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Enjeux Tendances

Boule de cristal, que nous prédis-tu?

Tout bougera de plus en plus rapidement. Nouvelle destination à la mode, engouement pour un nouveau produit, segmentation éclatée de la clientèle, apparition d’un nouvel acteur qui vient bouleverser un secteur d’activités… l’industrie touristique n’est pas près de s’ennuyer.

Facteurs globaux

  • Sociodémographie – La concentration de la population en milieu urbain sera en forte croissance. En 2015, plus de la moitié de l’humanité vivra dans les villes. En 2020, près de 90% des Canadiens habiteront les 25 plus grandes régions urbaines du pays. L’internationalisation du marché du travail causera une augmentation de la migration.
  • Période de croissance – La plus forte progression économique du tourisme mondial devrait se situer entre 2010 et 2020 avec l’arrivée des marchés émergents comme la Chine et l’Inde et la croissance importante des voyages de proximité et courts séjours.
  • Sécurité – Le terrorisme fera partie du paysage et les voyageurs s’y habitueront. L’impact des actes terroristes sera plus localisé. Les mesures de sécurité seront uniformisées à l’échelle mondiale et leur coût contribuera à la hausse des tarifs aériens.
  • Environnement – La conscience environnementale et sociale s’accentuera. Le tourisme se déclinera sous plusieurs formes: écotourisme, tourisme équitable, tourisme responsable, tourisme durable. Certains hôtels prendront le virage écologique. La détraction du tourisme de masse grandira au fur et à mesure que certains lieux seront endommagés.
  • Technologie – Le rythme de développement technologique n’offrira pas de répit et continuera à interpeller tous les secteurs de l’industrie. Il n’y a qu’à mentionner le téléphone portable, qui servira à planifier et à organiser tous les aspects du voyage, et les téléviseurs à haute définition ou les ordinateurs qui permettront une visite virtuelle (comme si l’on y était) d’une destination – images, sons, odeurs, touchers.

Secteurs d’activités

  • Aérien – La rapidité des avions et leur capacité mettront à la portée de plusieurs voyageurs des destinations qui paraissent encore lointaines. Le monde devenant plus petit et accessible, la porte s’ouvrira aux escapades long-courriers à coût abordable.
  • Hébergement – À la fine pointe de la technologie, les chambres d’hôtel permettront de combiner plaisir et travail en se transformant selon les besoins.

Clientèle et produits

  • Clientèle – On dépassera le milliard de touristes internationaux en 2010, pour atteindre 1,5 en 2020. Arrivée massive des baby-boomers à la retraite de 2010 à 2020 : ils constitueront la clientèle majeure et dicteront l’évolution de la demande – actifs, éduqués, en santé, exigeants, plus aventureux, exit le shuffleboard! En termes de marché émergent, les jeunes adultes auront le plus d’impact.
  • Destinations – Une nouvelle hiérarchie des destinations s’installera avec la montée en puissance de l’Asie et de l’Inde. Couplée à la croissance de nouvelles destinations (Qatar, Brésil, Slovaquie, etc.), la concurrence entre les pays s’accentuera. Les différents accords économiques régionaux (CEE, APEC, etc.) faciliteront les déplacements à l’intérieur des zones d’échange et le tourisme deviendra un phénomène régional plutôt que mondial.
  • Produits – Les idées les plus folles ne cesseront d’émerger. De l’aventure extrême à l’apprentissage, en passant par le silence et la relaxation, les produits devront répondre au style de vie de la clientèle. La demande de produits de qualité ne s’estompera pas.

Voir aussi: Les éléments marquants de la dernière décennie
Sources:
– Sarrasin, Bruno et Guy-Joffroy Lord. «L’évolution du tourisme international: une analyse prospective à l’horizon 2010», Téoros, automne 2003, p. 5-9.
– The Thomson Future Holiday Forum, 2004.

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Enjeux Tendances

Les éléments marquants de la dernière décennie

Quels sont les changements structurels des dernières années dans l’industrie touristique mondiale? Qu’est-ce qui a bouleversé les façons de faire?

  1. Mondialisation: les importants mouvements de concentration (fusions, acquisitions et alliances) ont créé des géants dans plusieurs secteurs de l’industrie touristique.
  2. Internet: l’arrivée d’Internet dans le milieu touristique a profondément changé les façons de faire. Il a principalement modifié les modes de distribution et la façon d’accéder à l’information.
  3. Changement de la demande: la notion de vacances a éclaté. Les changements sociodémographiques ont fait en sorte que les vacances, au-delà des deux semaines estivales traditionnelles, ont pris de nouvelles formes: escapade de quelques jours, semaine de relâche scolaire, vacances hivernales, etc. La segmentation de la clientèle s’étant raffinée, nous sommes passé du produit de masse au produit de niche.
  4. Technologie: de la clé magnétique de la chambre d’hôtel au billet d’avion électronique, en passant par la gestion des inventaires et des parcs thématiques à fort contenu virtuel, la technologie est devenue un outil concurrentiel. Il devient difficile de suivre la rapidité de son évolution et des investissements financiers importants qu’elle nécessite.
  5. Accessibilité des destinations: grâce aux plaques tournantes et aux alliances, l’augmentation de l’interconnexion dans le transport aérien a facilité l’accessibilité des destinations et augmenté la concurrence entre ces dernières.
  6. Industrie aérienne: en déconfiture, les transporteurs réguliers sont confrontés à une restructuration de leur secteur et aux transporteurs à tarifs réduits qui, en cinq ans à peine, leur ont ravi d’importantes parts de marché domestique.
  7. Nouveau millénaire: des catastrophes (terrorisme, guerre, épidémie, bouleversement climatique) ont fait trébucher à deux reprises la croissance de l’industrie touristique pour la toute première fois de son histoire. À souligner, l’impact des médias dans l’amplification des situations de crise.
  8. Environnement: on assiste à la croissance du niveau de conscientisation des voyageurs, d’où l’émergence de l’écotourisme et du développement durable.

La dernière décennie a vu défiler de nombreux changements importants mais, avec un pied dans le nouveau millénaire, on ne peut que constater que tout s’accélère:

  • les deux géants Air France et KLM fusionnent;
  • le téléphone cellulaire permet de réserver un billet de théâtre grâce à une borne publicitaire interactive installée sur le trottoir;
  • les glissades d’eau nous emmènent dans un tunnel à contenu virtuel;
  • Dubaï bâtit une île en forme de palmier qui sera visible de la lune, afin d’augmenter ses plages de 120 kilomètres;
  • l’Union européenne accueille 10 nouveaux pays;
  • les baby-boomers s’inquiètent de leurs fonds de retraite;
  • le terrorisme s’étend aux quatre coins du monde;
  • l’accord de Kyoto sème la discorde.

Demain matin, notre quotidien n’aura pas changé, mais tous ces événements auront un impact sur notre industrie.

Voir aussi: Boule de cristal, que nous prédis-tu?

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Ailleurs dans le monde Enjeux Gestion

Meilleures pratiques – Taxe de séjour : un outil de gestion

Pour une majorité de destinations touristiques, la taxe de séjour constitue un levier financier important, généralement utilisé pour des activités promotionnelles. Pour les régions du Québec ayant choisi d’exercer ce pouvoir administratif, un défi se pose : optimiser l’utilisation des fonds constitués à l’aide de cette mesure. Le modèle de la France qui a choisi d’y greffer une carte d’hôte constitue un exemple intéressant.

Apports de la taxe d’hébergement

La taxe touristique permet à une destination de disposer de nouvelles ressources financières. L’objectif est souvent le renforcement de l’attractivité et de la notoriété de la destination. De telles initiatives ne suscitent évidemment pas toujours l’unanimité. Par exemple, l’Ontario continue de s’y opposer depuis plusieurs années, bien qu’Ottawa se soit dotée d’une taxe hôtelière volontaire.

Selon Patrick Vicériat, du département ingénierie et stratégie touristiques chez ITG Consultants, trois raisons font de la taxe de séjour un outil de gestion d’avenir. C’est :

  • Une ressource largement sous-exploitée alors que sa collecte n’est souvent pas optimisée (le montant exigé pourrait être supérieur).
  • Un levier mobilisateur des acteurs locaux qui permet, une fois les obstacles aplanis, de créer un consensus entre les intervenants et de travailler en concertation autour de valeurs communes.
  • Un outil pouvant servir à des fins de développement durable en transformant (complètement ou en partie) la taxe de nuitée en taxe écologique.

Différentes formes de taxation

Au Québec, l’application de la taxe spécifique sur l’hébergement dans les régions touristiques prend la forme d’une tarification fixe de 2 $ par nuitée. On compte actuellement 13 régions touristiques où la taxe est en vigueur. Les revenus perçus par l’ATR dans les régions participantes sont utilisés de différentes façons. Généralement, de 60 à 75 % des budgets sont consacrés à la promotion globale de la destination. Les sommes restantes se répartissent entre des crédits marketing pour les établissements membres de l’ATR, du développement touristique et de la promotion d’événements touristiques.

D’autres destinations optent plutôt pour un taux de taxation fixe s’appliquant au prix de la nuitée. Par exemple, les villes de Victoria, Vancouver et Whistler appliquent une taxe de 2 %, Aspen (Colorado), de 1%, et le Massachusetts, de 5,7 %.

Certaines régions, notamment à l’intérieur de plusieurs communautés françaises, privilégient une taxe de séjour forfaitaire. Celle-ci se calcule selon la capacité d’accueil de l’hébergement, le tarif en vigueur et le taux moyen de fréquentation sur une période donnée. Le montant de base de la taxe de séjour forfaitaire est donc indépendant du nombre de clients hébergés. Bien qu’en France cette formule soit davantage intégrée selon une approche communale, où chaque municipalité détermine son mode de taxation, rien n’empêcherait d’appliquer la taxe de séjour forfaitaire à plus grande échelle.

Exemple de la Carte d’hôte de France

Depuis 1996, certains territoires touristiques en France ont pris l’initiative de bonifier leur taxe de séjour avec une carte d’hôte. Bien que ces cas étudiés aient associé la taxe de séjour à la Carte d’hôte, le principe de taxation n’en constitue pas une condition sine qua non. L’objectif principal de cette mesure consiste à doter les régions d’un outil de gestion de la clientèle. Il s’agit d’une carte nominative et numérotée remise à tout client utilisant une unité d’hébergement commercial sur le territoire. L’intérêt pour le visiteur se situe au niveau des avantages qu’il reçoit pour l’utilisation de la carte. Les bénéfices prennent la forme de réductions et de gratuités pour des prestations touristiques situées dans le territoire visité.

La mise en place de la Carte d’hôte en complément de la taxe de séjour constitue un outil de gestion à plusieurs égards, pour :

  • Assurer un suivi de la performance de la destination et des comportements de voyages de la clientèle.
  • Permettre un meilleur ajustement de l’offre grâce à l’observation continue de la demande.
  • Offrir une information plus complète sur les activités et les services disponibles et ainsi améliorer la qualité globale du séjour.
  • Renforcer la fidélisation de la clientèle.
  • Exercer une rétention de la clientèle (prolongement du séjour) invitée à profiter d’offres promotionnelles dans la région.

Les résultats obtenus par la France grâce à l’instauration de la Carte d’hôte s’avèrent fort positifs. Depuis son entrée, 40 territoires touristiques l’ont adoptée, soit 15 000 établissements, qui distribuent chaque année 3 millions de cartes. Les recettes de la collecte de la taxe de séjour en France atteignent annuellement 117 millions d’euros.

La preuve est faite de l’utilité d’une taxe touristique comme levier financier pour soutenir l’industrie touristique. À la lumière de l’expérience de la France, un questionnement s’impose sur les manières de dépenser les sommes recueillies afin d’en optimiser les rendements. Par exemple, quelle proportion du budget doit-on allouer à la promotion par rapport aux efforts à consentir au développement de l’offre ?

D’autres avenues d’investissement — par exemple le financement de nouvelles liaisons aériennes entre Montréal ou Québec et certaines villes hors-Québec — seraient des projets mobilisateurs et structurants pour l’ensemble des régions. De plus, un examen approfondi des expériences étrangères en matière de cartes d’hôte mérite d’être considéré afin d’évaluer l’application de cette mesure et ses retombées potentielles pour le Québec.

Sources :
– Vicériat, Patrick. « La taxe de séjour, un impôt toujours jeune », Espaces 212, février 2004.
– Lerner, Jill. « Officials try to save tourism fund from budget tax », Boston Business Journal [www.bizjournals.com], mai 2003.
– Cartedhote.net. « Une taxe de séjour mieux perçue », [www.taxedesejour.net].
– Tourisme Gaspésie. « Guide d’information et de discussion sur l’implantation de la Loi 76 », septembre 2002.

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Enjeux Transport

Programme NEXUS, plan d’action pour une «frontière intelligente»

Depuis juin 2002, les voyageurs à faible risque qui traversent très régulièrement la frontière canado-américaine, peuvent s’inscrire au Programme NEXUS.

Mis de l’avant par quatre organismes fédéraux (US Immigration & Naturalization Service, Citoyenneté et Immigration Canada, Agence des services frontaliers du Canada et US Customs Service), NEXUS est une initiative binationale (Canada – États-Unis) conçue pour améliorer la sécurité et la circulation à la frontière internationale.

Cette initiative est un des éléments clés du plan d’action pour une « frontière intelligente » et vise à promouvoir les échanges commerciaux, le tourisme et la circulation des marchandises et des personnes entre les deux pays.

Dans la foulée des attentats du 11 septembre et du resserrement des politiques de sécurité transfrontalières qui en a découlé, ce programme vise à réduire le temps d’attente pour les voyageurs à faible risque qui franchissent fréquemment la frontière.

Cette nouvelle technologie automatisée permet aux voyageurs pré autorisés à faible risque d’entrer au Canada et aux États-Unis en utilisant des voies de passage spécialement équipées. Les candidats au programme NEXUS paient un droit non remboursable perçu tous les cinq ans de 80 CAD (50 USD) et font l’objet d’une vérification de sécurité par les quatre organismes cités ci-dessus.

Les utilisateurs autorisés reçoivent un guide du participant, une carte d’identité avec photo et une carte de proximité. Pour des questions de sécurité, l’inscription est renouvelable au cinq ans.

Pour entrer aux États-Unis, les utilisateurs de NEXUS montrent leur carte de proximité lorsqu’ils s’approchent de la voie de passage réservée aux frontaliers. Une puce informatique insérée dans cette carte envoie un signal à une antenne installée dans la voie de passage réservée. L’agent fédéral responsable de la voie peut alors voir la photo de l’utilisateur NEXUS et lire des renseignements sur le participant.

Les utilisateurs NEXUS qui désirent entrer au Canada sont alors dirigés vers la voie de passage réservée aux frontaliers où leur plaque d’immatriculation est lue optiquement. Ils doivent alors présenter leur carte d’identité NEXUS avec photo pour confirmer leur participation au programme.

Ce programme est ouvert aux citoyens des États-Unis et du Canada, ainsi qu’aux résidents permanents des deux pays et aux titulaires de visas qui doivent fréquemment traverser la frontière.

Une première période de test

Le programme NEXUS a été mis en oeuvre dans le cadre d’un projet pilote au pont reliant Port Huron (Michigan) et Sarnia (Ontario), en novembre 2000. Après avoir été suspendu à la suite des attentats du 11 septembre 2001, il a été relancé en décembre 2001.

Le programme a ensuite été modifié en juillet 2002 pour tenir compte des éléments du programme national de sécurité.

L’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) souhaite maintenant installer, dès juin 2004, un système de reconnaissance biométrique à certains postes-frontière du pays. La technologie s’appliquera aux utilisateurs de la carte NEXUS. Ceux-ci devront dorénavant, outre les renseignements habituels, fournir leurs empreintes digitales.

Bientôt un NEXUS-aérien

Le Canada et les États-Unis travaillent actuellement en collaboration pour concevoir et mettre en oeuvre un projet pilote NEXUS-aérien à l’intention des voyageurs qui empruntent des vols commerciaux. Une fois en place, le projet pilote facilitera l’entrée au Canada et aux États-Unis des voyageurs pré-autorisés présentant un faible risque, grâce à des comptoirs de services automatisés utilisant la technologie biométrique de lecture d’empreintes rétiniennes.

Les participants approuvés devront payer des frais annuels pour utiliser des comptoirs de services automatisés dans la zone d’inspection primaire des douanes canadiennes et dans les zones de pré-contrôle des États-Unis à l’aéroport international MacDonald-Cartier (Ottawa) et à l’aéroport international Trudeau (Montréal).

À ces comptoirs de services, les participants fourniront l’empreinte de leur iris pour confirmer leur identité et répondront aux questions d’usage des douanes et de l’immigration au moyen d’un écran tactile.

L’identification des passagers par l’iris ne sera cependant pas disponible à l’aéroport Pierre Elliott-Trudeau (Dorval) avant l’automne 2004, faute de place pour l’équipement informatique !

Voir aussi:
– La carte d’identité nationale électronique sera-t-elle la réponse à la lutte contre le terrorisme et l’immigration clandestine?
– Les mesures de sécurité, un passage obligé
– États-Unis: La nouvelle législation en matière de passeport va perturber le flux touristique

Sources :
– Agence des douanes et du revenu du Canada. « Le Canada et les États-Unis marquent l’ouverture de nouvelles voies NEXUS », Communiqué de presse, 26 juin 2002.
– « Pas de place pour la biométrie à Montréal », Les Affaires, 27 septembre 2003, p. 24.
– Gagnon, Marie-Julie. « Biométrie : L’avenir de la haute sécurité », La Presse, 17 novembre 2003.

Sur le Web :
– US Immigration and Naturalization Service
– US Customs Service
– Agence des douanes et du revenu du Canada
– Citoyenneté et Immigration Canada

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Enjeux Réseaux de distribution

Un vent de déréglementation souffle sur le réseau de distribution

De grandes manoeuvres visant la libéralisation des marchés sont amorcées au sein du réseau de distribution. Depuis peu, le Département du Transport américain (DOT) et Transports Canada appliquent de nouvelles règles régissant les relations entre les systèmes mondiaux de distribution (GDS ou SIR) et les compagnies aériennes.

La nature des changements aux États-Unis

La législation américaine (qui date de 1984) servait à éliminer les conflits d’intérêt des transporteurs aériens (à l’époque propriétaires des GDS) qui pouvaient favoriser l’affichage de leurs propres inventaires au détriment de leurs concurrents et de la clientèle.

L’amendement à la réglementation s’effectue en deux phases, afin d’accorder au marché une période transitoire d’adaptation. La première étape, en vigueur depuis le 31 janvier 2004, modifie deux éléments clés, soit:

  • l’abolition de la règle de participation obligatoire, qui exigeait des transporteurs utilisant un GDS à plus de 5% leur inventaire, une participation équivalente à celle de tous les autres GDS;
  • l’élimination de l’obligation d’exiger des frais de transaction uniformes auprès de la clientèle des GDS.

Aux États-Unis, la deuxième phase de la déréglementation entrera en vigueur dès le 31 juillet 2004. Elle vise notamment:

  • la suppression de la règle interdisant la partialité des renseignements sur l’affichage;
  • à soustraire les GDS et les transporteurs des règles contractuelles requérant notamment l’accès à tous les tarifs Web à titre de condition de participation au système de distribution.

Les conséquences attendues

La libéralisation de l’environnement des GDS modifiera substantiellement la donne de la distribution des voyages. Sortis de leurs carcans, les GDS obtiendront la liberté de définir leur propre modèle d’affaires et pourront mieux concurrencer les grandes agences de voyages en ligne non assujetties aux règles du DOT (ex.: Orbitz).

Davantage de fournisseurs s’intéresseront aux tarifs plus compétitifs des GDS et des ententes alternatives possibles (particulièrement les transporteurs à bas prix), donc plus de choix en bout de ligne pour le consommateur. La neutralité entre les partis ne sera toutefois plus automatique, puisque les GDS auront le loisir de négocier les tarifs de réservation avec chaque transporteur selon le volume généré, les prix, la zone, etc. L’ordre d’affichage des informations pourra ainsi favoriser certains partenaires des GDS en vertu de leurs ententes.

Les réactions du milieu semblent partagées et laissent planer certaines incertitudes quant aux conséquences attendues d’un environnement complètement déréglementé. Selon le Financial Times, un des premiers bouleversements des nouvelles conditions du marché en serait un de concentration. On s’attend à ce qu’Amadeus profite de l’occasion pour faire l’acquisition d’un autre GDS, possiblement Worldspan, bien implanté dans le continent européen.

Le vent souffle vers le Nord

Le 7 mai 2004, le gouvernement canadien a emboîté le pas aux mesures américaines, en modifiant son règlement sur les systèmes informatisés de réservation pour le transport aérien. Transports Canada s’en tient à la première phase de la déréglementation décrétée par son homologue américain, sans toutefois préciser de date d’entrée en application de la seconde vague de changements.

Air Canada voit d’un bon oeil la déréglementation des GDS au Canada, arguant qu’elle permettra aux forces du marché d’attiser la concurrence au profit des agences de voyages et des consommateurs. De son côté, l’Association canadienne des agents de voyages (ACTA) accueille l’initiative positivement, mais déplore que la déréglementation demeure encore incomplète.

Transports Canada précise que le nouveau règlement ne s’applique pas aux systèmes utilisés par les transporteurs ou leurs sociétés affiliées, que ce soit de façon interne, au sein de leurs propres points de vente ou sur leur site Internet. Ceux-ci pourront donc continuer d’afficher l’information relative aux vols sans se soucier de la règle de neutralité de l’ordre de sortie. On s’attend à ce que l’ouverture du marché des GDS atteigne l’Europe en 2005.

Une lutte à finir entre les GDS et Internet

En dépit de l’arrivée en force de la distribution en ligne, ce sont toujours les agents de voyages utilisant les GDS qui génèrent la majorité des ventes (80%) réalisées par les transporteurs. Du côté du secteur hôtelier, 38% des réservations sont effectuées par le biais des GDS. La prolifération des sources d’approvisionnement rend intéressante l’opportunité de regrouper, au sein d’un même canal, les multiples possibilités de tarification. Grâce au nouvel environnement, certains acteurs, tel Orbitz, ambitionnent de se substituer aux GDS en permettant aux agences de voyages de se connecter directement sur les inventaires des transporteurs.

On doit d’ailleurs se questionner sur l’efficacité de l’amendement de la réglementation qui ne vise pas les portails «coopétitifs» – caractéristiques d’une coopération compétitive – appartenant aux transporteurs (Opodo, Orbitz et Hotwire). Comme ces derniers ne sont pas tenus de présenter une information neutre et non discriminatoire, l’affichage des informations pourrait désavantager d’autres transporteurs non participants. De telles situations peuvent induire en erreur les agents de voyages ou les consommateurs.

Il faudra surveiller de près les grandes manoeuvres des transporteurs réguliers qui tenteront de se soustraire aux coûteux canaux de distribution offerts par les GDS. La pression s’intensifie d’autant plus que les transporteurs à rabais gagnent du terrain. La meilleure avenue demeure la vente directe sur leur site Internet. Selon Southwest Airlines, un billet vendu sur Internet coûte 1$ au transporteur comparativement à 5 ou 6$ par la voie d’un GDS. De son côté, la compagnie Swiss mise sur son outil de réservation Bypass qui permet aux agences de court-circuiter les GDS.

La plupart des transporteurs à bas prix, tels que Southwest, Ryanair et easyJet, ont toujours refusé de rendre leur inventaire accessible aux GDS, afin de limiter les coûts de distribution. Les dés ne sont toutefois pas jetés. Les pourparlers entre les GDS et les transporteurs à bas prix se poursuivent. L’enjeu est énorme, car dès que les plus importants low cost s’y intégreront, les autres n’auront guère d’autre choix que d’entrer dans la danse.

Avec un tel scénario, Amadeus envisage de faire payer aux agences des frais d’accession à cette offre «à bas coût» qui inclurait les meilleurs prix sur le marché. Les portails (GDS ou autre) qui offriront, aux agences ou au grand public, la plus grande palette de choix incluant l’inventaire des transporteurs à bas prix, bénéficieront d’atouts inestimables pour se démarquer.

Sources:
– eMarketer. «Hotel Sites Help Push Industry’s Online Bookings», 2 avril 2004.
– Association canadienne des agences de voyages (ACTA). «Transports Canada fait un pas vers la déréglementation avec le nouveau Règlement sur les SIR prenant effet immédiatement», 10 mai 2004.
– Gazette du Canada. «Règlement modifiant le Règlement sur les systèmes informatisés de réservation (SIR) canadiens», [www.canadagazette.gc.ca], 7 mai 2004.
– Riebeek, Holli. «To slash costs, airlines try direct Web connections to customers», IEEE Spectrum Online [www.spectrum.ieee.org], 13 mai 2004.
– Eyefortravel. «U.S. Department of Transportation CRS Deregulation», [www.eyefortravel.com], 13 janvier 2004.
– Campbell, Jay. «DOT’s GDS Dereg. Plan to Open the Display Bias Door», [www.btnmag.com], 26 avril 2004.
– Lainé, Linda. «Les agences sous la pression des GDS», L’Écho Touristique, 19 décembre 2003.

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Enjeux Transport

Les mesures de sécurité, un passage obligé

Fini les beaux jours où il était agréable de voyager. Maintenant, c’est une préoccupation ! Crainte des attentats terroristes, mesures de sécurité harassantes, temps d’attente dans les aéroports, augmentation des frais et taxes de toutes sortes font partie des désagréments. Avant qu’il y ait une cohésion internationale au niveau des mesures de sécurité, cette situation persistera et certaines destinations touristiques en paieront vraisemblablement le prix.

Un sondage du Condé Nast TRAVELER en août 2003 révélait les principaux motifs qui empêcheraient les répondants de voyager vers une destination. Les maladies et la crainte pour leur sécurité arrivent en tête de liste.

La peur commence à s’estomper

Les voyageurs commencent à « s’habituer » aux attentats terroristes. En effet, les derniers attentats ont moins affecté l’industrie touristique et la peur de voyager commence à s’estomper. L’indice de sécurité initié par la Travel Industry Association (TIA) aux États-Unis a connu une hausse de 31 % depuis son instauration au lendemain des événements du 11 septembre.

Une étude de J.D. Power and Associates rapportait que le temps d’attente aux points de sécurité dans les aéroports internationaux et intérieurs a diminué en 2003 comparativement à 2002. La moyenne du temps d’attente se situe autour de 13 minutes, soit une diminution de 13,5 %. Cette moyenne augmente de cinq minutes dans les aéroports américains. Des procédures de sécurité mieux rodées, de même que des passagers plus à l’aise avec les consignes et arrivant plus tôt à l’aéroport, font en sorte que l’attente est réduite.

Rome ne s’est pas construite en un jour

Au début de 2004, une enquête menée par Opodo (agence en ligne européenne créée par les principaux transporteurs aériens) auprès de 230 professionnels de l’industrie du voyage permettait de constater que l’industrie touristique européenne était favorable au resserrement des mesures de sécurité. Ce sondage rapportait que :

  • 67 % sont en accord avec l’introduction d’une réglementation obligeant l’usage d’un passeport biométrique;
  • 58 % voient d’un bon oeil la présence de « policiers de l’air » dans les avions;
  • 50 % pensent que les nouvelles mesures augmenteront la sécurité des passagers.

Certains professionnels interrogés exprimaient toutefois leurs craintes à l’égard du resserrement des mesures de sécurité :

  • 30 % estiment qu’une sécurité accrue pourrait doubler le temps d’enregistrement;
  • 30 % croient que le coût des mesures de sécurité haussera le prix du billet;
  • 20 % pensent que les premiers pays à agir pourraient voir une diminution du nombre de grossistes programmant leur destination.

Bien que l’intensification de la sécurité soit devenue un impératif, l’adoption de mesures unilatérales par les pays complique l’entrée aux frontières. Plusieurs organismes s’inquiètent des effets dissuasifs que cela peut engendrer sur leur destination. La TIA s’est dite préoccupée par la mesure obligatoire de la prise de photo et des empreintes digitales applicable à l’ensemble des voyageurs dès le 30 septembre 2004. Ce geste risque non seulement de causer des délais considérables aux points d’entrée mais d’inciter les visiteurs à choisir une autre destination. Les 27 pays nouvellement touchés par cette mesure représentaient 68 % des voyageurs internationaux des États-Unis en 2002. Après un déclin de 30 % des voyageurs outre-mer suite au 11 septembre, la hausse de 5 % prévue pour 2004 en sol américain peut être compromise.

Il faudra encore beaucoup de temps avant d’assurer la fluidité des passagers et d’obtenir une cohérence des mesures de sécurité au niveau mondial. À court terme, on constate que certaines destinations touristiques auront à en payer le prix.

Voir aussi:

– La carte d’identité nationale électronique
– Programme NEXUS, plan d’action pour une «frontière intelligente»
– États-Unis: La nouvelle législation en matière de passeport va perturber le flux touristique »>

Sources :
– Eliot, Peter. « Passengers see shorter security waits, rate Frankfurt tops », [www.btnmag.com], 29 mars 2004.
– McGrath, Ginny. « Industry will withstand terrorist attacks », [www.travelmole.com], 30 mars 2004.
– Perrin, Wendy. « Perrin Report : The Poll », Condé Nast Traveler [www.concierge.com/cntraveler/articles], novembre 2003.
– Travel Industry Association of America. « Traveler sentiment index shows consumers are extremely confident about having enough money and time to travel », [www.tia.org], 12 mars 2004.
– Travel Industry Association of America. « TIA raises concerns over expansion of US-Visit », [www.tia.org], 2 avril 2004.

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Enjeux Produits et activités

Chaud devant! Le réchauffement climatique pourrait raccourcir la saison de ski

Selon Alain Bourque, climatologue à Environnement Canada, il faut s’attendre d’ici la fin du 21e siècle à une augmentation de la température moyenne de la surface du globe, d’environ 1 à 3,5 °Celsius (sur base des prévisions actuelles d’augmentation de la concentration atmosphérique de gaz à effet de serre et de sulfates).

Une étude effectuée récemment par le Programme des Nations unies pour l’environnement conclut que le réchauffement climatique aura un effet dévastateur sur l’industrie du ski.

Selon des chercheurs de l’Université de Zurich (Suisse), les précipitations de neige dans les centres de ski à basse altitude vont devenir de plus en plus faibles et difficiles à prévoir au cours des prochaines années. Les centres de ski de la côte Est du Canada, par exemple, pourraient constater un raccourcissement de la saison de ski de 7 à 32% d’ici à 2050.

Alain Bourque fait observer que, au Canada, la température moyenne annuelle pourrait augmenter de 5 à 10°C au cours du prochain siècle, entraînant avec elle une modification du régime de précipitations (pluie, neige, etc.). Au Québec, inutile de rappeler les mauvais souvenirs du déluge du Saguenay (1996) ou la tempête de verglas (1998). Le climat et la météo, en général, ne sont pas seulement des sujets de conversation banales pour personnes en mal de dialogue. C’est également une source de préoccupation majeure pour certains scientifiques, analystes et spécialistes du secteur du tourisme.

Le climat présente depuis toujours une tendance naturelle et normale à la variation: en fonction du flux solaire, des courants océaniques, de la couverture de neige et de glace, des éruptions volcaniques, etc. Mais, les changements climatiques actuels sont amplifiés par des modifications de la composition de l’atmosphère (accroissement des concentrations de gaz à effet de serre et des taux de sulfates).

Les données recueillies pour le Québec illustrent clairement le réchauffement «anormal» observé dans le Sud du Québec entre janvier 1998 et mars 2000.

De telles fluctuations auront une influence notoire sur l’industrie, l’environnement et l’économie en général, provoquant notamment:

  • la modification des ressources en eau (niveau, température et qualité), ce qui se répercutera inévitablement sur le secteur de la pêche et des transports fluviaux;
  • la dégradation du système routier et en général, du transport terrestre;
  • l’apparition de problèmes de réseaux d’égouts pluviaux et de drainage, causant des débordements et refoulements;
  • la modification du rendement et la productivité agricole;
  • la migration et développement de nouvelles maladies (comme le virus du Nil);
  • la modification du taux de natalité/mortalité des animaux et donc, la modification de la biodiversité.

Répercussions à envisager pour les stations de ski

Selon certains experts réunis lors de la 1ère Conférence internationale sur les changements climatiques et le tourisme (Tunisie, avril 2003), les répercussions seraient les suivantes:

  • des hivers plus humides, c’est-à-dire davantage de neige en haute altitude et de la pluie plus bas;
  • une saison de neige plus courte;
  • une saison de ski plus courte;
  • une demande accrue pour les stations de ski de haute altitude;
  • un risque d’avalanches accru;
  • etc.

Le changement climatique affecte à peu près de la même façon toutes les régions montagneuses du monde. Cette menace pour les sports hivernaux se manifeste déjà dans certaines régions de l’Europe (comme la Suisse et l’Autriche), alors que l’Écosse enregistre de plus en plus fréquemment des hivers sans neige.

Mesures d’adaptation

Pour les stations de ski, les stratégies d’adaptation à ces phénomènes sont variées. Elles vont de l’atténuation des effets négatifs du changement climatique à une modification complète du produit touristique.

Entre autre, ces stratégies sont les suivantes:

  • aux altitudes limites, utiliser davantage la neige artificielle pour élargir et compléter la couverture neigeuse naturelle au fur et à mesure du relèvement des températures;
  • les stations de haute altitude deviendront sans doute plus prisées et vont devoir s’adapter à une demande accrue;
  • les stations de plus basse altitude, avec une couverture neigeuse réduite, risquent de devoir mettre en place une vaste gamme d’activités de remplacement du ski pendant la saison d’hiver;
  • la neige devenant moins stable, il faudra des protections accrues contre les avalanches;
  • les stations qui ne peuvent plus compter à coup sûr sur des hivers neigeux devront «se réinventer» et se tourner vers des marchés de remplacement;
  • etc.

Il faudra peut-être réaménager l’année scolaire de manière à éviter que les périodes de vacances ne soient trop concentrées et revoir les dates des congés de la relâche. Une ébauche d’aménagement du calendrier scolaire et d’étalement des vacances est déjà en cours pour augmenter les potentiels touristiques.

Il est à noter qu’actuellement, les semaines d’achalandage dans les stations de ski ne correspondent pas aux semaines présentant les meilleures conditions climatiques.

Bref, il nous reste deux solutions: faire l’autruche… ou crier au loup!

Voir aussi

Programme des Nation unies pour l’Environnement

Sources :
– Organisation mondiale du tourisme. «1ère Conférence internationale sur le changement climatique et le tourisme», Djerba (Tunisie), 9-11 avril 2003.
– Bourque, Alain. «Les changements climatiques et leurs impacts», VertigO, vol. 1, no 2, septembre 2000.
– Bueckert, Dennis. «Réchauffement climatique: L’industrie du ski pourrait souffrir grandement», Le Nouvelliste, 15 décembre 2003.
– Watson, Robert T. «Bilan 2001 des changements climatiques: Rapport de synthèse», UNEP.

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Enjeux Technologies

Protection de la vie privée : touche pas à mes données !

L’avènement d’Internet et des nouvelles technologies de communications relance le débat sur la protection de la vie privée. En effet, ces nouvelles techniques augmentent considérablement la masse d’information et facilitent l’accès aux données à caractère personnel circulant sur les réseaux. Aussi, avant de collecter des renseignements personnels et privés, à des fins commerciales ou de publicité, il serait bon de connaître les législations en vigueur et surtout, l’état d’esprit des personnes concernées.

On se rappelle?

On se rappelle qu’en 2003, la compagnie aérienne américaine JetBlue a fait l’objet de vives critiques après avoir remis à Torch Concepts, une entreprise travaillant pour le Pentagone, des fichiers contenant des informations personnelles sur près de 1,5 million de ses passagers ayant essentiellement réservé leurs billets par Internet. JetBlue avait alors été contrainte de s’excuser publiquement.

Autre cas: celui d’Air Canada, qui en 2003 également, en raison d’un problème technique, selon l’entreprise, a vu publier sur Internet, les noms et profils des membres du programme Aéroplan. Les numéros de cartes de crédit n’avaient toutefois pas été affichés. Air Canada a dû intervenir rapidement pour rassurer les clients qu’il ne s’agissait nullement d’une opération de cyberpiratage.

Quelle importance a la vie privée ?

Selon un sondage «Ipsos Reid Canada» réalisé en novembre 2001, deux Canadiens sur trois se sentent concernés par la protection de la vie privée et le caractère privé des données personnelles.

Selon la firme de recherche «EKOS», dans sa Réflexion sur l’autoroute de l’information (octobre/novembre 2001), 52 % des Canadiens sont d’avis qu’Internet diminue le niveau de la vie privée au Canada et 51 % croient que les ordinateurs produisent le même effet.

Aux États-Unis, selon les données de la firme «Pricewaterhouse Coopers», les personnes ayant des revenus et un niveau d’éducation plus élevés tendent à être plus sujets à protéger leur vie privée. Aussi, les femmes sont plus sensibles que les hommes, les seniors plus craintifs que les jeunes et les personnes mariées plus circonspectes que les célibataires. Mais là aussi, 58 % se disent extrêmement ou très intéressé a préserver leur intimité.

En 2001, «American Demographics» posait la question à savoir quelles étaient les informations considérées comme personnelles.

Voici quelques-unes de ces réponses :

Il est sidérant de voir que nombreuses sont les personnes qui préfèrent donner des informations sur leurs poids et mensurations, plutôt que leur adresse à domicile !

La législation canadienne

Au Canada, une «Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques» (LPRDE) est entrée en vigueur depuis le 1er janvier 2004.

Elle s’applique à tous les renseignements personnels recueillis, utilisés ou communiqués par des organismes du secteur privé qui exercent des activités commerciales.

La Loi prévoit notamment que :

  • les organismes doivent obtenir le consentement d’une personne avant de recueillir, d’utiliser ou de communiquer des renseignements personnels à son sujet;
  • les organismes doivent protéger les renseignements personnels en adoptant des mesures de sécurité appropriées selon le degré de sensibilité des renseignements;
  • les particuliers peuvent avoir accès aux renseignements personnels à leur sujet détenus par un organisme et les faire corriger au besoin.

La Loi confère au Commissaire à la protection de la vie privée du Canada, un rôle d’ombudsman. Celui-ci instruit les plaintes, effectue des vérifications, sensibilise les intéressés aux questions relatives à la protection des renseignements personnels et mène des recherches à ce sujet. Il fait également office d’ombudsman lorsque des plaintes sont déposées aux termes de la Loi sur la protection des renseignements personnels, qui vise le secteur public fédéral.

Avec cette nouvelle législation, le Canada possède l’un des cadres législatifs et politiques de respect de la vie privée les plus exhaustifs au monde.

Les Canadiens sont également protégés par la loi fédérale sur la protection des renseignements personnels.

La législation américaine

Dans le secteur public, la loi fédérale Privacy Act (1974) impose théoriquement un juste traitement des renseignements personnels (collecte/utilisation/archivage).

Mais, à la différence du Canada et de son Commissaire à la protection de la vie privée, les États-Unis ne disposent d’aucun organisme indépendant ayant juridiction sur les questions de protection de la vie privée.

De plus, aucune loi fédérale ne réglemente la collecte, l’utilisation et l’archivage de renseignements personnels par le secteur privé. Faute de réglementation fédérale, certaines industries ont choisi l’autoréglementation : les entreprises se dotent alors de politiques personnelles de protection de la vie privée, expliquant le pourquoi et le comment de leur recherche d’information. Mais rien ne les y oblige légalement.

Seule exception à la règle, le Children’s Online Privacy Protection Act (COPPA), adopté par le Congrès en octobre 1998 et en vigueur depuis avril 2000, qui s’applique aux enfants de moins de 13 ans.

Alors, ainsi averties, les entreprises privées devraient songer à mettre rapidement en place plusieurs règles afin de se conformer à la nouvelle législation et vérifier ses pratiques en matière de protection de la vie privée. La création et la mise en service de bases de données informatisées (que se soit pour de la promotion ou pour du service à la clientèle) doivent tenir compte des nouvelles réalités.

Voir aussi

– La carte d’identité nationale électronique sera-t-elle la réponse à la lutte contre le terrorisme et l’immigration clandestine?
– Les mesures de sécurité, un «topo» de la situation
– Programme NEXUS, plan d’action pour une «frontière intelligente»
– États-Unis: La nouvelle législation en matière de passeport va perturber le flux touristique

Sur le Web
Protection des renseignements en affaires (Industrie Canada)
L’économie numérique au Canada
Commissariat à la protection de la vie privée du Canada

Sources :
– Reidenberg, Joel R. « Setting Standards for Fair Information Practice in the U.S. Private Sector », 1995 80 Iowa L.Rev. 497.
– Quirion, Christian. « Les firmes doivent protéger les renseignements personnels », Les Affaires, 11 octobre 2003, p. 48.
– Paul, Pamela. « Mixed Signals », American Demographics, 1er juillet 2001.
– « JetBlue a trahi la confiance de ses passagers », La Presse, 24 septembre 2003, p. D5.

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Ailleurs dans le monde Enjeux Technologies

La carte d’identité nationale électronique sera-t-elle la réponse à la lutte contre le terrorisme et l’immigration clandestine ?

Dans tout le brouhaha des dernières réglementations sur les passeports mécanisés et les nouvelles législations sur la biométrie, une nouvelle tendance se dessine : la carte à puce pour remplacer les papiers d’identité. Et même si elle ajoute, à court terme, au caractère harassant des nouvelles mesures, elle deviendra peut-être un facilitant, à long terme.

Carte d’identité électronique: déploiement mondial

De nombreux pays possèdent déjà un système de carte d’identité, sous forme papier ou plastique. Dans la plupart des cas, cette carte sert d’identification nationale, mais peut également être utilisée dans une optique de voyage (la carte fait alors office de passeport) : comme en Belgique, le Portugal, la Finlande, au Chili, le Salvador, Brunei, etc.

En Belgique, depuis juillet 2001, le Gouvernement fédéral a adopté le principe d’une carte d’identité électronique pour les personnes physiques. D’une durée de validité de cinq ans, cette carte remplace la carte d’identité plastique actuelle (obligatoire pour tous les citoyens de plus de 15 ans).

En vue de l’identification du titulaire, la carte d’identité électronique belge contient les données suivantes (données lisibles à l’oeil nu et de manière électronique) : le nom, prénoms, sexe, lieu et date de naissance, nationalité, le numéro de registre national propre à chaque individu) et une photo. Implantée peu à peu, elle devrait être généralisée à toute la population en 2009.

En France, la carte d’identité électronique est prévue pour 2006. Cette carte numérique devra permettre aux titulaires d’authentifier leurs échanges avec l’administration électronique de l’État et des collectivités territoriales, mais également pour des échanges sécurisés avec les entreprises. Un système de signature électronique accompagnera celle-ci, facilitant ainsi les échanges de données entre les citoyens et leurs différents interlocuteurs en réseau.

En Allemagne, un système de carte d’identité est obligatoire pour tous les citoyens allemands, dès l’âge de 16 ans. Actuellement, la technologie des cartes à puce y est facultative. Et l’entrée de données biométriques n’a pas encore commencé.

La Chine, elle, lance sa carte d’identité électronique cette année. La loi est entrée en vigueur le 1e janvier 2004 et les premières cartes devraient être émises au cours de l’année. La Chine est désireuse de se lancer, elle aussi, dans la course au développement d’une technologie propre à son marché. La carte à puce chinoise contiendra de nombreux renseignements personnels ainsi que l’empreinte génétique de son titulaire (codé par un numéro à 18 chiffres).

Marché et enjeux

Aujourd’hui, le marché des cartes à puces couvre essentiellement :

  • les banques (terminaux de vente et de paiement, etc.);
  • la téléphonie (cartes SIM, etc.);
  • le transport (cartes d’abonnement train/tram/bus);
  • la sécurité (cartes de contrôle, etc.);
  • la santé.

D’ici quelques années, l’ajout du créneau «gouvernement» (carte d’identité) devrait faire décoller la technologie et la vente de celles-ci.

La technologie de la puce (micro processeur) permet de stocker des informations avec un haut niveau de sécurité et de fiabilité, ce qui en rend la contrefaçon presque impossible. Cette puce permettrait de stocker, outre des informations de base (nom, adresse, etc.), une photo numérisée et probablement une empreinte digitale.

Les trois principales entreprises de cartes à puces – qui détiennent 80 % du marché mondial – sont: la française Gemplus, Axalto (filiale de la franco-américaine Schlumberger) et la française Oberthur.

Que retrouve-t-on sur la puce?

Si tous les pays s’entendent sur la nécessité d’une telle démarche, en revanche, peu s’entendent sur les données qui devront s’y retrouver. Outre les données standard sur l’identification de la personne, d’aucuns insistent sur les empreintes biométriques (Hong Kong, par exemple), d’autres s’y sont refusés afin de ne pas heurter leur population (Canada, Belgique).

Pas de consensus commun, non plus, sur la normalisation: les cartes émises par les différents constructeurs sont actuellement incompatibles.

Qu’en est-il au Canada?

Au Canada, sommes-nous prêts à faire face à cette réalité?

Les normes internationales en matière de documents de voyage évoluent rapidement et les États-Unis sont en train de revoir et de resserrer leurs exigences à l’égard des voyageurs.

Mais le Canada n’a pas encore statué sur l’émission d’un tel document. D’après les résultats d’un vaste sondage mené par Citoyenneté et Immigration, la grande majorité des Canadiens estiment que l’utilisation frauduleuse de documents d’identification constitue un problème au Canada. En majorité, les Canadiens sont favorable à la mise au point d’une nouvelle carte d’identité et du recours à la biométrie, mais dans l’optique où celle-ci serait délivrée de manière facultative.

En effet, le nombre de personnes favorables à l’initiative dépasse celui des opposants dans un ratio de 2 pour 1. Les écarts essentiels sur la question semblent être régionaux, les Canadiens de l’Ouest étant un peu moins favorables. Les autres grandes variantes démographiques comprennent l’âge et l’instruction, quoique dans une moindre mesure.

Les préoccupations portent principalement sur :

  • la réduction possible de la protection des renseignements personnels;
  • le coût élevé de la mise en oeuvre;
  • la capacité des criminels de contrer la technologie;
  • le respect de la vie privée;
  • la possibilité que le gouvernement utilise abusivement ces renseignements personnels.

Cependant, depuis le 31 décembre 2003, les résidents permanents (immigrants reçus) doivent obligatoirement présenter une carte d’identité s’ils souhaitent rentrer au Canada à bord d’un transporteur commercial (avion, bateau, train ou autocar), afin de prouver leur statut.

La carte de résident permanent (aussi appelée «carte RP») est une carte plastifiée de format portefeuille qui remplace la Fiche relative au droit d’établissement (IMM 1000) aux fins de déplacement.

En janvier 2004, environ 850 000 cartes ont été délivrées. Le Canada compte environ 1,5 million d’immigrants reçus.

Voir aussi

– Les mesures de sécurité, un passage obligé
– Les mesures de sécurité, un «topo» de la situation
– Programme NEXUS, plan d’action pour une «frontière intelligente»
– États-Unis: La nouvelle législation en matière de passeport va perturber le flux touristique

Sources :
– Philippin, Yann . «La carte à puce veut remplacer les papiers d’identité», Les Echos, no 19112, 10 mars 2004, p. 32.
– «La Chine passera à la carte d’identité électronique à partir de janvier 2004», Transfert, 1er septembre 2003.
– Joe Fontana, député. «Une carte nationale d’identité au Canada?», Rapport du comité permanent de la citoyenneté et de l’immigration, octobre 2003.

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Enjeux Gestion

La fluctuation des taux de change

Est-ce le dollar canadien qui monte ou le dollar américain qui plonge ? Peu importe ! L’appréciation constante du dollar canadien menace la vigueur de la reprise envisagée pour 2004 et la fluctuation des taux de change avantage certaines destinations touristiques.

Au cours des six premiers mois de 2003, nous avons assisté à une hausse de 17 % du huard par rapport au dollar américain, pour atteindre 22 % à la fin de l’année. De nombreuses monnaies se sont appréciées par rapport à la devise américaine – 21 % pour l’euro, 16 % pour le yen, 28 % pour la livre sterling. Selon les spécialistes, la montée de l’euro et du dollar canadien face à la devise américaine s’inscrit comme une tendance lourde pour les mois à venir. Comment les variations du taux de change influenceront-elles les clientèles touristiques canadienne, américaine et européenne ? Quelles destinations bénéficieront du mouvement des devises ?

L’impact de la fluctuation des devises

Modification du revenu discrétionnaire
L’intention de voyager est davantage conditionnée par la performance de l’économie que par le taux de change. Les fluctuations de ce dernier entraîneront inévitablement la modification des conditions économiques, lesquelles se répercuteront sur l’emploi, le revenu disponible, de même que la confiance des consommateurs et des entreprises.
Augmentation de l’attrait pour une destination
L’appréciation d’une monnaie par rapport à une autre modifie le coût du voyage. Elle suscite la génération d’un effet psychologique – en avoir « plus » pour son argent. Ce facteur influence l’attractivité d’une destination pour le voyageur – une destination devient « abordable », alors qu’auparavant elle était perçue comme trop coûteuse.
Accentuation du phénomène de sensibilité
Le taux de change exerce un effet sur les intentions de voyage et certaines clientèles sont plus sensibles à ses variations. Historiquement, les Américains le sont beaucoup moins que les Canadiens. Selon une enquête menée en 1999, une augmentation de 10 % du dollar canadien par rapport à la devise américaine entraîne :

  • une hausse de 15,5 % des voyages à l’étranger (comportant au moins une nuitée) des Canadiens;
  • une baisse de 3,9 % des voyages en provenance des États-Unis.

L’augmentation des écarts entre les monnaies et l’attention médiatique accordée à ce phénomène peuvent accentuer la sensibilité des voyageurs et modifier les mesures établies antérieurement.

États-Unis 1 – Canada 0

La hausse du huard par rapport à la devise américaine fait en sorte que le secteur touristique canadien est perdant sur plusieurs fronts.

  • Le Canada devient moins attrayant pour les Américains.
  • Les Canadiens sont enclins à sortir du pays.
  • Le déficit du compte voyages (la différence entre les dépenses des Canadiens à l’étranger et celles des visiteurs étrangers au Canada) s’accentue.

Le déficit annuel de 2003 est le plus important depuis dix ans, passant de 1,9 milliard $ CA en 2002 à un montant estimé de 4,3 milliards en 2003. La guerre en Irak et le SRAS figurent parmi les causes de cette forte baisse des dépenses des voyageurs étrangers au Canada, alors que la hausse du huard a vraisemblablement contribué à l’augmentation des dépenses de voyages des Canadiens à l’étranger.

Un accroissement du nombre de visiteurs étrangers est attendu au Canada en 2004. Toutefois, la dépréciation supplémentaire du dollar américain minerait cette reprise et la destination américaine augmenterait son caractère d’attractivité. Alors que les Américains se détournent un peu des destinations européennes devenues plus coûteuses, les Européens se tournent vers les États-Unis, qui ont longtemps été onéreux pour eux. En raison de la force de l’euro et de la livre, les Européens traversant l’Atlantique dépensent beaucoup. La Chine, qui a fixé le cours de sa monnaie au pair avec le dollar américain, devient aussi plus attrayante auprès des Européens.

L’impact du taux de change sur la gestion des entreprises touristiques peut prendre différentes formes, comme la modification des politiques de prix, la baisse de la clientèle ou la diminution des coûts d’exploitation (ex. campagne de publicité moins coûteuse aux États-Unis).

Même si notre monnaie s’apprécie en 2004, les Américains débarqueront en plus grand nombre au Canada qu’en 2003 (tableau 1) en raison, notamment, de leur devise plus défavorable encore par rapport à d’autres destinations. Quant aux voyages des Canadiens aux États-Unis, ils augmenteront en raison de la sensibilité plus élevée de nos compatriotes au taux de change et creuseront davantage notre déficit annuel.

Lire aussi:
– Un regard prospectif – un vent de reprise souffle

Sources :
– Commission canadienne du tourisme. « Taux de change : Les conséquences possibles d’un dollar canadien plus fort sur les voyages internationaux à destination et en provenance du Canada en 2004 – Sommaire », Conference Board du Canada – Institut canadien de recherche sur le tourisme, janvier 2004, 7 pages.
– Meis, Scott. « Le point de vue de la recherche – Hausse du dollar : une nouvelle essentiellement positive », Tourisme, Commission canadienne du tourisme, juillet-août 2003, p. 15.
– Picher, Claude. « Sombres perspectives touristiques », La Presse, 29 mai 2003, p. D5.
– Statistique Canada. « Comptes des voyages internationaux », Le Quotidien, 25 février 2004, p. 3.