Catégories
Hébergement Tendances

Quel avenir pour l’hôtellerie urbaine ?

Qui occupera les hôtels en milieu urbain si le volume des déplacements d’affaires n’atteint pas les seuils observés avant la pandémie ? Comment les hôteliers peuvent-ils imaginer à nouveau l’espace, tenter d’augmenter l’achalandage ou d’attirer une clientèle différente ? Ce sont des questions auxquelles l’Association romande des hôteliers (ARH), l’École Hôtelière de Lausanne (EHL) et l’Institut de tourisme de la HES-SO Valais-Wallis ainsi que divers partenaires de l’industrie ont tenté de répondre lors d’une récente étude de 2021. Cette dernière répertorie des stratégies innovantes qui répondent à cet enjeu de fréquentation.  

La méthodologie employée

Les porteurs du projet ont d’abord sondé différents établissements hôteliers suisses pour comprendre les défis de la reprise graduelle des activités. Les résultats de cette première enquête mettent en évidence qu’une majorité d’hôteliers souhaitent travailler de concert avec les acteurs urbains pour mieux exploiter les atouts de la ville. À la suite de cette démarche, un concours d’idées destiné au grand public a été lancé ; l’objectif était de générer de nouvelles réflexions et de promouvoir l’avis de la population.  

Source de l’image: Conférence L’avenir des hôtels urbains 

Après le concours d’idées, trois groupes de réflexion composés de professionnels de l’industrie hôtelière et de secteurs connexes (architectes, designers, économistes, professionnels du tourisme…) se sont réunis au cours de divers ateliers. La discussion convergeait vers un point : l’hôtel devait redevenir un lieu de vie multifonctionnel. Un second sondage rassemblant des propositions plus précises a ensuite été envoyé aux hôteliers participants. Enfin, des groupes de discussions regroupant des experts de divers horizons ont permis d’évaluer la faisabilité des propositions les plus populaires et d’effectuer un travail de synthèse.  

L’hôtel urbain doit redevenir un lieu de vie multifonctionnel.

La Chaire de tourisme Transat s’est entretenue avec une partie prenante active du projet, le Dr Roland Schegg, professeur à la Haute école spécialisée de Suisse occidentale en Valais (HES-SO Valais-Wallis) et chercheur à l’Institut du tourisme (ITO), pour commenter les résultats de ce processus d’idéation : « Ce qui est difficile en tant que chercheur, c’est qu’on ne va pas mettre en œuvre les idées, on tente le plus possible avec cet exercice d’inspirer les hôteliers, à la fin c’est une décision entrepreneuriale ; certaines des propositions formulées peuvent fonctionner pour un établissement et pour un autre, non ».  

Source de l’image: Conférence L’avenir des hôtels urbains 

Les constats obtenus

À la suite de cet exercice de consultation, les parties prenantes de l’étude proposent des pistes de réflexion et des stratégies de relance pouvant appuyer le secteur hôtelier urbain. Ces dernières sont regroupées dans un recueil selon quatre thématiques principales. 

 

Cœur de quartier 

Le recueil suggère que les hôtels urbains s’ouvrent sur leur quartier pour devenir un noyau social invitant, tant pour la population que pour les touristes en visite. Ces établissements favoriseraient la rencontre entre les visiteurs et les visités ; ils feraient ainsi office de lieu d’échange convivial et accessible. Les hôtels pourraient alors proposer à des artisans locaux de présenter leurs produits de manière sporadique à la réception. Pour ceux disposant d’un restaurant, pourquoi ne pas offrir des cours de cuisine en saison plus calme ? La diversification des activités générerait des revenus supplémentaires et renforcerait la visibilité du lieu.  

Le programme montréalais Passerelle est un bel exemple d’initiative qui invite les résidents comme les voyageurs à (re)découvrir leur hôtel de quartier en participant à des représentations d’artistes locaux.  

 

Hôtel hybride

Les hôtels en milieux urbains gagneraient à imaginer une reconfiguration plus flexible de leurs espaces pour répondre à de nouveaux besoins et attirer une clientèle diversifiée. En plus des chambres, on pourrait mettre à disposition des espaces de soins, des boutiques et marchés et des salles de réunions. Cette diversification du modèle d’affaires viendrait également cibler des segments de clientèle qui n’habitent pas en ville à longueur d’année, par exemple les étudiants ou les travailleurs saisonniers. Il serait alors envisageable d’offrir des tarifs différenciés se basant sur la durée des séjours et les services utilisés (buanderie, casiers, cuisine…).  

Le modèle d’hébergement au séjour prolongé se base en partie sur ce principe et voit de plus en plus le jour au Québec et ailleurs dans le monde. C’est notamment ce que propose le Hampton Inn et Homewood Suites par Hilton situé dans le quartier chinois montréalais. En Europe, on retrouve le concept d’Edgar Suites ou du The Student Hotel.  

 

Espace de coworking 

En relation avec cette configuration plus flexible et hybride des lieux, les hôtels urbains pourraient proposer des espaces de travail aux personnes en télétravail ou en formule hybride. Les pièces devraient disposer du matériel nécessaire (prises, écrans, ordinateurs…) pour accueillir ce type de clientèle, mais avant tout favoriser les échanges et permettre l’interaction entre collègues. Les hôtels auraient alors l’opportunité de devenir des lieux de réseautage favorisant le bien-être des employés. Il pourrait être intéressant de proposer des forfaits incluant un repas ou une activité ou même d’établir des partenariats avec des entreprises locales spécialisées dans le coworking. 

C’est ce qu’a fait le groupe Accor pour l’un de ses hôtels lors du dernier tournoi Roland-Garros. La société a collaboré avec Wojo, un réseau européen d’espaces de travail, pour transformer certains lieux en postes éphémères de coworking.  

 

Hôtel destination 

Le recueil suggère enfin aux hôtels urbains d’enrichir leur offre dans l’objectif d’être bien plus qu’un simple lieu de passage pour les voyageurs. Proposer plusieurs activités au sein de l’établissement ou à proximité pourrait en faire le produit d’appel de la destination. Le mot d’ordre : personnalisation. Cette démarche leur permettrait d’attirer des segments de clientèle diversifiés, comme des familles ou des voyageurs d’affaires qui souhaiteraient prolonger leur séjour sans trop se casser la tête.  

Pour la suite, M. Schegg souhaite notamment réfléchir à la pénurie de main-d’œuvre. À son avis, il sera primordial de repenser les processus des entreprises touristiques pour s’adapter aux demandes des nouvelles générations qui placent leur qualité de vie comme une priorité. Il ajoute qu’il est nécessaire, en tant que gestionnaire, de prendre le temps de sortir de son quotidien, de voir ce qui se fait ailleurs et de se mettre dans la peau du client. Prendre du recul n’est pas du temps perdu.   

Chose certaine, les idées ne manquent pas. Les hôtels urbains qui s’adapteront à la nouvelle réalité des villes auront la possibilité de devenir des pionniers dans le secteur.  

Pour consulter le plus récent rapport rédigé par le Dr Roland Schegg et ses collègues en lien avec la gestion de crise et le secteur hôtelier, cliquez ici.  

Image à la une : Pexels

Source des icônes : Rapport Avenir de l’hôtellerie d’affaires urbaine

Catégories
Marketing

Dessine-moi ma ville !

Helsinki Curious

La capitale de la Finlande, pays le plus heureux au monde pour la cinquième année consécutive, reçoit une attention médiatique grandissante depuis quelques années. Et pour cause, en plus de nager dans le bonheur, elle trône au sommet des palmarès des villes offrant la meilleure qualité de vie. Cette visibilité récente génère un intérêt des étrangers pour la métropole finlandaise. À cet égard, la Ville a réalisé un sondage qui révèle notamment que seulement 17 % des Londoniens ont déjà visité Helsinki, mais que 91 % s’y intéressent ; voilà les « Helsinki Curious ».  

Trois portraits à l’aveugle

La Ville et son agence marketing responsable de l’attractivité — Helsinki Partners — ont interpellé trois artistes visuels de type « Helsinki Curious ». Ces créateurs de Londres, Berlin et Tokyo devaient chacun concevoir une œuvre qui reflète l’image qu’ils se font d’Helsinki. Les instigateurs du projet ont fourni aux participants deux sources d’informations pour nourrir leur imaginaire : des récits de voyageurs et des entretiens avec des personnes ayant déjà visité ou habité la ville. Les règles du jeu interdisaient les recherches en ligne. 

Source : Illustrations de Jack Sachs, Aysha Tengiz et Takashi Nakamura / Helsinki Partners 

Une ville vibrante, ouverte, libre, où la nature est omniprésente, voilà quelques composantes qui se dégagent de chacune des œuvres. Elles ont été dévoilées à l’occasion de la Helsinki Design Week, en septembre 2022. La série documentaire Helsinki Curious, mettant en vedette les trois artistes participants, est disponible sur le site web My Helsinki. Aussi, ces illustrations font office d’affiches publicitaires pour la campagne automnale de la destination Helsinki dans les villes d’origine des artistes, soit à Londres, Berlin et Tokyo. 

Un processus inspirant 

L’initiative Helsinki Curious constitue une approche fort intéressante dans une optique de réflexion sur l’image projetée d’une ville ou d’un village. De plus, elle permet de susciter l’attention, de créer du contenu marketing tout en célébrant de jeunes artistes et leur esprit créatif.  

Image à la une : ©Aysha Tengiz / Helsinki Partners 

Catégories
Destinations Transport

Comment occuper les passagers en escale ?

Même si le nombre de déplacements intérieurs en Amérique du Nord est inférieur à celui de 2019, il n’en demeure pas moins qu’il a augmenté de 280 % en avril 2022 par rapport à avril 2021.

Cela dit, depuis quelques mois, le manque de personnel dans les aéroports, mais aussi du côté des compagnies aériennes, a un impact sur toute la chaîne du parcours voyageur. Plusieurs vols sont annulés, d’autres sont reportés et certains passagers tardent à retrouver leurs bagages ; un scénario chaotique ayant des contrecoups sur l’expérience client. Certes, la situation n’est pas semblable partout et pour tout le monde, mais comment faire face à ce manque, soulager les clientèles, voire arriver à les satisfaire ?

Certaines destinations et compagnies aériennes mettent les bouchées doubles pour améliorer l’expérience des touristes ayant de longues escales ou de ceux dont le vol est reporté. La solution ? Profiter de leur transit pour leur faire découvrir la ville et ses attraits.

La Turquie

Après avoir été suspendu pendant la pandémie, le programme TourIstanbul de Turkish Airlines a redémarré au début de la saison estivale. Cette initiative propose aux passagers internationaux en escale à l’aéroport d’Istanbul de prendre part à une visite guidée gratuite de la ville. Il va sans dire que les intéressés doivent disposer d’un temps d’attente considérable (6 à 24 heures) pour profiter de l’expérience. Le cas échéant, ils sont pris en charge par un chauffeur qui les conduit en ville puis les ramène ensuite à temps pour leur vol. Six circuits par jour sont offerts ; les voyageurs peuvent ainsi choisir celui qui correspond le mieux à leur horaire. Depuis 2019, 349 738 clients ont eu la chance de découvrir Istanbul grâce à ce service.

 

Source de l’image : Turkish Airlines

 

Turkish Airlines offre également aux personnes en classe affaires ayant un transit d’au moins 20 heures deux nuitées gratuites dans un hôtel cinq étoiles au cœur d’Istanbul. Les passagers en classe économique bénéficient d’une nuitée dans un hôtel quatre étoiles.

La France

L’Office de tourisme Grand Roissy a récemment lancé le projet pilote City Tour Grand Roissy Escales. Le service met à disposition des voyageurs en escale à l’aéroport Paris Charles-de-Gaulle un autocar qui vient les récupérer dans la zone aéroportuaire, puis les déposer à différents lieux d’intérêt préalablement sélectionnés, pour enfin les ramener à leur point de départ. Durant les deux mois d’expérimentation du projet, les visiteurs ont pu profiter de plusieurs escales, les voici :

-L’escale « Art de vivre » au centre commercial Aéroville, au complexe aquatique Plan Oxygène ou encore au Golf international de Roissy ;

-L’escale « Culture » au Musée national de la Renaissance ainsi qu’au Château d’Écouen ;

-L’escale « Patrimoine » au Musée Archéa situé à Louvre ;

-L’escale « Parisienne », comme son nom l’indique, à Paris.

Source de l’image : City Tour Grand Roissy Escales

Des départs étaient disponibles tous les jours au coût de 5 euros pour les adultes et le tout était gratuit pour les 18 ans et moins. Pour éviter aux voyageurs de devoir débourser davantage, ces tarifs comprenaient des entrées gratuites ou des réductions, négociées auprès des partenaires touristiques participants. Par exemple, les personnes qui choisissaient de faire escale au Golf international de Roissy obtenaient une boisson gratuite à l’arrivée ainsi qu’un rabais de 25 % sur les parcours.

L’escapade parisienne, quant à elle, était offerte le mardi soir seulement et proposait d’observer les monuments de la ville à bord d’une croisière sur la Seine. Son coût s’élevait à 40 euros par personne et 20 euros pour les enfants de moins de 12 ans.

Si l’opération est concluante aux yeux de l’Office de tourisme Grand Roissy, un déploiement sera effectué annuellement chaque saison touristique.

Singapour

La compagnie aérienne Singapore Airlines met à disposition trois forfaits qui permettent aux passagers en escale à Singapour de profiter de la destination selon leur convenance. Pour ceux qui préfèrent se reposer avant leur prochain vol, le forfait de base — à partir d’environ 38 $ — inclut une nuitée dans un hôtel, un service de navette de l’aéroport de Changi à l’hôtel sélectionné ainsi qu’une carte SIM encourageant les usagers à utiliser leur cellulaire. Pour ceux qui, à l’inverse, souhaitent découvrir la destination, le second forfait comprend, en plus des composantes du premier forfait, des accès gratuits à une série d’activités et des repas permettant de goûter la cuisine locale — le tout à partir de 58 $. Pour un peu plus de 200 $, les passagers peuvent accéder au dernier forfait qui compte un laissez-passer d’une journée à Universal Studios Singapour. Les intéressés ont la possibilité de réserver leur hébergement et de présélectionner leurs activités en ligne via un site Internet destiné à cet effet.

 

Source de l’image : Singapore Stay-Over

Et pour la suite ?

Avec un retour à la normale des activités anticipé pour 2023-2024, il sera de plus en plus nécessaire de penser à des alternatives pour occuper les passagers en correspondance. Travailler de concert avec la destination de transit est une initiative judicieuse qui pourrait être envisageable au Québec. Cette démarche serait l’occasion pour des entreprises touristiques locales de rejoindre une clientèle internationale qui n’aurait pas nécessairement pensé au Québec comme destination première. Ce service pourrait également faire découvrir aux voyageurs des coins méconnus ou des attractions qui mettent de l’avant la culture ou la gastronomie régionale.

Image à la une : Unsplash

Catégories
Tourisme durable Transport

S’inspirer des grandes « capitales vélos »

Créé sous le programme européen Horizon 2020, CIVITAS Handshake vise à contribuer au développement des réseaux cyclables urbains. Plus spécifiquement, le projet cherche à tirer profit de l’expertise de trois villes reconnues mondialement pour leur culture et infrastructures cyclables, soit Amsterdam (Pays-Bas), Copenhague (Danemark) et Munich (Allemagne). À travers un processus innovant, basé entre autres sur la coopération et le mentorat, ces trois métropoles accompagnent durant cinq ans (2018-2022) dix autres municipalités afin qu’elles bénéficient des connaissances qu’elles ont acquises au fil des années. À terme, les villes participantes aspirent à devenir à leur tour des « capitales vélos ».  

Les objectifs du projet

Le programme CIVITAS Handshake offre un cadre qui favorise l’accélération du déploiement de différents réseaux cyclables sur le territoire européen et vise l’atteinte des objectifs stratégiques suivants :  

-Inspirer la mise en place (ou le raffinement) d’une vision holistique du cyclisme et d’un processus de transfert de connaissances ;  

-Favoriser l’adoption d’une culture de planification multidisciplinaire pour optimiser les processus de développement, consolider les futures politiques et appuyer les investissements cyclables ;  

-Permettre au vélo de devenir un élément clé du transport urbain ;  

-Augmenter la part modale du vélo et veiller à la sécurité des cyclistes ;  

-Positionner le vélo en tant qu’option de transport essentielle de réduction des embouteillages ;  

-Mettre à profit la pratique du vélo pour améliorer la santé publique ;  

-Favoriser la croissance économique.  

Les instigateurs du programme s’attendent aussi à contribuer à l’attractivité du vélo, augmenter la fréquence de son utilisation et diminuer les émissions de CO2 en milieu urbain. 

Un programme qui s’appuie sur le mentorat

Les villes ayant des besoins similaires travaillent avec un mentor adapté à leurs priorités et avec lequel elles ont la possibilité d’échanger (physiquement et virtuellement) et d’effectuer des visites sur le terrain. Voici l’attribution des villes mentorées: 

Source : CIVITAS Handshake 

L’échange de connaissances et d’expérience s’effectue également à plus grande échelle, entre tous les représentants des villes participantes. Ainsi, même les métropoles dites « mentors » gagnent à s’impliquer dans le programme, car bien qu’elles soient exemplaires, elles font également face à des défis et cherchent des solutions pour améliorer leur réseau cyclable. Ces échanges favorisent ainsi le partage de nouvelles approches. Par exemple, dans la vidéo suivante, un consultant de la ville de Copenhague explique en quoi les villes mentorées représentent une source d’inspiration. 

 

Un programme dynamique

Le processus mis de l’avant par le programme comprend : 

Une gestion transitoire 

Cette méthode consiste à créer une « courroie de transmission », c’est-à-dire à constituer un groupe de personnes qui guide les villes participantes tout au long du processus : de la conception jusqu’à la mise en œuvre des solutions. Ce groupe s’assure de mettre à jour les objectifs, d’établir une ligne directrice des projets à réaliser et ultimement de veiller à une planification à long terme. 

Des activités immersives 

L’apprentissage sur le terrain offre une occasion unique de constater l’état des lieux et d’orienter les échanges des participants, composés d’une délégation pluridisciplinaire, autour d’éléments tangibles. Dans le cadre du projet, deux types de visites figurent à l’agenda : l’une vers la ville mentor (Immersive Study tours) et la seconde vers la ville mentorée (Immersive Symposia).  

Des évaluations

Tout au long du processus, les villes participantes bénéficient d’un accompagnement méthodologique qui permet d’évaluer les développements en cours. Intitulée « Bikenomics », cette méthode combine des techniques d’analyse du bien-être qui offre un aperçu holistique des impacts (positifs ou négatifs) engendrés par les solutions cyclables retenues. Cet outil permet aux gestionnaires de prendre des décisions à partir des données recueillies.  

Un programme axé sur des solutions concrètes

Tout au long du projet, les experts et les instances locales impliqués ont co-créé plus de 60 solutions que l’on retrouve sous quatre grandes catégories. Voici quelques exemples : 

 

 

 

  • Solution : Planifier un réseau cyclable cohérent et ininterrompu  

L’exemple d’Amsterdam : son réseau relie les zones résidentielles à toutes les destinations (quotidiennes) importantes, telles que les centres commerciaux, les écoles, les parcs, les gares, etc. Il permet de se rendre rapidement et de façon sécuritaire d’un point A à un point B.  

  • Solution : Développer un réseau à l’aide du secteur privé 

L’exemple de Copenhague : la ville implique le secteur privé dans le développement de stationnements à vélos, de pistes et de passerelles cyclables afin d’augmenter l’attractivité de nouveaux quartiers résidentiels ou de milieux de travail. 

 

 

 

  • Solution : Intégrer des stationnements pouvant accueillir un grand volume de vélos  

L’exemple d’Amsterdam : il y a plus de 255 000 emplacements pour stationner des vélos dans l’espace public à Amsterdam, dont certains sont souterrains. Dans le cadre du programme CIVITAS Handshake, la ville a publié un guide pour accompagner les municipalités dans la mise en place de telles infrastructures. 

  • Solution : Utiliser la technologie pour créer des rues plus « intelligentes » 

L’exemple de Copenhague : la ville utilise des technologies qui lui permettent de surveiller en temps réel la circulation des vélos, d’adapter les messages des panneaux de communication et d’offrir de l’éclairage « intelligent ».  

 

 

 

  • Solution : Obtenir de la rétroaction des usagers pour améliorer le réseau  

L’exemple de Munich : depuis juin 2021, les cyclistes de Munich utilisent une plateforme Web qui leur permet de poser des questions (et recevoir des réponses), d’offrir de la rétroaction à propos du réseau (par exemple, de localiser des zones de danger ou des pistes qui nécessitent un meilleur entretien) et de proposer des suggestions. L’implication des usagers contribue à l’amélioration en continu du réseau et aide à rendre les infrastructures plus sécuritaires. 

  • Solution : Calculer les effets socio-économiques de la pratique du vélo 

L’exemple de Copenhague : il est démontré que pour chaque kilomètre parcouru à vélo, la société danoise gagne 4,80 couronnes danoises (0,85 dollar canadien) et que pour chaque kilomètre effectué en voiture le coût s’élève à 5,28 couronnes danoises (0,91 dollar canadien). L’outil « Bikenomics » aide les villes à effectuer ce type de calcul qui offre des données sur lesquelles il est possible d’appuyer des décisions. 

 

 

 

  • Solution : Sensibiliser les cyclistes de tous âges et de toutes habiletés 

L’exemple de Munich : chef de file dans les campagnes misant sur l’inclusion, Munich a développé des outils et des visuels qui représentent tous les types d’usagers. 

  • Solution : Informer et faire la promotion du vélo pour changer des habitudes 

L’exemple de Munich : la ville considère le vélo comme étant un pilier essentiel à la mobilité durable. Dans ce contexte, elle effectue des campagnes de marketing ciblées ayant pour objectif de sensibiliser les citoyens au transport actif et de les mobiliser afin qu’ils prennent part à ce mouvement. 

L’union fait la force

Le programme CIVITAS Handshake est un modèle fort inspirant de collaboration entre différentes municipalités. Le site Web du projet regorge de documents, de solutions et de ressources qui peuvent accompagner des villes intéressées par le développement cyclable. Pour découvrir le travail effectué au cours des cinq dernières années par les villes mentorées et les leçons qu’elles ont tirées de cette expérience, vous pouvez parcourir la seconde partie de cette analyse : « Devenir une “capitale vélo” : exemples concrets ».

Les municipalités de toutes tailles gagnent à intégrer et à valoriser davantage la mobilité douce sur leur territoire. D’un point de vue touristique, les visiteurs profitent d’une expérience à échelle humaine, peuvent découvrir un lieu sous une autre perspective et bénéficient d’options supplémentaires pour réduire leur empreinte carbone à destination. Enfin, lorsque les pistes cyclables des villes se connectent à de plus vastes réseaux, elles deviennent aussi attrayantes pour les cyclotouristes en quête de lieux où se poser durant leur périple. 

Image à la une : CIVITAS Handshake 

Catégories
Produits et activités

Quelqu’un a dit apéro ?

Vaud Promotion ainsi que l’Office des Vins Vaudois ont récemment décidé de collaborer pour simplifier l’heure de l’apéro. VPERO est une solution tout-en-un disponible en ligne ; les intéressés n’ont qu’à choisir leur coffret de produits vaudois prêts à être dégustés, spécifier leur emplacement et le tout sera livré gratuitement à vélo. En une heure, le tour est joué ; voilà une option écologique pour faire face aux géants de la livraison.  

Trois ensembles sont disponibles. Pour 25 francs suisses (environ 32 dollars canadiens), chaque coffret contient une bouteille de vin blanc ou rosé de la région, des cubes de Gruyère d’appellation d’origine protégée (AOP), des flûtes au beurre — des bâtonnets croustillants à saveur de beurre —, quatre verres à vin, un bec versoir ainsi qu’un sac réutilisable en tissu portant le logo de VPERO.  

Pour les amateurs de rouge, le coût du coffret s’élève à 30 francs suisses (environ 38 dollars canadiens) et comprend des cubes de Gruyère d’appellation d’origine protégée (AOP), un sac de pop-corn aux herbes, un limonadier, quatre verres à vin, un bec versoir ainsi qu’un sac réutilisable en tissu portant le logo VPERO.  

Source de l’image: VPERO 

Vélocité, une société de livraison suisse, est partenaire du projet. Le service se limite à la ville de Lausanne, mais le périmètre couvert est assez vaste et demeure accessible à vélo. Il est possible de profiter de VPERO du lundi au samedi, de 10h à 18 h 30.  

Source de l’image: VPERO 

Ce type d’initiative peut aider à désengorger les files d’attente des restaurants lors des 5@7 en plus de faciliter le maillage de diverses entreprises agrotouristiques. C’est également une offre originale pour les visiteurs qui souhaitent découvrir les produits d’une région différemment.  

Avec la pandémie, les boîtes repas, les coffrets gourmands ou les ensembles prêts-à-manger ont connu un essor impressionnant. Il va sans dire que les possibilités de jumelage sont infinies. Pourquoi ne pas s’allier avec le secteur des arts et de la culture, un bon livre accompagne à merveille un verre de vin !  

Image à la une : Unsplash 

Catégories
Produits et activités

Le vélo électrique a le vent dans le dos

Depuis le début de la pandémie, le vélo, comme bien des activités en plein air, a gagné le cœur des citoyens un peu partout dans le monde. Il avait déjà la cote bien avant cette période, mais connaît désormais une popularité sans égal qui n’est pas près de s’estomper. D’après une enquête menée en 2021 par l’Outdoor Industry Association, plus de 60 % des Américains sondés qui ont commencé à faire de la randonnée, du vélo ou de la course pendant la pandémie disent avoir l’intention de poursuivre leur pratique dans le futur.

Une popularité croissante au Québec

D’après l’État du Vélo au Québec en 2020, un ouvrage de référence produit tous les cinq ans par Vélo Québec, plus de la moitié des Québécois (54 %) pratique le vélo. Par rapport aux données de 2015, il s’agit d’une augmentation de 250 000 cyclistes.

Non seulement ils sont de plus en plus nombreux, mais ils dépensent davantage (achat de vélos, équipement, accessoires, entretien). En 2020, le marché était évalué à 565 millions de dollars, soit 65 millions de plus qu’en 2015. Les Québécois ont acheté près de 950 000 vélos (les ventes se maintiennent généralement à 600 000 par année depuis 2000), un record qui confirme l’engouement observé sur les pistes. Pour plusieurs, cette activité représente une occasion de partir pour une ou plusieurs journées.

Velo

Les vélos à assistance électrique gagnent aussi en popularité

En 2020, près d’un vélo pour adulte vendu sur quatre (26 %) était à assistance électrique. D’après les données de Vélo Québec, cette part significative du marché porte à 365 000 le nombre de vélos à assistance électrique en circulation, soit 8 % du parc vélo des adultes.

En 2020, près d’un vélo pour adulte vendu sur quatre (26 %) était à assistance électrique.

L’engouement pour ce type de transport est également observé ailleurs dans le monde.

  • Aux États-Unis, il s’est vendu 790 000 vélos électriques en 2021, soit une augmentation de 70 % par rapport à 2020, d’après la Light Electric Vehicle Association.
  • En Allemagne, la vente de vélos à assistance électrique a bondi de 43 % en 2020, d’après l’association Zweirad-Industrie-Verband.
  • En France, il s’est vendu 2,7 millions de vélos en 2020, dont 19 % à assistance électrique selon les chiffres de l’Union Sport & Cycle. Cela représente une hausse de 29 % par rapport à 2019.

Les cyclistes les utilisent pour se déplacer en ville, mais également à des fins récréatives et touristiques. Plusieurs itinéraires et circuits s’adaptent donc aux besoins de cette clientèle. C’est le cas de la Véloroute des Bleuets, dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, le premier circuit électrifié en Amérique du Nord, qui intègre cinq bornes de recharge (les Vélovoûtes) à son itinéraire.

https://youtu.be/vQXGuHK4s-s

Source : veloroutedesbleuets.com

En Colombie-Britannique, le projet « Electrify the Mountains » devrait voir le jour à l’automne 2022 à Kimberley. Il s’agit d’un nouveau circuit de 36 kilomètres conçu spécifiquement pour les vélos à assistance électrique et ceux adaptés aux personnes ayant un handicap. Les sentiers seront plus larges, donc plus accessibles et inclusifs envers tous les cyclistes. Des bornes de recharge solaires seront également disposées sur la piste (ou à proximité). Les instigateurs d’Electrify the Mountains souhaitent voir davantage de projets similaires dans la région de Kootenay. Ils espèrent aussi répondre aux besoins des résidents tout en attirant des touristes.

Le développement de circuits adaptés aux vélos à assistance électrique est relativement nouveau en Amérique du Nord, mais pas en Europe. Cela fait plus d’une décennie que la réflexion et l’intégration du concept se déploient. En 2005, le Réseau de veille en tourisme avait étudié sur place le cas de la Route du cœur dans la région d’Emmental en Suisse. Déjà à ce moment, la route s’étendait sur 55 kilomètres et offrait des bornes de recharge grâce à la participation de partenaires issus de l’industrie touristique. Aujourd’hui, la Route du cœur s’étend sur 705 kilomètres et traverse le pays de Lausanne à Rorschach en treize étapes. Le parcours a intégré le réseau national de la Suisse à vélo et constitue désormais l’un des douze itinéraires adaptés pour les vélos électriques.

Source : terrenature.ch

Les réseaux cyclables continuent à se développer

En Europe, le Schéma EuroVelo compte dix-sept itinéraires qui traversent 42 pays pour un total de 91 500 kilomètres. De ce nombre, 45 000 kilomètres sont déjà complétés. En France, le Schéma national des véloroutes offre 58 itinéraires (dont 10 EuroVelo), ce qui représente 25 670 km de voie cyclable. Il reste 6230 kilomètres d’itinéraires à réaliser pour compléter le projet. La France porte l’ambition de devenir la première destination mondiale du tourisme à vélo d’ici 2030.

Aux États-Unis, le Great American Rail-Trail a officiellement été annoncé en mai 2019. Il s’agit du plus ambitieux projet d’itinéraire cyclable jamais réalisé au pays. Lorsqu’il sera finalisé, le sentier s’étendra sur une distance de plus de 5955 kilomètres à travers 12 États. La route connecte aujourd’hui plus de 145 pistes existantes. Le projet devrait être complété d’ici 2040 et est actuellement achevé à 53 %.

Source: Great American Rail-Trail

Au Québec, la Route verte comptait 5100 kilomètres en 2020. L’expansion prévue dans le Plan d’action 2018-2023 de la Politique de Mobilité durable 2030 du ministère des Transports du gouvernement du Québec est de 900 km, ce qui porterait la distance du réseau à 6200 kilomètres.

Considérant tous les projets de développement cyclable en cours, les (nouveaux) comportements et habitudes qui ont émané de la pandémie ainsi que les enjeux entourant la mobilité durable, il est à parier que le futur du tourisme à vélo aura de beaux jours !

 

Source de l’image à la une : pexels.com

Catégories
Segments de clientèles Tendances

L’évolution des milieux de travail : une tendance qui bouscule l’écosystème urbain

En réponse aux contraintes sanitaires, les entreprises ont dû rapidement intégrer des solutions technologiques efficaces pour maintenir leurs opérations. Ainsi, l’usage d’outils numériques s’est imposé et le télétravail s’est normalisé. Cette nouvelle réalité accélère des changements majeurs au sein des organisations, notamment en termes : 

  • de modalités de travail (hybride, flexible…) ;  
  • de leadership et de processus de travail (équipes autonomes, collaboration, agilité…) ;  
  • d’expérience employé (inclusion, bienveillance, équilibre travail et vie personnelle…) ;  
  • de compétences recherchées (savoir-faire et savoir-être).  

Et ce n’est pas tout. Les lieux de travail se retrouvent fragmentés entre le bureau, la maison et parfois d’autres lieux, selon les envies des télétravailleurs. 

Les défis des centres-villes

La transformation des milieux de travail engendre de nombreuses répercussions pour les organisations, mais aussi pour tout l’écosystème dans lequel elles gravitent. Les centres-villes vivent aux premières loges les contrecoups de cette réorganisation. Une forte concentration d’emplois s’effectuant habituellement à partir des tours de bureaux peut désormais se faire en télétravail, ce qui explique en partie l’importante baisse d’achalandage. Le recours au commerce en ligne est lui aussi pointé du doigt. 

D’après un rapport présenté le 25 février 2022 par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), la majorité des entreprises qui ont expérimenté le télétravail durant la pandémie compte aujourd’hui offrir des modèles hybrides de travail. L’adoption de cette pratique pourrait contribuer à une baisse de 19 % à 25 % de l’achalandage des travailleurs au centre-ville (par rapport à février 2020) et représenter une diminution de dépenses de l’ordre de 14 %. 

De nouveaux besoins et des occasions à saisir

Aujourd’hui, les villes doivent demeurer attractives, mais aussi s’adapter aux nouveaux comportements qu’engendre cette transformation organisationnelle. D’après un article publié dans la revue Gestion, le déplacement des travailleurs doit se justifier par des occasions de socialiser et collaborer, et aussi être bénéfique pour leur bien-être et leur santé mentale. Pour demeurer concurrentielles face aux autres entreprises, particulièrement dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, les organisations cherchent à offrir une expérience employé renouvelée.  

L’écosystème d’un centre-ville peut tirer profit de cette nouvelle ère en créant et en structurant une offre de propositions qui s’arrime avec les besoins des organisations et des employés. Des collaborations avec des restaurants, des commerces, des installations culturelles ou autres lieux pourraient être bénéfiques, tant pour les employeurs que pour les partenaires choisis.  

Une approche visionnaire

Les travailleurs qui se déplacent vers les centres-villes doivent être perçus comme des « voyageurs d’affaires » locaux.

Les travailleurs qui se déplacent vers les centres-villes doivent être perçus différemment que par le passé. Considérant qu’un bon nombre d’individus s’y rendront à temps partiel, le rapport de la CCMM suggère de les considérer comme des « voyageurs d’affaires » locaux. Cette approche s’explique par le fait que ce segment de travailleurs pourrait être tenté de concentrer ses habitudes de consommation sur deux ou trois jours au lieu de les étaler sur la semaine, comme auparavant. Ainsi, lors d’un déplacement, il ne serait pas surprenant que des collègues en profitent pour se réunir après le travail (5 à 7), pour participer à la vie culturelle, pour organiser des dîners d’affaires avec des clients ou encore pour se rendre dans des commerces identitaires du centre-ville. Ce changement de paradigme maintiendrait un certain niveau d’achalandage qui contribuerait à la vitalité de la destination urbaine.   

L’hôtellerie fonce

En France, la société Adagio cherche à répondre aux besoins occasionnels d’hébergement des télétravailleurs avec son programme Commuters. Celui-ci cible les travailleurs urbains qui résident en région éloignée, mais qui doivent se rendre sur leur lieu de travail deux ou trois jours par semaine. Les appartements-hôtels offrent plusieurs commodités, dont celle de laisser quelques affaires sur place d’un séjour à l’autre. Le groupe Accord propose lui aussi un programme (Commute and Stay) pour les télétravailleurs qui désirent rester au centre-ville. D’ailleurs, d’après un article publié dans le New York Times, de nombreux hôteliers notent une augmentation de fréquentation en milieu de semaine par des « voyageurs d’affaires » locaux. 

Le secteur de l’hôtellerie s’adapte non seulement aux besoins des télétravailleurs locaux, en modifiant leurs espaces et leurs fonctions, mais aussi à ceux provenant de tout horizon qui pourraient être tentés de s’installer pour une période un peu plus longue afin de joindre le travail et les vacances. C’est ce qu’on appelle des séjours de workation.  

Les destinations s’organisent

Tout au long de la pandémie, plusieurs destinations ont voulu se positionner auprès des télétravailleurs. C’est le cas de Venise avec sa plateforme Venywhere. Lancé en décembre 2021 par l’Université Ca’ Foscari et la Fondation internationale de Venise, le projet consiste à attirer les travailleurs qui jouissent d’une grande mobilité afin qu’ils occupent temporairement des espaces inhabités du centre-ville. La plateforme offre un service clé en main pour faciliter l’organisation du séjour. 

Source : venywhere.it 

La firme WorkMotion, qui offre des solutions de ressources humaines à l’international, a réalisé un index des villes qui facilitent le mieux le travail à distance et qui sont les plus accessibles et les plus attrayantes pour les télétravailleurs. Sur 80 villes analysées, Montréal se classe au deuxième rang, derrière Melbourne. Les quatre principaux facteurs étudiés pour établir ce classement étaient : 

1.La conformité aux cadres législatifs pour le télétravail ; 

2.La possibilité de visa de télétravailleur ; 

3.Les infrastructures publiques ; 

4.La qualité de vie. 

Avec la réouverture des frontières et la fin (ou mise sur pause) de plusieurs restrictions sanitaires, les milieux urbains chercheront à attirer de nouveaux segments de clientèle pour dynamiser leur centre-ville. En créant des offres et en adaptant des services qui visent à mieux répondre aux nouvelles réalités des travailleurs d’ici, la destination sera aussi attractive pour les télétravailleurs d’ailleurs ! 

Image à la une : Helena Lopes de Pexels 

Catégories
Destinations Tendances

Vers des villes plus vertes et plus saines

La mobilité durable, le verdissement et les solutions fondées sur la nature pour s’adapter aux changements climatiques, voilà quelques approches envisagées par des urbanistes et autres experts en regard de la ville de demain. 

Verdir, « réensauvager »

Selon un sondage réalisé pour l’organisme canadien Amis des parcs auprès de 3500 Canadiens, les 2/3 ont déclaré avoir passé plus de temps dans les parcs qu’avant la pandémie et 82 % de ceux-ci souhaitent maintenir ce rythme, voire visiter davantage ces lieux après la crise. De plus en plus de villes s’engagent d’ailleurs à créer des espaces verts. Les approches sont diverses et innovantes : aménagement d’une microforêt dans un ancien stationnement, transformation d’un centre commercial en zone humide et en prairie de fleurs, etc.  Plusieurs projets de microforêts sont aussi en cours à Montréal, voici à quoi devrait ressembler celui de la forêt urbaine du concept Le jardin d’Emiliano dans le Quartier des spectacles. 

Source : © Mario + Raquel Peñalosa + Diana Elizalde + WAA Montréal en collaboration avec Vinci Consultats, BES, Pageau Morel, Atomic3 et Les Ateliers Ublo 

Concevoir des parcs d’envergure

Et les projets de parcs urbains ne manquent pas. Certains sont spectaculaires et pourraient bien devenir des icônes. À Paris, la mairie a approuvé les plans de transformation des Champs Élysées en un vaste espace public de 1,9 km combinant verdure, tunnels d’arbres et zones piétonnes tout en réduisant la circulation automobile de moitié. Manhattan aura prochainement sa première « plage ». Le Gansevoort Peninsula consistera en un grand parc donnant accès au fleuve Hudson pour les amateurs de sports de pagaie. Ce développement s’ajoute à de nombreuses autres initiativesle long de ce fleuve. C’est le cas de Little Island, un projet inauguré en mai 2021 et unique en son genre, reconnaissable par sa structure sur piliers érigée sur l’eau.   

Source : Hudson River Park 

Déployer une offre en mobilité douce

Parcs et mobilité douce vont de pair. Les pistes cyclables en milieu urbain se sont multipliées depuis le début de la pandémie. Celles-ci sont fréquentées par les cyclistes traditionnels, mais de plus en plus par les adeptes de véloà assistance électrique. Ces appareils ont raison des côtes, du vent, des longues distances et des obstacles qui freinent souvent l’adoption de la petite reine comme moyen de déplacement. Plusieurs villes, dont Montréal et Québec, proposent maintenant une flotte de vélos électriques en libre-service.   

Selon laNorth American Bikeshare Association, 44 % des systèmes de vélo-partage en Amérique du Nord détenaient des vélos électriques en 2020 comparativement à 28 % l’année d’avant. Le nombre de déplacements avec ces appareils durant l’année 2020 a crû de 7 millions à près de 10 millions alors que l’utilisation des autres modes de transport actifs en libre-service et collectifs a diminué pendant cette même période en raison notamment des confinements. Le fort engouement pour les vélos électriques a incité certaines villes à changer leur flotte de vélo-partage pour n’offrir que ceux à assistance électrique. C’est le cas de Charlotte, en Caroline du Nord et de Madison, au Wisconsin.   

Source : Charlotte Joy Rides 

Promouvoir la ville différemment

La mobilité durable constitue une composante majeure du virage vers un tourisme plus responsable, mais elle n’est pas la seule. Pour inciter les voyageurs à adopter des comportements qui permettront de réduire les émissions de GES du secteur touristique, l’industrie doit leur proposer des options attractives (Tourisme durable en 2022 : l’industrie doit guider le chemin). À cet égard, l’organisation de gestion de la destination (OGD) de Copenhague présente son Sustainability Guide. L’OGD invite les visiteurs à se déplacer à vélo et en transport en commun, mais aussi à choisir des restaurants qui collaborent avec des producteurs locaux, à dormir dans des établissements d’hébergement certifiés écoresponsables, à utiliser les fontaines d’eau publiques plutôt que des bouteilles à usage unique, etc. Le guide en lignedonne des suggestions de comportements responsables à adopter ainsi qu’une liste d’organisations dont l’approche est en phase avec ces principes.   

Source : VisitCopenhagen 

Des villes qui s’engagent à verdir

Quelque 31 maires de grandes villes — dont ceux de Montréal, de Toronto et de Vancouver – on d’ailleurs signé la C40’s Urban Nature Declaration en juillet 2021, démontrant leur engagement à investir massivement dans des projets de verdissement. Ces derniers ont pour but de protéger les environnements urbains des impacts des changements climatiques — comme de créer des milieux permettant d’absorber les précipitations abondantes ou encore de réduire l’effet des îlots de chaleur —, mais aussi d’assurer l’accès à des espaces verts pour tous. Voilà qui contribuera certainement à créer des villes attractives, plus saines et plus résilientes.

Image à la une : Unsplash

Cet article fait partie du cahier des perspectives touristiques 2022 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat.

Catégories
Destinations Tendances

Citoyens heureux, ville heureuse

La ville est un écosystème complexe qui fut l’objet de nombreuses conversations durant la pandémie. Le bien-être et la santé de la communauté sont au cœur des discussions. La planification de la ville « 15 minutes », la densification et la dynamisation des rues principales pour créer des milieux de vie de qualité, voilà quelques approches envisagées par des urbanistes et autres experts en regard de la ville de demain.  

Voici des exemples d’initiatives proposées ou déjà en place qui s’inscrivent dans la mouvance des cœurs de collectivités résilients et durables.   

Valoriser les lieux par des commerces identitaires 

Mettre en valeur les commerces indépendants et attrayants constitue l’une des pistes de solutions pour favoriser la vitalité des cœurs de collectivités. La Ville de Lisbonne emprunte cette voie depuis quelques années déjà en choisissant de préserver les entreprises qui contribuent à l’ADN du lieu. L’initiative Lojas Com História (Commerces avec Histoire) vise à protéger les organisations qui participent au dynamisme de la ville par leur valeur historique, commerciale et identitaire. En 2016, des magasins, bars, restaurants, pâtisseries et boulangeries ont été sélectionnés selon une liste de critères préétablis par un comité multidisciplinaire. Ces commerces bénéficient d’une vitrine grâce à une plateforme Web et d’un fonds pour couvrir certaines dépenses.   

Source : Lojas Com História 

La Ville d’Amsterdam, très investie dans une meilleure gestion du tourisme et des flux touristiques, est aussi préoccupée par l’évolution commerciale de ses quartiers centraux. Pour mieux servir les résidents et les voir revenir s’installer au centre, elle aspire à réduire le nombre de boutiques de souvenirs et de commerces d’aliments pour emporter destinés aux touristes (ex. comptoirs à gaufres). À cette fin, les instances municipales ont annoncé en décembre 2021 qu’elles aideraient financièrement les OBNL qui souhaitent acheter ces propriétés pour en faire des commerces à saveur locale qui profiteront aux habitants comme aux visiteurs.   

Rouvrir des cafés pour dynamiser des villages

En France, le programme 1000 cafés vise à redynamiser des villages de moins de 3500 habitants en en offrant des occasions de rencontre qui favorisent les liens sociaux. L’initiative comprend ainsi la création, la réouverture ou la transformation d’un café pour en faire un lieu multiservice où les citoyens peuvent se retrouver tout en se procurant des produits du quotidien. Dans plusieurs des cas, la municipalité joue le rôle de propriétaire du commerce. Dans d’autres cas, elle identifie un propriétaire déjà en place. La Ville agit aussi comme mobilisateur en s’assurant de l’engagement des citoyens dans le projet. L’organisme Groupe SOS investit et accompagne la mairie et la personne qui gèrera le commerce dans la mise en place de l’initiative. Le fonds de commerce de chaque établissement appartient au mouvement 1000 cafés. Mis sur pied en 2019, ce réseau compte à ce jour plus d’une centaine de cafés. L’objectif du programme consiste à créer 1000 cafés dans 1000 villages français.  

Source : Facebook/1000 cafés 

Aménager la ville avec la participation des citoyens

Des villes misent sur le concept de « ville 15 minutes », soit une planification urbaine où les habitants peuvent travailler, magasiner, accéder aux services de santé, d’éducation et de loisirs dans un rayon de 15 minutes de marche ou de vélo. La capitale de la Suède mise plutôt sur la « ville une minute ». Le projet-pilote, qui s’intitule Street Moves, invite les résidents de Stockholm à décider de l’utilisation de leur rue. L’idée consiste à prioriser la mobilité douce et à créer des lieux de rencontre. Les citoyens déterminent la quantité d’espace dédié au stationnement, à la circulation automobile, etc. Le but de cette approche est de repenser toutes les rues de la Suède pour en faire des lieux en santé, durables et vibrants pour 2030.   

Source : ArkDes 

La ville des résidents, d’abord

Qu’adviendra-t-il des tours de bureaux et des commerces avoisinants si la tendance au télétravail se poursuit? Le tourisme d’affaires reprendra-t-il comme avant? Le contexte actuel ne permet pas d’obtenir des réponses claires à ces enjeux.  

Mais dans une optique de développement durable et responsable, l’attractivité touristique des milieux urbains nécessite d’abord l’appropriation de ceux-ci par leurs résidents. Une ville où il fait bon vivre, attirera des entreprises, des voyageurs d’affaires, des congrès et des touristes d’agrément. Qu’il s’agisse de noyaux villageois ou de grands centres, la gestion de cet équilibre s’avère essentielle à la création de milieux résilients.   

Image à la une : George Becker de Pexels

Cet article fait partie du cahier des perspectives touristiques 2022 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat.

Catégories
Destinations

Gestion des flux touristiques : la Heatmap d’Helsinki

Une relance sécuritaire

Comme toutes les grandes villes, Helsinki a souffert des impacts de la pandémie puisqu’une importante partie de son écosystème s’articule autour des hôtels, des restaurants, des événements et des attraits touristiques. La relance est très attendue.

Afin d’assurer une reprise sécuritaire, la Ville et l’entreprise de logiciels Hypercell ont élaboré la Heatmap. Cette carte thermique informe les internautes de l’intensité de l’achalandage des zones touristiques grâce à une gradation de couleurs. Du jaune au rouge, les résidents comme les visiteurs peuvent distinguer, en temps réel, les endroits les plus calmes des plus fréquentés au centre-ville.

Des données utiles pour tous

Lancée à l’été 2021, la Heatmap recense le volume de personnes en fonction du lieu et de l’heure, le temps moyen passé sur les différents sites ainsi que le mouvement des foules à travers les zones munies de capteurs. Ces données permettent aux acteurs touristiques de cerner rapidement les attroupements et de gérer plus efficacement l’attractivité de certains attraits et secteurs selon les moments de la journée. Ces informations seront également utiles pour mieux planifier les actions en mobilité et deviendront certainement un outil précieux de planification urbaine pour la Ville.

La Heatmap est alimentée par un réseau de beacons — des balises de microlocalisation — déployé à travers la ville. Ces balises captent les signaux Bluetooth des appareils mobiles circulant à proximité. Les instigateurs du projet comptent multiplier le nombre de détecteurs à différents endroits du centre-ville et des quartiers qui accueillent des visiteurs. Les organisations qui acceptent d’installer des capteurs bénéficient dès lors de données privilégiées sur la fréquentation de leur commerce, les périodes de pointe, ainsi que le potentiel de clients selon les zones. À noter que les informations transmises demeurent anonymes.

La Heatmap d’Helsinki fait partie d’un projet de gestion régionale de la sécurité du tourisme dont le financement provient du fonds de relance touristique du Ministry of Economic Affairs and Employment de la Finlande.

Image à la une : Heatmap Helsinki