Catégories
Produits et activités

Le tourisme et l’observation de la faune

Les activités d’observation de la faune gagnent en popularité et plusieurs adeptes pratiquent ce loisir pendant leurs voyages. Le nombre de voyages exclusivement motivés par l’observation faunique est encore restreint, mais il connaît une croissance soutenue. Plusieurs destinations oeuvrent actuellement à développer leurs offres ainsi que leurs initiatives promotionnelles, et le Québec est du nombre!

L’observation de la faune et de la flore: un loisir qui gagne en popularité

Au Québec, l’observation des animaux, l’ornithologie et la photographie animalière suscitent beaucoup d’intérêt. En fait, selon les données du ministère des Ressources naturelles et de la faune du Québec, plus de 1,2 million de Québécois pratiquent annuellement des activités de déplacements d’intérêt faunique (autres que la chasse ou la pêche) et ce, principalement dans leur région.

Les États-Unis comptent plus de 75 millions d’adeptes (16 ans et plus) de l’observation de la faune et on estime que cette activité connaîtra une croissance annuelle de 15% au cours des prochaines années.

Selon la dernière étude du gouvernement américain (2001), les adeptes de l’observation de la faune ont investi 38,4 milliards USD dans la pratique de cette activité. L’achat d’équipement représente une part importante de ces dépenses (61%) et les voyages liés à l’observation de la faune comptent pour 21% du total, soit 8,2 milliards USD.

Le tourisme d’observation de la faune

Lors d’une récente analyse de différentes niches de clientèles, Mintel, firme de recherche réputée, s’est intéressée au créneau du tourisme d’observation de la faune (wildlife tourism) à l’échelle mondiale.

Pour les besoins de cette recherche, ce marché a été limité aux touristes dont le principal facteur de motivation de voyage était l’observation de la faune. Compte tenu de cette définition restrictive, et malgré une croissance soutenue d’environ 5%/an au cours des 15 dernières années, cette niche de clientèle demeure relativement modeste avec 3 millions de consommateurs.

Toutefois, l’étude soutient que ce segment devrait connaître une croissance légèrement supérieure (+ 2 ou 3 %) au taux de croissance total du tourisme mondial. On souligne que la clientèle des boomers, qui dispose souvent de revenus plus élevés, devrait fortement contribuer à cette augmentation, car les séjours d’observation actuellement offerts sont relativement dispendieux.

Selon Mintel, le marché européen est très friand de ce type de produit, particulièrement en Allemagne, aux Pays-Bas et encore plus au Royaume-Uni où l’on recense aujourd’hui plus de 60 petits producteurs de voyages d’observation, alors qu’il n’y en avait que 15 en 1987.

Selon les spécialistes du domaine, l’Afrique semble incontestablement le continent vedette pour les voyages motivés par l’observation de la faune. Les destinations de prédilection de ce genre de tourisme sont la Tanzanie, le Kenya, le Botswana, la Namibie, l’Inde, l’Antarctique et l’Uganda.

Cette réalité pourrait toutefois changer rapidement puisque les grossistes majeurs s’intéressent plus activement à ce marché. En 2000 et en 2002, les deux plus importants producteurs britanniques de voyages d’aventure et d’observation (Exodus Travel et Explore Worldwide) ont été achetés par de grands voyagistes et on prévoit que ce mouvement d’acquisition se poursuivra.

Cette implication des grossistes généralistes pourrait contribuer à accélérer la démocratisation de ce marché et le développement de nouvelles destinations. Puisqu’un nombre grandissant de touristes pratiquent des activités d’observation de la faune lors de leurs déplacements de vacances, les grossistes pourraient être tentés de développer de nouveaux produits moins spécialisés, mais qui assurent une plus grande présence de ce type d’activités.

Le potentiel du Québec

Avec son vaste territoire, ses forêts boréales, sa toundra, son fleuve, son million de lacs et de rivières, le Québec présente un climat nordique qui lui permet de proposer à ses visiteurs une faune riche et différente.

Quelques expériences d’observation faunique contribuent déjà au rayonnement international du Québec, notamment l’observation des baleines (qui attire annuellement plusieurs centaines de milliers de visiteurs), des oiseaux migrateurs (bernaches et oies blanches) ou encore des blanchons aux Îles-de-la-Madeleine.

L’invitation à observer la faune québécoise est souvent utilisée avec succès pour séduire les clientèles d’outre-mer. Toutefois, selon les données de Statistiques Canada (2004), seulement 5% des touristes québécois et canadiens déclarent avoir participé à une activité d’observation des oiseaux ou de la faune au cours de leurs vacances au Québec.

Pourtant, plusieurs producteurs de tourisme d’aventure et d’écotourisme offrent des expériences variées qui permettent de profiter de la diversité faunique québécoise. Par exemple :

  • les activités d’interprétation faunique de la Sépaq partout au Québec
  • la route thématique des baleines sur la Côte-Nord
  • les séjours ornithologiques d’Ornitour en Chaudière-Appalaches
  • les expéditions d’observation de Vert et Mer aux Îles-de-la-Madeleine
  • les activités d’observation de l’ours de Souvenirs sauvages en Outaouais
  • etc.

Le site Internet BonjourQuébec.com répertorie d’ailleurs l’observation de la faune parmi les douze activités de sports et de plein air qui sont offertes aux visiteurs du Québec.

Développement des destinations

Plusieurs autres destinations investissent afin de développer leur offre d’observation de la faune et s’attaquent au défi de la rendre plus accessible aux visiteurs.

Par exemple, en 2002, une étude a soulevé le potentiel inexploité de la diversité faunique en Écosse. Avant leur venue au pays, seulement 51% des visiteurs associaient le pays et la possible pratique de l’observation faunique alors que, après le séjour, plus de 90% d’entre eux affirmaient qu’ils recommanderaient l’Écosse comme destination de tourisme de nature et d’observation de la faune. La destination a donc développé une stratégie intégrée autour de la signature Wildlife Scotland afin de se positionner et a même développé un site Internet spécialisé: http://wildlife.visitscotland.com/.

L’Australie, pour sa part, a déployé des efforts afin de structurer l’offre et la rendre plus facilement accessible. Créée en 2003, la Wildlife Tourism Association contribue à mobiliser le milieu et à promouvoir les initiatives de développement du tourisme de nature et d’observation. Parmi les réalisations, soulignons la création de trois routes thématiques qui présentent les meilleurs lieux pour l’observation de la faune.

Le marché des voyages d’observation de la faune étant promis à un avenir florissant, le Québec aurait donc beaucoup à gagner à s’inspirer de telles initiatives afin de positionner encore plus avantageusement la richesse de la faune et la diversité des activités disponibles pour l’observer.

Sources:

  • «La faune et la nature ça compte», Ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec, www.faunenatureenchiffres.gouv.qc.ca, 2004.
  • «2001 National and State Economic Impacts of Wildlife Watching? Report 2001-2», U.S. Fish & Wildlife Service, août 2003.
  • «Review of Wildlife Tourism in Scotland? Main Report», A&M? The Tourism and Environnement Forum, 30 janvier 2002.
Catégories
Ailleurs dans le monde Enjeux Gestion

Quel avenir pour les bureaux d’accueil et de renseignements touristiques?

La présence d’Internet et la multiplication des outils d’information à destination entraînent une baisse du nombre d’actes de renseignement dispensés par les lieux d’accueil et de renseignements touristiques. Plusieurs bureaux d’information se métamorphosent en centres de services touristiques pour survivre. Mais est-ce la solution pour tous? Et si certains mettaient plutôt l’accent sur une réelle expérience d’accueil?

Diminution des actes de renseignement touristique à destination

Grâce à Internet, première source de renseignement et de planification des séjours touristiques, les visiteurs arrivent à destination mieux informés. Toutefois, nombre d’entre eux demeurent intéressés à obtenir de l’information supplémentaire et à être conseillés au cours de leur séjour, laissant penser que les bureaux d’accueil et de renseignements touristiques ont encore un rôle à jouer. Toutefois, les sources de renseignements à destination sont plus diversifiées:

  • accroissement de l’affichage commercial
  • meilleure structuration de la signalisation touristique
  • multiplication des présentoirs (guides, brochures et dépliants)
  • exploitation de la baladodiffusion par plusieurs destinations
  • présence accrue des concierges au sein des hôtels
  • apparition de la radio touristique au Québec
  • etc.

L’implantation de bornes interactives gagne également en popularité. En permettant aux visiteurs d’accéder de façon plus autonome et rapide à l’information, les bornes favorisent l’intérêt de certains visiteurs peu enclins à s’adresser à un préposé, permettent d’augmenter le nombre de points de service et aussi de prolonger l’accessibilité à l’information en dehors des heures d’exploitation des bureaux de renseignements. On trouve déjà ce type de borne autant en Europe (photo: Bruxelles) qu’aux États-Unis et même au Québec.

Il est donc peu surprenant de constater que, au cours des dernières années, le nombre d’actes de renseignement dispensés par le réseau des lieux d’accueil et de renseignements touristiques du Québec soit en décroissance. De 2002 à 2005, l’achalandage annuel du centre Infotouriste de Montréal a chuté de 15% (de 151 012 à 128 396), tandis que celui de Québec a baissé de 6,2% (de 94 233 à 88 426).
Face à cette situation, quel est le rôle des bureaux d’information touristique?

Piste: améliorer et diversifier les services

Selon de nombreux gestionnaires de bureaux d’information, les visiteurs ont désormais recours à eux pour des services et des besoins plus précis. Cette réalité implique pour les équipes une meilleure connaissance du produit régional et un déploiement d’interventions plus spécialisées. On a notamment vu émerger des services de conseillers régionaux, de réservation d’hébergement ou de restauration, de vente de billets pour les attraits, les visites guidées et les spectacles locaux. Au Québec, plusieurs bureaux touristiques profitent actuellement du déploiement de la plateforme technologique BonjourQuébec.com en région afin d’offrir une plus grande diversité de services de renseignements et de réservations en ligne.

Afin d’intéresser davantage de visiteurs, plusieurs bureaux d’information ont également développé divers services commerciaux (boutiques et restaurants). Par souci de conserver une saveur locale, certains privilégient l’implantation de boutiques et de présentoirs permettant la promotion et la vente des produits du terroir et de l’artisanat régional.

Finalement, certains bureaux tentent de devenir de réelles vitrines de l’offre touristique locale en présentant des expositions ou en tenant des événements directement sur le site du lieu d’accueil et de renseignements.

Selon cette vision, le bureau d’information semble appelé à devenir un «centre de services». Dès lors, le préposé à l’information touristique devra jouer le rôle de «concierge régional», un super agent de service à la clientèle en mesure de répondre à une variété de demandes, de nature touristique ou autre.

Exemple de centres de services

Aux États-Unis, cette approche a d’ailleurs la cote. Vous rêvez de visiter ce qui se fait de mieux? Philadelphie s’est dotée d’un nouveau centre multifonctionnel de 38 millions de dollars. Le Independence Visitor Centre offre aux visiteurs:

  • service de conciergerie et de réservation pour les hôtels et les restaurants
  • bureau de renseignements, avec liste des événements quotidiens
  • vente de billets pour les sites touristiques locaux
  • diffusion de films gratuits instructifs et historiques
  • bornes informatiques à écran tactile qui décrivent les diverses destinations
  • cartes et brochures du parc, de la ville et de la région
  • café : le Pennsylvania General Store
  • boutique : le Independence Store
  • et plus encore

Pour une visite virtuelle: http://www.independencevisitorcenter.com/inside.htm.

Sans compter le centre de services touristiquesde Times Square à New York qui, en plus des traditionnels services touristiques (préposés multilingues, cartes, brochures, etc.), propose aussi:

  • livres, affiches et autres souvenirs de Times Square
  • café, collations et rafraîchissements
  • billets pour les spectacles de Broadway et les tours de villes
  • comptoir postal
  • guichet automatique
  • accès Internet gratuit (courtoisie de Yahoo)
  • envoi gratuit d’une photo numérique à un ami (courtoisie de Earthcam)
  • envoi gratuit de cartes postales électroniques (courtoisie de Panasonic)
  • et plus encore

Naturellement, l’obligation d’offrir une telle diversité de services exerce une pression supplémentaire sur les équipes d’accueil qui doivent adapter leurs équipements et leurs méthodes de travail afin d’assurer la qualité des services offerts à la clientèle, sans compter que le déploiement de tous ces services représente des investissements majeurs. Alors, est-ce la solution pour tous les lieux d’accueil et de renseignements touristiques?

Le recours à des bénévoles

Déjà, afin d’offrir les services de base, plusieurs gestionnaires font face à l’important défi des ressources humaines. Avec les horaires atypiques, la saisonnalité et les clientèles variées, il est parfois difficile de recruter le personnel nécessaire au bon fonctionnement. Afin de relever ce défi, plusieurs destinations favorisent la formation de bénévoles intéressés à recevoir les visiteurs et à partager leur passion de leur coin de pays. Des destinations comme Dallas et Vancouver recrutent même directement sur leur site Internet.

Au-delà des économies salariales, cette approche permet de disposer d’une banque élargie de ressources, mais surtout de compter sur une participation accrue de la communauté à l’effort d’accueil des visiteurs. Puisque les touristes cherchent de l’authenticité, des expériences vraies, des contacts avec la culture locale, la présence des bénévoles peut contribuer à satisfaire l’intérêt des visiteurs pour une rencontre avec les «locaux».

Mettre l’accent sur l’accueil plutôt que sur l’information

Lorsque l’on tente de définir l’accueil ou l’hospitalité, on souligne souvent les petits gestes: la poignée de main, le sourire, la disponibilité plus que le service rendu. Alors, plutôt que d’explorer uniquement la piste du «super centre de services», pourquoi le bureau d’information ne mettrait-il pas l’accueil en avant-plan? Pourquoi ne deviendrait-il pas un lieu convivial et invitant, un lieu à caractère social qui serait également fréquenté par les gens du coin?

Aménagé de manière appropriée, ce lieu d’accueil pourrait devenir un point de chute, un endroit où se réunissent les visiteurs et les visités pour prendre un café, discuter des possibilités d’activités pour la journée et échanger sur les expériences vécues. Peut-on créer un endroit que le visiteur aurait le goût de fréquenter et ce, même s’il n’a pas besoin d’information? Car, n’oublions pas, lorsqu’il est loin de chez lui, le touriste souhaite être considéré comme un ami, pas comme un étranger !

Source:
– Arseneault, Paul. «Accueil, information et interaction», conférence présentée aux Journées annuelles de l’accueil touristique 2006, 26 octobre 2006.

Catégories
Human resources Management

What’s to be done with your VIC?

The existence of the internet and the increased number of information tools available at destinations mean fewer queries are being addressed to VICs (visitor information centres) and tourist information desks. Many such information offices are becoming all‑purpose tourist service centres, just to survive. However, this may not be the solution for all. Perhaps some of them should focus on providing a truly welcoming experience.

Decrease in on-site tourist information requests

Thanks to the internet – the primary travel information and planning source – visitors arrive at their destinations better informed. That being said, many tourists are still interested in obtaining additional information and advice during their stay, which implies that visitor centres and tourist information offices still have a role to play. However, destinations now boast a wider variety of information sources:

  • increased commercial signage
  • better organized tourist information signs
  • increased number of display racks (for guides, brochures and flyers)
  • use of podcasts by many destinations
  • more hotels offering concierge services
  • advent of radio stations targeting tourists directly

Another increasingly popular option is the interactive terminal. By offering visitors fast, self-guided access to information, these terminals appeal to tourists who are less inclined to speak to a representative, increase the number of points of service and extend access to information beyond the usual business hours of information centres. These terminals can already be found in Europe (the photo pictures one in Brussels) the US and even in Canada. Given this situation, what is the role of tourist information offices?

One option: enhanced, diversified services

According to many information office administrators, visitors are now turning to them for more specific needs and services. This reality means staff must be better informed about regional products and capable of providing more specialized services. For example, visitor centres are providing information on the entire region, making hotel and restaurant reservations, and selling tickets for attractions, guided tours and local shows.

To attract more visitors, many information offices have also developed various commercial services (shops and restaurants). To preserve local flavour, some offices are focussing on shops and displays that promote and sell locally grown products as well as regional arts and crafts.

Finally, some tourist information offices are trying to become true windows on local tourism products by organizing exhibitions or holding events directly on site.

The guiding idea is that the information office becomes a « service centre ». Tourist information representatives should act as regional concierges, or super customer service agents capable of meeting a wide variety of requests, both tourism-related and not.

Examples of service centres

This approach is already in use in the US. A prime example is Philadelphia’s new $38 million multi-functional centre, the Independence Visitor Centre. There visitors can find:

  • concierge and reservation service for hotels and restaurants
  • information office, with a list of daily events
  • ticketing for local tourist sites
  • free, informative historical and orientation films
  • informative, touch screen computer kiosks
  • maps and brochures of parks, the city and the region
  • the Pennsylvania General Store Café
  • the Independence Store
  • and more

For a virtual tour: www.independencevisitorcenter.com/inside.htm.

There is also the Times Square information centre in New York City that, in addition to traditional tourist services (multilingual tourist counsellors, maps, brochures, etc.), also offers:

  • books, posters and other souvenirs of Times Square
  • coffee, snacks and refreshments
  • tickets for Broadway shows and sightseeing tours
  • a post office booth
  • an ATM
  • free internet access (courtesy of Yahoo)
  • a free digital photo sent to a friend (courtesy of Earthcam)
  • free electronic postcards (courtesy of Panasonic)
  • and more

Of course, having to offer such a wide variety of services puts extra pressure on the staff, who must adapt their equipment and work methods to ensure the quality of the services offered to the public. Also, it requires a major investment to be able to provide all these services. Therefore, this is not necessarily the ideal solution for all tourist information centres.

Calling all volunteers!

For many managers, just finding the staff to offer basic services is a major challenge. Unusual work schedules, seasonal fluctuations and a diverse clientele all make it difficult sometimes to recruit the necessary personnel. To meet this challenge, many destinations are training volunteers interested in welcoming visitors and sharing their passion for their part of the country. Destinations like Dallas and Vancouver are even recruiting directly on their websites.

In addition to saving money on salaries, this approach gives destinations access to a bigger bank of human resources and, more importantly, to increased community participation in welcoming visitors. Because tourists are looking for authenticity, real experiences and contact with the local culture, the presence of volunteers can help satisfy a tourist’s interest in mingling with locals.

Focus on welcoming rather than informing

If we try to define hospitality, it is often the little things that stand out – a handshake, a smile and receptiveness -rather than the service rendered. So rather than simply adopting the option of the ?super service centre,? information offices could focus instead on welcoming. Why not become an inviting, friendly place to be, that would also be frequented by locals?

Appropriately furnished and organized, these visitor centres could become drop-in centres, places where visitors and locals alike could meet for coffee, talk about what to do that day and share their experiences. Perhaps they could be places that tourists would want to visit, even if they did not need any information. After all, when they are far from home, tourists want to be thought of as friends, not strangers!

Source:
– Arseneault, Paul. « Accueil, information et interaction, » talk given at the Journées annuelles de l’accueil touristique 2006, October 26, 2006.

Catégories
Enjeux Tourisme durable

Protection des paysages québécois… Urgence!

Pour de nombreux visiteurs, la beauté des paysages fait partie des éléments les plus recherchés lors d’un voyage au Québec. Malgré ce constat, peu de mesures sont déployées pour protéger les paysages québécois qui sont pourtant menacés par l’affichage et l’implantation d’infrastructures telles que les fils électriques, les éoliennes ou simplement des résidences.

Le fléau de l’affichage commercial

Dans le cadre des Journées annuelles de l’accueil touristique (25-27 octobre 2006), M. Pascal Lacasse du ministère des Transport du Québec a abordé la préoccupante question de l’affichage commercial le long des routes ou des entrées de villes du Québec, rappelant que l’affichage commercial est abondant, diversifié, bien souvent déstructuré et quelquefois carrément inutile (photos).

Alors que l’affichage devrait contribuer à l’image de l’agglomération, dans certains cas il crée plutôt une confusion visuelle, perturbe l’image du lieu ou de la destination et compromet son attractivité touristique en laissant supposer que l’offre locale se limite à celle décrite par l’affichage et ce, sans compter la surenchère présente à certaines intersections qui finit par nuire aux visiteurs qui ne s’y retrouvent plus (photo).

Les actions néfastes pour les paysages qui ont été évoquées lors de la conférence sont variées:

  • Utilisation du visuel de signalisation à des fins d’affichage commercial (photo).
  • Enseignes commerciales géantes et animations indésirables.
  • Enseignes lumineuses et surenchère de néons.
  • Présignalisation abusive (parfois plus de 100 km avant l’activité).
  • Utilisation de supports inadéquats (remorques, structures abandonnées) (photo).
  • Émergence de publicités immobilières en milieu de villégiature. 
  • Etc.

L’aspect juridique et financier

En conclusion de sa présentation, M. Lacasse a souligné l’urgence de la situation et précisé que la problématique de l’affichage commercial au Québec nécessite une prise de conscience élargie, notamment de la part des municipalités, puisque les interventions du ministère des Transport sont limitées par les changements juridiques survenus au cours des dernières années.

En effet, de 1965 à 1998, une loi réglementait les panneaux, les réclames et les affiches et interdisait tout affichage à moins de 1000 pieds (305 mètres) des autoroutes. La nouvelle loi instaurée en 1998 a aboli ces interdictions d’affichage, sauf pour quelques tronçons de différents axes routiers. Malgré la protection  accordée par décret à certains tronçons supplémentaires en 2000, la situation continue de se dégrader rapidement et les cas d’affichages illégaux se multiplient. Pourquoi? C’est simple: c’est payant! Et ce, autant pour les propriétaires de panneaux dont le chiffre d’affaires a connu une croissance annuelle de 15% au cours des dernières années que pour les municipalités et les propriétaires terriens qui accueillent les afficheurs. À titre d’exemple, un panneau publicitaire implanté près de l’autoroute 10 peut rapporter un revenu annuel de 25 000$ à la municipalité.

La situation chez nos voisins

L’approche très permissive du Québec contraste avec celle de nos voisins. En Ontario, la loi interdit l’affichage publicitaire à moins de 400 mètres des autoroutes, à moins de 46 mètres des autres routes et à moins de 186 mètres des intersections. De plus, l’affichage dans ces zones exige un permis spécial du ministère provincial et une distance séparatrice minimale est imposée pour éviter l’agglutination des affiches. Pour sa part, le Nouveau-Brunswick a adopté en 1997 une loi qui interdit l’installation de panneaux publicitaires à moins de 500 mètres des routes touristiques.

Au sud de la frontière, le Vermont, reconnu pour la qualité de ses paysages, a quant a lui opté pour une solution sans équivoque en interdisant tout affichage et ce, dès 1968. Une situation qui prévaut également dans trois autres États: le Maine, l’Alaska et Hawaii.

Des pistes d’action

En terminant sa conférence, M. Lacasse a présenté une série de pistes d’action envisageables afin de faire face au défi de la cohabitation des interventions humaines et des paysages:

  • L’effort doit aller au-delà de l’affichage et considérer tous les éléments aux abords des routes.
  • Trouver un équilibre entre la préservation des paysages et le besoin d’informer les usagers de la route.
  • Identifier les «points de vue» et interdire l’affichage à ces endroits.
  • Limiter le recours à l’affichage et supprimer l’ambiguïté entre information et publicité afin de partager équitablement l’espace d’affichage.
  • Agrémenter la route (la distance entre deux attraits peut être parfois très longue) et transformer les routes touristiques en une expérience complète au lieu qu’elles soient seulement un itinéraire entre des attraits.
  • Créer des entrées de villes significatives et des affiches tenant compte des caractéristiques des bâtiments, des rues, des places et des éléments paysagers.

Au-delà de l’affichage, les défis sont nombreux!

Le défi de la beauté de l’environnement offert aux visiteurs va au-delà de la situation de l’affichage commercial. Le Québec doit aussi relever le défi de la beauté du cadre bâti et de l’aménagement urbain.

La présentation de M. Lacasse soulevait déjà la problématique de l’affichage commercial en façade des commerces. Plusieurs villes et villages touristiques ont adopté des mesures afin d’améliorer la situation, mais beaucoup reste à faire. D’ailleurs, l’un des défis demeure la présence des lignes électriques et de transmission qui affecte le paysage municipal de nombreuses localités.

Le développement harmonieux représente également un enjeu pour plusieurs régions. En mars dernier, la une du quotidien Le Devoir faisait état d’une situation aux Îles-de-la-Madeleine où certains citoyens implantent leur résidence en dehors des noyaux villageois sans nécessairement réaliser que l’ajout de leur maison vient irrémédiablement altérer des points de vue extraordinaires.

Par ailleurs, la réflexion en cours du côté du développement éolien illustre également l’importance d’une prise de conscience de la valeur des paysages ainsi que la nécessité de mettre en place des mesures d’évaluation et de protection des paysages significatifs.

Protection des paysages vs tourisme durable

En 2005, l’industrie québécoise du tourisme s’est officiellement engagée à travailler à la mise en oeuvre des principes de développement durable. À cet égard, il est impératif pour l’industrie de réaliser que la protection des paysages fait partie de cet engagement.

Depuis l’instauration d’une charte des paysages en 2000 par le Conseil du paysage québécois, plusieurs régions du Québec ont amorcé des démarches afin que les paysages deviennent une préoccupation fondamentale lors de toute intervention sur le territoire, mais force est de constater qu’il reste beaucoup à faire!

Sources:

  • Blanchette, Jean-Paul. «L’affichage au Québec et le patrimoine paysager: À quand un véritable débat?», Revue Formes, vol. 2, no 3, août 2006, p. 10-12.
  • Deglise, Fabien. «Cri d’alarme des Madelinots», Le Devoir, vendredi 10 mars 2006, p. A1.
  • Francoeur, Louis-Gilles. «Le Québec, royaume de l’affichage publicitaire sauvage». Le Devoir, vendredi 7 janvier 2005, p. B6.
  • Haroun, Thierry. «Prix Gérard-Morisset – Voir le paysage – L’oeuvre de Paul-Louis Martin est placée sous le signe de l’engagement», Le Devoir, samedi 11 novembre 2006, p. G2.
  • Lacasse, Pascal. «Affichage et paysages», conférence, Journées annuelles de l’accueil touristique, 27 octobre 2006.
Catégories
Ailleurs dans le monde Produits et activités

Le mystère: nouvel ingrédient pour créer des expériences mémorables!

Alors que les consommateurs n’ont jamais eu autant d’outils à leur disposition pour s’informer de l’offre touristique disponible, plusieurs d’entre eux sont attirés par le mystère… un peu comme les futurs parents qui choisissent de ne pas connaître le sexe de leur bébé. Pour ces gens, chefs, hôteliers, grossistes et agents de voyages osent mettre en marché «l’inconnu».

L’attrait du mystérieux

Partout sur la planète, une foule de sites et de lieux mystérieux contribuent à nourrir l’imaginaire des voyageurs. Stonehedge et ses mégalithes, le Loch Ness et son monstre, l’Égypte et ses pyramides, les incroyables statues de l’île de Pâques ou, plus récemment, le Louvres et Saint-Sulpice, à la suite du succès du livre «The Da Vinci Code», sont autant de lieux mythiques pouvant inspirer un rêve de voyage.

Le mystère éveille sans contredit l’intérêt des voyageurs, mais peut-on vendre le mystère? Certains acteurs du tourisme semblent y croire et ont décidé d’utiliser le mystère et l’inconnu afin de mousser leurs ventes.

Repas mystère

En Californie, les frères Townsend ont décidé d’apprêter l’expérience gastronomique avec un soupçon d’inconnu, en créant le mouvement Ghetto Gourmet. Ces deux frères, l’un chef et l’autre artiste, souhaitaient partager leurs réalisations culinaires, et ce, même s’ils n’avaient pas de restaurant.

Ils ont donc convié 30 invités à déguster un repas gastronomique dans leur appartement d’Oakland. Constatant le plaisir des convives à découvrir à la fois un lieu inusité, de nouvelles personnes et un menu créatif, les frères Townsend ont répété l’expérience en variant les lieux de rencontre.

En peu de temps, le mouvement a pris de l’ampleur et d’autres chefs se sont inspirés de la formule et ont multiplié les événements Ghetto Gourmet. Le concept demeure le même: les clients inscrits à la liste d’envoi électronique (courriel) reçoivent une invitation qui précise l’adresse du lieu de rencontre et le coût du repas. Ils découvriront la nature de l’emplacement et les détails du menu seulement sur place. Insécurisant pensez-vous? Pourtant les clients accourent!

Des expériences similaires apparaissent également dans d’autres villes:

Hébergement mystère

Au fil des ans, différents grossistes, notamment Club Med, ont également tenté de jouer la carte du mystère en offrant à leur clientèle de choisir une région de destination, mais de leur laisser le choix de l’hôtel. 

Aux États-Unis, la firme Funjet offre le programme «Fun and Sun Surprise Booking» qui propose aux consommateurs de choisir leur destination soleil (Cancun, Cozumel, Riviera Maya, Puerto Vallarta, la Jamaïque, Puerto Plata, Punta Cana) et leur catégorie d’hébergement (3 ou 4 étoiles), mais de découvrir leur hôtel de séjour uniquement au moment de l’enregistrement à l’aéroport. Le client obtient la garantie de loger dans un hôtel de la catégorie choisie, toutefois il court la chance d’obtenir un surclassement dans un établissement de catégorie supérieure. Si ce programme plaît au consommateur en offrant une touche d’inconnu et une possibilité de rapport qualité/prix accru, il est également fort avantageux pour le grossiste qui dispose ainsi d’une latitude supplémentaire pour améliorer l’occupation de ses divers établissements.

Destinations mystère

Certains voyagistes vont encore plus loin en proposant à leurs clients d’acheter un voyage pour une destination mystère! Les seuls éléments connus du client sont alors la date de départ, la durée de séjour et le prix du forfait.

En France, une association à but non lucratif, l’Union nationale des centres sportifs de plein air (l’UCPA), offre à sa jeune clientèle (18-39 ans) un programme Destination mystère. Le client choisit sa date de départ et sept jours avant le moment du fatidique, l’UCPA confirme la destination parmi les quatre choix suivants: Crète, Maroc, Monténégro et Turquie. Et c’est parti pour l’aventure!

La formule est également appliquée aux voyages en autocar, notamment par les compagnies américaines Country Tours et Tri State Travel. Les audacieux clients sont conviés à une tournée de découverte dans diverses régions du pays. Le concept demeure le même, le client connaît le lieu et la date du départ ainsi que le tarif, mais il ignore quelles sont les activités prévues, les lieux d’hébergement et la nature des repas inclus. 

Même les gens d’aventure exploitent ce créneau. En Ontario, les femmes sont conviées à une excursion en canot «Destination Mystère». Cette virée de sept jours inclut: services d’un guide d’expérience, permis, canots, paquetage, tente, repas, navette, transport en train et hébergement avant l’excursion. Les guides promettent aux aventurières un humour impertinent, mais de délicieux desserts! Le tout pour 769$ par personne.

Et le voyage haut de gamme ne semble pas vouloir faire exception! Traditours, une agence de voyage de Laval qui se spécialise dans les circuits vers les destinations exotiques, met en marché un voyage vers une destination mystère au coût de 8000$ par personne. Alors que les clients intéressés par les grands circuits à plus de 5000$ sont peu nombreux, le détaillant a été obligé d’instaurer une liste d’attente pour ce premier voyage mystère. Tout au long de ce séjour de 24 jours, les participants se réveilleront chaque matin en ne sachant pas où ils seront le soir venu! Le succès est tel que Traditours a déjà confirmé le retour de ce projet pour 2007.

Ajouter du mystère et de la magie à l’expérience-client

Peter McAlpine, un consultant de Bangkok spécialisé dans le service à la clientèle pour les établissements cinq étoiles, est un ardent défenseur du mystère et de l’imprévisible comme éléments susceptibles de transformer un simple service en expérience mémorable.

Dans son univers, les barmans ajoutent des boissons mystérieuses à la liste des cocktails afin de surprendre les invités et, pendant les trajets entre l’aéroport et l’hôtel, les chauffeurs de limousine récoltent des renseignements qui seront utilisés par le personnel de l’hôtel afin de personnaliser la chambre du client (choix de la musique, fragrance des produits de toilette, produits du minibar, etc.) avant son arrivée.

Selon P. McAlpine, lorsqu’il est adéquatement contrôlé par le prestataire du service, l’ajout d’un soupçon d’inconnu peut aider à créer une expérience surprenante qui enchantera les invités.

Sources :

– Désiront, André. «Destination mystère à 8000$», Cyberpresse.ca, 26 juillet 2006.
– Gedgaud, Jeff. «Try a Mystery Tour for a Unique Vacation Experience», Associated Content, 20 décembre 2005.
– McAlpine, Peter. «How to Add a Touch of Mystery to Your Guest Experience», e-hotelier.com, 26 septembre 2006.

Catégories
Ailleurs dans le monde Produits et activités

Et si la culture allait à la rencontre des touristes?

Lorsqu’il est question de tourisme culturel, la problématique de développement des clientèles touristiques est souvent réduite à un défi unilatéral: celui d’amener les touristes vers les lieux de diffusion culturelle. Pourtant, différentes initiatives exploitent l’approche inverse…

La culture vs les composantes de l’expérience touristique

Au-delà des activités pratiquées et des attraits visités, de nombreux services contribuent à la réalisation d’un séjour touristique. Transport, hébergement, restauration, accueil et information, boutiques ou magasins sont autant de composantes qui font partie de l’expérience touristique vécue par le visiteur.

Certains de ces services prennent parfois une teinte culturelle. Lorsque le transport fait appel à un véhicule antique (calèche, train à vapeur, tramway, etc.), que la restauration privilégie les produits du terroir ou qu’un établissement d’hébergement occupe un bâtiment historique, ces services à vocation logistique deviennent partie intégrante d’une expérience touristique culturelle. Toutefois, il faut reconnaître que ces occasions de découvrir la culture par le biais des services touristiques demeurent peu nombreuses.

Afin d’améliorer la qualité de l’expérience offerte, d’ajouter une touche d’authenticité ou de se distinguer de la concurrence, certaines entreprises touristiques découvrent la plus-value culturelle. Tout en respectant leur mission première, ces gestionnaires novateurs choisissent d’inclure la culture au sein même de leur concept d’affaires. En voici quelques exemples:

Dans l’hôtellerie

Après avoir développé le concept de l’hôtel boutique avec l’ouverture du Morgan à New York, Ian Schrager lance l’expérience Gramercy: mélange d’art (recréer un studio d’artistes), de surréalisme (style bohème éclectique) et de contradictions (uncool is now the place to be). Le Gramercy Park Hotel de New York offre à ses visiteurs l’occasion d’être en contact avec des oeuvres d’une qualité équivalente à celles des grands musées, dans une ambiance personnalisée et décontractée.

Plusieurs autres villes du monde voient naître des «Art Hotels», ces établissements où l’art n’est pas un élément de décoration, mais le coeur même du concept hôtelier. En Tasmanie (Australie), le Henry Jones Art Hotel s’inspire et présente des oeuvres d’artistes, d’artisans, de musiciens et de poètes tasmaniens, tandis que le Art Hotel de Buenos Aires (Argentine) expose des dessins, des peintures, des photographies et des sculptures d’artistes argentins dans chacune des chambres ainsi que dans la galerie d’art qui occupe une partie du lobby.

À Toronto, le Gladstone Hotel offre, pour sa part, 37 chambres uniques, chacune d’entre elles ayant été conçue par un artiste local, certains connus, d’autres pas! À Seattle, le concept Art Hotel semble avoir été déployé avec tellement d’efficacité qu’un reportage du magazine de Continental Airlines affirme que l’Hotel Max est en concurrence avec le musée d’art de la ville.

Dans les boutiques

Plusieurs boutiques et magasins font une place à l’art au sein de leur commerce. C’est notamment le cas à Sydney (Australie) alors que, depuis maintenant 15 ans, la ville organise «Walking the Street», un événement au cours duquel, pendant dix jours, des oeuvres d’art diverses sont exposées dans les vitrines des boutiques d’une importante artère du centre-ville, la rue King. Puisque l’on sait que le magasinage est pratiqué par la quasi-totalité des visiteurs… le lien est intéressant!

Dans le transport en commun

À Londres, l’initiative Art Below permet d’utiliser les espaces publicitaires du Métro afin de promouvoir les créateurs locaux. Beaux-arts, photographie, dessin, peinture, mode, sculpture, poésie ou cinéma obtiennent ainsi une visibilité auprès des usagers qui sont invités à découvrir les galeries qui présentent ces artistes. Des reproductions virtuelles des oeuvres sont affichées sur www.artbelow.com, un site Internet qui accueille près de 10 000 visiteurs par jour.

Dans les aéroports

Depuis plusieurs années, les gestionnaires aéroportuaires utilisent l’art pour décorer et égayer les terminaux. Aux États-Unis, les villes d’Atlanta, de Phoenix, de San Diego et de Philadelphie font partie de celles dont l’aéroport principal dispose d’installations qui permettent la tenue d’expositions temporaires pour bonifier la présence des oeuvres permanentes. À Auckland (Nouvelle-Zélande) l’aéroport accueille même deux galeries d’art. Nommées ArtPort, ces installations permettent aux passagers de découvrir l’art néo-zélandais et maori.

Dans les centres d’information touristique

Au New Hampshire, le Conseil des arts de l’État (NHSCA) a établi un partenariat avec le Département du Transport de l’État afin de favoriser l’installation de présentoirs pour les arts dans les centres d’accueil et de renseignements touristiques. Ces aménagements permettent d’exposer des oeuvres d’artistes locaux, de mettre en valeur des éléments patrimoniaux et de présenter le calendrier des activités culturelles.

Et même dans les toilettes!

Les aires de toilettes étant souvent très achalandées, certains hôtels, restaurants et aéroports ont poussé l’audace un peu plus loin en y laissant entrer de surprenantes approches artistiques permettant aux usagers de joindre l’utile à l’agréable. [Lire aussi: Les toilettes: LE lieu de rencontre privilégié de l’art et des touristes]

Soyons aussi créatifs dans la diffusion de la culture!

Le dynamisme de notre créativité doit se manifester non seulement dans les oeuvres, mais aussi dans les façons de les diffuser. À cet égard, le Québec a déjà prouvé sa valeur et sa capacité d’innovation par ses réalisations au niveau de l’animation urbaine et des grands événements populaires. Plusieurs initiatives de diffusion dans des lieux inusités ont déjà cours dans la Belle Province. Toutefois, plusieurs idées restent à explorer afin que l’art et la culture rejoignent plus de visiteurs et contribuent davantage à rendre l’expérience touristique québécoise unique et authentique.

Sources :

  • Baskas, Harriet. «Art on the Fly», USA Today, 13 juin 2006.
  • Blum, Andrew. «Welcome to the Art Hotel», Business Week Online, 25 mai 2006.
Catégories
Marketing Tendances

Pour séduire votre clientèle, faites-lui aussi découvrir les alentours!

Les consommateurs aiment voir ce qu’ils achètent! Les hôteliers l’ont bien compris et la majorité d’entre eux proposent désormais des vues des chambres et des aires publiques de leurs établissements afin de séduire la clientèle. Toutefois, les clients accordent aussi de l’importance à la localisation lors de la sélection d’un hôtel. De la vidéo à l’image satellite, plusieurs solutions permettent désormais de montrer les environs immédiats d’un établissement.

Localisation vs caractéristiques des environs!

La localisation joue un rôle primordial dans le choix d’un hôtel. Souvent, cette sensibilité découle simplement d’une préoccupation du client pour un accès routier facile, pour la proximité de l’aéroport ou de la gare ou encore d’une préférence pour un quartier ou un secteur. Pour les gens d’affaires, la localisation à proximité du lieu d’affaires est d’ailleurs un important critère de sélection d’un établissement. (Lire aussi: L’hôtel et le client d’affaires.)

L’ajout de simples cartes routières répond à de telles préoccupations en permettant de positionner géographiquement l’hôtel, les voies d’accès et les infrastructures majeures (aéroports, terminaux, centres de congrès, etc.). Toutefois, lorsque la clientèle démontre un intérêt envers la qualité et les caractéristiques des environs de l’hôtel (sécurité, aménagement, proximité des services et des activités, etc.), la carte traditionnelle ne suffit plus!

Afin d’aller un peu plus loin, les logiciels de géolocalisation, par exemple Google Maps ou Yahoo Maps, offrent des solutions de cartographie interactive qui permettent aux utilisateurs de positionner une entreprise et les différents services complémentaires disponibles dans les environs immédiats. (Lire aussi: Quand le tourisme marie la technologie, le bébé s’appelle géo-services.)

Mieux que la carte… l’image!

De tels outils apportent certaines solutions aux aspirations des clients soucieux de connaître l’environnement de l’hôtel de leur choix. Toutefois, le consommateur est désormais habitué de visualiser des photos lorsqu’il procède à une réservation dans un établissement hôtelier. (Lire aussi: Quand vient le temps de réserver, une image vaut souvent mille mots.) Dans ce contexte, ne vaudrait-il pas mieux lui montrer réellement les environs de l’hôtel?

Afin de répondre à cette volonté, certaines entreprises innovent. Voici quelques exemples…

Miami Beach: visite virtuelle des hôtels et de la plage!

Le site Internet www.supertour.com propose la découverte des hôtels de Miami Beach à partir de la plage. En jumelant de façon intéressante le concept d’imagerie à 360 degrés, la visite virtuelle et les fonctionnalités de réservation, la firme SuperTour touche à la fois au marketing de destination et à la mise en marché de l’hébergement.

Intercontinental: les environs de l’hôtel présentés sur vidéo

La chaîne Intercontinental annonçait récemment la conclusion d’un partenariat avec la firme TurnHere, une entreprise spécialisée dans la production de vidéos présentant les caractéristiques et les spécificités de différents quartiers. D’ailleurs, leur site Internet présente déjà des vidéos sur les quartiers de plus de 80 villes aux États-Unis et dans le monde.

Intercontinental, qui commandite la production des vidéos, souhaite ainsi permettre à ses clients de découvrir en ligne les lieux d’intérêt (places publiques, restaurants, magasins, etc.) et les charmes des quelque 140 destinations qui possèdent un établissement de la chaîne. Et, afin d’ajouter une touche d’authenticité, la narration de chaque vidéo Intercontinental sera effectuée par le concierge de l’établissement.

Dans la première réalisation de la série, le chef concierge du Willard Intercontinental Hotel présente une tournée de découverte de ses lieux favoris de Washington DC, qui vont de la Maison-Blanche au café du coin! Puisqu’une image vaut mille mots, jetez-y un oeil!

L’imagerie par satellite est également mise à profit!

En Angleterre, le grossiste Adventure Company propose d’ailleurs aux visiteurs de son site Internet de télécharger et d’utiliser le logiciel Google Earth afin de découvrir la planète et de choisir leurs prochaines vacances d’aventure. Grâce aux images satellites, le client peut ainsi directement voir le paysage que le grossiste lui propose de découvrir.

En France, la firme Evaway oeuvre actuellement au développement d’une solution technologique qui permet de jumeler les vues aériennes par satellite, la géolocalisation d’entreprises touristiques et l’utilisation de fiches descriptives et de photos. Pour l’instant, cette plate-forme ne couvre que le territoire français; toutefois, la vidéo de démonstration disponible sur leur site Internet permet de réaliser tout le potentiel de cette technologie.

Une image vaut mille mots!

Le tourisme est intimement lié à la notion de rêve et de désir. Puisque l’image demeure un élément primordial pour toucher l’imaginaire du consommateur, le tourisme semble le secteur tout désigné pour tirer avantage de l’émergence des nouveaux outils de communication en ligne. Empressez-vous donc de montrer votre offre, et ce, autant à l’extérieur qu’à l’intérieur!

Sources :

  • Boulin, Jean-Luc. «Du nouveau chez les cartographes», etourisme.info, 18 septembre 2006.
  • Kaye, Kate. «InterContinental Hotels Books TurnHere for Branded Web Films», ClickZ News, 14 septembre 2006.
Catégories
Faits et chiffres Marchés géographiques

CAPSULE – D’ici 2020, 1,6 million de clients potentiels en moins!

L’analyse des tendances démographiques pour le Nord-Est des États-Unis révèle que, d’ici 2020, le nombre de seniors connaîtra un essor formidable alors que le segment des 35 à 55 ans, habituellement ciblé par les campagnes touristiques du Québec, diminuera de 10%, soit d’environ 1,6 million de personnes.

États-Unis: explosion du nombre de personnes âgées de 55 ans et plus

Selon les projections du U.S. Census Bureau, le nombre d’Américains âgés de 55 ans et plus augmentera de 64,5% d’ici 2020. Ce groupe représentera alors plus de 30% de la population des États-Unis par rapport à 21,1% en 2000.

Nord-Est: plus de seniors, mais surtout moins de jeunes!

Dans les 9 États du Nord-Est, l’accroissement du nombre de personnes âgées de 55 ans et plus (+43,8%) s’établira sous la moyenne américaine. Toutefois, cette région enregistrera une baisse de la plus jeune population, phénomène qui touchera particulièrement le segment des 35-44 ans qui marquera un important recul de 16,7%.

Cette baisse anticipée de 10% du nombre d’Américains âgés de 35 à 54 ans signifie concrètement une diminution de 1,6 million de consommateurs dans le segment le plus ciblé par l’industrie touristique québécoise. Une réalité qui ne semble épargner que l’État du New Hampshire.

Puisqu’en 2004 la région du Nord-Est a généré plus de 66,8% des visites touristiques en provenance des États-Unis au Québec, ces changements démographiques auront une incidence importante sur le tourisme québécois qui devra trouver des façons d’intéresser et d’attirer des Américains, soit plus jeunes ou plus âgés, afin d’assurer le renouvellement de cette clientèle.

Source:

  • U.S. Census Bureau, Population Division, Interim State Population Projections, 2005.
Catégories
Segments de clientèles Tendances

Hoteling: bureau à la carte pour voyageurs d’affaires

Le concept de bureau à la carte commence à faire son apparition au sein de l’offre touristique. Aéroports et hôtels intègrent désormais cette nouvelle offre afin de renouveler leur centre d’affaires et d’intéresser la clientèle des travailleurs mobiles.

Office Hoteling: l’origine du phénomène

Le terme «office hoteling» est apparu au cours des années 1990 pour décrire un nouveau mode de gestion des espaces de travail au sein de grandes corporations. Afin de maximiser la rentabilité de leurs bureaux, les entreprises demandent aux employés de réserver un espace de travail en fonction de leurs tâches et de leurs déplacements. Grâce à une gestion efficace de l’inventaire des espaces disponibles, plusieurs employés peuvent ainsi, à tour de rôle, utiliser un même bureau.

Cette approche a favorisé, dans plusieurs villes européennes et nord-américaines, la création d’une nouvelle génération de places d’affaires où l’utilisateur débourse uniquement pour les installations et les périodes dont il a besoin. Idéal pour le travailleur autonome ou l’entreprise en démarrage en quête d’une première adresse d’affaires avec pignon sur rue, le bureau à la carte a également tout pour séduire le voyageur d’affaires.

Le travailleur mobile

En juin dernier, Yankee Group, une firme de recherche de Boston, dévoilait les résultats d’une étude qui soulignait que 38% des travailleurs américains (soit près de 50 millions de personnes) peuvent être considérés comme des travailleurs mobiles, c’est-à-dire qu’ils passent plus de 20% de leur temps de travail à l’extérieur de leur bureau principal.

Les bureaux à la carte

Afin de séduire ces travailleurs mobiles, les projets de bureaux à la carte se multiplient. Aux États-Unis par exemple, la firme OfficEscape, créée en 2000, offre désormais à ses clients des bureaux dans plus de 50 villes nord-américaines, dont Montréal. Le phénomène est également présent en Angleterre (The Hubworking Centre), en Australie (Bureaux), en Afrique du Sud (Habitaz) et au Canada (The Coffee Office).

Le principe est toujours le même: les clients ont droit à des aménagements de haute qualité, y compris tous les services bureautiques et technologiques (Internet haute vitesse, photocopieurs, télécopieurs, projecteurs, etc.), et ils ont la possibilité de recourir à du personnel à la carte (secrétariat). Ces espaces sont disponibles à l’heure, à la journée ou à la semaine. Naturellement, le café est inclus dans le tarif!

Le modèle prend aussi son envol dans les aéroports…

Puisque certains travailleurs mobiles recherchent désormais plus que les simples services de base (Internet sans fil, télécopieur et autres), l’Aéroport Toulouse-Blagnac a décidé d’adapter son Centre d’affaires pour permettre à ces voyageurs d’optimiser l’utilisation de leur temps grâce à de nouveaux espaces de travail.

L’aéroport offre désormais une variété de bureaux professionnels afin:

  • de permettre les rendez-vous dans un lieu reconnu et facile d’accès;
  • d’effectuer du recrutement en toute discrétion;
  • de réunir une équipe de travail provenant de diverses destinations;
  • de profiter du calme d’un vrai bureau en attendant l’embarquement.

…et permet de renouveler le centre d’affaires des hôtels

En Angleterre, un nouvel établissement hôtelier a également intégré le concept du bureau à la carte à son offre. Le Hoxton Hotel de Londres offre, en plus des traditionnelles salles de réunions, une série d’espaces de travail privés.

Un concept novateur, ces bureaux privés sont également offerts aux clients qui ne résident pas à l’hôtel. Le Hoxton présente ces nouveaux espaces de travail comme la solution idéale pour les voyageurs d’affaires de passage à Londres qui sont désireux de demeurer productifs entre deux réunions. Les bureaux incluent une table de travail, une connexion Internet haute vitesse, un téléphone et une salle de bains privée.

Puisqu’une forte proportion d’hôtels offre désormais un accès Internet haute vitesse aisément accessible dans les chambres et les aires publiques, l’implantation de bureaux à la carte pourrait s’avérer une solution intéressante pour le secteur hôtelier aux prises avec des centres d’affaires très souvent sous-utilisés, d’autant plus qu’une ouverture à la clientèle non résidente représente un potentiel de revenu supplémentaire pour l’établissement.

De plus, les jeunes voyageurs d’affaires de la génération X semblent préférer une utilisation plus intime de la chambre car ils privilégient l’utilisation des aires publiques (lobby, bar et restaurant) pour leurs activités professionnelles et sociales. Pour ce segment de clientèle qui revendique son individualisme, le bureau à la carte pourrait s’avérer une solution d’affaires intéressante.

Sources :

  • «Being Space for Mobile Warriors», Springwise Newsletter, www.springwise.com, 17 août 2006.
  • Cole, Bob. «Hoteling’ Provides Office away from Office», Business First of Buffalo, 28 janvier 2000.
  • «New Hotel Includes Work Space for Non-guests», Springwise Newsletter, www.springwise.com, 4 septembre 2006.
Catégories
Gestion Marketing

CAPSULE – Des budgets publicitaires dépensés à l’aveuglette

On reproche souvent aux décideurs touristiques de ne pas tenir compte de toutes les données disponibles lorsque vient le temps de planifier et de réaliser leurs actions marketing. Il semble qu’ils ne soient pas les seuls!

Une enquête américaine a permis d’analyser plus de 1 milliard USD d’investissements publicitaires effectués par 36 des plus gros annonceurs. Cette étude montre que des multinationales comme Johnson & Johnson, Unilever, Kraft et McDonald’s fonctionnent parfois en se fiant à leur flair plus qu’à la recherche.

En fait, l’enquête, menée au cours des cinq dernières années, démontre que 37,3% des budgets publicitaires ont été gaspillés dans des opérations qui ne rapportent rien ou dont l’efficacité s’avère non mesurable. En effet, bien souvent, trop de décideurs déterminent les éléments de la planification média selon leur instinct et leurs pressentiments. De fait, plusieurs rejettent fréquemment d’un bloc la recherche marketing lorsque celle-ci vient contredire leurs croyances!

Les deux auteurs de la recherche, Rex Briggs et Greg Stuart, ont récemment publié le livre What Sticks: Why Most Advertising Fails and How to Guarantee Yours Succeeds qui présente les résultats de l’étude et qui explore des pistes de solutions. Une lecture intéressante pour éviter de reproduire les erreurs des plus grands!

François-G. Chevrier

Source :

– Perreault, François. «Le tiers des budgets publicitaires dépensé à l’aveuglette», Infopresse, 18 août 2006.