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Le patrimoine religieux et son héritage architectural

Depuis 1995, le gouvernement du Québec a injecté près de 255 millions de dollars dans la restauration du patrimoine religieux de la province. On remarque ici, comme ailleurs dans le monde, un besoin de se réapproprier l’espace des lieux de culte, parfois laissés à l’abandon, afin de les préserver et de leur redonner vie. Entre le statu quo et la démolition, il existe un éventail de transformations permettant de protéger la symbolique de ces temples sacrés, de la mettre en valeur et de lui rendre hommage. Quelles églises ont fait place au restaurant Le Sacristain de Trois-Rivières, à la salle Bourgie du Musée des beaux-arts de Montréal et à la bibliothèque Memphrémagog de Magog?

Vous pouvez consulter le commentaire de Luc Noppen, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain, au bas de la page.

Paysage immobilier des lieux de culte québécois

On compte 2 751 lieux de culte au Québec, dont 2 023 de tradition religieuse catholique, 238 de tradition anglicane et 532 d’autres religions (certains accueillent plus d’une tradition sous leur toit). Selon le Conseil du patrimoine religieux du Québec (CPRQ), autrefois connu comme la Fondation du patrimoine religieux du Québec (1995-2007), 40% de ces lieux possèdent une forte valeur patrimoniale d’un point de vue architectural, artistique ou historique.

Dans son bulletin d’avril 2012, le CPRQ annonce que 270 lieux de culte québécois, soit 10% de l’ensemble de ces lieux, sont visés par une fermeture, une vente ou une transformation. Ce phénomène touche autant les milieux ruraux que les milieux urbains; les églises bâties entre 1945 et 1975 sont particulièrement concernées. Leur design extérieur aux allures parfois plus modernes de même que leur plus petite superficie intérieure pourraient expliquer ce choix.

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Lorsque l’on observe le paysage québécois, il est possible de deviner l’existence de certains villages par la présence de clochers qui se dessinent à l’horizon. Outre leur caractère sacré, ces temples religieux jouent un rôle de repère territorial et identitaire. Les enjeux relatifs à la destruction ou au changement de vocation des églises sont de toute évidence complexes, en raison de l’emplacement central de ces édifices et de la symbolique qu’on leur associe.

Bien que le Québec se laïcise progressivement, l’héritage immobilier laissé par notre passé religieux touche à la fois les citoyens croyants et les athées. Depuis plusieurs années, de nombreuses communautés de la province joignent leurs forces afin de sauvegarder ce patrimoine, témoin de notre histoire. Cette participation citoyenne est d’ailleurs fortement encouragée par le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine ainsi que par l’Assemblée des évêques catholiques du Québec, qui, ensemble, ont développé un protocole d’entente visant le changement de vocation partiel ou entier de certaines églises.

Le documentaire Ne touchez pas à mon église!, diffusé pour la première fois le 22 février dernier, illustre bien cette volonté de préserver nos lieux de culte à travers l’exemple de la municipalité de Saint-Camille.

 

Source: Ne touchez pas à mon église!

Des exemples inspirants

Depuis longtemps, la fonction des églises québécoises va au-delà de leur vocation religieuse: lieux de rencontre entre citoyens, centres culturels et communautaires, lieux d’enseignement, etc. Cependant, depuis quelques années, on assiste à des transformations majeures qui, en plus de protéger le patrimoine, mettent en valeur le cachet unique de l’architecture de ces lieux de culte. Voici quelques exemples locaux et internationaux.

Hôtel

L’église des Frères mineurs, située à Malines, en Belgique, a reçu un second souffle à la suite de sa désacralisation, puis de sa vente au groupe Martin’s Hotels. Connu sous le nom de Martin’s Patershof, cet hôtel met en valeur sa vocation d’antan avec une touche de modernité depuis 2009. Il compte au total 79 chambres.

 

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Source: Martin’s Patershof

Restaurant

La restauration trouve également sa place dans plusieurs lieux de culte à travers le monde. C’est le cas, entre autres, des restaurants Le Sacristain, situé à Trois-Rivières, The White Rabbit, dans la région de Dempsey, à Singapour, et The Church, à Dublin.

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Sources: Le Sacristain(Trois-Rivières) ; The White Rabbit (Singapour) ; The Church (Dublin)

Les dimensions de certaines églises peuvent aussi favoriser la tenue de grands événements. Par exemple, à Napier, en Nouvelle-Zélande, le restaurant et bar The Old Church se démarque par son volet événementiel et son cadre enchanteur.

 

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Source: The Old Church

Bibliothèque

La conversion d’églises en bibliothèques se fait depuis plusieurs années dans la province. Au début des années 1980, l’ancienne église anglicane St. Matthew de Québec, classée monument historique, est devenue la bibliothèque Saint-Jean-Baptiste. Plus récemment, à l’automne 2011, l’ancienne église Sainte-Marguerite-Marie de Magog a accueilli la bibliothèque Memphrémagog.

 

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Source: Ville de Magog

Salle de spectacle

La qualité acoustique de certaines églises ainsi que leur décor exceptionnel ont incité des communautés ou des promoteurs à transformer leur lieu de culte en salle de spectacle. On peut penser à l’ancienne église Erskine and American devenue la salle Bourgie du Musée des beaux-arts de Montréal, à l’ancienne église méthodiste Wesleyan, devenue le Central Hall Westminster, à Londres, ou encore à l’église Saint-Siméon, à Bordeaux, transformée en salle de cinéma indépendant.

 

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Sources: Salle Bourgie MBAM; Le Central Hall Westminster; Cinéma Utopia (Bordeaux)

La conservation de nos lieux de culte suscite un grand intérêt. Selon Jocelyn Groulx, directeur du CPRQ, «en plus des considérations architecturales et urbaines, la concertation entre les propriétaires et le milieu apparaît comme un facteur de succès incontournable».

Luc Noppen, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain de l’École des sciences de la gestion de l’UQAM et spécialiste internationalement reconnu du patrimoine religieux, explique que le Québec se distingue par une expérience notable en matière de conversion d’églises; l’équipe de recherche qu’il dirige a ainsi déjà recensé plus de 600 de ces bâtiments qui ont changé de vocation. «Le plus difficile reste toutefois à venir, précise-t-il. Car bientôt, c’est pour des églises de grande intensité patrimoniale qu’il faudra trouver de nouveaux usages, chaque fois appropriés à la valeur symbolique de ce que tous considèrent comme des joyaux du paysage construit québécois».

Cette analyse a été rédigée en collaboration avec Caroline Lévesque.

Commentaire de Luc Noppen

Luc Noppen – Titulaire de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain

Luc Noppen est professeur au Département d’études urbaines et touristiques de l’Université du Québec à Montréal depuis 2001; auparavant il a enseigné à l’Université Laval (depuis 1972), au Département d’histoire et à l’École d’architecture. Il a été invité par l’UQAM à devenir le premier titulaire de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain (2001-2008), à l’École des sciences de la gestion.

Spécialiste reconnu de l’histoire de l’architecture et de la conservation architecturale au Québec, Luc Noppen œuvre depuis quarante ans en recherche et enseignement en histoire de l’architecture et en patrimoine; il a à son actif plus de trente livres et plus de trois cents articles, rapports et communications scientifiques. Il dirige et co-dirige un groupe de 25 étudiant(e)s à la maîtrise et au doctorat et accueille chaque année deux stagiaires post-doctoraux.

Luc Noppen travaille sur le patrimoine religieux du Québec depuis 1970. Il a d’abord longuement œuvré à caractériser l’architecture religieuse; puis s’est engagé dans la conservation et la mise en valeur de ce patrimoine, particulièrement menacé depuis que la désaffection du culte s’accélère. Avec sa collègue Lucie K. Morisset il a cosigné en 2005 «Les églises du Québec, un patrimoine à réinventer» (Presses de l’Université du Québec); il a été l’organisateur du colloque international «Quel avenir pour quelles églises? / What Future for Which Churches?», tenu à l’UQAM en octobre 2005 dont les actes ont été publiés (Presses de l’Université du Québec); il a organisé aussi le récent colloque international interuniversitaire sur l’avenir des abbayes, couvents et monastères, qui s’est tenu à Montréal et à Québec à l’automne 2009 («Des couvents en héritage / Religous Houses: A Legacy»).

Biographie complète

Le Québec a acquis au fil des ans une bonne expérience en conversion d’églises: la base de données de la CRC en patrimoine urbain de l’École des sciences de la gestion de l’UQAM recense déjà quelque 697 cas d’églises qui ont changé de vocation. Mais contrairement à l’Europe où plusieurs de ces églises – paroissiales et abbatiales – ont été valorisées à des fins touristiques, notamment comme hôtels et restaurants de luxe, musées, centres d’interprétation ou centres d’accueil touristiques, le catalogue québécois démontre une nette préférence pour des usages locaux et communautaires, notamment parce que l’intensité patrimoniale de ces monuments permettait un retraitement architectural important.

Au Québec, il n’y a guère que l’ancienne église Saint-Georges de Baie-Comeau, convertie en Station d’exploration glaciaire du Jardin des glaciers, qui constitue un réel produit d’appel touristique. Cette initiative, appuyée par tous les acteurs socio-économiques du milieu, a d’ailleurs permis d’attirer les grands navires de croisière durant la saison estivale.

 

Source: Église Saint-Georges de Baie-Comeau, © Luc Noppen 2011

Ailleurs, églises et chapelles historiques, toujours utilisées comme lieux de culte, appuient modestement la mise en tourisme de quartiers historiques (Montréal, Québec, Trois-Rivières) en étant ouverts aux visiteurs ou, quelquefois, en faisant l’objet de circuits de visites et d’activités culturelles. La Ville de Québec a pris une bonne longueur d’avance avec les initiatives de la Corporation du patrimoine et du tourisme religieux de Québec, dont la programmation est très appréciée. Les bateaux de croisière fournissent d’ailleurs un public non négligeable aux églises et couvents réputés du Vieux-Québec, site du patrimoine mondial. À cet égard, il vaut la peine de mentionner comment les sites religieux et/ou sacrés sont un produit d’appel incontournable dans les destinations internationales de qualité.

Au Québec, comme dans tout l’Occident chrétien, la désaffection massive du culte entraîne la fermeture d’églises et le phénomène va grandissant. Une question s’impose : comment fera-t-on visiter à l’avenir des lieux vidés de leur animation historique, qui jusqu’ici étaient interprétés quotidiennement par la perpétuation d’usages et de rites séculaires ? Devra-t-on engager et former des figurants pour faire revivre le cérémonial de la messe, des processions, des rites funéraires ? Qui visitera une église vide qui ne sert qu’à être regardée, surtout si le regard n’est désormais plus informé d’une culture chrétienne préalable ?

Au Québec, l’église Saint-Pierre de l’île d’Orléans préfigure ce qui nous attend: la plus ancienne église du Québec – classée monument historique en 1958 – espère toujours quelque visiteur qui s’intéresserait à un intérieur privé d’usage et de sens. Plus généralement, que fera-t-on de ces quelques 200 églises historiques, protégées en vertu de la Loi sur les biens culturels, qui seront toutes abandonnés par leurs propriétaires actuels, paroisses ou diocèses. Leur caractère précieux nous empêchera d’en faire des plateaux sportifs ou des centres communautaires; mais il nous faut d’urgence inventer un propriétaire – on sait déjà que ce ne sera pas un ordre de gouvernement – qui aura comme mission de les patrimonialiser et de les mettre en tourisme pour continuer à affirmer les identités et contribuer au tourisme urbain ou au développement local.

 

Source: Église Saint-Pierre de l’Île d’Orléans, © Luc Noppen 2010

Au cœur de ces conversions et de la planification du destin des églises s’imposent la culture locale et l’imbrication du fait religieux dans cette culture. Les conversions menées en Grande-Bretagne, en Allemagne, au Pays-Bas et en France sont ainsi colorées par une histoire nationale et la position historique des traditions religieuses historiques dans le temps long de la nation. Même entre le Canada et le Québec, les attitudes face à ce patrimoine varient : on n’imagine pas qu’un bar de spectacles érotiques puisse s’installer dans une église fermée au culte au Québec, alors qu’à Toronto cela se pratique. Il y a quelques années encore, l’idée qu’un groupe de jeunes des deux sexes puissent jouer au basketball dans une nef québécoise puis aller prendre une douche au sous-sol aurait créé des remous. Aujourd’hui pourtant cela se fait sans aucun encadrement légal ou réglementaire nouveau.

 

Source: Église Assomption-de-la-Bienheureuse-Vierge-Marie de Granby, © Chantal Lefebvre 2005

C’est dans le but de confronter l’expérience québécoise à celle de l’Occident chrétien que la CRC en patrimoine urbain organise des rencontres internationales. Le colloque organisé en 2005 à Montréal sur le thème Quel avenir pour quelles églises ? a permis de créer un réseau expert, alimenté annuellement par des rencontres et séminaires. Officiellement constitué en 2010 à Canterbury (UK) en 2010, le forum Future for Religious Heritage, dont la CRC en patrimoine urbain est un membre fondateur, se réunira en novembre prochain à Venise, pour explorer plus avant et mettre en commun l’expertise internationale, dont celle, bien affirmée, du Québec. Ainsi l’UQAM offrira tout au long de l’automne 2012 un séminaire hebdomadaire sur le patrimoine religieux (EUR-8511, tous les lundis à 18h) auquel seront conviés des experts occidentaux (UK, Allemagne, Suède, Belgique et Pays-Bas).

 

Sources:

– Bernier, Lyne. «La conversion des églises à Montréal: État de la question», Architecture Canada, Vol. 36 no.1, 2011, p. 41-64.

– Collectif. «Églises reconverties». Paris, Éditions Ereme, 2007, 216 p.

– Conseil du patrimoine religieux du Québec. «Nos églises: un patrimoine à convertir», hiver 2011-2012.

– Conseil du patrimoine religieux du Québec. «Que deviennent nos églises en mutation?», no 1, avril 2012.

– Fondation du patrimoine religieux du Québec. «Inventaire des lieux de culte du Québec – Rapport d’activités», 25 février 2005.

– Gagnon, Jean-François. «La plus belle bibliothèque au Québec», La Tribune, 22 novembre 2011.

– Gaudreau, Jérôme. «Nouvelle bibliothèque: un choc entre la culture, la technologie et le patrimoine», La Tribune, 13 novembre 2011.

– Lévesque, Caroline. «Développement du tourisme au sein de la Fabrique de la paroisse Notre-Dame de Montréal», 5 mai 2011.

– Morisset, Lucie K., Noppen, Luc et Coomans, Thomas. «Quel avenir pour quelles églises? / What Future for Which Churches», Patrimoine urbain, Presses de l’Université du Québec, 2006.

– Noppen, Luc et Morisset, Lucie K. «Heritagization of Church Buildings. Quebec and North American Perspectives», dans Loci Sacri. Understanding Sacred Places, sous la direction de Bart Verschaffel, Jan de Maeyer et Thomas Coomans, Leuven University Press, 2011, p. 243-255.

– Noppen, Luc et Morisset, Lucie K. «Les églises du Québec: Un patrimoine à réinventer», Patrimoine urbain, Presses de l’Université du Québec, 2010.

– Noppen, Luc. «Church Conversion in North America and Quebec» «Beispiele von Umnutzungen und Nutzungserweiterungen aus dem Ausland: Québec in Amerika» Actes du Colloque international KirchenWechsel der Nutzung – Nutzen des Wechsels tenu les 22-24 septembre 2010 à Mullheim-Duisburg (Allemagne), p. 109-124.

– Secrétariat des commissions de l’Assemblée nationale du Québec. «Croire au patrimoine religieux du Québec», juin 2006.

 

Sites Web

Central Hall Westminster

Chaire de recherche du Canada en patrimoine religieux bâti de l’Université Laval

Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain ESG-UQAM

Chaire religion, culture et société de l’Université de Montréal

Cinéma Utopia

Conseil du patrimoine religieux du Québec

Fiducie du patrimoine ontarien

Inventaire des lieux de culte du Québec

Le Sacristain

L’Observateur du patrimoine

Martin’s Patershof

Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine

Musée des beaux-arts de Montréal

The Church

The Old Church

The White Rabbit

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Tendances

Une offre rétro pour les nostalgiques… et les plus branchés!

La nostalgie, comme la peur ou l’humour, influence le consommateur de façon considérable. Les industries de l’automobile, de la mode et du divertissement y ont recours, à leurs heures. Les films qui ont fait vibrer des générations sont repris avec les technologies d’aujourd’hui; le design de certains objets emprunte des formes d’autrefois pour une allure rétro. De nombreux secteurs d’activité fouillent dans les succès du passé pour créer un lien émotif entre le consommateur et leur produit ou service. Étonnamment, les jeunes adultes seraient plus nostalgiques que leurs aînés. La tendance rétro est également en vogue et rejoint les clientèles branchées. La nostalgie comme toile de fond en marketing n’a pas sa pareille pour attiser la flamme.

De quelle nostalgie parle-t-on au juste?

On ne parle pas ici de la tristesse ou de l’abattement ressentis à cause de l’éloignement du pays natal, mais plutôt des émotions éprouvées à l’égard de souvenirs d’enfance, parfois romancés. Les auteurs Rutherford et Shaw se sont penchés sur l’effet de la nostalgie sur la consommation. Leurs recherches révèlent qu’en période d’incertitude, les gens ont tendance à se réfugier dans leurs souvenirs. Ces chercheurs distinguent deux types de nostalgie: la nostalgie interpersonnelle et la nostalgie virtuelle. La première concerne les souvenirs de l’individu, et la seconde, une époque, souvent idéalisée, précédant parfois sa naissance et évoquant pour lui des sentiments agréables.

Une étude de Ypartnership démontre que les souvenirs de vacances occupent une place importante dans notre esprit: 72% des Américains et 70% des Canadiens adultes interrogés y pensent souvent ou très souvent. Pour reproduire leurs vacances d’enfance, les parents opteront pour les destinations touristiques qu’ils ont visitées dans leur jeunesse, ou encore pour une composante qui la leur rappelle, comme le mode d’hébergement ou les attraits. Passionnés par une époque en particulier ou simplement attirés par une thématique faisant référence à un style d’autrefois, d’autres seront à l’affût d’une offre touristique à saveur rétro. En voici quelques exemples.

Camping rétro

Situé au pied des Pyrénées, en France, le Bel Repayre Airstream & Retro Trailer Park propose la location d’une dizaine de caravanes de la marque Airstream, symbole d’une autre époque, datant des années 1940 à 1970. Elles sont toutes uniques : chacune d’elles a été rénovée, puis meublée et décorée dans un style particulier. Par exemple, la Blue Moon 73 est dédiée aux années 1960 et la Silver Streak rappelle les années 1950. Des espaces de camping pour les voyageurs détenant leur propre équipement sont également offerts. Outre les tentes, seuls les véhicules récréatifs (VR) de plus de 30 ans sont admis. Se trouvent aussi sur place un magasin général, un bar, où il fait bon écouter de vieux vinyles, et un casse-croûte de type diner.

Source: Bel Repayre Airstream & Retro Trailer Park

Rétro et branché

Des hôtels empruntent un style rétro pour créer des lieux branchés. C’est le cas du Vibe Hotel, à Hollywood, un motel qui s’adresse à une clientèle jeune. Le décor se veut un clin d’œil aux années 1970 avec des couleurs vibrantes. On a conçu les aires communes pour favoriser les rencontres; plusieurs activités s’y déroulent: soirées de poker, repas BBQ ou encore karaoké. Construit en 1952, cet hôtel surnommé le «Movie Town Hotel» a été un endroit tendance dès ses débuts, ainsi qu’au fil des décennies, jusqu’à aujourd’hui.

 

Source : Vibe Hotel

Le Lord South Beach Hotel, l’un des hôtels les plus en vogue à Miami et s’adressant à la clientèle gaie, est aménagé selon les formes et les couleurs des années 1970. Les teintes vives, le design audacieux, les meubles et les accessoires inspirés de ces années en font un lieu des plus divertissants. Une ambiance bohème règne dans les chambres et dans le hall, ornés d’affiches du mouvement pop art et d’éléments décoratifs des plus inusités.

Source: Trend Hunter

Circuit rétro

L’organisme Visit New Hampshire a créé un circuit touristique rétro qui rappelle les années 1950 et 1960. Le New Hampshire’s Route 3 Retro Tour propose un trajet de quelque 215 kilomètres sur une route secondaire et mettant notamment en vedette des attraits et des motels typiques de cette époque. Manger dans un casse-croûte de type diner, visiter un parc thématique traditionnel de la région avec sa grande roue et sa maison hantée, aller au ciné-parc, découvrir les ponts couverts et jouer une partie de quilles en famille, voilà un peu l’esprit de ce circuit. La brochure relate quelques faits historiques liés à cette époque à l’aide d’une frise chronologique.

 

Source: New Hampshire’s Route 3 Retro Tour

Même la technologie prend des airs d’autrefois! L’application pour iPhone Instagram, qui permet de donner un effet rétro aux photos, a été nommée l’application iPhone de l’année 2011 par iTunes.

Source: iTunes

Renaissance d’un symbole

Selon l’entreprise de marketing DDB, il faut respecter quatre critères pour créer à nouveau un succès avec un produit mémorable:

  • permettre une redécouverte du produit auprès d’une nouvelle clientèle, pas uniquement auprès des nostalgiques;
  • véhiculer des caractéristiques intemporelles, comme l’authenticité et la simplicité;
  • demeurer authentique, mais actuel, c’est-à-dire renouveler le produit selon les standards d’aujourd’hui;
  • créer une communauté de fans à l’aide des médias sociaux, qui permettent de les rassembler et d’alimenter leur intérêt pour la marque.

Pour plus de détails concernant ces critères de succès, consulter Everything Old Is New Again.

Enfin, selon une firme de marketing et de relations publiques de la Floride qui se spécialise dans les voyages de luxe, non seulement le marketing par la nostalgie aura été une tendance en 2011, mais il devrait le demeurer tant que les effets de la récession se feront sentir. Ajoutons que l’intérêt pour les périodes charnières que sont les années 1960 et 1970 n’est pas prêt de s’estomper. Le patrimoine québécois regorge de symboles de ces époques marquantes. N’y aurait-il pas lieu de s’inspirer de ces exemples pour mieux exploiter cette ressource?

 

 

Sources:

– Davies, Amy et Gareth Beavis. «Instagram tops iTune’s Best of the Year Chart», techradar.com, 9 décembre 2011.

– DDB. «Everything Old Is New Again – Staging Successful Retro Revivals», The Yellow Papers Series, juillet 2009.

– New Hampshire Department of Resources And Economic Development – Division Of Travel And Tourism Development. «New Hampshire’s Route 3 Retro Tour», visitnh.gov, mai 2011.

– Pijak, Jana. «Rocking Retro Resorts», Trendhunter.com, 3 novembre 2011.

– Rutherford, Jana et Eric H.Shaw. «What Was Old Is New Again: The History of Nostalgiq as a Buying Motive in Consumption Behavior», CHARM 2011 Proceedings, mai 2011.

– Savino, Charlotte. «America’s Best Retro Escapes», Travel + Leisure, avril 2009.

– Schwartzberg, Neala. «Why we vacation – It’s the memories says new Survey», examiner.com, 23 septembre 2010.

Sites Web:

BelRepayre Airstream & Retro Trailer Park

Instagram

Lord South Beach Hotel

Vibe Hotel

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Hébergement Tendances

Améliorer l’offre hôtelière pour séduire tous les segments de clientèle

Lors du congrès annuel de l’Association des hôteliers du Québec le 6 février dernier, Alain April a sensibilisé les hôteliers sur la nécessité d’innover et de moderniser leur offre afin de maintenir et d’améliorer leur compétitivité. À l’exception de l’hôtellerie de luxe, le parc hôtelier québécois semble actuellement accuser un retard de modernité et d’inventivité. Comment ce secteur, constitué essentiellement d’hôtels de milieu de gamme, peut-il suivre le chemin de l’innovation? Voici quelques exemples inspirants.

Une seule priorité: faire plaisir aux clientèles visées

• Les femmes

Des établissements sont aux petits soins avec la clientèle féminine, lui proposant de nombreux services et installations personnalisés, tels que des kits d’urgence comprenant tout le nécessaire: maquillage, sèche-cheveux dernier cri, grandes penderies dans les chambres, tapis et DVD de yoga. Le Georgian Court Hotel de Vancouver réserve même 18 chambres uniquement pour les femmes, sans coût supplémentaire.

• Les enfants

Des hôtels considèrent les enfants comme de jeunes adultes. Le Steigenberger Alpenhotel and Spa en Suisse, a installé un mur d’escalade et un sauna à basse température; Le Meurice, à Paris, offre des peignoirs et des pantoufles à leur taille et leur sert le thé avec des sucreries.

• La clientèle d’affaires

Le mot d’ordre pour attirer la clientèle d’affaires est la flexibilité. Dans le cadre de leur programme de fidélité, les hôtels Starwood garantissent une chambre à leurs clients séjournant plus de 75 nuits par an, à n’importe quel moment de la journée ou de la nuit, sans frais additionnels.

Un bouleversement dans les décors

Les hôteliers opèrent de nombreux changements dans leur décor afin de séduire la jeune clientèle qui aime les ambiances décontractées, propices aux rencontres. Certaines chaînes d’hôtels sont créées dans cet esprit, notamment le Radisson Blu (voir l’image de gauche ci-dessous) et l’Hyatt House. Les halls d’entrée classiques cèdent la place à des espaces de vie où il est possible de prendre un verre, un repas léger ou acheter des souvenirs. Le comptoir de la réception se volatilise et des bornes d’enregistrement apparaissent. D’autres établissements allouent cet espace à la créativité. Le Méridien Hub (voir l’image de droite ci-dessous) en a fait «un espace de réunion pour les esprits créatifs» avec des œuvres d’art, un lounge et une bibliothèque (lire aussi: Dessine-moi un nouveau hall!).

Sources: Chicagonista et Le Méridien Hub

Les hôtels lifestyle (lire aussi: Hôtel lifestyle: autopsie d’un concept) correspondent aux besoins de la jeune clientèle branchée et urbaine. L’Hôtel du Triangle d’Or, à Paris, a personnalisé ses chambres sous le thème de la musique, et son hall d’entrée a une section multimédia munie de casques d’écoute.

Source: Hôtel du triangle d’or

Les incontournables nouvelles technologies

Selon un sondage mené par hotels.com auprès des Canadiens, l’iPad est le deuxième équipement moderne le plus demandé par cette clientèle, tout juste derrière la cafetière haut de gamme. Si les tablettes électroniques et les écrans tactiles sont de plus en plus présents dans les bureaux du concierge et de la réception, ils font maintenant leur apparition dans les restaurants et les chambres. Le Mama Shelter, à Paris, a encastré des écrans tactiles dans les tables du restaurant et a installé un espace photo iMac, qui permet aux clients de se prendre en photo et de la diffuser sur tous les écrans du restaurant.

 

 Source: Mama Shelter

Accor s’est allié avec Microsoft afin d’intégrer les jeux vidéo dans son nouveau concept de chambre modulable. Conçue à l’hôtel Novotel Paris XVe, la chambre 3120 a été à l’essai pendant trois mois.

Source: MSN.fr

Des choix durables

De plus en plus d’établissements ont adopté le développement durable comme ligne de conduite. Delta Hôtels et Villégiature a lancé «Delta s’écologise», où chaque employé contribue à atteindre les objectifs fixés par l’entreprise, qui sont de réduire de 30% la consommation d’énergie, les émissions de gaz carbonique et l’utilisation d’eau, d’ici cinq ans. Le Comfort Hotel Lille Tourcoing, en France, a conçu, en 2011, une chambre à 80% recyclable, la première du genre en Europe. Dans les hôtels Mercure d’Accor, ce sont tous les oreillers et toutes les couettes qui sont faits à base de bouteilles de plastique recyclées. Les oreillers sont eux-mêmes recyclés et transformés en produits d’isolation pour l’habitat et l’automobile.

Un nouveau look pour les évènements d’affaires

Pour les salles de réunion, le sous-sol semble être abandonné au profit des étages supérieurs, de préférence avec une vue panoramique sur l’extérieur. Les nouveaux espaces sont baignés de lumière, comme au JW Marriott L.A. live, ou dégagent une ambiance chaleureuse et conviviale, tels que ceux de Meet at the apartment, à New York.

Source: JW Marriott L.A. live

Source: Meet at the appartment

Manger sainement et se maintenir en forme

Selon un sondage mené par les hôtels Omni, 56% de la clientèle d’affaires souhaiterait un plus large choix de plats faibles en gras dans les menus des restaurants d’hôtel. Plus de 70% des répondants désirent des produits équilibrés dans leur minibar. En réponse à cette demande, certains hôtels remplacent les longs dîners difficiles à digérer par des lunchs froids. De plus, Fairmont a introduit un menu pour enfants à faible teneur en calories, et les hôtels Omni offrent un buffet du petit-déjeuner sans gluten. Les hôtels Delamar Greenwich Harbor et Southport, dans le Connecticut, ont intégré des produits locaux dans leurs minibars.

 

Source: USA Today

Le sondage du groupe Omni révèle aussi que la clientèle d’affaires aimerait disposer de plus de temps pour s’entraîner. Le groupe offre désormais un kit d’entraînement dans la chambre, «Get Fit Rooms». Pour rendre sa salle de sport plus ludique, le Parker Meridien de New York y a installé une console de jeu Wii.

Un client satisfait est un client qui a bien dormi!

Toutes ces technologies ne satisferont pas le client s’il n’arrive pas à dormir. Certains hôtels l’ont très bien compris et rassemblent leurs efforts afin d’améliorer la qualité du sommeil de leur clientèle. La chaîne Crowne Plaza teste des chambres antironflements à l’aide de murs insonorisés, d’une tête de lit absorbant les sons, d’un oreiller et d’un coussin adaptés ainsi que d’une machine à bruit blanc, qui réduit le bruit des ronflements.

Le groupe Dorchester a fait appel à une clinique du sommeil de Paris, afin de développer un «outil d’aide au sommeil». Il se présente sous la forme d’une lampe de chevet, qui diffuse des ondes lumineuses et des fréquences sonores facilitant l’endormissement. Enfin, Scandic est la première chaîne hôtelière au monde à introduire des lits qui s’ajustent à chaque client, selon sa taille, son poids, la forme de son corps et sa position pour dormir, à l’aide d’une télécommande.

Les idées pour surprendre et fidéliser sa clientèle ne manquent pas. Pour demeurer compétitif, le parc hôtelier québécois doit jouer la carte de l’innovation afin de se réinventer. Inspirez-vous des idées innovantes des grandes chaînes et faites ensuite appel aux professionnels de la décoration et des équipements qui sauront vous guider dans vos nouveaux projets!

 

 

Sources:

-April, Alain. «Rôle de l’hôtellerie au sein de l’échiquier touristique québécois», allocution lors du congrès de l’Association des hôteliers du Québec, Manoir St-Castin, 6 février 2012.

-É. de B. «Chez Mercure, rien ne se perd tout se transforme», L’Hotellerie Restauration, 26 juillet 2011.

-Lenoir, Aude. «Nouvelles tendances en hôtellerie», présentation lors du congrès de l’Association des hôteliers du Québec, Manoir St-Castin, 6 février 2012.

-Hospitality Net. «Scandic introduces personally customized beds as the first hotel chain in the world», hospitalitynet.org, 16 février 2012.

-Nayer, Mélanie. «Dorchester Collection Introduces Innovative Luxuries to Hotels», 4hoteliers.com, 15 février 2012.

-Poulin, Ginette. «La CITQ fait le bilan de dix années de classification de l’industrie touristique», hrimag.com, 1er février 2012.

-PR Newswire. «New Wellness Report Released by Omni Hotels & Resorts Reveals On-The-Road Habits of Business Travelers», prnewswire.com, 20 septembre 2011.

-Springwise. «Hotel “minibar” offers up food for the mind», springwise.com, 23 février 2011.

-Travelpulse. «Le Meridien Hotels Unveils New Lobby Concept in Barcelona», travelpulse.com, 23 juin 2011.

-Tendance Hôtellerie. «Crowne Plaza crée la nuit d’hôtel sans ronflements», tendancehotellerie.fr, 28 juin 2011.

-Tendance Hôtellerie. «Etude TravelClick® aux États-Unis: 1/4 des chambres sont réservées sur les sites web des hôtels», tendancehotellerie.fr, 16 janvier 2012.

-Tour Magazine. «Lille: ouverture de la première chambre d’hôtel recyclable», tourmagazine.fr, 6 septembre 2011

-Trejos, Nancy. «Hotels cater to special diets; gluten-free food now on menus», travel.usatoday.com, 5 février 2012.

-Trejos, Nancy. «Goodbye potato chips; Hotel mini-bars turn exotic and even healthy», usatoday.com, 8 février 2012.

-Vong, Katherine. «Flexible Hotel Check-Ins», trendhunter.com, 7 février 2012.

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Tendances

Découvrir la destination comme le ferait un résident

Rechercher une expérience authentique, rencontrer du «vrai monde», aller dans les lieux fréquentés par les résidents, découvrir leurs quartiers, leurs restaurants, explorer la destination comme le fait un habitant de l’endroit: voilà une tendance qui est appelée à prendre de l’ampleur grâce aux médias sociaux et au Web mobile. Les grandes villes, comme Montréal, engagent des blogueurs qui partagent leurs intérêts, leurs coups de cœur; le président de l’Islande invite les gens à déjeuner chez lui; Google propose aussi des lieux recommandés par les gens de la place; les initiatives sont diverses et très nombreuses.

Cette tendance à vouloir vivre des expériences comme le ferait un résident du lieu visité englobe plusieurs concepts. Mentionnons, entre autres, les voyages d’immersion pour apprendre une langue ou pour vivre une expérience de volontariat; ou encore le phénomène de couchsurfing (Lire aussi: CouchSurfing: profil d’une communauté virtuelle de voyage), cette communauté Web regroupant des hôtes à travers le monde qui mettent leur chambre d’ami ou leur divan à la disposition des couchsurfeurs. Soulignons aussi les principes du développement durable ainsi que ceux du slow travel qui, dans les deux cas, favorisent les rapprochements avec la communauté locale, sa culture, son économie. Mais voyons plutôt ici comment l’idée d’explorer une destination comme un résident est devenue courante.

Entrer en contact avec la population locale

L’idée de mettre en contact les voyageurs avec des gens de la place qui partageront leur amour de l’endroit ne date pas d’hier. À San Francisco, on fait appel à des bénévoles passionnés de leur ville depuis la fin des années 1970 pour offrir certains tours guidés à pied. Dans le même esprit, le Global Greeter Network rassemble des guides bénévoles de plusieurs villes à travers le monde, dont la mission consiste à accueillir chaleureusement le visiteur et à lui montrer la ville comme à un ami, avec ses spécificités, ses secrets bien gardés. Aujourd’hui, les médias sociaux permettent aux voyageurs d’entrer en contact avec des habitants de l’endroit bien avant leur départ afin de préparer leur séjour à l’aide de leurs suggestions.

Les blogues de voyageurs, d’experts, de journalistes ou encore de passionnés de leur région abondent. À titre d’exemple, Spotted by locals est une plateforme rassemblant des blogues, des guides touristiques de villes en format PDF et des applications iPhone choisies par des gens membres de la communauté locale à travers une quarantaine de villes européennes.Triptrotting.com met en contact voyageurs et hôtes aux intérêts et profils similaires qui souhaitent partager un repas ou une balade en ville (Lire aussi: L’influence des résidents).

Source: TRIPtrotting

Les organismes de gestion de la destination ont aussi emboîté le pas en créant, à leur tour, de tels blogues: The MontrealBuzz  (Tourisme Montréal), Explore Canada like a local (Commission canadienne du tourisme), Chicago Like a Local  (Chicago Convention &Tourism Bureau) et Portland Spoke (Travel Portland). Parmi les précurseurs, rappelons l’initiative d’Uwishunu  lancée par la Greater Philadelphia Tourism Marketing Corporation (lire aussi: Destinations 2.0: top tendance!).

Faire participer la population: le cas de l’Islande

À l’automne 2011, l’Islande lance une campagne promotionnelle entièrement axée sur la rencontre entre la population locale et les visiteurs. Le président du pays demande aux Islandais d’inviter les touristes chez eux, dans leur maison, pour y partager un repas, leur parler d’une spécialité ou encore pour aller découvrir ensemble un attrait. Le président lui-même lance la première invitation à sa résidence. Visionnez la vidéo qui a circulé à cet effet.

Le site Web Inspired by Iceland rassemble les invitations des Islandais et auxquelles répondent les visiteurs par Facebook (voir l’image ci-dessous).

Se loger et se nourrir comme un habitant de l’endroit

Cette tendance concerne des secteurs clés de l’industrie. Celui de l’hébergement voit une offre parallèle se développer avec les échanges de maisons et la location d’appartements sur des plateformes Web très efficaces (lire aussi: La location de propriétés en ligne bouleverse l’hôtellerie traditionnelle).

Les sites comme Onefinestay.com, à Londres, rassemblent des appartements et maisons de ville momentanément libres de leurs occupants et disponibles pour accueillir des visiteurs. Le message véhiculé est celui-ci: «Vivez la vie d’un Londonien le temps de quelques jours et quelques nuits.» Et l’offre s’organise, se structure, se raffine puisque dans ce cas-ci, chaque appartement comprend un iPhone laissé à l’intention des visiteurs et inclut une foule d’informations sur le quartier, les restaurants et les moyens de transport, ainsi que sur le fonctionnement des appareils du logement ou encore sur l’histoire de certains éléments décoratifs. Bref, tout est pensé pour que le visiteur prenne possession des lieux le temps de son séjour.

On assiste aussi à une prolifération de guides de restaurants de type LocalEats, qui offrent aux touristes un aperçu des restaurants fréquentés et appréciés par la population locale. Le site Google Places tire également parti de cette tendance en présentant les lieux recommandés par des gens de l’endroit. Pour l’instant, les commerces de six villes américaines profitent de cette vitrine sur Google.

Utiliser les technologies pour favoriser une approche plus humaine

Voyager pour entrer en contact avec la population locale est une composante importante du tourisme depuis toujours. Pensons aux gîtes et aux auberges ou encore aux séjours à la ferme. Avec les médias sociaux et les applications mobiles, les possibilités de créer des contacts ou encore de diffuser de l’information personnalisée explosent! Paradoxalement, les technologies sont au service d’une approche plus humaine, d’un contact plus authentique, plus intime avec la communauté d’accueil. Laissez-vous inspirer par ces nombreux exemples pour interpeller les voyageurs qui s’intéressent à la «vraie vie» à destination et surtout, donnez la parole à ceux qui l’habitent!

 

Sources :

– Bohrer, Isabel Eva. «The Local Experience», Multiview Travel, 19 octobre 2011.

– CTC News. «Travelling in Canada? Explore like a local», Commission canadienne du tourisme, 15 septembre 2011.

– Greenstein, Tracey. «10 best Apps For Travelling Like a Local», forbes.com, 19 décembre 2011.

– Holland, Herald. «Stay Smart», KLM’s inflight magazine, février 2011.

 

Sites Web :

Chicago Like a Local

Explore Canada like a local

Global Greeter network

Going local travel

Google City

Inspired by Iceland

Local Eats

Local Travel Movement

Onefinestay.com

Portland Spoke

San Francisco City Guides

Spotted by Locals

The Montréal Buzz

TRIPtrotting

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Marketing Technologies Tendances

La montée en popularité de la vidéo

Près de 1,2 milliard de personnes ont visionné au-delà de 200 milliards de vidéos en octobre 2011. YouTube occupe toujours le premier rang des sites de visionnement avec environ 88,3 milliards de vidéos regardées. Les amateurs de vidéos possédant une tablette électronique passent près de 30% plus de temps à les consulter sur leur appareil mobile que sur leur ordinateur fixe. La vidéo représente l’outil de communication idéal pour inspirer des voyageurs à visiter une destination.

L’utilisation de la vidéo

Les internautes canadiens sont de grands consommateurs de vidéos. Selon la firme Comscore, 91% d’entre eux ont regardé au moins une vidéo en octobre 2011 comparativement à 88% des internautes américains et à 87% des Français branchés (voir le tableau 1).

YouTube, l’un des produits de Google, a la cote auprès des amateurs de vidéos. En effet, 43,8% des partages de vidéos se font sur cette plateforme, suivie de loin par son compétiteur chinois Youku (2,3%) (voir le tableau 2). Fait intéressant, une multitude de sites se partagent un peu plus de la moitié des visionnements en ligne.

Les changements récents apportés à YouTube laissent présager qu’on valorisera davantage la dimension sociale du site: mise à jour du design, introduction de chaînes spécialisées, intégration des médias sociaux. Est-ce que cette évolution lui permettra de creuser un écart plus grand avec ses compétiteurs?

 

Selon la firme Ooyala, qui a effectué une étude présentant le comportement de plus de 100 millions de spectateurs uniques mensuels dans plus de 100 pays, les propriétaires de tablettes électroniques regardent plus longtemps les vidéos sur leur appareil mobile que sur leur ordinateur fixe. On remarque aussi que les vidéos de plus de 10 minutes comptent pour 56% du temps passé sur des tablettes électroniques. Lorsque ces tablettes sont connectées à une télévision ou à une console de jeu, cette proportion augmente à 84%.

La promotion d’une destination par la vidéo

Plusieurs statistiques démontrent que lorsqu’un individu prépare un voyage, il consulte une multitude de sites Internet afin de s’inspirer et de choisir une destination. Selon le sondage Ipsos Descarie – RVT réalisé en mars 2011 (lire aussi: Habitudes des Québécois en matière de planification de voyages), 46% des Québécois exploraient le Web pour choisir la destination de leur dernier voyage. Parmi ceux-ci, 4% consultaient des vidéos professionnelles et 3%, des vidéos d’autres voyageurs. Même si ces proportions sont faibles, il ne faut pas pour autant sous-estimer la vidéo; l’offre étant encore embryonnaire, nous pourrions nous attendre à un fort engouement lorsque l’industrie touristique maniera davantage cet outil.

D’après Ooyala, la vidéo peut influencer celui qui la visionne. Elle représente d’ailleurs un outil incontournable pour les destinations qui cherchent à inspirer des visiteurs potentiels. Car lorsqu’elle est bien réussie, elle évoque un avant-goût du voyage en présentant ses attributs, en illustrant des expériences, en introduisant la culture locale d’un lieu et en mettant en valeur le caractère unique d’un milieu. En voici quelques exemples.

Alberta, Canada

Un environnement à couper le souffle, voilà ce qui a inspiré la campagne «Remember to breathe» de l’office de tourisme de l’Alberta. Durant trois minutes, on se laisse porter par le vent et la musique en découvrant la beauté de la province. Aucun mot n’aurait pu mieux communiquer la splendeur des paysages albertains qu’une telle vidéo.

 

Inde

Pour familiariser les visiteurs occidentaux avec la destination, l’office du tourisme de l’Inde présente des expériences typiques qu’un voyageur peut vivre durant son passage dans le pays. Ponctuée d’anecdotes, la vidéo met en valeur les contrastes culturels et la beauté des paysages; une brillante idée pour s’adresser à un segment de clientèle précis et amoindrir les barrières parfois liées au choc culturel.

 

Terre-Neuve, Canada

Réalisée par l’office de tourisme de Terre-Neuve, cette vidéo capte non seulement quelques images des paysages de la province, mais elle évoque particulièrement le rythme de vie qu’on y trouve; une invitation à prendre son temps. D’ailleurs, on y mentionne qu’avec une demi-heure d’avance sur le fuseau horaire des provinces maritimes, il est inutile de se dépêcher!

 

Favoriser l’essor du tourisme peut également se faire en partenariat. Voici deux exemples qui le démontrent bien.

Tasca d’Almerita, un vignoble de la Sicile, fait une analogie entre le plaisir de déguster le vin et celui de découvrir la région. Cette vidéo, intitulée «A Glass Of Sicily», fait partie d’une démarche marketing visant un public international et où la culture italienne figure au premier plan.

 

En partenariat avec la Commission canadienne du tourisme et le ministère du Tourisme du Québec, le transporteur aérien Air Transat a produit une vidéo qui met en valeur le Québec. Ce message publicitaire de 20 secondes a été projeté sur les écrans de 239 salles de cinéma à Paris. Cette initiative visait à appuyer l’augmentation de 32% de l’offre de Transat durant la période hivernale et, du même coup, à promouvoir la destination du Québec.

 

Une occasion à saisir

Certains experts en médias sociaux prévoient que la vidéo gagnera une fois de plus en popularité au cours de l’année 2012. L’enthousiasme des consommateurs, l’accessibilité des technologies facilitant la réalisation d’une production de qualité et la présence d’un réseau de distribution bien implanté; voilà trois arguments qui illustrent le momentum actuel de la vidéo!

 

 Sources:

– Aboutourism. «Videos will rule the web – destinations come alive and inspire», 3 novembre 2011.

– ComScore. «More than 200 billion online videos viewed globally in October», 14 décembre 2011.

– ComScore. «Index Video Metrix», consulté le 7 février 2012.

– Eyefortravel. «Tablets and mobile devices changing the way people engage withvideo online», 28 novembre 2011.

– Giraud, Stéphanie. «Promouvoir sa destination par la vidéo, pratiques innovantes», 22 novembre 2011.

– Jolicoeur, Martin. «Transat envahit les salles de cinéma à Paris», Les Affaires, 8 novembre 2011.

– Ooyala. «VideomindVideo index report», Q3 2011.

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Produits et activités Tendances

Des attraits touristiques à l’affût des tendances

Une coopérative de petits producteurs pour le voyageur à la découverte de la culture locale, un parc d’attractions où le respect de l’environnement fait partie de son ADN, le yoga dans les galeries de musées; les attractions touristiques semblent à l’écoute des tendances de consommation de l’heure et les intègrent sous forme d’innovations amusantes ou instructives.

Espaces pop-up

La tendance de l’éphémère et du mobile a rejoint l’hôtellerie alternative et la restauration depuis quelques années à travers les espaces pop-up (lire aussi: Les espaces pop up, la nouvelle tendance de l’éphémère). Cette année, le musée MuMo fera sa tournée. Il s’agit d’un conteneur qui se transforme en musée d’art contemporain et qui vise à initier les enfants à la création artistique. Il parcourra les routes de France et d’Afrique jusqu’en novembre 2012, sur 8000 kilomètres, et atteindra un public de 11 500 enfants dans plus de 60 écoles partenaires. Visionnez la vidéo ci-dessous:

Expérience à saveur locale

La recherche d’authenticité ne faiblit pas. Conacado est une coopérative qui vise à aider plus de 10 000 petits producteurs de cacao en République dominicaine. La création d’une route écologique, le Tour de Chocolate,est une rencontre entre la population locale et les touristes à travers les lieux de production et de commerce équitable du cacao biologique. Mentionnons que la République dominicaine est le plus important producteur de cacao biologique au monde.

 

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 Source: Tour de Chocolate 

Le site Local Travel Movement est entièrement dédié à cette forme de tourisme.

Vert et responsable

La prise en compte des principes environnementaux et responsables est aujourd’hui davantage une condition sine qua non au développement qu’une tendance. Pour certains attraits, le respect de l’environnement fait partie de leur ADN!

Le parc d’attractions Hopi Hari, au Brésil, est entièrement pensé comme un pays, «the most fun country in the world» selon le slogan. Il a son histoire, sa capitale, son drapeau, sa langue, son passeport, son hymne national, et sa superficie de 185 acres est près du double de celle du Vatican. De nos jours, tout pays a également une politique environnementale et celle d’Hopi Hari comporte plusieurs projets.

  • Le site étant situé au cœur de la forêt atlantique, on a dû aménager une station de traitement des eaux usées et un centre de triage. Hopi Hari possède ses propres puits et réutilise les eaux traitées pour différents usages (p. ex., laver les planchers).
  • L’entreprise a également entrepris des actions de reforestation (54 000 semences).
  • Fort de cette expérience, le site a créé un laboratoire éducatif afin de mieux transmettre les valeurs environnementales et durables aux jeunes.

Innovation technologique

L’effervescence technologique que nous vivons permet à des idées fortement créatives de prendre forme.

Par exemple, le MoMA, qui dispose déjà de bornes interactives, d’applications iPhone, d’audioguides et de lunettes 3D, a maintenant un nouvel appareil technologique. Destiné aux jeunes enfants, le dispositif leur permet de ressentir et de voir le monde comme une fourmi ou une girafe. Leur champ de vision et leur voix sont modifiés.

 

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Source: MoMA

Le développement d’une application pour les appareils mobiles est une avenue qui, tout en répondant à des besoins d’information en matière de commodité et d’orientation, laisse place à des idées originales. Tourisme Wendake, une communauté autochtone dans la région de Québec, offre une application iPhone originale. Celle-ci présente du contenu sur l’hébergement, la gastronomie, les événements et autres certes, mais elle comporte un aspect ludique: une flûte!

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Source: iTunes – Tourisme Wendake

La technologie – de simples webcams – a aussi permis au Paignton Zoo, au Royaume-Uni, de réaliser une initiative marketing intéressante. Une caméra, installée dans l’espace des tigres, a diffusé la naissance et les premiers jours de quatre petits tigres de Sumatra sur plusieurs canaux. Entre autres, la chaîne de télé BBC de la région de Devon en a fait la diffusion. La sensation de proximité créée par le visionnement de ce moment touchant a engendré une propension à visiter le zoo de 72% de la part des auditeurs. Pendant le mois suivant, la mère et les petits étaient isolés du public, mais toujours visibles grâce à des moniteurs installés dans le zoo et par les webcams en ligne. Le Zoo de Granby propose également des vidéos et images exclusives de la vie en coulisse, entre autres sur sa page Facebook.

La technologie des voitures téléguidées existe depuis longtemps. Mais l’Aquarium de Vancouver a renouvelé l’idée de façon fort originale en transposant les Vancouvérois dans un univers de poissons! Visionnez la vidéo suivante:

Planification et achats en ligne

Les attractions touristiques n’échappent pas à la vague de la planification et de l’achat en ligne. Les sites de commentaires tels que TripAdvisor les incluent de plus en plus, les sites d’achats groupés proposent certains attraits et quelques sites permettent de comparer les prix, comme on le ferait pour d’autres biens ou services.

Par exemple, UBC Museums and Gardens Pass, qui regroupe quatre établissements en Colombie-Britannique, a offert un laissez-passer à moitié prix sur le site Groupon.

Au Liseberg Park, en Suède, il est possible de planifier virtuellement la visite, incluant la réservation pour des manèges en particulier. La planification peut se faire entre amis grâce à un profil que chacun aura créé sur le site Web de l’entreprise. Le parc reçoit donc les revenus à l’avance et cumule des informations sur le profil des visiteurs (âge, attraits préférés, etc.).

Santé et bien-être

Certains attraits touristiques ont réalisé qu’il pouvait y avoir une adéquation entre leur site, souvent naturel ou attrayant, et le besoin croissant de la population de se ressourcer. Aux États-Unis, l’Institute of Museum and Library Services a lancé la campagne «Let’s Move! Museums & Gardens», qui ouvre la réflexion – et l’action – sur le lien potentiel entre la mission d’un musée et les activités relatives à la santé. Dans cette perspective, plusieurs musées offrent des séances de yoga dans leurs galeries. De plus, le Lincoln Park Zoo propose des séances d’activité physique et de yoga dans un espace spécialement aménagé au cœur de son site près du centre-ville de Chicago.

 

Les attraits n’échappent pas non plus à une demande croissante pour des services de restauration plus sains et diversifiés. Sur le sujet, relisez «Améliorer la restauration dans les lieux touristiques culturels et de loisirs».

Un petit dernier,hors catégorie

Véritable parc d’attractions pour grands enfants, Dig This, à Las Vegas, permet à tous de manipuler des bulldozers, chargeurs, excavateurs. Les petits camions Tonka sont maintenant grandeur nature. Le parc semble très populaire auprès des groupes professionnels.

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Source: Dig This

Il y a de nombreux autres exemples d’innovation dans les attractions touristiques. Poursuivez cette analyse et dites-nous comment vous intégrez les tendances de l’heure à votre offre!

 

Sources:

– Craddock, Pippa. «How we helped Paignton Zoo deliver an amazing 72% propensity to visit…», www.fiNETra.com, consulté le 28 novembre 2011.

– Funworld. «Liseberg and Entertainment booking Concepts Embark on Pay-as-you-Go Virtual Planning», Funworld IAAPA, avril 2010.

– Lessa, Gabriela. «Park Paradise – Brazil’s Hopi Hari was built around a commitment of environmentalism», Funworld IAAPA, février 2010.

– American Association of Museums, Center for the Future of Museums. «Connecting with Nature and Staying Fit at Lincoln Park Zoo», 4 octobre 2011.

 

Sites Web:

MuMo

Tourisme Wendake

Paignton Zoo

 

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Tendances

Euromonitor International: 4 tendances sous la loupe

Chaque année, Euromonitor International présente un rapport sur les grandes tendances au cours du World Travel Market à Londres. Des huit tendances dégagées à cette occasion, en voici quatre qui ont particulièrement attiré notre attention: les voyages mystères, la location de jardins, les voyages de luxe sans culpabilité et la ludification.

Les voyages mystères

Les voyages mystères tiennent leur originalité du fait qu’une ou plusieurs composantes du séjour s’avèrent secrètes: la destination, les activités ou l’hébergement. Bien que le concept existe depuis déjà quelques années, ce type de voyage croît en popularité, particulièrement dans les Amériques, selon Euromonitor. Ce produit s’adresse aux personnes qui souhaitent élever l’excitation du voyage à un autre niveau et ainsi lâcher prise sur le contrôle de leurs vacances, alors que d’autres opteront pour cette formule afin de souligner un moment unique (anniversaire, voyage de noces, graduation, etc.) ou simplement pour faire un périple complètement différent.

Cette formule se vend parfois à des prix fort intéressants. Par exemple, sur le site Luxury Link, on utilise la vente aux enchères pour fixer le prix du séjour, dont la mise initiale est de 1$ US. Cette façon de faire est habituellement avantageuse pour le gagnant, car le prix final représente généralement près de 50% de la valeur réelle du forfait.

 

Source: Luxury Link 

Pour augmenter les chances que le voyage concorde avec les préférences du consommateur, Nextpedition offre des séjours créés sur mesure, basés sur les intérêts et le budget des individus voulant vivre une expérience mystère. En plus d’un questionnaire qui lui permet de déterminer le profil du voyageur, Nextpedition prévoit des échanges entre le voyageur et un conseiller avant de régler les derniers détails du périple-surprise.

 

Source: Nextpedition

La location de jardins

Que se passe-t-il lorsqu’un événement fort populaire engendre une demande d’hébergement trop importante par rapport à l’offre existante? On crée d’autres lieux.

Le site Camp in my Garden , lancé en avril 2011, en est un bon exemple; il ajoute une offre de lieux de camping à même des cours privées en région comme en milieu urbain. Avec les Jeux olympiques de 2012, qui auront lieu à Londres, on prévoit un engouement pour ce type d’hébergement, car il est avantageux sur le plan économique pour les utilisateurs, qu’ils soient campeurs ou propriétaires de terrain.

 

Source: Camping in my Garden

Par ailleurs, ce type d’hébergement cadre avec d’autres tendances observées ces dernières années:

  • la rencontre entre les communautés locales et les voyageurs, favorisée par le couchsurfing (lire aussi: CouchSurfing: profil d’une communauté virtuelle de voyage);
  • le tourisme durable et la mise en pratique d’actions écoresponsables de plus en plus ancrées dans les habitudes des consommateurs;
  • les vacances sédentaires (staycations), c’est-à-dire rester à la maison durant les vacances, particulièrement lorsque l’économie est fragile, et investir dans des éléments qui agrémenteront le «séjour à la maison» (lire aussi: Les «staycations» ou les vacances à la maison… ).

Les voyages de luxe sans culpabilité

En Europe, la crise économique contribue à l’émergence d’un nouveau tourisme de luxe qui intègre davantage les notions d’authenticité et d’éthique. On remarque ainsi qu’un plus grand nombre de voyageurs de luxe sélectionnent des fournisseurs offrant des séjours écoresponsables.

Pour répondre à cette demande, l’agence de voyages suisse Kuoni, par exemple, a mis sur pied une série de séjours adaptés à ces nouvelles exigences, qu’elle a appelée gamme Ananea. Ainsi, on inclut dans le voyage des offres de volontourisme, des visites de sites portant le label Fairtrade, la rencontre de communautés rurales, etc. Le besoin de donner au suivant ou du moins de démontrer du respect pour le milieu d’accueil de la destination visitée s’intensifie chez ces consommateurs de luxe.

 

Source: Kuoni

On remarque également que le luxe s’exprime sous différentes formes. Par exemple, on évite l’abondance démesurée ou la consommation à outrance. On vise à créer des environnements moins opulents qui conservent toutefois leur côté somptueux. L’intégration des murs verts (ou living walls) s’inscrit dans cette mouvance et fait partie des bonnes pratiques.

 

Crédit photo: OT Paris/ avid Lefranc

La ludification

Le jeu social en ligne se définit par l’intégration d’une dynamique de jeu dans un environnement dont l’essence n’a pas nécessairement de lien avec le jeu. Dans l’industrie touristique, il vise généralement à encourager les consommateurs à partager leurs expériences, leurs photos et vidéos sur les médias sociaux et à développer un sentiment d’appartenance et de loyauté pour une marque. Le potentiel viral de ce type d’activité justifie l’enthousiasme des compagnies qui l’offrent.

Par exemple, sur la page Facebook de Tourisme Irlande, on trouve le jeu Ireland Town. En participant, l’internaute est invité à découvrir les attractions touristiques du pays et à relever des défis par une série d’activités.

 

 Source: Facebook

Plusieurs jeux concernent l’accumulation de points ou d’écussons; l’atteinte de différents niveaux, au final, permet à certains joueurs de recevoir des prix. On note ainsi des ressemblances entre ces dynamiques de jeu et celles développées pour les programmes de fidélité (Lire aussi: Un jeu sur Facebook pour attirer de nouveaux employés  et Les Gamers, un créneau plus important qu’on le pense… )

Selon eMarketer, 27% des internautes américains, soit 61,9 millions de personnes, s’adonnaient à des jeux sociaux en ligne en septembre 2011. L’âge moyen des joueurs est de 41 ans; 30% sont âgés de 18 à 29 ans et 20%, de 60 ans et plus (voir graphique 1).

 

 

Pour découvrir les quatre autres tendances présentées par Euromonitor International et pour lire le rapport complet, cliquez sur le lien suivant: http://www.wtmlondon.com/files/onsite_global_trends_v3_lo.pdf.

 

Sources :

– Bremner, Caroline. «WTM Global Trends Report», conférence présentée au World Travel Market à Londres, le 8 novembre 2011.

– Euromonitor International, «WTM Global trends report 2011», novembre 2011.

Sites Web :

Camp in my Garden

eMarketer.com

Inspiration Green

Kuoni

Luxury Link

Nextpedition

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Médias sociaux 2011: leur importance et quelques tendances

Au-delà de l’engouement suscité auprès de ses utilisateurs, les médias sociaux influent sur les façons de faire en matière de communication, d’innovation, de commercialisation, de partage d’information et de recherche. Plus du tiers des voyageurs internationaux possédaient un appareil mobile en 2010 et parmi ceux-ci, 40% l’utilisaient une fois à destination. L’accès aux médias sociaux représente l’une des principales activités de ce groupe de voyageurs.

L’importance des médias sociaux

Lors de la conférence Social Media Talk au World Travel Market, qui avait lieu à Londres en novembre dernier, Debbie Hindle, directrice de Four bgb, soulignait que les intervenants et gestionnaires de l’industrie touristique ne sont pas tous des adeptes de médias sociaux. Un grand nombre d’entre eux semblent en connaître peu sur le sujet et d’autres se disent même sceptiques quant à leur utilité. Il est donc essentiel de rappeler pourquoi les médias sociaux sont importants.

  • Ils permettent d’exécuter des recherches sur les consommateurs et représentent l’un des meilleurs outils pour cette démarche.
  • Ils stimulent le bouche à oreille et les échanges avec les compagnies.
  • Ils génèrent du trafic sur les sites Internet des entreprises concernées et favorisent les recherches naturelles en ligne.
  • Ils constituent une avenue supplémentaire pour la réalisation de ventes.

L’utilité des médias sociaux et ses bénéfices potentiels reposent d’abord sur la compréhension de ce que l’on doit en faire. Cette clarification permet ensuite d’articuler des stratégies précises et d’orienter des actions structurées. Avant de se lancer dans l’aventure, il est donc primordial de savoir pourquoi on se lance.

Les six tendances sous les projecteurs

Lors de la conférence mentionnée plus tôt, Madame Hindle a souligné les six grandes tendances observées en cette fin d’année.

L’intégration des médias sociaux et la fin du discours unidirectionnel

Les démarches entreprises sur les médias sociaux devraient découler de la stratégie globale des communications et de marketing. Par exemple, si l’objectif d’une destination consiste à protéger sa réputation ou à augmenter le nombre d’arrivées internationales, les stratégies marketing à employer pour y arriver, et ultimement celles touchant les médias sociaux, devraient toutes être basées sur cet objectif.

On ne devrait pas utiliser les médias sociaux pour pousser une marque ou pour accumuler une masse de fans au moyen d’un discours promotionnel à sens unique. La valeur ajoutée de cet outil de marketing se définit par les interactions qu’il engendre et l’engagement qu’il suscite. D’ailleurs, le volume de fans n’est pas gage de succès, particulièrement si peu d’échanges en découlent.

L’information, la socialisation, l’innovation

Plusieurs entreprises puisent leur inspiration auprès de leurs clients. Les médias sociaux facilitent les séances de remue-méninges entre ces deux parties (lire aussi: Le crowdsourcing quand des milliers de têtes valent mieux qu’une) et créent un contexte idéal pour recueillir des informations sur les besoins des utilisateurs ainsi que des idées et des conseils.

Par exemple, en avril dernier, Virgin a organisé un «marathon social», qui réunissait toutes les équipes responsables des médias sociaux de chaque filiale de Virgin du Royaume-Uni. Ensemble, les équipes devaient utiliser Facebook et Twitter durant huit heures consécutives afin d’échanger avec les fans de la compagnie. Par cette initiative, en plus de créer un événement social pour ses employés, Virgin désirait favoriser l’engagement de ses fans en sollicitant leur aide pour améliorer l’entreprise et pour stimuler l’innovation.

Médias sociaux

Source: Virgin

La révolution sociale du commerce

L’ajout de la couche «sociale» au e-commerce ouvre de nouvelles avenues aux réseaux de distribution. La puissance des recommandations d’amis a fait ses preuves, si bien que plusieurs entreprises de l’industrie touristique s’empressent d’offrir des possibilités de réservation et d’achat directement sur les médias sociaux.

Source: Las Vegas Hilton

L’année de la mobilité sociale?

Selon un rapport réalisé par IPK International, parmi les 39% de voyageurs internationaux qui possédaient un appareil mobile en 2010, 40% l’utilisaient une fois à destination: 30% l’employaient afin de modifier des réservations déjà effectuées et 25% y avaient recours pour s’enregistrer. Par ailleurs, 37% auraient visité Facebook ou d’autres médias sociaux durant leur périple afin d’informer leurs parents et amis de leur séjour ou pour publier des photos. Cependant, les frais d’itinérance représentent toujours le principal obstacle à l’utilisation des appareils mobiles une fois à destination.

Le raffinement du profil du blogueur

On distingue aujourd’hui cinq principaux profils de blogueurs :

  1. Le professionnel: blogueur à temps plein, écrire constitue sa profession.
  2. L’autonome: journaliste ou consultant, il utilise le blogue pour partager de l’information sur des sujets précis ainsi que pour promouvoir ses services à des fins commerciales.
  3. Le passionné: monsieur ou madame Tout-le-monde ayant d’abord créé un blogue pour partager une passion, puis cherchant aujourd’hui à rentabiliser ce passe-temps.
  4. Le pigiste: blogueur professionnel affilié à une ou à plusieurs entreprises pour lesquelles il écrit.
  5. Le collaborateur: il partage de l’information ou des nouvelles neutres sur des sites d’entreprise; il peut aussi participer à un regroupement de blogues.

La socialisation au service de la recherche

L’utilisation des médias sociaux dans les campagnes de marketing impactera davantage les résultats des moteurs de recherche. L’arrivée de Google + ainsi que les améliorations apportées à Google Social Search ne sont que deux exemples indiquant le virage social que prend Google.

Vidéo: YouTube

Les médias sociaux n’ont pas fini d’évoluer. Si vous étiez sceptique ou indifférent quant à leur usage avant de lire cette analyse, constatez-vous un peu plus leur importance maintenant?

 

Sources:

– Hindle,Debbie. «Social Media Talk», conférence présentée au World TravelMarket à Londres, le 7 novembre 2011.

– Four bgb. «Social media travel insights», novembre 2011.

 

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Condensé de tendances selon trendwatching.com

Nous vous proposons ici une lecture hors de l’ordinaire; vous sortirez de votre routine quotidienne afin de voir plus loin, de réfléchir, de vous conscientiser, de stimuler votre imagination ou simplement afin de vous mettre au goût du jour. Pour piquer votre curiosité: l’apprentissage est un nouveau luxe, vos clients sont votre meilleure équipe marketing et les entreprises rivalisent de créativité dans l’offre de services complémentaires. Alors, si vous vous intéressez à l’avenir de l’entreprise et à la consommation, ouvrez bien votre esprit et laissez-vous inspirer par quelques grandes tendances mondiales qui touchent les voyages et le tourisme.

Trendwatching.com est une firme qui relève les tendances de consommation les plus prometteuses à travers le monde ainsi que des idées et des pratiques liées aux affaires. Elle s’appuie sur un réseau de centaines de veilleurs dans plus de 120 pays.

La fluidité sociale (Social-Lite)

Le caractère public des médias sociaux permet à chacun de s’exprimer librement. Le secteur des voyages a toujours été propice au partage d’anecdotes, entre autres parce qu’il y en a généralement de savoureuses. La diffusion n’a jamais été aussi facile avec les réseaux sociaux et les multiples sites favorisant les échanges.

Stay.com, en Norvège, est une plateforme sociale qui permet aux usagers de créer et de partager leur propre guide personnalisé. L’information dont ils disposent provient de différentes sources (TripAdvisor, OpenTable, etc.);les membres peuvent demander conseil et donner des recommandations.

La chaîne Four Seasons Hotels and Resort a lancé, en février 2011, un blogue intitulé Have family will travel,sur lequel les lecteurs peuvent publier leurs récits de voyage avec des enfants. L’outil Memory Montage permet aux utilisateurs de créer leur propre vidéo de vacances et de la partager avec leurs proches. Des journalistes, des employés de Four Seasons et des blogueurs y publient également des contenus.

Source : Have family will travel

Vos clients vous racontent (Status Story)

L’expérience est toujours la clé d’une offre réussie. Cependant, la tendance actuelle veut qu’elle soit racontée directement par les consommateurs, et non plus par l’entreprise elle-même. Le département marketing le plus efficace, c’est vos clients.

De plus en plus d’entreprises ont compris que le pouvoir de persuasion des clients s’accroît – au détriment du leur – et incite ces derniers à exprimer leurs expériences à tous les vents. Pour que vos clients parlent de vous, offrez-leur un séjour mémorable et un service exceptionnel. Assurez-vous qu’ils ont tout ce dont ils ont besoin pour raconter une histoire intéressante.

American Express a lancé en avril 2011 Nextpedition, un service de voyage sur mesure, dévoilé au fil du séjour et intégrant les médias sociaux. Un appareil mobile, le Travel Console, suggère des activités personnalisées et recommande des lieux à voir. L’outil permet également d’enregistrer les détails du périple, de télécharger des photos, des vidéos et, bien sûr, de partager sur Facebook et de commenter. Les amis et la famille peuvent donc suivre les voyageurs en temps réel.

Source: Nextpedition

L’apprentissage sur demande (Status Skills)

On ne reconnaît plus les gens à ce qu’ils possèdent, mais à ce qu’ils font et à ce qu’ils réalisent. Le développement de connaissances et d’habiletés liées à des rêves ou à des passions est un luxe. De plus, acquérir un savoir-faire demande du temps, une denrée rare! Les vacances fournissent l’occasion parfaite d’apprendre – un sport, la cuisine, la peinture, etc. Les prestataires auraient avantage à offrir à leurs clients des cours d’initiation à une activité, ne serait-ce que pour quelques heures. Il n’est pas nécessaire que vous possédiez l’habileté en question, vous n’avez qu’à développer un partenariat avec une autre entreprise bien établie!

Par exemple, le Sheraton Nha Trang Hotel and Spa, au Vietnam, a ouvert en 2010 une école de cuisine. Les intéressés – clients de l’hôtel ou autres – peuvent s’inscrire à un cours, qui débute par une visite au marché local.

Source: Sheraton NhaTrang Hotel and Spa

Le bouche-à-oreille multiplié et personnalisé (F-Factor)

Les consommateurs puisent de plus en plus dans leurs réseaux d’amis, de fans ou d’adeptes (followers) pour discuter de biens et de services, pour en découvrir et en acheter, et ce, de façon toujours plus sophistiquée. Il n’a jamais été aussi important pour les entreprises d’être «aimées». En effet, même si les individus accordent généralement leur confiance aux sites de commentaires en ligne, le conseil d’un ami ou d’une connaissance s’avère beaucoup plus crédible.

Lancé en 2010, Gogobot vise à révolutionner la recherche liée aux voyages en intégrant les «J’aime» et les préférences du réseau social de l’internaute en tant que filtres de présentation des résultats. De plus, lorsqu’un voyageur potentiel interroge Gogobot sur une destination, l’entreprise questionne ensuite sa communauté de fans Facebook et d’adeptes Twitter pour enfin revenir vers l’usager.

Le triomphe de la transparence (Transparency Triumph) et le chaos des prix (Pricing Pandemonium)

L’accès particulièrement facile à l’information permet au consommateur averti de gérer chacun des aspects liés au voyage qu’il planifie. Relisez nos analyses sur le sujet (La transparence l’emporte et L’ère de la transparence: adaptez votre mentalité) et souvenez-vous que les entreprises et les spécialistes du marketing n’ont plus un contrôle total sur le message qu’ils souhaitent communiquer à la clientèle!

La transparence vient aussi du fait que les consommateurs ont dorénavant accès à des rabais de façon sans cesse renouvelée. Les nouvelles technologies, par le biais des sites d’achats groupés, des comparateurs de prix, des clubs de membres, des ventes-éclairs (flash sales) ou de la tarification dynamique, créent un véritable chaos dans la tarification.

Les divines données (Divine Data)

Non plus statique, l’information est maintenant limpide, instantanée et dynamique. Le consommateur continuera à naviguer à travers les nombreux sites conçus pour vérifier ou suivre de l’information ou encore pour l’alerter d’un renseignement pertinent ou intéressant.

Les applications de traduction simultanée sont un bon exemple du recours possible aux «divines données». TripLingo permet d’obtenir une traduction présentée selon différentes vitesses d’élocution ou en notation phonétique. Les usagers ont également accès à de l’information culturelle, à un dictionnaire, à un guide de prononciation et à un guide de l’argot.

Les concierges de la marque (Brand Butlers)

La plupart des entreprises de services touristiques connaissent depuis longtemps l’importance de bichonner la clientèle. Un type d’emploi y est d’ailleurs dédié: le concierge. Toutefois, de nombreux voyageurs recherchent le petit extra qui fera qu’un établissement se distingue réellement. Ici, il s’agit de faire preuve de créativité et de comprendre les besoins des consommateurs.

 

Un service de vélo-taxi? Des iPads prêtés gratuitement et incluant bien sûr des abonnements à des magazines et des journaux? Le prêt d’une voiture de luxe fourni avec la réservation d’une suite? Ou encore un «Emergency Style Kit », c’est-à-dire des vêtements, des chaussures et des accessoires griffés offerts à prix abordable, comme le fait l’hôtel Elysian de Chicago?

Source: Trendwatching.com

Ne vous arrêtez pas là! Trendwatching décortique bien d’autres tendances liées à l’industrie touristique: les marchés émergents, les niches et les pratiques environnementales pour ne nommer que celles-là. Poursuivez votre apprentissage et votre réflexion en lisant les résumés mensuels de la firme.

 

Source:

Trendwatching. One of the world’s leading trend firms, trendwatching.com sends out its free, monthly Trend Briefings in nine languages to more than 160,000 subscribers worldwide.

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Produits et activités Tendances

Tendances et bonnes pratiques dans les destinations touristiques de montagne

Ces dernières années, les centres de villégiature en montagne se sont lancés dans une course effrénée pour devenir des lieux récréotouristiques quatre saisons.

Il est révolu le temps où les stations de montagne misaient uniquement sur le ski pour rentabiliser leurs investissements. Selon un sondage de la revue Ski Area Management (SAM) mené en 2011 auprès de 100 stations de ski en Amérique du Nord, 44% d’entre elles fonctionnent à longueur d’année.

Sur fond d’enjeux financier et environnemental, les acteurs touristiques rivalisent d’ingéniosité pour développer des produits et des services répondant à une demande de plus en plus diversifiée. Voici quelques tendances et bonnes pratiques adoptées par ces territoires en redéfinition.

Des activités récréatives diversifiées

Les activités estivales gagnent en popularité auprès des clientèles des stations. (Lire aussi: La tentation quatre-saisons des stations de ski). Un quart des stations interrogées lors du sondage SAM ont déclaré que l’exploitation estivale génère 20% et plus des revenus annuels. Le vélo de montagne est l’activité sportive estivale (lire aussi: Le vélo de montagne représente-t-il un potentiel touristique sous-exploité?) la plus souvent proposée (61%) après les réunions d’affaires (64%) et les mariages (81%).

D’ici les deux prochaines années, les stations prévoient mettre l’accent sur les activités familiales au détriment des loisirs traditionnels, tels que le tennis ou le golf (voir graphique 1). Un peu moins de la moitié des destinations proposeront la tyrolienne (42%), et presque un quart d’entre elles seront équipées d’une luge sur rail (23%) et d’un parcours dans les arbres (22%).

 

Les murs d’escalade et les sauts à l’élastique sont en forte croissance, ainsi que les parcs de planche à roulettes (skates parks), les parcs aquatiques et les minigolfs. À titre d’exemple, le Massif du Sud en Chaudière-Appalaches se proclame «pourvoirie de sports d’aventures quatre saisons».

De nouveaux segments de clientèles

Dans de nombreuses stations, il est possible de louer des salles pour des évènements festifs ou d’affaires. Banff Centre, situé au cœur du Parc national de Banff, s’est lancé dans le marché des réunions, des voyages de motivation, des conférences et des évènements (MICE). Certaines stations telles que le Crystal, situé sur la côte ouest des États-Unis, ou le Mont-Sainte-Anne ciblent activement le segment des mariages durant la période estivale et louent leurs chalets au sommet des pistes.

 

Source: Crystal Mountain

Les forfaits, la solution miracle à de nombreux maux

Les forfaits se multiplient dans les centres de villégiature. Ils permettent de rendre la destination attractive pour de nouvelles clientèles, d’augmenter la fréquentation en basse saison et d’attirer la clientèle régionale grâce aux courts séjours. De plus, ils répondent aux intérêts diversifiés des voyageurs multigénérationnels et des non-skieurs.

Des séjours pour prendre soin de soi et se faire plaisir

Les spas sont devenus indissociables de l’expérience de villégiature en montagne. La santé et le bien-être sont intégrés dans la commercialisation des séjours et servent même de prétexte pour un regroupement, comme c’est le cas cette année dans la station de Squaw Valley en Californie, où a eu lieu le festival de yoga Wanderlust.

 

Source: First Track On Line Ski Magazine

On observe une amélioration de l’offre culinaire dans certaines stations, qui proposent plusieurs choix pour se ressourcer et mettent en valeur les produits régionaux. La station Samoëns dans les Alpes françaises a organisé cet hiver la première édition de la Semaine Vigneronne. Des stands et des ateliers de découverte permettaient aux touristes de découvrir les vins de plusieurs régions. Au Québec, le Mont Saint-Sauveur vient de commencer le réaménagement complet de son bistro-bar pour en faire le lieu branché de la région, où l’on offrira des menus santé et variés aux visiteurs.

Marketing en ligne, applications mobiles et nouvelles technologies

Le webmarketing est aujourd’hui l’un des plus importants canaux de promotion. Quelques stations tirent leur épingle du jeu. La station Wild Mountain au Minnesota a lancé une promotion sur LivingSocial, un site d’achats groupés, afin de vendre à rabais un forfait incluant les remontées et la location d’équipement de ski. Son objectif était d’attirer une nouvelle clientèle de skieurs débutants.

Source: livingsocial

La station Snowbird dans l’Utah, une des premières à avoir sa propre application, a mis en place une stratégie médias sociaux en intégrant sur son site des contenus partagés par sa clientèle.

Source: Snowbird

La station de Brighton dans l’Utah a installé sur une piste deux appareils photos automatiques qui photographient les skieurs et les planchistes. Ces derniers peuvent ensuite télécharger leurs performances sur la page Facebook de la station.

La compagnie Vail Resorts a créé Epic Mix, une application pour utilisation mobile ou en ligne offrant la possibilité aux clients de ses cinq stations de ski de partager leurs performances sur les réseaux sociaux. Les services sont nombreux: vitesse de descente, classement des skieurs et planchistes, météo, géolocalisation des contacts. Cet hiver, 100 000 personnes l’ont utilisé et 40% d’entre elles ont téléchargé l’application.

Source: Epicmix

Les nouvelles technologies impactent grandement le fonctionnement des stations. Celles du Mont Saint-Sauveur et du Mont Avila implanteront au début de la saison d’hiver 2011-2012 un système de radio-identification aux remontées, capables de détecter les cartes des usagers sans qu’ils aient à la montrer, comme c’est déjà le cas au Massif de Charlevoix.

Une offre élargie d’hébergement

Les offres de location en ligne de propriétés de particuliers sont très nombreuses dans les stations de montagne. Au Québec et en Colombie-Britannique, elles représentent environ 60% des annonces diffusées sur HomeAway. Une telle offre permet d’élargir le bassin de la clientèle potentielle de la destination. Pour beaucoup de gestionnaires de stations, ce type d’hébergement est complémentaire à l’hébergement en condo et en hôtel.

Cependant, cela ne freine pas le développement immobilier des groupes tels qu’Intrawest, Boyne Resorts, Aspen Skiing et Vail Resort. De plus, on assiste à un engouement pour l’achat de maisons secondaires au pied des montagnes. Enfin, de nouveaux projets voient le jour. Au Massif de Charlevoix, le complexe hôtelier de la Ferme ouvrira ses portes au printemps 2012, et au Mont-Sainte-Anne, un centre de villégiature quatre saisons devrait être construit dans les prochaines années.

Source: Le Massif

Le développement durable comme axe de restructuration

La station de Whistler s’est dotée d’un plan à long terme, Whistler 2020. Elle a établi différentes priorités et stratégies pour un développement durable de la station et diffuse sur son site Internet les indicateurs de mesure.

Source: Whistler 2020

L’Association des terrains de golf du Québec (ATGQ) a amorcé cet été une démarche en développement durable et a créé le programme ParTROIS afin de guider les clubs dans l’implantation de mesures visant à obtenir une certification.

La National Ski Areas Association aux États-Unis vient d’ajouter un nouveau volet à sa charte environnementale Sustainable Slopes dédié aux stations, le Climate Challenge. C’est une compétition amicale qui vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Avec l’aide d’experts, les employés des huit stations volontaires se sont engagés dans cette démarche.

 

 

Clientèles à la recherche de nouvelles expériences, menaces du réchauffement climatique, avancées technologiques et popularité des médias sociaux, les enjeux et défis sont nombreux. Mais ils ont conduit les stations à innover afin qu’elles maintiennent leur attractivité, et les quelques projets amorcés au Québec laissent poindre un bel avenir pour les destinations de montagne.

 

Sources:

– Bast, Morgan. «EpicMix gets nearly 100,000 activations in first season», buzz.snow.com, 22 avril 2011.

– Bergeron, Patricia. «Réaménagement à la base de la montagne- Mont Saint Sauveur se peaufine», carnetduski.com, 13 juillet 2011.

– Kahl, Rick. «Condos on the cheap», Ski Area Management, vol. 50, no 2, mars 2011.

– Morrison, Alastair M. «International Trends in Mountain Tourism, Marketing and Development», Belle Tourism Consulting, 2010.

– Organisation Mondiale du Tourisme. «Congrès de l’OMT pour débattre de l’avenir du tourisme de neige et de montagne», www2.unwto.org, 31 mars 2011.

– Rufo Samantha, Ken Castle et Katie Bailey. «Best/Worst Marketing 2010-2011», Ski Area Management, vol. 50, no 3, mai 2011, p. 41-45.

– Ski Area Management. «Sustainable slopes report highlights resorts’ green efforts», saminfo.com, 8 juillet 2011.

– Ski Area Management. «Summer in the mountain», vol. 50, no 3, mai 2011, p.46-47.

– Urban Land Institute. «Ten Resorts Trends», www.uli.org, consulté le 13 juillet 2011.

– Watson, Tom. «Brighton offers freestylers an ancillary stoke», National Ski Areas Association, vol. 19, no 3, juillet 2011.

– Wine Tourism in France. «L’œnotourisme, nouveau sport d’hiver», winetourisminfrance.com, 29 décembre 2010.