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Enjeux Produits et activités

Vancouver 2010: 2 milliards $ pour 17 jours, est-ce trop cher?

Après Montréal et Calgary, c’est au tour de Vancouver d’organiser les Jeux olympiques en 2010. Mais à quel prix? La facture des Jeux risque d’être salée: on parle déjà de 2 milliards $ (1,3 milliard $ en opérations et 600 millions $ en sites de compétition). Trop cher pour 17 jours d’activités? Les avis sont partagés.

Les XXIes Jeux olympiques d’hiver auront lieu du 12 au 28 février 2010 dans la région de Vancouver-Whistler. Les organisateurs estiment que ces JO attireront 6000 athlètes et représentants officiels, 10 000 représentants des médias et 35 000 visiteurs, qui séjourneront plus de 24 heures à Vancouver et Whistler. Les Jeux paralympiques auront lieu, eux, du 12 au 21 mars 2010 dans la région de Whistler.

C’est la troisième fois dans l’histoire des Jeux que le Canada a la chance de relever le défi. Seulement cinq autres pays (États-Unis, France, Japon, Allemagne, Italie) ont présenté les Jeux à trois reprises ou plus.

Projection des retombées de 2010

Une récente étude publiée par l’Association de l’industrie touristique du Canada (AITC) et l’Alliance canadienne du tourisme sportif (ACTS) estime que les Jeux olympiques d’hiver et les Jeux paralympiques de 2010 coûteront 1,3 milliard $. Le financement accordé par le gouvernement n’est pas destiné au budget de fonctionnement; 86 millions du budget d’immobilisations (financé par les gouvernements provincial et fédéral) seront dépensés en améliorations et en constructions des installations municipales.

Selon cette étude, 50% des recettes proviendront de la radio et télédiffusion, 40% des commandites de sociétés, 8% de la vente des billets et 2% des permis. Les auteurs prévoient que les recettes de la télédiffusion seront de l’ordre de 670 millions $.

Un bon coup de pouce à l’économie

Mais d’ores et déjà, les organisateurs prévoient des retombées financières colossales.

Selon le British Columbia Ministry of Competition, Science and Enterprise, l’obtention des Jeux d’hiver de 2010, combinée à un agrandissement du centre des congrès de Vancouver, pourrait: générer jusqu’à

  • générer jusqu’à 10 milliards $ en activité économique directe;
  • créer environ 228 000 emplois directs et indirects dans l’ensemble de la province;
  • engendrer des recettes fiscales supplémentaires de l’ordre de
    2,5 milliards $ ainsi que d’autres bénéfices importants, tels qu’un héritage durable sur le plan des installations sportives et communautaires.

Et ceci, sans compter les investissements dans plusieurs domaines, comme:

1. Le tourisme: l’organisation des Jeux constitue un excellent moyen de faire connaître Vancouver, Whistler, la Colombie-Britannique et le Canada au monde entier.

Dans les différents scénarios envisagés, le succès des Jeux dépend de l’efficacité des campagnes de promotion touristique associées à l’événement, efficacité qui passe par la conception d’un programme de commercialisation ciblé. À cet effet, la première étape consiste à développer un plan de vente qui vise à profiter de chaque occasion pour attirer l’attention internationale. La deuxième étape verra à définir et à fixer les ressources appropriées pour appuyer ce plan.

Un comité spécial – Tourism 2010, composé de Tourism Vancouver, Tourism Whistler, Tourism Victoria, Tourism Richmond, Tourism British Columbia et la Commission canadienne du tourisme (CCT) – a été formé pour développer un plan stratégique à long terme.

2. Le transport: la ville compte élaborer un plan de transport combiné afin de répondre tant aux besoins des athlètes qu’à ceux des médias, des bénévoles et des spectateurs. Cette action se fera en collaboration avec de nombreux groupes, notamment le ministère des Transports, TransLink, BC Transit, BC Rail et l’administration de l’aéroport international de Vancouver. Le plan de transport combiné intégrera les plans de transport régionaux existants ainsi que de nouveaux plans.

Les travaux d’aménagement et de construction sont déjà entamés et s’étaleront sur les six prochaines années. Ainsi, la route reliant les deux centres olympiques sera améliorée au coût de 600 millions $ afin de réduire la durée du parcours et d’augmenter la sécurité des automobilistes.

3. L’hébergement: les organisateurs de Vancouver 2010 proposent la construction, près des sites olympiques, de deux villages des athlètes dotés de tous les services. Après les Jeux, ces installations seront léguées aux villes de Vancouver et Whistler pour être transformées en complexes de logements.

Le passé est-il toujours garant de l’avenir?

Cet été, le comité organisateur des Jeux de 2010 a envoyé une délégation à Athènes pour étudier certains aspects de gestion, de sécurité et de problèmes liés aux transports (au coût de 380 000 $). Ceci afin de ne pas répéter certaines mauvaises expériences où des villes se sont vues aux prises avec un déficit notoire après l’organisation des Jeux.

Au Canada, le tourisme sportif est un marché évalué à 1,3 milliard $ par an (4% des dépenses reliées au tourisme). Environ 200 000 événements sportifs se déroulent au pays chaque année.

Voir aussi

Vancouver 2010

Voir aussi

– Comment mesurer les impacts économiques des événements sportifs sur les communautés hôtesses?
– Quels impacts ont les grands événements sportifs sur le tourisme?

Sources:

– Association de l’industrie touristique du Canada (AITC) et Alliance canadienne du tourisme sportif (ACTS). «Jeux olympiques de 2010: Appel à l’action pour l’industrie touristique du Canada», juillet 2004.
– BCTIO. «The Economic Impact of the Winter Olympic Games: Initial Estimates», janvier 2003.
– InterVistas Inc. «The Economic Impact of the 2010 Winter Olympic and Paralympic Games: An Update», octobre 2002.

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Enjeux Transport

Le transport en commun vieillit mal

Aux États-Unis, le profil de la pyramide des âges connaîtra de profonds changements dans les 25 prochaines années. Le bureau du recensement (US Census Bureau) prévoit que le nombre d’Américains ayant 65 ans et plus va faire un bond spectaculaire, de 35 millions aujourd’hui à plus de 62 millions d’ici 2025, soit une augmentation de près de 80%! Un bouleversement qui affectera, sans conteste, de nombreuses industries et particulièrement celle des transports.

Plus la population vieillit, plus elle perd en mobilité, et dans 20 ans, les agences et sociétés de transport devront repenser leur offre de services pour attirer une clientèle très différente de celle qu’elle dessert actuellement. Malheureusement, les États-Unis ne sont pas prêts à affronter cette évolution, particulièrement dans les communautés rurales et les petites villes.

Et une récente étude réalisée par Linda Bailey, intitulée Aging Americans: Stranded Without Options, dresse non seulement le portrait du problème, mais propose également certaines solutions.

Portrait d’une population vieillissante

Dans cette étude, on apprend que 21% des Américains âgés de 65 ans et plus ne conduisent pas. Les raisons invoquées sont simples:

  • ils ont une mauvaise santé (problème de vue, déficiences physiques ou mentales);
  • ils ne s’en sentent plus capables et ont décidé de leur plein gré de ne plus conduire;
  • ils n’ont pas de voiture (ou pas d’accès à une voiture);
  • par choix personnel.

Plus de 50% des personnes âgées de 65 ans et plus qui ne conduisent pas (soit 3,6 millions d’Américains) restent tout bonnement chez elles. Lorsqu’elles se décident à sortir (que ce soit pour aller chez le médecin, au restaurant ou pour des activités sociales ou religieuses), elles empruntent les transports en commun ou demandent à des voisins ou à des amis de les conduire. Mais là encore, la moitié des personnes interrogées lors de cette étude ont avoué se sentir gênées de demander de l’aide et considèrent ce «sentiment de dépendance» comme un problème.

Pour les moins valides et les handicapés, les transports adaptés constituent la seule et unique porte de sortie. Et bien souvent, dans leur région, les transports en commun sont soit non disponibles, soit mal adaptés à leurs besoins.

Penser de nouvelles façons de faire

Les agences de transport et les gouvernements doivent donc, d’ores et déjà, envisager de nouvelles façons de faire:

  • en modernisant les infrastructures routières et ferroviaires;
  • en diversifiant l’offre de services (autobus, autocars, taxis, trains, etc.);
  • en renforçant les investissements dans le secteur des transports publics (ceux-ci constituent un facteur économique important);
  • en soutenant des projets et des équipements visant la sécurité des piétons et des cyclistes (voies cyclables protégées, etc.);
  • en augmentant la flexibilité des transports (quant aux horaires, aux itinéraires de voyages, etc.);
  • en explorant de nouvelles voies, comme des programmes de «conducteurs volontaires» et de covoiturage;
  • en appuyant la coordination entre les agences de services et les agences de transport, tant au niveau fédéral que local;
  • en faisant la promotion des services publics ou privés intégrés (véhicules subventionnés pour les organismes et les programmes);
  • en développant de nouvelles technologies concernant l’équipement et le fonctionnement des véhicules (autobus à plancher surbaissé ou à accès de plain-pied, etc.);
  • en instaurant des services spécialisés à la demande;
  • et enfin, en proposant des> programmes de sensibilisation, d’éducation et de formation.

Voir aussi

– L’hôtellerie doit faire des efforts pour s’adapter et satisfaire la clientèle senior
Sources:
– Bailey, Linda. «Aging Americans: Stranded Without Options», Surface Transportation Policy Project, avril 2004.
– Stowell Ritter, Anita, A. Straight et Ed Evans. «Understanding Senior Transportation: A Report and Analysis of a Survey of Consumers Age 50+», AARP, avril 2002 [http://research.aarp.org/il/2002_04_transport_1.html]
– US Census Bureau. «American Housing Survey», 2001.

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Enjeux Produits et activités

La saisonnalité dans les destinations de sports d’hiver: causes, conséquences et possibilités (Compte rendu de conférence)

TTRA, Montréal, juin 2004 – Compte rendu de la conférence prononcée par Simon Hudson, PhD, Haskayne School of Business, University of Calgary (Alberta).

Des hivers plus chauds et plus courts menacent la viabilité économique des stations d’hiver. Plusieurs stratégies peuvent être envisagées afin de contrer les impacts négatifs de la saisonnalité. La période hors saison offre des opportunités de développement et de croissance. Au-delà des facteurs climatiques, d’autres éléments sont source de saisonnalité, comme les vacances de la clientèle qui sont concentrées dans le temps, soit par habitude, soit par obligation.

Nombreuses sont les conséquences négatives dues à ce phénomène. La difficulté de trouver des investissements financiers et le faible retour sur l’investissement arrivent en tête de liste. La forte concentration de gens entraîne congestion, stress et surutilisation, d’où la perte de plaisir de la clientèle, les effets négatifs sur l’environnement et parfois l’animosité de la part du personnel et de la population hôte. Les problèmes de recrutement de personnel et l’inévitable période de chômage constituent des obstacles à l’employabilité.

La saisonnalité n’a pas que des impacts négatifs. La période de relâche permet aux individus et à l’environnement d’abaisser le niveau de stress et de récupérer. Elle permet aussi de procéder à l’entretien et aux réparations. Les postes saisonniers ouvrent des possibilités d’emplois à certaines catégories de gens et offrent parfois des perspectives de rémunération intéressantes.

Plusieurs possibilités permettent de contrecarrer le phénomène de la saisonnalité dans les destinations de sports d’hiver:

  • fabriquer de la neige;
  • améliorer l’équipement, les produits et les services;
  • convertir en centre de villégiature quatre saisons;
  • diversifier les produits (piscines, spas, tennis, festivals et événements, parc d’attractions, centre de conférences, sentiers d’interprétation, etc.);
  • attirer de nouvelles clientèles (aînés, congressistes, groupes d’intérêts, etc.) pendant les périodes moins achalandées;
  • faire du yield management, différencier les prix selon les périodes et la clientèle;
  • offrir des incitatifs pour retenir les employés;
  • collaborer avec l’État afin d’initier des mesures positives (réglementation, employabilité, formation, sécurité, etc.);
  • développer de nouvelles activités économiques connexes (technologies, centre de formation, etc.);
  • cesser les activités pendant les périodes inoccupées.

Dans un monde parfait, tous les intervenants voudraient retirer les profits d’une stratégie à long terme qui permettrait d’aplanir les périodes de pointe et les creux engendrés par la saisonnalité dans une station de sports d’hiver. Dans la réalité, seulement des modèles d’affaires comme Intrawest peuvent être en mesure de développer efficacement une telle stratégie.

TTRA 2004 – Autres comptes rendus disponibles:

L’expérience touristique, une réelle valeur économique
Le pouvoir persuasif de la publicité et du reportage
Voyages d’affaires: les femmes sont-elles moins prévisibles que les hommes?
Perceptions de l’impact du tourisme sur la communauté
Les femmes et le tourisme sportif: examen sociodémographique
Impact économique du mariage gai sur le secteur du tourisme

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Enjeux Produits et activités

La relève des skieurs et planchistes est-elle au rendez-vous?

Bien que le vieillissement de la population représente un véritable défi pour l’ensemble des entreprises de services, cette réalité touche particulièrement les stations de ski. La courbe démographique du Québec permettra-t-elle à l’industrie du ski de maintenir ses bonnes performances dans les années à venir? À la suite, voir L’AVIS DU PDG DE L’ASSQ.

Le Québec et les États-Unis: deux réalités différentes

Au Québec, la proportion de skieurs et planchistes de 50 ans et plus a doublé entre 1989 et 2002, passant de 6,1% à 12,7% (graphique 1), selon le Print Measurement Bureau. Elle représente cependant le segment le moins important, alors que les jeunes de 12-24 ans comptent pour près de 35% de cette clientèle. Notons aussi la forte progression du segment des 35-49 ans. Précisons que 78% des jours-ski (visites) proviennent du marché québécois.

Aux États-Unis, la situation s’avère plus problématique. Selon une étude menée par Leisure Trends Group auprès de 250 000 skieurs et planchistes américains de 16 ans et plus, les baby-boomers (nés entre 1946 et 1964) constituent désormais plus de 60% des skieurs, comparativement à 50% en 1992-1993. Durant cette même période, la part des 25-34 ans déclinait de 27% à 22% et celle des 16-24 ans de 23% à 19%.

Chez nos voisins du Sud, le nombre de nouveaux adeptes n’est pas aussi élevé que par le passé. La proportion des planchistes débutants est passée de 41% en 1996-1997 à 9% en 2002-2003, et de 9% à 2% du côté des skieurs. Évidemment, l’effet nouveauté de la planche à neige a créé un fort engouement dans les années 1990. Le marché américain représente environ 6% de l’ensemble des jours-ski du Québec.

Afin d’assurer un bon niveau d’achalandage dans les stations de ski, on doit continuer à miser sur un renouvellement constant des clientèles. La courbe démographique rend cette tâche d’autant plus primordiale. Heureusement, le modèle de croissance établi à la suite d’une enquête démographique du Conseil canadien du ski (CCS) confirme que les Canadiens de la génération Y, les 9-27 ans (28% de la population), skient beaucoup et constituent un excellent noyau de relève, avec 46% des skieurs et planchistes. Il s’agit d’une bonne nouvelle quand on constate que le taux de pratique diminue considérablement avec l’âge (graphique 2).

Au Québec, un adepte sur quatre fait partie de la relève, ce qui est de bon augure. Le programme Iniski & Inisurf à l’école, instauré en 1987 par l’Association des stations de ski du Québec, n’est certes pas étranger à ce succès. L’étude du CCS indique d’ailleurs que le Québec réussit mieux que les autres provinces en ce qui a trait à la conversion des débutants en skieurs et planchistes réguliers.

Un autre défi se pose pour les gestionnaires de stations: maintenir la clientèle actuelle sur les pentes, alors que la moyenne d’âge des skieurs augmente rapidement (graphique 1). Plusieurs raisons conditionnent les aînés à délaisser les sports de glisse. La détérioration de leur condition physique, et surtout les conséquences plus importantes d’un accident sur leur santé, viennent en tête de liste. On note également une résistance moindre au froid, qui en décourage plusieurs.

Des implications et des solutions pour les dirigeants

En dépit de la perspective d’une bonne relève, le déséquilibre dans la pyramide des âges permet de prévoir certains changements quant aux habitudes de consommation des skieurs. Voici quelques observations caractérisant la clientèle plus âgée:

  • La pratique se fait de manière moins intense. Les aînés skieront à leur rythme, vraisemblablement moins d’heures par jour. Une offre modulée sur une base quotidienne, avec des forfaits adaptés, leur convient davantage qu’un tarif unique.
  • Leurs exigences quant à la qualité du service et au confort des installations sont plus élevées. Les aires de repos de même que les lieux de contemplation et de quiétude s’avèrent particulièrement prisés.
  • La présence de services ou d’activités complémentaires sur place (ex. : un spa ou une bonne table) intéresse une clientèle qui se contente de moins de cinq heures de glisse par jour. Les baby-boomers sont davantage enclins à apprécier l’offre de sport de glisse comme une expérience touristique globale.
  • Cette clientèle est plus sensible aux prix des équipements qu’à la dernière trouvaille technologique.
  • Un environnement sécuritaire du domaine skiable (élimination des obstacles potentiels) rassurera les aînés, qui craignent de plus en plus les accidents en vieillissant.
  • Au Québec, la demande se concentre essentiellement du vendredi au dimanche, période comptant pour 92% de l’achalandage. Afin d’aplanir les périodes de pointe, les stations pourraient offrir des forfaits aux aînés afin de les attirer sur les pentes en semaine.

Perspectives encourageantes

En dépit du vieillissement de la population, l’avenir des stations de ski au Québec demeure fort prometteur. Plusieurs éléments structurants jouent en faveur de ce secteur:

  • Selon une étude de la Compagnie des Alpes, plus les skieurs commencent jeunes à s’adonner à ce sport, plus ils sont susceptibles de le pratiquer longtemps.
  • Les baby-boomers demeurent plus actifs que la génération précédente et disposent de plusieurs années additionnelles de ski.
  • Les baby-boomers qui demeureront adeptes jouiront de plus de temps libre et effectueront davantage de jours-ski. Ils présentent d’ailleurs des niveaux de participation supérieurs à ceux de la génération X (28-39 ans) ou de la génération Y (9-27 ans).
  • De plus en plus de parents skient avec leurs enfants: (57% en 1993-1994) aux États-Unis comparativement à 76% en 2002-2003.
  • L’apport du tourisme continuera à être salutaire pour de nombreuses stations.

Claude Péloquin

Sources:
– Spring, Jim. «Keeping the Boom Going», Ski Area Management, vol.43, no 3, mai 2004.
– Maine News. «Ski industry wants to keep aging skiers on the slopes», 29 février 2004.
– Serriere, Frédéric. «Sports d’hiver: challenge pour les seniors… et les stations!», Tourmag [www.tourmag.com], 2 mars 2004.
– Neville, Tim. «A Downhill Skier’s Uphill Climb», Business Week, 15 mars 2004.
– Reynier, Véronique, Kévin Vermeir et Bastien Soulé. «Les nouvelles glisses se banalisent», Espaces, no 214, avril 2004.
– Pointon, Nicole. «Hot New Ski Travel Trends for 2003/04 Season», Commission canadienne du tourisme, 21 octobre 2003.
– Conseil canadien du ski. «Modèles de croissance Québec et Ontario», 2004.

L’avis du président-directeur général de l’Association des stations de ski du Québec (ASSQ)

En réaction au texte publié en juillet dernier, je me permets de saluer la justesse de vos propos à l’égard du défi du renouvellement des clientèles. Cet enjeu est au coeur des préoccupations de l’Association des stations de ski du Québec et dicte une série d’actions visant à pallier les changements démographiques observés au Québec.

Nos programmes visant la relève s’adressent aux jeunes de 5 à 10 ans en diminuant au maximum les barrières à l’entrée. Nous anticipons ainsi augmenter le taux de participation de ce segment de clientèle à près de 40%. En atteignant ce résultat, et considérant un taux de conversion constant, nous croyons possible de convaincre et d’atteindre 20% de la population active du Québec d’ici 2010, comparativement à près de 17% actuellement.

Saisir les opportunités

De leur côté, les stations de ski s’adaptent en comprenant mieux les différents segments de clientèles, en offrant:

  • un accès tôt en saison, le défi étant de permettre l’accès maximal au domaine skiable pour la période des Fêtes, grâce aux systèmes de fabrication de neige plus performants;
  • un produit diversifié (ski de fond, raquette, sentier de patin sur glace, etc.);
  • une structure plus abordable du prix des abonnements, ciblant les périodes creuses;
  • une plus grande variété de billets de saison (abonnements);
  • un accès plus facile pour les débutants;
  • un environnement plus sécuritaire.

En réponse à votre question initiale, nous prenons tous les moyens pour que la relève soit au rendez-vous, tout en sachant que des obstacles importants se dressent. La compétition féroce pour le temps et l’argent disponibles pour les loisirs, les communautés ethniques pour qui l’hiver ne fait pas partie de leur culture, la sédentarité et la mauvaise condition physique des Québécois constituent des facteurs sur lesquels nous planchons actuellement (sans vouloir faire de jeu de mots…).

Depuis près de 10 ans, de nombreux experts, chercheurs, démographes et climatologues prévoient par ailleurs une importante diminution du marché du ski en Amérique du Nord. Pourtant, les cinq dernières saisons semblent démontrer un raffermissement de l’achalandage, et ce, malgré des conditions climatiques difficiles dans certains cas. Il faut croire que l’industrie prend les experts au sérieux en rivalisant d’imagination pour les faire mentir!

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Ailleurs dans le monde Enjeux Gestion Tourisme durable

Chèque-vacances: un double levier, social et touristique

En France, en Suisse et en Belgique, les entreprises distribuent des chèques-vacances aux employés. Mieux qu’une prime, ces chèques font partie des avantages sociaux. C’est un levier économique considérable pour l’industrie du tourisme, mais c’est aussi bien souvent, pour certains, la seule possibilité de partir en vacances.

Plus intéressant qu’une prime

Avoir des vacances c’est bien, mais avoir les moyens de les prendre c’est mieux!

Le chèque-vacances est un titre de paiement national (basé sur le même principe que les chèques-repas) servant à régler les dépenses de vacances (frais de transport, hébergement, restaurants, musées, campings, parcs de loisirs…) et permettant de bénéficier de tarifs réduits.

Ils sont achetés par l’entreprise qui les cède aux salariés en prenant à sa charge une part de la valeur du chèque, comprise entre 20 et 80%. Nominatifs (ne pouvant être revendus), ils sont utilisables par les conjoints, enfants et ascendants à charge du titulaire. Ils ont une durée de vie limitée (deux ans, dans le cas de la France).

Ils ont été créés pour permettre à un plus grand nombre de personnes, notamment; celles qui ont des revenus modestes, de partir en vacances et d’avoir accès à un grand éventail d’activités culturelles et de loisirs.

De plus, comme ces chèques sont achetés plusieurs mois avant d’être remis aux travailleurs, donc avant leur utilisation, l’organisme émetteur gère un capital important qui devient un fonds d’investissement. Les intérêts que rapporte ce capital servent alors, en partie, à:

  • la rénovation et la modernisation d’équipements touristiques à vocation sociale (pour améliorer le confort et les services adaptés à l’accueil des familles, des jeunes, des personnes âgées et des personnes handicapées);
  • la création d’équipements touristiques à caractère social et innovant;
  • le développement d’actions pilotes et innovantes nécessitant des investissements matériels.

Avant tout, une mission sociale

En France, plus de 6 millions de salariés bénéficient désormais de ces fameux chèques-vacances. La formule existe depuis 1982 et concerne toutes les catégories de travailleurs. Ils font partie des avantages sociaux offerts par les entreprises, sous différentes modalités.

Cette action constitue avant tout une mission sociale; en effet, un peu plus du tiers des bénéficiaires avouent qu’autrement, ils ne seraient pas partis en vacances. Distribués par l’Agence nationale pour les Chèques-Vacances (ANCV), les chèques sont acceptés par plus de 135 000 prestataires (hôtels, train, clubs de sport, forfaits de ski, musées, etc.).

En France, le chèque-vacances est un levier économique énorme au niveau du tourisme puisque, selon l’ANCV, pour 1 euro possédé en chèque-vacances, ce sont 4 euros qui seront dépensés sur le plan national.

Une idée pour le Québec?

Au Québec, l’idée d’instaurer ce concept suscite beaucoup d’intérêt depuis plusieurs années. Le Bureau international du tourisme social – section des Amériques (BITS) et les associations québécoises de tourisme social, dont le Conseil québécois du loisir, poussés par certains de leurs membres (l’Association des camps du Québec, Tourisme Jeunesse, Kéroul et le Mouvement québécois des camps familiaux), s’intéressent également de près à cette formule.

Présenté sous l’appellation «Carte vacances», le projet a été rendu public lors du colloque Pour un tourisme accessible à tous, durable et solidaire, organisé par le Chantier d’action partenariale Loisir et Tourisme social de l’ARUC-Économie sociale, qui s’est tenu le 2 juin dernier à Montréal.

Dans ce cas-ci, la «Carte vacances» (qui ressemble à une carte débit, mais qui serait réservée à des dépenses touristiques au Québec) vise:

  • à encourager l’épargne des Québécois en vue de séjours et de vacances touristiques dans les diverses régions de la province;
  • à bonifier cette épargne grâce à une réduction d’impôt (crédit d’impôt remboursable);
  • à augmenter les recettes des entreprises touristiques participantes (un très large éventail d’entreprises partout au Québec);
  • et à lutter contre la saisonnalité du tourisme.

Le niveau de bonification de l’épargne par le crédit d’impôt est fixé à 20%, pour un montant annuel maximal d’épargne de 2000$; la période minimale où les sommes épargnées doivent figurer sur le compte est établie à quatre mois.

Le projet est très avancé, nous confirme Louis Jolin, professeur au Département d’études urbaines et touristiques de l’École des sciences de la gestion de l’UQAM et responsable du comité scientifique du BITS – section des Amériques. En effet, des études de préfaisabilité et faisabilité ont été réalisées (consultations auprès des consommateurs, des intervenants touristiques, étude d’impact économique, etc.). Le tout a été envoyé aux différents ministres concernés (la ministre déléguée au Développement régional et au Tourisme, le ministre des Affaires municipales, du Sport et du Loisir, le ministre des Finances). Jusqu’à présent, la réponse semble très favorable.

Voir aussi

Agence nationale pour les Chèques-Vacances

Sources:
– Le journal du Management. «Des chèques pour les vacances», novembre 2003.
– Le Progrès. «Le chèque vacances: un levier social et économique», (Lyon), 8 juin 2004.
– Tourisme Québec. «Le Québec veut mettre sur pied une formule de chèque-vacances», été 2000.
– ANCV. «Bilan du chèque-vacances – Année 2002».

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Ailleurs dans le monde Enjeux Produits et activités

Danemark: intégrer les parcs éoliens au paysage touristique

D’aucuns diront que les parcs éoliens dénaturent le paysage et font fuir les touristes. Au contraire, l’exemple du Danemark nous prouve que, bien gérés, ceux-ci constituent un attrait touristique non négligeable. Portrait d’un mariage mixte: environnement et tourisme vert…

Les «champions» de l’éolienne

En 2003, au Danemark, la puissance éolienne totale était de quelque 3000 MW répartis sur environ 6500 éoliennes. Près de 85% de cette puissance appartient à des particuliers ou des coopératives.

Depuis les années 1970, le gouvernement danois favorise le développement de l’industrie éolienne par des politiques fiscales incitatives et des subventions. Ces dernières années, cette industrie est poussée par la volonté de se conformer au protocole de Kyoto pour le contrôle des émissions de gaz à effet de serre. De sorte qu’en 2005, l’éolien représentera 20% de la production d’électricité danoise, contre moins de 1% pour les éoliennes canadiennes.

Selon un sondage réalisé en 2001 par le journal danois Jyllands-Posten, 65% des Danois sont favorables à une augmentation de la part de l’énergie éolienne dans la production d’électricité. Et chose étonnante, ce sont les personnes vivant à proximité d’une éolienne qui sont, en moyenne, les plus favorables à ce type d’énergie, avec un taux dépassant les 80%.

Une éolienne dans ma cour

Petit à petit, arrivera un jour où les éoliennes feront partie du paysage. Elles deviendront transparentes et banales, s’intégrant parfaitement à notre vie économique et sociale. En attendant ce jour, bien des gens sont encore atteints du syndrome «pas dans ma cour».

Pollution visuelle? Pas si sûr!

Au Danemark, les éoliennes tendent à constituer une attraction touristique lorsqu’elles sont nouvelles dans un endroit donné, et les promoteurs de grands parcs éoliens y ouvrent souvent des centres pour visiteurs.

Les fermes éoliennes sont même au centre d’une promotion touristique orientée principalement vers le marché allemand, où le public est connu pour avoir un niveau d’intérêt élevé pour les causes environnementales et la nouvelle technologie.

Il n’existe aucune étude systématique sur la question, mais la Danish Wind Association se plaît à faire la relation entre l’implantation des parcs éoliens et le tourisme: en effet, au Danemark, le tourisme a augmenté de quelque 50% depuis 1980.

Les fermes éoliennes deviennent le paysage à la fois d’un tourisme «écologique» et d’un tourisme «industriel». Les hôtels, les gîtes et les campings utilisent cette image pour la promotion du tourisme vert.

De nombreuses entreprises d’excursions nautiques proposent des promenades en bateau pour visiter des fermes éoliennes situées en pleine mer, comme à Middelgrunden près de Copenhague (ferme qui peut être vue depuis les plages par temps clair). À Blavandshuk, l’on constate une augmentation notoire du nombre de visiteurs depuis l’installation d’une ferme de 80 éoliennes. En fait, elles sont reproduites partout: sur les dépliants publicitaires, les cartes postales, etc. Elles font la fierté du bureau local de Greenpeace, qui possède même des parts dans le projet. Elles sont le fier symbole de la prise de conscience sociale collective.

Au Québec, un vent plus favorable souffle

Au Canada, toutes les provinces ont des projets d’éoliennes. Au Québec, la commande est de 1000 MW d’ici 2010, soit moins de 4% de la capacité actuelle d’Hydro-Québec. On estime généralement qu’une production de 20 MW permet de chauffer et d’éclairer environ 6000 résidences.

L’implantation de fermes éoliennes ne réjouit pas seulement les écolos barbus en sandales: l’idée séduit aussi les régions, car c’est une industrie créatrice d’emplois directs et indirects. Surtout que, selon une étude publiée en avril 2004 et réalisée par la firme Hélimax énergie, un consultant indépendant spécialisé en énergie éolienne au Canada, le Québec dispose d’un potentiel éolien gigantesque, à des prix concurrentiels avec les autres filières.

L’étude démontre également que le développement de la filière éolienne n’est pas limité à la Gaspésie. Plusieurs régions du Québec affichent un grand potentiel éolien, dont la Montérégie, le Bas-Saint-Laurent et la Côte-Nord, qui détient à elle seule près du tiers du potentiel. Sur un horizon de 25 ans, l’étude met en lumière le fait que la mise en service de seulement 4000 MW d’énergie éolienne créerait 62 000 emplois directs et indirects et générerait des investissements totaux de près de 6 milliards $.

En Gaspésie, les parcs éoliens de Cap-Chat (76 éoliennes d’une capacité de 57 MW) et Matane (57 éoliennes d’une puissance de 43 MW) ont été mis en service en 1999 par la compagnie Axor. Mais certains affirment que ceux-ci ne seraient pas aussi productif que les prévisions le laissaient entendre. Le président de l’entreprise remettrait en cause la qualité des vents. D’autres invoquent des problèmes avec les éoliennes elles-mêmes (adaptation de la technologie danoise à notre climat plus extrême), ainsi que des problèmes de gestion du chantier.

Voir aussi

Danish Wind Asociation

Sources:
– Radio-Canada. «Un controversé projet éolien au large du Massachusetts», Zone Libre (émission télévisée), novembre 2003.
– AusWEA. «Wind farms and tourism», Australia’s Peak Body for the Wind Energy Industry, 2003.
– Leaning, John. «Danes extol wind farm: Visitors tell legislators the offshore turbines have helped the tourist industry», Cape Cod Times, 11 novembre 2003.
– CNW. «Greenpeace – Pied de nez au Suroît: le Québec a du vent à revendre», communiqué de presse, 20 avril 2004.
– Briand, Naomie. «Parc éolien Le Nordais: faible productivité», Le Soleil, 9 mars 2004.

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Enjeux Tourisme durable

Choc pétrolier : à la recherche de l’or noir

Pas besoin d’une boule de cristal pour prédire la fin des réserves de pétrole dans peu de temps, tous les experts sont unanimes là-dessus: l’or noir s’épuise! Ce sujet a récemment fait l’objet de discussions à la Conférence de Montréal. Selon les dernières prévisions et au vu de notre consommation actuelle, dans 40 ans, les puits de pétrole seront quasiment à sec.

Troisième choc pétrolier?

Aujourd’hui, le pétrole est la principale source d’énergie dans le monde et il y a fort à parier qu’en 2025, ce sera encore le cas. Mais après? Une chose est sûre, nos enfants connaîtront la fin du règne du pétrole.

Selon le récent rapport sur les prévisions énergétiques internationales en 2004 (International Energy Outlook 2004) de l’Energy Information Administration (EIA), l’Agence américaine de statistique sur l’énergie, la consommation internationale de pétrole devrait passer de 28 milliards de barils par an en 2001 à 44 milliards de barils par an en 2025.

Entre 2002 et 2004, la consommation mondiale de pétrole a augmenté de 3,6 millions de barils par jour. La part de la Chine dans cette augmentation est de 36%, celles de l’Amérique du Nord, de 24%, des autres pays asiatiques en voie de développement, de 16%, et de l’Europe, de 11%.

L’Asie, et en particulier l’Inde, la Chine et la Corée du Sud, sera la principale responsable de cette forte progression en demande d’énergie. Ces pays, qui connaissent actuellement une forte croissance économique, sont de gros consommateurs d’énergie. En 2002, la consommation pétrolière chinoise a augmenté de 5,8% (332 000 barils/jour), soit l’équivalent de la totalité de la croissance de consommation mondiale de pétrole. La Chine a donc remplacé le Japon comme deuxième pays consommateur de pétrole au monde.

Le fond du baril

Selon les estimations de la British Petroleum (BP), fin 2002, les réserves mondiales prouvées de pétrole étaient estimées à 1047,7 milliards de barils. Elles se situaient alors dans les régions suivantes: le Moyen-Orient, l’Amérique du Sud et Centrale, l’Europe et l’Eurasie, l’Afrique, l’Amérique du Nord et l’Asie/Pacifique.

Quelles seront les énergies de demain?

Les réserves de pétrole s’épuisent, il convient donc de mettre en place ou de relancer rapidement des politiques nationales et internationales d’économie d’énergie, ainsi que de trouver des alternatives viables.

Déjà (enfin, diront certains), les grands groupes pétroliers amorcent leur virage vers les énergies nouvelles et renouvelables, comme:

  • les éoliennes: production d’électricité à partir du vent;
  • l’hydroélectricité: production d’électricité à partir d’une chute d’eau;
  • le solaire voltaïque: panneaux captant la lumière du soleil pour produire de l’électricité;
  • le solaire thermique: panneaux captant la lumière et préchauffant l’eau de conduites d’eau chaude pour les usages domestiques;
  • le solaire thermodynamique: miroirs concentrant la lumière pour produire de l’électricité;
  • la biomasse: utilisation des produits agricoles et sylvicoles et de leurs déchets pour la production de chaleur et d’électricité;
  • la géothermie: utilisation de nappes d’eau chaude ou de vapeur présentes dans l’écorce terrestre;
  • la marémotrice: utilisation des marées pour la production d’électricité.

Mais selon l’EIA, ces sources d’énergie renouvelable ne devraient guère dépasser les 8% actuels de la part de consommation énergétique (contre 5,5% en 2001). L’agence mentionne à ce sujet que ces types d’énergie ont fortement pâti de la baisse de la recherche publique et des subventions consacrées à ces filières, et ce, à partir de 1982.

Le syndrome du «pas dans ma cour»

Au Québec, plusieurs projets importants d’énergie éolienne ont déjà été réalisés, notamment en Gaspésie (à Cap-Chat), à Kuujuacq, etc.

Et à ceux qui affirment que le développement des fermes éoliennes est incompatible avec le tourisme, je leur suggérerais de se renseigner sur les expériences danoises, françaises (Languedoc-Rousillon, par exemple) et suisses (Neuchâtel) qui allient tourisme «doux» (sentiers pédestres découverte) et prise de conscience sociale.

De même, ici, au Québec, dans le cadre de l’aménagement des parcs éoliens des monts Copper et Miller, le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) affirme, étude à l’appui, que l’impact visuel des éoliennes pourrait constituer un attrait supplémentaire pour le tourisme.

Les projets prévoient, par ailleurs, l’amélioration et/ou la construction de nouveaux chemins forestiers pour accéder au site.

Un tourisme sans pétrole?

Alors, que deviendra le tourisme sans pétrole? Quels seront les impacts sur le transport (aérien et autres)? Est-ce à dire que le pétrole deviendra un produit de luxe et que le transport aérien traditionnel sera réservé à une élite? D’ores et déjà, l’International Air Transport Association (IATA) en appelle à la restructuration de l’industrie, qui se doit d’explorer d’autres solutions alternatives comme source d’énergie.

Note : la Conférence de Montréal a pour mission principale de favoriser l’information, de promouvoir la libre discussion des grands enjeux économiques actuels et de faciliter les rencontres pour développer des échanges internationaux.

Voir aussi

– Danemark: intégrer les parcs éoliens au paysage touristique
–Conférence de Montréal

Sources:
– SRC Télévision. «Le monde bientôt au fond du baril: mais quelles seront les énergies de demain?», Le Téléjournal/Le Point, 8 juin 2004.
– US Department of Energy. «Annual Energy Outlook 2004 with Projections to 2025», Report #: DOE/EIA-0383(2004) [www.eia.doe.gov], janvier 2004 (errata février 2004).
– US Department of Energy. «International Energy Outlook 2004», Report #: DOE/EIA-0484(2004), avril 2004.
– Voila. «Les énergies renouvelables: du vent au soleil en passant par la houle», 9 juin 2004.
– Le Devoir. «Les énergies renouvelables sont en perte de vitesse», 1er juin 2004, p. A4.

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Enjeux Tourisme durable

Perceptions de l’impact du tourisme sur la communauté

TTRA, Montréal, juin 2004 – Compte rendu de la conférence prononcée par Erick T. Byrd, professeur, Department of Recreation, Parks and Tourism, University of North Carolina at Greensboro.

Au 35e congrès annuel de la TTRA, le professeur Byrd présentait les résultats d’une étude sur les différences de perception de l’impact du tourisme sur une communauté rurale. L’enquête a été menée auprès de quatre groupes d’intérêts distincts, soit les résidants, les entrepreneurs, les fonctionnaires du gouvernement et les visiteurs.

Voici les neuf hypothèses qui ont été mesurées afin de préciser la nature distinctive des perceptions selon les groupes d’intérêts:

  1. Le tourisme engendre des effets négatifs à long terme sur l’environnement.
  2. Le développement touristique augmente la qualité de vie de la communauté.
  3. Le développement touristique favorise la visibilité de la communauté.
  4. Le développement touristique accroît le nombre d’opportunités récréatives pour les résidants.
  5. Une hausse du tourisme se traduit par une amélioration de l’économie locale.
  6. Le tourisme réduit la qualité des opportunités récréatives extérieures.
  7. Le développement touristique favorise la criminalité.
  8. Le développement touristique génère des hausses de taxes.
  9. Le développement touristique crée davantage de problèmes de circulation.  

Selon Erick T. Byrd, il existe des différences significatives de perception entre les groupes d’intérêts étudiés. Les deux groupes affichant les plus grandes différences de perception sont les résidants et les fonctionnaires du gouvernement. D’importants écarts d’opinion se traduisent par un niveau d’appui variable que chacun des partis consentira à donner aux projets touristiques. Aussi, une perception défavorable des résidants aura une influence négative sur leur comportement vis-à-vis les visiteurs, alors que cette relation s’avère directement tributaire de la qualité de l’accueil et de l’expérience touristique.  

À l’analyse des résultats détaillés, on constate qu’il existe un clivage particulièrement important entre ce que perçoivent les résidants et les fonctionnaires concernant les aspects de la criminalité, de l’économie, de la notoriété, de la qualité de vie, de la taxation et de l’environnement. La vision des bienfaits du développement touristique affichée par les fonctionnaires est beaucoup plus positive que celle des résidants. Quant à l’idée que le tourisme est source de problème de circulation, les visiteurs y sont les plus sensibles, à l’opposé des propriétaires de commerces.  

Le professeur Byrd prétend que les divergences entre les groupes d’intérêts doivent être mieux comprises par les responsables de la planification et les gestionnaires de destination, afin d’obtenir de meilleures chances de succès dans le développement touristique d’une communauté. Les conclusions de l’étude démontrent le besoin d’une meilleure communication entre les organisations touristiques et les résidants, de même qu’auprès des visiteurs.

Un travail de sensibilisation et d’information auprès de la communauté locale, quant aux enjeux du développement du tourisme et de ses impacts, renforcera l’industrie touristique en permettant à chacun des groupes d’intérêts de prendre des décisions éclairées. Une telle stratégie entraînera une meilleure compréhension des impacts du tourisme perçus par les résidants en regard des impacts réels. Erick T. Byrd conclut que cette réconciliation favorise le développement d’un tourisme plus durable et surtout plus satisfaisant pour chacun des partis.

TTRA 2004 – Autres comptes rendus disponibles:

L’expérience touristique, une réelle valeur économique
Le pouvoir persuasif de la publicité et du reportage
La saisonnalité dans les destinations de sports d’hiver: causes, conséquences et possibilités
Voyages d’affaires: les femmes sont-elles moins prévisibles que les hommes?
Les femmes et le tourisme sportif: examen sociodémographique
Impact économique du mariage gai sur le secteur du tourisme

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Enjeux Produits et activités

Le vélo, pour reprendre goût aux déplacements urbains

À Paris, afin de redonner le goût aux déplacements urbains, la Régie autonome des transports parisiens (RATP) tente de promouvoir une circulation combinée bus-vélo. Destinée aux touristes et aux citadins, cette nouvelle initiative vise à désengorger le centre-ville tout en jouant la carte de l’écologie.

Cela fait bien longtemps que le trafic dans Paris est problématique. Aussi, la RATP (établissement public) a décidé de s’engager dans le développement des «circulations douces», en favorisant les modes de transport de proximité (comme la marche, le vélo, etc.). Ainsi, le partage des couloirs protégés entre bus et vélos se négocie avec les associations de cyclistes pour trouver une solution garantissant un maximum de sécurité. La RATP étudie également les besoins des amateurs de patins à roues alignées (rollers).

Concrètement, la société de transports a participé à de nombreuses concertations lancées par la Ville de Paris sur la mise en place de couloirs combinés bus-vélos, à la suite de quoi une entente s’est conclue entre les associations de cyclistes, les services de police et la Ville de Paris, afin d’ouvrir progressivement les voies de bus aux vélos. C’est ainsi que 120 km de couloirs bus ont été créés.

Trois Maisons Roue Libre et quatre Cyclobus

Pour favoriser les déplacements urbains en toute sécurité, la RATP a décidé de se lancer dans la location… de vélos.

Les trois Maisons Roue Libre qui existent actuellement sont des structures permanentes, ouvertes toute l’année, qui offrent le gardiennage et la location de vélos, ainsi que des balades guidées pour faciliter l’usage du vélo en ville. L’accès au service se fait par badge nominatif sans contact qui intègre les différents services choisis par l’utilisateur.

Ce service compte 150 000 locations depuis 1998 et plus de 10 000 participants aux balades guidées.

Un autre service, appelé Cyclobus, propose, aux amateurs de balades et aux touristes, des autobus aménagés pour recevoir 60 vélos, les week-ends et jours fériés. Ces autobus permettent de partir à la découverte de la ville à partir de points fixes, qui sont: le bois de Vincennes (à proximité du parc floral), la porte d’Auteuil (gare routière RATP), le Châtelet (avenue Victoria) et le canal de l’Ourcq (quai de la Loire).

Les cyclobus sont d’anciens autobus reconvertis en points de location Roue Libre. Ils sont également mis à la disposition de municipalités, d’institutions et d’entreprises pour des opérations spéciales de grande envergure – ils disposent de plus de 1000 vélos.

Une volonté identique au Québec

À Trois-Rivières, le projet Vélos de quartier met gratuitement à la disposition de la population et des touristes des vélos pour se déplacer ou se balader. Il est donc possible d’emprunter un vélo pour la journée, au pavillon Saint-Arnaud, au centre Landry, à Comsep ou au Torréfacteur, en présentant une carte d’identité. Ce projet, qui est une demande de la population, est largement inspiré de concepts établis à Saint-Hyacinthe et Victoriaville.

À Montréal, la Féria du vélo se déroule annuellement au début de juin et dure cinq jours. Au cours de cet événement, Voir aussi

– Cyclotourisme: exemples de bonnes pratiques de promotion des voies vertes
– Bref portrait des cyclistes et cyclotouristes au Québec
– Roue libre
– Petit manuel à l’intention du cycliste urbain

Sources:
– 20 Minutes. «Le vélo en chiffres pour Paris», 27 avril 2004.
– Vallée, Émilie. «À vos vélos… verts!», L’Hebdo Journal (Cap-de-la-Madeleine), 29 mai 2004.
– Radio-Canada. «Trois-Rivières à vélo», 27 mai 2004.
– CNW. «Le centre-ville au parfum du vélo: des entreprises montréalaises vélodynamiques!», communiqué de presse, 27 mai 2004.
– Morissette, Claudia. «Boulot-vélo: un tandem qui déplace de l’air!», Métro (Montréal), 1er juin 2004, p. 15.

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Enjeux Transport

Les mesures de sécurité, un «topo» de la situation

Le resserrement des mesures de sécurité s’initie au gré des menaces qui pèsent sur les pays. Chacun gérant localement cette crise, on ne peut que constater le manque de cohésion au niveau international. Il reste encore de nombreux écueils avant l’harmonie et l’efficacité.

Le boom de la biométrie

Afin de lutter contre le terrorisme et l’immigration clandestine, nombreux sont les gouvernements à la recherche de LA technologie qui leur procurera un moyen fiable, rapide et économique de révéler l’identité exacte d’une personne. Au-delà de la méthode traditionnelle des empreintes digitales, le secteur de la biométrie vit un boom technologique incroyable. Iris de l’oeil, rétine, forme du visage et des mains, pression tactile, voix et oreille se révèlent autant de pistes de recherches intensives. Malheureusement, aucune de ces technologies ne présente encore tous les éléments d’une solution idéale.

Bienvenue dans le bunker américain!

Les Américains ne lésinent sur rien pour montrer à la face du monde qu’ils sont prêts à tout pour freiner les menaces terroristes – escortes de certains vols par des F-16, annulations de vols, gardes armés à bord des avions… Les États-Unis ont aussi émis une loi exigeant la présentation d’un passeport biométrique (Visa Waiver Program – VWP) par les visiteurs en provenance de 27 pays. Faute de présenter ce type de passeport, ils doivent présenter un visa. L’entrée en vigueur de cette nouvelle loi, initialement prévue pour le 1er octobre 2003, a été reportée au 26 octobre 2004.

La majorité des pays affirment ne pas pouvoir émettre ce type de passeport dans les délais voulus. Voyant là un risque d’enrayer la machine consulaire américaine et de causer des retards considérables dans l’obtention des visas, les instances américaines ont demandé à nouveau le report de cette disposition de deux autres années. En contrepartie, dès le 30 septembre 2004, on exigera de tous les visiteurs la prise de photographies et d’empreintes digitales, et ce, pour une période initiale de deux ans. Ces mesures étaient déjà exigées depuis janvier aux visiteurs des pays ayant à fournir un visa (US-Visit – US Visitor and Immigrant Status Indicator Technology). Jusqu’à maintenant, les Canadiens sont exemptés de ces formalités.

Les mesures de sécurité étant contraignantes pour les passagers en transit, plusieurs voyageurs et compagnies aériennes évitent les aéroports américains comme point de transfert.

Le Canada emboîte le pas

Le Canada a été pointé du doigt pour la faiblesse de ses mesures de sécurité. Depuis, il s’affaire à corriger la situation à coups de milliards de dollars. Le programme NEXUS a été mis sur pied à certains postes frontaliers afin de faciliter le passage à la frontière entre les États-Unis et le Canada. Issu d’un partenariat entre les deux pays, ce programme permet aux personnes voyageant régulièrement entre les deux pays d’être étiquetés voyageurs à faible risque et de franchir la frontière plus rapidement.

Visant le même but, NEXUS-Air s’inspire du programme CANPASS-Air instauré à l’aéroport de Vancouver en juillet 2003 et sera expérimenté à l’aéroport international d’Ottawa en 2004. Les voyageurs empruntant les vols commerciaux auront accès à des comptoirs de services automatisés dotés de la technologie de lecture de l’iris de l’oeil afin d’authentifier l’identité de la personne. Malgré tout, il reste encore beaucoup de boulot à faire sur tous les plans. Un rapport de la vérificatrice générale dénonçait plusieurs failles dans les systèmes de sécurité canadiens.

Les attentats de Madrid font bouger l’Europe

Les attentats de Madrid ont sorti des tablettes le plan d’action mis au point par la Communauté européenne après le 11 septembre. Les autorités ont devancé à la fin de 2005 l’intégration de données biométriques (empreintes digitales et iris de l’oeil) dans les passeports de leurs ressortissants, initialement prévue pour 2007.

S’ajoutent à cela des mesures pour les maladies contagieuses

La formation du personnel pour détecter les maladies contagieuses se répand auprès des transporteurs américains. Les préposés à la billetterie et les agents de bord peuvent exiger l’expulsion d’un passager d’un vol ou sa mise en quarantaine dès qu’ils détectent certains symptômes. On compte déjà huit stations de mise en quarantaine dans les grands aéroports américains et le projet du budget Bush prévoit des sommes pour en augmenter le nombre. Cette formation n’est pas encore exigée par la réglementation fédérale américaine. En Asie, la surveillance est beaucoup plus serrée, allant même jusqu’à utiliser des technologies de pointe pour déceler de fortes fièvres chez les passagers déambulant dans l’aérogare.

Des efforts collectifs

En mai 2003, l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) a adopté un plan permettant d’intégrer des renseignements d’identification biométrique dans les passeports et autres documents de voyage. Ce plan rendra possible la mise en oeuvre à l’échelle mondiale d’un système de confirmation de l’identité qui se conforme aux normes internationales. La lecture faciale, les empreintes digitales et la lecture de l’iris ont été privilégiées par cet organisme. De son côté, l’Association du transport aérien international (IATA) a formé un groupe composé de transporteurs aériens, de sociétés d’exploitation d’aéroport, de fournisseurs de technologie et de responsables de contrôle gouvernemental dans le but d’étudier comment l’adoption de mesures biométriques pourrait faciliter les déplacements des voyageurs internationaux.

De nombreux écueils avant l’harmonie et l’efficacité

Le manque d’homogénéité dans les mesures de sécurité adoptées par les pays ne peut que compliquer les procédures et la coordination des actions sur le plan mondial. Les questions de confidentialité des renseignements font l’objet d’un fort lobbying. De nombreux groupes de protection des droits et libertés s’opposent à l’introduction des éléments biométriques et des puces dans les pièces d’identité. Un pays qui conteste le resserrement des mesures de sécurité prises envers ses citoyens s’expose à une riposte. C’est le cas notamment de la Chine et des États-Unis.

Bien que la sécurité soit un impératif, nous sommes encore loin des mesures qui assurent la fluidité des passagers aux postes de contrôle. Confrontée à une situation plutôt chaotique, la transposition des mesures unilatérales en un système global efficace représente le principal défi. À court terme, on peut s’interroger sur les effets dissuasifs de toutes ces mesures sur la clientèle touristique.

Sources:
– Airline Business. «Terrorist threat», février 2004, p. 7.
– Citoyenneté et Immigration Canada. «Biométrie – Incidences et applications pour la citoyenneté et l’immigration», avril 2004.
– Swarns, Rachel L. «Millions More Travelers to U.S. to Face Fingerprints and Photos», The New York Times, 3 avril 2004.
– Travel Business Roundtable. «Travel business roundtable takes lead in creating a strategy on how to strike a balance between homeland security and the economy», communiqué de presse [www.traveldailynews.com], mars 2004.