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Tourisme durable

Récompenser les visiteurs pour leurs gestes écologiques?

Les incitations économiques sont considérées comme une composante clé de l’expansion du tourisme durable. Pourtant, elles font rarement partie du processus de production ou d’achat des produits touristiques. C’est bien connu: les choix des touristes écoconscients ne sont pas vraiment motivés par le prix, contrairement à ceux des autres, et surtout à ceux des touristes de masse, qui le sont encore. Des études montrent également que le prix est perçu comme un obstacle important à l’achat d’expériences touristiques responsables1.

Pour stimuler la demande du tourisme durable, il serait sans doute nécessaire d’offrir davantage d’incitations financières aux consommateurs et aux entreprises. Les petites entreprises pourraient profiter d’incitations telles que le dégrèvement et l’allègement fiscal pour les changements opérationnels visant la conservation des ressources. Si des occasions d’économiser étaient proposées aux consommateurs, la demande pourrait s’accroître, et le rendement de l’industrie, s’améliorer plus rapidement. Les incitations financières, si petites soient-elles, réussissent à attirer l’attention de segments de marché (celui des touristes de masse qui ne sont pas encore écoconscients, par exemple) et font partie d’initiatives d’éducation et de sensibilisation.

Les récompenses financières ne sont pas nécessaires dans tous les cas. Certaines exploitations touristiques donnent à leurs clients l’occasion de participer à différentes activités (écologiques et de nature, notamment) qui leur permettent de mieux comprendre l’importance de la conservation des ressources naturelles. Ces expériences sont considérées comme enrichissantes: les clients y attachent une grande valeur en plus d’en tirer un enseignement; elles suscitent de leur part des gestes responsables partout ailleurs.

Il existe de nombreux exemples d’incitations au comportement responsable: rabais accordé aux clients qui réutilisent leur tasse dans un restaurant, sacs écologiques offerts gratuitement dans un magasin et ainsi de suite. Cependant, peu d’endroits récompensent les touristes pour leurs gestes écologiques; voici quelques exemples de ceux qui le font.

Festivals…

En 2009, le festival de Roskilde au Danemark2 a pu lutter contre les changements climatiques en partie grâce à sa campagne Green Footsteps. Les organisateurs ont incité les clients à accomplir au moins une action écologique, comme l’utilisation des transports en commun plutôt que de la voiture pour se rendre au festival; ceux qui l’ont fait ont obtenu des green footsteps ou «pas verts». Les participants du festival ont fait un total de 40 000 gestes liés à la consommation d’énergie et à la production de C02; en récompense, ceux qui avaient assez de pas verts ont pu planter leur tente avant les autres. Ceux qui en avaient accumulé le plus ont été invités à se joindre à la Climate Community du festival, zone de camping fournissant une expérience enrichissante aux clients participants.

Parcs naturels…

Le parc naturel de Phillip Island3 (PNPI) à Victoria, en Australie, offre des expériences fauniques avec différentes espèces, telles que le manchot pygmée. Son programme de conservation et de bénévolat comprend des récompenses pour les participants. Parmi les nombreux projets de conservation que dirige le PNPI, on compte la végétalisation et le désherbage. Le parc récompense tous les bénévoles du pays et d’ailleurs qui aident aux travaux de conservation en leur offrant l’hébergement gratuit. Il offre également aux bénévoles de l’étranger l’entrée gratuite au parc. Le PNPI est un organisme sans but lucratif qui ne reçoit pas de subventions gouvernementales et qui génère ses propres revenus afin d’assurer sa viabilité.

Voyages organisés…

Le voyagiste GeoEx4 offre à tous ses clients qui font un don de 250$ ou plus au Living Planet Trust (un fonds orienté par le donateur et administré par la Tides Foundation of San Francisco) un bon de 250$ applicable à un voyage ultérieur. Ces dons déductibles d’impôt servent à compenser les émissions de carbone attribuables aux vols internationaux et à financer les initiatives locales des destinations visitées.

Stations de ski…

Plusieurs stations de ski nord-américaines ont conçu des programmes pour inciter les gens au covoiturage et au transport en commun, afin de limiter le nombre de voitures au pied des montagnes. Par exemple, à la station Arapahoe Basin5 au Colorado, les skieurs qui comptent quatre personnes dans leur voiture bénéficient d’une réduction de 30% sur leurs billets de remonte-pente. De plus, la station soutient financièrement un système local de transport par autobus qui, par son utilisation, permet de réduire les embouteillages et la pollution de l’air. De même, l’entreprise Aspen/Snowmass6 s’est associée à la Ville d’Aspen pour offrir à ses clients qui font du covoiturage (deux adultes ou plus) un permis de stationnement gratuit pour la journée.

Aéroports…

Plusieurs aéroports récompensent les écoconscients. À l’aéroport Logan de Boston7, les conducteurs de voitures hybrides ont droit au stationnement préférentiel tandis que les propriétaires de taxis à faibles émissions de gaz à effet de serre (GES) sont admissibles à une subvention de 25 000$ US. Les taxis hybrides ont également accès aux meilleures places pour accueillir les clients à l’aéroport. Le programme de location de voitures écologiques de l’aéroport de San Francisco, quant à lui, offre une réduction de 15$ aux clients qui louent des voitures hybrides8.

Îles…

La Targeta Verda9 ou «carte verte» est une initiative de la Fondation des Baléares visant à amasser des fonds auprès des touristes pour des projets de développement durable. Cette carte leur offre des réductions lorsqu’ils visitent des attraits touristiques ou qu’ils achètent des produits commerciaux. D’une valeur de 10 euros, elle est valide pendant 15 jours pour les visiteurs et pendant un an pour les résidents; elle donne droit à la location gratuite de vélos, entre autres. Jusqu’à maintenant, les fonds amassés grâce à la carte ont servi à des projets de restauration écologique de l’archipel ainsi qu’à des programmes d’interprétation du patrimoine et de sensibilisation des visiteurs.

Achats en ligne…

Le Green Rewards Store d’EcoPerks10 est une entreprise en ligne californienne qui donne des «écopoints» aux consommateurs qui achètent des produits et services responsables: t-shirts, crédits compensatoires, séjours dans l’un des hôtels W ou au Chumbe Island Coral Park à Zanzibar, par exemple. L’entreprise vend également une vaste gamme d’expériences touristiques à faibles émissions de GES dans différentes destinations, dont le deltaplane, l’observation des oiseaux, le kayak, les randonnées à vélo et ainsi de suite. Plus les gens achètent, plus ils obtiennent d’écopoints qu’ils peuvent utiliser pour acheter d’autres produits et services vendus par l’entreprise. Les clients peuvent faire don de leurs écopoints à des organisations non gouvernementales (ONG) agissant en faveur de l’environnement, à des projets de restauration d’écosystèmes et autres du genre. L’entreprise fournit également de l’information et des outils à ses clients pour les aider à réduire les répercussions négatives de leurs gestes quotidiens.

Sources:

1. Rheem, C. (2009). PhoCusWright’s Going Green: The Business Impact of Environmental Awareness on Travel, PhoCusWright, Sherman, CT, USA, 29 p.
2. Roskilde festival. Reserve a spot at the camping area [http://www.roskilde-festival.dk/uk/news/singlenews/reserve-a-spot-at-the-camping-area/] (page consultée le 7 juillet 2009).
3. Philip Island Nature Parks. Wildlife and habitat programs, [http://www.penguins.org.au/index.php?option=com_content&view=article&id=36&Itemid=19] (page consultée le 16 juin 2009).
4. Geographic Expeditions. Responsible Travel. Walking the Talk 2009, [http://www.geoex.com/about_us/responsible_travel.asp] (page consultée le 7 juillet 2009).
5. Arapahoe Basin, [http://www.arapahoebasin.com/ABasin/about/environment/transportation.aspx] (page consultée le 6 juillet 2009).
6. Aspen Snowmass, [http://www.aspensnowmass.com/onmountain/statsfacts/statsfacts.cfm?area=Aspen%20Mountain] (page consultée le 6 juillet 2009).
7. Massachusetts Port Authority. Preferred Parking at Logan for Passengers Driving Clean Fuel Vehicles, [http://www.massport.com/about/press_news_cleanvehiclehtml.html] (page consultée le 13 juillet 2009).
8. San Francisco International Airport. Save some green when you rent green, [http://www.flysfo.com/web/page/tofrom/rental-cars/greenrentals/] (page consultée le 13 juillet 2009).
9. Foundation for a Sustainable Balearics, [http://www.targetaverda.com] (page consultée le 4 juin 2009).
10. EcoPerks, [http://www.ecoperks.com/] (page consultée le 2 juillet 2009).

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Réseaux de distribution Tourisme durable

Gaz à effet de serre: Le rôle des agents de voyages canadiens

En 2006, 26 400 tonnes métriques de dioxyde de carbone ont été émises dans l’atmosphère, dont 5 % provenaient de l’industrie du tourisme (OMT, 2008). De ce pourcentage, les vols aériens comptaient pour 40% et les déplacements terrestres pour 36%.

Les changements climatiques et le tourisme sont interdépendants. Parce que les conditions météorologiques ont une lourde incidence sur les décisions d’affaires des voyagistes, les changements climatiques auront d’importantes répercussions sur l’avenir du tourisme. Au Canada, le tourisme saisonnier et de nature est souvent menacé par des situations météorologiques anormales ou incertaines. Pour y faire face, des changements coûteux pourraient être apportés aux infrastructures.

L’inquiétude croissante quant aux effets des changements climatiques sur l’industrie touristique suscite le besoin de découvrir ce que les parties prenantes du tourisme savent à propos de ces effets et si elles participent à leur atténuation.

Une étude de 2008, menée par Kole, Krestell, Parlagreco et Dodds à l’Université Ryerson, avait pour but d’évaluer le degré de sensibilisation des agents de voyages canadiens par rapport aux changements climatiques et leur désir d’offrir à leurs clients la possibilité d’acheter des crédits compensatoires comme stratégie d’atténuation. L’étude avait également pour but de déterminer s’il faudrait fournir plus d’information sur les questions environnementales et les crédits de carbone aux agents de voyages pour les aider à la transmettre aux clients par la suite.

Dans le cadre de cette étude, un sondage en ligne a été effectué auprès de 1 886 membres de l’Association canadienne des agences de voyages (ACTA) et de 2 500 membres de l’Institut canadien des conseillers en voyages (CITC). Le taux de participation à ce sondage a été de 5,9%.

Résultats

L’étude a permis de constater que les agents de voyages perçoivent les changements climatiques comme une menace, mais qu’ils ne sont pas au courant de la contribution de l’industrie touristique à ces changements. Leurs clients, les voyageurs, ne sont pas non plus conscients des répercussions de leurs habitudes de voyage sur le climat. La plupart des agents de voyages ont une compréhension sommaire (50%) des changements climatiques et des crédits de carbone. Plus de 50% d’entre eux visent d’abord les profits. Cependant, 9% des agences de voyages ont comme priorité «la diffusion de l’information sur les changements climatiques». Parmi les agents, 46% trouvent important d’aborder les questions environnementales liées au tourisme, mais leurs agences ne les encouragent pas à le faire.

De plus, 34% des agents de voyages canadiens croient que leurs clients seraient prêts à payer jusqu’à 10$ de plus pour des crédits compensatoires, bien qu’ils pensent que c’est au gouvernement que revient la responsabilité de débourser pour ces frais. Moins de la moitié de ces agents proposent «parfois» à leurs clients d’acheter des crédits de carbone, et les clients soulèvent rarement la question.

L’étude permet de conclure que la plupart des agents de voyages ont une connaissance et une compréhension sommaires des changements climatiques et des crédits de carbone; ils sont donc mal outillés pour informer leurs clients. C’est surtout pour cette raison que les agences hésitent à offrir aux clients les compensations comme option valable d’atténuation. Afin d’être de bons informateurs, les agents de voyages doivent être bien au courant des questions environnementales et des crédits compensatoires.

Mesures nécessaires

En vue d’accroître la sensibilisation du public, les gouvernements, les établissements d’enseignement et les entreprises doivent joindre leurs efforts pour informer les agents à propos des crédits de carbone et des effets des changements climatiques sur le tourisme. En tant que représentants de premier plan de l’industrie du tourisme, les agents de voyages peuvent influer de façon considérable sur les comportements des voyageurs et sur leurs connaissances en matière d’environnement.

Un certain nombre de mesures peuvent être prises pour sensibiliser l’industrie du tourisme à cette question et faire en sorte que les changements climatiques et les crédits de carbone soient une partie intégrante de l’industrie touristique:

  1. Campagne de formation pour les agents – les changements climatiques et les stratégies d’atténuation devraient faire partie du programme d’enseignement des écoles de tourisme.
  2. Sensibilisation accrue des clients par le biais de l’industrie du tourisme, afin qu’elle s’insinue dans l’ensemble de la population.
  3. Tarif fixe pour les clients qui désirent acheter des crédits compensatoires.

Les agents de voyages doivent prendre conscience de leur possibilité d’influer sur l’atténuation des effets des changements climatiques. Les agents peuvent aider à modifier les comportements de leurs clients en leur montrant en quoi leurs voyages ont des conséquences sur le climat, et en leur offrant des options de compensation qui leur permettent de réduire leurs émissions de carbone.

Sources:

Kole, L, Krestell, S, Parlagreco, L et R. Dodds (2008). Climate Change and Carbon
Offsetting, Ryerson University, Toronto, Canada, 49 pages.

Organisation mondiale du tourisme (2008). Climate change and tourism:
Responding to global challenges [http://www.unwto.org/index.php].

 

Rachel Dodds, professeure, Ted Rogers School of Hospitality & Tourism Management, Ryerson University

Rachel Dodds est reconnue à travers le monde en tant qu’experte du tourisme durable. Elle est professeure à la Ted Rogers School of Hospitality and Tourism Management à l’Université de Ryerson et directrice de la firme de consultants Sustaining Tourism. Elle est l’auteure des livres “Power and Politics” et “Sustainable Tourism in Islands”. Ses champs d’expertise se concentrent sur le tourisme durable, les changements climatiques et la responsabilité sociale des entreprises. Elle est titulaire d’un Ph.D. de l’Université de Surrey en Angleterre et d’une Maîtrise en gestion du tourisme de l’université de Griffith en Australie. Elle est membre fondatrice de la Canada’s Icarus Foundation, participe au Sustainability Council for the Tourism Industry Association et est ex-membre de la Travel and Tourism Research Association of Canada. Elle a vécu et travaillé sur quatre continents et a voyagé dans plus de 75 pays. 

Champs d’expertise:

  • Tourisme durable
  • Changements climatiques
  • Responsabilité sociale des entreprises

Site de l’institution

Voir les analyse de Rachel Dodds

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Produits et activités

Les vélos-dimanches

Tous les dimanches matin, de 9 h à 13 h, du 17 mai au 6 septembre, la route appartient aux cyclistes et aux patineurs à Ottawa! Plus de 50 kilomètres à parcourir en toute sécurité sur des promenades panoramiques fermées à la circulation automobile.

En plus, l’écokiosque des vélos-dimanches Alcatel-Lucent permet aux cyclistes de découvrir ce qu’est un bilan de carbone et d’apprendre à réduire leur impact sur l’environnement.

Une bonne idée à développer pour promouvoir le cyclotourisme!

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Tourisme durable

Les jeunes voyageurs moins fortunés sont prêts à payer plus pour un tourisme durable

La quantité de voyageurs dans le monde a continué d’augmenter malgré la récession (902 millions de voyageurs internationaux en 2008 – une hausse de 4% par rapport à 2007), mais les entreprises et les organismes gouvernementaux en constatent les effets néfastes. Les touristes et les communautés locales peuvent atténuer ces effets en adoptant des pratiques de tourisme durable. Or, la demande en cette matière est difficile à évaluer, puisque la plupart des données sont anecdotiques et reflètent plutôt un désir d’agir que de payer.

Malgré les multiples études menées par des organisations telles que Lonely Planet et National Geographic, peu de données ont été recueillies sur les gens qui ont visité le Canada, et encore moins Toronto, sa plus grande ville. Une étude d’Arente et Ennamorato (TNS Canadian Facts, 2007) sur les connaissances et les perceptions des voyageurs canadiens par rapport au tourisme durable a permis de constater que seulement 12% des Canadiens connaissaient un peu ce concept et 31% n’en avaient jamais entendu parler. En outre, 49% des touristes seraient prêts à adopter des pratiques de tourisme durable pendant leur voyage tandis que 42% d’entre eux auraient recours aux agences de voyages qui en suivent les lignes directrices. Selon plus de 75% des répondants, les entreprises qui vendent des produits touristiques et les médias de masse devraient se charger d’informer le public à propos du tourisme durable.

À ces données s’ajoute une étude récente menée par Dodds, Antonov, Babkina et Gordon (Fall, 2008) auprès de 400 personnes ayant visité Toronto. Le but de l’étude était d’évaluer le degré de demande et d’utilisation de produits de tourisme durable (comme le fait de choisir des voyagistes responsables, de compenser les émissions de carbone de leurs vols et de leur voiture, et de favoriser les produits et services verts tels que les hôtels dotés d’une politique environnementale, les aliments et les produits biologiques et équitables, etc.).

Résultats

Les résultats de l’étude montrent que les répondants étaient jeunes, prêts à payer et pas nécessairement riches. En effet, 46% d’entre eux étaient âgés de 19 à 29 ans et leur revenu familial était relativement faible (48% avaient un revenu se situant entre 24 000$ et 59 000$). En outre, 11% des personnes sondées étaient disposées à payer entre 11 et 25% de plus, contre 59% qui paieraient un supplément de 1 à 10%.

Bien que le terme « tourisme durable » semble souvent prêter à confusion (45% n’en avaient jamais entendu parler ou ne savaient pas que ce type de tourisme existait), 72 % des répondants ont dit qu’ils utiliseraient probablement des produits de tourisme durable à l’avenir.

Selon l’étude, les répondants qui étaient prêts à acheter des produits de tourisme durable (77%) étaient d’accord pour les payer plus cher.

Quant à ce qui motivait leur choix, 44% des répondants ont dit qu’ils optaient pour le tourisme durable par respect pour l’environnement. Une certaine proportion de gens saisissaient l’importance (39%) de ce type de tourisme ou pensaient qu’il correspondait à leurs valeurs morales (38%).

Conclusion

Bon nombre de sceptiques soulèvent le fait que la demande pour des produits touristiques responsables n’est pas forte. Cela s’explique peut-être par un manque d’informations
(33% des voyageurs qui n’avaient jamais acheté de produits de tourisme durable ont dit que c’était parce qu’ils n’en avaient jamais entendu parler).

Les voyageurs canadiens se comparent aux voyageurs internationaux. En 2007, TripAdvisor Media Network a sondé 1 000 voyageurs du monde entier: 38% d’entre eux ont dit qu’ils préféraient opter pour le tourisme vert. Ces données correspondent aux résultats de l’étude menée à Toronto. Seulement 4% des répondants n’envisageaient pas du tout de voyager de façon écologique à l’avenir, tandis que 44% considéreraient peut-être acheter des produits de tourisme durable.

Sources:

Arente, H., et M. Ennamorato (2007). TNS Canadian Facts. Sustainable tourism: Travel like you mean it! [http://www.tns-cf.com/conferences/ttra/ttra-2007.pdf] (page consultée le 16 décembre 2008).

Dodds, R., Y. Antonov, I. Babkina, et S. Gordon (2008). Travellers’ Demand and Participation for Sustainable Tourism Practices in Canada. Toronto, Ryerson University.

TripAdvisor. (2007). TripAdvisor travelers keen on going green. Communiqué de presse. [http://www.tripadvisor.co.uk/PressCenter-i120-c1-Press_Releases.html.] (page consultée le 16 décembre 2008).

 

Rachel Dodds, professeure, Ted Rogers School of Hospitality & Tourism Management, Ryerson University

Rachel Dodds est reconnue à travers le monde en tant qu’experte du tourisme durable. Elle est professeure à la Ted Rogers School of Hospitality and Tourism Management à l’Université de Ryerson et directrice de la firme de consultants Sustaining Tourism. Elle est l’auteure des livres “Power and Politics” et “Sustainable Tourism in Islands”. Ses champs d’expertise se concentrent sur le tourisme durable, les changements climatiques et la responsabilité sociale des entreprises. Elle est titulaire d’un Ph.D. de l’Université de Surrey en Angleterre et d’une Maîtrise en gestion du tourisme de l’université de Griffith en Australie. Elle est membre fondatrice de la Canada’s Icarus Foundation, participe au Sustainability Council for the Tourism Industry Association et est ex-membre de la Travel and Tourism Research Association of Canada. Elle a vécu et travaillé sur quatre continents et a voyagé dans plus de 75 pays. 

Champs d’expertise:

  • Tourisme durable
  • Changements climatiques
  • Responsabilité sociale des entreprises

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Produits et activités Tendances

Portrait des croisières internationales

L’année 2009, frappée de plein fouet par la crise économique, demeurera pour plusieurs secteurs de l’industrie touristique une année catastrophique. Pour les croisières, elle aura été plutôt une année de croissance du nombre de passagers, alimentée par une baisse importante des coûts des forfaits. Quant aux perspectives de 2010, elles sont des plus positives: nouveaux navires, nouvelles clientèles, augmentation des réservations et hausse des tarifs. De grandes tendances se pointent à l’horizon; on n’a qu’à penser au Web 2.0, au développement durable et à l’internationalisation de la clientèle. Voici un bref survol de cette industrie et de son avenir à court terme.

État de la situation

Au cours d’une présentation effectuée le 20 janvier 2010 par la Cruise Lines International Association (CLIA), messieurs Terry L. Dale et Richard E. Sasso, respectivement président et titulaire du comité marketing, ont partagé quelques prévisions pour l’année 2010. Le nombre de passagers devrait atteindre 14,3 millions alors qu’il était de 13,4 millions en 2009. Les prix seront à la hausse, mais toujours en deçà de ceux de 2008. Les grandes aubaines affichées à l’hiver 2009 ne reviendront pas cette année, mais il sera encore possible pour le consommateur de bénéficier de promotions spéciales telles que les crédits à dépenser à bord, le billet d’avion gratuit, les croisières 2 pour 1, etc.

Les compagnies introduiront 12 nouveaux navires en 2010, dont les très attendus Norwegian Epic, l’Allure of the Seas et le Disney Dream. Selon un sondage effectué auprès des agents affiliés de la CLIA, ces derniers sont extrêmement optimistes et prévoient une hausse des réservations pour les trois prochaines années. De plus, toujours selon une autre enquête menée par la CLIA,  34 millions d’Américains avaient l’intention de partir en croisière entre 2008 et 2011.

Par ailleurs, l’Alaska éprouve en ce moment d’énormes difficultés en raison des redéploiements annoncés par la plupart des compagnies d’ici les deux prochaines années. Si la tendance se maintient, l’Alaska Travel Industry Association prévoit une baisse de 140 000 passagers en 2010, pour atteindre un total de 860 000 personnes.

Tendance du Web 2.0 à surveiller

La plupart des compagnies utilisent quotidiennement le Web social dans leur campagne marketing. Il ne suffit que de regarder l’exemple du lancement d’Oasis of the Seas par Royal Caribbean à l’automne 2009. Un site Internet a d’abord été complètement dédié à ce nouveau bateau. Les visiteurs pouvaient suivre en temps réel l’évolution de sa construction. De nombreuses vidéos ont été mises en ligne, allant de la traversée inaugurale à la présentation des activités à bord. D’ailleurs, son passage risqué sous le pont Storebaelt au Danemark a suscité énormément d’intérêt sur la toile. Un concours en ligne a aussi été organisé pour dénicher des reporters 2.0. Au total, 4,8 millions de visiteurs uniques ont fréquenté le site.

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http://www.oasisoftheseas.com/

Cela sans parler de l’énorme succès du blogue de John Heald, directeur de croisières chez Carnival Cruise Lines. Son succès est si important qu’il a permis la tenue de deux croisières thématiques dédiées uniquement à ses lecteurs en 2009. La majorité des compagnies, de même que de nombreux ports d’escale, ont maintenant leurs profils Twitter et Facebook.

Voguer vers des croisières durables

Le développement durable devient aussi une préoccupation importante autant auprès des consommateurs que des compagnies et des représentants des destinations. Les croisières écologiques sont de plus en plus populaires et contribuent énormément au positionnement d’une destination. Que l’on pense à Écoventura qui utilise des panneaux solaires et des éoliennes sur ses croisières dans les îles Galapagos ou aux ports de Los Angeles, Seattle et Vancouver qui offrent maintenant le branchement à quai.

Le développement des excursions est aussi influencé par ce phénomène. Costa Cruises a développé 240 excursions écologiques afin de diminuer son impact environnemental. La région de la mer Baltique vient également de se doter d’un programme environnemental majeur. Entre autres, elle a  l’intention d’équiper tous ses ports d’installations de branchement à quai.

Finalement, un changement important de législation obligera les compagnies de croisières à utiliser un carburant moins lourd en oxydes de soufre à moins de 200 miles nautiques des côtes du Canada et des États-Unis (Lire aussi: Nouvelle réglementation sur la pollution de l’air par les compagnies de croisières: un désastre financier?). Évidemment, l’industrie s’inquiète quant à l’adoption de cette loi, principalement en raison de considérations économiques, par exemple la rentabilité des itinéraires effectués dans la zone protégée, mais aussi quant à la disponibilité du carburant en quantité suffisante.

Évolution de l’offre

Influencés par la crise économique, certains indicateurs se sont légèrement modifiés depuis quelques années. Ainsi, on dénote une plus grande sensibilité des consommateurs au prix des forfaits croisières. Les compagnies rivalisent d’ingéniosité pour créer des forfaits intéressants. Ce phénomène a aussi suscité la mise sur pied d’incitatifs économiques de la part des destinations. Les ports d’Ukraine offrent 50% de rabais à chacune des escales effectuées à l’hiver 2010. La sensibilité aux tarifs est également à l’origine de la multiplication des ports d’embarquement. La clientèle souhaite de plus en plus se rendre en voiture au lieu de départ de la croisière. De plus, la période entre l’achat du forfait et le départ en croisière s’est écourtée, passant de 5,6 mois en 2008 à 4,6 en 2009.

Les croisiéristes sont de plus en plus expérimentés. Ils ont navigué sur la mer des Caraïbes, près de l’Alaska ou le long de la côte ouest des États-Unis. Ils recherchent de nouvelles destinations. C’est pourquoi le secteur assiste présentement à l’émergence de certaines destinations du Moyen-Orient, de l’Asie du sud-est et de l’Australie. Le gain de popularité pour les croisières en Europe n’est pas non plus étranger à ce facteur. Les croisières fluviales représentent aussi un marché en pleine expansion. Ainsi, les agents de voyages affiliés à la CLIA indiquent que 34% de la clientèle démontre un très fort intérêt pour les croisières fluviales. En 2008, le nombre de lits disponibles eu Europe était de 71 300, une augmentation de 15% comparativement à 2007 et de 62% depuis 2005.

On observe d’autres tendances telles que la popularité des croisières thématiques, principalement culinaires et vinicoles, de même que le succès des excursions culturelles et privées. Un nouveau type d’excursion gagne en popularité: le mid-cruise. Il permet aux visiteurs de passer quelques jours dans une même destination. La compagnie Silversea Cruises a annoncé 40 forfaits de ce genre en 2010.

La clientèle s’internationalise

La clientèle se diversifie progressivement. Majoritairement américaine, la proportion des passagers de provenance internationale tend à augmenter de plus en plus rapidement. En effet, 13,4 millions de personnes ont fait une croisière en 2009; de ce nombre, 23,5% provenaient de l’international comparativement à 10% en 2000. De plus, une proportion grandissante de Canadiens prend la mer; ils étaient 775 000 à le faire en 2009, une augmentation de 9% par rapport à 2008. Les Canadiens représentent désormais le quart de la clientèle internationale des croisières.

Maintenant que le pire de la crise économique est passé, les prévisions pour les prochaines années sont des plus optimistes. Les tendances qui touchent ce secteur ressemblent à de nombreux égards à celles des autres secteurs de l’industrie touristique: développement durable, réseaux sociaux, consommateur de plus en plus expérimenté et informé, etc. Cette industrie n’a plus à démontrer sa résilience et son adaptation rapide aux changements.

Saurons-nous suivre la vague?

Analyse rédigée dans le cadre de la veille thématique réalisée pour le ministère du Tourisme du Québec.

Source:
CLIA, Media Cruise Update, présentation du 20 janvier 2010.
CLIA, As a source of passengers and appealing cruise itineraries, Canada’s importance to cruise industry continues to grow.
CLIA, 2008 Cruise Market Profile Study.
European politics, Baltic Region: OPS for Sustainable Port Development, 12 octobre 2009.
http://www.travelweekly.com/article3_ektid206492.aspx
http://www.ecoventura.com/aboutus/ourgalapagoscommitment.aspx
http://www.expertcruiser.com/blog/mr-popular-carnival-announces-additional-bloggers-cruises-with-john-heald/
http://www.cruiseindustrynews.com/cruise-news/3530-1410-odessa-reducing-port-dues-in-2010.html

Analyse rédigée dans le cadre de la veille thématique réalisée pour le ministère du Tourisme.

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Produits et activités

Nouvelle réglementation sur la pollution de l’air par les compagnies de croisières : un désastre financier ?

Est-ce que de nouvelles réglementations environnementales, plus contraignantes et onéreuses pour les promoteurs ou fournisseurs de services touristiques, auront des effets négatifs sur la demande ou la fréquentation de notre destination? Voyons l’exemple plus précis de l’industrie des croisières, qui verra prochainement son coût de carburant augmenter considérablement en raison de l’adoption d’une proposition conjointe du Canada et des États-Unis de réduction des émissions polluantes.

Les territoires se positionnent à propos des nouvelles réglementations

L’International Maritime Organization (IMO), a approuvé la proposition conjointe du Canada et des États-Unis visant à délimiter une zone de contrôle des émissions polluantes (ECA) à 200 milles nautiques des côtes. Les bateaux devront alors utiliser un carburant de meilleure qualité, diminuant considérablement les particules polluantes rejetées dans l’air. Actuellement, le protocole prévoit des réductions d’oxydes de soufre allant de 4,5 % à 3,5 % au premier janvier 2012 et jusqu’à 0,50 % en 2020 pour tous les autres territoires. Les zones ECA dont celle du Canada et des États-Unis vont plus loin et exigent la réduction des émissions de soufre de 1,5 % à 1 % au 1er août 2012 et à 0,10 % en 2015. L’ECA nord-américaine comprendra également l’archipel d’Hawaï et Anchorage.

Selon l’Environmental Protection Agency (EPA), lorsqu’elle sera complètement implantée, cette nouvelle politique amènerait une réduction de 80 % des émissions d’oxydes d’azote et 96 % des émissions de soufre. Parmi les bénéfices projetés, mentionnons la diminution des frais de santé de l’ordre de 110 à 280 milliards USD d’ici 2030.

Les compagnies de croisières ont accueilli plutôt froidement cette nouvelle. Il faut comprendre que le coût du carburant propre est de deux fois celui utilisé présentement. La Cruise Lines International Association (CLIA) émet également de sérieuses réserves quant à la disponibilité en Amérique du Nord de ce type de carburant ainsi que face à l’établissement de la zone de 200 miles, jugée trop grande

Des répercussions plutôt inégales

L’Amérique du Nord n’est pas le seul territoire visé par ce type de réglementation. L’Antarctique, la mer Baltique, la mer du Nord ainsi que la Californie disposent déjà de réglementations similaires. Les effets sur la destination varient considérablement. En Antarctique par exemple, la modification adoptée en juillet 2009 et qui entrera en vigueur en 2011, interdit aux bateaux de transporter un fioul lourd. Cette décision nécessitera l’utilisation d’un carburant écologique pendant toute la durée de la croisière, généralement au départ de Buenos Aires. Plusieurs compagnies telles que Swan Hellenic et Voyages of Discovery ont dû retirer cet itinéraire de leur brochure. Le coût d’un tel type de voyage est déjà fixé à environ 5 000 euros par personne.

Les régions de la mer Baltique et de la mer du Nord se sont aussi dotées d’une ECA, et ce, depuis 2006. De son côté, la Californie exige depuis juillet 2009 l’utilisation d’un carburant plus écologique à moins de 24 milles des côtes. La côte Ouest américaine ne semble avoir subit aucun redéploiement suite à cette mesure, même que de nouvelles escales se sont ajoutées. Notons entre autres, le Disney Wonder qui sera positionné au port de Los Angeles en 2011.

Le Air Ressources Board estime que cette nouvelle loi coûtera de 140 à 360 millions aux compagnies de transport maritime par année. Certains experts mentionnent que les deux projets d’ECA adoptés cette année pourraient inciter d’autres régions à déposer des demandes en ce sens.

L’exemple de l’Alaska

En 2006, l’Alaska a voté l’entrée en vigueur d’une taxe de 50$ par passager afin d’obtenir des fonds pour protéger ses ressources. Cette initiative est fréquemment citée comme étant la cause du redéploiement de plusieurs bateaux vers l’Europe pour 2010 de la plupart des compagnies desservant la destination. Les consommateurs étant particulièrement sensibles aux tarifs lors d’une période de crise, les compagnies se sont lancées en 2009, dans une vague de rabais et de promotions hors du commun. La taxe par passager exerce ainsi une pression supplémentaire sur le prix total du forfait.

D’autres facteurs influencent peut-être cette diminution? D’une part, la demande pour les croisières en Europe augmente rapidement et d’autre part, la proportion de la clientèle européenne est en forte croissance par rapport à celle des Américains. Selon la CLIA, la proportion des passagers étrangers ayant pris part à une croisière en 2008 est passée de 18 % à 22 % par rapport à 2007. On peut supposer que le redéploiement des bateaux de croisières vers l’Europe soit attribuable à une combinaison de facteurs et non seulement à une hausse du tarif pour le consommateur.

Les tendances actuelles

Plusieurs gestionnaires de l’industrie touristique s’interrogent sur la façon dont cette loi affectera la demande pour l’itinéraire Canada/Nouvelle-Angleterre.

Les augmentations importantes du coût du carburant en 2008 ont amené les compagnies à modifier leurs itinéraires et à offrir plus de croisières 4 à 5 jours. Cette tendance répond également avec les demandes des voyageurs qui cherchent des façons de diminuer le coût de leur voyage. Raccourcir la durée en est une, limiter – voire éliminer – les déplacements aériens en est une autre. Ceci explique la multiplication des ports d’embarquement afin qu’une plus grande proportion des croisiéristes puissent se rendent au port d’embarquement par voie terrestre. Les États-Unis comptent maintenant une trentaine de ports d’embarquement desservant la moitié de la population.

Dans son analyse de l’impact des croisières pour l’économie américaine, la Business Research and Economic Advisors (BREA) a déterminé que 19 % des passagers résident dans un État de la côte Est ou au Québec. Les croisières qui naviguent sur le Saint-Laurent viennent pour la plupart de New York, Boston, Montréal et Québec. Ce bassin de clientèle très important pour les armateurs le demeurera au cours des prochaines années. La tendance visant à éliminer le plus possible les déplacements en avion se maintiendra. Il est cependant difficile de prévoir comment réagiront les croisières transatlantiques avec l’adoption de cette nouvelle loi.

Une adaptation inévitable

Il est évident que la direction donnée par l’IMO ne changera pas. Ce n’est qu’une question de temps avant que toutes les régions ne se dotent de zones contrôlées et rejoignent l’Antarctique, la mer Baltique, la mer du Nord et bientôt le Canada et les États-Unis. Comme une hausse des coûts d’exploitation est à prévoir, il faut s’attendre à une hausse du prix forfaitaire. Les croisières Canada/Nouvelle-Angleterre seront désavantagées par rapport à celles au départ de la Floride vers les Caraïbes qui jouissent d’un tracé plus court en zones contrôlées.

Peut-on réellement comparer ces deux produits? La destination « Saint-Laurent » ressemble beaucoup plus dans l’esprit du voyageur à celle de l’Europe du Nord ou de l’Alaska, territoires déjà ciblés par la nouvelle réglementation. L’exemple de l’Alaska indique qu’il existe un important risque associé à l’établissement d’une nouvelle taxe par passager pour une destination souhaitant agir de façon isolée. Dans un contexte où deux pays s’unissent à d’autres pour établir les mêmes règles, la donne est complètement différente. Toutefois, il y aura sans doute à court terme certaines modifications au niveau des itinéraires. Il faudra donner le temps aux consommateurs de s’ajuster aux nouveaux tarifs. Selon une récente étude de PhoCusWright (Going Green : The Business Impacts of Environmental Awareness on Travel), les Américains sont enclins à défrayer un supplément pour une croisière environnementale dans diverses proportions :

Tableau 1 : Disposition des Américains à débourser un montant supplémentaire
pour une croisière environnementale

Reglementation_pollution_croisiere_tabl1

L’EPA estime que les coûts associés à cette nouvelle réglementation représenteront 7 $ de plus par passager par jour mais l’industrie les évalue plutôt entre 15 et 20 $. La durée moyenne d’une croisière sur le Saint-Laurent est d’environ 10 jours et le coût de 1 993 $ (prix obtenu sur le site de Princess Cruises pour une croisière de 10 jours en octobre 2009). Il s’agirait d’une hausse entre 3,5 % à 10 % du prix. Néanmoins, cette hausse du tarif du forfait représentera pour le consommateur une plus petite proportion que celle appliquée à la destination des Caraïbes. Les croisières sur le Saint-Laurent sont considérées plus haut de gamme, le coût additionnel est donc moins significatif.

Une autre solution possible ?

La firme de consultation DNV vient d’émettre une certification pour le premier cargo équipé d’un système de filtration de l’échappement, qui est en mesure de répondre aux critères des zones de contrôle d’émission tout un utilisant un carburant traditionnel. Pour l’instant l’EPA ne considère pas ce type de technologie comme étant acceptable afin de réduire les émissions. La CLIA quant à elle, recommande fortement la poursuite des recherches dans ce secteur et dénonce les limites émises par l’EPA dans ce dossier.

Comme dans de multiples autres secteurs, les politiques s’orientent vers une meilleure protection de l’environnement, l’industrie des croisières n’y échappera pas. Si cette politique suscite aujourd’hui des inquiétudes pour l’ensemble des acteurs de l’industrie, elle rassure les populations.

Analyse rédigée dans le cadre de la veille thématique réalisée pour le ministère du Tourisme du Québec.

Sources:

Antarctic and Southern Ocean Coalition, IMO to consider Ban on Heavy Fuel Oil in Antarctic Waters

Business Research and Econic Advisors, 2008 U.S Economic Impact AnalysisCruise Lines International Association, Market Overview 2008

DNV Managing risk, http://www.dnv.com/press_area/press_releases/2009/dnvcertifiesthefirstmaritimesoxexhaustgasscrubber.asp

Environmental Protection Agency

HIS, EPA Proposes Clean Air Rule to Reduce Emissions from large ships, juillet 2009

International Maritime organization, International Convention for the Prevention of Pollution from Ships, 1973, as modified by the Protocol of 1978 relating thereto (MARPOL)

McClatchy News Papers, U.S. Canada near agreement to control pollutants form ships, Renee Schoof, 2 septembre 2009

PhoCusWright, Going green the business impacts of environmental awareness on travel

Princess Cruises, http://www.princess.com/

Professional Travel Guide, Cruise lines weight costs of a new Emission Control Area, Johanne Jainchill, 22 juillet 2009

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Ailleurs dans le monde Tourisme durable

Mon beau sapin, roi des vélos!

Cette année, le sapin de Noël de la ville de Copenhague s’illuminera grâce aux muscles des Danois. L’énergie produite par les cyclistes des 15 vélos stationnés autour de l’arbre de 17 mètres allumera les 700 ampoules DEL qui le décorent. Chacun peut y aller de quelques coups de pédales: cyclistes professionnels, enfants et même politiciens!

Sapin-copenague

Source: inhabitat

L’arbre ainsi illuminé est à la fois un symbole du rêve de Copenhague de voir les villes du monde adopter des modes de transport écologique et de l’amour de la capitale pour le cyclisme.

Le sapin de Noël est l’un des éléments qui animeront City Hall Square. Celui-ci sera transformé en un espace culturel et soucieux de l’environnement, le Hopenhagen Live. Du 7 au 18 décembre, spectacles musicaux et expositions à travers la ville attirent l’attention sur la United Nations Climate Change Conference (COP15), qui se tiend durant la même période.

Source:
– Chen, Olivia. «Copenhagen’s Christmas Tree Will Be Pedal Powered!», Inhabitat, 2 décembre 2009.

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Produits et activités Tourisme durable

Les parcs éoliens ont-ils une incidence sur le tourisme?

Comme bon nombre d’endroits, le Québec s’est doté d’un cadre stratégique en vue d’augmenter la production d’énergie à partir de sources renouvelables telles que le vent (1). La construction de parcs éoliens représente un défi à bien des égards. Dans le domaine du tourisme, elle a une incidence directe sur l’aspect visuel des paysages et sur l’industrie, étant donné les pertes économiques potentielles. Les détracteurs des parcs éoliens croient que l’implantation d’imposantes structures de métal donnera au paysage des régions rurales et naturelles une allure industrielle; ce qui est néfaste, selon des préférences des individus.

Les paysages sont une importante ressource touristique; il est donc peu probable que l’industrie du tourisme accorde un soutien sans équivoque aux parcs éoliens. C’est d’ailleurs pour cette raison que la lutte contre l’intégration de ces parcs près des attraits touristiques persiste, alors que les opinions à leur sujet continuent de diverger. Par exemple, certains s’opposent à l’éolienne érigée récemment sur Grouse Mountain, à Vancouver (2),  et d’autres, au projet de construction d’un parc éolien près du Mont-Saint-Michel, en France, même s’il est censé être placé à quelque 15 km de ce site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO (3).

Les éoliennes comme attraits touristiques?

Grâce à leur fonctionnalité en matière de production d’énergie propre, les éoliennes sont, pour certains, un symbole du développement durable; ce qui leur vaudra peut-être d’être reconnues comme éléments du patrimoine moderne. Les moulins sont les prédécesseurs des éoliennes, et ces derniers ont également fait l’objet de protestations lorsqu’ils sont apparus dans le paysage européen, vers le 12e siècle. Aujourd’hui, dans des pays comme la Hollande, les moulins font partie des images patrimoniales et, au Québec, bon nombre d’entre eux, comme ceux de L’Île-Perrot et de l’Isle-aux-Coudres, sont des attraits touristiques.

Cependant, les éoliennes ont elles-mêmes peu de chances de devenir des attraits touristiques majeurs, parce qu’elles font maintenant de plus en plus partie des paysages humanisés de nombreux pays. Dans certains cas, elles permettent de diversifier les attraits d’une destination, comme à Cap-Chat, dans la péninsule gaspésienne, où un centre d’interprétation possède la plus haute éolienne à axe vertical au monde. Ailleurs, d’autres centres d’interprétation du même genre offrent des visites guidées, et au Danemark, par exemple, il est possible d’aller en bateau voir le parc éolien en mer de Middelgrunden près de Copenhague. Les opinions et les comportements par rapport aux parcs éoliens changeront certainement au cours du temps, les gens s’y habituant peu à peu, mais il est peu probable qu’ils fassent l’unanimité un jour.

Préférences des touristes

Selon une analyse écossaise de plusieurs études sur l’incidence des parcs éoliens sur le tourisme, les effets néfastes globaux de ces derniers seraient limités (4). Toutefois, en général, les touristes préfèrent que les projets d’énergie éolienne soient situés loin des zones d’hébergement, des sites historiques, des sites et points de vue panoramiques et des lieux de beauté naturelle. La proportion des visiteurs qui s’opposent catégoriquement à ce que les éoliennes soient placées à proximité des attraits touristiques semble minoritaire, d’après certains rapports. Par exemple, en France, un sondage à l’échelle nationale a montré que 22 % des répondants pensaient que les éoliennes avaient des répercussions néfastes sur le tourisme, le reste des sondés y étant favorables ou indifférents (5). De même, selon un sondage mené dans la région du Languedoc-Roussillon, 16 % des visiteurs trouvaient que les éoliennes gâtaient le paysage (6). Dans une étude écossaise plus récente, on a pu constater que de 20 % à 30 % des touristes environ préféraient les paysages sans éoliennes, tandis que le reste des répondants y étaient surtout favorables ou indifférents (4). La perception des touristes a également été évaluée à l’intérieur d’une étude menée dans la région gaspésienne du Québec, où une bonne partie des visiteurs se sont exprimés en faveur des parcs éoliens (6). Quant à la création éventuelle de nouveaux parcs, cependant, 56,4 % d’entre eux préféraient une grande concentration d’éoliennes en peu d’endroits (plus de 12 éoliennes) à une petite quantité en multiples endroits (moins de 12 éoliennes), et 5,6 % des sondés ne voulaient pas d’éoliennes dans la région gaspésienne (7).

Conséquences économiques

Bien que les études de préférence obtiennent généralement des résultats semblables, très peu d’études quantitatives qui permettent d’établir un lien empirique entre les retombées économiques nettes pour le tourisme et les parcs éoliens ont été publiées jusqu’à maintenant (8). Plusieurs études évaluent les préférences éventuelles, en fonction de scénarios hypothétiques, pour connaître leur incidence probable sur le tourisme (9,10). Elles ont tendance à montrer que les visiteurs ne cesseraient pas de fréquenter un endroit si un parc éolien y était construit, comme l’ont indiqué 92 % des gens interrogés lors d’un sondage mené en Angleterre du Sud-ouest, par exemple (9).  Dans l’ensemble, rien ne laisse supposer que les parcs éoliens pourraient avoir des conséquences économiques néfastes sur le tourisme.

Un rapport écossais a évalué les retombées économiques nettes de la construction d’un parc éolien en calculant l’effet combiné des changements en matière de tourisme résultant d’une telle construction, de leur incidence sur les revenus et du désir des clients de payer pour une «chambre avec vue» dans les établissements concernés. L’étude a porté sur quatre régions de l’Écosse, qui comptent pour près de 12 % de l’activité touristique, et a permis de constater qu’un total de 81 % à 98 % des touristes visitant ces régions seraient touchés (4). Elle a également évalué la proportion d’établissements d’hébergement de ces régions sur lesquels l’intégration de parcs éoliens aurait des conséquences : elle se chiffrait entre 9,83 % et 32,40 %. Parmi les touristes sondés lors de cette étude, 63 % ont dit préférer une vue sans éoliennes à partir de leur chambre d’hôtel, tandis que 28 % y étaient indifférents et 9 % y étaient favorables. Les auteurs laissent entendre que les perceptions des visiteurs par rapport aux parcs éoliens varient en fonction de l’endroit où ils se trouvent. Ainsi, les opinions sur les éoliennes changent selon qu’on les aperçoit, l’espace de quelques secondes, le long de la route ou qu’on les voit plus longtemps, sans bouger, à partir de sa chambre d’hôtel. Pour les établissements dont les vues sont compromises, l’étude a conclu à une réduction de fréquentation de 4,9 % à 16,20 % et évalue la diminution nette de leurs revenus entre 0,48 % et 1,59 % respectivement. Enfin, l’étude a établi que la construction d’un parc éolien pourrait se traduire par une perte de 2,5 % en raison du fait que moins de touristes reviendraient visiter la région (4).

Conclusion

Dans la plupart des endroits, comme au Québec, un vaste ensemble de lois et d’outils de planification permettent de limiter le plus possible les répercussions sociales et environnementales des parcs éoliens (11). En plus des conséquences visuelles qui en découlent, l’implantation de parcs éoliens continue de faire l’objet d’opposition pour différents motifs liés à la planification, à la gestion, à la maîtrise opérationnelle et à la redistribution équitable des bénéfices (12). Les quelques études dont il a été question ici permettent de constater que, bien que la majorité des touristes semblent favorables aux parcs éoliens, en y regardant de plus près, leurs préférences vont aux endroits visités et aux établissements fréquentés. Dans ce contexte, il serait intéressant d’évaluer de façon indépendante les effets des parcs éoliens sur le tourisme au Québec, à l’échelle locale et régionale.

Sources:

(1) Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (2006). L’énergie pour construire le Québec de demain. La Stratégie énergétique du Québec 2006-2015. Gouvernement du Québec. Québec. 138 p.

(2) Coulbourn, J. (2009). «Wind turbine power project installed atop Grouse
Mountain». The Province. 25 septembre. [http://www.theprovince.com/story_print.html?id=2035719&sponsor=] (page consultée le 10 octobre 2009).

(3) Nouvelobs (2009). «Manifestation anti-éolien au Mont-Saint-Michel». 26 septembre. [http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/sciences/20090926.SCI7308] (page consultée le 10 octobre 2009).

(4) Riddington, G., McArthur, D., Harrison, A., Gibson, H. (2008). The economic impacts of wind farms on Scottish tourism. A report for the Scottish Government.
[www.scotland.gov.uk/Resource/Doc/214910/0057316.pdf] (page consultée le 16 octobre 2009).

(5) Synovate (2003). Perception et représentation de l’énergie éolienne en France. Ademe. 18 p.

(6) Institut CSA (2003). Impact potentiel des éoliennes sur le tourisme en Languedoc-Roussillon, France. Synthèse de sondage. 5 p.

(7) Richard Guay Consultants (2004). Étude de marketing auprès des touristes de la Gaspésie afin de connaître leurs attitudes face à l’installation d’éoliennes. Un rapport présenté à TechnoCentre Éolien Gaspésie-les-Îles. Québec. 37 p.

(8) Riddington, G., McArthur, D., Harrison, A., Gibson, H. (2009). «Assessing the Economic Impacts of Wind Farms on Tourism in Scotland: GIS, Surveys and Policy Outcomes». International Journal of Tourism Research. Publié en ligne dans Wiley Interscience DOI: 10.1002/jtr.750 [http://www3.interscience.wiley.com/journal/122609399/abstract?CRETRY=1&SRETRY=0].

(9) VisitBritain (2006). Foresight. Issue 33. July. Strategy and Communications Division.

(10) Mori Scotland (2002). Tourist Attitudes towards wind farms. A research study conducted for the Scottish Renewables Forum and the British Wind Energy Association. Final Report. Edinburgh. 24 p.

(11) Ministère des Affaires municipales et des Régions (2007). Guide d’intégration des éoliennes au territoire: vers de nouveaux paysages. Gouvernement du Québec. Québec. 38 p.

(12) Saucier, C., Côté, G., Fortin, M.-J., Jean, B., Lafontaine, D., Feurtey, É., Guillemette, M., Méthot, J.-F., et Wilson, J. (2009). Développement territorial et filière éolienne. Des installations éoliennes socialement acceptables: élaboration d’un modèle d’évaluation de projets dans une perspective de développement territorial durable. Université du Québec à Rimouski. 227 p.

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Produits et activités Tourisme durable

Le tourisme volontaire, ça ne se passe pas qu’en Afrique!

Organisations de gestion de la destination (DMO), Tour-opérateurs, planificateurs de congrès, hôteliers, compagnies aériennes et de croisières  répondent au besoin d’un nouveau genre de visiteurs qui souhaitent donner de leur temps, de leurs efforts et même de leur argent pour aider les communautés qui les reçoivent. L’offre du tourisme volontaire dit «volontourisme» se structure et se diversifie autour de cette jonction entre le voyage et le bénévolat.

Le tsunami en Asie et l’ouragan Katrina en Nouvelle-Orléans ont donné à cette forme de tourisme une nouvelle impulsion. Toutefois, il n’est plus nécessaire de vivre un cataclysme ou d’être dans un  pays en développement pour susciter l’altruisme des visiteurs.

La culture, l’éducation, la science, l’aventure, l’agriculture, etc., sont autant de domaines où se manifeste le volontourisme, pourvu que les deux notions de tourisme et de volontariat soient combinées.

Taille du marché

Les volontouristes proviennent majoritairement de l’Europe de l’Ouest, des États-Unis et de l’Australie. Selon CNCS (Corporation for National and Community Service), le nombre de volontouristes américains a dépassé 4,7 millions en 2007, dont plus d’un million ayant voyagé à l’international.

  • En 2007, Cheaptickets a interrogé 430 voyageurs américains: 48% connaissaient le volontourisme, 5% en avaient déjà fait, 50% souhaitaient en faire et 55% envisageaient d’inclure un jour ou plus de bénévolat durant leurs vacances.
  • Travelocity a interrogé 1280 membres qui ont magasiné un voyage en 2007: 38% planifiaient effectuer du bénévolat pendant leur voyage en 2008, soit 11% de plus que l’année précédente.
  • En 2008, Condé Nast et MSNBC ont sondé 1600 personnes: 55% ont dit être intéressées par le volontourisme, 20% y ont déjà pris part et 62% de celles qui n’en ont jamais fait considèrent l’entreprendre dans le futur. Une grande majorité des interrogés, soit 95%, ayant déjà pratiqué le volontourisme comptent réitérer l’expérience.

L’Université de San Diego en Californie a interrogé 1400 volontouristes sur leur préférence en matière de choix de destinations (graphique1).

Les destinations internationales préférées des volontouristes américains, 2007

Bien que les destinations en voie de développement soient les plus demandées par les volontouristes américains, ils apprécient également l’Europe de l’Ouest et l’Australie. Parallèlement, 35% des baby-boomers interrogés préfèrent rester en Amérique du Nord.

Les  Britanniques privilégient d’autres destinations (tableau 1).

Les destinations les plus populaires des volontouristes britanniques

Malgré la baisse de la position du Canada du troisième au sixième rang, il reste tout de même parmi les dix destinations préférées des volontouristes britanniques.

Volontourisme et stratégie de marque d’une destination

Volontourisme Colorado

En 2006, la Jordanie a été le premier pays à adopter officiellement une stratégie liée au tourisme volontaire. Depuis, d’autres DMO et offices de tourisme et de congrès tels le Colorado, l’Arizona et Philadelphie ont suivi le pas. Ils y consacrent une section complète dans leurs portails Internet, voire l’affichent d’emblée sur la page d’accueil à l’instar de l’Idaho.

Volontourisme Idaho

Tourisme Idaho a répertorié les besoins des intervenants touristiques de la région en matière de bénévolat: zoos, musées, conservateurs de sites et bâtiments historiques ainsi que parcs pour créer une base de données complète de cette nouvelle offre touristique déclinée en attractions et en événements régionaux.

Volontourisme gestion de destination Idaho (attraits et évenements)

Indépendamment de la taille de la destination, ce sont l’unicité et la créativité de l’expérience qui priment. Le défi consiste à trouver les bons partenaires et à créer de riches expériences autour des points forts de la région.

Volontourisme et  événements

Volontourisme et voyage d'affaires

  • Événements d’entreprise. Le volontourisme intéresse aussi les professionnels de l’organisation de congrès. MPI blogue à ce sujet sur son portail et y sensibilise ses clients. Le volontourisme représente une offre touristique qui appuie les politiques de responsabilité sociale des entreprises et qui peut faire office d’événements pré- ou post-colloque gratifiant pour les participants.
  • Événements sportifs. Les passionnés d’un sport se déplacent et contribuent au rayonnement de la destination en échange de pouvoir vivre et participer à l’organisation même d’un événement. Ils deviennent de vrais ambassadeurs de la destination. Pour la Coupe du monde de soccer de 2010, l’Afrique du Sud témoigne de la popularité du volontourisme à l’occasion d’événements sportifs d’envergure. En une semaine, la FIFA a comblé son besoin en bénévoles qui s’élevait à 15 000 personnes, dont 20% de provenance internationale. Vancouver créera-t-elle autant d’engouement pour les Jeux olympiques d’hiver 2010?

Volontourisme et hôtellerie

Volontourisme et Hôtellerie

Pionnier en la matière, le Ritz Carlton a étendu son programme interne de Community Footprint avec l’introduction, en avril 2008, du «Give Back Getaways» qui permet aux clients de choisir et de réserver des activités de bénévolat sur le site de l’hôtelier.

Les croisières ne sont pas en marge

Cruise West a incorporé le volontourisme à son offre traditionnelle. Désormais, ses croisiéristes peuvent, lors de certaines excursions, prolonger leur séjour d’une journée de bénévolat.

Des partenariats sont nés…

Volontourisme et aérien

Cheaptickets travaille de concert avec Habitat for Humanity et accorde des réductions aux groupes de voyageurs qui font du bénévolat à destination.

Volontourisme et OTA

Travelocity a développé le programme Travel for Good qui combine vacances et bénévolat.

Travelocity a aussi créé, en collaboration avec Marriott Hotels et  Condé Nast, la bourse Change ambassadors grant, qui offre une allocation de voyage allant jusqu’à 5000$ pour les employés et les clients de la compagnie sous certaines conditions.

Volontourisme et conservation du patrimoine

Le volontourisme peut inclure une composante d’apprentissage. Adventures in Preservation l’a compris et donne l’occasion aux voyageurs d’apprendre et d’aider à préserver des bâtiments historiques à travers le monde entier, y compris aux États-Unis.

Le projet du chemin d’Abraham. Dr Joshua Weiss, ses collègues de Harvard University et un réseau de partisans internationaux voient le potentiel du volontourisme dans un projet ambitieux: la restauration d’environ 5000 km de route de ce qui autrefois a servi de voie de passage pour Abraham et sa tribu. Une initiative de volontourisme qui traversera pas moins de dix pays au Moyen-Orient.

Volontourisme et environnement

Le bénévolat lors d’un voyage pour participer à la préservation de l’environnement est sûrement la facette la plus connue du volontourisme. Les volontouristes veillent à la quiétude des phoques de la baie de Somme en France, nettoient les plages à Hawaii ou entretiennent les sentiers de randonnée en Arizona.

Au vu de ces initiatives de développement de l’offre de tourisme volontaire, peut-on, au Québec, construire des expériences qui sauront attirer des voyageurs désireux de prendre part au rayonnement de l’un de nos festivals ou qui seront ravis de nous aider à préserver nos ressources naturelles ou notre patrimoine historique? Peut-on considérer le voyage comme un agent de changement positif des enjeux spécifiques de chacune de nos régions?

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Produits et activités

Des équipements sportifs nouveau genre

Imaginez si l’on pouvait démonter le Stade olympique de Montréal et le vendre! On perdrait toute une icône, c’est vrai! C’est ce que Londres souhaite faire après les Jeux olympiques (JO) de 2012. D’autres villes, dont plusieurs en Europe, se dotent de nouveaux équipements pour attirer les compétitions de haut niveau, et de nombreux compléments récréatifs y sont greffés. On assiste aussi à l’émergence de mégacomplexes multifonctionnels, où le sport est souvent au premier plan. Voici quelques formules d’équipements sportifs renouvelés.

Une mise à niveau des équipements français

Stimulés par la fièvre du foot (soccer), les Français construisent ou rénovent actuellement sept nouvelles enceintes. Une dizaine d’autres projets sont sur les tables à dessin. L’Allemagne, elle, a profité de la Coupe du monde 2006 pour rafraîchir ses infrastructures: 12 stades ont été construits ou rénovés.

Ainsi, pour mettre à niveau plusieurs enceintes sportives de France aujourd’hui vétustes et présenter une solide candidature pour l’Euro 2016, le secrétaire d’État aux sports a créé la Commission Grands Stades Euro 2016. Et les projets ne manquent pas. On y propose de nouveaux équipements offrant une foule d’activités en plus des matchs, ce qui d’ailleurs ne fait pas l’unanimité, surtout chez certains puristes du sport professionnel qui considèrent le concept comme trop commercial. Mais il s’agit là d’un modèle qui permet de générer des revenus en dehors des jours de match. Il favorise aussi une valorisation du lieu et renforce l’image de marque de l’équipe. Quelles sont ces activités complémentaires? Le projet de stade OL Land, à Lyon, par exemple, sera composé notamment des éléments suivants:

  • un stade de 60 000 places;
  • un ensemble de services pour l’équipe de l’Olympique de Lyon (OL) comme un centre d’entraînement, les bureaux de la direction de l’équipe, etc.;
  • deux hôtels;
  • un centre de loisirs;
  • des espaces détente et de restauration;
  • une salle de quilles;
  • une piste de karting électrique;
  • un golf intérieur;
  • des simulateurs de sport.

Un stade ambulant pour Londres

Pour les Jeux de 2012, la Ville de Londres a choisi de combiner

ses installations olympiques à des estrades amovibles. Un stade permanent de 25 000 sièges est actuellement en construction, auxquels s’ajouteront quelque 55 000 places qui pourront être démontées
puis vendues après les Jeux. Un tel projet permet de réduirestades1 les coûts de l’organisation et donnera éventuellement la chance à des pays moins fortunés d’accueillir un tel événement. Au printemps 2008, la stades21Ville de Londres était en pourparlers avec Chicago,

candidate aux JO de 2016, pour l’achat de ces installations temporaires. Cette dernière estime qu’un tel projet s’inscrit tout à fait dans une approche durable de l’organisation et que cela constituera un des arguments forts de sa candidature. Le projet de Londres doit aussi prévoir l’utilisation de ces infrastructures dans d’autres climats afin d’en faciliter la vente par la suite.

Des jeux plus verts pour Vancouver

Le Comité olympique de Vancouver  (COVAN) s’est engagé à organiser les Jeux les plus durables de l’histoire. Parmi les projets, soulignons:

  • Dans le village olympique, le développement immobilier qui pourra abriter 15 000 personnes sera, à ce jour, le plus imposant à répondre à la norme LEED Or.
  • L’énergie perdue de la réfrigération de la patinoire sera récupérée pour chauffer les immeubles à proximité.
  • Le COVAN favorise la participation des autochtones non seulement à la planification des JO, mais aussi en tant qu’athlètes, bénévoles, employés, entrepreneurs, artistes et interprètes, spectateurs ou ambassadeurs culturels

Et pour chaque infrastructure, le COVAN présente l’utilisation qui en sera faite après les Jeux.

Les mégacentres de sports

On assiste aussi à l’émergence de centres multifonctionnels grandioses à l’offre spécialiséestades3 ou encore diversifiée. Le fameux Ski Dubaï, une station de ski intérieure ouverte depuis 2005, a déjà fait beaucoup  parler de lui. Depuis, plusieurs complexes intérieurs de sports d’hiver ont vu le jour et de nombreux autres sont projetés.

D’autres sports souvent saisonniers et grandement touchés par les aléas de la température font l’objet de mégacomplexes. C’est le cas du golf avec le Indoor Golf Arena, prévu pour 2010 aux Pays-Bas. Le plus grand centre de golf intérieur au monde comprendra entre autres: 14 000 m2 d’herbe synthétique comme terrain de pratique, vingt simulateurs de golf, des cours et des terrains de pratique pour enfants, un centre d’affaires incluant des salles de réunion et un hôtel quatre étoiles.

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Le Ocean Dome, au Japon, est répertorié comme étant le plus grand parc aquatique intérieur au monde. Construit il y a déjà une quinzaine d’années, il mesure 300 mètres de long sur 100 mètres de large. Son toit rétractable permet de profiter des belles journées et de se protéger des intempéries.

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Le Ultimate Sports Resort de Las Vegas, projet lancé il y a déjà quelques années, est digne des grands projets de la capitale de la démesure. Dix enceintes, dont une de 26 000 places, la possibilité de vivre une expérience de football, de baseball, de basketball ou encore de boxe professionnelle, des murs d’escalade, un hôtel de plus de 5000 chambres, un casino et bien d’autres produits et services y sont prévus.

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Vision à long terme

Et tous ces projets font souvent l’objet de promesses architecturales. Coup d’éclat, signature forte, ils font rarement l’unanimité. Une vision à long terme est essentielle, et une bonne intégration dans le milieu, primordiale, pour que la population locale s’approprie ces équipements et en devienne elle-même une ambassadrice. Que le stade devienne un centre récréatif, une enceinte de grande envergure hébergeant une équipe professionnelle ou tout cela à la fois, son succès dépendra largement de l’adhésion de la clientèle locale.

Sources:
–    Lemoine, Dominique.  «Un stade ambulant pour les futurs jeux», [http://www.visiondurable.com], 28 mai 2008.
–    Portail du gouvernement français. «Remise du rapport “Grands Stades Euro 2016” à François Fillon», [http://www.premier-ministre.gouv.fr], 24 novembre 2008.
–    Saintourens, Thomas.  «Les stades font leur révolution», L’Express, 15 mai 2008.

Sites Internet:
–    Indoor Golf Arena
–    Projet OL Land
–    Seagaia Ocean Dome
–    Ski Dubaï
–    Ultimate Sports Resort