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Ski en Chine: des investissements majeurs risquent de changer la donne

Actuellement, il est possible de skier en Chine, principalement dans la province de Heilongjiang où se situent la majorité des stations du pays. Celles-ci sont en général peu ou mal équipées et les températures peuvent être extrêmement rigoureuses. Mais la donne risque de changer fortement dans les prochaines années sous la poussée considérable des investisseurs et la demande croissante de la clientèle.

En Chine, il existe près de 200 stations de ski, dont une, entièrement couverte, à Shanghai. Adaptés à toutes les tranches d’âge, les sports de glace et de neige y sont diversifiés, allant du ski alpin au patinage, en passant par la luge, mais aussi la natation hivernale, les courses de voitures sur glace et le football sur neige. Parmi ces centres, on retrouve:

  • Yabuli, dans la province de Heilongjiang, la principale station de ski du pays. Avec 2255 hectares de superficie, située à plus de 1370 m au-dessus du niveau de la mer, elle offre une saison de ski d’une durée moyenne de 170 jours (la saison de neige étant de 120 jours). Chacune des onze pistes de descente excède 1 km, dont une en particulier qui s’étend sur 5 km, la plus longue d’Asie;
  • Saibei, Hebei, à 265 km de Beijing, qui propose, de décembre à mars, 10 pistes pour 120 jours d’enneigement et une capacité d’hébergement de 350 lits;
  • Nanshan: à 60 km au nord-ouest de Beijing, ce centre propose un «parc à neige» et une demi-lune (half-pipe). Le Nanshan Ski Village est rapidement devenu la station la plus en vogue en Chine pour les nouveaux riches. Il est également possible d’y pratiquer le ski sur l’herbe durant l’été.

Des investissements majeurs et surtout… durables

Mais la donne risque de changer dans un avenir plus ou moins proche, car de nombreux investisseurs ont jeté leur dévolu sur la Chine afin de profiter de la vague de croissance fulgurante qu’elle vit actuellement.

En effet, Intrawest, cette entreprise canadienne oeuvrant dans le secteur des stations-destinations et du tourisme d’aventure qui exploite le mont Tremblant, a entamé des pourparlers afin de développer six stations de ski en Chine. À la recherche de nouveaux investissements hors du continent américain, Intrawest désire promouvoir les sports d’hiver dans le pays le plus populeux de la planète.

Pour sa part, l’entreprise torontoise Cimco Refrigeration, filiale des Industries Toromont et spécialiste de la conception de patinoires artificielles, construira bientôt à Beijing une piste de ski intérieure. Ce contrat d’une valeur de 3,2 millions $CA est le premier d’une série à venir au cours des prochaines années. En effet, Cimco Refrigeration possède une entente exclusive portant sur un total de dix projets dans autant de villes chinoises.

Le dernier centre de villégiature à voir le jour est le Shennongjia Ski Resort, qui a ouvert ses portes en décembre 2004 dans la province de Hubei, dans le sud du pays. Situé dans un parc national, il peut accueillir jusqu’à 3000 personnes et propose des activités de ski, de motoneige, de luge, des promenades en traîneau et du vélo sur neige. Shennongjia est membre d’un programme de l’ONU pour la protection de la biosphère et de l’écosystème subtropical.

De plus, l’entreprise française Ski Rossignol, fabricant international d’équipements pour les sports d’hiver, désire, elle aussi, en partenariat avec le Comité régional de tourisme de Rhône-Alpes et France Neige, participer ardemment au développement des stations de ski en Chine. Rossignol y implante dès aujourd’hui ses premiers points de vente.

Selon certains experts, la concurrence et l’arrivée de ces nouveaux investisseurs risquent de remanier considérablement le paysage des stations de ski.

Le gouvernement chinois est ouvert aux investissements et aux développements touristiques, mais seulement dans la mesure, très stricte, où les projets proposés respecteront des normes environnementales élevées. D’ailleurs, il élaborera des réglementations à cet effet.

Une clientèle de plus en plus en demande 

En Chine, la demande pour ce type de destination hivernale est en hausse, notamment au sein de la nouvelle classe moyenne qui représente pas moins de 100 millions de personnes. L’élévation notoire du niveau de vie et de la consommation de cette partie de la population, alliée à un renforcement de leur conscience sur la nécessité de vivre en bonne santé, font en sorte que les sports d’hiver connaissent un développement sans précédent.

Quelques chiffres en vrac:

  • environ 1,5 million de Chinois s’initient au ski chaque année, selon Skipressworld.com;
  • selon les statistiques de la China Skiing Association, les quelque
    200 stations de ski du pays ont attiré, en 2004, plus de deux millions de skieurs;
  • du 21 décembre 2003 au 2 janvier 2004, la province de Heilongjiang a accueilli pas moins de 500 000 skieurs, soit une augmentation de 30% par rapport à l’année précédente;
  • selon le Beijing Tourism Bureau, l’hiver dernier, les 12 stations de sports d’hiver que compte la ville ont accueilli près de 800 000 visiteurs et on prévoit une augmentation de 10% cette année.

Cette mode se prolonge également après le mois de février, avec le ski de printemps qui attire de nombreux touristes venus des quatre coins du pays.

De plus, autre phénomène marqué depuis 2003, le nombre de Chinois millionnaires a crû de 12% (Millionnaires, qui actuellement partent skier dans les Rocheuses).

Alors, pour satisfaire cette demande croissante, bon nombre de patinoires et de stations de ski voient progressivement le jour un peu partout en Chine.

Voir aussi

Ski Rossignol
Saibei Ski
Nashan Ski
Intrawest
Cimco Refrigeration

Sources:
– Poly-Chine 2005. «Intrawest veut promouvoir le ski en Chine», Bloomberg, 30 décembre 2004.
– China Broadcast. «Ski en saison printanière dans le nord-est de la Chine», 4 mars 2004.
– Business in Asia. «Skiing the Dragon’s Back? A look at Skiing in China» (sans date).
– Yu, Jie et Xu, Jing. «Glace, neige et volcans au menu touristique du Heilongjiang», China Today, avril 2004.
– Gorrell, Mike. «Top 3 ski-resort operators struggle in stagnant industry», Knight Ridder Tribune Business News, 11 décembre 2004.
– Bloom, Richard. «Intrawest planning to build six resorts in China», The Globe and Mail, 11 décembre 2004.
– Le Monde. «La Chine a connu une explosion du tourisme en 2004», 9 janvier 2005.
– Paquet, Stéphane. «Du ski au centre-ville de Pékin», La Presse, 29 juin 2004.

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La neige et le froid polaire sont-ils bons vendeurs?

Froid polaire et vent glacial découragent-ils les touristes? Beaucoup s’imaginent que la neige et le froid extrême repoussent les visiteurs. Mais ils ont tort! Le «tourisme polaire» est un créneau en croissance. ++ COMMENTAIRE du professeur Alain A. Grenier, maître de conférence à l’Université de Laponie, à Rovaniemi, en Finlande. ++

Bien qu’il n’existe pas vraiment de définition officielle pour le tourisme polaire, la littérature spécialisée s’entend pour dire qu’il s’agit de tourisme dans des conditions de froid extrême. Le tourisme polaire, souvent perçu comme le petit frère de l’écotourisme, offre la possibilité de vivre une expérience unique dans une région naturelle considérée comme «pure». Il allie beauté des paysages, mode de vie et culture uniques.

Les amateurs privilégient:

  • l’observation de la faune: baleines, épaulards, phoques, ours polaires, etc.;
  • des activités d’aventure: traîneau à chiens, randonnées en kayak, excursions en hélicoptère, camping, ski de randonnée, etc.;
  • le safari-photo;
  • le tourisme de découverte culturelle;
  • l’alpinisme de glace… pour certains accros.

Un créneau en croissance

Chaque année, ce créneau se développe un peu plus, ce que prouvent les données suivantes, amassées par l’International Association of Antarctica Tour Operators (IAATO).

Pays d’origine Nombre Pourcentage
États-Unis 10 387 37,7
Allemagne 3 428 12,4
Royaume-Uni 2 869 10,4
Australie 1 577 5,7
Canada 1 202 4,4
Japon 973 3,5
Suisse 498 1,8
Inconnu 3 415 12,4
Autres 3 188 11,6
Total 27 764 100

Source: IAATO, 11 septembre 2004

Même si plusieurs entreprises touristiques déjà établies en Antarctique ont commencé à se tourner vers l’Arctique, c’est encore en Antarctique que l’on met à l’essai les nouveaux produits. Cela est dû à une saison touristique plus longue qu’en Arctique, où les conditions de navigation demeurent très difficiles, et ce, même durant l’été.

Le Nord québécois

Au Québec, la région Nord-du-Québec a beaucoup à offrir aux amateurs de grands froids et d’aventure. Renommé pour la chasse au caribou et pour la pêche, le secteur comprend plus de 90 pourvoiries, qui accueillent chaque année des milliers de visiteurs. On peut y pratiquer une panoplie d’activités: randonnée, canot, kayak, motoneige, ski de fond, camping sauvage, aérotourisme, observation de la faune, etc. Il est aussi possible de séjourner dans les communautés autochtones afin de découvrir leur culture et leur mode de vie.

Les croisières en eaux froides

Le tourisme de croisières polaires est aussi en pleine effervescence et il est encore loin d’avoir atteint son point de saturation. Il en existe différents types, certains les qualifiant de croisières, d’autres d’expéditions ou d’explorations polaires. Les destinations privilégiées sont l’Alaska, l’Islande, le Groenland et l’Antarctique.

Citons, par exemple, quelques croisiéristes qui remontent la côte norvégienne jusqu’au cercle polaire arctique, offrant aux passagers une vue imprenable sur les fjords. C’est le cas notamment du Constellation (Celebrity Cruises) ou du Seabourn Pride, plus petit, qui proposent deux croisières grand luxe de 14 jours dans les fjords norvégiens. D’autres armateurs amènent les touristes découvrir la mer d’Irlande et l’Islande, au départ de Copenhague. En Alaska, le Diamond (Princess Cruises) offre des excursions d’une journée pour voir les glaciers, les maisons flottantes des Inuit et la cathédrale orthodoxe de Juneau, ainsi qu’un voyage en train au Yukon, au départ de Skagway.

La clientèle intéressée fait partie des segments des «explorateurs» et des habitués des croisières. Plus riches, plus âgés et plus éduqués que les amateurs de croisières traditionnelles, ils recherchent un produit nouveau. Partageant certains intérêts des écotouristes, ils sont attirés par la faune marine et la nature vierge.

Au Québec, le Groupe CTMA offre, de la mi-février 2005 à la fin mars, une croisière d’une semaine en eaux froides dans le golfe Saint-Laurent (quatre jours et quatre nuits) autour des Îles-de-la-Madeleine. En plus d’une découverte guidée des îles, une gamme d’activités optionnelles est également disponible afin de permettre de profiter davantage des beautés de l’archipel: randonnée pédestre ou en traîneau à chiens, excursion dans les glaces en kayak de mer ou en Zodiac, pêche blanche, promenade en cabarouette1, campement hivernal sous une tente yourte2 ou observation des blanchons sur la banquise.

Aux amateurs de sensations fortes, CTMA propose également une variété de sports de glisse: initiation au cerf-volant de puissance3avec randonnée de buggy ou au ski cerf-volant.

Et si l’expérience vous tente, il y a aussi…

La visite des parcs naturels en zones polaires

Plusieurs pays comme la Suède, la Finlande, la Norvège, la Russie… et bien sûr, le Canada, proposent la visite de parcs naturels et de zones protégées établis dans des régions polaires. Outre le spectacle d’une nature sauvage, ces parcs offrent aux touristes de nombreux sites historiques et la possibilité de rencontrer les communautés autochtones qui vivent dans des territoires adjacents. On y note une nette augmentation du nombre de visiteurs, malgré une fréquentation générale tout de même limitée.

Au Québec, à Kangiqsujjuaq (ATR du Nunavik), citons le Parc national des Pingaluit, premier parc situé en milieu nordique et cogéré avec les Inuit, créé en janvier 2004. Les infrastructures d’accueil et l’aménagement de l’aire de service du parc ont coûté 6 millions $ et son budget de fonctionnement a été fixé à 3,9 millions $ pour les cinq premières années. Les travaux de construction des équipements étant peu avancés, il n’est pas encore ouvert au public.

Sous un climat de toundra (-28°C en moyenne en janvier), il offre un paysage rugueux, isolé et sauvage et permet d’admirer une faune et une flore typiques du Grand Nord. Le parc s’adressera à des visiteurs qui souhaitent vivre une expérience écotouristique hors du commun. On y proposera randonnée pédestre, pêche, canotage, excursions en ski de randonnée, etc. Toutefois, cette dernière activité ne s’adressera qu’à des personnes averties, car il n’existe aucun traçage de piste, ni surveillance sur les lieux.

Sans oublier de saluer le Père Noël en Laponie

En 2003, ce sont pas moins de 500 000 touristes étrangers qui sont venus à Rovaniemi, une petite ville de 60 000 habitants sur le cercle polaire, en Laponie finlandaise. Qu’y recherchent-ils? Ignorant le froid, ils y viennent pour l’ambiance de Noël, l’atmosphère féerique et irréelle… et bien sûr pour voir le Père Noël et ses rennes. C’est aussi le bon moment pour observer le ciel et les aurores boréales. Au programme, visites en traîneaux tirés par des chiens ou des rennes et safari-motoneige «À la recherche du Père Noël».

Cette excursion, spécialement organisée pour les enfants, consiste en un jeu de piste où ceux-ci, installés confortablement dans des luges tractées par des motoneiges, s’arrêtent pour découvrir les messages du Père Noël… avant d’arriver chez lui. Le tout se termine par un goûter et la traditionnelle remise des cadeaux. Pour les fêtes 2004-2005, on estime les revenus à quelque
20 millions d’euros.

1 Petite voiture légère décapotée, à deux ou à quatre roues, tirée par un cheval.
2 Construction circulaire de type mongol.
3 Structure gonflable dirigeable qui ressemble à une aile d’avion et qui se manie à l’aide de deux poignées ou d’une barre de navigation.

Voir aussi

Croisières: à quoi s’attendre en 2004?
International Association of Antartica Tour Operators
Tourisme Îles de la Madeleine
Destination Nunavit

Sources:
– Le Courrier international. «La lucrative légende du Père Noël en Laponie finlandaise», 12 décembre 2004.
– Grenier, Alain. «Croisières et tourisme polaire: des vacances aux confins de la géographie», VertigO, La revue en sciences de l’environnement sur le WEB (UQAM), vol. 4, no 3, décembre 2003.
– Transpol’Air. «Les arguments pour la régulation du tourisme commercial en Antarctique», avril 2004.
– Le Soleil. «Le cratère du Nouveau-Québec devient le premier parc national du Nunavik», 30 août 2003.
– Paradis, Steeve. «Baie-Comeau veut offrir des croisières en eaux froides», Le Soleil, 30 juin 2004.
– Désiront, André. «Les belles croisières de 2005», Cyberpresse, 11 janvier 2005.

Commentaire du professeur Alain Grenier

Alain A. Grenier, docteur en sociologie, est maître de conférence à l’Université de Laponie, à Rovaniemi, en Finlande. Il a effectué de nombreuses croisières polaires en Antarctique et en Haut-Arctique canadien et russe, soit à titre de guide-naturaliste, soit à titre de chercheur.

Cet article du 14 janvier 2005 offre un coup d’oeil général sur le tourisme «polaire» tel que pratiqué dans plusieurs coins du globe. Il m’apparaît cependant important d’y apporter quelques précisions.

D’une part, il est nécessaire de distinguer le «tourisme polaire» du «tourisme d’hiver» ou tourisme hivernal (lire à cet effet: The Nature of Nature Tourism, 2004: 79-81). La distinction peut sommairement se faire selon que la motivation principale du touriste est d’ordre géographique (atteindre une région dite «polaire» comme l’Arctique ou l’Antarctique, définie soit selon le cercle polaire, la ligne des arbres ou la ligne de l’isotherme), soit que cette motivation est d’ordre climatique (faire l’expérience de la neige – et non du froid proprement dit, d’où le tourisme d’hiver).

À cela s’ajoute une différence importante quant aux infrastructures utilisées. Le tourisme d’hiver n’est généralement pas autonome et nécessite le soutien d’hôtels, comme pour les safaris en motoneige ou la participation à un carnaval d’hiver, par exemple – pensons à celui de Québec, aux hôtels de glace, etc. Le tourisme polaire, à l’opposé, parce que pratiqué en région normalement isolée, requiert une autonomie complète ou presque. Enfin, le tourisme polaire tend à se réaliser l’été, tandis que le tourisme d’hiver tire inévitablement avantage… de l’hiver.

Il importe aussi de préciser que si la demande pour les croisières «polaires» est effectivement à la hausse, il y a une saturation artificielle du marché causée par le nombre limité de vaisseaux polaires disponibles pour ce type d’activité (voir le même ouvrage mentionné plus haut pour un tableau complet des navires employés). C’est le cas notamment pour l’Antarctique. Dans le Haut-Arctique, seuls quelques navires répondent aux normes de navigation en mers polaires (les conditions de navigation y sont beaucoup plus problématiques, d’où la quasi nécessité d’affréter les rares brise-glace russes disponibles).

Le coût des croisières en Haut-Arctique, nettement plus élevé, fragmente davantage la demande et, de ce fait, limite pour l’instant l’expansion de l’industrie dans l’Hémisphère Nord. Cela dit, la Murmansk Shipping Company de Russie qui affrète certains de ses brise-glace (traditionnels et nucléaires) aux croisières polaires prévoit l’entrée en service de nouveaux navires d’ici la prochaine décennie avec des ponts spécialement conçus pour les touristes.

Finalement, il ne faut pas confondre le type de croisières offert en Alaska (dans la «péninsule») avec les croisières polaires. Dans le premier cas, il s’agit de croisières dites «traditionnelles», c’est-à-dire, un navire-attraction, avec salles de spectacles, piscine, etc. Dans le second cas, le milieu naturel constitue l’attraction vedette, le navire ne possédant aucune infrastructure pour la vie de luxe (pas de salle de spectacle, de restaurant ou de cafétéria, ni aucun code vestimentaire, pour ne mentionner que ces quelques différences). De là viennent l’association entre les notions d’aventure et d’exploration du tourisme de croisières polaires.

Grenier, Alain A.
Maître de conférence
Université de Laponie, Finlande

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Ailleurs dans le monde Produits et activités

Prendre des vacances à Berlin ou sur une île tropicale? Et pourquoi pas les deux!

Qui ne rêverait pas de passer des vacances dans un paradis tropical sans devoir prendre l’avion, sans contrainte de vaccination ni de passeport, un jour ou quelques heures, pour se dépayser ou relaxer après une semaine de travail trop stressante? Au coeur de l’Europe, un riche homme d’affaires malaisien, Colin Au, invente une nouvelle façon de voyager.

C’est le 19 décembre dernier qu’a été inauguré en Allemagne, dans la banlieue berlinoise, le Tropical Islands, une incroyable station balnéaire intérieure.

Cet ancien hangar d’assemblage de Zeppelin, en Allemagne de l’Est, propose maintenant un complexe récréo-éducatif incluant:

  • un parc aquatique;
  • un jardin botanique pour plantes tropicales et orchidées où seront organisées des expositions;
  • une forêt vierge;
  • un village asiatique avec des bars et restaurants typiques;
  • la réplique d’une maison thaïlandaise;
  • une lagune rappelant celle de Bali;
  • 200 m de plages de sable blanc accueillant bon nombre de terrains de volley-ball de plage;
  • plusieurs scènes pour les spectacles nocturnes et autres comédies musicales;
  • et enfin, un horizon changeant, projeté sur un écran de 140 mètres de long.

À deux pas d’une capitale allemande qui se présente comme une destination touristique en forte progression (13 millions de nuitées en 2004 pour 6 milliards d’euros en retombées touristiques) et qui occupe maintenant la troisième position au niveau européen après Paris et Londres, ce nouveau complexe a tout pour plaire.

Une expérience unique dans un lieu unique

Les chiffres ont de quoi impressionner: 66 000 m2 au sol, une longueur de 360 m, une largeur de 210 m pour une hauteur de 107 m (assez grand pour contenir la statue de la Liberté et 14 Boeing 747), 850 chaises longues, un investissement de 111,4 millions $CA, 800 emplois créés dans une région où le taux de chômage s’élève à 20%.

À seulement une heure de route de Berlin, ce nouveau parc est ouvert
24 heures sur 24, 365 jours par année. Le billet d’entrée coûte 24 $CA la journée (8 $CA pour 4 heures), un tarif très concurrentiel en comparaison avec d’autres parcs d’attractions aquatiques européens, beaucoup plus petits. Les personnes intéressées à passer plusieurs jours sur place peuvent également y louer des tentes.

La température de l’air est de 25°C (35°C sur la plage) et celle de l’eau navigue entre 28 et 31°C, le tout sur fond sonore de forêt vierge, sans les insectes qui viennent généralement avec.

Le public cible: toute personne habitant à moins de trois heures de voiture du site, soit 16 millions de visiteurs potentiels.

Plusieurs grands défis:

  • le chauffage: maintenir un climat tropical dans un tel volume tient de l’exploit, surtout lorsque la température hivernale descend sous zéro à l’extérieur;
  • attirer la clientèle habitant à moins de trois heures du site: une volonté qui semble un peu exagérée pour ce type d’attraction, compte tenu du trajet aller-retour;
  • faire tourner la machine 24 heures sur 24: ce qui nécessite, achalandage ou non, un nombre très élevé d’employés;
  • rentabiliser l’investissement de départ.

Même engouement en Amérique du Nord

Aux États-Unis, le premier parc aquatique intérieur a vu le jour en 1989 dans le Wisconsin (le Polynesian Resort Hotel & Suites, Wisconsin Dells). C’est aussi dans cet État que l’on retrouve la plus grande concentration de parcs aquatiques américains, soit 18 centres intérieurs et 3 extérieurs, pour un total de plus de 200 glissoires. C’est également là que l’on retrouve le plus grand parc aquatique des États-Unis, avec 11 615 m2 de surface (le Kalahari Resort).

Mais, c’est au Canada que l’on peut voir le plus grand parc aquatique d’Amérique du Nord: le World Waterpark, situé dans le West Edmonton Mall (Edmonton, Alberta). Avec ses 20 235 m2, il est 18 fois plus spacieux que le plus grand parc aquatique des États-Unis.

Aménagée dans l’enceinte d’un centre commercial, la plage intérieure à vagues offre aussi des bains tourbillons, un promontoire pour les sauts de bungee, 23 glissoires, des barboteuses pour les tout-petits, etc., le tout dans une température variant entre 26 et 30°C.

Envolées les craintes d’un nouveau tsunami ou d’une épidémie de SRAS

Depuis les attaques du 11 septembre, de plus en plus de familles américaines ont délaissé les voyages en avion pour de courts séjours régionaux (2 à 4 jours). Ce concept de «vacances éclair» prend donc ici une toute nouvelle dimension et il n’est pas étonnant de constater que ce créneau soit en forte croissance.

De plus, à l’heure où l’Asie du Sud tente, corps et âme, de redorer son image après la dévastation du tsunami et les épidémies de SRAS ou de malaria, ce type de parc d’attractions sera-t-il une nouvelle façon de goûter aux plaisirs tropicaux?

Voir aussi

Les parcs à thèmes en Amérique du Nord: maturation, consolidation et diversification
Tropical Islands (Berlin)

World Waterparks Association
West Edmonton Mall


Sources:
– Connolly, Kate. «Germans get taste of tropics an hour’s drive from Berlin», London Daily Telegraph, 20 décembre 2004, p. 12.
– Williamson, Hugh. «Welcome to tropical paradise, just an hour from Berlin – and indoors: Airship hangar in economically depressed corner of eastern Germany houses nation’s most unlikely theme park, reports Hugh Williamson» , Financial Times, 15 décembre 2004, p. 6.
– Voilà. «Berlin s’affirme comme destination touristique», 7 janvier 2005.
– Sangree, David J. «Splashtacular growth», World Waterparks Magazine, octobre/novembre 2004.
– Herzog, Karen. «Dells water parks rival warmer destinations», Sentinel, 14 février 2003.

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Marketing

La publicité dans les stations de ski est-elle bien perçue?

La publicité envahit les stations de ski. Mais comment est-elle perçue? Quelle est son efficacité? Une étude réalisée en Suisse révèle que plus de 60% des skieurs sont favorables à l’affichage publicitaire dans les stations de ski.Panneaux et écrans géants aux abords des pistes, télécabines «habillées», les supports publicitaires se multiplient dans les stations de ski.

Cette invasion publicitaire est-elle bien perçue par les skieurs?

Une étude menée en Suisse en février 2004 par SGATouristic®, en collaboration avec Demoscope Research et Marketing AG éclaire la question. Les instigateurs de cette enquête avaient deux objectifs: d’une part, recueillir des faits et chiffres sur l’impact publicitaire (taux de mémorisation, etc.) et d’autre part, déceler des points de repère révélateurs de l’acceptation de cette forme de publicité.
L’étude a été réalisée auprès de 510 personnes germanophones de plus de 15 ans, au domaine skiable Alpenarena dans les Grisons. Elle consistait à analyser différentes campagnes publicitaires diffusées sur des supports allant de 12 à 39 mètres carrés. Au moment de l’enquête, plus de la moitié des personnes séjournaient dans la région depuis plus de trois jours. Environ un tiers des répondants étaient là depuis plus de 6 jours et d’autres étaient des skieurs d’un jour. Les questions portaient aussibien sur des marques connues à l’échelle nationale et internationale, que sur des publicités pour des produits et services régionaux et locaux de notoriété variable.

Voici quelques grandes constatations:

  • pour environ 90% des personnes interrogées, la publicité n’est pas un élément perturbateur;
  • 62% y sont favorables et 25% y sont indifférents;
  • 73% des répondants considèrent que la publicité fait passer le temps;
  • 57% aiment regarder la publicité dans ce contexte (surtout la tranche d’âge la plus jeune, dont 82% estiment que la publicité leur donne le sentiment de raccourcir le temps d’attente);
  • près de la moitié des répondants de 15 à 19 ans ont un taux de mémorisation de 73%, soit plus du double du taux moyen enregistré dans la population (33%);
  • l’environnement publicitaire est visiblement propice à toutes les branches industrielles, puisque les affiches les plus reconnues font partie de six secteurs économiques différents, de l’automobile au chocolat, en passant par les télécommunications;
  • les panneaux en petit format ont autant de chance d’être perçus que les grands, pourvu qu’ils soient bien placés;
  • comme attendu et normal, les répondants séjournant depuis plusieurs jours ont de meilleurs résultats au test de mémorisation.
  • Des données recueillies, il ne ressort aucune différence significative par rapport à l’âge, ni à l’effet que le répondant soit un homme ou une femme.

    L’étude conclut donc que les stations de ski sont un endroit propice à ce genre de campagnes publicitaires, puisque les skieurs sont là pour oublier le quotidien (pour 91% des répondants) et sont ouverts aux nouvelles impulsions.

    Pour être efficace, l’affiche se doit:

    • d’être visible et lisible de loin;
    • de présenter un message clair, simple, qui s’en tient à l’essentiel;
    • d’intéresser;
    • d’innover;
    • de présenter une marque facilement reconnaissable.

    Enfin, la publicité dans les stations de ski est, selon SGATouristic®, un excellent moyen de renforcer efficacement des campagnes médias classiques, dans des segments particulièrement intéressants, jeunes et à fort pouvoir d’achat.
    Il faut cependant regarder les résultats de cette étude en ayant à l’esprit qu’elle a été réalisé par et pour une entreprise qui vend de l’espace publicitaire. Sans oublier également que si le taux d’acceptation des campagnes publicitaires dans les centres de ski est encore aussi élevé, c’est peut-être dû au fait qu’il est relativement nouveau. Attendons quelques années, que les stations de ski et les pentes soient littéralement envahies, et vous verrez que, tout comme en ville, les skieurs risquent d’être de moins en moins réceptifs, voire carrément blasés.

    Source:
    – SGATouristic. «Etude d’affichage Suisse. La publicité dans les stations de sports d’hiver SGATouristic®. Le cas type Alpenarena», [http://www.apg.ch/fr/desktopdefault.aspx], février 2004.

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    Technologies

    Le Canada en retard en matière de commerce électronique

    Un nouveau rapport de la firme eMarketer met de l’avant l’antagonisme du Canada en matière d’affaires électroniques. En effet, d’un côté, le Canada est un chef de file en ce qui concerne la connectivité au réseau Internet, mais il est aussi retardataire dans tout ce qui a trait au commerce électronique. Comment expliquer ce phénomène? Qu’en est-il au Québec?

    Le Canada se situe dans les meilleures places au monde en ce qui a trait à l’utilisation d’Internet et au taux d’adoption d’Internet à large bande (haute vitesse). Il se classe aussi parmi les meilleurs dans la catégorie des services en ligne, comme la banque en ligne (eBanking), service utilisé par un pourcentage sensiblement plus élevé de Canadiens que d’Américains.

    Sur la base de données compilées en 2003, la firme eMarketer a rangé le Canada au quatrième rang mondial en termes de taux de branchement des ménages ayant un accès à haute vitesse, soit 36,2%. Par comparaison, les États-Unis occupent la dixième position avec un taux de pénétration de 22,5%.

    Top 5 des pays ayant les meilleurs taux d’adoption en matière de connexion Internet à large bande en 2003

    Pour 2004, eMarketer estime que 5,2 millions de ménages canadiens disposeront d’une connexion large bande, soit 66% des ménages branchés.

    Canada – Estimation de l’évolution du nombre de ménages branchés par type d’accès (en millions)


    Source: eMarketer, mars 2004

    Tout comme on constate directement la diminution du taux de branchement par ligne téléphonique et ISDN, on remarque qu’en 2007, 81% des ménages canadiens branchés auront un accès à large bande, soit 58,6% de tous les ménages.

    Regarder mais pas acheter!

    Aussi est-il bien difficile de croire que cette tendance ne se traduise pas en achats sur Internet.

    En fait, en 2003, les ménages canadiens ont dépensé seulement 3 milliards $ en ligne, soit moins de 1% des 688 milliards $ de dépenses personnelles totales de l’année (une augmentation de 25% par rapport aux 2,4 milliards de dépenses en 2002). Ils ont acheté un peu de tout sur Internet, des billets d’avion aux livres.

    Environ 1,7 million de ménages ont dit avoir fait uniquement du lèche-vitrines sur Internet, soit à peu près le même nombre qu’en 2001. Ce groupe a donc consulté des catalogues virtuels, mais n’a toutefois pas passé de commandes ni effectué d’achats en ligne.

    Canada – Achats en ligne (2002-2007)


    Source: eMarketer, novembre 2004

    L’occasion fait le larron

    Selon le Pew Internet & American Life Project, un organisme de recherche qui étudie la façon dont le public américain s’adapte aux activités en ligne, le fait que l’internaute soit raccordé à Internet haute vitesse depuis son domicile entraîne généralement une augmentation de ses activités en ligne, ainsi qu’une augmentation du temps qu’il y accorde.

    Cette augmentation se fait alors au détriment de la télévision, des réunions de famille ou d’amis, de la lecture (journaux) et du divertissement, en général. Ces moments supplémentaires passés à la maison diminuent également le temps consacré à faire des emplettes. Pour 39% des internautes connectés à haute vitesse, Internet a diminué le temps qu’ils passaient jadis dans les magasins.

    Mais, d’un autre côté, une connexion haute vitesse facilite les achats en ligne puisque le chargement des pages et les transactions s’y font plus rapidement.

    Alors, au vu de ce dernier point, comment se fait-il qu’au Canada, le commerce électronique traîne de la patte?

    Selon Jeffrey Grau, analyste chez eMarketer, les causes sont diverses et les solutions le seront aussi. Les Canadiens sont très (trop) prudents dans leurs démarches de commerce électronique et les détaillants ont été plus lents à investir dans des technologies transactionnelles.

    Pour Philippe Leroux, analyste Internet et associé chez V(DL)2 inc., une agence Web de Montréal, ce décalage est également lié à un enjeu d’offre. «Les ménages canadiens sont dans le peloton de tête des pays les plus et les mieux branchés, mais l’entreprise tarde à embarquer.» Selon lui, au Canada et au Québec, les entreprises qui transigent en ligne sont encore marginales.

    Cependant, il est heureux de constater que les phases de sensibilisation et d’implantation sont terminées. Le développement va pouvoir continuer, petit à petit. M. Leroux ne prévoit pas de problème, puisque «lorsque le service existe, l’internaute réagit bien». Et il en veut pour preuve le site transactionnel de Via Rail, où les ventes en ligne représentent déjà pas moins de 22% du chiffre d’affaires total.

    Qu’en est-il au Québec?

    Au Québec, selon les dernières données du Cefrio (NETendances de novembre 2004), l’on constate que parmi les adultes québécois:

    • 68,2% possèdent un ordinateur à la maison;
    • 16,9% prévoient acheter un ordinateur au cours de la prochaine année;
    • 60,0% ont navigué sur Internet au cours des sept derniers jours;
    • 12,1% prévoient effectuer un achat de Noël en ligne.
    • 34 % ont effectué des opérations bancaires en ligne au cours du mois d’octobre;
    • et 28,1% ont déjà effectué un achat en ligne.

    Et l’on constate que dans le secteur du voyage aussi, Internet gagne peu à peu du terrain comme canal de distribution.

    En effet, si l’on se fie à un sondage Expedia/Ipsos-Reid effectué en novembre dernier, par téléphone, auprès d’un échantillon de 1056 adultes canadiens sélectionnés au hasard, dont 239 Québécois:

    • 25% des Québécois interrogés ont utilisé Internet pour faire leurs réservations de voyage au cours des deux dernières années (soit une augmentation de 2% par rapport au sondage de novembre 2002);
    • et 54% des Québécois interrogés ont indiqué avoir utilisé Internet au cours des deux dernières années pour effectuer des recherches sur des destinations de voyage (soit une augmentation de 7% par rapport à novembre 2002).

    Il faut cependant faire attention, les résultats du sondage donnent 25% de taux de réservation. Mais encore là, «réservation en ligne» n’induit pas forcément «paiement en ligne»!

    Par comparaison:

    • 71% des Américains possèdent un accès à Internet;
    • 51% des internautes américains documentent (cherchent de l’information) leurs voyages par Internet;
    • le tiers des internautes américains achètent leurs voyages en ligne.
    Pays Population 2004 (estimation) Nombre d’internautes Taux d’utilisation (2000-2004) Taux de pénétration dans la population (%)
    Canada 31 846 900 20 450 000 + 61,0% 64,2%
    États-Unis 293 271 500 201 661 159 + 111,5% 68,8%
    France 60 011 200 23 352 522 + 186,5% 40,6%
    Belgique 10 402 200 3 769 123 + 88,5% 36,2%
    Royaume-Uni 59 595 900 34 874 469 + 126,5% 58,5%
    Japon 127 853 600 66 763 838 + 41,8% 52,2%
    Chine 1 288 307 100 87 000 000 + 280,7% 6,8%
    Australie 20 275 700 13 359 821 + 102,4% 65,9%

    Source: Internet World Stats, novembre 2004

    Sources:
    – eMarketer. «Canada: The Online Enigma», 6 décembre 2004.
    – eMarketer. «Consumer E-Commerce in Canada: Firing Up the Internet Economy Growth Engine », décembre 2004.
    – eMarketer. «North America E-Commerce: B2B & B2C », mai 2003 (237 pages).
    – Economist Intelligence Unit (EIU). «The 2004 e-readiness rankings» (white paper), 2004.
    – U.S. Department of Commerce. «A Nation Online: Entering the Broadband Age», Economics and Statistics Administration, National Telecommunications and Information Administration, septembre 2004.
    – Horrigan, John B. et Lee Rainie. «How online Americans’s behavior changes with high-speed Internet connections at home », Pew Internet & American Life Project, 30 mai 2004.
    – Statistique Canada. «Enquête sur le commerce électronique et la technologie 2003», 16 avril 2004.
    – CNW Telbec. «Un sondage Expedia.ca/Ipsos-Reid indique que la majorité des Québécois voyageront durant les Fêtes – 25 % des Québécois ont fait des réservations en ligne», 25 novembre 2004.
    – Désiront, André. «Les Québécois réservent davantage sur Internet», La Presse, 8 décembre 2004.

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    Ailleurs dans le monde Produits et activités

    Invasion de puces RFID dans les stations de ski

    La technologie RFID (Radio Frequency Identification ou identification par radiofréquence), ces petites puces intelligentes pas plus grosses que des grains de sable, envahit les stations de ski, des cartes d’abonnement au matériel de location!

    Le RFID est un système d’identification comprenant une étiquette munie d’une puce électronique dite «intelligente» qui sert à mémoriser de l’information et un lecteur. Le transfert des données du composant électronique vers le lecteur s’effectue sans contact, par radiofréquence, d’où son appellation (lire aussi: Le RFID suit à la trace bagages, voyageurs, congressistes et taxis).

    Déjà utilisée dans plusieurs secteurs de l’industrie touristique, voilà que cette technologie prend d’assaut les stations de ski. On la retrouve notamment:

    • aux remonte-pentes et dans les abonnements;
    • dans les applications de location/prêt de matériel, skis, bottes, etc.

    Les cartes d’abonnement ont bonne mémoire

    Peu à peu, les cartes avec puce RFID font leur apparition dans quelques stations de sports d’hiver – elles sont encore rares, bien sûr. Mais viendra le jour, dans quelques années, où l’emploi de ces cartes sera monnaie courante.

    Le système se présente comme suit:

    • une carte (ou un autre dispositif, un bracelet par exemple) munie d’une puce RFID servant d’émetteur;
    • des balises radio servant de récepteurs, disséminées aux endroits stratégiques comme les remonte-pentes, les haltes-restaurants, etc.

    Tout comme ces puces permettent, grâce à un système de repérage électronique, de suivre à la trace les enfants dans un parc d’attractions (lire aussi: Au LegoLand, système de repérage électronique pour tous les enfants), elles donnent également la possibilité de suivre le skieur. Quelle piste emprunte-t-il? Suit-il un parcours systématique? Où et quand s’arrête-t-il pour se restaurer? À quelle heure vient-il le plus souvent?

    Cette technologie présente de nombreux avantages:

    • pour l’utilisateur/skieur, car elle constitue un gain de temps (elle donne accès rapidement aux remonte-pentes) et elle est d’utilisation facile (plus besoin de la sortir et de la montrer à un contrôleur, elle peut donc rester bien au chaud dans la poche de votre veste, puisqu’elle est automatiquement détectée par les bornes électroniques);
    • pour les stations de ski, car, outre un gain en temps (moins d’attente et donc d’achalandage au bas des pistes) et d’efficacité, elle autorise le suivi du flux de skieurs sur les pistes en temps réel et l’optimisation de la capture de données essentielles exploitables pour améliorer les services (marketing, statistiques de fréquentation, yield management, etc.).

    Cette carte est éternelle, puisque rechargeable. Dans le cas de certaines stations de France, on peut même la recharger par téléphone ou Internet. C’est ainsi à Chamrousse (dans l’Isère), Dévoluy (dans les Hautes-Alpes) et Val Fréjus (en Savoie).

    Une puce dans les chaussures

    Ici aussi la technologie RFID peut faire des miracles. Ces petites puces se retrouvent collées sur le matériel (skis, chaussures, bâtons, etc.) et donnent accès aux inventaires informatisés grâce à un ordinateur relié à un logiciel de réservation et de facturation.

    L’implantation de cette technologie va donc remplacer sous peu les étiquettes manuelles ou munies de codes-barres, qui, avec la neige et l’eau, ont tendance à s’abîmer, se délaver, voire même se déchirer. Une véritable aubaine pour les responsables de la logistique, qui pourront suivre en temps réel le stock de matériel dédié à la location. C’est déjà le cas à la Bresse-Honhneck, dans les Vosges (France).

    Des cartes « mains libres » déjà en activité

    Aux États-Unis, en vue de la saison d’hiver, la station de ski de Tamarack (Idaho) a installé, en juillet 2004, un système d’accès mains libres (de marque Rapidtron) pour faciliter l’utilisation des remonte-pentes. De nombreuses stations américaines se sont également équipées de ces tourniquets informatisés, en Utah, au Colorado, etc.

    Le système fonctionne sur la base de cartes individualisées grâce à un code et/ou une photographie de l’utilisateur et munies de la technologie RFID. La carte permet à son détenteur d’avoir rapidement accès aux remonte-pentes via un couloir réservé, sans devoir faire la file. Comme le système est géré par radio-fréquence, il ne nécessite aucun contact.

    En France, à Bourg Saint-Maurice, le système mains libres arrivera cet hiver sur le domaine skiable des Arcs. Il suffira de présenter une carte à puce entre les bornes de départ de la remontée mécanique. Les travaux d’installation s’étaleront sur deux ans avec, dès cette année, l’aménagement de 80 bornes. À terme, près de 15 km de fibres optiques seront enterrés. Bien sûr, cette technologie coûte cher. Le budget de mise en place de ce système s’élève à près de 4 millions $CA.

    Pas de puces au Québec

    Au Québec, il n’existe encore rien de tel. Les stations Mont-Sainte-Anne, Le Massif de la Petite-Rivière-Saint-François et Stoneham, partenaires dans l’instauration du forfait «carte blanche», ont plutôt recours à un système de scanner (lecteur de type fusil) de codes-barres imprimés à même les tickets. L’information ainsi obtenue permet, non seulement de vérifier la validité du billet, mais aussi la collecte de quelques données statistiques sur la fréquence d’utilisation.

    Pour Charles Blier, vice-président et directeur général du Mountain Creek Resort dans le Vermont (États-Unis), tout reste toujours une question de coûts-bénéfices. Les principales stations américaines possèdent déjà cette technologie et le coût s’y justifie plus facilement. C’est un bon moyen de se différencier des compétiteurs.

    Mais au Québec, le retard s’explique selon lui par la sous-capitalisation de plusieurs stations. «Installera-t-il des canons à neige ou des équipements RFID? Voilà la grande question que se pose chaque propriétaire. C’est une question de choix tactique.»

    Selon Steve Tremblay, directeur technique chez Softicket, une entreprise québécoise spécialisée dans les systèmes de gestion de billetterie et de concessions, aucune station québécoise n’utilise déjà cette technologie. Et il ne prévoit pas son implantation avant un ou deux ans. Il évoque les coûts très élevés et le fait que les Québécois sont plutôt réfractaires aux nouvelles technologies.

    Une façon de contrer la dépense élevée

    À l’hiver 2003-2004, dans les Pyrénées françaises, six stations de ski se sont regroupées sous la bannière N’Py, pour Nouvelles Pyrénées, afin de mettre en place un forfait commun. Elles proposent une carte à puce payante (55 $CA pour un adulte, 40 $CA pour les moins de 25 ans) qui, grâce à un prélèvement direct sur un compte bancaire et à un système de contrôle électronique, évite aux skieurs de faire la file aux caisses et d’avoir à sortir leur billet au départ des remontées mécaniques.

    En plus de l’utilisation d’une même carte, les six stations partagent également les frais en matière d’achat de matériel, de formation du personnel, de marketing et de commercialisation.

    Une bonne idée à retenir pour le Québec!

    Voir aussi

    Rapidtron
    Tamarack (Idaho)
    Les Arcs (France)
    Softicket

    Sources:
    – Business Wire. «Ski resort gets smart access system», 12 juillet 2004.
    – Fuquay, Jim. «Small chip, big changes: A computer chip makes tracking products easier», Star-Telegram (Fort Worth, TX), 18 juillet 2004.
    – Tourmag. «Forfait mains libres pour 6 stations des Pyrénées», 26 novembre 2003.
    – Barbaccia, Annie. «SKI: Les cartes électroniques dites mains libres se multiplient et se perfectionnent dans les stations de sport d’hiver», Le Figaro, 12 décembre 2003, p. 17.
    – Sud-Ouest (Gers départemental). «Une carte à puce en commun pour N’Py», 2 décembre 2003, p. 2.

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    Transport

    Paris/New York en 4 h 15 min, en jet d’affaires supersonique

    La grande aventure franco-britannique de l’avion supersonique Concorde a pris fin en octobre 2003, au grand désespoir des gens d’affaires fortunés. Or, au cours de la 57e conférence annuelle de la National Business Aviation Association (NBAA) à Las Vegas en octobre 2004, nous avons appris que deux entreprises américaines travaillent en ce moment à la production d’avions supersoniques qui révolutionneront sans doute l’industrie du voyage d’affaires.

    Le «grand oiseau blanc» ne vole plus. Le Concorde, seul avion gros porteur supersonique destiné au transport civil, n’a pas encore de successeur à l’horizon. Ni le constructeur européen Airbus, ni son rival Boeing n’ont de réelles ambitions dans ce domaine. De son côté, le projet de jet d’affaires supersonique du Français Dassault Aviation est sur la glace.

    Les Américains, eux, ont cependant bien l’intention de tenter l’aventure, dans une version plus compacte. Deux entreprises se disputent aujourd’hui le titre de concepteur de l’«avion du 21e siècle».

    Le Quiet Small Supersonic Transport

    Après trois ans et demi de travail et des dépenses de 25 millions $US, l’entreprise américaine Supersonic Aerospace International (SAI), fondée en 2001, vient de confirmer la conception d’un nouveau jet supersonique ultrasilencieux à vocation transcontinentale et intercontinentale.

    Ce nouvel avion, baptisé le Quiet Small Supersonic Transport, est prévu sur le marché aux alentours de 2012. Il devrait transporter de 8 à 12 passagers, bien qu’on envisage déjà de produire une version de 30 sièges en classe affaires. Il est principalement destiné à une clientèle gouvernementale et d’affaires. Le fait, tout à fait novateur, qu’il soit ultrasilencieux devrait lui permettre de voler à l’intérieur des terres, ce qui était interdit au Concorde.

    L’appareil devrait atteindre une vitesse maximale de Mach 1,6 à 1,8 (environ 2200 km/h), soit deux fois la vitesse d’un avion traditionnel. Les dernières technologies en matière de réduction d’émissions permettent à la SAI d’affirmer que l’avion répondra aux normes environnementales de bruit et de pollution de l’air imposées dans le monde entier.

    Après la phase II du projet, qui s’achèvera vers la fin de 2006 ou au début de 2007, SAI projette d’entreprendre l’étape de développement et de production. La phase III sera concentrée sur la conception et la phase IV sur la fabrication.

    L’Aerion SSBJ

    De son côté, l’entreprise américaine Aerion Corp., fondée en 2002, a dévoilé un jet d’affaires similaire, capable de voler à des vitesses supersonique et subsonique. En raison de la vitesse supérieure de l’avion (vitesse prévue de Mach 0,95 à 1,6), son fuselage sera en aluminium conventionnel. Les ailes de l’Aerion seront fabriquées de composés de fibres de carbone afin de fournir le rapport exigé entre rigidité et poids, et en utilisant des méthodes de construction communes aux avions de combat modernes.

    Aerion a indiqué que, grâce aux ailerons droits de l’aile, l’avion pourra atteindre une vitesse d’approche de 125 noeuds (soit 230 km/h), ce qui lui permettra d’utiliser des aéroports dont les pistes font environ 6000 pieds ou 1830 mètres (contre 8000 pieds ou 2440 mètres pour le QSST).

    Les essais se poursuivent. Jusqu’à maintenant, on a réalisé plusieurs bancs d’essai sur des sections de l’aile supersonique, ainsi que des analyses sur la dynamique du fuselage. D’ici l’été prochain, l’entreprise aura accompli un deuxième cycle de conception, qui inclut des essais plus poussés. Après cette recherche, Aerion devra décider si elle continue son programme et si elle construit un prototype pour de réels essais de vol (prévu aux alentours de 2008 et 2009). La société recherche aujourd’hui des partenaires pour finaliser, produire, tester et certifier l’appareil.

    Les deux compagnies estiment que leur avion respectif devrait se vendre environ 80 millions $US pièce.

      Aerion SSBJ QSST
    Fabricants Aerion Corp
    1325 Airmotive Way
    Suite 370
    Reno, NV 89502-3295
    USA
    www.aerioncorp.com
    Supersonic Aerospace International
    8687 Melrose Avenue
    7th Floor
    Los Angeles, CA 90069
    USA
    www.saiproject.com
    Passagers 8 à 12 8 à 12
    une version pour 30 passagers est envisagée
    Vitesses Vitesse: Mach 0,95 à 1,6
    Vitesse à l’atterrissage: 230 km/h
    Vitesse: Mach 1,6 à 1,8
    Dimensions Longueur: 44,12
    Hauteur : 6,27 m
    Longueur: 39,10 m
    Hauteur: 6,45 m
    Coût 80 millions $US
    Clients Aucun pour l’instant
    Aerion travaille sur une base nominale de 300 avions sur une période de 10 ans.
    Aucun pour l’instant
    À la conférence de Las Vegas, ils anticipaient un marché de 300 à 400 appareils, étalé sur 10 à 15 ans (incluant le marché du gouvernement et des missions spéciales).

    Source: données tirées de la revue allemande Flug

    Y a-t-il un avenir pour ce nouveau type d’avion?

    Interrogé sur la question, Gérard David, directeur des relations extérieures et de la communication chez Dassault Aviation, estime que dans les années 2015, un avion supersonique commercial aura pris le relais du Concorde.

    Selon lui, le jet d’affaires a sûrement un avenir, d’abord à cause de l’encombrement des aéroports commerciaux, puis en raison de son caractère privé: on peut y travailler, définir son itinéraire, choisir soi-même ses escales, etc. «Le jet d’affaires supersonique a également un avenir certain, au plus tôt dans les années 2010», déclare-t-il. Car il y aura toujours des gens qui voudront se déplacer plus vite que la vitesse du son pour traiter des affaires à l’autre bout du monde.

    Voir aussi

    Projet SAI
    NBAA 2004
    Flug Revue (Allemagne)

    Sources :
    – Blin, Julien. «Mieux que Concorde!», L’actualité, décembre 2004.
    – Trautvetter, Chad. «Two companies reveal supersonic bizjet plans», Air Online, novembre 2004.
    – PRNewswire. «Supersonic Aerospace International to Revolutionize Air Travel», 12 octobre 2004.
    – Collogan, David. «Two Groups Vie To Develop Supersonic Business Jets», Aviation Now, 18 octobre 2004.
    – RTBF. «Mémoire d’avenir». Entrevue avec Gérard David. 6 juin 2000.

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    Ailleurs dans le monde Produits et activités

    Les marchés de Noël: véritables buts de voyage

    En Europe du Nord et en Europe centrale, le mois de décembre est un moment de grande effervescence. Chaque ville y va de son marché de Noël, avec ou sans thème, pour le plus grand plaisir des visiteurs et des touristes. À un point tel que ces marchés deviennent une motivation de voyage en soi. On peut parler ici de créneau en expansion.

    Origines et traditions

    La tradition du marché de Noël est originaire d’Europe du Nord, d’Alsace plus particulièrement, où les foires accompagnaient de nombreuses fêtes. La foire de Noël la plus ancienne date du Moyen Âge (XVIe siècle). Elle s’est ensuite diffusée avec succès en Europe centrale.

    Aujourd’hui, en France, en Allemagne, en Suisse et en Belgique, la renommée de certains marchés de Noël n’est plus à faire (comme à Aix-la-Chapelle, Cologne, Strasbourg, etc.). Et quand vient le mois de décembre, c’est de partout que les touristes arrivent, pour l’ambiance, les odeurs, les couleurs, les lumières, etc. Un succès grandissant que l’on attribue à l’engouement des baby-boomers pour le retour aux traditions anciennes.

    Les marchés de Noël étaient d’abord et avant tout des marchés de sapins. Puis, vinrent les décorations, les couronnes et fleurs séchées, les bougies, les cadeaux et cartes de Noël, les jouets en bois, etc.

    Aujourd’hui, c’est aussi la fête des produits du terroir: dégustation et vente de charcuteries, pâtisseries, brioches, vins de la région, bières artisanales, marrons grillés, et surtout, le fameux pain d’épices, biscuit dont on fait les figurines servant de décorations dans le sapin.

    C’est également un lieu de rencontre, l’occasion de se retrouver entre amis autour d’un verre de vin chaud. Certains marchés proposent des promenades en calèche, des feux d’artifice, une patinoire, des concerts et des animations… Autour du marché, hôteliers et restaurateurs participent de concert.

    Des retombées économiques et sociales non négligeables

    Le marché de Noël représente également des retombées non négligeables pour la région et ses acteurs économiques. Selon une étude réalisée en 2002 à Montreux (le plus gros marché de Noël en Suisse romande), en moyenne, chaque visiteur a dépensé pas moins de 10 $CA. Cette somme se répartit comme suit: 5,70 $CA pour les produits divers et 4,30 $CA pour boire et manger.

    L’événement ayant cette année-là attiré près de 230 000 visiteurs, ce sont 2 263 500 $CA qui ont, grosso modo, été dépensés au cours de la manifestation (dont le budget de base a avoisiné 118 000 $CA). Quant aux nuitées engendrées par le marché, elles ont été estimées à 7150 (visiteurs et exposants).

    C’est également une très belle occasion de s’impliquer socialement et communautairement, en faisant participer d’autres collectivités, comme les écoliers ou les aînés, par exemple. À Lyon (France), les seniors de la résidence «La petite Provence» se mobilisent pour confectionner des noeuds servant à la décoration du marché de Noël. En collaboration avec la maison des jeunes et de la culture, l’amicale laïque (une association proposant des activités culturelles, sportives et des animations de quartier), les secouristes et les écoles avoisinantes, c’est le moment de retrouvailles intergénérationnelles autour d’une manifestation joyeuse.

    Noël au Québec

    À Québec, un marché de Noël se tient tout le mois de décembre au Marché du Vieux-Port; il réunit une centaine de producteurs, transformateurs et artisans de l’agroalimentaire venant des quatre coins de la province et présentant plus de 1000 produits du terroir québécois. Aucune étude sur les retombées économiques de cette activité n’a été réalisée, mais Francis Villeneuve, adjoint aux communications du Marché du Vieux-Port de Québec, évalue à 50 000 les visiteurs de l’an dernier. «C’est manifestement un succès», déclare-t-il.

    Plus modeste, mais tenant du même principe que ceux qu’on trouve en Europe, ce marché fait partie des nombreuses autres activités présentées dans le cadre de l’événement Québec fête Noël (du 2 décembre 2004 au 2 janvier 2005). Cette manifestation, qui en est à sa sixième édition cette année, propose, entre autres, une série de concerts de Noël, des expositions variées, une crèche vivante, des visites guidées thématiques.

    Forts du succès rencontré aux niveaux local et national, les organisateurs de Québec fête Noël souhaitent attirer davantage de visiteurs internationaux. Un projet de jumelage avec Strasbourg et Montreux est en développement. Il vise à accueillir des représentants de ces pays, qui viendraient faire découvrir la tradition entourant leurs marchés de Noël respectifs. Ce jumelage verra peut-être le jour à l’hiver 2006, une délégation québécoise devant se rendre en Europe dans les prochains jours.

    En ce qui concerne les actions promotionnelles destinées à la clientèle touristique, Francis Villeneuve déplore le manque de moyens financiers mis à leur disposition, mais annonce qu’ils travaillent actuellement à la conception d’un site Web promotionnel (en français et en anglais, et peut-être même en espagnol, si les fonds le permettent).

    Pour ou contre les traditions?

    Et vous, si vous aviez à choisir, que préféreriez-vous? Acheter un sapin sur Internet ou déambuler parmi de petites échoppes sentant le sapin et la brioche, sous les douces lumières des lampions colorés, au son de chants de Noël qui nous rappellent notre enfance?

    Non, ne me dites rien!

    Voir aussi

    Marché de Noël de Strasbourg
    Marché de Noël de Montreux

    Sources:
    – Kayler, Françoise. «Les marchés de Noël illuminent l’Alsace», La Presse, 10 novembre 2004.
    – Le Progrès (Lyon, France). «Les seniors partants pour le marché de Noël», 21 novembre 2004, p. 12.
    – Champagne, Pierre. «Le Marché de Noël», Le Soleil, 13 décembre 2003, p. H6.
    – Racine, Jean-François. «Québec fête Noël voit gros», Le Journal de Québec, 6 janvier 2004.

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    Enjeux Gestion

    La médiation touristique, ou comment faciliter les relations entre touristes et habitants

    La médiation, ce n’est pas seulement utile lors d’un divorce! Concept novateur, la médiation touristique vise à départager les préoccupations des citoyens, des responsables locaux et des prestataires touristiques. Plutôt que d’avoir recours aux tribunaux pour régler des litiges entre des individus dont les idées et les intérêts divergent, pourquoi ne pas essayer la médiation?

     En octobre dernier s’est tenu près de Durbuy, en Région wallonne (Belgique), un colloque intitulé «La médiation touristique en milieu rural: faciliter les relations touristes/habitants». Ce colloque est né de la volonté d’intervenants d’échanger, sous forme d’ateliers, leurs idées et expériences au sujet de situations conflictuelles en milieu touristique pouvant découler de relations de voisinage tendues. Basé sur des exemples ruraux wallons, le sujet s’adapte néanmoins à d’autres régions ou pays.

    Le pot de terre contre le pot de fer

    Daniel Bodson, sociologue à l’Université catholique de Louvain, souligne que la vision d’une harmonie villageoise est désuète. «Nos villages sont devenus des lieux de vie moderne soumis aux impacts des activités diverses qui s’y déroulent. Toutefois, nier l’existence de problèmes réels et qualifier ceux-ci de phénomène NIMBY (Not In My Back Yard, littéralement «pas dans ma cour») n’est pas une solution.

    Parfois, certaines situations peuvent engendrer des frustrations, voire des sources de conflits, comme:

    • des problèmes d’équité;
    • un manque de bonne volonté;
    • de l’incompréhension;
    • un manque de respect envers des personnes;
    • le non-respect des textes;
    • des conflits interpersonnels (problèmes de cohabitation, etc.);
    • le non-respect ou la dégradation de l’environnement;
    • l’apparition d’une zone pouvant présenter un danger d’accident;
    • des nuisances sonores ou olfactives, etc.

    Quelques exemples concrets: la présence sur une parcelle de terrain de camping d’une construction ou d’une caravane dont la dimension dépasse les normes prescrites, la perte du statut d’établissement hôtelier d’un immeuble, l’extension d’une nouvelle construction qui ne remplirait pas les conditions d’installation prévues dans la législation en vigueur, etc.

    Les conflits peuvent survenir tant entre plusieurs usagers qu’entre des personnes et une administration publique ou privée.

    Qu’est-ce que la médiation touristique?

    La médiation touristique consiste à résoudre un conflit «à chaud» ou à éviter une tension de manière «préventive» entre un touriste et un citoyen, grâce à l’intervention d’une tierce personne dont le rôle est strictement limité à suggérer aux parties des pistes de solutions, qu’elles accepteront ou non, selon leur bonne volonté.

    Ainsi, la médiation touristique peut constituer une piste de régulation des relations de voisinage entre le touriste et les habitants et une bonne alternative à une intervention policière ou judiciaire.

    Selon les intervenants présents au colloque, deux niveaux d’action semblent se démarquer:

    • dans la prévention des conflits récurrents, larvés ou potentiels, il faudrait prévoir l’instauration progressive de procédures législatives de concertation préalable, de marquage territorial (par exemple, l’interdiction claire des véhicules motorisés en forêt, l’obligation de créer un stationnement et une aire de détente pour les gîtes de grande capacité, etc.);
    • dans la gestion à chaud des conflits ponctuels, il serait utile de créer un ou des services de médiation, formés et structurés.

    Quelle forme devrait prendre cette médiation? Doit-il s’agir d’un service municipal ou sera-t-il assumé par les offices de tourisme? Pourrait-il être offert par des médiateurs volontaires au sein du village? La forme, le lieu et la structure de l’outil sont à déterminer. Mais il convient sans nul doute de poser le cadre de sa mise en oeuvre, de mettre sur pied des formations à la médiation, de vulgariser la fonction par la diffusion d’articles et l’organisation de séminaires.

    Quelle est la tâche du médiateur?

    Selon Marie-Josée Chidiac, chargée d’enseignement et maître de conférences, le médiateur n’a pas de pouvoir décisionnel, mais bien un devoir de suggestion, de persuasion (et non de coercition). Sa tâche consiste à rapprocher les points de vue des diverses parties. Il propose à tous de rechercher et de trouver ensemble une solution qui serait la plus convenable possible. La médiation va même au-delà de la solution, puisqu’elle tente également de donner aux personnes les moyens de prévenir d’autres problèmes.

    La tâche du médiateur consiste également à informer au mieux le citoyen sur ses droits et ses devoirs envers l’administration. Cette fonction est primordiale, puisqu’elle influence la perception du citoyen à l’égard de l’administration.

    Toujours selon Marie-Josée Chidiac, en plus d’être impartiaux et respectueux, les médiateurs doivent être formés, notamment:

    • aux langues (ils devraient en parler plusieurs);
    • à l’écoute active;
    • au questionnement;
    • à la connaissance du territoire d’intervention et de la législation locale;
    • à la communication (dont la communication non verbale, comme le langage des yeux, des gestes);
    • à la rédaction (rédaction des ententes), etc.

    Pour Charlotte Michel, consultante, une fois les recommandations émises, le médiateur doit également suivre les actions des usagers et l’évolution des interactions entre ceux-ci.

    Enfin, prolongement concret de ce colloque, une vingtaine de personnes se sont montrées intéressées à participer à un groupe de travail.

    Sources:
    – Chidiac, Marie-Josée. «Définitions et conditions de mise en oeuvre de la médiation», Colloque «La médiation touristique en milieu rural: faciliter les relations touristes/habitants», Durbuy (Belgique), 23 octobre 2004.
    – Chidiac, Marie-Josée. «La médiation: historique, ses avantages, ses inconvénients, ses conditions de mise en oeuvre », Colloque «La médiation touristique en milieu rural: faciliter les relations touristes/habitants», Durbuy (Belgique), 23 octobre 2004.
    – Chidiac, Marie-Josée. «Les conditions
    de l’implantation de la médiation touristique en Wallonie, notamment en milieu rural», Colloque «La médiation touristique en milieu rural: faciliter les relations touristes/habitants», Durbuy (Belgique), 23 octobre 2004.
    – Communiqué de presse. Colloque «La médiation touristique en milieu rural: faciliter les relations touristes/habitants», Durbuy (Belgique), 23 octobre 2004.

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    Le Réseau de veille en tourisme fait boule de neige

    Lancé en janvier 2004, le Réseau de veille en tourisme semble aujourd’hui faire boule de neige. En effet, cette initiative québécoise ayant mené à la création d’un organisme de veille stratégique en tourisme sert d’exemple à la mise sur pied d’autres réseaux, comme en France et au Maroc. Souvent considérée comme le parent pauvre de l’économie, l’industrie du tourisme a décidé de se retrousser les manches!

    Au Québec, le Réseau de veille en tourisme (RVT), bien qu’il soit relativement récent, est un projet innovant à bien des égards. Une équipe dédiée de six personnes, dont trois analystes, s’occupe de veille à temps plein. À l’occasion, ils font appel à des collaborateurs et des experts internationaux reconnus dans divers secteurs d’activité.

    Cette collaboration, ainsi que la notoriété qui en a rapidement découlé, a fait rayonner le réseau dans plusieurs pays, qui travaillent actuellement à la mise en place de structures similaires. Plusieurs de ces organismes et ministères ont d’ailleurs pris contact avec le RVT afin d’être conseillés dans leurs démarches.

    Pas demain la veille!

    Il a fallu plusieurs années, ici au Québec, pour que les gouvernements comprennent l’importance cruciale de l’information stratégique dans la gestion d’une entreprise. Et surtout, pour qu’ils acceptent le fait que les PME ne sont pas enclines à payer pour obtenir cette information.

    À la fin des années 1990, le gouvernement du Québec a lancé un programme pour soutenir la création de centres de veille dans différents secteurs industriels, comme la construction, le textile, l’industrie chimique, etc. Dans le cadre de ce projet-pilote de trois ans, 14 cellules de veille avaient reçu une aide financière, à condition qu’elles parviennent à s’autofinancer après ce délai.

    Malheureusement, la presque totalité de ces centres ont fermé leurs portes et dressent un bilan mitigé de l’expérience, n’ayant pu retenir l’attention des entreprises, ni assurer leur propre financement.

    Un vent d’«intelligence économique» souffle sur la France

    Afin d’aider la France à rattraper son retard en matière de positionnement et de compétitivité économique, le premier ministre Jean-Pierre Raffarin nommait, en décembre 2003, Alain Juillet comme haut responsable chargé de l’intelligence économique.

    Cette nomination témoigne de la nouvelle et très forte volonté gouvernementale de repositionner la France sur le grand échiquier du renseignement d’affaires. La stratégie récemment définie devrait toucher plusieurs secteurs économiques et industriels, notamment celui du tourisme.

    Sous l’impulsion du ministère délégué au Tourisme, la France s’apprête à créer une communauté virtuelle de pratique dans le secteur, dans l’optique de consolider et de maintenir la position du pays à titre de première destination touristique mondiale.

    Cette communauté de partage des connaissances permettra de réunir, autour d’un même portail et espace de travail collaboratif:

    • des acteurs professionnels des différents secteurs et métiers du tourisme (voyagistes, transporteurs, fournisseurs d’hébergement, etc.);
    • des acteurs institutionnels, fédérations et syndicats professionnels, des intervenants du secteur associatif, des représentants des différentes administrations intervenant dans le secteur du tourisme, notamment dans l’aménagement du territoire et l’environnement;
    • le secteur de la recherche (sociologie du tourisme, géographie, etc.), des spécialistes du droit du tourisme et des spécialistes de l’e-tourisme;
    • etc.

    L’objectif est double:

    • à court terme: ce projet vise à instaurer, au sein du Ministère, des processus de veille stratégique, ainsi que la diffusion, d’ici la fin de l’année 2004, d’un bulletin de veille (Veille Info Tourisme) destiné aux organismes professionnels et institutionnels du tourisme;
    • à plus long terme: la mise en place d’une communauté de pratique associant des experts émanant du secteur de la recherche, du secteur des industries touristiques et du secteur institutionnel national et régional.

    En parallèle, Maison de la France (l’organisme de promotion de la France touristique) désire elle aussi mener une veille attentive sur les tendances et les nouveaux comportements des consommateurs. Ceci, afin d’appuyer sa stratégie marketing 2005-2010 sur une analyse approfondie des marchés et des enjeux touristiques à l’horizon de 2010.

    Outre la réalisation de nombreuses études (françaises et internationales), Maison de la France compte également sur la création d’un nouvel outil de mesure, Tourismage, afin d’analyser les identités, concepts et offres touristiques mis de l’avant par plus de 400 destinations touristiques internationales.

    Cette base de données recense les offres touristiques proposées dans les brochures ou sites Internet par la plupart des pays, régions (départements dans le cas de la France), principales villes et stations touristiques. Conçu par le cabinet français CoManaging, ce baromètre permettra de comparer, en termes de communication (logo, signature, positionnement, etc.), l’offre touristique française à celle de ses principaux concurrents européens.

    Partenariat France-Québec

    À la fin septembre 2004, le Groupe franco-québécois de coopération économique (GFQCE) a proposé un partenariat entre la Chaire de Tourisme de l’École des sciences de la gestion de l’UQÀM et le ministère délégué au Tourisme de France. Suite à cela, le GFQCE a adopté une série de mesures visant à renforcer et approfondir la coopération économique entre les gouvernements français et québécois.

    Cette collaboration se traduira notamment par l’échange et le partage de connaissances à caractère stratégique (porteuses de valeur ajoutée) dans le secteur économique du tourisme. Par ailleurs, le Réseau de veille en tourisme devient membre à part entière de la communauté de veille de la France (et réciproquement) et il interviendra d’une manière active dans l’élaboration du bulletin Veille Info Tourisme.

    Une volonté similaire au Maroc

    Au Maroc, le secteur du tourisme constitue la deuxième industrie en importance, juste après celle des phosphates. Il n’est donc pas étonnant que la politique de développement touristique, lancée il y a un peu plus de trois ans maintenant, constitue un véritable projet de société. L’objectif pour 2010: accueillir 10 millions de touristes, dont sept millions d’étrangers.

    Pour atteindre ces ambitieuses visées, l’industrie prévoit la création de 600 000 emplois au pays et le doublement de la capacité hôtelière en bâtissant 80 000 chambres.

    C’est pourquoi le département de géographie de l’École Doctorale Internationale de Tourisme de l’Université Cadi Ayyad à Marrakech a rencontré l’équipe du RVT cet été, pour les guider dans la mise en place d’une cellule de veille stratégique en tourisme.

    Pourquoi la veille?

    La veille est un processus visant à rechercher et à analyser de l’information récente sur un marché, un produit, un secteur d’activité, afin d’en dégager les innovations, tant stratégiques que technologiques, ainsi que de surveiller la concurrence. La veille aide les gestionnaires à prendre de «bonnes» décisions, au «bon» moment.

    Dans le contexte touristique, la veille permet, tant aux entreprises qu’aux collectivités:

    • de voir émerger de nouvelles tendances, destinations, habitudes de consommation, etc.;
    • d’anticiper certains mouvements de la concurrence;
    • d’adopter des stratégies proactives, plutôt que réactives;
    • de faire des choix rapides et éclairés, en toute connaissance de cause;
    • de mieux s’adapter aux changements;
    • d’être à l’affût de nouvelles technologies;
    • de développer de nouveaux outils marketing mieux adaptés;
    • etc.

    Initiative de la Chaire de Tourisme de l’École des sciences de la gestion de l’UQAM, le RVT a été créé le 30 janvier 2004, grâce à la collaboration de l’agence de Développement économique du Canada pour les régions du Québec et de Tourisme Québec.

    Voir aussi

    Maison de la France
    Ministère délégué au Tourisme (France) 
    www.veille.com (Veille.com: la communauté de l’intelligence économique) www.rqsi.ulaval.ca (RIN: le réseau de veille sur les pratiques ingénieuses d’innovation) www.cefrio.qc.ca (Centre francophone d’informatisation des entreprises (CEFRIO))
    www.portail-rhri.com (Vigie-RHRI: l’actualité du monde du travail en continu)

    Sources:
    – Simier, Paul. «Le Maroc fait du tourisme un véritable projet de société», Journal de Montréal, 2 mars 2004.
    – Le Figaro. «Un plan d’action sur 2005-2010 – La France n’a pas vu venir la révolution du tourisme», 27 septembre 2004, p. 3.
    – Le Progrès (Lyon). «Un secteur en plein essor – Le secteur de l’intelligence économique ne cesse de se développer au sein des grandes entreprises…», 28 septembre 2004.
    – Pautrat, Rémy et Éric Delbecque. «L’intelligence territoriale, une idée neuve», Le Figaro, 7 septembre 2004.
    – La Tribune (Desfossés). «Sensibiliser les PME à l’importance de l’information stratégique», 1er septembre 2004.
    – Lemaître, Frédéric (propos recueillis par). «La France vit une révolution silencieuse dans l’intelligence économique», Le Monde, 21 avril 2004.
    – Arseneault, Paul. «Un réseau de veille en tourisme», Téoros, été 2003, p. 67 à 68.