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Tendances

De quoi sera fait le tourisme de demain?

Il semble loin le temps où les voyages étaient l’apanage des gens riches et célèbres. Ian Yeoman, futurologue spécialisé en tourisme, révèle dans son livre Tomorrow’s Tourist ce que sera le tourisme en 2030 – pas de changements radicaux, mais plutôt la poursuite des tendances déjà amorcées. De quoi ce parcours sera-t-il ponctué et que cela signifie-t-il pour le tourisme?

Le contexte en mots-clés…

Difficile de jeter un regard sur le tourisme sans prendre en compte les multiples facteurs qui sont à la source de la mutation de ce secteur.

  • Un monde d’incertitudes et d’insécurité – terrorisme, cataclysme, crise économique, conflit géopolitique…
  • Les forces économiques – les États-Unis, les blocs européen et asiatique, les puissances économiques en émergence (Brésil, Russie, Inde, Chine, etc.).
  • Un monde des affaires en mutation – mondialisation, décentralisation des industries vers les pays en voie de développement, changements dans le monde du travail, nouveaux marchés de consommateurs, nouveaux modèles d’affaires.
  • L’éducation et la richesse – augmentation de l’écart entre les riches et les pauvres, accès à l’éducation, croissance de la richesse et de la classe moyenne.
  • Le changement des valeurs –  progression des valeurs sociales et environnementales, remise en question de la société de consommation, démocratie.
  • La société locale et globale – croissance des zones urbaines et de l’immigration, mixité ethnique, désertion des milieux ruraux, augmentation de la connectivité et réduction des distances, rôle des médias.
  • Le vieillissement de la population – ralentissement de l’activité économique, pénurie de main-d’œuvre, mouvement migratoire des travailleurs, coût des soins de santé, situation financière précaire, coûts liés au versement des pensions.
  • La santé – préoccupation de la santé, augmentation de l’espérance de vie.
  • Les sources énergétiques – épuisement des réserves de pétrole, prix de l’énergie, développement des énergies renouvelables, formes plus durables des transports.
  • Les ressources naturelles et les changements climatiques – développement durable, environnement, biodiversité, perturbation des climats, eau, agriculture, nourriture, conscientisation, action.
  • L’accès aux connaissances – communication, information, facilité, rapidité, infrastructures technologiques, croissance de la richesse.
  • Les nouvelles technologies – moléculaires, nano, bio, info…

Le voyageur de demain en vrac…

  • Le tourisme est le reflet de la prospérité croissante chez les consommateurs. Les vacances ne sont plus le privilège de quelques-uns, mais un besoin fondamental de la société occidentale. La propension à voyager n’a jamais été aussi grande.
  • Avec le boom dans les économies émergentes, de nouvelles destinations et de nouveaux marchés de touristes avec des langues et des cultures différentes colorent le paysage touristique. Ainsi, le touriste de demain sera issu des économies émergentes – Chine, Inde, Russie, Europe de l’Est, Mexique. Il sera toujours plus éduqué, informé et exigeant.
  • Le voyageur a accès à un plus grand choix de produits et de destinations. Aidé par la technologie et Internet, il est en mesure d’acheter ses vacances sur demande.
  • L’économie de l’expérience atteint son niveau de maturité – le voyageur recherche l’authenticité, des expériences réelles plutôt que du faux et du «manufacturé».
  • Des traditionnelles deux semaines à la plage, les vacances sont passées à une multiplicité d’expériences et de destinations, de l’escapade à six mois autour du monde. Le temps constitue toujours un facteur critique. Soucieux de son incidence sur l’environnement et curieux de découvrir de nouvelles cultures, le voyageur devient plus respectueux, reste plus longtemps et visite plus en profondeur. Les différentes formes de tourisme durable gagnent en importance. Malgré l’empreinte environnementale des voyages, les destinations lointaines et les environnements vierges continuent d’attirer le qui reste tout de même partagé entre son désir de voyager et celui de protéger l’environnement.
  • Issu de la «Snack culture» où la culture de la consommation rapide et de l’éphémère prime, le touriste aime aussi vivre diverses expériences au lieu d’une longue période de vacances. Relaxation ou activités excitantes, il souhaite s’offrir des vacances qui lui permettent de recharger ses batteries et de se libérer l’esprit en un court laps de temps.
  • La demande pour le luxe s’accentue. En raison de l’écart qui se creuse entre les riches et les pauvres, on assiste à une hausse des lieux de vacances enclavés. Le luxe devient immatériel. Il est lié à la richesse de l’expérience et à l’épanouissement que cette dernière apporte. Les nouveaux riches, eux, s’attachent plus au tape-à-l’œil.
  • Il est en meilleure santé et vit plus longtemps. Préoccupé par la santé et la sécurité, il veut minimiser les risques et ces facteurs guident ses choix. Bien que les actes terroristes et autres catastrophes puissent avoir un effet dissuasif, leurs conséquences négatives sont parfois de courte durée.
  • La croissance de la richesse et de l’éducation fait en sorte que la culture devient un facteur important dans le choix de la destination. Les capitales culturelles ont la cote. Les baby-boomers et la nouvelle génération de retraités favorisent eux aussi les activités culturelles. Ils voyagent davantage et optent pour des vacances plus aventureuses que cette même génération par le passé. Toutefois, le vieillissement de la population avec tous les coûts que cela implique pourrait changer la donne.
  • Les familles font plus d’activités ensemble. Les vacances deviennent du temps de qualité en famille, qui diminue dans le quotidien.
  • Les voyages d’affaires fluctuent au gré de l’économie. Les téléconférences et les rencontres virtuelles évitent les déplacements et réduisent les coûts. Le marché global amène le développement de nouvelles routes et le déclin d’autres.
  • Les touristes ont des styles de vie et des intérêts différents. Ils requièrent des produits adaptés à leurs besoins. Devant la richesse de l’offre, ils n’ont que l’embarras du choix et ils recherchent le meilleur rapport qualité-prix.
  • Le grand défi: répondre à la diversité des goûts, des intérêts, des demandes.

Le tourisme de demain en résumé…

  • Compétitivité et transport constituent les grands enjeux de 2030.
  • Les flux touristiques se déplacent vers les pays de l’Est et l’Asie en raison de leur croissance économique et du coût des prestations.
  • Le monde est plus facilement accessible – accès à l’information et accès physique (transports et connectivité). L’ouverture sur le monde signifie plus de choix de destinations et donc une augmentation de la concurrence. Et qui dit augmentation de la concurrence dit valeur ajoutée. Les destinations sont soumises aux effets de mode. La marque devient un outil de marketing important afin de se démarquer. Elle prend de l’importance, car le choix de la destination est lié aux valeurs du consommateur. L’image de marque d’une destination devra être éthique, durable et digne de confiance.
  • Les pays renforcent leurs mesures de sécurité – passeports biométriques et restrictions de visas. La force des devises continue d’influencer les déplacements.
  • Pour satisfaire le voyageur, les marchés de niche se multiplient, l’offre se diversifie.
  • La technologie modifie les modèles d’affaires. On observe un transfert de la communication de l’entreprise vers le consommateur. La rétroaction de celui-ci devient plus accessible et immédiate.
  • Les nouvelles technologies et l’avancement de la science rendent possibles les vols commerciaux dans l’espace.
  • À cause de l’immigration, la mixité des différentes cultures réduit l’authenticité de certaines destinations.

Et si les changements climatiques changeaient aussi les plans de vacances?

En 2030, terminées les vacances sur les plages des Maldives et le ski dans les Alpes! Scénario catastrophe ou réaliste?

En 2030, il y aura 1,9 milliard de voyages internationaux. La planète est-elle en mesure de supporter cette importante croissance du tourisme? Le virage vert aura-t-il été adopté par la majorité, entreprises et voyageurs, ou sera-t-il toujours le lot d’une minorité?

La boule de cristal n’a pas encore révélé ses secrets!

Source:
– Yeoman, Ian. «Tomorrow’s Tourist: Scenarios & Trends», Elsevier, 2008, 357 pages.
[www.tomorrowstourist.com]

Ian Yeoman, professeur associé à l’Université de Victoria en Nouvelle-Zélande et à l’Université d’Édimbourg en Écosse et futurologue spécialisé en tourisme, a déjà aussi été planificateur stratégique à VisitScotland et responsable des modèles économiques, de l’analyse des tendances et de l’élaboration des scénarios.

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Produits et activités

Clin d’œil – Ras-le-bol des salles de conférences ternes?

Jetez un coup d’œil au concept innovateur de salles de réunions Meet at the Apartment de New York, créé par Marc et Sara Schiller. Des lieux inspirants pour lancer un produit, pour procéder à une séance de remue-méninges, pour informer la direction des nouvelles orientations de l’entreprise ou encore pour recruter de nouveaux clients. Un bel exemple du fameux «Think outside the box»! Londres et Dubaï sont les prochaines villes sur l’échiquier. Et Montréal? Et Trois-Rivières?

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Marchés géographiques

Comment se répartira la tarte des 1,9 milliard de touristes en 2030?

En 1950, on dénombrait 25 millions de voyages internationaux, et en 2005, 803 millions. En 2030, ce nombre pourrait atteindre 1,9 milliard et totaliser des recettes de 2 trillions USD. Plus de 5 milliards USD seront dépensés quotidiennement par les voyageurs internationaux. Toutes les parties du globe seront visitées et les vols dans l’espace seront devenus réalité. Comment se dessinera l’échiquier mondial des destinations en 2030?

Ian Yeoman, professeur associé à l’Université de Victoria en Nouvelle-Zélande et à l’Université d’Édimbourg en Écosse et futurologue spécialisé en tourisme, a déjà aussi été planificateur stratégique à VisitScotland et responsable des modèles économiques, de l’analyse des tendances et de l’élaboration des scénarios.

Yeoman souligne qu’il devient de plus en plus difficile de faire des prévisions avec justesse en raison des multiples événements qui viennent causer des ruptures temporaires et des diverses politiques de certains pays qui, elles, amènent des changements plus permanents. En se basant sur la prospérité économique et la corrélation de la propension à voyager, il a tout de même tenté l’exercice à partir des données de Mintel, de l’Organisation mondiale du tourisme et d’Oxford Forecasting.

De 1950 à 2005, on a assisté à une croissance annuelle moyenne des arrivées internationales d’un peu plus de 6%. Dans les 25 prochaines années, elle devrait se situer à 3,4% tandis que la hausse des recettes s’établira à 4,4%. On peut expliquer en partie le ralentissement de la croissance par le vieillissement de la population, phénomène qui s’observe dans plusieurs pays du monde.

L’échiquier mondial des grandes régions en 2030

Les marchés se déplaceront vers l’Est en raison des coûts, du désir des voyageurs de découvrir des expériences nouvelles dans d’autres parties du monde et de l’augmentation du niveau de vie dans ces pays. Malgré le fait que l’Europe demeurera la région dominante, elle perdra des parts de marché au profit de l’Asie-Pacifique et du Moyen-Orient (graphique 1). Les Amériques resteront à peu près stables. L’Afrique augmentera ses arrivées dans une faible proportion. En ce qui a trait aux recettes, la situation évoluera de façon similaire à celle des arrivées (graphique 2).

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Le classement des destinations remanié

De 2005 à 2030, la région de Macao, la Turquie, la Malaisie et la Chine présenteront des taux moyens de croissance supérieurs à 5% annuellement alors que ceux de l’Italie, de l’Espagne et de la France seront inférieurs à 2%.

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Les yeux sont tournés vers la Chine depuis les Jeux olympiques de Beijing en 2008. Avec sa croissance économique impressionnante et ses investissements majeurs dans l’industrie touristique, elle deviendra incontestablement la 1re destination mondiale en 2030, affichant une croissance annuelle moyenne de 5,1% pour ses arrivées et de 5,4% pour ses recettes.

En 2005, les États-Unis occupaient le 3e rang des destinations touristiques mondiales et le 1er pour ce qui est des recettes. Malgré cela, ce pays est en déclin depuis les 15 dernières années. Même si les États-Unis sont une des plus grandes destinations touristiques mondiales, sa 2e position en 2030 dépendra grandement de son image internationale, qui est liée à ses politiques étrangères, à ses mesures en matière d’environnement, à ses stratégies militaires, à ses restrictions d’entrée au pays, etc.

La France, première destination mondiale actuellement, devra tirer sa révérence à ce titre et laisser la place à la Chine et aux États-Unis en 2030. Malgré ses icônes et la diversité de ses attraits (Paris, plages, montagnes, mode, cuisine, vins, etc.), la France reste un marché mature avec une croissance évaluée à 1,2% annuellement. Toutefois, elle verra croître ses recettes de 3% en moyenne entre 2005 et 2030 en raison du marché haut de gamme qu’elle attire.

Occupant la 9e position en 2005, la Turquie pourra s’enorgueillir de sa forte remontée au classement (4e position en 2030). Avec une croissance moyenne de ses arrivées de 6% annuellement, elle verra son nombre de touristes internationaux passer de 20 à 90 millions, et ses recettes de 18 à 78 milliards USD, soit une croissance annuelle moyenne de 5,9%. Istanbul, ses régions rurales, ses stations de vacances, sa localisation à la jonction de l’Europe et du Moyen-Orient, la perspective de son adhésion à l’Union européenne feront de la Turquie une destination courue.

Le Canada a été évincé du classement des dix premières destinations mondiales en 2004. En 2005, il occupait la 12e position et il glissera vraisemblablement au 16e rang en 2030 alors que les arrivées internationales augmenteront de 18 à 33 millions. Il occupera le 17e rang des recettes, passant de 13 milliards USD en 2005 à 34 milliards en 2030.

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Le classement du Top ten des recettes diffèrera quelque peu de celui des arrivées. Certains pays (États-Unis, Espagne, Italie) monteront en grade, d’autres glisseront d’un rang ou deux (Chine, France, Turquie, Royaume-Uni) et quelques-uns disparaîtront du grand classement (Région de Macao, Russie). L’Inde ne figurera pas au tableau du classement des destinations, mais sera propulsée au 10e rang de celui des recettes avec la plus forte croissance moyenne annuelle (7,5%), ce qui lui permettra d’engranger 49 milliards USD.

Et… à quand «l’espace» au classement des grandes destinations mondiales?

Source:
– Yeoman, Ian. «Tomorrow’s Tourist: Scenarios & Trends», Elsevier, 2008, 357 pages.
[www.tomorrowstourist.com/]

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Enjeux Produits et activités

Quand le paysage prend une valeur économique!

Le paysage est sans conteste un argument de développement et de promotion économique et touristique. À l’heure où la question du paysage oppose développement et préservation dans les grands dossiers de l’aménagement du territoire (projets éoliens, développement durable, etc.), quelle est son importance? Quelle valeur y accorde-t-on? Une démarche s’impose afin de mieux connaître les paysages, les spécificités qui les caractérisent et les possibilités qu’ils génèrent en matière de développement local et régional durable.

Le paysage est beaucoup plus qu’une simple carte postale

Le paysage, c’est…

… un parc industriel, les maisons et les commerces qui se côtoient, l’affichage le long des routes, les terres agricoles, l’exploitation forestière, un cours d’eau, un parc, un centre historique;

… ce qui accueille le voyageur qui arrive dans une nouvelle destination;

… ce qui fait la réputation d’un lieu, qu’il soit beau ou laid;

Le paysage, c’est un lieu qui raconte son histoire.

Le paysage, un concept intégrateur

David Belgue, président du Conseil du paysage québécois, souligne que la notion de «paysage» est le résultat des interactions entre les populations, leurs activités et les éléments naturels qui les accueillent. L’homme transforme sans cesse son milieu et crée des paysages humanisés avec les paysages ruraux, villageois et urbains. Il faut donc reconnaître son caractère évolutif, car il se métamorphose selon l’évolution des valeurs et des usages résidentiel, agricole, industriel et touristique.

Générateur de retombées économiques souvent majeures, le paysage se compose d’une mosaïque d’éléments, et son analyse ne peut se limiter au seul aspect visuel mais bien à l’ensemble du territoire.

Il constitue un enjeu important de développement durable qui implique à la fois des actions de préservation, de mise en valeur, de gestion et de développement du territoire en relation avec les valeurs et les préoccupations des collectivités. N’étant la chasse gardée d’aucune profession, le paysage doit faire l’objet de concertation et se construire sur la base d’une entente collective.

Reconnaître la valeur publique des paysages

Intervenir pour améliorer la qualité des paysages requiert du temps et constitue un défi de taille dans un contexte où le rythme de la prise de conscience est plus lent que celui du développement et de l’évolution des pratiques en matière d’évaluation et de gestion des paysages.

Selon la Chaire en paysage et environnement de l’Université de Montréal, les phases de mise en œuvre sont les suivantes:

  • Reconnaissance publique des enjeux du paysage – indissociable d’un travail d’éducation et de sensibilisation des populations et des acteurs locaux.
  • Diagnostic des paysages – jeter un regard multiple (identitaire, historique, économique, visuel, social, politique, utilitaire, etc.) qui requiert plusieurs expertises différentes, déterminer les caractéristiques et les potentiels d’un territoire afin de dresser un bilan global des possibilités et des contraintes.
  • Énoncé du projet public de paysage – déterminer de manière concertée les objectifs à atteindre en matière de préservation, de mise en valeur, d’aménagement et de développement des territoires; doit traduire une vision commune de tous les acteurs intéressés (population, autorités locales et régionales, autres acteurs concernés par les politiques du paysage).
  • Cadres d’action et de mise en œuvre – outils législatifs et réglementaires, outils de valorisation (diffusion, sensibilisation, reconnaissance, etc.), projets (chartes paysagères, atelier, concours, mesure d’accompagnement d’initiative locale).
  • Suivi et audit – prise en compte de l’évolution des caractéristiques physico-spatiales, évaluation de la cohérence et de la pertinence des politiques, des programmes, des outils publics et interventions, et de l’adéquation des objectifs.

Des actions concrètes, un pas dans la bonne direction

Incorporé en 1994, le Conseil du paysage québécois a pour objectif de susciter un véritable partenariat en faveur du paysage. Il regroupe associations et ordres professionnels, intervenants régionaux et nationaux. En s’inspirant de l’expérience européenne, cet organisme a élaboré la Charte du paysage québécois qui se veut un outil de sensibilisation et de consensus auprès des citoyens, des décideurs publics et privés et des professionnels de l’aménagement. La Charte vise à promouvoir la valeur des paysages, à les protéger, à les mettre en valeur et à s’assurer qu’ils fassent également partie des considérations d’ordre économique, social ou environnemental lors de l’élaboration des orientations régionales et locales.

Ayant établi un lien direct entre l’accroissement des activités touristiques et de villégiature et la qualité des paysages, la Municipalité régionale de comté (MRC) de Memphrémagog fait figure de pionnière dans la prise en compte des dimensions paysagères (milieu rural, culture, patrimoine, forêt, tourisme, villégiature) à l’intérieur de son tout premier schéma d’aménagement – catégorisation selon quatre types (paysages naturels d’intérêt supérieur, vues panoramiques, routes pittoresques et panoramiques, paysages champêtres), protection et mise en valeur, etc.

La région des Cantons-de-l’Est possède sa Charte des paysages estriens, et la Réserve internationale de ciel étoilé du mont Mégantic témoigne de l’importance d’un ciel sans pollution lumineuse.

La MRC de Lotbinière a décidé de miser sur le paysage pour relever le défi du déclin démographique et pour rehausser son offre touristique. La réalisation du diagnostic paysager a permis d’élaborer des cartes thématiques et interprétatives dans plusieurs domaines (agricole, forestier, etc.). En se fondant sur les qualités et les particularités des paysages, la MRC a conçu des circuits découvertes – itinéraires à vélo – pour les touristes désireux d’explorer la région.

Déjà au début des années 1990, l’Association touristique des Laurentides faisait partie des organismes qui déploraient la dégradation du paysage et qui soulignaient l’urgence d’agir. Le projet Opération paysages a voulu mobiliser les acteurs sur l’importance des questions paysagères, avec comme argumentaire «L’argent pousse dans les arbres». Un sondage auprès de la population a jeté un éclairage sur sa perception à l’égard de la qualité des paysages dans la région. Ces démarches ont mené à l’adoption de la Charte des paysages naturels et bâtis des Laurentides visant à favoriser l’engagement régional et à préserver l’intégrité des paysages des Laurentides.

Un projet-pilote en Gaspésie baptisé «paysage humanisé»

Voulant revitaliser et dynamiser son territoire, la municipalité de Mont-Saint-Pierre a fait appel à la Chaire multifacultaire de recherche et d’intervention sur la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine de l’Université Laval (MRIGIMUL) pour l’aider à concevoir et à mettre en place un village-parc (Agenda 21) qui prolongerait le Parc de la Gaspésie jusqu’à la mer en enclavant Mont-Saint-Pierre.

Le modèle envisagé s’apparente à celui des parcs naturels régionaux et n’exclut pas la présence humaine: le territoire à protéger s’étend sur 600 km2 et compte environ 3000 citoyens, englobant les quatre villages côtiers de l’Estran (municipalités de Rivière-Madeleine, Grande-Vallée, Petite-Vallée et Cloridorme).

La relance de l’Estran mise sur plusieurs moteurs économiques, et le tourisme y joue un rôle de premier plan. Fonds de vallée avec leurs mosaïques agricoles, contraste entre la mer et la montagne, architecture élaborée des maisons de certains rangs, l’Estran possède l’un des plus beaux paysages aménagés par l’humain. Son but: faire de ce coin de pays une destination de séjour et non pas seulement un lieu de passage pour se rendre à Forillon et à Percé.

Voici un projet-pilote inspirant pour d’autres régions du Québec.

Le constat de la Chaire en paysage et environnement de l’Université de Montréal

À l’heure actuelle, la prise en charge des préoccupations paysagères demeure davantage le fruit d’initiatives locales et ponctuelles que le résultat d’un cadre global et intégré par le gouvernement, et ce, malgré la reconnaissance explicite de l’importance du paysage dans certaines lois.

Lire aussi: Protection des paysages québécois… Urgence!

Sources:
– Andréas, Vanessa, Gérard Beaudet, Sabine Courcier et Marie-Odile Trépanier. «Prise en considération des préoccupations paysagères dans la fusion des lois sur l’affichage», études et recherches en transport, ministère des Transports du Québec, 2004.
– Belgue, David. «Les agents locaux de tourisme, des gardiens du paysage?», souper conférence de la Fédération québécoise des organisations locales de tourisme, Québec, 16 avril 2008.
– Guéricolas, Pascale. «Des professeurs de l’Université ont décidé de parier sur la Gaspésie en s’associant à des projets innovateurs, dont les Gaspésiens sont partie prenante. Espoir à l’horizon», Magazine Contact, Université Laval, printemps 2007.
– Lemieux, Denis. «Paysages, demande sociale et actions des instances publiques», Urbanité, juin 2008, p. 21-22.
– Paquette, Sylvain et Philippe Poullaouec-Gonidec, Gérald Domon. «Guide de gestion des paysages au Québec – Lire, comprendre et valoriser le paysage», Chaire en paysage et environnement de l’Université de Montréal, 2008.
– Ruelland , Jacques, Josée Froment et Agnès Grondin. «Laurentides – Une charte comme catalyseur du projet de paysage régional», Urbanité, juin 2008, p. 26-28.
– Vaillancourt, Linda. (2007). «L’Agenda 21e siècle local de l’Estran. Un projet territorial aux couleurs du Paysage humanisé», dans GAGNON, C. (Éd) et E., ARTH (en collab. avec). Guide québécois pour des Agendas 21e siècle locaux: applications territoriales de développement durable viable, [En ligne], http://www.a21l.qc.ca/9549_fr.html (page consultée le 9 octobre 2008).

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Produits et activités

Capsule – Êtes-vous «branché» ou complètement «out»?

Est-ce que le glamping et le zigotourisme vous disent quelque chose? Le quoi? Dès qu’une nouvelle tendance s’installe, on s’empresse de la baptiser! Il y a même des gens qui imaginent des façons ludiques de vivre de nouvelles expériences touristiques et y associent des termes tout aussi ludiques. Non, l’industrie du tourisme ne détient pas le monopole des définitions et de l’expérience!

Bienvenue à la foire aux expressions!

On constate qu’un bon nombre de routards voyagent sac au dos mais recherchent plus de confort et de luxe qu’avant. Et voilà que surgit l’expression flashpackers. Issu de la contraction des mots glamourous et camping, le glamping désigne un type de camping qui n’a rien à voir avec les mouches noires et les guimauves grillées au-dessus du feu de camp. Des gens décident de passer leurs vacances à la maison ou à proximité, on invente alors le terme staycation (lire aussi: Les «staycations» ou les vacances à la maison…).

Rien de scientifique, juste du ludique!

Connaissez-vous alors l’aléatourisme, le monopolytourisme, le tichotourisme et le belotourisme? À vous de trouver ce que signifient ces types de tourisme et bien d’autres dans le dictionnaire du Laboratoire de tourisme expérimental (Latourex) où se mêlent définitions et expériences de toutes sortes.

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Avec leur Guide du voyage expérimental, publié en français en 2006 aux éditions Lonely Planet, Joël Henry, ancien bouquiniste de Strasbourg, et Rachael Antony, journaliste, proposent des formes de voyages peu banales selon des règles ou des thématiques. À travers le tourisme expérimental, ils font évoluer l’expérience touristique en la libérant des attentes du tourisme «traditionnel», afin d’appréhender le monde d’une façon nouvelle. Ce sont des invitations à aller voir ailleurs, autrement, et une incitation à créer ses propres jeux autour du voyage. Les auteurs convient les gens à se faire plaisir, à improviser, à tricher ou à inventer leurs propres règles si cela peut leur permettre d’améliorer la formule.

Que dire de «l’expédition au K2» où aucun équipement d’alpiniste n’est requis, puisqu’il s’agit de visiter le carré «K2» d’un plan ou d’une carte routière et de découvrir les ressources culturelles, gastronomiques et estaminologiques (petits cafés et bistrots) qu’il recèle.  Jetez un coup d’œil aux règles du «Trip Poker».

À vous d’en ajouter, de vous en inspirer, de proposer aux touristes des façons ludiques de découvrir votre région ou votre produit.

Sources:
– Conlin, Jennifer. «Camping? Yes. Roughing It? Not Quite», New York Times, 14 septembre 2008.
– Laffon, Gilles. «Tourisme expérimental: tous les chemins ne mènent pas à Rome ou à la Riviera», Agence France Presse, 31 juillet 2008, LADEPECHE.fr.
– Laboratoire de tourisme expérimental, (Latourex).
– Lonely Planet. «Qu’est-ce que le voyage expérimental», www.lonelyplanet.fr/experimental/about_FR_clean.htm.
–  Scroggins, Kate. «Backpacking in style: “Flashpackers” have champagne tastes», Canadian Press, 5 septembre 2008.

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Ressources humaines

Les clientèles non traditionnelles, la nouvelle relève de travailleurs! (Compte rendu de conférence)

Lors de la 8e Journée RH du Conseil québécois des ressources humaines en tourisme (CQRHT), quatre panélistes sont venus présenter des expériences réussies avec des clientèles non traditionnelles de travailleurs. Le mot d’ordre: laissez tomber vos préjugés! Vous découvrirez ainsi de nouvelles avenues très intéressantes.

Jeunes et «vieux», un duo hors pair!

Un simple communiqué de l’Association touristique régionale des Cantons-de-l’Est, annonçant un projet pilote visant à recruter des gens de 50 ans et plus pour des postes en accueil et information touristique, a déclenché une vague de CV. «Il a fallu gérer le succès», soulignait Sylvie Vandal, commissaire au tourisme à CommercETourisme Granby et région.

Ayant postulé ces postes par choix, les 50 ans et plus se présentaient avec une ouverture et un plaisir évidents. Cette attitude a séduit les jeunes, et une complicité s’est développée entre les deux groupes: échange, égalité, partage de connaissances et d’expériences, ambiance de travail agréable et changement réciproque de perceptions.

Mais que recherchent ces 50 ans et + réputés pour leur service à la clientèle hors pair?

  • Une expérience enrichissante
  • Un emploi qui rejoint leurs valeurs
  • La mise à profit de leur expérience en rendant service aux autres
  • Le plaisir du contact avec le public
  • Un horaire flexible
  • Un poste qui ne leur impose pas de responsabilités

Autres arguments qui nous obligent à mettre certains préjugés de côté : la gent masculine a été plus nombreuse à postuler (90%) et les sites Internet constituent un excellent moyen pour recruter cette main-d’œuvre (association de retraités, citeboomers.com, etc.).

Une expérience heureuse et concluante!

Faire briller les yeux de jeunes décrocheurs

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Des jeunes travailleurs issus de l’aide sociale ont la chance de voir la lumière au bout du tunnel. Brian Aubé, directeur général de l’Association hôtelière de la région de Québec (AHRQ), a décidé de financer les études de certains d’entre eux par l’intermédiaire de l’organisme de réinsertion sociale Le Piolet et de les jumeler avec des équipes d’établissements hôteliers qui ont bien voulu s’ouvrir à ce type de clientèle. «Il fallait voir les yeux de ces jeunes briller lorsqu’ils préparaient des petites bouchées avec un grand chef».

Que dire de plus!

Faire tomber les préjugés envers les personnes handicapées

Une personne ayant des problèmes de santé mentale au poste de femme de chambre.
Une personne ayant une déficience neurologique au poste d’agent de promotion (Musée du chocolat).
Une personne ayant une déficience auditive au poste de préposé à l’entretien ménager (Restaurant du Vieux Fort).

ML_2008-11_cltlnontradrelvtravallr_img2Les barrières à l’embauche de personnes handicapées sont trop souvent liées aux préjugés et aux limites perçues par les employeurs. Il suffit de discuter quelques minutes avec Martin Prévost du Regroupement des organismes spécialisés pour l’emploi des personnes handicapées (ROSEPH) pour constater que les possibilités d’embauche sont nombreuses et que le support de cet organisme joue un rôle déterminant dans l’intégration de cette clientèle au marché du travail.

Les membres du ROSEPH offrent aux employeurs une gamme de services professionnels:

  • session d’information et de sensibilisation auprès du personnel de l’entreprise;
  • identification des postes et analyse de tâches;
  • présélection des candidats;
  • adaptation des postes de travail et accès aux diverses mesures d’accommodement;
  • accompagnement individualisé et entraînement de l’employé(e) à son poste de travail;
  • suivi individuel en emploi durant plusieurs mois.

Il faut comprendre que pour une multitude de tâches, les handicaps ne font pas obstacle à leur réalisation. Est-ce que le fait qu’une personne soit en fauteuil roulant le rend inapte à répondre au téléphone? Il suffit parfois de solutions bien simples, comme quelques morceaux de bois, pour hausser un bureau afin de résoudre un problème d’accessibilité.

Sachez voir au-delà des apparences!

Une incursion du côté des travailleurs étrangers temporaires

Vous devez faire face à une pénurie de main-d’œuvre ou de compétences spécifiques? Mario Lauzon, conseiller régional à Service Canada (SC), est venu expliquer comment son organisme peut faciliter l’admission des travailleurs étrangers au Canada.

La procédure débute généralement par l’approbation par Service Canada de l’offre d’emploi faite à un travailleur étranger. Plusieurs facteurs sont alors considérés, par exemple la disponibilité de citoyens canadiens et de résidents permanents pouvant pourvoir au poste, les efforts déployés par l’entreprise pour recruter des Canadiens. Par la suite, la candidature du travailleur étranger est évaluée par Citoyenneté et Immigration Canada (CIC) afin de lui délivrer un permis de travail. Au Québec, la décision de confirmer une offre d’emploi temporaire est prise conjointement par le ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles du Québec (MICC) et Service Canada.

Service Canada possède un bureau au 715, rue Peel à Montréal (sans frais 1-866-840-0222) pour aider les employeurs dans leurs démarches.

Vous avez des ressources, consultez-les!
http://www.rhdsc.gc.ca/fr/competence/travailleurs_etrangers/travailtemp_quebec.shtml

Sources:
– Conseil québécois des ressources humaines en tourisme. «L’entrepreneuriat et l’innovation au secours de la pénurie de main-d’œuvre», 8e Journée RH tenue le 25 octobre 2008 à Orford.
– Panel «Recruter et retenir. Mise à jour sur les clientèles non traditionnelles de travailleurs»:

  • Aubé, Brian. «Les travailleurs issus de l’aide sociale», Association hôtelière de la région de Québec (AHRQ).
  • Lauzon, Mario. «Les travailleurs étrangers temporaires», programme des travailleurs étrangers, Service Canada, région du Québec.
  • Prévost, Martin. «Les travailleurs handicapés», Regroupement des organismes spécialisés pour l’emploi des personnes handicapées (Roseph).
  • Vandal, Sylvie. «Les travailleurs de 50 ans et plus, une expérience pilote dans les bureaux d’information touristique des Cantons-de-l’Est», CommercETourisme Granby et région.
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Ressources humaines

Capsule – Des façons de courtiser les travailleurs sur le Web (Compte rendu de conférence)

Vous avez besoin d’idées pour revamper la section Carrières/Emplois de votre site Internet? À l’occasion d’une des Grandes Conférences les affaires, plusieurs gestionnaires d’entreprises sont venus présenter leurs bons coups et parler de l’importance de définir une identité visuelle, de s’assurer de la cohérence de tous les outils de communication, d’adopter une même image et un même message.

Voici des exemples inspirants:

À votre tour d’imaginer et de traduire votre univers en visuel, à votre échelle.

Source:
– Les Grandes Conférences les affaires. «Méthodes innovatrices de recrutement: mode d’emploi», Montréal, 17 et 18 juin 2008.

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Gestion Ressources humaines

Bousculer ses façons de faire! (Compte rendu de conférence)

Insuffler une attitude positive au travail, instaurer des conditions favorables à l’innovation et repenser l’organisation du travail constituent l’essentiel des messages livrés par les deux conférenciers invités à la 8e Journée RH du Conseil québécois des ressources humaines en tourisme. Quatre panélistes sont venus appuyer leurs dires en présentant leurs expériences.

Une invitation à la réflexion

Le dirigeant bâtit le type d’organisation dans lequel il souhaite évoluer. Il est le propriétaire des émotions de ses clients et de ses employés. Créer une expérience mémorable pour le client n’est possible que si les employés vivent eux-mêmes une expérience satisfaisante.

Repenser l’organisation du travail

Dans plusieurs organisations, les méthodes de travail n’ont pas changé depuis des années. Notre collègue de travail nous l’a expliqué lors de notre embauche, et lui le tenait de la personne qui a pris sa retraite et ainsi de suite… Les choses se font sans qu’on les comprenne.

Pourquoi ne pas jeter un regard neuf sur l’organisation du travail dans notre entreprise et entretenir une culture d’innovation? La technologie peut venir à notre secours, un point de vue extérieur peut dépoussiérer nos façons de faire, un nouvel employé peut soumettre ses solutions, une séance de brassage d’idées peut se révéler porteuse d’innovation. Il existe une foule d’avenues, mais encore faut-il prendre le temps de les envisager! En outre, faire des erreurs et savoir apprendre de celles-ci font partie du processus d’amélioration.

Il importe aussi de se recentrer sur des principes de base que trop souvent on oublie, car on est pris dans le brouhaha des problèmes: remonter aux besoins du client. Quels sont-ils au juste et comment puis-je y répondre adéquatement?

Le leadership, c’est avoir une image claire d’une réalité qui n’existe pas, de la rendre crédible et de bien la communiquer.

De la théorie à la pratique!

L’optimisation des processus de travail – Les dirigeants de l’Auberge Le Baluchon ont fait confiance à Line Béland en l’affectant à un autre département et en lui donnant le mandat de réorganiser l’entretien des chambres et des lieux de réunions. Appuyée d’un coach, elle a jeté un regard neuf sur les façons de faire et a réussi à rendre les opérations beaucoup plus efficaces et à en diminuer les coûts. Elle est heureuse que la direction lui ait accordé cette chance et c’est avec un plaisir et un dynamisme évidents qu’elle occupe le poste de gestionnaire entretien, confort des clients et réunion.

La technologie au service du client – Voulant offrir un service d’informations touristiques dans la municipalité d’Ormstown, mais ne pouvant pas assurer la présence d’une préposée à ce point de service, Denis Brochu, directeur de l’Office du Tourisme du Suroît, s’est tourné vers la technologie. Il a installé aux Galeries Ormstown un guichet tactile ainsi qu’un téléphone relié directement au bureau de Tourisme Suroît à Valleyfield. Ce relais d’informations touristiques permet d’y assurer un service à l’année.

De nouvelles avenues pour garder le personnel en emploi – Pour essayer de contrer l’instabilité de la main-d’œuvre liée à la fluctuation de la clientèle, la direction des établissements Château Bonne-Entente et Le Georgesville a décidé de rentabiliser son service alimentaire en misant sur de nouvelles sources de revenus et sur des créneaux complémentaires de restauration:

  • Le Monte Cristo signé golf – En devenant gestionnaire des services de restauration sur le site du club de golf La Tempête, cela a permis de combler les périodes creuses des autres établissements de restauration et même d’accroître le nombre d’employés et les heures travaillées.
  • Le service de traiteur – Combiné aux nouveaux modes de production, le service de traiteur permet d’optimiser le travail de l’équipe (préparation des aliments à l’avance) et d’augmenter le niveau de productivité, le volume des achats, le nombre d’heures de travail et par conséquent, le volume d’affaires, et ce, sans compromis sur la qualité du produit.
  • La restauration dans un centre de personnes âgées – à venir.

Trouver une solution à un problème de logistique – Monsieur, la soupe est froide! Il n’en fallait pas plus pour que Steven Lortie, maître d’hôtel au restaurant Le Borivage du Grand Lodge Mont-Tremblant, propose d’installer une station pour servir la soupe à l’étage du restaurant alors que la cuisine se trouve au sous-sol. Le client a maintenant sa soupe chaude, le serveur fait moins de pas, les cuisiniers sont libérés d’une tâche, et tout le monde est satisfait!

Think positive!

Pourquoi ne pas adopter une attitude positive afin de favoriser un environnement de travail stimulant et harmonieux et de susciter l’épanouissement et la créativité du personnel?

Centrés sur les problèmes, les gens n’ont qu’une vue partielle de la situation, portent trop attention aux obstacles, sont constamment en situation de stress et adoptent des réactions défensives allant de la justification au blâme. La nature humaine étant ce qu’elle est, le cadre négatif du milieu de travail influe sur le comportement des employés.

Pour changer de cap, il s’avère préférable de tirer profit de ses forces. Par conséquent, il faut passer de la «sphère problème» à la «sphère solution». Voir et penser autrement lorsqu’on doit faire face à des situations difficiles, utiliser un langage positif et inculquer une culture de dynamisme et de plaisir.

Faites l’exercice!

À la prochaine réunion, demandez à une personne de raconter un de ses bons coups ou un projet stimulant qu’elle a réalisé, vous constaterez le changement d’attitude et l’enthousiasme parmi les gens autour de la table.

Au lieu de dénoncer le fait que les gens travaillent en solo, que les équipes ne se font pas confiance, pourquoi ne pas adopter une approche positive et suggérer de créer un esprit de collaboration entre les services – rien de mieux pour favoriser une ouverture et un dialogue constructifs pour trouver des solutions.

Pour innover, il faut être zen!

Si vous devez jongler avec tous les problèmes qui surgissent sur votre bureau, les opérations quotidiennes, les feux à éteindre et, en plus, l’automobile à faire réparer, vos prédispositions à trouver des solutions novatrices sont à peu près nulles! Les conditions favorables à l’innovation nécessitent d’avoir un esprit libre, de sortir de son espace rationnel et de penser autrement.

Innover, c’est vouloir créer de la valeur pour les clients, les employés, les actionnaires, la communauté, les fournisseurs.

Innover, c’est améliorer des processus pour les rendre plus efficaces, pour réduire les coûts; c’est développer des nouveaux produits, façons de faire ou services; c’est amener des changements structurels importants.

Innover nourrit et renforce le système immunitaire de l’entreprise.

Pourquoi ne pas mettre sur pied un comité innovation? Vous seriez surpris d’y constater l’effervescence des idées!

Lire aussi:

– INNOVER: une résolution à prendre pour l’industrie touristique en ce début d’année

Sources:
– Conseil québécois des ressources humaines en tourisme. «L’entrepreneuriat et l’innovation au secours de la pénurie de main-d’œuvre», 8e Journée RH tenue le 25 octobre 2008 à Orford.
– Élie, Pierre-Claude. «L’innovation au service de l’entrepreneuriat», président d’Émergence Solutions.
– Harvey, Jean. «Repenser l’organisation du travail», professeur à l’École des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal.
– Panel «Repenser l’organisation du travail»:

  • Alain April, directeur général, Château Bonne-Entente et Le Georgesville;
  • Line Béland, gestionnaire entretien, confort des clients et réunion, Auberge Le Baluchon;
  • Denis Brochu, directeur, Office du Tourisme du Suroît;
  • Steven Lortie, maître d’hôtel, Le Borivage – Le Grand Lodge Mont-Tremblant.
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Ailleurs dans le monde Marketing

Clin d’oeil – «Phil Your Bags», une invitation à la tentation

Le Philadelphia Convention & Visitors Bureau a décidé de courtiser les groupes de voyageurs. Déjà à sa 3e année, le programme «Phil Your Bags» présente la destination comme un paradis du magasinage, avec toute sa diversité, ses lieux branchés et son absence de taxes sur les vêtements et les chaussures. Un livret format passeport permet aux touristes de faire des économies en bénéficiant de coupons de réduction, non seulement lors de leur magasinage mais aussi dans les restaurants, les lieux de divertissement et de culture. Le livret «Phil Your Bags» inclut les heures d’ouverture, les sites Internet et une carte de localisation des participants. Il est disponible seulement dans les agences de voyage et chez les voyagistes.

Source: Philadelphia Convention & Visitors Bureau

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Enjeux Gestion

Voyage au pays des taxes

Les taxes et les frais de toutes sortes soulèvent bien des passions et des contradictions du côté de l’industrie touristique. Est-ce que l’imposition de ces surcharges fait fuir le touriste? La taxe dite «touristique» est-elle refilée aux voyageurs, ou la population locale en fait, elle aussi, les frais? Les retombées vont-elles en grande partie à l’industrie touristique ou ce sont d’autres secteurs d’activité qui en bénéficient ? Qui taxe quoi et surtout combien? Voici une incursion chez nos voisins du Sud, dans le but de voir ce qui s’y passe.

Une première étude

L’American Hotel & Lodging Association (AH&LA) a publié une étude sur les taxes dans l’hébergement aux États-Unis et leur impact économique sur les ventes, les emplois et les revenus gouvernementaux. Le rapport 2008 Room Taxes and the Economic Impact on the Industry fait suite aux enquêtes tenues en 1997 et 2003. Chacun des États y est détaillé.

Le taux de taxe moyen sur la nuitée d’une chambre d’hôtel s’élève à 12,62% alors qu’il était de 12,4% en 2003. Cela représente une taxe moyenne de 12,39 USD, laquelle s’ajoute au prix moyen de la chambre établi à 94,69 USD.

Les auteurs évaluent qu’une hausse de 2% du taux de la taxe entraînerait la perte de 327 000 emplois, de 10 milliards USD en salaires et de 33 milliards USD de ventes. L’ensemble des études leur permet de confirmer le lien étroit entre les taxes et l’activité économique de l’industrie hôtelière.

Une deuxième étude

S’engager dans les méandres de la taxation relève de l’aventure. Or, la National Business Travel Association a relevé le défi avec toutes les difficultés et les mises en garde que cela comporte. L’étude recense les taxes sur l’hébergement, la restauration et la location de voiture dans les 50 plus grandes villes touristiques américaines, sélection établie en fonction du nombre de voyageurs aériens.

Quelle est la surcharge payée par un touriste pour une chambre d’hôtel, les repas et la location de voiture pour une journée? Afin d’établir un montant de base comparable dans toutes les villes, le calcul de la taxe est effectué selon les données suivantes:

  • le prix moyen d’une chambre d’hôtel en décembre 2007, soit 103,70 USD (Smith Travel Research);
  • le coût moyen quotidien des repas en 2007-2008, soit 82,03 USD (AEG selon les données de Runzheizer, Business Travel News et National Restaurant Association);
  • la moyenne du taux de location de voiture de 10 grandes villes en mars 2008, soit 76,60 USD (AEG).

Les quatre graphiques suivants présentent les cinq villes et aéroports qui affichent les taxes les moins et les plus élevées. À gauche, les graphiques 1 et 3 portent sur les taxes générales et touristiques ; à droite, les graphiques 2 et 4 portent sur les taxes touristiques seulement.

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Les conclusions de cette étude révèlent que tant la population et les entreprises locales que les touristes sont touchés par les taxes spécifiques de l’industrie touristique, notamment en ce qui a trait à la location de voiture. En outre, on y souligne que le montant de la taxe constitue un facteur qui influe sur la décision de voyager ou non, ou encore sur le choix d’une destination. Cela est particulièrement vrai dans le secteur des congrès où la taxe peut faire la différence dans le choix d’un site.

La Floride et la Californie, deux destinations populaires auprès des voyageurs d’affaires et d’agrément, sont citées en exemple, car 14 des 16 villes imposant le plus bas taux de taxes touristiques se situent dans ces deux États. Quant aux taxes spécifiques à l’industrie touristique, trop souvent elles ne sont pas allouées directement au développement de ce secteur. Le détail de ces allocations se trouve à l’annexe A du rapport Lodging, Rental Car and Meal Taxes on Travelers in the Top 50 U.S. Cities, que vous pouvez d’ailleurs consulter pour obtenir des renseignements additionnels.

Une troisième étude

Le Center for Travel & Tourism du Daniels College of Business de l’Université de Denver s’est aussi penché sur le sujet. De mai à juillet 2007, la taxation sous toutes ses formes (taxes, frais, surcharges, etc.) des 50 États américains et des U.S. Virgin Islands a été étudiée de même que celle des 51 plus grandes villes américaines selon les données de 2000 du U.S. Census Data.

Vous pouvez consulter les tableaux de la compilation des principales données de cette étude en cliquant ici.

Globalement, les cinq États qui imposent les taxes les moins lourdes sont l’Alaska, l’Oregon, le Colorado, la Géorgie et les U.S. Virgin Islands. À l’opposé, le Connecticut, l’Arkansas, le New Jersey, le Tennessee et le Rhode Island perçoivent les taxes les plus élevées. Du côté des villes, San Diego, Colorado Springs, Honolulu, Portland (OR) et Mesa présentent les plus faibles taux de taxation tandis que Houston, Dallas, San Antonio, Austin et Kansas City occupent le sommet du classement .

Les conclusions de l’étude confirment les allégations de l’industrie touristique selon lesquelles l’État et les gouvernements locaux taxent trop fortement les touristes par rapport à la population locale. Les taxes sur l’hébergement et la location de voiture dans les aéroports surpassent grandement les taxes sur la nourriture et les boissons, sur le divertissement et sur la location de voiture en milieu urbain.

De plus, les résultats démontrent clairement que les revenus de taxes sont répartis entre une multitude d’organismes dont la plupart ne sont pas liés au développement et à la promotion de l’industrie touristique.

Pour obtenir plus d’informations, vous pouvez consulter le rapport détaillé Survey of U.S. State & City Governments Taxing Policies on Selected Travel & Tourism Goods & Services.

Après avoir décortiqué ces trois études, les taxes américaines n’auront plus de secret pour vous.

Lire aussi:

– Taxes touristiques: compilation des principales données pour certaines villes et États américains

Sources:
– American Hotel & Lodging Association. «2008 Study on Hotel Room Taxes Quantifies Economic Impact», 19 juin 2008.
– Center for Travel & Tourism. «Survey of U.S. State & City Governments Taxing Policies on Selected Travel & Tourism Goods & Services», Daniels College of Business, University of Denver, juillet 2007.
– National Business Travel Association. «Lodging, Rental Car and Meal Taxes on Travelers in the Top 50 U.S. Cities», juillet 2008.