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Segments de clientèles Tourisme durable

Les multiples visages de la consommation responsable

Si beaucoup de voyageurs se préoccupent de réduire leur impact négatif sur l’environnement, très peu sont prêts à renoncer complètement à leurs vacances. Au lieu de cela, ils recherchent des séjours plus responsables et exigent de la part des entreprises touristiques qu’elles prennent les devants en leur offrant des options durables et écologiques.

Des consommateurs durables aux profils variés

Selon une étude sur les attitudes, motivations et comportements des consommateurs en ce qui a trait à la consommation durable, réalisée par BBMG, GlobeScan et SustainAbility auprès de 6224 personnes réparties dans six marchés (Brésil, Chine, Allemagne, Inde, Royaume-Uni et États-Unis), il existe quatre segments de consommateurs durables (voir le graphique 1):

  • les malléables (37%)
  • les terre-à-terre (34%)
  • les indifférents (16%)
  • les défenseurs (14%)

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Les ardents défenseurs

Ce segment de clientèle plutôt urbain (52% d’entre eux vivent dans une grande ville) se fait un devoir d’acheter des produits socialement et écologiquement responsables, et il est prêt à payer un supplément pour de tels produits. Bien que ce groupe soit de petite taille, ses membres peuvent largement influencer les autres consommateurs en ayant recours aux médias sociaux pour partager leurs opinions:

  • 59% d’entre eux utilisent les médias sociaux régulièrement;
  • 25% se sont fait entendre sur une question environnementale;
  • 74% ont déjà encouragé les autres à effectuer des achats responsables.

Les malléables

Quoique matérialistes, ces consommateurs urbains aspirent à effectuer des achats durables: 82% d’entre eux se procureraient plus de produits durables pour une qualité comparable ou supérieure à celle de leur marque habituelle. Le style est important pour ces clients, qui sont plus susceptibles que tout autre groupe d’essayer de nouvelles choses.

Les terre-à-terre

Ils tardent à acheter des produits durables car ils sont découragés par les prix souvent plus élevés, et ils s’avèrent généralement sceptiques devant les revendications sociales et environnementales des entreprises. Pour ces terre-à-terre, les bénéfices sociaux et environnementaux sont perçus comme des «ajouts superflus»; ils ne sont tout simplement pas à la recherche d’options viables. Les récompenses ou les promotions peuvent être un moyen de les initier à de nouveaux produits ou services.

Les indifférents

Ce sont les moins urbains de tous les segments de consommateurs durables: 60% habitent en banlieue, dans une petite municipalité ou en zone rurale. Individualistes, les indifférents ressentent peu de responsabilité envers la société, et seulement un sur quatre se sent coupable de son propre impact sur l’environnement. Ils sont également sceptiques au sujet des revendications vertes des entreprises.

Des hôtels verts pour ardents défenseurs

Les produits conçus avec des matériaux durables, recyclés ou fabriqués de manière écologique s’avèrent particulièrement attrayants pour les défenseurs engagés parce qu’ils correspondent à leur système de valeurs. C’est le cas de l’hôtel-boutique de luxe Shore Hotel Santa Monica, en Californie, ouvert depuis octobre 2011 et qui a reçu la certification LEED Or. Le bâtiment a été conçu pour être aussi durable et respectueux de l’environnement que possible, avec sa structure en acier inoxydable et en grès local, son éclairage à DEL à faible consommation d’énergie et ses équipements de plomberie à faible débit, qui réduisent considérablement la consommation d’eau. Il se distingue aussi par sa conciergerie verte, une ressource unique et novatrice qui conseille la clientèle sur tout ce qui a trait au respect de l’environnement dans la région: activités, services, spas, transport, vie nocturne, etc. L’Écol’Hôtel K, qui verra le jour à Trois-Rivières, sera le premier hôtel-école canadien entièrement rénové selon les principes du développement durable, afin d’atteindre la certification LEED Or.

CN_Consommation_responsable_image_1Le Green Leaf Inn, quant à lui, se targue d’être le premier hôtel à consommation énergétique nette zéro en Amérique du Nord: il générera plus d’électricité qu’il n’en consommera, et ce, dès son ouverture à la fin de l’année. Cet hôtel de charme situé à Delavan, au Wisconsin, comprendra un système de traitement des eaux usées et de collecte des eaux pluviales, une éolienne ainsi que des panneaux solaires multiples. Des codes QR permettront aux clients d’en apprendre davantage sur les initiatives vertes de l’hôtel.
En plus de son engagement écologique à réduire sa consommation d’énergie et d’eau, à effectuer un tri sélectif des déchets, ainsi qu’à utiliser des produits d’entretien et de rénovation des chambres respectueux de l’environnement et de la santé, le Solar Hôtel, à Paris, tend vers un militantisme social qui pourrait très bien plaire aux touristes engagés:

  • engagement en faveur des jeunes en difficulté;
  • sensibilisation des jeunes étudiants en hôtellerie à la défense de l’environnement;
  • accueil de stagiaires handicapés;
  • accueil permanent et gratuit d’artistes.

Des hôtels emblématiques pour touristes malléables
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Des produits écologiques immédiatement reconnaissables par leur design et leur originalité peuvent plaire aux consommateurs malléables. C’est le cas de l’hôtel B3 de Bogota, qui ne passe pas inaperçu avec son mur végétalisé de huit étages, composé de plus de 25 000 plantes, dont 40% sont des espèces indigènes de Colombie. Ce jardin vertical, qui orne l’extérieur du bâtiment, contribue à l’isolation de l’hôtel et à la réduction de la pollution.

Le Tubohotel, constitué de 20 chambres faites de tuyaux en béton recyclés empilés pour former deux mini-pyramides, ou encore le complexe hôtelier Ariaú Amazon Towers, érigé au faîte des arbres de la forêt amazonienne, représentent deux autres beaux exemples d’hébergement durable emblématiques.

Des visites guidées hors des sentiers battus                                    
CN_Consommation_responsable_image_3Bien souvent, les voyageurs éthiques adoptent également un comportement socialement responsable, citoyen et tourné vers autrui. Ils souhaitent vivre des expériences touristiques qui leur confèrent l’impression de redonner à la communauté ou aux gens visités. Pour répondre à ce besoin, une véritable tendance touristique a vu le jour dans les grandes villes: les visites guidées avec un sans-abri À Londres, les Unseen Tours, mis sur pied par The Sock Mob, un réseau de bénévoles œuvrant auprès des sans-abri, propose quatre visites guidées différentes qui combinent l’histoire de la ville et des anecdotes sur la vie dans la rue. Les Secret City Tours, qui ont vu le jour en avril 2013, ont recruté leurs guides parmi les camelots de The Big Issue, un magazine vendu par les itinérants. Ces derniers ont ensuite été formés par les membres d’une troupe de théâtre locale. L’entreprise la plus récente, Hidden City Tours, a initié des démunis de Barcelone à l’art du guidage (lire aussi: Des visites guidées originales).

Les exemples sont multiples, les types de consommateurs également. En comprenant mieux leurs aspirations et leurs actions, les acteurs du tourisme peuvent repenser leurs produits pour en tenir compte, tout en imaginant un avenir plus responsable.

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Tendances

L’exclusivité, pas seulement destinée à la clientèle de luxe!

À contre-courant du tout inclus

Consommation collaborative, open data, crowdsourcing: les dernières années ont été marquées par une tendance à l’ouverture et au partage, grâce notamment à Internet (lire aussi: La consommation collaborative, une révolution par le partage). Mais un nombre croissant d’entreprises, de marques et de personnes proposent l’effet inverse, l’exclusivité, soit la possibilité pour le consommateur d’être le premier, voire l’un des seuls, à posséder un produit ou à vivre une expérience unique. Elle repose sur le principe d’une barrière à l’entrée, c’est-à-dire de conditions à respecter afin de se voir offrir des privilèges. Ces derniers peuvent être accessibles à ceux qui y mettent le prix, aux membres d’un club privé, aux adhérents d’un programme de fidélité ou encore aux personnes qui répondent à certains critères (sexe, profession, statut, etc.).

L’exclusivité, avant tout une histoire de luxe

Le designer de mode britannique William Tempest a créé une édition limitée d’une ligne de pyjamas, uniquement offerte aux clients logeant dans les suites les plus onéreuses de l’hôtel W à Londres, ou disponible en quantité limitée sur leur boutique en ligne. Les vêtements sont inspirés du décor de l’établissement.

En mars dernier, la joaillerie Fabergé et la compagnie de jets privés VistaJet ont mené un projet collaboratif appelé Egg Miles. En plus de créer un design représentant ses célèbres œufs sur la queue des avions de VistaJet, Fabergé a proposé une édition limitée de pendentifs en forme d’œuf pour les passagers.

 

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Source: Fabergé

VeryFirstTo, une société en ligne spécialisée dans les produits et expériences de luxe, propose des forfaits touristiques accessibles à une mince tranche de la population. Voici une sélection de ses «expériences jamais réalisées avant»:

  • visiter tous les sites classés au patrimoine de l’UNESCO situés dans 157 pays, durant un voyage de 2 ans (environ 1,6 million de dollars par couple);
  • manger dans tous les restaurants classés trois étoiles au guide Michelin, lors d’un voyage de six mois (environ 300 000 dollars par couple);
  • se réveiller dans un jardin rempli d’un million de pétales de rose (environ 115 000 dollars).

Les clubs et communautés privés à l’ère du Web 2.0

Tout en conservant leur caractère traditionnellement élitiste, certains clubs privés diversifient leur offre et s’adaptent aux nouvelles technologies afin d’attirer des membres plus jeunes. Le Soho House, réservé aux personnes œuvrant dans les milieux du cinéma, des médias et de la culture, est présent dans toute l’Europe et en Amérique du Nord. Ce club propose à ses membres des séjours dans des résidences et hôtels privés lui appartenant, ainsi qu’un accès privilégié à des restaurants, des cinémas et des spas. Une plateforme communautaire, House Seven, publie divers contenus (photos, vidéos, entrevues filmées à partir des différents clubs), et propose une application mobile pour la réservation d’événements, des guides touristiques urbains, des rabais, etc.

 

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Source: Soho House

ASMALLWORLD se revendique le premier club privé sur invitation à l’échelle internationale regroupant une communauté de voyageurs partageant les mêmes valeurs et intérêts.

ASMALLWORLD se revendique le premier club privé sur invitation à l’échelle internationale regroupant une communauté de voyageurs partageant les mêmes valeurs et intérêts. Les membres peuvent échanger des recommandations de voyage, accéder à des guides touristiques, profiter gratuitement de surclassements de chambres d’hôtels et de billets de musées, et surtout être accueillis par d’autres membres lors de leurs voyages. Depuis cette année, ce réseau social est devenu payant, et les membres se voient délivrer une carte de fidélité (voir l’image ci-dessous). Moyennant des frais d’adhésion de 100$, ceux-ci peuvent profiter de privilèges tels que l’accès à des événements privés, des rabais, etc.

 

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Source: ASMALLWORLD

Enfin, la communauté en ligne Architects House Exchange, une plateforme d’échange de maisons à des fins de voyage, est exclusivement réservée aux architectes. Les membres doivent faire partie d’une association professionnelle reconnue.

Des accès privilégiés et des promotions pour des personnes cibles

La boîte de nuit Playhouse, à Los Angeles, offre un accès VIP aux visiteurs détenant un score Klout de 50 ou plus. Cet indice est une note de 0 à 100 indiquant l’influence qu’une personne exerce sur les réseaux sociaux. En mai dernier, American Airlines lançait une promotion pour les personnes ayant un indice d’au moins 55. Ces dernières recevaient un accès d’une journée à l’un des salons réservés aux membres de leur programme de fidélité Admirals dans près de 40 aéroports.

La compagnie ferroviaire Thalys a quant à elle mené une promotion lors de la Journée internationale de la femme, le 8 mars 2013. Ce jour-là, 8 000 billets de train à 8 euros ont été mis en vente exclusivement pour la gent féminine.

Des secrets bien gardés et des endroits inusités

De nouvelles formes d’exclusivité émergent dans plusieurs villes à travers le monde, devenant un véritable «mode de vie urbain».

De nouvelles formes d’exclusivité émergent dans plusieurs villes à travers le monde, devenant un véritable «mode de vie urbain». Pour y accéder, les personnes intéressées doivent souvent faire preuve de curiosité et déployer des efforts pour découvrir un lieu secret ou bien caché. En voici quelques exemples.

Avec des murs garnis d’étagères de livres, The Library est le bar à cocktails le mieux caché de Singapour. Pour y entrer, les clients doivent soit se rendre au restaurant attenant, soit visiter la page Facebook ou le compte Twitter de l’établissement pour obtenir le mot de passe de la journée, qui est généralement le titre d’un roman. Ils demandent ensuite à l’hôtesse du bar s’ils peuvent «emprunter le livre».

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Source: Asia City

Le Museum, situé dans le quartier de Tribeca, à New York, est dissimulé dans un ancien monte-charge qui a pignon sur rue. Des objets des temps modernes sont exposés sur une surface réduite, et des vitres permettent aux passants de les voir 24h/24. Les initiateurs de ce projet souhaitaient créer un espace inusité et difficile à trouver, où la découverte du lieu est associée à l’expérience.

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Crédit photo: Naho Kubota

Qu’elle fasse partie intégrante du modèle d’affaires de l’organisation ou qu’elle soit utilisée ponctuellement, l’exclusivité ajoute de la valeur au produit ou au service consommé. Le client se sent privilégié et unique, ce qui permet à l’entreprise de le fidéliser plus facilement.

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Marchés géographiques

La Chine, un segment de marché en croissance exponentielle

Grâce à l’urbanisation rapide, à la hausse du revenu disponible et à l’assouplissement des restrictions sur les voyages à l’étranger (lire aussi: Mettre les pendules à l’heure… de la Chine), le volume des voyages internationaux des Chinois est passé de 10 millions en 2000 à 83 millions en 2012, selon l’OMT. Les dépenses à l’étranger ont bondi de 40% entre 2011 et 2012. Elles ont même atteint un montant record de 102 milliards de dollars américains en 2012, devançant celles des touristes américains et allemands, qui se classaient en tête du palmarès jusque-là (tous deux frôlant les 84 milliards de dollars en 2012).

En ce qui a trait aux voyages long-courriers (à l’extérieur de l’Asie du Nord-Est) au départ de la Chine, ils ont presque triplé. Le nombre d’arrivées au Canada a suivi à peu près la même tendance et a augmenté de 150% de 2002 à 2011. La Commission canadienne du tourisme (CCT) prévoit une hausse du nombre d’arrivées au pays d’un peu plus de 20% en 2012 et en 2013, ce qui est supérieur à la croissance générale attendue des voyages long-courriers à l’étranger au cours des deux prochaines années (voir le graphique 1).

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Mais qu’en est-il du Québec? De 2009 à 2011, le nombre de voyages d’agrément des Chinois en visite dans la province est passé de 6 300 à 24 300, soit une augmentation de 286%. Pour continuer sur cette lancée, le Québec devra-t-il développer des liens aériens directs avec la Chine? La capacité aérienne directe entre la Chine et le Canada devrait augmenter de 22% en 2013, mais la majorité des 154 000 sièges supplémentaires (80%) seront sur des vols à destination de Vancouver, et rien n’est prévu pour Montréal (lire aussi: Capsule – La situation du transport aérien au Canada préoccupe).

Principales destinations visitées et en croissance

En 2012, la majorité des touristes chinois étaient âgés de 24 à 44 ans (65%). Les plus jeunes représentaient 21% des voyageurs outre-mer; les 45 ans et plus, 15%. En ce qui a trait aux segments de voyage, ce sont les familles avec de jeunes enfants, les couples retraités et les célibataires qui enregistreront la plus grande croissance au cours des prochaines années.

Au-delà de l’Asie et du Pacifique, qui représentent 91% des déplacements des Chinois, l’Europe — la France, l’Allemagne et l’Italie en tête — est la principale destination des voyageurs chinois, avec plus de 3 millions de voyages (4,4%) en 2011. Les Amériques suivent avec près de 2 millions (2,7%) de touristes, puis l’Afrique (1 million de départs, soit 1,4% des voyages). Hors de l’Asie, seuls les États-Unis ont reçu plus d’un million de voyageurs chinois cette année-là.

D’ailleurs, dans les prochaines années, les Chinois souhaitent voyager en Europe et en Amérique du Nord (voir le graphique 2), selon une récente étude du Center for Hospitality Research de l’Université Cornell, qui a interrogé 51 voyagistes de la Chine. Sans surprise, ce sont Internet et les médias sociaux qui inspirent et influencent le plus les décisions concernant le choix de la destination.

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Le magasinage représente leur principale activité à destination. Celle-ci de même que la plage devraient connaître la plus forte croissance (2,92 sur une échelle de 4, où 4 équivaut à une croissance exceptionnelle), suivies par la culture (2,49), l’écotourisme (2,41), le tourisme basé sur le jeu (2,35) et les parcs à thèmes (2,35).

Voyages indépendants ou groupes organisés?

Les voyagistes s’attendent à ce que les visites organisées demeurent le principal type de voyage au moins pour les cinq prochaines années, même si nous assistons actuellement aux balbutiements des voyages indépendants. L’agent de voyage local sera utile tant et aussi longtemps qu’existeront les barrières linguistiques et les difficultés liées à la préparation des visas. Effectuer du démarchage auprès des voyagistes chinois constitue l’un des meilleurs moyens de rejoindre cette clientèle actuellement. Visit Britain en recense les principaux dans son profil de marché.

Ceux qui se déplacent de façon autonome à l’international sont souvent des internautes avertis (ils recherchent et réservent sur le Web) qui parlent bien l’anglais. Ils ont déjà beaucoup voyagé et souhaitent des services personnalisés. Ils veulent explorer la destination hors des sentiers battus et se plonger dans la culture étrangère. Ils sont prêts à interagir avec la population locale et capables de le faire, et leurs itinéraires reflètent souvent leurs passe-temps ainsi que leurs goûts, par exemple la culture, l’art, la musique, le magasinage, la dégustation de vins, etc.

Du touriste de classe moyenne au voyageur multimillionnaire

Selon le rapport Hurun, la Chine regroupe aujourd’hui 2,8 millions de millionnaires et environ 8100 «super riches» (17 milliards de dollars). Ils habitent majoritairement à Beijing ou dans ses environs, à Guangdong, à Zhejiang et à Shanghai. Ce nouveau segment regroupe des consommateurs chinois ayant fait fortune dans une période relativement courte; la moitié d’entre eux n’appartenaient pas à la classe des riches il y a quatre ans.

L’étude indique que les Chinois aisés voyagent à l’étranger trois fois par an, et que les millionnaires prennent 15 jours de vacances en moyenne par année. Ces touristes sont intelligents, curieux, confiants et ils aspirent à explorer d’autres pays. La France et les États-Unis figurent au sommet des destinations les plus populaires; le Canada se classe au septième rang. Ces riches touristes chinois sont à la recherche de voyages d’agrément qui leur permettent de vivre des expériences authentiques, de se plonger dans une nouvelle culture et d’interagir avec les habitants. À cet égard, ils ne sont pas différents des autres voyageurs internationaux chinois.

Le Québec parviendra-t-il à attirer cette clientèle lucrative?

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Marketing

Un voyage 100% photo

Immortaliser ses souvenirs est une pratique qui ne date pas d’hier, et la photographie est l’une des disciplines préférées des touristes. Pour cette clientèle plus avisée, le voyage motive même souvent l’achat de nouveau matériel. Destinations touristiques, soyez aux aguets! Le photographe contribue au rayonnement de vos attraits.

Quelles sont les habitudes du «touriste-photographe»?

Plus innovants et abordables, les appareils photo reflex (avec objectifs interchangeables) permettent une visée plus précise et offrent une meilleure qualité d’image ainsi qu’une panoplie d’options. De plus en plus d’amateurs en font l’acquisition, conquis par le rendement, tout en souhaitant développer leurs aptitudes photographiques.

Les voyageurs prennent des photos pour:

  • immortaliser la rencontre unique avec une personne ou un lieu exceptionnel, et pour sa valeur symbolique;
  • s’attarder sur un événement ou sur un paysage et mieux le comprendre;
  • garder une scène en mémoire, les touristes étant de plus en plus contraints à voir beaucoup de choses dans un temps très limité;
  • avoir la preuve et le souvenir de l’existence de lieux et d’objets, ce qui contribue à la création d’une sorte de «collection» du monde;
  • interagir avec la personne photographiée. La photographie de voyage produit des relations sociales;
  • enrichir leur expérience personnelle;
  • prolonger leurs vacances une fois de retour à la maison.

Les pratiques photographiques sont différentes selon la provenance des touristes, la destination visitée et le type de tourisme effectué. Pour ces passionnés, elles influencent le choix de la destination et le parcours.

Visibilité et attractivité

À partir du moment où ils ont la possibilité de produire des images, les touristes ont un certain pouvoir. Entre clichés stéréotypés et inusités, les photos auront une grande influence sur l’entourage au retour et sur la façon que chacun a de percevoir le monde. Les voyageurs-photographes deviennent alors de véritables ambassadeurs.

Apprendre en voyage: les agences spécialisées se multiplient

Suivre un cours avec un grand photojournaliste et partir à l’aventure, capturer les lueurs de paysages à l’aube ou encore découvrir l’art de la composition visuelle: les agences proposent des séjours sur mesure destinés à ces passionnés désireux de développer leurs qualités artistiques. En plus des connaissances techniques acquises auprès d’un expert, les voyageurs aiment cette nouvelle forme de tourisme qui mêle apprentissage, séjours à thème et découvertes locales, le tout dans un esprit de slow travel.

Les agences Aguila, Exploration Photo et Photographes du Monde en France, PhotoTOUR en Roumanie ainsi que Strabo Tours aux États-Unis sont entièrement consacrées aux voyages et aux stages en petit groupe autour de la photo. Elles proposent des circuits hors des sentiers battus, encadrés par un professionnel, qui demandent une adaptation continuelle (météo, progression des participants, sujets comme les animaux, etc.) et sont forfaitisés. Safaris Okavango travaille exclusivement avec des groupes locaux et combine l’expérience avec un hébergement haut de gamme en écogîtes. National Geographic offre de son côté une variété de formules adaptées à tous les niveaux, de l’expédition sur plusieurs jours au séminaire d’une journée.

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Source: National Geographic

Les destinations qui misent sur la photo

Certaines destinations voient affluer des milliers de touristes-photographes chaque année grâce à des attraits territoriaux et naturels reconnus, comme les désormais célèbres safaris photo au Kenya, les aurores boréales en Finlande, les gratte-ciel de New York, les palais en Inde ou encore le Parc national de Yellowstone, qui fait partie du top 5 des plus belles destinations à photographier selon Lonely Planet. Toutefois, d’autres destinations se démarquent pour faire valoir leur patrimoine.

Visit Estonia s’adresse aux visiteurs d’agrément comme d’affaires, et les invite à photographier la nature, l’architecture, les musées et même les plats du pays, au restaurant. L’organisme suggère de prendre 4 photos incontournables, dont les costumes folkloriques et les routes de glace.

L’organisme Nutti Sámi Siida propose un nouveau produit touristique qui met en valeur la culture samie et les aurores boréales par l’intermédiaire de la photographie. Dans le cadre d’une aventure de cinq jours, les visiteurs seront accompagnés d’un des meilleurs photographes de Suède et y apprendront des astuces pour améliorer la prise de vue en conditions hivernales.

Le Printemps de la Photographie est l’événement qui marque le début de la saison touristique à Romorantin, en France. Pour cette sixième édition, organisée par l’office de tourisme local, onze salles d’expositions dans la ville sont ouvertes aux visiteurs. Quant au village breton de La Gacilly, il est devenu une destination incontournable grâce à son festival photo international. Levier touristique pour toute la région, il se déroule en plein air et permet ainsi la découverte du patrimoine architectural du village. En 2012, il a attiré plus de 300 000 visiteurs.

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Source: Les cahiers du tourisme

Les concours photo sont aussi d’excellentes occasions de rendre les touristes participatifs et actifs dans la promotion de la destination. Le Quartier des spectacles de Montréal vient de lancer son concours photo intitulé «21 balançoires». Chaque semaine, on récompense la photo ayant obtenu le plus de votes.

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Source: Page professionnelle Facebook du Quartier des spectacles

L’Ontario a invité les Québécois à soumettre leurs plus belles photos-souvenirs prises dans la province dans le cadre d’un concours (voir la vidéo). Plus de 1 500 photos ont été proposées en 2012, et quelques-unes ont été retenues pour être affichées sur des panneaux géants à Montréal. Grâce à cette campagne, Tourisme Ontario prévoit une augmentation de 6% de visiteurs originaires du Québec.

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Source: Infopresse

Au dernier Japan Photo Contest intitulé «Share your Wow!», organisé par l’Office National du Tourisme Japonais, plus de 17 000 personnes ont publié près de 39 000 images. Des thèmes étaient proposés, et les visiteurs étaient invités à voter.

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Source: Japan Photo Contest

Une offre peu présente au Québec

Les Studios Drakkar et L’Image nomade proposent des cours théoriques où préparation, ajustements climatiques et réalisation d’un carnet de voyage sont abordés, mais aussi des sorties dans la forêt et des expéditions nocturnes dans les fortifications historiques du Vieux-Québec. Le Château Frontenac, le fjord, les couleurs automnales, Montréal, les grands espaces sont autant d’attraits symboliques qu’un photographe cherchera à rapporter en souvenir. Pour preuve, saviez-vous que le Château Frontenac serait l’hôtel le plus photographié au monde, ou que l’été des Indiens était aussi populaire pour les photos?

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Source: Bonjour Québec.com

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Source: Agence Aguila

Avec l’augmentation du nombre d’amateurs mieux équipés, il y a matière à proposer quantité de séjours à thème et de cours personnalisés. Avides de découvertes et pressés d’acquérir de nouvelles connaissances, ces photographes semblent à la recherche d’une formule intéressante alliant originalité, authenticité et personnalisation dans les circuits. N’oublions pas non plus la fulgurante ascension des applications comme Instagram, qui permet de télécharger ses photos numériques et de les partager instantanément (lire aussi: Le pouvoir des photos à l’ère du numérique et Instagram: un allié mobile pour l’industrie touristique). S’il s’agit là d’une clientèle aux attentes bien précises, elle offre des possibilités de vitrine indéniables pour la destination.

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Segments de clientèles

Divertir les grands comme les petits!

Toucher la fourrure d’un renard, se prendre pour un pilote d’avion ou embarquer dans les plus hautes montagnes russes d’Amérique du Nord, les préférences en matière d’activités de loisirs changent avec l’âge. Une étude a été menée sur le sujet dans le cadre d’une enquête plus globale sur les vacances familiales. En voici un aperçu, suivi d’exemples de destinations hors Québec s’adressant à ce lucratif marché.

 

Chacun ses intérêts

Passer du temps ensemble, s’amuser et profiter d’une variété d’activités: voilà les trois priorités des familles en voyage. Elles veulent aussi vivre des expériences uniques et apprendre quelque chose de nouveau. C’est ce que révèle l’étude commandée par PGAV Destinations et réalisée par H2R Market Research auprès de familles américaines en 2012. Selon cette même étude:

• Pour les bambins de 4 ans et moins, il faut faire appel aux sens, privilégier des activités qui recourent aux textures – toucher la carapace d’une tortue, les plumes d’un oiseau –, à des couleurs vives et à des formes variées. Ils ont aussi besoin de bouger. Les zoos et les aquariums sont des attraits tout indiqués pour les tout-petits.

• Les enfants de 4 à 7 ans souhaitent expérimenter, participer de façon concrète. Il leur faut de l’interactivité – apprendre par des jeux, se déguiser, intégrer une autre époque, etc. À compter de 5 ans, l’étude démontre qu’une certaine variété s’impose.

• De 8 à 11 ans, ils commencent à mieux comprendre ce qui est abstrait, bien qu’ils désirent encore prendre part à ce qu’ils observent, par des activités interactives qui leur permettent de s’imaginer dans un autre monde.

• Les 12 à 17 ans recherchent les sensations fortes, le risque, l’intensité, par des manèges par exemple, mais aussi l’authenticité. Les sites historiques leur apparaissent désormais intéressants, puisqu’ils sont plus à l’aise avec la notion de temps.

Par ailleurs, en fonction de leur âge, les filles et les garçons ne recherchent pas les mêmes attributs dans une activité (voir le tableau 1).

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Pour cœurs d’enfants seulement…

Pour répondre aux attentes de tout ce petit (et moins petit) monde, les attraits conçus spécifiquement pour les enfants se développent et prennent de l’envergure. Les parcs thématiques se renouvellent, innovent et rivalisent avec des manèges spectaculaires ou encore par la reconstitution d’univers célèbres. Outre les parcs de Disney, pensons au Wizarding World of Harry Potter d’Universal Orlando, en Floride. Pour réussir ce projet et capter l’intérêt de la clientèle cible, soit les adolescents et les jeunes adultes, les concepteurs se devaient de respecter l’authenticité de l’œuvre. Un défi apparemment relevé, comme en témoigne la vidéo suivante.

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Les musées pour enfants, ayant une forte composante éducative, sont aussi en vogue. Conçu d’abord pour les enfants de 8 ans et moins, le National Children’s Museum, situé au Maryland, a pour vocation de leur faire connaître le monde des adultes à travers des jeux. On y apprend, par exemple, le fonctionnement d’une ville et le déroulement d’élections. Le musée compte depuis peu un espace réservé aux 3 ans et moins équipé de modules de jeu très colorés favorisant la motricité des tout-petits. Dans la même veine que le Musée pour Enfants de Laval mais d’une tout aut¬re ampleur, les onze centres KidZania proposent aux enfants des jeux de rôle dans une ville reconstituée à leur taille, où ils peuvent exercer une panoplie de professions avec un grand souci de réalisme. La vidéo est convaincante:

 

Les parcs aquatiques s’avèrent très attirants pour les escapades ou les vacances familiales. Le Great Wolf Lodge, chaîne de complexes aquatiques intérieurs, offre une variété d’activités pour tous les âges. Le site Web du parc situé à Niagara Falls, en Ontario, les regroupe même par catégorie d’âge (voir l’image ci-dessous).

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Source: Great Wolf Lodge

Chacun doit y trouver son compte

Il n’est toutefois pas nécessaire de créer des attraits de toutes pièces pour intéresser les enfants. Les bambins s’émerveillent devant une grenouille qui traverse un sentier ou en présence des nombreux stimuli de la ville, bien calés dans leur poussette. Les plus âgés apprécient la frénésie d’un festival urbain ou encore la descente d’une rivière en canot. Il s’agit néanmoins d’offrir des services et des formules qui tiennent comptent des besoins des familles, comme le font certains centres de villégiature. Le Jay Peak Resort l’a bien compris en ajoutant à son offre de montagne un parc aquatique et une patinoire de hockey intérieurs, un camp de vacances d’été pour les 6 à 14 ans, des services de gardiennage gratuits pour les bambins et des forfaits avantageux pour les séjours en famille.

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Source: Jay Peak Resort

Quand les enfants s’en mêlent

Selon l’étude réalisée par H2R Market Research, 70% des familles sondées affirment que les enfants participent, d’une façon ou d’une autre, à la planification des voyages (lire aussi: L’influence des enfants sur les décisions de voyage). Plus l’enfant vieillit, plus son influence grandit et son rôle s’active. Les anecdotes et histoires racontées par les amis constituent leur principale source d’inspiration et d’information. Les vacances de rêve vécues par les enfants et leur famille se transmettent donc de bouche à oreille, aussi petites soient-elles.

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10 tendances des voyages en famille

Il s’agit d’un marché très influent, particulièrement dans le cas des groupes multigénérationnels formés de grands-parents baby-boomers, de tantes de type PANK (lire aussi: Dévouées, sociables et influentes: faites connaissance avec les PANKs) ou encore d’ados et de jeunes adultes de la génération Y ou Z, tous expérimentés et exigeants en matière de voyages. Voici une compilation des tendances qui animent ce marché florissant.

 

1. Des bambins qui portent le voyage dans leur ADN

Les voyageurs avec poussette sont nombreux. Les congés parentaux généreux et le désir de vivre des expériences de découverte avec ses enfants favorisent les voyages avec des bébés. La tradition du voyage s’inculque très jeune, c’est pourquoi les enfants d’âge préscolaire sont la clé, si l’on veut créer des générations de voyageurs familiaux. Si les parents instaurent cette habitude chez leurs tout-petits, ces derniers afficheront moins de résistance à suivre la famille en vacances, lorsqu’ils seront ados. Ils attendront même avec hâte ces moments devenus tradition. Ces jeunes reproduiront probablement cette habitude avec leurs propres enfants; les entreprises touristiques ont donc tout intérêt à faciliter et à favoriser les séjours des familles avec bambins.

2. Des ados engagés

Les parents choisissent des activités qui plairont à leurs ados en les impliquant dans le processus de planification. Habiles à naviguer sur le Web et à consulter les médias sociaux, ces derniers s’approprient ainsi le projet de vacances familiales. Cette façon de procéder favorise la création de souvenirs plaisants et mémorables pour tous. Mentionnons que selon un sondage publié dans le rapport Teen Travel Trends 2012 du Family Travel Forum, le patrimoine et la culture sont cités par 31% des voyageurs adolescents comme la première motivation pour leurs voyages. De plus, environ 11% des adolescents qui voyagent veulent donner une dimension humanitaire à leur séjour.

3. Des vacances actives et saines

Les parents veulent voir leurs enfants sortir de la maison, s’activer. En réaction aux problèmes d’obésité et de sédentarité, et pour inciter chaque membre de la famille à mettre les écrans en veille, de plus en plus de parents prônent les activités physiques, le plein air et l’aventure.

Des menus de type «de la ferme à la table» et des collations à teneur réduite en gras sont demandés par les parents. Un sondage réalisé pour le compte de la National Restaurant Association auprès de 1 800 chefs indique qu’à l’avenir, ces derniers mettront davantage l’accent sur des offres culinaires nutritives. Les enfants sont d’ailleurs de plus en plus nombreux à préférer les sushis aux croquettes de poulet.

4. Déconnecter pour se reconnecter

Les sondages le démontrent, l’objectif premier des vacances en famille consiste à passer du temps de qualité ensemble. Fuir la routine et le stress lié aux horaires du quotidien afin d’établir une connexion avec ses proches et avec le milieu environnant. Les familles cherchent à partager une expérience unique et authentique.

5. Apprentissage, authenticité et enrichissement

Que ce soit par la visite d’un musée, la découverte du patrimoine ou encore des ateliers de cuisine ou de couture, le partage de nouvelles connaissances entre les membres d’une même famille crée de riches expériences. Plus de parents souhaitent que les voyages en famille comportent des notions d’éducation et d’authenticité. Le tourisme d’apprentissage, ou expérientiel, jumelé à des activités d’aventure et de plein air, voilà un heureux mariage.

6. Volontariat

Plus de familles souhaitent redonner pendant leurs vacances. Certaines organisations offrent des semaines consacrées à des activités de volontariat. Par exemple, des hôtels proposent aux vacanciers de s’impliquer dans la communauté en offrant leurs services, même s’il ne s’agit que de quelques heures.

7. Séjour multigénérationnel et famille élargie: activités et hébergement pour tous

Le créneau des séjours multigénérationnels a pris la tête du marché familial. Selon une étude dont les résultats ont été diffusés lors de la Family Travel Conference de Dallas en novembre 2012, quelque 37% des grands-parents qui voyagent le font avec des petits-enfants. Les anniversaires ou autres occasions de célébration motivent fréquemment ces déplacements. Ce marché est composé de gens actifs souvent aisés, qui voyagent davantage que les touristes d’agrément en général. Les grands-parents souhaitent passer des moments privilégiés avec leurs proches, mais aussi profiter de la destination et de ses attraits. Les groupes multigénérationnels recherchent donc des lieux leur offrant une variété d’activités pouvant plaire à chacun des membres (lire aussi: Les voyages multigénérationnels: une tendance qui s’accentue).

Ces voyageurs exigent aussi de l’hébergement adapté. Les hôtels observent plus de demandes pour des chambres communicantes. Selon le Leisure Travel Monitor, un nombre croissant de voyageurs en réunion de famille séjournent dans des résidences de vacances louées ou privées.

8. Mobilité, Web et médias sociaux

Souvent chargées de l’organisation familiale en général, les mères sont aussi celles qui planifient les voyages. Ce sont de ferventes utilisatrices des téléphones intelligents (38% de plus que la moyenne américaine, selon l’étude American Media Mom menée en 2012) et, plus récemment, de la tablette (28% plus enclines que la moyenne). Elles communiquent des centaines de fois chaque semaine par clavardage, par courriel ainsi que par les médias sociaux. Elles demandent conseil aux autres mères sur des blogues spécialisés tels que Park City Mountain Resort Snow Mamas ou Hilton Mom Voyage.

Les enfants participent pour leur part à la recherche d’information, animent les médias sociaux et partagent des photos. Ils sont aussi très attirés par les jeux et les outils numériques qui leur permettent de découvrir la destination.

9. Les croisières en famille

Selon la Cruise Lines International Association, plus de 1,5 million d’enfants partent en croisière chaque année. Activités de bricolage et d’art interactif, jeux faisant appel à la technologie, suites familiales au design actuel et créatif dans de petits espaces, activités originales rejoignant grands-parents et petits-enfants: les compagnies de croisières rivalisent d’ingéniosité pour répondre à leurs besoins.

10. Respect de l’environnement

Les familles prennent de plus en plus conscience de l’importance de réduire leur empreinte écologique. Les enfants sont sensibilisés et n’hésitent pas à rappeler aux parents les petits gestes à adopter. Cette préoccupation est également présente pendant les voyages de ces familles, qui favorisent donc les hôtels et les destinations affichant clairement leur politique et leurs initiatives en développement durable, pour un comportement plus responsable.

Des consommateurs exigeants

Comme les familles voyagent plus que par le passé et dépensent des sommes importantes pour créer des moments uniques, elles développent une expertise et affinent leurs attentes d’un séjour à l’autre. Elles sont aussi très présentes sur les médias sociaux et réagissent aux offres touristiques qui s’adressent à elles. Saurez-vous leur orchestrer les moments mémorables auxquels elles aspirent?

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L’industrie des spas fait peau neuve

Quelques grandes tendances pour 2013

Le tourisme de bien-être et de santé a été l’un des sujets de discussion au congrès ITB-Berlin 2013, qui a eu lieu du 6 au 8 mars 2013. Susie Ellis, présidente de SpaFinder Wellness, y a présenté les grandes tendances de l’industrie des spas. En voici quelques-unes:

1. Hôtels «santé»

De nos jours, 40% des touristes accordent une grande importance à la santé lorsqu’ils voyagent. Selon un sondage de Hilton Hotels & Resorts mené en 2012 auprès de 6000 répondants à travers les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’Australie et la Chine, près de la moitié des sondés affirment que la présence d’un spa constitue un facteur important dans le choix d’un hôtel. Les hôteliers doivent en tenir compte et sortir leur salle de gym ou leur spa du sous-sol où ils les ont traditionnellement confinés. Plusieurs l’ont compris et cette tendance aux hôtels plus «sains» combine spa, remise en forme, saine alimentation et sommeil de qualité.

Des chaînes hôtelières bien établies, comme Westin, définissent (ou redéfinissent) leur image autour du bien-être: lits et spas «Heavenly», plats santé SuperFoodsRx et séances d’entraînement avec concierge de course.

D’autres créent de nouvelles marques. En 2014, le groupe Intercontinental se prépare à dévoiler à New York son label «tout-bien-être», EVEN, et à ouvrir 100 propriétés supplémentaires dans les cinq années subséquentes. La marque promeut une vie en santé: saine alimentation, exercice et repos.

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2. Massages axés sur la «pleine conscience» du corps et de l’esprit

Pour contrer le stress, la prochaine décennie fera appel à la «pleine conscience», soit l’attention particulière au moment présent. Les spas mettront l’accent sur le bien-être physique, émotionnel et psychologique de leurs clients à l’aide de programmes de méditation et de massages utilisant des techniques de respiration et de visualisation. One Wellness and Spa, de Canmore en Alberta, figure parmi les premiers spas à offrir des massages «pleine conscience» dans son programme Pathways to Engagement.

3. Concepts basés sur un plus grand contact avec la terre

La connexion du corps à la terre, notamment par le biais de la marche pieds nus, réduit les maladies et la douleur tout en favorisant le sommeil; voilà les conclusions des experts. Les spas se tournent vers des façons créatives et émouvantes de ré-immerger leurs clients dans l’environnement naturel:

  • spas dans les arbres (Hidden Pound, Kennebunkport);
  • spas «va-nu-pieds»;
  • massages sur la plage;
  • spas éphémères érigés dans des tentes en pleine nature (Moat Spa, Wales).

Finis les chants d’oiseaux préenregistrés, bienvenue dans la vraie nature.

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4. Ayurveda et autres techniques anciennes

CN_Tendances_SPAS_image3Une philosophie de vie saine figure à la base de cette médecine holistique traditionnelle indienne qu’est l’Ayurveda. Les spas procureront de plus en plus d’expériences authentiques de bien-être avec un look résolument à l’ancienne, comme ces bains thermaux publics de style romain à l’Aire Ancient Baths, à New York (voir l’image).

5. Bien-être pour tous

L’industrie changera de cap: un peu moins de soins de luxe et un peu plus de bien-être pour tous, incluant les bébés, les personnes âgées et les handicapés. Plus de spas offriront un accès pour les personnes à CN_Tendances_SPAS_image4mobilité réduite, comme des portes extra larges pour accueillir les fauteuils roulants; des lits hydrauliques qui peuvent être abaissés et relevés; des ascenseurs et des rampes au lieu de marches; et des douches et saunas accessibles. Certaines techniques de massage sont spécifiquement conçues pour les aînés comme dans les établissements du Massage Envy Spa, aux États-Unis, ou pour soulager la douleur comme le Watsu (contraction de Shiatsu et water), un massage Shiastsu dans l’eau.

6. Menus «beauté» pour hommes

Le marché des soins corporels et des cosmétiques masculins est en pleine explosion. Les hommes représentent un segment important de la clientèle des spas, surtout dans les hôtels urbains et ceux qui s’adressent aux voyageurs d’affaires, où la répartition entre les sexes se rapproche du 50/50. Les spas tablent sur cette tendance en créant des menus «beauté» pour hommes: soins de la peau, pedi et manu cures, épilation à la cire, voire même injection de Botox® ou chirurgie. L’un des précurseurs, Nickel, un spa pour hommes seulement, possède des succursales dans les plus grandes villes du monde, soit Londres, Paris, San Francisco et New York.

Une demande multigénérationnelle

Une étude de Berkeley Young and Young Strategies, citée par Hilton Hotel & Resort dans un document sur les tendances mondiales dans les spas, rapporte que l’utilisation des spas varie selon la génération:

  • La génération silencieuse (née entre 1925 et 1942)

La génération silencieuse est traditionnelle dans son approche des spas. Elle recherche la qualité des soins et des interactions avec les gens. Elle demeurera fidèle aux marques et aux individus qui leur prodigueront des soins personnalisés.

Cette génération de consommateurs est en grande partie locale et sa loyauté peut soutenir le secteur hôtelier lors des baisses d’achalandage. Les spas n’attireront pas cette clientèle par des campagnes de médias sociaux ou des infolettres, mais par un marketing personnalisé, comme des appels de suivi et des notes de remerciement.

  • Les baby-boomers (nés entre 1943 et 1960)

Les baby-boomers constituent l’un des principaux moteurs de croissance de l’industrie des spas. En fait, 67% d’un groupe de 160 agents de voyages interrogés par SpaFinder Wellness à la fin 2012 ont rapporté que les baby-boomers constituent le segment de clientèle le plus enclin à réserver un séjour dans un spa. L’industrie tente donc d’affiner ses offres pour répondre aux besoins de ces clients.

  • La génération X (née entre 1961 et 1981)

Technophile, telle est la génération X! Cette dernière vit et affiche son quotidien sur Internet. Il en va de même pour ses expériences en spa qui sont abondamment divulguées, examinées et commentées en ligne. D’ailleurs, les membres de cette génération sont avisés en ce qui a trait à l’utilisation des spas et l’industrie doit être prête à répondre à des questions précises et pointues sur leurs offres. La génération X est plutôt sceptique et critique quant aux bienfaits des traitements et des services. Il faut donc lui fournir des preuves de leur efficacité. En outre, la génération X est respectueuse de l’environnement et elle examinera la consommation d’énergie et d’eau, dans sa décision de recevoir des soins dans un spa.

  • La génération Y (née entre 1982 et 2000)

Les Y sont généralement bien informés, ils aiment acheter et profiter de la vie. Ce groupe envisage le spa comme une nécessité du quotidien et ose essayer les nouveautés. Plus que toute autre génération, celle-ci est axée sur des résultats immédiats. Le marketing doit mettre l’accent sur les tendances, les traitements et les services qui procurent des résultats instantanés. L’industrie doit garder un œil attentif sur cette génération, car elle façonnera les tendances spa des prochaines années.

Le Québec n’est pas en reste en ce qui a trait à l’offre des spas. De multiples expériences se vivent tant dans des spas urbains qu’en pleine nature: bains nordiques, soins corporels ou esthétiques, massothérapie, soins pour enfants, pour femmes enceintes, aromathérapie, cures d’alimentation, entraînement privé, méditation, yoga, avec ou sans hébergement, la liste est longue et prouve l’intérêt des établissements québécois de suivre les grandes tendances de l’industrie!

Sources:

− Bô, Daniel. «L’hôtel Yves Rocher, la vie au naturel», influencia.net, 20 mars 2013.

− Ellis, Susan. «Latest Global Data. Future Trends», présentation dans le cadre d’ITB-Berlin, 7 mars 2013.

− Dowling, Aoife. «SpaFinder survey: two thirds of travel agents report growth for spa travel», spaopportunities.com, 13 mars 2013.

− Hilton Hotels & Resorts. «Blue paper: Emerging global spa trends», juillet 2012.

− Spas Finder Wellness. «2013 Trend Report: Top 10 Global Spa & Wellness Trends Forecast, 2013.

Sites Internet:

Aire Ancient Baths

Alliance spa relais santé

Hidden Pound

Massage Envy Spa

Moat Spa

Nickel Spa New York

One Wellness and Spa

Thermae Bath Spa

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Tendances

Un concentré d’innovations et une dose de provocation

Lors du Gueuleton touristique du 14 mars dernier, Philippe Bourguignon a présenté plusieurs tendances qui ont une influence profonde sur le comportement des individus et donc sur l’industrie touristique.

Une carrière consacrée au tourisme

Conference_M.Bourguinon_image_1Philippe Bourguignon est un homme d’affaires français qui œuvre dans l’industrie touristique depuis près de 40 ans. Amorçant sa carrière internationale au sein du groupe Accor, où il a occupé plusieurs postes de direction, il accède ensuite à la tête d’Euro Disney puis du Club Méditerranée. Il est aujourd’hui partenaire de la compagnie américaine Revolution et préside la division Revolution Places, spécialisée dans les marchés du tourisme, de l’hôtellerie et de l’immobilier.

Les grandes évolutions qui façonneront le monde de demain

Le virage technologique amorcé il y a une cinquantaine d’années a apporté de nombreux changements de fond. Nous sommes passés d’une société:

  • de consommation à une société d’information;
  • de masse à une société de personnes;
  • normée à une société d’exclusion.

Nous vivons aujourd’hui dans une société de connexion.

Influence de ces changements sur les comportements des voyageurs

Ces évolutions ancrées vont changer la manière de travailler et de voyager. Depuis toujours, la partie gauche du cerveau (liée à la logique et à l’analytique) est la plus utilisée. Maintenant, les jeunes générations qui grandissent avec les nouvelles technologies font davantage fonctionner la partie droite (liée aux paradoxes, à l’intuition et à la liberté).

Des bouleversements s’opèrent dans le milieu du voyage. Lorsque l’individu partait en vacances il y a une trentaine d’années, c’était pour se reposer; maintenant, c’est pour déstresser. «La fatigue vous prend un peu de vos capacités physiques, le stress vous vole tout: votre créativité, votre intellect, vos idées, vos émotions, vos passions». M. Bourguignon voit dans ce phénomène un grand potentiel pour l’«anti-resort», dans lequel sa compagnie a investi (voir les exemples plus bas dans le texte).

Quatre changements importants sont constatés dans le comportement des voyageurs:

  • ils veulent des produits authentiques, une relation intime avec ce qu’ils achètent ou consomment, ou avec l’expérience qu’ils vivent;
  • ils voyagent en tribu (lire aussi: Les voyages multigénérationnels: une tendance qui s’accentue);
  • ils adoptent un comportement individuel et veulent se redécouvrir eux-mêmes. M. Bourguignon parle d’«égologie» pour caractériser ce comportement;
  • ils retournent vers la nature.

La difficulté de l’industrie touristique à s’adapter à ces évolutions

Selon l’homme d’affaires, l’offre touristique ne correspond plus aux besoins des voyageurs. Il regrette que les hôteliers conçoivent un établissement en pensant non pas au client, mais plutôt aux économies du concept architectural. Le modèle standardisé adopté par de nombreuses entreprises pour faciliter l’expansion de leur marque ne séduit plus, en raison d’une incompatibilité avec une offre personnalisée. Résultat: les clients ont tendance à être moins loyaux, car ils ne veulent pas voir les mêmes chambres ou la même nourriture partout. Ainsi, à l’exception des produits de niche, l’offre ne répond plus aux motivations des voyageurs, car:

  • elle ne ressemble pas à la culture locale;
  • elle est artificielle;
  • elle n’est pas unique.

Un exemple d’échec attribuable à un manque de connaissance des besoins de la clientèle est le Club Med World, implanté à Paris et à Montréal en 2001 et fermé en 2003. L’entreprise voulait réinventer la boîte de nuit en ville, mais la formule, trop similaire à celle des villages Club Med, n’a pas séduit.

Revolution Places surfe sur les tendances et dérange

La division Revolution Places crée des activités «provocatrices», représentant une menace pour les acteurs établis sur les marchés visés. Elle investit dans des modèles d’affaires radicalement différents, que les grandes entreprises ont plus de difficultés à lancer en raison du risque de cannibalisation de leurs activités principales. Elle mise sur les valeurs suivantes: liberté, créativité, générosité, connectivité, amusement, nature, inspiration, découverte, redécouverte, vitalité, respect, équilibre, pratique. Voici quelques exemples de ses start-up, selon la tendance dont elles découlent:

  • Autopartage:

Zipcar, la plus grande société d’autopartage des États-Unis, a lancé le mouvement dans le pays. Elle est aujourd’hui présente au Canada, en Espagne, au Royaume-Uni et sur de nombreux campus américains.

  • Santé et bien-être:

Le Miraval Resort & Spa en Arizona est, selon M. Bourguignon, le parfait exemple de l’«anti-resort», même s’il offre des formules tout compris. Ce complexe hôtelier de luxe mise sur le bien-être et a pour vocation «d’ouvrir les yeux, les esprits et les cœurs». Autrement dit, sa mission est d’aider les clients à réapprendre à vivre normalement, à se redécouvrir et à découvrir les autres.

  • Marketing prédictif:

L’application Hunch est l’aboutissement ultime du marketing prédictif, qui consiste à anticiper les comportements des consommateurs. L’utilisateur, après avoir répondu à diverses questions sur ses goûts, ses valeurs, ses intérêts et sa personnalité, reçoit un «Taste Graph» de recommandations personnalisées et d’activités à proximité (restaurants, films, événements, etc.).

 

  • Le luxe formalisé tend à disparaître:

Selon M. Bourguignon, «le luxe, c’est d’apporter au client ce qui est bon pour lui». La perception du luxe est alors propre à chaque individu. Il ajoute que le luxe n’est plus «bling-bling»: «le luxe, c’est que vous décidiez quand la femme de chambre nettoie votre chambre, […] c’est d’avoir un chef privé dans votre résidence quand le menu du restaurant collectif ne vous convient pas». Ces préceptes sont respectés à la lettre par ses deux entreprises spécialisées dans les voyages de luxe. Leurs offres sont réservées aux membres, favorisent les voyages en famille et fournissent un service VIP:

Exclusive Resort regroupe un large choix de résidences à travers le monde et offre le service d’un concierge pour l’organisation du voyage, ainsi que la participation à des activités VIP et à des événements privés. Un Exclusive Ambassador s’assure du bon déroulement du séjour.

Portico, créé il y a un an, rassemble une collection de résidences privées de luxe. Après avoir défrayé l’inscription de 5000 $ US la première année, les membres de ce club économisent en moyenne 350 $ US par nuitée.

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  Source: Portico Club

 Afin de clore sa présentation, M. Bourguignon a cité un extrait d’une lettre écrite en 1858 par Gustave Flaubert, un écrivain français, qui résume selon lui ce que sont les vacances et le voyage aujourd’hui:

«Voyager, quitter tout, imiter les oiseaux, c’est une tristesse de la civilisation que d’habiter dans des maisons. Je crois que nous sommes faits pour nous endormir sur le dos en regardant les étoiles. Dans quelques années, par le déploiement de la locomotion, l’humanité va revenir à son état nomade. On voyagera d’un bout à l’autre comme on faisait autrefois, cela remettra du calme dans les esprits et de l’air dans les poumons».

 

Source:

– Bourguignon, Philippe. «Réflexions et leçons de vie d’un gourou international du tourisme: nouveaux modèles et disruption», Gueuleton touristique de la Chaire de tourisme Transat ESG UQAM, 14 mars 2013.

Extraits vidéo:

Partie 1 – Introduction et histoire du tourisme

Partie 2 – Tendances et comportements

Partie 3 – Comment le tourisme s’adapte ou non à ces tendances

Partie 4 – Initiatives de Revolution

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Segments de clientèles

Les voyageurs en solo arrivent en masse!

Les voyages en solo sont pluriels, ils se déclinent de diverses manières et l’industrie touristique québécoise doit s’adapter pour conquérir cette clientèle en constante progression. Le touriste solo voyage seul, c’est une évidence! Mais on peut aussi voyager seul… en groupe, même si cela semble contradictoire. En fait, de nombreux spécialistes (voyagistes et réceptifs) constatent qu’une part de plus en plus importante de leur clientèle de groupe est formée de voyageurs seuls qui souhaitent vivre leurs expériences avec d’autre gens partageant les mêmes intérêts.

Les voyages individuels représentent un segment de marché en croissance. Être célibataire constitue de plus en plus un choix et cela advient à différentes étapes de la vie: mariages tardifs, divorces, veuvage, etc. Ainsi, on assiste à une augmentation du nombre de ménages constitués d’une seule personne dans la population:

  • en moyenne, 35% des ménages des pays développés sont constitués d’une seule personne;
  • en Finlande et en Norvège, cette moyenne atteint environ 40% (2011);
  • aux Pays Bas, 37% (2011);
  • aux États Unis (27% en 2010) et au Royaume-Uni (29% en 2011), les proportions étaient semblables à celles observées au Canada (28% en 2011).
  • au Québec, 32% des ménages sont composés d’une seule personne (2011).

Définitions, caractéristiques et comportement du voyageur en solo

Un voyageur en solo est, par définition, une personne qui voyage seule… mais pas toujours! Selon Statistique Canada, une personne est considérée comme «voyageant seule» si elle n’est pas accompagnée d’une autre qui fait partie du même ménage qu’elle; par exemple, si elle effectue un voyage avec des amis ou en groupe ou encore, si elle n’est pas en mesure de donner de renseignements sur les dépenses et les activités des personnes qui l’accompagnent.

C’est dans cet esprit que des chercheurs de l’Université de St-Gallen, en Suisse, ont identifié quatre catégories de voyageurs en solo (voir le tableau 1), soit les:

  • célibataires-solo: vivent et voyagent seuls;
  • célibataires-groupes: vivent seuls, mais voyagent en groupe de plus de six personnes;
  • pluri-solo: n’habitent pas seuls, mais voyagent seuls;
  • pluri-groupes: vivent avec d’autres, mais voyagent sans eux en groupe de plus de six personnes.

Voici quelques-unes de leurs caractéristiques (voir le tableau 1):

  • les célibataires voyageant seuls ou en groupe sont majoritairement des femmes plutôt âgées, alors que les autres sont des hommes jeunes;
  • la durée de voyage des solos tend à être plus courte que celle des autres voyageurs, sauf dans le cas de la catégorie pluri-solo;
  • les modes d’hébergement préférés sont:
    • chez des amis ou des parents (célibataire-solo)
    • la résidence de vacances (pluri-solo)
    • l’hôtel (les deux autres segments);
  • les types de séjours sont les suivants:
    • visites de parents ou d’amis (célibataire-solo)
    • séjours urbains ou de magasinage ainsi que des croisières ou des escapades dans des destinations ensoleillées (pluri-solo)
    • circuits ou sightseeing (célibataire-groupe);
    • événements et vacances sportives (pluri-groupe);
  • Les deux catégories de voyageurs solo qui voyagent en groupe (pluri et célibataires) comptent sur les informations fournies par leurs parents et amis ainsi que sur le matériel promotionnel imprimé par les voyagistes pour obtenir des renseignements

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De plus en plus de voyageurs individuels visitent le Québec

Dans cette partie de l’analyse, nous avons choisi de considérer uniquement les voyages dont le groupe est constitué d’une seule personne.

En 2010, les Canadiens qui ont séjourné seuls au Québec ont effectué près de trois millions de voyages-personnes d’une nuit et plus dans un but d’agrément, ce qui représentait 34% de tous les séjours. Notons que les Québécois constituent 83% de ces voyageurs en solo.

Parmi les Américains qui ont effectué un voyage d’agrément dans la province, seulement 13% sont venus seuls en 2011. Ce sont les résidants du Maine qui voyagent le plus en solo dans la province, soit 20% de ces Américains. Pourtant, le potentiel de visiteurs est beaucoup plus vaste. En effet, selon l’Office of Travel and Tourism Industries, 38% des Américains ayant voyagé outre-mer dans un but d’agrément et de visiter des parents et des amis en 2011 l’ont fait seul.

En moyenne, un visiteur sur cinq en provenance des principaux pays émetteurs européens ayant visité le Québec une nuit ou plus dans un but d’agrément voyageait en solo en 2011, alors que dans le cas des touristes chinois et brésiliens, il s’agissait de la majorité, soit 60%.

Enfin, entre 2006 et 2011, le nombre des voyageurs en solo internationaux a enregistré une forte croissance (55% et 21%) alors que les arrivées totales, elles, diminuaient. Ceci est particulièrement remarquable dans le cas des voyages des Américains (voir le tableau 2).

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Exemples d’adaptation au marché

Plusieurs voyagistes tels que Abercrombie & Kent, compagnie spécialisée dans les voyages de luxe et les safaris, ont éliminé les suppléments pour les voyageurs en solo ou encore ont diminué les frais additionnels de 50 à 75%. Certaines autres proposent à leurs clients en solo de leur trouver un compagnon de chambre et baissent alors leur tarif de 50%.

De nombreuses compagnies de croisières ont elles aussi abandonné les surcharges pour les croisiéristes en solo ou diminué ces suppléments pour certaines catégories de cabines —souvent les moins chères — ou vers des destinations prédéfinies. En 2010, Norwegian Cruise Line (NCL) fut la première à offrir 128 cabines de style studio pour les voyageurs en solo sur son navire Epic, le tout sans supplément. Elle a également créé une section réservée aux voyageurs en solo afin qu’ils puissent s’y retrouver. En raison du succès remporté avec ces cabines individuelles, NCL a décidé de proposer 59 cabines individuelles sur le Norwegian Breakaway, qui prendra le large en mai 2013.

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Des voyagistes tels que Singles Travel International ont créé un réseau social où les voyageurs en solo de tous les horizons peuvent échanger sur leurs intérêts, leurs activités préférées, les destinations visitées; rencontrer des partenaires potentiels de voyage, etc. Des compagnies aériennes comme Air Baltic, KLM et Malaysia Airlines et de nouvelles applications (SeatID,

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Planely, Facebelt) permettent aux touristes en solo de choisir leur voisin de siège en fonction de leur profil «social». D’autres, tels que Maiden Voyage, proposent tout un réseau aux femmes d’affaires qui souhaitent se rencontrer et socialiser une fois à destination. Et vous, comment comptez-vous vous y prendre pour attirer cette clientèle?

Analyse écrite avec la collaboration de Camille Derelle.

 

Sources:

– Laesser, Christian, Pietro Beritelli et Thomas Bieger. «Solo travel: Explorative insights from a mature market (Switzerland)», Journal of Vacation Marketing, vol 15, no 3, p. 217- 227.

– Légaré, Odile. «Perspectives démographiques 2006-2056 et logement: un aperçu», Habitation Québec – Le bulletin d’information de la Société d’habitation du Québec, volume 4, numéro 4, été 2010.

– Lenhart, Maria. «Solo Travel is booming and suppliers are responding», Travelmarketreport, 20 octobre 2011.

– Office of Travel and Tourism Industries. «Profile of U.S. Travelers Visiting Overseas Destinations : 2011».

– Statistique Canada. « Enquête sur les voyageurs internationaux » et « Enquête sur les voyages des résidents canadiens », 2007 à 2011.

– Statistique Canada. «Les ménages canadiens en 2011 : genre et croissance. Familles, ménages et état matrimonial, Recensement de la population de 2011», septembre 2012.

– Tesse Fox, Jenna. «Travel for One», Travel Agent Central, 15 février 2012.

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Segments de clientèles

Fidèles, réceptifs et festifs: portrait des touristes LGBT américains

Composé principalement de ménages à double revenu et sans enfant, de voyageurs fidèles à la marque, dépensant plus que la moyenne et qui réservent directement sur les sites Web des hébergements et des compagnies aériennes, le marché gai et lesbien constitue une clientèle très convoitée. Le Canada est actuellement la première destination internationale du marché LGBT américain. Escapades urbaines pour les hommes, activités de plein air et familiales pour les femmes, ce marché regroupe des segments de clientèle qui, comme dans la population en général, représentent des gens dont la dynamique de vie, la culture et les intérêts sont très diversifiés.

Des enthousiastes du voyage

Depuis 1994, la firme Community Marketing & Insights (CMI) réalise l’Annual Tourism Study auprès de la communauté gaie et lesbienne, ou LGBT (lesbiennes, gais, bisexuels et transgenres). Les résultats de l’édition 2012 ont été dévoilés lors de la Global Travel Outlook Conference (GTOC), qui se déroulait à Chicago en octobre 2012.

Les comportements de voyage de la clientèle LGBT sont sensiblement les mêmes que par les années passées (lire aussi: Le désirable marché gai). Voici quelques caractéristiques clés confirmées par l’enquête de 2012:

  • Ce marché est surtout composé de DINK (Double revenu – Sans enfant), bien que le qualificatif «sans enfant» tende à changer;
  • Les voyages font partie de la culture LGBT;
  • Ces voyageurs sont très fidèles aux marques/destinations;
  • Ils voyagent deux fois plus que la moyenne des voyageurs américains;
  • Ils fréquentent surtout les destinations qui s’affichent comme étant LGBT-friendly;
  • Ils sont très réceptifs aux actions marketing ciblées;
  • Ils ont une préférence pour les destinations au climat chaud; la culture arrive au 2e rang.

Chacun son genre

L’étude distingue les réponses des hommes et des femmes. Elle permet ainsi de mieux cerner le profil de ces deux groupes. Globalement, les hommes gais ont des comportements de voyage plus marqués que les femmes lesbiennes: ils voyagent davantage, que ce soit pour les affaires ou par agrément; une plus grande part d’entre eux a réalisé un voyage à l’international et ils sont plus enclins à adhérer à un programme de fidélisation (voir le tableau 1).

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Si tous ont une préférence pour les climats chauds, la culture et la plage, les voyageurs gais démontrent un intérêt beaucoup plus prononcé (46%) pour les activités urbaines que les voyageuses lesbiennes (29%). Ces dernières, plus susceptibles d’avoir des enfants à la maison, choisissent dans des proportions plus élevées des séjours de plein air et d’aventure (42%) ou des voyages en famille (18%). Les restaurants, la cuisine et le vin interpellent autant les deux segments, à savoir près de la moitié d’entre eux (voir le graphique 1).  

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De plus, l’étude révèle que la saison la plus propice aux séjours d’agrément demeure l’été, même si les voyageurs gais démontrent une propension plus élevée que les voyageuses lesbiennes à se déplacer en dehors des périodes de vacances scolaires. Néanmoins, précisons que seuls 5% des hommes gais américains ont un ou plusieurs enfants à la maison.

Fidèles à la destination et réceptifs aux actions LGBT-friendly

Comme l’indique le graphique 2, c’est le retour à la destination préférée qui est mentionné par le plus grand nombre de répondants comme première motivation de voyage, lors du dernier séjour effectué. «Assister à un événement» constitue la deuxième raison la plus importante. La bonne réputation LGBT de la destination, qui arrive en troisième position, motive le quart des voyageurs gais et plus d’une voyageuse lesbienne sur cinq. L’enquête révèle aussi que 20% des voyageurs LGBT ont assisté à un événement gai dans une autre ville que la leur. Ils y ont séjourné quatre nuits en moyenne.

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Le marketing LGBT fait une différence

Les principales sources d’information utilisées par ces voyageurs pour obtenir des renseignements de voyage se déclinent comme suit:

  1. Références de parents et d’amis;
  2. Sites de voyages en ligne;
  3. Publicités dans les médias LGBT (pour 41% des voyageurs gais, par rapport à 36% des voyageuses lesbiennes).

Le quart des voyageurs LGBT ont pris des décisions d’achat basées sur des informations publiées sur les médias sociaux. Les articles traitant de voyage – imprimés ou en ligne – exercent une forte influence dans le processus de choix de la destination, parce qu’ils sont considérés comme étant plus objectifs, informatifs et fiables que d’autres sources. Les publicités dans les magazines imprimés LGBT sont aussi très efficaces.

Bien que Tourisme Montréal soit très dynamique envers le marché LGBT, la compétition est féroce, et les villes de toutes tailles interpellent ce marché. À titre d’inspiration, voici des exemples de microsites Web des organisations de gestion de la destination (OGD) et une brochure téléchargeable s’adressant au marché LGBT.

L’humoristique Philadelphie (Pennsylvanie)

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Source: Visitphilly.com

La romantique San Antonio (Texas)

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Source: visitsanantonio.com

La dynamique Portland (Oregon)

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 Source: Out In Portland

Impliquer les employés

Comme le précise Bill Kendrick, de l’Association du tourisme gai de l’Île-du-Prince-Édouard les voyageurs LGBT recherchent dans une destination les mêmes attributs que n’importe quel autre voyageur, avec un petit plus. Ils veulent se sentir en sécurité, et éviter de vivre des situations désagréables ou de se sentir mal à l’aise parce qu’ils voyagent avec leur partenaire de même sexe. Cela implique de la part des employés qu’ils fassent preuve de délicatesse et d’ouverture. Une stratégie marketing ciblant le marché LGBT devrait d’ailleurs prévoir la sensibilisation du personnel à cet égard.

 

Sources:

– Bissett, Kevin. «P.E.I. looks to lure gay travellers http://www2.canada.com/edmontonjournal/news/travel/story.html?id=04ef7254-e486-4d4c-9f23-9248a3905eca», Edmonton Journal, 3 novembre 2012.

– Levitz, Meryl pour la Greater Philadelphia Tourism Marketing Corporation. «LGBT Tourism Case Study: Philadelphia», présentation à l’occasion de la Global Travel Outlook Conference, à Chicago, 24-25 octobre 2012.

– Roth, Thomas pour Community Marketing & Insights. «LGBT Tourism Market Research & Best Practices», présentation à l’occasion de la Global Travel Outlook Conference, à Chicago, 24-25 octobre 2012.