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Enjeux Tourisme durable

Le tourisme durable, équitable, solidaire, responsable, social… un brin de compréhension

Se lancer à l’assaut des définitions relève d’une mission presque impossible tant elles sont nombreuses et n’obtiennent pas toujours de consensus. Mais essayer de démêler les grands principes sans entrer dans les subtilités qui soulèvent la discorde peut s’avérer utile pour mieux cerner le contexte vers lequel l’industrie touristique tend à évoluer. Voeux pieux?

Le développement durable, le sujet de l’heure!

À l’heure où nous sommes préoccupés par les effets de la mondialisation, la détérioration de l’environnement, la propagation du SIDA et par beaucoup d’autres problèmes qui influent sur notre milieu et notre qualité de vie, le développement durable s’impose comme une solution à plusieurs maux. Issu du Rapport Bruntland, le développement durable sous-tend «un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs.»

Le monde touristique n’y échappe pas. Le tourisme a évolué à un point tel que la croissance des flux touristiques n’est pas sans conséquences sur l’environnement, tant social que physique, des destinations visitées. Désormais, il convient de mieux piloter le développement et l’expansion touristiques pour appliquer les concepts du développement durable.

Les fondements du tourisme durable

Selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), la définition conceptuelle du développement durable du tourisme se lit comme suit:

«Les principes directeurs du développement durable et les pratiques de gestion durable du tourisme sont applicables à toutes les formes de tourisme dans tous les types de destination, y compris au tourisme de masse et aux divers créneaux touristiques. Les principes de durabilité concernent les aspects environnemental, économique et socioculturel du développement du tourisme. Pour garantir sur le long terme la durabilité de ce dernier, il faut parvenir au bon équilibre entre ces trois aspects.»

Tourisme Québec, dans son document intitulé Écotourisme et tourisme de nature, orientations et plan d’action 2003-2008, s’est inspiré de plusieurs sources pour établir sa définition du tourisme durable:

«Le tourisme durable répond aujourd’hui aux besoins des touristes et des régions qui les accueillent tout en protégeant et en améliorant les ressources pour l’avenir. Le tourisme durable mène à une gestion intégrée de toutes les ressources, de manière à combler les besoins économiques, sociaux et esthétiques tout en préservant l’intégrité culturelle, les processus écologiques essentiels, la diversité biologique et le milieu vital. Le tourisme durable concerne les façons de faire, de gérer et de développer qui sont adoptées et mises en pratique par les exploitants touristiques.»

Par ailleurs, l’Organisation mondiale du tourisme a publié un Code mondial d’éthique du tourisme dont les principes sont fondés sur le tourisme durable.

Toutes les formes de tourisme dont il est ici question gravitent autour du tourisme durable

Plusieurs formes de tourisme que l’on qualifie souvent d’alternatif gravitent autour du concept de développement et de tourisme durable, chacune mettant l’accent sur un aspect en particulier.
 

Écotourisme

– il est principalement lié aux formes de tourisme pratiqué en milieu naturel et à la notion d’apprentissage.

Conformément aux récentes caractéristiques retenues par l’OMT et le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), Tourisme Québec décrit l’écotourisme comme «une forme de tourisme qui vise à faire découvrir un milieu naturel tout en préservant son intégrité, qui comprend une activité d’interprétation des composantes naturelles ou culturelles du milieu (volet éducatif), qui favorise une attitude de respect envers l’environnement, qui repose sur des notions de développement durable et qui entraîne des bénéfices socioéconomiques pour les communautés locales et régionales.»

Tourisme équitable

– généralement associé aux relations Nord-Sud, ce type de tourisme s’inspire des principes du commerce équitable. Il fait en sorte que les communautés locales soient impliquées dans la prestation touristique et bénéficient des retombées économiques, et ce, afin de leur permettre d’améliorer leurs conditions de vie.

Selon Normand Hall de la Société pour un tourisme durable et responsable (SOTDER), cela «suppose un partage équitable des bénéfices, de façon à ce que le tourisme favorise réellement la cohésion économique et sociale entre les peuples et les régions. Les intervenants contribuent à l’épanouissement et à l’amélioration des conditions de vie des populations locales en favorisant l’embauche de personnel local, l’achat local et la redistribution équitable des revenus d’opération, particulièrement chez les groupes défavorisés.»

L’Union nationale des associations de tourisme et de plein air (UNAT) va plus loin dans sa démarche en soulignant l’implication active de la communauté locale au projet: «un ensemble d’activités de services, proposé par des opérateurs touristiques à des voyageurs responsables, et élaboré par les communautés d’accueil, autochtones (ou tout au moins en grande partie avec elles). Ces communautés participent de façon prépondérante à l’évolution de la définition de ces activités (possibilité de les modifier, de les réorienter, de les arrêter). Elles participent aussi à leur gestion continue de façon significative (en limitant au maximum les intermédiaires n’adhérant pas à ces principes du tourisme équitable). Les bénéfices sociaux, culturels et financiers de ces activités doivent être perçus en grande partie localement, et équitablement partagés entre les membres de la population autochtone.»

Tourisme solidaire

– ce tourisme mise sur la relation entre les peuples, entre visiteurs et visités et sur la notion de solidarité où les voyageurs contribuent à l’amélioration des conditions de vie des communautés visitées.

Dans sa façon de voyager, le touriste soutient des actions de développement, participe au financement d’un projet social ou peut même agir à titre de bénévole dans le cadre d’un programme spécifique. Selon l’UNAT, «le tourisme solidaire et responsable regroupe les formes de tourisme «alternatif» qui mettent au centre du voyage l’homme et la rencontre et qui s’inscrivent dans une logique de développement des territoires. L’implication des populations locales dans les différentes phases du projet touristique, le respect de la personne, des cultures et de la nature et une répartition plus équitable des ressources générées sont les fondements de ces types de tourisme.»

Tourisme responsable

– aussi appelé tourisme éthique, il fait référence à la conscience sociale et à la façon de voyager du touriste.

Selon Normand Hall (SOTDER), le touriste dit responsable adoptera un comportement qui vise à respecter les expressions culturelles des populations visitées, ainsi que leur milieu naturel et habité. Dans cette optique, les organismes décideurs et les entreprises peuvent aussi être parties prenantes d’un tourisme responsable, tant en ce qui touche leurs politiques de développement que leurs produits.

Tourisme social

– ce secteur préconise le droit aux vacances et l’accessibilité au tourisme à tous les groupes de la population.

Une fiche synthèse publiée par Louis Jolin, responsable du Comité scientifique du Bureau international du tourisme social (BITS), permet de mieux comprendre l’évolution du tourisme social au fil des années. Chapeauté par le BITS, ce concept «réfère aux programmes, aux réalisations et aux actions visant à rendre effectifs le droit aux vacances et l’accessibilité au tourisme à tous les groupes de la population, notamment les jeunes, les familles, les retraités, les handicapés, les personnes aux revenus modestes… mais qui visent aussi la qualité de la relation entre les visiteurs et les communautés d’accueil.»

Ce mouvement ayant intégré tout récemment les questions d’équité et de solidarité avec les communautés d’accueil, l’accessibilité au tourisme signifie aussi que les visités doivent avoir accès à leurs propres ressources touristiques et qu’elles puissent bénéficier des retombées.

Ce qui se résume à «faire voyager et voyager autrement»

On dénonce souvent les répercussions négatives du déplacement de centaines de millions de voyageurs chaque année; mais, comme le mentionnait Arthur Pedersen, chargé de la gestion du tourisme dans les sites du patrimoine mondial pour l’UNESCO, le tourisme «zéro émission» n’existe pas. Cependant, ces différentes formes de tourisme suscitent toutes une remise en question de la pratique touristique, et ce, que l’on soit acteur public et économique ou voyageur.

Le tourisme est souvent la planche de salut des régions et de plusieurs pays en voie de développement et la perspective qu’offre le tourisme durable et ses différentes composantes se veut une base solide et salutaire pour en réduire les effets néfastes.

Il reste encore beaucoup à faire avant que l’ensemble des entreprises touristiques deviennent des «personnes morales» socialement responsables et que tous les voyageurs soient respectueux du milieu visité. Le processus est néanmoins enclenché. Les programmes de certification et les labels se multiplient au gré des idéaux et des définitions que chacun veut bien en faire.

Ces formes de tourisme resteront-elles marginales? Évolueront-elles de façon superficielle alors que l’industrie voudra afficher un semblant de conscience sociale? Cette orientation est-elle réaliste et viable?

Sources:
– Hall, Normand. «Écotourisme, tourisme durable, tourisme responsable ou tourisme équitable?», L’Ère de l’écotourisme, Bulletin spécial produit par l’Association québécoise pour la promotion de l’éducation relative à l’environnement (AQPERE) dans le cadre de l’Année internationale de l’écotourisme 2002, hiver 2003, p. 4-5.
– Jolin, Louis. «Le tourisme social, un concept riche de ses évolutions», BITS information, no 141, 3e trimestre 2003, p. 6-8.
– Jolin, Louis. «L’ambition du tourisme social: un tourisme pour tous, durable et solidaire!», Fiche synthèse, disponible au [www.bits-int.org/documents_divers/fr/Fichetourismesocialfev04.pdf], 2004, 11p.
– Organisation mondiale du tourisme. [www.world-tourism.org/francais/frameset/frame_sustainable.html].
– Organisation mondiale du tourisme. «Code mondial d’éthique du tourisme», [www.world-tourism.org/code_ethics/pdf/languages/Codigo%20Etico%20Fran.pdf].
– Pedersen, Arthur. «Protéger le patrimoine mondial de l’humanité», LaRevueDurable, no 11, juin, juillet, août 2004, p. 39-42.
– St-Hilaire, Louis. «Laure Waridel – Une grande pionnière du commerce équitable», Entreprendre, vol. 18, no 1, 2005, p. 4-6.
– Tourisme Québec. «Écotourisme et tourisme de nature, orientations et plan d’action 2003-2008», Direction du développement des produits touristiques, 2003, 73 p.
– Union nationale des associations de tourisme et de plein air. [http://www.unat.asso.fr/].

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Enjeux Produits et activités

La tentation quatre-saisons des stations de ski

Au cours des dernières années, le tourisme de villégiature quatre-saisons a connu un essor considérable au Québec, surtout grâce au développement de Tremblant. D’autres projets majeurs sont en gestation, notamment ceux du Massif de Petite-Rivière-Saint-François et de la Station touristique Mont-Orford. La mise en oeuvre de tels chantiers interpelle de nombreux intervenants et suscite d’importants débats.

Développement tous azimuts

On assiste à travers le monde à une multiplication des projets de centres de villégiature au sein de stations de ski, projets conçus pour diversifier l’offre et créer une «destination en soi». Dans la majorité des cas, le sport de glisse constitue la composante centrale, à laquelle s’ajoutent de nouveaux services et activités.

Dans le cas de la Station touristique Mont-Orford, la direction a déposé un ambitieux plan de développement visant à créer un véritable centre de villégiature, dont les volets immobilier et récréatif seraient étroitement intégrés pour constituer un produit quatre-saisons.

Pour les stations de ski de plus grande envergure, l’heure est souvent aux choix et l’absence de décision peut se traduire par des baisses d’achalandage, une diminution des marges de profit, des difficultés de renouvellement de la clientèle, etc. Des experts ont réfléchi à l’avenir des resorts de ski et aux changements à surveiller. Voici quelques-unes de leurs observations:

  • Les stations de ski se réinventeront pour se transformer de plus en plus en centres de villégiature quatre-saisons.
  • Les stations qui persistent à miser sur la clientèle traditionnelle, soit les baby-boomers vieillissants, rencontreront davantage de difficultés pour maintenir leur achalandage.
  • Celles qui miseront sur les jeunes planchistes (surfers des neiges) obtiendront du succès.
  • Les nouvelles installations intégreront autant des composantes extérieures qu’intérieures (ex.: pistes aménagées pour les planchistes, stations de ski «intérieures», parcs de planches et patins à roulettes quatre-saisons, terrains de jeu de waveboard, etc.).
  • Les centres devront diversifier leurs activités hivernales (ex.: traîneau à chiens, luge, motoneige, balades en carriole, parapente, escalade de glace, ski en hélicoptère, courses d’orientation, etc.) afin de rejoindre tous les groupes d’âge.
  • Ceux qui parviendront à générer des revenus durant les saisons intermédiaires en ajoutant une panoplie d’activités estivales (vélo de montagne, parcours de golf, murs d’escalade, équitation, randonnée pédestre, pêche, activités éducatives, etc.) remporteront le plus de succès. 
  • Plusieurs propriétaires considéreront l’ajout de parcs aquatiques intérieurs afin de stabiliser les entrées financières toute l’année.
  • Pour plaire à la clientèle qui se contente de moins de cinq heures de glisse par jour et qui recherche davantage une expérience touristique globale, les stations bénéficieraient de la présence de services ou d’activités complémentaires sur les lieux (ex.: un spa ou une bonne table).  
  • La construction de condotels comme nouvelle forme de levier financier attirera un nombre de plus en plus grand d’investisseurs.
  • Dans leurs efforts de devenir une destination quatre-saisons, les centres qui se dotent d’installations pour accueillir des conférences attireront davantage les voyageurs d’affaires (et leur famille) durant les mois d’automne et du printemps.

Le développement ne plaît pas à tous

Les projets de développement des lieux de villégiature sont souvent accueillis avec beaucoup d’enthousiasme par l’industrie touristique, mais pas toujours par les organismes environnementaux et les coalitions représentant les intérêts des citoyens. Si l’on prend le cas du projet de développement du Mont-Orford, la proposition du promoteur a soulevé de nombreuses réactions, notamment en raison de sa situation géographique. Plusieurs s’y opposent, arguant que le parc national du Mont-Orford devrait rester exempt de tout développement immobilier.

Pourtant, l’établissement d’un mariage équilibré entre la protection de l’environnement et un développement touristique durable et intelligent présente des avantages indéniables. Plusieurs centres de villégiature jouent efficacement cette carte. Dans de tels cas, c’est toute la philosophie de gestion de l’organisation qui emprunte cette voie du tourisme vert et responsable.

À suivre dans la prochaine édition du Globe-Veilleur: Le cas Revelstoke, une expérience inédite.

Source:

– Coy, Jeff et Bill Haralson. «12 Predictions On the Future of Ski Resorts», Hotel Online [www.hotel-online.com], janvier 2005.

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Enjeux Produits et activités

Motoneigistes et skieurs de fond, un cas de conflit entre usagers

La qualité de l’expérience de plein air d’un adepte de ski de fond se trouve significativement atténuée lorsque celui-ci rencontre un motoneigiste sur son parcours. Bien qu’on s’en soit douté, c’est ce que démontre de manière scientifique une étude menée par des chercheurs de Norvège et de Colombie-Britannique.

Des leçons à en tirer

Selon cette étude, la cohabitation entre les skieurs et les motoneigistes se révèle souvent problématique dans les régions où les deux activités sont exploitées à des fins récréotouristiques. Cette situation prévaut régulièrement au Québec, alors que plusieurs régions misent beaucoup sur ces deux produits touristiques. Il s’agit d’une relation que l’on peut qualifier d’«asymétrique» car, si la présence des motoneiges indispose les fondeurs, on ne peut pas nécessairement affirmer l’inverse. Même si les deux catégories d’adeptes peuvent avoir des objectifs similaires, soit profiter de la nature, la façon de les atteindre diverge complètement et peut entraîner une source d’irritation pour les skieurs.

Comme plusieurs régions continueront de miser sur le développement de ces deux activités, elles devront le faire dans un souci de développement durable afin d’y parvenir de façon harmonieuse. Puisqu’il est prouvé que le partage immédiat du réseau des sentiers entre différentes catégories d’utilisateurs est une source importante d’irritants, les autorités locales sont appelées à développer des solutions de cohabitation bien encadrées.

En plus d’un appui essentiel de la part des communautés locales, l’utilisation partagée ou segmentée des réseaux de sentiers par les deux catégories d’adeptes nécessite une planification concertée. Il faut donc éviter, dans la mesure du possible, que les sentiers deviennent accessibles en même temps à tous les utilisateurs. Sans oublier évidemment les riverains, qui doivent faire partie de toute solution intégrée afin de légitimer les actions entreprises et renforcer la démocratie locale.

Une approche scientifique pour mesurer l’irritant

Ces leçons sont tirées de l’étude menée par la Norvège et la Colombie-Britannique laquelle visait à mesurer plus précisément l’impact d’une cohabitation concrète entre les fondeurs et les motoneigistes. Selon l’hypothèse de départ des chercheurs, les adeptes de ski de fond accordent habituellement une très haute importance à l’environnement du lieu de pratique, notamment la tranquillité de l’endroit et une nature intacte. Quant aux motoneigistes, on a supposé qu’ils recherchaient davantage l’évasion et l’aspect social de l’activité.

Afin d’évaluer comment les fondeurs pouvaient être affectés émotionnellement par la présence de motoneiges, on a constitué deux groupes d’enquête. Le premier, ou groupe de référence, était formé de skieurs n’ayant pas vu de motoneiges sur leur parcours. Le deuxième regroupait les fondeurs ayant croisé un motoneigiste quelques instants avant de répondre au questionnaire. Les chercheurs ont constaté qu’il existait une différence significative de l’appréciation de l’expérience, laquelle s’avérait moins positive pour les skieurs ayant partagé leur espace avec un véhicule motorisé. Cette rencontre a notamment provoqué un effet négatif sur la sensation de relaxation, un des critères importants dans l’atteinte d’une expérience de qualité.

Idée préconçue ou réalité

L’étude tente aussi de faire la part entre les idées préconçues des skieurs et les sentiments réels découlant d’une rencontre avec un motoneigiste; la prémisse étant que les adeptes de ski de fond possèdent souvent d’emblée une opinion négative de la cohabitation avec la motoneige. Pour ce faire, on a évalué les cinq perceptions suivantes auprès des deux groupes de skieurs, soit : les motoneiges…

  • font du bruit
  • détruisent les pistes de ski
  • détruisent la beauté des paysages
  • perturbent la faune
  • sont illégales (plusieurs régions de Norvège en interdisent la pratique)

L’enquête a révélé une différence significative entre la perception des skieurs ayant croisé une motoneige et celle des autres fondeurs, seulement dans le cas de la pollution sonore. Ainsi, le bruit réel engendré est donc très dérangeant puisqu’il surpasse grandement ce à quoi les skieurs s’attendaient. Pour les autres facteurs, la réalité correspondait bien aux appréhensions.

Deux activités populaires au Québec

Le ski de fond et la motoneige comptent de nombreux amateurs, particulièrement au sein des régions ressources. On dénombre environ
410 000 Québécois pratiquant la motoneige au moins une fois par année (tableau 1). Il s’agit d’une activité populaire particulièrement auprès des 25-49 ans, qui regroupent 54% des motoneigistes.

Quant au ski de fond, il a connu au cours des dernières années un regain de popularité important au Québec où il se pratique par des amateurs de tous âges (tableau 2). On y recense environ 556 000 adeptes (lire: Dernières tendances en matière de tourisme de plein air).

Sources:
– Vitterso, Joar, Raymond Chipeniuk, Margete Skar et Odd Inge Vistad. «Recreationnal Conflict Is Affective: The Case of Cross-Country Skiers and Snowmobiles», Leisure Sciences, vol. 26, pp. 227-243, 2004.
– Print Measurement Bureau. «Two-Year Readership Database, Weighted by Population, 2002-2004.
– Commission canadienne du tourisme, Société du Partenariat ontarien de marketing touristique FedNor, Fonds du patrimoine du Nord de l’Ontario et Communautés ontariennes. «Guide de développement d’un produit VTT touristique communautaire», 2003.
– Pannel Kerr Forster Inc. «Étude nationale sur le produit touristique motoneige», 2001.

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Enjeux Produits et activités

La motoneige au Québec: un leader mondial en questionnement

La fermeture d’une portion de sentier longue de 38 km dans les Laurentides entraîne beaucoup de remous et de turbulences, confirmant l’importance de la motoneige dans l’économie de plusieurs régions touristiques du Québec. En effet, les infrastructures touristiques reliées à la motoneige sont considérées comme les plus développées et les mieux intégrées au monde. Les acteurs concernés poursuivent l’étude du jugement et des avenues légales à leur disposition afin de trouver une solution rapide au dossier.

Des chiffres éloquents

La pratique générale de la motoneige demeure relativement stable au Québec, la moyenne annuelle du nombre de véhicules se maintenant depuis quelques années à environ 150 000. On compte environ 410 000 adeptes québécois de la pratique de la motoneige (Print Measurement Bureau, 2002). Le Québec dispose d’un réseau de plus de 33 700 km de sentiers balisés, entretenus et signalisés, pour lesquels environ 94 000 droits d’accès sont vendus annuellement.

La pratique de la motoneige à des fins récréotouristiques croît de façon significative depuis quelques années, particulièrement auprès des clientèles provenant des marchés hors Québec (tableau 1). Statistique Canada, dans un traitement effectué pour Pannell Kerr Forster, estime à environ 400 000 le nombre de nuitées au Québec attribuables à cette activité – pour 75% des visiteurs la motoneige constitue le principal but de leur voyage.

Bien que les motoneigistes recherchent habituellement l’évasion, il ne s’agit pas du seul motif considéré lors du choix de la destination. En effet, certaines régions attirent davantage de motoneigistes locaux, alors que d’autres exercent un pouvoir d’attraction important auprès de la clientèle étrangère. Les motoneigistes ont accès à plus de 15 000 chambres réparties sur le territoire du Québec et situées en parallèle au réseau des sentiers.

Québec, leader mondial

Sur l’échiquier canadien, l’Ontario et le Nouveau-Brunswick se présentent comme les seules destinations suffisamment organisées sur le plan de l’offre pour concurrencer le Québec, leader mondial. Ce dernier se distingue toutefois par la qualité et l’étendue de son réseau. Les infrastructures touristiques reliées à la motoneige (service de location, hébergement et restauration, concessionnaires, stations services) sont considérées comme les plus développées et les mieux intégrées au monde.

Le Québec est la province canadienne de loin la plus performante pour attirer des motoneigistes non résidants. Il récolte environ 58 000 visites touristiques de motoneigistes en provenance des autres provinces canadiennes, soit plus de 52% de l’ensemble du marché canadien et trois fois plus que l’Ontario. Une grande majorité de ces visites sont attribuables aux Ontariens qui achètent un droit d’accès annuel et qui effectuent de nombreux séjours au cours de la même année.

Une activité touristique compromise

Même si les statistiques confirment les bénéfices économiques engendrés par cette activité et de son apport significatif pour les régions ressources, l’industrie touristique se retrouve aujourd’hui face à un sérieux problème. En effet, la pérennité des sentiers de motoneige constitue depuis de nombreuses années l’un des enjeux soulevés par les intervenants du secteur.

Le maintien des sentiers se trouve souvent remis en cause par la nécessité de négocier chaque année la question des droits de passage avec des propriétaires fonciers, des exploitants forestiers ou des gestionnaires de terres publiques. Continuellement, le tracé est tributaire de la réussite de ces tractations. Souvent, des propriétaires terriens décident de réclamer une part des revenus des clubs de motoneigistes en contrepartie des droits de passage, ce qui oblige certains à renoncer à des portions essentielles de sentiers, faute de revenus suffisants pour payer les propriétaires.

Les conflits d’usages

La cohabitation entre la pratique de la motoneige et le milieu habité conduit souvent à certains heurts. Plusieurs citoyens s’offusquent du passage des motoneiges à proximité de leur lieu de résidence. Il s’agit ici d’un conflit d’utilisation de l’espace récréatif: les villégiateurs ayant acquis terrains et résidences souhaitent la tranquillité, le calme et la solitude. Le bruit et la pollution occasionnés par la motoneige vont à l’encontre de ces valeurs. Il en va de même pour les amateurs d’écotourisme pour qui l’activité touristique doit reposer sur une utilisation « douce » de l’espace naturel, avec un minimum ou sans activités motorisées.

Dans la région des Laurentides, comme on le sait, les conflits d’usage ont pris une tournure juridique lorsqu’un groupe de citoyens-villégiateurs a intenté un recours collectif afin d’empêcher la circulation des motoneiges sur un tronçon du parc linéaire Le P’tit train du Nord. Le jugement prenant effet immédiatement, plusieurs portions de sentier voient leur accès compromis.

Craignant des poursuites civiles, certaines municipalités régionales de comté (MRC) songent maintenant à interdire la motoneige sur des sentiers tracés à proximité de résidences, notamment sur d’anciennes voies ferrées. En Outaouais, les MRC sont d’ailleurs passées aux actes, en décidant de maintenir inaccessibles 120 km de sentiers. Il s’avère essentiel d’identifier des solutions permanentes à cette problématique majeure.

Au delà de la turbulence occasionnée par cette situation, le souci d’un dialogue constant s’avère essentiel dans la mesure où le dossier va sans doute interpeller plusieurs municipalités non seulement pour la problématique de la motoneige, mais bientôt pour celles de la pratique du quad et de la motomarine dans les zones où la population riveraine privilégie la paix, la quiétude et le respect de l’environnement.

Sources:

– Chaire de Tourisme de l’UQAM. «Tourisme hivernal – Motoneige», Diagnostic final préliminaire, 21 mars 2003.
– Pannell Kerr Forster Inc. «Étude nationale sur le produit touristique motoneige », 2001.
– Print Measurement Bureau, 2002.
– Beauchesne et Associés. «Retombées touristiques et économiques de la pratique de la motoneige au Québec», 2002. 

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Enjeux Gestion

La médiation touristique, ou comment faciliter les relations entre touristes et habitants

La médiation, ce n’est pas seulement utile lors d’un divorce! Concept novateur, la médiation touristique vise à départager les préoccupations des citoyens, des responsables locaux et des prestataires touristiques. Plutôt que d’avoir recours aux tribunaux pour régler des litiges entre des individus dont les idées et les intérêts divergent, pourquoi ne pas essayer la médiation?

 En octobre dernier s’est tenu près de Durbuy, en Région wallonne (Belgique), un colloque intitulé «La médiation touristique en milieu rural: faciliter les relations touristes/habitants». Ce colloque est né de la volonté d’intervenants d’échanger, sous forme d’ateliers, leurs idées et expériences au sujet de situations conflictuelles en milieu touristique pouvant découler de relations de voisinage tendues. Basé sur des exemples ruraux wallons, le sujet s’adapte néanmoins à d’autres régions ou pays.

Le pot de terre contre le pot de fer

Daniel Bodson, sociologue à l’Université catholique de Louvain, souligne que la vision d’une harmonie villageoise est désuète. «Nos villages sont devenus des lieux de vie moderne soumis aux impacts des activités diverses qui s’y déroulent. Toutefois, nier l’existence de problèmes réels et qualifier ceux-ci de phénomène NIMBY (Not In My Back Yard, littéralement «pas dans ma cour») n’est pas une solution.

Parfois, certaines situations peuvent engendrer des frustrations, voire des sources de conflits, comme:

  • des problèmes d’équité;
  • un manque de bonne volonté;
  • de l’incompréhension;
  • un manque de respect envers des personnes;
  • le non-respect des textes;
  • des conflits interpersonnels (problèmes de cohabitation, etc.);
  • le non-respect ou la dégradation de l’environnement;
  • l’apparition d’une zone pouvant présenter un danger d’accident;
  • des nuisances sonores ou olfactives, etc.

Quelques exemples concrets: la présence sur une parcelle de terrain de camping d’une construction ou d’une caravane dont la dimension dépasse les normes prescrites, la perte du statut d’établissement hôtelier d’un immeuble, l’extension d’une nouvelle construction qui ne remplirait pas les conditions d’installation prévues dans la législation en vigueur, etc.

Les conflits peuvent survenir tant entre plusieurs usagers qu’entre des personnes et une administration publique ou privée.

Qu’est-ce que la médiation touristique?

La médiation touristique consiste à résoudre un conflit «à chaud» ou à éviter une tension de manière «préventive» entre un touriste et un citoyen, grâce à l’intervention d’une tierce personne dont le rôle est strictement limité à suggérer aux parties des pistes de solutions, qu’elles accepteront ou non, selon leur bonne volonté.

Ainsi, la médiation touristique peut constituer une piste de régulation des relations de voisinage entre le touriste et les habitants et une bonne alternative à une intervention policière ou judiciaire.

Selon les intervenants présents au colloque, deux niveaux d’action semblent se démarquer:

  • dans la prévention des conflits récurrents, larvés ou potentiels, il faudrait prévoir l’instauration progressive de procédures législatives de concertation préalable, de marquage territorial (par exemple, l’interdiction claire des véhicules motorisés en forêt, l’obligation de créer un stationnement et une aire de détente pour les gîtes de grande capacité, etc.);
  • dans la gestion à chaud des conflits ponctuels, il serait utile de créer un ou des services de médiation, formés et structurés.

Quelle forme devrait prendre cette médiation? Doit-il s’agir d’un service municipal ou sera-t-il assumé par les offices de tourisme? Pourrait-il être offert par des médiateurs volontaires au sein du village? La forme, le lieu et la structure de l’outil sont à déterminer. Mais il convient sans nul doute de poser le cadre de sa mise en oeuvre, de mettre sur pied des formations à la médiation, de vulgariser la fonction par la diffusion d’articles et l’organisation de séminaires.

Quelle est la tâche du médiateur?

Selon Marie-Josée Chidiac, chargée d’enseignement et maître de conférences, le médiateur n’a pas de pouvoir décisionnel, mais bien un devoir de suggestion, de persuasion (et non de coercition). Sa tâche consiste à rapprocher les points de vue des diverses parties. Il propose à tous de rechercher et de trouver ensemble une solution qui serait la plus convenable possible. La médiation va même au-delà de la solution, puisqu’elle tente également de donner aux personnes les moyens de prévenir d’autres problèmes.

La tâche du médiateur consiste également à informer au mieux le citoyen sur ses droits et ses devoirs envers l’administration. Cette fonction est primordiale, puisqu’elle influence la perception du citoyen à l’égard de l’administration.

Toujours selon Marie-Josée Chidiac, en plus d’être impartiaux et respectueux, les médiateurs doivent être formés, notamment:

  • aux langues (ils devraient en parler plusieurs);
  • à l’écoute active;
  • au questionnement;
  • à la connaissance du territoire d’intervention et de la législation locale;
  • à la communication (dont la communication non verbale, comme le langage des yeux, des gestes);
  • à la rédaction (rédaction des ententes), etc.

Pour Charlotte Michel, consultante, une fois les recommandations émises, le médiateur doit également suivre les actions des usagers et l’évolution des interactions entre ceux-ci.

Enfin, prolongement concret de ce colloque, une vingtaine de personnes se sont montrées intéressées à participer à un groupe de travail.

Sources:
– Chidiac, Marie-Josée. «Définitions et conditions de mise en oeuvre de la médiation», Colloque «La médiation touristique en milieu rural: faciliter les relations touristes/habitants», Durbuy (Belgique), 23 octobre 2004.
– Chidiac, Marie-Josée. «La médiation: historique, ses avantages, ses inconvénients, ses conditions de mise en oeuvre », Colloque «La médiation touristique en milieu rural: faciliter les relations touristes/habitants», Durbuy (Belgique), 23 octobre 2004.
– Chidiac, Marie-Josée. «Les conditions
de l’implantation de la médiation touristique en Wallonie, notamment en milieu rural», Colloque «La médiation touristique en milieu rural: faciliter les relations touristes/habitants», Durbuy (Belgique), 23 octobre 2004.
– Communiqué de presse. Colloque «La médiation touristique en milieu rural: faciliter les relations touristes/habitants», Durbuy (Belgique), 23 octobre 2004.

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Enjeux Gestion Marketing

L’impact de la météo sur la fréquentation touristique

Il est bien connu que les aléas de la météo ont un impact significatif sur la fréquentation touristique. Au delà de l’évidence d’un tel constat, quelle est la relation entre les prévisions météorologiques, les conditions observées et les départs touristiques? Deux études apportent un éclairage sur la question. La première a analysé le phénomène en Bretagne, alors que la deuxième s’est penchée sur l’incidence de la météo sur la décision des skieurs québécois de se rendre ou non sur les pistes.

De l’intuition aux faits

Des chercheurs français ont tenté d’évaluer l’impact des conditions météorologiques sur la fréquentation touristique en Bretagne. On a d’abord mesuré l’influence que jouait la météo sur les décisions de visiter ou non la Bretagne lorsque les prévisions ou les conditions observées s’avéraient défavorables. On a estimé à 8% la perte de nuitées touristiques pour les longs séjours (5 nuits et plus) n’ayant pas fait l’objet d’une réservation préalable (graphique 1). Le taux d’annulation est similaire pour les visiteurs n’utilisant pas l’hébergement commercial (parents et amis, résidences secondaires).

Les journées pluvieuses ont incité plusieurs Français à écourter leurs vacances, ce qui a occasionné des pertes d’environ 7% de nuitées au cours des mois de juillet et août. De façon générale, la moitié de cette clientèle perdue pour la Bretagne va chercher son soleil ailleurs, alors que l’autre moitié préfère rester ou retourner à la maison. L’étude démontre également que les deux tiers des Français ne sont aucunement influencés par les prévisions météorologiques quand ils prennent la décision à la dernière minute de visiter la Bretagne.

Le malheur des uns fait le bonheur des autres

L’étude française a aussi voulu mesurer l’impact de l’évolution des conditions météo sur la fréquentation des attraits intérieurs. Voici les principales conclusions en termes d’évolution de l’achalandage:

  • Le passage d’une journée ensoleillée à une journée mitigée: + 13%.
  • Le passage d’une journée mitigée à une journée pluvieuse: + 25%.
  • Le passage d’une journée ensoleillée à une journée pluvieuse: + 40%.

On constate que lorsque le temps se dégrade, un nombre significatif de visiteurs en profitent pour se mettre à l’abri, préférant les attraits touristiques intérieurs aux activités de plein air.

Le sondage a été réalisé au cours des deux dernières années auprès de 500 Français ayant déjà visité la Bretagne lors des mois de juillet et août. L’étude a été menée par l’Observatoire régional de tourisme de Bretagne, en collaboration avec l’Université de Rennes 2.

Des impacts à long terme

Sur une plus longue échelle, l’étude nous apprend que l’année suivant un été où il a plu deux jours sur cinq présentait un déficit de fréquentation de la région de plus de 10%. Ce sont les intervenants oeuvrant dans le tourisme de plein air qui sont le plus à risque des contrecoups d’une saison maussade. Les pertes de nuitées observées dans de tels cas pouvaient dépasser les 40%.

La météo et le ski alpin

Les aléas de la météo ne sévissent pas qu’en été, le tourisme hivernal en subit également les conséquences. En dépit des efforts des stations de ski pour se prémunir contre ce facteur d’incertitude, en se dotant de systèmes d’enneigement efficaces, la météo demeure un facteur clé dans le désir d’aller skier. Une enquête de Descarie & complices, commandée par l’Association des stations de ski du Québec, a étudié la question.

L’imprévisible hiver québécois

Comme les prévisions météo influent directement sur la décision de partir ou non vers les pentes, les auteurs ont vérifié premièrement l’efficacité de ces prévisions. On constate qu’en hiver au Québec, les prévisions de température:

  • effectuées un jour d’avance se réalisent une fois sur deux avec un écart de + ou – deux degrés;
  • de trois jours ou plus se sont confirmées dans 33% des cas seulement;
  • de plus de trois jours comportaient, dans 9% des cas, un écart de dix degrés ou plus avec la réalité.

D’importants écarts de température entre les prévisions et la réalité entraînent des situations fâcheuses pour les stations de ski, puisque 50% des skieurs délaissent les pentes en dessous de -20 degrés.

Quant aux précipitations anticipées, l’efficacité semble encore plus hasardeuse. Pour les prévisions de quatre jours où l’on prévoyait entre 80% et 100% de précipitations, dans les faits, on en a observé dans seulement 16% des cas.

Baisse de la température… baisse des intentions

Les skieurs et planchistes accordent beaucoup d’importance aux conditions météorologiques au moment de planifier leurs sorties. La majorité d’entre eux recherchent un froid modéré, des précipitations récentes et une journée ensoleillée (graphique 2). Par ailleurs, 56% des gens interrogés affirment que le facteur vent influence leur décision d’aller skier. Mais ce sont avant tout de bonnes conditions générales de ski que les skieurs désirent (84%).

Alerte aux bulletins météo

La conjugaison de prévisions douteuses et de l’importance accordée à la météo par les skieurs occasionne un défi de taille pour les gestionnaires de stations de ski. L’information donnée par les stations de ski est considérée comme aussi importante (68%) que les bulletins météo (67%). Toutefois, lorsqu’on demande aux skieurs la source d’information qu’ils consultent, plus de 61% affirment se fier aux bulletins, alors que seulement 31% se réfèrent aux stations.

En conclusion, les auteurs de l’étude recommandent aux stations de «reprendre le contrôle des bulletins météo» afin de leur ajouter une dose de crédibilité. On remarque que certains médias aiment bien jouer la carte du sensationnel et les prévisions ne font pas exception à la règle.

Il faut faire en sorte que le skieur ait le réflexe de consulter des sources d’information fiables pour avoir l’heure juste au sujet des conditions de ski. Le site Internet www.conditionsdeneige.com de l’Association des stations de ski du Québec, qui donne un portrait quotidien des conditions de neige pour l’ensemble des stations du Québec, devrait jouer ce rôle.

Quant aux prévisions à long terme, il faudrait éduquer le touriste de manière à ce qu’elles ne constituent jamais le facteur déterminant d’une sortie touristique.

Sources:
– Quinton, Éric. «L’impact de la météo sur la fréquentation touristique en Bretagne», Espaces, no 215, mai 2004.
– Descarie & complices. Les prévisions de la météo… ou serait-ce les prédictions de la météo?, 2000.
– Descarie & complices. Freins et déclencheurs face aux sports de glisse, 2000.

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Enjeux Gestion

À qui la faute?

Toutes choses égales d’ailleurs, l’industrie touristique a crû, croît et continuera de croître. Mais pourquoi rien ne se passe comme prévu? À qui la faute? Les sondages d’intentions de vacances se veulent annonciateurs de la tendance, alors que les résultats se situent souvent à l’opposé. Nous avons connu depuis quelques années de grands coupables, mais plusieurs petits se mettent de la partie!

Les deux années de recul touristique, 2001 et 2003, sont attribuables au 11 septembre 2001 et au SRAS. La morosité de l’économie, la menace, puis la guerre en Irak, de même que la crainte du terrorisme expliquent les flottements des dernières années, où le touriste préférait rester bien confortablement chez lui.

Maintenant que la situation semble rétablie, pourquoi le Québec n’atteint-il pas la croissance escomptée?

À la recherche du coupable!

Souvent, on expliquera les résultats décevants par de nombreux facteurs extérieurs. Les plus couramment mentionnés au cours de l’été 2004 sont:

  • La hausse du prix de l’essence
  • Le taux de change
  • La crainte du terrorisme
  • Les conditions météorologiques décevantes
  • L’économie américaine en dents de scie
  • Les élections présidentielles aux États-Unis, les années électorales étant généralement défavorables au tourisme
  • La croissance du nombre de concurrents, ainsi que l’arrivée de nouvelles destinations à prix abordables
  • La concurrence qui brade ses prestations
  • Une baisse dans les budgets promotionnels
  • Une implication plus faible des partenaires dans les actions promotionnelles
  • Les phénomènes de société – cocooning, difficulté de concilier les vacances

La liste peut ainsi s’allonger avec les motifs propres aux touristes eux-mêmes – la voiture a lâché et on prend le budget vacances pour la remplacer, cette année le plus vieux rentre à l’université…

Si on cumule toutes ces raisons, il y a fort à parier que les résultats seront décevants. Pourtant, le tourisme à l’échelle mondiale poursuit sa progression! Qui sont les gagnants, qui sont les perdants, là est la question…

Mais, assurément, il n’existe pas de formules mathématiques pour isoler les effets de chaque facteur d’influence, les quantifier et prédire avec certitude si nous connaîtrons ou non une bonne saison touristique.

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Enjeux Produits et activités

Quand le tourisme d’aventure et de plein air devient une aventure pour l’entreprise

La majorité des régions québécoises misent sur le tourisme d’aventure et de plein air pour séduire la clientèle touristique. Mais avant d’affirmer que le Québec dispose d’une offre solide et structurée en la matière, de nombreuses embûches subsistent. En dépit de leur professionnalisme, la situation financière des entreprises spécialisées dans ce domaine se révèle souvent précaire.

Malgré le manque de statistiques, tous s’accordent à dire que ce secteur est en expansion et voué à un avenir prometteur. Les adeptes d’activités de plein air se multiplient en raison de la forte conscientisation sociale à l’égard de la santé et des bienfaits de l’exercice sur celle-ci. La richesse du milieu naturel, l’immensité du territoire et les quatre saisons font du Québec un endroit privilégié pour la pratique du tourisme d’aventure et de plein air.

Aventure douce, aventure extrême et écotourisme, une question de pratique et de marketing

Ce type de tourisme soulève bien des débats quand il s’agit d’établir des définitions et de circonscrire les activités qui le composent. Avec le plein air comme dénominateur commun, le secteur a emprunté différentes avenues au fil des années. L’appellation «aventure douce» est le reflet du vieillissement de la population alors que l’«aventure extrême» cible les gens à la recherche d’un niveau d’activité physique ou de risque plus intense. Quant à l’écotourisme, il se résume trop souvent au respect de l’environnement, ce qui s’avère plutôt réducteur.

Mais où situer les frontières du tourisme d’aventure? Cela a plus à voir avec la façon de pratiquer une activité qu’avec sa catégorisation. Certains adeptes transportent leurs bagages sur leur dos et dorment à la belle étoile alors que d’autres recherchent confort et bonne nourriture le soir venu. La randonnée pédestre peut être une activité «douce» pour le marcheur qui se promène dans la forêt et «extrême» pour celui qui fait du trekking.

En fait, ce secteur rejoint des adeptes de tous les âges chez qui se profilent différents besoins: santé, mieux-être, passion, découverte, activité physique, adrénaline, risque, détente, éducation, etc. On observe une croissance de la clientèle à la recherche d’une expérience de qualité.

L’exploitant vit une aventure à haut risque

Démarrer une entreprise dans ce domaine n’est pas une partie de plaisir réservée aux «tripeux de plein air». Plusieurs dirigeants réalisent que leur exploitation devient une aventure en soi. Regroupant majoritairement des entreprises de petite taille, ce secteur hétéroclite doit composer avec une fragilité financière qui met en péril la viabilité de l’entreprise au moindre coup dur.

Problématiques propres à ce secteur:

  • il s’agit d’entreprises à fort caractère saisonnier; on ferme souvent les portes la saison terminée et le personnel est mis à pied;
  • la sécurité est considérée comme un enjeu crucial, car la pratique peut présenter des facteurs de risque élevé; les adeptes sont parfois téméraires ou néophytes, ce qui peut entraîner des blessures, des accidents ayant des répercussions négatives sur la pratique (ex. accident de rafting);
  • les entreprises requièrent du personnel qualifié souvent difficile à recruter;
  • elles sont soumises aux conditions climatiques;
  • on remarque un manque de barrières à l’entrée; plusieurs entreprises démarrent sans posséder les compétences requises pour exercer dans ce domaine, ce qui compromet la sécurité des visiteurs et crée une concurrence déloyale dans le milieu;  
  • il faut prendre en considération les facteurs d’éloignement et d’accessibilité qui engendrent des coûts supplémentaires;
  • on assiste à des conflits d’usage et de cohabitation; les activités de plein air plus «contemplatives» (vélo, ski de fond, canot, etc.) et les activités motorisées (quad, motoneige, yatch, etc.) ne font pas toujours bon ménage; les activités économiques (coupe forestière, projet hydroélectrique, prélèvement minier, etc.) menacent l’accessibilité au territoire et la qualité des paysages;
  • la pratique de ces activités est soumise à des restrictions environnementales;
  • le financement du développement des infrastructures n’étant pas accompagné des budgets nécessaires pour en assurer l’entretien, cela met en péril la pérennité des équipements (ex. Route verte); le droit d’usage des territoires publics étant accordé pour une période déterminée (ex. sentiers de motoneige), cela occasionne de l’incertitude et entraîne beaucoup de démarches en vue des renouvellements;
  • les moyens financiers réduits et les marchés restreints rendent difficile la mise en marché du produit;
  • il y a une multitude d’intervenants impliqués dans les dossiers ce qui cause des problèmes de concertation (nombreux ministères, MRC, municipalités, ATR, milieux associatifs, etc.);
  • contrairement à d’autres secteurs, l’attribution de l’aide financière publique aux entreprises n’est pas assujettie aux barèmes déjà établis par des organismes responsables;
  • on constate un manque de ressources pour exercer une représentativité dans les différents milieux.

Un secteur à fort potentiel en voie de structuration

Regroupant plusieurs intervenants au Québec, Aventure Écotourisme Québec (AEQ) est l’organisme chargé de représenter, de défendre, de promouvoir les intérêts des producteurs professionnels en tourisme d’aventure et écotourisme et d’assurer un produit de qualité et sécuritaire. Dans cet esprit, le milieu s’est doté de normes développées par le Bureau de normalisation du Québec (BNQ). L’adhésion de l’entreprise à ces normes s’effectue toutefois sur une base volontaire. Les institutions d’enseignement collégial et universitaire ont développé des programmes liés au secteur du plein air, afin de former gestionnaires, organisateurs et professionnels. Grâce à ces initiatives, on constate une nette amélioration du niveau de professionnalisme depuis les cinq dernières années.    

Les valeurs positives véhiculées par les activités de plein air ne peuvent qu’être des ambassadrices de ce type d’activités. Couplées à la qualité du milieu, les perspectives d’avenir de ce secteur s’annoncent fort prometteuses. Mais les difficultés que connaissent les entreprises ralentissent le développement d’une offre structurée et de qualité. Maillage, regroupement et concertation devraient être à l’ordre du jour.

Publications d’intérêt:
– Hudson, Simon (directeur de publication). «Sport and Adventure Tourism», The Haworth Hospitality Press, 2003, chapitre 7: Adventure Tourism par Paul Beedie, p. 203-239; chapitre 8: The Business of Adventure Tourism par Ross Cloutier, p. 241-272.
– Morgan, Damian. «Risk Management For Australian Commercial Adventure Tourism Operations», The Journal of Hospitality and Tourism Management, vol. 10, janvier 2003, p. 46-59.

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Enjeux Transport

Transports: l’obésité, un problème qui grossit

L’obésité est devenue un problème de santé publique majeur, encore plus important que la malnutrition et les maladies infectieuses. Mais cet excédent de poids ne pose pas de problèmes que sur le plan médical. Il remet aussi en question d’autres secteurs industriels, comme celui des transports publics, par exemple.

Une épidémie mondiale

On estime à 300 millions le nombre de personnes obèses dans le monde. Du Canada à l’Europe, en passant par la Chine, ce phénomène qui fait plus de morts que le tabac s’étend à toutes les populations!

Aux États-Unis, où 30% des Américains sont obèses et 65% ont une surcharge pondérale, l’obésité est désormais considérée par le gouvernement comme une maladie. Selon une étude des Centres de contrôle et de prévention des maladies, publiée en mars 2004, le surpoids causé par la mauvaise alimentation et l’absence d’activité physique pourrait devenir la première cause de mortalité dans ce pays d’ici 2005.

Au Canada, selon Statistique Canada, les taux relatifs à l’obésité et à l’embonpoint ont légèrement augmenté au cours des trois dernières années:

  • en 2000-2001, 14,1% de la population adulte, âgée de 18 ans et plus, était considérée comme obèse, et 32,4%, comme faisant de l’embonpoint;
  • en 2003, l’obésité touchait 14,9% des adultes canadiens, et l’embonpoint, 33,3%;
  • on estime que 46,7% de la population se situait dans la fourchette normale, alors qu’environ 2% avait un poids insuffisant.

Un problème qui va grossissant

Il n’y a pas que sur le plan médical que cet excédent de poids pose des problèmes. Il remet en question aussi, entre autres, tout le secteur des transports publics, que ce soit dans les avions, les autocars, les trains, etc.

Ainsi, dans les transports aériens, l’obésité va obliger les transporteurs à revoir l’architecture intérieure des avions. Quelques compagnies ont déjà prévu des modifications aux politiques d’utilisation, d’autres demandent aux agents de bord de faire preuve de bon sens, sans frustrer personne.

Ceci signifie, entre autres:

  • agrandir les fauteuils et les allées (donc, accepter moins de passagers);
  • adapter les ceintures de sécurité;
  • adapter quelques rangées spécialement conçues;
  • déplacer les personnes obèses vers un siège de la classe Affaires, siège qui est souvent plus large.

Les compagnies aériennes sont conscientes du problème. En 1980, Southwest Airlines avait semé l’indignation en imposant aux passagers obèses le paiement d’un deuxième siège.

Chez Northwest Airlines, la politique est claire: si le passager ne peut entrer dans le siège avec les accoudoirs baissés, il doit aussi payer le prix d’un siège additionnel. Même politique chez American Airlines: les passagers peuvent acheter une deuxième place, au besoin, ou un billet de première classe.

Le problème se pose autant pour le passager ayant un problème de poids que pour ses voisins. En Grande-Bretagne, une femme a reçu un dédommagement (équivalant à 31 000 $CA) de Virgin Atlantic après avoir été blessée parce qu’elle avait dû voyager «toute coincée» à côté d’un passager obèse sur un vol transatlantique, en 2001.

Peser bagages ET passagers

Tout comme les fabricants américains de cercueils qui ont dû adapter leurs normes de fabrication, les transporteurs aériens devront revoir leur façon d’évaluer le poids des avions, en prenant en compte bagages ET passagers.

L’an dernier, à la suite de l’accident fatal du vol Airways Express, en Caroline du Nord, le Bureau national de sécurité des transports (NTSB) a affirmé qu’une sous-estimation du poids des passagers et des bagages serait à l’origine de l’écrasement. Jusqu’alors, l’Administration fédérale de l’aviation (FAA) recommandait que les transporteurs aériens comptent au moins 180 livres pour un passager adulte au printemps et en été, et 185 livres en automne et en hiver, incluant 20 livres de bagages à main par personne.

En réaction, et durant les quelques jours qui ont suivi, la FAA a ordonné aux 15 compagnies aériennes de peser une partie des passagers. Cette vérification a permis de démontrer que passagers et bagages étaient plus lourds que prévu. Ainsi, la FAA a constaté que le poids moyen avait changé, le nouveau poids moyen du passager adulte (y compris son bagage à main) était de 196 livres, soit une augmentation de 21 livres. En outre, le poids du sac moyen a été évalué à 29 livres, soit 4 livres de plus.

Ainsi, non seulement les Américains pèsent plus, mais ils portent aussi des bagages plus lourds.

En conclusion

De plus en plus de produits s’adaptent en fonction des exigences d’une clientèle imposante, faisant naître un véritable lobby. Les personnes de forte taille revendiquent désormais leur place et cette tendance ne semble pas se résorber. Le tourisme n’y échappe assurément pas…

Voir aussi

– Le transport en commun vieillit mal

Sources:
– Borcover, Alfred. «How airlines deal with « big » problem», Chicago Tribune, 13 juin 2004.
– Statistique Canada. «Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, 2003», Le Quotidien, 15 juin 2004.
– La Presse. «L’obésité classée comme maladie aux États-Unis», 17 juillet 2004.
– Le Droit. «Les passagers seront-ils pesés avant de prendre l’avion aux É.-U.?», 28 février 2004.

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Enjeux Produits et activités

Financement des festivals, la quête de la stabilité

Une étude de KPMG portant sur 11 événements internationaux majeurs tenus au Québec démontre que ces derniers injectent plus de 255 millions de dollars dans l’économie québécoise. Ce qui n’empêche pas que les organisateurs soient constamment confrontés au défi de trouver des sources de financement durable. Or, une étude du gouvernement ontarien conclut que la situation du financement public des festivals en Ontario reste, en comparaison, plus difficile.

Sources de financement

Il est rare que les revenus autonomes – qui proviennent, par exemple, des entrées payantes, de la vente de produits dérivés ou de l’exploitation de concessions -suffisent à assurer le financement d’un événement. Le succès de ce dernier est habituellement tributaire de la capacité des organisateurs à trouver un financement significatif de la part des secteurs privé (dons, commandites, activités-bénéfice, etc.) et public (gouvernement et administrations publiques).

À titre indicatif, une enquête sur les revenus de 28 événements à caractère culturel ayant eu lieu au Québec en 2000-2001 révèle que le financement public représente plus de 41% des entrées d’argent (graphique 1). C’est le gouvernement provincial qui se montre le plus généreux, avec une contribution équivalant à 57% du financement public. 

En Ontario, les sommes consenties par le gouvernement et les administrations publiques s’avèrent directement proportionnelles au niveau d’achalandage des événements concernés. Une étude du ministère du Tourisme et des Loisirs de l’Ontario nous apprend notamment que les subventions municipales sont particulièrement importantes dans le cas d’événements attirant plus de 12 000 spectateurs (tableau 1). Le sondage a été conduit auprès de 219 gestionnaires de manifestations.

Le Québec se taille la part du lion des fonds fédéraux

Grâce à leur envergure et leur rayonnement sur la scène internationale, les festivals du Québec (en incluant les événements non culturels) bénéficient d’une reconnaissance et d’un important appui des différents paliers gouvernementaux.

Selon une étude comparative de l’aide accordée aux différentes provinces canadiennes pour le financement d’événements, le Québec a reçu, entre le 1er avril 2000 et le 31 mars 2001, les deux tiers des sommes allouées par le gouvernement fédéral, soit 36,7 millions $ (tableau 2). Pour sa part, l’Ontario ne reçoit que 15,8% de ces subventions, ce qui exclut toutefois les événements nationaux.

Plusieurs obstacles se dressent

Le montage financier d’une manifestation culturelle exige beaucoup de travail de la part des organisateurs. Au Québec, chaque organisme promoteur consacre en moyenne 1682 heures de travail par année à la recherche et à la gestion du financement, privé comme public, de l’événement. Parmi les principales difficultés liées à ces deux tâches, mentionnons:

  • La visibilité offerte par l’événement n’atteint pas les exigences des commanditaires.
  • On manque de ressources pour faire la promotion de l’événement auprès de commanditaires potentiels.
  • Le public cible de l’événement n’est pas attrayant aux yeux du commanditaire.
  • Le bassin des entreprises et des sociétés qui commanditent le secteur culturel est restreint, ce qui limite les nouveaux partenariats.
  • Les commanditaires potentiels subissent des coupures budgétaires.
  • L’événement est récent ou peu connu.

Vers une stratégie globale de financement en Ontario

Le ministère du Tourisme et des Loisirs de l’Ontario propose d’adopter une stratégie globale de financement des événements et festivals afin de répondre au manque chronique de fonds. Le plan stratégique définira de manière précise le rôle attendu du secteur public, de manière à optimiser le soutien aux événements. On distinguera trois catégories de festivals:

  • d’envergure internationale;
  • en émergence ou en croissance;
  • communautaires.

Le gouvernement ontarien entend privilégier une approche intégrée avec les différents partenaires du milieu. On veut surtout s’attaquer à la problématique de la pérennité des événements et à l’incertitude annuelle liée au financement.

Le ministère du Tourisme et des Loisirs souhaite développer des ententes de plusieurs années avec les événements affichant le meilleur potentiel à long terme. Il souhaite par ailleurs assumer un leadership auprès des autres ministères (ex.: ministère du Développement économique et du Commerce), afin de pouvoir compter sur de nouvelles sources de subvention. Le gouvernement ontarien désire également augmenter le financement des événements localisés dans des régions où les commandites privées sont moins faciles à obtenir.

Incertitude au Québec

Au Québec, même si le gouvernement fédéral octroie plus de 36,7 millions en subventions, les manifestations culturelles souffrent du manque de stabilité dans leur planification financière. La fin du programme fédéral de commandites, de même que l’application de la loi sur le tabac, créent beaucoup d’incertitude chez les organisateurs.

Plusieurs conviennent qu’il faut élargir le débat et trouver des solutions permanentes de financement qui mettraient à contribution d’autres types de fonds. Tous conviennent de l’importance d’apporter une source de revenus stable et récurrente et qui garantirait la tenue d’événements culturels accessibles à tous gratuitement.

Sources:
– Chambre de commerce du Montréal métropolitain. «Les festivals montréalais ont besoin d’un financement stable et récurrent», Le bulletin électronique La Cité [www.ccmm.qc.ca], février 2004, vol. 2, no 4.
– Observatoire de la culture et des communications. «Rapport d’enquête sur 32 festivals et événements culturels du Québec, 2000-2001».
– Ministère du Tourisme et des Loisirs. «Study of Funding in Support of Ontario’s Tourism Festivals and Events», [www.kingstonculture.com/pdf/ministrystudydec02.pdf], décembre 2002.