Catégories
Marchés géographiques

Le marché brésilien: une puissance montante

Les économies émergentes regorgent d’opportunités d’affaires pour les entrepreneurs de nombreuses industries, dont le tourisme. Pensons aux marchés chinois et indien. La libéralisation de l’économie, l’ouverture sur le monde, l’apparition d’une classe moyenne donnent habituellement naissance à un nouveau marché de voyageurs. Parmi les pays à surveiller: le Brésil. La 10e économie mondiale connaît une forte ascension et les prévisions semblent toutes aussi prometteuses. Une occasion à saisir pour le Canada? Le Québec? Portrait d’un marché émetteur de touristes en pleine expansion.

Connaissez-vous le BRIC?

Le BRIC, concept inventé par l’économiste Jean O’Neill de la banque d’affaires américaine Goldman Sachs,est un acronyme qui identifie le regroupement des pays aux économies émergentes que sont le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine. À l’heure actuelle, ces pays représentent 40% de la population mondiale et 27,3% du produit intérieur brut (PIB) de la planète. En 2010, le BRIC devrait regrouper une classe moyenne de plus de 500 millions d’habitants, soit l’équivalent de la population des 27 pays de l’Union européenne. On prévoit qu’en 2035 la taille des économies du BRIC dépassera celle du G7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni).

Pour le Canada, sur le plan touristique, le BRIC signifie près de 324 000 touristes, soit 7% de l’ensemble des touristes étrangers (autres que des États-Unis) au pays en 2006. Les graphiques 1 et 2 illustrent la répartition des marchés touristiques du BRIC au Canada et l’évolution de chacun d’entre eux au cours des cinq dernières années. La Chine représente le principal pays émetteur du BRIC, suivi de l’Inde, du Brésil et de la Russie.

CB_2007-10_marche_bresil_grphq1

CB_2007-10_marche_bresil_grphq2

 

Le Réseau de veille s’est déjà penché sur ces pays, sauf le Brésil; en voici un portrait.

Portrait du marché brésilien

Le Brésil compte environ 190 millions d’habitants dont 80% résident en milieu urbain. Le changement de gouvernement en 2003 a insufflé un vent d’optimisme au pays. L’économie s’en ressent ainsi que la propension des Brésiliens à voyager à l’étranger. Le tableau 1 présente un aperçu du marché émetteur brésilien.

CB_2007-10_marche_bresil_tbl1

Lorsqu’ils voyagent aux États-Unis, les Brésiliens fréquentent les restaurants, font du magasinage, vont dans les parcs d’amusement, visitent les sites historiques et les sites touristiques des milieux urbains. En plus de ses vacances d’été, la clientèle de classe moyenne supérieure effectue généralement un voyage de ski. À cet effet, les destinations préférées sont l’Argentine et le Chili, en juillet et août, et le Colorado en décembre et janvier.L’hôtel de 3 ou 4 étoiles constitue le mode d’hébergement le plus courant. Les solutions moins coûteuses telles que le recours aux parents et amis ou encore le camping s’avèrent aussi intéressantes.

Les voyages d’affaires des Brésiliens comptent pour 36% des départs à l’étranger. Cette proportion est similaire à celle de l’Allemagne, le plus grand marché émetteur du monde. Les voyages d’études sont également très prisés par les Brésiliens. Selon le Department of Commerce des États-Unis, le Canada a remplacé le géant américain comme destination favorite pour les voyages d’études à l’étranger. En 2004, 42 000 étudiants brésiliens se sont procuré des «forfaits études» pour des voyages à l’étranger et, en 2005,on prévoyait une hausse de 40% à ce chapitre. Les étudiants brésiliens: une niche à surveiller!

Opportunités, menaces et défis

En 2006, le Canada accueillait environ 65 000 voyageurs en provenance du Brésil. La plupart d’entre eux (82%) sont arrivés par l’Ontario, 9% par la Colombie-Britannique et seulement 7% par le Québec. Précisons que seule Toronto offre un lien aérien direct avec le Brésil, via Air Canada. Faute d’information récente sur les mouvements interprovinciaux, on présume que le Québec accueille une part beaucoup plus grande de voyageurs brésiliens, mais que leur entrée au pays se fait par l’Ontario. En 2004, Tourisme Québec estimait à environ 15 000 le nombre de visites-province réalisées au Québec par les Brésiliens.

Pour une meilleure performance du Québec sur ce marché, il faut cerner les opportunités. Déjà, on peut en identifier deux: le fait qu’il s’agisse d’un marché d’urbains provenant de milieux extrêmement denses et pollués laisse présager des besoins de grands espaces; et le Brésil comprend un marché de skieurs ouverts aux voyages de ski à l’étranger.

Le Canada comme destination semble plutôt en vogue auprès de la clientèle brésilienne. Dans un sondage en ligne sur les destinations prisées pour un voyage d’agrément alors que l’argent n’est pas un facteur, le Canada arrive parmi les 10 premières. Aussi, les États-Unis considèrent-ils le Canada comme un concurrent majeur sur ce marché.
Malgré ces atouts, les défis et les obstacles sont encore nombreux et certains préalables à l’émergence d’un marché touristique durable sont instables, déficients ou simplement inexistants:

  • La desserte aérienne est insuffisante entre le Brésil et le Canada. Cette situation est également vraie pour un grand nombre de destinations étrangères. Les principales compagnies aériennes brésiliennes ont récemment connu d’importantes difficultés financières et remontent tranquillement la pente.
  • En moyenne, seulement 2% du revenu des ménages est attribué aux loisirs. En 2005, cela représentait 180$. Les voyages en dehors du pays s’avèrent encore impensables pour la majorité de la population.
  • L’équilibre politique et économique du pays demeure fragile.
  • Les Brésiliens doivent se munir d’un visa de séjour pour venir au Canada.
  • Sur quelque 190 millions d’habitants, seulement 26 millions utilisent Internet (janvier 2007). Et comme la pauvreté est une réalité très répandue au Brésil, les technologies de l’information et les voyages sont hors des préoccupations d’une grande partie de la population.

Selon la Commission canadienne du tourisme (CCT), le Brésil a démontré une bonne performance au cours des dernières années comme marché pour le Canada. Le contexte socioéconomique du Brésil rend possible une croissance significative des visites au Canada. Actuellement en mode d’évaluation de ce marché, la CCT prévoit élaborer une stratégie de pénétration ciblée si les perspectives s’avèrent toujours positives.

Voir aussi:
Doit-on s’intéresser au marché russe?
L’Inde, un marché à surveiller
Quand la Chine s’éveille

Sources:

– Britain International Market Research, International Partnerships and Industry Relations. «Brazil Market & Trade Profile», VisitBritain, janvier 2007.
– Commission canadienne du tourisme. Marketing, Europe, Amérique latine.
– Ministère du Tourisme du Québec, «Le Tourisme au Québec en bref – 2004».
– Mintel. «Brazil Outbound», Travel & Tourism Analyst, no 7, mai 2007.
-Motte, Muriel. «Les ‘BRIC’ tiennent leurs promesses», Le Figaro, 23 octobre 2006.
– Normand, François. «L’autre géant des Amériques», Les Affaires, 22 septembre 2007.
– Normand, François. «Le BRIC bouleverse l’économie mondiale», Les Affaires, 1er septembre 2007.
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages internationaux», 2000 à 2007.
– US Commercial Service. «CS Brazil Market Research: Market Update on Travel & Tourism», décembre 2005.

Catégories
Segments de clientèles

Des clientèles qui ont du potentiel

Dans une dizaine d’années, quatre segments de voyageurs aériens retiendront particulièrement l’attention. Pourquoi eux? Parce qu’ils représenteront un bassin important de voyageurs, un potentiel de croissance significatif et de multiples occasions d’affaires. Voyage vers le futur proche…

Avec les années, il y aura toujours «plus»…

Avec les années, il y aura plus de voyageurs qui seront plus renseignés, plus avertis, plus exigeants, plus habiles avec la technologie. Ils auront un plus grand choix de destinations et de produits. Il y aura aussi une plus grande diversité de voyageurs de cultures, d’horizons et de styles de vie différents. (Lire aussi: Que nous réserve la bulle touristique dans les prochaines années?)

Le Henley Centre HeadlightVision (International strategic futures and marketing consultancy), en partenariat avec Amadeus (fournisseur de systèmes de distribution (GDS) et de services technologiques), a effectué une recherche afin de déterminer quels seraient les voyageurs aériens de 2020. Certains groupes se profilent en raison du bassin important qu’ils représentent, de leur potentiel de croissance significatif et des multiples occasions d’affaires à saisir.

Les seniors actifs

En 2020, les seniors actifs ont de 50 à 75 ans. En raison du vieillissement de la population, ils constituent le bassin de gens le plus important jamais vu. Vacances et escapades leur permettent de relaxer, de profiter de la vie et de la liberté de la retraite.

Ce groupe se décline en de multiples segments hétérogènes, leurs types de voyage et leurs besoins variant en fonction de leur état de santé et de leurs revenus de retraite.

Plusieurs de ces préretraités et retraités jouissent de bons revenus et multiplient les voyages. Ne pouvant toutefois pas compter sur des revenus illimités, nombreux sont sensibles au prix. Cela ne signifie pas pour autant qu’ils soient prêts à sacrifier toute forme de confort. Pour un long déplacement aérien ou pour une occasion spéciale, certains veulent plus que la classe économique.

Ils ont du temps pour préparer leur voyage, pour fouiller et pour profiter des bons prix. Cela n’exclut pas les réservations de dernière minute, car ils jouissent d’une liberté qui leur permet de partir à l’improviste.

Ils ont souvent un objectif de déplacement particulier: visite de parents ou d’amis, tourisme de santé, voyage culturel ou éthique, etc. Plusieurs d’entre eux ont cultivé un goût pour l’aventure et la découverte.

Les séparations et les deuils augmentent le volume de personnes qui voyagent seules.

Ayant adopté de saines habitudes de vie et les avancées en médecine aidant, ils sont généralement actifs et en forme. La santé demeure une préoccupation pour eux et les prestataires de services ont intérêt à miser sur ce facteur.

Les familles «mondialisées»

Selon les Nations Unies, 191 millions de personnes vivaient à l’extérieur de leur pays d’origine en 2005 (75 millions en 1960). Ces mouvements migratoires de tous les coins du monde vont continuer de croître.

Généralement, ces gens gardent des liens avec leur pays d’origine. Plusieurs y retournent pour renouer avec la famille et les amis restés au pays ou pour les vacances.

Leurs déplacements coïncident souvent avec des événements, des fêtes et des congés nationaux et ils réservent à l’avance. Les réservations de dernière minute sont dues à une situation incontrôlable comme la maladie ou le décès d’un proche.

La visite de leurs proches n’étant pas considérée comme des vacances, ils sont généralement sensibles au prix et ils sont conciliants face aux conditions de déplacement (vol de nuit, hors des périodes de pointe, etc.).

Cette clientèle se déplace souvent en famille, groupe hétérogène aux différents besoins allant des jeunes enfants jusqu’aux arrière-grands-parents.

Les travailleurs en vadrouille

Le monde du travail évolue et les barrières tombent. Le recrutement international s’intensifie, les déplacements se simplifient, la flexibilité des horaires de travail et la technologie améliorent la qualité de vie. Les occasions de décrocher l’emploi convoité dans une autre ville ou d’effectuer des contrats à divers endroits sans l’obligation de déménager se multiplient.

Certains se déplacent en période de pointe et réservent à l’avance afin de bénéficier de coûts avantageux. Une réunion inattendue peut les obliger à sauter dans un avion à la dernière minute et le facteur prix n’a plus d’importance. Leurs horaires de travail prennent diverses formes.

Ces voyageurs ont tous le même credo: flexibilité et temps. Tout ce qui leur permet d’optimiser leur temps devient impératif: rapidité de réservation, facilité de connexion, travail lors des déplacements, accès à la technologie de pointe, etc.

Certains, en raison de la conscience écologique grandissante, essaient de modifier leurs horaires de travail ou leurs modes de transport afin d’atténuer les effets négatifs de leurs déplacements sur l’environnement.

La classe élite des voyageurs d’affaires

Selon le US National Intelligence Council, les échanges commerciaux internationaux devraient connaître un essor important, soit une augmentation de 80%, de 2000 à 2020. Les entreprises font désormais des affaires en Chine, en Inde, au Brésil et en Russie. De cette effervescence économique et planétaire émerge un nombre grandissant de cadres supérieurs qui veulent voyager en première classe, en classe affaires et même en taxi aérien et en jet privé.

Ils voyagent seuls, avec la famille, avec des collaborateurs, et ils peuvent combiner affaires et agrément. Leurs déplacements sont souvent un mélange de voyages intérieurs et internationaux.

Leur temps est précieux. Travail ou relaxation, ils ne veulent pas d’obstacles et veulent pouvoir faire ce dont ils ont envie au moment où ils le désirent. La flexibilité doit être au rendez-vous.

Ces dirigeants ont des attentes élevées: service hautement personnalisé, expérience de luxe, exclusivité, déplacements sur mesure, etc. Il faut aller au-delà de leurs attentes; toute la prestation doit être fluide du début à la fin.

D’autres segments…

Dans le cadre de leurs recherches, le Henley Centre HeadlightVision a identifié d’autres groupes, comme les Gap year (lire aussi: «Gap Year Travel», peut-on mieux exploiter ce créneau?), les voyageurs solos (lire aussi: Le voyage solo en vogue), les groupes d’intérêts, etc.

À vos groupes, prêts, partez!

Source:
– Henley Centre HeadlightVision. «Future Traveller Tribes 2020», en partenariat avec Amadeus, Report for the Air Travel Industry, 2006.

Catégories
Enjeux Tendances

Que nous réserve la bulle touristique pour les prochaines années?

Quels sont les grands facteurs d’influence qui moduleront l’offre et la demande touristiques pour la décennie en cours? Pour n’en citer qu’un… la Chine et l’Inde deviendront les stars incontestées des prochaines années et s’imposeront sur la scène touristique.

  • Climat d’incertitude
    L’instabilité politique, économique, climatique et sanitaire des dernières années nous a appris que l’industrie touristique, et particulièrement le secteur aérien,  peuvent devenir très vulnérables et qu’aucune destination n’est à l’abri de ces menaces.
  • Hausse des prix du pétrole
    Les prochaines années laissent présager d’autres hausses du coût du carburant. Les multiples répercussions du prix du pétrole sur les entreprises touristiques entraîneront une augmentation des coûts pour le voyageur. Couplée aux facteurs de risque, on pourrait assister à une accentuation des déplacements intrarégionaux. Les pays les plus pauvres souffriront des hausses des frais de transport et auront besoin d’un soutien particulier.
  • Sécurité et formalités visant la facilitation des voyages
    Les modalités entourant la sécurité et la protection des voyageurs jouent un rôle important dans le positionnement d’un pays sur l’échiquier touristique. Les prochaines années devraient initier l’harmonisation des formalités.
  • Accroissement de la richesse, tant sur les marchés existants qu’émergents
    La prospérité économique constitue un vecteur de croissance touristique. Les marchés existants continueront d’accroître leur richesse. Parmi les marchés émergents, la Chine et l’Inde progresseront le plus rapidement. Les experts anticipent des problèmes d’engorgement des routes aériennes.
  • Développement du multilatéralisme et du régionalisme
    Les alliances Sud-Sud se développeront et créeront des rapports plus équitables. La consolidation politico-économique des grandes régions du monde qui est en train de s’organiser restructurera le mouvement de mondialisation. L’Asie deviendra un pôle économique sous surveillance. En conséquence, le tourisme, de même que les structures et les coûts des transports, seront grandement influencés.
  • Technologie au premier plan
    Que ce soit le développement des communications, la convergence d’Internet, du téléphone cellulaire et de la télévision ou la mise en service de nouveaux appareils aéronautiques, la technologie continuera à jouer un rôle de premier plan dans l’évolution de l’industrie touristique.
  • Changements démographiques
    La concentration des populations en milieu urbain de même que la dynamique familiale et professionnelle continueront à modifier le comportement de voyage. Le vieillissement de la population dans les grands pays industrialisés signifie qu’un plus grand nombre de baby-boomers disposeront de temps et d’argent pour voyager. Sur ce point, certains experts émettent cependant des bémols quant aux sommes discrétionnaires des revenus de retraite.
  • Augmentation du pouvoir du consommateur grâce à Internet
    On observe un déplacement du centre du pouvoir du professionnel en tourisme vers le voyageur en ce qui concerne l’accès à l’information, les prix et les réservations. Les consommateurs maîtrisent bien l’Internet et les décisions qui en découlent.
  • Amélioration de la qualité de vie comme motivation au voyage
    Que ce soit pour le désir de découvrir, pour enrichir son existence, pour se reposer ou pour faire une cure de jeunesse, le tourisme comptera parmi les éléments qui contribueront à améliorer la qualité de vie.
  • Intensification de la concurrence
    Dans une perspective de croissance économique, chaque ville, région et pays réclameront une part du gâteau touristique. Dans ce contexte, la stratégie d’image prendra de l’importance.
  • Stratégies promotionnelles à l’enseigne des partenariats public-privé
    De tels partenariats s’observeront plus particulièrement dans les pays dotés d’un régime politique fédéral ou fortement décentralisé.
  • Renforcement des fusions et des acquisitions
    Hôtellerie, compagnies aériennes, réseau de distribution et voyagistes poursuivront leurs vagues d’acquisitions.
  • Carence des infrastructures touristiques
    En ce qui concerne les infrastructures dans les grands pays occidentaux, on observe un manque de planification pour répondre à la croissance internationale à venir. Agrandir un aéroport ou augmenter le parc hôtelier exige un calendrier de préparation de plusieurs années.
  • Produits en plein essor
    Le tourisme vert, le tourisme de bien-être (spas) et le tourisme de santé (chirurgies et convalescence) sont des produits en plein essor. Bien que l’on parle de segmentation et de spécialisation, le tourisme de masse n’est pas en voie d’extinction.

Flirter avec la Chine et l’Inde

Même si la Chine et l’Inde constituent des marchés potentiels énormes, la liste de leurs prétendants est longue. Plus de 170 destinations se servent de leurs charmes pour faire la cour aux Chinois et aux Indiens. Malgré leur bon vouloir, le modèle de déplacement des voyageurs des marchés émergents à l’extérieur de leur pays demeure souvent le même. Dans un premier temps, les déplacements se font en groupe et les pays limitrophes récoltent une large part du gâteau. Dans un deuxième temps, l’Europe et l’Amérique du Nord (particulièrement la côte Ouest) s’inscrivent dans leur rayon de déplacements et les voyageurs individuels se multiplient.

Certains comportements diffèrent toutefois. Les voyageurs chinois voudront trouver une certaine sécurité en matière de langue et de nourriture et seront attirés par les communautés chinoises importantes à l’étranger. Quant aux voyageurs indiens, leur expérience de voyage fait en sorte qu’ils sont plus aptes à se déplacer individuellement et ce un peu partout à travers le monde.

Il est tout de même temps d’entrer dans la ronde pour ceux qui désirent figurer dans l’imaginaire de ces voyageurs. 

Le tourisme en général devrait poursuivre son ascension

Si l’on se fie aux cinquante années passées et même si, certaines années, le profil de la courbe de croissance a subi quelques modifications, le tourisme n’est pas prêt de péricliter. Mais… malgré l’augmentation annuelle de la demande internationale anticipée de 4,2%, les régions se font de plus en plus nombreuses à vouloir courtiser les voyageurs.

Sources:
– Baumgarten, Jean-Claude. Président du World Travel & Tourism Council (WTTC) et invité du Cercle de tourisme du Québec, 20 avril 2006.
– Désiront André. Entrevue avec M. Jean-Claude Baumgarten à l’occasion de son allocution au Cercle de tourisme du Québec, 20 avril 2006.
– Frangialli, Francesco. «Défis pour un nouveau millénaire», Le Devoir, 1er et 2 avril 2006.
– Sarrasin, Bruno. «Temps de ruptures et continuités», Le Devoir, 1er et 2 avril 2006.

Catégories
Produits et activités

Quand les touristes jouent à la chasse au trésor

Nous apprenions récemment que les touristes français s’adonnaient, depuis peu, à un nouveau jeu: le GPS-Safari. Il se trouve qu’on y joue au Québec aussi, sous un autre nom peut-être (le geocaching), mais avec les mêmes règles. En quoi cela consiste-t-il et pourquoi l’industrie du tourisme aurait-elle intérêt à développer ce concept?

Au Québec, on joue à la chasse au trésor GPS

Ce jeu-loisir, qui a vu le jour en l’an 2000 en Oregon (États-Unis), est directement issu de la tradition Harry Potter. Il consiste en une chasse au trésor dont les règles du jeu sont simples: trouver des «trésors» cachés dans la nature ou dans des endroits publics de la ville ou de la région.

Ces «trésors», généralement de peu de valeur, sont placés dans un petit contenant qui les protège des intempéries. Ils sont accessibles à pied, à vélo, en moto, en kayak, en raquettes ou à skis!

Pour connaître l’adresse GPS (système de positionnement mondial ou Global Positioning System, en anglais) d’une cachette afin de trouver ces trésors, il suffit de visiter le site Internet geocaching.com.

Au Québec, plus de 1700 joueurs seraient déjà accros de la chasse au trésor GPS (geocaching ou géocachette). Et la tendance semble vouloir faire boule de neige puisqu’elle se pratique déjà dans 221 pays environ (avec plus de 243 000 caches actives, dont pas moins de 2000 au Québec).

Mis à part l’achat d’un GPS (environ 150$CA), ce loisir ne coûte rien. Lorsqu’on trouve un trésor, il faut signer un petit carnet, le logbook. On a alors le choix de remplacer l’objet par un autre et ainsi laisser le plaisir à d’autres de continuer le jeu. Le contenu de la cache change donc continuellement.

En France, on découvre le GPS-Safari urbain

Dans le Doubs, initiative conjointe du Comité départemental du tourisme et de l’office de tourisme de Pontarlier, les touristes français s’adonnent depuis peu au GPS-Safari.

Dans les villes de Besançon, Montbéliard et Pontarlier, l’on pratique déjà ce nouveau jeu de piste high-tech, qui se décline en fonction de divers centres d’intérêts (21 parcours différents selon les goûts: circuit urbain, circuit nautique, circuit nordique, etc.) et différents niveaux de difficulté (de 1 à 5 étoiles, soit de facile à très difficile).

Pour l’occasion, 70 objets ont été dissimulés dans tout le département et la ville prête gratuitement des GPS contre une pièce d’identité.

Avec ou sans GPS

Avec ou sans GPS, le concept fait également des émules:

  • En Belgique, où sera organisé, le 14 mai prochain, la 2e édition du Bruxelles Challenge, un jeu de piste multimédia avec téléphone cellulaire (GSM). Ce jeu urbain, ouvert à tous (touristes, familles, collègues de bureau, etc.), consiste en une sorte de chasse au trésor qui oblige les participants à passer par un ensemble de sites touristiques des plus représentatifs.Une série d’énigmes leur est proposée en rapport avec l’histoire, la culture ou l’originalité des sites. Tout le long du parcours, les joueurs doivent prendre des photos selon les instructions reçues et les envoyer aux organisateurs dans un délai précis, par connexion Internet.Cette activité est organisée par la Ville de Bruxelles et de nombreux partenaires se sont joints au groupe: restaurants, journaux locaux, éditeur de guides touristiques, fabricant de boissons gazeuses, etc.
  • À Paris, où, sous le même angle et tous les trois mois, des milliers d’aventuriers envahissent les rues de la capitale après avoir rempli leur bulletin de participation sur Internet. Dans cette variante du jeu, les participants cherchent des réponses à des énigmes qui leur permettront de gagner un prix de quelques milliers d’euros.

En France, l’agence événementielle Stratevent organise de nombreuses chasses au trésor et d’autres rallyes touristiques, comme:

  • la chasse au trésor sur la Seine… en zodiac, pour découvrir le fleuve parisien de manière insolite et inhabituelle;
  • la rallye en buggy, pour découvrir les rues et les quartiers de Paris;
  • le rallye Da Vinci Code, pour parcourir le Louvre sur les pas des personnages du fameux roman;
  • le rallye des peintres, pour les amoureux de la nature. Ce rallye propose la visite du village de Barbizon (forêt de Fontainebleau), fréquenté par de nombreux peintres, sculpteurs et écrivains.

Voilà d’excellentes idées de Team Building pour les entreprises!

La géolocalisation vous intéresse, lisez aussi:
Quand le tourisme marie la technologie, le bébé s’appelle géo-services (11 novembre 2005).

Voir aussi

Geocaching France
GPS-Safari du Doubs (France)
Geocaching Suisse
Stratevent (France)

Sources:

– Dubois, Annie. «Un nouveau loisir: le ‘géocaching’», Québec Micro, (sans date).
– France 3. «Safari urbain avec GPS à Pontarlier», 12 avril 2006.
– Gagnon, Josiane. «Chasse au trésor high-tech», Le Nouvelliste, 27 février 2006.
– L’Oeil laser. «Les Parisiens s’adonnent à une chasse au trésor», février 2006.
– La Haye, Dominique. «Géocachettes et globe-trotters», Le Droit, 9 janvier 2006.

Catégories
Marchés géographiques

Connaissez-vous le marché sud-coréen?

À l’heure de l’effervescence chinoise, un autre pays asiatique voit sa population prendre plus que jamais le chemin des destinations étrangères. En 2005, plus de 10 millions de Sud-Coréens ont voyagé à l’international, une croissance de 14,3% par rapport à 2004 et un record pour ce pays de 48 millions d’habitants. Le Canada et le Québec pourraient-ils tirer meilleur parti de la croissance du tourisme sud-coréen?

Profil des touristes

Le marché touristique sud-coréen est relativement jeune alors que 52,4% des touristes internationaux ont moins de 40 ans et que 29,1% ont moins de 30 ans. En 2004, 78% des touristes sud-coréens qui sont venus au Canada pour un voyage d’agrément étaient âgés de 20 à 35 ans.

Par ailleurs, il faut souligner que la République de Corée figure parmi les pays les plus «branchés». En effet, selon une étude Ipsos-Reid, 70% des adultes sud-coréens sont des internautes, soit une proportion similaire à celle enregistrée au Canada et aux États-Unis. Les consommateurs sud-coréens sont donc fortement susceptibles d’être inspirés par Internet pour prendre leurs décisions de voyages. Selon un récent sondage de Global Market Insite, 69% d’entre eux ont navigué sur le Web pour trouver des idées et 65% affirment avoir réservé plus de la moitié de leur voyage en ligne.

Destinations prisées

Les destinations asiatiques sont naturellement les premières à bénéficier de la croissance du tourisme sud-coréen. En 2005, selon les données de la Korea National Tourism Organization, l’Asie demeure la destination privilégiée des Coréens avec 72,6% des voyages internationaux. La Chine et le Japon accaparent à eux seuls 51,1% des séjours à l’étranger.

Les Amériques conservent la 2e position avec 8,3% des voyages, juste devant l’Europe (5,8%) et les régions du Pacifique (4,5%). Par contre, depuis les événements de septembre 2001, les voyages vers les États-Unis ont été fortement ralentis par les exigences accrues sur le plan de l’émission des visas. En 2005, les États-Unis ont tout de même accueilli plus de 705 000 voyageurs sud-coréens. 

Seulement 38% des voyages en Amérique ont été faits par agrément. Une proportion nettement moins élevée que pour l’Europe (51,8%), l’Asie (62%) et le Pacifique (77%). D’ailleurs, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Europe occidentale figurent parmi les concurrents identifiés par le Commission canadienne du tourisme (CCT).

La situation canadienne

Un sondage de Korea Travel News réalisé en 2004 indique que les Coréens classent le Canada en 7e position parmi leurs destinations outre-mer préférées (4,2% des répondants).

En 2005, selon les données de Statistique Canada, les Coréens ont généré 191 000 voyages-personnes au Canada, positionnant ainsi la République de Corée au 2e rang des marchés asiatiques derrière le Japon (441 000), mais devant la Chine (120 000),  Hong Kong (113 000) et Taiwan (100 000). 

Les grossistes coréens interrogés par la CCT précisent que la Colombie-Britannique demeure la destination canadienne la plus demandée, avec 35% des ventes de produits canadiens pour les voyages estivaux, suivie de l’Ontario (25%), de l’Alberta (25%) et du Québec (15%).  Cette répartition géographique n’est pas surprenante car Air Canada offre une liaison quotidienne entre Séoul et Vancouver.

Toutefois, l’industrie touristique ontarienne bénéficie de la présence d’une liaison saisonnière entre Séoul et Toronto. En 2005, ce vol direct était offert à une fréquence de trois vols par semaine, uniquement de juillet à octobre. D’ailleurs, en avril 2005, l’Ontario a mené une première mission commerciale à Séoul afin de consolider les rapports avec les principaux voyagistes et les transporteurs partenaires.

Et au Québec?

Avec 16 700 visiteurs, la Corée du Sud demeure un marché marginal qui vient au 11e rang des destinations outre-mer au Québec. De plus, près de 5000 de ces touristes sont venus au Québec pour y faire des études. Un nombre peu surprenant quand on sait que la République de Corée constitue le plus grand  bassin d’étudiants étrangers dans les établissements d’enseignement canadiens.

Toutefois, le marché sud-coréen mérite de rester sous surveillance, car le Québec dispose d’une offre touristique susceptible d’intéresser cette clientèle. L’enquête de la CCT auprès des grossistes sud-coréens révèle que, dans l’ordre, le tourisme itinérant, la nature et les séjours dans les villes et les centres de villégiature, sont les produits qui se vendent le mieux pour la saison estivale, alors que, pour ce qui concerne les voyages en automne, la nature prend la première position devant le tourisme itinérant et les séjours dans les villes et les centres de villégiature.

Une croissance remarquable

Si l’on considère qu’en 2000 la République de Corée (Corée du Sud) émettait 4,8 millions de visiteurs vers l’étranger et que les voyages internationaux asiatiques ont été fortement ralentis en 2003 lors de l’épidémie de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère), la croissance enregistrée au cours des dernières années est vraiment remarquable. Cette performance touristique (10 millions de voyageurs internationaux) positionne d’ailleurs ce pays parmi les plus importants marchés émetteurs asiatiques, derrière la Chine (20 millions) et le Japon (17 millions).

Parmi les facteurs contribuant à cette hausse, il faut souligner la vitalité économique du pays dont le PNB connaît une croissance soutenue depuis quelques années et qui se situe désormais au 11e rang mondial, juste devant l’Australie et le Brésil. En 2004, le PIB par habitant (19 000$ – 49e rang mondial) était égal à celui de plusieurs petits pays européens et fortement supérieur à celui de la Chine (5560$).

D’autre part, le gouvernement sud-coréen a récemment instauré une réduction du temps de travail hebdomadaire qui passe de 44 à 40 heures, entraînant la normalisation de la semaine de cinq jours. Pour la majorité des entreprises, la date butoir pour se conformer à la loi était fixée au premier juillet 2005. Toutefois, ce n’est qu’en 2011 que tous les travailleurs sud-coréens auront deux jours de congé par semaine. Naturellement, un tel changement social aura une incidence sur leur temps libre, donc sur leur disponibilité à voyager.

Il sera donc très intéressant de suivre l’évolution de ce marché.

Sources :

– Commission canadienne du tourisme. «Corée – Rapport trimestriel du marché -2005», 1er, 3e et 4e trimestres de 2005. [http://www.canadatourism.com/]
– Commission canadienne du tourisme. «Voyages intérieurs et voyages en provenance des États-Unis et d’outre-mer à destination du Canada – Analyse des perspectives du marché à court terme», 1er, 3e et 4e trimestres de 2005. [http://stage.canadatourism.com/]
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages internationaux», Catalogue no 66-001-PIF, décembre 2005.
– «The Korean Outbound Tourism Miracle», Hotel Marketing , [http://www.hotelmarketing.com], 13 février 2006.
– Tourism Australia. «Korea – Australia’s Market Share and Brand Position», [www.tourism.australia.com/korea], juillet 2005.

Catégories
Enjeux Gestion

Tourisme: les défis de demain

Lors de la tenue du Cercle de tourisme de la Chaire de Tourisme – ESG, UQAM, le 22 septembre 2005, M. Jean-Marc Eustache de Transat inc. a fait part des défis de demain pour le tourisme. Vous pouvez lire son allocution à l’adresse suivante: http://www.transat.com/fr/centre_medias/2.3.discours.asp

Catégories
Marchés géographiques

Doit-on s’intéresser au marché russe?

On entend de plus en plus parler du potentiel prometteur du marché russe. Selon l’Organisation mondiale du tourisme, la Russie figurera parmi les dix premiers pays émetteurs de touristes internationaux d’ici 2020. Les dépenses des Russes pour des loisirs augmenteront de 400% de 2000 à 2015. Mais que connaît-on de ce nouveau bassin de visiteurs? Où prennent-ils leurs vacances? Comment voyagent-ils? Et, surtout, est-ce que le Québec devrait s’intéresser à cette clientèle?

Davantage qu’un marché marginal

En 2003, la Russie arrive au 13e rang parmi les clientèles internationales en termes de dépenses (7,6 milliards $US). Le pays compte 145 millions d’habitants et le nombre de voyageurs a considérablement augmenté au cours des dix dernières années, pour atteindre 20,5 millions en 2003 selon les chiffres publiés par le Comité d’État aux statistiques. Plusieurs de ces déplacements incluent toutefois les travailleurs qui franchissent les frontières quotidiennement. La firme IPK International évalue les réels voyages touristiques d’une nuit et plus à 12 millions en 2003. Ils devraient atteindre 14 millions en 2004.

Il y a bien sûr ce petit segment de la population (1 à 3%) appartenant à la classe excessivement aisée qui voyage régulièrement à l’étranger. Mais on remarque également l’émergence d’une classe moyenne qui forme environ 9% des Russes. Cette dernière possède des valeurs intimement liées à l’industrie du loisir, à la mode, à la consommation et aux voyages.

Près du quart de ce segment de population habite Moscou (22% des habitants). Ses revenus individuels oscillent de 20 000 à 40 000$ annuellement. Ces moscovites types disposent d’un appartement, d’une résidence secondaire, d’une automobile, d’un téléphone cellulaire et sont branchés sur Internet.

Quelques chiffres

Plus de la moitié (57%) des déplacements internationaux (11,6 millions de voyages) s’effectuent à l’intérieur des républiques de l’ex-URSS telles que l’Ukraine et l’Arménie. Pour le reste, la Finlande, la Chine et la Turquie récoltent une part importante de ce marché (graphique 1). 

Pour ce qui est du tourisme d’affaires, la Chine, les pays Baltes, les anciens pays de l’URSS, l’Allemagne et la Finlande constituent actuellement les principales destinations. D’autres pays comme la Turquie et l’Égypte se démarquent de plus en plus, notamment sur le segment des voyages de motivation. Selon l’enquête d’IPK, environ le quart des déplacements touristiques des Russes s’effectuent pour affaires.

Profil du marché

L’industrie touristique russe s’est développée de façon spectaculaire au cours des quinze dernières années. En 2003, on recensait quelque 3345 voyagistes et agences de voyages. Les touristes voyageant en groupes sont généralement accueillis par des professionnels russes travaillant dans le pays de destination. Ce sont les touristes individuels qui évoluent le plus rapidement.

Jacques Ragon, consultant, identifie trois profils distincts parmi les touristes russes.

  1. Les «nouveaux russes», qui se caractérisent par leurs excès. En effet, ils peuvent facilement dépenser plus de 25 000$ par semaine au cours de leurs voyages.
  2. Les «néophytes», préférant découvrir de façon économique, voyagent au sein de groupes nombreux.
  3. Les «avancés», constitués de Russes nouvellement aisés, possèdent un niveau d’études élevé, de même qu’une culture et un savoir-vivre supérieurs. Ce segment a le goût d’explorer de nouvelles destinations et n’hésite pas à le faire.

C’est la présence d’une offre authentique qui provoque chez les Russes l’envie de visiter une destination. On constate aussi un fort sentiment nationaliste qui entraîne un préjugé favorable à une offre adaptée à leurs besoins, telle qu’une partie d’un site Internet traduite en russe. Voici d’autres caractéristiques de ces voyageurs internationaux:

  • ils habitent dans les grandes villes, 
  • plus de 66% sont des hommes,  
  • environ la moitié (51%) a moins de 34 ans, 
  • le soleil et les plages constituent le type de vacances le plus prisé (36%), 
  • les visites urbaines sont tout aussi populaires (35%), 
  • ils privilégient l’hébergement 4 étoiles et plus, 
  • ils dépensent en moyenne 150 $US par jour, 
  • ils voyagent autant l’été que l’hiver, 
  • on constate leur engouement croissant pour des produits d’hiver comme le ski alpin, 
  • ils sont fiers d’effectuer leurs déplacements de manière autonome (ex.: voiture de location), 
  • ils recherchent le meilleur rapport qualité/prix.

Doit-on s’intéresser à ce marché?

Plusieurs pays européens situés aux portes de la Russie tirent bien leur épingle du jeu. Par contre, la force de l’euro pourrait amener les Russes à regarder ailleurs. On remarque notamment d’importantes baisses du côté de la Finlande, pays jugé désormais trop coûteux. Les voyageurs se tournent progressivement vers de nouvelles destinations qui leur procurent un meilleur rapport qualité/prix comme l’Inde, la Tunisie et Dubaï.

D’autres facteurs jouent un rôle favorable lorsque vient le temps d’évaluer l’intérêt potentiel du marché russe envers le Canada ou le Québec. Par exemple, cette clientèle a l’habitude de voyager sur de grandes distances, ce qui est compatible à nos grands espaces. De plus, ce segment affiche un niveau de dépenses supérieur. Si l’on se fie aux données recueillies par l’Université de Chypre, les Russes en visite sur l’île en 2000 et 2001 ont dépensé 48% plus que les Allemands et 23% plus que les Britanniques.

Bien que le Canada pourrait miser sur des produits offrant un meilleur rapport qualité/prix, en vertu d’un dollar plus abordable que l’euro, il semble que nous soyons encore loin de la mire russe. Actuellement, la Russie n’apparaît même pas dans le top trente des principaux pays émetteurs qui visitent le Canada. Toutefois, en dépit de son statut encore marginal pour le Québec, sa progression rapide mérite qu’on surveille ce bassin du coin de l’oeil. Mais il semble un peu prématuré pour les intervenants du Québec de s’y lancer avec des offensives soutenues et coûteuses. Plusieurs autres destinations plus «naturelles», tant sur les plans géographique qu’historique, attireront davantage l’attention des Russes à titre de premiers voyages. Peut-être apparaîtrons-nous dans le radar russe à moyen terme? Une révision des actions sur ce marché pourrait alors être envisageable.

Sources:
– Cockerell, Nancy. «Russia’s Travel and Tourism Industry», ITB Special Press Release, février 2005.
– Euromonitor. «Consumer Lifestyle in Russia», février 2005.
– Ragon, Jacques et Elena Soboleva-Cissac. «Le marché russe a changé!», Revue Espaces, no 223, février 2005.
– Semenov, Maksim. «La Russie, un marché potentiel considérable», Revue Espaces, no 223, février 2005.
– Semenov, Maksim. «Pour être fidélisés, les touristes russes doivent être mieux accueillis!», Revue Espaces, no 224, mars 2005.
– Statistique Canada. Enquête sur les voyages internationaux, 2004.

Catégories
Segments de clientèles

Bienvenue dans le merveilleux monde des sociostyles!

Les strates démographiques constituent certes la base de la segmentation, mais qu’en est-il des «sociostyles»? Sont-ils annonciateurs d’une mode ou d’une tendance lourde? À moins qu’il ne s’agisse d’une nouvelle invention des spécialistes marketing pour pousser les gens à la consommation. Il s’avère tout de même intéressant d’intégrer ces nouvelles tendances à son vocabulaire et d’y déceler quelques occasions d’affaires.

Histoire de se mettre au parfum!

Nous sommes à l’ère de l’individualisation, d’où la prolifération de la segmentation et des marchés de niche. Tous les produits se déclinent désormais pour répondre aux multiples préférences des consommateurs et il semble que la nouveauté n’ait de limite que celle de l’imagination des gens.

Il existe toujours les bons vieux segments démographiques qui dictent les courants de consommation, mais parallèlement, les grandes firmes de marketing identifient certains comportements sociaux.

L’entreprise de marketing Claritas a développé un système de segmentation de la clientèle (PRIZM) afin de décortiquer et de comprendre le comportement du consommateur. Ce système découpe la population américaine en 15 différents groupes et 62 segments selon la démographie, les préférences, les comportements et les styles de vie. Ces regroupements vont du Urban Uptown au Beltway Boomers en passant par le Gray Power et les Young Influentials, sans oublier les Up-and-Comers, les White Picket Fences et les Fast-Track Families. Comme quoi rien n’est facile au pays de la segmentation!

Au-delà de ces catégorisations, nous observons certains phénomènes sociaux qui peuvent orienter le développement des produits et des services ou modifier notre façon de nous adresser à nos clients potentiels.

Le Metrosexual

L’expression Metrosexual a été inventée par l’écrivain anglais Marks Simpsons en 1994 et reprise par les médias en 2002. Précisons que metro est dérivé de metropolitain et non du transport en commun. Le Metrosexual type est l’homme urbain branché chez qui priment l’apparence et le mode de vie:

  • il est âgé entre 20 et 40 ans;
  • il aime magasiner et paie le prix pour de grandes marques connues;
  • il soigne son apparence: coiffeur-styliste, entraînement physique, massage, soins de la peau, manucure, épilation;
  • il apprécie les bonnes et belles choses: design intérieur, vin, nourriture, voiture;
  • il lit des magazines pour hommes où la politique étrangère côtoie les recommandations des meilleures crèmes pour le visage;
  • il apprécie les sports, mais diffère des vrais amateurs;
  • ses goûts se rapprochent de ceux des femmes;
  • il possède beaucoup de caractéristiques qui s’apparentent à la clientèle gay, mais il est hétérosexuel.

Cette clientèle carbure aux marques branchées, mais elle n’est pas très fidèle puisqu’elle aime la nouveauté. Pour lui plaire, les hôtels se «revampent», adaptent leurs menus et retapent leurs salles de bain. Les dirigeants des spas le courtisent et un placement publicitaire dans les magazines qu’il aime lire produira son effet.

La Massclusivity

La Massclusivity désigne une clientèle désireuse d’obtenir des privilèges en exclusivité. Elle veut jouir de prérogatives liées à son statut. Elle raffole des cartes de membres qui lui accordent ces privilèges exclusifs.

Hôtels «griffés», accessibilité à une plage déserte, friandises confectionnées par un grand chocolatier, accès à un club de nuit privé ne sont que quelques exemples de ses intérêts. On peut même aller jusqu’à lui faciliter l’achat d’une propriété dans un pays étranger. Lufthansa a ouvert à Francfort le premier terminal dédié à cette clientèle et offre des vols première classe qui lui sont entièrement réservés. Singapour Airlines envisage d’emboîter le pas. Avec la croissance du nombre de nouveaux riches asiatiques, cette tendance ne s’essoufflera pas dans les prochaines années.

Sans cibler cette clientèle haut de gamme, la démocratisation du luxe (produits et services de qualité à prix abordables) nous permet tout de même de rejoindre un segment beaucoup plus substantiel de personnes. Pas besoin d’un emballage de chocolats Godiva exclusif à 350 $US, mais des truffes sur la table de nuit peuvent suffire.

Les Masters of the Youniverse

L’individualisation et l’indépendance sous-tendent le courant sociétal des Masters of the Youniverse. Ce nouveau consommateur veut créer et contrôler son propre univers. Internet et le téléphone cellulaire lui offrent la liberté, la rapidité et la mobilité qu’il recherche. La venue des transporteurs et des hôtels à bas prix lui procure la flexibilité désirée. Le forfait tout inclus et le voyage organisé comblent son besoin de facilité, tandis que le voyage à la carte lui permet de répondre à ses goûts particuliers.

On lui offre trente parfums de glace, des huiles d’olive au goût d’herbe coupée, de la musique pour tous les styles. La multiplication des produits et services lui permet de personnaliser son «univers» en fonction de ses besoins et de ses goûts.

La génération C

La génération C ne constitue pas un nouveau segment démographique des jeunes nés entre le 3 novembre 1987 et le 12 avril 1991. La consommation de «contenu» décrit plutôt l’origine de ce phénomène. Celui qui a généré tant d’information sur Internet, celui qui oblige à augmenter sans cesse la puissance des micro-ordinateurs, celui qui ne jure que par le multimédia (images, audio, etc.).

On décèle un fort courant de gens «technos». Qu’à cela ne tienne, on utilisera la techno pour développer un nouveau produit, pour s’adresser à eux ou pour révolutionner une façon de faire dans la publicisation de produits.

La société a changé et continue de changer, qu’on se le dise!

Le cocooning se mute en nesting… on pourrait presque décliner à l’infini le croisement des segments démographiques et des comportements sociaux. Est-ce que les gens s’identifient vraiment à ces segments? On ne parierait pas là-dessus. Il faut tout de même s’arrêter pour réfléchir et comprendre comment vit et évolue notre société. Ces grands courants nous permettent de mieux saisir qui sont en fait nos clients potentiels et actuels, de mieux prévoir ce que nous réserve la boule de cristal ou encore de l’inventer.

On écrivait précédemment que la nouveauté se limite à l’imagination des gens. Et bien, on constate l’émergence d’une classe créative dans les domaines du génie, des arts, de l’entrepreneuriat, de la médecine, du droit, etc. qui trouve des solutions à des problèmes, réinvente les façons de faire traditionnelles et innove.

Il est utopique de croire qu’un produit peut intéresser tous les voyageurs. Mais il ne suffit pas de les segmenter, il faut savoir leur parler, car il existe de nombreuses manières de s’adresser à eux.

Sources:
– Claritas [www.clusterbigip1.claritas.com].
– Martineau, Annie. «Être ou ne pas être métrosexuel», Amabilia – Sociétés [www.amabilia.com].
– Trendwatching.com [www.trendwatching.com].

Catégories
Segments de clientèles

Êtes-vous prêts à accueillir des touristes à capacité physique restreinte?

Voyager avec un handicap, ce n’est pas qu’une question d’accessibilité. Pour une personne à capacité physique restreinte, le processus menant à devenir un touriste actif repose sur un cheminement ardu. Une meilleure connaissance des réalités que vivent ces voyageurs peut certainement faciliter leur intégration et améliorer la qualité de leur expérience touristique. Selon Kéroul, il s’agit d’un marché qui représente environ 15% de la population des pays industrialisés.

L’envie de voyager est la même pour chacun, handicap physique ou non. Devenir touriste quand on vit avec une capacité physique restreinte ne constitue pas une étape automatique pour tous ceux qui en manifestent le désir. Une enquête qualitative menée auprès de plusieurs de ces personnes a permis de mieux comprendre le difficile parcours à franchir pour concrétiser leurs rêves de voyages.

Apprendre à être touriste

D’abord, accepter son handicap et apprendre à vivre avec représentent un préalable à toute participation à des activités touristiques. Devenir touriste, c’est aussi admettre faire activement partie de la société. Cette prise de contact avec la vie active mène plusieurs personnes à explorer les avenues de voyages s’offrant à elles.

Toutes les cultures ne voient toutefois pas les choses de la même façon. Par exemple, dans la communauté chinoise, les personnes atteintes d’un handicap ne devraient pas prétendre à un style de vie associé au luxe. Aux yeux de la société, ces gens se doivent de mener une vie simple, ce qui les oblige à franchir d’immenses barrières individuelles ou sociétales avant même d’aspirer au voyage. Certains marchés touristiques s’avèrent donc plus porteurs que d’autres.

Une planification minutieuse

Les personnes atteintes d’un handicap physique doivent prendre en compte d’innombrables considérations pratiques afin de s’assurer de vivre une expérience touristique sécuritaire et agréable. Chaque planification de voyage soulève la même question: les obstacles sont-ils trop importants? Une préparation minutieuse s’avère essentielle afin de minimiser les problèmes potentiels, par exemple: connaître l’accessibilité des points d’observation, des toilettes, des hôtels et des transports utilisés, etc. D’autant plus que l’information publiée sur le sujet est fréquemment erronée ou trompeuse.

Composer avec la situation

Ces touristes s’attendent à ce que les professionnels du voyage leur donnent l’heure juste. Est-ce que le circuit convoité leur convient, tant sur le plan des attentes que des limitations? Plusieurs compromis s’avèrent toutefois nécessaires pour participer à une activité, par exemple:

  • s’adapter à une chambre non conforme (espace de manoeuvre dans la chambre et la salle de bain, type de poignées de porte, hauteur de la tringle du vestiaire, largeur des portes, présence de barres d’appui et de douche-téléphone, etc.);
  • négocier avec des obstacles d’ordre architectural ou géographique;
  • sacrifier des activités afin de revenir au point de rassemblement à temps;
  • abandonner la visite de certains attraits en raison de leur inaccessibilité;
  • payer plus cher afin de sélectionner des établissements haut de gamme qui offrent habituellement des installations plus adéquates;
  • etc.

Être en mesure d’accueillir convenablement les touristes à capacité physique restreinte, cela ne veut pas seulement dire disposer d’infrastructures adaptées, c’est aussi comprendre la réalité d’une expérience touristique pour cette clientèle. Cela signifie également donner une formation adéquate aux employés, adopter une attitude appropriée, anticiper les besoins, etc.

Un projet de loi qui interpelle l’industrie

L’industrie touristique sera de plus en plus interpellée par la nécessité de présenter une offre adaptée aux réalités des diverses clientèles. Nos gouvernements semblent d’ailleurs déterminés à mettre en place des mécanismes incitatifs afin d’atteindre des objectifs concrets. Ainsi, en octobre 2004, le gouvernement ontarien a déposé le projet de loi 118, Loi de 2004 sur l’accessibilité pour les personnes handicapées de l’Ontario, visant à contraindre toutes les entreprises à améliorer l’accès pour les personnes handicapées.

Les normes d’accessibilité énonceront des mesures pour l’élimination des obstacles auxquels font face les personnes handicapées. Le terme «obstacle» est défini comme suit: «Toute chose qui empêche une personne handicapée de participer pleinement à toutes les facettes de la société en raison de son handicap. S’entend notamment d’un obstacle physique ou architectural, d’un obstacle au niveau de l’information ou des communications, d’un obstacle comportemental, d’un obstacle technologique, d’une politique ou d’une pratique».

Des comités composés de personnes handicapées ou de leurs représentants, de membres de l’industrie et de fonctionnaires des ministères concernés se chargeront de la mise en oeuvre progressive des premières mesures. Les entreprises devront atteindre les premiers objectifs d’ici cinq ans, les autres étant échelonnés sur une quinzaine d’années. Des amendes pouvant aller jusqu’à 100 000$ sont prévues pour des omissions de conformité. Les audiences publiques concernant ce projet de loi sont terminées depuis le 8 février 2005. Cette mesure devrait rayonner sur les autres provinces canadiennes et plusieurs pourraient emboîter le pas.

Perspectives

Il existera une demande de plus en plus forte à l’endroit des acteurs de l’industrie touristique afin qu’ils ajustent leur offre aux besoins des touristes à capacité physique restreinte. Ces derniers verront leur nombre augmenter considérablement – aux États-Unis, le nombre de ces personnes doublera d’ici 2030 pour totaliser environ 100 millions – dans un contexte où la science médicale ne cessant de s’améliorer, l’espérance de vie est en hausse et le taux de mortalité infantile diminue. On doit aussi prendre en compte le vieillissement de la population, de même que la présence d’un nombre grandissant de gens obèses.

Pour les entreprises touristiques, procéder à des aménagements d’accessibilité ou développer des produits adaptés à ces touristes, c’est beaucoup plus qu’une preuve de conscience sociale. C’est aussi une décision d’affaires, car le marché est réel. Il s’agit également d’une clientèle particulièrement fidèle lorsque l’expérience s’avère positive, grâce notamment à un service satisfaisant et des installations adéquates.

Sources:
– Kwai-sang Yau, Matthew, Bob McKercher et Tanya L. Packer. «Traveling with a Disability, More than an Access Issue», Annals of Tourism Research, vol. 31, no 4, 2004.
– Kéroul. «Agir au lieu de réagir», mémoire présenté par Kéroul au Comité d’examen de la Loi sur les transports au Canada (LTC), 17 novembre 2000.
– Commission canadienne du tourisme. «Projet de loi sur l’accessibilité: l’Ontario va de l’avant», Magazine Tourisme [www.canadatourism.com], novembre 2004.
– Ministère des Affaires civiques et de l’Immigration de l’Ontario. «Engagement de l’Ontario envers les personnes handicapées», Accessibilité Ontario [www.gov.on.ca], 2 décembre 2004.

Catégories
Segments de clientèles

Quand passe la cigogne…

Un nouveau tourisme de niche est né: celui relié au couple désirant procréer. Que ce soit pour planifier, préparer une naissance ou pour profiter des derniers jours avant celle-ci, il existe maintenant un produit adapté aux besoins d’intimité du couple. Espérons que les petites auberges coquettes et les stations thermales sauront prendre la balle au bond!

Outre les escapades romantiques pour la Saint-Valentin et les voyages de noces, l’on voit apparaître, dans le secteur du voyage, de plus en plus d’offres orientées directement vers les «besoins familiaux» du couple.

Le tourisme de fertilité

À l’image des personnes qui vont en Inde et en Thaïlande pour se faire opérer (lire aussi: Tourisme nouveau genre en Inde), il existe maintenant des pays qui ont décidé de jouer la carte médicale spécialisée dans le traitement de l’infertilité.

En effet, bien que la grande majorité des couples américains stériles cherchent de l’aide près de chez eux, un petit nombre choisissent de suivre leurs traitements dans des pays comme l’Afrique du Sud, l’Italie, l’Allemagne, la Roumanie, la Slovénie et… le Canada. Car, dans certains pays, même après avoir payé les dépenses de transport et d’hébergement, les coûts restent bien inférieurs à chez eux.

Il n’existe pas encore de statistiques sur le nombre de personnes voyageant à l’étranger dans l’espoir de procréer. Cependant, certains experts médicaux affirment que cette pratique devrait aller en croissant.

Un petit dernier pour la route

Il existe également un autre créneau lié au couple, qui semble se démarquer: le Baby Moon ou Last Hurrah. Cela consiste à prendre des vacances juste avant d’avoir son premier enfant, ce qui justifie sans doute son appellation. Les futures mamans, sachant qu’elles ne prendront pas de vacances avant longtemps, profitent des derniers moments de répit qui leur sont offerts pour s’offrir un petit voyage ou une fin de semaine détente.

Les stations thermales sont toutes désignées pour ce type de repos, car elles peuvent prêter une attention toute particulière aux femmes enceintes: jacuzzis, bains chauds, huiles essentielles, aromathérapie, etc. À cela s’ajoutent un bon grand lit confortable, une musique d’ambiance, des livres et une bibliothèque de vidéos sur la natalité et l’art d’être parent, des excursions romantiques en carriole, la réalisation d’un album photo souvenir personnalisé, et plus…

L’idée semble avoir pris naissance (sans jeu de mots) en Californie, où un groupe hôtelier a lancé la mode en 2004, à la suite de conversations avec des clientes enceintes.

Concevoir un enfant sur la terre de l’amour

Mieux encore! Dernièrement, nous apprenions qu’en Sicile, la chaîne Hôtels du Soleil, qui regroupe 22 établissements, comptait offrir 200 séjours à des couples ayant eu un enfant après avoir passé des vacances dans l’île (certificat de naissance à l’appui).

Armando LaMattina, promoteur de cette campagne publicitaire, espère ainsi que les enfants qui reviendront plus tard dans l’île s’y sentiront comme chez eux et sauront qu’ils sont «les héritiers des beautés vieilles de plus de 2000 ans de la Sicile»!

Sources:
– Blanchard, Michel. «La lune de miel, une nouvelle « niche » pour les voyagistes», AFP Infos Françaises, Économie et finance, 10 février 2005.
– Lee, Felicia R. «Fertility tourism is born: Would-be parents find foreign clinics fit budget», Chicago Tribune, 2 février 2005.
– Cyberpresse (Agence France-Presse). «Concevez un enfant en Sicile, l’hôtel vous offrira un séjour», Cyberpresse, 28 janvier 2005.
– Fralic, Shelley. «Babymoons: the final fling», National Post, 31 juillet 2004.
– Lodging Hospitality. «Riding the Weddings Wave», 15 juin 2004, vol. 60, no 8, p. 17.