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Tendances

Voir grand pour le « micro »

La Chaire de tourisme Transat, en collaboration avec Tourisme Montréal, a dévoilé, le 21 janvier, les sept tendances qui continueront de rythmer l’activité touristique dans les prochaines années. Les conférenciers Paul Arseneault et Pierre Bellerose ont partagé le fruit de leur réflexion afin d’aider les entreprises à amorcer la nouvelle décennie.

 

 

Quand les grands commencent à s’essouffler

Ces dernières années ont vu la montée en force d’entreprises gigantesques, nées du développement de l’internet et des communications mobiles. Les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) de ce monde ne sont pas les seules entreprises à avoir pris de l’ampleur; pensons au nombre incroyable de fusions et d’acquisitions de plusieurs milliards de dollars ayant créé des empires dans pratiquement tous les secteurs de l’économie. Ces géants semblent toutefois de plus en plus contestés, puisqu’ils sont souvent perçus comme de mauvaises entreprises citoyennes.

L’industrie touristique n’est pas épargnée par ce phénomène. Plusieurs grands joueurs sont touchés. Certains mégafestivals connaissent des déboires et sont parfois annulés. Le secteur est aussi touché par la faillite de généralistes d’envergure tels que Thomas Cook. Pourquoi autant de fermetures, alors qu’il n’y a jamais eu autant de touristes?

« Nous avons besoin de beaucoup moins que ce que nous estimons nécessaire. » Maya Angelou, écrivaine, actrice et militante américaine

La recherche de biens et de services toujours plus personnalisés, d’expériences plus individuelles et gratifiantes explique peut-être que l’on soit à l’ère de la méfiance et du désintérêt pour tout ce qui semble trop grand, trop gros, trop connu ou trop ordinaire.

En contrepartie, les microvacances, les minimaisons, les microboutiques, les microévénements et les micromusées — tout ce qui est rare, unique et marginal — semblent avoir le vent dans les voiles, particulièrement auprès des millénariaux.

La tendance au « micro »

Dans cette perspective, il y a un retour aux activités et aux événements plus petits, nichés, courts dans le temps et davantage en phase avec les nouvelles valeurs des voyageurs et les réalités des destinations.

Les microfestivals

Une foule de microfestivals gagnent en popularité et se présentent souvent comme l’antithèse de gros événements coûteux, surpeuplés et aux programmes quasi identiques d’une ville à l’autre. Les microfestivals se démarquent sur plusieurs points. En plus de divertir et d’animer un territoire, ces petits événements créent des liens sociaux et mettent en valeur l’essence même d’une communauté. Localisés dans de plus petites villes ou dans des quartiers excentrés de plus grosses agglomérations, ils incitent les visiteurs à sortir des centres-villes et à désengorger les places habituellement surchargées par la tenue de grands événements. La Noce à Chicoutimi et le Festival international de Jazz à Verdun en sont quelques exemples.

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Source : Pexels

Les micromusées

Que ce soit pour rapprocher l’art des citoyens, pour démocratiser l’accès aux œuvres de grands musées nationaux par le numérique (les Micro-folies) ou pour inciter la population à exposer et à partager un objet en relation avec un thème choisi, durant quelques heures (pop-up museum), les micromusées ont la particularité d’être modulables, temporaires et ludiques, et de provoquer les rencontres et les échanges.

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Source : Micro-folies Sevran

Les microaventures – microséjours – microvacances

Les microvacances se définissent comme un voyage d’agrément de moins de cinq nuits. Elles se planifient moins de six jours à l’avance (50 % des réservations) et à partir d’un appareil mobile (pour plus de deux personnes sur cinq), selon Expedia.

Les gens, surtout les millénariaux, ont moins de temps libre ou moins de vacances. Toujours d’après Expedia, 54 % des Canadiens se sont privés de congés en 2018.

Pour ceux qui sont dans l’impossibilité de prendre de longues vacances, les microaventures ou les microséjours permettent :

  • D’insérer des temps de loisirs dans l’agenda chargé du travail, lorsque cela est possible;
  • D’optimiser les journées de congé;
  • De rompre plus facilement avec le quotidien;
  • De voyager plus souvent et de visiter plus de destinations.

Ces vacances peuvent aussi bien être un séjour à la plage, une pause bien-être ou une activité de randonnée comme celles proposées par la compagnie Chilowé, qui se spécialise en microaventures, en France.

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Source : Chilowé

Microattention = microciblage = créneau

La tendance micro se heurte aussi à la très petite capacité d’attention des humains, dont la durée moyenne est de 8 secondes. Comment joindre les clientèles dans ces conditions?

  • En révisant nos modèles de segmentation pour passer d’un découpage géographique à une segmentation basée sur les champs d’intérêt et les passions, ce qui risque d’attirer la clientèle cible et de mieux retenir son attention.
  • En utilisant des médias et des micro-influenceurs qui se spécialisent dans une niche précise d’activités et dont l’approche est plus personnalisée, pour toucher une communauté plus engagée.

Vers une démondialisation?

C’est le retour du local et d’une plus grande sensibilité envers ce qui est proche de nous et à notre échelle, malgré les technologies, la rapidité des choses et la facilité de communication. Notre quartier, notre village plutôt que les pays qui autrefois faisaient rêver? À suivre avec attention en 2020!

Pour connaître l’ensemble des tendances et trouver du contenu supplémentaire, nous vous invitons à consulter le livre blanc Tendances touristiques 2020 : paradoxes et transformations en cliquant ici.

 

Source de l’image à la une : Pexels

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Hébergement

SWEETS hotel redonne vie au patrimoine industriel

Autrefois utilisées par les personnes responsables de lever des ponts sur les canaux d’Amsterdam, les maisonnettes de pont (bridge house) n’avaient plus leur raison d’être depuis la centralisation des systèmes de contrôle. Ces structures sont aujourd’hui transformées en suites d’hôtel grâce aux travaux initiés par une firme d’architectes et d’un partenaire hôtelier, 

 

Ces petites habitations d’inspiration architecturale diverse ont été construites à différentes époques. La plus ancienne date de 1673 et la dernière, de 2009. Elles sont situées dans différents quartiers de la ville, chaque chambre possède ainsi sa propre histoire.

 

Comme il n’y a pas de réception, les clients réservent leur suite sur le site Web de l’hôtel et se procurent la clé par l’entremise d’une application mobile.

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Source : © SWEETS hotel / Mirjam Bleeker

 

Ce petit établissement de 28 chambres permet de réaffirmer la place prépondérante qu’occupe l’eau et les canaux dans l’histoire d’Amsterdam. Il donne une seconde vie à ce patrimoine et offre une expérience riche et unique aux visiteurs. De plus, le SWEETS hotel contribue à maximiser l’utilisation des espaces urbains de grande valeur.

 

Image à la une :© SWEETS hotel / Mirjam Bleeker

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Destinations Marketing

Un séjour de volontariat pour promouvoir son village

Depuis peu, ce géant de l’hébergement collaboratif met sur pied des séjours de volontariat offrant des occasions de voyages uniques à quiconque veut s’y inscrire. À vocation sociale ou environnementale, ceux-ci réunissent des volontaires afin de répondre à un objectif précis. Ils peuvent s’échelonner sur une durée d’un à trois mois.

À la suite de l’exode des populations des régions vers les grandes villes, divers villages à travers le monde ont été délaissés. Dans le but de revigorer le village de Grottole, dans le sud de l’Italie, Airbnb et l’organisation Wonder Grottole ont choisi cinq candidats pour y vivre et pour travailler sur le développement d’une offre touristique distincte, comprenant l’apiculture.

Cette collaboration avec un organisme local a permis à Airbnb de bien comprendre les besoins de la population et de mieux y répondre. Les diverses compétences des volontaires ont pu également être mises à profit, afin d’optimiser les résultats. Par exemple, Remo, un professeur d’anglais, a donné quelques leçons aux villageois afin qu’ils puissent mieux communiquer avec les touristes.

Les participants ont été choisis parmi plus de 280 000 candidats. Cette initiative a donc pu répondre au second objectif, soit attirer l’attention des différents médias et du public sur ce village pittoresque, et ce, avant même qu’elle ne débute. Durant le séjour, les journaux ont également souligné l’offre touristique que Grottole a à offrir. Le maire de la Ville a même mentionné que s’il avait investi 100 000 euros en marketing, ce village n’aurait pas pu obtenir autant de visibilité qu’avec ce projet de volontariat.

Il s’agit d’une expérience unique pour les participants qui, le temps de leur séjour, ont vécu comme les résidents, ainsi que pour ces derniers qui sont désormais prêts à accueillir des touristes en quête d’authenticité.

Avez-vous déjà pensé à créer un programme de volontariat afin de redonner vie à votre village en impliquant des touristes?

Comment pourriez-vous faire participer les touristes à la promotion de votre ville?

 

Source de l’image à la une : Kai, Pexels

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Technologies

Visiteur cherche œuvres d’art captivantes

À l’automne 2018, lorsque le High Museum of Art a revu l’organisation de ses installations, deux responsables se sont questionnés sur l’apport des technologies intelligentes à l’expérience des visiteurs. Plus précisément, ils souhaitaient trouver un moyen de présenter la diversité des œuvres du musée, une solution qui permettrait à chacun de se créer un parcours sur mesure et qui collecterait des données à propos des préférences du public. L’objectif : augmenter l’engagement des visiteurs envers leur institution muséale.

Plusieurs employés possédant diverses expertises ont été interpellés par le projet. Après avoir pris en compte les positions de chacun, les deux responsables en sont venus à la conclusion que la nouvelle application devait être en mesure de répondre à la question la plus souvent posée par les visiteurs, à savoir : qu’y a-t-il d’intéressant à voir au musée? Aussi simple soit-elle, cette question en entraîne inévitablement une autre : quel type d’art aimez-vous? En répondant à cette dernière, il devient aisé d’élaborer des propositions qui rendent l’expérience au musée beaucoup plus agréable.

L’application Heartmatch permet donc aux amateurs d’art de distinguer ce qu’ils aiment de ce qu’ils n’aiment pas. Tout comme l’application du site de rencontre Tinder, l’utilisateur accède à des photos et indique ses préférences par un simple glissement de doigt (voir la vidéo ci-bas). Une fois qu’il a choisi ses coups de cœur, ceux-ci se retrouvent sur un plan virtuel du musée et créent un parcours entièrement personnalisé.

Source vidéo : https://vimeo.com/315962478

Après quelques essais, l’équipe a décidé d’inclure cent œuvres d’art à l’application. Les utilisateurs ont ainsi un bon aperçu de la diversité offerte au musée. Quant aux responsables, ils possèdent maintenant un outil qui repère et enregistre les préférences des visiteurs.

 

Source image à la une : Snow White de Pexels

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Produits et activités

Le bibliotourisme à la page

Les bibliothèques : joyaux du patrimoine architectural

Les bibliothèques changent; elles revoient non seulement leur gamme de services offerts, mais également leur design afin d’en faire des lieux inspirants, où la population a envie de passer du temps. Il n’est plus rare de voir des bibliothèques devenir de véritables ouvrages d’art qui se démarquent dans le paysage urbain. La bibliothèque Oodi, à Helsinki en Finlande, en est un bon exemple. Visitée par des gens de partout dans le monde, elle a reçu son millionième visiteur à peine trois mois après son ouverture. Au moment d’écrire cette analyse, l’endroit figurait au premier rang des activités à faire dans la métropole scandinave sur TripAdvisor et le mot-clic #oodi faisait l’objet de près de 25 000 publications sur Instagram.

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Source de l’image : Bibliothèque Oodi, par Kuvio

Alors que certaines de ces constructions émergent d’un canevas blanc, d’autres contribuent à la valorisation et à la revitalisation du patrimoine industriel ou religieux d’une ville. C’est le cas de la bibliothèque Monique-Corriveau, à Québec, qui est installée au cœur d’une ancienne église. La Bibliotheek LocHal, à Tilburg aux Pays-Bas, a, quant à elle, trouvé résidence dans un ancien hangar à locomotives.

Source de la vidéo : YouTube

Au-delà de l’architecture, des services indispensables aux voyageurs

Il y a une dizaine d’années, l’arrivée du commerce en ligne et des livres électroniques a remis en question le rôle des bibliothèques. De façon générale, celles-ci ont bien su se réinventer. Ne se contentant plus de prêter des documents, elles intègrent maintenant une grande variété de services et d’espaces. Terrasse sur le toit, jardins, bibliothèque de semences, prêt d’instruments de musique et de jeux, accès à l’internet sans fil, bornes de recharge, ordinateurs et imprimantes font maintenant partie de l’offre de plusieurs d’entre elles. Ces services destinés d’abord à la population peuvent s’avérer très utiles pour les touristes de passage dans une ville. La Ville de La Haye, aux Pays-Bas, a ajouté une vocation supplémentaire à sa bibliothèque centrale en y intégrant un bureau d’informations touristiques. D’autres établissements très réputés comme la New York Public Library, la Carnegie Library of Pittsburgh et la Trinity College Dublin Library ont même jusqu’à offrir des visites guidées de leurs installations.

Source de la vidéo : YouTube

Vecteur d’authenticité

Pendant leurs voyages, les touristes sont en perpétuelle quête d’authenticité. Ils veulent ralentir le rythme, rencontrer la population locale et vivre comme elle. Le bibliotourisme s’inscrit bien dans cette tendance, puisque les bibliothèques sont principalement fréquentées par les résidents et sont des lieux favorables aux échanges et à la culture. La Maison de la littérature, à Québec, ainsi que la Grande Bibliothèque, à Montréal, sont deux endroits à l’architecture notoire, qui présentent également de riches programmations culturelles.

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Source de l’image : Wikimedia Commons, Didi L. G.

La mise en valeur des bibliothèques peut vraisemblablement représenter une occasion pour les municipalités de bonifier leur offre touristique. Votre région dispose d’une belle bibliothèque? Pourquoi ne pas la mettre de l’avant dans votre promotion touristique?

Image à la une : Pexel, mentatdgt

 

 

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Marchés géographiques

Quels types de voyages font les Américains et les Français?

En avril 2019, la Chaire de tourisme Transat a réalisé un sondage auprès de 1609 voyageurs venant de la France et du Nord-Est des États-Unis. Afin d’obtenir un profil de ces marchés touristiques prioritaires pour le Québec, la Chaire leur a demandé, entre autres, quels types de voyages ils avaient réalisés au cours des deux dernières années. Voici les principaux résultats.

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Image à la une : Snapshap.io

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Destinations Marketing

Mobiliser son territoire autour des arts et de la culture

Lors du 32e colloque du réseau Les Arts et la Ville, Geneviève Aubry et Pascale Charlebois, consultantes pour Tourisme Abitibi-Témiscamingue – Culturat, ont présenté la mise en œuvre et l’évolution de la démarche Culturat, avec ses bons coups, ses erreurs et ses impacts sur son milieu.

Culturat en bref

Portée par l’organisation de gestion de destination, Culturat est, depuis 2012, « une démarche de mobilisation citoyenne qui vise à faire de l’Abitibi-Témiscamingue un territoire créatif et accueillant en misant sur la culture comme source d’action, de fierté et de rapprochement ». Devant l’enthousiasme de tous les milieux, la démarche a dépassé le cadre du tourisme culturel pour devenir un projet de société touchant de nombreux secteurs de la communauté.

La mobilisation de la population s’avère indispensable au succès de Culturat. Un argumentaire développé pour chacun des publics visés a permis de les motiver à se joindre au mouvement. Pour soutenir la démarche, de nombreux outils de communication furent adaptés selon les clientèles ciblées (citoyens, municipalités, écoles, communautés autochtones, artistes, milieu culturel et entreprises).

Plusieurs résultats positifs découlent de la démarche. Par exemple :

  • Les entreprises soutiennent davantage le milieu culturel;
  • On remarque une plus grande ouverture à la nation anicinabek et une meilleure connaissance de celle-ci. D’ailleurs, ses activités gagnent en popularité auprès des non-autochtones;
  • Les écoles ont réalisé plus de 250 projets. La présence des artistes est accrue et les enseignants deviennent des passeurs culturels.

À ce jour, 62 municipalités, 7 conseils de bande et 17 organismes de développement ont signé la charte de participation à Culturat. La vidéo suivante présente le bilan du projet.

Source : YouTube

Les facteurs de succès

Fortes de leur expérience, Mmes Aubry et Charlebois relèvent certains éléments essentiels pour qu’une démarche de mobilisation citoyenne comme Culturat soit un succès.

Des ressources humaines dévouées

Le succès d’un projet d’une telle envergure ne peut se réaliser sans le travail consciencieux d’une équipe passionnée. Celle-ci doit rapidement se trouver sur le terrain afin de prendre contact avec les divers publics et de sillonner le territoire pour diffuser et répéter le message du projet. À cela s’ajoute du personnel pour développer une solide stratégie de communication.

Des partenaires médias

Les médias contribuent à la mobilisation de l’ensemble de la région et à la diffusion du contenu. Dans le cas de Culturat, les partenariats ont permis d’obtenir des ententes de diffusion d’une valeur de 200 000 $ annuellement. Plus d’une centaine de capsules vidéo ont été diffusées, depuis 2014, à la télévision (TVA), à la radio et sur le Web. L’une d’entre elles souligne d’ailleurs l’engagement de partenaires télévisuels. La voici :

Source : YouTube

Des appuis politiques

L’appui des municipalités et des conseils de bande fut important pour la réussite de la démarche. Les villes et les villages de la région ont investi plusieurs centaines de milliers de dollars au cours des années pour des projets issus de Culturat. Une meilleure solidarité entre eux en a découlé.

Du réseautage

L’insertion de Culturat dans divers réseaux nationaux et internationaux s’avère très bénéfique. Le rayonnement et la crédibilité des projets s’en trouvent grandement augmentés. Que ce soit l’UNESCO, Cités et Gouvernements Locaux Unis ou Creative City Network, toutes ces organisations sont des sources d’apprentissages, de rencontres et de partenariats. Elles constituent également des leviers de reconnaissance et de motivation.

Que pouvons-nous tirer de cette expérience?

Les conférencières ont fait plusieurs constats et apprentissages pendant la démarche Culturat. De cette réflexion, elles proposent cinq éléments clés à retenir.

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Source : Réseau de veille en tourisme

  1. Affirmer le droit à l’erreur

Chaque cas est unique. La mobilisation et l’innovation n’ont pas de formule préétablie. Il s’avère essentiel d’expérimenter et, par le fait même, de prendre des risques afin de trouver la meilleure solution. Dans tous les cas, une organisation doit se donner le droit à l’erreur. En retour, il faut qu’elle soit humble et à l’écoute. C’est une excellente occasion d’apprendre et de s’améliorer.

  1. Adapter son discours

Être à l’écoute des personnes que l’on désire mobiliser et utiliser leur vocabulaire augmente les chances de les joindre et de les faire participer. Il faut éviter les discours génériques. Par exemple, le milieu des arts se sent interpellé par la culture si l’on parle d’émotions, alors que les entreprises le sont davantage si l’on aborde l’impact sur les employés.

  1. Valoriser l’action et l’engagement

La mobilisation devient très efficace lorsque l’engagement des personnes ainsi que les actions et les projets sont mis de l’avant. Stimuler la fierté et les bonnes idées en présentant les initiatives. À l’inverse, le manque de valorisation et de reconnaissance s’avère un frein important.

  1. S’inspirer du désir d’action des milieux

Il est primordial de collaborer avec les milieux où se réalisent les projets et de les écouter. En s’associant aux agents de changement ainsi qu’aux leaders, il est plus facile de transmettre le message. Rien ne sert d’imposer des idées. Il faut plutôt apporter le soutien pour les faire émerger et l’aide aux personnes qui ont une réelle volonté de travailler sur le projet.

  1. Adapter les stratégies et les appels à l’action

Pour convaincre vos publics cibles, déterminez — avant de communiquer avec eux — ce qu’ils auraient à gagner en participant au projet. Si certaines stratégies ne fonctionnent pas, il ne faut pas hésiter à les modifier. Une démarche qui perdure fait face à plusieurs changements politiques, culturels ou sociaux. Elle doit évoluer.

L’avenir de Culturat

Cette démarche constitue un bel exemple de mobilisation citoyenne et de promotion d’une région par les arts, la culture et son identité. Le projet recevra une reconnaissance internationale et rayonnera encore davantage, puisqu’il deviendra bientôt le 14e leader à la Commission culture de Cités et Gouvernements Locaux Unis. Il s’agit d’un programme, où des villes ou des territoires tels que Buenos Aires, Rome et Bilbao sont reconnus pour leur expérience dans le développement durable de la culture.

Installé sur des bases solides, Culturat se renouvelle. Dans les prochaines années, les nouveaux chantiers porteront davantage sur l’aménagement culturel du territoire, les démarches participatives, l’inclusion et la diversité, et l’environnement. À suivre!

  

Source de l’image à la une : Pixabay

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Marketing

Les contes de Terre-Neuve-et-Labrador, une histoire de storytelling

En janvier dernier, l’organisme de gestion de la destination (OGD) Terre-Neuve-et-Labrador a lancé une campagne publicitaire axée sur le storytelling. Raconter des histoires fait partie du lot quotidien des habitants de ce territoire. Qu’il s’agisse de récits de pêche, de légendes, de coutumes ou de contes, le folklore local permet de faire découvrir les lieux de façon poétique.

Pour cette campagne, l’OGD publie des histoires en formats audio et vidéo. Le ton employé invite à prendre une pause, à réduire la cadence. Il propose à l’internaute une interruption, une possibilité de reprendre son souffle et d’entrer dans un monde où le temps possède une autre résonance. Certaines de ces histoires sont racontées par des résidents; d’autres, par des narrateurs. En voici un exemple ci-dessous.

Vidéo : YouTube

Il s’agit d’une façon efficace d’illustrer l’esprit qui règne à destination. Les vidéos sont partagées sur le microsite Web de Newfoundland Labrador, intitulé Tall, True & Tangled.

 

Image à la une : Newfoundland & Labrador Tourism

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Produits et activités

L’art de valoriser les régions par les murales

Voilà bientôt un an, Travel Oregon lançait une vidéo pour appuyer la campagne marketing Only Slightly Exaggerated. Elle se caractérisait par son originalité et son animation de type manga. Fort de son succès, l’OGD amène sur un autre terrain l’extravagance de sa campagne. Les images fantastiques prennent désormais vie à travers un sentier de murales.

La Oregon Mural Trail comporte sept fresques peintes à la main réparties dans autant de villes (voir l’image ci-dessous). Les images représentent des séquences de la vidéo de la campagne marketing. Les responsables du projet espèrent inciter les habitants et les voyageurs à parcourir les régions rurales de l’État et à découvrir leurs merveilles. Le sentier de murales se veut également un vecteur de fierté pour les communautés et un outil pour contribuer à leur développement artistique et culturel.

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Source : Travel Oregon

Les villes choisies devaient avoir réussi le programme du Rural Tourism Studio de Travel Oregon. Il s’agit d’une formation pour aider les communautés rurales à développer et offrir des expériences de qualité aux voyageurs. Dans le cas de la ville de Dalles, plusieurs projets, dont un sentier gastronomique et un podcast sur le patrimoine culturel de la région furent créés. La vidéo suivante présente les étapes de la conception de leur murale.

Source : YouTube

La culture et les arts apportent plusieurs bénéfices aux communautés rurales. En plus d’augmenter la qualité de vie des citoyens, ils contribuent à l’attractivité touristique de leur territoire. Il s’agit d’une façon de se démarquer et de valoriser les ressources locales. Une idée pour nos régions ?

 

Source de l’image à la une : YouTube

 

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Marketing Produits et activités

Les rencontres, au cœur du développement culturel

L’offre culturelle constitue un atout majeur pour les villes. C’est une voie de développement et d’attractivité qui génère un sentiment de fierté dans les communautés et enrichit les milieux de vie.

La vitalité culturelle d’une ville ou d’un territoire découle des rencontres qu’elle provoque. Elle l’est également par des rencontres où émergent très souvent de nouvelles idées. Dans ce contexte, il s’avère intéressant de s’interroger sur les manières de créer et de favoriser les occasions de rencontre.

Lors du 32e colloque du réseau Les Arts et la Ville (5-6-7 juin 2019), plusieurs intervenants ont présenté des initiatives inspirantes ; en voici quelques-unes.

Utiliser la médiation culturelle

Selon l’organisme québécois Culture pour tous, la médiation culturelle : « désigne le processus de mise en relation entre les sphères culturelles et sociales, la construction de nouveaux liens entre politique, culture et espace public. Elle chapeaute un vaste ensemble de pratiques allant des actions de développement des publics à l’art participatif et communautaire. Ultimement, elle vise à faire de chaque personne, visiteur ou spectateur, un véritable acteur culturel ». La médiation crée des lieux de rencontre entre les artistes et les citoyens où l’échange interpersonnel, l’apprentissage et l’engagement sont promus. Elle permet aux citoyens de tisser des liens avec leur environnement, de développer un fort sentiment d’appartenance et de devenir les meilleurs ambassadeurs de leur milieu.

Elle permet aux citoyens de tisser des liens avec leur environnement, de développer un fort sentiment d’appartenance et de devenir les meilleurs ambassadeurs de leur milieu.

La ville de Vaudreuil-Dorion se démarque par son dynamisme et ses projets en médiation culturelle. Il s’agit de la seule municipalité nord-américaine nommée « Ville leader » par le regroupement international Cités et gouvernements locaux unis, organisme qui gère l’Agenda 21. Pour faire face au boom démographique et ethnique, la ville a misé sur la médiation culturelle pour rapprocher les citoyens de toutes les origines avec le projet « Je suis… ». La culture a permis de développer un sentiment d’appartenance et de favoriser les rencontres. Plus de 20 000 résidents participent annuellement aux activités mises en place. La vidéo suivante explique l’ensemble de leur démarche.

Source : YouTube

Forte de son succès et de son expérience du projet « Je suis… », la Ville a publié en juin 2019 le livre Et si on se rencontrait ! La médiation culturelle — le modèle de Vaudreuil-Dorion. Il s’agit d’un guide et d’un portrait de la ville qui a misé sur la culture comme outil de rassemblement. L’ouvrage est disponible en version électronique.

Créer des espaces de rencontres

Qu’ils soient mis sur pied par des municipalités, par des associations ou par des artistes, plusieurs projets d’espace public voient le jour. Leur aménagement permet à des lieux de devenir des cadres significatifs d’échanges et de rencontres.

La Ville de Montréal s’est dotée en 2015, d’un Programme d’implantation de rues piétonnes et partagées, pour venir en aide aux arrondissements dans la mise en œuvre d’initiatives variées de partage de la rue, de réaménagement, d’embellissement, de verdissement et d’animation du domaine public. Plus de 50 rues participent à ce programme. Pour Marie-Hélène Armand, conseillère en aménagement du Service de l’urbanisme et de la mobilité de la Ville de Montréal, certaines conditions doivent être respectées pour garantir le succès de ce type de projet, notamment :

  • Développer un design de qualité à la jonction de l’approche éphémère et de la durabilité pour les quatre saisons ;
  • Prendre des risques au profit de l’innovation ;
  • Établir des partenariats avec les acteurs locaux et universitaires ;

De son côté, le maire de Saint-Camille, Philippe Pagé, estime que les lieux culturels permettent aux différents groupes du village de se rencontrer et de parvenir ainsi à une meilleure compréhension de l’autre et au maintien d’un équilibre social. De ces espaces d’échanges, tels que le centre culturel Le petit bonheur, émergent de nombreuses idées.

Cette municipalité rurale est d’ailleurs particulièrement innovante, entre autres, grâce à son projet Destination Saint-Camille. L’église, reconvertie en salle multifonctionnelle, accueille des évènements de petite et moyenne envergure. La coopérative responsable regroupe plusieurs entreprises de la région et s’occupe de la gestion et de la promotion des congrès, des colloques et des formations. La vidéo suivante explique davantage le concept.

Source : Destination St-Camille

Favoriser la participation citoyenne

Les citoyens ne veulent plus recevoir la culture comme des spectateurs, ils désirent en devenir des acteurs. Selon Antoine Guibert, expert international pour l’implantation de l’Agenda 21 de la culture, les élus doivent en tenir compte dans la conception et l’orientation de leurs projets. Leur durabilité et leur efficacité seront beaucoup plus grandes s’ils correspondent aux besoins de la population. Alors, pourquoi ne pas leur demander leur avis ? Par exemple, les municipalités peuvent mettre en place un budget participatif. Il s’agit d’une démarche qui implique les citoyens dans les décisions budgétaires de leur ville. La population vote pour des projets soumis par leurs concitoyens. Le conseil municipal s’engage à les réaliser durant l’année suivante.

À l’international : le cas de Lyon

La culture a évolué depuis les 20 dernières années sur le territoire de Lyon. Une Charte de coopération culturelle  a été créée. Il s’agit d’un texte rassemblant les engagements d’établissements (opéra, théâtres, musées, etc.) voulant contribuer, de manière durable, à vie culturelle du territoire et de ses habitants.

D’après Marc Villarubias, responsable de la mission coopération culturelle à la Direction des affaires culturelles de la Ville de Lyon, plusieurs éléments s’avèrent essentiels pour favoriser la vitalité culturelle d’un territoire :

  • La coopération entre les divers acteurs de la ville afin de mettre leurs compétences et leurs expertises à profit ;
  • La collecte et le partage des données pour connaître et comprendre les enjeux (culturels, sociaux, architecturaux, etc.) du territoire ;
  • La médiation pour aider à la compréhension des projets ;
  • Les espaces de travail et de collaboration pour favoriser les rencontres et l’émergence des idées.

En plus d’être bénéfique pour les communautés, la culture constitue un élément d’attractivité pour les voyageurs. Un territoire avec une vitalité et un dynamisme culturel forts contribue à rendre l’expérience touristique québécoise unique et authentique.

 

Source de l’image à la une : Pexels