Catégories
Segments de clientèles

Voyage et COVID-19 : sept segments de clientèle imaginés

La pandémie de COVID-19 affecte les touristes et la manière dont ils voyagent. Même si elle s’annonce temporaireson passage pourrait entraîner de nouveaux comportements susceptibles de perdurer. Beaucoup tentent dattraper au vol ces changements rapides en analysant les récentes données en ligne des consommateurs.  

Bien souvent, la segmentation des voyageurse base sur des caractéristiques comme l’âge, le revenu, la situation familiale ou l’éducation. Mais en contexte extraordinaire, de nouvelles variables telles que le sentiment de sécurité et la confiance envers une destination gagnent en importance 

Devant cette nécessité contemporaine de toujours mieux comprendre les vacanciers, la firme britannique de consultants en  marketing Go Inspire s’est prêtée au jeu dans un livre blanc publié au mois d’octobre 2020. Elle y propose sept nouveaux segments de clientèles post pandémie basés sur l’analyse du comportement d’achat en ligne de plus de cinq millions de consommateurs à travers le monde depuis 2019. Cette segmentation peut inspirer les organismes de gestion de la destination, les hôteliers, les voyagistes, les agents de voyages etoute autre organisation touristique pour déployer des campagnes promotionnelles. Les segments présentés ci-dessous montrent qu’il faut repenser la manière dont les entreprises regardent leur clientèle. 

nouveaux_segments_clientele_covid

Go Inspire propose aussi des recommandations marketing générales pour chaque type de clientèleNotez que cette segmentation n’est pas « clé en main ». Elle doit être adaptée au profil de votre entreprise et s’appuyer sur vos propres données client. Elle représente une perspective d’analyse intéressante pour votre relance.  

Avez-vous réfléchi aux nouveaux comportements d’achats de votre clientèle? 

Image à la une : Pexels

Catégories
Produits et activités

Les habitudes de plein air selon la provenance

En 2019, la Chaire de tourisme Transat a réalisé, en collaboration avec la Sépaq, un sondage Web afin de connaître, entre autres, les comportements de pratique du plein air des Québécois. Au total, 4263 répondants de partout dans la province (3016 clients de la Sépaq et 1202 provenant de la population générale) ont partagé leurs habitudes et leurs préférences en matière d’activitéen nature.  

Fait intéressant, les analyses comparatives révèlent des différences significatives entre certaines parties du territoire. Les gens des communautés de Montréal, de Québec et des régions semblent mordre dans les loisirs de plein air de plusieurs manières. Les résultats démontrent que: 

  • En ce qui concerne la fréquence de pratique, les gens de la capitale occupent le haut du podium. Lorsqu’ils fréquentent les territoires de la Sépaq, ils aiment davantage la pêche que les Montréalais; 
  • Les Montréalais s’évadent moins souvent en plein air mais ils le font en plus forte proportion que les gens de Québec; 
  • Les répondants en région explorent la nature à une fréquence similaire à celle des Montréalais, mais ils adoptent davantage la chasse, la pêche et les embarcations non motorisées (kayak, canot, etc.) que ceux des deux communautés métropolitaines;  
  • Les gens des régions fréquentent beaucoup moins les parcs nationaux de la Sépaq que les urbains. 

Voyez les résultats plus détaillés dans l’infographie ci-dessous. 

 pratiques_plein_air_quebec_montreal

Source image à la Une : Unsplash

Catégories
Produits et activités

Le vélo électrique pour propulser le tourisme plus loin

Déjà offert depuis quelques décennies, le vélo électrique est bien connu des cyclistes, mais son poids et son volume massif le rendaient moins désirable. Toutefois, l’année 2016 marque le début d’un second souffle. Une nouvelle technologie propulse le bolide à deux roues : la batterie au lithium. Plus légère, performante et durable que celles au plomb et au nickel, elle charme les fabricants et révolutionne le marché.

S’observe alors une éclosion de prototypes et cette concurrence provoque une baisse du prix affiché. Ce phénomène attire l’œil de la firme internationale de statistique Statista, qui réalise en 2017 une large étude sur la consommation de vélos électriques à travers le globe. Les résultats reflètent la réalité : on constate un boum des ventes en Europe et en Asie Pacifique.

Cette tendance ne fait qu’augmenter depuis. En 2009, près de 500 000 vélos électriques parcouraient les routes du Vieux Continent. En 2018, on en comptait autour de 2,6 millions.

Aux États-Unis, selon le groupe NPD, spécialiste en mobilité, la popularité du ebike explose depuis 2016 (voir image ci-dessous).

Source : Cycle Volta

Si la bicyclette assistée était déjà en vogue, la pandémie lui donne une bonne poussée. Aux mois de mars et avril 2020 seulement, aux apogées du confinement, les ventes ont augmenté de 87 % aux États-Unis. Statista projette que le marché mondial du vélo électrique aura une valeur de 24 milliards de dollars américains en 2025, comparativement à 16,3 milliards en 2017.

Source : Statista

Le potentiel du vélo électrique en tourisme

La montée du vélo électrique dessine-t-elle une occasion pour le tourisme au Québec ? Plusieurs destinations optent pour ce moyen de transport durable qui favorise la distanciation physique et donne une plus grande accessibilité aux territoires.

Bicle, une plateforme Web pour les professionnels du deux-roues motorisé, suggère aux entreprises touristiques de proposer la location de vélos électriques. En ville comme dans les attraits ou les parcs régionaux et nationaux, ils représentent d’excellents outils pour renouveler l’offre cyclotouristique. On peut penser à des tours guidés urbains, ou encore des escapades de plusieurs jours, voire de plusieurs semaines. Le bolide attire les amoureux du confort et du plein air, mais donne aussi l’occasion aux sportifs de se dépasser, en allant plus vite et plus loin. Plusieurs voyagistes en profitent.

En Australie, dans les territoires montagneux du Nord, la compagnie Outback Cycling propose d’enfourcher un vélo électrique pour une tournée des microbrasseries qui inclut une nuitée sous les étoiles.

Source : Outback Cycling

Dans plusieurs pays d’Europe, l’offre d’ebike semble s’installer. En France, le site Web Rando Vanoise propose une carte interactive identifiant des endroits propices à sa pratique dans le parc national de la Vanoise. Pour les régions aux grands dénivelés comme l’Autriche et l’Allemagne, l’assistance électrique repousse les limites des voyages en distance et en temps. Les destinations soleil telles que la Croatie, le Danube et le sud de la France combinent vélo à propulsion et navigation à voile pour réinventer la mobilité sans moteur à essence. Les séjours varient de quelques nuitées à plusieurs semaines.

Source : UTracks

Aux États-Unis, les gestionnaires de grands espaces comme le National Park Service travaillent depuis plus d’un an à introduire le ebike dans les parcs nationaux. La possibilité de réduire la congestion automobile, d’augmenter la qualité de l’air des sites et de diminuer la demande en stationnement motive l’accueil de ce silencieux véhicule. La compagnie Escape Adventure offre déjà plus d’une trentaine de tours en bicyclette électrique combinés à des activités de plein air à travers les majestueux paysages des territoires protégés. Ces aventures, qui paraissent moins exigeantes que les séjours à vélo traditionnels, attirent les débutants en cyclisme, les familles et les retraités actifs.

Source : Escape Adventure

Ebike au Québec

Au Québec, c’est plutôt récemment que le ebike arpente les décors urbains et ruraux. La première compétition de vélo de montagne électrique a eu lieu en 2019 au mont Saint-Anne. En février 2020, il « volait la vedette » au Salon du vélo de Montréal. L’association Aventure Écotourisme Québec liste déjà au moins quatre entreprises de plein air qui louent des vélos à assistance et des e-fatbike en région.

Quelques facteurs indiquent que l’industrie touristique pourrait bénéficier de la bicyclette motorisée. Selon une étude de la Chaire de tourisme Transat réalisée en 2017 auprès des Québécois ayant effectué une activité de plein air au cours des trois années précédant le sondage, le vélo sur route représentait le loisir le plus populaire. La principale raison qui démotive 31 % des cyclistes québécois à voyager à vélo (incluant au moins une nuitée) demeure l’exigence physique qu’il requiert. Offrir le confort de l’assistance électrique pourrait pallier le cafard de l’effort. Quelque 58 % des répondants ont indiqué que la possibilité de louer du matériel les encourageait à « pratiquer des activités en nature ».

Quelques défis à relever

Bien que l’univers touristique l’acclame pour ses nombreuses vertus, le vélo électrique s’invite sur des voies déjà occupées. Plus vite que le vélo traditionnel, mais plus lent que la voiture, sa place doit s’harmoniser aux parcs automobiles et cyclistes. En 2018, l’administration Trump donnait carte blanche à l’utilisation du vélo électrique sur les sentiers destinés aux bicyclettes non motorisées. Même si elle demeure controversée par les réseaux de protection de la nature et les communautés de chasse, l’industrie en pleine croissance se montre convaincante et pousse l’adoption de cette nouvelle mesure. Les vélos électriques des classes I à III* s’invitent sur les pistes normalement réservées aux vélos de montagne, à condition qu’ils restent sur assistance seulement.

Le vélo électrique arrive et son récent gain en popularité représente une occasion pour développer l’offre touristique durable et devenir une solution intéressante pour découvrir les villes, les villages et les parcs autrement. Saurez-vous en profiter ?

 

 

*Il existe trois classes de vélos électriques : les véhicules de la classe I fournissent une assistance au pédalage pour les cyclistes roulant jusqu’à 36 km/h ; ceux de la classe II sont actionnés par un accélérateur positionné sur le guidon et ne dépassent pas les 36 km/h ; et ceux de la classe III assistent aussi le pédalage, en plus d’être en mesure d’atteindre les 45 km/h.

Catégories
Destinations Marchés géographiques Produits et activités

Le Canada parmi les champions en tourisme d’aventure

Depuis 2008, l’Adventure Travel and Tourism Association (ATTA) publie l’Adventure Development Tourism Index (ADTI), un rapport sur la compétitivité des destinations en tourisme de nature et d’aventure. Les pays « développés » et « en développement » sont scrutés et classés par un jury de professionnels du tourisme de nature qui viennent du monde entier.

L’ADTI met de l’avant les dix destinations les plus performantes. Malgré une légère régression, le Canada se taille une place parmi les chefs de file du tourisme de nature et d’aventure pour la dixième année consécutive. En huitième position, il s’incline devant l’Islande, la Suisse, la Nouvelle-Zélande, l’Allemagne et la plupart des pays scandinaves, mais fait de l’ombre à l’Australie et au Danemark.

Bien qu’il ait accédé au podium en 2011 avec une 3e place, le pays oscille entre la 6e, 7e et 8e position depuis les cinq dernières années (voir graphique 1).

Les forces et les faiblesses du Canada

Le jury examine chaque pays selon 10 piliers classés en trois catégories : sécurité, aventure et potentiel d’accueil. Chacun est évalué sur une note de 0 à 10. L’illustration ci-dessous en résume l’ensemble.

Source : ADTI, 2018 (traduction libre)

Les analyses plus détaillées issues des rapports de 2016, 2018 et 2020 démontrent les points forts de la destination. En regard du tableau 2, les forces du Canada concernent surtout l’entrepreneuriat et la sécurité. D’après l’ADTI, la liberté économique du pays laisse place à la création d’entreprises et à l’innovation. Le sentiment de sûreté des voyageurs donne également des plumes au score final.

On remarque que le pilier « activités » a reculé d’un point par rapport aux années précédentes. Ce constat réfère à la Liste rouge des espèces menacées de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature et aux résultats les plus récents concernant l’état des forêts de la Food and Agriculture Organization. Le pilier « ressources naturelles » reste quant à lui particulièrement stable. La faible densité de population du pays et la protection du grand littoral lui donnent beaucoup de crédit, ces dernières demeurant constantes au fil du temps.

Il en va de même pour le pilier « infrastructures touristiques », qui varie peu au fil des années. Celui-ci se rapporte aux outils comme les cartes, mais aussi aux aménagements tels que les sentiers, les routes, ainsi qu’à des services comme les hébergements, les entreprises d’aventure, les formations, etc.

En 2016, l’ADTI notait une corrélation entre la croissance d’achalandage et les piliers « ressources naturelles » et « culture ». Même si ce dernier pilier représente le talon d’Achille du pays, cette observation suggère que les voyageurs valorisent davantage ces éléments au Canada, comme ailleurs.

Les élus au sommet de la liste, soit la Suisse et l’Islande, se démarquent depuis plusieurs années.

L’Islande

L’Islande triomphe en tourisme de nature et d’aventure depuis trois ans. Fort d’une importante croissance touristique depuis 2016, le paradis des geysers et autres phénomènes naturels montre l’exemple en gestion durable de la destination. Son serment du visiteur responsable destiné aux voyageurs étrangers en témoigne. Le pays a gravi sept rangs depuis la crise économique de 2008. Il a massivement investi en marketing, en développement de produit et en services de soins de santé.

Source : Visit Iceland

La Suisse

Les forces de la Suisse sont semblables à celles du Canada. Ce véritable terrain de jeux entre ciel et terre excelle en matière de gouvernance, de sécurité et d’entrepreneuriat. Le faible nombre d’alertes aux voyageurs ainsi que son économie stable lui valent le titre de deuxième championne. Sur son site Web officiel, on remarque sur-le-champ la place centrale qu’occupe le plein air.

Source : My Switzerland

Aujourd’hui, la pandémie donne de l’importance au tourisme de nature et d’aventure. Les prochains voyageurs auront soif de grands espaces. Ce sera une occasion de mettre à profit les forces de la destination.

Image à la une : Pexel

Catégories
Ailleurs dans le monde Tendances

Le système immunitaire du tourisme de bien-être 

Comme le Réseau de veille l’a déjà présenté dans une analyse, le tourisme de bien-être signifie le maintien proactif de sa santé en vacances. En 2017, les voyageurs ont réalisé 27,5 millions de ce type de séjours au Canada, et plus de 90 % d’entre eux étaient des Canadiens. Cette grande proportion de visiteurs locaux soulève l’intérêt durant la saison estivale actuelle où les frontières demeurent fermées.

 

 

 

Les spas, les hébergements spécialisés, les retraites organisées, toutes les offres doivent être revues en fonction des nouveaux besoins. Les initiatives originales abondent.

Numériser ses services

Depuis le mois de mars, le bien-être numérique demeure sans surprise une direction empruntée par plusieurs. Durant le confinement, la Wellness Tourism Association (WTA) réunissait les services de ses membres sur une seule plateforme, Healthy@home. Des cours de yoga, des séances d’entraînement ou encore des ateliers de cuisine en ligne se vendent comme des solutions pour contrecarrer l’anxiété causée par l’isolation. Mais le Global Wellness Institute rappelle que de tels moyens devraient rester temporaires. Les rapports humains demeureront prioritaires pour ce secteur.

bien_etre_covid_wellness

Source : Wellness Tourism Association

Miser sur les marchés en croissance

Depuis la dernière semaine de mai, les entreprises rouvrent et adaptent leurs produits. Avec les nouvelles chartes sanitaires et les règles de distanciation physique, plusieurs saisissent l’occasion pour se réinventer.

Comme le rapporte SmartBrief, après la levée du confinement, le désir de retrouver un style de vie équilibré et de calmer l’anxiété causée par la pandémie risque d’influencer le choix d’activités des vacanciers. Une plus grande proportion pourrait rechercher des produits axés sur la santé et le sport.

À la fin de l’année 2019, 51 % des touristes canadiens optaient pour des escapades centrées sur « l’amélioration du bien-être et de la santé », après « la relaxation et la réduction du stress » (55 %), selon une enquête du Global Wellness Institute. Un sondage sur les intentions de voyages de ce type de clientèle durant la pandémie est en cours jusqu’au 11 juin 2020. Probablement que ces dernières motivations y gagneront en popularité.

Cette tendance se remarque déjà pour la chaîne Minor Hotels qui observe une hausse de la demande pour ses « expériences détoxifiantes », notamment au Sri Lanka et dans les Maldives.

Pour cette raison, Andrew Gibson, vice-président de la WTA, suggère entre autres aux entreprises de se joindre à des professionnels comme des entraîneurs, des nutritionnistes, voire des thérapeutes. L’authenticité et la qualité des services demeurent essentielles.

Adaptation de produits : la santé d’abord

Cette industrie doit composer avec les mesures sanitaires. Les expériences thermales (spa, sauna) demeurent fermées et les traitements de massothérapie devraient être autorisés sous peu. Les établissements qui peuvent se permettre la distanciation physique saisissent cet engouement autour d’un mode de vie sain. Ils redirigent l’attention de leur clientèle sur les bénéfices immunitaires de leurs services.

Kamalaya Wellness Sanctuary and Holistic Spa en Thaïlande est en phase de réouverture. Pour des raisons de sécurité sanitaire, le centre a délimité certaines « zones » destinées aux cinq premiers jours des retraites et offre dorénavant deux tests de la COVID-19, un à l’arrivée, l’autre au départ. Il propose aussi un nouveau séjour axé sur « l’enrichissement de la vie », qui vise à améliorer les problèmes de santé tels que le déséquilibre du système immunitaire.

Eupepsia’s Home Wellness en Virginie promeut des séances individuelles de gestion des émotions et d’entraînement personnalisé. Le centre de santé livre à domicile un paquet contenant des produits pour améliorer naturellement le système immunitaire.

Source : Eupepsia’s Home Wellness

D’autres établissements ne modifient pas leurs services, mais adaptent leurs messages et communiquent leurs efforts. C’est le cas de Skyterra Wellness Retreat en Caroline du Nord. Le 31 mai 2020, il lançait une vidéo pour souligner sa réouverture et rassurer sa clientèle. Au 1er juin, certains séjours de méditation avec nuitées à plus de 3500 $ affichaient déjà complet pour la semaine suivante.

Au Québec

L’adaptation de produits et l’adoption de différents messages clés sont aussi observables au Québec. Nordik Spa, par exemple, publie sur son site Web une capsule sur les bienfaits de ses services sur la santé immunitaire. Le spa fait également la promotion de ses nouveaux forfaits de thermothérapie.

bienetrevideo

Source : NordikSpa

Bota-Bota, dans le Vieux-Port de Montréal, offrira des services de massothérapie dès le 22 juin. L’entreprise annonce qu’elle réfléchit aussi à adapter son produit dans une installation qui peut normalement accueillir jusqu’à 350 personnes. Dans les Cantons-de-l’Est, le spa Eastman rassure sa clientèle sur ses nouvelles activités et méthodes sans contact.

La compagnie Retraites de yoga propose le forfait YOGA & DETOX, qui compte 5 jours de yoga et de méditation à faire à la maison ainsi que des traitements pour la peau envoyés par la poste.

Outils de redémarrage

Le Global Wellness Institute fournit plusieurs outils en prévision de la réouverture des spas, des hôtels ainsi que des centres de bien-être et de conditionnement physique. L’Association Internationale des Spas publie notamment une liste des éléments à cocher pour la reprise des services.

L’industrie du bien-être est réactive et inventive. La pandémie a forcé la société à ralentir et ce secteur s’en inspire.

 

Et vous, la situation actuelle vous allume-t-elle un élan de créativité ?

 

Source de l’image à la une : Unsplash

 

Catégories
Produits et activités

Vaste enquête auprès de l’industrie touristique : portrait du plein air

Dans la belle province, le plein air est en croissance depuis plusieurs années. Mais selon Destination Canada, l’industrie touristique au Québec pourrait perdre plus de 81000 emplois à cause de la COVID-19. Comment les entreprises en plein air, les campings et les pourvoiries vivent-ils la crise sanitaire? Voici un bref portrait de la situation d’ici et d’ailleurs ainsi que quelques pistes de réflexion pour la relance. 

 

Les campings et les pourvoiries plus préoccupés 

La Chaire de tourisme Transat, le ministère du Tourisme ainsi que l’Alliance de l’industrie touristique du Québec ont réalisé un sondage Web auprès des organisations touristiques pour connaître l’impact de la COVID-19 sur l’industrie au Québec. Du 9 au 27 avril 2020, 2 977 gestionnaires et responsables ont rempli le questionnaire. Quelque 202 répondants gèrent des campings, 287 œuvrent dans le domaine du plein air et 147 travaillent dans un établissement de pourvoirie. 

Parmi ces trois secteurs, un peu plus d’une entreprise en plein air sur deux affirme ressentir des contrecoups «très négatifs » à «catastrophiques » sur leurs affaires. Environ 67% des campings clament les mêmes propos. Mais ce sont véritablement les pourvoiries qui demeurent significativement les plus affectées, avec près de 75% des répondants qui déclarent un état similaire. 

graphique_1

Source : Enquête en ligne de la Chaire de tourisme Transat, avril 2020 

En général, tous se disent inquiets. Du côté des campings et des pourvoiries, près de 9 répondants sur 10 craignent de ressentir des impacts financiers majeurs sur leurs activités. Environ 8 entreprises sur 10 de nature et d’aventure déclarent le même état d’esprit.  

Globalement, les trois groupes mentionnent se sentir moyennement, même peu outillés face à la crise. D’après le graphique ci-dessous, sur une échelle de «1Nous sommes complètement perdus » à « 10 — Nous avons un plan solide », les pourvoiries se sentent plus perdues que les autres, alors que les entreprises de plein air ont significativement plus confiance en leur plan.  

graphique_2_plein_air

Source : Enquête en ligne de la Chaire de tourisme Transat, avril 2020 

Dans les trois groupes, un répondant sur cinq affirme avoir fait une demande pour le Programme fédéral de prêts sans intérêt, alors qu’un sur trois mentionne y être admissible. Environ la moitié des pourvoiries et des entreprises de plein air ainsi que le tiers des campings déclaraient en avril détenir assez de liquidités pour survivre plusieurs semaines encore, voire des mois 

Certains répondants ont mis en place des pratiques pour minimiser les effets néfastes de la crise sanitaire. Quelques-uns comptent fermer les aires communes, ou louer un site de camping sur deux afin de respecter les règles de distanciation physique. Le gel d’embauche semble un passage obligé pour un peu plus du tiers d’entre eux, voire pour 46% des compagnies de plein air. Au sein des trois sphères d’activités, une entreprise sur trois prévoit de réaliser des mises à pied durant les mois de mai, juin et juillet.  

L’achalandage estival 

Fait intéressant, près de la moitié des sondés envisagent une baisse du nombre de touristes québécois, alors que de 35% à 41% des répondants estiment plutôt qu’il y aura davantage de visiteurs intra-Québec cet été. Il n’y a pas de différence significative dans les secteurs.  

graphique_3

Source : Enquête en ligne de la Chaire de tourisme Transat, avril 2020 

En temps normal, les Québécois représentent déjà plus de 75% de la clientèle pour la majorité des organisations de ce secteur (nature et plein air : 70 %; pourvoiries: 74% et campings : 86 % 

graphique4_plein_air

Source : Enquête en ligne de la Chaire de tourisme Transat, avril 2020 

À ce jour, l’achalandage touristique de 2020 demeure difficile à dessiner. Selon le Conference Board du Canada, 45% des Canadiens planifient un voyage cet été. Parmi ceux-ci, les deux tiers prévoient des séjours au Canada.  

L’Ontario rouvre ses parcs provinciaux. La Sépaq redonne graduellement l’accès à ses territoires à compter du 20 mai 2020. Les pourvoiries du Québec disent être en mesure d’accueillir des clients durant la saison chaude. Certains campings affichent même déjà complet.  

Ce que les Québécois adeptes de plein air veulent  

Quelques données peuvent aider à nourrir la réflexion pour une relance favorable à l’achalandage estival local. Les Québécois sont très actifs. Selon une étude réalisée par la Chaire de tourisme Transat en 2017, 38% des répondants déclaraient s’être adonnés à des sorties de plein air sur une période équivalente à trois semaines ou plus au cours de la dernière année [2017]. Parmi les sports préférés de ces adeptes, on retrouve en ordre décroissant d’importance le vélo sur pistes cyclables, la randonnée pédestre ainsi que la raquette et le canot en eau calme. Aux yeux des sondés, afin de favoriser l’activité physique en nature, les éléments «prioritaires » ou «extrêmement prioritaires» sont les suivants :  

  1. Le développement de forfaits de plein air [60%]; 
  1. L’accessibilité pour les familles [59%]; 
  1. La possibilité de louer du matériel[58%] ; 
  1. La communication à propos des produits existants [53%]. 

Les milieux de plein air ailleurs dans le monde  

Ailleurs, la situation évolue à un rythme très différent. Depuis qu’elle est passée d’un état d’urgence de niveau4 à 3 le 28 avril 2020, la Nouvelle-Zélande permet aux randonneurs de visiter les territoires protégés près de chez eux pendant 3h. Les États-Unis ont décidé de gérer leurs parcs au cas par cas, en supprimant les tarifs d’entrée des sites toujours accessibles. Par contre, comme en Irlande, cette mesure a provoqué une hausse d’achalandage notable. Presque partout, les nuitées sont interdites, excepté en Finlande où les autorités tolèrent les hamacs et tentes individuelles dans l’arrière-pays. 

Les retombées économiques importantes des activités touristiques dans les régions motivent certains sites à rouvrir hâtivement. La priorité demeure la sécurité des employés et des visiteurs. Les entreprises québécoises devront s’y attendre: les chartes sanitaires, la distanciation physique et les méthodes de paiement «sans contact» primeront dans tous les secteurs pour un bon moment.  

Consulter le sommaire exécutif du Sondage sur l’impact de la COVID-19 sur les entreprises touristiques québécoises.

Catégories
Enjeux

COVID-19 et tourisme : une reprise graduelle

Chronologie de la reprise

Lors d’un webinaire organisé par Adara Predictive Traveler Intelligence, Tom O’Toole, conseiller principal chez McKinsey & Company et directeur du programme d’analyse de données à la Kellogg School of Management, a présenté des prévisions de relance en tourisme. Sans entrer dans la spéculation détaillée, il identifie l’ordre dans lequel certains secteurs pourraient reprendre leurs activités.

Un grand nombre de facteurs peuvent influencer ce pronostic. On peut penser, entre autres, à la vitesse de remise en marche des autres industries, aux perceptions individuelles, à la réouverture des frontières ou encore à la propension de certaines entreprises à conserver les changements adoptés en confinement, comme par exemple, l’utilisation de la vidéoconférence pour les larges réunions d’affaires internes.

Cette échelle, illustrée dans l’infographie ci-dessous, offre néanmoins un portrait de la fragmentation temporelle que pourrait vivre le tourisme. Pour plus de détails, visionnez le webinaire Inflection Detection : Discerning and Preparing for the rebound with Tom O’Toole.

 

ADARA Marketing, une firme de recherche reconnue par l’Organisation mondiale du tourisme, propose des conférences hebdomadaires en ligne sur l’impact de la COVID-19 en tourisme avec d’importants acteurs de l’industrie.

 

Image à la une : Unsplash

Catégories
Gestion

COVID-19 : le tourisme de plein air et d’aventure

Plusieurs aires protégées et stations de ski sont fermées depuis le mois de mars. Au Québec, le gouvernement provincial a ordonné de réduire au minimum les services non prioritaires à compter du mercredi 25 mars, et ce, jusqu’au 4 mai. Les parcs nationaux restent toujours inaccessibles à la population. Ailleurs dans le monde, la situation varie. 

Le Réseau de veille en tourisme suit de près l’impact de la COVID-19 sur les différents secteurs de l’industrie touristique. Pour compléter les informations sur le tourisme de plein air et d’aventure, vous pouvez lire les résumés sur les attraits et sur le milieu culturel

Des décisions au cas par cas

Deux choix semblent se présenter pour les territoires protégés devant la COVID-19 : la fermeture complète ou la coupure des services avec ouverture des sentiers. La Finlande, la France et les États-Unis préfèrent garder leurs employés à la maison et donner accès à certains sites. Le Québec et le Canada gèlent quant à eux l’ensemble de leur réseau. Du côté des États-Unis, l’arrêt des services incite à une annulation des tarifs d’entrée dans les parcs et provoquent un achalandage effréné. L’association National Parks Conservation invite les gens confinés à la maison à profiter des espaces naturels tout en restant chez soi de huit manières différentes.

  • Au Yukon, l’ouverture des parcs et des campings est retardée jusqu’au mois de juin.
  • Le fondateur de National Park Traveler propose aux gestionnaires d’aires protégées de planifier une relance en deux phases. Une réouverture partielle des services, puis une vague de réembauche. Cette reprise graduelle aide à réguler l’achalandage et à assurer le respect des mesures sanitaires.
  • Parcs Canada prolonge la fermeture de ses sites et suspend ses événements, ses activités de groupe et ferme l’accès aux campeurs jusqu’au 31 mai.
  • Le ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs interdit les feux à ciel ouvert en forêt ou à proximité à partir du 16 avril. Le règlement s’applique dans certaines régions, notamment en Montérégie et en Estrie.
  • Les tours virtuels des aires protégées ont la cote. Le National Park Service aux États-Unis annonce que durant la semaine des parcs nationaux, qui se déroule du 18 au 26 avril prochain, l’accent sera mis sur l’expérience numérique en 2020.

Source : To Do Canada

Une solidarité et des communications exemplaires

Les associations sectorielles démontrent leur leadership en cette période de crise. En tourisme de nature et d’aventure, Outdoor Industry Association et National Park Conservation se démarquent. Ces associations fournissent toutes les informations nécessaires à la compréhension des enjeux liés à la COVID-19. Elles publient également les plus récentes nouvelles officielles qui concernent l’industrie.

  • Les bonnes pratiques s’étendent jusqu’aux entreprises privées. La compagnie Backcountry démarre une levée de fonds publique pour financer la fabrication de matériel sanitaire. Elle compte distribuer un minimum de 9000 masques au New York Department of Homeless Service. D’autres entreprises du secteur, comme les tours opérateurs montrent aussi l’exemple en matière de communications et de solidarité.
  • L’organisme Adventure Travel Trade Association réalise une enquête sur l’impact de la COVID-19 sur le secteur privé du milieu du plein air. Parmi les 162 entreprises interrogées durant le mois de mars 2020, 50 % estiment que leurs activités devraient retrouver leur cours normal à la fin de l’été 2021.

Des données encourageantes pour le plein air

Les études sur les intentions de voyages font couler beaucoup d’encre en 2020. Dans le secteur du plein air, Civic Science relève que 43 % des Américains âgés de 13 ans et plus prévoient faire plus d’activités de plein air que d’habitude à cause de la COVID-19. Selon Micheal Coyle de Coquitlam SAR, une équipe bénévole de sauvetage canadienne, la marche en montagne facile à modérée sera une « soupape de sécurité très précieuse » à la fin du confinement.

  • Une vaste étude auprès de 12 913 participants issus de 139 pays a démontré une nette hausse de l’activité physique depuis les mesures de confinement. Les gens qui s’entraînent normalement entre une et deux fois par semaine déclarent avoir augmenté leur pratique de 88%. Par contre, plus les répondants étaient actifs avant la COVID-19, moins ils affirment l’être pendant la pandémie. De manière générale, les résultats démontrent une augmentation de l’activité physique dans tous les pays.
  • Une nouvelle étude sur la propagation de la COVID-19 suggère aux marcheurs de demeurer loin des sportifs. La grande quantité de gouttelettes laissées derrières les gens actifs nécessitent de garder ses distances à 5 mètres des coureurs, 10 mètres des cyclistes à vitesse moyenne et 20 mètres des cyclistes « rapides ».


Source: Leisure Management

Le Réseau de veille en tourisme partage les informations et les ressources à jour selon les secteurs d’activité ainsi que des pratiques exemplaires tirées de son exercice de veille quotidien afin d’outiller l’industrie québécoise. Abonnez-vous à l’infolettre.

Les organismes à suivre en tout temps 

  • Camping Québec diffuse une foire aux questions ainsi que la liste des campings qui peuvent accueillir des snowbirds sur des emplacements 3 services. 
  • L’Alliance de l’industrie touristique du Québec donne des informations à jour à l’intention des travailleurs, des entrepreneurs et des gestionnaires de l’industrie touristique québécoise.  
  • Le gouvernement du Québec indique l’avancement de la situation québécoise quant à la crise de la COVID-19. On y trouve aussi les programmes publics d’aide aux organisations.  
  • Le gouvernement du Canada met à jour la réponse du Canada ainsi que les mesures et les programmes de soutien financier aux entreprises.  

Image à la une : Pexels

Catégories
Gestion

COVID-19 : Les croisières

Croisières annulées ou pressées de recommencer

Les compagnies de croisière gèrent les contrecoups de la pandémie au cas par cas. Les trois plus grands joueurs — Carnival, Royal Carribean et Norwegian — qui représentent 80 % de la flotte mondiale, prolongent la suspension de leurs activités. Certaines bannières de Carnival annulent leurs voyages pour l’année 2020. D’autres maintiennent leurs navires en fonction et leur équipage à bord afin de reprendre le large le plus rapidement possible.

Un futur incertain

Une épée de Damoclès flotte sur l’industrie, selon des experts. De populaires destinations comme Dubrovnik, Amsterdam et Santorini maintiennent leurs restrictions, et Fort Lauderdale prolonge l’interdiction d’accoster aux navires touristiques commerciaux. L’Organisation mondiale de la santé conseille aux personnes de 70 ans et plus de s’isoler jusqu’à nouvel ordre. La diversification des publics cibles devient une nécessité.

  • Profession Voyage a organisé une conférence Web sur l’avenir de l’industrie des croisières. D’après les orateurs, « 60 % des clients reportent leurs croisières. Ils ont peur de la quarantaine et non des voyages en mer ».
  • Aux États-Unis, trois clients sur quatre ont reporté en 2021 leurs croisières annulées à cause de la COVID-19.
  • Princess Cruise publie les nouvelles directives sanitaires qui seront en vigueur sur toutes ses prochaines croisières.

Cultiver le goût de naviguer

Les stratégies de promotion du secteur se renouvellent en ces temps de confinement. L’heure est aux tours virtuels et aux capsules de voyages. Vingt minutes de méditation avec des membres d’équipage, une visite de nouveaux navires, un panel avec la présidence de l’entreprise, les idées ne manquent pas.

 

Le Réseau de veille en tourisme partage les informations et les ressources à jour selon les secteurs d’activité ainsi que des pratiques exemplaires tirées de son exercice de vigie quotidienne. Abonnez-vous à l’infolettre.

Les organismes à suivre en tout temps

  • La CLIA publie des communiqués de presse concernant le statut de l’industrie des croisières.
  • Cruise Industry News détient plusieurs données stratégiques sur le secteur des croisières et rend compte quotidiennement de l’état des lieux des compagnies à travers le monde.
  • Le magazine Cruise Business s’adresse aux entreprises autour du globe concernant la COVID-19.
  • Cruise Critics écrit tous les jours sur les enjeux que rencontrent les acteurs concernés en ces temps de crise.
  • Le gouvernement du Québec diffuse des consignes et des directives concernant les restaurants, les commerces et les endroits publics ainsi que de nombreuses indications sur la maladie à coronavirus.
  • Le gouvernement du Canada met à jour la réponse du Canada ainsi que les mesures et les programmes de soutien financier aux entreprises.
  • L’Alliance de l’industrie touristique du Québec publie les informations à l’intention des travailleurs et des gestionnaires.

Image à la une : Pexels

Catégories
Tourisme durable Transport

Le virage durable des aéroports

Un virage nécessaire vers la durabilité

Depuis 1970, le nombre de vols augmente exponentiellement dans l’espace aérien international. Selon la Banque mondiale, la totalité des voyageurs transportés par voie aérienne chaque année est passée d’environ 300 millions à près de 4 milliards en 2017. Une croissance qui représente environ 1 230 % en moins de cinquante ans.

D’après Milan Janic, auteur du livre Greening Airports : advanced technology and Operations, les aéroports n’ont d’autres choix que d’améliorer leur capacité d’accueil, notamment par des projets d’agrandissement. Le développement durable devient ainsi un enjeu important pour ces entreprises dont les impacts sociaux et environnementaux passent difficilement inaperçus.

Cinq dimensions

Dans l’article Benchmarking airports based on a sustainability ranking index, les auteurs ont déterminé cinq domaines en matière de développement durable sur lesquels les gestionnaires d’aéroports peuvent exercer une influence. Il s’agit :

  • des activités d’exploitation ;
  • de l’utilisation de l’énergie,
  • des émissions de CO2 ;
  • de la gestion de l’eau et des déchets ;
  • de la qualité de l’air de du bruit.

Selon cet outil de mesure, les aéroports les plus performants au monde en 2016 étaient ceux d’Amsterdam (Schiphol), de Francfort (Francfort-sur-le-Main) et de Munich (Franz-Josef-Strauss), en Allemagne. Ces lieux ont entre autres atteint la carboneutralité, c’est-à-dire qu’ils compensent suffisamment leurs émissions pour neutraliser le CO2 émis. Ils créent également des impacts positifs sur leurs parties prenantes, grâce à des programmes pour la qualité de vie des communautés et des employés.

Outre ces aéroports exemplaires, que font les autres géants de l’industrie aérienne pour composer avec ce double défi : s’adapter à une croissance rapide tout en adoptant des pratiques responsables ?

Suivant les cinq dimensions citées précédemment, voici quelques initiatives récentes à travers le monde.

Activités d’exploitation

Singapour se démarque par son investissement dans la communauté. En 2014, l’aéroport international a fondé un programme philanthropique d’éducation pour les jeunes locaux. Il offre également des occasions de bénévolats aux employés afin de participer à des projets de charité dans les villes avoisinantes.

Utilisation de l’énergie

L’aéroport de Dubaï a annoncé au printemps 2018 un investissement dans une technologie d’analyse de données et d’infrastructure intelligente. Les gestionnaires visent une réduction de la consommation d’énergie de 20 %. Plus précisément, elle épargnera près de 25 000 tonnes d’émission de CO2, 21 millions de gallons d’eau et 50 GWh en électricité au bout de sept ans.

Plus près de la réalité québécoise, l’aéroport d’Oslo stocke la neige l’hiver afin de climatiser ses établissements l’été. Cette initiative lui a valu une mention excellence pour l’économie d’énergie.

Émissions de CO2

En Finlande, l’aéroport d’Helsinki arrive au premier rang en matière de gestion des atterrissages. Selon une étude, le temps d’attente moyen pour poser les roues sur la plupart des pistes du continent tourne autour de neuf minutes, alors qu’Helsinki, grâce à une méthode « d’atterrissage continu », accueille tous les avions pas plus d’une minute après leur entrée dans la zone. Cette efficience a permis de réduire les émissions de CO2 de 10 à 30 % au cours des dix dernières années.

Gestion de l’eau et des déchets

Encore une fois, l’aéroport d’Helsinki se démarque par ses infrastructures vertes. Ses sous-sols seront désormais occupés par un système de traitement des eaux usées. Ce réseau déversera un flot propre dans les ruisseaux et les rivières environnants. Il s’agit de la seule installation de la sorte dans tout le pays.

L’aéroport de Changi, à Singapour, réutilise l’eau condensée à travers ses opérations (ex : arrosage des plantes) et liquéfie les déchets alimentaires pour éviter l’incinération. L’entreprise est inspirante pour sa vision systémique, centrée sur le voyageur, dans la gestion durable de ses établissements. Elle repense l’ensemble du trajet du client, du design d’équipements qui capturent le carbone dans les aires d’attente jusqu’à l’installation d’affiches sensibilisatrices et de bacs de gestion des déchets dans les restaurants et les magasins.

changi_airport_singapour

Source : Changi Airport Singapour

Sans oublier l’aéroport des îles Galapagos, qui a reçu du US Green Building Council, la plus haute certification écologique Ses installations incluent une usine de désalinisation ainsi qu’un centre de traitement des eaux usées.

Qualité de l’air et gestion du bruit

La plupart des aéroports se préoccupent de la gestion sonore, un facteur important pour leur acceptabilité sociale. Vancouver (YVR) rayonne toutefois pour son plan stratégique, qui comprend l’installation d’un capteur en temps réel.

L’aéroport de Zurich impose de son côté une taxe de bruit et un programme de compensation des coûts reliés à la baisse du niveau sonore auprès des lignes aériennes.

Schipol, a usé de dame nature pour diminuer ses décibels. Un immense terrain vert de plus de 80 acres permet de réduire le volume des 1 600 avions journaliers grâce à des pyramides qui piègent les longueurs d’onde.

aeroport_amsterdam

Source : Smithsonian

Et au Québec ?

L’aéroport de Montréal connaît également une forte croissance. Il a reçu en 2018 près de 19,5 millions de passagers, soit environ 25 % de plus qu’en 2015.

En ce qui concerne ses pratiques durables, il est accrédité au niveau 3 Optimisation, par Airports Carbon Accreditation. L’étape d’Optimisation signifie que l’aéroport concerné calcule ses émissions de gaz à effet de serre (GES), vise sérieusement à les réduire, et en plus, engage ses parties prenantes à en faire de même (principalement les compagnies aériennes partenaires). Charles de Gaulle, à Paris, est également à cet échelon. Il est possible d’atteindre le niveau 5 une fois la carboneutralité réussie.

Bien qu’il soit de taille moyenne seulement, l’aéroport de Montréal s’est doté d’une plateforme spécialement dédiée à ses actions en développement durable. Le site Web présente les projets et les réalisations en ce qui concerne les trois piliers (économie, social, et environnement). Il adopte des pratiques plus modestes que les exemples cités précédemment, mais qui demeurent préalables à des tours de force de plus grande envergure. Il utilise entre autres des capteurs sonores en temps réel, réduit chaque année ses émissions de GES, installe des compteurs d’eau potable, et fait preuve d’engagement social avec les employés auprès de huit causes sociales et environnementales.

L’aéroport de Montréal semble en marche pour rejoindre les grands joueurs mondiaux en développement durable. À première vue, la plateforme à elle seule paraît exemplaire en matière de vulgarisation de données extra financières, démontrant un système de surveillance à point ainsi qu’un souci de transparence et de sensibilisation.

Une transition durable dans un contexte de croissance touristique est un défi qui touche l’ensemble de l’industrie. Ces exemples vous donnent-ils un souffle d’inspiration ?

Commentaires de Martin Massé

Vice-président, Affaires publiques

En tant que gestionnaire aéroportuaire, ADM fait face à de nombreux défis et est engagée à les relever dans le respect des principes du développement durable. Dans les dernières années, plusieurs actions visant la protection de l’environnement ont été implantées à YUL, premier aéroport canadien certifié Airport Carbon Accréditation pour ses efforts dans la maîtrise et la réduction des émissions de carbone. Notamment, ADM offre à sa clientèle un service de recharge des véhicules électriques dans ses stationnements. En 2019, des bornes de recharges additionnelles ont été installées pour véhicules électriques dans les stationnements publics et les stationnements des employés, pour un total de 56 bornes offertes. YUL possède également 6 véhicules légers électriques, un camion F150 converti à l’électricité, un autobus e.Cobus pour le transport des passagers, 4 véhicules hybrides rechargeables et s’est engagée à faire passer à 100 % la proportion de ses véhicules légers électriques d’ici 2030 en joignant l’initiative d’envergure internationale EV100.