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Tourisme durable

Pratiques vertes de l’industrie des gîtes touristiques en Colombie-Britannique

De nombreuses études ont été réalisées sur les pratiques écologiques des hôtels (Winter et Azimi, 2006; Johnson, 2008; Hanna, 2008; Gunter, 2008; Bohdanowicz, 2005), mais bien peu portent sur les pratiques de l’industrie des gîtes touristiques. Un gîte touristique est une résidence dont le propriétaire offre à ses hôtes le coucher et le petit-déjeuner (Rushmore et Baum, 2001). Un gîte est, par définition, beaucoup plus petit qu’une entreprise d’hébergement (c’est-à-dire un hôtel à service complet); or, le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique (2007) a constaté que les édifices résidentiels et commerciaux, y compris les gîtes, produisaient 12% de l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre de cette province. Pour les Jeux olympiques tenus récemment en Colombie-Britannique, il était important que tous les acteurs soient inclus dans le cadre des initiatives écologiques et que des mesures soient prises en conséquence. Une étude a permis d’évaluer les pratiques «vertes» des gîtes touristiques de la Colombie-Britannique ainsi que les connaissances et le comportement des propriétaires ou exploitants en cette matière. L’étude a également analysé ce que ces derniers percevaient comme des obstacles et comme des éléments de motivation à l’adoption de pratiques vertes.

Les données principales utilisées pour cette étude proviennent de 146 (13% d’un échantillon de 1 100) réponses valables de gîtes touristiques de la Colombie-Britannique obtenues grâce à un sondage en ligne mené en octobre 2008. Les résultats montrent qu’un nombre important de propriétaires ou exploitants de gîtes ont adopté des pratiques vertes dans le cadre de leurs activités. La pratique verte la plus commune était le recyclage; 73% des répondants recyclaient «toujours». Ils achetaient «habituellement» ou «toujours» des produits biologiques (40%), de provenance locale (66%) et moins toxiques (62%). L’habitude d’acheter des produits biologiques et locaux dépendait de leur disponibilité et de la situation géographique du gîte, les établissements plus éloignés ayant moins facilement accès à ces produits. Mentionnons que 80% des participants ont déclaré prendre le temps de s’informer à propos de la gestion de l’environnement. Il y a donc un désir évident de la part de l’industrie des gîtes de la Colombie-Britannique d’adopter des pratiques durables.

Les obstacles à l’adoption de pratiques vertes par les exploitants de gîtes comprennent : les restrictions financières, le manque de ressources et la situation géographique de l’établissement. Les restrictions financières vont de paire avec la nécessité, pour certains, d’un encouragement financier. La majorité des répondants ne faisaient pas partie d’une association verte qui récompense les initiatives écologiques au moyen d’une certification. Il semblerait qu’il n’existe aucune certification normalisée pour les gîtes de la Colombie-Britannique dans ce cas.

Ce rapport formule des recommandations sur la façon d’aider les gîtes à adopter davantage de pratiques vertes. D’abord, le gouvernement et les associations pourraient mieux informer les exploitants sur ces pratiques et les rendre plus accessibles. La mise en œuvre et la diffusion de programmes d’incitation gouvernementaux en matière de durabilité encourageraient également les pratiques vertes des gîtes. Ensuite, une association provinciale ou locale visant à récompenser les initiatives vertes au moyen d’une certification pourrait être mise sur pied. Les propriétaires auraient également intérêt à se renseigner sur les mesures incitatives offertes actuellement aux échelles provinciale et fédérale et qui leur permettraient d’apporter des améliorations à leur bâtiment sur le plan énergétique.

Les recommandations globales pour le gouvernement, les associations et l’industrie incluent la création d’une initiative marketing coopérative à laquelle prendraient part les trois parties et qui pourrait aider à mieux faire connaître les pratiques vertes et à cibler particulièrement ce marché de niche. Cette étude permet de constater que les gîtes sont rarement pris en compte lorsqu’il est question des effets du tourisme sur les changements climatiques, des moyens que prend l’industrie pour les atténuer ou de son désir d’être plus durable. Pour que le Canada soit perçu comme une destination respectueuse de son environnement, ce secteur ne doit pas être négligé.

Sources :

– Bohdanowicz, P.,«European Hoteliers’ Environmental Attitudes: Greening the Business», Cornell Hotel and Restaurant Administration Quarterly, vol. 46, no 2, mai 2005, p.188-207.
– Gunter, H., «State Programs Help Define Green Hotels», Hotel and Motel Management, vol. 223, no 10, juin 2008, p. 4.
– Hanna, E., «Environmental Training», Hotel and Motel Management, vol. 223, no 10, 2008, p. 48.
– Johnson, A., «Savings by the Load», Hotel Motel Magazine, vol. 223, no 11, 2008, p. 34.
– Rushmore, S. et Baum, E., «Hotel & Motels Valuation and Market Studies», USA Appraisal Institute, 2001.
– Winter, J. P. et Azimi S. L., «Less Garbage Overnight: A Waste Prevention Guide for the Lodging Industry», New York, INFORM, 1996.

 

Rachel Dodds, professeure, Ted Rogers School of Hospitality & Tourism Management, Ryerson University

Rachel Dodds est reconnue à travers le monde en tant qu’experte du tourisme durable. Elle est professeure à la Ted Rogers School of Hospitality and Tourism Management à l’Université de Ryerson et directrice de la firme de consultants Sustaining Tourism. Elle est l’auteure des livres “Power and Politics” et “Sustainable Tourism in Islands”. Ses champs d’expertise se concentrent sur le tourisme durable, les changements climatiques et la responsabilité sociale des entreprises. Elle est titulaire d’un Ph.D. de l’Université de Surrey en Angleterre et d’une Maîtrise en gestion du tourisme de l’université de Griffith en Australie. Elle est membre fondatrice de la Canada’s Icarus Foundation, participe au Sustainability Council for the Tourism Industry Association et est ex-membre de la Travel and Tourism Research Association of Canada. Elle a vécu et travaillé sur quatre continents et a voyagé dans plus de 75 pays. 

Champs d’expertise:

  • Tourisme durable
  • Changements climatiques
  • Responsabilité sociale des entreprises

Site de l’institution

Voir les analyse de Rachel Dodds

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Ailleurs dans le monde Hébergement Tourisme durable

Pédaler pour de l’électricité: une idée lumineuse qui fait du chemin!

Les habitants de Copenhague ont de la suite dans les idées! Après l’illumination du sapin de Noël (lire aussi: Mon beau sapin, roi des vélos), voilà que la chaîne hôtelière Crowne Plaza emboîte le pas et encourage ses clients à enfourcher une de ses bicyclettes d’exercice afin de produire de l’électricité pour l’hôtel. Seulement 15 minutes suffisent pour générer les 10 wattheures permettant de réclamer un coupon-repas d’une valeur de 36 USD échangeable dans l’un des restaurants de l’établissement. Si l’expérience s’avère concluante après une année, la chaîne prévoit instaurer cette promotion dans tous ses établissements du Royaume-Uni. Un bon coup de pédale pour l’économie!

Source:
– Ferri, Jim. «Save the Mermaids», Ferri & Partners, Ferriandpartners.com, 14 juin 2010.

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Tourisme durable

L’économie sociale, un fort potentiel de développement

L’économie sociale? C’est une façon d’«entreprendre autrement». C’est une économie à «valeurs ajoutées», car elle vise autant l’atteinte de la rentabilité sociale qu’économique. On la côtoie au quotidien; elle améliore notre qualité de vie. C’est 7 000 entreprises au Québec, 125 000 emplois et un chiffre d’affaires de 17 milliards CAD, ce qui correspond à 6% du PIB québécois. C’est un modèle qui colle bien à la réalité de l’industrie touristique. Et on n’a pas fini d’en entendre parler!

Les pieds dans la marge

Sans entrer dans toutes les considérations sociales et politiques, certains qualifient l’économie sociale de voie parallèle à l’économie de marché. D’autres la voient comme une tentative de réforme du capitalisme, une remise en cause du système économique classique qui a connu plusieurs ratés récemment, de relais de l’État ou encore de levier de changement.

Un fait est certain: on assiste à la reconnaissance formelle de l’économie sociale, mais il reste encore beaucoup à faire pour assurer sa consolidation. Des recherches y sont consacrées afin de définir son rôle actuel et potentiel, l’importance des acteurs sociaux et leur contribution au mieux-être de la collectivité.

On n’est jamais mieux servi que par soi-même!

Alors que les pressions sociales obligent les entreprises à intégrer dans leurs pratiques économiques une gestion responsable et durable de leurs activités, ces notions sont l’essence même de l’économie sociale et figurent au cœur de ces organisations.

Ce type d’entreprise émane d’une mobilisation et d’une action collectives pour créer de l’emploi, soutenir le développement d’une région, répondre aux besoins d’une communauté, améliorer la qualité de vie et le bien-être de la population. Tout en incarnant les valeurs auxquelles elle croit, l’entreprise sociale s’acquitte d’une double mission: rentabilité économique et sociale. Des profits? Oui, mais des profits qui s’inscrivent dans une logique d’intérêt collectif, dans la conciliation de l’économie et des valeurs humaines. Ce modèle de développement est aussi fondé sur le fonctionnement démocratique et le véritable partenariat entre les acteurs, et sur l’autonomie de gestion par rapport à l’État (définition de l’économie sociale).

Modèles variés et secteurs diversifiés

Sans que nous le sachions, l’économie sociale fait partie de notre quotidien. Elle prend principalement la forme de coopératives, d’organismes à but non lucratif, d’organisations communautaires et bénévoles, de mutuelles et de fondations. Selon le Chantier de l’économie sociale, celle-ci est présente dans une vingtaine de secteurs d’activité économique (p. ex. agroalimentaire, commerce de détail, manufacturier, médias et communication, ressources naturelles, éducation, services aux entreprises).

Le commerce équitable, et du même souffle le tourisme équitable, s’imbriquent aussi dans l’économie sociale. Encore marginaux, certes! Mais qui aurait pensé à l’origine qu’ils connaîtraient une aussi forte croissance et qu’ils établiraient de nouvelles règles de commerce international en marge des canaux et des intermédiaires imposés par les voies normalisées?

Le tourisme y est fortement associé

En raison de la nature des services touristiques comme l’accueil, l’information, la promotion, la formation, l’accessibilité, la qualité des services, la préservation et la mise en valeur du patrimoine culturel et naturel, ce secteur est fortement associé à l’économie sociale. C’est sans compter l’implication des bénévoles et de la population dans les différents services offerts (p. ex. la tenue des événements et des festivals).

Dans le secteur des loisirs et du tourisme en économie sociale, on répertoriait, en juin 2010, 547 organismes répartis dans les domaines suivants: activités récréatives (267), centres de loisirs et sports (79), villégiature et hébergement (132), marinas (14), musées et patrimoine (116), agences de voyages (5) et autres (12).

Viable économiquement

Bien que l’on dénonce trop souvent le fait que l’économie sociale vive aux crochets de l’État, il faut souligner que l’entreprise privée récolte aussi sa part d’aide gouvernementale: subventions de démarrage, de développement, de recherche; subventions salariales et pour la formation; crédits d’impôt; financement à des conditions avantageuses; contrats provenant des gouvernements – l’industrie de l’asphaltage vit presque essentiellement de contrats gouvernementaux. En subventionnant l’entreprise d’économie sociale et en contractant des services avec elle (p. ex. les services de garde – CPE), l’État reconnaît ainsi la pertinence des entreprises collectives dans la structure socioéconomique et leur complémentarité par rapport à sa propre mission.
En général, ce type d’entreprise est rentable, gérée sainement, capable de concurrencer avantageusement le secteur privé avec des produits de qualité, souvent utilisatrice des technologies les plus performantes et implantée aussi bien à la ville qu’en milieu rural.

Apport positif à l’expansion de l’économie sociale, les différentes avenues de financement socialement responsable au Québec se chiffrent en milliards de dollars (lire aussi: Le financement socialement responsable, une avenue à explorer). De son côté, le Chantier d’économie sociale mettait sur pied, en 2006, la Fiducie du Chantier d’économie sociale. Cette fiducie est dotée d’un fonds de 59 millions de dollars et d’objectifs à long terme (15 ans). Depuis, le Chantier a investi une dizaine de millions de dollars pour aider les organismes aux prises avec un financement précaire et agir à titre de complément aux subventions et aux prêts à court ou à moyen terme.

Multiples retombées difficilement chiffrables

Un écueil à la reconnaissance de l’économie sociale: la difficulté à en chiffrer les multiples retombées (revitalisation de territoires, impacts environnementaux positifs, emploi de personnes en difficulté, offre d’un service à un coût abordable pour les personnes à faible revenu, etc.). En effet, les indicateurs économiques et comptables ne mesurent pas l’apport social, culturel et environnemental, tant positif que négatif, des diverses entreprises. Le défi: créer un système d’indicateurs qui comptabilisera ces retombées et où le système économique ne dénaturera pas le mandat des entreprises sociales et en facilitera le financement.

La croisée des chemins

Dans un contexte où le changement engendre de nouvelles avenues, où le lucratif flirte avec le social et vice versa, il y a place à des modèles pour repenser le développement d’une région, d’une activité, d’un secteur et une opportunité pour établir des partenariats entre entreprises de divers horizons.

Des exemples de réussite touristique en économie sociale? Il y en a une multitude. Nous vous en présenterons quelques-uns subséquemment.

Lire aussi:
Développer une région touristique de façon harmonieuse, c’est possible! (compte rendu de conférence)
La responsabilité sociale des entreprises, une affaire de crédibilité

Sources:
Alliance de recherche universités-communautés en économie sociale (ARUC-ÉS) et Réseau québécois de recherche partenariale en économie sociale (RQRP-ÉS), Aruc-es.uqam.ca, consulté en août 2010.
– Bergeron, Maxime. «Entrepreneuriat social – En affaires pour changer le monde», La Presse Affaires, 25 août 2007.
– Bourdon, Marie-Claude. «Une autre économie est-elle possible?», Inter-Magazine, UQAM, vol. 7, no 1, printemps 2009.
– Bourque, Gilles L. et al. «Portrait de la finance socialement responsable (FSR) au Québec», faits saillants d’une recherche sur la finance socialement responsable au Québec, menée dans le cadre du chantier d’activités partenariales (CAP), Finance de l’Alliance de recherche universités-communautés en économie sociale (ARUC-ÉS), Aruces.uqam.ca, mai 2007.
– Chantier d’activités partenariales en Loisir et tourisme social de l’Alliance de recherche universités-communautés en économie sociale. «Utilité sociale du loisir associatif au Québec», Aruc-es.uqam.ca, octobre 2008.
– Chantier de l’économie sociale. «La définition, en chiffres, les secteurs d’activités», Chantier.qc.ca, novembre 2009.
– Chantier de l’économie sociale. «Une économie à valeurs ajoutées – Outil de sensibilisation à l’économie sociale», Chantier.qc.ca, septembre 2004.
– Drayton, Bill. «Finance’s Next Opportunity: Social Investing», blogue Harvard Business Review, Blogs.hbr.org, 2 mars 2010.
– Drayton, Bill et Valeria Budinich. «Get Ready To Be a Changemaker», blogue Harvard Business Review, Blogs.hbr.org, 2 février 2010.
Économie sociale Québec, Economiesocialequebec.ca, consulté le 21 juin 2010.
– Favreau, Louis. «Qu’est-ce que l’économie sociale? Synthèse introductive», Laboratoire de recherche sur les pratiques et les politiques sociales (LAREPPS) et copublication avec la Chaire de recherche du Canada en développement des collectivités (CRDC), UQO, Cahiers du LAREPPS, no 05-16, École de travail social, Université du Québec à Montréal, Larepps.uqam.ca, juillet 2005.
– Huot, Geneviève. «Les entreprises d’économie sociale en loisir et tourisme social», synthèse du séminaire du 23 octobre 2001 sous la direction de Louis Jolin, Michel Nolin et Sonia Vaillancourt, Aruc-es.uqam.ca, avril 2002.
– Nadeau, Jean-Benoit. «Mes bonnes causes rentables», L’Actualité, 15 septembre 2009.
– Observatoire en économie sociale, en développement régional, en organisation communautaire et en développement international. «Les outils de soutien aux entreprises collectives créés par des organisations de développement», Uqo.ca, consulté en août 2010.
– Renault, Micheline. «Préparation et divulgation de l’information financière pour les organismes en loisir et tourisme social: redéfinir les pratiques actuelles», École des sciences de la gestion, Université du Québec à Montréal, Aruc-es.uqam.ca, mars 2004.
– Schéou, Bernard. «Du tourisme durable au tourisme équitable – Quelle éthique pour le tourisme de demain?», collection «Les métiers du tourisme», De Boeck, 2009.
– Vaillancourt, Yves. «L’économie sociale au Québec et au Canada: configurations historiques et enjeux actuels», Laboratoire de recherche sur les pratiques et les politiques sociales (LAREPPS) et copublication avec l’Alliance de recherche universités-communautés en économie sociale (ARUC-ÉS) et le Centre de recherche sur les innovations sociales (CRISES), Cahiers du LAREPPS, no 08-07, École de travail social, Université du Québec à Montréal, Larepps.uqam.ca, octobre 2008.
– Vaillancourt, Yves. «Six enjeux concernant l’économie sociale au Québec et au Canada», Thephilanthropist.ca, The Philanthropist 2010, vol. 23, no 1.

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Ailleurs dans le monde Produits et activités Tourisme durable

La valeur de la nuit étoilée

Voûte céleste, constellations, étoiles filantes, aurores boréales, mais aussi faune nocturne, jeux d’ombres et tranquillité: il s’agit de la nuit comme on prend rarement le temps de la vivre. Gravement menacée par la pollution lumineuse, quelques initiatives encourageantes tentent de préserver sa noirceur. Mais la nuit peut-elle aussi être un atout touristique? Et comment la mettre en valeur?

Une récente édition de la revue Espaces traite de différents aspects liés à la nuit noire.

La pollution lumineuse

Les causes de pollution lumineuse sont l’éclairage des villes, le suréclairage des sites industriels et des complexes sportifs et la multiplication des constructions éclairées en permanence hors des villes. Très à la mode depuis quelques années, l’illumination du patrimoine bâti suscite l’engouement de la population mais est, elle aussi, source de pollution lumineuse. L’éclairage du Viaduc de Millau, par exemple, empêche de voir les étoiles à des kilomètres à la ronde. L’éclairage urbain est souvent mal conçu et une grande partie du rayonnement est diffusé vers le ciel au lieu d’être dirigé vers le sol, en plus, d’être souvent trop mal dosé.

La sécurité a toujours été le premier motif de l’éclairage, mais ce dernier entraîne aujourd’hui la plus méconnue des sources de pollution créées par l’homme. Elle touche plus de 20% de la surface du globe et continue d’augmenter de 5% par an en moyenne.


Image satellite de la pollution lumineuse dans le monde.
Source: P. Cinzano, F. Falchi (University of Padova), C.D. Elvidge (NOAA National Geophysical Data Center, Boulder) © Royal Astronomical Society

Les conséquences de la pollution lumineuse sont multiples:

  • Esthétiques et astronomiques: impossibilité de voir le ciel bleu profond et les étoiles. Aujourd’hui, un humain sur cinq n’aperçoit plus la Voie lactée.
  • Écologiques: menaces pour l’écosystème, la faune et la flore et disparition d’espèces. L’éclairage artificiel constitue la seconde source de mortalité des papillons de nuit. En Amérique du Nord, des centaines de millions d’oiseaux migrateurs s’écrasent sur les immeubles illuminés chaque année.
  • Économiques: gaspillage d’énergie. Aux États-Unis, 22% de l’énergie produite est utilisée pour l’éclairage, dont 8% pour l’éclairage public extérieur. Au Québec, zone géographique réputée pour générer le plus de lumière par habitant au monde, les économies pouvant résulter d’une meilleure gestion de l’éclairage sont estimées à plus de 50 millions de dollars par an.
  • Sanitaires: perturbation du sommeil des hommes.

D’après des photos satellites, à l’hiver 1997, la ville de Québec générait autant de pollution lumineuse que Boston, et Montréal était autant éclairé que New York. Même si une part considérable de notre pollution lumineuse provient de la réflexion de la neige, le niveau d’éclairage utilisé par habitant est très élevé.

Actions pour limiter la pollution lumineuse

La préservation de zones de nuit noire n’en est qu’à ses débuts. L’International Dark-Sky Association (IDA) a établi des normes liées à diverses appellations et  le parc national du Mont-Mégantic est le premier détenteur du titre d’International Dark-Sky Reserve.

Quelques réserves de ciel étoilé existent aussi, dont la région entourant le mont Mégantic ainsi que cinq autres régions au Canada. Toutefois, il n’y a pas, pour le moment, de standards officiels pour l’établissement de ce label. De plus, certains observatoires astronomiques bénéficient d’une zone tampon où la pollution lumineuse est contrôlée sans que la désignation de réserve de ciel étoilé soit utilisée.

Mentionnons également qu’un processus de «mise en réserve» est amorcé pour le Pic du Midi, en France, et que l’Unesco étudie l’idée d’inscrire des «réserves de ciel étoilé» sur la Liste du patrimoine mondial.

Outre ces réserves, la protection passe aussi par les villes. Par exemple, Calgary a modifié sa façon de s’éclairer en créant le programme EnviroSmart, destiné entre autres à réduire l’intensité des lumières de rue. Ce programme a permis à la ville d’atténuer sa pollution lumineuse et en plus, d’économiser presque deux millions de dollars par année sur sa facture d’énergie.

Du tourisme la nuit

Le ciel peut s’avérer un atout touristique, et certaines destinations l’ont compris et l’ont mis en valeur.

L’ASTROLab, l’observatoire et le parc national du Mont-Mégantic unissent leurs efforts pour proposer une offre liée à l’observation des étoiles: des randonnées à pied, en ski ou en raquettes avec un interprète de l’astronomie, des soirées d’observation de la voûte céleste ou encore la visite guidée des observatoires, de l’ASTROLab, de la salle d’exposition ou encore visionnement d’un film haute définition. Mentionnons enfin le Festival d’astronomie populaire du Mont-Mégantic.

En 2009, l’organisme français Agir pour l’environnement a lancé l’opération le Jour de la nuit, qui a généré environ 400 manifestations publiques. Cette excellente réceptivité des communautés témoigne d’un intérêt important. L’évènement sera renouvelé en octobre 2010.

Le département français des Hautes-Alpes organise divers événements portant sur le thème de la nuit, qui vont de la randonnée sous les étoiles à l’astronomie, en passant par la découverte du patrimoine bâti à la seule lumière des lampions. Mentionnons également l’ascension du col de l’Izoard, une étape du Tour de France, à la pleine lune, et du ski alpin et du ski de fond nocturnes. La région bénéficie d’un ciel particulièrement pur et on y trouve d’ailleurs six observatoires, dont le célèbre Pic de Bure.

La Ferme des étoiles en Gascogne propose des soirées d’observation et des repas champêtres, un stage spécialisé en astrophotographie numérique, un week-end de découverte ou des stages d’observation d’une semaine. L’établissement a entrepris des négociations avec la municipalité afin que l’éclairage des rues soit conçu et implanté dans le but de minimiser son impact sur le ciel. Les activités de la Ferme des étoiles sont proposées par l’association À Ciel ouvert, qui organise également le festival d’astronomie de Fleurance et le festival Astro-Jeunes, entièrement consacré aux enfants. La préservation de la qualité du ciel a donc permis de développer une offre touristique originale dans cette région.

La nuit noire n’est pas un produit facile à commercialiser. D’abord, pour en profiter, il faut être éloigné des grands centres, donc des bassins de population. Les attraits liés à l’astronomie sont nécessairement excentrés. Le développement d’une activité touristique est possible, mais il s’adresse généralement à une petite niche de visiteurs. Cela dit, le terrain de jeu est pratiquement vierge et il y a place à l’innovation!

Sources:
– Bumat, Sylvain. «Nuits noires pour échappées belles – Découvrir les Hautes-Alpes la nuit», Espaces, numéro 281, mai 2010.
– Levy, Robert. «Sauve qui peut la nuit! Une approche philosophique de la nuit», Espaces, numéro 281, mai 2010.
– Ministère du Développement durable, Environnement et Parcs, Mddep.gouv.qc.ca, consulté le 22 juin 2010.
– Monflier, Bruno. «La Ferme des étoiles préserve la nuit gasconne», Espaces, numéro 281, mai 2010.
– Osadtchy, Clara. «Le Jour de la nuit, une idée… lumineuse», Espaces, numéro 281, mai 2010.
– Piednoël, Éric et Michael Leblanc. «Ciel… des étoiles! Le tourisme et les loisirs peuvent-ils sauver la nuit?», Espaces, numéro 281, mai 2010.
– Site Web de l’ASTROLab du parc national du Mont-Mégantic, Astrolab-parc-national-mont-megantic.org, consulté le 22 juin 2010.

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Gestion Tendances Tourisme durable

Cap sur le tourisme urbain durable

Les villes accueillent plus de la moitié de la population mondiale, et la majorité des touristes les visitent, ou du moins les traversent pour accéder à des destinations plus recluses. L’industrie touristique, qui exerce une pression sur ces zones urbaines, doit se préoccuper des implications environnementales, socioculturelles et économiques engendrées par ses activités.

La prise de conscience générale par rapport aux conséquences des modes de consommation incite le tourisme urbain à s’orienter vers des stratégies de croissance durable non compromettantes pour les générations futures.

Le tourisme durable présente des exigences et des enjeux bien spécifiques

Selon l’Organisation mondiale du tourisme, le tourisme durable doit aussi bien optimiser l’utilisation des ressources environnementales que respecter l’authenticité socioculturelle des communautés d’accueil et assurer à long terme la viabilité financière des investissements.

Or, ce n’est pas faute d’ambition que les villes ne suivent pas ce modèle, mais c’est souvent par manque d’expertise, de leadership ou de modèle de gouvernance fiable et équitable pour encadrer cette nouvelle forme de développement.

Une stratégie de tourisme urbain durable doit répondre aux exigences suivantes:

  • Minimiser l’empreinte écologique des activités touristiques et promouvoir des modes de consommation durables.
  • Créer une infrastructure touristique viable.
  • Concilier les intérêts des habitants et ceux des visiteurs.
  • Préserver le patrimoine culturel, architectural et social dans un contexte de villes en constantes mutations.
  • Gérer la surcharge des lieux touristiques.
  • Encourager un développement économique viable à long terme et offrant de bonnes possibilités d’emploi.
  • Éviter l’apparition de phénomènes de ghettoïsation et d’espaces exclusivement touristiques qui créent une discontinuité de la vie urbaine locale.
  • Avoir une politique de transport «verte» et viable pour contrer les effets négatifs des déplacements (pollution, bruit, encombrement des routes, problèmes de stationnement, etc.).
  • Trouver le moyen de mobiliser les intervenants de l’industrie touristique autour d’un même objectif, bien que la nature de cette dernière soit très fragmentée.

La liste n’est pas exhaustive, mais elle témoigne de la complexité des enjeux et de la nécessité que les parties prenantes impliquées, à savoir les offices de tourisme, le gouvernement, les entreprises touristiques et les résidants, pour ne citer que ceux-là coordonnent leurs interventions. L’entente sur un modèle de gouvernance est un grand défi pour ces partenaires, qui ont parfois des intérêts opposés.

Des destinations qui franchissent le pas

L’application des pratiques de développement durable du tourisme dans un environnement urbain est un concept relativement nouveau, mais certaines villes se sont déjà lancées dans l’aventure.

Dès 1996, la Green Tourism Association (GTA) a largement contribué à la diffusion d’une image plus «verte» de Toronto, grâce à la réalisation de deux projets prônant l’application des principes du tourisme durable:

  • L’édition, en 1999, d’une carte (The Other Map of Toronto) qui relie les sites et les activités touristiques à l’environnement.
  • Le lancement d’un guide (The Other Guide of Toronto), dont l’objectif était de fournir des informations sur les nombreuses possibilités de tourisme durable à Toronto. La richesse des histoires sociales et environnementales des quartiers y est mise en valeur et une section pédagogique explique comment voyager «vert».

Ces initiatives ont connu un franc succès et ont servi d’outils pour commercialiser le concept de durabilité urbaine auprès des touristes et des résidants de la ville.

À son tour, Edinburgh Tourism Action Group (ETAG) a élaboré une stratégie appelée SUTS: Sustainable Urban Tourism Strategy, qui vise à ce qu’Édimbourg devienne la destination touristique la plus durable de l’Europe du Nord d’ici 2015. La SUTS identifie les trois champs d’action les plus importants comme suit:

Afin de préserver son héritage culturel et naturel, la ville d’Édimbourg encourage les entreprises à réduire ou à compenser leurs émissions de carbone. Le projet «climate friendly events», visant la tenue de congrès respectueux de l’environnement, en fait partie. D’autre part, la ville encourage la promotion du patrimoine naturel et culturel comme raison de visite. Dans le souci de maintenir la cordialité et un climat propice à l’échange entre les résidents et les touristes, la ville promeut les avantages issus du tourisme tels que l’amélioration des transports et des installations, la tenue d’événements divers et la stimulation culturelle. La campagne «Tourism is Everyone’s Business» en est un bel exemple. Pour rehausser la qualité des services offerts, Édimbourg s’investit afin de valoriser le tourisme pour attirer des employés compétents et prêts à considérer cette industrie comme premier choix de carrière.

Comme le développement durable doit inclure chaque personne, la problématique de l’accessibilité est aussi prise en compte, et la ville met l’accent sur l’inclusion sociale pour que la majorité de la population puisse profiter des activités et des événements gratuits. La ville se dote également d’infrastructures accessibles aux personnes à mobilité réduite.

Édimbourg a adopté une stratégie d’ensemble qui canalise et coordonne les différentes initiatives. D’autres villes mènent des actions sporadiques, mais qui sont tout de même de bons exemples:

Source: mobilito.at

Mobilito: La ville de Salzbourg en Autriche a mis en place une centrale de transport mettant à la disposition des touristes des options alternatives de déplacement. Le système inclut le réseau ferroviaire européen, les transports en commun de la région, les réseaux autrichiens nationaux de bus et de trains, les centrales de taxi et les points de location de véhicules électriques non polluants. La centrale est accessible en ligne, par téléphone et a également pignon sur rue.

Source : parkandride.net

Park and ride: Ce concept nous vient du Royaume-Uni. Il privilégie des stationnements d’accueil à l’entrée des villes, où le visiteur peut laisser son véhicule durant son séjour. Un système de transport en commun lie l’espace de stationnement au centre urbain.

Le tourisme durable urbain offre une valeur ajoutée à la promotion des villes. Il leur permet d’enrichir leur offre touristique, alors susceptible d’attirer une nouvelle clientèle ou de conforter la clientèle existante dans ses choix de consommation. Nos villes sauront-elles se démarquer à leur tour?

Sources:
– Bintner, Martine. «Le tourisme durable urbain», Institut de gestion de l’environnement et d’aménagement du territoire, 25 juillet 2002.
– Dodds, Rachel, Anna Gibson, Marion Joppe et Brian Jamieson. «Ecotourism in the city? Toronto’s Green Tourism», Emerald Journal of Contemporary Hospitality Management, 2003.
– Dodds, Rachel et Marion Joppe. «Promoting urban green tourism: The development of the other map of Toronto», Journal of vacation Marketing, 2001.
– «Sustainable Urban Tourism Strategy», Edinburgh Tourism Action Group, 29 octobre 2008.
– Yi-Yen Wu, Hsioa-Lin Wang et Yu-Feng Ho. «Urban ecotourism: Defining and assessing dimensions using fuzzy number construction», Tourism Management, 2009.

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Tourisme durable

Compensez l’empreinte carbone de votre vol directement à l’aéroport

Depuis l’automne 2009, l’aéroport international de San Francisco offre, via son programme Climate Passport, la possibilité de compenser le dioxyde de carbone (CO2) émis par le transport aérien à partir de trois kiosques. Il suffit d’indiquer sur un écran tactile les lieux de départ et d’arrivée du vol ainsi que le nombre de passagers, et de préciser s’il s’agit d’un aller simple ou d’un aller-retour. Le calculateur de carbone affiche le montant correspondant au vol et le paiement est réglé par carte de crédit.

Le coût par tonne de carbone émis est de 13,50$. De ce montant, 12$ sont notamment investis dans la reforestation de la forêt de séquoias de Garcia River, située dans le nord de la Californie. Le reste (1,50$) soutient le développement de projets locaux de San Francisco visant à réduire les émissions de carbone.

À titre indicatif, le trajet Montréal – San Francisco produit 3731 livres de CO2, et le coût de compensation s’élève à 22,85$. Seriez-vous prêt à payer pour compenser l’effet polluant de vos déplacements dans l’atmosphère?

Source:
– «Inside Eco-friendly Air Travel», Smartplanet.com, 17 février 2010.

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Tourisme durable

Programmes de compensation des gaz à effet de serre : Portrait de la situation en Amérique du Nord

L’achat de crédits compensatoires visant à réduire l’empreinte carbone est une pratique controversée qui s’est répandue dans le monde au cours de la dernière décennie. La compensation vise la neutralisation des effets des émissions de carbone par l’extraction du carbone de l’atmosphère ou par la réduction des émissions produites ailleurs. De nombreuses méthodes de compensation ont été mises en place, de la plantation d’arbres (séquestration biologique) à la production d’énergie renouvelable (parcs éoliens). Il existe également un marché fournissant des services de compensation aux entreprises et aux particuliers. Les clients n’ont qu’à payer les fournisseurs de crédits compensatoires qui, eux, financent des projets de compensation. Cependant, les projets ne sont pas tous efficaces et chaque achat de crédits doit être effectué pour un projet «additionnel» par rapport aux projets existants. Dans le cadre du marché non réglementé actuel, les questions de «permanence» et d’«additionnalité» sont difficilement garanties. Plusieurs normes et certifications volontaires ont été introduites par l’industrie de la compensation, dans le but d’adopter des pratiques valables, mais même ces normes sont controversées. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a instauré la Gold Standard, la norme volontaire la plus prestigieuse et la plus réputée. Le peu de connaissances des consommateurs à propos de la compensation, le manque de transparence du marché et le doute par rapport à l’efficacité des crédits de carbone sèment la confusion parmi les consommateurs et les entreprises envisageant de recourir à la compensation.

Une étude réalisée en 2010 par R. Dodds et al., “Carbon Offsetting Programs in North America: Assessing the Involvement of the Hospitality and Tourism Industry”, a évalué le marché actuel des crédits compensatoires en Amérique du Nord et l’adoption de ces crédits par l’industrie touristique. Les responsables de cette étude ont contacté 50 fournisseurs de crédits de carbone de l’Amérique du Nord. De ces 50 fournisseurs, 20 ont participé à une entrevue téléphonique. L’étude visait à déterminer 1) la situation du marché de la compensation volontaire en Amérique du Nord et 2) le degré de participation actuel de l’industrie touristique à l’atténuation des changements climatiques.

Principaux résultats de cette étude

La compensation et l’industrie touristique
L’étude a permis de constater que, dans l’ensemble, l’industrie touristique est celle ayant le plus souvent recours aux services de fournisseurs de crédits de carbone, ce qui représente 19% du marché de la compensation. Parmi les secteurs de cette industrie:

  • Les festivals et événements utilisent le plus ces services, comptant pour 5% du marché.
  • Les croisières les utilisent le moins, se traduisant par un maigre 0,2% de la clientèle.

Quinze pour cent des répondants ont affirmé que l’industrie du tourisme représentait au moins 75% de leur clientèle; par ailleurs, 32% des répondants ne comptaient aucun membre de cette industrie parmi leurs clients.

Les répondants ont surtout identifié les coûts (40%) et le manque de connaissances (40%) comme obstacles à l’achat de crédits par l’industrie touristique, et 85% des répondants s’accordaient pour dire qu’il y a confusion sur le marché à propos de la compensation.

Pratiques des fournisseurs de crédits compensatoires
Les projets d’énergie renouvelable et de séquestration biologique sont les types de projets les plus communs, chacun étant entrepris par 65% des fournisseurs. Les autres types de projets les plus communs sont:

  • les projets d’éconergie (30%);
  • le captage du méthane (40%).

La moitié des répondants ont affirmé que la séquestration biologique était le type de projet le plus populaire auprès des clients.

L’étude a également permis de conclure qu’il existe de nombreuses normes et certifications, les répondants en ayant identifié 14. La norme la plus répandue est la Voluntary Carbon Standard (VCS). Quatre répondants ont adhéré à la Gold Standard, norme la plus connue dans le monde. Quant à savoir laquelle de ces méthodes est la plus fiable, les répondants ont affirmé que l’additionnalité est mieux garantie par les normes (67%) et la vérification par un tiers (44%).

Mesures nécessaires

Les résultats indiquent que, peu à peu, l’industrie du tourisme prend des mesures pour atténuer les changements climatiques. Bien que le secteur des festivals et des événements adopte souvent des pratiques de compensation de carbone, plus d’efforts devront être effectués pour contrer les changements climatiques, surtout dans le secteur du transport. Selon cette étude, il est difficile de découvrir si l’industrie achète des crédits de carbone par souci pour l’environnement ou pour répondre à la demande des consommateurs; il est également difficile de savoir si les fournisseurs de compensations soutenus par l’industrie satisfont ou non aux normes de qualité.

Le récent ralentissement économique a montré que l’industrie est grandement influencée par les prix. Les coûts associés à l’adoption de pratiques de compensation sont donc considérés comme un obstacle important à l’achat de crédits par l’industrie touristique.

En fonction des résultats de cette étude, Dodds et al. (2010) demandent aux gouvernements de réglementer davantage le marché de la compensation volontaire, afin qu’il puisse s’appuyer sur des normes plus claires et sur une obligation de rendre des comptes de façon transparente. La sensibilisation accrue de l’industrie aux changements climatiques et aux crédits compensatoires est également nécessaire, puisque le manque de connaissances en ces matières est soulevé par de nombreux répondants (40%); pourtant, la sensibilisation des clients ne fait pas partie des pratiques de bon nombre de fournisseurs de crédits. Certaines compagnies aériennes offrent maintenant à leurs clients des crédits de carbone à l’achat, mais peu d’entre eux connaissent le concept ou encore leur fonctionnement.

Étant donné que la demande en matière de compensation devrait augmenter en même temps que les consommateurs se familiariseront avec cette pratique, la réglementation et la diffusion des connaissances seront nécessaires. Si les gouvernements instaurent une réglementation fiable, les consommateurs auront davantage confiance en la valeur de leurs crédits de carbone. Sans cette réglementation, toutefois, un certain nombre de recommandations devront être envisagées, et l’industrie touristique devra faire preuve de prudence en adoptant des pratiques de compensation. Il lui faudra choisir des fournisseurs de crédits qui peuvent rendre compte de leurs méthodes et de leurs projets de compensation de façon transparente. L’industrie touristique devra également se familiariser avec les différentes méthodes et questions portant sur la compensation, telles que l’additionnalité et la permanence, et rechercher les normes les plus fiables.

L’industrie doit savoir que la compensation n’est pas une solution aux problèmes liés aux changements climatiques, mais qu’elle fait plutôt partie d’une stratégie holistique pour atténuer son impact sur l’environnement. La compensation devrait être incorporée dans une stratégie d’atténuation touchant l’ensemble du système et soutenue par une sensibilisation rigoureuse aux changements climatiques.

¹ «Un projet de compensation est “additionnel” s’il n’existe pas déjà. Cela signifie qu’il n’aurait pas vu le jour sans le financement supplémentaire issu de la vente de crédits de carbone.» (David Suzuki Foundation, 2009) Ce n’est qu’en appliquant le concept d’additionnalité que le programme de compensation peut avoir un effet bénéfique net sur le climat.

Source:

– Dodds, R., Bessada, T., Garcia-Arredondo, J., McDougall, A., and Thiesen, N. “Carbon Offsetting Programs in North America: Assessing the Involvement of the Hospitality and Tourism Industry”, 2010

 

Rachel Dodds, professeure, Ted Rogers School of Hospitality & Tourism Management, Ryerson University

Rachel Dodds est reconnue à travers le monde en tant qu’experte du tourisme durable. Elle est professeur à la Ted Rogers School of Hospitality and Tourism Management à l’Université de Ryerson et directrice de la firme de consultants Sustaining Tourism. Elle est l’auteure des livres “Power and Politics” et “Sustainable Tourism in Islands”. Ses champs d’expertise se concentrent sur le tourisme durable, les changements climatiques et la responsabilité sociale des entreprises. Elle est titulaire d’un Ph.D. de l’Université de Surrey en Angleterre et d’une Maîtrise en gestion du tourisme de l’université de Griffith en Australie. Elle est membre fondatrice de la Canada’s Icarus Foundation, participe au Sustainability Council for the Tourism Industry Association et est ex-membre de la Travel and Tourism Research Association of Canada. Elle a vécu et travaillé sur quatre continents et a voyagé dans plus de 75 pays. 

Champs d’expertise:

  • Tourisme durable
  • Changements climatiques
  • Responsabilité sociale des entreprises

Site de l’institution

Voir les analyse de Rachel Dodds

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Tourisme durable

La liberté de voyager vient avec des obligations…

Il n’est pas nécessaire de faire du bénévolat dans les communautés que l’on visite pour être un voyageur responsable et engagé. «Parler de tourisme responsable, c’est souhaiter que les acteurs impliqués dans le tourisme reconnaissent leur responsabilité», selon Bernard Schéou, professeur et chercheur dans le domaine du tourisme et du développement. À ce titre, le tourisme responsable concerne tant le producteur que le voyageur, et la sensibilisation de ce dernier fait partie du rôle de l’entreprise touristique qui se veut responsable. Pourquoi ne pas inciter le touriste à faire une différence positive en voyageant et à inverser la tendance qui veut que le tourisme soit polluant et exerce un effet négatif sur les populations locales?

Faut-il se priver de vacances pour épargner la planète?

Nous serons 1,6 milliard de voyageurs internationaux en 2020, selon les chiffres de l’Organisation mondiale du tourisme, et c’est sans compter les déplacements intérieurs. Oui, on souhaite réduire le CO2, mais il faut aussi que le touriste apprenne à voyager différemment. Même si l’on observe un fort courant qui tend à faire du touriste un voyageur responsable — diverses étiquettes en témoignent d’ailleurs: écotourisme, slow travel, volontourisme, tourisme équitable, tourisme solidaire, etc. —, il incombe à l’entreprise de sensibiliser ce dernier pour contrer les effets pervers du tourisme.

Le touriste «roi»

Les vacances plongent le voyageur dans un état d’évasion, de plaisir et de nonchalance qui influence son comportement. Loin de son quotidien, il peut être tenté de se croire libéré des réserves habituelles. Certains, souvent par ignorance, adoptent des comportements irrespectueux ou néfastes pour les lieux visités, les habitants et leur culture. D’autres s’imaginent même que leur statut de vacanciers leur permet de se comporter en rois et maîtres dans les lieux qu’ils visitent! Enfin, quelques-uns adoptent une attitude condescendante faisant état d’une supposée supériorité et du niveau de dépendance économique de la région à l’égard du tourisme.

Il serait peut-être bon de rappeler au voyageur qu’il est «en visite» et qu’il doit faire preuve de respect envers ses hôtes, leur environnement et leur culture.

Voyager, c’est une chaîne de responsabilités

Le rôle de l’entreprise ne se limite pas à expliquer au voyageur la logistique d’une prestation; il comprend aussi une dimension éducative. S’il est inutile de formuler une liste d’interdits et d’impératifs, il est toutefois souhaitable de lui faire prendre conscience des enjeux et des conséquences des pratiques touristiques et de la nécessité d’un comportement éthique dans le tourisme comme dans le quotidien.

On peut…

  • jouer sur un registre émotionnel pour susciter une prise de conscience;
  • illustrer au voyageur l’impact de ses actions à l’aide d’exemples frappants (p. ex. l’importance de réduire sa consommation d’eau car un touriste utilise 7 à 10 fois plus d’eau qu’un paysan local en a pour nourrir sa famille et cultiver son champ);
  • démontrer qu’il suffit bien souvent de petits gestes qui ne coûtent rien, qui n’enlèvent rien au confort et qui peuvent faire toute la différence dans les échanges;
  • expliquer la raison d’une surcharge (donner un salaire plus élevé aux employés, entretenir un parc, etc.).

On peut faire cette éducation de façon ludique sur son site Internet, sous forme d’un petit carnet agrémenté de bulles d’informations brèves, pertinentes et dynamiques, de suggestions d’autres voyageurs, d’échanges, de liens à consulter pour en savoir plus.

Préparer le touriste au voyage

Plusieurs voyageurs aimeraient bien participer au mouvement de responsabilisation que l’on observe dans le domaine du tourisme, mais ne savent pas trop de quelle façon le faire. Cela peut débuter par une simple question : Est-ce que je ferais cela chez moi?

Être un touriste responsable, c’est…

  • privilégier des entreprises responsables et ne pas hésiter à poser des questions pour vérifier leurs pratiques;
  • s’informer sur le pays visité pour connaître les us et coutumes des habitants, leur niveau de vie (salaire moyen et pouvoir d’achat pour aller au-delà de la valeur d’échange de notre monnaie, éviter l’affichage ostentatoire de richesse), comprendre leurs valeurs (connaître les codes vestimentaires) et respecter leur religion et leur culture;
  • compenser ses émissions polluantes, utiliser les transports en commun ou des modes de transport moins polluants et planifier son itinéraire en vue de réduire ses déplacements;
  • réduire sa consommation d’eau et d’électricité (climatisation, chauffage, éclairage, utilisation des serviettes, etc.), ne pas polluer, respecter la nature et les espèces menacées, respecter les restrictions émises, recycler, utiliser des piles rechargeables ainsi que des nettoyants et produits de soins corporels biodégradables et réduire son utilisation de plastique;
  • respecter les habitants (demander la permission avant de prendre des photos, ne pas faire preuve d’irritabilité, marchander de façon raisonnable, garder le sourire), être soucieux de la qualité de vie de la population locale, apprendre quelques mots dans la langue du pays;
  • privilégier les entreprises et les produits locaux (hôtels, restaurants, souvenirs, etc.);
  • connaître les critères de qualité, les normes de service, les formulations attendues, la politique de pourboire (distribuer des pourboires en fonction du niveau de vie de la population locale: ne pas en donner peut être considéré comme impoli; à l’inverse, en donner un peut choquer);
  • ne pas encourager la mendicité (argent, bonbons, etc.) et comprendre ses effets pervers, éviter le tourisme sexuel;
  • soutenir des projets de développement dans les pays visités.

Que l’on se rende en Outaouais, dans le Grand Nord québécois, en Europe ou dans un pays du Sud, voyager de façon responsable, c’est la responsabilité de tous les acteurs. Nous pouvons tous faire une différence positive!

Sources :
– Cerf, Marie-Thérèse. «Le Tourisme éthique: Réflexions sur le sens et les principes fondateurs du tourisme éthique, par Alain Etchegoyen», Portail Strabon, http://www.strabon.org/edito/article173.html.
– Euro RSCG Worldwide. «Trend Experts Reveal the Travel Industry’s Quiet Revolution», Hospitality Trends, 18 mars 2010, http://www.htrends.com/article44502.html.
– Kennedy, Doug. «Become a Green Traveler TODAY!», Hospitality Trends, 24 mars 2008,
http://www.htrends.com/article31720.html.
– Organisation mondiale du tourisme. «Global Code of Ethics for Tourism», http://www.unwto.org/ethics/index.php.
– Ruthazer, Alan. «The Color of Conservation: Tips for Going Green Online», Chief Marketer, 14 janvier 2008, http://chiefmarketer.com/green/green_web_site_0115.
– Schéou, Bernard. «Du tourisme durable au tourisme équitable: Quelle éthique pour le tourisme de demain?», coll. Les métiers du tourisme, éd. de boeck, 2009.
– SNAV. «Le livret vert: Tourisme responsable», http://www.snav.org/Snav/public?controller=fr.amadeuspro.fo.StandardContent&sectionID=HomePublic%23Etudes-et-publications%23livret-vert.
– United Nations Environment Programme. «Passeport vert: Holidays for a Living Planet», http://www.unep.fr/greenpassport.

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Produits et activités Tourisme durable

Le golf écologique existe-t-il?

Sur le plan de l’écoresponsabilité, le golf ne se classe ni devant ni derrière les autres secteurs touristiques; néanmoins, il faudra encore patienter un certain temps avant qu’il ne soit perçu comme «une activité récréative responsable». Les terrains de golf ont toujours figuré parmi les sites les moins écologiques étant donné leurs effets négatifs sur la topographie, l’hydrologie et les habitats fauniques locaux, en plus du fait que leur entretien nécessite une utilisation massive d’eau et de produits chimiques 1.

Au Québec, le golf est une importante activité récréative qui compte 362 clubs. Ailleurs dans le monde, il existe environ 25 000 terrains de golf pour quelque 50 millions de joueurs. À l’échelle internationale, diverses organisations et programmes servent à réduire les effets néfastes du golf sur l’environnement, le plus connu de ces programmes étant le Audubon Cooperative Sanctuary Program for Golf Courses. En 2009, 783 terrains de golf du monde entier étaient certifiés par ce programme, dont 82 au Canada et 11 au Québec 2.

Les mesures prises par les terrains de golf pour réduire leurs effets néfastes sur l’environnement sont vastes :

  • diminution de la quantité d’eau utilisée;
  • amélioration des systèmes d’irrigation et d’arrosage;
  • contrôle de la qualité de l’eau;
  • élimination totale ou partielle des pesticides;
  • augmentation de l’emploi d’engrais organiques naturels;
  • amélioration de la retenue des déversements dans les lieux de préparation et de chargement des pesticides;
  • réduction des aires de pelouse en plaque pour préserver l’habitat faunique;
  • introduction de plantes indigènes dans l’aménagement paysager pour protéger l’habitat faunique;
  • élimination des plantes exotiques envahissantes;
  • tenue d’un inventaire faunique;
  • plantation de végétation aux abords des étangs du terrain de golf;
  • installation d’une zone circonscrite de nettoyage d’équipement.

Selon les estimations d’Audubon International 3, la plupart des gérants de terrains où ces mesures ont été prises ont enregistré des retombées économiques positives ou une économie de coût.

La situation au Québec

Au Québec, présentement, aucune étude ne répertorie de façon systématique toutes les actions écologiques accomplies en vue d’améliorer le rendement du golf en matière de gestion. Cependant, de nombreux terrains de golf s’activent à réduire leurs effets négatifs sur l’environnement, et plusieurs sont en voie d’obtenir leur certification d’Audubon International. Pour l’instant, l’action la plus répandue demeure la réduction de l’utilisation de pesticides, en raison des mesures législatives prises en 2003 par le gouvernement du Québec 4. Selon une évaluation de base pour la période de 2003 à 2005, le secteur du golf du Québec a utilisé 39 382 kg d’ingrédients actifs par année (selon les chiffres de vente), dont 75,9% ou 29 885 kg sous forme de fongicides 5. L’emploi de pesticides par le secteur du golf représente environ 1,1% de l’emploi total de pesticides au Québec. La réduction continue de l’application de pesticides est importante: elle permet de diminuer l’utilisation des produits chimiques dans leur ensemble et de préserver la santé des écosystèmes aquatiques, étant donné que presque tous les pesticides utilisés par les terrains de golf au Québec sont épandus sur des sols perméables.

Depuis 2003, le Code de gestion des pesticides du Québec exige des terrains de golf du Québec de déposer un plan triennal de réduction de l’utilisation des pesticides auprès du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs4. Ce plan doit être préparé par un agronome membre de l’Ordre des agronomes du Québec. Pour la période de 2006 à 2009, son objectif était d’effectuer une diminution moyenne d’emploi des fongicides de 12,9%, des herbicides de 9,4%, des insecticides de 8,2%, des rodenticides de 7,4% et des régulateurs de croissance de 2,8%. Les résultats sont en cours d’analyse et les objectifs pour les trois prochaines années seront fixés en 2010.

Les terrains de golf du Québec ont pris de nombreuses autres mesures, mais les retombées globales de ces améliorations ne sont pas connues. Dans certaines régions comme les Laurentides, l’utilisation de l’eau est étudiée de près par des organismes du secteur public dans le but de mieux comprendre les activités du secteur du golf. Quelques terrains de golf ont installé de l’équipement industriel pour filtrer, traiter et réutiliser les eaux usées. Rares sont ceux à l’avoir fait cependant, puisque cet équipement représente un investissement pouvant se chiffrer à 200 000 CAD. Ailleurs, les terrains de golf ont opté pour des voiturettes électriques, utilisent des balles et des tés recyclables et biodégradables, ont adopté un programme de recyclage et offrent des aliments de provenance locale dans leur restaurant. Dans ce contexte, en 2009, le club de golf de Rawdon a reçu le Phénix de l’environnement pour les diverses initiatives écologiques qu’il a prises en vue d’améliorer son rendement 6.

Bien qu’il n’existe pas encore de terrains de golf entièrement écologiques, le secteur semble continuer à s’efforcer d’améliorer sa gestion. Au Québec, on vise à prendre différentes mesures volontaires pour 2010. Par exemple, l’Association des terrains de golf du Québec conçoit présentement une politique de développement durable ainsi qu’un programme vert. Ces mesures porteront sur l’ensemble des besoins en matière de gestion environnementale liés à une gamme de sujets, tels que la gestion des déchets et de l’eau (compostage et recyclage), l’utilisation de substances dangereuses, la végétation près des cours d’eau, etc. Au Québec, d’autres organisations ont pour but d’aider les terrains de golf à améliorer leur gestion environnementale, comme la Coalition pour un Golf Responsable.

Les golfeurs sont-ils verts?

Le nombre d’études sur les comportements des golfeurs quant à l’environnement est limité, et aucune n’a été effectuée au Québec. Toutefois, en 2008, Golf Digest a publié un sondage qui comparait la perception de 650 mordus du golf à celle de la population américaine générale en ce qui a trait au golf et à son incidence sur l’environnement 7. Selon cette étude, les golfeurs étaient surtout perçus comme étant des hommes, riches et plus vieux que les membres de la population générale sondés; en ce qui concerne les comportements par rapport à l’environnement, certaines similitudes et différences entre les deux groupes ont été notées. Par contre, tous étaient conscients de l’environnement, prenaient part à des activités comme le recyclage et s’accordaient pour dire qu’une réglementation gouvernementale est nécessaire pour s’attaquer aux questions environnementales.

Dans l’ensemble, les golfeurs semblaient croire que le golf est un sport compatible avec la protection de l’environnement, mais ils étaient moins enclins que la population générale à prendre des mesures comme le covoiturage. Le graphique 1 permet de constater que la perception des golfeurs quant aux effets de l’utilisation de l’eau et de pesticides est moins négative que celle de la population générale.

Selon l’étude du Golf Digest7, les golfeurs pensent qu’il est nécessaire d’améliorer la gestion environnementale des terrains de golf; mais cette gestion n’incitera pas les gens à adopter ce sport pour autant.

Golf_ecologique_graph1

Certains terrains de golf tentent présentement de sensibiliser les joueurs à l’environnement. D’autres essaient de les inciter à faire des travaux environnementaux et de remise en état des terrains à titre bénévole, et sollicitent leur soutien financier pour des initiatives environnementales.

Il est clair que le golf peut devenir plus écologiquement responsable, et les nombreuses initiatives actuelles visant à améliorer le rendement du secteur ne laissent pas place à l’inaction.

Sources:

(1) Wheeler, K. et J. Nauright (2006). “A Global Perspective on the Environmental Impact of Golf Sport in Society”, Sport in Society, 9(3). p. 427-443.

(2) Audubon Cooperative Sanctuary Program for Golf Courses.

(3) Audubon International (2007). Golf’s Green Bottom Line: Uncovering the Hidden Business Value of Environmental Stewardship on Golf Courses, Audubon International, 64 p.

(4) Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (2009), Code de gestion des pesticides, [http://www.mddep.gouv.qc.ca/pesticides/permis/code-gestion/index.htm] (page consultée le 4 novembre 2009).

(5) Laverdière, C., Dion, S., et F. Gauthier (2007). Bilan des plans de réduction des pesticides sur les terrains de golf, Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, 54 p.

(6) Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (2009). Les Phénix de l’environnement, édition 2009,
[http://www.mddep.gouv.qc.ca/Phenix/2009/5-realisation-entrep.htm] (page consultée le 28 octobre  2009).

(7) Golf Digest (2008). Golf and the Environment. Golfer Perceptions and Attitudes Concerning the Game and its Relationship with the Environment, Golf Digest Publication, Research Resource Centre, 25 p.

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Enjeux Tendances Tourisme durable

La responsabilité sociale des entreprises, une affaire de crédibilité

Lors du dernier congrès de l’ITB Berlin, une journée a été consacrée au thème de la responsabilité sociale des entreprises (RSE) dans le secteur touristique. Au menu : conférences, débats publics et exemples tirés de la pratique.

Démêler les cartes

Bien qu’il n’existe pas de définition universelle de la RSE, elle peut se définir comme la façon transparente et responsable dont les entreprises intègrent les préoccupations sociales, environnementales et économiques dans leurs valeurs et dans leurs activités.

La RSE est un concept qui en chevauche fréquemment d’autres similaires, tels que la durabilité de l’entreprise, le développement durable de l’entreprise et la présence sociale de l’entreprise. Aux États-Unis, on parle davantage de responsabilité sociale. En tourisme, les expressions tourisme responsable, tourisme durable et écotourisme s’entrecroisent.

Deux aspects importants de la RSE : la nature volontaire des actions et la focalisation sur les activités principales d’une entreprise. En effet, l’engagement des entreprises dans la société peut prendre de multiples formes, de la commandite d’événements culturels et sportifs aux projets pour les enfants de la rue, en passant par la plantation d’arbres pour la protection du climat. Cela dit, il arrive que certaines actions sociales plus éloignée des principaux secteurs d’activité de l’entreprise soient critiquées parce qu’elles servent surtout d’instrument de marketing astucieux pour améliorer l’image et la réputation de l’entreprise. Tous les projets RSE ne s’intègrent pas nécessairement bien avec les activités de base de l’entreprise.

Une politique RSE crédible devrait englober :

  • la protection de l’environnement au sein de l’entreprise;
  • la prise en considération des intérêts des salariés;
  • la protection de l’environnement et des conditions de travail respectant la dignité humaine dans la chaîne de sous-traitance;
  • une politique intégrée des produits;
  • la protection des consommateurs.

Occasions, risques et conditions gagnantes

Le Dr Christoph Willers, conférencier lors de cette journée, a décortiqué la RSE de la façon suivante.

Les occasions pour l’entreprise :

  • Économie des ressources;
  • Création de produits innovants;
  • Renforcement ou amélioration de l’image;
  • Investissement;
  • Motivation des employés;
  • Harmonie avec la nature;
  • Amélioration de sa position dans un marché;
  • Atteinte du marché intéressé par la santé et la durabilité.

Les risques devant être ciblés, évalués et ensuite minimisés :

  • Manque de connaissance;
  • Réceptivité de certains groupes;
  • Dilution de la marque;
  • Coût lié au risque et aux investissements;
  • Difficulté de validation de la démarche RSE;
  • Vision de la RSE propre à l’entreprise;
  • Tendance galvaudée.

Les facteurs de succès d’un projet, dont la prise en considération (ou non) déterminera les occasions et les risques :

  • L’adéquation du projet avec la mission et la marque;
  • La transparence;
  • L’intégration à la culture de l’entreprise;
  • La gestion stratégique du projet RSE.

En d’autres mots, la crédibilité de la démarche.

L’industrie touristique peu structurée en RSE

Même si on en entend parler régulièrement, l’industrie touristique n’en est qu’à ses débuts en matière de responsabilité sociale. À qui les clients peuvent-ils faire confiance? Comment reconnaître les efforts véritablement durables? Si l’on compare avec d’autres secteurs, la RSE est en terra incognita, ou presque, dans le secteur du tourisme. Ce n’est pas qu’aucune action valable n’est entreprise, mais plutôt que le monitoring, le contrôle et les bases de comparaison ne sont qu’embryonnaires. On observe surtout des actions ad hoc isolées qui sont présentées comme de bonnes actions et des projets sociaux et écologiques comme des mesures RSE. Pourtant, la RSE dans le tourisme devrait plutôt signifier que les activités principales des entreprises touristiques sont socialement et écologiquement responsables. Plus encore, elle devrait signifier que ces activités sont transparentes pour que l’on sache comment et à quelles conditions le produit voyage, un assemblage de plusieurs éléments, est réalisé.

Pour le moment, seules quelques grandes entreprises ont des projets structurés et annoncés de RSE. C’est notamment le cas de Transat.

Le développement de la RSE dans le monde

Jusqu’à maintenant, les entreprises du monde arabe ont considéré les dons philanthropiques comme leurs principales actions sociales. On observe néanmoins une tendance naissante à reconnaître les bénéfices de l’intégration de pratiques responsables dans les activités maîtresses des entreprises.

L’Europe encourage la RSE et son développement est avancé, quoiqu’il diffère d’un pays à l’autre. Aux États-Unis, la RSE a traditionnellement été synonyme de philanthropie. Aujourd’hui, l’accent est davantage mis sur l’efficience environnementale (lorsqu’elle permet de réduire les coûts globaux) que sur l’engagement, la transparence et la réputation des parties prenantes.

Au Japon, la RSE prend racine à même les traditions en matière d’affaires, d’environnement et de relations avec les communautés locales. La densité de la population a par ailleurs favorisé les innovations vertes. Toutefois, des critiques sur certaines pratiques non éthiques ont été formulées à l’égard de ce pays.

En Amérique latine, comme au Brésil, au Mexique et au Chili, un fort mouvement de RSE émerge. En Chine, les dirigeants vantent le caractère responsable des pratiques tout en reconnaissant l’existence de lacunes et la nécessité de connaissances plus approfondies en cette matière.

Les enjeux et tendances en 2010

  • Une insistance renouvelée sur les principes de base de la responsabilité des entreprises.
  • Un plus grand intérêt pour la durabilité, tant environnementale que non liée à l’environnement.
  • Une solidification des plans d’affaires des praticiens de la RSE devant le resserrement du contrôle des coûts.
  • Une communication liée à la RSE encore difficile due à une méconnaissance du concept.
  • Étonnamment, une faible évocation des changements climatiques dans les rapports de FTSE (firme d’indices financiers, économiques et sociaux).
  • D’intenses discussions suscitées par le capitalisme et portant sur le besoin de bonnes structures de gouvernance.
  • Une amélioration du comportement des entreprises et institutions auprès des sociétés au sein desquelles elles opèrent.

La crédibilité de la démarche est donc la clé du succès. La RSE doit être entièrement intégrée aux activités de l’entreprise; pas seulement un projet parallèle. C’est ainsi qu’elle devient un avantage compétitif pour les entreprises. L’industrie touristique en est consciente mais n’a pas encore pleinement exploité cette voie.

Pour plus d’information, vous pouvez consulter l’outil suivant, publié par la Commission canadienne du tourisme en collaboration avec l’Association de l’industrie touristique du Canada (AITC) : Pour une entreprise écosensible : Trousse à outils pour les entreprises touristiques.

Sources :

– Dr. Hopkins, Michael, chair and partner, MHC international Ltd. “Corporate Social Responsibility: What Is It? What’s the Point? How Does It Work?”, ITB Berlin Convention, 11 mars 2010.
– Willers, Christoph, senior consultant, AFC Risk & Crisis Consult GmbH. “A Real Strategic Connection vs. Greenwashing: CSR As a New Paradigm of Brand Management?”, ITB Berlin Convention, 11 mars 2010.
– Ermlich, Günter. “Corporate Social Responsability (CSR)”, information de presse spéciale, ITB Berlin 2010.