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Le plein air et le luxe font bon ménage!

Le tourisme de plein air et d’aventure n’est plus synonyme d’inconfort et de vie à la dure, au contraire. Les touristes ont le goût du luxe, les amateurs de plein air aussi. Et les gens s’intéressent davantage au plein air s’il peut se pratiquer dans le confort. De plus en plus de voyageurs recherchent des expériences riches en aventure et en authenticité, mais aussi un service cinq étoiles. Du moins, on assiste à l’émergence de nombreux produits les combinant. À cet effet, les grands espaces québécois représentent une ressource pleine de potentiel!

L’attitude face aux produits de luxe a changé. En cette ère où l’on souhaite vivre des «expériences», les voyages de luxe s’inscrivent tout à fait dans ce mode de pensée; surtout lorsque luxe signifie exclusivité, service exceptionnel et confort. Aussi les notions d’exotisme, d’authenticité et la participation à des activités hors du commun se greffent-elles à celle du luxe.

 

Croissance du tourisme de luxe

Le marché des voyages de luxe enregistre actuellement une croissance importante. On l’observe, notamment, par la hausse des taux d’occupation des hôtels haut de gamme et des resorts et par la demande accrue pour les croisières. Selon le Print Measurement Bureau (PMB), 1,5 million de Canadiens choisissent de l’hébergement de luxe en vacances. Autrefois réservé à l’élite, le «luxe» semble maintenant plus accessible. (Lire aussi: La nouvelle image de la clientèle de luxe.) Deux grands facteurs expliquent ce phénomène: la population fortunée est en croissance et la notion de luxe a pris de l’expansion. Aussi, non seulement les gens riches sont-ils de plus en plus nombreux, mais le luxe ne leur est plus exclusif. Enfin, certains niveaux de luxe sont maintenant davantage accessibles à la population.

Qui sont ces voyageurs?

Comme le souligne une récente étude du Travel & Tourism Analyst, il n’y a pas de portrait type de l’adepte des voyages de luxe puisqu’il s’agit d’un marché très éclaté. Cette étude identifie tout de même sept grands segments de marché:

  • Jeunes professionnels (25-35 ans): ils n’ont pas encore d’enfants, ils ont un bon revenu discrétionnaire et ont le goût de voyager.
  • Empty nesters (50-64 ans): c’est la principale clientèle des voyages de luxe. Souvent libérés des obligations financières, n’ayant plus d’enfant à charge, ils ont toujours un salaire et donc un revenu discrétionnaire élevé. De plus, ils sont encore assez jeunes pour voyager beaucoup.
  • Retraités (65 ans et plus): ils ont du temps, les plus jeunes de cette catégorie souhaitent en profiter et voyager.
  • Familles: les voyages de luxe en famille sont très tendance. Les couples recherchent des destinations qui vont plaire aux enfants, mais ne veulent pas compromettre la qualité de leur expérience.
  • Voyageurs pour occasion spéciale: ils sont prêts à payer pour souligner un événement: mariage, anniversaire, lune de miel, etc.
  • Aspirational travellers: ils ne sont pas riches, mais économisent et s’offrent des vacances cinq étoiles.
  • Riches: segment typique des voyages de luxe. En 2005, on estimait la population mondiale de millionnaires (en USD) à 8,7 millions. Selon le World Wealth Report de 2006, le continent de l’Amérique du Nord compte le plus grand nombre de riches au monde.

Les tendances

Voici quelques tendances qui orientent le marché des voyages de luxe.

  • des séjours plus courts, plus fréquents
  • les voyages avec les enfants
  • l’Asie, une destination de luxe en demande
  • les établissements verts ont la cote
  • de plus en plus de voyages de groupes (amis, collègues, groupes de femmes professionnelles)
  • le goût de l’authenticité et, surtout, de vivre une «expérience»
  • l’aventure comme motif premier du voyage de luxe

L’aventure de luxe

Les activités de plein air et d’aventure s’insèrent extrêmement bien dans le concept de l’expérience. Sensations fortes, activités inhabituelles dans un décor authentique, communion avec la nature et… haute gastronomie, lieux exclusifs, confort inégalé, services personnalisés et de haute qualité, qui dit mieux? Le plein air de luxe est plutôt séduisant! Voici quelques exemples de concepts inspirants.

 

Gastronomie et plein air

Picnics on the Piste, Alpes

Initiative fort originale, l’entreprise Picnics on the Piste permet aux skieurs de se faire livrer un pique-nique en pleine montagne. Desservant plusieurs stations de ski des Alpes, la petite entreprise offre divers menus, de simples (soupe, baguettes, viandes froides et fromage) à plus élaborés (foie gras, charcuteries, champagne) avec serveur. Elle livre le repas, réalisé avec des produits locaux de qualité, à l’endroit et à l’heure désirés. http://www.picnicsonthepiste.com/

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Les sentiers gastronomes, Québec

Dans le même esprit que Picnics on the Piste, mais au Québec cette fois-ci, le chef François Paré, mordu de plein air, s’engage à cuisiner là où on le lui demande. Dans une cabane en pleine forêt, sur l’eau, au bord de la plage, au sommet d’une montagne, il «traîne» ses spécialités du terroir québécois et ses menus gourmands. Le concept est audacieux! http://lessentiersgastronomes.com/

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Centre de villégiature et camping de luxe

Dunton Hot Springs, Colorado (États-Unis)

Dans les Rocheuses du Colorado, une ville minière du 19e siècle a été récupérée et les bâtiments restaurés. Situé sur une source d’eaux thermales, le luxueux resort regroupe 18 bâtiments, dont 12 cabines et 6 chalets à usage commun (bain thermal, salle de yoga, bibliothèque, salon, bar… etc.). Il accueille, entre autres, les adeptes de l’équitation, les skieurs de randonnée, les héliskieurs, les randonneurs, les pêcheurs et les amateurs de spa et de sources thermales. http://www.duntonhotsprings.com/

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Clayoquot Wilderness Resorts, Colombie-Britannique (Canada)

Le Clayoquot Wilderness Resort à Tofino, en Colombie-Britannique, est un lieu de «glamping»… ou si vous voulez, de glamorous camping! Localisé dans la forêt humide de la côte ouest de l’île de Vancouver, site unique au monde, ce resort écotouristique ultra luxueux fait dans l’aventure douce. (Lire aussi: Et si l’hôtellerie de luxe diversifiait son offre par le biais du camping?) On y dort sous la tente… richement meublée. La salle à manger, également sous la tente, est tout aussi luxueuse. Fine gastronomie, produits locaux et bonnes bouteilles sont au menu. http://www.wildretreat.com/

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Whitepod, Suisse

Whitepod est un camp écologique de luxe situé à 1400 mètres d’altitude dans les Alpes suisses. Il est composé d’un chalet principal et de neufs pods (tentes en forme de dôme). On y accède en skis ou en raquettes. Récipiendaire d’un Responsible Tourism Award en 2005, le concept allie tradition et technologie. Chaque pod est équipé d’un lit, chauffé au poêle à bois et isolé avec des matériaux performants. Le domaine offre du ski de jour comme de nuit, sur des pistes privées. http://www.whitepod.com/

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Le Québec compte déjà plusieurs centres de villégiature haut de gamme implantés dans des milieux naturels de grande qualité. Pensons notamment à l’Auberge du lac Taureau dans Lanaudière, à l’Hôtel Sacacomie et à l’Auberge du Lac-à-l’Eau-Claire en Mauricie, à l’Auberge de montagne des Chics-Chocs (Sépaq) en Gaspésie, au Fairmont Kenauk au Château Montebello en Outaouais ou encore au village Windigo dans les Hautes-Laurentides. Dans Charlevoix, le projet de développement du territoire Le Massif implique, entre autres, des infrastructures spectaculaires, dont l’hébergement intégré au milieu naturel ainsi que des composantes originales et distinctives, donc luxueuses en termes de qualité, d’authenticité et d’expérience globale.

Des projets novateurs et écologiques, offrant des expériences uniques, de l’aventure dans un milieu naturel remarquable et un service de haute qualité, constituent aujourd’hui des éléments très prisés par le tourisme de luxe. Et ce type de pratique du plein air semble séduire une clientèle grandissante. Le territoire québécois regorge de sites naturels magnifiques; l’industrie touristique saura-t-elle tirer profit de cette tendance?

Lire aussi:
La nouvelle image de la clientèle de luxe
Et si l’hôtellerie de luxe diversifiait son offre par le biais du camping?

Sources:
– Capgemeni & Merrill Lynch. «World Wealth Report 2006», [www.us.capgemini.com/worldwealthreport06/]
– Dolores, Colo. «Dunton Hot Springs», Fortune, 29 octobre 2007.
– Karlinsky, Neal. «Glamourous Camping: Where Wild Meets Refined», ABC News, 19 juin 2007.
– Print Measurement Bureau 2007.
– Travel & Tourism Analyst. «Luxury Travel», Mintel, no 12, juillet 2007.

Sites Internet:
Auberge de montagne des Chics-Chocs
Auberge du Lac-à-l’Eau-Claire
Auberge du lac Taureau
Clayoquot Wilderness Resorts
Dunton Hot Springs
Hôtel Sacacomie
Fairmont Kenauk au Château Montebello
Le Massif
Les sentiers gastronomes
Picnics on the Piste
Whitepod
Windigo

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Portrait du secteur de l’écotourisme au Québec en 2007

Le secteur de l’écotourisme et du tourisme d’aventure et de plein air demeure important pour le Québec. Son avenir s’avère plutôt positif, malgré les nombreux défis qu’il doit relever. Le Québec doit maintenant consolider sa position pour faire face à la forte concurrence internationale. Cette analyse présente quelques enjeux et tendances qui sont ressortis au dernier congrès de l’association Aventure Écotourisme Québec (AÉQ).

Le secteur de l’écotourisme et du tourisme d’aventure et de plein air, formé de petites et moyennes entreprises, est encore en émergence au Québec. Toutefois, le nombre d’emplois générés annuellement, soit 11 400, démontre une croissance graduelle du secteur. L’association Aventure Écotourisme Québec, spécialisée dans le secteur, favorise son expansion. Née en 1990, elle compte aujourd’hui 135 membres, comparativement à 60 en 2000. Les produits écotouristiques représentent 10% des entreprises membres qui offrent principalement des activités guidées ou autoguidées; alors que 90 % des entreprises fournissent des produits de tourisme d’aventure qui se composent d’expériences touchant de près ou de loin les critères de l’écotourisme (interprétation, bonnes pratiques environnementales, séjour en nature, observation, éducation, etc.).

Rentabilité

Il y a au Québec un manque flagrant de réglementation qui affecte la rentabilité des entreprises. Comme elles ne sont pas obligées d’appartenir à une association, l’enjeu concernant la maximisation de leur rentabilité demeure considérable. En effet, celles qui ne sont pas membres de l’AÉQ sont libres de respecter ou non les 55 normes émises dans le cahier d’accréditation de l’association et de se munir de brevets ou de dispenser des cours de premiers soins à leurs intervenants. Il en résulte donc un fort déséquilibre tant de l’offre touristique que des tarifs établis, car les dépenses moindres engagées par les non-membres leur permettent d’offrir des produits à meilleur prix.

Qualité

Comme toutes les entreprises ne sont pas encore accréditées, il n’existe aucun consensus dans le secteur qui leur permette d’œuvrer dans la même direction et d’agir en concertation selon des normes précises, même si la démarche Qualité Tourisme a été développée en 2005 pour ce secteur d’activité. Grâce à cette démarche, les entreprises pourraient améliorer leurs services et leur rentabilité, accroître la compétitivité de l’industrie au Québec, améliorer leur système de gestion, mieux répondre à leur clientèle et se munir d’outils de commercialisation efficaces. La démarche Qualité Tourisme propose ainsi aux gestionnaires de travailler à partir de règles communes et selon des indicateurs fiables; un processus à surveiller pour résoudre l’inégalité entre les entreprises.

Sécurité

Les risques reliés à une activité écotouristique demeurent davantage présents chez les non-membres. La réalité actuelle représente donc une situation d’iniquité entre les entreprises qui disposent de guides expérimentés et formés et celles qui n’en ont pas. L’avenir de ce secteur touristique repose surtout sur une attestation sécuritaire et sur la reconnaissance légale des entreprises et du métier de guide.

Accès aux ressources naturelles

Le milieu naturel est la base du secteur. Bien que l’accès aux ressources naturelles soit garanti et indispensable, l’industrie touristique québécoise se bat constamment contre de puissants facteurs qui influencent directement la survie des entreprises: l’eutrophisation* des lacs, la déforestation, le développement hydroélectrique, le réchauffement de la planète. Il faudrait aussi souligner que le secteur de l’écotourisme demeure exemplaire en matière de tourisme durable au Québec, puisque le Programme Sans Trace continue d’être implanté systématiquement dans plusieurs milieux naturels afin d’améliorer les bonnes pratiques environnementales.

Du côté de la formation de l’industrie, le Québec semble être le leader canadien, puisque 78% des formateurs (35/45), ou maîtres instructeurs, se concentrent dans la province où ils apprennent les bonnes pratiques environnementales.

Tendances du marché

Le marché du secteur de l’écotourisme et du tourisme d’aventure et de plein air est très peu segmenté et diversifié au Québec. Les clientèles cibles recherchent souvent une plus-value à leur expérience touristique en nature. Par exemple, le luxe est maintenant un facteur déterminant dans la sélection d’une activité. Le client souhaite se munir d’un excellent kayak, être seul dans son traîneau à chiens, bénéficier d’un encadrement serré, vivre des expériences exotiques en régions ou observer la faune typiquement québécoise. Il désire également séjourner dans des refuges et des gîtes de plus en plus luxueux, sans oublier les hôtels champêtres. Il veut enfin goûter aux repas du terroir, aussi nommés «repas gastronomiques en forêt», car il recherche principalement les saveurs régionales d’ici. Malgré que cette tendance pour le luxe ne soit pas encore marquée dans la province, elle le devient de plus en plus d’année en année.

Portrait du secteur

Le total des dépenses effectuées dans le secteur de l’écotourisme et du tourisme d’aventure et de plein air totalise 800 millions CAD, ce qui équivaut à 10% des dépenses touristiques globales au Québec. Les dépenses en services, quant à elles, s’élèvent à près de 77 millions CAD, soit 1% des dépenses touristiques dans la province. Enfin, les dépenses récréotouristiques dégagées par le secteur totalisent trois milliards CAD.

Les grands pôles d’attraction du secteur incluent les régions du Saguenay-Lac-Saint-Jean, de la Gaspésie, du Bas-Saint-Laurent, de Charlevoix, des Laurentides et de Québec. Les excursionnistes se trouvent plus souvent dans ces deux dernières régions, où se concentrent également des résidences secondaires. Or, comme les habitants des résidences secondaires sont exclus des calculs des dépenses, on tend à sous-estimer la vraie valeur commerciale du secteur. Mais, tous types de clientèle confondus, une préférence subsiste pour la pratique estivale (60%) plutôt qu’hivernale (40%) des activités écotouristiques, d’aventure et de plein air. Le coût des produits est variable; ils seront plus dispendieux si les activités sont pratiquées en région éloignée avec des équipements spécialisés et si la clientèle est bien encadrée.

Le Québec doit donc développer une vision régionale de l’écotourisme et du tourisme d’aventure et de plein air, ainsi que concevoir des stratégies et des plans de mise en œuvre à moyen et long termes en intégrant les aspects économique, social et environnemental. Les défis auxquels l’industrie fait face demeurent flagrants, autant sur le plan des ressources humaines que de l’économie et de l’environnement. Les gouvernements devraient davantage s’investir dans ces secteurs, plus particulièrement au niveau des produits hivernaux. Il serait donc avantageux d’établir plus de partenariats pour améliorer la collaboration entre les différents acteurs touristiques. Par exemple, la combinaison du produit et des forfaits culturels et naturels pourrait être mieux exploitée, car c’est spécialement la diversification de l’offre de qualité qui contribue à la viabilité économique du secteur, surtout dans une ère où le marché touristique se segmente de plus en plus.

Merci à Anne Lemieux pour sa collaboration à la rédaction de cet article.

* Selon l’Office québécois de la langue française, l’eutrophisation réfère à «l’enrichissement des eaux par des nutriments, se traduisant par une prolifération des végétaux aquatiques ou des cyanobactéries et par une diminution de la teneur en oxygène des eaux profondes» (exemple: algues bleues).

Sources:

– Aventure Écotourisme Québec, [http://www.aventure-ecotourisme.qc.ca/]. Dernière consultation le 26 novembre 2007.
– Congrès annuel d’Aventure Écotourisme Québec. «Le gestionnaire de plein air: passionné et à son affaire!», Hôtel Mont-Gabriel, Sainte-Adèle, Québec, Canada, du 30 octobre au 1er novembre 2007.
– Groupe DBSF. «Étude sur la valeur économique de l’écotourisme et du tourisme d’aventure», Sommaire exécutif, pour Aventure Écotourisme Québec. Montréal, 2004, 16 pages.
– Ministère du Tourisme du Québec «Démarche Qualité Tourisme», [http://www.bonjourquebec.com/mto/programmes/
demarcheQualite/index.html
]. Dernière consultation le 26 novembre 2007.
– Sans Trace Canada, [http://www.sanstrace.ca/programs/index.html]. Dernière consultation le 26 novembre 2007.

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Les tendances du tourisme d’aventure

Si l’on tient compte de l’équipement récréatif et de l’hébergement, le secteur de l’aventure représente aujourd’hui une industrie d’environ 850 milliards USD. Les voyages d’aventure organisés ne constituent qu’une part de ce secteur, mais une part importante. Quant au tourisme de plein air, il compte pour au moins un cinquième de toute l’industrie touristique. Les tendances qui marquent ce secteur ne sont par conséquent pas négligeables pour notre industrie.

Croissance

Au cours des dernières décennies, le secteur commercial du tourisme d’aventure n’a cessé de croître. De nombreuses personnes ayant de l’argent mais peu de temps pour le dépenser et jouissant d’une bonne forme physique considèrent maintenant l’aventure comme une série d’activités de villégiature qu’ils peuvent s’offrir à l’occasion, plutôt que comme une discipline dans laquelle investir temps et argent afin d’acquérir de l’équipement et des compétences à long terme. Le secteur se développe donc auprès de la clientèle tant expérimentée que novice.

Pyramide des prix

L’industrie du tourisme d’aventure est constituée, soit d’un petit nombre de produits très onéreux, dont le prix élevé s’explique par la nécessité d’utiliser un équipement spécialisé, par l’éloignement ou les compétences préalables requises, soit par de nombreuses activités de courte durée, peu chères, ne nécessitant pas de compétences particulières et se déroulant dans des lieux accessibles, près des principaux points d’entrée et de sortie des touristes.

Des produits de plus en plus luxueux

Les amateurs de tourisme d’aventure peuvent s’offrir de plus en plus de luxe: les autobus transportant les randonneurs sont toujours plus confortables; les auberges accueillant les adeptes de l’héliski ou de la plongée sous-marine possèdent des spas et mettent à la disposition de leur clientèle des services de massothérapie; les entreprises de plongée, de surfboat et d’héliski fournissent des avions privés nolisés particulièrement somptueux; les bateaux de croisière possèdent des suites équipées d’un téléphone satellite et certains disposent même d’un hélicoptère à bord. C’est presque devenu une évidence: les voyagistes qui réussissent sont ceux qui offrent des produits de plus en plus luxueux.

Destinations d’aventure

Le nombre de destinations touristiques qui se commercialisent spécifiquement comme des destinations d’aventure, en utilisant souvent le terme «capitales de l’aventure», a grandement augmenté au cours des dernières années. Certaines d’entre elles, établies depuis longtemps, décident de concevoir de nouveaux produits ou d’adopter de nouvelles stratégies de marketing. D’autres s’avèrent des destinations moins fréquentées qui souhaitent développer le tourisme en offrant toute une gamme de produits d’aventure. D’autres encore utilisent l’aventure comme outil de marketing. Quoi qu’il en soit, les séjours d’aventure croissent rapidement, en nombre, en envergure et en variété.

Migration touristique

Dans certaines régions, la possibilité de faire des activités de plein air et, à un degré moindre, la vente de produits d’aventure ont donné lieu à une migration touristique qui, à son tour, a entraîné une croissance du tourisme d’aventure, la clientèle migrante recherchant des produits commerciaux qui répondent à son style de vie.

Forfaits au détail

De nombreux voyagistes offrent toute une gamme de produits dans différentes destinations, sans nécessairement maintenir une base opérationnelle à chacune d’entre elles. La plupart sont des forfaitistes qui vendent au détail différents produits touristiques locaux à une clientèle internationale. D’autres, des voyagistes spécialisés, présentent un même type de produits ou d’activités dans plusieurs destinations différentes.

Combinaisons de produits

Il est maintenant monnaie courante, pour les voyagistes, de proposer une gamme d’activités d’aventure différentes à une même destination de voyage. Celles-ci, offertes à prix réduit en un regroupement d’activités individuelles, sont vendues souvent sous la forme de «combos». Certains se composent d’un programme organisé par différentes compagnies en un même Celebrity Nudes endroit alors que, dans d’autres cas, une seule entreprise achète des concurrents locaux qui proposent des activités différentes ou encore acquiert l’équipement, le personnel et les permis nécessaires pour offrir elle-même ces activités.

Marketing croisé

Il existe une forte tendance à accroître les stratégies de marketing croisé entre les produits de tourisme d’aventure et d’autres produits achetés par les mêmes consommateurs. Ces liens se créent par le biais de magazines, d’envois postaux, d’encarts publicitaires, de sites Internet, de la télévision, de films, de la mode, des boutiques et du marchandisage, des téléphones cellulaires, des lecteurs de musique et de certains établissements de divertissement, comme les boîtes de nuit.

Voyages d’«exploration»

De nombreuses entreprises de tourisme d’aventure haut de gamme ont maintenant ajouté des expéditions d’«exploration» à leurs activités habituelles. Il ne s’agit pas nécessairement de premières ascensions, descentes ou traversées, mais ce sont généralement de nouveaux itinéraires, en tout cas pour l’entreprise qui les propose. Le terme est utilisé tant comme procédé de marketing, pour attirer les aventuriers, que comme avis de non-responsabilité, pour prévenir la clientèle que le voyage ne se déroulera pas nécessairement sans accroc ni exactement selon les plans.

Itinéraires flexibles

D’autres voyagistes annoncent que leurs horaires ou itinéraires sont flexibles et que cela fait partie de l’aventure. Cette approche est utilisée d’une extrémité à l’autre de l’échelle économique, des simples voyages en autobus jusqu’aux luxueuses croisières polaires.

Imitations et acquisitions

La création d’un nouveau produit de tourisme d’aventure requiert des investissements considérables pour la conception et la mise en marché. Une fois qu’un produit a acquis une certaine notoriété, d’autres entrepreneurs tentent souvent de s’en porter acquéreur ou d’offrir un produit d’imitation, à prix réduit. Le risque est particulièrement grand pour de nouveaux produits créés dans les pays en développement. On en connaît maintenant plusieurs exemples.

Assurances

En raison de la possibilité de litiges, particulièrement en Amérique du Nord, les fournisseurs de produits de tourisme d’aventure sont devenus de plus en plus soucieux de se protéger contre d’éventuelles poursuites, ce qui a donné lieu à des clauses et à des avis de non-responsabilité de plus en plus longs et complexes et à des primes d’assurance de plus en plus élevées. Il y a même des pays où de nombreux fournisseurs de certains types d’activités ont été forcés de se retirer du marché. Cette réduction de la concurrence a fait grimper les prix, permettant aux entreprises restantes de couvrir l’augmentation de leurs frais d’assurance. L’imposition légale d’un plafond de responsabilité, de façon générale comme en Nouvelle-Zélande, ou selon l’activité comme dans certains États américains, est de plus en plus importante pour l’avenir de l’industrie.

Source:

– Buckley, R. 2006, Adventure Tourism, CABI, Oxford, [www.cabi.org].

Ralf Buckley, professeur et titulaire,Chaire en écotourisme, School of Environmental and Applied Sciences, Griffith University (Australie)

Champs d’expertise:

  • Écotourisme
  • Impacts environnementaux du tourisme
  • Développement durable

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Tourisme d’aventure: de quoi parle-t-on au juste?

Randonnée en montagne, descente de rivière, raid en motoneige, montgolfière, quad, équitation ou encore cyclotourisme, le tourisme d’aventure rassemble toute une variété d’activités qui ont parfois peu de choses en commun. Les touristes qui les pratiquent composent aussi une clientèle au profil plutôt hétérogène. Qu’est-ce qui les unit? Le plein air? Le goût du risque? Le défi sportif? L’envie de sortir des sentiers battus? Mais encore… Comment définir ce type de tourisme pour ensuite mieux cerner ses adeptes?

Le tourisme d’aventure représente une part importante de l’offre touristique du Québec. Il s’avère plutôt hasardeux de chiffrer l’ampleur du phénomène vu le caractère éclaté de ce secteur et la difficulté à le circonscrire. Néanmoins, tous s’entendent pour parler d’un produit en croissance, tant dans le monde en général qu’au Québec en particulier.

Mais de quoi s’agit-il?

D’abord, qu’est-ce que l’aventure? Le Petit Robert la décrit comme suit: «Ensemble d’activités, d’expériences qui comportent du risque, de la nouveauté, et auxquelles on accorde une valeur humaine».

Et le tourisme d’aventure? Pour le resituer dans le temps (du moins pour l’Amérique du Nord), on peut reculer jusqu’à l’époque de la colonisation où les voyageurs parcouraient les rivières, défrichaient la terre, découvraient des contrées vierges. Jusqu’à tout récemment, lorsqu’ils parlaient de tourisme d’aventure, les auteurs faisaient référence aux pionniers, à l’exploration de territoires peu fréquentés, à une forme de tourisme où le voyageur doit renoncer en quelque sorte aux standards de confort et expérimenter un pan de l’aventure humaine.

Aussi, les activités de transport telles que le canot, le kayak, la motoneige ou le vélo, qui s’inscrivent aujourd’hui dans le créneau du tourisme d’aventure, étaient alors considérées, par les puristes, comme des outils secondaires permettant de vivre l’expérience plutôt que de constituer eux-mêmes l’objet de l’aventure, ou sa majeure partie.

Comment le définir aujourd’hui?

Comme pour le tourisme en général, le tourisme d’aventure s’est démocratisé, l’offre et la demande ont crû et les produits se sont adaptés. On observe maintenant une offre diversifiée, accessible au néophyte comme au plus avancé, et proposant des produits clé en main (location d’équipement, guide, formation, forfaits divers). Le tourisme d’aventure n’interpelle plus uniquement les aventuriers…

Tourisme de plein air, écotourisme, tourisme de nature et tourisme d’aventure sont maintenant des appellations qui se recoupent et sont souvent associées aux mêmes produits. Certains termes reviennent dans la littérature pour qualifier spécifiquement le tourisme d’aventure. D’abord, comme on parle de tourisme, les notions d’éloignement (40 km ou plus du domicile principal) et de nuitée doivent être considérées, éliminant ainsi la notion de loisir. Ensuite, le tourisme d’aventure suppose une activité réalisée dans un cadre naturel, nécessitant un effort physique et comportant un risque relatif.

Le regroupement Aventure Écotourisme Québec (AEQ), dont la mission consiste à représenter et à promouvoir les producteurs de tourisme d’aventure et d’écotourisme du Québec, définit le tourisme d’aventure de la façon suivante:

«Le tourisme d’aventure est une activité de plein air ou combinaison d’activités se déroulant dans un milieu naturel particulier (endroit inusité, exotique, isolé, inhabituel ou sauvage). En tourisme d’aventure on utilise des moyens de transport non conventionnels, soit motorisés (motoneige, quad, etc.) ou non motorisés (marche, canot, kayak, etc.). De plus, l’activité implique nécessairement un niveau de risque, lequel peut varier selon l’environnement (isolement, caractéristiques géographiques, etc.) ou selon la nature des activités et des moyens de transport impliqués.»

Quelles activités?

Selon Pierre Gaudreault, directeur général de l’AEQ, le kayak de mer, le rafting et l’hébertisme aérien représentent les activités estivales types associées au tourisme d’aventure au Québec. En hiver, le traîneau à chiens et la raquette sont les images fortes.

Le Bureau de normalisation du Québec (BNQ) identifiait, en 2003, les disciplines pouvant être associées au tourisme de nature et d’aventure. Elles sont regroupées en cinq catégories d’activités:

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Certaines de ces activités font davantage référence au tourisme de nature que d’aventure, bien qu’il s’avère plutôt difficile de les discerner. L’observation de la nature, par exemple, peut se faire en kayak de mer et ainsi associer les notions d’effort et de risque. On pourrait aussi en ajouter qui se sont développées depuis 2003, comme l’hébertisme aérien.

Tout un marché!

Afin de donner un ordre de grandeur du marché potentiel, voici quelques données chiffrées relatives au tourisme d’aventure et de plein air:

  • Un sondage réalisé auprès des Québécois révélait que 68% d’entre eux pratiquent des activités de plein air durant leurs vacances (2004).
  • Un peu plus de la moitié des Québécois (51,7%) affirment avoir pratiqué une activité écotouristique ou de tourisme d’aventure au cours de l’année (2004). La marche constitue ici l’activité la plus populaire, suivie, de loin, par le vélo.
  • En 2005, un Américain sur quatre de 16 ans et plus (59,5 millions) a pris des vacances dans le but de pratiquer une activité de plein air.
  • Un sondage auprès du lectorat du magazine américain AARP révèle que 55% des 50 ans et plus se disent adeptes du tourisme d’aventure (2007).
  • Le marché international du tourisme d’aventure représentait, en 2000, de 4 à 5 millions de voyages, soit 7% de tous les voyages entrepris cette même année.

On s’en doute, tous n’ont pas la même perception du tourisme d’aventure. Certains le considèrent comme une occasion de repousser les limites et de vivre des sensations fortes par des activités extrêmes, alors que d’autres l’imaginent très bien en famille, dans un environnement bien encadré où pratiquer des activités de plein air à la portée de tous. Bien cerner le touriste d’aventure s’avère une véritable… aventure! Plusieurs études rapportent des profils de clientèle associés au tourisme de plein air, d’aventure, d’écotourisme ou encore au tourisme de nature. Les appellations sont nombreuses. Mais celles-ci ratissent tellement larges que le profil du voyageur qui s’y rapporte révèle souvent un portrait général et peu significatif.

Segmenter pour mieux cerner la clientèle

Une classification des touristes d’aventure permettrait d’identifier les composantes de ce vaste marché et d’élaborer des stratégies de marketing beaucoup plus ciblées. À titre d’exemple, l’auteur Heidi H. Sung, spécialiste en tourisme d’aventure, publiait une typologie du touriste d’aventure:

  • Enthousiastes
  • Jeunes à petit budget
  • Modérés
  • Fervents naturalistes
  • Familles
  • Solistes actifs

Désuets aujourd’hui parce qu’ils datent, les résultats de l’enquête qui sous-tend cette segmentation permettaient de définir chacun de ces groupes et de révéler leur profil sociodémographique, leur comportement de voyage et leurs attentes face à la pratique d’activités de tourisme d’aventure. Cet exercice révélait des distinctions significatives entre les groupes.

Élaborer une segmentation adaptée à la réalité québécoise permettrait aux producteurs de mieux connaître leur clientèle, de la rejoindre efficacement mais aussi de façonner son offre pour mieux répondre à ses besoins.

Voir aussi: «Quand le tourisme d’aventure et de plein air devient une aventure pour l’entreprise».

Sources:
– Bureau de normalisation du Québec. «Norme: Prestation des services à la clientèles – Tourisme de nature et d’aventure», 2003.
– Bourdeau, Philippe. «Le tourisme d’aventure: pratiques et discours», Téoros, vol. 13, no 3, automne 1994.
– Cazelais, Normand. «Mais de quoi s’agit-il au juste?», Téoros, vol. 13, no 3, automne 1994.
– Groupe DBSF. «Étude sur la valeur économique de l’écotourisme et du tourisme d’aventure», Aventure Écotourisme Québec, 2004.
– Ministère du Tourisme du Québec. «Le Québec grande nature: Plan intégré de l’expérience. Diagnostic et orientations», mai 2007.
– Réseau de veille en tourisme. «Sondage sur la pratique d’activités de plein air chez les Québécois», 2004.
– Scott, Kristin et John C. Mowen. «Travelers and their Traits: A Hierarchical Model Approach», Journal of Consumer Behavior, mars-juin 2007.
– Sung, Heidi H. «Classification of Adventure Travelers: Behavior, Decision Making, and Target Markets», Journal of Travel Research, mai 2004.
– Merritt, Jennifer. «Onsite: AARP Editor Details Baby Boomer Travel Trends», TravelAgent [www.travelagentcentral.com], 19 septembre 2007.
– XOLA: Adventure Industry Consultants. «2006 Adventure Travel Industry Research Round-Up», 2006.

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Produits et activités

S’il vente dans votre région, profitez-en!

L’exploitation du vent à des fins touristiques se développe et se diversifie. Les activités se pratiquent souvent dans un cadre de loisir, mais également lors de séjours touristiques. Certaines requièrent même un environnement adapté (montagnes, plages), ce qui entraîne des déplacements. Il s’agit d’un marché de niche qui représente une opportunité pour l’industrie touristique, surtout en termes de partenariats.

Les activités liées au vent: un souffle de nouveauté!

Au cours des dernières années, les activités liées au vent se sont subdivisées en un éventail de sports et de loisirs. Faisons un rapide tour d’horizon:

  • Le cerf-volant a grandement évolué et ses types sont très variés: cerf-volant de une à quatre lignes, cerf-volant de traction, acrobatique, dirigeable, statique, combattant, etc.
  • La planche à voile ou windsurf est constituée d’un flotteur propulsé par une voile. Elle se pratique aussi bien en eau calme que sur des plans d’eau agités, voire dans les vagues.
  • Le kitesurf, planche de surf tractée par un cerf-volant, se pratique également sur l’eau et attire de plus en plus d’adeptes des sports de glisse.
  • Le char à voile (ou char à cerf-volant ou kite buggy) est un sport de vitesse composé d’un petit engin sur roue propulsé par une voile qui peut atteindre des vitesses de l’ordre de 80 km/h. On le pratique en général sur de grandes plages.

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  • Le snowkite et le kiteski, dérivés du kitesurf, se pratiquent l’hiver en montagne; une planche à neige ou des skis remplacent la planche de surf.
  • Le mountainboard, genre de skateboard tout-terrain, permet un certain nombre de figures de sauts dérivés du kitesurf.
  • Le parapente et le delta-plane ont besoin d’abord d’altitude, mais également de vent pour faire durer la descente et pour se déplacer.

Plusieurs rassemblements sont organisés pour la pratique de ces sports, tant sous la forme de festivals que de compétitions. Mentionnons le WindFest de Shippagan sur la péninsule acadienne et celui d’Oka, qui sont des rassemblements d’amateurs de kitesurf et de planche à voile. Ailleurs dans le monde, il y a, entres autres, le Mondial du Vent à Leucate dans le sud de la France qui regroupe, durant une semaine, des compétitions de planche à voile, de kitesurf et des kiosque d’exposition de matériel lié à ce sport.

Outre ces sports «extrêmes», les cerfs-volants constituent aussi une activité très douce, pour toute la famille, qui donne souvent lieu à des rassemblements et à des festivals; en voici quelques exemples:

  • Le Festi-Vent, à Saint-Placide dans les Laurentides, qui se déroule en hiver et accueille annuellement plus de 25 000 visiteurs, est reconnu comme le plus grand festival hivernal de cerfs-volants au Canada. Il a reçu le Grand Prix régional du tourisme dans la catégorie événement budget d’exploitation de moins de 1 M $ en 2006.

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Festi-Vent (Photo: Patrick Lauzé)

  • Le festival Saint-Honoré dans l’Vent, près de Chicoutimi, vise une clientèle familiale avec son rassemblement de cerfs-volants géants, de l’animation et des spectacles.
  • L’Isle en Cerfs-Volants à l’Isle-aux-Coudres regroupe les amateurs de char à voile, de cerf-volant de traction et de cerf-volant acrobatique, des artisans et des créateurs de la région.

Il existe d’autres événements au Québec et un grand nombre ailleurs dans le monde.

La destination vedette: les îles de la Madeleine

Le vent y est omniprésent et régulier. Avec ses grands espaces ouverts sans obstacle – ses plages par exemple -, peu d’endroits au monde sont aussi propices aux sports et aux loisirs de vent ainsi qu’à la pratique du cerf-volant que cet archipel. Entreprises de location et de formation, établissements d’hébergement et organismes de promotion se sont structurés pour en faire un produit d’appel. Mais des conditions idéales et une bonne organisation du milieu ne suffisent pas toujours; il faut également un support financier, surtout pour les événements phares. C’est cet élément qui semble avoir fait défaut cette année aux organisateurs du principal événement, le Rendez-vous Aventure, une compétition d’envergure internationale combinant une étape de Coupe du Monde de la PKRA (Professional Kiteboard Riders Association), la Coupe des Îles, le championnat canadien de planche à voile, des compétitions amateurs de kitesurf, ainsi que Tour bleu, un challenge de kayak de mer. En effet, le Rendez-vous Aventure a dû cesser ses activités cette année après cinq ans d’exploitation, en raison du manque de financement. Cet événement avait pourtant permis aux Îles d’être classées par la presse internationale parmi les cinq plus belles destinations mondiales pour la pratique des sports de glisse et de vent.

Alors que le Nouveau-Brunswick et l’Île-du-Prince-Édouard s’organisent de façon dynamique à cet égard, le Québec devrait soutenir ce petit bijou pour le garder dans la course!

Une clientèle dans le vent!

Il n’existe que peu de statistiques permettant d’analyser le taux de pratique de ce type d’activité. Toutefois, l’information que l’on peut obtenir du Print Measurement Bureau concernant la pratique de la planche à voile sont surprenantes. Les Québécois sont de réels fans; 114 000 personnes ont pratiqué ce sport en 2006, soit 1,7% de la population. Au Canada, 312 000 personnes ont fait de la planche à voile l’année dernière; les taux de pratique de l’Ontario et de la Colombie-Britannique sont moins élevés, soit respectivement 1,2% et 0,6% de leur population. On estime que la pratique de la planche à voile est en décroissance au profit, entre autres, du kitesurf.

La clientèle qui pratique les sports de vent est souvent regroupée en club et en association, lesquels organisent beaucoup de voyages au Québec et à l’étranger. Il existe aussi quelques compétitions qui attirent des adeptes; l’origine des participants varie en fonction de l’envergure de l’événement.

Il arrive qu’on manque d’air!

Notons que la pratique de la planche à voile et du kitesurf requiert des conditions similaires, mais que ces activités cohabitent parfois mal, tant entre elles qu’avec les plaisanciers et les baigneurs, quand le site est exigu. Les associations d’adeptes de ces activités se penchent actuellement sur un partage approprié et sécuritaire de certaines rives et baies très achalandées afin de préciser les distances minimales qu’il est fortement conseillé de respecter et de définir des zones de décollage/atterrissage pour la pratique du kitesurf.

Surfez la vague! Quelques pistes de stratégies

Il s’agit d’activités de niche et le taux de pratique, quoiqu’en croissance, demeure limité. La quasi-absence de partenariats en matière de forfaitisation ou d’organisation de l’offre en fait des opportunités à saisir pour l’industrie touristique. Outre les Îles de la Madeleine, les autres lieux de pratique de ces activités ne proposent que très rarement des forfaits adaptés à cette pratique.

Quelques-uns le font, par exemple l’Auberge la Camarine située près du mont Sainte-Anne qui offre un forfait de parapente. Également, le Club Wind and Kite de Shippagan, une entreprise récréotouristique qui organise principalement des ateliers d’initiation et de perfectionnement de kitesurf, a mis sur pied un portail touristique (www.shippaganwindkite.com) regroupant divers services (hébergement, réparation, etc.). On y propose des forfaits vacances de formation en kitesurf ou en snowkite. Ce type d’initiative est encore rare et permet de structurer l’offre.

Une autre stratégie pourrait être de devenir partenaire des événements existants, que ce soit un festival familial de cerf-volant ou une compétition sportive, ce qui pourrait non seulement générer de l’achalandage, mais également contribuer à mousser l’événement par l’offre d’activités ou de services complémentaires.

Dans un autre ordre d’idée, les établissements d’hébergement sont sans cesse à la recherche de concepts pour bonifier leur offre d’activités et ils considèrent rarement celles liées aux vents. Pour ceux qui sont à proximité de grands espaces (champs, plages, etc.), la location de cerfs-volants ou de planches à voile peut représenter une occasion intéressante, tant du côté de la famille que des sportifs.

Enfin, les destinations ou les établissements d’hébergement qui sauront proposer une expérience qui plaira aux adeptes de sports de vent auront l’avantage d’être parmi les premiers. Tel que mentionné précédemment, ceux-ci ont tendance à se regrouper, favorisant le bouche-à-oreille. Les bonnes expériences sont vite partagées et les meilleures deviennent des lieux de pèlerinage à ne pas manquer. Si l’envie vous prend de vous adresser à cette clientèle, contactez leurs associations; celles-ci seront certainement de bon conseil pour vous guider dans l’élaboration d’un forfait. Mais rappelez-vous qu’il s’agit d’une clientèle généralement jeune, à l’affût de nouveauté et d’émotions fortes!

Bon vent!

Sources:

– Print Measurement Bureau 2007, Table 18.
www.shippaganwindkite.com
www.mondial-du-vent.com
www.festi-vent.com
www.sthonoredanslvent.com
www.islecerf.com
www.tourismeilesdelamadeleine.com
www.windsurfing.qc.ca
www.camarine.com

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Ailleurs dans le monde Produits et activités

Le mystère: nouvel ingrédient pour créer des expériences mémorables!

Alors que les consommateurs n’ont jamais eu autant d’outils à leur disposition pour s’informer de l’offre touristique disponible, plusieurs d’entre eux sont attirés par le mystère… un peu comme les futurs parents qui choisissent de ne pas connaître le sexe de leur bébé. Pour ces gens, chefs, hôteliers, grossistes et agents de voyages osent mettre en marché «l’inconnu».

L’attrait du mystérieux

Partout sur la planète, une foule de sites et de lieux mystérieux contribuent à nourrir l’imaginaire des voyageurs. Stonehedge et ses mégalithes, le Loch Ness et son monstre, l’Égypte et ses pyramides, les incroyables statues de l’île de Pâques ou, plus récemment, le Louvres et Saint-Sulpice, à la suite du succès du livre «The Da Vinci Code», sont autant de lieux mythiques pouvant inspirer un rêve de voyage.

Le mystère éveille sans contredit l’intérêt des voyageurs, mais peut-on vendre le mystère? Certains acteurs du tourisme semblent y croire et ont décidé d’utiliser le mystère et l’inconnu afin de mousser leurs ventes.

Repas mystère

En Californie, les frères Townsend ont décidé d’apprêter l’expérience gastronomique avec un soupçon d’inconnu, en créant le mouvement Ghetto Gourmet. Ces deux frères, l’un chef et l’autre artiste, souhaitaient partager leurs réalisations culinaires, et ce, même s’ils n’avaient pas de restaurant.

Ils ont donc convié 30 invités à déguster un repas gastronomique dans leur appartement d’Oakland. Constatant le plaisir des convives à découvrir à la fois un lieu inusité, de nouvelles personnes et un menu créatif, les frères Townsend ont répété l’expérience en variant les lieux de rencontre.

En peu de temps, le mouvement a pris de l’ampleur et d’autres chefs se sont inspirés de la formule et ont multiplié les événements Ghetto Gourmet. Le concept demeure le même: les clients inscrits à la liste d’envoi électronique (courriel) reçoivent une invitation qui précise l’adresse du lieu de rencontre et le coût du repas. Ils découvriront la nature de l’emplacement et les détails du menu seulement sur place. Insécurisant pensez-vous? Pourtant les clients accourent!

Des expériences similaires apparaissent également dans d’autres villes:

Hébergement mystère

Au fil des ans, différents grossistes, notamment Club Med, ont également tenté de jouer la carte du mystère en offrant à leur clientèle de choisir une région de destination, mais de leur laisser le choix de l’hôtel. 

Aux États-Unis, la firme Funjet offre le programme «Fun and Sun Surprise Booking» qui propose aux consommateurs de choisir leur destination soleil (Cancun, Cozumel, Riviera Maya, Puerto Vallarta, la Jamaïque, Puerto Plata, Punta Cana) et leur catégorie d’hébergement (3 ou 4 étoiles), mais de découvrir leur hôtel de séjour uniquement au moment de l’enregistrement à l’aéroport. Le client obtient la garantie de loger dans un hôtel de la catégorie choisie, toutefois il court la chance d’obtenir un surclassement dans un établissement de catégorie supérieure. Si ce programme plaît au consommateur en offrant une touche d’inconnu et une possibilité de rapport qualité/prix accru, il est également fort avantageux pour le grossiste qui dispose ainsi d’une latitude supplémentaire pour améliorer l’occupation de ses divers établissements.

Destinations mystère

Certains voyagistes vont encore plus loin en proposant à leurs clients d’acheter un voyage pour une destination mystère! Les seuls éléments connus du client sont alors la date de départ, la durée de séjour et le prix du forfait.

En France, une association à but non lucratif, l’Union nationale des centres sportifs de plein air (l’UCPA), offre à sa jeune clientèle (18-39 ans) un programme Destination mystère. Le client choisit sa date de départ et sept jours avant le moment du fatidique, l’UCPA confirme la destination parmi les quatre choix suivants: Crète, Maroc, Monténégro et Turquie. Et c’est parti pour l’aventure!

La formule est également appliquée aux voyages en autocar, notamment par les compagnies américaines Country Tours et Tri State Travel. Les audacieux clients sont conviés à une tournée de découverte dans diverses régions du pays. Le concept demeure le même, le client connaît le lieu et la date du départ ainsi que le tarif, mais il ignore quelles sont les activités prévues, les lieux d’hébergement et la nature des repas inclus. 

Même les gens d’aventure exploitent ce créneau. En Ontario, les femmes sont conviées à une excursion en canot «Destination Mystère». Cette virée de sept jours inclut: services d’un guide d’expérience, permis, canots, paquetage, tente, repas, navette, transport en train et hébergement avant l’excursion. Les guides promettent aux aventurières un humour impertinent, mais de délicieux desserts! Le tout pour 769$ par personne.

Et le voyage haut de gamme ne semble pas vouloir faire exception! Traditours, une agence de voyage de Laval qui se spécialise dans les circuits vers les destinations exotiques, met en marché un voyage vers une destination mystère au coût de 8000$ par personne. Alors que les clients intéressés par les grands circuits à plus de 5000$ sont peu nombreux, le détaillant a été obligé d’instaurer une liste d’attente pour ce premier voyage mystère. Tout au long de ce séjour de 24 jours, les participants se réveilleront chaque matin en ne sachant pas où ils seront le soir venu! Le succès est tel que Traditours a déjà confirmé le retour de ce projet pour 2007.

Ajouter du mystère et de la magie à l’expérience-client

Peter McAlpine, un consultant de Bangkok spécialisé dans le service à la clientèle pour les établissements cinq étoiles, est un ardent défenseur du mystère et de l’imprévisible comme éléments susceptibles de transformer un simple service en expérience mémorable.

Dans son univers, les barmans ajoutent des boissons mystérieuses à la liste des cocktails afin de surprendre les invités et, pendant les trajets entre l’aéroport et l’hôtel, les chauffeurs de limousine récoltent des renseignements qui seront utilisés par le personnel de l’hôtel afin de personnaliser la chambre du client (choix de la musique, fragrance des produits de toilette, produits du minibar, etc.) avant son arrivée.

Selon P. McAlpine, lorsqu’il est adéquatement contrôlé par le prestataire du service, l’ajout d’un soupçon d’inconnu peut aider à créer une expérience surprenante qui enchantera les invités.

Sources :

– Désiront, André. «Destination mystère à 8000$», Cyberpresse.ca, 26 juillet 2006.
– Gedgaud, Jeff. «Try a Mystery Tour for a Unique Vacation Experience», Associated Content, 20 décembre 2005.
– McAlpine, Peter. «How to Add a Touch of Mystery to Your Guest Experience», e-hotelier.com, 26 septembre 2006.

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Segments de clientèles

Les copains ensuite… Que devient l’univers masculin du voyage?

À l’heure où les femmes exercent une influence dominante dans le choix des vacances du couple et de la famille, où elles génèrent près de la moitié du volume de tourisme d’affaires et où le phénomène des escapades entre copines prend de l’ampleur, que devient l’univers masculin du voyage?

Évolution du rôle masculin

Au cours des dernières années, en Occident, le modèle masculin a été questionné, remodelé et redéfini, et ce, tant sur le plan de l’univers du travail que du couple et de la famille.

Un des symboles de ce changement est sans contredit l’émergence du phénomène «métrosexuel», une segmentation qui réfère au style de vie d’un groupe de consommateurs masculins urbains plus soucieux de leur image et plus intéressés par les expériences et les produits axés sur le bien-être, la santé et l’esthétisme, le bon goût et les offres «branchées». (Lire aussi: Bienvenue dans le merveilleux monde des sociostyles.)

On peut également souligner les changements découlant de l’accession des hommes de la génération X au statut parental. Cette nouvelle génération de papas aspire à un meilleur équilibre travail-famille. Cette implication accrue dans la cellule familiale influence leurs préférences et leurs habitudes en ce qui a trait à leurs vacances familiales et à leurs déplacements professionnels. (Lire aussi: Le tourisme familial et les «parents X».)

Et cette évolution sociale du comportement de l’homme a-t-elle eu une incidence sur ses intérêts de voyage? Bien sûr!

Les voyages des hommes

N’échappant pas aux tendances, on constate que la traditionnelle fin de semaine de pêche doit désormais faire un peu de place à la tournée des vignobles californiens, au séjour de luxe et au séjour dans un spa. D’ailleurs, l’industrie du spa doit désormais 25% de son chiffre d’affaires aux consommateurs masculins.

La chaîne hôtelière Loews tente de capitaliser sur cette tendance en offrant le forfait «Metro Man», un séjour incluant un repas gastronomique, une leçon sur l’étiquette, un cours sur les vins et une consultation avec un conseiller vestimentaire. L’option «deluxe» permet même d’y ajouter des soins esthétiques (traitement à la cire, facial et blanchiment des dents).

Toutefois, on peut se demander si cette sensibilité accrue des hommes pour les spas et le bien-être ou la gastronomie trouve écho principalement dans leurs comportements de voyages en couple ou en famille ou est-ce également le cas lors des voyages entre chums?

Les voyages pour hommes

Contrairement aux escapades entre copines, un phénomène en croissance (lire aussi: «Les copines d’abord»), le voyage entre boys est un marché qui, quoique difficile à quantifier, existe depuis fort longtemps. En fait, selon la Travel Industry Association (TIA), les voyages de groupes réunissant uniquement des hommes représenteraient environ 4% des voyages.

Malgré que certains voyages d’affaires, de motivation et de congrès soient compris dans ces données, on tend encore à associer les vacances masculines aux séjours privilégiant les activités sportives et celles fortes en adrénaline. Ce stéréotype est-il encore fondé ou la réalité des voyages pour hommes évolue-t-elle en fonction du contexte changeant de l’image de l’homme?

Un survol des différents magazines et webzines (Askmen, men.com, Maxim, Stuff, etc.) qui s’adressent à un lectorat masculin révèle que les thématiques classiques que sont la chasse, la pêche, la course automobile, le golf, les sports professionnels et les défis physiques demeurent incontournables lorsqu’il s’agit de parler voyage aux hommes.

Dans son édition de mars 2006, le magazine américain Men’s Fitness proposait les 24 activités de voyage ultimes pour les hommes. La liste comprenait notamment: lutte avec les alligators, session de course automobile, camp d’entraînement du baseball majeur, plongeon d’une falaise, luge, rodéo, plongée sous-marine, surf, escalade de glace, motocross et plus encore! On est loin des soins esthétiques !

Toutefois, Wow.travel, site spécialisé dans le voyage de luxe, publiait en juillet dernier un article qui proposait sept suggestions d’escapades pour «machos»! Une liste qui laissait une place de choix à la pêche, au golf, à la voile, aux cigares et aux voitures, mais cette fois en prenant soin d’y associer un volet hébergement privilégiant des établissements réputés tels que Ritz-Carlton, Four Seasons et Relais & Châteaux.

C’est une tendance que dénote également le magazine de prestige, Robb Report, qui souligne que leurs annonceurs touristiques proposent par exemple aux lecteurs des escapades en héliski, des séjours sur le yacht privé du golfeur Greg Norman (pour seulement 315 000USD par semaine) et d’autres exubérances.

Par ailleurs, un coup d’oeil à certains sites Internet spécialisés dans les voyages pour la clientèle masculine démontre que les motivations ont bien peu changé.

Il semble donc que les entreprises touristiques désireuses d’intéresser la clientèle des boys pourront continuer d’exploiter les thèmes classiques (sports, voitures, actions, nightlife, etc.). Il leur suffit d’y ajouter des composantes (hébergement, restauration et transport) en fonction du niveau de services recherché par la clientèle (de la rusticité au grand luxe).

Un marché là pour rester!

Avec l’émergence du créneau des voyages de filles qui s’ajoute au traditionnel segment des voyages de gars, il semble que le voyage réunissant les gens du même sexe soit promis à un bel avenir. D’autant plus qu’un sondage Ipsos-Reid (Cranium Fun Study) révèle que les Canadiens, après la famille et le conjoint, ont généralement plus de plaisir avec des amis du même sexe (20%), qu’avec des amis du sexe opposé (15%) ou des collègues de travail (7%).

Sources:

– Johnson, Noah. «24 Fittest Travel Destinations Known to Man», Men’s Fitness, mars 2006.
– Kalson, Sally. «Girlfriend Time: All-women Getaways Let Gal-Pals Relax, Reconnect», Pittsburgh Post-Gazette, 7 juin 2006.
– «WOW.TRAVEL’S Seven Sensational Suggestions for Macho Escapes», www.wow.travel, 11 juillet 2006.
– Zbar, Jeffery D. «Guys Out for More than a Weekend», Advertising Age – Midwest Region Edition, 10 mai 2004, vol. 75, no 19, p. S22.

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Produits et activités Tourisme durable

Vivre du tourisme d’aventure et de l’écotourisme en 2005: les défis à relever, les perspectives pour réussir (Compte rendu de conférence)

Le secteur du tourisme d’aventure et de l’écotourisme au Québec est formé de petites et moyennes entreprises dont le nombre de clients et les profits varient énormément. Les nombreux défis auxquels l’industrie doit faire face ont été soulignés au cours de la conférence annuelle d’Aventure Écotourisme Québec (AÉQ). Ces défis, sans être exclusifs à la réalité québécoise, sont typiques d’un secteur émergent limité par les principes rigides auxquels il doit adhérer.

En cette ère de développement durable, une grande importance est accordée aux responsabilités sociale et environnementale des entreprises, qui représentent encore un grand défi pour le Québec sur différents plans. Bien que des efforts concrets aient été déployés pour la mise en place du tourisme d’aventure et de l’écotourisme, il y a encore place à amélioration. Les solutions aux problématiques, tels les petits profits, les variations saisonnières importantes en termes de nombre de visiteurs, le leadership, les structures organisationnelles et la gouvernance, sont complexes et interreliées. Le présent article ne traite pas toutes les questions en profondeur, mais résume les différents éléments qui ont été soulignés au cours de la conférence d’AÉQ.

Ressources humaines

Malgré une conjoncture favorable à la croissance du tourisme d’aventure et de l’écotourisme, de nombreuses entreprises éprouvent des difficultés à générer suffisamment de profits, à recruter et à retenir des guides compétents ainsi qu’à assurer l’équité salariale (plus spécialement en région éloignée et au cours de l’hiver). Les guides de tourisme d’aventure et d’écotourisme gagnent de très petits salaires et sont peu reconnus professionnellement puisque, au Québec, l’industrie n’a établi aucune norme relative à leur emploi. Cette réalité est source de situations inéquitables entre les entreprises, entre les guides formés et expérimentés et ceux qui ne le sont pas, et entre les guides formés dans certaines institutions et ceux qui font partie d’une association professionnelle. L’offre – le nombre de guides formés sur le marché et la demande – les offres d’emploi réelles au Québec – posent également problème.

Développement régional

La contribution apportée par le tourisme d’aventure et l’écotourisme au développement régional varie d’une région à l’autre du Québec. En général, le développement régional représente un grand défi, pour diverses raisons, et c’est le cas en particulier des régions éloignées pauvres en infrastructures et en services.

À l’instar des économies régionales qui dépendent traditionnellement des ressources naturelles, le Québec tente avec difficulté de présenter l’écotourisme comme étant avantageux. Par exemple, une entreprise minière qui investit 500 millions de dollars et garantit 300 emplois pendant 30 ans est plus puissante qu’une entreprise d’écotourisme de la même région qui est prête à employer 10 guides pendant la même période, si tout va bien. Il serait important que des études sérieuses évaluent et surveillent les retombées nettes de l’écotourisme au Québec sur les plans social, économique et environnemental.

Par ailleurs, il semble que le secteur du tourisme d’aventure et de l’écotourisme n’est pas mis en valeur dans certaines régions et ne participe pas activement au processus décisionnel. En conséquence, il serait peut-être pertinent de faire preuve de proactivité et de communiquer avec les élus et la communauté en vue de les informer de la valeur ajoutée de l’écotourisme. En effet, l’écotourisme s’insère facilement dans les structures économiques et sociales et fait naître un partenariat qui apporte d’innombrables avantages. Le Québec doit se doter d’une vision régionale du tourisme d’aventure et de l’écotourisme et concevoir des stratégies et des plans de mise en oeuvre à moyen et long terme en intégrant les aspects économique, social et environnemental.

Ressources et environnement

La question de l’accès aux ressources naturelles de qualité comme facteur de longévité de l’industrie est revenue fréquemment pendant la conférence. D’autres préoccupations ont également fait surface, notamment la menace que représente l’extraction massive effectuée par les industries (particulièrement l’industrie forestière et les barrages hydroélectriques); le faible pourcentage de zones protégées au Québec par rapport à la tendance mondiale; la façon de rendre accessibles des zones protégéetout en préservant la qualité des ressources.

Le secteur du tourisme d’aventure et de l’écotourisme du Québec met tout en oeuvre pour réduire les répercussions environnementales et sociales négatives au moyen de son programme «Sans trace». Il s’agit d’un programme international proactif qui a été adapté par AÉQ et ses partenaires. L’objectif consiste à réduire et, mieux encore, à enrayer les impacts négatifs du tourisme par l’intermédiaire de l’enseignement, de la recherche et des partenariats, tout en répondant aux besoins des utilisateurs. Bien que tous les participants à la conférence se soient entendus pour dire qu’un tel programme est important, sa mise en oeuvre et son adaptation représentent un grand défi, principalement pour des raisons pratiques.

Produits et marketing

Le Québec offre une variété de produits liés au tourisme d’aventure et à l’écotourisme, mais il doit consolider sa position pour faire face à la compétition féroce des destinations écotouristiques mondiales. Réussir à vendre les hivers québécois de manière adéquate demeure le plus grand défi. Les entreprises devront diversifier leurs activités et se montrer polyvalentes pour contrer les changements extrêmes de température. La création d’un plus grand nombre de réseaux thématiques de produits régionaux, comme la «Route des Appalaches», est un des moyens à envisager. Aussi, le jumelage de la nature et de la culture québécoise offre la possibilité de créer une multitude de produits fascinants. En effet, tel que mentionné pendant la conférence, si les Américains ont réussi à créer des produits comme «In the footsteps of Henri D. Thoreau», pourquoi le Québec ne pourrait-il pas offrir «Sur les traces de Vigneault» sur la Côte-Nord?

Le secteur du tourisme d’aventure et de l’écotourisme peut encore faire de la place aux coopératives locales et régionales basées sur les principes de solidarité tel le cas digne de mention du Cap Jaseux. Ces coopératives  peuvent être créées dans toutes les régions avec les voyagistes, les hôtels, etc. Elles permettent le partage des ressources et des connaissances, tout en diminuant les dédoublements par complémentarité des produits. De plus, les coopératives mettent l’accent sur la création d’expériences uniques et de qualité. Bien que de telles alliances contribuent à la synergie au sein de l’industrie, les risques qu’elles comportent ont clairement été identifiés au cours de la conférence. Le cas du Québec maritime illustre la valeur du réseautage régional en vue de la commercialisation efficiente des destinations. 

Conclusion

Le secteur du tourisme d’aventure et de l’écotourisme au Québec va bon train dans la mise en oeuvre des principes de l’écotourisme, malgré quelques embûches. En général, l’industrie porte de plus en plus attention aux entreprises à mission écologique et à leurs clientèles, mais il reste du chemin à faire. L’écotourisme a un rôle important à jouer au Québec, principalement pour demeurer en tête du reste de l’industrie dans la mise en oeuvre des principes de développement durable et pour démontrer comment le tourisme peut participer positivement et de manière responsable à la diversification économique. Toutefois, le secteur du tourisme en entier doit porter la responsabilité écologique depuis les récentes orientations politiques du Québec. Outre les problématiques mentionnées ci-dessus, l’établissement d’un programme de certification de qualité et la surveillance de l’industrie selon des indicateurs fiables demeurent à l’ordre du jour. De telles mesures pourront améliorer le profil du secteur, mieux informer les preneurs de décisions et rassurer les investisseurs potentiels.

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Produits et activités

Plongée sous glace, nouveau plaisir d’hiver?

L’originalité associée à une nuit passée à l’hôtel de glace ou à la possibilité de fréquenter un bar de glace suscite un vif intérêt de la part des touristes à la recherche de nouvelles sensations hivernales. Selon les dires de certains braves, l’expérience nordique par excellence consiste à faire de la plongée sous la glace. La plongée sous-marine est considérée comme un produit d’aventure «dure» au même titre que le rafting, l’escalade, le parapente, le vélo de montagne ou la planche à voile.

Plonger dans le créneau de l’aventure

Selon Lisa Delpy Neirotti, de l’université George Washington , la demande pour le tourisme d’aventure sera forte et l’on anticipe des taux de croissance annuels entre 10 et 15%. Plusieurs touristes ne se contentent plus de vacances relaxantes ponctuées d’activités traditionnelles. Les émotions fortes et l’originalité soulèvent de plus en plus d’intérêt.

La plongée sous-marine constitue une passion pour un grand nombre de voyageurs prêts à franchir de longues distances et à dépenser d’importantes sommes pour l’assouvir. Le Professional Association of Dive Instructors (PADI) évalue à six millions le nombre de plongeurs actifs à travers le monde, dont environ 85% proviennent des États-Unis. Plusieurs personnes s’adonnent à ce sport occasionnellement, lors de leurs vacances par exemple. Il s’agit de l’une des activités les plus populaires auprès des touristes voyageant dans les pays tropicaux. L’industrie du tourisme de plongée génère des dépenses touristiques de deux milliards de $US aux États-Unis. La PADI, le plus important regroupement d’instructeurs, a certifié plus de 13 millions de plongeurs depuis 1967.

Les plongeurs voyagent habituellement de manière indépendante et non en groupes organisés. Ils effectuent une moyenne de trois voyages d’aventure sur une période de cinq ans. Toutefois, plus de 57% des plongeurs réguliers font une ou deux vacances de plongée chaque année et 25% en font trois ou quatre. Mentionnons également que:

  • la majorité des plongeurs sont célibataires;
  • environ 65% sont des hommes;
  • le plus important groupe d’âge est celui des 25-29 ans.

Pourquoi plonger en hiver?

La plongée sous glace peut paraître très périlleuse et inconfortable en raison du froid mais la réalité est tout autre. Il suffit de bien planifier les sorties pour minimiser les risques et en faire une expérience des plus agréables. Cette activité gagne de plus en plus d’adeptes et ceux-ci la jugent incomparable avec tout autre type de plongée puisque c’est l’hiver, sous la glace, que la visibilité dans l’eau est la meilleure de toute l’année.

La couche de glace crée une barrière naturelle contre le vent, réduisant ainsi les mouvements de l’eau responsables de la mise en suspension des particules qui détériorent beaucoup la visibilité. On profite alors d’eaux limpides pour observer une faune léthargique en attente de la belle saison. En eau salée, la plongée d’hiver est l’occasion d’observer des espèces qui remontent des profondeurs tout en profitant d’une visibilité extraordinaire.

Il existe plusieurs grossistes spécialisés dans le tourisme d’aventure qui programment des activités de plongées sous glace. On s’adresse à des voyageurs avides de nouvelles sensations et désireux d’explorer de nouveaux coins de pays. C’est le cas par exemple de Great Excursions qui propose de la plongée en hiver dans les plaines de la Saskatchewan. Cette activité fait également partie des nouveaux plaisirs d’hiver en France, dans les Hautes-Alpes, et en Haute-Savoie, notamment.

Voici quelques destinations parmi les plus renommées mondialement:

  • Lake Wiestal-Stausee, Autriche
  • Antarctique
  • Arctique
  • White Sea, Russie

Au Québec, de plus en plus d’entreprises d’expéditions de plongée proposent des sorties durant l’hiver. Par exemple, Tekdiv Exploration offre des plongées sous glace à la carrière de Kahnawake près de Montréal, tandis que Plongée Nautilus vend des excursions aux Escoumins et à la carrière de Deschambeault. Il existe d’ailleurs un club de plongeurs, adeptes de la plongée sous glace, «Les Baisers Blancs».

Peut-on qualifier la plongée sous glace de produit touristique en émergence? Pourquoi pas. Cette forme de plongée suscite de plus en plus d’intérêt parmi les plongeurs et ne manque pas d’intéresser une niche de voyageurs à la recherche de nouvelles expériences. Si on peut passer une nuit à l’hôtel de glace à Québec ou bien jouer au golf sur la banquise à Rimouski, pourquoi ne pourrait-on vendre de la plongée sous glace dans les endroits les plus propices au Québec?

Voir aussi

Fédération Québécoise des Activités Subaquatiques
Professional Association of Dive Instructors
Baisers blancs

Sources :
– Neirotti, Lisa Delpy. «An Introduction to Sport and Adventure Tourism», Sport and Adventure Tourism, 2003.
– The Higher Education Academy. «Ben Smith: Entrepreneurship in the Dive Industry – Part I», Hospitality, Leisure, Sport and Tourism Network, mai 2005.

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Produits et activités

La neige et le froid polaire sont-ils bons vendeurs?

Froid polaire et vent glacial découragent-ils les touristes? Beaucoup s’imaginent que la neige et le froid extrême repoussent les visiteurs. Mais ils ont tort! Le «tourisme polaire» est un créneau en croissance. ++ COMMENTAIRE du professeur Alain A. Grenier, maître de conférence à l’Université de Laponie, à Rovaniemi, en Finlande. ++

Bien qu’il n’existe pas vraiment de définition officielle pour le tourisme polaire, la littérature spécialisée s’entend pour dire qu’il s’agit de tourisme dans des conditions de froid extrême. Le tourisme polaire, souvent perçu comme le petit frère de l’écotourisme, offre la possibilité de vivre une expérience unique dans une région naturelle considérée comme «pure». Il allie beauté des paysages, mode de vie et culture uniques.

Les amateurs privilégient:

  • l’observation de la faune: baleines, épaulards, phoques, ours polaires, etc.;
  • des activités d’aventure: traîneau à chiens, randonnées en kayak, excursions en hélicoptère, camping, ski de randonnée, etc.;
  • le safari-photo;
  • le tourisme de découverte culturelle;
  • l’alpinisme de glace… pour certains accros.

Un créneau en croissance

Chaque année, ce créneau se développe un peu plus, ce que prouvent les données suivantes, amassées par l’International Association of Antarctica Tour Operators (IAATO).

Pays d’origine Nombre Pourcentage
États-Unis 10 387 37,7
Allemagne 3 428 12,4
Royaume-Uni 2 869 10,4
Australie 1 577 5,7
Canada 1 202 4,4
Japon 973 3,5
Suisse 498 1,8
Inconnu 3 415 12,4
Autres 3 188 11,6
Total 27 764 100

Source: IAATO, 11 septembre 2004

Même si plusieurs entreprises touristiques déjà établies en Antarctique ont commencé à se tourner vers l’Arctique, c’est encore en Antarctique que l’on met à l’essai les nouveaux produits. Cela est dû à une saison touristique plus longue qu’en Arctique, où les conditions de navigation demeurent très difficiles, et ce, même durant l’été.

Le Nord québécois

Au Québec, la région Nord-du-Québec a beaucoup à offrir aux amateurs de grands froids et d’aventure. Renommé pour la chasse au caribou et pour la pêche, le secteur comprend plus de 90 pourvoiries, qui accueillent chaque année des milliers de visiteurs. On peut y pratiquer une panoplie d’activités: randonnée, canot, kayak, motoneige, ski de fond, camping sauvage, aérotourisme, observation de la faune, etc. Il est aussi possible de séjourner dans les communautés autochtones afin de découvrir leur culture et leur mode de vie.

Les croisières en eaux froides

Le tourisme de croisières polaires est aussi en pleine effervescence et il est encore loin d’avoir atteint son point de saturation. Il en existe différents types, certains les qualifiant de croisières, d’autres d’expéditions ou d’explorations polaires. Les destinations privilégiées sont l’Alaska, l’Islande, le Groenland et l’Antarctique.

Citons, par exemple, quelques croisiéristes qui remontent la côte norvégienne jusqu’au cercle polaire arctique, offrant aux passagers une vue imprenable sur les fjords. C’est le cas notamment du Constellation (Celebrity Cruises) ou du Seabourn Pride, plus petit, qui proposent deux croisières grand luxe de 14 jours dans les fjords norvégiens. D’autres armateurs amènent les touristes découvrir la mer d’Irlande et l’Islande, au départ de Copenhague. En Alaska, le Diamond (Princess Cruises) offre des excursions d’une journée pour voir les glaciers, les maisons flottantes des Inuit et la cathédrale orthodoxe de Juneau, ainsi qu’un voyage en train au Yukon, au départ de Skagway.

La clientèle intéressée fait partie des segments des «explorateurs» et des habitués des croisières. Plus riches, plus âgés et plus éduqués que les amateurs de croisières traditionnelles, ils recherchent un produit nouveau. Partageant certains intérêts des écotouristes, ils sont attirés par la faune marine et la nature vierge.

Au Québec, le Groupe CTMA offre, de la mi-février 2005 à la fin mars, une croisière d’une semaine en eaux froides dans le golfe Saint-Laurent (quatre jours et quatre nuits) autour des Îles-de-la-Madeleine. En plus d’une découverte guidée des îles, une gamme d’activités optionnelles est également disponible afin de permettre de profiter davantage des beautés de l’archipel: randonnée pédestre ou en traîneau à chiens, excursion dans les glaces en kayak de mer ou en Zodiac, pêche blanche, promenade en cabarouette1, campement hivernal sous une tente yourte2 ou observation des blanchons sur la banquise.

Aux amateurs de sensations fortes, CTMA propose également une variété de sports de glisse: initiation au cerf-volant de puissance3avec randonnée de buggy ou au ski cerf-volant.

Et si l’expérience vous tente, il y a aussi…

La visite des parcs naturels en zones polaires

Plusieurs pays comme la Suède, la Finlande, la Norvège, la Russie… et bien sûr, le Canada, proposent la visite de parcs naturels et de zones protégées établis dans des régions polaires. Outre le spectacle d’une nature sauvage, ces parcs offrent aux touristes de nombreux sites historiques et la possibilité de rencontrer les communautés autochtones qui vivent dans des territoires adjacents. On y note une nette augmentation du nombre de visiteurs, malgré une fréquentation générale tout de même limitée.

Au Québec, à Kangiqsujjuaq (ATR du Nunavik), citons le Parc national des Pingaluit, premier parc situé en milieu nordique et cogéré avec les Inuit, créé en janvier 2004. Les infrastructures d’accueil et l’aménagement de l’aire de service du parc ont coûté 6 millions $ et son budget de fonctionnement a été fixé à 3,9 millions $ pour les cinq premières années. Les travaux de construction des équipements étant peu avancés, il n’est pas encore ouvert au public.

Sous un climat de toundra (-28°C en moyenne en janvier), il offre un paysage rugueux, isolé et sauvage et permet d’admirer une faune et une flore typiques du Grand Nord. Le parc s’adressera à des visiteurs qui souhaitent vivre une expérience écotouristique hors du commun. On y proposera randonnée pédestre, pêche, canotage, excursions en ski de randonnée, etc. Toutefois, cette dernière activité ne s’adressera qu’à des personnes averties, car il n’existe aucun traçage de piste, ni surveillance sur les lieux.

Sans oublier de saluer le Père Noël en Laponie

En 2003, ce sont pas moins de 500 000 touristes étrangers qui sont venus à Rovaniemi, une petite ville de 60 000 habitants sur le cercle polaire, en Laponie finlandaise. Qu’y recherchent-ils? Ignorant le froid, ils y viennent pour l’ambiance de Noël, l’atmosphère féerique et irréelle… et bien sûr pour voir le Père Noël et ses rennes. C’est aussi le bon moment pour observer le ciel et les aurores boréales. Au programme, visites en traîneaux tirés par des chiens ou des rennes et safari-motoneige «À la recherche du Père Noël».

Cette excursion, spécialement organisée pour les enfants, consiste en un jeu de piste où ceux-ci, installés confortablement dans des luges tractées par des motoneiges, s’arrêtent pour découvrir les messages du Père Noël… avant d’arriver chez lui. Le tout se termine par un goûter et la traditionnelle remise des cadeaux. Pour les fêtes 2004-2005, on estime les revenus à quelque
20 millions d’euros.

1 Petite voiture légère décapotée, à deux ou à quatre roues, tirée par un cheval.
2 Construction circulaire de type mongol.
3 Structure gonflable dirigeable qui ressemble à une aile d’avion et qui se manie à l’aide de deux poignées ou d’une barre de navigation.

Voir aussi

Croisières: à quoi s’attendre en 2004?
International Association of Antartica Tour Operators
Tourisme Îles de la Madeleine
Destination Nunavit

Sources:
– Le Courrier international. «La lucrative légende du Père Noël en Laponie finlandaise», 12 décembre 2004.
– Grenier, Alain. «Croisières et tourisme polaire: des vacances aux confins de la géographie», VertigO, La revue en sciences de l’environnement sur le WEB (UQAM), vol. 4, no 3, décembre 2003.
– Transpol’Air. «Les arguments pour la régulation du tourisme commercial en Antarctique», avril 2004.
– Le Soleil. «Le cratère du Nouveau-Québec devient le premier parc national du Nunavik», 30 août 2003.
– Paradis, Steeve. «Baie-Comeau veut offrir des croisières en eaux froides», Le Soleil, 30 juin 2004.
– Désiront, André. «Les belles croisières de 2005», Cyberpresse, 11 janvier 2005.

Commentaire du professeur Alain Grenier

Alain A. Grenier, docteur en sociologie, est maître de conférence à l’Université de Laponie, à Rovaniemi, en Finlande. Il a effectué de nombreuses croisières polaires en Antarctique et en Haut-Arctique canadien et russe, soit à titre de guide-naturaliste, soit à titre de chercheur.

Cet article du 14 janvier 2005 offre un coup d’oeil général sur le tourisme «polaire» tel que pratiqué dans plusieurs coins du globe. Il m’apparaît cependant important d’y apporter quelques précisions.

D’une part, il est nécessaire de distinguer le «tourisme polaire» du «tourisme d’hiver» ou tourisme hivernal (lire à cet effet: The Nature of Nature Tourism, 2004: 79-81). La distinction peut sommairement se faire selon que la motivation principale du touriste est d’ordre géographique (atteindre une région dite «polaire» comme l’Arctique ou l’Antarctique, définie soit selon le cercle polaire, la ligne des arbres ou la ligne de l’isotherme), soit que cette motivation est d’ordre climatique (faire l’expérience de la neige – et non du froid proprement dit, d’où le tourisme d’hiver).

À cela s’ajoute une différence importante quant aux infrastructures utilisées. Le tourisme d’hiver n’est généralement pas autonome et nécessite le soutien d’hôtels, comme pour les safaris en motoneige ou la participation à un carnaval d’hiver, par exemple – pensons à celui de Québec, aux hôtels de glace, etc. Le tourisme polaire, à l’opposé, parce que pratiqué en région normalement isolée, requiert une autonomie complète ou presque. Enfin, le tourisme polaire tend à se réaliser l’été, tandis que le tourisme d’hiver tire inévitablement avantage… de l’hiver.

Il importe aussi de préciser que si la demande pour les croisières «polaires» est effectivement à la hausse, il y a une saturation artificielle du marché causée par le nombre limité de vaisseaux polaires disponibles pour ce type d’activité (voir le même ouvrage mentionné plus haut pour un tableau complet des navires employés). C’est le cas notamment pour l’Antarctique. Dans le Haut-Arctique, seuls quelques navires répondent aux normes de navigation en mers polaires (les conditions de navigation y sont beaucoup plus problématiques, d’où la quasi nécessité d’affréter les rares brise-glace russes disponibles).

Le coût des croisières en Haut-Arctique, nettement plus élevé, fragmente davantage la demande et, de ce fait, limite pour l’instant l’expansion de l’industrie dans l’Hémisphère Nord. Cela dit, la Murmansk Shipping Company de Russie qui affrète certains de ses brise-glace (traditionnels et nucléaires) aux croisières polaires prévoit l’entrée en service de nouveaux navires d’ici la prochaine décennie avec des ponts spécialement conçus pour les touristes.

Finalement, il ne faut pas confondre le type de croisières offert en Alaska (dans la «péninsule») avec les croisières polaires. Dans le premier cas, il s’agit de croisières dites «traditionnelles», c’est-à-dire, un navire-attraction, avec salles de spectacles, piscine, etc. Dans le second cas, le milieu naturel constitue l’attraction vedette, le navire ne possédant aucune infrastructure pour la vie de luxe (pas de salle de spectacle, de restaurant ou de cafétéria, ni aucun code vestimentaire, pour ne mentionner que ces quelques différences). De là viennent l’association entre les notions d’aventure et d’exploration du tourisme de croisières polaires.

Grenier, Alain A.
Maître de conférence
Université de Laponie, Finlande