Catégories
Tourisme durable

Le développement durable, il faut le faire pour les bonnes raisons! (Compte rendu de conférences)

Les entreprises sont condamnées à prendre le virage durable. Le développement durable (DD) est inéluctable parce que la planète l’exige, les clients l’exigent, les employés l’exigent et, de plus en plus, les bailleurs de fonds et les entreprises elles-mêmes l’exigeront de leurs partenaires. Même les destinations se mettent de la partie et souhaitent miser sur une étiquette verte. Et en plus… nous sommes tous capables!

ML_2009-01_congres_DD_conf_img1À l’occasion du Congrès 2008 des festivals, événements et attractions touristiques, les différents conférenciers ont présenté les multiples facettes et enjeux du développement durable.

Les planètes sont alignées!

L’économie sociale se développe. Le greenwashing est dénoncé. Le commerce équitable a la cote. La responsabilité sociale de l’entreprise (RSE) est le sujet de l’heure. Des compagnies se disent carboneutres. Le métier d’écoconseiller possède un brillant avenir. La sensibilisation des entreprises au DD s’intensifie et plusieurs sentent l’urgence d’agir.

Mais le DD, c’est beaucoup plus que le recyclage et l’écotourisme. Il est de trois ordres: économique, social et environnemental. Il s’applique à toutes les formes de tourisme et à toutes les destinations.

ML_2009-01_congres_DD_conf_img2

Parce que la planète en a besoin

Pierre-Marc Johnson souligne que nos façons de faire actuelles ne tiennent plus la route: en 2050, la population mondiale devrait atteindre 9 milliards d’habitants et il faudra alors deux ou trois planètes pour supporter notre rythme de croissance et de consommation. Les statistiques alarmantes s’accumulent: toutes les trois secondes, un enfant meurt à cause de la pauvreté; depuis la dernière guerre mondiale, la terre a perdu 40% de sa biodiversité; 18% des réserves de poissons sont surexploitées et 47% ont atteint leur niveau de saturation; surconsommation d’eau, dégradation des sols, pollution…

Parce que le consommateur l’exige

La pression sociale pousse les entreprises à changer, à agir (lire aussi: Le consommateur éthique, du vert foncé au vert pâle).

Un hôtelier propose de réutiliser les serviettes? Bravo! Le client se dira qu’il essaie de sauver de l’argent et il voudra en connaître davantage sur le sérieux de la démarche environnementale de l’établissement avant de lui accorder une étoile verte et sa confiance.

Sylvain Morisset, de Morisset Événements inc., gère une entreprise qui offre la location de parcs de jeux et d’activités pour toute la famille. Ses équipements sont fabriqués à partir de matériaux recyclés et ne génèrent pas de pollution à l’installation et à l’opération. M. Morisset mentionnait que, dans les années 1990, l’utilisation de matières recyclées aurait été qualifiée de cheap, alors qu’aujourd’hui c’est l’inverse. Les gens apprécient l’initiative et la trouvent très sensée.

Même s’il ne fait aucun doute que le DD doit s’appliquer au tourisme, la demande actuelle en la matière est difficile à évaluer. Malgré les nombreuses statistiques citées, la plupart des données présentent seulement des preuves anecdotiques, puisque le comportement du voyageur recoupe plusieurs dimensions telles que la façon de voyager, le choix du type de produits et de services, le prix à débourser et la sélection d’une entreprise responsable.

Parce que cela comporte des avantages pour l’entreprise

Selon Emmanuelle Gehin, écostratège et présidente d’Ozone, l’entreprise peut retirer certains bénéfices de l’adoption d’un comportement responsable:

  • attirer une clientèle sensible à la démarche;
  • gagner la confiance des bailleurs de fonds et entraîner de nouveaux commanditaires;
  • renforcer son image de marque et sa notoriété;
  • accroître son leadership sur le marché;
  • profiter d’un avantage concurrentiel;
  • rehausser le sentiment de fierté des employés;
  • faciliter le recrutement de la main-d’œuvre;
  • développer une meilleure relation avec d’autres intervenants – gouvernements, population locale, partenaires, fournisseurs, bénévoles.

Un nombre grandissant d’entreprises établissent des politiques de développement durable et des critères de sélection à l’égard de leurs fournisseurs. Par conséquent, adopter un comportement responsable, c’est obtenir une longueur d’avance sur la compétition et devenir une entreprise avec qui clients et partenaires veulent faire des affaires.

Parce que nous sommes tous capables

«Faire du développement durable, c’est valorisant et c’est l’fun», mentionnait Sylvain Morisset. Nous sommes tous capables. C’est comme offrir un cadeau. Cela nous donne la possibilité de jouer avec l’environnement et de retirer une fierté à trouver des solutions.

Faire du développement durable, c’est une loi… une loi du futur, du gros bon sens, de la nature! Après tout, nous n’avons qu’une seule planète!

Quand commence-t-on?

Le développement durable (DD) devrait rythmer l’évolution et la dynamique de tout ce qui bouge sur terre. On ne le fait pas de prime abord parce que c’est payant, mais plutôt parce que cela interpelle les valeurs mêmes de l’entreprise, celles qu’un gestionnaire doit intégrer. Il faut être convaincu!

Même si, pour le moment, planète, clients, employés, bailleurs de fonds, partenaires et destinations réclament ce virage de façon inégale et parfois chaotique, il faut tout de suite faire partie de la chaîne et surtout ne pas la briser. Ne vous inquiétez pas, cela n’a rien de pyramidal ni d’illégal!

De bonnes nouvelles… c’est moins compliqué qu’il n’y paraît et vous n’êtes pas seul.

À lire prochainement: Une fois que l’on a compris que l’avenir est à ceux qui sauront montrer «patte verte»…

Lire aussi: Virage vert: certains mythes ont la vie dure

Sources :
Congrès 2008 des festivals, événements et attractions touristiques. «Gérer pour durer», Québec, 19 au 21 novembre 2008.
– Arseneault, Paul. «Est-ce payant d’être socialement responsable ?».
– Durand, Luc. «Qui est le consommateur éthique?».
– Gehin, Emmanuelle. «Comment communiquer le développement durable».
– Johnson, Pierre-Marc. «En quoi le développement durable vous concerne».
– Morisset, Sylvain. «Pourquoi je fais du développement durable».

Catégories
Hébergement

Le Far West de la classification et la guerre des étoiles!

Étoile, diamant, soleil, rond, carré, cote «plus», index de popularité… la classification traditionnelle dans l’hébergement se fait bousculer. L’hôtel  cinq étoiles ne représente plus l’expérience ultime du luxe alors que le Burj Al-Arab à Dubaï se targue d’être un sept étoiles. En raison de leur lourdeur, les systèmes de classification, bien que garants de l’uniformité et de la qualité de l’hébergement, peinent à suivre l’évolution de l’offre et de la demande. Le client s’en mêle et, par le biais de sites comme TripAdvisor, il élève des établissements inconnus au rang de star. Non, la classification n’est pas un long fleuve tranquille!

Ils veulent tous avoir la «cote»…

Des pays en ont, plusieurs n’en ont pas, certains se réajustent, d’autres se lancent dans l’aventure. Même si l’instauration d’un système de classification universel refait périodiquement surface, et ce, afin de faciliter la comparaison, il semble que les disparités régionales des standards et de la qualité des services en font une utopie.

Réponse à l’évolution des attentes des clients, exercice de modernisation, mise à niveau aux standards internationaux, les systèmes de classification essaient de s’ajuster tant bien que mal.

La France réforme actuellement son classement hôtelier. Plus de 300 critères évalueront les équipements, les services au client, l’accessibilité, le développement durable. Elle y introduit des critères de qualité, et une des grandes avancées sera la création de la cinquième étoile. Le classement reste toutefois volontaire.

Quant à l’Italie, elle vient tout juste de se lancer dans cette grande aventure en se dotant de règles et de standards pour établir un système de classification allant de une à cinq étoiles. De leur côté, les régions peuvent y ajouter leurs propres critères d’évaluation.

Au Québec, la Corporation de l’industrie touristique du Québec (CITQ) a annoncé une modification à son programme de classification de l’hébergement. À compter de janvier 2009, les résidences de tourisme, les centres de vacances, les villages d’accueil, les auberges de jeunesse et les établissements d’enseignement seront classés selon une échelle de zéro à cinq étoiles. À l’heure actuelle, les trois premiers sont évalués selon une échelle de zéro à quatre étoiles, et les deux autres, selon une échelle de zéro à trois étoiles. Les établissements hôteliers continuent d’être classifiés selon une échelle de zéro à cinq étoiles, et les gîtes, de zéro à cinq soleils.

Lorsqu’il n’y a pas de système de classification officiel dans un pays ou dans une région, comme c’est le cas dans les Caraïbes, un peu tout le monde se mêle d’établir des cotes – les hôteliers eux-mêmes, les grossistes, les agences en ligne… –, ce qui a tout lieu de semer la confusion chez le voyageur; sans oublier les multiples guides, Lonely Planet et compagnie, qui y vont de leurs propres critiques. Un même établissement peut être coté quatre étoiles sur Expedia, et trois étoiles sur Travelocity.

Quand l’ascenseur vous enlève une étoile

Les systèmes de classification sont souvent décriés par les hôteliers. Un petit hôtel de charme qui ne possède pas d’ascenseur peut difficilement penser ajouter une étoile à sa classification. Bien qu’il ait une bonne idée de ce que l’établissement quatre étoiles lui offrira, le client ne connaît pas vraiment les critères d’évaluation. Même si un établissement offre tous les services requis pour une classification cinq étoiles, les critères mesurent rarement la qualité du service et de l’expérience (lire aussi: La classification des hôtels vs les attentes de la clientèle +++ L’avis de Michael Nowlis +++ et L’avis de Michel Rheault sur la classification de l’hébergement touristique). De plus, la lourdeur des systèmes fait en sorte qu’il devient difficile de suivre l’évolution des besoins, alors que l’accès Internet, les nouvelles technologies, les établissements non-fumeurs, l’amabilité du personnel, l’ambiance générale ou la protection de l’environnement prennent de plus en plus d’importance et font désormais partie des attentes de la clientèle.

Quand le luxe fait scintiller les étoiles!

Aucun classement «officiel» ne va au-delà de la cinquième étoile, laquelle est un gage des formes traditionnelles du luxe. Pour suivre l’évolution de l’offre et de la demande vers le haut de gamme, plusieurs grandes chaînes ont lancé des marques «de luxe». Cependant, cette tendance accentue les écarts des prestations entre les propriétés qui affichent fièrement leur classification cinq étoiles. Aussi, certains grossistes ont créé la catégorie «cinq étoiles plus». D’autres abolissent les étoiles et les remplacent dans leurs brochures par les mentions «platine», «or», «argent», «bronze» et «cuivre».  Pour plusieurs établissements et centres de villégiature, le prix des prestations devient alors un facteur discriminatoire pour distinguer le niveau de services. En France, la discussion tourne autour de la notion de «palace», car au-delà des critères caractérisant le cinq étoiles, il y a l’âme de l’hôtel, les gens célèbres qui l’ont fréquenté, l’histoire des lieux, etc. Des bannières telles que The Leading Hotels of the World et Relais & Châteaux évoquent à elles seules la distinction des établissements.

Mais aujourd’hui les cinq étoiles ne représentent plus le summum du luxe. Une nouvelle classe d’hôtels fait son apparition et le luxe emprunte des avenues hors du commun: la démesure, l’expérience, l’émotion, le faste, l’inédit… Dans un tel contexte, il semble inévitable qu’un classement cinq étoiles ne suffise plus.

Certains hôtels se réclament du six étoiles comme le Crown Macau à Macao en Asie et le Palacio da Quinta en Algarve au Portugal tandis que le sept étoiles du Burj Al-Arab à Dubaï semble lui avoir été attribué par les journalistes.

ML_2009-01_farwest_etoiles_img1
Burj Al-Arab à Dubaï

À l’été 2009, ProfessionalTravelGuide.com commencera sa classification des six étoiles dans le but de déterminer un groupe «sélect» d’hôtels qui représente la crème de la crème: système rigoureux comptant 1700 critères (ex. ratio minimum de un employé par client, unicité architecturale, caractéristique locale du pays) et incluant des facteurs émotifs et culturels.

ML_2009-01_farwest_etoiles_img3

Pour le consultant Peter McAlpine de Renaissance Consulting Ltd., une sixième étoile ne se veut pas un «réchauffé» du cinq étoiles avec quelques services et attributs supplémentaires. On ne l’obtient pas avec de l’or, de la technologie et des procédures de service personnalisé. Il faut plutôt délaisser la voie traditionnelle du luxe, bien comprendre ce que signifie la création de l’expérience client et adopter une approche nouvelle en faisant les choses différemment – cela devient une question de feeling, d’émotion et non de matériel. Le client doit en ressortir avec l’impression qu’il n’a jamais ressenti ni rien vu de semblable, qu’il aurait voulu que le temps s’arrête. L’expérience doit être totalement inoubliable.

Pour l’heure, les hôtels sept étoiles sont peu nombreux dans le monde, mais plusieurs sont en construction. Le Town House Galleria de Milan en Italie revendique ce statut. La Chine en annonce quelques-uns à venir sur son territoire, dont un à Sanya sur l’île touristique de Hainan, qui sera sous la gouverne du Groupe Fairmont Hotels & Resorts.

ML_2009-01_farwest_etoiles_img4
Town House Galleria à Milan
ML_2009-01_farwest_etoiles_img2
Hôtel sept étoiles à Sanya en Chine

Pour se démêler, les clients s’en mêlent!

La diversité, l’inégalité et les lacunes des systèmes de classification ne permettent pas toujours au consommateur de se faire une idée juste de la prestation. En outre, quel que soit son discours, la marque laisse toujours planer un doute sur son honnêteté.

Un consommateur qui veut s’y retrouver se fiera-t-il à un spécialiste, au Web, aux parents et amis? Il semble que les consommateurs font plus confiance à des inconnus qu’aux experts. Grâce à l’explosion des médias sociaux et au poids croissant de l’opinion des consommateurs, les internautes s’adressent à leurs pairs pour les aider à choisir produits et services. Dans son étude «When did we start trusting strangers?», Universal McCann constate une explosion de ce phénomène, et ce, même si les cotes sont attribuées en fonction de la personnalité de l’auteur et de ses préférences.

ML_2009-01_farwest_etoiles_img5

Par le biais de sites comme Tripadvisor, IgoUgo ou plus près de nous Vox Pop Vacances, les clients élèvent des établissements inconnus au rang de star. Ils s’expriment en des termes que les autres clients comprennent et leur disent ce qu’ils veulent connaître. Chacun y va de ses émotions, de ses coups de cœur et de ses coups de masse.

À l’heure où des sites comme Tripadvisor deviennent des références incontournables et où la classification manque de cohérence et peine à suivre l’évolution rapide de l’offre et de la demande, quel virage les systèmes de classification devraient-ils emprunter?

Sources:
– BusinessWire. «The first and only six star hotel ratings system to premiere summer ’09», 21 octobre 2008,
[www.businesswire.com/portal/site/home/permalink/?ndmViewId=news_view&newsId=20081021005472&newsLang=en].
– Corporation de l’industrie touristique du Québec. «Changement majeur au programme de classification à compter de janvier 2009», info CITQ, vol. 5, no 4, septembre 2008.
– Cser, Katalin et Azuma Ohuchi. «World Practices of Hotel Classification Systems», Asia Pacific Journal of Tourism Research, vol. 13, no 4, décembre 2008, p. 379-398.
– Désiront, André. «La course aux étoiles», La Presse, 13 septembre 2008.
– Grossman, David. «Confusion is the star of hotel rating systems», USA Today, 5 mars 2004.
– Guinot, Danièle. «S’offrir un hôtel 7 étoiles», LEFIGARO.fr, 9 juin 2008.
– Hewitt, Ed et Sarah Schlichter. «Star quality: what’s in a hotel rating?», Independent Traveler, 26 septembre 2008, [www.msnbc.msn.com/id/26840118].
– International Hotel & Restaurant Association. «Hotel Classification», [www.ih-ra.com/advocacy/issues/hotel_classification/intro.php].
– McAlpine, Peter. «Genuine star levels above 5-stars are not only possible, but inevitable», 24 septembre 2008.
– Musnik, Isabelle, «Les consommateurs font plus confiance à des inconnus qu’aux experts», Influencia, 11 septembre 2008, [fr.influencia.net/articles/actualites/archive/2008/09/11/article-28241.aspx].
– OP-Mall in Luxury Property. «Seven 7-Star Hotels – the World’s Most Luxurious Hotels»,  29 avril 2008,   [www.overseaspropertymall.com/regions/middle-east-property/seven-7-star-hotels-the-worlds-most-luxurious-hotels/].
– Pasquini, Elena. «Italy establishes hotel classifications», HotelNewsNow.com, 8 octobre 2008, [www.hotelnewsnow.com].
– Revue Espaces. «Réforme du classement hotelier. Hervé Novelli donne le menu», Espaces 263, octobre 2008.
– shangaiist. «China’s first seven star hotel to be built in Sanya, Hainan», 9 septembre 2008, [shanghaiist.com/2008/09/09/chinas_first_seven_star_hotel_to_be.php].
– Tribune de Genève. «Nouveaux critères pour la classification des hôtels en Suisse», 27 octobre 2008,
[www.tdg.ch/depeches/economie/nouveaux-criteres-classification-hotels-suisse].

Catégories
Marchés géographiques

Comment se répartira la tarte des 1,9 milliard de touristes en 2030?

En 1950, on dénombrait 25 millions de voyages internationaux, et en 2005, 803 millions. En 2030, ce nombre pourrait atteindre 1,9 milliard et totaliser des recettes de 2 trillions USD. Plus de 5 milliards USD seront dépensés quotidiennement par les voyageurs internationaux. Toutes les parties du globe seront visitées et les vols dans l’espace seront devenus réalité. Comment se dessinera l’échiquier mondial des destinations en 2030?

Ian Yeoman, professeur associé à l’Université de Victoria en Nouvelle-Zélande et à l’Université d’Édimbourg en Écosse et futurologue spécialisé en tourisme, a déjà aussi été planificateur stratégique à VisitScotland et responsable des modèles économiques, de l’analyse des tendances et de l’élaboration des scénarios.

Yeoman souligne qu’il devient de plus en plus difficile de faire des prévisions avec justesse en raison des multiples événements qui viennent causer des ruptures temporaires et des diverses politiques de certains pays qui, elles, amènent des changements plus permanents. En se basant sur la prospérité économique et la corrélation de la propension à voyager, il a tout de même tenté l’exercice à partir des données de Mintel, de l’Organisation mondiale du tourisme et d’Oxford Forecasting.

De 1950 à 2005, on a assisté à une croissance annuelle moyenne des arrivées internationales d’un peu plus de 6%. Dans les 25 prochaines années, elle devrait se situer à 3,4% tandis que la hausse des recettes s’établira à 4,4%. On peut expliquer en partie le ralentissement de la croissance par le vieillissement de la population, phénomène qui s’observe dans plusieurs pays du monde.

L’échiquier mondial des grandes régions en 2030

Les marchés se déplaceront vers l’Est en raison des coûts, du désir des voyageurs de découvrir des expériences nouvelles dans d’autres parties du monde et de l’augmentation du niveau de vie dans ces pays. Malgré le fait que l’Europe demeurera la région dominante, elle perdra des parts de marché au profit de l’Asie-Pacifique et du Moyen-Orient (graphique 1). Les Amériques resteront à peu près stables. L’Afrique augmentera ses arrivées dans une faible proportion. En ce qui a trait aux recettes, la situation évoluera de façon similaire à celle des arrivées (graphique 2).

ML_2008-11_dest_2030_grphq 1
ML_2008-11_dest_2030_grphq2

Le classement des destinations remanié

De 2005 à 2030, la région de Macao, la Turquie, la Malaisie et la Chine présenteront des taux moyens de croissance supérieurs à 5% annuellement alors que ceux de l’Italie, de l’Espagne et de la France seront inférieurs à 2%.

ML_2008-11_dest_2030_grphq3

Les yeux sont tournés vers la Chine depuis les Jeux olympiques de Beijing en 2008. Avec sa croissance économique impressionnante et ses investissements majeurs dans l’industrie touristique, elle deviendra incontestablement la 1re destination mondiale en 2030, affichant une croissance annuelle moyenne de 5,1% pour ses arrivées et de 5,4% pour ses recettes.

En 2005, les États-Unis occupaient le 3e rang des destinations touristiques mondiales et le 1er pour ce qui est des recettes. Malgré cela, ce pays est en déclin depuis les 15 dernières années. Même si les États-Unis sont une des plus grandes destinations touristiques mondiales, sa 2e position en 2030 dépendra grandement de son image internationale, qui est liée à ses politiques étrangères, à ses mesures en matière d’environnement, à ses stratégies militaires, à ses restrictions d’entrée au pays, etc.

La France, première destination mondiale actuellement, devra tirer sa révérence à ce titre et laisser la place à la Chine et aux États-Unis en 2030. Malgré ses icônes et la diversité de ses attraits (Paris, plages, montagnes, mode, cuisine, vins, etc.), la France reste un marché mature avec une croissance évaluée à 1,2% annuellement. Toutefois, elle verra croître ses recettes de 3% en moyenne entre 2005 et 2030 en raison du marché haut de gamme qu’elle attire.

Occupant la 9e position en 2005, la Turquie pourra s’enorgueillir de sa forte remontée au classement (4e position en 2030). Avec une croissance moyenne de ses arrivées de 6% annuellement, elle verra son nombre de touristes internationaux passer de 20 à 90 millions, et ses recettes de 18 à 78 milliards USD, soit une croissance annuelle moyenne de 5,9%. Istanbul, ses régions rurales, ses stations de vacances, sa localisation à la jonction de l’Europe et du Moyen-Orient, la perspective de son adhésion à l’Union européenne feront de la Turquie une destination courue.

Le Canada a été évincé du classement des dix premières destinations mondiales en 2004. En 2005, il occupait la 12e position et il glissera vraisemblablement au 16e rang en 2030 alors que les arrivées internationales augmenteront de 18 à 33 millions. Il occupera le 17e rang des recettes, passant de 13 milliards USD en 2005 à 34 milliards en 2030.

ML_2008-11_dest_2030_grphq4

Le classement du Top ten des recettes diffèrera quelque peu de celui des arrivées. Certains pays (États-Unis, Espagne, Italie) monteront en grade, d’autres glisseront d’un rang ou deux (Chine, France, Turquie, Royaume-Uni) et quelques-uns disparaîtront du grand classement (Région de Macao, Russie). L’Inde ne figurera pas au tableau du classement des destinations, mais sera propulsée au 10e rang de celui des recettes avec la plus forte croissance moyenne annuelle (7,5%), ce qui lui permettra d’engranger 49 milliards USD.

Et… à quand «l’espace» au classement des grandes destinations mondiales?

Source:
– Yeoman, Ian. «Tomorrow’s Tourist: Scenarios & Trends», Elsevier, 2008, 357 pages.
[www.tomorrowstourist.com/]

Catégories
Ailleurs dans le monde Produits et activités

En attendant Bixi… le vélo en libre-service

Elle a envahi les villes européennes et vient de traverser l’Atlantique pour conquérir les milieux urbains d’ici. La bicyclette en libre-service connaît un grand succès dans la plupart des endroits où elle s’installe. Au printemps 2009, Montréal aura sa propre flotte de 2400 vélos dispersés à travers quelque 300 stations dans les quartiers centraux de la ville. Voici un tour d’horizon de quelques expériences étrangères du vélo en libre-service.

Bien qu’à la base le concept de vélo en libre-service s’adresse au citoyen, les possibilités touristiques sont nombreuses et devraient intéresser une clientèle grandissante. La découverte des villes à vélo ou le simple fait de pouvoir se déplacer facilement d’un point à un autre à vélo gagnent en popularité auprès des visiteurs à la recherche d’expériences authentiques, hors du commun.

Rouler à vélo gratuitement

CB_2008-10_attendantbixi_img2

Copenhague est l’une des villes pionnières dans ce domaine avec le déploiement, en 1995, de son réseau city bike. Sa formule novatrice permet l’accès gratuit aux vélos. En effet, il suffit d’insérer une pièce de 20 couronnes (environ 4 dollars) pour libérer une bicyclette de son support, pour ensuite pédaler dans la ville tout en demeurant à l’intérieur du périmètre d’utilisation et récupérer sa pièce de 20 couronnes en ramenant et en verrouillant le vélo sur un support disponible. Le city bike de Copenhague est devenu une véritable attraction, un symbole de la destination reconnu à travers le monde. On a tenté d’implanter le modèle d’accès gratuit de Copenhague dans d’autres villes comme Vienne, mais les nombreux vols ont incité les responsables à revoir la formule.

Le modèle le plus courant: la location de vélo en libre-service

Le concept le plus courant est celui de la location du vélo en libre-service. Lancé en 2005, le Vélo’v de Lyon est reconnu comme étant l’un des premiers du genre. Du moins, son succès en a fait un modèle pour l’Europe. Et cette formule se déploie à la vitesse grand V dans de nombreuses villes européennes depuis quelques années. Mentionnons Vienne, Bruxelles, Aix-en-Provence, Paris, Marseille, Barcelone, Toulouse et bientôt Dijon. Le nombre d’adeptes est en croissance, et le concept ne cesse d’être amélioré.

Comment ça marche

Le principe de base de la location est simple et similaire d’une ville à l’autre. Dans le cas du Vélo’v, il faut d’abord se procurer une carte d’accès – courte durée, longue durée… Plusieurs formules sont proposées; elles sont accessibles aux bornes Vélo’v (aux stations). La carte de courte durée, valide sept jours, coûte un euro et permet de s’inscrire ensuite à la même borne pour obtenir un numéro qui permet de déverrouiller l’un des vélos de la station. Les trente premières minutes d’utilisation sont gratuites; l’idée étant de favoriser les courts déplacements. L’heure suivante coûte un euro, et chaque heure supplémentaire deux euros. L’usager peut rapporter son Vélo’v à n’importe quelle autre station. C’est d’ailleurs sous cette forme – à des tarifs différents – que Bixi, le vélo en libre-service de Montréal, sera offert.

Succès

Étant donné son succès, Vélo’v a fait des petits. Vélib’, implanté à Paris à l’été 2007, fait beaucoup parler de lui. Qui aurait cru qu’il pouvait être agréable, voire possible, de pédaler à même le flux automobile souvent chaotique des rues de Paris? Et apparemment, ça se passe plutôt bien, la cohabitation s’avère relativement harmonieuse. Les chiffres sont pour le moins impressionnants. En septembre 2008, soit un peu plus d’un an après son lancement, on enregistre:

  • une moyenne de 91 500 locations par jour (parfois jusqu’à 100 000);
  • 215 000 abonnés annuels et 50 859 réabonnés;
  • près de 33 millions de locations depuis la mise en place de Vélib’.

Outre les bandes et les pistes cyclables, les cyclistes parisiens bénéficient également de nombreuses voies réservées aux autobus, soit celles marquées par le logo «vélos». Ces couloirs ont été élargis à 4,5 m pour permettre aux autobus et aux taxis de dépasser les cyclistes. On invite aussi ces derniers à rouler en sens inverse sur certaines rues (identifiées à cet effet) peu achalandées.

CB_2008-10_attendantbixi_img1

À parfaire

En dépit de leur succès, les systèmes de vélo en libre-service sont en rodage et demandent une amélioration d’année en année. D’abord, malgré les précautions contre le vol – vélo indémontable, facilement identifiable, système de serrure antivol, etc. –, un grand nombre de vélos ont disparu, surtout à Paris où quelque 3000 Vélib’ ont été lourdement endommagés ou volés depuis les débuts. À Lyon, une campagne de sensibilisation incite les utilisateurs à prendre soin de leur monture et à signaler tout mauvais usage ou encore tout vélo brisé. Enfin, pour résoudre en partie le problème des stations toujours vides versus celles toujours pleines, Paris vient de désigner une soixantaine de stations «Bonus». Il s’agit en fait de regarnir les haltes situées dans les hauteurs de la ville. Pour ce faire, on accorde aux «grimpeurs» 15 minutes supplémentaires gratuites.

En Amérique du Nord

Des initiatives se créent lentement de ce côté-ci de l’Atlantique. Au printemps 2008, le programme SmartBike DC voyait le jour à Washington DC. Mais la tarification implique un abonnement annuel, limitant ainsi les possibilités sur le plan touristique. Bixi, le modèle qui sera implanté à Montréal, offrira l’option de recourir à un abonnement quotidien. Ce mode de transport qui, espérons-le, remportera beaucoup de succès auprès des citoyens devrait constituer un atout à l’offre touristique. Pour maximiser ses chances de popularité, quelques éléments sont à envisager:

  • trouver la (ou les) station Bixi la plus proche de votre entreprise pour en informer la clientèle (sur votre site Internet entre autres);
  • créer des itinéraires de découvertes de quartier et de visites d’attraits en tenant compte des stations Bixi;
  • déterminer les artères les plus sécuritaires et les mieux adaptées pour les déplacements à vélo, puis informer votre clientèle de leur existence;
  • élaborer des forfaits intégrant un abonnement quotidien à Bixi.

Favoriser les déplacements actifs et créer de l’animation urbaine

Dans ces villes où la population a rapidement adopté le vélo en libre-service, on remarque une progression de l’animation urbaine et de l’activité commerciale. Les déplacements à vélo, comme à pied, redonnent à la ville un visage plus humain, favorisent les contacts, les arrêts spontanés, et dynamisent la rue. Par ailleurs, une récente étude de l’Université de New South Wales révélait que malgré une augmentation des cyclistes dans les rues, le nombre d’accidents impliquant cyclistes et automobilistes était en baisse. Les vélos sur les routes entraîneraient un changement de comportement des automobilistes: ceux-ci adopteraient une conduite plus sécuritaire. Or, il faut sensibiliser tous les usagers à cette cohabitation qui est encore parfois très périlleuse dans les villes nord-américaines. Sans compter que les aménagements permettant des déplacements sécuritaires sont souvent manquants. Il serait souhaitable que la mise en place du vélo en libre-service suscite des initiatives en ce sens!

Sources:

–  Gaffney, Dan. «A virtuous cycle: safety in numbers for riders says research», University of New South Wales, [http://www.science.unsw.edu.au/news/a-virtuous-cycle-safety-in-numbers-for-riders-says-research/], page consultée le 1er octobre 2008.
–  Persiaux, Renaud. «Vélib’, Vélo’v, V’hello… Une vélorution», [scienceshumaines.com], page consultée le 2 octobre 2008.
–  The Associated Press. «Vélib’, un an et beaucoup de succès pour le vélo à Paris», [www.cyberpresse.ca], page consultée le 2 octobre 2008.

Sites Internet :
–    Bixi
–    City bike
–    SmartBikeDC
–    Vélib’
–    Vélo’v

Catégories
Ailleurs dans le monde Tendances

La créativité au service du développement urbain

À l’occasion d’une allocution prononcée lors d’une conférence sur le tourisme créatif se déroulant à Santa Fe du 28 septembre au 2 octobre 2008, Charles Landry, consultant en urbanisme, a livré sa vision d’une ville «créative». Selon lui, les problèmes urbains nécessitent des solutions créatives. Il existe mille et une façons de convertir des situations banales, voire irritantes, en des occasions insoupçonnées.

S’attaquer d’abord à la culture organisationnelle

«City managers want good solutions to their problems, but barriers to action always emerge. These underlying obstacles must be removed before we can build a creative environment. Most are generated by bureaucratic mentalities and the rigidity of professional disciplines…»

Selon Charles Landry, les organisations qui n’apprennent pas à innover deviennent hiérarchisées, très compartimentées (syndrome des silos) et orientées vers l’intérieur. La bureaucratie engendre un contexte où la finalité est moins importante que la procédure employée pour y arriver. Tout devient «interdit» à moins que ce ne soit clairement «autorisé». Le Cirque du Soleil représente probablement le meilleur contre-exemple où justement, c’est l’objectif qui compte: mettre en place des œuvres hautement créatives, alors que tout le reste pour y parvenir n’est que secondaire.

Pour atteindre de tels modèles, plusieurs façons de faire ou de penser doivent être transformées au sein de la culture organisationnelle. À l’aide d’un exemple schématisé, Charles Landry illustre sa pensée: la colonne de gauche représente la culture rigide, peu propice à la créativité, et celle de droite, un contexte favorable à l’innovation.

CP_2008-10_villes_creative_tbl1

Idées innovantes pour villes changeantes

Parfois, il faut savoir aborder les choses différemment: «Slow Is The New Fast». À cet égard, M. Landry a cité l’exemple de Barcelone qui prendra l’audacieux pari de conserver son identité propre au risque de réduire son volume touristique.

À la base, c’est une forte présence artistique qui permet à une ville d’être créative, insiste Charles Landry. De plus, l’histoire et la créativité forment d’excellents partenaires comme le démontre la ville de Paris qui a laissé la voie libre à une nouvelle génération de chefs-d’œuvre «de passage». Fresque artistique grandeur nature érigée sur la façade d’un immeuble, le «39, rue George-V» constitue une illustration du surréalisme urbain et contribue à mettre en valeur le patrimoine historique de la ville (photo).

CP_2008-10_villes_creative_img1

À Berlin, on a trouvé une façon originale et populaire de profiter de la rivière Spree, qui traverse la ville, en y aménageant une piscine publique construite à l’intérieur d’une barge. Celle-ci procure aux Berlinois un espace hors du commun pour la baignade (photo).

CP_2008-10_villes_creative_img2

Beaucoup d’exemples simples évoquent cette volonté de faire les choses autrement et de sortir des zones conventionnelles. Avec une petite dose d’ironie, certaines municipalités ont recouru à l’antithèse de la répression pour remplacer certaines affiches publiques qui marquent toutes sortes d’interdictions. Par exemple, dans un lieu où les chiens sont permis, on y trouve un panneau affichant «3 hours barking». Ailleurs, dans un parc aménagé pour les enfants, on les invite à jouer: «More ball games». Bien qu’anodins, ces exemples témoignent d’une volonté d’agir différemment, avec créativité.

En fait, tout peut devenir intéressant si l’on y ajoute un peu d’imagination. Même un banal stationnement public peut paraître invitant lorsqu’on y aménage une surface gazonnée (photo).

CP_2008-10_villes_creative_img3

Quand l’offre d’une ville lui procure un caractère créatif

«Ordinary people make extraordinary things when we let them the chance and the capacity to cross boundaries

C’est ce qu’ont tenté de mettre en application certains gestionnaires de la ville de Rotterdam, aux Pays-Bas, en organisant des safaris urbains pour faire vivre une expérience unique à leurs visiteurs.

Au départ, il s’agit d’une initiative qui favorise une exploration multiculturelle, amenant les touristes à faire la connaissance de résidants. Sous forme d’un rallye, les participants doivent parcourir la ville à la recherche d’indices qui les conduiront à la découverte de l’adresse précise d’un résidant avec qui ils pourront profiter d’un intéressant échange culturel. L’activité est possible grâce aux quelque 400 résidants et entrepreneurs qui ont volontairement accepté de se prêter à l’exercice en accueillant les touristes dans leur maison ou dans leur lieu de travail.

Un autre exemple «créatif» provient de la restauration, où certains établissements ont mis en place de nouvelles approches pour lutter contre les périodes creuses de la demande. Landry cite un restaurant à Hong Kong qui a décidé d’appliquer une grille variable de tarifs. Pour maximiser les plages horaires, les gestionnaires font varier les prix du menu du simple au triple selon le moment de la journée. Cette initiative a permis d’augmenter le taux de roulement de la clientèle de plus de 30%. Pour un autre établissement, le Tohtenko au Japon, c’est plutôt l’approche de la facturation à la minute qui a été adoptée ! Plusieurs clients mangent le plus rapidement possible pour alléger leur facture. La moyenne globale du temps des repas est de 12 minutes.

Les défis marketing du tourisme créatif

Charles Landry observe par ailleurs que l’un des problèmes reliés au tourisme culturel relève d’un manque de créativité. Toutefois, d’un point de vue marketing, faire la promotion d’une destination «créative» peut représenter un défi. En effet, comme le souligne Greg Richard, consultant en tourisme, de 3 à 5% des touristes seulement se qualifient de touristes «créatifs» ou «expérientiels». Par contre, de 25 à 28% des visiteurs se perçoivent comme des touristes «culturels». Dans son intervention, monsieur Richard faisait remarquer que la créativité et l’authenticité sont des termes complexes qui peuvent être difficiles à comprendre et qu’il vaut parfois mieux ne pas utiliser dans un contexte marketing d’une destination.

Bref, on le voit, il existe d’innombrables exemples. Bien qu’ils soient très différents les uns des autres, ils se démarquent tous par leur originalité et permettent de donner une âme créative à une ville. Le message de Charles Landry: ouvrez vos œillères et osez prendre des risques, le potentiel d’enrichissement de votre destination surpassera certainement la perspective d’un échec lié à une mauvaise idée.

Lire aussi:
Innover: une résolution à prendre pour l’industrie touristique en ce début d’année
La créativité et «Thinking outside the box» vont de pair

Sources:
– Charles Landry. «Creative Cities Conversation». Conférence internationale sur le tourisme créatif s’étant déroulée à Santa Fe du 28 septembre au 2 octobre 2008.
– Charles Landry. «The Creative City – A Toolkit for Urban Innovators», deuxième édition, 2008.

Catégories
Faits et chiffres Marchés géographiques Tendances

Le touriste américain: une espèce en évolution

On parle beaucoup de la baisse importante que le Canada subit relativement au marché touristique américain. Néanmoins, au-delà des chiffres de volume, le touriste américain continue d’évoluer, ses comportements de voyage changent, ses habitudes de planification se modifient. Voici un portrait de ce touriste d’aujourd’hui, sans égard à la destination visitée.

La préparation

Afin de mieux comprendre comment évolue le touriste américain contemporain, nous avons regroupé une panoplie d’indicateurs concernant différentes facettes reliées à ses habitudes de voyage (lire aussi: Les Américains: de la visite rare, qui reste plus longtemps… mais dépense moins!). Même si ces informations touchent spécifiquement le marché américain, plusieurs de ces tendances peuvent être extrapolées à l’ensemble de la clientèle touristique.

L’Office of Travel & Tourism Industries (OTTI) compile annuellement un certain nombre d’indicateurs qui nous apprennent notamment que, en l’espace de six ans, Internet (38%) a rattrapé l’agence de voyages (37%) comme source d’information pour la prise de décision des voyages internationaux effectués en avion (tableau 1). La différence était pourtant considérable en l’an 2000 avec 30 points d’écart.

CP_2008-09_touriste_amrcn_tbl1

En ce qui concerne l’étape de la réservation, Internet a pris de l’ampleur, mais demeure second derrière l’agence de voyages (tableau 2). Les voyageurs d’agrément sont toutefois davantage portés à réserver en ligne (32%) que la clientèle d’affaires (18%).Les voyages internationaux sont planifiés plus longtemps à l’avance, soit 90 jours avant la date de départ en 2006 comparativement à 77 jours en 1997.

CP_2008-09_touriste_amrcn_tbl2

Les motivations de voyage

La proportion d’Américains qui voyagent par agrément ou en visite chez des parents et des amis (VPA) est en croissance par rapport à celle du tourisme d’affaires (graphiques 1 et 2), et ce, bien que le nombre absolu des voyageurs d’affaires augmente. À eux deux, les voyages d’agrément et les VPA composent 73% de l’ensemble des déplacements internationaux par avion des Américains en 2006. Ce sont les hispaniques et les autres minorités ethniques qui provoquent une augmentation des VPA.

CP_2008-09_touriste_amrcn_grphq1_2

Les activités pratiquées

Sur le plan des activités pratiquées en voyages à l’étranger, les Américains démontrent une étonnante constance (tableau 3). Toutefois, dans l’ensemble, les touristes se montrent un peu moins actifs durant leur séjour. En effet, presque toutes les activités affichent un taux de participation identique ou en baisse en 2006 par rapport à 1996. La plus importante baisse de popularité concerne les visites en campagne (-6%). Seuls les tours guidés présentent une légère hausse (+1%).

CP_2008-09_touriste_amrcn_tbl3

Les baby-boomers sont les plus grands consommateurs de voyages de luxe puisqu’ils génèrent plus de 80% des dépenses pour ce type de produit. Précisons que ce sont les jeunes baby-boomers (45-55 ans) qui sont les plus enclins à voyager à l’étranger plutôt que les plus âgés (56-63 ans).

Par ailleurs, selon un sondage réalisé par Travelocity auprès de sa clientèle américaine, plus de 55% des gens planifiaient réaliser un voyage multigénérationnel au cours de l’année 2008. Les principales activités pratiquées lors de ces voyages sont la plage (23%), les activités de plein air (19%) et les expériences culturelles (13%). Fait intéressant, près de la moitié (45%) ne prévoient aucune activité pour un tel voyage.

D’après le même sondage, 33% des répondants envisagent d’effectuer un voyage «de filles» ou «de gars». L’absence de programmation est encore plus évidente : 67% des répondants n’ont aucune activité prévue.

Les intérêts croisés

Les personnes qui voyagent à l’étranger présentent un profil d’ensemble distinct des autres Américains sur plusieurs aspects. Pour des fins de marketing ou pour mieux comprendre les divers intérêts des voyageurs, il est intéressant d’analyser quels sont les produits ou les activités les plus compatibles avec eux. La revue annuelle Lifestyle Market Analyst compile de tels indices où le nombre 100 représente la moyenne américaine. Voici les produits et les activités affichant la plus forte corrélation avec les Américains qui voyagent à l’étranger:

•    Assiste à des événements culturels ou artistiques (258)
•    Ski fréquemment (236)
•    Investit dans l’immobilier (231)
•    Joue au tennis fréquemment (226)
•    Apprécie le vin (224)
•    Voyage aux États-Unis (217)
•    Apprécie la cuisine gastronomique (204)
•    Investit à la bourse (201)
•    Apprécie les antiquités et les œuvres d’art (196)
•    Adepte de la science et des nouvelles technologies (193)
•    Sensible au patrimoine national (190)
•    Pratique le bateau à moteur ou à voile (183)

Les facteurs d’influence

Diverses formes d’influence conditionnent le processus décisionnel du voyageur. La conscientisation pour un tourisme plus responsable se répercute clairement sur certains projets de voyage. Selon un sondage de Travelocity effectué auprès de ses membres, environ 18% des gens ont mentionné avoir déjà effectué dans le passé un voyage qui comprenait une composante de philanthropie ou de volontarisme. C’est encore plus marqué sur le plan de l’intention, alors que 38% souhaiteraient incorporer une telle forme d’engagement dans leur plan de voyage de 2008. Les causes identifiées concernent d’abord l’environnement (33%), l’éducation (30%) et la santé (17%).

Selon ce même sondage, le souci pour un tourisme durable déborde les intentions et se traduit par une volonté de dépenser davantage. Environ 34% des gens sont prêts à débourser jusqu’à 50$ supplémentaires pour une destination soucieuse de l’environnement, 23% de 51$ à 100$ et 21% plus de 100$.

En matière de choix d’hébergement, un grand nombre de facteurs s’ajoutent à la variable du prix. Voici quelques-uns des principaux éléments pris en considération avant de réserver une chambre selon un sondage effectué par Greenfield Online auprès d’Américains qui ont séjourné dans des établissements aux États-Unis, par agrément ou par affaires.

CP_2008-09_touriste_amrcn_tbl4

Une croissance, mais…

Le comportement de voyage du touriste américain demeure intimement lié aux cycles économiques que vivent les États-Unis. Les signes persistants de ralentissement économique agissent comme toile de fond et peuvent accentuer certaines tendances relevées précédemment, voire générer de nouvelles habitudes de voyage.

Selon Mintel, les Américains conserveront leur troisième position parmi les principaux marchés émetteurs dans le monde. On anticipe des dépenses à l’étranger de l’ordre de 121 milliards USD en 2020, soit une croissance de 22% par rapport à 2006. Le nombre de détenteurs de passeport augmentera également considérablement en raison des nouvelles exigences de certaines destinations comme les Caraïbes et le Mexique. Pour le Canada, le défi reste tout entier à plusieurs égards si l’on veut mettre un frein au glissement de nos parts de marché et regagner un certain lustre quant à ce marché en déclin.

Sources:
– Mintel. «US Outbound», Travel & Tourism Analyst, no 6, avril 2008.
– Office of Travel & Tourism Industries. «2006 Profile of U.S. Resident Travelers Visiting Overseas Destinations – Outbound», juillet 2007.
– SRDS Media Solutions. «The Lifestyle Market Analyst», 2007.
– Travel Industry Association. «Domestic Travel Market Report», 2007.
– Travelocity. «2008 Travel Forecast Poll», janvier 2008.

Catégories
Enjeux Produits et activités Tendances

Tourisme médical: opportunités et controverses

Alors que les Américains vivent plus longtemps que jamais auparavant, ils font face à des coûts médicaux exorbitants et à une couverture d’assurance inadéquate. De plus en plus de citoyens américains et canadiens effectuent des voyages en Asie et en Amérique latine pour recevoir des traitements; ceux-ci vont du blanchiment des dents à la chirurgie esthétique, en passant par le remplacement d’une hanche. Quelle est l’ampleur de ce phénomène? Le Canada peut-il devenir une destination de tourisme médical?

État de la situation aux États-Unis

Selon le dernier recensement, 47 millions d’Américains n’ont pas d’assurance maladie et 120 millions ne sont pas complètement assurés. L’inflation des coûts en santé aux États-Unis a complètement outrepassé la croissance économique, faisant du système américain le plus dispendieux de la planète. On estime que la moitié de la population du pays risquerait d’être financièrement dévastée advenant le cas d’une opération majeure. En se faisant soigner à l’étranger, le patient peut économiser jusqu’à 85% du tarif américain. Même en ajoutant le prix d’un billet d’avion, l’écart est convaincant. Toutefois, de nombreux Américains ne peuvent s’offrir le voyage.

Même si ce type de déplacement existe depuis longtemps, la différence actuelle réside dans la masse critique de personnes qui envisagent de tels voyages. La classe moyenne se prépare à faire le saut. Une étude récente de la firme de consultation Deloitte prévoit que les Américains ayant reçu un traitement médical à l’étranger en 2006, soit 750 000 personnes, seront plus nombreux en 2010 (6 millions), et encore plus en 2012 (10 millions).

Les joueurs

Les joueurs majeurs dans ce créneau sont l’Inde, la Thaïlande, Singapour et la Malaisie. En Amérique latine, le Mexique, le Costa Rica, le Brésil et l’Argentine sont les destinations privilégiées. La compétition est déjà féroce. Environ 500 000 touristes médicaux américains se rendent en Asie chaque année, et certains pays comme l’Inde enregistrent un taux de croissance de l’ordre de 30% annuellement. La Thaïlande, quant à elle, a reçu plus de 1,5 million de patients étrangers en 2006, dont quelque 30 000 Canadiens. Une part importante des touristes viennent du Moyen-Orient. Dubaï se lance d’ailleurs dans la course et si l’on se fie à ses projets touristiques, on n’y fait pas les choses à moitié…

Dans ces pays, on a bâti de mégahôpitaux ultramodernes et sophistiqués, dont les halls ressemblent davantage à des hôtels. De plus, ces hôpitaux sont dotés de nombreux restaurants, boutiques et services. Des investissements majeurs sont prévus au cours des prochaines années pour les agrandir et les améliorer ou pour en construire de nouveaux.

Le Bumrungrag, en Thaïlande, est l’un de ces hôpitaux adaptés à la clientèle internationale. On y offre de nombreux services, dont une agence de voyages dédiée au prolongement des séjours et à l’extension des visas des patients qui nécessiteraient un rétablissement plus long que prévu ou qui, une fois sur place, auraient envie de poursuivre leur séjour. Au Bumrungrag, comme dans d’autres centres hospitaliers du genre, un accent tout particulier est mis sur le service à la clientèle et l’encadrement des patients. Le ratio d’infirmiers par patient est beaucoup plus élevé qu’en Occident et les médecins ont le temps de visiter leur patient chaque jour. Grande différence.

Les autres intervenants impliqués

Outre ces nouvelles destinations qui se positionnement clairement sur le marché du tourisme médical, de plus en plus d’agences organisent ce type de voyage. Pour ces dernières, il s’agit de mettre sur pied un forfait où chaque détail compte, en plus de bien conseiller le client sur le choix d’un hôpital en fonction de l’intervention dont il a besoin. Les compagnies d’assurance commencent aussi à offrir des plans couvrant des frais médicaux et de déplacement pour un traitement à l’étranger, comme c’est le cas de la Blue Cross aux États-Unis. Une entreprise américaine offre même à ses employés la possibilité de recevoir des traitements médicaux à Singapour plutôt qu’en Amérique.

Le Québec est-il de la partie?

Au Québec, on trouve la plus forte concentration de cliniques de radiologie, de chirurgie, d’ophtalmologie, de médecine générale, etc., du Canada. Si l’on désire payer les soins de sa poche, les choix foisonnent. Des centaines de patients venant d’un bout à l’autre du pays ont visité les nombreuses cliniques privées du Québec parce qu’ils font face à des restrictions dans leur province. La loi ontarienne est très stricte: les médecins ne peuvent se désaffilier du régime public et un Ontarien surpris à payer pour un service assuré par le régime public est passible d’une amende de 10 000 CAD. La situation est semblable dans les Prairies et les provinces de l’Atlantique alors qu’en Colombie-Britannique la loi se montre plus flexible. Le Québec demeure toutefois le leader de la médecine privée, malgré le fait que l’existence d’un système de santé à deux vitesses soulève plusieurs débats sociaux.

D’ailleurs, la clinique montréalaise Omnium-Santé faisait récemment la manchette pour son association avec l’hôtel Hyatt Regency. Ils proposent un forfait offrant un bilan de santé complet et s’adressant avant tout à la clientèle américaine et les touristes québécois à Montréal.

En matière de coûts, même si le Canada ne peut concurrencer les tarifs de l’Asie ou de l’Amérique latine, il semble que les soins y soient souvent deux fois moins chers qu’aux États-Unis. Ces coûts moins élevés, notre proximité ainsi que le fait qu’aucun visa n’est nécessaire permettent au Canada de se positionner en tant qu’alternative auprès de la clientèle américaine.

Mais le Canada est aussi un marché émetteur et environ 15 agences de voyages sont spécialisées dans le tourisme médical. Pour les Canadiens, c’est avant tout le délai d’attente qui motive un déplacement.

Débats et occasions d’affaires

Le tourisme médical soulève des débats à propos des systèmes de santé. Alors que certains craignent qu’il légitime l’existence de systèmes à deux vitesses, d’autres voient le tourisme médical comme un catalyseur, forçant les gouvernements et les hôpitaux à modifier leurs façons de faire. Il y a aussi certaines limites, dont le fait que plusieurs interventions ne peuvent être réalisées à l’étranger de façon sûre ou encore qu’il peut exister des zones grises quant aux aspects légaux en cas d’erreur médicale. Enfin, tous les éventuels clients du tourisme médical ne sont pas encore convaincus de la qualité des soins pouvant être reçus à l’étranger et bien que ce ne soit pas le cas du Canada qui a bonne réputation, il s’agit d’un grand défi pour les hôpitaux étrangers.

Cela dit, ce marché relativement nouveau est là pour de bon. Dans une perspective purement touristique, il s’agit de nouveaux flux de voyageurs et le futur du tourisme médical semble en excellente santé!

Sources:
–    The Economist. «Globalisation and health: Importing competition» et «Globalisation and health care: Operating profit», The Economist, 16 août 2008.
–    Rogers, Mark. «Medical Tourism: Agents have a potential gold mine in booking U.S. citizens into hospitals abroad», TravelAgentCentral, 15 août 2008.
–    AME Info. «UAE sets sights on medical tourism industry», United Arab Emirates, 31 août 2008.
–    Lindsay, Greg. «Why Americans Are Going Abroad for Health Care», Fast Company.com, 11 avril 2008.
–    Trudel, Jonathan. «Santé: bonjour le privé!», L’actualité, 15 avril 2008.
–    Deland, Maxime. «Forfait médecin et hôtel», Le Journal de Montréal, 29 juin 2008.
–    PROFIT magazine. «Medical tourism: Sun, sand and stitches», Canadian Business Online, mai 2008.
–    Legault, Benoit. «Thaïlande – Bangkok, panacée du tourisme médical», Le Devoir, édition du 25 et 26 novembre 2006.

Catégories
Produits et activités Segments de clientèles Tendances

L’aventure, c’est pour tout le monde!

Les jeunes, mais aussi les baby-boomers, les couples en lune de miel et les familles recherchent l’aventure. Parfois extrême, souvent douce, de plus en plus responsable, le tourisme d’aventure prend de l’expansion et interpelle différents segments de clientèles. En voici un aperçu.

Autrefois réservé aux jeunes et aux sportifs aguerris, le tourisme d’aventure ratisse maintenant beaucoup plus large. Le besoin des gens de sortir de leur routine et l’intérêt pour des voyages actifs et riches d’expériences favorisent le développement du tourisme d’aventure. (Lire aussi: Tourisme d’aventure: de quoi parle-t-on au juste?) L’homme a besoin de relever des défis, de tester ses capacités, d’apprendre, de se surpasser et, surtout, d’avoir des histoires extraordinaires à raconter!

Qui pratique le tourisme d’aventure?

Une étude publiée dans le Travel & Tourism Analyst de mai 2008 sur le tourisme d’aventure en Europe révèle que ces voyageurs à la recherche d’expériences actives proviennent généralement des milieux urbains et sont scolarisés (educated urbanites). Sur cette base, de nombreux segments se dessinent:

  • Les jeunes. Ils sont plus enclins à organiser eux-mêmes leurs voyages d’aventure et pratiquent des sports extrêmes et des activités plus énergiques, comme le kayak de rivière, la descente en rafting, l’héli-ski ou encore la plongée sous-marine.
  • Les baby-boomers. Les participants au London’s Adventure Travel Show 2007 étaient âgés de plus de 40 ans (55%) et de 52 ans et plus (40%). Les plus âgés d’entre eux sont souvent sans enfants à la maison, ont parfois des revenus discrétionnaires élevés, davantage de temps libre et ils désirent voir le monde. Selon l’Adventure Travel Trade Association (ATTA), le segment des baby-boomers enregistre la plus forte croissance.
  • Les familles. Les parents qui ont eux-mêmes réalisé des voyages d’aventure étant plus jeunes souhaitent faire découvrir ce type de voyage à leurs enfants.
  • Les femmes. L’ATTA estime à 52% la proportion de femmes parmi les voyageurs en tourisme d’aventure à travers le monde. L’âge moyen de ces dernières est de 45 ans. Elles sont portées vers l’aventure douce et les voyages comprenant des activités diverses.
  • Les couples en lune de miel. Les nouveaux mariés ne se contentent plus, bien souvent, d’un voyage de noces traditionnel. (Lire aussi: Oui je le veux! Tendances dans le marché des lunes de miel.) Comme ils n’en sont pas à leur premier voyage, et pour souligner cet événement qu’ils veulent mémorable, un nombre grandissant de couples optent pour une destination très exotique ou encore pour un voyage d’aventure. Le plein air et le luxe forment ici une combinaison recherchée.
  • Les voyageurs en solo. Les producteurs de tourisme d’aventure remarquent aussi une croissance des voyageurs seuls, surtout dans le cas des petits groupes guidés.

Et tous ces voyageurs sont généralement prêts à débourser un bon montant pour vivre une expérience mémorable. Ceux qui passent par un voyagiste sont souvent des professionnels qui ont les moyens de se payer des vacances haut de gamme, mais qui préfèrent l’aventure. Et pourquoi pas les deux! (Lire aussi: Le plein air et le luxe font bon ménage!)

Quelques tendances

  • Les courts séjours. On remarque une hausse dans la demande de voyages d’aventure de courte durée. Des week-ends, des séjours de 3 à 4 nuitées, voilà des formules qui gagnent en popularité, soit pour ceux qui veulent s’initier au tourisme d’aventure ou encore pour ceux qui n’ont pas beaucoup de temps.
  • Voyages responsables. Le tourisme d’aventure se pratique en milieu naturel et implique parfois, même souvent, un contact privilégié avec la population locale. C’est souvent ce qui motive le voyageur à choisir ce type de voyage. L’empreinte environnementale et les retombées dans la communauté générées par leur passage préoccupent plus particulièrement ces touristes. Les intervenants en tourisme d’aventure adoptent le virage vert.
  • Plus d’activités extrêmes. Bien qu’il s’agisse d’une petite part du marché, l’aventure extrême prend de l’ampleur. Certaines activités autrefois marginales deviennent de plus en plus courantes. De nouvelles pratiques voient le jour dans le but de répondre à cette soif de sensations fortes des adeptes de sports extrêmes ou encore pour ceux qui sont à la recherche d’expériences inédites. Le canyoning, soit le parcours d’un canyon qui combine des activités comme la randonnée, l’escalade, la nage et la descente en eau vive, ou encore le speedriding, un croisement entre le ski et le parapente, en sont des exemples.
  • Des destinations peu communes. Qui dit aventure dit aussi exploration de nouvelles contrées! Des pays dont on n’entendait peu (ou pas) parler auparavant comme destination touristique incitent maintenant à l’aventure. Les tours opérateurs montent des forfaits se déroulant au Kirghizistan, en Éthiopie, en Libye, au Pakistan ou encore en Arctique et en Antarctique.
  • Aventure et volontarisme. De plus en plus de gens font des voyages dont le but consiste à venir en aide à une communauté ou à encourager la protection d’une espèce animale ou d’un site naturel menacé. Relever un défi sportif, comme l’ascension d’un sommet ou la traversée d’une région à vélo, pour soutenir une cause s’inscrit également dans cette tendance.

Au Québec

Le rapport «Loisir de plein air au Québec: Portrait et enjeux de développement des sentiers et des lieux de pratique», publié en mars 2008 par le Conseil québécois du loisir, regroupe beaucoup de renseignements concernant l’offre dans cette région. On peut y lire, notamment, que le Québec rassemble:

  • 9392 km de sentiers de randonnée pédestre et de raquette,
  • 6300 km de sentiers de ski de fond et de randonnée,
  • environ 3000 km de sentiers de randonnée équestre,
  • 6789 km de voies cyclables,
  • 2300 km de sentiers de vélo de montagne,
  • 38 642 km de voies canotables,
  • 74 sites de plongée sous-marine,
  • 486 cavités de spéléologie,
  • 73 sites d’escalade de rochers,
  • 210 sites d’escalade de glace,
  • et 2,4 millions d’adeptes de plein air.

Le tourisme d’aventure est un secteur en pleine croissance et tout indique que celle-ci devrait se poursuivre. Bien cerner les besoins et les désirs de la clientèle ciblée sans chercher à conquérir tous les segments, bonifier l’offre en conséquence et renforcer le positionnement du tourisme d’aventure au Québec, voilà quelques opportunités à saisir pour tirer profit de cette tendance!

Lire aussi:
Les tendances du tourisme d’aventure.
Portrait du secteur de l’écotourisme au Québec en 2007.

Sources:
– Churchill Carolyn. «Couples Find that Adventure Beats Romance on Honeymoon. Only 10 Percent Opt for Conventional Holiday». The Herald, 5 juin 2008.
– Conseil québécois du loisir. «Loisir de plein air au Québec: Portrait et enjeux de développement des sentiers et des lieux de pratique», mars 2008.
– Mintel. «Adventure Tourism – Europe», Travel & Tourism Analyst, no 8, mai 2008.
– Scott, Megan K. «Trends in Adventure Travel», USA Today, 5 février 2008.

Catégories
Technologies Tendances

Les Gamers, un créneau plus important qu’on le pense…

Tous les amateurs de jeux vidéo, communément appelés gamers, ne sont pas des ados qui s’isolent dans leur sous-sol… loin de là! Une enquête fait ressortir qu’une importante part de la population s’intéresse à ces jeux, soit à l’occasion, soit plus régulièrement. Des jeunes hommes qui occupent des emplois bien rémunérés et qui voyagent… mais aussi des femmes et des baby-boomers. De plus en plus d’hôtels saisissent cette opportunité. Et vous?

Une étude réalisée en septembre 2006 révèle que:

  • dans le monde, 76% des joueurs occasionnels sont des femmes;
  • 25% des amateurs de jeux vidéo ont plus de 50 ans;
  • et 44% ont de 18 à 49 ans.

Au moment de l’étude, 90 millions de personnes aux États-Unis se disaient gamers et 145 millions jouaient à des jeux vidéo fréquemment ou occasionnellement. Grosso modo, il s’agit là de la moitié de la population américaine: un marché plus grand que celui des baby-boomers…! Et encore, ces données datent… elles doivent être encore plus importantes aujourd’hui.

Des exemples

Un nombre grandissant d’hôtels tente de séduire les gamers. Le Best Western Hotel Tomo, à San Francisco, propose la suite des joueurs (Players Suite). On y trouve un écran plat géant à haute définition, ainsi que des consoles Wii, Sony PS3 ou encore Nintendo.

CB_2008-07_capsulegamers_img2

Le Westin intègre depuis peu la Wii dans ses centres de mise en forme à titre de projet-pilote. Une dizaine d’établissements aux États-Unis testent le produit.

L’amusement et le raffinement ne sont pas mutuellement exclusifs: voilà l’approche du chic Hotel Sax de Chicago. En partenariat avec Microsoft, cet hôtel offre une expérience de jeu à la fine pointe de la technologie, grâce au salon conçu expressément pour jouer.

CB_2008-07_capsulegamers_img1

Pensez-y!

Si vous songez à améliorer les chambres de votre hôtel ou encore les espaces communs, pensez à la possibilité d’y intégrer des consoles de jeu! Si vous en avez déjà, faites-le savoir à vos clients potentiels!

Sources:
– eMarketer. «Video Games Aren’t Just for the South Park Set Anymore», 13 avril 2007.
– Grenberg, Peter. «Totally Geeked-out, High-tech Hotels», [www.MSNBC.com], 2 avril 2008.
– Van Hartesvelt, Scott. «An Unexpected New Target», [www.hotelmag.com], 16 juin 2008.
– Yancey, Kitty Bean. «Hotels Crown Guitar Heroes with Wii, Xbox Action», USA Today, 27 mars 2008.

Catégories
Tendances

Les «staycations» ou les vacances à la maison…

La forte hausse du coût de l’essence, le contexte économique défavorable, les irritants liés à l’organisation et à la planification d’un voyage, les longs trajets en voiture avec les enfants, voilà autant de raisons qui poussent un grand nombre d’Américains à passer leurs vacances à la maison.

Phénomène de l’été 2008: les «staycations». Explications et stratégies de destinations touristiques pour inviter les gens à sortir de leur foyer.

«Stay at home vacations» ou «staycations»

Après les «mancations», soit les vacances entre hommes, et les «mothercations», celles entre mères, voici les vacances à la maison ou à proximité: les «staycations». Cette tendance qui se dessine aux États-Unis pour l’été 2008 résulte d’un contexte particulier plus ou moins propice aux voyages:

  • flambée du prix de l’essence,
  • économie incertaine,
  • valeur à la baisse du dollar américain,
  • approche des élections,
  • aéroports bondés et mesures de sécurité contraignantes,
  • surcharges liées aux bagages,
  • nécessité d’obtenir un passeport ou un visa pour des destinations qui n’en n’exigeaient pas auparavant.

D’autant plus que la préparation d’un voyage entraîne déjà son lot de préoccupations, qui, même dans un contexte normal, peuvent engendrer un certain niveau de stress, surtout avec des enfants:

  • réserver les billets d’avion, les chambres d’hôtels, louer une voiture,
  • prévoir un itinéraire et des arrêts lors des voyages en voiture,
  • sécuriser la maison (interrompre le courrier, le journal, prévenir les voisins, etc.),
  • préparer les valises, etc.

Selon une enquête du USA Today/Gallup, les hausses record du prix de l’essence poussent plus du tiers des Américains à revoir leurs plans de voyages pour, entre autres, les écourter ou encore choisir des destinations de proximité. Toujours selon le quotidien USA Today, les Américains ayant déjà planifié leurs vacances estivales ont préféré des destinations situées dans leur État de résidence dans une plus forte proportion qu’en 2007.

Un autre sondage indique qu’un grand nombre d’Américains opteront notamment pour des «staycations». Selon Access America’s National Survey, 41% des répondants qui ont voyagé l’été dernier ont décidé de rester à la maison cette année.

Et le terme «staycations» fait du chemin. Vu la popularité de la formule, plusieurs sites Internet présentent des trucs pour réussir ses vacances à la maison! Parmi ces derniers:

  • minimiser les tâches ménagères,
  • se «déconnecter» du bureau,
  • jouer au touriste dans sa propre ville et visiter des attraits qui ont souvent été recommandés mais qu’on n’a jamais visités,
  • essayer de nouveaux restaurants,
  • jouer dehors: faire un pique-nique dans un parc, du vélo, de la randonnée, profiter des spectacles en plein air,
  • se gâter: magasiner, aller au spa.

Comment tirer son épingle du jeu

Afin de contrer cette tendance à ne pas s’éloigner, certaines destinations ont décidé d’agir:

Virginia Tourism Corporation
Les vacances dans sa propre ville ou son État font l’objet d’une promotion particulière par la Virginia Tourism Corporation. La campagne «Park the Car and Enjoy a Virginia Getaway» propose une série de forfaits qui, comme son nom l’indique, ne requièrent pas de voiture pour les déplacements. Sur le site Internet de l’organisme, on fait valoir que la Virginie regroupe villes, villages, parcs et centres de villégiature où il est possible de séjourner deux ou trois jours sans avoir besoin d’une automobile.

Phoenix Convention and Visitors Bureau
Les hôtels de la Valley of the Sun, soit la grande région métropolitaine de Phoenix en Arizona, s’adressent aux locaux et offrent des forfaits «staycations». Selon le Phoenix Convention et Visitors Bureau, il s’agit là d’une excellente façon pour les résidants de s’offrir des vacances à bon prix tout en stimulant l’économie locale. Les hôtels offrent, entre autres, des rabais aux résidants de l’Arizona pour la location de chambres, des soins dans les spas, des repas ou encore des cartes prépayées d’essence.

Et ce type d’initiative relative à l’escalade du prix du pétrole est également observable sur le continent européen. En effet, des hôteliers français offrent à leurs clients de rembourser un plein d’essence, moyennant certaines conditions.

Au Québec

Moins touchés que les Américains par le phénomène des «staycations» puisque le ralentissement économique se répercute plus faiblement de ce côté-ci de la frontière, les vacanciers québécois doivent quand même composer avec la hausse fulgurante du prix du carburant. Un sondage CAA-Québec réalisé auprès de ses membres durant le mois de mai révèle que:

  • 47% d’entre eux réduiront leurs déplacements,
  • 29% choisiront une destination vacances à une courte distance du domicile,
  • 24% demeureront dans leur région de résidence.

Aussi, seulement 16% des répondants estiment que le prix de l’essence n’aura aucun impact sur leurs projets de vacances.

Pour minimiser l’influence du prix du carburant, le centre de vacances Pohénégamook santé plein air, dans le Bas-Saint-Laurent, présente des avantages intéressants. D’abord, les villégiateurs bénéficient d’une essence moins chère, exempte de certaines taxes, par le biais des postes d’essence frontaliers. De plus, ceux qui y séjournent au moins 4 nuitées lors de semaines spécifiques de l’été auront droit à un remboursement de 3% de la valeur du séjour en crédit-essence.

La région de la Mauricie joue aussi la carte du coût de carburant. La campagne promotionnelle estivale de Tourisme Mauricie s’adressant notamment aux marchés de Montréal et de Québec met ainsi l’accent sur la proximité de la destination: (…) à 90 minutes de Montréal, 90 minutes de Québec, ça coûte beaucoup moins cher qu’un plein d’essence».

Chacun chez soi? Bien sûr que non!

Malgré les incitatifs à demeurer chez soi, plus de 25 millions d’Américains voyageront à l’international cet été. Un sondage de l’American Automobile Association (AAA) indique qu’il s’agit là d’une hausse de 2,6% par rapport à 2007. Et les Québécois seront nombreux à voyager au Québec pour leurs vacances et à visiter les attraits d’ici!

Sources:
– Arranaga, Tony. «Valley Hotels Lure Locals with ‘Staycation’ Deals», abc15.com, 31 mai 2008.
– CAA. «Sondage CAA-Québec – Le prix de l’essence influence les projets de vacances», 4 juin 2008.
– Cravit, Cynthia Ross. «Need a Staycation?», 50PLUS.com, 5 juin 2008.
– L’Écho touristique. «Les hôteliers remboursent le plein», [http://www.lechotouristique.com/les-h-tels-remboursent-le-plein.141553], 24 juin 2008.
– Lévesque, Cindy. «La campagne estivale franchit le million $», Le Nouvelliste, 3 juin 2008.
– Owens, Charles. «Tourism Officials Emphasize Option of ‘Staycations’», Bluefield Daily Telegraph, 14 juin 2008.
– Rackl, Lori. «A Much-needed Staycation», USA Today, 4 juin 2008.
– Yates, Jennifer C. «Get Away on Vacation – at Home», 12 mars 2008.

Sites Internet:
Pohénégamook santé plein air
Virginia Tourism Corporation

More news by category News Necklace Intimate goods Rolex Replica Credits Tramadol online Bracelets Cialis online Underwear Suits Vicodin online Adipex online Autos Balans Chairs Free mp3 ringtones Blog Search the Web Cars Medicine news Xanax online Sportswear Ladies handbag Download Ringtones Green Card Information Sport Betting Boots ya.by Loan Online Trousers Ornaments Fashions Dating furniture Rington Yachts Boats Phentermine No Prescription Free Ringtones Best Ringtones mp3 music for mobile Cheap pharmacy shop Mobiles Cigarette Cheap drugs online shop Hydrocodone online Cases Ear rings Building materials Valium online FDA Approved Pharmacy Top auto-moto Credit Online notebook shop Chronometer Replica Rolex Cigarettes