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Que le meilleur touriste gagne!

5 touristes, voilà le nom de la toute récente téléréalité diffusée sur France 2 depuis juillet dernier. Comme le titre l’indique, cette émission rassemble cinq touristes aux goûts et aux intérêts très différents, qui doivent faire découvrir à leurs compagnons de séjour leur façon de voyager. Pour chacune des destinations visitées, les participants proposent à tour de rôle leur vision du voyage par des activités tantôt typiques, tantôt insolites.

En tout, ils parcourent six destinations, à raison d’une semaine chacune: Chypre, Saint-Martin (Antilles françaises), Antalya (Turquie), Lisbonne (Portugal), Stockholm (Suède) et Dubrovnik (Croatie). On y découvre les attractions incontournables, les activités originales, ainsi que les traditions et le style de vie de l’endroit visité. À la fin de chaque séjour, les participants choisissent le meilleur touriste. Pour la finale, un jury formé d’habitants des destinations visitées déterminera le grand gagnant. L’enjeu: un voyage!

Produite par Adventure Line Productions et diffusée sur France 2, la télésérie ne récolte pas de très bonnes cotes d’écoute. La téléréalité en général comporte des risques de dérapage, surtout lorsque l’opinion des internautes est négative. Mais le concept n’est pas sans intérêt et offre une bonne visibilité à la destination en vedette. C’est à celle-ci de s’assurer que les activités présentées véhiculeront une image positive de la destination.

Pour mieux saisir le concept, voici la bande-annonce de l’épisode se déroulant à Stockholm :

 

Source:

Dray, Daniel. «Téléréalité en Suède: Qui sera le meilleur touriste 2011 à Stockholm?», www.lefrancofil.com, 30 août 2011.

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L’évolution du slow travel

À l’ère de la rapidité et de l’instantanéité, le slow travel s’impose comme un contre-balancier salutaire. Souvent caractérisé par des voyages de proximité, une faible empreinte écologique et une mise en valeur de l’expérience touristique comme telle, le slow travel suscite encore des débats quant à ses éléments de définition. Difficiles à cerner et à mesurer, les tendances sociétales actuelles consolident néanmoins sa raison d’être et sa croissance.

Le slow travel a vu le jour en 1999 et découle du mouvement slow, originaire d’Italie en 1986. Ce dernier est né en réaction au rythme de vie et de travail très rapides, à l’augmentation du niveau de stress et à la perception de devoir être en mode multitâche constamment.

En ce qui concerne le slow travel, il suppose de ralentir le rythme pour mieux apprécier toute l’expérience touristique, de prendre le temps de découvrir une destination plus en profondeur, de s’ouvrir à l’environnement local et de s’insérer dans une vie sociale. L’idée est aussi de réduire le nombre d’expériences pendant les vacances et de se concentrer sur la qualité de celles-ci. Diverses définitions prennent souvent en compte le mode de transport, mais excluent habituellement l’avion. Dans cette analyse, nous retiendrons un concept qui n’est pas défini par un mode de transport particulier ou encore par certaines destinations, mais plutôt par l’approche du touriste par rapport au voyage. (Lire aussi: La tendance «Slow» se propage!)

C’est en comparant le slow travel au tourisme traditionnel qu’on le définit le mieux.

Les principales motivations

Le choix de certains modes de transport

Que ce soit pour se rendre à une destination ou pour se déplacer dans les alentours, certains modes de transport témoignent de la volonté des voyageurs de prendre leur temps et leur permettent de découvrir davantage le territoire qu’ils traversent.

  • Le train est fortement associé au slow travel, principalement en raison de sa faible incidence écologique, du fait que c’est une façon généralement relaxante de voyager et il s’agit d’un moyen de transport plus lent que l’avion.
  • La navigation à voile ou à rame (les grandes croisières ne satisfont habituellement pas les critères du slow travel).
  • Le vélo, qu’il soit utilisé pour rayonner autour d’une destination ou encore pour parcourir une région en passant des nuitées à différents endroits.
  • La randonnée pédestre, dans le même esprit que celui du vélo.
  • L’autobus public est un mode de transport qui permet de relaxer, de rejoindre de petites municipalités et de côtoyer la population locale.

Expérimenter une destination dans son ensemble

Les activités auxquelles on se réfère souvent lorsque l’on pense au slow travel sont davantage de l’ordre de «faire» et de «vivre» que de «voir»:

  • résider dans un lieu d’hébergement disposant d’une cuisine et préparer des repas avec des aliments locaux;
  • visiter les marchés et les boutiques;
  • relaxer dans les cafés et les établissements servant des produits régionaux;
  • interagir avec la population;
  • se familiariser avec la langue, puis l’apprendre;
  • s’intégrer à la communauté en se restaurant aux endroits fréquentés par les résidents;
  • suivre le rythme de la vie locale, ne pas se fier seulement aux guides touristiques.

Le souci de l’environnement

Le slow travel est attirant pour ceux qui se préoccupent de leur empreinte écologique. Il ne s’agit cependant pas d’une motivation pour tous les touristes slow.

Des raisons budgétaires

Alors que la plupart des adeptes le font volontairement, certains y participent en raison de contraintes budgétaires. Quoiqu’il s’agisse d’un sujet peu documenté,on peut supposer que le slow travel est susceptible de coûter moins cher, ne serait-ce qu’en transport.

Les destinations à découvrir lentement

Plusieurs destinations orientent leur offre vers des expériences inspirées du slow travel.

Les Perles des Alpes (Alpine Pearls) consistent en un réseau de 24 destinations des Alpes européennes à travers l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Autriche, la Suisse et la Slovénie. Ces communautés proposent des façons simples de passer un séjour de tourisme durable. Les déplacements se font sans voiture – on s’y rend généralement en train et ensuite on se déplace en vélo, en randonnée, à cheval, en autocar ou par d’autres modes en hiver. Les lieux participants s’engagent à respecter dix «promesses» comme la promotion de la culture alpine, ses traditions et sa cuisine.

Source: Alpine Pearls

Traversant Springer Mountain dans l’État de Georgie jusqu’au mont Katahdin dans le Maine, le Sentier des Appalaches (3500 kilomètres) se poursuit ensuite au Québec et au Nouveau-Brunswick pour rejoindre le cap Gaspé (1034 kilomètres). Paradis des randonneurs, le sentier promeut une expérience de slow travel et est associé à la campagne Leave no Trace, qui favorise de bonnes pratiques environnementales.

L’île Stradbroke dans le Queensland en Australie est devenue en 2006 la première slow island. Cette appellation lui permet de rejoindre les clientèles intéressées par la préservation de la nature et la rencontre des résidents.

Outre les destinations, mentionnons qu’il existe de nombreuses entreprises offrant des voyages sur un rythme lent, que ce soit des producteurs de services ou des grossistes. Soulignons également la prolifération et la popularité des guides de voyages qui suivent ce mouvement.

Les tendances sous-jacentes

Certaines tendances récentes favorisent le développement de produits répondant au slow travel.

  • Le vieillissement de la population. Les baby-boomers et les seniors voyageront pendant encore de nombreuses années. Expérimentés, ils rechercheront de nouvelles formules, plus personnalisées et riches sur le plan culturel. De plus, étant souvent à la retraite ou à la semi-retraite, ils disposent de plus de temps qu’auparavant et que les générations plus jeunes.
  • Le besoin de décrocher de la technologie.
  • La recherche d’expériences plus authentiques et du bien-être.
  • Le regain de popularité du tourisme domestique depuis la récession encourage les déplacements courts et les modes d’hébergement plus accessibles comme le camping.
  • Enfin, la croissance soutenue du slow travel depuis une plus longue période est principalement due à l’engouement pour le tourisme responsable auquel il est intimement lié.

Adopter la devise: lentement mais sûrement!

 

Sources:

– Mintel. «The Evolution of Slow Travel», Travel and Tourism Analyst, no 4, mars 2011.

– Heitmann, Sine, Peter Robertson et GhislainePovey. «Slow Food, slow Cities and Slow Tourism», tire du collectif. «Research Themes for Tourism», sous la direction de P. Robinson, S. Heitmann, P.U.C. Dieke, 2011, p. 114 à 127

 

Site Web:

Alpine Pearls

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Enjeux Tendances

La cuisine de rue et l’exception québécoise

De la cuisine coréenne fusion aux burgers réinventés, en passant par les dumplings, on assiste présentement à une renaissance de la restauration mobile. Extrêmement populaire dans de nombreuses villes américaines et canadiennes, la cuisine de rue demeure interdite au Québec. Voyons l’exemple de certaines municipalités qui ont développé cette offre de façon structurée.

En restauration, c’est la tendance du moment

Certains «classiques» font pratiquement figure d’emblèmes nationaux (le bretzel new-yorkais, le fish and chips anglais, etc.), mais ce sont les nouveaux concepts gourmets qui propulsent la popularité de la cuisine de rue. On observe l’émergence d’une cuisine originale, santé, multiculturelle ou locale. Certains chefs s’en mêlent et les pauses-repas deviennent plus exotiques, plus raffinées et variées. Selon les villes, les camions-restaurants se déplacent au gré des autorisations municipales ou dans des quartiers où la demande est forte.

Les amateurs de ce type de restauration estiment que la cuisine de rue anime le milieu urbain, crée un climat de convivialité, encourage l’économie locale et l’entrepreneuriat, puisque les frais de démarrage sont moindres que pour un commerce traditionnel. De plus, les autorités y voient parfois une façon peu coûteuse d’attirer des passants dans des espaces publics sous-utilisés.

La cuisine de rue répond aux nouveaux modes de vie, où le temps est si précieux, les horaires chamboulés, où la malbouffe, moins prédominante qu’avant, laisse de plus en plus de place à l’authenticité et à la qualité. Elle se veut aussi plus près de la cuisine et de ses artisans, sans compter qu’elle favorise le lien entre l’entrepreneur et le client. Bien adaptés à leur époque, les camions-restaurants communiquent allègrement sur les médias sociaux, où leur grande communauté peut suivre leurs déplacements et s’informer de leurs nouveautés.

Boston et Vancouver : des exemples inspirants

Il y a deux ans à peine, mentionner cuisine de rue et Boston dans la même phrase semblait chimérique. Or, grâce à l’initiative du maire, jumelée à des mesures prises par le conseil municipal, la ville est en voie de devenir une nouvelle capitale du camion-restaurant. Depuis, environ 30 cuisines mobiles circulent à Boston et à Cambridge. Les menus alternent entre grillades traditionnelles et menus originaux, en plus de proposer des aliments moins dommageables pour la santé que ce qu’offre la restauration rapide.

Mais ne s’installe pas qui le veut où il le veut. Premièrement, la démarche pour l’obtention d’un permis de camion-restaurant est rigoureuse. Deuxièmement, afin de réguler la répartition géographique, la Ville permet trois options:

  • vendre sur une propriété privée – avec l’accord du propriétaire;
  •  vendre sur la voie publique – un permis particulier doit être octroyé (il s’agit surtout de petits kiosques sans préparation d’aliments);
  • vendre sur des terrains ciblés – c’est ici que Boston se démarque. Par l’identification de six lieux, la Ville contrôle les flux de clientèle, rehausse certains parcs publics et limite les impacts de la cuisine de rue sur la restauration traditionnelle. Pour l’ouverture du site de City Hall, la Ville a organisé une compétition, au cours de laquelle les trois camions-restaurants gagnants (en fonction de la qualité et de la fraîcheur de leur menu) se sont vu octroyer le droit d’exploiter leur camion sur ce site, en plus de recevoir une assistance technique et un prêt à faible taux d’intérêt.

Annonçant 19 nouveaux vendeurs en 2011, choisis parmi plus de 100 postulants par un comité composé entre autres de chefs, de blogueurs et de nutritionnistes, la Ville de Vancouver développe une cuisine de rue multiculturelle. Parmi les critères de sélection, mentionnons les aliments locaux, biologiques ou équitables, la valeur nutritionnelle, la salubrité, le plan de gestion des déchets. Le choix se base aussi sur un sondage auprès de la population quant à ses goûts culinaires.

Le maire de Vancouver cite en exemple la variété offerte à Portland ou à New York et encourage les initiatives originales. Il estime que ce type de restauration rend la ville plus vibrante, amène les gens à sortir, à socialiser.

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The Kaboom Box sert des fruits de mer à Granville et sur la rue Robson.

Source: Urban Diner

Autres pratiques intéressantes

  • On en trouve pour tous les goûts à New York avec environ 5000 «casse-croûte» itinérants, multiculturels et branchés. Il existe une compétition annuelle, où critiques et chefs réputés couronnent un vainqueur. Récemment regroupés en association, plusieurs restaurateurs ont même embauché une firme de lobbying pour obtenir le droit d’utiliser des espaces de stationnements payants.
  • San Francisco n’est pas en reste. Mentionnons l’exemple du restaurant français haut de gamme Spencer. Le camion Spencer on the go vise à démocratiser la fine cuisine. On y offre des plats gastronomiques peu coûteux, il projette des films de répertoire sur une nappe blanche et annonce son restaurant.
  • La ville baromètre de tendances, Portland, compte 600 roulottes pour 500 000 habitants. Les stationnements du centre-ville se transforment en foires alimentaires. Comme pour n’importe quel restaurant, les inspecteurs sanitaires de la Ville sont très vigilants. Les produits locaux et les plats santé sont valorisés.

Balbutiements montréalais

Au Québec, la cuisine de rue a été interdite à la fin des années 1940 pour des raisons d’insalubrité. Aujourd’hui, malgré le fait que ces installations nécessitent une gestion municipale en matière de permis, de taxes et de salubrité, ces enjeux ne semblent pas être la principale raison de leur absence. D’autres grandes villes arrivent à résoudre ces problématiques. L’Association des restaurateurs du Québec soutient pour sa part que l’offre actuelle en restauration est particulièrement élevée par rapport à la population et qu’une concurrence accrue causerait des torts au secteur. Selon un article du journal Métro, la Ville de Montréal en la personne du maire soutient aussi cette idée. Malgré l’interdiction, il existe actuellement quelques avenues où la restauration de rue est possible au Québec.

Les festivals échappent à la loi : ils sont régis par des règles particulières leur permettant d’accueillir des camions-restaurants. Un pionnier est Grumman 78, un camion servant des tacos et participant à certains festivals. Les trois jeunes entrepreneurs espèrent bien sillonner les rues un jour si la loi s’assouplit. Initiative inspirante de la Société des arts technologiques, le FoodLab est un kiosque temporaire où des chefs réputés de Montréal ont offert des mets gastronomiques pour un prix minime à l’occasion du festival Mutek. Notons toutefois qu’un kiosque alimentaire dans un festival ne correspond pas tout à fait au concept de la cuisine de rue.

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FoodLab

Source: Voir.ca

De plus, en tant que filière d’une société d’État, la Société du Vieux-Port de Montréal gère le site selon des règles qui peuvent différer des juridictions québécoises. Elle a conclu des ententes avec quelques vendeurs éphémères, dont MUVBOX (lire aussi: Les espaces pop-up, la nouvelle tendance de l’éphémère), la biscuiterie mobile de Monsieur Félix et Mr. Norton et le glacier Bilboquet.

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Source: Quais du Vieux-Port 

Quel avenir pour Québec et Montréal?

Selon Gérard Beaudet, directeur de l’Institut d’urbanisme de la Faculté de l’aménagement de l’Université de Montréal et professeur titulaire, la cuisine de rue apporte beaucoup à une ville en termes de convivialité, d’animation et répond à un besoin des travailleurs et des touristes de manger sur le pouce. Pour lui, les motifs évoqués pour interdire cette pratique, principalement la salubrité et la concurrence déloyale, sont plus ou moins recevables. Il propose de laisser le marché s’exprimer et rappelle que ce type de restauration comporte des avantages, mais aussi des inconvénients, notamment la sensibilité aux intempéries. Néanmoins, en contribuant à l’augmentation de l’achalandage des lieux, il peut être profitable pour tous.

Enfin, tel qu’il le mentionne et comme le fait la ville de Boston, il y a lieu de localiser intelligemment l’offre de cuisine de rue et de gérer l’offre en faveur de l’authenticité. L’étude des cas de ces villes qui en ont fait un développement structuré est intéressant, surtout si l’on considère qu’une demande existe bel et bien, que l’on souhaite faire de la gastronomie québécoise un atout touristique et qu’il s’agit d’une tendance forte en Amérique du Nord.

Terminons par ce petit clin d’œil : une publicité de Porter Airlines mettant la cuisine de rue à l’honneur.

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Sources:

– Anderson, Rob. «Movable feasts», Globe Correspondent, Boston.com, 8 juin 2011.

– Beaudet, Gérard. «L’urbanisme et l’alimentation de rue», chronique diffusée sur les ondes de la Première Chaîne de Radio-Canada à l’émission L’après-midi porte conseil, 31 mai 2011.

– Blogue Eyes wide stomach. «The 2011 Boston Food Truck Challenge», 10 septembre 2010.

– Brew, BC. «Vancouver’s Emerging Street Food Landscape», Urban Diner, 18 avril 2011.

– Cole, Yolanda. «Vancouver street-food scene expands with 19 new vendors», Straight.com, Vancouver’s online source, 4 avril 2011.

– Dobkin, Kelly. «The 5 Hottest Dining Trends in 2011 So Far», Zagat.com, 20 juin 2011.

– Fortier, Vincent. «Qui a peur de la bouffe de rue?», Journal Métro, 28 juin 2011.

– Reddi, Sumathi. «Don’t Call Them Softees», The Wall Street Journal, 23 mars 2011.

– Robillard Laveaux, Olivier. «Le FoodLab à Mutek, Rave ton assiette», Voir.ca, 26 mai 2011.

– Série documentaire 109. «5 étoiles sur le pouce», émission réalisée par Geneviève Tremblay, diffusée à RDI le 14 mai 2011.

Sites Web:

– City of Boston: Mobile Food Vending

Quais du Vieux-Port

Grumman 78

 

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Le potentiel de croissance du tourisme religieux en Amérique du Nord

Malgré la baisse de la pratique religieuse dans le monde occidental, nous assistons au développement du tourisme religieux. Comment expliquer ce paradoxe et quelle est l’ampleur de ce phénomène? Une étude d’Amadeus indique que 55% des spécialistes du voyage interrogés lors d’une enquête attribuent à ce marché de niche un réel potentiel de développement et de croissance.

Le tourisme religieux, reflet d’une spiritualité moderne

Dans les sociétés occidentales contemporaines, la laïcité et la remise en question de la pertinence des institutions et des pratiques religieuses favorisent l’éclosion d’une dévotion dépourvue de toute pression sociale. La religiosité devient une démarche personnelle par laquelle les individus façonnent leur propre spiritualité en s’inspirant de différents courants philosophiques, religieux ou mystiques.

À l’image de la pratique religieuse, le tourisme religieux s’individualise et reflète une spiritualité plus contemporaine. Il vit une mutation et plusieurs experts prévoient que les visites aux lieux de culte évolueront plus ou moins avec la même intensité que dans le passé.

Le christianisme en Amérique du Nord

Pour mieux comprendre le potentiel de développement du tourisme religieux, il est nécessaire de considérer la place de la religion dans ces sociétés. Les États-Unis sont probablement un des rares pays occidentaux où l’Église continue d’être aussi présente dans la vie des gens. Voici quelques chiffres marquants.

  • Selon le Yearbook of American & Canadian Churches, les Églises et les groupes religieux aux États-Unis représentent environ 340 000 établissements et 160 millions de membres.
  • Le Pew Forum on Religion & Public Life indique qu’environ 40% des Américains disent assister aux services religieux au moins une fois par semaine.
  • Environ 22 000 des 33 000 écoles privées aux États-Unis sont gérées par des groupes religieux. L’Église catholique dirige le plus grand réseau du pays, soit 7400 écoles.
  • Les méga-églises, qui accueillent 2000 participants ou plus par semaine, sont de plus en plus populaires et leur nombre a doublé de 2000 à 2008, passant de 600 à plus de 1200. Leur budget a augmenté de 5% de 2009 à 2010, et ce, malgré la récession économique.
  • Le Religion News Service indique que les églises chrétiennes ont reçu plus de dons que toute autre organisation caritative ou à but non lucratif.

Selon le recensement le plus récent sur l’appartenance religieuse au Canada, réalisé en 2001, environ 77% de la population canadienne se dit chrétienne. De plus, les enquêtes nationales sur la religiosité au pays, comme celle du Pew Global Attitudes Project, indiquent qu’en moyenne, les chrétiens canadiens observent moins la pratique que les Américains, mais qu’ils sont plus ouvertement religieux que les Européens de l’Ouest. En 2002, 30% des Canadiens ont déclaré à Pew que la religion était très importante à leurs yeux, contre 33% pour les Britanniques, 27% pour les Italiens, 11% pour les Français et 59% pour les Américains. Les provinces du Québec et de la Colombie-Britannique affichent les plus faibles taux de pratique au pays. Cela étant dit, une proportion considérable de Canadiens n’assistent pas aux services, mais continuent de pratiquer leur religion en privé.

Le tourisme religieux ne se développe pas de façon isolée; plusieurs produits religieux connaissent aussi un fort succès!

Packaged Facts, une division de Market Research, indique que les ventes totales annuelles au détail des produits religieux (incluant livres, musique, cadeaux et cartes) totalisaient déjà environ 7 milliards de dollars américains en 2004, ce qui est au moins quatre fois plus élevé qu’en 1980.

Aujourd’hui, les livres traitant du christianisme représentent 20% des ventes en librairie de Walmart, et les ventes de musique chrétienne surpassent celles du jazz et de la musique classique combinées.

En 2009, Arbitron, un organisme qui effectue des enquêtes d’écoute des radios américaines, a recensé 1487 stations de radio religieuses, 1507 stations de musique chrétienne contemporaine et 409 stations de gospel. Il y a 20 ans, la musique chrétienne contemporaine était une industrie artisanale avec des ventes annuelles de 85 millions de dollars américains. Aujourd’hui, grâce à la production sophistiquée, le marketing et la distribution de masse, les ventes ont totalisé 720 millions de dollars américains en 2004.

Cette croissance a bien évidemment retenu l’attention des grandes firmes américaines, telles que EMI et Sony, ainsi que les éditeurs Time Warner, HarperCollins et Barnes & Noble, qui ont intégré une dimension religieuse à leurs produits pour mieux servir ce grandissant segment de marché.

Le tourisme religieux a également fait son apparition dans le monde des guides touristiques. Ainsi, en 2004, le Petit Futé a sorti un livre dédié aux séjours spirituels en France. Il a initialement été édité à 35 000 exemplaires et fait déjà l’objet d’une deuxième édition ainsi que d’une version européenne.

La religiosité n’est pas fondamentalement en déclin, mais tend plutôt à se désinstitutionnaliser. La constante consommation de produits religieux catholiques témoigne de cette continuité avec l’émergence d’une nouvelle forme de spiritualité plus centrée sur l’individu que sur le dogme.

Le potentiel de croissance selon les professionnels de l’industrie

Certaines études comme celles menées par Amadeus témoignent de l’intérêt des professionnels du tourisme pour ce marché de niche. En mars 2010, Amadeus a interrogé 3000 spécialistes du voyage lors de l’enquête The Amateur-Expert Traveller. Il en est ressorti que les marchés de niche représentent de grandes occasions pour les agences de voyages d’accroître leurs recettes et de fidéliser leur clientèle. Les experts estiment leurs possibilités de croissance à 95% pour les voyages en famille, à 83% pour les voyages d’aventure, à 55% pour les voyages religieux et à 45% pour les mariages (voir graphique 1).

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Par ailleurs, dans l’enquête Amadeus North America Travel Agent Survey menée en mars 2010 et intitulée Seizing Opportunity In The Upturn: Will Emerging Trends Boost Your Business?, 800 professionnels du voyage ont fait part des marchés et clientèles de niche qu’ils desservent ou qu’ils comptent prochainement desservir. Le tourisme religieux a été mentionné par 34% des répondants, comparativement à 82% pour les voyages en famille et 27% pour les voyages écologiques (voir graphique 2).

Le potentiel de croissance du tourisme religieux provient également de sa jonction avec les tourismes culturel, historique, patrimonial et d’apprentissage, qui témoignent d’un fort succès auprès des voyageurs. Comme nous le verrons dans une prochaine analyse, le tourisme religieux séduit petits et grands, et de nouvelles destinations le développent et le valorisent.

 

Sources

– Amadeus North America Travel Agent Survey : «Seizing Opportunity In The Upturn: Will Emerging Trends Boost Your Business?»,

– Amadeus. «The Amateur-Expert Traveller»

– Clark, Warren. «Religion – évolution de la pratique religieuse au Canada» Statistique Canada, printemps 2003.

– Defrance , Anne-Lise. «Le tourisme religieux attire de nouveaux adeptes» Lemonde.fr, 22 août 2005.

– First research : «Churches & Religious Groups», 20 décembre 2010.

– Radio Today series : «Radio Today 2010. How America listens to radio». Arbitron.com, édition 2010.

– William C. Symonds, David Kiley, Tom Lowry et Kirstin Dorsch. «The fashion of the Christ», 23 mai 2005.

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Technologies Tendances

Soyez «branchés» sur Toronto!

La page d’accueil de Toronto is Trending, une initiative de Tourisme Toronto, est particulièrement attrayante. Elle diffuse une vidéo plein écran de la ville en action, où des bulles Twitter s’affichent au-dessus des passants que l’on peut suivre dans deux quartiers.

En changeant pour l’interface map view, on peut voir les derniers tweets des établissements de divertissement et de restauration, le nombre de personnes ayant signalé leur géolocalisation en direct sur la carte satellite – ce qui donne un aperçu «d’où ça se passe» ainsi que des offres promotionnelles culturelles ou hôtelières. Ces informations peuvent être affichées simultanément ou séparément.

Un site bien de son temps conjuguant à merveille la géolocalisation et l’instantanéité des médias sociaux. Difficile d’être plus branché sur ce qui se passe en ville!

Source : Toronto is Trending

Sources:

– Clarke, Keir. «Toronto is Dangerously Trendy» , 10 juin 2011.

Toronto is Trending

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Technologies Tendances

La « curation », un nouveau métier du Web?

Très bientôt, le contenu accessible sur Internet doublera toutes les 72 heures. Trouver une information pertinente deviendra une tâche encore plus ardue! En réponse à cette préoccupation, une pratique est en vogue depuis plusieurs mois sur le Web: la curation. On mise désormais sur l’édition et la diffusion plutôt que sur la création de contenu. En quoi consiste la curation? Quels en sont les outils? En quoi cette pratique est-elle utile pour le tourisme? Levons le voile sur ce concept…

Qu’est-ce que la curation?

Le terme anglais curator se traduit par conservateur dans le domaine de l’art. Pour Internet, on parle plutôt de content curator, c’est-à-dire d’«organisateur de contenu» ou d’«éditeur de contenu», à l’opposé du rédacteur qui crée de l’information sur le Web (voir image). Dans le milieu, on traduit ce concept par le terme curation et on appelle celui qui en fait la pratique curateur, des traductions littérales des termes anglais. Dans cette analyse, nous recourrons plutôt aux termes équivalents français, soit organisation ou édition de contenu et organisateur ou éditeur de contenu.

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Source: prezi.com

L’organisateur de contenu recherche l’information sur les réseaux sociaux ou dans les médias traditionnels, la sélectionne, la classe pour ensuite la partager à l’interne (site de l’entreprise, bulletin électronique) ou à l’externe (médias sociaux, blogue). Il peut enrichir ces informations en y ajoutant des commentaires.

Tout le monde fait de l’organisation de contenu sans le savoir, que ce soit en publiant un lien sur Facebook ou Twitter et en y intégrant un commentaire ou encore en émettant un avis sur TripAdvisor. Il manque cependant une étape cruciale, soit l’édition, qui consiste à créer une mise en page, renforçant de la sorte la lisibilité et la pertinence du contenu. De plus, une des caractéristiques de l’éditeur de contenu est son expertise sur un sujet précis, car les informations qu’il recherche sont ciblées selon une thématique.

Enfin, la raison de cette «agitation» autour de cette pratique réside dans la nouveauté des outils et des modes de visualisation.

Quels outils utiliser pour votre entreprise?

On distingue deux sortes d’outils d’organisation de contenu: ceux dont le contenu est généré automatiquement, qui s’apparentent à des outils d’agrégation, et ceux dont le contenu est choisit par l’utilisateur. Certains outils permettent même d’éditer les informations.

Les plateformes se comptent par dizaines, mais quelques-unes ressortent du lot et peuvent être appliquées au domaine du tourisme.

  • Outils d’édition de contenu manuels

Scoop.it, développé en France, compte 10 000 utilisateurs actifs. Cette plateforme se distingue des autres par le fait qu’elle offre la possibilité d’y inclure ses propres articles. Mathieu Bruc, responsable e-tourisme et e-marketing au Comité régional du tourisme d’Auvergne, a créé six espaces de veille et d’organisation de contenu collaborative sur Scoop.it, dont un sur les «meilleurs exemples de projets et campagnes [d’]e-tourisme» (voir image ci-dessous). Jean-Luc Boulin s’est quant à lui servi de cet outil pour diffuser l’actualité de «L’office de tourisme du futur».

Source: Scoop.it

Certains articles expliquent comment créer un compte sur Scoop.it. Après que l’utilisateur a défini le sujet avec des mots-clés, le système suggère des contenus publiés sur Twitter, les réseaux sociaux, YouTube, etc., et donne la possibilité de changer le titre, la photo et d’y inclure des commentaires.

Pearltrees symbolise chaque page de contenu par une perle. Les perles sont reliées par des branches représentant des thématiques. Avec 10 millions de pages vues par mois, Pearltrees a atteint 100 000 utilisateurs en avril 2011.

Source: Pearltrees

Montage, de Microsoft, propose à l’internaute de créer son propre magazine thématique avec divers contenus générés par Bing. Ceux-ci sont mis à jour en temps réel, mais il est possible d’ajouter des sources.

Source: Montagne

  • Outils de publication automatique

C’est une solution parfaite pour une entreprise ayant peu de temps à allouer à l’organisation de contenu.

Paper.li permet d’intégrer automatiquement les contenus publiés sur Twitter et Facebook ainsi que ceux des personnes suivies et des amis. Édouard Lambelet, cofondateur, explique que 70% des 15 millions d’articles partagés chaque jour proviennent de médias traditionnels. Ces derniers semblent d’ailleurs s’y intéresser, puisqu’un important média américain – qui tient à ce que son nom reste secret – compte bientôt l’utiliser…

Source: Paper.li

Curated.by organise les contenus des personnes que vous suivez sur Twitter et sont visibles par thématique. Son moteur de recherche interne est cependant peu performant.

Si vous n’arrivez pas à vous décider, voici une infographie qui vous guidera dans votre choix.

Source: curiouser.fr

Soulignons certaines limites de ces outils. D’abord, ils sont nombreux en version bêta, ce qui oblige l’internaute à attendre un ou deux jours avant de recevoir l’invitation pour ouvrir un compte. De plus, la plupart des outils de manuels ne disposent pas de moteur de recherche interne, à l’exception de Pearltrees; et dans certains cas, il est impossible de suivre d’autres comptes.

Quels bénéfices pour le tourisme?

L’organisation de contenu capte l’attention des voyageurs «hyperinteractifs», connectés en tout temps, engagés et informés, qui recherchent continuellement de l’information pertinente et qui sont exposés à une multitude de messages marketing parmi une variété de canaux.

Sur la pyramide de la marque engagée d’Altimeter, l’organisation de contenu pointe au sommet et semble être un moteur de recommandation.

Source: Trinity Advise

Selon Jean-Luc Boulin, c’est une occasion à saisir pour les offices de tourisme, les prestataires et les DMO. Les professionnels devraient prendre les commandes de ces outils pour aider l’internaute à ne pas se perdre dans l’océan d’informations liées aux destinations, aux produits et aux activités touristiques provenant des différents médias (articles de presse, blogues, portails des destinations, sites de commentaires, Twitter, Facebook, etc.).

En fait, il s’agit surtout d’un outil très intéressant pour la veille concurrentielle. À la différence d’un veilleur, l’éditeur de contenu n’est pas encore présent dans les entreprises. Pour ces dernières, c’est alors une ressource gratuite, d’autant plus efficace pour des sujets pointus. Ainsi, suivre le compte d’un éditeur de contenu spécialisé dans les produits touristiques de niche permettrait à un voyagiste de s’informer sur les nouveautés; les DMO auraient la possibilité de surveiller les bonnes pratiques des destinations concurrentes en matière de campagnes de promotion, de stratégies marketing, etc. Les possibilités sont infinies…

Cette pratique fait de plus en plus parler d’elle aux États-Unis et suscite beaucoup de débats en France depuis la fin 2010. Les fondateurs de ces plateformes ont des projets d’expansion et d’amélioration en tête. Ils veulent par exemple créer une version professionnelle ou encore une application mobile. Il apparaît alors essentiel de s’y intéresser et de tester les outils développés. L’organisation de contenu reste pour l’instant une démarche personnelle, mais elle pourrait se professionnaliser, tout comme le community manager, et être présente dans l’industrie touristique.

Sources:

-A., Laeticia. «Agrégation vs Curation», celsamisc.wordpress.com, 8 janvier 2011.

-Boulin, Jean-Luc. «La formation continue au e-tourisme, pierre angulaire de la professionnalisation des organismes de tourisme», Revue Espaces, no 290, mars 2011.

-Boulin, Jean-Luc. «Content Curator, le veilleur nouveau est arrivé…», etourisme.info, 10 janvier 2011.

-Bruc, Mathieu. «6 espaces de veille et curation collaborative», Blog-etourisme.com, 7 mars 2011.

-Decugis, Guillaume. «L’ère des “curators” aurait-elle sonné?», Techcrunch.com, 25 novembre 2010.

-Méli, Benoît. «La curation sociale, un modèle pertinent de production de contenus?», journaldunet.com, 6 avril 2011.

-Starkov Max et Mechoso Safer Mariana, «The Future is Now: The Emergence of The Customer Engagement Channel in Hospitality», 9 mars 2011.

-Tran, Pierre. «10 raisons de s’intéresser à la curation», pro.01net.com, 10 mars 2011.

-Trinity Advise. «Curator, le nouveau buzz & community manager?», 30 décembre 2010.

-Vie, Marie-Laure. «La curation: le web organisé par les utilisateurs», 9 février 2011.

-Vie, Marie-Laure, «Curation: quelle valeur pour les entreprises, les médias, et sa “marque personnelle”?», février 2011.

Sites Web:

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Produits et activités Tendances

Les Cafés de village

Uniques, indépendants, conviviaux, simples et accueillants, voici la façon de décrire les établissements faisant partie du concept Café de village. Ce tout nouveau réseau lancé par Tourisme Cantons-de-l’Est s’inspire de l’initiative française Café de pays, qui consiste à mettre en valeur certains lieux fréquentés principalement par des résidents, des lieux où le touriste a la possibilité de s’immerger plus naturellement dans la culture locale.

En plus de créer un contexte qui facilite la rencontre entre les résidents et les visiteurs, ces établissements peuvent servir de carrefour pour des attraits et des infrastructures touristiques de la région. On trouve présentement ces cafés à Granby, à Danville, à Windsor, à Sherbrooke, à Eastman, à Cowansville, à Frelighsburg, à Bedford et à Sutton.

Au menu: des activités culturelles et gourmandes ainsi que la vente de produits du terroir et de saveurs locales. On distingue les Cafés de village par leur fanion blanc qu’arbore le porche des cafés. Est-ce là un concept qui se multipliera dans d’autres régions du Québec? À suivre…

Sources :

Communiqué de Presse. «Lancement de la saison touristique», CLD Brome-Missisquoi, 9 mai 2011

Fisette, Gilles. «Un réseau “Café du village” voit le jour», La tribune, 14 avril 2011.

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Tendances

Des structures flottantes, volantes, autosuffisantes, non permanentes

Penser autrement le 21e siècle… Aujourd’hui, la clé d’une chambre d’hôtel n’a plus l’apparence d’une clé et les hôtels sous l’eau existent déjà. Alors, pourquoi ne pas croire que les villes flottantes, les hôtels volants et l’agrotourisme urbain puissent exister un jour, pas si lointain? Attachez votre tuque avec de la broche, car le cosmos, les nuages et les océans servent de toile de fond. Mais inutile de vous bousculer pour réserver vos places immédiatement.

Parfois farfelus à l’origine, des projets sont sur les tables à dessin d’architectes et d’ingénieurs qui s’amusent à inventer le futur, à déconstruire les idées reçues.

Des projets qui risquent de faire des vagues

Plusieurs concepteurs rêvent d’utiliser l’eau comme un moyen de voyager autrement, de façon écologique.

Une firme russe a conçu le projet Aerotel comme solution de rechange aux îles artificielles bâties de main d’homme.

Source : Alexander Asadov Architecture

Le Blue Crystal serait un hôtel iceberg flottant au large de Dubaï dans le golfe Persique.

Source: Sven et Frank Sauer – Allemagne

La firme Morris Architects a de grandes ambitions pour les milliers de plateformes de forage qui seront désaffectées au cours des prochaines décennies dans le golfe du Mexique. Oil Rig Platform Resort and Spa serait un écosystème d’îles autosuffisantes avec sable blanc sur le toit, regroupant hôtels, casinos, boîtes de nuit et restaurants. Au large de Bornéo, dans la mer de Célèbes, le Seaventures Dive Resort héberge déjà sur une plateforme désaffectée des plongeurs qui jouissent du riche milieu aquatique.

Source: Morris Architects – États-Unis

Avec les paquebots aux proportions gigantesques, l’idée d’un terminal flottant ne semble pas farfelue.

Source: Waterstudio.nl – Pays-Bas

Dubaï peut se targuer d’avoir réalisé les îles artificielles Palm Island et The World. Mais ce sont les îles artificielles flottantes, sorte de villes amphibies, qui en font rêver plus d’un.

Ville flottante et milieu de vie, le Freedom Ship, doté de son propre aéroport sur le pont supérieur, serait en déplacement autour du monde.

Source: Freedom Ship International – États-Unis.

L’île d’AZ, dont le concepteur est décédé en 2010, aurait couvert une surface équivalant à quatre terrains de football: structure haute de 29 étages pouvant accueillir 10 000 passagers, dotée d’un pont promenade paysagé d’un kilomètre, d’un héliport et d’un miniport, où les yachts seraient amarrés.

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Source: Alstom Marine et Jean-Philippe Zoppini (architecte) – France

Des «aquavillages» exploiteraient des énergies renouvelables et pourraient se déplacer d’une région à l’autre.

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Source: Lilypad, Vincent Callebaut Architecture – Belgique

Source: Star-Shaped Mini-Cities, Maldives Floating Islands Concept, Koen Olthuis, Waterstudio.nl – Pays-Bas

Source: Floating Garden Spa, Studio Noach – Pays-Bas

Le projet de la Recycled Island vise à nettoyer les océans des déchets de plastique et à utiliser ce matériau pour en faire une île flottante écologique.

Source: WHIM architecture – Pays-Bas.

Des bateaux luxueux se transformeront en îles flottantes.

Source: Wally Island, Wally – Monaco.

Source: Streets of Monaco, Yacht Island Design – Royaume-Uni.

Des yachts prendront des airs de maison.

Source: Wally and Hermes Yacht (WHY), Wally – Monaco.

S’ajoutent des projets flottants de toutes sortes – maisons, appartements, bureaux – et même des tentes.

Source: Plastic Dining Room à Vancouver – Canada.

Dans ses projets de régénération des rives, la Ville de Paris envisage d’installer un écran de cinéma géant flottant sur la Seine.

On s’envoie en l’air

À la conquête de l’espace… Une fois sa base de lancement, Spaceport America, terminée au Nouveau-Mexique, l’entreprise Virgin Galactic, du milliardaire britannique Richard Branson, entreprendra sa série de vols suborbitaux.

Des hôtels en orbite autour de la terre… Pouvant accueillir deux couples et deux membres d’équipage pour un séjour de trois nuits «terrestres», la station spatiale Galactic Suite Space Resort se déplacera en orbite autour de la terre à une vitesse moyenne de 30 000 km/h, effectuant ainsi le tour du monde en 90 minutes.

Source: galacticsuite.com.

Les voyageurs de l’espace n’auront plus à partager la Station spatiale internationale avec les cosmonautes en mission. Les Russes comptent mettre en orbite un hôtel confortable vers 2016. Cette station spatiale commerciale sera dotée d’un module, d’un volume de 20 m³, comptant quatre cabines et pouvant accueillir jusqu’à 7 personnes.

Des hôtels qui volent un peu moins haut, mais qui sont tous aussi flyés… Le Manned Cloud de Jean-Marie Massaud ressemble à un zeppelin. Se déplaçant à 130 km/h, cet hôtel volant écolo comptera une vingtaine de cabines et offrira de multiples services (restaurant, spa, bar, etc.).

Source: Studio Massaud en partenariat avec ONERA (Office national d’études et recherches aérospatiales) – France.

D’une hauteur de 265 mètres, le Aircruise pourra transporter une centaine de personnes à son bord à une vitesse moyenne de 130 km/h. Dans le confort de son appartement de luxe ou des espaces communs, le voyageur pourra contempler les plaines du Serengeti ou les gratte-ciel d’une métropole. Ce projet a attiré l’attention de la compagnie Samsung Construction & Trading, principal entrepreneur du Burj Khalifa à Dubaï.

Source: Seymourpowell – Royaume-Uni.

Avec l’urbanité grandissante, on pense verticalité

Selon la United Nations Population Division, la population mondiale dépassera les 9 milliards en 2050 et environ 70% de celle-ci vivra en milieu urbain. La densité de population et les espaces restreints nous obligent à repenser l’organisation urbaine.

Voici la vision du parc d’attractions de l’architecte Ju-Hyun Kim à l’aube du 21e siècle.

Source : Ju-Hyun Kim.

Une structure verticale avec un nuage digital à son sommet regroupe des bulles interconnectées qui permettent de projeter des images, de servir de point d’observation et même de parc d’attractions. Même si le projet The Cloud n’a pas gagné la compétition lancée pour les Olympiques de 2012 à Londres, les concepteurs sont déterminés à le réaliser à l’aide de milliers de petits dons du public.

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Source: Équipe internationale – Angleterre.

On verdit actuellement les toits et les murs des édifices, mais l’agrotourisme pourrait se pratiquer en milieu urbain.

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Source: Mur végétal, Musée du quai Branly à Paris, Patrick Blanc – France.

Plusieurs concepteurs envisagent de développer l’agriculture urbaine à la verticale pour profiter de la proximité du bassin de population, pour réduire les temps de transport et, du même coup, le gaspillage, les coûts et la pollution, pour maximiser l’espace requis pour la culture et pour s’affranchir de Dame Nature.

Source: Vertical Farming, Blake Kurasek – États-Unis.

Source: Seawater Vertical Farm à Dubaï (immenses serres suspendues à une structure qui s’apparente à un arbre géant), Studiomobile – Italie.

Voici une structure verticale qui promet de révolutionner l’architecture urbaine, la Dynamic Tower. Les étages, indépendants les uns des autres, tournent autour d’un axe central et la tour produit sa propre énergie. Quelle grande métropole construira cet édifice la première?

Source: David Fisher – Italie.

D’ailleurs, où sont les automobiles volantes des années 2000 dont on parlait dans les années 1960?

 

Sources:

 

– Cilento , Karen . «Floating Gardens / Studio Noach + Holtrop», 18 février 2010. ArchDaily.

– L’Internaute Science, «Une île flottante», linternaute.com, septembre 2006.

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Marketing Tendances

L’influence des résidents

Les résidents exercent une influence sur les visiteurs avant leur départ, mais surtout une fois à  destination. La montée en popularité des technologies mobiles rend de plus en plus accessibles les recommandations diffusées en temps réel. Si l’on considère l’implication volontaire de nombreux citoyens, ne serait-il pas avantageux de les intégrer davantage dans les stratégies de promotion?

 

L’exemple de Lonely Planet

Il existe aujourd’hui un véritable arsenal de sites Internet sur lesquels tout un chacun peut émettre des commentaires. Les communautés de voyageurs comptent parmi ces lieux d’échanges, où différents points de vue se rencontrent et s’influencent à chaque instant (Lire aussi: La transparence l’emporte!). Les individus qui participent aux discussions ne parlent pas seulement de destinations éloignées; parfois, ils commentent leur lieu de résidence. Pour le touriste en quête d’expériences locales, ces informations sont précisément ce qu’il recherche. Quel sera le poids des échanges entre le résident et le touriste? Quels sujets seront plus susceptibles d’influencer le voyageur?

L’étude «Influence of an online travel community on travel decisions» distingue sept catégories de sujets discutés sur le forum Thorn Tree de Lonely Planet: hébergement, nourriture-boisson, transport, sécurité-santé, information sur la destination, argent et itinéraire.

Après avoir analysé les échanges sur ce forum, les auteurs de l’étude concluent que les trois catégories de commentaires les plus influents provenant des résidents concernent:

  1. les itinéraires (inclut les activités à faire sur place et les endroits à visiter);
  2. la nourriture et les boissons (les expériences culinaires locales, les restaurants et les bars);
  3. les informations sur la destination (conseils pratiques sur la langue, la température, la tenue vestimentaire, etc.).

Ainsi, on constate que le point de vue d’une personne locale est davantage considéré lorsqu’elle traite d’actions se déroulant sur place et touchant étroitement la vie d’un résident.

Des conseils locaux à la portée de la main

Quoi faire? Quoi voir? Où manger? Où sortir? N’est-ce pas là des questions qui surviennent spontanément pendant un voyage? Selon la température, l’humeur ou l’envie du moment, plusieurs décisions se prennent à la dernière minute. Aujourd’hui, avec toutes les technologies mobiles, il est plus simple que jamais pour le touriste de s’inspirer des conseils diffusés en temps réel sur un site mobile ou provenant d’une application.

Il n’est pas toujours possible de distinguer rapidement si le commentaire provient d’un résident ou d’un voyageur. Toutefois, sur plusieurs sites, un utilisateur doit obligatoirement se créer un profil pour pouvoir ajouter du contenu. En consultant ces profils, il est donc possible de connaître la provenance des membres. Ainsi, la contribution des résidents sur ces outils mobiles facilite la recherche du touriste qui désire vivre des expériences locales comme manger dans un restaurant de quartier ou voir une exposition d’artistes émergents.

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Source: restomontreal.ca

Le bouche à oreille entre des parents ou des amis demeure la source d’information à laquelle on fait le plus confiance. C’est pourquoi les recommandations provenant des applications telles que Foursquare, Gowalla ou Facebook Place, qui combinent la dimension «site de commentaires» à celle de réseau social et de géolocalisation, peuvent avoir une plus grande portée que celles issues des sites moins sociaux. (Lire aussi: La nouvelle génération de sites de commentaires)

Comment impliquer les résidents dans la promotion d’une destination?

Si les résidents ont le pouvoir d’influencer les touristes, pourquoi ne pas leur faire une place dans la promotion de la destination? C’est ce que Tourisme Australie s’est donné comme mission en 2010 en lançant sa campagne publicitaire «There’s nothing like Australia», qui reposait essentiellement sur de courtes anecdotes composées par ses citoyens, incluant le partage de photos inspirantes.

Australie

Source: There is nothing like Australia

Les Australiens ont suscité l’attention de plus de 140 000 visiteurs uniques sur le site Internet de la campagne. Pour sa part, la page Facebook a attiré près de 400 000 fans et Twitter plus de 6500 personnes. Cette même année, l’Australie a connu une croissance de 5,4% du nombre d’arrivées par rapport à 2009.

Plusieurs individus ne demandent pas mieux que de participer à de telles initiatives. Par exemple, lors de la campagne australienne, l’objectif était d’obtenir de 10 000 à 15 000 contributions, mais l’enthousiasme fut si grand qu’on en compta près de 30 000.

Canada

Source : Commission canadienne du tourisme

La Commission canadienne du tourisme (CCT) a elle aussi misé sur une collaboration avec la population locale lors de sa campagne publicitaire Secret d’ici (Locals Know, en anglais), qui a connu un franc succès en 2009-2010. Le concept était d’inviter les Canadiens à dévoiler leurs lieux secrets auprès des autres Canadiens afin qu’ils considèrent prendre des vacances au pays. Contrairement à l’Australie, c’est le marché intérieur qui était le point de mire.

Selon la CCT, la campagne Secret d’ici a influencé 2,7 millions de citoyens à réserver ou à prendre des vacances près de chez eux, soit un taux de conversion qui dépasse de 73 % l’objectif de départ. Parmi ceux-ci, près de 400 000 auraient changé leurs projets initiaux. Cette campagne a généré des retombées qui se chiffrent à 705,9 millions CAD, en plus des 6482 emplois maintenus ou créés.

Des résidents actifs

Au Québec, des milliers de résidents ajoutent chaque année une touche «locale» aux voyages d’individus qu’ils ne connaissent pas, que ce soit par des commentaires émis sur des sites Internet, par une invitation à loger ou à manger chez soi par l’entremise de réseaux sociaux spécialisés… Décidément, les Québécois sont enclins à faire connaître leur culture. (Lire aussi: Couchsurfing, profil d’une communauté virtuelle de voyage et Faire visiter autrement). En sachant que des gens d’ici peuvent avoir une influence sur nos futurs visiteurs et que certains veulent donner de leur temps bénévolement à des touristes, quelles autres stratégies pourrions-nous envisager dans le but de maximiser nos retombées touristiques?

Sources

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Tendances

Le futur annoncé au Congrès ITB Berlin

L’avenir de l’industrie du tourisme fut largement discuté lors du Congrès ITB Berlin, qui s’est déroulé dans cette ville du 9 au 11 mars derniers. Les conférenciers du plus grand salon touristique au monde ont, tour à tour, souligné l’importance des technologies mobiles, des médias sociaux, des marchés émergents de l’Asie, des attentes d’une clientèle de plus en plus diversifiée et exigeante et de la personnalisation de l’offre. Voici un condensé de ces prévisions.

Les prévisions à court terme…

Selon M. Rohit Talwar de la firme Fast Future Research, nous sommes au début d’une ère de changements. Les récentes crises sont un aperçu du contexte évolutif, composé de hausses et de baisses d’achalandage rapprochés, que nous devrions connaître. Rapidité et instantanéité: la culture de la technologie mobile nous conditionne à obtenir ce que l’on veut au moment voulu. Voici les grandes lignes de la présentation de M. Talwar.

  • D’ici 2020, la technologie continuera de nous surprendre:
    • la prochaine génération de téléphones intelligents pourrait transformer l’expérience de voyage;
    • la réalité augmentée s’intègrera à de nombreux services;
    • les hologrammes seront de plus en plus utilisés, et ce, dans différents contextes.

Sources: The Core Education Blog, Concept Phones, Geek. Tirées de la présentation de Rohit Talwar, Fast Future Research

  • Les motivations des voyageurs deviendront extrêmement fragmentées; il sera alors difficile de les regrouper en segments de clientèle.
  • La classe moyenne asiatique formera la plus grande part des voyageurs internationaux.
  • Les Asiatiques représenteront le tiers des dépenses touristiques mondiales en 2020.
  • Le recours aux médias sociaux continuera de croître ainsi que l’engouement pour des services permettant au voyageur de planifier lui-même un séjour adapté à ses besoins, à l’aide d’informations provenant d’autres voyageurs aux intérêts similaires, et de partager ses itinéraires et ses bonnes adresses (voir l’exemple de Dopplr).
  • Des investissements massifs dans les destinations touristiques émergentes multiplieront les possibilités pour le voyageur, augmenteront la compétition et entraîneront une diminution des prix et des marges de profit pour les hôteliers.
  • Les considérations environnementales joueront un rôle grandissant dans le choix d’un établissement d’hébergement.
  • Dans le secteur hôtelier, il y aura de plus en plus:
    • de groupes cherchant à couvrir l’ensemble du marché (des hôtels à petit budget aux établissements de luxe, de même que des hôtels indépendants plus «authentiques» par le biais d’affiliations).
    • de regroupements d’hôtels indépendants offrant des solutions marketing efficaces, des standards de qualité élevés et un support technologique dernier cri.
    • de produits complémentaires au séjour tels que l’assurance voyage et des billets de spectacle ou de transport en commun.
    • de services pour la clientèle d’affaires, par exemple des services de traduction, de comptabilité, d’organisation de réunion.
    • d’attentes élevées de la part de la clientèle en matière de personnalisation de l’offre par la possibilité de faire des choix avant son arrivée. D’ici 2020, le client sélectionnera la taille de la chambre, le type de lit, les éléments du mobilier, les équipements audiovisuels, etc.
  • Les hôteliers devront développer leurs compétences en matière de médias sociaux afin de bien cerner les besoins et les perceptions de la clientèle, qui sera de plus en plus diversifiée.
  • Les outils technologiques de gestion deviendront aussi indispensables pour une plus grande efficacité, une réduction des coûts, la personnalisation de l’expérience et une amélioration du service.

Selon M. Talwar, auteur de «Hotels 2020: Beyond Segmentation», cinq éléments clés caractérisent les gestionnaires gagnants de demain.

1. Ils ont une très bonne compréhension de la grande diversité sur les plans géographique, financier, générationnel et comportemental de la clientèle de demain.

2. Ils intègrent les technologies de façon pertinente et efficace dans le but d’améliorer l’expérience du client.

3. Ils cherchent à augmenter leurs revenus par la vente de services complémentaires.

4. Ils adoptent une approche d’ouverture, de collaboration et d’expérimentation pour innover.

5. Ils sont proactifs et en mesure de traverser des périodes de crise et d’incertitude.

Enfin, l’hôtel de demain représentera un véritable laboratoire, où chaque visite, chaque interaction se traduira par une source potentielle d’idées et d’améliorations.

D’un point de vue plus général, M.Christian Böllhoff de chez Progno AG, énonce les trois grands thèmes qui influeront sur l’industrie touristique.

  • L’économie mondiale
    • La moitié de la croissance mondiale du PIB entre 2010 et 2030 sera attribuable à l’Asie.
    • En 2030, le PIB par personne demeurera beaucoup plus élevé dans les pays industrialisés.
    • Le marché de la Corée du Sud sera à surveiller.
  • Les changements démographiques
    • Le vieillissement de la population touchera aussi les pays en émergence, comme la Corée du Sud et la Chine.
    • En 2030, les gens travailleront davantage. Ils choisiront surtout les courts séjours.
    • Les soins de santé occuperont une plus grande part du budget de la population vieillissante par rapport à aujourd’hui. Le budget de vacances subira des pressions.
  • Les changements climatiques
    • Les pays en émergence, comme la Chine, connaissent actuellement une forte croissance de leur émission de CO2. Prendre l’avion coûtera donc plus cher en raison de l’augmentation du coût de l’essence et des effets négatifs sur l’environnement.

Vision 2050

Quant au Dr Yeoman de l’European Tourism Futures Institute, il a présenté sa vision du monde en 2050. Il suppose que les touristes originaires des pays occidentaux seront en quête de simplicité, alors que les nouveaux touristes en provenance de l’Est chercheront plutôt à vivre des expériences à l’occidentale. Prévoir les avancées technologiques en 2050 demeure un exercice plutôt audacieux. Certains prototypes nous aiguillent un peu… et nous font sourire. En voici quelques exemples.

L’information au bout des doigts, en tout temps, n’importe où (visionnez la vidéo ci-dessous)

Tirée de la présentation de M. Ian Yeoman: «The world in 2050»

Les expériences virtuelles

Tirée de la présentation de M. Ian Yeoman: «The world in 2050»

Un aspirateur-robot sera bientôt en mesure de faire le ménage d’une chambre d’hôtel.

Tirée de la présentation de M. Ian Yeoman: «The world in 2050»

Des robots à l’accueil d’un complexe de bureaux (Ciudad Centro Santander, Madrid).

Tirée de la présentation de M. Ian Yeoman: «The world in 2050»

Mais comme M. Yeoman le souligne, rien ne remplacera l’importance des vrais contacts humains, même en 2050.

Sources

– Böllhoff, Christian. «Demographic and Social Change», conférence présentée à l’occasion du Congrès ITB Berlin, du 9 au 11 mars 2011.

– Talwar, Rohit. «The Future of the Travel Industry – Scenarios for 2020», conférence présentée à l’occasion du Congrès ITB Berlin, du 9 au 11 mars 2011.

– Yeoman, Ian. «The world in 2050», conférence présentée à l’occasion du Congrès ITB Berlin, du 9 au 11 mars 2011.