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Tourisme durable

Récompenser les visiteurs pour leurs gestes écologiques?

Les incitations économiques sont considérées comme une composante clé de l’expansion du tourisme durable. Pourtant, elles font rarement partie du processus de production ou d’achat des produits touristiques. C’est bien connu: les choix des touristes écoconscients ne sont pas vraiment motivés par le prix, contrairement à ceux des autres, et surtout à ceux des touristes de masse, qui le sont encore. Des études montrent également que le prix est perçu comme un obstacle important à l’achat d’expériences touristiques responsables1.

Pour stimuler la demande du tourisme durable, il serait sans doute nécessaire d’offrir davantage d’incitations financières aux consommateurs et aux entreprises. Les petites entreprises pourraient profiter d’incitations telles que le dégrèvement et l’allègement fiscal pour les changements opérationnels visant la conservation des ressources. Si des occasions d’économiser étaient proposées aux consommateurs, la demande pourrait s’accroître, et le rendement de l’industrie, s’améliorer plus rapidement. Les incitations financières, si petites soient-elles, réussissent à attirer l’attention de segments de marché (celui des touristes de masse qui ne sont pas encore écoconscients, par exemple) et font partie d’initiatives d’éducation et de sensibilisation.

Les récompenses financières ne sont pas nécessaires dans tous les cas. Certaines exploitations touristiques donnent à leurs clients l’occasion de participer à différentes activités (écologiques et de nature, notamment) qui leur permettent de mieux comprendre l’importance de la conservation des ressources naturelles. Ces expériences sont considérées comme enrichissantes: les clients y attachent une grande valeur en plus d’en tirer un enseignement; elles suscitent de leur part des gestes responsables partout ailleurs.

Il existe de nombreux exemples d’incitations au comportement responsable: rabais accordé aux clients qui réutilisent leur tasse dans un restaurant, sacs écologiques offerts gratuitement dans un magasin et ainsi de suite. Cependant, peu d’endroits récompensent les touristes pour leurs gestes écologiques; voici quelques exemples de ceux qui le font.

Festivals…

En 2009, le festival de Roskilde au Danemark2 a pu lutter contre les changements climatiques en partie grâce à sa campagne Green Footsteps. Les organisateurs ont incité les clients à accomplir au moins une action écologique, comme l’utilisation des transports en commun plutôt que de la voiture pour se rendre au festival; ceux qui l’ont fait ont obtenu des green footsteps ou «pas verts». Les participants du festival ont fait un total de 40 000 gestes liés à la consommation d’énergie et à la production de C02; en récompense, ceux qui avaient assez de pas verts ont pu planter leur tente avant les autres. Ceux qui en avaient accumulé le plus ont été invités à se joindre à la Climate Community du festival, zone de camping fournissant une expérience enrichissante aux clients participants.

Parcs naturels…

Le parc naturel de Phillip Island3 (PNPI) à Victoria, en Australie, offre des expériences fauniques avec différentes espèces, telles que le manchot pygmée. Son programme de conservation et de bénévolat comprend des récompenses pour les participants. Parmi les nombreux projets de conservation que dirige le PNPI, on compte la végétalisation et le désherbage. Le parc récompense tous les bénévoles du pays et d’ailleurs qui aident aux travaux de conservation en leur offrant l’hébergement gratuit. Il offre également aux bénévoles de l’étranger l’entrée gratuite au parc. Le PNPI est un organisme sans but lucratif qui ne reçoit pas de subventions gouvernementales et qui génère ses propres revenus afin d’assurer sa viabilité.

Voyages organisés…

Le voyagiste GeoEx4 offre à tous ses clients qui font un don de 250$ ou plus au Living Planet Trust (un fonds orienté par le donateur et administré par la Tides Foundation of San Francisco) un bon de 250$ applicable à un voyage ultérieur. Ces dons déductibles d’impôt servent à compenser les émissions de carbone attribuables aux vols internationaux et à financer les initiatives locales des destinations visitées.

Stations de ski…

Plusieurs stations de ski nord-américaines ont conçu des programmes pour inciter les gens au covoiturage et au transport en commun, afin de limiter le nombre de voitures au pied des montagnes. Par exemple, à la station Arapahoe Basin5 au Colorado, les skieurs qui comptent quatre personnes dans leur voiture bénéficient d’une réduction de 30% sur leurs billets de remonte-pente. De plus, la station soutient financièrement un système local de transport par autobus qui, par son utilisation, permet de réduire les embouteillages et la pollution de l’air. De même, l’entreprise Aspen/Snowmass6 s’est associée à la Ville d’Aspen pour offrir à ses clients qui font du covoiturage (deux adultes ou plus) un permis de stationnement gratuit pour la journée.

Aéroports…

Plusieurs aéroports récompensent les écoconscients. À l’aéroport Logan de Boston7, les conducteurs de voitures hybrides ont droit au stationnement préférentiel tandis que les propriétaires de taxis à faibles émissions de gaz à effet de serre (GES) sont admissibles à une subvention de 25 000$ US. Les taxis hybrides ont également accès aux meilleures places pour accueillir les clients à l’aéroport. Le programme de location de voitures écologiques de l’aéroport de San Francisco, quant à lui, offre une réduction de 15$ aux clients qui louent des voitures hybrides8.

Îles…

La Targeta Verda9 ou «carte verte» est une initiative de la Fondation des Baléares visant à amasser des fonds auprès des touristes pour des projets de développement durable. Cette carte leur offre des réductions lorsqu’ils visitent des attraits touristiques ou qu’ils achètent des produits commerciaux. D’une valeur de 10 euros, elle est valide pendant 15 jours pour les visiteurs et pendant un an pour les résidents; elle donne droit à la location gratuite de vélos, entre autres. Jusqu’à maintenant, les fonds amassés grâce à la carte ont servi à des projets de restauration écologique de l’archipel ainsi qu’à des programmes d’interprétation du patrimoine et de sensibilisation des visiteurs.

Achats en ligne…

Le Green Rewards Store d’EcoPerks10 est une entreprise en ligne californienne qui donne des «écopoints» aux consommateurs qui achètent des produits et services responsables: t-shirts, crédits compensatoires, séjours dans l’un des hôtels W ou au Chumbe Island Coral Park à Zanzibar, par exemple. L’entreprise vend également une vaste gamme d’expériences touristiques à faibles émissions de GES dans différentes destinations, dont le deltaplane, l’observation des oiseaux, le kayak, les randonnées à vélo et ainsi de suite. Plus les gens achètent, plus ils obtiennent d’écopoints qu’ils peuvent utiliser pour acheter d’autres produits et services vendus par l’entreprise. Les clients peuvent faire don de leurs écopoints à des organisations non gouvernementales (ONG) agissant en faveur de l’environnement, à des projets de restauration d’écosystèmes et autres du genre. L’entreprise fournit également de l’information et des outils à ses clients pour les aider à réduire les répercussions négatives de leurs gestes quotidiens.

Sources:

1. Rheem, C. (2009). PhoCusWright’s Going Green: The Business Impact of Environmental Awareness on Travel, PhoCusWright, Sherman, CT, USA, 29 p.
2. Roskilde festival. Reserve a spot at the camping area [http://www.roskilde-festival.dk/uk/news/singlenews/reserve-a-spot-at-the-camping-area/] (page consultée le 7 juillet 2009).
3. Philip Island Nature Parks. Wildlife and habitat programs, [http://www.penguins.org.au/index.php?option=com_content&view=article&id=36&Itemid=19] (page consultée le 16 juin 2009).
4. Geographic Expeditions. Responsible Travel. Walking the Talk 2009, [http://www.geoex.com/about_us/responsible_travel.asp] (page consultée le 7 juillet 2009).
5. Arapahoe Basin, [http://www.arapahoebasin.com/ABasin/about/environment/transportation.aspx] (page consultée le 6 juillet 2009).
6. Aspen Snowmass, [http://www.aspensnowmass.com/onmountain/statsfacts/statsfacts.cfm?area=Aspen%20Mountain] (page consultée le 6 juillet 2009).
7. Massachusetts Port Authority. Preferred Parking at Logan for Passengers Driving Clean Fuel Vehicles, [http://www.massport.com/about/press_news_cleanvehiclehtml.html] (page consultée le 13 juillet 2009).
8. San Francisco International Airport. Save some green when you rent green, [http://www.flysfo.com/web/page/tofrom/rental-cars/greenrentals/] (page consultée le 13 juillet 2009).
9. Foundation for a Sustainable Balearics, [http://www.targetaverda.com] (page consultée le 4 juin 2009).
10. EcoPerks, [http://www.ecoperks.com/] (page consultée le 2 juillet 2009).

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Réseaux de distribution Tourisme durable

Gaz à effet de serre: Le rôle des agents de voyages canadiens

En 2006, 26 400 tonnes métriques de dioxyde de carbone ont été émises dans l’atmosphère, dont 5 % provenaient de l’industrie du tourisme (OMT, 2008). De ce pourcentage, les vols aériens comptaient pour 40% et les déplacements terrestres pour 36%.

Les changements climatiques et le tourisme sont interdépendants. Parce que les conditions météorologiques ont une lourde incidence sur les décisions d’affaires des voyagistes, les changements climatiques auront d’importantes répercussions sur l’avenir du tourisme. Au Canada, le tourisme saisonnier et de nature est souvent menacé par des situations météorologiques anormales ou incertaines. Pour y faire face, des changements coûteux pourraient être apportés aux infrastructures.

L’inquiétude croissante quant aux effets des changements climatiques sur l’industrie touristique suscite le besoin de découvrir ce que les parties prenantes du tourisme savent à propos de ces effets et si elles participent à leur atténuation.

Une étude de 2008, menée par Kole, Krestell, Parlagreco et Dodds à l’Université Ryerson, avait pour but d’évaluer le degré de sensibilisation des agents de voyages canadiens par rapport aux changements climatiques et leur désir d’offrir à leurs clients la possibilité d’acheter des crédits compensatoires comme stratégie d’atténuation. L’étude avait également pour but de déterminer s’il faudrait fournir plus d’information sur les questions environnementales et les crédits de carbone aux agents de voyages pour les aider à la transmettre aux clients par la suite.

Dans le cadre de cette étude, un sondage en ligne a été effectué auprès de 1 886 membres de l’Association canadienne des agences de voyages (ACTA) et de 2 500 membres de l’Institut canadien des conseillers en voyages (CITC). Le taux de participation à ce sondage a été de 5,9%.

Résultats

L’étude a permis de constater que les agents de voyages perçoivent les changements climatiques comme une menace, mais qu’ils ne sont pas au courant de la contribution de l’industrie touristique à ces changements. Leurs clients, les voyageurs, ne sont pas non plus conscients des répercussions de leurs habitudes de voyage sur le climat. La plupart des agents de voyages ont une compréhension sommaire (50%) des changements climatiques et des crédits de carbone. Plus de 50% d’entre eux visent d’abord les profits. Cependant, 9% des agences de voyages ont comme priorité «la diffusion de l’information sur les changements climatiques». Parmi les agents, 46% trouvent important d’aborder les questions environnementales liées au tourisme, mais leurs agences ne les encouragent pas à le faire.

De plus, 34% des agents de voyages canadiens croient que leurs clients seraient prêts à payer jusqu’à 10$ de plus pour des crédits compensatoires, bien qu’ils pensent que c’est au gouvernement que revient la responsabilité de débourser pour ces frais. Moins de la moitié de ces agents proposent «parfois» à leurs clients d’acheter des crédits de carbone, et les clients soulèvent rarement la question.

L’étude permet de conclure que la plupart des agents de voyages ont une connaissance et une compréhension sommaires des changements climatiques et des crédits de carbone; ils sont donc mal outillés pour informer leurs clients. C’est surtout pour cette raison que les agences hésitent à offrir aux clients les compensations comme option valable d’atténuation. Afin d’être de bons informateurs, les agents de voyages doivent être bien au courant des questions environnementales et des crédits compensatoires.

Mesures nécessaires

En vue d’accroître la sensibilisation du public, les gouvernements, les établissements d’enseignement et les entreprises doivent joindre leurs efforts pour informer les agents à propos des crédits de carbone et des effets des changements climatiques sur le tourisme. En tant que représentants de premier plan de l’industrie du tourisme, les agents de voyages peuvent influer de façon considérable sur les comportements des voyageurs et sur leurs connaissances en matière d’environnement.

Un certain nombre de mesures peuvent être prises pour sensibiliser l’industrie du tourisme à cette question et faire en sorte que les changements climatiques et les crédits de carbone soient une partie intégrante de l’industrie touristique:

  1. Campagne de formation pour les agents – les changements climatiques et les stratégies d’atténuation devraient faire partie du programme d’enseignement des écoles de tourisme.
  2. Sensibilisation accrue des clients par le biais de l’industrie du tourisme, afin qu’elle s’insinue dans l’ensemble de la population.
  3. Tarif fixe pour les clients qui désirent acheter des crédits compensatoires.

Les agents de voyages doivent prendre conscience de leur possibilité d’influer sur l’atténuation des effets des changements climatiques. Les agents peuvent aider à modifier les comportements de leurs clients en leur montrant en quoi leurs voyages ont des conséquences sur le climat, et en leur offrant des options de compensation qui leur permettent de réduire leurs émissions de carbone.

Sources:

Kole, L, Krestell, S, Parlagreco, L et R. Dodds (2008). Climate Change and Carbon
Offsetting, Ryerson University, Toronto, Canada, 49 pages.

Organisation mondiale du tourisme (2008). Climate change and tourism:
Responding to global challenges [http://www.unwto.org/index.php].

 

Rachel Dodds, professeure, Ted Rogers School of Hospitality & Tourism Management, Ryerson University

Rachel Dodds est reconnue à travers le monde en tant qu’experte du tourisme durable. Elle est professeure à la Ted Rogers School of Hospitality and Tourism Management à l’Université de Ryerson et directrice de la firme de consultants Sustaining Tourism. Elle est l’auteure des livres “Power and Politics” et “Sustainable Tourism in Islands”. Ses champs d’expertise se concentrent sur le tourisme durable, les changements climatiques et la responsabilité sociale des entreprises. Elle est titulaire d’un Ph.D. de l’Université de Surrey en Angleterre et d’une Maîtrise en gestion du tourisme de l’université de Griffith en Australie. Elle est membre fondatrice de la Canada’s Icarus Foundation, participe au Sustainability Council for the Tourism Industry Association et est ex-membre de la Travel and Tourism Research Association of Canada. Elle a vécu et travaillé sur quatre continents et a voyagé dans plus de 75 pays. 

Champs d’expertise:

  • Tourisme durable
  • Changements climatiques
  • Responsabilité sociale des entreprises

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Voir les analyse de Rachel Dodds

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Tourisme durable

Les jeunes voyageurs moins fortunés sont prêts à payer plus pour un tourisme durable

La quantité de voyageurs dans le monde a continué d’augmenter malgré la récession (902 millions de voyageurs internationaux en 2008 – une hausse de 4% par rapport à 2007), mais les entreprises et les organismes gouvernementaux en constatent les effets néfastes. Les touristes et les communautés locales peuvent atténuer ces effets en adoptant des pratiques de tourisme durable. Or, la demande en cette matière est difficile à évaluer, puisque la plupart des données sont anecdotiques et reflètent plutôt un désir d’agir que de payer.

Malgré les multiples études menées par des organisations telles que Lonely Planet et National Geographic, peu de données ont été recueillies sur les gens qui ont visité le Canada, et encore moins Toronto, sa plus grande ville. Une étude d’Arente et Ennamorato (TNS Canadian Facts, 2007) sur les connaissances et les perceptions des voyageurs canadiens par rapport au tourisme durable a permis de constater que seulement 12% des Canadiens connaissaient un peu ce concept et 31% n’en avaient jamais entendu parler. En outre, 49% des touristes seraient prêts à adopter des pratiques de tourisme durable pendant leur voyage tandis que 42% d’entre eux auraient recours aux agences de voyages qui en suivent les lignes directrices. Selon plus de 75% des répondants, les entreprises qui vendent des produits touristiques et les médias de masse devraient se charger d’informer le public à propos du tourisme durable.

À ces données s’ajoute une étude récente menée par Dodds, Antonov, Babkina et Gordon (Fall, 2008) auprès de 400 personnes ayant visité Toronto. Le but de l’étude était d’évaluer le degré de demande et d’utilisation de produits de tourisme durable (comme le fait de choisir des voyagistes responsables, de compenser les émissions de carbone de leurs vols et de leur voiture, et de favoriser les produits et services verts tels que les hôtels dotés d’une politique environnementale, les aliments et les produits biologiques et équitables, etc.).

Résultats

Les résultats de l’étude montrent que les répondants étaient jeunes, prêts à payer et pas nécessairement riches. En effet, 46% d’entre eux étaient âgés de 19 à 29 ans et leur revenu familial était relativement faible (48% avaient un revenu se situant entre 24 000$ et 59 000$). En outre, 11% des personnes sondées étaient disposées à payer entre 11 et 25% de plus, contre 59% qui paieraient un supplément de 1 à 10%.

Bien que le terme « tourisme durable » semble souvent prêter à confusion (45% n’en avaient jamais entendu parler ou ne savaient pas que ce type de tourisme existait), 72 % des répondants ont dit qu’ils utiliseraient probablement des produits de tourisme durable à l’avenir.

Selon l’étude, les répondants qui étaient prêts à acheter des produits de tourisme durable (77%) étaient d’accord pour les payer plus cher.

Quant à ce qui motivait leur choix, 44% des répondants ont dit qu’ils optaient pour le tourisme durable par respect pour l’environnement. Une certaine proportion de gens saisissaient l’importance (39%) de ce type de tourisme ou pensaient qu’il correspondait à leurs valeurs morales (38%).

Conclusion

Bon nombre de sceptiques soulèvent le fait que la demande pour des produits touristiques responsables n’est pas forte. Cela s’explique peut-être par un manque d’informations
(33% des voyageurs qui n’avaient jamais acheté de produits de tourisme durable ont dit que c’était parce qu’ils n’en avaient jamais entendu parler).

Les voyageurs canadiens se comparent aux voyageurs internationaux. En 2007, TripAdvisor Media Network a sondé 1 000 voyageurs du monde entier: 38% d’entre eux ont dit qu’ils préféraient opter pour le tourisme vert. Ces données correspondent aux résultats de l’étude menée à Toronto. Seulement 4% des répondants n’envisageaient pas du tout de voyager de façon écologique à l’avenir, tandis que 44% considéreraient peut-être acheter des produits de tourisme durable.

Sources:

Arente, H., et M. Ennamorato (2007). TNS Canadian Facts. Sustainable tourism: Travel like you mean it! [http://www.tns-cf.com/conferences/ttra/ttra-2007.pdf] (page consultée le 16 décembre 2008).

Dodds, R., Y. Antonov, I. Babkina, et S. Gordon (2008). Travellers’ Demand and Participation for Sustainable Tourism Practices in Canada. Toronto, Ryerson University.

TripAdvisor. (2007). TripAdvisor travelers keen on going green. Communiqué de presse. [http://www.tripadvisor.co.uk/PressCenter-i120-c1-Press_Releases.html.] (page consultée le 16 décembre 2008).

 

Rachel Dodds, professeure, Ted Rogers School of Hospitality & Tourism Management, Ryerson University

Rachel Dodds est reconnue à travers le monde en tant qu’experte du tourisme durable. Elle est professeure à la Ted Rogers School of Hospitality and Tourism Management à l’Université de Ryerson et directrice de la firme de consultants Sustaining Tourism. Elle est l’auteure des livres “Power and Politics” et “Sustainable Tourism in Islands”. Ses champs d’expertise se concentrent sur le tourisme durable, les changements climatiques et la responsabilité sociale des entreprises. Elle est titulaire d’un Ph.D. de l’Université de Surrey en Angleterre et d’une Maîtrise en gestion du tourisme de l’université de Griffith en Australie. Elle est membre fondatrice de la Canada’s Icarus Foundation, participe au Sustainability Council for the Tourism Industry Association et est ex-membre de la Travel and Tourism Research Association of Canada. Elle a vécu et travaillé sur quatre continents et a voyagé dans plus de 75 pays. 

Champs d’expertise:

  • Tourisme durable
  • Changements climatiques
  • Responsabilité sociale des entreprises

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Ailleurs dans le monde Tourisme durable

Mon beau sapin, roi des vélos!

Cette année, le sapin de Noël de la ville de Copenhague s’illuminera grâce aux muscles des Danois. L’énergie produite par les cyclistes des 15 vélos stationnés autour de l’arbre de 17 mètres allumera les 700 ampoules DEL qui le décorent. Chacun peut y aller de quelques coups de pédales: cyclistes professionnels, enfants et même politiciens!

Sapin-copenague

Source: inhabitat

L’arbre ainsi illuminé est à la fois un symbole du rêve de Copenhague de voir les villes du monde adopter des modes de transport écologique et de l’amour de la capitale pour le cyclisme.

Le sapin de Noël est l’un des éléments qui animeront City Hall Square. Celui-ci sera transformé en un espace culturel et soucieux de l’environnement, le Hopenhagen Live. Du 7 au 18 décembre, spectacles musicaux et expositions à travers la ville attirent l’attention sur la United Nations Climate Change Conference (COP15), qui se tiend durant la même période.

Source:
– Chen, Olivia. «Copenhagen’s Christmas Tree Will Be Pedal Powered!», Inhabitat, 2 décembre 2009.

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Produits et activités Tourisme durable

Les parcs éoliens ont-ils une incidence sur le tourisme?

Comme bon nombre d’endroits, le Québec s’est doté d’un cadre stratégique en vue d’augmenter la production d’énergie à partir de sources renouvelables telles que le vent (1). La construction de parcs éoliens représente un défi à bien des égards. Dans le domaine du tourisme, elle a une incidence directe sur l’aspect visuel des paysages et sur l’industrie, étant donné les pertes économiques potentielles. Les détracteurs des parcs éoliens croient que l’implantation d’imposantes structures de métal donnera au paysage des régions rurales et naturelles une allure industrielle; ce qui est néfaste, selon des préférences des individus.

Les paysages sont une importante ressource touristique; il est donc peu probable que l’industrie du tourisme accorde un soutien sans équivoque aux parcs éoliens. C’est d’ailleurs pour cette raison que la lutte contre l’intégration de ces parcs près des attraits touristiques persiste, alors que les opinions à leur sujet continuent de diverger. Par exemple, certains s’opposent à l’éolienne érigée récemment sur Grouse Mountain, à Vancouver (2),  et d’autres, au projet de construction d’un parc éolien près du Mont-Saint-Michel, en France, même s’il est censé être placé à quelque 15 km de ce site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO (3).

Les éoliennes comme attraits touristiques?

Grâce à leur fonctionnalité en matière de production d’énergie propre, les éoliennes sont, pour certains, un symbole du développement durable; ce qui leur vaudra peut-être d’être reconnues comme éléments du patrimoine moderne. Les moulins sont les prédécesseurs des éoliennes, et ces derniers ont également fait l’objet de protestations lorsqu’ils sont apparus dans le paysage européen, vers le 12e siècle. Aujourd’hui, dans des pays comme la Hollande, les moulins font partie des images patrimoniales et, au Québec, bon nombre d’entre eux, comme ceux de L’Île-Perrot et de l’Isle-aux-Coudres, sont des attraits touristiques.

Cependant, les éoliennes ont elles-mêmes peu de chances de devenir des attraits touristiques majeurs, parce qu’elles font maintenant de plus en plus partie des paysages humanisés de nombreux pays. Dans certains cas, elles permettent de diversifier les attraits d’une destination, comme à Cap-Chat, dans la péninsule gaspésienne, où un centre d’interprétation possède la plus haute éolienne à axe vertical au monde. Ailleurs, d’autres centres d’interprétation du même genre offrent des visites guidées, et au Danemark, par exemple, il est possible d’aller en bateau voir le parc éolien en mer de Middelgrunden près de Copenhague. Les opinions et les comportements par rapport aux parcs éoliens changeront certainement au cours du temps, les gens s’y habituant peu à peu, mais il est peu probable qu’ils fassent l’unanimité un jour.

Préférences des touristes

Selon une analyse écossaise de plusieurs études sur l’incidence des parcs éoliens sur le tourisme, les effets néfastes globaux de ces derniers seraient limités (4). Toutefois, en général, les touristes préfèrent que les projets d’énergie éolienne soient situés loin des zones d’hébergement, des sites historiques, des sites et points de vue panoramiques et des lieux de beauté naturelle. La proportion des visiteurs qui s’opposent catégoriquement à ce que les éoliennes soient placées à proximité des attraits touristiques semble minoritaire, d’après certains rapports. Par exemple, en France, un sondage à l’échelle nationale a montré que 22 % des répondants pensaient que les éoliennes avaient des répercussions néfastes sur le tourisme, le reste des sondés y étant favorables ou indifférents (5). De même, selon un sondage mené dans la région du Languedoc-Roussillon, 16 % des visiteurs trouvaient que les éoliennes gâtaient le paysage (6). Dans une étude écossaise plus récente, on a pu constater que de 20 % à 30 % des touristes environ préféraient les paysages sans éoliennes, tandis que le reste des répondants y étaient surtout favorables ou indifférents (4). La perception des touristes a également été évaluée à l’intérieur d’une étude menée dans la région gaspésienne du Québec, où une bonne partie des visiteurs se sont exprimés en faveur des parcs éoliens (6). Quant à la création éventuelle de nouveaux parcs, cependant, 56,4 % d’entre eux préféraient une grande concentration d’éoliennes en peu d’endroits (plus de 12 éoliennes) à une petite quantité en multiples endroits (moins de 12 éoliennes), et 5,6 % des sondés ne voulaient pas d’éoliennes dans la région gaspésienne (7).

Conséquences économiques

Bien que les études de préférence obtiennent généralement des résultats semblables, très peu d’études quantitatives qui permettent d’établir un lien empirique entre les retombées économiques nettes pour le tourisme et les parcs éoliens ont été publiées jusqu’à maintenant (8). Plusieurs études évaluent les préférences éventuelles, en fonction de scénarios hypothétiques, pour connaître leur incidence probable sur le tourisme (9,10). Elles ont tendance à montrer que les visiteurs ne cesseraient pas de fréquenter un endroit si un parc éolien y était construit, comme l’ont indiqué 92 % des gens interrogés lors d’un sondage mené en Angleterre du Sud-ouest, par exemple (9).  Dans l’ensemble, rien ne laisse supposer que les parcs éoliens pourraient avoir des conséquences économiques néfastes sur le tourisme.

Un rapport écossais a évalué les retombées économiques nettes de la construction d’un parc éolien en calculant l’effet combiné des changements en matière de tourisme résultant d’une telle construction, de leur incidence sur les revenus et du désir des clients de payer pour une «chambre avec vue» dans les établissements concernés. L’étude a porté sur quatre régions de l’Écosse, qui comptent pour près de 12 % de l’activité touristique, et a permis de constater qu’un total de 81 % à 98 % des touristes visitant ces régions seraient touchés (4). Elle a également évalué la proportion d’établissements d’hébergement de ces régions sur lesquels l’intégration de parcs éoliens aurait des conséquences : elle se chiffrait entre 9,83 % et 32,40 %. Parmi les touristes sondés lors de cette étude, 63 % ont dit préférer une vue sans éoliennes à partir de leur chambre d’hôtel, tandis que 28 % y étaient indifférents et 9 % y étaient favorables. Les auteurs laissent entendre que les perceptions des visiteurs par rapport aux parcs éoliens varient en fonction de l’endroit où ils se trouvent. Ainsi, les opinions sur les éoliennes changent selon qu’on les aperçoit, l’espace de quelques secondes, le long de la route ou qu’on les voit plus longtemps, sans bouger, à partir de sa chambre d’hôtel. Pour les établissements dont les vues sont compromises, l’étude a conclu à une réduction de fréquentation de 4,9 % à 16,20 % et évalue la diminution nette de leurs revenus entre 0,48 % et 1,59 % respectivement. Enfin, l’étude a établi que la construction d’un parc éolien pourrait se traduire par une perte de 2,5 % en raison du fait que moins de touristes reviendraient visiter la région (4).

Conclusion

Dans la plupart des endroits, comme au Québec, un vaste ensemble de lois et d’outils de planification permettent de limiter le plus possible les répercussions sociales et environnementales des parcs éoliens (11). En plus des conséquences visuelles qui en découlent, l’implantation de parcs éoliens continue de faire l’objet d’opposition pour différents motifs liés à la planification, à la gestion, à la maîtrise opérationnelle et à la redistribution équitable des bénéfices (12). Les quelques études dont il a été question ici permettent de constater que, bien que la majorité des touristes semblent favorables aux parcs éoliens, en y regardant de plus près, leurs préférences vont aux endroits visités et aux établissements fréquentés. Dans ce contexte, il serait intéressant d’évaluer de façon indépendante les effets des parcs éoliens sur le tourisme au Québec, à l’échelle locale et régionale.

Sources:

(1) Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (2006). L’énergie pour construire le Québec de demain. La Stratégie énergétique du Québec 2006-2015. Gouvernement du Québec. Québec. 138 p.

(2) Coulbourn, J. (2009). «Wind turbine power project installed atop Grouse
Mountain». The Province. 25 septembre. [http://www.theprovince.com/story_print.html?id=2035719&sponsor=] (page consultée le 10 octobre 2009).

(3) Nouvelobs (2009). «Manifestation anti-éolien au Mont-Saint-Michel». 26 septembre. [http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/sciences/20090926.SCI7308] (page consultée le 10 octobre 2009).

(4) Riddington, G., McArthur, D., Harrison, A., Gibson, H. (2008). The economic impacts of wind farms on Scottish tourism. A report for the Scottish Government.
[www.scotland.gov.uk/Resource/Doc/214910/0057316.pdf] (page consultée le 16 octobre 2009).

(5) Synovate (2003). Perception et représentation de l’énergie éolienne en France. Ademe. 18 p.

(6) Institut CSA (2003). Impact potentiel des éoliennes sur le tourisme en Languedoc-Roussillon, France. Synthèse de sondage. 5 p.

(7) Richard Guay Consultants (2004). Étude de marketing auprès des touristes de la Gaspésie afin de connaître leurs attitudes face à l’installation d’éoliennes. Un rapport présenté à TechnoCentre Éolien Gaspésie-les-Îles. Québec. 37 p.

(8) Riddington, G., McArthur, D., Harrison, A., Gibson, H. (2009). «Assessing the Economic Impacts of Wind Farms on Tourism in Scotland: GIS, Surveys and Policy Outcomes». International Journal of Tourism Research. Publié en ligne dans Wiley Interscience DOI: 10.1002/jtr.750 [http://www3.interscience.wiley.com/journal/122609399/abstract?CRETRY=1&SRETRY=0].

(9) VisitBritain (2006). Foresight. Issue 33. July. Strategy and Communications Division.

(10) Mori Scotland (2002). Tourist Attitudes towards wind farms. A research study conducted for the Scottish Renewables Forum and the British Wind Energy Association. Final Report. Edinburgh. 24 p.

(11) Ministère des Affaires municipales et des Régions (2007). Guide d’intégration des éoliennes au territoire: vers de nouveaux paysages. Gouvernement du Québec. Québec. 38 p.

(12) Saucier, C., Côté, G., Fortin, M.-J., Jean, B., Lafontaine, D., Feurtey, É., Guillemette, M., Méthot, J.-F., et Wilson, J. (2009). Développement territorial et filière éolienne. Des installations éoliennes socialement acceptables: élaboration d’un modèle d’évaluation de projets dans une perspective de développement territorial durable. Université du Québec à Rimouski. 227 p.

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Produits et activités Tourisme durable

Le tourisme volontaire, ça ne se passe pas qu’en Afrique!

Organisations de gestion de la destination (DMO), Tour-opérateurs, planificateurs de congrès, hôteliers, compagnies aériennes et de croisières  répondent au besoin d’un nouveau genre de visiteurs qui souhaitent donner de leur temps, de leurs efforts et même de leur argent pour aider les communautés qui les reçoivent. L’offre du tourisme volontaire dit «volontourisme» se structure et se diversifie autour de cette jonction entre le voyage et le bénévolat.

Le tsunami en Asie et l’ouragan Katrina en Nouvelle-Orléans ont donné à cette forme de tourisme une nouvelle impulsion. Toutefois, il n’est plus nécessaire de vivre un cataclysme ou d’être dans un  pays en développement pour susciter l’altruisme des visiteurs.

La culture, l’éducation, la science, l’aventure, l’agriculture, etc., sont autant de domaines où se manifeste le volontourisme, pourvu que les deux notions de tourisme et de volontariat soient combinées.

Taille du marché

Les volontouristes proviennent majoritairement de l’Europe de l’Ouest, des États-Unis et de l’Australie. Selon CNCS (Corporation for National and Community Service), le nombre de volontouristes américains a dépassé 4,7 millions en 2007, dont plus d’un million ayant voyagé à l’international.

  • En 2007, Cheaptickets a interrogé 430 voyageurs américains: 48% connaissaient le volontourisme, 5% en avaient déjà fait, 50% souhaitaient en faire et 55% envisageaient d’inclure un jour ou plus de bénévolat durant leurs vacances.
  • Travelocity a interrogé 1280 membres qui ont magasiné un voyage en 2007: 38% planifiaient effectuer du bénévolat pendant leur voyage en 2008, soit 11% de plus que l’année précédente.
  • En 2008, Condé Nast et MSNBC ont sondé 1600 personnes: 55% ont dit être intéressées par le volontourisme, 20% y ont déjà pris part et 62% de celles qui n’en ont jamais fait considèrent l’entreprendre dans le futur. Une grande majorité des interrogés, soit 95%, ayant déjà pratiqué le volontourisme comptent réitérer l’expérience.

L’Université de San Diego en Californie a interrogé 1400 volontouristes sur leur préférence en matière de choix de destinations (graphique1).

Les destinations internationales préférées des volontouristes américains, 2007

Bien que les destinations en voie de développement soient les plus demandées par les volontouristes américains, ils apprécient également l’Europe de l’Ouest et l’Australie. Parallèlement, 35% des baby-boomers interrogés préfèrent rester en Amérique du Nord.

Les  Britanniques privilégient d’autres destinations (tableau 1).

Les destinations les plus populaires des volontouristes britanniques

Malgré la baisse de la position du Canada du troisième au sixième rang, il reste tout de même parmi les dix destinations préférées des volontouristes britanniques.

Volontourisme et stratégie de marque d’une destination

Volontourisme Colorado

En 2006, la Jordanie a été le premier pays à adopter officiellement une stratégie liée au tourisme volontaire. Depuis, d’autres DMO et offices de tourisme et de congrès tels le Colorado, l’Arizona et Philadelphie ont suivi le pas. Ils y consacrent une section complète dans leurs portails Internet, voire l’affichent d’emblée sur la page d’accueil à l’instar de l’Idaho.

Volontourisme Idaho

Tourisme Idaho a répertorié les besoins des intervenants touristiques de la région en matière de bénévolat: zoos, musées, conservateurs de sites et bâtiments historiques ainsi que parcs pour créer une base de données complète de cette nouvelle offre touristique déclinée en attractions et en événements régionaux.

Volontourisme gestion de destination Idaho (attraits et évenements)

Indépendamment de la taille de la destination, ce sont l’unicité et la créativité de l’expérience qui priment. Le défi consiste à trouver les bons partenaires et à créer de riches expériences autour des points forts de la région.

Volontourisme et  événements

Volontourisme et voyage d'affaires

  • Événements d’entreprise. Le volontourisme intéresse aussi les professionnels de l’organisation de congrès. MPI blogue à ce sujet sur son portail et y sensibilise ses clients. Le volontourisme représente une offre touristique qui appuie les politiques de responsabilité sociale des entreprises et qui peut faire office d’événements pré- ou post-colloque gratifiant pour les participants.
  • Événements sportifs. Les passionnés d’un sport se déplacent et contribuent au rayonnement de la destination en échange de pouvoir vivre et participer à l’organisation même d’un événement. Ils deviennent de vrais ambassadeurs de la destination. Pour la Coupe du monde de soccer de 2010, l’Afrique du Sud témoigne de la popularité du volontourisme à l’occasion d’événements sportifs d’envergure. En une semaine, la FIFA a comblé son besoin en bénévoles qui s’élevait à 15 000 personnes, dont 20% de provenance internationale. Vancouver créera-t-elle autant d’engouement pour les Jeux olympiques d’hiver 2010?

Volontourisme et hôtellerie

Volontourisme et Hôtellerie

Pionnier en la matière, le Ritz Carlton a étendu son programme interne de Community Footprint avec l’introduction, en avril 2008, du «Give Back Getaways» qui permet aux clients de choisir et de réserver des activités de bénévolat sur le site de l’hôtelier.

Les croisières ne sont pas en marge

Cruise West a incorporé le volontourisme à son offre traditionnelle. Désormais, ses croisiéristes peuvent, lors de certaines excursions, prolonger leur séjour d’une journée de bénévolat.

Des partenariats sont nés…

Volontourisme et aérien

Cheaptickets travaille de concert avec Habitat for Humanity et accorde des réductions aux groupes de voyageurs qui font du bénévolat à destination.

Volontourisme et OTA

Travelocity a développé le programme Travel for Good qui combine vacances et bénévolat.

Travelocity a aussi créé, en collaboration avec Marriott Hotels et  Condé Nast, la bourse Change ambassadors grant, qui offre une allocation de voyage allant jusqu’à 5000$ pour les employés et les clients de la compagnie sous certaines conditions.

Volontourisme et conservation du patrimoine

Le volontourisme peut inclure une composante d’apprentissage. Adventures in Preservation l’a compris et donne l’occasion aux voyageurs d’apprendre et d’aider à préserver des bâtiments historiques à travers le monde entier, y compris aux États-Unis.

Le projet du chemin d’Abraham. Dr Joshua Weiss, ses collègues de Harvard University et un réseau de partisans internationaux voient le potentiel du volontourisme dans un projet ambitieux: la restauration d’environ 5000 km de route de ce qui autrefois a servi de voie de passage pour Abraham et sa tribu. Une initiative de volontourisme qui traversera pas moins de dix pays au Moyen-Orient.

Volontourisme et environnement

Le bénévolat lors d’un voyage pour participer à la préservation de l’environnement est sûrement la facette la plus connue du volontourisme. Les volontouristes veillent à la quiétude des phoques de la baie de Somme en France, nettoient les plages à Hawaii ou entretiennent les sentiers de randonnée en Arizona.

Au vu de ces initiatives de développement de l’offre de tourisme volontaire, peut-on, au Québec, construire des expériences qui sauront attirer des voyageurs désireux de prendre part au rayonnement de l’un de nos festivals ou qui seront ravis de nous aider à préserver nos ressources naturelles ou notre patrimoine historique? Peut-on considérer le voyage comme un agent de changement positif des enjeux spécifiques de chacune de nos régions?

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Gestion Tourisme durable

Contribuer à la communauté grâce aux livres abandonnés à l’hôtel

Tous les ans, les clients du groupe Destination Hotels and Resorts abandonnent des milliers de livres dans les chambres. Afin de leur donner une seconde vie, la chaîne américaine a lancé un nouveau programme, «Read & Reuse», par lequel les ouvrages recueillis sont remis aux bibliothèques, écoles et autres organismes à but non lucratif des régions dans lesquelles œuvre l’entreprise.

L’idée vient d’un groupe d’employés, le Green Team, voué à l’amélioration des activités de l’entreprise, à la diminution de son empreinte écologique et à sa contribution aux communautés dans lesquelles se trouvent les 30 hôtels, centres de villégiature et centres des congrès.

Il s’agit d’une initiative sociale et environnementale, facile à mettre en place dans n’importe quel établissement hôtelier. Bravo!

Source:

–  «Destination Hotels & Resorts Launches “Read & Reuse” Program», Hotels Mag, 21 septembre 2009.

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Ailleurs dans le monde Hébergement Produits et activités Segments de clientèles Tourisme durable

Vous avez dit WWOOFing?

WWOOF, l’acronyme de World Wide Opportunities on Organic Farms qu’on peut traduire en français par aides bénévoles dans des fermes biologiques, est un réseau mondial qui met en relation des voyageurs prêts à effectuer du bénévolat dans des petites exploitations agricoles biologiques avec des fermiers à la recherche de volontaires pour les assister. En 2009, environ 15 700 voyageurs ont «WWOOFé»  en Europe, comparativement à 6400 en 2004. Le nombre d’exploitants agricoles inscrits au programme a également doublé pendant cette période, atteignant 2240.

woofingLancé en Angleterre en 1971, ce mouvement à caractère bénévole et participatif promeut l’entraide et l’alimentation biologique saine en plus de favoriser la découverte et le partage entre diverses cultures. On l’associe au tourisme rural, agricole, alternatif ou encore volontaire. Une chose est sûre, tout comme le homesitting et le couchsurfing, il permet de voyager à peu de frais.

Le principe en est simple: les hôtes invitent les bénévoles, dits «WWOOFers», à partager leur quotidien et à travailler dans leur ferme un certain nombre d’heures moyennant gîte et couvert, sans autre compensation financière.

Comment ca marche?

Les WWOOFers s’abonnent à l’organisation WWOOF du pays où ils veulent séjourner. Une contribution financière ($45 pour WWOOF Canada) leur donne accès à la liste des fermiers prêts à les accueillir. Ensuite, ils n’ont plus qu’à sélectionner la ferme de leur choix et à organiser directement leur séjour auprès de leurs futurs hôtes.

Mais encore…

Bien que les différentes organisations de WWOOFing enregistrent une croissance d’année en année, il s’agit tout de même d’une forme marginale de tourisme.

Le défi des fermes participantes est d’offrir des expériences enrichissantes et valorisantes sans tomber dans le piège de considérer les WWOOFers comme une main-d’œuvre bon marché.

Lire aussi:
CouchSurfing: profil d’une communauté virtuelle de voyage

Sources:
– Lalo R. Villar, AP. «In Europe, backpackers go back to basics at organic farms», [http://www.usatoday.com], 28 juillet 2009 .
– Scemama, Corinne. «Vacances Soldes d’été», L’EXPRESS, [http://www.lexpress.fr/], 18 juin 2009.
–  World Wide Opportunities on Organic Farms
World Wide Opportunities on Organic Farms- International
World Wide Opportunities on Organic Farms- International- Canada

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Tourisme durable

Une destination «durable», oui c’est possible! (Compte rendu de conférence)

Le Conseil régional du tourisme du South West of England s’est donné comme mission de faire de sa destination un modèle de tourisme durable. Il assume donc le leadership pour bien orchestrer, à l’échelle régionale, ce virage où la qualité prime sur la quantité, la planification à long terme guide les actions et les changements climatiques s’inscrivent dans les priorités.

Malcolm Bell, chef de direction du South West Tourism of England et membre expert du groupe sur le tourisme durable de la Commission européenne, a présenté la démarche de développement durable (DD) entreprise dans sa région lors du Symposium international sur le développement durable du tourisme tenu à Québec en mars dernier.

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Le South West England représente la destination vacance la plus populaire des Britanniques. Cette région reçoit 26 millions de visiteurs pour des retombées de près de 9 milliards d’euros. Elle compte 30% de zones protégées et de parcs nationaux soit plus que toute autre région du Royaume-Uni. Le tourisme, c’est 10% du produit intérieur brut de la région et 307 000 emplois, soit un sur huit.

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Il ne faut pas avoir à «tolérer» le tourisme

dd_symposium4Le South West Tourism, conseil régional du tourisme pour la région du South West of England, fait du développement durable sa priorité et le place comme l’élément central de la stratégie touristique régionale pour l’avenir. Grâce à la mise en place de son plan stratégique, Towards 2015 Shaping Tomorrow’s Tourism, cet organisme souhaite que la région soit reconnue internationalement comme une destination modèle. Il assume les rôles de coordination, de leadership et de contrôle auprès de l’industrie, des décideurs, des destinations et des visiteurs.

La croissance n’a pas que des effets positifs. Elle peut amener des effets indésirables comme des emplois de piètre qualité, des pressions indues sur l’environnement ou l’aliénation des communautés locales. La stratégie de DD du Conseil régional s’articule autour d’un changement de priorités: planifier à long terme, s’adapter aux changements climatiques et miser sur la valeur et la qualité plutôt que sur la quantité. L’organisation veut établir un équilibre entre l’environnement, la communauté locale, l’industrie touristique et la satisfaction des visiteurs et ainsi, améliorer la qualité de vie des gens qui y vivent et y travaillent de même que celles des touristes.

L’organisme veut concentrer ses efforts promotionnels sur les voyageurs qui adhèrent aux valeurs de la région et sur les marchés de proximité (Union européenne) afin de réduire l’empreinte écologique et carbonique.

À l’horizon 2015, le DD ne constituera pas une niche, un marché ou un produit touristique pour la région du South West England. Il sera plutôt une approche naturelle, le moteur de son développement et de sa gestion, de façon à créer une synergie entre le développement économique et les besoins de la société dans les limites environnementales.

Le tourisme représente beaucoup plus qu’une force économique. C’est un instrument qui permet de créer un sentiment de fierté locale, qui aide à se différencier comme communauté, à développer la culture, l’éducation, la santé, les sports et beaucoup plus.

Comment articuler cette stratégie?

Sans plan détaillé, le Conseil régional du tourisme mise principalement sur la concertation et l’entraide.

À l’origine, les gens accolaient le discours environnemental aux fanatiques qui veulent tout peindre en vert et qui s’accrochent aux arbres. Il convient plutôt d’adopter une approche positive, de parler d’équilibre et d’apporter des solutions plutôt que d’opter pour une approche restrictive associée à des interdictions et à des limitations.

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Plusieurs actions sont mises de l’avant: formation, documentation, accréditation, sensibilisation auprès des décideurs dans le but d’établir des politiques, sensibilisation aussi auprès des touristes (achats locaux, transport en commun, etc.), support des destinations, aide aux autorités locales, coordination des acteurs environnementaux, prix de reconnaissance, etc.

La mise en place d’outils de mesure constitue un élément important pour évaluer la progression des efforts vers les objectifs établis: veille et recherche (tendances, démographie, scénarios de crise, etc.), mesure des empreintes environnementales (REAP modeling), statistiques (nombre de visiteurs, retombées économiques, évolution des marchés, etc.), mesure de la productivité de l’industrie (VICE evaluation tool).

La pression exercée par les touristes sur la population locale s’avère parfois néfaste. On effectue un sondage auprès de la population afin de vérifier l’accueil qu’elle réserve aux touristes et son ouverture à leur égard. La qualité de l’emploi fait aussi partie du questionnaire. Par ce sondage, le Conseil régional souhaite amener des milliers de gens à faire une différence et à socialiser avec les visiteurs.

Beaucoup de voyageurs souhaitent vivre une expérience de qualité tout en évitant les effets négatifs. Aussi, une enquête est-elle réalisée auprès des visiteurs afin de vérifier la satisfaction par rapport à leur expérience (infrastructures, services, signalisation, propreté, etc.).

Tourisme et développement durable…

Évidemment, accomplir une telle mission ne constitue pas une voie facile, mais l’organisation compte mettre les efforts nécessaires pour y arriver. Le Conseil régional est finaliste pour les Tourism for Tomorrow Awards 2009 du World Travel & Tourism Council (WTTC).

«By getting this right, it will be the dawn of a new era of tourism development
with wise growth and decades of prosperity, rather than the sunset of tourism in our region»

Pour paraphraser M. Liping A. Cai, professeur et directeur de la Purdue University Tourism & Hospitality Research Center aux États-Unis, c’est à vous de décider quel type de destinations vous voulez être…

Le Québec pourrait-il s’inspirer de ce modèle?

Source:
– Bell, Malcom. Atelier: Développement durable d’une destination touristique – Destinations durables, Symposium international sur le développement durable du tourisme, Québec, 17 mars 2009.

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Tourisme durable

Qui est carbone neutre dans le secteur touristique québécois?

Durant leur séjour au Québec, les touristes locaux et étrangers émettent des gaz à effet de serre (GES), peu importe le moyen de transport qu’ils utilisent, la distance qu’ils parcourent ou l’activité qu’ils choisissent. Jusqu’à maintenant, aucune étude n’a permis d’évaluer les contributions de ces voyageurs ou du secteur touristique aux émissions de GES, ni les mesures d’atténuation prises au Québec, ni les comportements s’y rattachant. Les connaissances sont donc insuffisantes en matière de réductions nettes et de compensation des émissions de GES. Le but de cet article est de donner un bref aperçu de la carboneutralité dans le secteur touristique québécois.

Fournisseurs de crédits compensatoires

Sur le plan international, le nombre de fournisseurs continue d’augmenter, tandis que Carbon Catalog répertorie présentement 12 fournisseurs au Canada, dont les prix des crédits varient entre 12,50$ et 39,90$ par tonne de CO2e (1). Au Québec, les quatre principaux fournisseurs de crédits compensatoires sont: Planetair (2), Carbone boréal (3), ZéroGES (4) et ZÉRØCO2 (5).

(1) Planetair est un organisme à but non lucratif, toute comme le Centre international Unisféra qui le dirige(2). Planetair est le distributeur exclusif de Myclimate, qui est l’un des fournisseurs de crédits compensatoires les plus respectés au monde parce que ses projets se conforment au Mécanisme de développement propre (MDP*) du protocole de Kyoto et au «Gold Standard**». Il n’appuie que les projets portant sur l’énergie renouvelable et l’efficacité énergétique dans différents pays en voie de développement. Planetair prévoit offrir des projets canadiens selon les volumes de ventes.

(2) Carbone boréal (CB) est à la fois un programme et un projet de recherche de l’Université du Québec à Chicoutimi. Les crédits de CB servent à financer la plantation d’arbres sur des terrains déboisés du Québec et à soutenir la recherche. Les plantations sont vérifiées et dirigées selon la norme ISO 14064-3, et tout projet sera enregistré dans le Registre GES des ÉcoProjetsMD canadien (3).

(3) ZéroGES (ZeroGHG Inc.) est une société de conseil privée qui fournit des crédits dans le cadre de divers projets sur l’énergie renouvelable et l’efficacité énergétique. Ses services portent sur l’élaboration de stratégies de réduction des GES, la quantification des émissions et la vérification du rendement. Les projets ZéroGES se déroulent dans différents pays, et au moins 80 % d’entre eux doivent se conformer au MDP* et au «Gold Standard**» (4).

(4) ZÉRØCO2 est une entreprise privée qui vend des crédits compensatoires pour financer des projets de reboisement dans différentes communautés. Depuis 2006, ZÉRØCO2 a permis de reboiser plus de 20 hectares de terrains, créant ainsi des espaces verts équivalant en superficie à un peu plus de 40 terrains de football en plein cœur des collectivités (5).

Fournisseurs indirects de crédits compensatoires

Certaines entreprises touristiques se sont associées avec différents fournisseurs de compensations. Par exemple, depuis 2007, Air Canada (AC) incite ses clients à acheter des crédits de carbone par le biais de l’organisme à but non lucratif ZeroFootprint, qui investit dans un projet de reboisement en Colombie-Britannique. Jusqu’à maintenant, les clients d’AC ont acheté pour 187 612$ de crédits, ce qui correspond à 11 725 tonnes de CO2 (6). Pour sa part, Air Transat ne vend pas de crédits; elle invoque différentes raisons, dont le fait que ces projets ne permettent pas de résoudre les problèmes se rattachant aux changements climatiques (7).

En ce qui concerne le transport ferroviaire, VIA Rail n’offre pas non plus de crédits à ses clients; elle les encourage plutôt à calculer la quantité de GES émis durant leur voyage sur le site d’Arbres Canada, un fournisseur de compensations d’Ottawa, en vue de les neutraliser. Depuis 1990, VIA Rail a réduit ses émissions de GES d’environ 15%, bien qu’elle ne soit responsable que de 0,03% des émissions totales. Par comparaison, 13% des GES émis au Canada proviennent des automobilistes (8). Pour les voyageurs qui louent des véhicules, de nombreuses entreprises de location, dont Alamo, Enterprise et National, offrent des crédits intégrés à leur formulaire de réservation en ligne (9).

Les entreprises touristiques qui achètent des crédits compensatoires

Au Québec, les touristes locaux et d’ailleurs achètent probablement des crédits de carbone. Cependant, au moment où cet article a été écrit, aucune des organisations nommées ci-dessus ne possédait de données sur le sujet. Il y a des entreprises touristiques qui achètent des crédits au Québec mais, jusqu’à maintenant, aucune étude n’a permis d’évaluer leur valeur transactionnelle.

Certains établissements hôteliers ont des politiques de carboneutralité. Par exemple, l’Hôtel Chicoutimi atténue sa consommation d’énergie de chauffage et d’électricité et incite sa clientèle à compenser les GES émis pendant son séjour par le biais de Carbone boréal (3). Depuis 2006, l’Hôtel des Seigneurs à Saint-Hyacinthe offre des forfaits «écolos» à ses clients et, en 2008, il s’est engagé à calculer la quantité de GES que ceux-ci émettent durant leurs déplacements, entre autres services écoresponsables (10). De plus, les émissions de GES des réunions et des événements ayant lieu dans cet établissement sont compensées par la plantation d’arbres. Parallèlement, dans un effort de carboneutralité, le Novotel Montréal plante des arbres pour chacune des réservations effectuées en ligne par ses clients (11).

Le voyagiste montréalais, Karavaniers du monde, prend l’atténuation des changements climatiques au sérieux; depuis janvier 2009, ses prix incluent le coût des crédits de carbone achetés auprès de Planetair (2, 12). Environ 97% des clients de cette entreprise sont québécois et, selon son propriétaire, ils ne se plaignent pas de l’augmentation des prix attribuable à l’achat de crédits compensatoires. Au contraire, les clients sont satisfaits des efforts déployés par l’entreprise en ce sens. Omnitour et Voyages Tour Étudiant offrent également des crédits compensatoires à leur clientèle(2). Au Saguenay, WeLa Aventure organise depuis 2006 des randonnées écoresponsables à pied ou à vélo (13). Elle a compensé les émissions de CO2 des déplacements de ses clients en soutenant la plantation d’arbres par ZIP Saguenay (14) et la Coop Quatre Temps (15).

De plus en plus, les festivals et les événements du Québec sont écoresponsables, et certains ont compensé leurs émissions de GES (16). Par exemple, depuis 2008, le Festival International de Jazz de Montréal est carboneutre (17). Les centres des congrès de Québec et de Montréal offrent à leurs clients des événements écoresponsables avec leurs partenaires (18, 19), ainsi que l’option d’acheter des crédits de carbone pour ces événements. Par exemple, en 2004, le Centre des congrès de Québec s’est engagé à réduire sa consommation d’énergie de 33% par m2 et ses émissions de GES totales de 50% (20). Depuis 2007, il a accueilli 32 événements écoresponsables dont 7 comprenaient des crédits compensatoires.

La politique de développement durable du Parc Jean-Drapeau (PJD) de Montréal intègre la réduction de GES et une stratégie de compensation pour les opérations et autres activités (environ 100 événements par an) organisées sur le territoire du parc (21). Le PJD a créé un Fonds Oxygène pour mettre en application cette politique. Les partenaires et fournisseurs seront invités à contribuer à ce fonds, qui financera les projets spécifiques d’amélioration environnementale (22). En plus, les automobilistes devront payer des frais supplémentaire de 1$ pour garer leur véhicule dans les stationnements du parc afin de compenser leurs émissions de GES avec CB.

Conclusion

Il ne fait aucun doute que les projets de compensation ne sont pas une solution définitive au problème des émissions de GES. Toutefois, l’achat de crédits pour des projets fiables permet de sensibiliser les citoyens et de fournir des fonds à des initiatives louables (23). Bien que l’achat de crédits pour la plantation d’arbres soit sujet à controverse dans certains cas, il peut se traduire par des améliorations écologiques nettes, tandis que l’achat de crédits pour des projets portant sur l’énergie renouvelable et le développement technologique permet de réduire la consommation de combustible fossile.

Ce résumé de la situation au Québec montre que la carboneutralité au sein du secteur touristique se compose d’efforts disparates. Cette analyse souligne également le besoin de mesurer les contributions nettes aux GES du secteur touristique afin de coordonner le processus permettant de se doter d’une méthode efficace d’atténuation de ces contributions.

* MDP certifie les réductions des émissions qui sont vendues sur le marché volontaire et il s’assure que les crédits de carbone de pays développés sont conformes aux règlements du protocole de Kyoto.
** Le «Gold Standard» est une organisation indépendante qui certifie des crédits de carbone vendus sur le marché volontaire. De tels crédits de carbone doivent répondre à des objectifs de développement durable. Cela signifie qu’un projet de carbone doit mener directement à une réduction des émissions du filet GES. Gold Standard ne certifie pas des projets de sylviculture.

Sources
(1) Carbon Catalog. Find a Carbon Offset Project: Canada. [http://www.carboncatalog.org/projects/canada/] (page consultée le 25 avril 2009).
(2) Planetair. Projets de compensation. [http://planetair.ca/] (page consultée le 2 avril 2009).
(3) Éco-Conseil. Plantations compensatoires de GES. [http://dsf.uqac.ca/eco-conseil/ges/frame_ges.html] (page consultée le 15 avril 2009).
(4) ZéroGES. [http://www.zeroghg.com/fr/index.html] (page consultée le 25 avril 2009).
(5) ZÉRØCO2. [http://zeroco2.com/welcome.php] (page consultée le 15 avril 2009).
(6) Air Canada. Programme de compensation des émissions de dioxyde de carbone. [http://www.aircanada.com/fr/travelinfo/traveller/zfp.html] (page consultée le 25 avril 2009).
(7) Transat A.T. (2009). Réduction des gaz à effet de serre et gestion du carburant. [http://www.transat.com/fr/responsabilite.sociale/reduction.gaz.aspx] (page consultée le 2 avril 2009).
(8) Via Rail Canada. Environment: Helping To Reduce Greenhouse Gas Emissions. [http://www.viarail.ca/corporate/en_environment/reducing_greenhouse_gas.html] (page consultée le 17 avril 2009).
(9) TerraPass Inc. (2009). «Rental Car Carbon Offset Program Proves Most Popular With Consumers». EarthTimes,  6 avril 2009. [http://www.earthtimes.org/articles/show/rental-car-carbon-offset-program-proves-most-popular-with-consumers,775734.shtm] (page consultée le 25 avril 2009).
(10) L’Hôtel des Seigneurs à Saint-Hyacinthe. [http://www.hoteldesseigneurs.com/decouvrez_environment.asp] (page consultée le 24 avril 2009).
(11) Novotel Montréal Centre. [http://www.novotelmontreal.com/home/novotel_news.shtm] (page consultée le 2 juin 2009).
(12) Karavaniers du monde. Destinations: Informations techniques. [http://www.karavaniers.com/voyages/calendrier/?voyage_depart=134] (page consultée le 3 avril 2009).
(13) WeLa Aventure. Horaire et parcours. Randonnées des cols du Fjord 2009. [http://www.welaaventure.com/] (page consultée le 25 avril 2009).
(14) ZIP Saguenay. Réalisations. [http://www.zipsaguenay.ca/zipsaguenay/index.php?option=com_content&task=category&sectionid=1&id=5&Itemid=12] (page consultée le 27 avril 2009).
(15) Coop Quatre Temps. Mission. [http://www.coop4temps.com/] (page consultée le 27 avril 2009).
(16) Réseau québécois des femmes en environnement. Événement écoresponsable. [http://www.evenementecoresponsable.com/] (page consultée le 2 avril 2009).
(17) Festival International de Jazz de Montréal. Une édition 2008 carboneutre. [http://www.montrealjazzfest.com/Fijm2008/planetAir_fr.aspx] (page consultée le 27 avril 2009).
(18) Centre des congrès de Québec. Développement durable. Événement écoresponsable.  [http://www.convention.qc.ca/tiki-index.php?page=devdurable_eve_resp] (page consultée le 27 avril 2009).
(19) Palais des congrès de Montréal. Environnement. [http://www.congresmtl.com/fr/visiteurs/environnement.aspx] (page consultée le 2 avril 2009).
(20) Centre des congrès de Québec. Lauréate du prix Stellaris: Efficacité énergétique. Communiqué de presse du 2 avril 2004. [http://www.convention.qc.ca/tiki-read_article.php?articleId=41] (page consultée le 2 avril 2009).
(21) Société du Parc Jean-Drapeau (2009). Politique de développement durable, Montréal, 8 p.
(22) Société du Parc Jean-Drapeau (2009). Fonds Oxygène.Le fonds de compensation de gaz à effet de serre, Montréal, 4 p.
(23) Broderick, J. (2008). Voluntary Carbon Offsets. A Contribution to Sustainable Tourism?, dans S. Gössling, C.M. Hall, et D.B. Weaver (dir.). Sustainable Tourism Futures. Perspectives on Systems, Restructuring and Innovations, Routledge, New York, p.169-197.