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Marketing Tourisme durable

Partagez vos coups de cœur montréalais!

Le géotourisme est une forme de tourisme qui maintient ou valorise le caractère géographique d’un milieu (l’environnement, la culture, l’esthétique, le patrimoine) et le bien-être des résidants. Selon la National Geographic Society (NGS), le géotourisme englobe le concept de tourisme durable, ce qui signifie que les destinations devraient préserver une nature vierge pour les générations à venir tout en réalisant des améliorations susceptibles de protéger l’endroit dans son intégrité. Ainsi, le géotourisme contribue aux principes de durabilité en se fondant sur le caractère géographique du milieu. Une dizaine de destinations ont déjà adhéré à la Charte en géotourisme de la NGS, dont la ville de Montréal qui est devenue, en 2007, la première destination urbaine dans le monde à l’avoir signée.

L’adhésion à la Charte en géotourisme de la NGS procure de nombreux avantages aux destinations; celles-ci peuvent profiter d’une solide synergie entre les acteurs de l’industrie du tourisme et de la communauté locale grâce aux cartes guides géotouristiques de la NGS. Les cartes guides visent à sensibiliser davantage la communauté à la destination, puisque celle-ci est tenue de collaborer avec la NGS à une démarche de création d’une carte commune qui met en évidence tous les acquis de la destination, autant naturels qu’historiques et culturels. De nombreuses destinations américaines signataires de la Charte disposent d’une telle carte, dont les Appalaches, le Vermont, l’Arizona-Sonora, la péninsule de Baja California et la région du parc Yellowstone. Des cartes guides sont en voie d’être réalisées pour Montréal, le Pérou et le nord de la Californie. L’initiative Crown of the Continent, qui regroupe les provinces canadiennes de l’Alberta et de la Colombie-Britannique ainsi que l’état du Montana aux États-Unis, soutient la création d’une carte guide de la NGS qui sert d’outil au démarrage de projets transfrontaliers venant appuyer la synergie entre le secteur du tourisme et les communautés de ces régions.

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Pour pouvoir participer à la création de la carte guide de Montréal, veuillez vous rendre sur le site Internet www.geomontreal.com d’ici le 15 janvier 2009 et soumettez les attractions, sites, événements ou expériences qui, selon vous, confèrent à Montréal son caractère authentique. Une sélection de 150 points d’intérêts de partout sur l’île de Montréal sera publiée dans la carte guide de la NGS.

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Ailleurs dans le monde Hébergement Tourisme durable

Verdir les hôtels américains: quelques mesures pratiques mises en œuvre jusqu’à présent par le secteur de l’hébergement touristique

Le nombre d’établissements hôteliers qui sont certifiés «verts» ne cesse de croître, et pourtant, les mesures prises en matière d’efficacité énergétique varient considérablement d’un établissement à l’autre. Dans plusieurs cas, la stratégie de durabilité des hôtels englobe un engagement visant la neutralité en carbone, une intervention des acteurs communautaires, un soutien apporté aux projets de conservation et une participation à divers programmes de certification. Cependant, plusieurs hôtels dits verts ne le sont que de nom, et des mesures de base pour améliorer la performance n’ont souvent même pas été prises, comme il est d’ailleurs indiqué dans les conclusions du rapport publié en 2008 par l’American Hotel and Lodging Association (AHLA) et par Smith Travel Research (appelé rapport de l’AHLA dans notre analyse (1)). Les données qui ont servi de base à l’élaboration de ce rapport ont été recueillies auprès de 10 350 établissements hôteliers, ce qui équivaut à 23% du secteur aux États-Unis dans son ensemble.

Mesure 1: Programmes de réutilisation des draps et serviettes

Les programmes de réutilisation des draps constituent des moyens de conservation de l’énergie parmi les plus anciens et les plus populaires. Ils permettent de réaliser des économies sur le plan des coûts de la main-d’œuvre et de l’utilisation de l’eau, de l’énergie et des détergents. Avec cette mesure, il est facile d’améliorer l’efficacité énergétique alors que 75% des clientèles qui en ont la possibilité participent à ces programmes, comme l’indiquent les recherches récentes (2). Un client est plus susceptible de réutiliser les serviettes quand il est au courant que les autres clients le font. Les recherches laissent entendre que les affiches qui présentent surtout les effets bénéfiques pour l’environnement sont moins efficaces que celles qui soulignent le degré de participation des autres clients à ce type de programme. Le rapport de l’AHLA révèle qu’en 2004, 52% des établissements ayant pris part à l’enquête se sont dotés d’un programme de réutilisation des draps et serviettes, alors qu’en 2008, ils représentent 67% (1). L’analyse menée sur les catégories de prix montre que, parmi les établissements qui ont établi un programme, 63% sont des hôtels bon marché et 76% des hôtels haut de gamme Les hôtels de grande capacité sont plus à même de mettre en place ce genre de programme que les petits hôtels.

Mesure 2: Distributeurs automatiques de savon liquide dans les salles de bains

D’après GreenLodgingNews environ dix milliards de lots de produits de toilette sont jetés annuellement par les hôtels à l’échelle de la planète (3). Mettre des distributeurs automatiques de savon liquide à la disposition des clients constitue une mesure des plus efficaces sur le plan écologique. Elle permet de réduire de 70% le volume de déchets, et puisque le personnel de nettoyage n’est pas obligé de remplacer les produits tous les jours, les frais d’exploitation sont moins élevés. Selon le rapport de l’AHLA, l’utilisation de distributeurs automatiques de savon liquide est passée de 6% en 2004 à 22% en 2008 dans les hôtels qui ont participé à l’enquête (1). Si l’on considère le prix des chambres, 15% des hôtels bon marché et 20% des hôtels haut de gamme ont installé de tels distributeurs dans les salles de bains. La taille de l’établissement ne semble pas être un facteur qui modifie le taux d’installation .

Mesure 3: Pourcentage des hôtels qui disposent d’un système de gestion énergétique dans les chambres

Le PNUD estime que le secteur hôtelier produit 21% de l’ensemble des émissions de CO2 produites par le secteur du tourisme dans le monde. De surcroît, le chauffage, la télévision et l’éclairage dans les chambres inoccupées équivalent jusqu’à 20% de la facture d’électricité d’un hôtel. De nombreux hôtels disposent depuis quelques années de systèmes de gestion énergétique pour améliorer l’éco-efficacité. Des concepteurs de ces dispositifs signalent que la réduction des coûts énergétiques permet d’amortir l’investissement initial en l’espace d’un an. Ces systèmes de gestion à fonctionnement automatique font économiser du temps au personnel de soutien administratif qui n’a plus à vérifier chaque chambre (5). Il est possible aussi de réduire la consommation d’énergie par chambre en incitant les clients à éteindre leurs lumières et en demandant aux gestionnaires de réserver toutes les chambres d’un étage à la fois (6). Cette mesure se traduit par une diminution de la consommation d’énergie, notamment pendant les périodes de faible activité. Le rapport de l’AHLA montre que 15% des établissements recensés en 2004 disposaient d’un système de gestion énergétique dans les chambres comparativement à 25% en 2008 (1). Près de 40% des hôtels bon marché se servent de ce type d’équipement comparativement à 32% pour la catégorie haut de gamme. Les hôtels de grande capacité sont relativement plus nombreux à investir dans un tel système que les hôtels de petite taille.

Mesure 4: Mise sur pied d’un programme de recyclage

Il peut s’avérer difficile de mettre en œuvre un programme de recyclage, car ce dernier est tributaire de la disponibilité d’une infrastructure supplémentaire et relève d’une organisation lourde pour traiter tous les déchets ramassés. Dans les endroits éloignés et reculés, l’enjeu est encore plus évident. D’ailleurs, le développement de programmes de recyclage dans le milieu hôtelier est lent, mais une tendance à la hausse se confirme. Le rapport de l’AHLA soutient qu’en 2004, 32% des établissements américains avaient mis sur pied un programme de recyclage, alors qu’en 2008, 40% d’entre eux l’ont réussi (1). Le cinquième (21%) des hôtels à petit budget recyclent comparativement à 56% du côté des hôtels de luxe. Les hôtels de taille moyenne (entre 20 et 129 chambres) sont moins enclins à recycler que les petits hôtels et ceux qui comptent plus de 130 chambres.

Mesure 5: Établissements qui utilisent des appareils d’éclairage à faible consommation d’énergie

Un grand nombre d’hôtels ont remplacé leurs luminaires, notamment dans les couloirs, par des lampes sur pied à incandescence de type T5 et T8. Dans la plupart des cas, des organismes gouvernementaux, par le biais de mesures incitatives, leur ont accordé une subvention ou une remise. Selon le rapport de l’AHLA, des appareils d’éclairage à faible consommation d’énergie sont utilisés dans 68% des établissements hôteliers aux États-Unis (1). On observe une très faible différence en ce qui concerne leur utilisation en comparant les catégories de prix ou le nombre de chambres.

Mesure 6: Pourcentage des hôtels dotés d’un programme d’économie d’eau

Le PNUB estime que les touristes sont, en règle générale, portés à consommer quatre fois plus d’eau pendant leur voyage qu’à la maison (4). Des équipements efficaces comme les toilettes à double chasse et les robinets à faible débit peuvent entraîner une réduction de la consommation d’eau de 20% à 40% dans les hôtels. Le marché répond bien à la demande pour des produits qui favorisent une utilisation plus efficace de l’eau. À cet égard, l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) dispose du programme de partenariat volontaire WaterSense qui identifie et établit la liste des produits et services reconnus qui permettent de réaliser des économies en eau. Le rapport de l’AHLA établit qu’en matière d’économie d’eau, des programmes sont mis en œuvre dans 46% des établissements américains qui ont participé à l’enquête en 2008 (1). Près des deux tiers (64%) des hôtels à petit budget se sont dotés d’un programme comparativement à 50% pour les hôtels de luxe. Les résultats d’étude indiquent de faibles différences selon la taille pour ce qui est de la mise en œuvre, mais les hôtels de grande capacité se montrent plus ouverts à réduire la surconsommation de l’eau.

En guise de conclusion

Pour survivre économiquement et demeurer concurrentiel, le secteur de l’hôtellerie doit présenter un bilan financier positif. Les programmes écologiques peuvent permettre des économies substantielles, et l’accueil que les clients réservent à ce genre de programmes (en matière de fidélisation et de sensibilité au prix) peut aussi contribuer à ouvrir de nouvelles possibilités commerciales (7). Le groupe Market Metrix a mis au point un indice à l’intérieur d’une enquête menée sur le secteur de l’hôtellerie. Globalement, les clients qui ont classé les programmes verts des hôtels au niveau le plus élevé possible sont prêts à payer au moins 7% de plus que les autres clients pour leur chambre (8). De plus, ces mêmes clients effectuent des séjours plus longs, en ressentent un plus grand bonheur et sont plus enclins à déclarer que le programme de fidélisation est « très important » avant de choisir un hôtel. Les hôtels dont les programmes verts sont très bien cotés sont intervenus deux fois moins que les autres pour résoudre des problèmes rapportés par des clients (selon les données de l’enquête).

Forbes a publié une liste des établissements hôteliers les plus écologiques aux États-Unis en 2008 (9):

  • Marriott New York City
  • Wyland Waikiki, Hawaii
  • Bison Quest Sanctuary and Spa Montana
  • Seaport Hotel Boston
  • Hotel Triton (Kimpton), San Francisco
  • Lookout Point Inn, Arkansas
  • Banyan Resort, Key West Florida

Sources:

(1) Smith Travel Research (2008) Lodging Survey. « Lodging, Facilities, Trends 2008 », Rapport préparé pour l’American Hotel and Lodging Association, Washington D.C. 245 p.
(2) Goldstein, N.J., Cialdini, R.B. and Griskevicius, V. (2008). « Room with a Viewpoint Using Social Norms to Motivate Environmental Conervation in Hotels », Journal of Consumer Research, 35 (Août).
(3) Greenlodging News (2008). « Green’ Definitions Can Confuse Conscientious Amenity Purchasers« . [www.greenlodgingnews.com], page consultée le 20 septembre 2008.
(4) United Nations Environment Programme Sustainable Consumption & Production Branch (2008). « Environmental Impacts of Tourism », [www.unep.fr/scp/tourism/sustain/impacts/environmental/], page consultée le 20 septembre 2008.
(5) Butler, J. (2008) « The Compelling « Hard Case » for « Green » Hotel Development ». Cornell Hospitality Quarterly 49 (3) 234-244.
(6) Maycock, P. (2008) Hotel News Now, « Four easy ways to cut carbon and costs », Hotel News Now, 28 août 2008, [www.hotelnewsnow.com], page consultée le 28 août 2008.
(7) Houdré, H. (2008) « Sustainable Development in the Hotel Industry. Industry Perspectives: A White Paper Series », Cornell University No2. School of Hotel Administration. The Center for Hospitality Research. Ithaca.
(8) Barsky, J. (2008). « Do customers really care about “green”? » , Market Metrix [http://www.marketmetrix.com], page consultée le 20 septembre 2008.
(9) Forbes Traveler (2008). « Americas Greenest Hotels 2008 », [http://www.forbestraveler.com], page consultée le 20 septembre 2008.

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Enjeux Produits et activités Tourisme durable

Les enjeux de l’eau douce dans l’industrie du tourisme au Québec

L’eau est devenue une des ressources les plus rares et son niveau de consommation a plus que sextuplé au cours du siècle dernier. Plus de 40% de la population mondiale vit aujourd’hui dans la pauvreté de l’eau (1 à 4). Les questions les plus préoccupantes au Québec concernent plus la qualité de l’eau et la propriété de la ressource que sa disponibilité, notamment depuis l’éclosion des algues bleues qui est concomitante du phénomène de l’eutrophisation (5). Celle-ci est le résultat d’un enchaînement de processus se répercutant sur la qualité de l’eau, qui se traduit par des plans d’eau riches en substances nutritives (5, 6). Les processus naturels liés au vieillissement des lacs peuvent aussi entraîner l’eutrophisation en raison de la consommation croissante de l’oxygène qui est due à la décomposition des organismes présents dans l’eau. La pollution générée par des activités peut également contribuer à l’enrichissement des eaux en matières nutritives (7).

Peu importe les conditions dans lesquelles se trouve un lac, l’eutrophisation peut être accélérée par les caractéristiques naturelles et les différents types d’occupation du sol dans son bassin hydrographique (8, 9). Les effets liés à l’eutrophisation comprennent la croissance effrénée de phytoplanctons et des algues ainsi que la modification dans le foisonnement et la composition des espèces, la production de biomasse et la teneur en oxygène dissous. L’eutrophisation d’un lac peut se manifester notamment par la croissance rapide de certains types d’algues nocives, comme les algues bleues ou cyanobactéries (10, 11). Celles-ci sont les algues nocives les plus répandues dans les étendues d’eau douce. En Europe et en Amérique du Nord, les pollutions d’origine agricole sont les principaux facteurs à l’origine de l’eutrophisation, suivi des eaux usées et des effluents industriels (10, 12). De plus, le secteur du tourisme et des activités de loisir peut contribuer à l’eutrophisation du seul fait qu’il consomme de l’eau et génère des déchets dont certains sont toxiques (13).

Le tourisme et l’eau

Chaque touriste à l’échelle mondiale consomme de 100 à 2000 litres d’eau par jour (7), c’est-à-dire une quantité plusieurs fois supérieure à la consommation moyenne par ménage. Cela s’explique par l’exploitation des installations touristiques et l’utilisation de l’eau par les visiteurs au quotidien entre autres pour prendre une douche ou aller à la piscine. Le volume d’eau utilisé par certaines activités comme la production de neige artificielle dans les stations de sports de glisse est très élevé.

Il existe un lien direct entre la consommation de l’eau par l’industrie touristique et l’emploi de produits chimiques, tels que des fertilisants de synthèse pour entretenir la pelouse et des détergents et savons qui, dans l’ensemble, représentent des sources importantes de pollution. Par ailleurs, les activités nautiques motorisées contribuent non seulement à la dégradation physique du milieu, mais aussi à l’augmentation des composés d’hydrocarbure émis par la combustion de l’essence et par la peinture antisalissure (14). À titre d’exemple, les 307 terrains de golf du Québec déversent environ 40 000 kilogrammes d’ingrédients actifs dans l’environnement sous forme de fongicides, d’herbicides et d’insecticides (15). Les eaux usées rejetées par les activités de tourisme et de loisir à petite échelle et dispersées sur le territoire peuvent être à l’origine de la prolifération de bactéries et d’algues dans les écosystèmes d’eau douce des régions éloignées (16). Toutefois, les impacts de ces activités au Québec, en particulier dans les pourvoiries et les camps de vacances, ne sont pas encore connus. Les résidences secondaires équipées de fosses septiques polluent le sol et la nappe phréatique, car jusqu’à 25% des boues n’y sont pas traitées, et peuvent même, selon leur localisation, éventuellement se déverser dans un lac (5).

D’après les objectifs de développement durable, le secteur du tourisme est appelé à gérer son usage des ressources en eau plus efficacement et à éviter de déverser des substances qui nuisent à sa qualité (17). Quant aux répercussions de la disponibilité et de la qualité des ressources en eau sur le tourisme, peu d’études ont abordé cette question jusqu’à présent. En Floride, une étude a montré que les efflorescences d’algues en surface ont entraîné une baisse des revenus nets de 29% dans le secteur de la restauration et de 35% dans celui de l’hébergement (18). Il n’existe aucune estimation de l’impact économique net de la réduction de la qualité de l’eau des lacs au Québec.

Les démarches de résolution

Des solutions de rechange peuvent être envisagées pour réduire les coûts et la complexité des travaux de restauration environnementale de sites aquatiques. Au Québec, de nombreux projets de restauration ont été réalisés avec succès grâce à un partenariat entre l’industrie du tourisme, les agences gouvernementales et les organismes non gouvernementaux (19). Certains d’entre eux ont permis la plantation d’espèces végétales dans les bandes riveraines, l’organisation d’activités récréatives et de loisirs et le développement d’infrastructures sur le pourtour des lacs. D’autres actions de gestion, comme celle de semer des espèces aquatiques en vue d’améliorer le système de filtration naturelle, peuvent également être bénéfiques pour certains lacs, dans la mesure où les plantes accroissent la capacité d’absorption des éléments nutritifs (2).

Un des moyens les plus efficaces est de prévenir la pollution par une démarche d’éducation relative à l’environnement, dont le but est d’accroître le niveau de sensibilisation. Différentes organisations proposent des recommandations sur la consommation de l’eau et l’évacuation des substances toxiques. Les programmes de sensibilisation québécois comme la Charte des lacs (20) constituent des outils appréciables. Les pesticides, herbicides et insecticides sont des substances dont l’emploi est maintenant réglementé, bien que les répercussions de la réglementation varient selon les différentes utilisations du territoire. Depuis 2006, la loi ne permet plus l’utilisation de pesticides sur les pelouses et les espaces verts publics, y compris les aires semi-publiques et les terrains municipaux (6). Par conséquent, certains acteurs du secteur du tourisme comme les clubs de golf ont l’obligation de déposer d’ici 2009 un plan de réduction de 12,9% de l’usage de pesticides en moyenne, de 9,4% de fongicides, de 8,2% d’herbicides et de 7,4% d’insecticides. Les autres secteurs du tourisme ne semblent pas être soumis à de telles restrictions.

C’est le temps d’agir

La compétition pour les ressources en eau douce deviendra de plus en plus rude et les changements climatiques auront des incidences sur les lacs du Canada (21). Quelques exploitants d’entreprises touristiques ont déjà réduit leur niveau de consommation d’eau ou ont cessé d’utiliser des substances toxiques pour effectuer leurs opérations et ont trouvé des produits biodégradables pour remplacer les produits polluants généralement utilisés. Cependant, la portée des changements apportés dans le secteur n’a pas encore fait l’objet d’une évaluation. Au Québec, il est impossible de distinguer pour le moment la part de responsabilité du tourisme et des activités de loisir de celle des autres utilisations du territoire en ce qui a trait aux problèmes liés à la qualité de l’eau. Également, les impacts économiques des lacs sur l’industrie du tourisme dans les diverses régions ne sont pas connus. Il serait important de mieux comprendre les liens entre les ressources en eau et le tourisme et ainsi atténuer les problèmes auxquels se heurtent les principaux acteurs de l’industrie.

Sources

1. Klessing, L.L. (2001). « Lakes and Society: the Contribution of Lakes to Sustainable Societies », Lakes and Reservoirs: Research and Management, vol. 6, p. 95-101.
2. Jöbgen, A.M., A. Palm, et M. Melkonian (2004). « Phosphorus Removal from Eutrophic Lakes Using Periphyton on Submerged Artificial Substratal », Hydrobiologia, vol. 528, p. 123-142.
3. Babou, I., et P. Callot (2007). Les dilemmes du tourisme, Vuibert, Paris.
4. World Resources Institute (2008). Water Resources and Freshwater Ecosystems, [en ligne], 2007, [http://earthtrends.wri.org/features/index.php?theme=2] (page consultée le 2 mai 2008).
5. Hade, A. (2002). Nos lacs : les connaître pour mieux les protéger, Fides, Québec.
6. Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP) (2008a). Actions ministérielles en matière de pesticides, [en ligne], s. d., [www.mddepp.gouv.qc.ca/pesticides/actions.htm] (page consultée le 28 avril 2008).
7. Gössling, S. (2006). « Tourism and Water », dans S. Gössling et C.M. Hall (dir.), Tourism and Global Environmental Change: Ecological, Social, Economic, and Political Interrelationships, Routledge, Londres, p. 180-194.
8. Salmaso, N. (2000). « Factors Affecting the Seasonality and Distribution of Cyanobacteria and Chlorophytes: A Case Study from Large Lakes South of the Alps, with Special Reference to Lake Garda », Hydrobiologia, vol. 438, p. 43-63.
9. Davis, C. (2007). The Multiple Dimensions of Water Scarcity. EarthTrends. World Resources Institute.
10. Cronberg, G. (1999). « Qualitative and Quantitative Investigations of Phytoplankton in Lake Ringsjön, Scania, Sweden », Hyrobiologia, vol. 404, p. 27-40.
11. Larkin, S.L., et C.M. Adams (2007). « Harmful Algal Blooms and Coastal Business: Economic Consequences in Florida », Society and Natural Resources, vol. 20, p. 849-859.
12. McGarrigle, M.L., et W.S.T. Champ (1999). « Keeping Pristine Lakes Clean: Loughs Conn and Mask, Western Ireland », Hydrobiologia, vol. 395-396, p. 455-469.
13. Bramwell, B., et G. Pomfret (2007). « Planning for Lake and Lake Shore Tourism: Complexity, Coordination and Adaptation », International Journal of Tourism and Hospitality Research, vol. 18, no 1, p. 43-66.
14. Mosisch, T.D., et A.H. Arthington (2004). « Impacts of Recreational Power-boating on Freshwater Ecosystems », dans R. Buckley (dir.), Environmental Impacts of Ecotourism, Wallingford, CABI Publishing, p. 125-154.
15. Lavardière, C, S. Dion, et S. Gauthier (2007). Bilan des plans des réductions des pesticides sur les terrains de golf au Québec, Rapport réalisé pour le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Gouvernement du Québec.
16. Lukavsky, J., A. Moravcova, L. Nedbalova, et O. Rauch (2006). « Phytobenthos and Water Quality in Mountain Streams in the Bohemian Forest Under the Influence of Recreational Activity », Biologia, vol. 61 (suppl. 20), p. S533-S542.
17. United Nations Environment Programme Division of Technology, Industry, and Economics Sustainable Consumption & Production Branch. Resource Efficiency, [en ligne], s.d., [http://www.unep.fr/scp/tourism/topics/resource/use.htm] (page consultée le 2 mai 2008).
18. Hoagland, P., D.M. Anderson, Y. Kaoru, et A.W. White (2002). « The Economic Effects of Harmful Algal Blooms in the United States: Estimates, Assessment Issues and Information Needs », Estuaries, vol. 25, no 4, p. 819-837.
19. Tourisme Québec (2000). Guide de mise en valeur des plans d’eau du Québec à des fins récréotouristiques et de conservation du patrimoine, Groupe DBSF pour Tourisme Québec.
20. Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP) (2008b). Charte des lacs,[en ligne], s.d.,  [www.menv.gouv.qc.ca/eau/algues-bv/engagement/engagement.asp] (page consultée le 2 mai, 2008).
21. Jones, B.E., D. Scott, et S. Gössling (2006). « Lakes and Streams », dans S. Gössling et C.M. Hall (dir.), Tourism and Global Environmental Change: Ecological, Social, Economic, and Political Interrelationships, Routledge, Londres, p. 67-94.

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Ailleurs dans le monde Produits et activités Tourisme durable

Récupération, réutilisation et recyclage… du patrimoine!

Dans un monde où le recyclage est devenu le mot d’ordre, la récupération de bâtiments délaissés, de lieux inutilisés ou encore de matériaux s’inscrit tout naturellement dans le développement urbain. Le patrimoine bâti, qu’il soit d’origine industrielle, institutionnelle ou encore commerciale, jouit parfois d’une deuxième vie trépidante grâce à l’imagination et à la créativité d’entrepreneurs ou d’artistes qui n’ont pas froid aux yeux. Cette nouvelle vocation, généralement récréative, souvent culturelle, permet aux visiteurs comme aux «locaux» de découvrir des lieux inusités. Tour d’horizon de quelques conversions et récupérations profitables à l’industrie culturelle et touristique.

 

Une ancienne centrale électrique

Dans les années 1990, la Tate Gallery de Londres devait trouver un bâtiment, ou en construire un, pour exposer tout le volet moderne de la Tate collection. L’édifice alors désaffecté d’une centrale électrique s’est imposé de lui-même. Bâtiment d’envergure, disposant de beaucoup d’espace et situé le long de la rivière face à la cathédrale St. Paul, maintenant relié à la ville par le pont piétonnier Millenium Bridge, il répondait à tous les besoins. La firme d’architectes Herzog & Meuron a travaillé durant plusieurs années à cette conversion. L’ancienne salle des machines, notamment, a été transformée en un immense hall d’exposition. Bien visible de l’extérieur, une imposante structure de verre a été ajoutée sur la toiture, permettant ainsi à la lumière de pénétrer en abondance.

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Un musée démontable

Le Nomadic Museum voyage d’une ville à l’autre afin de présenter l’exposition permanente qu’il héberge: Ashes and Snow de Gregory Colbert. Ce dernier est à l’origine de ce concept architectural plutôt audacieux: un musée dont la structure démontable peut s’assembler relativement facilement dans les ports de ville, souvent pourvus de grands espaces. Le premier Nomadic Museum était constitué de 152 conteneurs en acier et de divers matériaux récupérés et recyclables. En tout, le musée occupe 5300 mètres carrés, soit deux galeries d’exposition et trois salles. Le musée a d’abord vu le jour à Venise, puis a visité New York, Santa Monica et Tokyo. Il est actuellement à Mexico, entièrement fait de bambou cette fois.

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Un transatlantique de 1936

Dans un tout autre registre, le Queen Mary, ancien transatlantique, amarré au port de Long Beach en Californie depuis de nombreuses années, est une destination touristique en soi. Inauguré en 1936 en Angleterre, ce paquebot est chargé d’histoire. À bord, on trouve notamment un hôtel, des restaurants, des boutiques, des cafés et des bars. On peut y voir des spectacles, faire un tour guidé historique. Il est même possible de prendre part au Ghosts & Legends Show qui relate entre autres, à travers une visite des lieux, les événements paranormaux qui ont été rapportés au cours des années. Et pour une quatrième année consécutive, le festival Art Deco, en association avec l’Art Deco Society of Los Angeles, se déroulera à son bord en septembre.

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La TOHU

On ne peut parler de conversion d’un lieu sans évoquer la formidable transformation générée par la TOHU dans le quartier Saint-Michel à Montréal. Sis sur une ancienne carrière puis site d’enfouissement en réhabilitation, la TOHU regroupe sur son territoire la première salle de spectacles circulaire au Canada, le pavillon d’accueil du Complexe environnemental de Saint-Michel (CESM) les bureaux d’En Piste, l’École nationale de cirque, ainsi que le siège social international et le centre d’hébergement des artistes du Cirque du Soleil. Elle constitue l’un des plus grands carrefours de formation, de création, de production et de diffusion en arts du cirque au monde. En plus, elle participe activement à la réhabilitation d’un des plus importants sites d’enfouissement en milieu urbain de l’Amérique du Nord, tout en contribuant à la revitalisation du quartier, et elle priorise l’embauche de ses résidants.

Le pavillon d’accueil a été conçu avec un grand souci environnemental. Certifiée Leed (Leadership in Energy and Environmental Design), la structure rassemble de nombreux éléments architecturaux recyclés. Par exemple, les rampes de la balustrade de l’escalier intérieur proviennent des anciennes autos tamponneuses de La Ronde. Des poutres recyclées des usines Angus font partie de la structure du bâtiment et des dormants de chemin de fer ont été nettoyés et décontaminés pour être intégrés à l’entrée et à la terrasse. La TOHU regroupe ainsi une partie du patrimoine industriel de Montréal.

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Quand une librairie devient un attrait

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Une église de Maastricht, aux Pays-Bas, datant de 1294, a récemment subi une transformation extrême. La conversion de l’institution en librairie l’a rendue plus populaire que jamais. Il s’agit maintenant d’une attraction, si ce n’est que pour y découvrir le design architectural du commerce intégré au somptueuxbâtiment restauré. Les nombreuses églises européennes se vident… certains entrepreneurs y vont d’audace et en font des commerces. Mais l’église et les livres devraient faire bon ménage puisque la lecture, le silence, le recueillement et la réflexion forment un heureux mélange.

 

Tirer profit de notre histoire

Une utilisation inventive du patrimoine et le recours à des concepts novateurs pour la diffusion des arts transforment et dynamisent les milieux urbains. Tirons profit des espaces abandonnés, des composantes de notre histoire industrielle et du cadre bâti existant en lui redonnant vie par les arts, la culture et le design. Inspirons-nous de ce qui se fait ailleurs, les exemples ne manquent pas!

Source:
– Castro-Fernandez, Bélen et Rubén C. Lois-Gonzalez. «Se loger dans le passé», Espaces et sociétés, no 126, 2006.
– Glancey, Jonathan. «In the Beginning Was the Bestseller», Guardian, 9 avril 2008.
– Nadeau, Gervais. «La Tohu: Moteur de développement économique», Réseaux, juin-juillet 2008.

Sites Internet:
– Ashes and Snow: http://www.ashesandsnow.org
– La TOHU: http://www.tohu.ca
– Merkx + Girod: http://www.merkx-girod.nl/
– Queen Mary: http://www.queenmary.com
– Tate Modern: http://www.tate.org.uk

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Produits et activités Tourisme durable

Des écovillages s’ouvrent au tourisme

Des gens déterminés à réduire leur empreinte environnementale créent de nouveaux modèles de microsociétés. Les écovillages invitent les voyageurs à découvrir leur mode de vie, à participer à leurs activités, à apprendre les bonnes pratiques écologiques et à visiter des lieux naturels conservés. En 1998, ce type de village figurait parmi les cent meilleures pratiques des Nations Unies en tant que mode de vie durable.

Rien à voir avec les communes et les hippies des années 1960

Les éco-communautés se veulent une réponse aux défis sociaux, économiques et environnementaux actuels et c’est pourquoi on en voit émerger de plus en plus. Elles prennent diverses formes, mais toutes ont les mêmes objectifs: vivre en harmonie avec l’environnement, adhérer aux principes de développement durable et de solidarité sociale.

Voici quelques-unes de leurs caractéristiques:

  • elles visent l’utilisation durable des ressources naturelles – constructions écologiques, sources d’énergie renouvelable, protection et régénération des écosystèmes, agriculture biologique, permaculture, gestion des déchets, achats locaux, etc.;
  • elles sont composées habituellement de personnes de tous âges et de tous milieux;
  • elles s’appuient sur un processus décisionnel collectif (charte) et sur le partage de biens et d’espaces communs;
  • elles prônent des valeurs de respect, d’entraide mutuelle, de solidarité et de partage, tout en préservant un équilibre entre la vie privée et la vie communautaire;
  • elles préservent et mettent en valeur des zones protégées;
  • elles aspirent à une viabilité économique par la création de micro-éco-entreprises;
  • elles restent ouvertes sur la société et ne visent pas l’autarcie.

L’écohameau regroupe un petit nombre de personnes tandis que l’écovillage compte généralement plus de 50 habitants. Quant au cohabitat (co-housing), il se situe en milieu urbain ou en banlieue.

Bien que les collectivités partagent les mêmes idéaux, chacune est unique: leur environnement physique diffère; certaines ont été créées de toutes pièces et d’autres sont indigènes; elles peuvent regrouper plusieurs nationalités ou une seule; le nombre de leurs membres varie; certaines embrassent des valeurs spirituelles; etc.

La rencontre de deux mondes

Plusieurs de ces éco-communautés invitent les touristes à venir les visiter. Cette ouverture permet aux voyageurs de vivre diverses expériences:

  • découvrir une culture et un environnement particuliers et s’y immerger;
  • appréhender les valeurs sociales, culturelles et écologiques des habitants;
  • mieux comprendre le fonctionnement des principes de développement durable;
  • apprendre des notions et des techniques de pratiques écologiques;
  • vivre des échanges et des expériences hors du commun;
  • découvrir des sites naturels attrayants.

Un peu partout dans le monde

Voici quelques exemples de microsociétés qui s’ouvrent au tourisme.

En Écosse – Créée en 1962 près d’Inverness, la Findhorn Foundation Community est considérée comme une éco-communauté pionnière. Elle se définit aussi comme un centre d’éducation spirituelle. Le site principal, The Park, compte 300 résidants, 90 structures écologiques (maisons, ateliers de travail, centre de traitement), potagers, éoliennes, centre d’arts et beaucoup plus. Elle accueille des milliers de visiteurs annuellement, soit pour une journée (visite, ateliers, événements, etc.), soit pour des séjours plus longs où les touristes collaborent à la vie communautaire (jardins, cuisine, entretien ménager, maintenance) et participent à des activités de groupe (excursions en nature, discussions, danse). En soirée, divers thèmes sont explorés avec des membres de la communauté.

À Los Angeles – Le Los Angeles Eco-Village (environ 500 personnes) défie le mode de vie urbain et le réinvente de façon écologique. Par le biais de visites guidées, de conférences, d’ateliers et d’actions médiatiques, les habitants partagent leurs savoirs et leurs bonnes pratiques.

En Australie – Créé en 1987 au nord de Brisbane, le Crystal Water Village regroupe en son centre activités commerciales et éducationnelles, industrie légère et tourisme. En 1996, il obtenait le World Habitat Award soulignant son rôle de pionnier du développement durable dans le domaine de l’habitation. C’est avant tout sur le segment du tourisme éducationnel que ce village se positionne.

Brésil, Inde, Mexique, Sénégal… – Living Routes organise des voyages d’études ou des stages pratiques sur le terrain. Certains programmes sont reconnus par la University of Massachusetts Amherst et par d’autres établissements d’éducation. Au tableau noir et aux livres traditionnels, on ajoute donc un moulin à vent, un système de gestion des déchets ou une ferme biologique. On peut y étudier la dynamique de groupe, la permaculture, la construction écologique et même les dimensions juridiques de ce type de communautés.

Au Canada – Selon les registres du Global Ecovillage Network, la Colombie-Britannique possède une longueur d’avance quant au nombre d’écovillages, suivie de l’Ontario.

Au Québec – Plusieurs projets voient le jour sous différentes formes, mais tous n’empruntent pas la voie touristique. Situé à Saint-Sylvestre dans la région Chaudière-Appalaches à moins d’une heure de Québec, l’écovillage Mont Radar a démarré en 2005 sur les terrains d’une ancienne base militaire et se définit comme un écovillage en «chantier». Il regroupe un ensemble de micro-entreprises et vise à rassembler une diversité d’intérêts et de métiers. La communauté offre des activités récréotouristiques en accord avec les principes du développement durable: base de plein air, rassemblements et événements (Foire des écoalternatives, Festival de musique, Fête des neiges, etc.), conférences et ateliers. À Saint-Elzéar, en Gaspésie, la Coopérative Nature Tourisme Aventure Connecté à la Terre (CONTACT) planche sur un projet de village rural du futur, lequel comprendra un produit écotouristique de même qu’un centre de congrès international lié au développement durable.Terravie compte elle aussi s’ouvrir aux touristes avec son projet d’écovillage à Montcalm dans les Laurentides. Au cœur de la côte de Beaupré, l’Arche écologique de Château-Richer souhaite favoriser le développement récréotouristique de la région grâce à la mise en valeur de sentiers pédestres et d’interprétation.

Parions que les écovillages feront écho dans le paysage écotouristique mondial en raison de la vague environnementaliste qui déferle sur la planète et de l’engouement des gens pour les pratiques écologiques. Écho, éco, écho, éco!

Sources:
– Angers, Gilles. «Fête des neiges au mont Radar de Saint-Sylvestre», Le Soleil, 3 février 2007.
– Angers, Gilles. «Écovillages: le désir de vivre selon un nouvel ordre établi», Le Soleil, 25 novembre 2006.
– Bonneau, Danielle. «Écovillages et écohameau: des petites communautés», La Presse, 29 décembre 2007.
– Borde, Valérie. «Sainte-Marguerite de l’utopie», L’Actualité, 1er novembre 2006.
– Kessler, Sarah. «Eco-Villages – Studying in Sustainable Communities Throughout the World»,
[www.abroadview.org/avmag/2008spring_kessler.htm].
– Sachs, Andrea. «Eco-communities Around the World Open up to Tourists», The Seattle Times, 19 mai 2008.

Autres sites consultés:
Communauté en fête
Les éditions de La Plume de Feu
Réseau des ÉcoHameaux et ÉcoVillages du Québec

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Gestion Tourisme durable

Développer une région touristique de façon harmonieuse, c’est possible! (Compte rendu de conférence)

Comment assurer un développement récréotouristique durable et harmonieux propice à la mise en valeur d’une région, et ce, en se basant sur la concertation? La réponse: la coopérative de solidarité, une entreprise collective privée à l’esprit entrepreneurial. Et ça fonctionne! Nous vous présentons la coopérative de solidarité Vallée Bras-du-Nord dans la région de Saint-Raymond de Portneuf. Par son approche novatrice de gestion et de coopération, elle a remporté une dizaine de prix pour son projet Tourisme, paysage et coopération.

Danielle Larose, initiatrice et conseillère de la coopérative de solidarité Vallée Bras-du-Nord, est venue présenter le projet Tourisme, paysage et coopération lors des Journées RÉSEAU de la Fédération québécoise des organisations locales de tourisme, tenues en avril dernier à Québec. Mme Larose est avocate et conseillère juridique spécialisée en développement local, durable et solidaire dans les secteurs du tourisme, de la culture et auprès des autochtones.

La coopérative de solidarité est une structure de l’économie sociale qui intègre la notion de rentabilité, à la fois économique et sociale. Celle de la vallée du Bras-du-Nord n’est donc pas un organisme à but non lucratif, mais plutôt une organisation collective privée où les revenus générés sont réinvestis dans l’entreprise pour consolider les emplois des membres travailleurs, pour développer des infrastructures et en assurer la pérennité.

Créée en 2002, cette entité est issue d’une concertation locale entre les propriétaires riverains, les entreprises qui offrent des services récréotouristiques, les travailleurs récréoforestiers et touristiques, de même que les intervenants économiques locaux qui souhaitaient un développement de qualité qui mettrait en valeur la superbe vallée du Bras-du-Nord.

Pourquoi instaurer une telle structure?

  • Parce que la région possède des attraits significatifs – une vallée magnifique, 35 kilomètres de rivière, de nombreuses montagnes et falaises, une chute majestueuse, un paysage bucolique…
  • Pour contribuer à diversifier l’économie d’une communauté agroforestière dans une démarche de développement durable.
  • Pour susciter la coopération entre les différents acteurs.
  • Pour maintenir l’équilibre entre le développement touristique, l’exploitation forestière, la villégiature, l’environnement et la population locale.
  • Pour protéger le territoire et le mettre en valeur.
  • Pour élargir la participation active de la population, des entreprises touristiques, des travailleurs forestiers, des visiteurs, des intervenants (municipaux et gouvernementaux) à la mission de la coopérative de solidarité.
  • Pour faire converger des intérêts divergents.
  • Parce que la coopérative de solidarité unit le meilleur de l’entrepreneuriat collectif et privé.
  • Parce qu’elle se base sur les principes de la participation, de la prise en charge, de la responsabilité individuelle et collective.
  • Pour exercer un effet de levier significatif pour les entreprises privées.

L’ABC de cette coopérative de solidarité touristique

Qui s’occupe du développement des projets, de la promotion de la région, de l’accueil des visiteurs (information, signalisation sur le territoire, système de navettes pour réduire les déplacements automobiles, etc.) et de l’encadrement sécuritaire de la pratique des activités? La coopérative de solidarité.

Cette dernière privilégie l’encadrement (normes, code d’éthique, guide de bonnes pratiques, contrats de droits de passage, etc.) plutôt que l’instauration de réglementations. Le Plan d’implantation et d’intégration architectural (PIIA) a été établi par la suite afin de protéger les actions volontaires de la population.

La coopérative donne de l’emploi de qualité aux gens de la région, en particulier à des jeunes en situation d’insertion socioprofessionnelle. Depuis huit ans, 80 de ces jeunes ont travaillé d’arrache-pied à l’aménagement de plus de 70 kilomètres de sentiers. Elle sensibilise et mobilise la population en expliquant les projets et en tenant plusieurs actions citoyennes (fête champêtre, trousses d’actions, randonnée éco sommet, colloques, etc.).

Exploiter une coopérative de solidarité n’est pas un parcours qui se fait sans heurt surtout quand il s’agit de rivalités d’intérêts et de respect des droits de chacun. Tout passe par le dialogue et les préceptes du développement durable guident les choix. Le processus décisionnel s’exerce de façon démocratique selon trois types de membership – travailleur, utilisateur, soutien corporatif et individuel – et tous ont voix au chapitre: un membre, un vote.

Le projet Tourisme Paysage et Coopération intègre concrètement les seize principes de développement durable (qualité de vie, protection de l’environnement, efficacité économique, participation et engagement des citoyens, etc.) dans sa gestion courante et dans ses futurs développements.

La suite des choses…

Les gestionnaires ont encore beaucoup de pain sur la planche: consolidation du projet, mise en action du plan stratégique 2008-2012, atteinte de la rentabilité financière et évaluation de la pertinence et de l’impact de l’obtention d’un statut de parc régional. Plusieurs organismes nationaux, régionaux et locaux ont appuyé ce projet et d’autres devraient s’y joindre.

Par ses actions, la coopérative de solidarité Vallée Bras-du-Nord souhaite devenir une destination récréotouristique incontournable au Québec tout en gardant l’authenticité qui la distingue. C’est la grâce qu’on lui souhaite!

Sources:

– Larose, Danielle. «Tourisme, paysage et coopération», Les Journées RÉSEAU FQOLT (Fédération québécoise des organisations locales de tourisme), «Le développement durable en tourisme», tenues les 16 et 17 avril 2008 à Québec.
– La coopérative de solidarité Vallée Bras-du-Nord
Le Chantier de l’économie sociale

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Tourisme durable

Vous avez dit «géotourisme»?

À l’automne 2007, Montréal devenait la première ville au monde à adhérer à la Charte en géotourisme de la National Geographic Society. Bien que la nouvelle ait fait la manchette, plusieurs se demandent encore ce qu’est le géotourisme. Est-il relié à l’écotourisme? Au tourisme durable? Qu’est-ce qu’un produit «géotouristique»? Tour d’horizon du géotourisme.

Définitions

Le «géotourisme» n’existe pas dans les dictionnaires classiques. Mais rappelons-nous que le mot «géo» vient du grec «gê» qui signifie «terre»! Le géotourisme réfère donc au tourisme de la terre. La National Geographic Society, qui s’est approprié l’appellation, définit ainsi le géotourisme:

«tourism that sustains or enhances the geographical character of a place – its environment, culture, aesthetics, heritage, and well-being of its residents».

En traduction libre: tourisme qui soutient et met en valeur le caractère géographique d’un lieu, son environnement, sa culture, son esthétisme, son patrimoine et le bien-être de ses habitants. Le géotourisme englobe donc les principes de développement durable et la protection des caractéristiques locales de la destination ainsi que les bénéfices qu’ils peuvent apporter aux visiteurs comme aux résidants. Il adopte également le précepte de l’écotourisme selon lequel le tourisme fait la promotion de la conservation de la nature.

Dans la présente analyse, nous nous en tiendrons au concept de géotourisme développé par la National Geographic Society.

Le géotourisme mise donc sur une synergie des composantes géographiques d’un lieu qui se traduit par une expérience touristique plus riche que la somme de ses parties. Le géotourisme:

  • implique la communauté, les entreprises locales et les groupes de citoyens;
  • informe les visiteurs comme les résidants;
  • génère des retombées économiques pour la communauté;
  • économise les ressources;
  • respecte la culture locale et les traditions;
  • recherche la qualité au-delà de la quantité;
  • encourage l’intégrité et le caractère local d’un lieu, l’authenticité;
  • suscite l’enthousiasme des touristes: ceux-ci feront ainsi part de leurs expériences à d’autres, qui voudront faire de même!

Et Montréal souscrit à tout ça?

L’adhésion de Montréal à la Charte en géotourisme du Center for Sustainable Destinations (CSD) de la National Geographic Society fut le résultat d’un processus de plusieurs mois. Parmi les arguments favorisant Montréal, soulignons:
• antécédents avérés de bonne gestion de la destination touristique;
• engagement marqué à développer de nouvelles activités liées au concept de géotourisme;
• leadership sur la scène internationale dans les secteurs de la conservation et du tourisme.

En signant la Charte, Montréal s’engage à respecter les treize grands principes du géotourisme. Parmi les autres destinations signataires de cette charte, mentionnons le Guatemala, le Honduras, la Roumanie, la Norvège ainsi que les États américains du Rhode Island et de l’Arizona.

2008 Geotourism Challenge

Le CSD encourage les individus et les organisations de toutes tailles à emprunter l’approche du géotourisme. Pour les inciter à adopter de bonnes pratiques, cet organisme a mis sur pied le 2008 Geotourism Challenge dont l’objectif est d’identifier et de promouvoir les entreprises novatrices qui s’inscrivent dans le mouvement du géotourisme. Les trois gagnants reçoivent chacun 5000$, en plus de la visibilité et du prestige d’être associé à la National Geographic Society et son partenaire dans ce concours, Ashoka Changemakers.

Deux exemples

The Great Baikal Trail, un réseau de 540 kilomètres de sentiers autours du plus vieux lac du monde, en Russie, fait partie des finalistes. La population locale – surtout composée par la communauté autochtone sibérienne –, très impliquée dans le projet, tenait à préserver son environnement et surtout son style de vie traditionnel. En plus de mettre en valeur leurs traditions, le Great Baikal Trail a permis à un grand nombre d’entre eux d’obtenir un travail valorisant et un salaire décent, ce qui n’est pas toujours le cas dans les milieux ruraux isolés de la Russie. La participation à ce grand projet rassembleur, qui regroupe diverses instances gouvernementales, a rapproché les habitants, les entreprises et les élus. La prise de conscience concernant la richesse du territoire s’exerce auprès de la communauté locale comme auprès des touristes.

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Autre finaliste, les Crete’s Culinary Sanctuaries (CCS). Le but premier de ce produit agrotouristique de l’île de Crête, en Grèce, consiste à protéger la culture et la nature de la région en créant des occasions de contact entre les communautés et les visiteurs. La formule se présente sous forme de séminaires/excursions sur mesure pour petits groupes, grâce à un réseau de spécialistes, dont des agriculteurs de fermes biologiques, des chefs cuisiniers et des historiens qui partagent leurs connaissances de la Crête. Les visiteurs en apprennent davantage sur la cuisine santé méditerranéenne et la fabrication de ses produits comme l’huile d’olive, le fromage, le pain et le vin. CCS est reconnu mondialement pour ses programmes éducatifs et fait figure de bonne pratique au sein d’organisations internationales comme le World Travel and Tourism Council.

Laissez-vous inspirer!

Sur le site Internet du concours, il est possible de consulter chacune des inscriptions. Des 323 candidatures en provenance de 83 pays, les juges en ont retenu 15, mais aucune de l’Amérique du Nord. Les produits touristiques en compétition sont novateurs, surtout dans leur mode de fonctionnement. Il s’agit là de bonnes pratiques très inspirantes! Avis aux intéressés: bien que la première édition soit terminée, cette compétition annuelle se répétera au cours des deux prochaines années!

Sources:
– National Geographic. [www.nationalgeographic.com/travel/sustainable/about_geotourism.html], consulté le 5 juin 2008.
– Saint-Pierre, Brigitte. «Adhésion de Montréal à la Charte en géotourisme – Pour un développement touristique durable», Le Devoir, 31 octobre 2007.

Sites Internet:
Crete’s Culinary Sanctuaries
Great Baikal Trail
The Geotourism Challenge

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Hébergement Tourisme durable

Les tendances en matière d’adhésion à des labels écologiques dans les hôtels canadiens

Les améliorations de la performance environnementale du secteur de l’hôtellerie ne font pas l’objet d’une évaluation systématique. Il est donc difficile d’estimer la réelle ampleur du changement qui, dans le cas du Canada, n’est pas uniforme selon les divers programmes auxquels les établissements peuvent adhérer (voir tableau 1). Si quelques hôtels arrivent à verdir leur performance, le secteur n’en est qu’à la case départ en ce qui concerne la réduction de son empreinte écologique. En effet, moins de 2% des établissements hôteliers du Québec enregistrés par la CITQ (Corporation de l’industrie touristique du Québec) participent officiellement à l’un ou l’autre des programmes offerts.

Le Programme d’évaluation écologique Clé verte

Le programme d’évaluation écologique Clé verte a été inauguré en 1997; sa gestion est assurée par l’Association des Hôtels du Canada (HAC). Les clés vertes permettent d’identifier les établissements participants et le nombre de clés qui leur est accordé sert d’indicateur des mesures «vertes» mises en œuvre. Bien que cette étiquette soit disponible à tout demandeur, le programme est conçu pour les grands hôtels. Pour participer, il faut compléter un questionnaire en ligne composé de 140 questions portant sur cinq secteurs d’exploitation. Depuis 2007, l’AHC procède à des vérifications aléatoires sur le terrain.

Présentement, environ 600 propriétés à travers le Canada sont inscrites au programme (tableau 1). D’ici la fin de 2008, on souhaite atteindre 1000 établissements, soit 30 à 40% de tous les hôtels canadiens d’une capacité de 50 chambres ou plus. En mars 2008, l’Ontario et la Colombie-Britannique comptaient le plus grand nombre d’hôtels dans ce programme (tableau 1), la majorité d’entre eux affiliés à une chaîne et classés trois clés (graphique 1). Dans l’ensemble, on considère que les hôtels classés cinq clés ont respecté les normes les plus élevées en matière de gestion environnementale et de responsabilité sociale dans tous les secteurs d’exploitation. Les normes sont établies à l’échelle internationale et portent sur la durabilité des activités hôtelières (voir la liste en fin de texte pour des exemples).

Graphique 1: Nombre d’hôtels canadiens et leur classement selon le nombre de clés

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Au Québec, les établissements ayant obtenu une certification sont inégalement distribués dans les régions touristiques (graphique 2). Montréal en compte le plus grand nombre, suivi de Québec et de la Montérégie, qui se classent respectivement aux deuxième et troisième rangs. Certaines régions ne sont pas du tout représentées.

 

Graphique 2: Nombre d’établissements qui participent au programme d’évaluation
écologique Clé verte selon les différentes régions touristiques québécoises

 

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Programme Greenleaf d’Audubon

Depuis 2000, le programme d’évaluation écologique de l’organisme Audubon International est offert en collaboration avec l’agence TerraChoice Environmental Marketing, Inc. Les entreprises qui participent obtiennent de une à cinq feuilles vertes et le nombre de feuilles est une indication du nombre de mesures environnementales mises en œuvre. Les participants réalisent une autoévaluation des six principaux secteurs d’exploitation qui est ensuite analysée par TerraChoice Environmental Services. Ce dernier assure également la gestion du processus indépendant de contrôles ainsi que la tenue de vérifications aléatoires des adhérents sur le terrain.

Bien que tous les genres d’établissements hôteliers puissent adhérer au programme, à ce jour (mars 2008), seulement 44 membres au Canada – répartis surtout dans les provinces du Manitoba, de la Nouvelle-Écosse et de l’Ontario – l’ont fait (tableau 1). Au Canada, la plupart de ces établissements ont reçu trois feuilles. Au Québec, il y a deux établissements, situés à Montréal, et ils sont classés deux feuilles. Le faible nombre de participants canadiens s’explique par la popularité du programme Clé verte de l’AHC, bien que certains hôtels adhèrent aux deux programmes.

Réser-vert

En novembre 2007, l’Association des hôteliers du Québec, en collaboration avec ses partenaires des secteurs privé et public, a lancé son propre programme visant à identifier les établissements qui ont intégré les principes de développement durable à leurs opérations. Les établissements certifiés peuvent afficher un logo arborant un Thuya occidentalis, dont les trois couleurs sont représentatives des trois piliers du développement durable. Comparable aux autres, Réser-vert comprend aussi une autoévaluation, qui porte sur 140 opérations particulières dans 10 catégories. Tous les établissements hôteliers peuvent déposer une demande d’adhésion. Il est encore trop tôt pour calculer le taux de participation à l’aide de données statistiques.

LEED

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Présentement, parmi tous les programmes en matière d’environnement bâti, LEED (Leadership in Energy and Environmental Design) est le plus rigoureux. Ce programme, géré par le Conseil du bâtiment durable du Canada, est conçu pour les établissements en construction ou en rénovation. Les participants réalisent une évaluation à partir d’indicateurs de rendement, de même qu’une évaluation qui porte sur plusieurs secteurs d’exploitation, dans le but de recevoir un certificat argent, or, ou platine. En mars 2008, parmi les six hôtels canadiens participants, la moitié se trouve en Ontario (tableau 1) et la certification la plus élevée octroyée jusqu’à présent est l’or.

Le marché réagit-il?

Il existe des preuves (avancées du moins par les grandes chaînes hôtelières) selon lesquelles être vert se traduit par une bonne image, des épargnes et une nette amélioration du rendement économique. Pendant cette période d’ajustement du marché à la «révolution verte», l’importance d’être vert ne cessera de croître. D’après les études recensées, il est clair que la demande pour un hébergement vert est grandissante, mais il est difficile de l’évaluer pour différentes destinations en s’appuyant sur des données avérées. Cela dit, il semble que les voyageurs sensibilisés à l’environnement ne se contentent plus seulement de mesures symboliques comme la réutilisation de serviettes de bain.

Selon des rapports en provenance d’Europe, la responsabilité sociale corporative devient de plus en plus un facteur de poids dans le secteur des conférences et des événements pour les années à venir et cette tendance se confirme également en Amérique du Nord. Le site greenlodgingnews.com présente les résultats d’un sondage réalisé en 2008 par l’Association des Hôtels du Canada et Fleishman Hillard sur les intentions de voyage à l’étranger. On y rapporte que 29% des voyageurs d’affaires et 21% des voyageurs d’agrément étaient prêts à débourser 5% de plus pour un séjour respectueux de l’environnement. L’étude montre aussi que 52% de tous les voyageurs interrogés recherchaient, «à l’occasion» ou «le plus possible», des hôtels qui ont adopté de solides pratiques vertes, alors que 46% ont répondu «rarement ou jamais». Il est intéressant de noter que 91% des répondants n’étaient pas au courant du programme canadien d’évaluation écologique Clé verte. À la question portant sur l’adoption par leur organisation d’une politique relative aux déplacements écologiques, 60% ont répondu non, 8% oui et 32% ont admis ne pas savoir.

Pendant ce temps, l’industrie hôtelière doit poursuivre ses «affaires». Un établissement qui présente une faiblesse sur le plan des valeurs et de la compétence commerciale n’améliore pas ses chances de succès. L’aperçu de la participation aux programmes de certification écologique donne à penser que l’attitude de responsabilité à l’égard de l’environnement des petits hôtels est moins évoluée que celle des hôtels certifiés appartenant à des chaînes. Dans les faits cependant, les petits établissements sont nombreux à améliorer leur performance de développement durable. Pour eux, l’environnementalisme comme moyen de générer un réel profit est peut-être un défi top ambitieux. Le fait que les touristes verts ne sont pas encore assez nombreux leur permet toutefois de gagner du temps. D’autres forces qui sont en jeu pourraient les inciter à changer de cap et à être plus respectueux de l’environnement, notamment l’augmentation de 70% des coûts énergétiques dans certaines provinces canadiennes ainsi que des coûts d’enfouissement des déchets plus élevés au cours des cinq prochaines années.

Tous les hôtels, sans exception, doivent apporter des modifications à leurs pratiques et progresser vers une responsabilisation accrue de leurs opérations. En vue de les aider à réussir dans cette démarche, il existe aujourd’hui des centaines de ressources et de nombreuses pratiques exemplaires.

Liste d’hôtels qui ont des pratiques exemplaires selon les programmes qui ont fait l’objet de cette étude:

Siwash Lake Ranch
The Fairmont Chateau Lake Louise
Hospitality Inns & Suites, Lloydminster
Monterey Inn Resort & Conference Centre
Trout Point Lodge
Aurum Lodge
E’Terra Inn

Notes:

Les droits de participation aux programmes sont variables. Pour les membres d’une organisation, les droits d’adhésion aux programmes de reconnaissance sont:

Clé verte de l’Association des Hôtels du Canada: 350 CAD (+ taxes) par propriété, payables annuellement.

Greef Leef d’Audubon: 500 CAD (+taxes) et 1 $ en sus par chambre, pour les établissements d’une capacité de 50 chambres ou moins; 800 CAD (+taxes) et 1$ en sus par chambre pour les établissements de plus de 50 chambres.

Réser-vert de l’Association des hôteliers du Québec: 150 CAD lors de l’adhésion; par la suite, cotisation annuelle fixe de 350 CAD (+taxes).

Leadership in Energy and Environmental Design (LEED): droits de participation variables selon la taille de l’établissement. Pour un hôtel québécois d’une superficie de plancher de moins de 500 mètres carrés, un investissement d’environ 4200 CAD (+taxes) est nécessaire pour obtenir la certification, en plus des frais d’enregistrement de 1000 CAD (+taxes). Pour les établissements en rénovation, le tarif est réduit de 50%, y compris les frais d’enregistrement.

Sources:

– Association des Hôtels du Canada. [[http://www.hacgreenhotels.com/index.htm], dernière consultation le 30 mars 2008.
– Association des hôteliers du Québec. [[http://www.hoteliers-quebec.org/fr/accueil.php], dernière consultation le 30 mars 2008.
– Audubon Green Leaf Eco-rating Program. [[http://www.terrachoice.ca/hotelwebsite/indexcanada.htm], dernière consultation le 30 mars 2008.
– Buckley, R. «Tourism Ecolabels», Annals of Tourism Research, vol. 29, no 1, 2002, p. 183-208.
– Conseil du bâtiment durable du Canada. [http://www.cagbc.org], dernière consultation le 30 mars 2008.
– Corporation de l’industrie touristique du Québec. [http://www.citq.info/nouvelles/statistiques.asp], dernière consultation le 30 mars 2008.
– Font, X. et C. Harris. «Rethinking Standards from Green to Sustainable», Annals of Tourism Research, vol. 31, no 4, 2004, p. 986-1007.
– Hasek, G. «Leed Gold-Certified E’Terra Inn Is Natural Fit for Niagara Reserve», Green Lodging News, 6 février 2008 [www.traveldailynews.com], dernière consultation le 30 mars 2008.
– Hasek, G. «Canada’s Hoteliers Gather To Explore Green Trends, Best Practices», Green Lodging News, 26 février 2008 [www.greenlodgingnews.com], dernière consultation le 30 mars 2008.
– Hospitality and Sales Association International. Resources for Resourceful – Hospitality Firms, été 2007, p. 28-30.
– McDonald-Gibson, C. «Des hôtels écolos tendent la main aux voyageurs», Agence France-Presse, jeudi 3 avril 2008.
– Reiser, A. et D.G. Simmons. «A Quasi-experimental Method for Testing the Effectiveness of Ecolabel Promotion», Journal of Sustainable Tourism, vol. 13, no 6, 2005, p. 590-616.
– Terra Choice Environmental Marketing. [http://www.terrachoice.com], dernière consultation le 30 mars 2008.
– Verikios, M. «CSR Higher on the Business Agenda», Travel Daily News 19 octobre 2007 [www.traveldailynews.com], dernière consultation le 19 octobre 2007.
– Verikios, M. «Focus on Environmental Responsibility Within Meetings Industry», Travel Daily News, 04 septembre 2008 [www.traveldailynews.com], dernière consultation le 10 avril 2008.

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Tourisme durable

Évaluation de la demande en matière de tourisme durable

Rachel Dodds, experte associée au Réseau de veille en tourisme, directrice, Tourisme durable, et professeure adjointe à l’université Ryerson de Toronto, ainsi que Marion Joppe, présidente, Tourism Environment et professeure à la School of Hospitality & Tourism Management & University Research Chair in Tourism, présentent une évaluation de la demande en matière de tourisme durable.

Bien qu’il ne fasse aucun doute que le tourisme doit être durable, la demande actuelle en la matière est difficile à évaluer puisque la plupart des données ne présentent que des preuves anecdotiques en parts de marché. Au cours des dernières années, un certain nombre de sondages ont été menés en vue de connaître la demande en tourisme durable et, dans certains cas, le désir des personnes sondées de compenser financièrement l’impact de leurs déplacements sur l’environnement.

Un bon nombre d’études montrent que le consommateur s’intéresse de plus en plus au tourisme durable. En Europe, 95% des touristes suisses considèrent le respect de la culture locale comme un élément très important dans le choix d’un voyage (1) et environ 87% des répondants au sondage du responsibletravel.com (2004) indiquent qu’ils sont également intéressés à découvrir la nourriture et la culture locales ainsi qu’à utiliser les guides locaux lors de leurs voyages. Les personnes interrogées par l’Association of British Travel Agents (2), quant à elles, jugent très important que leurs vacances ne nuisent pas à l’environnement (45%) et qu’elles profitent aux collectivités locales (pour 30% des répondants, par le biais d’emplois et d’occasions d’affaires, par exemple). Selon le National Geographic (3), 55 millions de voyageurs américains se disent soucieux de l’environnement et de la société. Ces geotravellers cherchent «des expériences de voyage uniques et culturellement authentiques tout en protégeant et en préservant le milieu écologique et culturel» (p. 4). De ces voyageurs, 38% seraient prêts à payer une prime pour recourir à des compagnies de voyages respectueuses de l’environnement (notons que seulement 6% des touristes américains voyagent à l’étranger).

C’est en 2007 que semble s’être amorcé le virage environnemental, avec des résultats contradictoires. Plus optimiste, le sondage de Lonely Planet auprès de 24 500 consommateurs de 144 pays énonce que 93% de ceux-ci voyageraient dorénavant dans le respect de l’environnement ou pourraient le faire (4). Les voyageurs qui consultent Lonely Planet sont probablement déjà beaucoup plus sensibilisés aux questions de développement durable, ce qui explique ce pourcentage élevé, qui n’est pas soutenu par d’autres recherches. Par exemple, en avril 2007, la communauté virtuelle de voyage TripAdvisor (5) a sondé 1000 voyageurs dans le monde: 38% ont dit qu’ils prenaient en considération le respect de l’environnement lors des voyages, 38% logeaient dans un hôtel «vert» et 9% cherchaient spécifiquement ces hôtels. De plus, 34% se sont dits prêts à payer davantage pour rester dans un hôtel «vert», 25% accepteraient de payer une prime de 5 à 10% et 12% paieraient une prime de 10 à 20%. Enfin, 24% des répondants pensent que le transport aérien devrait être évité, question sur laquelle devra se pencher éventuellement l’industrie touristique.

Une étude menée en octobre 2007 par TNS Travel & Tourism (6) auprès de plus de 6000 personnes en Grande-Bretagne, en France, en Allemagne, en Italie, en Espagne et en Amérique du Nord a permis de conclure que le pourcentage des voyageurs susceptibles d’assumer les coûts environnementaux de leurs vacances s’échelonnait de 2% (pour les Allemands) à 12% (pour les Espagnols). Quant il s’agit de prendre les mesures nécessaires pour réduire leur impact sur l’environnement, les Italiens arrivent en tête: 32% sont en effet prêts à opter pour des solutions plus vertes, tandis que les Américains traînent loin derrière avec un maigre 16% d’entre eux ayant exprimé un tel désir.

Dans un sondage effectué aux États-Unis par Sustainable Travel International en 2004 (7), 75,4% des consommateurs interrogés qui se disent soucieux de l’environnement ont affirmé qu’ils seraient prêts à payer de 1 à 20$ de plus par billet pour réduire les gaz à effet de serre (GES) émis pendant leurs voyages; 77% ont également déclaré qu’ils choisiraient le site Internet d’une compagnie qui leur permettrait de compenser financièrement leur portion d’émissions de GES. Le sondage de TNS Travel and Tourism considère donc l’attitude des Américains d’un œil moins optimiste que l’étude de STI, plus ancienne, et que le sondage de travelhorizons entrepris par la Travel Industry Association of America (8) en 2003. Cette dernière étude énonçait que plus de la moitié des Américains d’âge adulte seraient portés à choisir une compagnie aérienne, une entreprise de location de voitures ou un hôtel qui utilise davantage de produits ou de procédés respectueux de l’environnement. Pourtant, seulement 14% des répondants ont dit qu’ils choisiraient un fournisseur en fonction de ses efforts pour préserver l’environnement et 13% seraient prêts à payer davantage pour obtenir des produits verts… alors que 56% le feraient peut-être. C’est le montant ou le taux de la prime qui semble les faire hésiter: 76% paieraient moins de 10% de plus par utilisation, la majorité affirmant qu’elle paierait moins de 5% de plus.

Comparativement à leurs voisins américains, les «voyageurs canadiens se disent prêts à agir personnellement. Le tiers de ces derniers modifieraient leur destination de voyage pour en choisir une qui favoriserait le tourisme durable, tandis que 4 personnes sur 10 feraient appel à une agence de voyages qui adhère à certaines directives environnementales. Plus d’un quart (28%) d’entre eux paieraient une prime pour des vacances éthiques et durables» (9). Selon une étude de Dodds et Leung (10), 25% des Canadiens s’attendent à ce que les agents de voyages les informent sur les changements climatiques et les options de compensation du carbone.

Bien qu’il ait été dit que 44% des voyageurs britanniques opteraient probablement pour une compagnie aérienne réputée pour ses avions à bon rendement énergétique (11), Tiscali (12) a pu constater que 67% de ceux-ci ne pensent même pas à l’impact qu’ont leurs vacances d’été sur l’environnement. Ils veulent bien prendre en considération des critères d’ordre environnemental et social, mais ils n’y voient pas personnellement, disant que c’est aux voyagistes que revient cette tâche. En effet, plus de 80% des répondants croient que ceux-ci devraient assumer la responsabilité de préserver l’environnement et la culture des destinations visitées et de s’assurer que les collectivités locales bénéficient du tourisme. Le même pourcentage de gens est plus susceptible d’acheter son voyage auprès d’une entreprise qui a une politique de voyage responsable – une augmentation de 28% depuis 2001 (13). Un rapport de Tearfund (14), une agence de développement qui vient en aide à des petites communautés peu nanties, mentionnait que, selon 55% des consommateurs, c’est l’affaire des agents de voyages de fournir l’information, alors que 48% croient que c’est du ressort des voyagistes.

Et alors? L’industrie et le gouvernement prennent-ils les mesures nécessaires?

Bien que les consommateurs puissent s’attendre à ce que les considérations sociales ou environnementales soient mentionnées dans la brochure ou sur le site Internet d’un voyagiste ou de tout autre fournisseur, ils ne l’exigent toutefois pas lorsqu’ils achètent leur forfait, puisque bon nombre de fournisseurs n’offrent pas d’options de voyages plus responsables ou durables.

Les recommandations suivantes permettraient d’améliorer la situation.

  1. D’abord, les gouvernements devraient miser sur le renforcement des capacités des fournisseurs en utilisant des méthodes telles que la conformité aux normes (p. ex., environnementales, réputation et probité commerciale), en s’assurant que les ressources sont disponibles pour la formation des fournisseurs et, lorsque nécessaire, en comblant le manque de ressources.
  2. Ensuite, il faudrait créer davantage de partenariats public-privé pour la formation en matière de stratégies de réduction et de sensibilisation environnementale et sociale ainsi que pour l’adoption de mesures incitant les entreprises à dresser un bilan social grâce à des lignes directrices fournies par les associations touristiques. Les gouvernements et l’industrie se doivent de soutenir la formation et le partage des bonnes pratiques tout en encourageant les associations touristiques à rendre compte des progrès et à faire en sorte que le respect des politiques de tourisme durable ou responsable soit une condition d’adhésion.
  3. De plus, la sensibilisation accrue des consommateurs aux questions telles que le changement climatique a pour effet l’augmentation de la demande d’information. La demande de produits et services touristiques durables peut également s’accroître, si l’industrie se met à offrir des choix plus «durables» à ses clients. Les entreprises peuvent se diversifier et se démarquer avantageusement de la concurrence.
  4. Enfin, il est nécessaire d’encourager les voyagistes, les compagnies aériennes, les croisiéristes, les hôtels et les destinations à dresser un bilan de leur responsabilité sociale pour qu’ils puissent saisir leur propre impact sur l’environnement. Ces bilans permettront également d’obtenir des critères mesurables en vue de comparer les entreprises et les destinations.

Sources:

(1) Tourism (South Africa) (2005). Making Tourism More Responsible and More Rewarding, [http://www.fairtourismsa.org.za/getinvolved/index.html], consulté le 5 juillet 2005.
(2) ABTA (2002). Étude Mori. Londres: Association of British Travel Agents.
(3) Travel Industry Association of America (2003). Geotourism: New Trend in Travel Study. Rapport préparé pour le National Geographic Traveller, octobre 2003.
(4) Travelmole (2007). «Travellers Back Radical Moves to Protect Environment». Étude Lonely Planet, [http://www.travelmole.com/stories/1121133.php], consultée le 8 août 2007 .
(5) TripAdvisor (17 avril 2007). «TripAdvisor Travellers Keen on Going Green», [http://www.tripadvisor.co.uk/PressCenter-i120-c1-Press_Releases.html], communiqué de presse, consulté le 16 janvier 2008.
(6) TNS Travel and Tourism (8 novembre 2007). «Quarter of Holidaymakers Say They’ll Switch to Greener Plans», [http://www.tnsglobal.com/news/news-4078B2FF93A14AD084EE03C776EE6009.aspx], communiqué de presse, consulté le 16 janvier 2008.
(7) Anavo et STI (2004). [http://www.sustainabletravelinternational.org/enewsletters/february05travelreport.html], consulté le 5 juillet 2005.
(8) Travel Industry Association of America (2003). Geotourism: New Trend in Travel Study. Rapport préparé pour le National Geographic Traveller, octobre 2003.
(9) TNS Canadian Facts (4 décembre 2007). «Canadian Travellers Express Willingness To Change Their Travel Behaviours Owing to Environmental Concerns: Survey», [http://www.tnsglobal.com/news/news-4CEBC86E3705458FBD60A0D5D960E94A.aspx], communiqué de presse, consulté le 16 janvier 2008.
(10) Dodds, R. et Leung, M. (2007). Climate Change Awareness in the Tourism Industry. Congrès de TTRA Canada, 18-20 octobre 2007.
(11) TNS Travel and Tourism (8 novembre 2007). «Quarter of Holidaymakers Say They’ll Switch to Greener Plans», [http://www.tnsglobal.com/news/news-4078B2FF93A14AD084EE03C776EE6009.aspx], communiqué de presse, consulté le 16 janvier 2008.
(12) Tiscali (2007). Summer Lifestyle Report 2007, [http://www.tiscali.co.uk/presscentre/press_release/2007/july/071807summerlifestyle.html], consulté le 16 janvier 2008.
(13) Taylor Nelson Sofres (2004). Sondage ‘Had Enough’ de Responsible Travel,[http://www.responsibletravel.com], consulté le 5 juillet 2005.
(14) Tearfund (2001). An Ethical Issue, Middlesex (R.-U.).

 

Rachel Dodds, professeure, Ted Rogers School of Hospitality & Tourism Management, Ryerson University

Rachel Dodds est reconnue à travers le monde en tant qu’experte du tourisme durable. Elle est professeure à la Ted Rogers School of Hospitality and Tourism Management à l’Université de Ryerson et directrice de la firme de consultants Sustaining Tourism. Elle est l’auteure des livres “Power and Politics” et “Sustainable Tourism in Islands”. Ses champs d’expertise se concentrent sur le tourisme durable, les changements climatiques et la responsabilité sociale des entreprises. Elle est titulaire d’un Ph.D. de l’Université de Surrey en Angleterre et d’une Maîtrise en gestion du tourisme de l’université de Griffith en Australie. Elle est membre fondatrice de la Canada’s Icarus Foundation, participe au Sustainability Council for the Tourism Industry Association et est ex-membre de la Travel and Tourism Research Association of Canada. Elle a vécu et travaillé sur quatre continents et a voyagé dans plus de 75 pays. 

Champs d’expertise:

  • Tourisme durable
  • Changements climatiques
  • Responsabilité sociale des entreprises

Site de l’institution

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Tourisme durable

S’outiller pour organiser des événements responsables

Une foule d’organismes et de ressources diverses rendent disponibles des guides, des stratégies, des boîtes à outils pour instaurer des pratiques vertes. Dans le but de passer à l’action dès maintenant, voici quelques recommandations pour verdir les événements, ainsi qu’un exemple concret, celui de la conférence 2008 Greening the Hospitality Industry.

Par où commencer?

Une entreprise qui souhaite prendre le virage vert devrait d’abord rédiger une politique environnementale ou, plus globalement, de développement durable. L’énoncé de cette politique devrait être clair, simple et traduire la prise de position environnementale. Ensuite, la stratégie de mise en œuvre – ou plan d’action – permettrait d’identifier les gestes à poser. À cet égard, voici deux documents bien étoffés sur le sujet qui peuvent servir de guide. D’autres ressources figurent à la fin de cet article.

Sélection de la destination: la clé!

Le planificateur d’un événement vert recherche une destination qui répond à ses critères et lui permet d’atteindre ses objectifs. Ainsi, une ville verte doit, entre autres, rendre faciles et agréables tous les déplacements, tant à pied que par les moyens de transport en commun. Ces derniers doivent également desservir l’aéroport de façon efficace. La destination verte assiste les planificateurs dans leurs recherches d’un site et de fournisseurs écoresponsables.

À titre d’exemple, Tourism Toronto offre, sur son site Internet, une sélection d’établissements de réunions et de congrès qui ont adopté une politique pro-environnementale. Par ailleurs, cette ville se classait parmi les plus vertes en Amérique du Nord, selon l’édition d’août 2006 du Meetings and Conventions Magazine. La ville de Sherbrooke a également choisi de promouvoir les réunions vertes en proposant aux planificateurs d’événements un Guide de l’organisateur écoresponsable.

Un exemple d’événement vert: la conférence 2008 Greening the Hospitality Industry

Le Green Meeting Industry Council a comme premier but dans l’organisation de son événement de faire tout en son pouvoir pour réduire son empreinte écologique et, en deuxième lieu, de compenser les émissions inévitables de carbone, en s’associant à un programme de compensation. (Lire aussi: «Vers un bilan «carbone neutre» – Le voyage prend le virage écologique».) Voici les actions entreprises pour y arriver:

  • Sélection d’une destination qui a été en mesure de répondre aux exigences environnementales décrites dans l’appel d’offre.
  • Choix d’un hôtel et d’un traiteur qui appliqueront les pratiques vertes reliées à la réduction des déchets, à l’économie de l’eau, à une utilisation efficiente de l’énergie, ainsi qu’à une bonne qualité de l’air et de l’eau.
  • Impression du programme de la conférence et de la liste des délégués sur du papier 100% recyclé postconsommation*, avec de l’encre à base de soja.
  • Pas ou très peu de documentation à remettre aux participants. Les présentations des conférenciers seront disponibles sur le site Web de l’organisme.
  • Sensibilisation auprès des exposants pour les encourager à minimiser les produits dérivés qu’ils distribuent et à choisir plutôt des objets durables.
  • Cueillette et réutilisation des étuis à cocardes et des rubans.
  • Organisation d’une activité de bénévolat avec la Vancouver Food Bank, qui permet aux participants de poser un geste responsable dans la communauté d’accueil.
  • Association à un programme d’achat de crédits de carbone, soit Offsetters Climate Neutral Society, organisation de Vancouver.

Pour la tenue de cet événement, le Four Season Hotel de Vancouver s’est engagé à:

  • Mettre en place un programme de recyclage (papier, verre, plastique, métal) ainsi que de compostage des déchets de table.
  • Établir un partenariat avec une banque alimentaire afin de lui donner les repas non servis.
  • Utiliser de la vaisselle de porcelaine et du linge de table lavable.
  • Présenter les condiments et les confitures dans des contenants et le lait, le jus et l’eau dans des pichets, plutôt que d’avoir recours à des emballages individuels.
  • Élaborer un menu qui met en valeur des produits locaux et biologiques ainsi que des options végétariennes.
  • Donner à un organisme de charité les produits de beauté restants ou non utilisés (shampoing, revitalisant, lotion hydratante, etc.).
  • Décorer avec des accessoires réutilisables (des plantes plutôt que des fleurs, par exemple).
  • Adopter des pratiques écoénergétiques, comme éteindre les lumières et baisser le chauffage et la ventilation lorsque les salles sont inoccupées.

L’organisme encourage également les participants à faire leur part par différents gestes:

  • Emprunter le service de navette ou les transports en commun de l’aéroport à l’hôtel, plutôt qu’un taxi.
  • Choisir la marche ou les transports en commun dans la ville plutôt qu’un taxi.
  • Si le taxi est inévitable, choisir un hybride de la flotte spéciale des Yellow Cabs de Vancouver.
  • Éteindre les lumières et le chauffage de la chambre d’hôtel lorsqu’elle est inoccupée.
  • Réduire la consommation et recycler le plus possible.
  • Participer au programme de crédits de carbone proposé par la Conférence.

Mesurez, pesez, comparez

Pour gérer efficacement les efforts de réduction de consommation, il s’avère essentiel de mesurer les résultats. Cet exercice est nécessaire car il permet de vérifier si les objectifs ont été atteints, d’estimer la valeur des économies et d’en communiquer les résultats: prévoir un tri puis un suivi rigoureux des contenants ou des sacs dédiés aux matières recyclables, au compostage et aux déchets; comptabiliser les quantités de nourriture produites localement ou de façon biologique ainsi que les repas non servis qui sont donnés; comparer la production de documents imprimés par rapport à celle réalisée pour les événements précédents.

Vert et sincère!

Le bureau de normalisation du Québec (BNQ) et le Réseau québécois des femmes en environnement, en association avec plus de 70 intervenants de divers milieux, sont impliqués dans un projet de standardisation pour la gestion d’événements responsables. La mise en place de standards augmentera la crédibilité des pratiques de ceux qui y auront recours. Ces normes, d’abord utilisées comme repères, pourront ensuite être intégrées à un programme de certification.

Mais, en attendant, le recours aux appellations faisant référence à de bonnes pratiques environnementales ou aux principes de développement durable doit traduire une volonté sincère de changer pour des comportements plus responsables. Les imposteurs sont vite démasqués et condamnés… par des consommateurs de plus en plus informés.

* Le papier recyclé postconsommation est fait de papier qui a déjà été utilisé puis recyclé, contrairement au papier recyclé préconsommation, qui est fabriqué avec les retailles et autres déchets réalisés lors de la production de papier.

Sources:
– Conférence «2008 Greening the Hospitality Industry». Green Meeting Industry Council, 19-21 février 2008, Vancouver.
– Green Events Source. «The Green Events Source Book», Special PCMA (Professional Convention Management Association) Edition, janvier 2008.
– Réseau québécois des femmes en environnement en partenariat avec Recyc-Québec. «Guide pour la réduction des matières résiduelles lors de l’organisation d’événements publics», [http://www.rqfe.org/documentation/RQFE-guide.pdf], consulté le 4 mars 2008.
– Tourisme Sherbrooke. Guide de l’organisation écoresponsable, [guideorganisateurecoresponsable.pdf], consulté le 4 mars 2008.

Sites Internet:
Événement Écoresponsable
Green meeting Industry Council
Tourism Toronto (Green Meetings & Facilities)