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Tourisme d’aventure, des idées en rafale

Plusieurs idées ont émergé de l’Adventure Travel World Summit qui s’est déroulé dans Charlevoix en octobre dernier. Dans cet article, vous saurez pourquoi il ne faut pas négliger l’apport d’une bonne histoire dans l’expérience du visiteur, pourquoi il faut absolument prévoir le transfert de la connaissance, particulièrement au sein d’une PME d’aventure, et comment il faut adopter un programme d’entreprise socialement responsable… et surtout très concret.

L’effet des histoires sur l’expérience

Edward Watchman et Sheree Johnson ont discuté de l’importance des histoires dans l’expérience touristique. Cette forme de communication humaine depuis toujours plaît à tout le monde. Les histoires jouissent d’un fort pouvoir de persuasion et elles influent sur le choix rationnel des consommateurs.

histoires

Parmi les avantages que procurent les histoires, en voici quelques-uns:

  • tisser des liens entre les gens;
  • donner un sens, apporter une signification;
  • inciter à l’action;
  • être mémorables (on oublie rapidement des faits et chiffres, mais on se souvient des histoires);
  • transcender les cultures, lier les gens à leurs croyances.

L’industrie du voyage dépend des choix du consommateur. Or, les décisions rationnelles des touristes sont d’abord conditionnées par des émotions. Les histoires influencent justement le choix rationnel des voyageurs. Citées à titre d’exemple de réussite, les entreprises Nike et Apple sont parvenues à rejoindre efficacement leur clientèle à l’aide d’histoires.

Il ne faut pas négliger l’apport d’une bonne histoire au sein de votre entreprise. C’est l’occasion de rendre votre produit encore plus vivant. Cela peut même faire en sorte que vous soyez choisi avant la concurrence.

Le transfert de la connaissance en entreprise d’aventure

L’auteur Steve Trautman a parlé de l’importance pour les gestionnaires de tourisme d’aventure de préserver l’inestimable capital de la connaissance en entreprise. On ne peut pas remplacer les années d’expérience et l’acquisition du savoir au fil des ans, mais on peut assurément réduire le temps nécessaire à la relève afin qu’elle puisse acquérir le discernement souhaité.

Steve Trautman soutient qu’il est important que les piliers d’une entreprise enseignent les notions, transmettent les connaissances qu’ils détiennent à leurs employés. Voici quelques exemples concrets.

  • Fixer les prix pour la nouvelle saison
  • Donner les consignes de sécurité à un groupe de clients
  • Choisir l’option d’hébergement pour une nouvelle destination
  • Prévoir un budget pour un forfait de groupe sur plusieurs jours
  • Mettre à jour les nouveaux produits sur le système de réservation
  • Utiliser les techniques de la vente incitative (up selling) et des services additionnels auprès des clients
  • Planifier les horaires pour le personnel à temps partiel
  • Gérer la clientèle insatisfaite

Les gestionnaires de tourisme d’aventure sont instinctifs et passionnés, mais ils doivent penser à cet enjeu du transfert des connaissances.

Une responsabilité sociale payante pour tous

Chris Noble de la compagnie d’assurances de voyages WorldNomads.com a expliqué pourquoi il peut s’avérer avantageux de s’associer à des causes de tourisme responsable. Il a donné l’exemple de son entreprise qui a établi un partenariat avec l’organisme Footprint Network. L’objectif de ce dernier consiste à faire une différence concrète dans les milieux défavorisés à l’aide de projets voués au développement durable. En achetant un produit d’assurance chez WorldNomads.com, les gens peuvent faire un don qui servira à une cause bien précise.Footprint

Jusqu’à maintenant, le programme Footprint associé à WorldNomads.com a permis de recueillir 284 000 dons ayant mené à la réalisation de 51 projets. Chris Noble a expliqué pourquoi cette initiative a fonctionné pour son entreprise.

  • C’est tangible aux yeux du client
  • C’est facile et s’applique à de petits projets
  • Tout l’argent versé est consacré aux projets
  • On fait preuve de transparence grâce à des rapports de suivi pour démontrer l’évolution des accomplissements
  • Ça fonctionne 24h sur 24 sur Internet

Participer à ce programme de développement durable entraîne plusieurs répercussions positives pour WorldNomads.com.

  • Apporte une personnalité d’authenticité à la marque
  • Arrime les valeurs associées à la marque et celles de la clientèle
  • Accroît la portée et la visibilité de la marque
  • Crée de nouveaux partenariats et des occasions de marketing
  • Augmente considérablement les revenus
  • Agit à titre de programme d’entreprise en matière de responsabilité sociale

La coquille technologie développée par WorldNomads.com permettant de recueillir facilement des dons par Internet est maintenant utilisée par d’autres entreprises souhaitant à leur tour s’associer à Footprint. L’approche semble extrêmement populaire. Par exemple, dans le secteur aérien, 86% des clients ont choisi d’effectuer un don. Plus de 3,2 millions de dollars par mois sont actuellement versés à ce programme.

Quelques bribes en rafale

Aid to Artisans (www.aidtoartisans.org) est un bon exemple de pratique en matière de tourisme responsable. Il s’agit d’un organisme sans but lucratif qui met en contact des artisans de différents pays en développement avec des marchés touristiques à la recherche de souvenirs qui ont une signification et qui sont novateurs. L’objectif consiste à créer des occasions d’affaires pour des artisans dans le besoin et à répondre à la demande d’entreprises touristiques souhaitant offrir à leur clientèle des produits originaux, mais surtout socialement responsables.

aidtoartisans

Les résultats du prochain sommet de Copenhague seront déterminants. Selon Hubert Reeves, il faudra en arriver à réduire de 70% les émissions de CO2, seulement pour stabiliser la planète.

Selon Jeff Dossett d’AdventureLink, le tourisme d’aventure est fondamentalement social. C’est pourquoi il recommande fortement aux entreprises d’utiliser les médias sociaux pour donner la chance à la clientèle de s’exprimer, de raconter ses récits. Le tourisme d’aventure est le créneau par excellence pour les gens désireux de créer un impact positif sur la société à partir de leur voyage. C’est l’occasion d’inspirer les autres.

Une présentation de l’Alpine Tourist Commission (www.alpseurope.com) a démontré la pertinence de s’associer en faisant fi des frontières géographiques. L’organisme The Alps assure la promotion du territoire alpin de cinq pays, soit l’Allemagne, la Suisse, l’Autriche, la France et l’Italie. La vidéo promotionnelle conjointe présentée lors de la conférence faisait ressortir de façon éloquente la synergie des destinations à vendre l’expérience alpine et non un pays ou un territoire en particulier.

Alpes

Source:
– Adventure Travel World Summit, conférence qui s’est déroulée dans Charlevoix, du 19 au 22 octobre 2009.

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Produits et activités Segments de clientèles Tendances

Tendances 2010 dans le tourisme d’aventure

Les intérêts et les comportements des touristes d’aventure ont changé. Comment l’évolution des aspirations de cette clientèle influera-t-elle sur la composition de l’offre et sur les stratégies de marketing à l’aube de la saison 2010? Les mythes concernant l’absence d’occasions pour la distribution en ligne pour ce type de produit persistent… et pourtant! Compte rendu inspiré de l’Adventure Travel World Summit qui s’est déroulé dans la région de Charlevoix en octobre dernier.

Qui est le touriste d’aventure?

Xola, une firme de recherche sur le tourisme d’aventure, dresse quelques caractéristiques propres à cette clientèle aux États-Unis:

  • représentée par tous les groupes d’âge (27% des touristes sont âgés de 25 à 44 ans, 25% ont plus de 54 ans);
  • composée d’une forte proportion de voyageurs internationaux (62% ont fait au moins un voyage d’agrément à l’international au cours des trois dernières années);
  • 80% détiennent un passeport;
  • 68% disposent d’un revenu familial de plus de 75 000 USD.

Les activités les plus demandées sont la randonnée pédestre (81%), les aventures avec expériences culturelles (68%), le trekking (55%), l’observation de la nature (54%) et les parcs nationaux (53%). Le coût moyen d’un voyage d’aventure est de 3000 USD.

Les changements observés auprès de la clientèle

Afin de faire la lumière sur les dernières tendances du secteur, l’Adventure Travel Trade Association (ATTA) a dévoilé les résultats d’un sondage mené durant la première moitié de l’année 2009 auprès de 287 grossistes de tourisme d’aventure répartis dans 51 pays. Durant cette période, 33% des entreprises ont mentionné qu’en dépit de la crise économique, les réservations de l’année étaient en hausse. La majorité (56%) faisait toutefois état de réservations à la baisse par rapport à l’année précédente.

Les tendances pour 2010 lèvent aussi le voile sur des changements par rapport à la demande. On note un intérêt accru pour les éléments suivants (proportion d’entreprises ayant noté une augmentation):

  • itinéraires personnalisés (84%);
  • voyages axés sur des activités d’aventure (79%);
  • voyages plus courts (73%);
  • aventures axées sur une interaction culturelle (70%);
  • voyages plus rapprochés, des vols moins longs (55%);
  • voyages multigénérationnels (55%);
  • forfaits incluant une composante de tourisme volontaire (40%).

On note également une forte demande pour des produits de haute qualité, particulièrement ceux misant sur le développement durable. Les voyageurs sont beaucoup mieux informés à propos de cet aspect et le réclame davantage au moment de choisir leurs forfaits. Les entreprises doivent adapter leurs efforts marketing et de relations publiques afin que le message et le produit reflètent cette tendance.

Des changements ont également été observés quant aux destinations d’aventure recherchées par les voyageurs. Les régions ayant enregistré la plus forte augmentation d’intérêt sont les suivantes:

  • Amérique du Sud (26%);
  • Afrique du Sud (24%);
  • Europe de l’Ouest (23%);
  • Moyen-Orient (20%);
  • Asie du Sud (20%).

L’incertitude généralisée liée à la crise économique mondiale a aussi entraîné des changements dans les habitudes de réservation. La clientèle des grossistes réserve dorénavant moins longtemps d’avance. Plus de 35% d’entre eux croient que ce comportement est enraciné alors que le tiers des exploitants estiment plutôt que l’avenir est très difficile à prévoir à ce chapitre.

L’aventure du Web

Le virage Internet se poursuivra en 2010 pour les entreprises de tourisme d’aventure alors que 72% d’entre elles augmenteront leurs dépenses allouées à l’optimisation des moteurs de recherche et que 66% auront un budget de publicité en ligne accru. De plus, 77% des grossistes prévoient dédier une ressource spécialement pour les réseaux sociaux tels que Twitter et Facebook. Près de la moitié des gestionnaires anticipent diminuer ou éliminer les publicités traditionnelles.

Dans un atelier distinct, Stephen Joyce de la firme Sentias Software abordait d’ailleurs d’importants enjeux en lien avec le réseau de distribution. Il a notamment fait état de quatre mythes associés à la vente de produits de tourisme d’aventure.

1- Le tourisme d’aventure est trop complexe pour être vendu en ligne

Stephen Joyce pense au contraire que les forfaits d’aventure ne sont pas complexes, mais constituent plutôt un amalgame de produits simples. Si l’on arrive à simplifier l’offre en décomposant les forfaits en blocs distincts, il est facilement envisageable de la distribuer en ligne. Par exemple, un safari de 10 jours en Afrique pourrait se diviser en trois expériences d’hébergement, en trois tours guidés et en deux transferts aériens.

2- Les GDS ne sont pas accessibles aux produits de tourisme d’aventure

C’est parce que l’offre d’aventure en ligne est limitée qu’il n’y pas lieu d’en effectuer la distribution via un GDS majeur. Il vaut mieux envisager de conclure un partenariat avec un important regroupement d’agences de voyages qui procurerait un accès à son réseau mondial de points de vente. Un partenariat avec les DMO (organisation de gestion de la destination) locaux, pour figurer parmi l’offre Web à destination, s’avère aussi une option intéressante en matière de stratégie de distribution.

3- La standardisation nécessaire à la distribution entraînera la banalisation

Selon Stephen Joyce, bien que la création de critères de standardisation favorise le magasinage de la clientèle, cela ne change rien au fait que le tourisme d’aventure est d’abord composé d’expériences variant énormément d’un forfait à l’autre. La possibilité de comparer les produits par un filtre de standards communs pourrait au contraire amplifier les éléments de différentiation et simplifier le processus de recherche et de sélection pour les consommateurs.

4- Le coût de la distribution est trop élevé

Pour qu’un forfait d’aventure soit rentable à vendre par le biais du réseau de distribution, il doit disposer d’une marge bénéficiaire d’environ 30% à 40%. Selon le canal choisi, le coût de distribution d’un produit d’aventure varie de 18% à 30%. L’objectif consiste à planifier une telle marge et à adopter la prémisse qu’une vente réalisée sur l’un de ces canaux ne se serait pas matérialisée autrement. Il ne faut pas négliger le fait que c’est habituellement le réseau de distribution qui paie les coûts de marketing associés à la vente du produit.

En conclusion, même si le secteur du tourisme d’aventure n’a pas été épargné par la crise économique, la plupart des entreprises y résistent bien. La demande pour des produits offrant des expériences riches, qui épousent les principes du développement durable, demeure forte.

Source:
– Adventure Travel World Summit, conférence qui s’est déroulée à Charlevoix, du 19 au 22 octobre 2009.

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Faits et chiffres Hébergement Produits et activités Tendances

Activités, attraits et événements favoris des Québécois

Saviez-vous que 24% des Québécois en voyage d’agrément au Canada vont… à la plage? Que les activités sportives sont particulièrement populaires? Que 769 000 Québécois ont assisté aux Feux Loto-Québec? Saviez-vous qu’une proportion égale (plus de 18%) des Québécois fréquente le Vieux-Port de Montréal et le Vieux-Québec? Enfin, connaissez-vous les activités qu’ils privilégient lors de séjours à l’extérieur du Canada?

D’entrée de jeu, spécifions que les graphiques présentent tous le taux de pratique par rapport au total des voyageurs Québécois (12 ans et plus) pour 2003, 2006 et 2009 ainsi que le nombre d’adeptes en 2009. Ces données de PMB proviennent d’un sondage annuel, administré mensuellement. Le nombre total de répondants s’élève à plus de 6700 Québécois âgés de 12 ans et plus.

Notez également ces précisions méthodologiques:

  • Les années mentionnées sont celles où le sondage a paru et les données ont été recueillies dans les 12 mois à 18 mois précédents.
  • Il s’agit de nombre d’individus et non de visites. Un individu ayant fréquenté un attrait ou un événement plusieurs fois n’est comptabilisé qu’une seule fois.
  • Il s’agit des Québécois, ces données ne tiennent pas compte des visiteurs hors Québec.

Activités pratiquées lors de voyages au Canada

Selon Print Measurement Bureau (PMB), 3,3 millions de Québécois, soit près de la moitié de la population de 12 ans et plus (48,6%), ont effectué au moins un voyage d’agrément au Canada au cours des 12 mois précédant l’enquête 2009. Parmi ces voyageurs, 74% ont voyagé au Québec, 30% en Ontario et 5% au Nouveau-Brunswick.

Certaines activités pratiquées par les Québécois lors de ces voyages ont un taux d’adoption important parmi les voyageurs (graphique 1). Le magasinage domine, mais le quart des répondants choisissent la plage.

Plusieurs activités sont en hausse de popularité. Entre les sondages de 2003 et 2009, mentionnons le magasinage, les activités sportives, la participation à des événements culturels, la chasse ou la pêche, le ski alpin ou la planche à neige, les événements sportifs ainsi que le golf. Cet intérêt pour le sport en général rejoint les observations tirées de l’analyse des loisirs des Québécois (lire aussi: Les loisirs des Québécois).

L’intérêt pour les randonnées ou excursions d’aventure, les parcs nationaux ou provinciaux, les parcs à thème ou zoos, les musées ou galeries d’art ainsi que le night life ont connu une légère diminution entre ces deux sondages.

L’indice 100 indique la propension à pratiquer ces activités par rapport à la moyenne canadienne. Pour la plupart des activités, les taux de pratique sont souvent plus bas. Les Québécois sont moins attirés que l’ensemble des Canadiens par le night life (43), le magasinage (71) ou la visite d’un parc national (76). Ils sont néanmoins plus enclins que la moyenne canadienne à assister à des événements culturels (128), à pratiquer des activités sportives (112) ou encore à faire des randonnées ou des tours d’aventure (105) lors de leurs voyages au Canada.

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Activités pratiquées lors de voyages à l’extérieur du Canada

Les Québécois n’ont pas voyagé qu’au Canada au cours des dernières années, ils sont d’ailleurs de plus en plus nombreux, au fil des ans, à avoir fait au moins un voyage à l’extérieur du pays. En fait, ce nombre est passé de 1 251 000 lors de l’enquête 2003 à 1 399 000 en 2006 pour atteindre 2 453 000 en 2009, une augmentation globale de 96%! Leurs destinations préférées sont le nord-est des États-Unis, la Floride, Cuba, la France et la République Dominicaine.

Si l’on tient compte de ces destinations, il n’est pas étonnant de retrouver la plage au premier rang des activités pratiquées lors des voyages à l’extérieur du Canada (graphique 2). Plus de la moitié des Québécois font un séjour à la plage. Le magasinage se trouve au 2e rang et est en hausse de popularité.

Autres hausses à souligner, les randonnées ou excursions d’aventure rejoignaient 13% des voyageurs en 2003 et 17% en 2009 (croissance absolue de 152%) et les événements culturels où participaient 13% des répondants (croissance absolue de 128%).

Par rapport à la moyenne des Canadiens lors de leurs voyages à l’extérieur du Canada (indice 100), les Québécois sont davantage attirés par la plage (120), par les randonnées, les excursions et les tours d’aventure (122) ainsi que par les activités sportives (112). Les activités que les Québécois pratiquent en moins forte proportion sont le night life (41), les parcs à thème ou zoo (55), la participation à des événements sportifs (60) ainsi que le ski alpin ou la planche à neige (61).

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Événements fréquentés

Le graphique 3 indique que les Feux Loto-Québec (à la fois ceux de Montréal et de Québec) constituent l’événement attirant le plus grand nombre de touristes québécois, d’ailleurs en forte croissance depuis 2003 (67%). En fait, 11% des Québécois y ont assisté. Le Festival International de Jazz arrive deuxième en pourcentage de fréquentation (10%), suivi du Festival d’été de Québec (8%), du Carnaval de Québec (6%) et du Festival Juste pour rire (5%). La popularité de ces quatre derniers événements est en diminution depuis 2003. Cet indicateur ne prend toutefois pas en compte les visites répétitives.

Mentionnons également la hausse des Fêtes de la Nouvelle-France (en chiffres absolus), soit 20% de plus qu’en 2003. En baisse (chiffres absolus), notons le Mondial SAQ, l’International de montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu, le Festival Juste pour rire et les Francofolies.

Ces événements se déroulant généralement à l’extérieur, les taux de fréquentation parfois élevés de 2006 permettent de supposer que la température a été avantageuse. En fait, le bilan climatologique pour l’été 2005 (période de cueillette des données) indique que la température moyenne pour les mois de juin, juillet et août a été au-dessus de la normale pour toutes les régions du Québec. Cet été se classe parmi les plus chauds et les plus ensoleillés des dernières décennies.

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Attraits

Le Vieux-Québec et le Vieux-Port de Montréal sont très proches l’un de l’autre en ce qui concerne les attraits visités par les Québécois, soit 18% (graphique 4).

C’est à Montréal qu’on dénombre le plus d’attraits intéressant un nombre important de touristes (La Ronde, le Biodôme et le Jardin botanique). Ces attraits sont d’ailleurs tous en hausse de fréquentation en chiffres absolus, mais pas nécessairement en proportion du nombre de voyageurs. Tremblant arrive au 5e rang; 9% s’y sont rendus dans la dernière année, mais il s’agit d’une diminution par rapport à 2006 (11%).

Mentionnons également le Zoo de Granby qui a connu une hausse de 18% du nombre de touristes québécois. Autre augmentation à souligner, PMB dénombre 27% plus de Québécois ayant visité le Musée des beaux-arts de Montréal lors d’un voyage en 2009 qu’en 2003.

L’hypothèse précédente concernant une météo favorable aux activités extérieures en 2005 se confirme. Seuls les attraits touristiques intérieurs, c’est-à-dire le Biodôme, le Musée de la civilisation de Québec et le Musée canadien des civilisations à Gatineau, n’enregistrent pas une proportion particulièrement élevée de voyageurs en 2006.

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Sources:
– Print Measurement Bureau, 2003, 2006 et 2009.
– Centre de ressources en impacts et adaptation au climat et à ses changements (CRIACC). «Bilan climatologique de l’été 2005».

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Le tourisme d’observation des baleines: la situation du Québec en 2009

Le secteur de l’observation des baleines – très important au Québec étant donné la valeur du tourisme marin –  connaît le taux de croissance le plus rapide de l’ensemble du tourisme faunique mondial. Selon un rapport récent, en 2008, 13 millions de personnes ont observé des baleines dans 119 pays, comparativement à 9 millions d’observateurs dans 87 pays en 1998 (1). Au cours des 10 dernières années, l’industrie de l’observation des baleines s’est accrue selon un taux moyen de 3,7% mondialement, enregistrant certaines variations cependant. Par exemple, elle a augmenté de 13% en Asie, en Amérique centrale et dans les Caraïbes, de 10% en Amérique du Sud, en Océanie et dans les îles du Pacifique, et de 7% en Europe. Bien que l’Amérique du Nord, en accueillant près de 50% de tous les observateurs dans le monde (tableau 1), reste la destination d’observation des baleines la plus importante, le secteur y a connu une baisse de 1,5% par année.

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Québec dans le contexte de l’Amérique du Nord orientale

L’observation de la faune marine, surtout celle des baleines, occupe une place importante parmi les activités de nature au Québec. Le lieu de prédilection pour ces dernières demeure le Parc marin du Saguenay–Saint-Laurent (PMSSL), milieu naturel de 1245 km2 où l’on peut facilement apercevoir bon nombre d’animaux marins (y compris les espèces rares telles que le béluga et le rorqual bleu), même près du rivage.

Malgré une augmentation du nombre d’observateurs de baleines à l’échelle internationale, un déclin général s’observe depuis les 10 dernières années le long de la côte atlantique de l’Amérique du Nord. Le Québec y fait exception, puisqu’une faible croissance a été enregistrée de 1998 à 2008 (graphique 1). Quant aux destinations avoisinantes, le nombre de touristes observateurs de baleines a chuté de 25% en Nouvelle-Angleterre et de très peu en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick.

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La diminution du nombre d’observateurs de baleines le long de la côte atlantique de l’Amérique du Nord s’est traduite par une baisse du nombre d’entreprises offrant ce genre d’activité au cours des 10 dernières années (graphique 2). Cependant, au Québec, cette baisse résulte surtout de fusions.

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C’est en Nouvelle-Angleterre, le long de la côte atlantique, que les recettes totales provenant de l’observation des baleines sont les plus élevées, malgré la diminution du nombre d’observateurs dans cette région (graphique 3). Là-bas, l’industrie vaut 138,45$ par observateur, et les clients internationaux représentent environ 15% du marché. Le Québec se classe au deuxième rang: la valeur économique de cette industrie y est de 142,55$ par observateur, et les clients internationaux y comptent pour à peu près 20% du marché (1).

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Le tourisme dans les sites d’observation de baleines les plus fréquentés du Québec

Dans la région du PMSSL, les statistiques montrent qu’en 2005, approximativement 284 000 visiteurs ont observé des baleines à partir d’un bateau commercial, tandis que le nombre de kayakistes se chiffre à environ 35 000 par année. À ces touristes s’ajoutent les 60 000 personnes qui ont observé les baleines à partir de différents endroits dans le parc marin. À peu près 40% des visiteurs ont fait une excursion d’une journée, alors que 60% ont passé en moyenne 3,2 nuits dans la région du parc marin, et 40 % y étaient déjà venus (2). Bien que les retombées économiques de l’observation des baleines soient intéressantes, aucune portion des revenus du tourisme n’est allouée à la gestion des ressources du parc, étant donné que les exploitants ne sont pas tenus de contribuer financièrement aux efforts de conservation (3). Néanmoins, quelques-uns d’entre eux se sont associés au GREMM, un organisme à but non lucratif voué à la recherche scientifique sur les mammifères marins du Saint-Laurent et à l’éducation sur la conservation du milieu marin. Les visiteurs peuvent appuyer les efforts du GREMM en y adhérant, en visitant son musée à Tadoussac et en participant à des programmes comme « Adoptons une baleine » (4).

Même si les observateurs de baleines sont généralement satisfaits de leur visite au parc marin (5), certaines personnes s’inquiètent de plus en plus du fait que les services offerts ne répondent pas complètement à la demande et que l’expérience d’observation faunique en laisse quelques-uns sur leur faim. Selon des sondages menés auprès des visiteurs au cours des dernières années, le taux de satisfaction générale quant à la visite du site est élevé, mais plus faible en ce qui a trait à l’aspect éducatif de la visite; en effet, seulement 46% des visiteurs sont satisfaits de ce qu’ils ont appris. Ces données dénotent une faible intégration de l’éducation et de la sensibilisation à l’expérience actuelle. Le fait que l’observation faunique se fait généralement à partir de gros bateaux motorisés et de navires de croisière montre bien qu’elle est orientée vers le tourisme de masse. De plus, certains visiteurs ont l’impression que plusieurs entreprises «courent après» les baleines.

Le tourisme est surveillé de près dans le parc. Depuis la mise en vigueur d’une réglementation précise en 2002 (6), entre autres mesures, les exploitants doivent détenir un permis et se déplacer à une certaine distance des mammifères marins, tout en respectant les limites de vitesse. Étant donné que les bélugas sont une espèce menacée, ils doivent être totalement exclus des activités d’observation. Présentement, l’industrie du tourisme reçoit 59 permis d’observation (pour environ 16 entreprises). Bien que le parc marin soit vaste, la plupart des bateaux partent des quais de Baie-Sainte-Catherine et de Tadoussac, causant un trafic maritime intense de l’ordre de 80 000 excursions par année. Les incidences sur l’environnement sont nombreuses, dont le bruit, la circulation et les collisions avec les mammifères marins (7).

Que réserve l’avenir?

L’observation des baleines a atteint une certaine maturité au Québec comparativement aux autres destinations. Toutefois, elle semble viable sur la côte atlantique de l’Amérique du Nord présentement. Certaines des questions soulevées au sujet du Parc marin du Saguenay–Saint-Laurent laissent supposer que la gestion opérationnelle du tourisme devrait être  révue, surtout dans un contexte où il est nécessaire de trouver un équilibre entre le tourisme et la conservation. L’industrie a tout intérêt à gérer l’observation faunique de façon plus responsable; l’ensemble du secteur pourrait se munir d’une trousse de sensibilisation et prendre des mesures volontaires, telles que la certification et l’adoption d’un code d’éthique pour des exploitations responsables.

De plus, l’ensemble de l’industrie touristique locale pourrait étudier comment mieux contribuer à la conservation du parc, puisqu’il s’agit d’une zone protégée et d’un site important pour l’industrie. Elle devrait revoir le type d’expériences offertes aux visiteurs et prendre les mesures nécessaires pour que les besoins de ce marché du voyage croissant, écoconscient et responsable soient satisfaits. Le parc et l’industrie gagneraient à ce que l’interprétation occupe une place privilégiée dans l’expérience offerte aux visiteurs. En plus de sensibiliser les gens à la conservation, ils pourraient leur proposer un ensemble d’activités écologiques, comme on en trouve dans la grande région du Saguenay, notamment le long de la Route des Baleines.

Sources

(1) O’Connor, S., R. Campbell, H. Cortez, et T. Knowles (2009), Whale Watching Worldwide: tourism numbers, expenditures and expanding economic benefits, a special report from the International Fund for Animal Welfare, Yarmouth MA, USA, prepared by Economists at Large.

(2) Parcs Canada (2005), Sondage auprès des visiteurs, Centre de service du Québec, Agence Parcs Canada.

(3) Parc marin du Saguenay–Saint-Laurent (2008), Compte rendu de la consultation publique sur la révision du plan directeur, Parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, 43 p.

(4) Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM) [http://www.gremm.org] (page consultée le 13 octobre 2009).

(5) Gosselin, D., et J. Priskin (2009), Présentation dans le cadre de l’atelier de travail collectif sur les activités en mer au Parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, 9 et 10 septembre 2009, Tadoussac.

(6) Règlement sur les activités en mer dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent [http://www.parcmarin.qc.ca/1942_fr.html] (page consultée le 13 octobre 2009).

(7) Gareau, D., M. Pagé, R. Balej, D. Langlois, et J. Désaulniers  (2009), Activités en mer au parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, Document de réflexion 2009 aux fins de discussion, Parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, Tadoussac. 30 p.

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Ailleurs dans le monde Marketing

La crise identitaire du tourisme en région, le cas de l’outback australien

D’un point de vue marketing, les autorités touristiques australiennes ne sont pas parvenues à créer des images distinctives des différentes régions éloignées du pays, ni à promouvoir pour chacune d’elles un positionnement unique. Les régions n’ont pas réussi non plus à faire consensus pour se regrouper et développer un branding national fort afin de commercialiser efficacement  l’outback australien. Conséquence: la performance touristique dans l’arrière-pays est en déclin. Deux chercheurs australiens de l’Université Charles Darwin ont analysé cette question et en ont présenté les conclusions lors de l’Advances for Marketing Tourism Conference à Bournemouth.

L’outback au cœur de l’identité touristique australienne

La problématique du développement touristique australien en région est très intéressante, car plusieurs des enjeux sont similaires à ceux ciblés par d’autres destinations, notamment par le Québec.

Les images presque mythiques de l’arrière-pays australien, le fameux outback, ont joué depuis plusieurs années un rôle majeur dans le marketing de l’ensemble de la destination, tant sur le plan domestique qu’international. L’Australie s’est toujours concentrée sur la mise en valeur des contrées rurales, considérées comme une source importante de motivation des voyageurs qui visitent le pays. Des études récentes confirment cette tendance alors que les visiteurs recherchent des expériences authentiques, où l’on trouve une véritable représentation de la nature et de la culture.

Récemment, Tourism Australia a même obtenu les droits sur les images de l’importante production cinématographique «Australia» afin que les voyagistes puissent les utiliser à des fins de promotion de l’outback australien. Ce film a véritablement procuré un deuxième souffle à ces régions éloignées.

Crise identitaire sur la terre du «down under»

Plusieurs régions touristiques de l’Australie se situent sur le territoire de l’outback (territoire en jaune sur la carte). Selon les observations effectuées par les chercheurs, l’agence nationale de marketing encourage chacun des territoires à établir son propre positionnement autour de cette image de l’arrière-pays. Par exemple, Western Australia se proclame «the real outback» alors que Northern Territory s’affiche en tant que «heart of the outback» et comme «Australia’s real outback». Pour le North West, c’est l’«authentic Aussie outback adventure». Même la ville de Sydney le commercialise avec plusieurs tours guidés dans un rayon de moins de 100 kilomètres de la ville.

outback

La labellisation officielle de l’appellation outback est employée par quatre États australiens et utilisée à outrance à l’échelle régionale. Cette appropriation du terme par autant de destinations différentes suggère que l’on accorde une importance majeure à cette composante dans l’offre touristique du pays. Pourtant, un regard rapide sur la carte montre plutôt que le territoire de l’outback ne représente en fait que la partie située hors des populaires zones côtières.

Le plus grand attrait de l’arrière-pays devient aussi sa principale faiblesse

Sur l’ensemble du territoire de l’arrière-pays, seules quatre municipalités possèdent une population de plus de 20 000 habitants, aucune ne surpasse 30 000. On n’y trouve aucun aéroport international et seulement deux villes disposent de vols domestiques pour voyager à l’extérieur de l’État. Plus de 80% des visiteurs voyagent de manière autonome sur le réseau routier, avec leur propre véhicule ou une voiture en location.

Ce qui rend l’image de l’outback attrayante, ce qui lui procure un positionnement fort, c’est son inaccessibilité, son envergure et son éloignement. D’un point de vue touristique, le message peut paraître contradictoire si l’on sait qu’on veut attirer un grand volume de visiteurs, dont la masse critique permettra de stimuler l’investissement.

Pourquoi l’outback australien est-il mal commercialisé?

Les deux chercheurs ont évalué les efforts de marketing et de positionnement de l’outback australien mis de l’avant au cours des dernières années. De 2001 à 2006, le tourisme dans l’arrière-pays a affiché une baisse constante: 15% pour le tourisme international et 3% sur le plan domestique. Pendant ce temps, l’ensemble du pays a vu son volume de voyageurs internationaux croître de 16%.

Les deux auteurs de l’étude ont tenté de comprendre pourquoi l’arrière-pays souffre d’une aussi piètre performance alors que le produit semble pourtant porteur et que les chiffres à l’échelle nationale sont excellents. L’analyse en profondeur du positionnement de chacun des territoires et des messages véhiculés permet d’avancer des hypothèses.

D’abord, la différentiation des expériences dans chacune des régions d’arrière-pays est très faible, les caractéristiques fondamentales étant les mêmes partout. Aucune région n’a su se démarquer, se distinguer du standard de l’outback fondé sur les images illustrant toujours les mêmes messages promotionnels. Chaque région se considère intensément comme «la vraie», «la seule authentique» outback. Pour le touriste, le message perçu est confus et la comparaison entre les régions devient alors purement subjective. Par conséquent, plus de touristes se résignent à visiter les zones accessibles en périphérie urbaine et délaissent l’option de découvrir le véritable outback.

Vivre ou périr ensemble!

Les autorités touristiques n’ont pas réussi à positionner de façon distinctive chacune des régions offrant l’outback. Selon les chercheurs, toutes les entités touristiques doivent prendre clairement position pour un branding national unique et fort par lequel tout le monde y sera gagnant ou perdant. Une autre option serait que le pays s’engage dans un processus d’évaluation (monitoring) des avantages compétitifs de chacune des régions de manière à déterminer ses meilleurs atouts. Or, cette approche favorisera inévitablement des régions au détriment d’autres.

L’outback australien doit être considéré comme une agglomération de régions réunies par un attribut géographique. Sa commercialisation comme un tout fait autant de sens que l’idée de vendre par exemple les Alpes, les plages des Caraïbes ou la savane africaine. Le développement touristique obéit trop souvent à des impératifs administratifs alors qu’il devrait suivre une logique géographique. Plusieurs destinations partagent certes des défis similaires à ceux de l’Australie.

Source:

– Carson, Dean et Andrew Taylor. «We’ll all go down together: the marketing response of Australia’s outback destination to recent declines in performance», Bournemouth University, Advances for Marketing Tourism Conference, tenue à Bournemouth du 7 au 9 septembre 2009.

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Produits et activités

Des produits prometteurs

Voici d’autres produits qui ont un avenir prometteur à l’horizon de 2030 selon Ian Yeoman, futurologue spécialisé en tourisme. L’intérêt pour le magasinage ne s’essouffle pas. Les résidences secondaires témoignent de l’enrichissement des gens. La gastronomie est omniprésente. L’aventure douce côtoie l’extrême. Les festivals et les événements permettent aux voyageurs de prendre le pouls du lieu visité.

Une folie irrésistible – le magasinage

L’intérêt pour la consommation ne se dément pas. De la nécessité, le magasinage est devenu une activité de loisir, une source de plaisir et de détente. Boutiques hors taxes, arcades, marchés, souks, magasins d’usine (factory outlets), marques de prestige, boutiques spécialisées, adresses branchées, tous attirent les touristes. Au-delà du produit, magasiner est devenu une expérience.

Avec l’avènement des grands mails, les centres commerciaux deviennent des destinations en soi – Mall of America au Minnesota, Las Vegas, Hong Kong, etc.  Diverses infrastructures s’y greffent – hôtels, piscines à vagues, cinémas, spectacles, expositions, etc. Certains centres se spécialisent – articles de sport, électroniques, etc.

Les destinations ajoutent une valeur ou une couleur à l’expérience. Ayant le plus grand centre commercial au monde, les plus grands designers de mode et le Dubaï Shopping Festival, Dubaï est considérée dans ce marché comme un symbole de luxe et d’exclusivité. El Mercado Mall à San Antonio au Texas recrée le Mexique et l’Amérique du Sud avec ses produits (pignatas, sombréros et poteries) et son architecture de style colonial. Les boutiques hors taxes tendent à sortir des aéroports comme à Johannesburg et à Buenos Aires.

Est-ce que le magasinage sur le Web mettra en péril les magasins qui ont pignon sur rue?  Le shoppertainment s’est immiscé dans le langage commercial. Et dans la prochaine décennie, les magasins se redéfiniront.

Une c’est bien, mais deux c’est mieux – le phénomène des résidences secondaires

La spéculation immobilière représente un des éléments moteurs du tourisme. Les gens s’enrichissent. Le double revenu familial permet de vivre plus aisément. On vit plus longtemps et en meilleure santé, on dispose de plus de temps libre. Les environnements tranquilles et les climats plus cléments sont attrayants. Il existe des régions qui offrent ces conditions et où le coût de la vie est moins cher. Beaucoup de gens cesseront de travailler bientôt et rechercheront un endroit en prévision de la retraite. Les déplacements sont facilités par une profusion de vols directs et à bas tarifs. La location ou l’achat d’une résidence secondaire devient alors chose facile et attirante. Ce phénomène s’observe particulièrement en Europe.

De l’aventure douce à extrême en passant par le grand événement – le tourisme sportif

Se maintenir en santé, le besoin de bouger, briser le rythme effréné du quotidien, se détendre, voilà certains facteurs qui expliquent pourquoi l’aventure, le plein air et les vacances actives ont la cote. Le tourisme et le sport sont intimement liés; ils prennent plusieurs formes: l’aventure douce pour les gens qui vieillissent, l’aventure extrême pour les jeunes urbains, les grands événements sportifs pour les amateurs, etc.

Si vous croyez avoir tout vu en matière d’aventure extrême, jetez un coup d’œil au Urban Rat Race et à l’Extreme Ironing, un type de pratique associé au besoin d’adrénaline, de sensations fortes et de surpassement. Le touriste veut toujours plus de choix et vivre de nouvelles expériences.

Du fast food au slow food – la cuisine

Vivre au quotidien, se maintenir en santé, socialiser, voyager: la nourriture est omniprésente. De partout, on importe des épices, des fruits, des poissons. Les chefs deviennent des célébrités, les chaînes et magazines spécialisés se multiplient, les ventes de livres de recettes explosent, le multiculturalisme des sociétés apporte des saveurs nouvelles et le mouvement des passionnés de cuisine (foodies) s’amplifie. Les gens dépensent plus qu’avant pour la nourriture.

La gastronomie est sans conteste la principale vedette. Elle constitue un des éléments les plus importants d’une expérience de voyage et même un but de visite – la France et l’Italie sont reconnues comme de grandes destinations culinaires. La gastronomie est intimement liée à la culture d’un pays, d’une région et contribue à l’authenticité de l’expérience.

Jazz, rodéo, carnaval – le monde des festivals et des événements

Pour le touriste, les festivals contribuent à l’authenticité d’une expérience.  Ils lui permettent de s’immerger dans la culture locale et d’y côtoyer la population. Que ce soit le Stampede de Calgary, le Mardi gras à la Nouvelle-Orléans, le Carnaval de Québec, le Festival International de Jazz de Montréal ou l’Oktoberfest de Munich, les grands événements définissent une destination et sont l’occasion de célébrer sa culture, ses traditions, ses talents, ses différences ou son unicité. Ces festivités deviennent des moteurs économiques et introduisent parfois de nouvelles saisons dans le calendrier d’une destination.

Ces événements sont synonymes de plaisir et de fêtes. En 2030, le nouveau «capitaliste» culturel sera le touriste hédoniste.

Macao contre Las Vegas, les paris sont ouverts – casinos et jeux

En 2030, Macao surpassera Las Vegas comme la destination la plus importante du jeu et du divertissement. La croissance des classes moyenne et riche en Chine contribuera à projeter Macao au sommet des destinations du jeu.

Un sujet tabou – le tourisme sexuel

Slogan de Las Vegas: What Happens in Vegas, Stays in Vegas!

Serveuse sexy, quartier chaud (red-light district), danseuse érotique, «escorte», masseuse… la prostitution, voici le côté pervers du monde moderne. La rencontre sexuelle constitue la principale motivation du tourisme sexuel. Malgré les côtés sombres et tabous de la prostitution juvénile, de l’exploitation sexuelle des enfants et du commerce sexuel, il semble que tourisme, romance, amour et sexe seront encore liés en 2030 et que la situation ne changera pas beaucoup malgré les campagnes de sensibilisation.

Ian Yeoman est professeur associé à l’Université de Victoria en Nouvelle-Zélande et à l’Université d’Édimbourg en Écosse. Il a déjà été planificateur stratégique à VisitScotland et responsable des modèles économiques, de l’analyse des tendances et de l’élaboration des scénarios.

Source:
– Yeoman, Ian. «Tomorrow’s Tourist: Scenarios & Trends», Elsevier, 2008, 357 pages.
[www.tomorrowstourist.com/]

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Ailleurs dans le monde Produits et activités

Un exemple de bonne pratique pour le Québec: la Suisse en canoë

Les rivières du Québec sont de véritables paradis pour le pagayeur. Le voyageur qui veut réaliser une excursion de quelques jours en canot ou en kayak doit s’informer auprès de plusieurs fournisseurs de services, organismes et offices de tourisme pour s’organiser un séjour qui répondra à ses attentes. En Suisse, il en est tout autrement. Ce pays a réussi un tour de force d’intégration qui permet à celui qui le souhaite de planifier toute son escapade facilement en un seul point: La Suisse en canoë*.

D’abord, le réseau SuisseMobile

SuisseMobile est le réseau national dédié à la mobilité douce. Il consiste à favoriser et à facilitersuissemobile1 les déplacements actifs dans un cadre récréatif ou touristique. SuisseMobile coordonne les collaborations entre les pouvoirs publics et les fournisseurs de services privés partenaires dans ce réseau. Ce dernier se déploie de la façon suivante:

  • La Suisse à pied: des itinéraires totalisant 6300 km;
  • La Suisse à vélo: 8500 km de voies cyclables;
  • La Suisse à VTT (vélo de montagne): 3300 km de sentiers et chemins;
  • La Suisse en rollers: 1100 km de voies;
  • La Suisse en canoë: 250 km de rivières et de lacs canotables.

Les quatre avantages principaux du réseau sont le balisage uniforme, la publication de guides, une grande présence sur Internet et de nombreuses liaisons avec les transports publics. SuisseMobile permet d’unir les prestataires qui s’y rattachent plutôt que de les séparer en régions ou en types de produits. La commercialisation est ainsi beaucoup plus facile. L’intégration de ces produits en un seul point de chute campe solidement le positionnement de la Suisse comme destination de plein air et de loisirs actifs. (Lire aussi: SuisseMobile: un projet de développement durable et mobilisateur)

Des itinéraires accessibles en transport en commun

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Le réseau de la Suisse en canoë regroupe huit itinéraires de canot et de kayak et autant de parcours dédiés au rafting. Ils sont issus d’un choix parmi les plus beaux parcours canotables de Suisse. Chacun consiste en un voyage de plus d’un jour subdivisé en étapes journalières facilement accessibles pour des excursions d’une journée. Règle générale, chaque étape est bien desservie par les transports en commun: trains, autobus, bateaux ou même téléphériques. Il s’agit là d’un des points forts de ce réseau.

Une organisation bien ficelée

Un des rôles de SuisseMobile consiste à relier les itinéraires à une offre diversifiée de prestations de services. Ainsi, environ 1 200 lieux d’hébergement et terrains de camping affichent maintenant le label SuisseMobile, qui implique des services particuliers pour mieux répondre aux besoins des usagers du réseau:

  • l’accueil pour une seule nuit;
  • la possibilité de laver et de sécher les vêtements et l’équipement;
  • des renseignements sur les offres de SuisseMobile;
  • la distribution de renseignements touristiques régionaux.

Pour chaque itinéraire, on propose des «offres à réserver» (forfaits) suggérées par divers producteurs partenaires de SuisseMobile. Le voyagiste responsable des forfaits avec hébergement, transport et transfert de bagages s’appelle SwissTrails. Il prend en main les services des différents prestataires afin de faciliter l’organisation du séjour. D’autres fournisseurs offrent la location d’équipement et les services d’un guide-accompagnateur.

Étape par étape

suissemobile3Abondamment illustré, le site Web de La Suisse en canoë, comme l’ensemble de SuisseMobile d’ailleurs, affiche beaucoup d’information très pertinente. D’abord, on peut choisir un itinéraire en fonction d’une région ou du niveau de difficulté recherché. Une carte interactive permet de visualiser chaque itinéraire dans sa globalité ou étape par étape. On peut notamment y voir les établissements d’hébergement et leurs tarifs, les lieux d’intérêt à proximité du parcours, les arrêts des transports en commun (avec un lien vers les horaires et les réservations), les forfaits proposés, bref tout ce qu’il faut pour organiser son séjour. Le voyageur peut imprimer cette carte avec l’information qu’il souhaite y voir. SuisseMobile a aussi publié toute une série de guides. Sur place, le réseau jouit d’un balisage uniforme et d’une signalisation très détaillée. Cet affichage est d’ailleurs devenu un véritable modèle pour d’autres réseaux de ce type à travers le monde.

Ce réseau de voies canotables s’est ajouté à SuisseMobile il y a moins d’un an. Les données sur sa fréquentation n’étant pas encore disponibles, seul l’avenir nous dira si la formule est véritablement gagnante.

Un tel réseau pour le Québec…

Selon le document «Loisir de plein air au Québec; Portrait et enjeux de développement des sentiers et des lieux de pratique», publié par le Conseil québécois du loisir, il existe 38 642 km de voies canotables au Québec. Bien que de nombreux obstacles entravent une partie de ces plans d’eau – pensons notamment aux barrages hydroélectriques, aux compagnies forestières qui, par leurs activités, nuisent à la qualité des paysages, ou encore aux terrains privés situés sur les rives et limitant les accès à l’eau –, l’offre demeure abondante et de qualité. Une plateforme à l’image de celle de La Suisse en canoë, qui présente une petite partie de l’offre mais de façon à intégrer toutes les composantes nécessaires et complémentaires à une expédition, favoriserait grandement la pratique du canot et du kayak, non seulement par les habitants de la région mais également par une clientèle touristique. Cela permettrait de renforcer le positionnement du Québec comme destination de grande nature.

*Selon l’Office québécois de la langue française, le terme canoë signifie «embarcation légère, de forme étroite et longiligne, effilée aux deux extrémités et propulsée à la pagaie simple, en position agenouillée». L’Office ajoute qu’au Québec et au Canada francophone, le terme canot est couramment employé en ce sens.

Sources:
–    Conseil québécois du loisir. «Loisir de plein air au Québec; Portrait et enjeux de développement des sentiers et des lieux de pratique», mars 2008.
–    Fondation SuisseMobile. «SuisseMobile: Un réseau destiné à la mobilité douce pour les loisirs et le tourisme», avril 2008.

Sites Internet:
–    Fédération québécoise du canot et du kayak
–    La Suisse en canoë
–    SuisseMobile

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Produits et activités

La randonnée pédestre: une activité qui fait son chemin…

La randonnée pédestre, en raquettes, en souliers à crampons, en montagne, la marche nordique, urbaine, rapide, de santé… les dénominations sont nombreuses et les adeptes abondent. Le territoire québécois semble l’endroit tout indiqué pour développer une offre et devenir une destination prisée dans ce domaine en pleine croissance. Topo de ce secteur d’activité et quelques trucs pour attirer et accueillir adéquatement la clientèle lors de séjours touristiques.

D’entrée de jeu, spécifions que la randonnée pédestre se pratique en milieu naturel, alors que la  «marche» ratisse plus large et englobe autant la randonnée pédestre que celle qui s’effectue en milieu urbain.

Les données du Print Measurement Bureau (PMB 2008) indiquent que 20% des Québécois de 12 ans et plus ayant réalisé un voyage de vacances au Canada au cours des 12 derniers mois nomment la randonnée pédestre parmi les activités qu’ils pratiquent. Cette proportion était de 17% quatre ans plus tôt.

De bonnes raisons de marcher

Le directeur de la Fédération québécoise de la marche, M. Daniel Pouplot, observe un réel engouement pour cette activité. Il soutient qu’en 12 ans, le nombre de membres du regroupement a quadruplé. Plusieurs facteurs expliquent cette augmentation, dont:

  • le vieillissement de la population;
  • une meilleure conscience environnementale;
  • l’aspect économique de l’activité;
  • l’accessibilité aux jeunes familles.

Ces facteurs devraient favoriser le développement de cette activité pour encore de nombreuses années. Les obstacles qui limitent son épanouissement résident surtout dans le fait qu’il s’agit d’une activité très répandue, dont les aménagements sont forcément déjà existants ou ne sont pas jugés nécessaires. Les gens et les organisations s’impliquent peu dans leur développement. En ce qui a trait à la relève, les jeunes de la génération Y (dans la vingtaine) sont très sollicités par les activités extrêmes et sont moins interpellés par la randonnée pédestre, à moins qu’elle ne se pratique en haute montagne ou encore qu’elle suppose un niveau d’endurance élevé, comme la longue randonnée.

Une offre inégale

L’offre du Québec comme destination de randonnée atteint 8914 km allant de l’ascension de hauts sommets, comme les monts Chic-Chocs ou ceux des parcs de Charlevoix, à des sentiers de type linéaire et de niveau de difficulté facile ou intermédiaire, qui sont les plus répandus. Malgré cela, l’offre et le positionnement du Québec comme destination de randonnée demeurent peu structurés et mal définis. Une étude publiée en 2001 par Zins Beauchesne & associés révélait un certain nombre de faiblesses de l’offre en matière de randonnée pédestre au Québec. En voici quelques-unes:

  • une mauvaise signalisation des points d’entrée à certains endroits;
  • une information peu disponible ou déficiente sur les sentiers lorsqu’on arrive à destination;
  • une qualité très inégale des sentiers proposés;
  • de nombreux tronçons sans valeur d’expérience particulière.

Pour séduire les randonneurs…

Les infrastructures d’accueil peuvent jouer un rôle important pour favoriser la fréquentation des sentiers et faire valoir la destination auprès des randonneurs. L’organisme écossais de promotion touristique VisitScotland s’est penché sur la question et propose un guide aux entreprises qui se situent à proximité des sentiers de randonnée pédestre – court ou long trajet – dans lequel il décrit quatre types de touriste-randonneur:

  • L’explorateur engagé fréquente les montagnes et les milieux reculés ou peu achalandés. C’est avant tout un passionné et le but premier de son voyage est la randonnée.
  • L’explorateur à mi-temps recherche le même type de milieu que le premier, mais souhaite du confort à la fin de sa randonnée. Il aime aussi pratiquer d’autres activités liées au milieu d’accueil, comme découvrir la culture et l’histoire.
  • Le marcheur engagé effectue des randonnées intermédiaires (moins de huit kilomètres ou cinq miles). Il aime la marche mais dans une zone de confort. Il connaît ses limites et compte les respecter. Il aime bien récompenser son effort.
  • Le marcheur à mi-temps fait des randonnées intermédiaires et faciles. Il aime bien marcher lorsque ça fait partie d’un ensemble d’activités.

Les recommandations qu’on trouve dans le guide peuvent très bien s’appliquer aux entreprises québécoises. Ainsi, pour satisfaire (et fidéliser) les voyageurs adeptes de la marche dans votre établissement…

  • Assurez-vous de connaître les sentiers et les promenades qui débutent à moins de cinq kilomètres de votre entreprise.
  • Munissez-vous des cartes de ces sentiers et prenez connaissance des niveaux de difficulté.
  • Identifiez les marcheurs parmi les membres du personnel et faites-en des ambassadeurs de cette activité dans le secteur.
  • Prenez connaissance des heures d’arrivée et de départ des moyens de transport publics et privés et trouvez un moyen (navette, taxi) d’accommoder ces visiteurs vers les accès aux sentiers et autres attraits.
  • Soyez flexibles pour les heures de repas.
  • Assurez-vous qu’ils trouveront tout le confort à leur retour, car le mauvais temps n’empêche pas les plus endurcis d’aller marcher.
  • Offrez-leur la possibilité de transférer leurs bagages, dans le cas des longues randonnées.
  • Tenez-vous toujours au courant de la météo du moment et de celle prévue pour les prochains jours.

Mettre à niveau et bonifier le produit

Enfin, la mise à niveau du réseau des sentiers, les efforts pour en assurer la pérennité ainsi que la promotion font partie des principaux enjeux. Le potentiel de développement est pourtant bien présent et les possibilités de randonnées de différents types existent, mais certaines sont méconnues du grand public. Pensons notamment à la longue randonnée de plus de trois jours, par le Sentier national. Exploitons davantage ce créneau prometteur en optimisant l’offre en place et en renforçant le positionnement du Québec. La mise en valeur et la bonification du réseau passent indéniablement par l’offre touristique qui le borde.

Sources:
–    Conseil québécois du loisir. «Loisir de plein air au Québec: Portrait et enjeux de développement des sentiers et des lieux de pratique», mars 2008.
–    Print measurement bureau. «Activités lors des voyages – voyage de vacances au cours des 12 derniers mois (au Canada)», 2008.
–    Print measurement bureau. «Loisirs – participe personnellement», 2008.
–    Tourism Intelligence Scotland, Scottish Enterprise, Visit Scotland et Highlands and islands Enterprise. «Walking tourism… opportunities for growth».
–    Zins Beauchesnes et associés pour Tourisme Québec. «La randonnée pédestre au Québec», mars 2001.

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Produits et activités Segments de clientèles Tendances

L’aventure, c’est pour tout le monde!

Les jeunes, mais aussi les baby-boomers, les couples en lune de miel et les familles recherchent l’aventure. Parfois extrême, souvent douce, de plus en plus responsable, le tourisme d’aventure prend de l’expansion et interpelle différents segments de clientèles. En voici un aperçu.

Autrefois réservé aux jeunes et aux sportifs aguerris, le tourisme d’aventure ratisse maintenant beaucoup plus large. Le besoin des gens de sortir de leur routine et l’intérêt pour des voyages actifs et riches d’expériences favorisent le développement du tourisme d’aventure. (Lire aussi: Tourisme d’aventure: de quoi parle-t-on au juste?) L’homme a besoin de relever des défis, de tester ses capacités, d’apprendre, de se surpasser et, surtout, d’avoir des histoires extraordinaires à raconter!

Qui pratique le tourisme d’aventure?

Une étude publiée dans le Travel & Tourism Analyst de mai 2008 sur le tourisme d’aventure en Europe révèle que ces voyageurs à la recherche d’expériences actives proviennent généralement des milieux urbains et sont scolarisés (educated urbanites). Sur cette base, de nombreux segments se dessinent:

  • Les jeunes. Ils sont plus enclins à organiser eux-mêmes leurs voyages d’aventure et pratiquent des sports extrêmes et des activités plus énergiques, comme le kayak de rivière, la descente en rafting, l’héli-ski ou encore la plongée sous-marine.
  • Les baby-boomers. Les participants au London’s Adventure Travel Show 2007 étaient âgés de plus de 40 ans (55%) et de 52 ans et plus (40%). Les plus âgés d’entre eux sont souvent sans enfants à la maison, ont parfois des revenus discrétionnaires élevés, davantage de temps libre et ils désirent voir le monde. Selon l’Adventure Travel Trade Association (ATTA), le segment des baby-boomers enregistre la plus forte croissance.
  • Les familles. Les parents qui ont eux-mêmes réalisé des voyages d’aventure étant plus jeunes souhaitent faire découvrir ce type de voyage à leurs enfants.
  • Les femmes. L’ATTA estime à 52% la proportion de femmes parmi les voyageurs en tourisme d’aventure à travers le monde. L’âge moyen de ces dernières est de 45 ans. Elles sont portées vers l’aventure douce et les voyages comprenant des activités diverses.
  • Les couples en lune de miel. Les nouveaux mariés ne se contentent plus, bien souvent, d’un voyage de noces traditionnel. (Lire aussi: Oui je le veux! Tendances dans le marché des lunes de miel.) Comme ils n’en sont pas à leur premier voyage, et pour souligner cet événement qu’ils veulent mémorable, un nombre grandissant de couples optent pour une destination très exotique ou encore pour un voyage d’aventure. Le plein air et le luxe forment ici une combinaison recherchée.
  • Les voyageurs en solo. Les producteurs de tourisme d’aventure remarquent aussi une croissance des voyageurs seuls, surtout dans le cas des petits groupes guidés.

Et tous ces voyageurs sont généralement prêts à débourser un bon montant pour vivre une expérience mémorable. Ceux qui passent par un voyagiste sont souvent des professionnels qui ont les moyens de se payer des vacances haut de gamme, mais qui préfèrent l’aventure. Et pourquoi pas les deux! (Lire aussi: Le plein air et le luxe font bon ménage!)

Quelques tendances

  • Les courts séjours. On remarque une hausse dans la demande de voyages d’aventure de courte durée. Des week-ends, des séjours de 3 à 4 nuitées, voilà des formules qui gagnent en popularité, soit pour ceux qui veulent s’initier au tourisme d’aventure ou encore pour ceux qui n’ont pas beaucoup de temps.
  • Voyages responsables. Le tourisme d’aventure se pratique en milieu naturel et implique parfois, même souvent, un contact privilégié avec la population locale. C’est souvent ce qui motive le voyageur à choisir ce type de voyage. L’empreinte environnementale et les retombées dans la communauté générées par leur passage préoccupent plus particulièrement ces touristes. Les intervenants en tourisme d’aventure adoptent le virage vert.
  • Plus d’activités extrêmes. Bien qu’il s’agisse d’une petite part du marché, l’aventure extrême prend de l’ampleur. Certaines activités autrefois marginales deviennent de plus en plus courantes. De nouvelles pratiques voient le jour dans le but de répondre à cette soif de sensations fortes des adeptes de sports extrêmes ou encore pour ceux qui sont à la recherche d’expériences inédites. Le canyoning, soit le parcours d’un canyon qui combine des activités comme la randonnée, l’escalade, la nage et la descente en eau vive, ou encore le speedriding, un croisement entre le ski et le parapente, en sont des exemples.
  • Des destinations peu communes. Qui dit aventure dit aussi exploration de nouvelles contrées! Des pays dont on n’entendait peu (ou pas) parler auparavant comme destination touristique incitent maintenant à l’aventure. Les tours opérateurs montent des forfaits se déroulant au Kirghizistan, en Éthiopie, en Libye, au Pakistan ou encore en Arctique et en Antarctique.
  • Aventure et volontarisme. De plus en plus de gens font des voyages dont le but consiste à venir en aide à une communauté ou à encourager la protection d’une espèce animale ou d’un site naturel menacé. Relever un défi sportif, comme l’ascension d’un sommet ou la traversée d’une région à vélo, pour soutenir une cause s’inscrit également dans cette tendance.

Au Québec

Le rapport «Loisir de plein air au Québec: Portrait et enjeux de développement des sentiers et des lieux de pratique», publié en mars 2008 par le Conseil québécois du loisir, regroupe beaucoup de renseignements concernant l’offre dans cette région. On peut y lire, notamment, que le Québec rassemble:

  • 9392 km de sentiers de randonnée pédestre et de raquette,
  • 6300 km de sentiers de ski de fond et de randonnée,
  • environ 3000 km de sentiers de randonnée équestre,
  • 6789 km de voies cyclables,
  • 2300 km de sentiers de vélo de montagne,
  • 38 642 km de voies canotables,
  • 74 sites de plongée sous-marine,
  • 486 cavités de spéléologie,
  • 73 sites d’escalade de rochers,
  • 210 sites d’escalade de glace,
  • et 2,4 millions d’adeptes de plein air.

Le tourisme d’aventure est un secteur en pleine croissance et tout indique que celle-ci devrait se poursuivre. Bien cerner les besoins et les désirs de la clientèle ciblée sans chercher à conquérir tous les segments, bonifier l’offre en conséquence et renforcer le positionnement du tourisme d’aventure au Québec, voilà quelques opportunités à saisir pour tirer profit de cette tendance!

Lire aussi:
Les tendances du tourisme d’aventure.
Portrait du secteur de l’écotourisme au Québec en 2007.

Sources:
– Churchill Carolyn. «Couples Find that Adventure Beats Romance on Honeymoon. Only 10 Percent Opt for Conventional Holiday». The Herald, 5 juin 2008.
– Conseil québécois du loisir. «Loisir de plein air au Québec: Portrait et enjeux de développement des sentiers et des lieux de pratique», mars 2008.
– Mintel. «Adventure Tourism – Europe», Travel & Tourism Analyst, no 8, mai 2008.
– Scott, Megan K. «Trends in Adventure Travel», USA Today, 5 février 2008.

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Segments de clientèles Tendances

Oui, je le veux! Tendances dans le marché des lunes de miel

Il s’agit souvent du voyage le plus important d’une vie. Pas nécessaire d’en dire plus pour comprendre que les amoureux souhaitent vivre une expérience mémorable. Les lunes de miel ont cependant évolué depuis quelques années et s’adaptent au profil des nouveaux mariés: la génération Y. Leurs intérêts sont plus diversifiés que jamais, mais certaines tendances ressortent: aventure, exotisme, variété, romantisme.

Quelques statistiques sur les mariages et les lunes de miel

On le sait, depuis plusieurs années, de plus en plus de Canadiens – les jeunes surtout, mais non exclusivement – délaissent le mariage au profit d’un autre type d’union. Selon Statistique Canada, le pourcentage des familles constituées d’un couple marié par rapport à l’ensemble des familles recensées a chuté à un niveau record de 68,6 % au Canada et à 54,5% au Québec en 2007.

Cela dit, 21 900 mariages ont été célébrés au Québec en 2006 et 149 792 au Canada, soit des taux de nuptialité respectifs de 2,8 et de 4,7 mariages par 1000 habitants. Chez nos voisins du Sud, plus conservateurs, une moyenne de 2,4 millions de couples unissent leur destinée chaque année. En fait, 88% des Américains se marient au moins une fois dans leur vie.

Selon un sondage du magazine Mariages Québec, 62% des mariages ont lieu durant l’été et 60% comportent une cérémonie religieuse. Parmi les nouveaux mariés qui planifient une lune de miel, 74% iront ailleurs qu’au Canada.

Voici quelques statistiques concernant les mariages et les voyages de noces aux États-Unis:

  • Parmi les couples qui se marient traditionnellement, 99% partent en lune de miel.
  • Ils dépensent en moyenne 3700 $ par couple pour le voyage de noces, soit trois fois plus que la moyenne des dépenses en voyage de la population américaine.Les budgets varient: 20% disposeraient de 500$ par personne, comprenant l’avion et l’hôtel, mais 30% iraient jusqu’à 3000$ par personne.
  • La durée moyenne de séjour est de huit jours et 85% n’excèdent pas deux semaines.
  • 37% des Américains font des voyages dans leur pays, alors que 63% en sortent.
  • Les mariages et les lunes de miel se font à toutes les périodes de l’année, quoique l’été soit la plus populaire (par ordre d’importance: juin, août, mai, juillet et septembre).
  • Seulement un homme sur trois aide sa future épouse à organiser le voyage.

La génération Y est en âge de se marier

L’âge moyen des fiancés au Québec est de 29 ans, ce qui correspond à ceux du reste du Canada et des États-Unis. Les individus de la génération Y, nés entre 1978 et 1989, atteignent maintenant cet âge et apportent leurs valeurs à la tradition. Ils sont prêts pour des expériences différentes et désirent aller plus loin, tant en ce qui concerne la destination que les activités. Ces couples qui recherchent de façons inédites de célébrer leur union créent de nouvelles tendances pour l’industrie des voyages de noces. En voici quelques-unes.

Voyages d’aventure pour commencer la grande aventure

L’arrivée massive de la génération Y parmi les nouveaux mariés amène un souffle d’aventure. Ce type de voyage prend petit à petit le dessus sur les autres. Les amoureux recherchent une expérience unique, où ils seront actifs et où ils pratiqueront des activités d’aventure et de plein air. De l’insolite, de l’authentique, des émotions fortes, les amants sont de plus en plus audacieux. Certains seront attirés par des expériences extrêmes, allant du safari en Alaska au kayak de mer au Mexique, mais la plupart préféreront l’aventure douce et les écolodges (où ils auront un toit au-dessus de leur tête et une douche chaude à la fin de la journée). Pour comprendre l’intérêt envers les voyages d’aventure, il suffit de jeter un coup d’œil aux destinations de lune de miel proposées par diverses agences: Pérou, Tanzanie, Madagascar, Mexique, Kenya, Costa Rica, Indonésie, Thaïlande, Malaisie ou Afrique du Sud.

Les forfaits «voyage de noces» de l’agence réceptive Authentik Canada reflètent aussi cette tendance avec ses nombreuses activités de plein air et d’aventure. Et saviez-vous qu’Air Inuit offre une réduction aux jeunes mariés?

Se dire oui les pieds dans le sable

Se marier en voyage – et ainsi combiner la lune de miel – est une pratique de plus en plus répandue. Plusieurs resorts l’ont bien compris et ces voyages représentent une grande part de leur clientèle estivale. Les avantages sont nombreux, en commençant par le fait que les resorts organisent entièrement la cérémonie.

Aux États-Unis, 16% des mariages se font à l’occasion d’un voyage (une augmentation de 400% en 10 ans). Souvent, cela convient bien pour un deuxième mariage où les époux ne souhaitent pas organiser une cérémonie à grand déploiement. La principale destination est le Sud et ses plages, mais les croisières gagnent de plus en plus en popularité (10% des nouveaux mariés).

Urbanité et culture

L’âge moyen des mariés aux États-Unis étant de 29 ans (tout comme au Canada), cela signifie que de plus en plus d’individus se marient plus tard qu’il y a quelques années. Il en résulte une tendance à délaisser légèrement les traditionnelles destinations du Sud au profit de certaines grandes villes qui offrent le cadre romantique recherché, les restaurants haut de gamme et la vie culturelle. À chacun son style: Las Vegas est très populaire, d’autres choisissent Orlando et Disneyland ou encore New York. L’Europe rejoint ceux que la culture et la découverte des Vieux-Pays intéressent, Paris, Rome ou Londres étant des classiques. La force de l’Euro par rapport à plusieurs devises amène aussi à lorgner du côté de l’Europe de l’Est, vers des pays qui ne font pas partie de l’Union européenne. Nos grandes villes québécoises s’insèrent parfaitement dans cette tendance, Montréal et Québec ayant toutes deux leur charme particulier; la dernière a d’ailleurs dédié une campagne publicitaire aux mariages et aux voyages de noces «Oui, je le veux».

Inégalables plages du Sud

Les forfaits tout inclus de la Caraïbe et du Mexique occupent une place très importante depuis plusieurs années déjà et ces endroits demeurent les principales destinations des tourtereaux. La clientèle des voyages de noces compte pour environ 25% de l’achalandage des Superclubs pendant l’été. La chaîne de tout inclus Sandals se spécialise dans les voyages en couple. Les enfants ne sont d’ailleurs pas admis (leur filiale voisine, Beaches, s’adresse spécifiquement aux familles). Pour fidéliser leur précieuse clientèle, ils ont par ailleurs développé une offre spéciale où les couples s’étant mariés dans un de leurs établissements peuvent ensuite bénéficier d’une nuit gratuite à chaque anniversaire de mariage dans un resort de leur réseau, et recréer ainsi la magie de leur lune de miel.

Une lune de miel canadienne?

Pour les Américains, le Canada représente une destination facile d’accès avec une offre variée, dont la romantique ville de Québec, les centres de villégiature situés dans des cadres enchanteurs, sans oublier les auberges de charme. Par exemple L’Auberge Ripplecove & Spa dans les Cantons-de-l’Est fait partie, selon le Hideaways International & Hideaways Aficionado Club, des sept escapades les plus sexy et romantiques au monde. La capitale canadienne des lunes de miel, Niagara Falls, jouit d’une tradition plus que centenaire et attire encore 50 000 nouveaux mariés chaque année.

Enfin, si vous visez ce marché, ne vous cantonnez pas uniquement aux lunes de miel, mais pensez aussi aux voyages pour célébrer les anniversaires de mariages, les fiançailles ou tout autre événement marquant de la vie amoureuse d’un couple.

Sources:

– Beslow Sardone, Susan. «Facts and Statistics about Engagement, Wedding and Honeymoon Events», About.com, 10 octobre 2006.
– Beslow Sardone, Susan. «Top Honeymoon Travel Trends», About.com, 2007.
– Désiront, André. «Quand l’industrie du voyage de noces se marie à celle du voyage», 7 juin 2004.
– Hotel News Resource. «Survey – Honeymoon Trends, Travelocity and Modern Bride Magazine», 3 août 2006.
– Fairchild Bridal Group. «Fairchild Bridal Infobank American Wedding Study», 2002.
– Filliatre, Pascale. «Des lunes de miel tout autour de la terre», L’Échotouristique, 18 janvier 2008.
– Lochhead, Clarence et Robert Glossop. «L’état de nos unions», L’Institut Vanier de la famille, 13 septembre 2007.
– Niagara Falls Tourism. «Fairchild Niagara Falls, Canada Continues to Earn Moniker Honeymoon Capital of the World After Over 200 Years», communiqué de presse, 24 septembre 2007.
– Statistique Canada. «Mariage, par province et territoire», 19 décembre 2007.
– Statistique Canada. «Pleins feux sur les mariages», 29 janvier 2007.

Sur le Web:
www.quebecregion.com
www.airinuit.com
www.authentikcanada.com