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La vente croisée: une source de revenu encore peu exploitée par l’industrie touristique

Plusieurs fournisseurs touristiques considèrent vendre davantage de services complémentaires exploités par d’autres intervenants de l’industrie. Selon une étude menée par Forrester Consulting, les revenus de ces ventes croisées augmenteront de 30% d’ici 2015. Ces transactions permettent de générer des profits rapidement et de bonifier l’expérience de voyage sans nécessiter de lourds investissements. Les placements médias et les services touristiques figurent parmi les prestations les plus visées. En quoi consiste cette tendance?

Plusieurs informations présentées dans cette analyse sont issues de l’étude Cross-Sell Your Way To Profit, citée plus bas.

Pourquoi s’intéresser à la vente croisée?

La vente croisée de services complémentaires consiste en la vente de services auxiliaires par un fournisseur pour le compte d’un autre. Celui qui vend la prestation au voyageur perçoit une commission de celui qui l’exploite et devient ainsi intermédiaire ou distributeur.

Les compagnies aériennes qui offrent la location de chambres d’hôtel ou de voitures s’y livrent déjà et comptent intégrer de nouveaux services auxquels on ne les associe pas habituellement. Les compagnies de croisières en font autant lorsque, par exemple, elles vendent à leurs passagers des excursions terrestres exploitées par un fournisseur touristique local. De plus en plus, d’autres intervenants de l’industrie comme les compagnies ferroviaires, les hôtels et les agences de location de voitures s’en inspirent aussi.

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Source: Fenêtre de réservation de la compagnie aérienne Americanairlines

Ces services complémentaires vendus pour le compte de partenaires permettent aux fournisseurs touristiques de réaliser des marges de profit substantielles et de proposer à leurs clients une prestation de voyage plus complète, plus intégrée et plus personnalisée. Par ailleurs, ils contribuent également à prolonger la durée du séjour et à augmenter les points de contact avec le client.

Qu’en pensent les plus grands intervenants touristiques?

Selon l’étude réalisée par Forrester Consulting, les fournisseurs touristiques s’attendent à ce que les ventes des services complémentaires distribués pour le compte de partenaires gagnent en importance dans les cinq prochaines années (graphique 1). Ces services représenteront 19% des revenus totaux des produits complémentaires d’ici 2015, ce qui correspondra à environ 2,5 % des recettes totales.

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Source: Cross-Sell Your Way To Profit, le rapport de Forrester Consulting

Pour les compagnies aériennes, les services de voyage axés sur le transport, l’hébergement et les transferts à l’aéroport sont et resteront la catégorie la plus populaire. Cela dit, nombre d’entre elles ont l’intention de vendre un plus grand choix de produits complémentaires de niche comme des croisières, des billets de train, des espaces de stationnement à l’aéroport ou des services de conciergerie. De plus, la participation des compagnies aériennes à la vente de services touristiques à destination, par exemple les visites guidées, augmentera d’environ 37% durant les cinq prochaines années. Le divertissement est aussi un créneau dans lequel elles veulent investir, notamment en offrant des billets de spectacles et d’événements divers (tableau 1).

En plus de distribuer des produits touristiques variés, la moitié des compagnies aériennes sondées ont dit avoir l’intention d’agir en tant qu’espace média. Étant donné que l’espace média est un important point de contact pour le voyageur, plusieurs d’entre elles pensent vendre de l’espace publicitaire à d’autres exploitants touristiques. Elles sont les premières à connaître la localisation exacte de leurs passagers et leur trajet. Elles peuvent donc devenir un média attractif capable d’informer le voyageur sur les différentes prestations touristiques complémentaires. Plusieurs stratégies s’offrent aux compagnies aériennes. Intégrer sur leur site Web des cartes d’aéroports ou de destinations commanditées par des entreprises touristiques en est une.

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Contrairement aux compagnies aériennes, la majorité des établissements hôteliers proposent déjà des visites guidées de leurs destinations. Cependant, cette prestation se généralisera et deviendra une norme d’ici 2015. De plus, constatant l’engouement des touristes pour le divertissement comme forme de découverte d’une ville, les hôtels comptent vendre davantage de billets d’événements sportifs, de concerts et de spectacles divers. On estime que le nombre d’établissements qui offriront ce service de billetterie triplera d’ici 2015. Les voyageurs pourront également acheter des cartes-cadeaux pour les restaurants à même l’hôtel.

Par ailleurs, les hôtels continueront d’offrir des placements médias sur leur site Web pour le compte de partenaires touristiques, mais ils le feront de manière plus agressive.

Autre fait important, l’intérêt des hôteliers pour la vente de services exploités par des tiers et livrés sur la propriété au nom de l’hôtel, tels que la restauration, les spas ou le golf, dépassera celui pour la vente de services de voyage externes comme la location de voitures ou la vente de billets d’avion. La majorité des établissements envisagent d’offrir à leurs clients d’ici 2015 la possibilité de réserver ces activités en ligne.

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Un cadre de réussite

Lorsqu’un fournisseur touristique décide de vendre des services complémentaires exploités par d’autres entreprises, il lui faut au préalable établir des objectifs d’affaires clairs et mesurables. Ces derniers doivent soutenir l’image de marque et la vision de la compagnie. De ce fait, l’implantation d’un processus de sélection des partenaires et des prestations constitue une étape fondamentale.

De plus, pour que ces nouveaux services complémentaires apportent une réelle valeur ajoutée à l’expérience client, ils doivent être judicieusement incorporés à l’offre principale de l’entreprise. Cette intégration doit aussi tenir compte des particularités de l’infrastructure des chaînes de commercialisation de chacun des partenaires.

L’infrastructure technologique

Une chose est sûre, une bonne infrastructure technologique est essentielle pour rendre ces nouveaux produits touristiques disponibles en temps et lieu. À ce sujet, l’étude de Forrester indique que le Web restera, d’ici 2015, la plateforme technologique la plus efficace pour commercialiser ces nouveaux produits, mais qu’il sera toutefois nécessaire d’améliorer l’expérience de la navigation et du magasinage en ligne.

Le rapport indique également qu’en 2015, les appareils mobiles tels que les téléphones intelligents et les tablettes électroniques deviendront le deuxième canal de distribution le plus approprié pour mettre ces offres à la disposition des voyageurs.

La vente croisée de services complémentaires représente une occasion encore inexploitée que les fournisseurs touristiques ont résolument l’intention de saisir au cours des cinq prochaines années. Pensez-vous qu’elle soit envisageable pour votre entreprise?

Source:

– Forrester Consulting pour le compte d’Amadeus. Cross-Sell Your Way To Profit:  How Travel Suppliers Are Using Third-Party Ancillary Services To Drive New Revenues And Enhance Their Travelers’ Experiences, janvier 2011.

Site Web:

– American Airlines

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Tendances

Un condensé des grandes tendances touristiques pour 2011

L’année 2011 enregistrera une faible croissance du tourisme international, principalement sur le marché nord-américain. Les vacances multidestinations, les voyages de groupe et les voyages en solo, entre autres, auront la cote. Les technologies connaîtront des heures de gloire dans l’industrie hôtelière. Voici quelques-unes des tendances recensées par le Réseau de veille.

Tendances générales

  • Le tourisme international global devrait croître de 3 à 5%.
  • La croissance du marché nord-américain des voyages internationaux demeure faible, principalement en raison de la faiblesse de l’économie américaine.
  • Les Américains restent prudents dans leurs dépenses de voyage.
  • Les marchés émergents (Chine, Inde et Brésil) constituent la plus grande opportunité en ce qui a trait à la demande.
  • Le  «dernière minute» gagne du terrain: planification, transaction, chasse aux aubaines.
  • Les forfaits en ligne combinant l’hôtel et le stationnement gratuit à l’aéroport ainsi que la navette vers l’aéroport suscitent l’enthousiasme.
  • Les tarifs aériens et hôteliers subiront des augmentations importantes en Asie et modestes dans les économies occidentales. Peter Yesawich (Ypartnership) prévoit tout de même une hausse brutale dans quelques marchés comme ceux de New York et de Miami occasionnée par l’accroissement de la demande des voyageurs d’affaires et par une offre hôtelière qui a peu crû au cours des deux dernières années.
  • Le libre-service s’accentue: terminaux pour l’enregistrement libre-service dans les halls d’hôtel; impression des étiquettes de bagages par les passagers avant de les remettre aux agents de service à la clientèle, cartes munies de code-barres 2D permettant l’enregistrement à la maison, à la borne, sur un téléphone intelligent, etc.
  • La nouvelle devise des compagnies aériennes: Sky’s the limit! Des frais additionnels pour l’enregistrement en personne, le paiement par carte de crédit, le bagage à main qui ne peut se ranger sous le siège du passager, etc.

Tendances des consommateurs

  • Les attentes des consommateurs sont élevées. Plus que jamais, ils exigent des gratuités: WiFi, petit-déjeuner, applications mobiles, stationnement, etc.
  • Les consommateurs sont de plus en plus attirés par les téléphones intelligents. Ils contrôlent de plus en plus leurs expériences d’achat grâce aux applications mobiles. Et l’utilisation de ces dispositifs s’étendra bien au-delà des fonctionnalités de géolocalisation (GPS), transformant la façon dont l’information peut être transmise pendant le voyage (recherche sur les horaires de vols, comparaison des tarifs, téléchargement de coupons, etc.).
  • Les voyageurs qui recherchent des vacances à bas prix utilisent les sites Web de comparaison comme Kayak pour trouver les meilleures offres, exerçant ainsi une plus grande pression sur les prix.
  • L’engouement pour les achats collectifs de type GroupOn entraînera graduellement une modification de la demande des services de voyage. À ce sujet, le site www.tripalertz.com est fort intéressant.
  • Les voyages en famille incluant des personnes de générations multiples ont la cote.
  • L’intérêt pour les médias sociaux ne s’amenuise pas, au contraire.

Tendances de voyages

  • Les vacances multidestinations. Parce que les voyageurs veulent tirer le maximum de leurs vacances.
  • La renaissance des voyages de groupe. Avec la reprise économique, de nombreux voyageurs recherchent les mêmes expériences exotiques de voyage à un faible coût, ce que leur offrent les voyages de groupe.
  • Le tourisme culturel. Un bel emplacement ne suffit plus à satisfaire les voyageurs qui exigent plus d’interactions significatives avec les cultures locales et des visites spécialisées avec des artisans et des experts dans des domaines variés.
  • La résurgence des experts en voyage. D’une part, Internet est devenu tellement saturé d’information qu’en faire le tri devient un processus long, pénible et parfois hasardeux. D’autre part, les fréquentes demandes spécialisées et particulières des consommateurs favorisent le retour en force des voyagistes et des agents de voyages.
  • Les vacances d’apprentissage pour des touristes de plus en plus actifs.
  • Des voyages d’«expériences» en famille. Les parents désirent exposer leurs enfants aux cultures et aux modes de vie des régions qu’ils visitent. Les familles veulent élargir leurs horizons et expérimenter d’autres cultures.
  • Le retour des voyages en train.
  • Les voyages de niche poursuivront leur essor: du voyage culinaire à la retraite de yoga, les touristes recherchent des itinéraires spécialisés qui conviennent à leurs intérêts.

Tendances hôtelières

La technologie, encore la technologie

  • Télévisions 3D haute définition dans la chambre.
  • Téléphones IP permettant de lire les courriels, de consulter l’actualité et la météo ou de sélectionner une option du service aux chambres.
  • Télécommande multifonction qui actionne la télévision, les lumières, la chaîne stéréo, les thermostats ou le climatiseur, les rideaux et même la mention de «ne pas déranger».
  • Accueil et enregistrement en libre-service grâce aux bornes ou aux téléphones intelligents pour le voyageur indépendant (FIT).
  • WiFi gratuit.

Le mot d’ordre: personnalisation

Les gens veulent être reconnus pour ce qu’ils sont et ce qu’ils font. Vous n’aimez pas le rouge de l’abat-jour de votre lampe? Pas de problème, vous aurez le beige. Votre oreiller de mousse est inconfortable? Prenez celui de plumes. Vous voyagez par affaires? En couple? Choisissez un plan de chambre adapté à vos besoins.

La santé sous toutes ses formes

  • Gyms ouverts 24 h sur 24 et équipés à la fine pointe de la technologie où l’on peut aussi emprunter des souliers de course.
  • Séances d’entraînement de 20 minutes en groupe; elles remplacent la traditionnelle pause-café et croissants.
  • Spas et traitements express (15 minutes de soins du visage, 15 minutes d’inhalation d’oxygène pure pour lutter contre le décalage horaire).
  • Piscine à l’eau de mer.
  • Chambres hypoallergéniques pour les voyageurs aux prises avec de l’asthme, des allergies et d’autres problèmes respiratoires.
  • Location de bicyclettes pour la visite de la ville.

Tendances produits, de A à Z

  • Bleisure: un mélange de voyages d’affaires et d’agrément.
  • Croisières: elles continueront à gagner en popularité en raison de l’attrait inhérent à l’expérience (des navires immenses, des divertissements fabuleux, un service attentionné, etc.) et aux prix très attrayants.
  • Nuit étoilée: préservation de zones de nuit noire, réserves de ciel étoilé… la nuit se met en valeur auprès des adeptes de plus en plus nombreux.
  • Slow Travel: on doit s’attendre à voir davantage d’entreprises promouvoir le déplacement lent (voyage en train, par exemple) comme un élément important du séjour, sinon le plus important.
  • Tourisme de la dernière chance: il s’effectue dans des destinations qui risquent de disparaître dans un avenir plus ou moins rapproché compte tenu des changements climatiques (mont Kilimanjaro; les Everglades, la grande barrière de corail, la ville de la Nouvelle-Orléans, la forêt amazonienne, Churchill et ses ours polaires, les îles Galapagos, etc.).
  • Tourisme polaire.
  • Tourisme religieux ou spirituel.
  • Tourisme sombre: il s’effectue dans des destinations associées à la mort ou à la souffrance.
  • Tourisme spatial: il se développe principalement en Afrique du Sud, où on élabore actuellement une technologie spatiale de classe mondiale.
  • Volontourisme. L’expérience ultime: maximiser l’impact positif du voyage et en minimiser les répercussions négatives.
  • Voyages à saveur locale: ils s’inscrivent dans la tendance des consommateurs qui recherchent l’authenticité. Ils visent la communication entre les touristes et la population locale. Un nouveau site Web (www.localtravelmovement.com) entièrement dédié à cette forme de voyage a vu le jour récemment.
  • Voyages de privation de confort: les Nord-Américains troqueront les vacances de relaxation pour des expériences de transformation physique et mentale incluant des retraites de mise en forme extrême, avec 10 heures par jour d’exercices;
  • Voyages en solo: la sortie de films emblématiques comme Mange prie aime (v. f. de Eat pray Love) procurera un nouvel élan aux voyages introspectifs en solitaire. De plus en plus de voyageurs se plaisent à suivre les traces de l’auteure et  à explorer le monde de façon indépendante. Un nombre croissant d’établissements d’hébergement soutiennent cette tendance en offrant des prix et des services adaptés à cette clientèle.

Sources:
– «Bleisure travel: the best of both worlds», The Sunday Times, 21 avril 2010.
– «Cox & Kings USA Announces 2011 Top 10 Travel Trends», 4 octobre 2010.
– «European Ecotourism Conference: Green Travel Trends for 2011», 6 octobre 2010.
– American Express. «Increased Airfare and Hotel Rates Across the Globe Expected for 2011», communiqué de presse, 22 octobre 2010.
– Bill Briggs. «Some hotel chains ditching the front desk», 28 octobre 2010.
– David Wilkening. «Airport packages a holiday trend», 29 novembre 2010.
– Global Travel and Tourism Research, Euromonitor International. «Global Trends Report – 2010», 10 novembre 2010.
– IPK International. «ITB World Travel Trends Report 2010/2011», Messe Berlin GmbH, décembre 2010.
– Peter Yesawich. «Insights December 2010 – Are we there yet?», 29 décembre 2010.
– Sarah Staples. «Hotels get healthy: top 10 trends», The Globe and Mail, 30 novembre 2010.
– TripAdvisor. «TripAdvisor Unveils 2011 Travel Trends Forecast», communiqué de presse, 9 novembre 2010.

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Tendances Tourisme durable

Écotourisme urbain: des villes se réapproprient leur héritage naturel

Souvent contesté et encore peu mis en pratique, l’écotourisme urbain offre de nouveaux modes de gestion et de développement de l’activité touristique en ville. C’est une manière de verdir son image en utilisant et en préservant les richesses environnementales et humaines des destinations. Quelques villes explorent déjà cette voie et peuvent en inciter d’autres à créer et améliorer leur offre touristique. L’expansion des villes a chassé la nature, il est peut-être temps de la réintégrer!

Écotourisme urbain: émergence d’une nouvelle offre touristique

L’OMT considère l’écotourisme comme un segment de marché du «tourisme durable» favorisant l’observation, l’appréciation, l’interprétation, l’éducation et l’étude du milieu naturel, de ses paysages, de sa faune, de sa flore et de ses habitants. Or, cette définition limite la portée de l’écotourisme ainsi:

  • La superficie des sites non habités est restreinte.
  • L’aspect éducatif est limité à une population qui est déjà «convertie» aux principes du développement durable, puisqu’elle entreprend déjà ce genre de voyage.
  • D’un point de vue puriste, l’écotourisme doit protéger les espaces naturels. Or, il les rend accessibles et ne garantit en rien l’absence totale d’impacts écologiques ou sociétaux. Sa venue provoque même parfois le développement d’infrastructures d’hébergement et de transport aux alentours de ces zones fragiles.
  • La viabilité économique du modèle de gestion peut être menacée, car la croissance est limitée par un volume qui se veut de petite échelle.

Convaincus que ce sont davantage les pratiques plutôt que le milieu visité qui influent le plus sur la «durabilité» des ressources, plusieurs experts proposent une forme plus élargie de l’écotourisme: l’écotourisme urbain.

Selon eux, ce concept présente certains avantages si on le compare à l’écotourisme traditionnel, tels que l’utilisation d’une infrastructure déjà existante, le potentiel d’éduquer et de sensibiliser un plus grand nombre de visiteurs ainsi que les résidants aux pratiques durables. Il offre aussi une structure financière plus viable, vu qu’il dépend moins de la saisonnalité dont souffrent souvent les sites naturels et qu’il permet d’atteindre une plus grande capacité d’accueil.

Exemples de développement de l’écotourisme dans un contexte urbain

Source: penguins.co.nz

Oamaru est une ville située sur la côte est de la Nouvelle-Zélande qui a développé un projet écotouristique urbain basé sur la conservation et l’observation des pingouins «The Oamaru Blue Penguin Colony». La colonie de pingouins a vu le jour lorsque certains de ceux-ci ont utilisé une ancienne carrière comme lieu de nidification. Des volontaires ont alors décidé de nettoyer la zone et de l’ériger comme habitat de reproduction des pingouins. Aujourd’hui, le site est l’attraction touristique la plus importante d’Oamaru et est visitée par plus de 75 000 personnes par an.

Le site offre deux types de visites: un tour de jour pour observer les nids des pingouins et une visite nocturne commentée pour assister à leur retour sur la plage au coucher du soleil. Cette dernière est importante pour la région, car elle génère des nuitées supplémentaires, les visiteurs dormant très souvent en ville après l’activité.

Les pingouins font l’objet d’un suivi quotidien et une deuxième colonie située à proximité, mais non accessible au public, permet de comparer et de mesurer les impacts du tourisme sur le développement de la colonie.

Source: sanctuary.org.nz

En 1995, la «Karori Reservoir Wildlife Reserve» a vu le jour dans une vallée boisée à Karori, à 10 minutes du centre-ville de Wellington, capitale de la Nouvelle-Zélande. La réserve est un sanctuaire pour plusieurs espèces animales rares et menacées d’extinction, dont certaines ont été déménagées et réintroduites sur le site. Le programme de cette restructuration écologique s’étend sur 500 ans et a pour ambition de rendre le site aussi près que possible de ce qu’il était avant l’arrivée des humains.

La réserve est une OBNL gérée par un groupement communautaire et a ouvert ses portes aux visiteurs en 2001. Des tours guidés y sont organisés, incluant des visites nocturnes et à l’aube. Le Visitor Centre renseigne les touristes sur la géologie ainsi que sur l’histoire naturelle et humaine de la réserve. Ces derniers peuvent même participer au projet en devenant membre de la réserve ou en effectuant du bénévolat. La réserve, également désignée Zealandia, est devenue une attraction touristique importante pour Wellington et a inspiré d’autres projets à travers le pays tel  que l’écoattraction «Maungatautari Restoration Project».

Des idées urbaines qui flirtent avec l’écotourisme

Certaines destinations ont osé mettre sur pied des projets qui pourraient, dans une certaine mesure, être assimilés à l’écotourisme. La créativité, l’originalité et la vocation de ces initiatives sont très inspirantes.

Source: jardindart.com

À titre d’exemple, dans le but de varier son offre écotouristique et de sensibiliser le public à la conservation de la nature, le Maroc s’est doté d’un Festival de l’art du jardin: le Jardin’Art. Cette manifestation culturelle, scientifique et éducative est dédiée à l’univers du jardin et aux différents métiers du jardinage. L’évènement consacre une large place à l’éducation environnementale et à l’écotourisme, aux activités pédagogiques et ludiques, ainsi qu’à des ateliers artistiques destinés aux enfants. Conférences, tables rondes et projection de films sont au programme pour sensibiliser le public et les visiteurs à la richesse et à la valeur patrimoniale, historique et écologique des espaces verts. L’évènement se décrit comme une œuvre éphémère qui vise un impact durable. L’édition 2009 était une réflexion stratégique sur la thématique «jardins et écotourisme».

Source: inhabitat.com

Cette fois, cap sur la Suisse où un musée des arbres vient d’ouvrir ses portes sur le terrain d’un monastère datant du 14e siècle dans Rapperswil-Jona, la ville des roses sur le lac de Zurich.

Le moins qu’on puisse dire est que la nature y est à l’honneur en pleine ville. Le musée est en fait une exposition en plein air d’environ 2000 arbres disséminés sur deux acres et demie de terrain. L’édifice du musée se veut également vert et a été construit selon des principes écologiques limitant au minimum la production d’effets négatifs sur l’environnement. Plusieurs variétés d’arbres provenant de plusieurs endroits différents s’y dressent fièrement pour le bonheur des visiteurs.

À Montréal, au cœur même du Jardin botanique se trouvent l’Arboretum, qui compte 7000 spécimens d’arbres ainsi que la Maison de l’arbre, qui est un centre d’exposition et d’interprétation ayant pour mission de sensibiliser le public aux rôles prépondérants des arbres et des forêts.

Toujours au Québec, le parc de la Rivière-des-Mille-Îles, à Laval, est un autre exemple d’attraction écotouristique urbaine. Celui-ci abrite un refuge faunique, un centre d’interprétation et mène des actions de protection et de conservation des richesses naturelles du site.

Bien qu’il soit difficile d’associer l’écotourisme aux villes, il n’en demeure pas moins que cette réflexion ouvre de nouveaux horizons. Que savons-nous de nos écosystèmes urbains? Pouvons-nous les valoriser, conserver leurs richesses, les rendre accessibles sans nuire à leur pérennité et informer les visiteurs de leur existence et de leur fonctionnement? Pouvons-nous réintroduire la nature en ville et verdir nos expériences urbaines?

Sources:

  • Benchaâb, Abderrazzak. «Écotourisme urbain: les jardins en passe de devenir de nouveaux pôles attractifs pour les touristes ? Le Maroc y croit». Le Journal de l’écotourisme, Le Monde, 11 octobre 2009.
  • Higham, James et Lüvk Michael. «Urban ecotourism: A contradiction in terms?», Journal of Ecotourism, 29 mars 2010.
  • Justa, Aditi. «Switzerland welcomes world’s first tree museum with open arms», ecofriend.org, 11 Juin 2010.
  • N. Okech, Roselyne. «Developing urban ecotourism in Kenyan cities: A sustainable approach.» Journa of ecology and Natural Environment, vol 1, avril 2009.
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Segments de clientèles Tendances

Que se passe-t-il du côté des voyages de motivation?

Ayant fait ses preuves auprès des grandes entreprises, le voyage de motivation est encore considéré comme un outil profitable aux yeux des dirigeants. Cependant, on note qu’au Canada, la crise économique n’a pas épargné ce secteur d’activité, et qu’il pourrait être difficile de reconquérir le plus important marché international du pays, les États-Unis.

Plusieurs termes pour définir un même concept

Également connu sous le nom de voyage de stimulation ou d’incentive, le voyage de motivation est utilisé par les entreprises dans le but d’atteindre des objectifs précis. Comme il est créé sur mesure, il propose une expérience unique selon des besoins et un budget prédéterminés.

Une entreprise peut offrir un voyage de motivation à son personnel, à un distributeur, à un partenaire ou même à un fournisseur. Bien que le but ultime soit de stimuler les affaires, d’autres objectifs peuvent être identifiés:

  • récompenser et remercier;
  • améliorer la productivité;
  • définir des stratégies de vente;
  • accroître l’engagement envers la compagnie;
  • augmenter les profits de l’entreprise;
  • créer de solides liens au sein d’un groupe et faciliter le réseautage;
  • stimuler la loyauté et aviver l’implication;
  • inculquer les valeurs et la vision de l’entreprise;
  • établir un esprit de confiance;
  • décupler l’avantage concurrentiel de l’entreprise.

Il n’est pas rare que l’on associe le concept de voyage de motivation aux réunions et aux congrès, puisqu’ils sont parfois combinés au sein du même déplacement. D’ailleurs, les indicateurs de performance unifient régulièrement ces trois types de voyage afin d’en mesurer les retombées économiques. On parle alors du marché des réunions, des congrès et des voyages de motivation (RCVM).

Les effets de la crise économique sur le marché des voyages de motivation

La crise économique a durement touché le marché international des voyages de motivation. Même si l’industrie retrouve graduellement un certain optimisme, on observe de nouvelles tendances résultant de ces temps plus difficiles. En voici quelques-unes:

  • Les entreprises attendent avant de procéder à leurs réservations; certaines veulent profiter des ventes de dernière minute ou des forfaits bon marché.
  • On coupe dans le plaisir et on augmente les périodes de travail. En d’autres termes, on profite davantage du voyage de motivation pour faire des affaires.
  • On exige un retour sur investissement. Plus que jamais, chaque dollar investi doit rapporter.
  • Les entreprises favorisent des destinations domestiques, émergentes ou optent pour des croisières.
  • Les entreprises s’en tiennent à l’essentiel. Les activités de luxe sont moins valorisées que de pures activités de team-building.

À Montréal, Chef en Vous est un bon exemple d’activité culinaire pouvant s’inscrire dans un programme de voyage de motivation tant local qu’international. L’entreprise répond aux besoins de ses clients à la recherche d’installations pour la tenue de réunions et d’activités de cohésion d’équipe par la participation à des défis variés. La vidéo suivante illustre bien le concept.

Source: chefenvous.com

Les Américains, un marché convoité par le Canada

Dans son bilan de l’année 2009, la Commission canadienne du tourisme (CCT) mentionnait que le marché américain des RCVM d’une nuit ou plus était le deuxième plus important marché étranger pour le pays, le premier étant le marché américain des voyages d’agrément d’une nuit ou plus. Il représentait 1,7 million de touristes et près de 1,4 milliard CAD (graphique 1). Même si ces dépenses ont diminué de 15% par rapport à 2008, on note que parmi les principaux marchés de la CCT, le marché des RCVM est celui où les dépenses par nuitée sont les plus élevées, soit 243 CAD. Voilà ce qui explique l’intérêt de ce marché.

La récession économique a ajouté un niveau de difficulté aux relations d’affaires avec les clients américains. En effet, dans son deuxième rapport trimestriel de 2009, la CCT annonçait que la crise aurait provoqué la mise à pied de plusieurs planificateurs de réunions, la réduction ou l’abolition des voyages de motivation par certaines sociétés et aurait favorisé les destinations américaines au détriment de lieux internationaux.

Avantage concurrentiel des lieux offrant un fort impact

Que l’on parle d’un lieu domestique ou international, pour les organisateurs de voyages de motivation, choisir la bonne destination représente un élément clé. Même si les coûts serviront à faire une présélection, ils arrêteront leur choix final sur un emplacement qui marquera les participants, afin que l’expérience reste gravée dans leur mémoire le plus longtemps possible.

Au Canada, l’offre incentive se concentre particulièrement sur les thématiques suivantes: la culture, la gastronomie, les villes, les spas, la nature et le plein air. La beauté de l’hiver est particulièrement mise en valeur lorsqu’on parle d’activités à fort impact.

Tout le monde y gagne

Expérience constructive pour celui qui l’effectue, stimulation des affaires pour l’entreprise qui l’offre, retombées économiques intéressantes pour la destination; le voyage de motivation sert de levier au profit de tous.

Nous parlons aujourd’hui de l’après-crise avec un certain optimisme, mais un défi persiste: reconquérir le marché américain en plus d’en courtiser d’autres.

Sources:

– Commission canadienne du tourisme. «Tourisme en bref, bilan de l’année 2009».
– Great Hotels Organization. «Trend watch: Top 10 meeting and incentive trends for hoteliers», 8 juillet 2010.
– Incentive Research Foundation. «Incentive industry’s optimism continues to grow in 2010», 14 juillet 2010.
– M&IT magazine. «Tendances 2008 dans les voyages-motivation», 2008.
– Occupational Health & Safety. «Incentive Industry “Cautiously Optimistic” About 2010, Reports IRF», 30 janvier 2010.
– Site International Foundation. «Site Index: Insight into the Motivational Events and Incentive Travel Industry», 26 mai 2010.
– Incentive. «The Incentive Travel Buyer’s Handbook 2009».
– Zheng Xiang et Sandro Formica. «Mapping environmental change in tourism: A study of the incentive travel industry», Tourism Management, vol. 28, no 5, octobre 2007, p.1193-1202.

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Produits et activités Segments de clientèles Tendances

Le tourisme de luxe de l’après-crise: des comportements qui sont là pour durer!

Qu’ils soient fortunés ou consommateurs de luxe occasionnels, les adeptes de ce type d’expérience ont été prudents pendant la récession et ont développé des comportements de voyage qui semblent durer et affecter la dynamique de ce segment de marché. Désormais, ces voyageurs préfèrent être divertis et stimulés plutôt que dorlotés, ils sont de plus en plus sensibles aux principes de développement durable et ils magasinent sur le Web pour dénicher les meilleurs prix. Quels autres changements de comportement touchent ces voyageurs et à quoi doivent s’attendre les intervenants touristiques?

L’impact de la crise

La récession économique a durement frappé le tourisme de luxe, qui a été sanctionné par une baisse importante de son volume de voyages d’affaires. Pour maintenir leurs parts de marché durant la crise, les professionnels du tourisme ont eu recours à un grand éventail de mesures. Se sont alors succédé: promotions, réduction des dépenses, révision des programmes de fidélisation, restructurations organisationnelles, innovation dans les stratégies de réservation (dernière minute, etc.), refonte des politiques de prix, voire la mise sur la glace de projets de développement et d’aménagement.

Le plus difficile est passé…

Maintenant que la période la plus difficile est passée, on constate que ce segment est en tête de liste de l’industrie hôtelière américaine en ce qui concerne la croissance.

Selon Smith Travel Research (STR), le taux d’occupation de l’hôtellerie de luxe a augmenté de 11% pour atteindre 67,7%, comparativement à une progression de 7% pour l’ensemble de l’hôtellerie en mai. Le tarif journalier moyen a augmenté de 2,6%, se situant à 241 USD, et le revenu moyen par chambre a bondi d’à peu près 14% pour s’afficher à 163 USD, contre 57 USD pour l’ensemble de l’industrie.

Les prévisions de STR pour l’hôtellerie de luxe montrent une forte reprise au troisième trimestre de 2010, suivie d’un ralentissement de la croissance au dernier trimestre et au début de 2011.

Bien que l’industrie touristique haut de gamme et de luxe reprenne son souffle, les changements opérés dans les comportements de voyage de la clientèle semblent perdurer.

Certains changements sont là pour rester

Le climat économique des derniers mois n’a pas seulement eu une incidence sur les habitudes de dépenses du segment de voyageurs haut de gamme et de luxe, il a également affecté le type d’expérience qu’ils recherchent.

Avant la crise, l’expérience luxueuse la plus recherchée était de se sentir dorloté mais, depuis 2008, cela n’est plus une priorité. D’autres attentes ont émergé: être «diverti», «stimulé» et «inspiré» sont devenus les nouvelles expériences convoitées (figure 1).

Bien que la clientèle aisée continue de dépenser, la valeur accordée à l’argent a gagné en importance, rendant la cohérence et la justesse des prix essentielles. D’autant plus que ces consommateurs du voyage haut de gamme n’hésitent pas à utiliser le Web pour effectuer des recherches, comparer des offres et réserver en ligne. Selon une enquête menée par The Leading Hotels of the World auprès de 2031 voyageurs provenant de 95 pays, 30% sont inspirés dans leur choix de destination à la suite d’une recommandation d’amis et 20% en naviguant sur Internet.

Au cours des deux dernières années, c’est la clientèle de luxe qui a enregistré la plus forte hausse d’utilisation du Web pour effectuer des réservations (tableau 1).

Les sites d’hôtels haut de gamme et de luxe ont intérêt à améliorer les composantes de l’expérience en ligne, à savoir la facilité de la navigation, l’esthétique, la pertinence du contenu et la simplification du processus de réservation.

L’utilisation croissante du Web dans le segment du luxe a aussi rendu les réservations de dernière minute assez populaires auprès de cette clientèle.

Par souci budgétaire, les formules tout inclus sont recherchées, vu que les dépenses sont contrôlées à l’avance. Dans ce contexte, les croisières sont très prisées et on estime qu’à l’échelle mondiale, 10% de la population aisée entreprend chaque année ce type de voyage.

Autre constat, pour ce segment de marché, Euromonitor rapporte qu’il y a un nombre croissant de femmes qui voyagent seules ou entre amies, et ce phénomène suscite de plus en plus l’intérêt pour des voyages à thématique particulière du type: «women and wine», les séjours d’aventure ou les retraites de santé.

D’autre part, la consommation ostentatoire, jugée inappropriée en temps de crise, a été délaissée, au détriment de l’intégration de principes respectueux de l’environnement et des communautés locales. L’éthique et l’authentique séduisent, et ce ne sont pas juste des mots. Questionné sur le cadeau qu’aimerait recevoir la clientèle de voyages de luxe, plus du quart de l’échantillon a manifesté une préférence pour des objets conçus localement (tableau 2).

Les principes d’individualisation, d’originalité et de distinction découlant de la notion de luxe ont engendré de l’intérêt pour des produits de plus en plus exclusifs. Les voyageurs de luxe en veulent plus pour leur argent et troquent volontiers la banalité contre l’exclusivité. Dans ce sens, plusieurs boutiques d’hôtels se procurent des articles de plus en plus singuliers, quitte à en faire elles-mêmes la conception.

Le luxe suggère aussi personnalisation et intimité. La quête de ces concepts a eu pour résultat l’enrichissement de la gamme d’hébergement, de plus en plus personnalisée par la multiplication de villas individuelles. Celles-ci peuvent faire partie de l’hôtel ou être des résidences privées souvent accompagnées de services d’accueil (majordome, chef cuisinier, etc.).

Proposer des expériences inédites et des prestations uniques nécessite de la réactivité, de l’innovation et la capacité de faire face aux turbulences économiques et au changement des comportements de voyage. La crise aura permis à quelques voyageurs de luxe de découvrir d’autres modes de déplacement et d’hébergement. Certains retourneront vers le service de luxe, mais d’autres seront probablement perdus au profit du haut de gamme ou ils alterneront entre les deux.

Sources

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Marchés géographiques Tendances

Baisse d’intérêt des Américains pour les destinations traditionnelles

Avec 73,2 milliards de dollars de dépenses touristiques à l’étranger, les États-Unis se classent au deuxième rang mondial, derrière l’Allemagne. Tout le monde veut sa part du gâteau, en particulier son proche voisin, le Canada. Mais ce dernier, pour qui les arrivées de touristes américains sont en diminution constante, n’est pas le seul pays à connaître cette déconvenue. Alors que les destinations traditionnelles perdent des plumes auprès de la clientèle américaine, d’autres régions du monde gagnent en popularité.

Après avoir connu des fluctuations, le nombre de voyages internationaux est revenu au même niveau qu’en 2000, soit à 61 millions (graphique 1), selon les données de l’Office of Travel and Tourism Industries (OTTI). Les événements terroristes et le SRAS ont affecté les déplacements à l’étranger au début de la décennie. Après un sérieux bond en 2004, on observait une croissance légère mais régulière alors qu’en 2008, année durant laquelle l’économie s’est détériorée à l’automne, on prenait déjà la pente descendante. En 2009, le tourisme international américain connaissait sa baisse la plus marquée avec 3,5% de moins qu’en 2008.

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Portrait global – Canada, Mexique et outre-mer

Les dix destinations les plus populaires auprès des Américains ont connu un déclin en 2009 par rapport à 2008. Les deux principales destinations, le Mexique et le Canada, ont subi des baisses respectives de 4% et de 7%. Notez que les autres destinations sont précisées subséquemment.

Pour expliquer les résultats de 2009, mentionnons le taux de chômage, qui avait dépassé 10% en octobre 2009, et ce, pour la première fois depuis 1983. Le revenu moyen des ménages était en diminution et comme plusieurs peinaient à régler leurs dépenses de base, le tourisme en a forcément souffert, comme beaucoup d’autres industries.
Depuis 2002, on observe une croissance des voyages à destination des pays outre-mer qui décline à partir de 2008, une certaine stabilité pour le Mexique et une décroissance pour le Canada (graphique 2).

En ce qui concerne le Mexique, la proximité, la force du dollar américain et la forte proportion de visites de parents et d’amis expliquent en partie la baisse moins marquée des voyages. Cependant, en 2009, l’épidémie de grippe A (H1N1) a affecté le tourisme mexicain.

Le tourisme américain au Canada est en déclin pour la septième année consécutive, à l’exception du court rebond qui a suivi la crise du SRAS en 2003. Cette diminution s’explique par divers facteurs comme le resserrement de la sécurité aux frontières, l’augmentation du coût de l’essence, un taux de change défavorable ainsi que certains aspects démographiques et culturels. Les baby-boomers et les générations plus jeunes considèrent notamment la destination peu excitante.

Lire aussi:
– Ces Américains qui ne nous aiment plus…
– Capsule – Les Américains délaissent les destinations traditionnelles
– Le touriste américain: une espèce en évolution

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L’OTTI traite les données statistiques du Canada et du Mexique indépendamment des autres pays, puisqu’un nombre élevé de déplacements s’effectue en voiture.

Évolution 2000-2009 des destinations outre-mer

Le Canada n’est pas le seul pays à avoir perdu des plumes au cours des dernières années, comme en fait état le tableau suivant.

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Les classiques européens demeurent en tête de liste sur le plan du volume de touristes, mais ils ont connu d’importantes pertes. En fait, l’ensemble de l’Europe de l’Ouest a connu une baisse de 31% du volume de touristes durant cette période.

Les Caraïbes sont toujours plus populaires (augmentation de 47% de 2000 à 2009);  ses principaux acteurs sont la Jamaïque et la République dominicaine.

L’Asie dans son ensemble connaît une forte croissance (29% de 2000 à 2009). Le Japon conserve un bilan positif lorsque l’on compare 2009 à 2000, et les années 2006 à 2008 ont été particulièrement profitables. La Chine attire aussi de plus en plus de voyageurs, mais on compte moins de voyages en 2009 que durant les années 2005 à 2008. Mentionnons également les hausses fulgurantes de l’Inde et de la Malaisie. Ce dernier pays a dénombré en 2009 667 000 visiteurs, soit davantage que la Grèce.

L’Amérique du Sud enregistre une hausse globale de 34%. Le Brésil, entre autres, est un des pays qui poursuit sa croissance (35%). Le gouvernement du pays a déployé des mesures proactives pour encourager les déplacements, tant en matière de marketing que d’incitatifs pour les compagnies aériennes. Les pays d’Amérique centrale connaissent aussi une forte hausse (45% en 2009 par rapport à 2001).

Avec les développements touristiques majeurs que l’on connaît dans certains pays comme les Émirats arabes unis, la Turquie et l’Égypte, le Moyen-Orient a augmenté sa part de marché de 39% entre 2000 et 2009, et ce, malgré une forte diminution du tourisme à la suite des événements de septembre 2001.

Enfin, l’Australie et la Nouvelle-Zélande font partie des destinations qui ont perdu des parts de marché depuis 2000, subissant des baisses respectives de 10% et 37%.

Constats et conjectures

Constatant que les destinations traditionnelles sont moins populaires et que d’autres plus exotiques gagnent en popularité, deux hypothèses se dessinent concernant les voyages d’agrément:

  • la part d’Américains plus traditionnels dans leur choix de destination et ceux qui ont pour habitude de voyager près de chez eux a diminué, affectant ainsi les arrivées dans les destinations internationales classiques et limitrophes;
  • l’autre part d’Américains, ceux qui voyagent inconditionnellement, a grandement diversifié son éventail de destinations.

Comprendre en partie l’évolution des flux touristiques permet d’élaborer de meilleures stratégies. Il semble évident que la séduction du marché américain nécessite de plus en plus la présentation d’une offre de produits renouvelée et d’une stratégie marketing mettant en valeur les nouvelles expériences que propose la destination.

Sources:
– Euromonitor International. «Tourism Flows Outbound – US», Country Sector Briefing, mars 2010.
– Office of Travel and Tourism Industries. «2009 United States Resident Travel Abroad», 2010.
– Office of Travel and Tourism Industries. «U.S. Travel Abroad Declined Three Percent in 2009», 28 juin 2010.
– Organisation mondiale du tourisme. «UNWTO Word Tourism Barometer», volume 8, numéro 2, juin 2010.

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Hébergement Tendances

Au menu aujourd’hui: la santé

Pourquoi l’industrie touristique doit-elle prendre le virage santé? Parce que la clientèle touristique s’en préoccupe et que c’est un positionnement gagnant. De nombreux Québécois sont en mauvaise santé et cela devient préoccupant. Mieux comprendre les tendances en matière d’alimentation affectant votre clientèle ainsi que ses préoccupations vous aidera à adapter l’éventail des mets que vous offrez. Mais peut-être que germera aussi l’idée d’une stratégie de mise en marché concertée…

Plusieurs informations citées dans cette analyse proviennent d’une étude de Transformation alimentaire Québec réalisée en 2009.

État de santé et préoccupations des Québécois

  • Près de 27% des Québécois âgés de 15 à 74 ans considèrent leurs journées assez ou extrêmement stressantes (23% pour les Canadiens). Au travail, cette proportion passe à 37% (contre 29% pour les Canadiens).
  • La proportion d’adultes obèses (IMC de 30 et plus) est passée de 13% en 1990 à 22% en 2004, soit plus d’un adulte sur cinq; 56% des adultes font de l’embonpoint.
  • 62% des Québécois âgés de 20 ans ou plus sont physiquement inactifs.
  • Au Québec, 20 000 décès sont causés par le cancer chaque année. Ce type de maladie est en hausse chez les jeunes adultes de 20 à 29 ans et chez les femmes de 39 ans et moins. De plus en plus d’études confirment les liens entre l’alimentation et le cancer.
  • Si la proportion de maladies cardiovasculaires a diminué au cours des dernières années (de 25% au cours des dix dernières années), elles demeurent responsables du décès de plus de Canadiens que ne l’est toute autre maladie.

Les Québécois se préoccupent donc de plus en plus de leur santé. Leurs principales inquiétudes sont liées à leur forme physique, au stress, à leur poids et au manque d’énergie (graphique 1).

Graphique 1
Principales préoccupations des Canadiens à l’égard de certains aspects de la santé

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Source: Sondage Zins Beauchesne et associés – Ipsos Descarie, 2008

Tendances en matière d’alimentation

Depuis quelques années déjà, l’alimentation santé fait partie des préoccupations des consommateurs et influence l’industrie alimentaire. Parmi un échantillon de personnes ayant décidé de modifier leurs habitudes alimentaires, leurs principales actions sont de boire plus d’eau (77%), manger moins de gras (64%), moins de sucre (59%), plus de fibres (52%), moins de sel (54%) et boire du lait régulièrement (48%). Aussi, les aliments enrichis d’oméga-3, de minéraux ou de vitamines ont la cote; on tend à diminuer la consommation de viande rouge et à opter pour les aliments biologiques.

La qualité des aliments ne doit cependant pas faire ombrage au goût; les choix alimentaires demeurent guidés par la recherche du plaisir. Le consommateur veut découvrir de nouvelles saveurs. La gastronomie, plus présente que jamais, et le mouvement slow food contribuent à faire découvrir et apprécier les produits du terroir, spécialisés ou exotiques.

Les produits du terroir ou régionaux répondent aux besoins d’authenticité et de qualité des consommateurs. De plus, la provenance des aliments compte de plus en plus. Les achats locaux sont populaires, tant pour minimiser l’impact sur l’environnement qu’à cause des scandales alimentaires (listériose, vache folle, etc.), ou encore par solidarité envers l’économie locale. Notons à cet effet l’engagement du gouvernement du Québec, par exemple avec la campagne «Mettez le Québec dans votre assiette». Plusieurs de ces tendances alimentaires sont influencées par la télévision et les restaurateurs de renom.

S’il n’y a pas de montée notable du végétarisme pur, il y a néanmoins une croissance de ce qu’on appelle le flexarisme, c’est-à-dire une diète riche en grains, en fruits et légumes, mais comportant un apport de viande à l’occasion.

L’industrie alimentaire tend également à segmenter ses consommateurs, une tendance que les restaurateurs tardent à suivre. On remarque de plus en plus de produits s’adressant spécifiquement aux femmes enceintes, aux enfants, aux personnes souffrant d’allergies, aux personnes ayant des prédispositions aux maladies cardiovasculaires et autres.

Plus globalement, l’influence des baby-boomers, le manque de temps des consommateurs, leur sensibilité au prix et leur infidélité aux marques, l’ouverture à l’immigration et aux voyages sont quelques-unes des tendances de consommation qui affectent les habitudes alimentaires. Enfin, les médias contribuent à conscientiser les populations.

Un «vrai» menu santé

Pour qu’un menu suive le virage santé, la créativité doit y figurer. Il ne s’agit pas de tout modifier, mais plutôt de mieux faire les choses. Voici quelques idées en vrac:

  • Offrez de nouvelles recettes, mais aussi des versions revisitées de recettes traditionnelles. Par exemple, au restaurant Chez Victor à Québec, on peut substituer la boulette de bœuf par une des cinq boulettes végétariennes offertes (céréales, gruau, végé-pâté, tofu et même aux épinards).
  • Variez les aliments et ne négligez jamais la fraîcheur!
  • Restez simple.
  • Soyez vigilant sur la qualité des gras utilisés.
  • Diminuez votre consommation de sucre et de sel, des bêtes noires de l’alimentation.
  • Des légumes SVP! Dans la restauration moyen de gamme, ils sont souvent sans saveur et dans les restaurants haut de gamme, la quantité est souvent minuscule.
  • Sachez plaire aux personnes âgées.
  • Attirez les végétariens à temps partiel par l’innovation! Les pâtes primavera ne sont pas un mauvais choix mais il s’agit d’un plat peu original. Proposez d’autres plats renfermant des aliments qui remplacent la viande.
  • Choisissez des modes de cuisson affectant le moins possible la valeur nutritive des aliments.
  • Prévoyez un menu pour enfants offrant autre chose que des croquettes de poulet.
  • Privilégiez les producteurs locaux.

Le succès d’un tel virage passe donc par l’innovation dans les produits utilisés, mais aussi par la constance de la mise en marché. Expliquez vos choix et vos changements à votre clientèle afin qu’elle ne se sente pas déstabilisée.

Une perche tendue pour l’industrie touristique?

La clientèle québécoise est donc sensibilisée, mais un réel virage santé dans l’industrie touristique susciterait également des réactions positives auprès des touristes étrangers. Les problèmes de santé des Américains sont bien connus et les Européens se soucient depuis toujours de la qualité des mets qu’ils consomment.

Les industries hôtelière et de la restauration sont de plus en plus haut de gamme, offrent des produits santé, écologiques, achetés localement, biologiques et exotiques. Mais bien que les restaurants n’offrant pas de mets nutritifs tendent à diminuer, il reste du chemin à parcourir. Qu’arriverait-il si l’ensemble de l’industrie touristique se mobilisait vers une alimentation plus saine et qu’elle en faisait un positionnement?

Sources:
– Blouin, Christine et Rose-Hélène Coulombe. «Menu santé, menu d’avenir», Hôtels, Restaurants & Institutions, volume 11, numéro 4, septembre 2007.
– Deraspe, C., DT.P., MBA, J.-P. Sylvain, DT.P. et S. Savoie, Ing. FCSI – Équipe de gestion des opérations des services alimentaires – Genivar. «Êtes-vous d’attaque pour négocier le virage santé», Hôtels, Restaurants & Institutions, volume 13, numéro 4, 2009.
– Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec. «Étude de la dynamique et des tendances des marchés au sein du secteur agroalimentaire québécois», Mapaq.gouv.qc.ca, 2009.

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Gestion Tendances Tourisme durable

Cap sur le tourisme urbain durable

Les villes accueillent plus de la moitié de la population mondiale, et la majorité des touristes les visitent, ou du moins les traversent pour accéder à des destinations plus recluses. L’industrie touristique, qui exerce une pression sur ces zones urbaines, doit se préoccuper des implications environnementales, socioculturelles et économiques engendrées par ses activités.

La prise de conscience générale par rapport aux conséquences des modes de consommation incite le tourisme urbain à s’orienter vers des stratégies de croissance durable non compromettantes pour les générations futures.

Le tourisme durable présente des exigences et des enjeux bien spécifiques

Selon l’Organisation mondiale du tourisme, le tourisme durable doit aussi bien optimiser l’utilisation des ressources environnementales que respecter l’authenticité socioculturelle des communautés d’accueil et assurer à long terme la viabilité financière des investissements.

Or, ce n’est pas faute d’ambition que les villes ne suivent pas ce modèle, mais c’est souvent par manque d’expertise, de leadership ou de modèle de gouvernance fiable et équitable pour encadrer cette nouvelle forme de développement.

Une stratégie de tourisme urbain durable doit répondre aux exigences suivantes:

  • Minimiser l’empreinte écologique des activités touristiques et promouvoir des modes de consommation durables.
  • Créer une infrastructure touristique viable.
  • Concilier les intérêts des habitants et ceux des visiteurs.
  • Préserver le patrimoine culturel, architectural et social dans un contexte de villes en constantes mutations.
  • Gérer la surcharge des lieux touristiques.
  • Encourager un développement économique viable à long terme et offrant de bonnes possibilités d’emploi.
  • Éviter l’apparition de phénomènes de ghettoïsation et d’espaces exclusivement touristiques qui créent une discontinuité de la vie urbaine locale.
  • Avoir une politique de transport «verte» et viable pour contrer les effets négatifs des déplacements (pollution, bruit, encombrement des routes, problèmes de stationnement, etc.).
  • Trouver le moyen de mobiliser les intervenants de l’industrie touristique autour d’un même objectif, bien que la nature de cette dernière soit très fragmentée.

La liste n’est pas exhaustive, mais elle témoigne de la complexité des enjeux et de la nécessité que les parties prenantes impliquées, à savoir les offices de tourisme, le gouvernement, les entreprises touristiques et les résidants, pour ne citer que ceux-là coordonnent leurs interventions. L’entente sur un modèle de gouvernance est un grand défi pour ces partenaires, qui ont parfois des intérêts opposés.

Des destinations qui franchissent le pas

L’application des pratiques de développement durable du tourisme dans un environnement urbain est un concept relativement nouveau, mais certaines villes se sont déjà lancées dans l’aventure.

Dès 1996, la Green Tourism Association (GTA) a largement contribué à la diffusion d’une image plus «verte» de Toronto, grâce à la réalisation de deux projets prônant l’application des principes du tourisme durable:

  • L’édition, en 1999, d’une carte (The Other Map of Toronto) qui relie les sites et les activités touristiques à l’environnement.
  • Le lancement d’un guide (The Other Guide of Toronto), dont l’objectif était de fournir des informations sur les nombreuses possibilités de tourisme durable à Toronto. La richesse des histoires sociales et environnementales des quartiers y est mise en valeur et une section pédagogique explique comment voyager «vert».

Ces initiatives ont connu un franc succès et ont servi d’outils pour commercialiser le concept de durabilité urbaine auprès des touristes et des résidants de la ville.

À son tour, Edinburgh Tourism Action Group (ETAG) a élaboré une stratégie appelée SUTS: Sustainable Urban Tourism Strategy, qui vise à ce qu’Édimbourg devienne la destination touristique la plus durable de l’Europe du Nord d’ici 2015. La SUTS identifie les trois champs d’action les plus importants comme suit:

Afin de préserver son héritage culturel et naturel, la ville d’Édimbourg encourage les entreprises à réduire ou à compenser leurs émissions de carbone. Le projet «climate friendly events», visant la tenue de congrès respectueux de l’environnement, en fait partie. D’autre part, la ville encourage la promotion du patrimoine naturel et culturel comme raison de visite. Dans le souci de maintenir la cordialité et un climat propice à l’échange entre les résidents et les touristes, la ville promeut les avantages issus du tourisme tels que l’amélioration des transports et des installations, la tenue d’événements divers et la stimulation culturelle. La campagne «Tourism is Everyone’s Business» en est un bel exemple. Pour rehausser la qualité des services offerts, Édimbourg s’investit afin de valoriser le tourisme pour attirer des employés compétents et prêts à considérer cette industrie comme premier choix de carrière.

Comme le développement durable doit inclure chaque personne, la problématique de l’accessibilité est aussi prise en compte, et la ville met l’accent sur l’inclusion sociale pour que la majorité de la population puisse profiter des activités et des événements gratuits. La ville se dote également d’infrastructures accessibles aux personnes à mobilité réduite.

Édimbourg a adopté une stratégie d’ensemble qui canalise et coordonne les différentes initiatives. D’autres villes mènent des actions sporadiques, mais qui sont tout de même de bons exemples:

Source: mobilito.at

Mobilito: La ville de Salzbourg en Autriche a mis en place une centrale de transport mettant à la disposition des touristes des options alternatives de déplacement. Le système inclut le réseau ferroviaire européen, les transports en commun de la région, les réseaux autrichiens nationaux de bus et de trains, les centrales de taxi et les points de location de véhicules électriques non polluants. La centrale est accessible en ligne, par téléphone et a également pignon sur rue.

Source : parkandride.net

Park and ride: Ce concept nous vient du Royaume-Uni. Il privilégie des stationnements d’accueil à l’entrée des villes, où le visiteur peut laisser son véhicule durant son séjour. Un système de transport en commun lie l’espace de stationnement au centre urbain.

Le tourisme durable urbain offre une valeur ajoutée à la promotion des villes. Il leur permet d’enrichir leur offre touristique, alors susceptible d’attirer une nouvelle clientèle ou de conforter la clientèle existante dans ses choix de consommation. Nos villes sauront-elles se démarquer à leur tour?

Sources:
– Bintner, Martine. «Le tourisme durable urbain», Institut de gestion de l’environnement et d’aménagement du territoire, 25 juillet 2002.
– Dodds, Rachel, Anna Gibson, Marion Joppe et Brian Jamieson. «Ecotourism in the city? Toronto’s Green Tourism», Emerald Journal of Contemporary Hospitality Management, 2003.
– Dodds, Rachel et Marion Joppe. «Promoting urban green tourism: The development of the other map of Toronto», Journal of vacation Marketing, 2001.
– «Sustainable Urban Tourism Strategy», Edinburgh Tourism Action Group, 29 octobre 2008.
– Yi-Yen Wu, Hsioa-Lin Wang et Yu-Feng Ho. «Urban ecotourism: Defining and assessing dimensions using fuzzy number construction», Tourism Management, 2009.

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Ailleurs dans le monde Hébergement Tendances

Confort, design, urbanité et petits prix: le nouveau créneau de l’hôtellerie économique

Le secteur de l’hôtellerie économique est en plein essor, principalement en Europe. En fait, les termes «économique» et «budget» ne sont plus synonymes de bas de gamme ou défraîchi. Ce type d’hébergement offre plutôt une gamme d’établissements allant du plus petit budget au luxury budget, où les moindres détails font la différence. Les auberges de jeunesse flirtent avec ce secteur qui embrouille les règles de la classification. Une révolution? Peut-être pas. Une prise de conscience? Certainement.

Le terme hôtel économique est souvent utilisé mais rarement défini. Cela va du dortoir de lits superposés à l’hébergement moyen de gamme vendu sous l’étiquette économique, dans le but d’obtenir un meilleur taux d’occupation. La mode actuelle est aux chambres de petite taille (une moyenne de 18 pieds carrés, selon la firme PKF) incluant un lit très confortable, alors que le hall d’entrée est un lieu de rencontres permettant l’enregistrement, la communication, l’amusement, le travail ainsi que la restauration. Les salles de bains avec douche vitrée ont la cote, ou sont plutôt un impératif par rapport aux baignoires comportant un rideau en tissu, où le pommeau pluie ou multijets est de mise. Chaque détail du design et des services offerts permet de se démarquer de la concurrence. Par exemple, les petits déjeuners sont-ils composés d’ingrédients froids seulement ou, mieux, d’un buffet chaud? Quelle est la qualité du pain, du café, des jus et la variété des plats offerts?

Depuis l’apparition des hôtels CitizenM ou Motel One, il est possible de séjourner dans un endroit confortable et ayant du style à faible coût (à partir de 59 euros).

Source: www.motel-one.com

Source: www.citizenm.com

On se moque de la crise économique

En Europe plus particulièrement, la crise économique semble avoir favorisé le secteur de l’hôtellerie économique. En effet, la croissance auparavant en faveur des établissements quatre ou cinq étoiles a basculé vers les chambres à une ou deux étoiles. Bien sûr, le succès varie d’une entreprise à l’autre, mais mentionnons le groupe B & B Hotels, numéro trois français de l’hôtellerie économique, qui a défié la crise financière l’an dernier. Celui-ci a réalisé un chiffre d’affaires de 180 millions d’euros, en augmentation de 10,9% par rapport à 2008. Le président, Georges Sampeur, estime que «la crise valide le positionnement» de la chaîne, qui se veut low cost et de qualité. «Nous avons encore gagné des parts de marché», ajoute-t-il. La chaîne de 216 hôtels, dont 182 en France, poursuivra son développement paneuropéen.

À l’échelle mondiale, pour 2009, les résultats de l’hôtellerie économique présentent néanmoins une baisse.

Les étoiles… quelles étoiles?

Les règles de la classification sont confondues: une chambre de petite superficie comporte un matelas d’excellente qualité et une salle de bains très moderne. Si un établissement ou une chaîne combine des caractéristiques propres à différentes catégories d’hébergement, le nombre d’étoiles ne veut plus rien dire. Sa marque devient donc l’élément distinctif. C’est une des raisons pour lesquelles la classification n’est pas appliquée à de nombreux hôtels économiques en Europe.

Les auberges de jeunesse s’en mêlent

Les auberges de jeunesse font la concurrence aux hôtels deux étoiles. Les dortoirs négligés sont révolus et remplacés par des chambres de qualité à quelques lits et à prix raisonnable. L’exposition ITB Berlin reflétait d’ailleurs la vitesse à laquelle cette tendance prend forme par la taille et la diversité de l’espace Economy Accommodation. Chaînes hôtelières, auberges de jeunesse, designers, portail Internet et associations étaient présents. Un autre exemple de l’importance de ce phénomène est l’association STAY WYSE (acronyme de Safe Travel Accommodation for Youth et World Youth Student & Educational Travel Confederation), qui regroupe 108 membres dans 18 pays. Une étude menée par WYSE indique que 60% des jeunes voyageurs séjournent dans des auberges de jeunesse et que 40% choisissent des hôtels économiques accueillant aussi des familles et des gens d’affaires. Ajoutons que le nombre de séjours de cette clientèle est passé de 160 millions en 2005 à 180 millions en 2008.

La tendance à l’amélioration de la qualité diminue l’écart entre les auberges de jeunesse et l’hôtellerie économique. D’ailleurs, un des membres de STAY WYSE opère sous deux bannières: A&O Hostel et A&O Hotel, selon la clientèle à laquelle il s’adresse.

La crise financière a accéléré ce rapprochement. Cela dit, cette tendance avait débuté bien avant avec, par exemple, les hôtels Meininger. Ce groupe d’auberges établi en 1999 a rapidement constaté la demande de confort dans le secteur de l’hôtellerie économique et a graduellement révisé sa stratégie pour faire évoluer son concept d’«auberge» à «hôtel». Le but de leur slogan «Meininger – the urban traveller’s home» est clair: ils ne s’adressent pas uniquement aux backpackers.

Et au centre-ville, SVP!

L’hôtellerie économique en pleine ville, très rare auparavant (à l’exception des auberges de jeunesse), est en plein essor, principalement en Europe. Les chaînes situées aux abords des autoroutes offrent un produit très standardisé, souvent sans personnalité. Le groupe Motel One, basé à Munich, s’est rapidement développé dans les centres-villes allemands sous le concept «a lot of design for very little money», concept aujourd’hui copié. Mentionnons également les établissements Easyhotel, situés en plein cœur de Londres et d’autres capitales européennes, ainsi que les cityhotels NiteNite ou Big Sleep Hotel, également au Royaume-Uni.

Source: www.thebigsleephotel.com

Plus que timides en Amérique du Nord

Ce type d’hôtellerie, qui est de plus en plus développé en Europe, tarde à rejoindre les marchés nord-américains. Ici, les gîtes et l’hôtellerie trois étoiles sont plus largement répandus et offrent un produit intéressant, mais on ne trouve que peu d’hôtels économiques proposant un concept moderne, design et adapté à diverses clientèles. Les hôtels Alt se rapprochent de ce concept en étant toutefois légèrement plus haut de gamme. La tendance semble gagner doucement New York avec des établissements comme le Broadway Hotel, qui propose à la fois des chambres individuelles et des dortoirs.

Source: www.broadwayhotelnyc.com

Est-ce que ce secteur révolutionnera l’industrie hôtelière comme les compagnies aériennes low cost l’ont fait au cours de la dernière décennie? C’est un dossier à suivre, mais rappelons qu’il répond tout à fait aux goûts et aux besoins des générations X, Y et des flashpackers.

Lire aussi: Connaissez-vous les flashpackers?

Sources:
– EhotelMarketing. «B & B Hotels snobe la crise et s’européanise», le 27 avril 2010.
– Pütz-Willems, Maria. “A Lot of Comfort for Very Little Money: The Budget Market Is Booming: Increasing Competition Between Hostels and Hotels”, Special Press Release, ITB Berlin 2010.
– Travel Click. “Hotel Market Performance”, eMonitor, consulté en 2010.
– Wilkening, David. “NYC Hostel Paving the Way to Hotel-Like Services?”, 11 mai 2010.

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Ailleurs dans le monde Produits et activités Tendances

Nouvelles tendances et pratiques pour le tourisme catholique

Au-delà du pèlerinage traditionnel, le tourisme religieux moderne se décline sous plusieurs formes. Ainsi, de nouvelles expériences touristiques voient le jour pour satisfaire des voyageurs aux motivations diverses, qu’ils soient de fervents croyants ou simplement des passionnés d’architecture ou d’art religieux qui visitent des cathédrales. Dans cette mouvance, qu’en est-il de l’évolution du tourisme catholique? Quelles nouvelles pratiques voit-on émerger et quelles expériences touristiques propose-t-on pour les faciliter?

L’espace physique religieux

Historiquement, les protestants ont rejeté l’idée que certains lieux étaient sacrés et d’autres profanes. Cela a permis au tourisme religieux protestant d’innover constamment en matière de développement d’expériences et de nouvelles pratiques. La notion voulant que Dieu est omniprésent élargit l’espace religieux physique et ne le confine plus dans des endroits sacrés tels que les églises ou des «terres saintes».

Aujourd’hui, ces mêmes pratiques protestantes qui se sont développées au fil du temps servent d’options modernes pour le voyage religieux catholique et orthodoxe.

De nouvelles pratiques et un nouveau genre de sites religieux

Bien que l’image du pèlerin parcourant de longues distances dans des conditions rudimentaires ne soit plus d’actualité, les touristes religieux d’aujourd’hui continuent de visiter des sanctuaires, de se nourrir de la force des lieux sacrés et de rechercher des expériences qui les lient au divin.

Ce sentiment de rapprochement peut être vécu sous diverses formes:

Contemplation de l’art architectural. Lors d’un voyage, plusieurs touristes visitent des sites religieux pour en apprécier la beauté esthétique et architecturale, et non seulement par dévotion religieuse. On peut dire que cet important volet du tourisme religieux est surtout répandu en Europe, terre des églises médiévales, dont le raffinement et le patrimoine architectural charment les amoureux de la pierre.

Développement de parcs thématiques (Themed environments ou Christian theme sites). Certains sites, sous forme de parcs d’attractions, reproduisent des scènes bibliques et transportent les visiteurs hors du temps. Citons notamment The Holy Land Experience à Orlando et Nazareth Village en Israël. Ces attractions religieuses de tradition protestante sont également développées pour d’autres religions. Tierra Santa en Argentine non loin de la capitale Buenos Aires,  en est un exemple.

Conférences et congrès. Les gens assistent à des rassemblements et à des colloques religieux pour plusieurs motifs: célébration de cérémonies, accomplissement de rituels, apprentissage ou simplement communion avec ses semblables. Le rassemblement pour la Journée mondiale de la jeunesse (JMJ), célébrée dans chaque diocèse le dimanche des Rameaux, en est un bel exemple. En 2011, c’est Madrid qui recevra les célébrations de la JMJ, pour lesquelles plus d’un million et demi de jeunes sont attendus.

En avril dernier, plus de 100 000 participants étaient attendus à la Latter-day Saints (LDS) General Conference à Salt Lake City.  Cette conférence traduite en 92 langues se tient deux fois par année, en octobre et en avril. Elle est aussi filmée et diffusée à travers plusieurs médias.

Le volontourisme religieux. On distingue le bénévolat sur des sites chrétiens de la participation à des projets d’aide humanitaire. Par exemple, la préservation de la Tombe du jardin (Garden Tomb), site où Joseph d’Arimathie aurait enterré Jésus après sa crucifixion, repose presque exclusivement sur la charité et le dévouement de bénévoles chrétiens qui viennent travailler sur le site. L’aide humanitaire, en revanche, se caractérise par des missions de courte durée souvent réalisées par des congrégations des pays développés. Elles sont destinées à aider les nécessiteux dans les pays en voie de développement; les activités visent à améliorer la vie de la communauté d’accueil. Il existe aussi des missions de courte durée destinées à exprimer sa solidarité à des communautés chrétiennes minoritaires.

Des spectacles religieux. Certaines représentations dramatiques de la Passion du Christ sont des attractions touristiques très populaires. C’est entre autres le cas de The Oberammergau Passion Play, qui se joue à ciel ouvert tous les 10 ans en Allemagne, en Bavière, et dont la 41e représentation aura lieu cette année. Le spectacle, dont la tradition a été préservée à travers le temps, est présenté depuis 1633. Il dure 5 heures et met en scène 2 000 acteurs. Des forfaits touristiques sont en vente pour assister à l’événement, qui se tiendra de mai à octobre 2010. Il y a également d’autres spectacles, comme The Great Passion Play in Eureka Springs en Arkansas, Hill Cumorah Pageant à New York et The Nativity Pageant of Knoxville.

De nouveaux chemins reprennent vie

Les pèlerinages traditionnels, tels que le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, celui de Sainte Fátima ou encore celui de Canterbury se développent aussi. En effet, l’éclosion du tourisme religieux et l’engouement des admirateurs de saint François d’Assise ont dû être des facteurs motivant la mise en marché touristique, en 2003, du chemin de saint François d’Assise sur une route traversant la France et l’Italie.

Bien que l’idée d’un pèlerinage traditionnel ne nous semble plus d’actualité, il n’en demeure pas moins que les touristes religieux contemporains veulent aussi vivre des expériences sacrées qui les rapprochent du divin, ou tout simplement qui les connectent à la beauté et à l’histoire du lieu visité. Dans cette perspective, il faut tenir compte de leurs motivations et planifier l’offre de produits et de visites en conséquence.

Dans une prochaine analyse, nous nous attarderons sur l’impact de la médiatisation, de l’accroissement de la visibilité et du marketing religieux sur la fréquentation des sites et la renommée des saints qui y sont associés.

Lire aussi:

Sources:

– Amos, S. Ron. “Towards a typological model of contemporary Christian travel”, Journal of Heritage Tourism, novembre 2009.
Garden Tomb, Jerusalem.
Hill Cumorah PageantThe Knoxville nativity.JMJ2011 Madrid.
– Lyman, Kirkland. “Attending General Conference in Salt Lake City”, 4 avril 2010.
Oberammergau 2010 Passion Play Vacations.
– Razaq, Raj. Nigel et D. Morphet. “Religious Tourism and Pilgrimage Management: An International Perspective”, août 2007.
The Great Passion PlayWorld Religious Travel Association.