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Tourisme durable

Quand l’architecture donne une âme à un lieu (Compte rendu de conférence)

Contrer l’effet de mode, s’inspirer d’un lieu, ancrer un bâtiment dans son milieu, donner une âme à un projet constituent l’essentiel d’une architecture «durable». Heinz Julen, artiste et spécialiste de l’architecture alpine, est venu nous faire rêver en exprimant sa vision artistique de l’architecture hôtelière l’espace d’une conférence au Symposium international sur le développement durable du tourisme. De son côté, Renée Daoust, architecte et associée chez Daoust Lestage inc., nous a présenté des exemples probants de vision et de projets porteurs dans un esprit de développement durable.

Imaginez… une montagne, un hôtel et la notion de spiritualité…

Inspirant n’est-ce pas? Ces composantes émanent d’un projet que Heinz Julen a dans ses cartons. Originaire de Zermatt en Suisse, c’est dans son atelier à flanc de montagne qu’il met son génie artistique à l’élaboration de réalisations singulières qui ne laissent personne indifférent. Les lieux peu développés, les grands espaces, les montagnes l’inspirent particulièrement.

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Cet artiste ne voit pas un hôtel comme étant un service complémentaire. Un lieu possède une âme, un milieu naturel, un patrimoine culturel et architectural qu’il importe de respecter. C’est dans cet esprit que ce lieu devient pour lui une source d’inspiration pour développer un projet hôtelier qui s’intègre à l’environnement et contribue à l’héritage patrimonial de la destination.

À travers une réalisation, il faut savoir susciter le rêve.

Les pièges de la mondialisation

Pour Renée Daoust, le développement du milieu bâti sert de levier pour le tourisme. Il existe des bâtiments iconographiques  qui traversent le temps, qui témoignent de la culture de l’époque et de l’innovation technologique. Nous n’avons qu’à penser aux grandes pyramides d’Égypte, plutôt révolutionnaires pour cette période, ou à la tour Eiffel.

Toutefois, les tendances en architecture constituent un piège de la mondialisation. Elles donnent parfois lieu à une architecture éphémère, jetable, qui traverse mal le temps. L’architecture ou plutôt la «starchitecture» devient spectacle, sans référence identitaire, mal intégrée à son milieu. Beaucoup de destinations ont tendance à vouloir reproduire le syndrome Bilbao, faisant abstraction du contexte d’implantation de ce projet.

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Des projets porteurs

Le 400e anniversaire de la ville de Québec a été l’occasion de saluer le génie du lieu, l’architecture et le design urbain identitaire en créant la promenade Samuel-De Champlain et le quai des Cageux. Sur cette promenade, quatre jardins thématiques – le Quai-des-Brumes, le Quai-des-Flots, le Quai-des-Hommes et le Quai-des-Vents – témoignent de l’importance du leg permanent en ce qui a trait à l’espace urbain et au patrimoine bâti.

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Après la période sombre du SRAS, il a fallu moins de six ans pour que la renaissance culturelle de Toronto fasse renouer cette ville avec la croissance. Grâce à une vision coordonnée, les efforts de redressement  déployés ont porté tant sur la culture événementielle que sur la culture permanente. Du spectacle des Rolling Stones au Luminato Festival, le savoir-faire local pour la conception de trois grands bâtiments (Four Seasons Centre for the Performing Arts, Canada’s National Ballet School, Young Centre for the Performing Arts) couplée à la synergie de l’expertise internationale (Royal Ontario Museum, Sharp Centre for Design, Ontario College of Art & Design, Leslie L. Dan Pharmacy Building, University of Toronto), on peut affirmer que Toronto s’est rapidement  taillé une place au sein des destinations culturelles.

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Les Jeux olympiques de Beijing 2008 constituent un exemple remarquable de réussite. Une vision partagée, un financement approprié, la compréhension d’une culture millénaire, l’érection d’un bâtiment iconographique ont fait de cet événement un succès et un haut lieu du tourisme chinois.

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Réussir un projet architectural durable

Vision, qualité, pérennité, identité et investissement dans le savoir-faire local résument les éléments importants de l’architecture durable.

Le fondement d’un projet viable est constitué d’une vision coordonnée, claire et cohérente, partagée par l’ensemble des partenaires financiers, politiques, culturels et sociaux. Pour en susciter l’adhésion, il faut savoir célébrer l’événement, définir des projets mobilisateurs, réaliser des interventions significatives en matière d’espace urbain et de patrimoine bâti, reconnaître la culture permanente et l’arrimer à la culture événementielle.

Un projet peut être durable si l’on investit dans la qualité avec un objectif de pérennité et s’il bénéficie d’un cadre budgétaire approprié.

Favoriser l’émergence de la culture identitaire afin de confirmer la spécificité du lieu, favoriser aussi le développement de l’expertise et des créateurs locaux, créer une relation synergique et équilibrée entre les concepteurs locaux et internationaux sont autant de mesures pour assurer un développement durable.

L’architecture occupe une place importante dans la culture et, à ce titre, il faut reconnaître les créateurs.

Un mot sur l’architecture en milieu rural

L’architecture n’est pas liée qu’aux grandes villes. En région, il faut harmoniser l’intégration d’un bâtiment au paysage. Pourquoi un centre commercial devrait-il avoir un stationnement à l’avant alors que cette immense surface asphaltée n’a rien d’esthétique? Trop souvent, les commerces à grande surface, les chaînes et les multinationales défigurent l’entrée des villes et villages au Québec et laissent une piètre impression au visiteur.

Sources:
– Daoust, Renée et Heinz Julen. Atelier: Stratégies d’implantation pour les entreprises – Initiatives responsables du tourisme patrimonial et culturel bâti, Symposium international sur le développement durable du tourisme, Québec, 18 mars 2009.

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Ressources humaines Tourisme durable

Ressources humaines et développement durable, tout est à inventer! (Compte rendu de conférence)

Le développement durable (DD), c’est beaucoup plus que des infrastructures vertes. La gestion des ressources humaines (RH) en fait partie, et elle est l’un des aspects les plus négligés du DD dans le domaine du tourisme. Lors du Symposium international sur le développement durable du tourisme, deux expertes en RH nous ont démontré l’importance des RH dans le processus de DD: les raisons de s’en occuper, les conseils à suivre au moment de passer à l’action, les pièges à éviter et certains éléments d’une vision à long terme.

Adèle Girard, directrice générale du Conseil québécois des ressources humaines en tourisme, et Lise Baillargeon, experte en gestion des ressources humaines et des opérations auprès d’entreprises et d’organismes, étaient les conférencières de l’atelier sur les RH.

On préfère s’occuper des œuvres locales, c’est mieux pour l’image!

Le pilier «social» du DD comporte les relations avec les communautés locales, les règles de gouvernance et de transparence de même que la gestion des RH. Malheureusement, pour améliorer sa visibilité et sa réputation, l’entreprise priorise trop souvent les dons à des organismes de charité et néglige la dimension RH.

Après tout, les RH, ce sont aussi des acteurs provenant de la communauté, et ce sont eux qui font vivre l’expérience client.

Pourquoi réserver une place de choix aux RH dans sa stratégie de DD?

De plus en plus, les employés l’exigent. Ils aiment être consultés et savoir que leur opinion compte; cela renforce leur sentiment de fierté.

Réserver une place de choix aux RH permet de susciter l’adhésion des employés au projet, de réduire la résistance au changement (p. ex. changement de produits d’entretien ménager) et d’éviter les plaintes liées à des promesses non tenues (p. ex. serviettes changées malgré la demande du client). En outre, ce sont eux qui mettent en pratique plusieurs initiatives environnementales (p. ex. compostage).

Cette stratégie permet aussi d’intégrer le DD à la culture d’entreprise afin que ce ne soit pas seulement une mascarade écologique pour rehausser l’image de l’entreprise.

S’engager dans cette voie facilite le recrutement et la rétention du personnel, particulièrement auprès de la génération Y (moins de 30 ans). Cela améliore l’image de l’entreprise et sa réputation comme employeur de choix.

Selon la firme de relations publiques OZONE, il faut vendre le projet aux employés avant de le vendre à la clientèle, car les employés représentent le premier public d’une entreprise.

Cela débute par…

  1. Une rémunération juste, une gestion égalitaire (équité interne), de bonnes conditions de travail et la sécurité des employés:
    • un horaire de conciliation travail-famille dans la mesure du possible,
    • des services qui améliorent la qualité de vie (garderie, service de conciergerie, abonnement à un centre sportif, vestiaire, douche),
    • des services de transport verts (vélos, laissez-passer d’autobus payés, système de covoiturage);
  2. L’embauche de travailleurs de la région et de différents profils:
    • personnes à mobilité restreinte ou handicapées,
    • personnes issues de l’immigration,
    • jeunes de la région,
    • jeunes souhaitant s’installer en région,
    • personnes en réorientation de carrière,
    • personnes de 50 ans et plus;
  3. L’accompagnement des nouveaux arrivants;
  4. Le fait de donner un sens au travail de chacun basé sur sa mission et sur sa fonction afin que chaque employé comprenne son lien et son rôle dans l’organisation;
  5. La prévision d’un plan pour permettre au personnel d’accéder à des responsabilités stratégiques;
  6. La gestion des talents de tous (mise à profit des compétences et de l’expérience), car tous les talents sont importants;
  7. La formation des employés, parce qu’un employé formé se sent moins menacé par le changement et en comprend les raisons. Il peut être proactif, suggérer des améliorations et éviter les plaintes liées aux promesses non tenues.

En intégrant le DD à la culture organisationnelle, les dirigeants vont au-delà de l’image. Il convient de planifier la démarche, de s’assurer qu’elle soit claire, de nommer une personne responsable (sans pour autant qu’elle ait à porter seule tout le poids de la responsabilité) et de faire participer les employés par des comités, une approche participative, une boîte à idées.

Il s’avère important de communiquer le plan de déploiement à l’interne afin d’y susciter l’adhésion. Trop souvent, l’entreprise s’adresse aux médias avant même de s’adresser à ses propres employés. L’organisation peut aussi faire connaître ses engagements et ses pratiques (RH, implication sociale et DD) en les intégrant à son rapport annuel, en les rendant accessibles sur son site Web et en les incluant dans ses campagnes promotionnelles.

Les pièges à éviter

Il ne faut pas…

  • Tenir pour acquis que tous les employés croient au DD et qu’ils veulent tous aller plus loin dans son application;
  • Improviser, mais plutôt se doter d’un plan réaliste et de procéder par étapes;
  • Vouloir tout faire en même temps. Il importe d’implanter le DD progressivement.

Par ailleurs, il est préférable de faire attention à l’effet pervers des certifications. En rendant le processus plus administratif, elles peuvent faire perdre un peu l’esprit de la démarche et faire en sorte qu’on ne s’engage plus dans le DD pour les bonnes raisons.

La prochaine étape: penser plus loin

Nous avons plusieurs défis à relever à long terme, mais malheureusement, nous adoptons souvent une vision à court terme.

Investir dans le développement personnel signifie aller plus loin dans le développement de l’employé.

On peut prendre des risques en intégrant dans la gestion des talents du perfectionnement à l’étranger ou en dehors du secteur.

Assurer la stabilité des emplois, c’est encourager la mobilité à l’interne, et c’est aussi partager ses employés avec des compétiteurs et des entreprises d’autres secteurs d’activité.

Le DD devrait s’étendre aux fournisseurs et aux sous-traitants, parce que se soucier des RH signifie également encourager les entreprises qui les respectent.

Source:
– Girard, Adèle et Lise Baillargeon. Atelier: Politiques et stratégies d’implantation du développement durable du tourisme – Ressources humaines, Symposium international sur le développement durable du tourisme, Québec, 18 mars 2009.

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Tourisme durable

Portrait du tourisme durable au Québec en 2009

La nécessité de créer un tourisme fondé sur des principes du développement durable fait partie du cadre de la politique touristique générale depuis 2005 (1). La plupart des sous-secteurs touristiques, dont la Fédération des clubs de motoneigistes(2), se sont également fixé des objectifs globaux basés sur ces principes. Bien que la durabilité soit acceptée dans le secteur touristique québécois, en pratique, elle n’en fait pas partie intégrante, et ce, même si beaucoup d’entreprises et d’organismes ont pris de nombreuses mesures pour améliorer leur rendement. Dans ce contexte, ces gestes semblent isolés.

Efforts de collaboration

Jusqu’à maintenant, aucune des 21 régions touristiques ne s’est dotée d’une stratégie globale de développement durable, comprenant un énoncé de vision clair, un ensemble d’objectifs réalisables à court et à long terme ainsi que des outils d’évaluation des progrès. Pourtant, le tourisme est une activité économique importante au Québec; dans 12 régions, il génère directement au moins 3 % des revenus (3). Le tourisme a la possibilité d’être bien plus durable, étant donné que la plupart des régions possèdent d’abondantes ressources naturelles et culturelles de même que des économies diversifiées. Bien que l’exploitation des ressources naturelles constitue le fondement de bon nombre des régions du Québec, il existe un potentiel encore inexploité d’expansion touristique dans ces régions, qui faciliterait une plus vaste intégration économique. Un potentiel demeure également inexploité en matière de conservation de la biodiversité et de développement touristique sur des territoires publics et privés situés en dehors des réseaux de zones protégées gérés par la Sépaq et Parcs Canada.

Dans certaines régions, comme les Laurentides, des mesures concrètes ont été prises afin d’intégrer le tourisme de façon stratégique dans l’économie régionale par le biais du projet ACCORD du gouvernement provincial (4). Dans d’autres régions, des parties prenantes collaborent entre elles de plus en plus grâce à la création de différentes coopératives. Parmi celles-ci, on compte la réserve mondiale de la biosphère du Lac-Saint-Pierre (5), L’échappée bleue (6), le Parc Aventures Cap Jaseux (7) et la Coopérative de solidarité V.E.R.T.E. (8). Il existe certainement de nombreux autres projets locaux, mais ils n’ont pas fait l’objet d’études permettant de connaître leur valeur socioéconomique ou leur importance globale.

Il existe également 23 zones territoriales au Québec qui se sont dotées d’une stratégie Agenda 21e siècle local (A21L) (9), et l’un des meilleurs exemples de municipalité ayant une forte orientation touristique est celle de Baie-Saint-Paul. Là-bas, un processus A21L ainsi que la volonté et le leadership de certaines parties prenantes favorisent une concertation accrue de la part de la communauté en vue du développement du centre de villégiature Le Massif (10).

Changements opérationnels en vue d’améliorer le rendement

Certains exploitants touristiques fonctionnent depuis longtemps selon des idéaux de développement durable, tels que l’auberge Le Baluchon (11) et les zoos de Granby et de Saint-Félicien (12, 13). Cependant, très peu d’entreprises adoptent une stratégie transparente en matière de responsabilité sociale, comme celles qui ont été publiées par le Zoo de Granby et Transat A.T. (14). De nombreuses entreprises touristiques ont réduit leur consommation d’eau et d’énergie ainsi que la quantité de déchets éliminés grâce à différents moyens, mais leur effet global n’a pas été évalué. Les hôtels du Québec semblent faire des progrès manifestes, surtout depuis que l’Association des hôteliers du Québec a lancé son propre programme de reconnaissance, RéserVert (15). La Corporation de l’industrie touristique du Québec (CITQ) a récemment modifié son système d’évaluation afin d’y inclure des facteurs environnementaux et effectue, au nom de l’Association des hôtels du Canada, des vérifications des établissements membres du programme Clé verte (16). Depuis quelques années, de nombreux événements, dont les congrès et les festivals comme le Festival International de Jazz de Montréal (17), deviennent de plus en plus écologiquement et socialement responsables. Un bon nombre d’autres exploitants touristiques ont également une politique de gestion de la chaîne logistique et achètent des produits locaux ou fabriqués de façon responsable. L’association touristique de l’Abitibi-Témiscamingue est la première à avoir été nommée «verte» par Recyc-Québec pour avoir récupéré plus de 80% des déchets de ses bureaux (18).

En plus de leurs efforts environnementaux, certaines entreprises touristiques contribuent à l’amélioration des relations Nord-Sud. Par exemple, L’Auberge l’Autre Jardin (19) verse des fonds directement aux pays en voie de développement par son soutien à Carrefour Tiers-Monde. Pour sa part, le Parc Safari vend des produits équitables provenant de ces pays (20). L’information sur les petites et moyennes entreprises (PME) québécoises et le développement durable est assez rare, ce qui laisse croire que les progrès sont minces. Étant donné que les PME composent la majorité de l’industrie touristique (21), une analyse de leurs progrès et des problèmes auxquels elles font face serait utile; elles pourraient ainsi se munir des outils adéquats pour effectuer les changements nécessaires au développement durable.

L’industrie touristique québécoise comprend un vaste choix de produits pour l’aider à réduire ses émissions de gaz à effet de serre, comme le grand réseau de pistes cyclables conçu par Vélo-Québec (22), les vélos Bixi à Montréal (23) et les biobus dans le Vieux-Québec et à Montréal (24). Quelques entreprises et événements sont carboneutres, mais leur nombre et leur profil n’ont pas encore été répertoriés. Par exemple, Karavaniers du monde est le premier voyagiste du Québec à inclure le coût de la compensation d’émission de gaz à effet de serre dans ses prix (25). Les changements climatiques ne semblent pas préoccuper le secteur du tourisme québécois, malgré la vulnérabilité de certains produits, dont le ski, la motoneige et diverses autres activités extérieures (26).

Certains sous-secteurs du Québec, par exemple Aventure Écotourisme Québec, incitent depuis longtemps les entreprises et les touristes à être écoresponsables(27). On ne sait pas combien de touristes du Québec et d’ailleurs voyagent de façon écologique dans cette province. Sans aucun doute, les voyageurs québécois sont de plus en plus conscients de l’environnement et de la société qui les entourent. Étant donné que 88% des touristes au Québec sont d’origine québécoise, ceux-ci ont besoin de plus d’informations sur les progrès de l’industrie locale afin qu’ils puissent faire des choix judicieux (28).

Que réserve l’avenir?

Divers changements opérationnels se font à toutes les échelles afin d’améliorer le rendement environnemental et social du secteur touristique, mais en l’absence d’outils d’évaluation, impossible de connaître ses progrès réels. Le Québec n’est ni en avance, ni en retard sur les autres provinces canadiennes, bien qu’au Canada on ne fasse pas non plus d’étude nationale qui permettrait de comparer les progrès de chacune des provinces. Le secteur touristique du Québec commence à peine à développer le tourisme durable, et les exemples cités plus haut soulignent le besoin d’un plan d’action provincial jumelé à un ensemble d’outils d’évaluation efficaces.

Les outils de soutien et le réseau de connaissances permettant d’appliquer les principes du tourisme durable s’accroissent partout au Québec, et de nombreux établissements offrent des formations particulières en vue d’améliorer les aptitudes liées au domaine du tourisme des professionnels du développement durable en ressources humaines(29).

Il existe également un nombre accru d’outils et de mécanismes efficaces disponibles à l’extérieur du Québec qui permettent d’effectuer rapidement des changements et de maintenir un secteur viable et responsable. Toutefois, les dirigeants locaux restent l’élément essentiel à l’exécution d’un plan d’action. Le gouvernement doit aider davantage les sous-secteurs fragmentés à aller de l’avant et coordonner l’ensemble du processus au Québec. Les outils sont variés et bon nombre d’entre eux n’ont pas encore été mis à l’épreuve, dont l’incitation financière et les mesures volontaires.

Sources:

  1. Ministère du Tourisme du Québec (2005), Vers un tourisme durable. Politique touristique du Québec, Gouvernement du Québec, Québec, 37 p.
  2. La Fédération des clubs de motoneigistes du Québec (2008), Plan d’action quinquennal pour l’environnement de la FCMQ, La Fédération des clubs de motoneigistes du Québec (FCMQ), Montréal,8 p.
  3. Sauvé, R., La reconnaissance de l’industrie touristique dans l’économie locale et régionale, Présentation au Symposium international sur le développement durable du tourisme. Du 17 au 19 mars 2009, Québec, Canada. [http://www.bonjourquebec.com/mto/activites/symposium-developpement-durable/fr/programme-mercredi.html].
  4. Ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation, Projet ACCORD [http://www.mdeie.gouv.qc.ca/index.php?id=2467] (page consultée le 14 avril 2009).
  5. La réserve mondiale de la biosphère du Lac-Saint-Pierre, Coopérative de solidarité de la réserve mondiale de la biosphère du Lac-Saint-Pierre. [http://www.biospherelac-st-pierre.qc.ca/content/cooperative.html] (page consultée le 14 avril 2009).
  6. L’échappée bleue, L’échappée bleue. Coopérative de Tourisme durable. [http://www.lechappeebleue.com] (page consultée le 14 avril 2009).
  7. Parc Aventures Cap Jaseux, Qui sommes-nous. [http://www.capjaseux.com/-Qui-sommes-nous-.html] (page consultée le 14 avril 2009).
  8. La Coop V.E.R.T.E., Qui nous sommes? [http://www.coopverte.com/coopverte/index.php?option=com_content&task=blogcategory&id=19&Itemid=37] (page consultée le 14 avril 2009).
  9. Gagnon, C. et E. Arth, Guide pour des Agendas 21e siècle locaux. Les Agendas 21e siècle locaux québécois. [http://www.a21l.qc.ca/9544_fr.html] (page consultée le 14 avril 2009).
  10. Le Massif, Territoire Le Massif. Le projet de développement. [http://www.lemassif.com/fr/territoire_le_massif/le_projet_de_developpement.php] (page consultée le 14 avril 2009).
  11. Le Baluchon, À propos du Baluchon. [http://www.baluchon.com/auberge-mauricie/index.cfm] (page consultée le 14 avril 2009).
  12. Zoo de Granby (2006), Réalisations en responsabilité sociale et environnementale, Zoo de Granby, Granby, 24 p.
  13. Zoo sauvage de Saint-Félicien, Au sujet du CCBB/Zoo sauvage. [http://www.borealie.org/page.php/fr/1/4.html] (page consultée le 14 avril 2009).
  14. Transat A.T. (2008), Transat pour un tourisme durable. Rapport de responsabilité sociale 2008, Transat A.T. Inc., Montréal, Québec, 44 p.
  15. L’Association des hôteliers du Québec, RéserVert, le Programme de reconnaissance en développement durable. [http://www.reservert.com/fr/page.php?label=r%E9servertleprogramme] (page consultée le 14 avril 2009).
  16. Corporation de l’industrie touristique du Québec, La CITQ est mandatée par l’Association des hôtels du Canada pour effectuer les visites Clé verte. [http://www.citq.info/classification] (page consultée le 14 avril 2009).
  17. Festival International de Jazz de Montréal, Une édition 2008 carboneutre. [http://www.montrealjazzfest.com/Fijm2008/planetAir_fr.aspx] (page consultée le 14 avril 2009).
  18. Bisson, K., Là où commence un tourisme plus vert. [http://lafrontiere.canoe.ca/webapp/sitepages/content.asp?contentid=87930&id=836&classif=] (page consultée le 16 avril 2009).
  19. L’Auberge l’Autre Jardin, Mission et historique. [http://www.autrejardin.com/auberge.php] (page consultée le 15 avril 2009).
  20. Ranger, J.-P., Tourisme durable. Parc Safari, Présentation au Symposium international sur le développement durable du tourisme. Du 17 au 19 mars 2009, Québec, Canada. [http://www.bonjourquebec.com/mto/activites/symposium-developpement-durable/fr/programme-mercredi.html].
  21. Ministère du Tourisme du Québec, Programmes et services aux entreprises touristiques.  [http://www.bonjourquebec.com/mto/ministere/index.asp] (page consultée le 15 avril 2009).
  22. Lareau, S., Tourisme durable et vélo. Présentation au Symposium international sur le développement durable du tourisme, Du 17 au 19 mars 2009, Québec, Canada. [http://www.bonjourquebec.com/mto/activites/symposium-developpement-durable/fr/programme-mardi.html].
  23. Tourisme Montréal. BIXI: Le vélo libre-service à Montréal. [http://www.tourisme-montreal.org/Presse/A-la-une/En-manchettes/bixi-le-velo-libre-service-a-montreal] (page consultée le 15 avril 2009).
  24. Société de transport de Montréal, Pendant un an, 155 autobus de la STM rouleront au biodiésel au centre-ville de Montréal (communiqué de presse). [http://www.stm.info/info/biobus.htm] (page consultée le 15 avril 2009).
  25. Karavaniers du monde, Cuba. Mère des Caraïbes. Informations techniques. [http://www.karavaniers.com/voyages/calendrier/?voyage_depart=134] (page consultée le 15 avril 2009).
  26. Singh, B. et C. Bryant (2006), Impact et adaptation aux changements climatiques pour les activités de ski et de golf et l’industrie touristique: le cas du Québec, Rapport préparé pour Ouranos Inc., Département de géographie, Université de Montréal, Montréal, 404 p.
  27. Aventure Écotourisme Québec, Programme Sans trace. [http://www.aventure-ecotourisme.qc.ca/content/templates/content_fr.asp?articleid=4&zoneid=2] (page consultée le 15 avril 2009).
  28. Tourisme Québec (2009), Le tourisme au Québec en bref – 2007, Ministère du Tourisme du Québec, Québec, 16 p.
  29. Villeneuve, C., Chaire en éco-conseil. [http://www.uqac.ca/recherche/organismes/chaire_ecoconseil.php] (page consultée le 15 avril 2009).
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Ailleurs dans le monde Gestion Produits et activités Tourisme durable

Gestion durable des événements: laisser sa marque sans y laisser sa trace

Comment intégrer la notion de «durable» à un événement ponctuel, qui a un début et une fin dans le temps? En effet, comment instaurer des pratiques de développement durable lorsqu’il n’y a pas d’infrastructure permanente et lorsque notre équipe se compose principalement de gens qui ne sont pas sur la liste de paie, ou du moins qui ne le sont que temporairement? Voilà le défi que doivent relever les festivals. Compte rendu des bonnes pratiques mises en place par le Festival Roskilde au Danemark et le Paléo Festival Nyon en Suisse.

Thomas Niebuhr est directeur Environnement pour le Festival Roskilde, importante prestation musicale internationale qui se déroule dans un champ de Roskilde, à 35 km de Copenhague. Pendant 8 jours, grâce aux campeurs qui viennent assister au festival, la population du village atteint 110 000 personnes, ce qui le classe temporairement au 5e rang des villes du pays en importance. De 40 à 50% des festivaliers proviennent de l’extérieur du Danemark. L’équipe se compose de 30 employés auxquels s’ajoutent 300 bénévoles à l’année et plus de 20 000 bénévoles durant l’événement même.

Daniel Rosselat est président du Paléo Festival Nyon, le plus grand festival suisse et l’un des plus importants d’Europe. Consacré à la musique, il accueille 227 000 spectateurs, dont 7 000 campeurs qui s’installent autour des scènes extérieures pendant les 7 jours de l’événement.

Les principes de développement durable sont au centre des préoccupations de ces deux organismes à but non lucratif et se traduisent par des actions concrètes, ciblées en fonction des clientèles et qui s’articulent autour de trois piliers de base: l’environnement ainsi que les aspects social et économique.

L’environnement

En 1994, le Festival de Roskilde s’est doté d’une politique environnementale dont les objectifs mesurables sont régulièrement réévalués. Depuis, l’environnement prend une place de plus en plus prépondérante et fait partie intégrante de l’expérience du festivalier. Cette ligne de conduite est axée sur quatre points principaux en lien avec la gestion de tout événement extérieur.

Les transports. Le vélo, les transports en commun et le covoiturage sont fortement encouragés. Ainsi, en 2008, 58% des festivaliers sont arrivés par transport en commun. De ceux qui sont venus en voiture, 69% pratiquaient le covoiturage. Quelques idées à retenir:

  • ouverture de la gare locale spécialement pour l’événement;
  • stationnement et atelier de réparation de vélos;
  • forum de discussion sur le site Internet de l’événement pour encourager le covoiturage;
  • diminution des véhicules de location pour le personnel de l’événement et choix de véhicules à meilleur rendement énergétique.

L’électricité. Les sources d’énergies nouvelles sont privilégiées (énergie 100% éolienne en 2009) et les technologies de pointe sont explorées afin de réduire la demande en électricité:

  • ampoules fluocompactes;
  • éclairage de scène à DEL.

Les politiques d’achat. Les produits locaux, équitables, organiques, compostables et à label écologique sont favorisés, tant dans les kiosques que dans les bureaux de l’organisme.

La gestion des déchets. Plusieurs mesures sont mises en place pour contrôler et ultimement réduire les déchets, dont les deux tiers proviennent du camping. De plus, les festivaliers sont incités à apporter leur contribution en:

  • recyclant à grande échelle (les matières sont triées en 13 catégories);
  • retournant les contenants, tels les verres de bière, pour se faire rembourser la consigne (le système est si efficace que le taux de retour des verres en plastique atteint 97%);
  • troquant leurs déchets contre une consommation grâce au programme d’échange Trash for beer;
  • participant à la campagne Less trash, more music.

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Source: www.roskilde-festival.dk

Au-delà des actions entreprises lors de l’événement, l’organisme encourage également les festivaliers à adopter des comportements plus responsables une fois qu’ils ont quitté les lieux en les incitant à faire partie d’une communauté virtuelle vouée à la cause environnementale. Ainsi, les participants peuvent obtenir des invitations à des conférences et des ateliers et des privilèges uniques pour le prochain festival, tels que l’accès aux douches solaires et la possibilité de réserver un espace de camping.

Paléo met en pratique un programme environnemental semblable visant lui aussi la réduction de la consommation d’eau et d’électricité, des déchets et des gaz à effet de serre liés au transport.

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Les organisateurs vont même jusqu’à utiliser de la vaisselle lavable dans les restaurants et renoncent à la remise d’échantillons par les entreprises commanditaires.

Source: www.2009.paleo.ch

L’aspect social

Depuis ses débuts, le Paléo Festival Nyon est animé des valeurs de respect, de partage et de convivialité:

  • Bien qu’il ne soit pas subventionné, les organisateurs tiennent à ce qu’il soit financièrement accessible à tous.
  • Il offre aux jeunes la possibilité d’acquérir des expériences professionnelles de qualité.
  • Ses bénévoles sont de véritables collaborateurs et leur contribution est valorisée.
  • Son succès est mis au profit de la scène musicale suisse.
  • Il joue un rôle de modèle et souhaite partager son expertise en développement durable (DD).

Quant à lui, le Festival de Roskilde remet 100% des profits générés par l’événement à des organisations culturelles et humanitaires.

L’aspect économique

Selon Daniel Rosselat, «l’argent est un moyen et pas un but, mais il faut savoir compter». Bien que les deux festivals soient à but non lucratif, leur effet sur l’économie des lieux qu’ils exploitent est certainement ressenti, d’autant plus qu’ils privilégient les fournisseurs et les produits locaux. La portée de l’impact va même au-delà de la région où se tient l’événement. Ainsi, les retombées économiques directes du Festival de Roskilde liées au tourisme au Danemark sont évaluées à 51 M d’euros pour l’édition 2008.

Dans les deux cas, les organisateurs utilisent la notoriété et la popularité de leur festival pour sensibiliser, voire éduquer les festivaliers, bénévoles, artistes et employés ainsi que pour faire évoluer la conscience collective. Par leur propre engagement, Roskilde et Paléo incitent les participants à devenir fidèles, impliqués et complices et à adhérer eux aussi aux principes de développement durable, même une fois les scènes démontées.

Source:
– Niebuhr, Thomas et Rosselat, Daniel. Symposium international sur le développement durable du tourisme, atelier: Gestion durable des événements, 18 mars 2009.

Sites:
Festival Roskilde
Paléo Festival Nyon

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Tourisme durable

Ce qui a été dit… au Symposium international sur le développement durable du tourisme

Voici en vrac certains propos qui ont retenu notre attention lors des conférences. Évidemment, tous les interlocuteurs ont souligné l’importance du développement durable (DD) et de ses trois piliers que sont la viabilité économique, la protection de l’environnement et l’équité sociale. Ces observations donnent matière à réflexion pour qui veut s’engager activement dans le DD.

Nous tenons à mentionner que les énoncés suivants sont le reflet de notre compréhension et ne respectent pas nécessairement l’intégralité des paroles prononcées.

Francesco Frangialli – expert international en matière de tourisme et ancien secrétaire général de l’Organisation mondiale du tourisme, France

Le tourisme en soi est économique, culturel, social et environnemental.

Il importe d’avoir une vision, de déterminer où l’on va et non pas de garder «le nez dans le guidon».

Le DD est un processus qui accompagne le développement économique. Il renforce le potentiel présent et à venir.

Le tourisme d’affaires et le tourisme d’agrément sont une question de gros sous, tandis que le tourisme humanitaire est perçu comme moins rentable financièrement. En fait, c’est le plus payant en ce qui concerne le DD, car il lutte contre la pauvreté.

Costas Christ, éditeur, Global Travel, National Geographic Adventure, États-Unis

Le DD, c’est le fil conducteur du tourisme. Il ne se situe plus au stade d’expérimentation, mais bien à celui de la rentabilité. Il doit s’insérer dans les modèles économiques viables.

Le DD, c’est un indicateur de qualité pour un hôtel, pour une entreprise. C’est aussi une stratégie d’affaires. Ne pas s’y engager, c’est ne pas comprendre le marché.

On pourrait penser que la croissance importante du tourisme dans les prochaines années ira à l’encontre du DD. En fait, il ne faut pas arrêter l’essor du tourisme, mais plutôt le faire progresser intelligemment et en exercer le contrôle.

On doit continuer d’éduquer le consommateur.

Il y a à peine cinq ans, qui aurait pensé qu’un grand groupe hôtelier comme Marriott serait aussi actif en matière de DD.

«People do not take trips. Trips take people.» – John Steinbeck

Jonathan B. Tourtellot, directeur du Center for Sustainable Destinations et rédacteur en chef spécialisé dans le domaine du géotourisme pour le National Geographic Traveler, États-Unis

Le voyageur qui ne dispose pas d’une information riche achète un prix.

Go beyond sustainability, enhance.

Jean-Marc Eustache, président et chef de la direction, Transat A.T. inc., Québec

Notre mission, en matière de tourisme durable, consiste à enrayer et à contrer les problèmes provoqués par l’industrie ainsi qu’à maximiser ses effets bénéfiques, dont l’activité économique.

Figurer parmi les plus grands voyagistes intégrés du monde nous confère des responsabilités particulières quand vient le temps de parler de tourisme durable. Les lendemains touristiques tiennent aux décisions prises aujourd’hui pour en gérer le développement.

Le voyagiste est en position pour changer des choses. Il peut intervenir sur le produit et travailler en collaboration avec les destinations. Il peut aussi jouer un rôle de sensibilisation en créant une chaîne de responsabilité auprès des fournisseurs et des millions de voyageurs et en encourageant certains comportements. Il est possible de soulager des zones de pression en développant de nouvelles destinations ou en allongeant la saison touristique.

Il n’y aura pas de tourisme durable sans que les gouvernements s’y mettent afin d’orchestrer les efforts et de les soutenir, et donner une direction générale à l’industrie. Ils doivent aussi instaurer des réglementations en matière d’environnement, de conditions de travail, de sécurité, d’hygiène, de protection du patrimoine bâti, etc.

Anna Pollock, Chameleon Strategies, Canada

La technologie doit être utilisée comme vecteur de changement.

Heinz Julen, artiste et spécialiste de l’architecture alpine, Suisse

Un hôtel peut être beaucoup plus qu’un service complémentaire. Il peut donner une âme à un lieu en s’en inspirant.

Renée Daoust, architecte et associée, Daoust Lestage inc., Québec

Le développement du milieu bâti sert de levier pour le tourisme.

Les tendances en architecture constituent un piège de la mondialisation. C’est l’architecture spectacle sans référence identitaire. C’est aussi l’architecture éphémère, jetable.

Bruce Poon Tip, pdg, G.A.P. Adventures, Canada

People, planet, profit – the triple bottom line of sustainable tourism.

Jean-Pierre Ranger, président, Parc Safari, Québec

Le DD englobe aussi des considérations sociales. C’est pourquoi le Parc Safari a modifié ses installations afin de les rendre accessibles aux personnes à capacité physique restreinte. À cet effet, l’organisation a reçu la mention Kéroul 2008.

Louis Lessard, pdg, Auberge Le Baluchon, Québec

Le DD doit se traduire par des gestes concrets tous les jours dans nos opérations courantes – «un geste à la fois au quotidien» (Équiterre).

Thomas Niebuhr, directeur Environnement, Roskilde Festival, Danemark

Le succès du festival vient notamment du fait que le développement durable fait partie de l’expérience.

Daniel Rosselat, président, Paléo Festival Nyon, Suisse

Il est important d’éviter un discours moralisateur dans la communication des efforts de DD aux festivaliers sur le terrain.

Adèle Girard, directrice générale, Conseil québécois des ressources humaines en tourisme, Québec

Trop souvent, les entreprises communiquent avec les médias en premier et négligent d’informer les employés.

Nous devons faire face à des enjeux à long terme, mais malheureusement nous adoptons une vision à court terme.

Malcolm Bell, chef de direction, South West Tourism of England et membre expert du groupe sur le tourisme durable de la Commission européenne, Royaume-Uni

Il faut amener les gens à penser à long terme.

Vendre une prestation touristique en priorisant le prix peut engendrer sa banalisation.

La population ne devrait pas avoir à «tolérer» le tourisme.

Gerhard Walter, directeur, Lech Zürs Tourismus, Autriche

Nous avons reçu le titre du plus beau village d’Europe au concours européen de l’Entente florale, non pas à cause des fleurs, mais en raison de notre développement en harmonie avec la nature.

Le plus haut édifice du village, c’est l’église.

Nous misons sur la qualité et non pas sur la quantité.

Peter Walters, sous-ministre adjoint, ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts de la Colombie-Britannique, Canada

Il est important de mesurer nos actions afin d’évaluer d’où nous sommes partis et où nous sommes rendus.

Seija Tuulentie, chercheure, The Finnish Forest Research Institute, Finlande

Dans le développement de projets touristiques durables, l’aspect d’acceptation sociale est crucial au succès du projet. L’implication de la population apporte des connaissances locales, prévient les conflits et permet un processus démocratique.

Liping A. Cai, professeur et directeur, Purdue University Tourism & Hospitality Research Center, Purdue University, États-Unis

C’est à vous de décider quel type de destination vous souhaitez être – destination de masse, culturelle, etc.

Richard Butler, professeur, Tourisme international, University of Strathclyde, Écosse

Si l’objectif est de réduire l’incidence du tourisme sur l’environnement, c’est le tourisme de masse qui doit devenir plus durable.

On dit que le DD permet d’atteindre un «triple bénéfice», soit économique, environnemental et social. Mais en réalité, il en existe un quatrième qui doit être pris en considération, le bénéfice politique.

Les communautés qui se dotent d’une vision à long terme ont plus de chance de maximiser les bénéfices réalisés par le DD. Cependant, cette vision peut parfois être très difficile à atteindre, car les politiciens opèrent généralement sur un cycle de deux à cinq ans tandis que les médias ont, dans la plupart des cas, un cycle d’intérêt d’un à trois jours.

Michel Archambault – titulaire, Chaire de tourisme Transat, ESG-UQAM, Québec

Après la mondialisation, nous entrons dans l’ère de la déglobalisation. Nous passons d’un monde d’homogénéité à un monde de spécificité.

Julianna Priskin, chercheure principale, Chaire de tourisme Transat, ESG-UQAM et professeure associée, Département d’études urbaines et touristiques, ESG-UQAM, Québec

Nous devons apprendre des uns et des autres pour mieux avancer ensemble.

Le DD n’est pas une mode, il se présente comme un impératif pour l’ensemble des secteurs du tourisme.

S’il est vrai que dans la vie le plus grand danger est de laisser les urgences prendre la place des choses importantes, nous devons alors reconsidérer la façon dont nous allons faire face à la crise économique actuelle. Le DD est primordial, car l’enjeu demeure la survie à long terme de la planète et des sociétés qui la peuplent.

La période actuelle représente une occasion de reconnaître, enfin, le besoin d’une croissance durable, qui est en harmonie tant avec les humains qu’avec la capacité qu’a la Terre de soutenir leur développement.

Cet article a été rédigé avec la collaboration de Marianne Dodelet

Source:
– Ministère du Tourisme du Québec et Chaire de tourisme Transat, ESG-UQAM. Symposium international sur le développement durable du tourisme, Québec, du 17 au 19 mars 2009.

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Marketing Tourisme durable

Gare au greenwashing, votre réputation est en jeu! (Compte rendu de conférence)

Bien que le marketing vert séduise les consommateurs, il importe de communiquer sur des acquis et non sur des actions isolées. Les consommateurs ne sont plus dupes, vous avez affaire à des clients aguerris. «Une démarche de développement durable n’est pas une opération de relations publiques», souligne Emmanuelle Gehin. Alors, attention avant de vous «péter les bretelles»!

Emmanuelle Gehin, écostratège et présidente d’Ozone, une agence de communication-marketing spécialisée en environnement et développement durable, nous a entretenus de la communication et du développement durable lors du Congrès 2008 des festivals, événements et attractions touristiques, Québec, tenu en novembre dernier.

Le marketing vert a la cote

Le marketing vert séduit les consommateurs, car ces derniers veulent s’impliquer, faire partie de la solution en ce qui a trait aux  grands enjeux sociaux et environnementaux. Les entreprises qui leur proposent des outils pour le faire, par le biais de leurs produits et de leurs actions, peuvent donc se démarquer et en tirer un avantage concurrentiel.

Un consommateur de plus en plus averti et critique

Le consommateur est bombardé de publicités qui vantent les mérites des produits écologiques, des programmes environnementaux et des actions humanitaires des compagnies. Une multitude d’entreprises surfent sur la vague écolo et n’hésitent pas à surhausser la qualité de leurs produits ou à miser sur des caractéristiques bien minces ou des actions isolées… fréquemment par malice et parfois par ignorance.

La population a souvent de la difficulté à départager le vrai du faux, la compagnie qui est crédible de celle qui se drape de vert sous de fausses représentations. Cependant, beaucoup de consommateurs sont de mieux en mieux informés et de plus en plus sceptiques quant aux réelles vertus des produits verts sur le marché. Les gens, les médias, la communauté scientifique questionnent davantage et il devient plus compliqué de leur raconter n’importe quoi. Avec Internet, les consommateurs possèdent un canal privilégié pour dénoncer les imposteurs. En ce qui concerne les médias, ils se font un plaisir de tenter de vous démasquer en cherchant la petite bête noire qui se dit verte.

Attention, c’est votre crédibilité qui est en jeu!

Les «À ne pas faire»

Le greenwashing, souvent traduit par mascarade verte ou écologique, maquillage vert ou encore écoblanchiment, consiste à repeindre la réalité en vert. Il induit en erreur le consommateur à l’égard des bénéfices environnementaux d’un produit, d’un service ou des pratiques d’une entreprise. On pourrait même ajouter: le greenwashing, c’est quand l’entreprise investit plus d’argent dans sa campagne marketing que dans ses actions responsables.

En 2007, une enquête de TerraChoice s’est penchée sur 1018 produits qui avançaient 1753 arguments verts. Résultat? On pouvait classifier les arguments de 99% des produits parmi les six fautes liées au greenwashing (graphique 1):

  • Compromis caché. Le produit est dit vert alors qu’il n’y a qu’un seul des composants qui est vert et qu’on ignore ses facteurs négatifs – utilisation de papier recyclé dont le procédé de fabrication est polluant, produit suremballé.
  • Absence de preuve. L’argument est impossible à prouver ou à vérifier – produit non testé sur les animaux, lampe moins énergivore sans certification.ML_2009-02_greenwshg_img2
  • Imprécision. Le propos est très large ou reste très vague – all natural (le mercure, l’uranium, l’arsenic sont naturels mais toxiques), recycled content (dans quelle proportion, moins de 0,1 %?), écologiques, respectueux de l’environnement.
  • Non-pertinence. On dit du produit qu’il est bénéfique pour l’environnement, mais sa référence se révèle être non pertinente – sans CFC (ils sont interdits par la loi depuis plusieurs années).
  • Affabulation. On raconte des faussetés ou avance des affirmations «non fondées» – un shampoing certifié biologique mais sans certification reconnue.
  • Moindre des deux maux. L’argument fourni ne fait pas contrepoids à l’effet négatif – des cigarettes biologiques, des insecticides verts.

Apprenez de ces six péchés et évitez-les si vous ne souhaitez pas figurer parmi les America’s Ten Worst Greenwashers sur le site suivant: www.greenwashing.net.

Vous pouvez consulter le document Déclarations environnementales: Guide pour l’industrie et les publicitaires. Il présente de bons exemples à suivre ou non.

Rendre compte de ses bons coups auprès des différents publics cibles

L’organisation doit adapter ses communications en fonction des attentes des différents publics cibles. Par exemple, pour un événement, elle ne s’adresse pas à la population locale de la même manière qu’aux bailleurs de fonds, qu’à la clientèle ou aux travailleurs qu’elle désire recruter.

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Communiquer avec la communauté locale devient primordial pour qu’elle ne se sente pas bousculée et ait une meilleure compréhension de l’événement et de ses répercussions (notoriété de la région, aspects socioéconomiques). Il convient alors de tisser des liens avec la population, de l’impliquer, de lui faciliter l’accessibilité à l’événement.

En ce qui a trait aux visiteurs, l’entreprise a le devoir de les sensibiliser et de favoriser l’adoption d’un comportement responsable: en limitant les déplacements, en assurant la sécurité, en instaurant une signalisation claire (ex. pour le recyclage des déchets), etc.

Si une charte a été établie à l’égard des fournisseurs, il faut leur expliquer cette démarche, les consulter pour trouver des solutions ou pour créer une communauté verte.

Ce qui intéresse principalement les médias, ce sont la nouveauté et… les mauvaises nouvelles. Bien souvent, les journalistes n’ont pas le temps de fouiller et ils souhaitent des faits mesurables, des chiffres, un porte-parole crédible (informé et motivé par les enjeux). Il faut leur parler du «vert», mais aussi leur décrire la stratégie mise de l’avant.

Ne pas communiquer sur des actions isolées

Il importe de développer une image d’entreprise responsable qui ne repose pas sur une seule action ou une composante isolée, mais plutôt sur des acquis et la démarche. La communication requiert transparence, crédibilité et humilité, sinon il peut en résulter une perte de confiance.

Lire aussi: Voici pourquoi il est payant d’être socialement responsable!

Sources:
– Association canadienne de normalisation et Bureau de la concurrence. «Déclarations environnementales: Guide pour l’industrie et les publicitaires», juin 2008.
– Gehin, Emmanuelle. Communication et développement durable «Faire et faire savoir», allocution au Congrès 2008 des festivals, événements et attractions touristiques. «Gérer pour durer», Québec, 21 novembre 2008, [www.ozone-rp.com/].
– Terra Choice Environmental Marketing Inc. «The “Six Sins of Greenwashing” – A Study of Environmental Claims in North American Consumer Markets», novembre 2007, [www.terrachoice.com/files/6_sins.pdf].

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Tourisme durable

Une fois convaincus que l’on doit montrer «patte verte», par où commence-t-on?

Tout comme le site Internet il y a quelques années, on se demande, devant l’ampleur de la tâche, par quel bout commencer lorsqu’il s’agit de s’attaquer au développement durable (DD)? Critère de succès: une direction convaincue. Critère d’approche: rester réaliste avec un brin de folie. Critère d’efficacité: mesurer. Critères de garantie: la certification et la reconnaissance. Le DD, c’est une démarche à long terme qui demeure un processus continu. Rien ne sert de courir, il faut partir à point… c’est-à-dire tout de suite! Et surtout pas d’argumentation… nous vous fournissons une liste des références.

Le plan de match initial

La première condition de succès: la direction doit être convaincue et offrir son soutien. Il faut que la notion de DD s’intègre à la culture de l’organisation et s’inscrive dans une volonté de prise en charge.

Le processus débute par l’établissement d’un plan d’action:

  • discuter des principes de DD, des enjeux, des pistes d’action;
  • s’informer de ce qui se fait ailleurs;
  • établir un diagnostic de l’empreinte de l’organisation sur la communauté;
  • recenser les actions déjà entreprises – cet exercice peut mener à des résultats surprenants;
  • mobiliser les employés – poste d’agent de développement, comité de consultation, boîte à idées, formation;
  • penser autrement, agir différemment, oser – bousculer les idées reçues, s’interroger sur ses façons de faire, modifier ses comportements;
  • établir une politique de développement durable – objectifs réalistes et mesurables;
  • fixer un échéancier réaliste;
  • nommer une ou des personnes responsables de la mise en œuvre;
  • communiquer les plans à l’interne – dans le but de bien expliquer la démarche;
  • communiquer les résultats à l’externe.

Il existe certains pièges à éviter:

  • ne pas s’investir par manque de vision ou d’insécurité;
  • ne pas établir de plan;
  • vouloir aller trop vite;
  • voir trop grand et ne pas évaluer les coûts des projets;
  • tenir pour acquis que les employés y croient.

Les champs d’action

Sur quoi peut reposer l’élaboration d’une politique de DD? En voici quelques pistes.

Le volet économique

  • Établir une politique d’achats responsables – sélectionner les fournisseurs en fonction de leur démarche de DD, prioriser les fournisseurs locaux, les produits équitables, écologiques, certifiés.
  • Encourager l’économie locale – recruter des travailleurs de la région, établir des partenariats avec les acteurs socioéconomiques.

Le volet social

  • Développer des liens avec la communauté et gérer les problématiques découlant de ses activités.
  • Embaucher des jeunes en réinsertion sociale, des immigrés, des personnes à capacité réduite.
  • Faire des dons à des organismes de charité.
  • S’impliquer dans des actions communautaires.
  • Sensibiliser et éduquer les clients, les employés, les partenaires, le public.
  • Respecter ses employés – offrir des conditions d’emploi décentes et équitables, donner de la formation afin de leur permettre de se développer tant sur le plan professionnel que personnel.

Le volet environnemental – réduire, réutiliser, recycler, compenser

  • Réduire sa consommation de papier – développer un environnement «sans papier», utiliser du papier recyclé.
  • Réduire sa consommation d’énergie – instaurer un programme d’efficacité énergétique (éclairage, chauffage, utilisation de l’énergie renouvelable – panneaux solaires, éoliennes).
  • Réduire sa consommation d’eau, gérer les eaux polluées et usées, réutiliser l’eau de pluie.
  • Réduire les déchets – p. ex. utiliser de la vaisselle, des verres, des tasses en vitre ou recyclables.
  • Réduire l’utilisation des matières dangereuses et polluantes – p. ex. acheter des produits d’entretien ménager biodégradables.
  • Réduire les gaz à effet de serre, gérer la qualité de l’air – p. ex. utiliser les transports en commun, réduire les livraisons.
  • Réduire le bruit.
  • Réutiliser des matériaux pour leur donner une deuxième vie.
  • Revaloriser les matières – p. ex. composter les feuilles mortes pour fertiliser les plates-bandes.
  • Recycler le papier, le verre, le plastique et le métal de même que les matières dangereuses  –  p. ex. ordinateur, imprimante, cellulaire, batterie.
  • Planifier l’aménagement du territoire, améliorer l’environnement physique des lieux de travail.
  • Protéger et conserver les écosystèmes et la biodiversité.
  • Compenser les émissions polluantes – acquérir des crédits de compensation d’émissions de carbone, planter des arbres, intégrer un toit vert au bâtiment, aménager des espaces verts.

En somme, il faut passer en revue et décortiquer chacun de ses produits, de ses services, de ses processus, de ses actions et s’interroger sur la façon de faire mieux (lire aussi: Capsule – Quand un problème de stationnement peut changer le monde!).

Mesurer, mesurer et mesurer

Une entreprise se targue d’avoir réduit ses émissions polluantes, une autre sa quantité de déchets. Bravo mais… dans quelle proportion? Comment suivre la progression des actions d’une entreprise vers l’atteinte de ses objectifs si celles-ci ne font pas l’objet d’une évaluation quantifiable?

Pour mesurer les efforts de l’entreprise et les progrès réalisés, il importe de déterminer les indicateurs de mesure et de performance les plus pertinents et significatifs en fonction de ses objectifs et de ses activités.

Un processus continu

Le DD est un processus d’amélioration continu qui se traduit par une recherche constante d’idées, de solutions, de partenaires, de changements…

Certification et reconnaissance: un guide, une garantie

Obtenir une certification reconnue constitue un bon moyen de démontrer la crédibilité et le bien-fondé de ses actions. Elle devient un sceau d’approbation et éclaire le choix du consommateur indécis. En outre, le programme de certification permet d’accompagner l’entreprise dans sa démarche de DD. Participer à des concours pour obtenir une reconnaissance de ses engagements s’avère une autre avenue possible.

Ne pas réinventer la roue

Les entreprises peuvent s’inspirer de ce qui a été fait avant. Il existe des solutions et des programmes déjà établis. De plus, pourquoi ne pas coopérer et partager ses connaissances? On le prône souvent, mais on le fait très peu. À cet effet, le ministère du Tourisme, en collaboration avec la Chaire de tourisme Transat, organise le Symposium international sur le développement durable du tourisme qui se tiendra les 17, 18 et 19 mars 2009 au Centre des congrès de Québec. Ce symposium sera un lieu privilégié pour échanger sur cette voie d’avenir, pour proposer des solutions concrètes et des exemples de bonnes pratiques.

Références et liens utiles

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Lire aussi:
S’outiller pour organiser des événements responsables
Récupération, réutilisation et recyclage… du patrimoine!
Les hôtels passent au vert!
Les tendances en matière d’adhésion à des labels écologiques dans les hôtels canadiens

Sources:
Congrès 2008 des festivals, événements et attractions touristiques. «Gérer pour durer», Québec, 19 au 21 novembre 2008.
– Arseneault, Paul. «Est-ce payant d’être socialement responsable?».
– Cordeau, Patrice. «Comment établir une politique de développement durable».
– Gehin, Emmanuelle. «Comment communiquer le développement durable».
– McMahon, Kevin et Marc Paquin. «Comment passer du concept à l’application?».

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Tourisme durable

Capsule – Quand un problème de stationnement peut changer le monde!

Difficile à croire que résoudre un problème de stationnement pourrait avoir des répercussions positives aussi importantes. À l’occasion du Congrès 2008 des festivals, événements et attractions touristiques tenu à Québec en novembre dernier, Patrice Cordeau, conseiller en environnement et en développement durable à l’Université de Sherbrooke, est venu présenter comment la direction de l’établissement a osé sortir des sentiers battus.

Ayant atteint la pleine capacité de son parc de stationnement, l’Université de Sherbrooke a choisi d’explorer de nouvelles avenues pour trouver une solution à son problème et de privilégier une approche de développement durable. Au lieu d’investir des sommes importantes pour aménager des espaces supplémentaires, ce qui l’aurait obligée à construire un stationnement souterrain ou à déboiser de grands secteurs, la direction a décidé, en 2004, d’offrir le transport en commun gratuit aux étudiants.

Conséquences? De multiples retombées positives et rentables:

  • diminution de la demande d’espaces de stationnement;
  • désengorgement et amélioration de la circulation automobile qui était déjà problématique à l’époque;
  • diminution du nombre de voitures sur le campus, donc réduction des émissions de gaz à effet de serre;
  • amélioration du système de transport de la ville de Sherbrooke;
  • accessibilité pour les étudiants à des logements moins chers dans des secteurs plus éloignés de l’université;
  • revitalisation des activités économiques du centre-ville.

Et, aujourd’hui, en raison de la diminution de la demande, on se prépare à réduire les places de stationnement en y aménagement des espaces verts.

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Source:
– Cordeau, Patrice. «Comment établir une politique de développement durable», Congrès 2008 des festivals, événements et attractions touristiques. «Gérer pour durer», Québec, 21 novembre 2008.

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Tourisme durable

Le développement durable, il faut le faire pour les bonnes raisons! (Compte rendu de conférences)

Les entreprises sont condamnées à prendre le virage durable. Le développement durable (DD) est inéluctable parce que la planète l’exige, les clients l’exigent, les employés l’exigent et, de plus en plus, les bailleurs de fonds et les entreprises elles-mêmes l’exigeront de leurs partenaires. Même les destinations se mettent de la partie et souhaitent miser sur une étiquette verte. Et en plus… nous sommes tous capables!

ML_2009-01_congres_DD_conf_img1À l’occasion du Congrès 2008 des festivals, événements et attractions touristiques, les différents conférenciers ont présenté les multiples facettes et enjeux du développement durable.

Les planètes sont alignées!

L’économie sociale se développe. Le greenwashing est dénoncé. Le commerce équitable a la cote. La responsabilité sociale de l’entreprise (RSE) est le sujet de l’heure. Des compagnies se disent carboneutres. Le métier d’écoconseiller possède un brillant avenir. La sensibilisation des entreprises au DD s’intensifie et plusieurs sentent l’urgence d’agir.

Mais le DD, c’est beaucoup plus que le recyclage et l’écotourisme. Il est de trois ordres: économique, social et environnemental. Il s’applique à toutes les formes de tourisme et à toutes les destinations.

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Parce que la planète en a besoin

Pierre-Marc Johnson souligne que nos façons de faire actuelles ne tiennent plus la route: en 2050, la population mondiale devrait atteindre 9 milliards d’habitants et il faudra alors deux ou trois planètes pour supporter notre rythme de croissance et de consommation. Les statistiques alarmantes s’accumulent: toutes les trois secondes, un enfant meurt à cause de la pauvreté; depuis la dernière guerre mondiale, la terre a perdu 40% de sa biodiversité; 18% des réserves de poissons sont surexploitées et 47% ont atteint leur niveau de saturation; surconsommation d’eau, dégradation des sols, pollution…

Parce que le consommateur l’exige

La pression sociale pousse les entreprises à changer, à agir (lire aussi: Le consommateur éthique, du vert foncé au vert pâle).

Un hôtelier propose de réutiliser les serviettes? Bravo! Le client se dira qu’il essaie de sauver de l’argent et il voudra en connaître davantage sur le sérieux de la démarche environnementale de l’établissement avant de lui accorder une étoile verte et sa confiance.

Sylvain Morisset, de Morisset Événements inc., gère une entreprise qui offre la location de parcs de jeux et d’activités pour toute la famille. Ses équipements sont fabriqués à partir de matériaux recyclés et ne génèrent pas de pollution à l’installation et à l’opération. M. Morisset mentionnait que, dans les années 1990, l’utilisation de matières recyclées aurait été qualifiée de cheap, alors qu’aujourd’hui c’est l’inverse. Les gens apprécient l’initiative et la trouvent très sensée.

Même s’il ne fait aucun doute que le DD doit s’appliquer au tourisme, la demande actuelle en la matière est difficile à évaluer. Malgré les nombreuses statistiques citées, la plupart des données présentent seulement des preuves anecdotiques, puisque le comportement du voyageur recoupe plusieurs dimensions telles que la façon de voyager, le choix du type de produits et de services, le prix à débourser et la sélection d’une entreprise responsable.

Parce que cela comporte des avantages pour l’entreprise

Selon Emmanuelle Gehin, écostratège et présidente d’Ozone, l’entreprise peut retirer certains bénéfices de l’adoption d’un comportement responsable:

  • attirer une clientèle sensible à la démarche;
  • gagner la confiance des bailleurs de fonds et entraîner de nouveaux commanditaires;
  • renforcer son image de marque et sa notoriété;
  • accroître son leadership sur le marché;
  • profiter d’un avantage concurrentiel;
  • rehausser le sentiment de fierté des employés;
  • faciliter le recrutement de la main-d’œuvre;
  • développer une meilleure relation avec d’autres intervenants – gouvernements, population locale, partenaires, fournisseurs, bénévoles.

Un nombre grandissant d’entreprises établissent des politiques de développement durable et des critères de sélection à l’égard de leurs fournisseurs. Par conséquent, adopter un comportement responsable, c’est obtenir une longueur d’avance sur la compétition et devenir une entreprise avec qui clients et partenaires veulent faire des affaires.

Parce que nous sommes tous capables

«Faire du développement durable, c’est valorisant et c’est l’fun», mentionnait Sylvain Morisset. Nous sommes tous capables. C’est comme offrir un cadeau. Cela nous donne la possibilité de jouer avec l’environnement et de retirer une fierté à trouver des solutions.

Faire du développement durable, c’est une loi… une loi du futur, du gros bon sens, de la nature! Après tout, nous n’avons qu’une seule planète!

Quand commence-t-on?

Le développement durable (DD) devrait rythmer l’évolution et la dynamique de tout ce qui bouge sur terre. On ne le fait pas de prime abord parce que c’est payant, mais plutôt parce que cela interpelle les valeurs mêmes de l’entreprise, celles qu’un gestionnaire doit intégrer. Il faut être convaincu!

Même si, pour le moment, planète, clients, employés, bailleurs de fonds, partenaires et destinations réclament ce virage de façon inégale et parfois chaotique, il faut tout de suite faire partie de la chaîne et surtout ne pas la briser. Ne vous inquiétez pas, cela n’a rien de pyramidal ni d’illégal!

De bonnes nouvelles… c’est moins compliqué qu’il n’y paraît et vous n’êtes pas seul.

À lire prochainement: Une fois que l’on a compris que l’avenir est à ceux qui sauront montrer «patte verte»…

Lire aussi: Virage vert: certains mythes ont la vie dure

Sources :
Congrès 2008 des festivals, événements et attractions touristiques. «Gérer pour durer», Québec, 19 au 21 novembre 2008.
– Arseneault, Paul. «Est-ce payant d’être socialement responsable ?».
– Durand, Luc. «Qui est le consommateur éthique?».
– Gehin, Emmanuelle. «Comment communiquer le développement durable».
– Johnson, Pierre-Marc. «En quoi le développement durable vous concerne».
– Morisset, Sylvain. «Pourquoi je fais du développement durable».

Catégories
Enjeux Hébergement Marketing Produits et activités Ressources humaines Tourisme durable

La revue de presse 2008 du Réseau de veille

C’est la fin de l’année, la période par excellence pour rédiger un bilan annuel. On ferme les livres tout en jetant un bref regard en arrière pour voir ce qui a marqué notre année, les bons comme les mauvais moments! C’est ce que vous propose l’équipe du Réseau de veille qui vous a préparé une courte revue de presse…

Un contexte peu favorable à l’industrie touristique

Tout au long de l’année, ces thèmes ont fait la une et hanté nos banquiers sidérés par une conjoncture économique, financière et politique peu reluisante:

  • Économie – Les déboires du marché immobilier américain et la crise économique qui y sévit se répercutent sur d’autres secteurs d’activité. Cette situation mine la confiance des consommateurs.
  • Taux de change – La force du huard et le déclin de la devise américaine ont certainement influencé les dépenses de vacances des Américains. Au Canada, la valeur élevée du dollar a favorisé la tendance aux voyages internationaux.
  • Prix du pétrole – Le prix du carburant au Canada et ailleurs dans le monde a battu des records historiques cette année. En juin, le prix moyen d’un litre d’essence ordinaire se détaillait à environ 1,43$ dans la région montréalaise. Malgré tout, les automobilistes canadiens n’ont pas modifié leurs comportements de consommation. Par contre, le ralentissement de l’économie américaine se fait durement sentir auprès des Américains. Ainsi, ceux-ci ont parcouru 4,7% moins de kilomètres en juin 2008 par rapport au même mois de l’année précédente.

Quand la météo s’en mêle: pour le bonheur des uns et le malheur des autres

Les conséquences d’un hiver enneigé ont été plutôt positives pour l’industrie touristique, tout en réjouissant les adeptes de sports d’hiver. Dès le début de janvier 2008, le nombre de journées skiables enregistrées dans les stations de ski s’élevait déjà à près du tiers de celui des années antérieures. Les 80 stations ont affiché une croissance de l’achalandage de 11,1 % cet hiver par rapport à la saison 2006-2007.

Par contre, les entreprises touristiques qui comptent sur un été ensoleillé pour augmenter leur achalandage et assurer leur rentabilité – particulièrement celles liées au plein air – ont été moins choyées. Par exemple, le taux d’occupation d’un camping de la région de l’Outaouais atteignait 25% les deux premières semaines d’août comparativement à 98% à la même période l’année dernière. Même en ville, la pluie a apporté son lot d’effets négatifs, entre autres, pour les restaurants ayant une terrasse. En juin, la ville de Québec a connu 22 jours de pluie, ce qui en fait un des mois de juin les plus pluvieux depuis plus d’un demi-siècle selon Environnement Canada.

«Vert» des gestes de plus en plus responsables

En 2008, l’Association des hôteliers du Québec (AHQ) a poursuivi l’implantation du programme de reconnaissance en développement durable (PRDD) et certifié une vingtaine d’établissements à travers le Québec. Quant à la Corporation de l’industrie touristique du Québec (CITQ), elle a modifié ses critères d’évaluation pour permettre l’obtention de points supplémentaires à la suite, par exemple, de l’achat d’appareils écoénergétiques.

Tourisme Laval s’est offert un tournoi de golf écoresponsable où près de 50% de ses participants ont adopté le covoiturage pour se rendre sur les lieux. De plus, le taux de récupération des matières résiduelles a atteint 92%. Tourisme Laval s’est aussi engagé à planter 90 arbres pour compenser ses émissions de gaz à effet de serre.

Dans la même optique, Tourisme Montréal a coordonné la création d’un comité vert de l’industrie touristique montréalaise afin de mettre en place un plan d’action vert dans le milieu. Celui-ci inclut par exemple une clause d’écoresponsabilité pour les fournisseurs.

Ailleurs, la démarche d’Action concertée de coopération régionale de développement (ACCORD) de la région des Laurentides comprend des initiatives de reboisement et de lutte aux algues bleues (cyanobactéries) ainsi que le développement de voies de contournement pour les sentiers de motoneige et de quad de manière à protéger les paysages et les zones de plein air.

Pour inciter le respect de certaines normes de qualité et de développement durable, les Cantons-de-l’Est sont devenus la troisième destination mondiale à conclure une entente de partenariat avec le Centre mondial d’excellence des destinations.

Même Transat a adopté un nouveau programme de soutien au tourisme durable. La compagnie, à travers ces 120 projets au Québec et ailleurs, collabore avec des partenaires comme le Fonds mondial pour la nature Canada afin de préserver et mettre en valeur le patrimoine naturel et culturel tout en aidant les communautés à bénéficier des retombées économiques du tourisme.

Les Fêtes du 400e de QuébecCN_2008-12_revuepresse_img2

L’année 2008 aura été celle du 400e de Québec. Après un départ plutôt difficile – plusieurs démissions à la Société du 400e minent la crédibilité de l’organisation – les festivités connaissent un succès populaire inespéré. Sur l’ensemble de l’année 2008,plus de 290 activités ont attiré huit millions de visiteurs. Le Moulin à images de Robert Lepage, l’Espace 400e, Paul McCartney, Céline Dion, Le Louvre à Québec, le Championnat mondial de hockey, le Chemin qui marche, Rencontres, le spectacle commémoratif, le Cirque du Soleil et plusieurs autres ont contribué à créer une masse critique d’événements d’envergure et à favoriser une couverture médiatique extrêmement positive. Québec a aussi été le lieu de rassemblements nationaux et internationaux qui ont généré d’importantes retombées économiques.

Aéroport de La Macaza – Mont-Tremblant et nouveau casino

En avril 2008, Loto-Québec et le gouvernement du Québec annonçaient une entente qui permettra à la station de ski Mont-Tremblant d’établir un nouveau casino sur le Versant Soleil de la montagne. Attendu pour l’été 2009, cet établissement a été bien accueilli par le milieu, notamment parce qu’il s’agit d’un attrait touristique qui sera dédié à une clientèle composée majoritairement de villégiateurs, de congressistes et de vacanciers. On anticipe un achalandage de quelque 700 000 visites et des revenus annuels de l’ordre de 50 millions de dollars, générés notamment par une importante section réservée aux clients «hautes mises».

Soulignons que le projet du nouveau casino s’insère à l’intérieur d’une vision élargie de développement et de commercialisation de la région. Les partenaires du consortium économique Tourisme aérien Laurentides ont jusqu’à maintenant obtenu des résultats favorables à la suite de la création de nouvelles liaisons aériennes à partir de marchés ciblés à destination de l’aéroport international de La Macaza – Mont-Tremblant. En septembre 2008, on annonçait le renouvellement de l’entente avec la compagnie Continental Airlines visant à reprendre, à l’hiver 2008-2009, les vols en provenance de la ville de New York. Cette liaison s’ajoutera aux vols du transporteur Porter Airlines qui dessert le centre-ville de Toronto.

Développement des croisières internationales

En mai 2008, les deux paliers de gouvernement ont annoncé un investissement de plus de 100 millions de dollars, échelonné sur cinq ans, afin de développer un réseau d’escales portuaires visant à accueillir davantage de croisières internationales. Pour la première fois, le Québec bénéficiera d’une réelle «Stratégie de développement durable et de promotion des croisières internationales». Ce sera l’occasion d’améliorer les infrastructures d’accueil de même que l’offre touristique en périphérie, et ce, pour les villes de Saguenay, Sept-Îles, Baie-Comeau, Gaspé, Havre-Saint-Pierre ainsi que pour les Îles-de-la-Madeleine. Les visées de Croisières du Saint-Laurent sont ambitieuses alors que l’on souhaite quadrupler le nombre de passagers par escale pour atteindre 400 000 passagers par escale en 2014 et tripler les revenus annuels, qui totaliseraient plus de 270 millions de dollars.

Passez Go et réclamez… toute une visibilité!

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Au terme d’un grand suffrage, plus de 5 millions de votes, la ville de Montréal a décroché la case la plus dispendieuse de la nouvelle version mondiale du jeu Monopoly. L’impressionnante mobilisation des Montréalais a permis de devancer les Paris, Londres et Shanghai de ce monde. Il s’agit d’une promotion inestimable pour la ville qui se trouve au cœur de bons moments de milliers de foyers. Aucune autre ville du jeu ne sera autant convoitée que Montréal. Quelle agréable façon de se positionner dans l’imaginaire des futurs touristes!

Toronto et Vancouver seront aussi sur la planchette, ce qui fait du Canada l’un des deux seuls pays à avoir trois de ses villes représentées dans le Monopoly Monde. Depuis sa création en 1935, le Monopoly s’est vendu à plus de 250 millions de copies, offertes en 37 langues dans 103 pays à travers le monde.

Montréal a perdu son Grand Prix de Formule 1

Depuis, le débat est lancé. Plusieurs se demandent comment remplacer cet événement et quelles actions mettre en œuvre pour soutenir l’économie, le tourisme et l’emploi tout en offrant une vitrine internationale exceptionnelle pour Montréal et le Québec. Chacun y va de son grain de sel:

  • le maire de Montréal souhaite créer un fonds de développement conjointement avec le milieu des affaires;
  • Tourisme Montréal a mis sur pied un comité-conseil pour cibler des événements et des promoteurs;
  • l’Institut économique de Montréal (IEDM) a imaginé dix chantiers; le Journal de Montréal, cinq projets;
  • tout cela, sans compter les idées suggérées par la population du Québec à travers des lettres ouvertes, des blogues, des émissions radiophoniques, etc.

Les défis de l’entreprise en ressources humaines s’intensifient

Sur le plan des ressources humaines, il faut souligner d’une part la ronde de grèves qui a perturbé le secteur hôtelier cet été au Québec. Les syndicats de plus d’une quarantaine d’hôtels affiliés à la CSN négociaient le renouvellement de leurs conventions collectives qui expiraient le 30 juin.

D’autre part, mentionnons que le projet pilote de la région des Cantons-de-l’Est qui visait à recruter des baby-boomers pour des postes dans les kiosques d’informations touristiques de la région a été concluant. Le nombre de postulants a surpassé les attentes et la satisfaction était au rendez-vous. Voilà un bon exemple pour contrer la raréfaction de la main-d’œuvre!

Bref, une année mouvementée pour l’industrie touristique québécoise…