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Produits et activités

Connexion à la nature : multiplier les occasions

L’exposition à la nature permettrait, entre autres, de réduire le rythme cardiaque, la pression artérielle, le stress et l’anxiété. À son contact, l’humain serait plus calme et en sortirait même détendu et plus productif. Ces bienfaits sur la santé physique et mentale ont été démontrés par la communauté scientifique.  

Comment favoriser cette connexion ?

L’engouement pour le plein air ne repose pas seulement sur ses propriétés préventives et curatives. Jouer dehors apporte son lot de joie. La beauté de la nature et des paysages figure parmi les premières motivations de voyage. Ce n’est donc pas surprenant d’observer une fréquentation à la hausse des parcs et sites de plein air, mais aussi de voir l’offre se déployer sous différentes formes. Voici, en rafale, des pratiques et initiatives inspirantes qui favorisent une connexion avec la nature.  

Se laisser guider par les autochtones dans l’interprétation de la nature

Le tourisme autochtone offre de belles façons de découvrir, non seulement la culture de leurs peuples, mais aussi leur relation avec le territoire. Des communautés du Québec proposent des expériences d’observation de la faune et de la flore. Des guides autochtones accompagnent aussi les voyageurs à la pêche et évoquent les méthodes ancestrales. Par des randonnées en forêt, ils démystifient l’usage de certaines plantes comestibles ou médicinales présentes sur le parcours.  

Source: © Alexis Pageau Tourisme Autochtone Québec  

Se nourrir de la forêt

De plus en plus de destinations font la promotion des activités liées aux produits forestiers non ligneux, soit des produits biologiques issus de la forêt, autre que le bois d’œuvre. L’organisation de gestion de la destination Travel Oregon invite ainsi les amateurs de champignons sauvages à se joindre à des tours guidés dans les parcs d’État ou encore de s’adonner à cette pratique de façon autonome, à l’aide des outils de planification et d’interprétation qu’elle partage. En Finlande, découvrir la nature passe aussi par la cueillette de champignons et de baies sauvages présentes en grande quantité. 

Source : Travel Oregon

Affronter les forces de la nature

Les concepteurs d’hébergement de plein air créent depuis plusieurs années des expériences immersives grâce à un design intégré au paysage. Une fenestration abondante et une empreinte écologique minimale figurent souvent parmi les composantes de ce type d’hébergement. En Norvège, la cabine Dosabu illustre bien cette idée d’immersion. Situé à flanc de falaise, ce refuge accueille les randonneurs en leur offrant une vue spectaculaire sur la mer, surtout lorsque les éléments se déchaînent. Cette cabine fait partie du Stormwatching Concept qui invite les visiteurs à prendre part à des tours guidés pour vivre pleinement, de façon sécuritaire, un événement météo intense, mais courant dans la région. 

Source: © Ian Aannevik Fjord Norway 

Se plonger dans l’eau froide

La baignade en eau froide, une pratique surtout observée dans les pays de l’Europe du Nord, gagne en popularité au Canada. Malgré la violence du choc thermique, cette activité aurait plusieurs effets positifs sur la santé physique et psychologique des adeptes, du moins selon les convertis. Des communautés de baigneurs en eau froide se seraient créées durant la pandémie, notamment en Colombie-Britannique. Les membres se rencontrent habituellement une fois par semaine sur une plage ou une baie désignée. Vêtus d’un maillot de bain, d’un bonnet et parfois de mitaines, ils s’immergent dans l’eau pour quelques minutes et en ressortent complètement revigorés.  

Source : Unsplash

Télétravailler en nature

Afin d’inciter les travailleurs à profiter des bienfaits de la nature, la Ville finlandaise de Lahti a fait installer, à l’automne 2021, cinq stations de télétravail dans des boisés. L’opération s’est révélée positive puisque l’offre s’est étoffée pour l’année suivante. Dans le même ordre d’idée, et pour élargir sa clientèle, l’OGD de la Suède a développé un microsite pour promouvoir des lieux propices à un séjour de workation. Visit Sweden donne ainsi une vitrine à plusieurs sites qui détiennent une bonne connexion WiFi dans ou près de la nature. 

Source: Green Lahti 

Se connecter aux grands espaces pour mieux les protéger

Enfin, plusieurs destinations tablent, entre autres, sur l’immersion en nature et le bien-être qu’elle procure. Certaines l’illustrent très bien. C’est notamment le cas de la Colombie-Britannique avec sa campagne BC Effect, de Outer Hebrides, un archipel au large de l’Écosse, avec la campagne Warm Your Soul ou encore de la Norvège dont l’amour du plein air est connu. 

S’adonner au plein air a également un impact sur sa protection. Selon le Dr Lem, directrice du projet de prescription de temps en nature PaRx, la recherche démontre que les adultes et les enfants qui fréquentent la nature sont plus enclins à vouloir la protéger et à adopter des comportements écoresponsables. Le Québec a tout en main pour déployer ses offres d’immersion en nature et ainsi procurer des bienfaits à sa population, à ses visiteurs ainsi qu’aux milieux d’accueil.  

Image à la une : Unsplash 

Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2023 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

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Produits et activités Segments de clientèles

Quatre tendances en camping

L’entreprise de terrains de camping KOA publiait récemment les résultats de la vaste enquête annuelle menée par Cairn Consulting Group sur la pratique de cette activité. En tout, 4100 ménages (2900 américains et 1200 canadiens) ont été interrogés sur leurs comportements de pratique en 2022 et à propos de leurs intentions pour 2023. Voici quatre tendances inspirées des constats énoncés dans ce rapport, et formulées également en regard d’autres études et données sur le sujet. 

1.Une clientèle qui se diversifie

Le camping a gagné de nouveaux adeptes depuis la pandémie. Les bénéfices qu’il procure, dont la connexion avec la nature et le sentiment de liberté, se sont révélés extrêmement séduisants, particulièrement durant les périodes de confinement et de restrictions de voyage. Une bonne part de ces nouveaux adeptes sont tombés sous le charme et comptent bien intégrer le camping à leurs traditions. 

De nouveaux adeptes

Selon les données de KOA, le nombre de nouveaux adeptes était en baisse de 2017 à 2019, passant de 2,8 millions à 1,7 millions de ménages américains respectivement. Mais le contexte particulier de 2020 a incité plus de 10 millions de ménages américains à essayer le camping. D’autres se sont ajoutés en 2021 et 2022.   

Pour le Canada et les États-Unis regroupés, le nombre de ménages qui s’identifient comme « campeur », qui campent à l’occasion, si ce n’est pas chaque année, est passé de 82 millions (2019) à 92 millions en 2022. Il est même monté à près de 94 millions en 2021. On explique cette légère diminution par le retour aux habitudes prépandémiques (séjours à l’hôtel ou encore voyages internationaux) qui aurait causé une désaffection d’une certaine part des nouveaux campeurs. 

La majorité de ceux qui sont les plus enclins à poursuivre la pratique : 

  • Ont essayé un VR pour la première fois (58 %) ; 
  • Ont fait du télétravail en camping (57 %) ; 
  • Aiment passer du temps dehors (54 %) ; 
  • Font partie de la génération des millénariaux (nés entre 1981 et 1996) (53 %).

Source: Pexels 

La génération Z 

Parmi ces nouveaux ménages de campeurs, les 2/3 comprennent un individu de moins de 42 ans et le tiers inclut au moins une personne âgée entre 18 et 25 ans. Au Canada spécifiquement, la génération Z (âgés entre 12 et 25 ans) forme 18 % des campeurs (contre 8 % en 2021). 

Pour le Canada et les États-Unis réunis, près de la moitié des jeunes de la génération Z qui campent au moins trois fois par année estiment que d’avoir fait du camping durant leur adolescence leur a appris à apprécier le temps passé en famille et avec des amis en plein air.  

Les « urbains » 

Au cours des trois années de pandémie, un grand nombre de ménages habitant en milieu urbain se sont mis au camping. Ceux-ci ont adopté cette activité et planifient en faire davantage en 2023. Ils dépensent plus que les autres lorsqu’à destination et reconnaissent les bénéfices sur leur santé mentale. Les voilà convaincus. 

Les communautés culturelles 

Plus de la moitié des nouveaux ménages de campeurs, tels qu’identifiés par KOA, sont issus des communautés hispanophone, noire, asiatique ou d’autres origines ethniques. Mais ceux-ci sont à risque de décrocher (entre 38 % et 53 %), pour diverses raisons. Le premier obstacle constitue le sentiment d’insécurité en camping (33 % parmi les hispanophones et 37 % chez les campeurs noirs). Un autre élément qui pourrait nuire au retour de ces campeurs est le fait d’avoir expérimenté de l’inconfort en plein air. Une majorité de campeurs noirs, et près de la moitié de ceux d’origine hispanique et asiatique ont vécu une expérience inconfortable ou même dangereuse pendant qu’ils étaient en plein air.  

Il y a donc lieu de prendre en compte ces facteurs pour mieux accueillir et informer ces clientèles afin qu’elles bénéficient d’expériences positives. L’initiation au camping à un jeune âge favorise la pratique à plus long terme. Les enfants de ces nouveaux pratiquants constituent donc une relève à considérer. 

2.Une multiplication des types de pratiques

Aux types de pratique traditionnelle que sont la tente et le VR, s’ajoute chaque année depuis au moins 15 ans une déclinaison d’offres de glamping, soit du prêt-à-camper et du camping en cabines et en hébergement insolite. Plus récemment, la vanlife a suscité l’intérêt de nouveaux adeptes. Dormir à la belle étoile dans un hamac rejoint aussi de plus en plus de campeurs, plus aventuriers et minimalistes. Aujourd’hui, l’expéditionnisme (overlanding), soit le camping en autonomie, sans service, en véhicule utilitaire sport, se répand, surtout aux États-Unis. Les plus friands de nouvelles expériences sont tentés d’essayer l’une ou l’autre de ces différentes approches du camping. 

Forte poussée du glamping

Au cours des trois dernières années, 28 % des campeurs sondés par KOA ont fait du glamping. Ils sont près de 40 % à souhaiter s’y adonner en 2023 (versus 25 % l’année dernière). Au Québec, cette forme d’hébergement est aussi en forte progression. Selon les données de Camping Québec, le nombre d’unités de prêt-à-camper* a crû de 130 % depuis 2016, passant de 1 767 à 4 069 unités. Les données du ministère du Tourisme recueillies par l’Institut de la statistique du Québec indiquent elles aussi un fort engouement pour ce mode d’hébergement. En cinq ans, alors que l’offre disponible en juillet a crû de 54 %, la fréquentation, elle, a augmenté de 63 %. Donc les options se multiplient, ainsi que la demande (voir le graphique ci-dessous).  

*Un prêt-à-camper, comme considéré par Camping Québec, consiste en une structure installée sur plateforme, sur roues ou directement au sol, et pourvue de l’équipement nécessaire pour y séjourner, incluant un service d’autocuisine. 

En quête d’expériences hors des sentiers battus 

Dans un autre registre, de nombreux campeurs sont interpellés par des aventures en milieu éloigné. Au cours des trois dernières années, 20 % des répondants à l’enquête de KOA ont fait de l’expéditionnisme (overlanding). Près d’un campeur sur trois souhaite l’essayer en 2023 (comparativement à 23 % l’année dernière). Ce phénomène semble véritablement l’ampleur et s’observe notamment par lintérêt porté pour des équipements tels que les tentes de toit

Source: Pexels 

3.Du WiFi et du télétravail en camping

La moitié (!) des campeurs canadiens sondés par KOA indique avoir télétravaillé durant leur séjour en camping ; 44 % dans le cas des Américains. Une connexion fiable permet de rester en contact et de voir à ses obligations, le cas échéant. Globalement, 40 % des répondants estiment qu’un bon accès au WiFi les influence à camper davantage. Cette proportion a gagné 19 points de pourcentage par rapport à 2017. 

Source: Pexels 

4.À la recherche de nouvelles expériences et de bonne bouffe !

Pour 2023, les campeurs ont soif de découvertes. Il peut s’agir de tester un nouveau type de camping ou d’essayer une activité. En moyenne, les répondants de KOA espèrent vivre trois nouvelles expériences. Les plus convoitées sont : 

  • Assister à un événement naturel unique (ex. éclipse, migration d’animaux, pluie d’étoiles filantes.) : 40 % 
  • Prendre part à des expériences culinaires, faire du tourisme gastronomique : 36 % 
  • Visiter de petites villes : 31 % 

L’attrait de la nourriture interpelle un grand nombre de campeurs. Plus de quatre répondants sur dix de l’étude de KOA estiment important qu’un camping aménagé offre un service de restauration. Plus de la moitié s’attendent à ce que celui-ci soit de qualité dans le cas où ils s’adonnent au glamping. Sinon, un accès à de bons produits alimentaires locaux constitue déjà une base qui saura séduire les campeurs gourmands qui cuisinent à leur emplacement.  

Le camping, c’est sacré

La majorité des campeurs sondés par KOA estiment que le camping constitue une façon peu coûteuse de voyager dans un contexte économique défavorable. Quelque 38 % mentionnent que même si la situation se dégrade, ils vont continuer à camper et plutôt couper dans d’autres types de séjours.  

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Produits et activités Segments de clientèles

Promouvoir les itinéraires de longue randonnée 

Envisager une randonnée sur plusieurs jours nécessite une bonne préparation. Celle-ci peut s’avérer laborieuse, surtout si les outils sont déficients. Dans le cas contraire, la planification devient plaisante. Elle permet de sécuriser le randonneur dans l’organisation de son aventure en l’aidant à prévoir les étapes et à visualiser son séjour, ce qui contribue même à l’excitation entourant ce type de projet.  

Que veulent les randonneurs ?

La randonnée fait partie des principales activités de plein air des voyageurs. Selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), cette clientèle se décline en trois catégories de randonneurs : les promeneurs, les occasionnels et les aguerris. Voici un tableau rassemblant les principales caractéristiques recherchées par les deux derniers segments, soit ceux qui correspondent à la clientèle cible des longs itinéraires. Rappelons qu’une longue randonnée se déroule sur une période d’au moins deux jours et comprend une nuitée et plus. 

Outiller pour bien planifier

Un portail Web réunissant l’ensemble de l’offre associée au projet facilitera la planification du séjour. Cette plateforme doit permettre de visualiser l’intégralité de l’itinéraire, mais aussi chacune des étapes ainsi que certaines informations comme la durée, le nombre de kilomètres, le niveau de difficulté, les services de santé à proximité, l’offre d’hébergement, les restaurants et épiceries, etc. Voici l’exemple des Baltic Trails.  

Il s’agit de deux itinéraires de longue randonnée (Baltic Coastal Hiking: 1419 km et Baltic Forest Hiking : 2141 km) qui traversent chacun la Lituanie, la Lettonie et l’Estonie. Le site Web comprend une foule d’informations bien organisées, dont de nombreuses photos des différentes sections, le type de sol, le niveau de difficulté, une carte avec les éléments d’intérêt et les services. On y trouve aussi la possibilité d’exporter les données des cartes (GPX) vers une application comme Google Maps. 

Source: Baltic Trails 

Bienvenue randonneurs 

Les voyageurs des Baltic Trails peuvent aussi choisir de dormir dans des établissements d’hébergement certifiés Hiker Friendly. Cette accréditation exige des organisations qui y adhèrent de répondre à des critères bien précis pour accueillir adéquatement les randonneurs. Parmi ces exigences, mentionnons : 

  • Mettre en évidence les informations concernant les itinéraires de randonnée à proximité. Celles-ci doivent inclure la longueur, le niveau de difficulté, le temps moyen pour le compléter, etc. ; 
  • Indiquer les lieux permettant de recevoir des soins de santé ; 
  • Donner l’accès à de l’eau potable et à Internet ; 
  • Dans le cas des établissements d’hébergement, offrir un lieu séparé de la chambre pour laver et sécher les vêtements et les chaussures ;  
  • Aider le randonneur qui le souhaite à réserver son prochain hébergement. 

Source: Baltictrails.eu 

Soulignons qu’un tel type de certification est également déployé pour les hébergements des régions des Cantons-de-l’Est et des Iles de la Madeleine. Dans les deux cas, ils affichent le label Bienvenue randonneurs 

Partir à la découverte de soi

Dans le cas spécifique d’un randonneur qui envisage de parcourir un itinéraire de longue distance, les motivations peuvent être profondes, surtout s’il s’agit d’un projet de plusieurs semaines. Des chercheurs se sont déjà penchés sur la question. Un article publié dans Leisure Studies en août 2022 rappelle que les expériences en plein air sont souvent motivées par l’amour de la nature, le défi physique et athlétique, mais aussi par le besoin d’introspection. Les auteurs affirment même qu’un séjour de longue randonnée peut jouer un rôle dans la découverte et la définition de soi et peut provoquer des transformations personnelles.  

Dans cette optique, la diffusion de vidéos et le partage d’expériences de terrain permettent au futur marcheur de mieux saisir le type d’aventure qui l’attend, de se familiariser avec l’environnement, les défis, l’itinéraire en général ou encore d’obtenir des astuces et des conseils qui peuvent s’avérer très utiles et sécurisants. Ainsi, une présence sur les médias sociaux, une offre de voyages de familiarisation pour les médias et le recours à des blogueurs/influenceurs crédibles qui parcourent le trajet pourraient faire partie de la stratégie de communication. Voici l’exemple d’une randonneuse ayant documenté son expérience sur l’Appalachian Trail. 

Célébrer les itinéraires 

Des festivals de randonneurs animent plusieurs itinéraires mythiques chaque année. Voilà une belle façon de rassembler la population locale ainsi que les adeptes de plein air et de promouvoir la destination. Le Pacific Crest Trail Days, qui se déroule en août dans une petite municipalité de la Columbia River Gorge en Oregon, invite les participants à des compétitions amicales. C’est aussi l’occasion pour les détaillants d’équipement de plein air de présenter leurs nouveaux produits. 

Source: pctdays 

Interpeller tous les randonneurs

Marcher pour découvrir le territoire constitue certainement l’une des façons les plus durables de faire du tourisme. Bien que ce soient les plus aguerris qui s’engagent dans une expédition sur plusieurs jours, le tourisme de marche peut rejoindre un bassin de clientèle non négligeable en misant aussi sur les randonneurs occasionnels. Les itinéraires avec un dénivelé peu élevé conviennent à une clientèle élargie. Relever un défi, marquer un passage important de la vie, renforcer les liens avec un proche… Toutes les raisons sont bonnes pour se lancer dans une telle aventure !  

Lire aussi : La randonnée de longue distance gagne du terrain

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S’ouvrir aux communautés culturelles

Les données de Statistique Canada indiquent que plus de 80 % de la croissance démographique au pays est attribuable à l’immigration. La population canadienne est multiculturelle et cette caractéristique doit être considérée dans nos façons d’interagir avec elle. Aux États-Unis, de nombreux organismes de plein air souhaitent attirer davantage les communautés culturelles sur leurs sites. Ils le font pour agrandir leur bassin de clientèle, pour les sensibiliser à la protection de la faune et de la flore, mais aussi pour favoriser leur adhésion aux activités de plein air. 

Un changement de culture

Au Willamette Valley National Wildlife Refuge Complex, en Oregon, cette préoccupation a mené à des gestes concrets et à des résultats porteurs. Quelque 320 000 visiteurs fréquentent annuellement ce réseau. Bien que la population avoisinant ces sites naturels soit composée à 25 % de personnes d’origine latino-américaine, elles sont très peu visibles dans ses sentiers. Les gestionnaires du réseau de parcs souhaitent pourtant offrir une expérience qui interpelle l’ensemble de la communauté. 

En 2015, l’équipe lance le Hispanic Outreach Program. Celui-ci comprend, entre autres, la traduction en espagnol des contenus sur le site Web et aux différents points de contact. Il prévoit aussi le développement des connaissances à propos de cette population afin de s’adresser à elle de façon adéquate. Déjà, la première année de mise en application du plan a permis d’établir quelques constats de base : 

  • Utiliser les bons termes :  
    • Plutôt qu’« Hispanic », le terme « Latino » est plus inclusif de l’ensemble de la communauté ; 
    • Le nom du programme a été changé pour Latino Engagement Program afin de favoriser « l’implication » des personnes d’origine latino-américaine plutôt que simplement les « rejoindre ». 
  • La personne responsable du projet observe qu’il s’agit d’une approche, plus que d’un programme. Les actions déployées doivent être intégrées à la gestion de l’organisme de façon continue. C’est un changement de culture. 

Créer des liens

Pour la suite, l’organisme a engagé une coordonnatrice d’origine latino-américaine afin de déployer le plan. La jeune femme, une adepte du plein air qui ne connaissait pas l’existence de ce réseau de refuges, correspondait au profil de la clientèle cible.   

Selon cette coordonnatrice, le succès de la démarche repose sur une participation à des événements avec des leaders de la communauté latino-américaine. Le bouche-à-oreille constitue une importante source d’informations pour ses membres.  

Plusieurs ateliers et activités bilingues (anglais-espagnol) ont aussi été développés ou bonifiés afin de créer des liens : avec le milieu scolaire, avec des groupes de femmes, dans le milieu des affaires, etc. L’événement Winter Wildlife Field Day a suscité de l’intérêt parmi la clientèle hispanophone. Cette activité bilingue a pris de l’ampleur au fil des années. Alors qu’elle se déroulait sur une seule journée en 2015, l’édition 2023 s’est étendue sur tout le mois de mars.

Source: Willamette Valley National Wildlife Refuge Complex/Facebook 

La diversité engendre la diversité

On compte d’ailleurs aujourd’hui quelque 26 bénévoles d’origine latine qui se sont greffés au groupe pour mener à bien cet événement hivernal, ainsi que pour de nombreux autres. On remarque aussi beaucoup plus de personnes de la communauté latino-américaine qui fréquentent régulièrement les refuges. Les commentaires provenant des visiteurs sont très positifs. Le seul fait qu’il y ait une démarche à l’intention de cette communauté favorise sa venue ; il démontre une volonté à ce qu’elle se sente la bienvenue.  

La mise en place de cette approche et des changements de fonds qu’elle exige ont aussi entraîné un effet auquel on ne s’attendait pas. Cette ouverture sur la différence, notamment à travers les équipes de travail et des représentations marketing, a fait place à une clientèle encore plus diversifiée (origines asiatique, russe, etc.). On observe donc un effet boule de neige. Comme quoi la diversité entraîne la diversité.  

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Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2023 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

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Marchés géographiques

Le Québec dans la mire des Canadiens et des voyageurs internationaux cet été 

Du 21 au 27 avril 2023, la Chaire de tourisme Transat a sondé, pour le compte du ministère du Tourisme, près de 4 000 personnes afin de connaître leurs intentions de voyages pour la saison estivale. Les répondants font partie des principaux marchés ciblés par les campagnes marketing de la destination québécoise, soit les Québécois, les Ontariens, les Canadiens des provinces maritimes, les Américains du Nord-Est des États-Unis et les Français. Voici un sommaire des résultats concernant les marchés hors Québec. Une autre analyse concerne plus spécifiquement les résultats du marché québécois (lire aussi : les intentions de voyage des Québécois à l’été 2023). 

Voyages en vue !

La destination québécoise figure à différents degrés dans les plans des marchés hors Québec interrogés par la Chaire. Près d’un Ontarien sondé sur cinq a l’intention de visiter le Québec cet été. Cette proportion s’élève à 8 % parmi les Canadiens originaires des provinces maritimes. Aussi, quelque 6 % des Américains du Nord-Est des États-Unis et 4 % des Français sondés comptent bien mettre les pieds dans la belle province durant la saison estivale 2023.  

Pourquoi au Québec ?

Les raisons qui motivent ce choix varient selon les marchés. Chez les Canadiens sondés, la visite de parents et d’amis est la plus répandue. Mais l’intérêt pour un attrait ou un événement précis constitue aussi une motivation pour une forte part d’entre eux. La sécurité de la destination figure, quant à elle, dans le top 3 des deux marchés internationaux sondés. Les attraits et les événements ainsi que les campagnes promotionnelles du Québec inspirent particulièrement les Américains. La majorité des Français sondés ayant l’intention de venir au Québec cet été sont motivés par le désir de visiter une nouvelle destination. Plusieurs sont aussi stimulés par les recommandations de parents et d’amis.   

Pas au Québec, pourquoi ?

Les Américains du Nord-Est (31 %) et les Français (24 %) mentionnent que c’est par une connaissance insuffisante de l’offre touristique qu’ils sont désintéressés de la destination.

Parce qu’ils ont déjà visité le Québec, voilà la principale raison qui pousse les Ontariens et les Canadiens des Maritimes à ne pas choisir la belle province pour leur voyage cet été (respectivement 35 %, 25 % de ceux qui privilégieront d’autres destinations). Les Américains du Nord-Est (31 %) et les Français (24 %) mentionnent plutôt que c’est par une connaissance insuffisante de l’offre touristique qu’ils sont désintéressés de la destination. L’industrie a certainement des moyens d’intervenir sur cette dernière mention. Mais le principal frein des Français demeure toutefois le coût d’un tel voyage, jugé comme étant trop élevé par près du tiers de ceux qui bouderont le Québec cet été. 

Des séjours urbains, mais aussi en nature

Globalement, le tourisme urbain interpelle les quatre marchés sondés, plus particulièrement les Français. Ils se distinguent d’ailleurs des autres marchés par leur intérêt quasiment tout autant marqué envers les séjours de nature (parcs nationaux, régionaux, etc.), signe que leur voyage au Québec combinera plusieurs types de séjours. 

Les Canadiens des Maritimes envisagent quant à eux largement la visite de parents et d’amis, et de façon plus modérée, des séjours axés sur la culture. Ces derniers sont aussi sur la liste de souhaits des Américains, constituant une des activités privilégiées par cette clientèle. La détente, par ailleurs, est au programme pour le tiers des Américains interrogés.  

Où dormiront-ils ? 

L’hôtel ou le motel constitue le choix le plus courant pour les marchés canadiens et américains sondés. Les Français interrogés affichent une préférence pour la location de type Airbnb. Dormir chez la famille et les amis fait aussi partie des principales options d’hébergement pour les Canadiens et les Américains. 

Où en sont-ils dans la planification du séjour ?

Au moment où ils ont été sondés (fin avril 2023), les Ontariens semblaient moins avancés dans leurs préparatifs quant à leur séjour au Québec que le reste des voyageurs interrogés. Environ la moitié d’entre eux avaient déjà réservé leur itinéraire, contre 22 % des Ontariens. La plupart des Américains et des Français en étaient à l’étape de planification et de réservation en matière d’hébergement, alors que plus du quart des Canadiens n’avaient encore entamé de démarches. Concernant la réservation de billets d’attractions, d’événements ou de spectacles, 40 % des Ontariens et le tiers des Canadiens des Maritimes n’avaient encore entrepris aucune démarche à cet égard. Les Américains semblaient être un peu plus avancés dans leur planification, et les Français, largement plus organisés (respectivement 20 % et 8 % n’ayant entrepris aucune démarche). 

Tout n’est donc pas encore joué. À vous de leur faire des offres qui les séduiront ! 

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Vous pouvez consulter les résultats détaillés de l’enquête sur le site du ministère du Tourisme.

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Produits et activités

La randonnée de longue distance gagne du terrain

Un produit plein de promesses

Promouvoir la connexion à la nature pour ses bienfaits sur la santé physique et mentale, encourager le slow travel, limiter l’empreinte écologique des voyageurs par des moyens de transport actif, favoriser une meilleure répartition des retombées touristiques à travers le territoire (surtout dans les petites communautés), créer des expériences intenses et mémorables… Voilà quelques-uns des bénéfices du déploiement d’une offre de longue randonnée.  

Les longs itinéraires attirent et se multiplient

Une randonnée est qualifiée de longue lorsqu’elle comprend au moins une nuitée et se déroule sur deux jours ou plus.  

Pour bien situer le type d’offre dont il est question ici, une randonnée est qualifiée de longue lorsqu’elle comprend au moins une nuitée et se déroule sur deux jours ou plus.  

L’Europe possède une tradition de voies piétonnières connectant les villages et pour lesquelles l’engouement ne démord pas. L’un de ces itinéraires les plus connus, le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, a enregistré depuis 2011 une progression presque constante du nombre de marcheurs arrivant à Saint-Jacques — objectif convoité par la plupart des participants. L’année 2019 marque un sommet avec plus de 327 000 personnes ayant fait estampiller leur carnet du pèlerin à cet endroit. 

Aux États-Unis, certains longs sentiers de randonnée en montagne ou en pleine forêt sont devenus mythiques. Pensons à l’Appalachian Trail qui s’étend sur plus de 3 500 km à travers 14 États. Ce sentier est fréquenté par quelque trois millions de personnes chaque année, dont 3 000 qui tentent de le marcher dans son entièreté. Seul le quart d’entre eux y parviennent.  

De nouveaux projets d’itinéraires se développent partout à travers le monde. En Grande-Bretagne, le réseau Slow Ways vise à connecter tous les villages du pays par voies piétonnières. L’Italie reliera 25 parcs nationaux par un sentier continu de quelque 7 000 km.  

Source: Slow Ways/Facebook 

Comment déployer cette offre ?

Certaines destinations partagent des boîtes à outils pour accompagner les régions, les municipalités et les gestionnaires de sentier dans ce déploiement. C’est le cas de la Suède qui propose une série de guides (en suédois), de vidéos et d’exemples concrets pour inspirer et aider les parties prenantes. L’Organisation mondiale du tourisme (OMT) publiait, en 2019, un rapport visant à informer et à inspirer les organisations quant au déploiement du tourisme de marche dans un cadre de développement régional. Voici quelques éléments clés tirés de cet outil et de ceux de la Suède : 

L’itinéraire

-Ses composantes doivent évidemment être attractives, sans nécessairement être spectaculaires. Ses atouts naturels et culturels doivent être mis en valeur par des points de vue, des panneaux explicatifs, etc.   

-Les routes asphaltées, qui ne sont généralement pas appréciées, sont tolérées lorsqu’elles sont de courte distance, peu achalandées par le trafic automobile et permettent de relier certaines sections d’un itinéraire. 

-Idéalement, des moyens de transports publics devraient permettre de s’y rendre. Les hébergements aux abords du tracé ou encore les bureaux touristiques sont encouragés à offrir une liaison vers les points d’entrée de l’itinéraire. 

-La forme du circuit (en ligne ou en boucle) doit aussi être prise en considération dans le déploiement d’une offre de transport (pour le retour des randonneurs à leur voiture, le cas échéant). 

-Une signalisation et un balisage clair qui ne dénaturent pas le paysage sont essentiels pour une expérience sécuritaire et agréable. 

-Des installations de base sont nécessaires comme des toilettes, des points d’eau, une offre d’hébergement (refuge, abri, sites de camping) à certains endroits clés. 

-Le chemin doit être entretenu et régulièrement contrôlé afin d’effectuer les ajustements rapidement pour des questions de sécurité, mais aussi de préservation de l’environnement. 

La destination 

-La région n’a pas besoin d’avoir une grande renommée pour attirer des randonneurs, puisque l’itinéraire de longue distance sera en lui-même le but du voyage.  

-Lorsque la route est bien structurée, en sections, chacune pouvant être réalisée en quelques heures ou en une journée, le sentier peut alors attirer d’autres types de randonneurs, moins aguerris. 

-L’activité de randonnée peut devenir un véritable levier économique et touristique pour la région. Parmi les opportunités, soulignons : 

  • Services de guides de randonnée, de transport de bagages, d’hébergement, de navette ; 
  • Vente de guide-papier et de cartes bonifiées, quoique les informations de base devraient être fournies gratuitement (documentation imprimée ou en ligne) ; 
  • Vente de nourriture et de boissons pour randonneurs, d’équipement spécialisé, de souvenirs à l’effigie de l’itinéraire ; 
  • Programmes d’activités touristiques connexes (festivals, activités culturelles, dégustations en micro-brasseries, etc.). Voilà qui pourrait prolonger le séjour des voyageurs avant ou après la randonnée. 

-L’analyse de la satisfaction de la clientèle permet de prendre connaissance, d’ajuster et de bonifier certains éléments de l’itinéraire pour maximiser la qualité de l’expérience. Cette analyse peut se faire par sondage récurrent ainsi qu’en suivant les médias sociaux. 

Le Québec sur la bonne voie 

Le Québec dispose d’une offre croissante d’itinéraires de longue randonnée. Le projet de Sentier national du Québec, qui équivaut à 1650 km de sentier pour la randonnée pédestre, la raquette et le ski nordique à travers neuf régions touristiques de la province, progresse bien. Les circuits et routes de marches pèlerines à faire en autonomie se multiplient. Mentionnons les Sentiers Entre Vents et Marées qui parcourent les Iles de la Madeleine sur 230 km ou encore le Sentier Notre-Dame-Kapatan au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Cette façon de découvrir une destination gagne en popularité, faisons en sorte que le Québec se positionne avantageusement dans ce créneau. 

Lire aussi : Promouvoir les itinéraires de longue randonnée

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Destinations

La ville : véritable laboratoire vivant

L’urbanisme tactique consiste en des aménagements temporaires et faciles à installer dans le but, entre autres, de démontrer les changements possibles à une rue ou à un espace public. La pandémie a favorisé la mise en place de ce type de projets, été comme hiver, que ce soit pour faciliter les déplacements actifs ou encore pour créer des lieux de rencontre festifs et animés. Certains aménagements ont connu un tel succès qu’ils sont devenus permanents. D’autres, éphémères, sont réinstallés année après année. Le succès de la piétonnisation de nombreuses rues en est un bon exemple.  

L’urbanisme tactique sert bien la récupération d’espaces sous-utilisés et la « place making », soit le concept qui consiste à aménager un lieu en se réappropriant l’espace public. On l’observe depuis déjà plusieurs années. Mis sur pied il y a près de dix ans, Le Village au Pied-du-Courant, qui s’érige année après année à la lisière du Saint-Laurent dans le quartier Ville-Marie à Montréal, en est une bonne illustration. Ce projet collaboratif piloté par l’organisme La Pépinière permet de revaloriser, durant la saison estivale, un site de dépôt à neige situé en bordure du fleuve. Il devient, le temps de quelques mois, un lieu de rencontre où se déploient des activités à caractère culturel, social, éducatif et festif. Le village évolue au cours des éditions, au fil des besoins et des envies des collaborateurs. 

Source: Charles-Olivier Bourque/Le Village au-Pied-du-Courant 

D’abord expérimenter pour mieux aménager

Un autre exemple plus récent, la Place Laval, dans le centre-ville de Gatineau, traduit bien le concept d’urbanisme tactique. Il s’agit d’un stationnement privé transformé en place publique éphémère pour l’été 2022. Celle-ci rassemble plusieurs concepts qui ont pu être testés dans l’optique de rendre permanents ceux qui s’avéreront concluants. Ce lieu de socialisation comporte du mobilier urbain, une décoration invitante, des activités d’animation et des événements de moyenne envergure.  

La Place Laval a été planifiée et conçue en partenariat avec la communauté et les organismes issus du milieu. La Ville souhaite faire de cet endroit un lieu de rencontre pour les résidants et les visiteurs. 

Source: Ville de Gatineau 

La ville comme un terrain de jeu 

Ces projets sont souvent initiés par des mouvements citoyens à la recherche d’une meilleure qualité de vie pour leur communauté. D’autres sont issus d’une impulsion municipale ou encore insufflés par des entrepreneurs ayant des visées sociales. Avec la multiplication de ces initiatives, la ville devient par endroit un véritable laboratoire quand le territoire sous-exploité est converti en terrain de jeu, où résidants et touristes se mêlent et auquel ils donnent vie.  

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Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2023 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

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Tourisme durable

L’écoresponsabilité dans le sang : le cas Shambala Festival

Le Shambala Festival a été mis sur pied il y a une vingtaine d’années, dans la région de Northamptonshire, en Angleterre. Le développement durable et responsable fait partie de son ADN. Les valeurs qui y sont associées transcendent chacune des activités et attirent une clientèle qui adhère à ces principes.  

Il se déroule annuellement sur quatre jours en août. Cet événement dévoile quelque 200 performances artistiques diverses sur 12 scènes et propose de nombreuses activités culturelles. Il attire chaque année quelque 15 000 visiteurs. 

Une approche innovante et inspirante

Les organisateurs mettent un point d’honneur à améliorer leur empreinte écologique chaque année. Ils se sont notamment débarrassés du plastique à usage unique et ils réussissent à recourir uniquement à des énergies renouvelables (dont le biodiésel, les énergies éoliennes et solaires) tout au long du déroulement du festival. Les actions mises en place sont parfois déstabilisantes pour les participants ou même pour les fournisseurs. Mais ces solutions durables sont gagnantes pour tous. Des fournisseurs en témoignent dans la vidéo ci-dessous 

Compenser c’est bien, choisir le vélo ou l’autobus, c’est mieux !

Comme le transport représente 90 % de l’ensemble des GES du festival, les organisateurs ont misé sur des offres attractives pour inciter les participants à s’y rendre autrement qu’avec leur voiture personnelle. En 2018, ils décident d’attribuer le quart de tous les billets du festival à des forfaits en autobus. Les participants qui les choisissent bénéficient d’une réduction de 20 £ (34 $ CAN) sur le billet du festival (qui se vend 226 £/adulte) en plus d’obtenir un accès plus rapide au site (fast track). On estime que cette initiative a permis de réduire de 10 % l’empreinte écologique du festival en un an seulement.   

Ceux qui s’y rendent à vélo avec l’entreprise Red Fox Cycling ont aussi droit à un rabais équivalent à 34 $ CAN sur le billet d’entrée. Ce partenariat permet d’offrir plusieurs circuits guidés à vélo au départ de certaines villes vers le festival (avec retour en autocar). Ceux qui préfèrent se rendre à vélo par eux-mêmes peuvent aussi profiter de quelques outils, comme des plans et des recommandations d’hébergement. Tous les cyclistes ont des privilèges à leur arrivée sur le site, comme des rabais sur les massages et un endroit sécurisé gratuit pour leur monture le temps de l’événement. Plusieurs autres options de transport sont présentées sur le site Web du festival.  

Nourriture et boisson : éthique et végé

Depuis son virage alimentaire, le festival génère environ 100 tonnes de gaz à effet de serre de moins par année.  

Comme la consommation de viande génère beaucoup de dommages environnementaux, le virage vers une alimentation végétarienne devenait un incontournable pour les organisateurs. Depuis 2016, le festival ne sert que de la nourriture sans viande ni poisson. La directrice des communications souligne que l’annonce de ce changement a créé un tollé sur les médias sociaux. Les gens clamaient que la façon de se nourrir relevait d’un choix personnel.  

Mais ces détracteurs n’étaient visiblement pas des adeptes du festival, puisqu’un sondage réalisé auprès des participants à la suite de la première édition végétarienne a révélé que 77 % des répondants étaient en faveur du maintien de l’offre alimentaire sans viande et sans poisson. L’année suivante cette proportion s’est élevée à 94 %. En 2019, seulement 0,3 % des répondants voulaient revoir la viande au menu. Depuis ce virage alimentaire, le festival génère environ 100 tonnes de gaz à effet de serre de moins par année.  

Des efforts récompensés

Depuis ses débuts il y a une vingtaine d’années, le festival a réduit son empreinte carbone de près de 90 %. Il a d’ailleurs récolté de nombreuses récompenses dont celle de l’Innovation Award au 2018 UK Festival pour ses pratiques durables innovantes. Au fil des années, les valeurs véhiculées par le Shambala Festival ont entraîné la création d’une communauté fidèle et engagée. L’événement profite aujourd’hui d’une réputation enviable à titre d’événement novateur et porteur d’avenir.   

Ce texte a été rédigé dans le cadre d’un partenariat de veille avec Événements Attractions Québec. La version complète est disponible sur le blogue d’ÉAQ

Ce projet de collaboration est rendu possible grâce à la participation financière de :

Image à la une : Shambala Festival/Facebook

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Produits et activités Tendances

Créer des lieux de rencontre polyvalents

Recoudre le tissu social

De tous les ménages canadiens, ceux composés d’une seule personne sont les plus répandus (30 %) depuis quelques années. Pour certains pays européens (Allemagne, Finlande, Norvège), cette proportion est supérieure à 40 %. Que l’on vive en solo ou pas, les périodes de confinement et la progression du télétravail durant la pandémie ont provoqué de la solitude dans bien des milieux de vie, mettant en lumière l’importance que revêt la socialisation. Pour sortir de l’isolement, il faut recoudre le tissu social, favoriser les rencontres pour générer des échanges, de la création et du bonheur. 

Entre la maison et le travail : le tiers-lieu

C’est notamment dans cet esprit qu’un grand nombre de tiers-lieux ont vu le jour. Très répandu en France, ce type d’infrastructures à caractère social bourgeonne depuis quelques années au Québec. À la base, il tire ses origines du concept de third place, énoncé dans les années 1980 par le sociologue américain Ray Oldenburg. Il désigne un endroit entre le domicile et le milieu de travail permettant de socialiser de façon informelle, d’aller à la rencontre des autres. Il peut s’agir d’un café, d’un bar, de l’église, etc.  

Aujourd’hui, le terme tiers-lieu évoque des endroits multifonctionnels qui proposent des espaces de rencontre, de plus en plus pour le cotravail, mais aussi pour d’autres usages très variés. Souvent issus de projets citoyens, ils sont parfois aménagés dans des bâtiments sous-utilisés cédés par la municipalité. On s’y rend pour participer à des ateliers, prendre part à des laboratoires d’innovation sociale, assister à des spectacles, à des expositions, faire ses emplettes à des marchés fermiers, etc. 

Des lieux de socialisation

Comme l’indique l’organisme France Tiers-lieu, qui rassemble quelque 3500 sites, ces endroits sont des vecteurs de transition écologique, de fabrication locale, de liens sociaux, d’alimentation durable et de participation citoyenne.  

C’est le cas de Maison Mère, un tiers-lieu inauguré en 2017 à Baie-Saint-Paul, dans l’ancien couvent des Petites Franciscaines de Marie. La réhabilitation de ce complexe patrimonial, dont la gestion est attribuée à un OBNL, permet aujourd’hui d’accueillir les gens qui souhaitent profiter des lieux pour faire du cotravail (grille tarifaire selon la durée) ou pour développer un projet et se connecter aux autres entrepreneurs sur place. Les télétravailleurs peuvent se procurer le forfait Gîte et cogite pour une retraite de travail, en demeurant à l’Auberge des Balcons, qui occupe une section de l’ancien couvent. Le site dispose aussi d’un parcours muséal. 

Source: Maison Mère 

Des églises polyvalentes

Mais cette approche hybride des espaces n’est pas l’exclusivité du tiers-lieu. Certaines églises du Québec retrouvent leur caractère rassembleur par une adaptation de leur vocation. La transformation de celle de la communauté de Saint-Camille, dans les Cantons-de-l’Est, en est un exemple probant. Elle se veut le cœur du projet Destination Saint-Camille qui consiste en un centre de congrès « éclaté » en milieu rural. Une coopérative formée des acteurs touristiques des environs a ainsi repris la gestion de l’ancienne église du village pour en faire un lieu multifonctionnel qui accueille congrès, formations, spectacles et autres événements culturels. 

La communauté de Sainte-Clotilde-de-Horton, dans le Centre-du-Québec, est aussi mobilisée autour d’un projet où l’église constitue un véritable levier de dynamisation. La Coop du Cœur de Sainte-Clotilde vient d’acquérir l’établissement qui permettra de développer une scène culturelle riche, mais aussi, un espace citoyen où les gens peuvent travailler, discuter de leurs projets autour d’un café, créer un effet de synergie par le partage des idées et des compétences (voir la vidéo). 

Des super bibliothèques

Le milieu des bibliothèques est en transformation. Selon le professeur en aménagement urbain Richard Florida, la bibliothèque pourrait devenir une pièce maîtresse de l’infrastructure sociale au cours des prochaines années. Plus qu’un immeuble regroupant des collections de livres, elle devient un véritable carrefour de partage et d’innovation.  

La bibliothèque centrale d’Helsinki — nommée Oodi — en est le parfait exemple. Ce « salon de la nation » a été inauguré en décembre 2018. Le tiers de sa superficie est attribué aux livres. Le reste est occupé par des aires de jeux, des studios de musique, des zones de cotravail, des cafés, des salles pour apprendre la couture, la cuisine, pour expérimenter l’impression 3D, bref, par une foule d’activités et de possibilités d’échange et de création. Cette bibliothèque qui se veut le point de rencontre des Finlandais suscite beaucoup de curiosité de la part des touristes. 

Source: Oodi: Bibliothèque centrale d’Helsinki Facebook  

Vers une transition écologique et sociale 

L’hybridation des lieux permet de maximiser l’utilisation des ressources et des infrastructures. Les tiers-lieux et autres espaces de rencontre à vocation multiple font certainement partie des solutions pour une transition socioécologique des noyaux urbains.  

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Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2023 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

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Produits et activités Technologies

Un balado pour marquer les esprits !

Le balado a le vent dans les voiles

Selon un sondage réalisé en 2021 par la firme de données de consommation Statista, le tiers des Canadiens ont écouté un balado au cours des 12 derniers mois. En Suède, cette proportion s’élève à 47 %. Il s’agit de la population la plus friande de ce type de média. 

À écouter en Suède seulement

La Suède peut aussi compter sur une importante culture du plein air et une forte présence de la nature dans son folklore, tout comme celle des créatures et phénomènes paranormaux. Dans ce contexte, l’organisme de gestion de la destination (OGD) Visit Sweden invite les visiteurs à fréquenter sa nature, coiffés d’écouteurs, au rythme d’un conte à glacer le sang.  

L’objectif de l’OGD consiste à faire sortir les visiteurs des villes afin qu’ils découvrent l’un des patrimoines les plus riches de la destination : sa nature sauvage. Le balado Kiln — trois épisodes d’une trentaine de minutes — est offert sur Spotify, mais uniquement en territoire suédois. L’histoire, conçue de toute pièce par l’auteur John Ajvide Lindqvis, prend tout son sens lorsqu’elle est écoutée en forêt.  

Le microsite qui présente le projet comprend également une liste des parcs nationaux et des lieux les plus propices pour se plonger pleinement dans l’état d’esprit du conte. Voici la vidéo promotionnelle du balado : 

Inspirant pour le Québec

Au Québec, les données de l’enquête NETendances indiquent que 30 % de la population a l’habitude d’écouter des balados. Cette proportion grimpe à 47 % parmi les adultes de 18 à 44 ans. L’intérêt pour les contenus audio est donc bien présent. 

Le folklore québécois comporte aussi de nombreux contes et légendes. Certains pourraient certainement s’arrimer de façon originale et marquante à des activités touristiques permettant aux visiteurs de découvrir ce patrimoine immatériel tout en sillonnant les lieux évocateurs de ces récits.  

Les histoires d’épouvante n’ont pas le monopole du divertissement. Mais selon Statista, la catégorie « True Crime », soit celle qui concerne des crimes, figure parmi les plus populaires. En ce mois des morts, l’initiative de la Suède est particulièrement inspirante.  

Image à la une : Visit Sweden