fonctionnaires de l’État ou employés d’entreprises d’État en petites délégations de moins de 10 personnes), les voyages d’entreprises (propriétaires ou employés d’entreprises privées) et les voyages de motivation. Pour tous les voyages d’affaires, la portion relative au travail est négligeable et les voyageurs consacrent la majeure partie de leur séjour à des activités d’agrément. Les voyages personnels incluent les visites de parents et d’amis (VPA), les séjours d’étude ainsi que les voyages d’agrément en groupe.

Les Chinois voyagent seulement depuis quelques années et, en tant que nouveaux touristes, ils choisissent des types de séjours classiques tels que la visite des grandes villes et les visites touristiques générales. Avec le temps, les voyages se spécialiseront de plus en plus. Au Canada, les voyages sont plus susceptibles d’être entrepris pour visiter des membres de la famille et peu de voyages ont pour but de se renseigner sur l’histoire ou la culture ou de faire d’autres activités (magasinage, ski, etc.). Pourtant, le tourisme de plein air représente 11% des voyages hors Asie, principalement axés sur des activités douces en nature. La forte popularité de ce type de voyage en Asie (21%) annonce peut-être une tendance qui pourrait s’étendre aux pays plus éloignés et donc une occasion pour le Canada qui a beaucoup à offrir sur ce plan.

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Origine des touristes et destinations canadiennes visitées

Les touristes chinois proviennent des principales grandes villes – Beijing, Guangzhou, Shanghai et Shenzhen –, où le niveau de vie est largement plus élevé que dans les zones rurales.

En raison de leur importante communauté chinoise et des liaisons aériennes directes et quotidiennes avec Toronto et Vancouver, les provinces les plus visitées sont l’Ontario (85%), suivie de la Colombie-Britannique (80%). En fait, une majorité (66%) des voyageurs visitent ces deux provinces lors d’un voyage au Canada (66%). Environ 15% des visiteurs en provenance de la Chine visitent le Québec.

Comportement de voyage

Comme l’indique le graphique 3, une part importante (57%) des voyages se font à l’intérieur d’un forfait de groupe. Si l’on tient compte des autres types de voyages à forfait, le total est de 65%. Cette proportion est moindre au Canada (47%), où les VPA et les voyages d’affaires peuvent s’effectuer individuellement.

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  • Les voyageurs chinois interrogés préfèrent les hôtels à prix moyen lors de leurs voyages d’agrément long-courrier (56%). Les hôtels de luxe sont également populaires (25%). Évidemment, l’hébergement chez des parents et des amis est très fréquent pour les voyages au Canada (49%).
  • Ces touristes dépensent en moyenne 4496$ par personne pour un voyage au Canada et 4062$ pour ceux hors Asie. Avec une moyenne de 456$ par jour, les dépenses au Canada sont comparables à celles qu’on observe dans les autres destinations extérieures à l’Asie.
  • La durée moyenne de séjour est de 6 jours pour les voyages hors Asie et de 10 jours au Canada.

Les activités pratiquées se regroupent en trois classes: grand public (plus de 50% des voyageurs), spécialisées et créneaux. Ces dernières sont celles qui, sans exercer un attrait de masse en tant qu’activités de vacances, ont la faveur des groupes restreints de voyageurs. Il y a peu de différences entre les activités pratiquées lors des voyages au Canada et ceux hors Asie en général. On observe néanmoins dans le tableau suivant que le magasinage et la visite de points d’intérêt touristique ou de musées sont légèrement moins populaires au Canada que dans les autres voyages hors Asie. Par ailleurs, les visites de jardins, de parcs nationaux, de sites fauniques sont plus souvent choisies au Canada que dans d’autres destinations. La disponibilité de ce type d’expérience en est probablement la principale raison.

Tableau 2
Principales activités des voyageurs

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Source: CCT, 2006

Si l’approche du marché chinois vous intéresse, les sources ci-dessous vous informeront de son comportement en matière de planification de voyage. Et n’oubliez pas d’adapter votre accueil:
– Hôteliers, embauchez un membre de votre personnel qui parle le mandarin!
– Restaurateurs, faites traduire votre menu!
– Destinations, avez-vous un portail Web adapté? Prenez exemple sur Tourisme Ontario.
– Tous, apprenez quelques formules d’accueil!

Zai Jian! (Au revoir!)

Lire aussi
Mettre les pendules à l’heure… de la Chine

Sources:
– Commission canadienne du tourisme. «Recherche auprès des consommateurs en Chine», 2006.
– Commission canadienne du tourisme. «Rapport trimestriel sur le marché, Chine», juillet à septembre 2007.
– Mintel. «China Outbound, Travel & Tourism», Analyst no 19, novembre 2007.
– Visit Britain. «China, Market & Trade Profile», mise à jour janvier 2007.

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Mettre les pendules à l’heure… de la Chine

La Chine… et ses 41 millions de voyageurs internationaux en 2007 – en hausse de 290% depuis 2000 et de 18,6% par rapport à 2006 – …fait rêver. Pourtant, le Canada n’est toujours pas intégré à la liste des 134 destinations autorisées par le gouvernement chinois. Mais que cela signifie-t-il au juste? Où se situe le Canada par rapport à ce marché? Comment la situation évolue-t-elle? Quel est le potentiel auquel on peut s’attendre?

Le fameux «Statut de destination autorisée (SDA)» que le Canada n’a pas

D’une part, malgré une ouverture beaucoup plus grande, le gouvernement chinois surveille encore de près les déplacements de sa population. Officiellement, seuls les voyages effectués dans le but de visiter des membres de la famille qui vivent à l’étranger, d’étudier ou de faire des affaires sont permis. Il est possible de se procurer un visa pour ces raisons et les procédures s’assouplissent de plus en plus.

D’autre part, depuis 1997, la Chine accepte les touristes d’agrément en son sol et permet à sa population de réaliser des voyages d’agrément dans des destinations approuvées, soit dans les pays qui ont conclu une entente bilatérale avec la Chine et ont ainsi obtenu le SDA. Un visa peut être délivré aux résidants chinois qui feront partie d’un voyage de groupe (minimum de cinq personnes) organisé vers ces destinations par un grossiste autorisé par la Chinese National Tourism Association. Les voyages indépendants ne sont pas encore permis. Outre la possibilité d’accueillir les voyageurs d’agrément, l’autre avantage considérable pour les «destinations approuvées» est que celles-ci peuvent réaliser des activités de promotion auprès du marché chinois. C’est le début d’une nouvelle ère pour le tourisme chinois qui, depuis, ne cesse de progresser.

L’Australie a été le premier pays à obtenir ce statut en 1999 et la liste atteint maintenant 134 destinations. Le dernier en liste et non le moindre, les États-Unis, a conclu une entente en décembre 2007. Ce pays pourra recevoir des touristes d’agrément dès ce printemps. Le Canada accuse donc un retard évident dans l’avancement des discussions. Divers facteurs ont joué sur cette situation:

  • Notre proximité des États-Unis inquiétait la Chine en raison des risques de voir des déserteurs ou des réfugiés tenter d’entrer aux États-Unis par le Canada. Maintenant qu’ils ont obtenu le SDA, ce facteur n’est plus un enjeu et peut même faire avancer la cause du Canada.
  • Un conflit concernant un fugitif chinois a longtemps joué sur les relations avec la Chine, mais ce différend s’est adouci.
  • Les nouveaux irritants sont plutôt attribuables aux relations houleuses de l’administration du premier ministre Harper avec la Chine. Le gouvernement de M. Harper a en effet critiqué ses politiques en matière de droits de l’homme et qui a en outre officiellement reçu le Dalaï Lama, perçu par le gouvernement chinois comme étant un séparatiste.

Avec l’arrivée des États-Unis parmi les pays à SDA, beaucoup de Chinois souhaiteront probablement profiter de leur séjour dans ce pays pour faire un détour par le Canada (en utilisant les circuits classiques tels que New York – Toronto), mais ce ne sera pas possible tant que ce dernier n’aura pas obtenu ce fameux statut. Bref, toute l’industrie touristique attend ce moment avec impatience

Évolution du tourisme… qui dit mieux?

Selon l’Organisation mondiale du tourisme, la Chine sera le quatrième pays émetteur de touristes d’ici 2020, avec environ 100 millions de voyageurs dans le monde. Cette hausse est conditionnée par divers facteurs, dont:

  • L’augmentation de la population: après des années de croissance fulgurante (51% de 1960 à 1980), le rythme ralentit (6,2% de 2000 à 2010), mais devrait se poursuivre jusqu’en 2040.
  • L’économie en plus forte croissance: 8% en moyenne par année depuis 25 ans et la Banque Mondiale se dit optimiste concernant l’avenir de la Chine, malgré les défis et les incertitudes (pauvreté encore très présente, inflation, pollution, etc.). Le PIB (produit intérieur brut)de la Chine devrait progresser de plus de 11% en 2008. À titre comparatif, les pays à revenus élevés ont connu une croissance annuelle moyenne de 2,3% depuis 1996.
  • Une classe moyenne qui prend de l’ampleur: selon la China Brand Strategy Association, environ 175 millions de Chinois peuvent s’offrir des biens de luxe, soit 13% de la population. En 2010, ce nombre passerait à 250 millions.
  • Plus de vacances: depuis 1999, les Chinois bénéficient de trois semaines de congés fériés réparties dans l’année (la plupart des voyages se font durant ces périodes); en outre, les employés du gouvernement disposent, depuis 2000, de 14 jours de vacances supplémentaires par année et cette pratique rejoint d’autres secteurs d’emploi dans les villes.

Il est important de modérer les données concernant les voyages internationaux des Chinois en raison de la comptabilisation des régions administratives spéciales de la Chine que sont Hong Kong et Macau ainsi que l’État de Taïwan. Hong Kong et Macau accueillent à eux seuls 58% des 41 millions de voyageurs chinois internationaux. Par ailleurs, ces territoires représentent d’importants marchés pour le Canada (Taïwan 92 900 visiteurs et Hong Kong 109 700 visiteurs en 2006) et ne sont pas assujettis aux règles relatives au Statut de destination autorisée.

Mais où voyagent-ils? Viennent-ils au Canada?

Quoiqu’il s’agisse d’un petit pourcentage de la population, près de 41 millions de Chinois ont voyagé à l’étranger en 2007. De ce nombre, 36,3 millions de voyages s’effectuent en Asie: Hong Kong, Macau, Singapour, la Thaïlande, le Japon, le Vietnam et la Corée du Sud totalisent ainsi 86% des voyages internationaux.

Parmi les destinations long-courrier se trouvent l’Australie, l’Allemagne, les États-Unis, l’Italie et la France, l’ordre d’importance de ceux-ci variant selon les sources.

Malgré l’absence de ce précieux statut, le Canada reçoit un nombre important de touristes chinois qui voyagent principalement par affaires ou pour visiter de la famille, mais qui en profitent très souvent pour faire du tourisme d’agrément.

Potentiel pour le Canada

Selon le profil du marché chinois réalisé par VisitBritain, le Canada se place en quatrième position parmi les destinations rêvées (sans contraintes budgétaires). Il y a déjà un plus grand nombre de touristes chinois qui viennent au Canada plutôt qu’au Royaume-Uni ou en Nouvelle-Zélande, qui pourtant détiennent le SDA, ce qui porte à croire qu’une fois ce statut obtenu la croissance des arrivées pourrait s’accélérer.

À la suite d’une étude de consommation en Chine réalisée en 2006, la Commission canadienne du tourisme confirme que l’intérêt de ce marché pour le Canada est élevé. Même avec une estimation prudente réalisée à partir des résultats de l’enquête sur l’intérêt à visiter le Canada, la CCT évalue que cet intérêt représente un marché de quelque 500 000 visiteurs chinois potentiels dans les années suivant l’obtention du SDA.

Qui, parmi notre industrie touristique, se prépare à recevoir ce marché? Faites-nous part de vos initiatives en laissant un commentaire au bas de cette page!

Ne manquez pas le profil du marché chinois dans la prochaine édition du Globe-Veilleur.

Sources :
– CANSIM. «Enquête sur les voyages internationaux».
– Commission canadienne du tourisme. «Recherche auprès des consommateurs en Chine», 2006.
– Commission canadienne du tourisme. «Rapport trimestriel sur le marché, Chine», juillet à septembre 2007.
– McEwen, Anne. «Waiting for China’s Tourism Tiger», Capital News Online, 30 mars 2007.
– Mccabe, Aileen. «China Approves U.S. as Tourist Destination», 13 décembre 2007.
– Mintel. «China Outbound, Travel & Tourism», Analyst, no 19, novembre 2007.
– Tourism Australia. «China, ADS Visitor Experience Study», 2003.
– Visit Britain. «China, Market & Trade Profile», mis à jour en janvier 2007.