Catégories
Marketing

Mise en marché du produit touristique: comment se démarquer?

 

Stéphane Alozy, vice-président, service conseil, associé chez Sid Lee, Florence Girod, vice-présidente, planification stratégique chez Cossette et Benoit Renaud, directeur général et planification stratégique chez Oasis Communication-Marketing étaient invités à discuter des enjeux de la commercialisation des destinations touristiques lors du dernier Gueuleton touristique organisé par la Chaire de tourisme Transat de l’ESG-UQÀM.

 

CD_CR_Gueuleton_Image1

Source: ©Stef & Stef Photographie

Les atouts touristiques du Québec

Pour les trois panélistes, la force principale du Québec réside dans ses habitants, «ses gens». La mise en tourisme de la destination et les produits développés offrent aux touristes la possibilité d’interagir avec les Québécois et de ressentir leur jovialité et leur soif de divertissement. Les festivals, les possibilités d’interaction avec la nature et le positionnement du Québec, à la rencontre des cultures américaine et européenne,constituent les principaux atouts de la destination. La qualité de l’offre québécoise permet de concurrencer les destinations de courts séjours (Toronto, Chicago) tout en s’intégrant dans une offre nord-américaine globale.

Sur quoi miser pour attirer les touristes?

La notion d’authenticité est revenue à plusieurs reprises au cours de la discussion: les campagnes marketing doivent représenter l’essence de la culture québécoise. Pour Florence Girod, il est essentiel de miser sur la participation des locaux et la «création de conteurs». Cette idée est validée par Stéphane Alozy, pour qui la mécanique de la campagne est aussi importante que la création. Autrement dit, la forme joue autant que le fond.

Alors que Benoit Renaud avance la nécessité de proposer un produit organisé et structuré, Florence Girod suggère également de s’intéresser aux offres plus secondaires ou émergentes afin de «dénicher les petits bijoux qu’on n’avait pas vus».

Selon Stéphane Alozy, il ne faut pas chercher à imposer son produit. L’ancienne façon d’aborder le marketing doit être repensée pour aller dans le sens du client, en cherchant à comprendre ses attentes. Mais c’est là que les choses se compliquent… En tourisme, la connaissance de la cible à atteindre est particulièrement délicate à maîtriser vu sa diversité et son éclatement. De plus, avec la multiplication des plateformes d’information et de réservation, il est de plus en plus difficile de canaliser le client pendant tout le processus d’achat.

Devant une clientèle plus autonome et moins fidèle, une variété de produits doit être proposée. Pour Florence Girod, il est indispensable de rassurer les gens sur le fait qu’ils vont passer de bonnes vacances. Stéphane Alozy, quant à lui, insiste sur l’importance de miser sur les intérêts affinitaires: il est essentiel d’attirer le client avec des activités qu’il connaît et qu’il pratique déjà (la gastronomie, par exemple), pour ensuite lui faire découvrir les autres forces de la destination. Dans le même ordre d’idées, Florence Girod suggère de mener des programmes de motivation pour inciter les Québécois à voyager dans leur province.

État du marketing touristique au Québec

Globalement, les trois panélistes reconnaissent la bonne approche de la mise en marché du Québec. Selon Stéphane Alozy, «Tourisme Montréal est regardé par le monde entier».  Benoit Renaud souligne le fait que les intervenants touristiques d’ici font preuve de créativité, de passion et d’une «belle intelligence marketing». 

L’accent est néanmoins mis sur la nécessité de faire exister le Québec en tant que destination, en le dissociant du reste du Canada. Il faut donc veiller à parler d’une même voix, essayer de structurer le message qui sera véhiculé. Stéphane Alozy rappelle par ailleurs que bien qu’une communication unifiée soit indispensable, il ne faut pas négliger les initiatives individuelles en favorisant la créativité et l’engouement citoyen.

Les coups de cœur des panélistes

Tourisme Montréal

Stéphane Alozy est d’avis que la campagne de Tourisme Montréal qui vise le segment LGBT se démarque tant par l’originalité de son message que par son format de série, diffusée sur la chaîne américaine Logotv.com et sur le Web. Le projet, issu d’une coproduction impliquant Viacom, Sid Lee et Tourisme Montréal, fait grand bruit dans le milieu de la publicité et véhicule une image positive de la destination.

 CD_CR_Gueuleton_Image2

Source: Tourisme Montréal

La Suède et son compte Twitter

Florence Girod salue le courage de cette initiative de la Suède, qui a choisi de laisser la gestion de son compte Twitter aux locaux. Le contenu sort des discours publicitaires traditionnels et est axé sur des discussions plus personnelles et, surtout, authentiques!

 CD_CR_Gueuleton_Image3

Source: Twitter

Air France

Selon Florence Girod, le succès de la campagne d’Air France repose sur la décision de la compagnie aérienne d’abandonner une campagne à succès vieille de 15 ans pour réorienter son image en jouant une carte plus humoristique et proche des gens.

CD_CR_Gueuleton_Image4

Source: Air France

Québec Original

Florence Girod est particulièrement fière d’avoir participé à la campagne Québec Original, qui se démarque par son graphisme très soigné. La qualité du projet est reconnue par l’industrie et rassemble les partenaires derrière une image forte du Québec touristique.

CD_CR_Gueuleton_Image5

Source: Québec Original

MySwitzerland

Benoit Renaud souligne l’audace de MySwitzerland, une campagne ludique et humoristique. La Suisse a décidé de miser sur les clichés qui lui sont attribués grâce aux personnages de Sebi et Paul, deux Suisses folkloriques à la découverte de leur destination. La force du message tient aussi aux multiples déclinaisons de format (affichage, version imprimée, présence sur YouTube, etc.), à son site Web bien étudié et à ses concours (Pouvez-vous réveiller Sebi et Paul?).

CD_CR_Gueuleton_Image6

Source: MySwitzerland

Alliance Ski Québec

Benoit Renaud est tout spécialement satisfait de la campagne pour Alliance Ski Québec, notamment grâce à la participation du champion olympique de planche à neige Jasey-Jay Anderson. La démarche se veut participative et réussit à donner une belle image de la destination et de ses activités parallèles. Ce succès offre une nouvelle visibilité au produit hiver.

Source: Oasis Communication-Marketing

Pour visionner l’intégralité du Gueuleton touristique, cliquez ici.

 

Image à la une: ©Stef & Stef Photographie

Catégories
Technologies

Les toiles envahissent la toile

Une thématique différente par jour, en français et en anglais, permettait de centrer les discussions autour de bonnes pratiques ou d’informations exclusives (#CoulissesMW, #ArchiMW), de jeux (#QuizzMW, #MuseumMastermind) et d’invitations à la participation (#MuseumSelfies, #ImagineMW).

Avec ses 206 540 tweets, la #MuseumWeek s’est avérée un véritable succès! D’une part, les institutions culturelles ont accru leur visibilité (le Centre Pompidou a accueilli 8 000 abonnés supplémentaires sur son compte), mais l’initiative a surtout permis aux musées de se positionner comme des chefs de file du Web social.

CD_toiles_envahissent_la_toile_image1

 

Catégories
Produits et activités

Sur les traces du tourisme de mémoire

Le tourisme de mémoire prend forme autour de différentes attractions et attire une vaste gamme de publics. En donnant une signification aux événements du passé, il marque le paysage, l’identité et l’économie des destinations. Sa mise en valeur nécessite une entente entre les ennemis d’hier et véhicule un message unique en son genre.

Un tourisme de niche?

Sites témoins (Plaines d’Abraham, Chemin des Dames), commémoratifs (Nécropole nationale de Notre-Dame-de-Lorette), informatifs (Grosse-Île-et-le-Mémorial-des-Irlandais) ou pédagogiques (Centre commémoratif de l’Holocauste à Montréal), l’intérêt principal de ces lieux emblématiques ne réside pas seulement dans leur esthétisme, mais dans les valeurs culturelles, civiques et même éthiques que l’histoire leur a conférées. Le tourisme de mémoire se caractérise par sa finalité explicative de périodes de conflits, ainsi que par sa clientèle à la recherche d’un enrichissement culturel, historique et personnel.

CD_Tourisme_memoire_image1

Source: Ouvrage du Galgenberg

Christian Mantei, directeur général d’Atout France, attribue quatre objectifs au tourisme de mémoire:

  • Témoigner et préserver les traces historiques;
  • Expliquer en favorisant une compréhension globale des événements;
  • Permettre la réflexion des générations présentes et futures;
  • Faciliter le développement économique de régions parfois peu pourvues en attraits touristiques.

En France, les lieux de mémoire accueillent vingt millions de visiteurs, dont plus de six millions pour les sites payants

En France, les lieux de mémoire accueillent vingt millions de visiteurs, dont plus de six millions pour les sites payants. La clientèle internationale (45%) provient surtout du Royaume-Uni, de l’Allemagne, de la Belgique, des Pays-Bas et des États-Unis. Alors que les Français cherchent plutôt des informations sur un événement constituant de leur identité collective, la motivation des touristes internationaux s’oriente davantage autour du recueillement.

D’après Atout France, le chiffre d’affaires direct issu des attraits payants représente 45 millions d’euros, mais en ce qui concerne les retombées indirectes, le bilan s’élève à quelques centaines de millions d’euros. À titre d’exemple, la visite des champs de bataille de la Somme génère près de dix millions d’euros pour l’économie locale.

Pas de mémoire sans partenariat

L’idée est de retranscrire les faits historiques tels qu’ils se sont déroulés, en privilégiant la participation de tous les anciens acteurs impliqués dans le conflit. Il est important de veiller à ne pas encenser une cause et en accabler une autre. À Québec, l’inscription sur le monument Wolfe-Montcalm du jardin des Gouverneurs illustre bien cet objectif de réconciliation véhiculé par le tourisme de mémoire: «Leur courage leur a donné le même sort; l’histoire, la même renommée; la postérité, le même monument.»

Le centenaire de la Grande Guerre constitue un exemple sans précédent de partenariat international, où les anciens belligérants s’associent afin de proposer une offre cohérente. Le site Internet de la Mission du centenaire de la Première Guerre mondiale, qui est responsable de la programmation des célébrations, témoigne bien de cette réalité. La plateforme présente un calendrier international des commémorations, les divers partenaires impliqués, de la documentation scientifique, des outils pédagogiques et un label fédérant les différents projets mis sur pied autour de la thématique. CD_Tourisme_memoire_image2

Source: Mission centenaire 14-18

Les principales régions touchées par la Première Guerre mondiale ont signé un contrat de Destination «Centenaire de la Grande Guerre» avec différents ministères, Atout France ainsi que des associations vouées à la valorisation du patrimoine de mémoire. Cette entente de 48 millions d’euros permettra la création de nouveaux sites et le renouvellement de l’offre existante (rénovation du Musée de la bataille de Fromelles, création de chemins et tranchées de mémoire, etc.).

Dans ce même esprit de partenariat, le Programme de coopération renforcée Canada-France de juin 2013 inclut un volet «Commémoration de la participation aux conflits du XXe siècle» qui réaffirme la collaboration entre la France et le Canada au regard de la mise en valeur de leur histoire commune. Autre exemple, l’Australie a développé une entente avec la France et investi près de 10 millions de dollars pour l’élaboration, sur le territoire français, d’un chemin de mémoire australien.

Favoriser l’immersion

Dès leur arrivée au Musée de l’Apartheid, à Johannesburg, les visiteurs sont plongés dans cette structure sociétale particulière: leur billet d’entrée les définit aléatoirement comme «blanc» ou «non-blanc» et leur permet d’utiliser la porte d’entrée au musée qui correspond à leur identité fictive.

CD_Tourisme_memoire_image3

Source: TripAdvisor, marcela z

Les reconstitutions historiques permettent également l’immersion des visiteurs. À St. John’s (Terre-Neuve-et-Labrador), le spectacle Signal Hill Tattoo rejoue les affrontements entre les forces françaises et britanniques. Au fort Chambly, des acteurs aident les visiteurs à plonger dans l’univers des soldats du XVIIe au XIXe siècle, en leur permettant de revêtir un vêtement de militaire, de s’initier à l’archéologie ou de tirer au mousquet.

CD_Tourisme_memoire_image4

Source: Lieu historique national du Fort-Chambly

Lorsque les destinations organisent leur offre autour de circuits explicatifs, les touristes peuvent mesurer l’étendue géographique des zones de conflits 

Lorsque les destinations organisent leur offre autour de circuits explicatifs, les touristes peuvent mesurer l’étendue géographique des zones de conflits. Par exemple, les Chemins de mémoire de la Grande Guerre en Nord-Pas de Calais leur permettent de parcourir le territoire à pied ou en voiture, autour de quatre grandes thématiques structurantes.

Mémoire et nouvelles technologies

Les réseaux sociaux constituent un moyen intéressant de créer des liens avec les générations qui n’ont pas vécu les conflits. Après avoir investi Facebook avec Léon le combattant, les organismes voués à la valorisation de la mémoire collective se sont également installés sur Twitter, YouTube et Pinterest.

 CD_Tourisme_memoire_image5

Source: Pinterest

Le Musée du débarquement d’Arromanches et le Centre Juno Beach de Courseulles-sur-mer ont développé l’application Arromanches 1944. Grâce à la réalité augmentée, les visiteurs sont transportés au milieu des soldats canadiens au moment du débarquement de Normandie.

CD_Tourisme_memoire_image6

Crédits photos: BIPLAN/CDC Bessin, Seulles et Mer

Le futur musée Battle of the Atlantic Place, qui doit ouvrir ses portes à Halifax en 2017, mise également sur les nouvelles technologies (codes QR, réalité augmentée, immersion multisensorielle, vidéo, etc.) pour faire découvrir aux visiteurs la plus longue bataille de l’histoire de façon interactive.

Les anniversaires d’événements historiques créent une effervescence autour des sites témoins, mais les renouvellements engagés et les partenariats développés assurent une pérennisation de l’offre. Dans sa globalité, le tourisme de mémoire tisse des liens entre les générations, valorise l’identité collective d’une destination et favorise une meilleure répartition des revenus sur le territoire.

 

Image à la une: © stock.xchng

Catégories
Produits et activités

L’art de la rue dynamise les destinations touristiques

Les particularités de l’art urbain

L’art de la rue (street art) caractérise les œuvres produites par un artiste qui cherche à se réapproprier l’environnement urbain en lui donnant une nouvelle signification. Souvent politisés et chargés en revendications, les messages s’exposent sur des espaces choisis en fonction de ce qu’ils représentent dans leur contexte original et après transformation artistique. L’artiste pose un geste illégal autant que gratuit. On note ici la différence avec l’art public, qui résulte d’une entente passée entre l’artiste et une partie prenante (municipalité, entreprise, etc.). La démarche devient alors légale, rémunérée et doit répondre à la demande du commanditaire.

En marge de l’art traditionnel, l’art urbain s’affiche dans la sphère publique, mais se veut l’expression d’une culture bien particulière. Sa forme originale lui confère certaines spécificités: le détournement des constructions urbaines, l’instantanéité, le caractère illégal de la démarche et l’aspect éphémère de l’œuvre achevée. De plus, il s’adresse et s’impose à tous: inutile de pousser la porte d’un musée ou d’une galerie pour admirer la production d’un artiste de la rue.

CD_art_de_rue_dynamise_destinations_touristiques_Image2

Source: Vimeo

À qui appartient l’œuvre? L’artiste en possède les droits d’auteurs, mais l’espace sur lequel il s’est exprimé n’est pas le sien. Son propriétaire peut décider d’effacer ce qui reste considéré comme du vandalisme. Dans le cas d’une mise en tourisme de l’art de la rue, la question des droits d’auteur ne doit pas être oubliée. Bien que les graffiteurs posent un geste gratuit, faut-il pour autant les ignorer en cas de réutilisation de leurs œuvres à des fins commerciales?

Poser un nouveau regard sur les destinations touristiques

l’art de la rue révèle ce qui anime les populations

De par ses racines, son format et les messages qu’il porte, l’art de la rue révèle ce qui anime les populations (revendications sociales, références culturelles, opinions politiques, etc.). Les artistes urbains permettent aux touristes d’aborder la culture visitée de façon immersive et authentique.

Égrainant leurs œuvres des centres historiques aux périphéries, les artistes de la rue étendent leur terrain de jeu sur l’ensemble du territoire urbain. À Lille, une visite de l’art mural à vélo permet la découverte de nouveaux secteurs, tout en assurant une meilleure répartition des revenus.

CD_art_de_rue_dynamise_destinations_touristiques_image3

Source: Ville de Lille

l’art de la rue met en lumière des destinations ignorées du tourisme traditionnel

À plus large échelle, l’art de la rue met en lumière des destinations ignorées du tourisme traditionnel. Vitry-sur-Seine, au sud de Paris, est devenue l’une des villes vedettes de la culture urbaine, où plane une ambiance de modernité, de poésie et d’ouverture d’esprit. Grâce à la tolérance de la mairie, les façades moroses ont accueilli des artistes du monde entier, ce qui dynamise la ville et attire des curieux dans cette localité jusque-là boudée par les touristes.

Les municipalités adoptent différentes attitudes par rapport à l’art urbain, tantôt répressives, tantôt complices avec les graffiteurs. Depuis 30 ans, Philadelphie, la ville aux 3 000 fresques, valorise l’art de la rue par des programmes structurants pour les artistes et par des tours guidés.

CD_art_de_rue_dynamise_destinations_touristiques_Image4

Crédits photo: Gary Lawrence

De son côté, le maire de New York a lancé une guerre ouverte à l’artiste Banksy qui, depuis octobre, s’est établi dans la ville et dévoile chaque jour une nouvelle œuvre. En revanche, la Ville a permis à JR d’installer son projet Inside Out NYC à Times Square. L’artiste invitait la population et les touristes à se prendre en photo avant d’exposer les portraits sur le sol, offrant ainsi une expérience inoubliable aux participants.

Exemples d’ouvertures réussies à la clientèle touristique

Bien que l’art de la rue soit l’expression d’une culture marginale, sa valorisation grâce aux modes de diffusion traditionnels est possible. Le MUU Street Art Museum de Zagreb se veut un musée à ciel ouvert qui répertorie et met en évidence les fresques de la capitale croate. À Montréal, la galerie Fresh Paint! héberge des œuvres d’artistes locaux et internationaux. Initiative du même collectif, le festival Under Pressure cherche à démystifier l’art de la rue en présentant à la population la démarche sous-jacente à cette culture.

 CD_art_de_rue_dynamise_destinations_touristiques_Image6

Source: Adrien Fumex, Fresh Paint!

Le projet Tour Paris 13, plus grande exposition d’art urbain au monde, a accueilli plusieurs dizaines de milliers de personnes. Sa particularité? Les curieux ont eu uniquement le mois d’octobre pour la visiter, la destruction du bâtiment ayant été prévue pour le mois suivant. Les œuvres ont cependant été figées numériquement sur le site Web de la manifestation artistique.

CD_art_de_rue_dynamise_destinations_touristiques_Image7

Source: Rue89

Pour apprécier pleinement une réalisation d’art urbain, il faut comprendre la démarche des artistes. Un partenariat entre les intervenants touristiques et le milieu favorise l’immersion du touriste et répond à l’enjeu de la propriété intellectuelle. Les guides de Street Art London Tours sont issus de la culture urbaine; les revenus tirés sont réinvestis dans de nouveaux projets artistiques et aident au référencement ainsi qu’à la conservation numérique des œuvres londoniennes.

CD_art_de_rue_dynamise_destinations_touristiques_Image8

Source: Street Art London Tours

L’utilisation des nouvelles technologies permet de valoriser et de conserver les traces d’une démarche qui se veut éphémère. À New York, la Free Art Society ajoute des codes QR à ses réalisations pour créer une chasse au trésor, chaque œuvre menant à la suivante.

 CD_art_de_rue_dynamise_destinations_touristiques_Image9

Source: PSFK

Lors de l’événement Art Basel à Miami, la réalité augmentée donnait vie aux fresques, en créant une œuvre dans une œuvre.

CD_art_de_rue_dynamise_destinations_touristiques_Image10

Source: Vimeo

Les applications mobiles aussi se laissent séduire par l’art de la rue. Urbacolors permet à l’utilisateur de repérer les œuvres situées à proximité, de les photographier et de les partager avec ses amis sur les réseaux sociaux. Des points sont accumulés quand une photo est partagée ou lorsqu’un membre de la communauté l’ajoute à sa collection personnelle. Dans la même veine, la Ville de Paris a lancé l’application My Paris Street Art, qui localise les productions d’art urbain, fournit des explications et permet à celui qui la consulte de participer à l’enrichissement de la base de données existante.

 CD_art_de_rue_dynamise_destinations_touristiques_Image_11

Source: Urbacolors

La mise en tourisme de l’art de la rue doit rester une démarche sincère, proche du milieu et conserver la saveur marginale typique de la culture urbaine. Les artistes de la rue proposent une expérience artistique unique qu’il serait dommage de transformer en produit touristique de masse.

 

Image à la une: Nuxuno Xän

 

Analyse rédigée dans le cadre d’un partenariat avec Tourisme Montréal sur le tourisme culturel

 

Catégories
Segments de clientèles

Adapter la programmation de son festival aux différentes générations

Portrait des participants québécois aux festivals

Avec la facilitation de l’accès au voyage, la concurrence des festivals s’étend maintenant à l’international. La compréhension des comportements des visiteurs est donc essentielle, tant pour les voyages de proximité qu’à l’étranger.

Dans le cadre d’un voyage au Canada, 5,1% des Canadiens et 6,2% des Québécois ont assisté à un événement culturel, selon le Print Measurement Bureau (PMB). Si la proportion reste la même pour les Canadiens à l’occasion d’un voyage à l’étranger, elle baisse à 3,4% pour les Québécois. En étudiant la totalité des Québécois ayant assisté à un événement culturel en voyage à l’extérieur du Canada, on remarque que ce sont les baby-boomers et les seniors qui sont les plus représentés. Dans le cadre de vacances au Canada, ces deux catégories de population sont rejointes par les jeunes issus de la génération Y pour former le trio de tête des participants à des événements culturels (voir le graphique 1).

CD_Adapter_programmation_festivals_graph1

Le PMB a étudié en détail la fréquentation des visiteurs et des résidents dans certains festivals. Ainsi, il apparaît que la génération Y fréquente beaucoup plus que les autres les Francofolies et le festival Juste pour Rire. Les baby-boomers sont particulièrement bien représentés aux Fêtes de la Nouvelle-France et au Festival des films du monde. Le Festival International de Lanaudière attire quant à lui massivement les seniors (voir le graphique 2).

 CD_Adapter_programmation_festivals_graph2

Pour proposer la meilleure offre à ces différents auditoires, l’important est de connaître son public actuel, sans oublier de prêter attention à la clientèle potentielle et d’élaborer une stratégie claire.

Idées pratiques pour une programmation adaptée aux différentes générations

Lors du Salon de l’Organisateur 2013 de SATQ-FEQ se tenait un atelier intitulé «Les générations et leur influence sur votre programmation». René Fréchette, directeur des événements à la Fondation de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont et ancien directeur du Mondial des Cultures de Drummondville, y partageait quelques idées concrètes d’adaptation à un public cible.

À chercher à plaire à un spectre trop grand de participants, les festivals risquent de rendre leur contenu diffus. Cela dit, un même événement peut s’adresser à différentes générations. L’important pour atteindre son public est de suivre un plan bien défini. René Fréchette dresse la liste des actions à accomplir en amont de l’élaboration de son programme: 

  1. S’assurer que les changements prévus à la programmation s’intègrent bien à la mission;
  2. Échanger avec les employés et les bénévoles pour obtenir leur soutien;
  3. Obtenir l’aval du conseil d’administration;
  4. Identifier son public cible et connaître ses attentes;
  5. Analyser les succès et les insuccès passés;
  6. Mesurer les ressources existantes ainsi que les besoins à venir;
  7. Dresser le portrait-robot du client futur;
  8. Assurer une veille stratégique pour se positionner;
  9. Maîtriser le temps: anticiper sans se précipiter.

Pour un ajustement réussi de sa programmation

Dans le cadre d’un réajustement de contenu, il est indispensable de se poser les bonnes questions. Il faut tout d’abord établir ce qui est intouchable dans la programmation originale de son festival. Il est également nécessaire d’identifier les forces et faiblesses de l’offre existante. Finalement, les actions à entreprendre doivent être déterminées, ainsi que les différents alliés (municipalités, etc.).

  • Connaître sa clientèle: L’innovation va nécessairement de pair avec une connaissance globale des clients actuels et potentiels. Il est donc essentiel de s’intéresser à ce qu’ils mangent, à leurs loisirs, à leur style de vie ou à la composition de leur foyer. René Fréchette propose ici de personnifier le client type en lui donnant un nom, un âge, une profession, une passion, etc.
  • Prendre conseil auprès des partenaires: Faire appel à ses partenaires constitue une excellente stratégie pour être mieux informé des besoins de sa clientèle. En effet, les commanditaires connaissent leur public cible et peuvent partager leur expertise pour attirer plus de monde au festival, ce qui leur garantit aussi une meilleure visibilité. Voilà un bel exemple d’association gagnant-gagnant!
  • Maîtriser son image: La connaissance de la perception externe du festival est primordiale. Il est donc impératif de travailler son image de marque. Le public s’identifie-t-il à l’événement? S’agit-il d’une manifestation à la mode? Quelle est la première chose qui lui vient en tête, lorsque le public pense à ce festival?
  • Tisser un lien entre la programmation et la promotion: Pour que la promotion soit cohérente, les éléments de la programmation doivent être présentés clairement dans la campagne de communication. Il est essentiel de savoir comment s’informe la clientèle et de comprendre quelles parties du programme attireront leur attention.
  • Préciser le rôle de l’événement: Afin d’éviter le dispersement, il est primordial de s’interroger sur la vocation sociale et communautaire du festival. Réunir les gens, créer un lieu de rencontre entre les générations, consolider le sentiment d’appartenance à la communauté, augmenter la visibilité des commerces, développer le potentiel touristique de la destination… autant d’objectifs qu’il est important de clarifier pour être certain de les atteindre.
  • Élargir son cercle de recrutement: Finalement, René Fréchette conseille de s’entourer de personnes qui ont des compétences aussi variées que pointues. Pourquoi ne pas intégrer à son conseil d’administration un professionnel de la création ou encore des intervenants auprès des générations à séduire (animateurs de camps de jour, personnel accompagnant les personnes âgées, etc.)?

En conclusion, l’adaptation de la programmation d’un festival à son public cible doit être abordée comme un processus intégré. De plus, afin de bonifier constamment l’événement, il ne faut pas oublier d’en mesurer les retombées une fois que celui-ci a eu lieu.

Catégories
Gestion

Les organismes culturels s’adaptent aux coupes budgétaires

Location d’espaces, diversification des activités, intégration de festivals et d’événements à la programmation… Devant les difficultés financières des pouvoirs publics et les coupes budgétaires qu’elles entraînent, les établissements doivent redoubler d’ingéniosité pour augmenter leurs revenus tout en évitant de dénaturer leur offre.

Le financement des institutions culturelles

Influençant directement le contenu des expositions, ainsi que le profil du public des lieux culturels, le financement des institutions peut prendre trois formes différentes:

  • les contributions privées (legs, dons, etc.);
  • les recettes autonomes (droits d’entrée, boutique, etc.);
  • les aides financières publiques et parapubliques (subventions, prêts, etc.).

sur les quelque 400 institutions culturelles québécoises, moins de 150 reçoivent un soutien financier gouvernemental

Si certains établissements peuvent profiter de fonds de l’État, d’autres dépendent uniquement des donateurs et des visiteurs. Jason Luckerhoff, professeur au département de lettres et communication sociale de l’Université du Québec à Trois-Rivières, rappelle que sur les quelque 400 institutions culturelles québécoises, moins de 150 reçoivent un soutien financier gouvernemental. Moins l’aide de l’État est importante, plus les professionnels des institutions culturelles doivent se montrer créatifs pour trouver de nouveaux moyens d’équilibrer leur caisse.

Ailleurs dans le monde, les musées jonglent également entre fonds publics, soutien privé et contributions des visiteurs. En France, le gouvernement a annoncé une coupe de 2% dans le budget de la culture pour 2014. Certains grands établissements comme le Louvre, le musée d’Orsay, le château de Versailles ou le musée du quai Branly connaîtront même une baisse de 2,5% de leur enveloppe budgétaire. Cependant, dès leur ouverture, quelques musées ont développé un autre modèle de fonctionnement, totalement en marge des subventions publiques. Ainsi, la Pinacothèque de Paris, avec son chiffre d’affaires de 15 millions d’euros, tire ses bénéfices de la vente de billets pour les expositions (50%), de sa boutique (40%) et de la location d’espaces (10%).

La récente fermeture aux États-Unis de différentes attractions culturelles – faute d’entente sur le budget au Congrès – témoigne de la fragilité des institutions lorsque les autorités politiques changent de position.

Location d’espaces

Avec les qualités esthétiques de leurs installations, les établissements culturels constituent des décors privilégiés pour l’organisation d’événements privés (mariages, fêtes d’enfants, réunions, lancements, etc.). Alors que cette pratique permet au visiteur de regarder les lieux sous un angle différent, elle constitue un revenu complémentaire pour l’organisme gestionnaire et une façon de contrer la saisonnalité.

coupes_organismes_culturels_image1

Source: Le Manoir Mauvide-Genest

Les institutions culturelles profitent également de leur caractère historique pour accueillir des plateaux de tournage ou des séances de photographie professionnelles. En France, les sites gérés par le Centre des monuments nationaux accueillent plus de 150 tournages de films, documentaires, reportages ou courts-métrages par an. Le château de Versailles s’est même doté d’un département «Accueil des Tournages et Photographies» pour répondre aux demandes des réalisateurs et des publicitaires.

L’enjeu est de profiter de cet apport financier sans gêner les visiteurs en fermant trop souvent le site ou en dénaturant leur expérience par l’invasion d’équipes de tournage ou de réceptions privées. Il est d’ailleurs rare de voir des indications précisant que le lieu visité a accueilli une campagne publicitaire ou un film. En effet, il est plus pertinent de miser sur l’intemporalité des monuments patrimoniaux, sans les limiter à leur rôle de décors de films.

Nouvelles activités et produits dérivés

De plus en plus, les monuments culturels ont transformé leur cafétéria en restaurant gastronomique, où l’on peut se rendre sans même profiter de l’offre première de l’établissement. L’Opéra de Paris a ouvert un restaurant au cœur du Palais Garnier. L’architecture joue sur le lien entre modernité et patrimoine, et exploite la thématique du spectacle grâce à sa mezzanine et à ses accessoires rouges.

coupes_organismes_culturels_image2

© Roland Halbe, L’Opéra Restaurant 

À l’instar d’autres institutions européennes (la Villa Médicis de Rome, par exemple), le musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg a ouvert un hôtel cinq étoiles dans un bâtiment historique du centre-ville. L’établissement restauré aux couleurs du musée maintient volontairement un lien fort avec l’institution mère: adaptation du logo original, restaurants inspirés des époques couvertes par les artéfacts des galeries, mise en place de forfaits «Special Hermitage Moments», etc.

coupes_organismes_culturels_image3

Source: The Official State Hermitage Hotel

La boutique des établissements permet également aux gestionnaires de gagner une certaine autonomie financière. La signature visuelle des institutions devient une marque qui se retrouve sur les produits dérivés (livres, reproductions, décoration, vêtements, accessoires, jeux, etc.). Généralement, l’offre se veut unique et de qualité, valorisant un savoir-faire traditionnel (verrerie, bijoux, sculpture, etc.). Le client doit avoir l’impression d’acheter une pièce d’art. Depuis le début de l’été, le Rijksmuseum d’Amsterdam redéfinit le rôle de la boutique de musée par l’intermédiaire du Rijksstudio. L’intégralité des œuvres est publiée en ligne. Grâce à la qualité de la numérisation, les utilisateurs peuvent agrandirl’image et imprimer leurs créations sur n’importe quel support.

coupes_organismes_culturels_image4

Source: Rijksstudio

Activités parallèles

Les expositions temporaires, appelées blockbusters, assurent un revenu supplémentaire non négligeable pour les musées. Le professeur Luckerhoff rappelle que, volontairement conçues pour rejoindre un large public, elles permettent de consolider les dossiers des institutions quand vient le temps de s’adresser aux partenaires financiers. Cependant, leur réalisation coûte cher et la tendance générale actuelle est d’en réduire le rythme de présentation, d’allonger leur durée et de multiplier les partenaires.

Soirée de contes, conférences, club de lecture… Les exemples d’activités ne manquent pas pour qui veut diversifier la programmation de son institution. Autre tendance lourde, le théâtre force les murs des organismes culturels. En été, la Cité de l’énergie de Shawinigan propose une représentation spectaculaire dans un amphithéâtre tournant. Le musée Pointe-à-Callière réalise quant à lui régulièrement des mises en scène qui soulignent les différents temps de l’année (Halloween, Noël, etc.).

coupes_organismes_culturels_image5

© Michel Julien, Pointe-à-Callière

Lors de la saison estivale, le domaine culturel ouvre ses portes aux plus jeunes en se transformant en camp de jour. Les enfants peuvent ainsi s’initier au théâtre, à l’art plastique, aux sciences ou au cirque. Cette tendance offre l’avantage d’aborder la culture de manière pédagogique et divertissante, mais aussi d’éveiller une nouvelle génération et de façonner la relève du public de ces organismes.

coupes_organismes_culturels_image6

Source: Musée canadien des civilisations

Ainsi, le défi des institutions culturelles est de rendre leur offre attirante pour le plus grand nombre, sans pour autant la dénaturer. Les coupes budgétaires peuvent-elles finalement être perçues comme des occasions de changement et d’innovation?

Catégories
Produits et activités Tendances

Moteur, ça tourne et… voyage!

Les destinations profitent de la popularité des œuvres pour accueillir des voyageurs curieux de découvrir en vrai les paysages et les cultures aperçus à l’écran, et de partager les expériences des personnages.

Gros plan sur un phénomène mondial

en 2012, le cinéma a influencé près de 40 millions de personnes dans leur choix de destination

Selon une enquête de TCI Research, en 2012, le cinéma a influencé près de 40 millions de personnes dans leur choix de destination, soit 4% des touristes internationaux. Cette proportion peut être comparée à la part de la publicité (4%) ou des agences de voyages (5%). À l’échelle mondiale, ce sont principalement les voyageurs des pays BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) qui sont sensibles à cette tendance, en particulier les Chinois (14%).

Véritables vedettes des dernières années, la Nouvelle-Zélande, l’Écosse, la France, les États-Unis et la Thaïlande ont particulièrement profité du lien entre le cinéma et le tourisme. D’après le site Tourism New Zealand, entre janvier et avril 2013, la fréquentation touristique du pays a augmenté de 10% par rapport à la même période en 2012. Pour 8,5% des visiteurs interrogés, c’est le film Le Hobbit qui a suscité leur intérêt pour la destination. Tout comme le cinéma, les séries télévisées peuvent mettre des régions touristiques sous le feu des projecteurs. C’est le cas de la série Breaking Bad, qui est à l’origine de la présence de 9 touristes sur 10 à Albuquerque, d’après le copropriétaire de ABQ Trolley Co, qui propose des tours de la ville inspirés de la série.

Si le cinéma permet à des régions moins bien placées sur la scène touristique de se démarquer ou à des destinations phares de consolider leur position, il peut également avoir une influence sur le type de voyage adopté par le visiteur : en solo (Mange, prie, aime), aventure (Into the Wild), road-trip (Easy Rider), en train (À bord du Darjeeling Limited), entre amis (Lendemain de veille), en famille (Little Miss Sunshine), etc.

Pour s’inscrire au palmarès

Le seul visionnement d’un film mettant en vedette un territoire particulier n’est pas toujours suffisant pour déclencher l’acte d’achat chez un visiteur potentiel. En présentant leur offre, les promoteurs doivent donner à leur destination une image proche de celle projetée à l’écran (lire aussi: 3 campagnes marketing au pays du septième art). Avant le départ, l’imaginaire se construit autour de l’atmosphère présente à l’écran et conditionne les vacances à venir. Les guides touristiques le savent, et ils sont nombreux, à l’image du Lonely Planet, à proposer une liste de films à visionner avant de partir à Rio, à Shanghai, à Paris, à Lisbonne, à Rome ou à Tokyo. Sur leur site Web, des destinations comme la Caroline du Nord ou l’Oregon rappellent que les paysages de leur région ont pu être aperçus sur le petit ou le grand écran. 

CD_Moteur_ca_tourne_voyage_image1

Source: Travel Oregon

Si l’industrie touristique doit exploiter le rêve véhiculé à l’écran, elle ne doit pas fermer la porte à l’authenticité

Une fois le touriste sur place, il est important de lui proposer une offre satisfaisant sa passion pour le septième art. Cependant, bien souvent, la culture qu’il rencontre ou les lieux qu’il visite sont éloignés de l’image qu’il s’en était faite devant la fiction. Si l’industrie touristique doit exploiter le rêve véhiculé à l’écran, elle ne doit pas fermer la porte à l’authenticité. Les professionnels du tourisme sont également contraints de composer avec l’émotion construite par le spectateur, émotion qui peut s’avérer incompatible avec ce que la destination offre à ses visiteurs et, donc, entraîner leur déception.

Scénarios d’offres à succès

Le succès de la Nouvelle-Zélande est souvent cité pour illustrer comment le cinéma permet de réduire les freins au voyage (prix, distance), tant l’attraction qu’il déclenche est puissante. Certes, le désir naît devant l’écran, mais la réussite des promoteurs vient aussi du fait qu’ils sont parvenus à valoriser ce qui a d’abord attiré les voyageurs, que ce soit au moment de l’organisation (site Web) ou une fois sur place (tours guidés, visites de plateaux, etc.).

Dans le domaine du ciné-tourisme, les visites guidées des lieux de tournage des films ou des séries télévisées restent une formule indémodable (tour Sex and the City à New York, Downtown Abbey à Londres, Game of Thrones en Croatie et en Irlande). Initiative originale, Run of Thrones propose, à travers différentes villes des États-Unis, des parcours de course dont le trajet évoque les emblèmes des familles de la série Game of Thrones.

CD_Moteur_ca_tourne_voyage_image2

Source: Run of Thrones

L’hôtel écossais Isle of Eriska offre à ses clients un forfait James Bond, qui inclut notamment les clefs d’une Aston Martin DB9 et un bateau à moteur hors-bord privé pour visiter les lieux de tournage. Autre activité, les cinéphiles peuvent embarquer à bord d’un bateau de croisière exploitant des univers aussi variés que le monde de Disney, Harry Potter ou encore Star Trek, cette dernière offrant même la possibilité aux passagers de croiser les vedettes de la série de science-fiction.

CD_Moteur_ca_tourne_voyage_image3

Source: Star Trek Cruise

À Paris, l’application Cinemacity permet aux visiteurs de découvrir la ville à travers les films qui y ont été réalisés. Ceux-ci sont ainsi entraînés sur les lieux de tournage et peuvent revivre leur séquence préférée grâce à la réalité augmentée. Cinemacity propose également d’arpenter un quartier en suivant le rythme d’une fiction-balade en cinq épisodes.

Alors que le Québec accueille régulièrement des plateaux de tournage d’envergure internationale, les spectateurs ne reconnaissent pas toujours la Belle Province à l’écran. Pourtant, le cinéma constitue une thématique universelle que les professionnels du tourisme gagnent à exploiter pour promouvoir leur destination.

Catégories
Trends

Dance ‘til dawn with party tourism

Who are these revellers?

Generally aged 18 to 35 years, party tourists travel in groups of friends, often of the same gender. Their stays are relatively short (3 to 5 days) and focus primarily on a destination’s nightlife, i.e., its bars, nightclubs and lively beaches.

Key to the choice of a party tourism destination is the social aspect. Party tourists opt for trendy destinations and like sharing their trips on social media. During their stay, these night owls can act like stars or millionaires by frequenting « hot » spots, drinking excessively and adopting behaviours they would not normally engage in. In New York City, visitors spend seven times more than residents do at night.

Marketing plays a major role in this, and a destination must position itself to attract its target clientele. The question is, should destinations be elitist or open to everyone? In Saint-Tropez, it’s hard to take full advantage of the nightlife unless one is some sort of VIP. In Ibiza, on the other hand, middle-class students rub shoulders with members of the jet set.

Strategies adopted by successful destinations

The « Movida » in Spain

With major cities like Madrid, Barcelona, Ibiza and Valencia, Spain is a particularly attractive destination for night owls. Its trademark is its openness, wide variety of venues and the world-class DJs working in its clubs. Dance clubs are open until 6 or 7 in the morning, and the subway and buses run all night long. The marketing campaign of the Tourist Office of Spain promotes all this on the organization’s Website.

CD_Tourisme_festif_image_1

Source: ©Instituto de Turismo de España (TURESPAÑA)

Berlin’s underground culture

Berlin’s cultural scene has thrived since the fall of the Wall and is now reclaiming the city. Converted spaces are all the rage: dance clubs have been set up in former factories, the vaults of shuttered banks, abandoned pools and disused buildings from the Communist era. Berlin plays up its « underground » reputation, vibrant LGBT* scene, extensive transit system and world-renowned techno music. Its tourist office even links to a Website, called clubMATCHER, which helps visitors find the club most suited to their style.

CD_Tourisme_festif_image_2

Source: clubMATCHER

London’s cutting edge club scene

The hub of western culture, London is home to a wide variety of dance clubs, running the gamut of musical styles. Taking part in this « clubbing culture » gives visiting revellers an excellent way to meet locals: Londoners spend a quarter of their income on going out, and nearly 500,000 people pass through the clubs of the British capital on any given Saturday night. An interesting initiative is Surya, a club that embraces the trend of sustainable development; its dance floor generates energy from the dancers’ movements.

CD_Tourisme_festif_image_3

Amsterdam’s free spirit

Amsterdam has a well-established reputation for lively nightlife. The city is known for its liberal attitudes, as well as its safety, cleanliness and hospitality. At all hours, visitors can easily get around by bike or public transit. Despite a relatively undeveloped music scene, Amsterdam clubs play host to well-known DJs and attract visitors looking for new experiences that are often prohibited in their country of origin.

The vices of Las Vegas

In Sin City, the ultimate fun destination, clubs stay open all night and revellers can buy alcohol at any hour of the day. To compensate for falling gambling revenues and attract young adults, the city has promoted the development of party tourism. More and more casinos are opening their own nightclubs and visitors want to live the life of the rich and famous during their stay. Anything goes because, after all, what happens in Vegas, stays in Vegas…

Montreal hospitality

The city owes its party reputation to its relaxed and open atmosphere, as well as to large-scale international events popular with clubbers like the Bal en Blanc (White Party) and the Black & Blue Festival. The city benefits from its proximity to the United States and attracts fun-seeking Americans under the age of 21. According to Tourisme Montréal, CNN Travel ranked Montreal number 7 on a list of the world’s 10 best nightlife cities in 2012.

Party tourism requires good planning

Nightlife cannot be organized and promoted without regulatory support. By-laws governing the sale of alcohol and the business hours of nightclubs have a definite influence on a destination’s ambience. The challenge is to successfully reconcile the world of night owls with that of sleepers. The examples provided above illustrate the importance of offering diverse products adapted to this particular niche tourism market. When opting for a holiday focussed on nightlife, travellers look for public transit and open-minded locals. Finally, it is essential that a destination be able to ensure the safety of its visitors, as well as residents, and successfully deal with the excesses associated with this type of travel (i.e., drugs and alcohol). These vacationers do not, however, want to feel inhibited, because the key to their fun is the ability to really cut loose.

Throughout the year, party tourism attracts big-spending visitors, which helps offset the phenomenon of seasonal variation. In conjunction with more traditional forms of tourism, it can also encourage more direct and authentic interactions between visitors and locals. Finally, this sector’s association with the cultural scene energizes destinations, thereby making them more attractive to other customer segments.

* LGBT market: lesbian, gay, bisexual and transgender (see also: Fidèles, réceptifs et festifs: portrait des touristes LGBT américains).

Catégories
Tendances

Le tourisme festif vous entraîne au bout de la nuit

C’est la fête! Oui, mais pour qui?

Généralement âgés de 18 à 35 ans, les touristes festifs voyagent en groupe d’amis, souvent du même sexe. Leur séjour est relativement court (3 à 5 jours) et s’oriente autour de la découverte d’une destination à travers sa vie nocturne et la fréquentation de ses bars, boîtes de nuit ou plages animées.

La représentation sociale tient une place non négligeable dans le choix d’un voyage festif

La représentation sociale tient une place non négligeable dans le choix d’un voyage festif. Ses adeptes optent pour des destinations à la mode et aiment le faire savoir sur les médias sociaux. Le temps d’un séjour, les noctambules peuvent se prendre pour des vedettes ou des millionnaires par la fréquentation des lieux «chauds», les consommations excessives et l’adoption d’un comportement éloigné de leur quotidien. À New York, les dépenses des visiteurs pendant la nuit sont sept fois supérieures à celles des résidents.

Le marketing joue ici un rôle important, et la destination doit se positionner par rapport au segment de clientèle qu’elle cherche à cibler. Faut-il être élitiste ou ouverte à tous? À Saint-Tropez, difficile de profiter pleinement de la vie nocturne sans faire partie du club fermé des VIP. À Ibiza, au contraire, les étudiants de classe moyenne côtoient les membres de la jet-set internationale.

Les recettes gagnantes des destinations à succès

La «Movida» espagnole

Avec des villes phares comme Madrid, Barcelone, Ibiza ou encore Valence, l’Espagne est une destination particulièrement attirante pour les couche-tard. Sa marque de fabrique repose sur son ouverture, sa diversité d’ambiances et la présence dans ses clubs de D.J. à la renommée internationale. Les discothèques sont ouvertes jusqu’à 6 ou 7 heures du matin, et le métro et les bus circulent toute la nuit. La campagne marketing de l’office du tourisme espagnol va dans ce sens et s’affiche sur le site Web de l’organisation. 

CD_Tourisme_festif_image_1

Source: ©Instituto de Turismo de España (TURESPAÑA)

La culture underground de Berlin

Depuis la chute du Mur, le milieu culturel berlinois bouillonne et se réapproprie la ville. La reconversion est à l’honneur: les discothèques ont envahi d’anciennes usines, des salles des coffres de banques définitivement fermées, des piscines abandonnées ou des bâtiments communistes désaffectés. Berlin joue sur sa réputation underground, la forte présence de sa scène LGBT*, son réseau de transport développé et sur la renommée internationale de sa musique techno. L’office du tourisme propose notamment un site Web, clubMATCHER, qui permet au visiteur de trouver la boîte de nuit la plus adaptée à ses envies.

CD_Tourisme_festif_image_2

Source: clubMATCHER

L’avant-gardisme de Londres

Centre névralgique de la vie culturelle occidentale, Londres propose une grande variété de discothèques, où tous les styles musicaux sont représentés. Pour les fêtards en voyage, participer à cette «culture clubbing» constitue un excellent moyen de rencontrer la population locale: les Londoniens consacrent le quart de leurs revenus aux sorties, et le samedi soir, ce sont près de 500 000 personnes qui défilent dans les clubs de la capitale britannique. Initiative intéressante, le Surya embrasse la tendance du développement durable grâce à un plancher qui génère de l’énergie lorsque les danseurs le piétinent.

CD_Tourisme_festif_image_3

Source: Inhabitat

L’ouverture d’esprit d’Amsterdam

La réputation d’Amsterdam en matière de divertissements nocturnes n’est plus à faire. La ville mise sur sa tolérance, mais aussi sur sa sécurité, sa propreté et son accueil. À toute heure, les visiteurs peuvent aisément se déplacer en vélo ou en transport en commun. Malgré une scène musicale relativement peu développée, les clubs amstellodamois accueillent des D.J. de renom, et attirent les visiteurs en quête d’expériences nouvelles et souvent interdites dans leur pays d’origine.

Les vices de Las Vegas

À Sin City, destination de l’amusement par excellence, les clubs restent ouverts toute la nuit et la vente d’alcool est permise 24 heures sur 24. Pour faire face à la perte de vitesse des jeux de hasard et attirer la clientèle des jeunes adultes, la ville favorise le développement du tourisme festif. De plus en plus de casinos ouvrent leur propre boîte de nuit. Le temps d’un séjour, les visiteurs cherchent à vivre la vie des vedettes et des nantis. Tout est permis, puisque ce qui se passe à Vegas reste à Vegas…

L’accueil de Montréal

La ville doit sa réputation festive à son ambiance détendue et ouverte, mais aussi aux événements d’envergure internationale prisés par les noctambules, comme le Bal en Blanc ou le festival Black & Blue. La destination profite de sa proximité avec les États-Unis et attire les Américains de moins de 21 ans en quête de folies. Tourisme Montréal rappelle qu’en 2012, CNN Travel classait Montréal au 7e rang parmi les meilleures villes de nightlife au monde.

Bien organiser le tourisme festif

La planification et la valorisation de la vie nocturne ne peuvent se faire sans le soutien des organes politiques

La planification et la valorisation de la vie nocturne ne peuvent se faire sans le soutien des organes politiques. Les réglementations quant aux horaires de vente d’alcool et d’ouverture des établissements influencent indéniablement l’ambiance d’une destination. Le défi est d’arriver à concilier le monde des fêtards avec celui des dormeurs. Les exemples évoqués précédemment témoignent de l’importance d’une offre diversifiée et adaptée à ce tourisme particulier. La présence de modes de transport en commun ainsi que l’ouverture d’esprit des populations locales tiennent une place importante dans le choix de vacances axées sur les divertissements nocturnes. Finalement, il est essentiel de pouvoir assurer la sécurité des visiteurs, autant que celle des résidents, pour faire face aux excès liés à ce type de voyage (alcool, drogue). Ces vacanciers ne veulent cependant pas se sentir brimés, car leur plaisir réside principalement dans le fait de pouvoir adopter un comportement débridé.

Le tourisme festif attire, tout au long de l’année, des visiteurs dépensiers, permettant de pallier au phénomène de la saisonnalité. En marge d’un tourisme plus classique, il peut également favoriser une rencontre plus directe et authentique entre les visiteurs et les populations locales. Enfin, le lien de ce secteur avec les milieux culturels dynamise les destinations, les rendant ainsi plus attrayantes pour les autres segments de clientèle.

* Marché LGBT : lesbiennes, gais, bisexuels et transgenres (lire aussi: Fidèles, réceptifs et festifs: portrait des touristes LGBT américains).

Catégories
Produits et activités

Valoriser une destination grâce à son histoire

Nombre de sites historiques constituent des attractions incontournables à visiter et deviennent même les symboles des destinations. Un voyage sans photo prise devant le Taj Mahal ou la pyramide de Khéops n’aurait pas la même saveur… Conscients de cette réalité, les professionnels doivent faire appel à la médiation culturelle afin de proposer une expérience de visite unique.

Une thématique attirante

C’est un fait, l’histoire séduit les touristes. Atout France avance que 57% des Français ont visité au moins un site patrimonial au cours des douze derniers mois. Selon l’Initiative fédérale-provinciale/territoriale sur le rapport culture/patrimoine et tourisme (ITFPT), 69% des Canadiens et des Américains en vacances cherchent à approfondir leur connaissance de l’histoire et de la culture du peuple visité. Au Royaume-Uni, le tourisme d’histoire génère 26,4 millions de livres sterling dans l’économie du pays (environ 42 millions de dollars). Cette somme, en augmentation depuis 2010, est particulièrement alimentée par les Britanniques qui visitent leur propre pays. Cependant, aux États-Unis et au Canada, la tendance est plus frileuse et les courbes plus instables. D’après Statistique Canada, le nombre d’Américains ayant visité un site historique au Québec a légèrement baissé entre 2006 (964 200 visiteurs, soit 45% des Américains au Québec) et 2011 (786 600, soit 43,9%). À l’inverse, l’intérêt de la clientèle d’outre-mer pour ce type de tourisme est croissant, car ils étaient 593 300 visiteurs en 2006 (54,41% des voyageurs d’outre-mer) et 649 000 (57,06%) en 2011 à s’y adonner.

69% des Canadiens et des Américains en vacances cherchent à approfondir leur connaissance de l’histoire et de la culture du peuple visité

Malgré le potentiel de ce créneau, l’histoire du Canada reste touristiquement peu mise de l’avant. Le directeur général de l’Association des musées canadiens déplore le fait «qu’on ne voit pas [l’histoire du Canada], on ne l’entend pas et elle tombe dans l’oubli chez la majorité des Canadiens». Pour faire face à cette problématique, James Moore, ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles, a lancé au printemps 2013 une série d’initiatives, notamment la création de fonds et d’une bourse, ainsi que le lancement de la Semaine de l’histoire du Canada (du 1er au 7 juillet).

Il peut sembler difficile de concurrencer des attractions à la valeur historique évidente, mais tous les lieux ont un passé… Alors, quelle histoire raconter? Et comment l’aborder pour toucher le plus de visiteurs possible?

Comment bien raconter son histoire?

Il importe de bien définir son sujet. Le tourisme historique peut ainsi mettre en lumière des personnages célèbres, des événements et des lieux ou des sites historiques. Pour évoquer l’histoire d’une destination, Atout France propose trois angles différents:

  • le défilement chronologique;
  • le retour en arrière;
  • la téléportation à un moment précis du passé.

Moins les traces de l’histoire sont visibles, plus l’effort de reconstitution et d’interprétation doit être grand. Pour bâtir le discours, il est important pour la destination:

Moins les traces de l’histoire sont visibles, plus l’effort de reconstitution et d’interprétation doit être grand

  • d’évaluer le temps nécessaire à la visite et de l’afficher. La maîtrise du temps de visite passe aussi par la notion de rythme qui, idéalement, ne devrait pas retomber;
  • de rester en cohérence avec l’histoire locale. Si les visiteurs arrivent avec leur propre imaginaire historique, ils sont aussi en quête d’authenticité. Cet imaginaire est bien souvent à l’origine de la visite, et la difficulté pour l’institution culturelle est de coller à la réalité historique, tout en alimentant la légende liée au site. De même, le passé ne doit pas être remanié afin d’être embelli;
  • de s’adapter aux différentes clientèles. Le médiateur devient alors l’atout privilégié d’une expérience d’immersion dans l’histoire, centrée autour d’une visite plus humaine, plus vivante et plus accessible. La médiation permet de vulgariser le propos ou au contraire, de pousser plus loin la connaissance de visiteurs plus curieux, de personnaliser l’expérience, ce qui rend chaque visite unique, et de concilier divertissement et compréhension.

La mise en réseau des différentes attractions historiques entre elles et avec d’autres services touristiques permet la création d’un produit ou d’une destination touristique. Le réseau Chemins de l’Histoire Sud de France relie 23 sites témoins des traces de l’histoire dans la région autour d’une thématique commune, d’activités partagées et d’une promotion collective. De même, les guides Pas Sages combinent découvertes culinaires et patrimoniales des régions Franche-Comté et Bourgogne.

CD_Valoriser_destination_histoire_image1

Source: La Région Languedoc-Roussillon

Finalement, une communication efficace constitue un élément indispensable dans la valorisation de l’offre historique. Le message doit être ludique et surprenant, tout en témoignant de la valeur scientifique du propos. L’annonce publicitaire de la visite-expérience en PRISON! au Musée québécois de culture populaire de Trois-Rivières laisse ainsi la parole à un ancien détenu et présente des images crues de la Vieille Prison, favorisant l’immersion immédiate du visiteur.

Source: Musée québécois de culture populaire

Initiatives inspirantes

Plonger dans l’histoire

Les reconstitutions historiques invitent les visiteurs au cœur du passé en leur faisant revivre une époque ou un événement marquants. La Jousting and Medieval Tournament Week organisée par l’Arundel Castle, en Angleterre, met en scène des joutes de chevaliers et transporte les spectateurs au cœur du Moyen Âge.

CD_Valoriser_destination_histoire_image2

Crédit photo: Julia Claxton

Au Lieu historique national de la Grosse-Île-et-le-Mémorial-des-Irlandais, en Chaudière-Appalaches, des guides en costume incarnent les différents employés de la station de quarantaine. Le mémorial présente le nom des immigrants décédés sur l’île et invite les visiteurs à retrouver leurs ancêtres, créant un pont entre le passé et le présent.

L’objet médiateur

Le Vase qui parle, reproduction géante d’une pièce antique datant de 565 av. J.-C., utilise les nouvelles technologies pour transformer l’expérience muséale en une découverte interactive. En pointant un curseur sur la zone d’intérêt, le visiteur voit les personnages peints sur le vase prendre la parole pour raconter leur histoire.

Source: Vimeo

À New York, sur l’initiative du New Museum, des cabines téléphoniques présentent l’histoire de leur quartier. Il suffit de composer le 1-(855)-FOR-1993 depuis l’une des 5 000 cabines transformées pour l’occasion et de se laisser transporter dans les années 1990 en entendant un chômeur, une religieuse ou un historien raconter son quotidien en 1993.

 CD_Valoriser_destination_histoire_image3

Source: CLIC France

Le numérique au service du passé

Grâce à son application Streetmuseum, le Museum of London utilise la réalité augmentée pour proposer une visite de Londres à l’époque romaine. Les animations sonores et visuelles plongent le touriste dans l’ambiance de la ville en 120 apr. J.-C. Un aspect ludique complète l’application, puisque les utilisateurs peuvent se transformer en archéologues en grattant ou en soufflant sur leur téléphone intelligent afin de découvrir les vestiges de la cité antique.

CD_Valoriser_destination_histoire_image4

 Source: Atout France

Élément essentiel à la connaissance de la culture de l’autre, la mise en tourisme de l’histoire permet à une destination de lutter contre la saisonnalité en offrant un produit disponible à l’année et accroît le sentiment d’appartenance des populations locales. Bien que soumise à la contrainte de l’authenticité, elle laisse également une grande place à l’inventivité des promoteurs.

Image à la une: Julia Claxton