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Marketing Produits et activités

Peut-on jumeler les mesures sanitaires et l’expérience client ?

Dans le monde touristique pré-COVID, le terme « expérience » était sur toutes les lèvres. Certains commençaient d’ailleurs à s’interroger sur la surutilisation du concept. La crise sanitaire a complètement paralysé l’industrie du voyage. Depuis le début du déconfinement, le tourisme reprend graduellement son souffle. Maintenant, les différents secteurs d’activités doivent adapter leurs produits et respecter les nouvelles normes en vigueur.

Devant le besoin crucial de mesures sanitaires et de distanciation physique, est-il possible d’assurer une expérience client agréable ? L’émotion, la surprise, la personnalisation deviendront-elles des termes désuets dans l’ère post-COVID ? Voici quelques exemples inspirants ayant réussi à transformer certaines contraintes au grand plaisir des visiteurs.

Diffuser l’information avant la visite

Plusieurs entreprises publient des vidéos pour annoncer que les visiteurs sont à nouveau les bienvenus. Pourquoi ne pas y joindre les nouvelles règles sanitaires qui s’appliquent à l’organisation ? Une bonne diffusion de l’information permet à la clientèle de bien se préparer en amont et de les rassurer concernant les mesures mises en place pour leur sécurité. Idéal pour gérer les attentes et éviter les mauvaises surprises à l’arrivée !

Une bonne diffusion de l’information permet à la clientèle de bien se préparer en amont et de les rassurer concernant les mesures mises en place pour leur sécurité.

C’est le cas du Royal Air Force Museum en Angleterre comme le démontre cette vidéo.

Source : YouTube

Quant au Chimei Museum à Taïwan, les responsables n’hésitent pas à utiliser l’humour et l’ensemble de leurs collections pour sensibiliser les visiteurs sur l’importance de prendre leur température avant de pénétrer l’institution.

Avant de franchir la porte : l’attente

Dans plusieurs cas, l’aire d’attente se situe désormais à l’extérieur d’un commerce, d’une attraction, etc. Étant déjà un enjeu de taille avant l’arrivée de la COVID-19, la gestion des files a un impact sur l’expérience du visiteur et constitue sa première impression sur la qualité de l’accueil. Heureusement, de nombreuses stratégies et actions peuvent être mises en place pour faciliter la vie aux gestionnaires et aux clients, comme le démontre cette analyse.

Une fois sur place

Les touristes arrivent enfin ! À quoi ressemble l’accueil avec les mesures sanitaires ? Est-ce que le parcours client constitue un véritable labyrinthe froid et aseptisé ? Parfois, un peu de créativité et d’humour apportent un effet positif à l’expérience sans réduire l’importance de l’hygiène. Voici quelques exemples.

Parfois, un peu de créativité et d’humour apportent un effet positif à l’expérience sans réduire l’importance de l’hygiène.

Les lieux d’accueil et d’information touristique

Certains sites illustrent les mesures de distanciation physique selon les caractéristiques de leurs régions : c’est le cas de Combloux en France (voir image suivante). Cette méthode est non sans rappeler ce qu’ont fait Tourisme Côte-NordCamping Québec et Tourisme Granby pendant la période de confinement.

distance_sociale_fromageSource : Facebook — Combloux

De son côté, la boutique physique de Destination Agen se trouve désormais sur leur page Facebook. Les visiteurs commandent par courriel ou par téléphone et obtiennent leur produit le lendemain à l’office de tourisme. Une bonne initiative pour restreindre au maximum la manipulation des objets et éviter de mauvais souvenirs à la maison !

D’autres éléments très souvent palpés dans les bureaux d’accueil touristique demeurent les brochures ! En France, plusieurs solutions sont mises en place. Chez Tourisme Périgord, les vacanciers sont alors invités à consulter les conseillères en séjour pour recevoir la documentation et des offres personnalisées. Quant à l’office de tourisme de Binic-Étables-sur-Mer, les fascicules se trouvent dans des pochettes en fonction de plusieurs thématiques telles que la famille, la mer ou les jours de pluie. Au Teich, le bureau d’accueil propose aux touristes d’obtenir l’information directement sur leur téléphone intelligent en scannant un code QR.

brochure_sans_contactSource : Facebook — Ville Le Teich

Les restaurants (juste en gras)

 Fortement touchés par la crise sanitaire, plusieurs restaurateurs usent de créativité pour proposer des solutions originales et faire respecter les mesures de distanciation physique. Que ce soit par des peluches de panda à Bangkok ou l’utilisation de chapeau-frites en Allemagne, les idées se multiplient pour apporter le sourire aux visiteurs. Il est toutefois important de rappeler que les initiatives doivent demeurer sécuritaires. Il ne faudrait pas que le virus se propage à cause de la manipulation des objets par les clients. 

À Montréal, le restaurant le Monarque fusionne la gastronomie et la mode en collaborant avec la maison de création Sarah Pacini, dont fait partie le designer et couturier québécois Philippe Dubuc. Près d’une trentaine de mannequins, qui portent les collections printemps-été 2020, sont disposés dans l’établissement pour favoriser la distanciation physique. Certains se retrouvent aux tables, d’autres au bar. Le tout pour se fondre harmonieusement au décor chic du lieu. Il s’avère possible d’acheter les vêtements en participant à un encan silencieux. Les profits seront remis à des œuvres caritatives.

mannequins_restoSource : Facebook — Sarah Pacini

Une touche d’humour, un message clair et précis, un accueil chaleureux, une ambiance agréable… ces quelques ingrédients simples assurent une expérience réussie dans un contexte hors de l’ordinaire.

 

Sources de l’image à la une : Pexels

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Produits et activités

Adapter le produit à l’heure de la pandémie

Bien que l’été 2020 ne sera pas des plus profitable pour une partie de l’industrie touristique, des organisations mettent tout en œuvre pour rouvrir. Voici comment elles adaptent leur offre en fonction des mesures sanitaires ou encore ciblent de nouvelles clientèles.

Ajuster son offre

L’entreprise de voyages G Adventures propose des circuits en groupes restreints avec la création d’une nouvelle collection de séjours : Travel with Confidence Plus. Ces 37 itinéraires répondent à une série de critères sanitaires pour assurer la sécurité des clients. Mentionnons ceux-ci :

  • Groupes formés de 8 à 10 personnes (plutôt que 12);
  • Voyageurs solos bénéficiant de rabais de 50 % sur les chambres privées;
  • Aucun hébergement avec chambres ou salle de bain partagées;
  • Transport privé (à l’exception du transport aérien) avec places assignées et espacées entre les passagers.

L’entreprise québécoise Karavaniers, qui se spécialise en voyages d’aventure dans les destinations exotiques, a rapidement organisé des séjours en sol canadien et québécois grâce à des partenariats avec des entreprises des régions concernées. Les propositions pour l’été 2020 sont séduisantes et mettent le Québec en vedette : camp de base dans l’archipel de Mingan et découverte du littoral de l’île d’Anticosti; longues randonnées en Gaspésie avec repas conçus à partir de produits de la mer et accompagnés de bières locales, etc.

Source : Karavaniers.com

Cibler la clientèle en télétravail…

Pour les vacances ou pour le télétravail (pourquoi pas les deux !), le centre de villégiature de Jay Peak offre de l’hébergement en chalet pour des séjours prolongés (un mois ou plus) avec Internet haute vitesse et des options pour un accès WiFi sécurisé. Les longues périodes de location sont préférables. Elles réduisent notamment les va-et-vient de clients différents, et donc les besoins en désinfection et les risques pour le personnel d’entretien. La campagne Relocation Vacation inclut un abonnement de saison au golf et à la piscine chauffée extérieure.

« Célébrer » la réouverture

Par ailleurs, Jay Peak Resort crée un « événement » pour illustrer son plan de réouverture graduelle : The Return. Chacune des étapes fait référence à un spectacle ou à une composante de festival. La scène estivale met notamment en vedette plusieurs têtes d’affiche comme le retour des activités au parc aquatique intérieur.

Source : Jay Peak Resort

Présenter la marche à suivre

Tout comme de nombreuses entreprises d’activités de plein air guidées au Québec, une organisation de rafting de l’Oregon, Northwest Rafting Company, apporte des ajustements qui lui permettent d’opérer cet été :

  • Prévoir 4 à 5 personnes par embarcation, appartenant toutes à la même unité familiale;
  • Questionner les clients sur leur état de santé lors de la réservation, puis à plusieurs reprises jusqu’au jour de l’activité;
  • Faire respecter un serment sanitaire aux usagers dans lequel ils promettent de se laver les mains régulièrement, de garder leurs distances avec les autres groupes, etc.;
  • Planifier l’arrivée des familles à différents moments pour éviter les attroupements;
  • Limiter les contacts de chaque groupe avec son guide et son chauffeur d’autobus;

Les individus doivent aussi respecter les cinq règles illustrées dans cette vidéo :

Offrir des services pertinents

Au Québec, les voyages sont permis, mais les autorités de la santé publique demandent aux visiteurs de limiter les interactions une fois rendus à destination. À cet égard, le camping de Carleton-sur-Mer, en Gaspésie, propose à ses clients un service de livraison d’épicerie. Cette initiative a vu le jour grâce à un partenariat avec Bouge pour que ça bouge, un organisme voué à la promotion de saines habitudes de vie chez les jeunes, ainsi qu’avec le Marché Viens Métro.

Source : Facebook/Marché Viens Métro

S’équiper de solutions sans contact

Plusieurs attractions québécoises sont déjà équipées de la technologie RFID telle que proposée par la compagnie québécoise Connect & Go, qui permet d’améliorer l’expérience du visiteur ainsi que la gestion des réservations et des achats. Ces bracelets, munis de puces, constituent aussi une solution pour réduire les contacts physiques. À partir du profil qu’il aura préalablement créé en ligne, l’utilisateur réserve son billet ainsi que des cases horaires pour profiter des différents services. L’information est ensuite transférée sur la puce RFID que le client porte au poignet. Voilà qui permet de mieux gérer les files d’attente. Le visiteur peut également se servir du bracelet pour effectuer des transactions sur place.

Adaptations temporaires et permanentes

Ces adaptations s’ajoutent aux panneaux de plexiglas, aux cônes orange servant à délimiter certaines sections, au marquage au sol permettant de faciliter le respect d’une certaine distance, aux flèches qui indiquent le sens de la circulation, etc. L’année 2020 aura vu naître de nombreuses astuces temporaires pour assurer la sécurité des clients. Certaines de ces initiatives s’estomperont après la crise, d’autres s’inscriront à plus long terme dans le paysage touristique.

 

Image à la une : YouTube/Northwest Rafting Company

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Segments de clientèles

Les Canadiens sont-ils prêts à accueillir des touristes ?

Les intervenants touristiques du Canada et du Québec souhaitent une reprise rapide des voyages, mais qu’en est-il des résidents ? Sont-ils prêts à recevoir des touristes ? Afin de répondre à cette question, Destination Canada a mandaté la firme Léger pour effectuer un sondage hebdomadaire auprès de 1 800 Canadiens.

À ce jour, les résultats des cinq enquêtes successives montrent qu’au fil des semaines, les Québécois semblent de plus en plus favorables à accueillir des visiteurs en provenance de communautés situées près de chez eux, d’autres régions de la province ou encore d’ailleurs au Canada (voir le tableau 1). Seule la 4e vague a enregistré une baisse dans la proportion de résidents prêts à accueillir des touristes, mais elles ont remonté la semaine suivante.

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Dans la plus récente édition du sondage (9 juin), lorsque l’on compare les données des Québécois avec celles des Canadiens des autres provinces, on constate que les premiers sont les plus enclins à accueillir des touristes d’autres régions canadiennes, loin devant ceux des autres provinces (à l’exception de l’Alberta) et particulièrement de celles de l’Atlantique (voir le tableau 2). Ceci s’explique probablement par le fait que le Québec est la région la plus touchée par la pandémie et que les provinces de l’Atlantique, le Manitoba, la Saskatchewan et la Colombie-Britannique sont celles qui enregistrent le moins de cas, démontrant ainsi que la crainte de contracter le virus est toujours très présente dans l’esprit des Canadiens. Les résidents de l’Ontario sont encore les moins enclins à accueillir des visiteurs de collectivités voisines ou d’ailleurs dans leur province.

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Selon un sondage SOM-Cogeco réalisé les 11 et 12 mai auprès de 1 100 adultes québécois francophones, la proportion de Montréalais qui se disent à l’aise de recevoir des visiteurs de l’extérieur du Grand Montréal l’été prochain est semblable à celle de l’ensemble des Québécois, soit 49 %. Par contre, seulement 28 % des répondants de l’extérieur du Grand Montréal déclarent être à l’aise d’accueillir des vacanciers de la région métropolitaine de Montréal dans leur coin de pays au cours de la belle saison.

Qu’en est-il des intervenants touristiques ?

Est-ce que l’idée d’accueillir de la clientèle provenant de l’extérieur de leur région rend les gestionnaires d’entreprises touristiques inconfortables ? Une enquête réalisée du 28 mai au 8 juin 2020 par la Chaire de tourisme Transat, en collaboration avec le ministère du Tourisme et l’Alliance de l’industrie touristique du Québec, auprès de 921 organisations touristiques procure des éléments de réponse. On y découvre qu’une très grande part de celles-ci (87 %) sont à l’aise de les recevoir. Cette proportion est un peu moins élevée lorsqu’il est question d’accueillir spécifiquement des visiteurs de la grande région de Montréal (voir le tableau 3). À cet égard, quelque 19 % ont souligné se sentir peu ou pas à l’aise. Le niveau de confort baisse d’un autre cran quand il s’agit de fréquentation par les touristes américains. Près de la moitié des intervenants touristiques sondés (47 %) se sentent inconfortables à cette idée. Les entreprises qui œuvrent dans le secteur de la nature et du plein air se montrent les plus à l’aise d’accueillir tous les types de clientèles, peut-être parce que la distanciation physique y est plus facile à appliquer.

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À ce jour, la crise de la COVID-19 a fait des ravages dans l’industrie. Avec la reprise graduelle des activités et le déconfinement de la population, celle-ci se sent de plus en plus prête à accueillir des visiteurs venus d’ailleurs : une bonne nouvelle à l’aube de la saison touristique !

Consultez ici les faits saillants de la 2e vague de l’enquête portant sur l’impact de la COVID-19 sur les organisations touristiques québécoises.

Source de l’image à la une : Pixabay

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Marketing

Shawinigan 100 % accueillant

C’est ce qu’a soutenu Andréanne Boisvert, coordonnatrice Communication et Marketing, lors d’une présentation au 3e Grand rendez-vous en agrotourisme et tourisme gourmand, qui s’est tenu à Shawinigan du 5 au 7 novembre dernier.

L’accueil, une priorité

Les engagements du ministère du Tourisme (MTO) en matière d’accueil visent entre autres à « accroître la qualité de l’expérience et le niveau de satisfaction des visiteurs en ce qui a trait à l’accueil reçu ». Pour y parvenir, la Direction de l’accueil touristique et de l’information numérique du MTO propose la formation 100 % accueillant, « un programme court axé sur le savoir-être et l’accueil », à toute personne qui travaille dans l’industrie, mais principalement aux intervenants de première ligne tels que les guides, les chasseurs, les agents de bord, les préposés à l’entretien, etc. Cette formation est offerte en ligne par l’ITHQ et sous forme d’ateliers participatifs par plusieurs établissements d’enseignement.

Des résidents-ambassadeurs

Emboîtant le pas, certaines destinations choisissent de pousser la démarche encore plus loin en tissant des liens avec les résidents afin de les intégrer à leur réseau d’accueil. C’est le cas de Shawinigan qui, en 2014, a amorcé un virage sur le plan de l’accueil en misant davantage sur sa population pour recevoir les touristes. Comme ils sont bien souvent le premier contact du visiteur avec la ville, les habitants jouissent d’une influence certaine sur l’attractivité de la municipalité.

En plein cœur de l’été 2018, l’Office de tourisme foires et congrès de Shawinigan a lancé la campagne « Résidents-Ambassadeurs » dans ses nouveaux locaux, situés en plein centre-ville. Forts de leur amour pour Shawi, 61 personnes ont accepté de d’afficher leur fierté et de faire découvrir les multiples facettes de la ville aux touristes de passage. Aujourd’hui, ils sont 111 passionnés, âgés de 5 à 87 ans.

Source : Andréanne Boisvert, Tourisme Shawinigan

Le carnet Shawi

Pour accueillir et conseiller les visiteurs tout en créant des vacances authentiques, Tourisme Shawinigan a conçu un carnet qui présente, bien sûr, les coups de cœur et les incontournables des résidents-ambassadeurs, mais aussi leurs secrets bien gardés. De bonnes tables, des événements à ne pas manquer, des suggestions d’activités quatre saisons et plus encore attendent les lecteurs. Pour produire ce carnet, l’office consulte plus d’une centaine de personnes d’âges et de milieux divers. Deux éditions de cette publication ont été réalisées et une troisième verra le jour au printemps.

Source : Tourisme Shawinigan

Un bureau touristique nouvelle génération
Au-delà du simple acte de renseignement et de la distribution de brochures, un bureau d’accueil ou d’information touristique (BIT) doit offrir une vitrine à la destination et proposer une véritable expérience aux visiteurs. Inauguré à l’été 2018, le nouveau BIT Info Shawi reflète un esprit de proximité avec les gens. Il se veut un lieu de rencontres et d’échanges entre résidents et visiteurs. Des ambassadeurs y parlent de leurs passions et de leurs coups de cœur dans une ambiance dynamique, accueillante et chaleureuse.

Source : Andréanne Boisvert, Tourisme Shawinigan

Grâce à ce virage 100 % accueillant et à son carnet coups de cœur, l’Office de tourisme foires et congrès de Shawinigan a reçu un prix spécial Azimut pour le volet « Accueil par la population », lors du gala 2019 qui s’est tenu à Baie-Saint-Paul. Les prix Azimut, décernés par le gouvernement du Québec, visent à reconnaître et à valoriser le personnel des lieux d’accueil et de renseignements touristiques.

Miser sur ses résidents pour accueillir les visiteurs, c’est une formule gagnante. Comme l’a mentionné Andréanne Boisvert, « si un Shawiniganais reçoit environ cinq fois par année des parents ou des amis, avec une moyenne de quatre personnes par visite, multiplié par 111 résidents-ambassadeurs, on obtient 2200 individus contaminés positivement par la destination »!

 

Source de l’image à la une : présentation Andréanne Boisvert

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Segments de clientèles

Améliorer l’accessibilité aux clientèles atteintes de démence

Selon l’Organisation mondiale de la Santé, les personnes de plus de 60 ans représenteront 22 % de la population mondiale d’ici 2050 et près d’un cinquième d’entre elles auront plus de 80 ans. En tourisme, plusieurs bonnes pratiques sont mises en place pour offrir une expérience inclusive et accessible à tous, également en tenant compte de la perte d’autonomie et des maladies cognitives liées à l’âge. Par exemple, des destinations proposent des ressources pour développer les compétences du personnel d’entreprises touristiques en matière d’accueil et de service à la clientèle pour ce type de voyageurs.

C’est le cas de VisitEngland et de VisitScotland, qui se sont associées pour outiller leurs membres. Les deux organisations de gestion de la destination (OGD) ont écrit, en partenariat avec la Société d’Alzheimer du Royaume-Uni, un guide pour soutenir les entreprises touristiques dans l’accueil des visiteurs souffrant de démence. Le document démystifie certains aspects de cette maladie cognitive et explique les défis que ces voyageurs et leurs accompagnateurs peuvent rencontrer. Plusieurs conseils sont fournis quant à la manière d’informer cette clientèle, de communiquer avec elle, d’adapter la sécurité et l’aménagement des lieux. Quelques études de cas y sont également.

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Source :VisitEngland

Comme le rapporte VisitEngland, il existe de nombreux bénéfices à devenir accessible aux personnes atteintes de démence. En plus d’améliorer la qualité de vie de ces voyageurs, les entreprises bonifient leur service à la clientèle et ont une meilleure répartition saisonnière, puisque ces touristes préfèrent se déplacer dans les périodes plus calmes. Leur réputation s’en verra aussi positivement touchée.

 

Source de l’image à la une :Unsplash

 

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Destinations

Petites villes : des initiatives inspirantes

Plusieurs de ces villes ont gagné des prix pour le dynamisme de leur programme de revitalisation. Elles mobilisent leurs troupes pour améliorer leur sort. Voici des exemples de municipalités inspirantes.

Célébrer la rue principale

Rock Springs, une ancienne ville minière du Wyoming, d’un peu plus de 23 000 habitants, fait partie de la liste des « 15 Best Small Towns to Visit in 2019 » du magazine Smithsonian. Bien qu’elle ne carbure plus au charbon, Rock Springs rend honneur à son passé grâce à des musées et à des sites témoignant de ce pan de son histoire. Mais le centre-ville bat au rythme des activités culturelles actuelles. Après avoir été vacant durant près de dix ans, le théâtre a été rénové et accueille une panoplie de spectacles et d’événements. Des commerçants de nombreuses communautés ethniques ont maintenant pignon sur rue dans le centre-ville, reflétant la grande diversité culturelle de la population de Rock Springs.

Des commerces d’expérience comme Sidewicks Wine & Book Bar, où librairie, bar à vins de la région de Jackson Hole et comptoir de charcuteries occupent un même lieu, proposent une offre intégrée. La gare de marchandises, un bâtiment abandonné pendant plus de trente ans, a été aménagée en centre communautaire déployant de nombreuses activités ainsi qu’en bureau d’accueil pour les visiteurs. Le centre-ville de Rock Springs rassemble maintenant une quinzaine de bars et de restaurants ainsi qu’une trentaine de boutiques indépendantes.

Depuis le début du projet de revitalisation, il y a dix ans, 150 emplois ont été créés dans le centre-ville grâce à l’implantation de 56 nouvelles entreprises. La revitalisation du centre de Rock Springs a permis à la ville de retrouver la croissance économique et démographique, ce qui lui a valu le Great American Main Street Award en 2018. Voici la vidéo illustrant ces transformations :

Vidéo : YouTube

 Mettre en valeur les entreprises identitaires

La petite ville de Le Mars, en Iowa, fait également partie de la liste convoitée du magazine Smithsonian. Les bâtiments bien entretenus qui datent des années 1850 donnent du coffre au centre-ville. Siège social de l’entreprise de crème glacée Wells, Le Mars sait tirer profit de son statut d’« Ice Cream Capital of the World » en organisant des événements (Ice Cream Days) sur cette thématique ou encore par la création de sculptures géantes en forme de cornets de crème glacée, réparties à travers la ville. À cela s’ajoute le centre des visiteurs de l’entreprise Wells, une véritable attraction touristique.

Une autre institution contribue à faire la fierté des résidents de cette municipalité de moins de 10 000 habitants. Il s’agit du restaurant Archie’s Weaside, un steak house dont la réputation n’est plus à faire. L’établissement familial offre un véritable voyage dans le temps, dans une ambiance qui plaît. La file de clients devant la porte en témoigne. Voici une vidéo, publiée à l’occasion de la remise d’un prestigieux prix de restauration, qui explique ce succès :

Vidéo : YouTube

Favoriser l’accessibilité

Le programme de revitalisation du centre-ville de Victoriaville a été lancé par la Ville en 2015. De nombreuses consultations, notamment auprès des jeunes du secondaire et du cégep, des familles, des personnes âgées et des commerçants, ont permis de comprendre les besoins de chacun. La population souhaitait retrouver un centre-ville qui donne le goût d’aller s’y promener à pied, d’y flâner.

Le plan d’investissement de huit millions de dollars a permis, entre autres, de réaménager deux artères importantes du centre-ville par la réfection des rues et des trottoirs, l’aménagement d’espaces réservés aux piétons, la mise en place d’un nouveau système d’éclairage, de mobilier urbain et de végétation. Pour favoriser les personnes à pied, trente espaces de stationnement ont été retirés de la rue. Cela laisse un corridor de 2,1 mètres aux marcheurs et aux personnes à mobilité réduite (fauteuil roulant, poussettes) — une clientèle considérée dans tous les aménagements de ce projet.

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Source : Ville de Victoriaville – Facebook

Ces travaux ont été suivis par la rénovation de façades des commerces du centre-ville. La Ville a mis sur pied un programme de subventions qui finance de tels travaux jusqu’au tiers du coût. De 2016 à 2018, 28 projets de ce type ont été réalisés. Ces améliorations portent fruit aujourd’hui, avec l’arrivée de nouveaux commerces et une qualité de vie rehaussée pour les résidents. Le projet de revitalisation s’est aussi distingué, notamment auprès de l’organisme Rues principales, qui a remis à la Ville le prix Aménagement et design en 2018.

Mobiliser pour stimuler et rayonner

Des villages éloignés des grands centres urbains se mobilisent pour dynamiser leur milieu, créer un sentiment de fierté et faire rayonner leurs atouts.

Caraquet

Le village portuaire de Caraquet, au Nouveau-Brunswick, a misé sur l’identité acadienne pour créer un sentiment d’appartenance et une fierté des résidents envers leur milieu de vie. Depuis une vingtaine d’années, le processus de revitalisation du centre-ville a permis de rénover plusieurs édifices patrimoniaux et d’aménager l’espace public pour accueillir de nombreux événements festifs, caractéristiques de la communauté acadienne. Pour en arriver là, la Ville a tenu des consultations publiques durant lesquelles une question dominait : qu’est-ce qui rendrait vos enfants fiers de leur village? Caraquet jouit aujourd’hui d’une belle vitalité, notamment par le rayonnement de la culture acadienne et la fierté qu’elle inspire.

La Contrée en montagnes de Bellechasse

Voulant freiner la dévitalisation, mieux se positionner et rassembler les forces vives, quatre municipalités de la MRC de Bellechasse (région de Chaudière-Appalaches) se sont regroupées pour créer la Contrée en montagnes de Bellechasse. Ensemble, leurs populations totalisent quelque 3 000 personnes. Le projet implique une mobilisation des résidents, des commerçants, des organisations publiques et privées et des élus afin d’intervenir maintenant pour valoriser les atouts et atténuer les faiblesses.

Tout en conservant chacune leur identité propre, les municipalités de la Contrée partagent une vision commune et se présentent leurs connaissances, leurs réussites et leurs expériences respectives pour un développement mutuel et transparent. De nombreuses rencontres ont permis de renforcer les liens et de créer des comités qui pilotent quelque 74 projets pour dynamiser la Contrée. L’un des premiers chantiers, concret et rassembleur, a été la mise sur pied d’une coopérative brassicole dont le nom évoque le regroupement : la Contrée de Bellechasse. Un sentier de longue randonnée reliant les quatre cœurs villageois sera aussi aménagé. Les nombreux autres projets sur la table et l’implication de la communauté stimulent les troupes et offrent un second souffle à ces villages.

Renforcer le tissu social

Investir dans le centre-ville nécessite des efforts financiers importants, mais aussi une mobilisation des différentes parties prenantes, y compris la population. L’appropriation de ce milieu amélioré par la communauté sera la pierre angulaire de la réussite de la revitalisation. En investissant adéquatement dans la brique et le mortier, les municipalités enrichissent le tissu social et accroissent le pouvoir attractif du milieu.

Source image à la Une :

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Transport

Renouveler le concept de la halte routière

Beaucoup de routes, pas assez de haltes

En tout, le Québec comptabilise plus de 34 millions de visites touristiques annuellement. La plupart des visiteurs empruntent le réseau routier. Celui-ci est composé de quelque 325 000 km de routes, comprenant 31 000 km d’autoroutes, de routes nationales ou régionales et de routes collectrices. Les longues distances à parcourir pour traverser les grands espaces québécois nécessitent la présence d’aires de repos pour permettre aux voyageurs de se ravitailler et de se reposer. En fait, ces haltes s’avèrent essentielles, bien sûr, d’un point de vue sécuritaire, mais aussi pour rendre les déplacements agréables et susciter de l’intérêt pour les régions traversées.

Un projet de rénovation des aires de repos a été lancé récemment et devrait donner ses premiers résultats en 2020. Mais si on s’inspirait d’ailleurs afin de bonifier le concept des haltes routières?

De l’animation et des zones pour la sieste

Les autoroutes françaises en concession construites et gérées par la firme VINCI Autoroutes proposent des aires de service ludiques et animées. Ces voies de circulation donnent ainsi accès à une quarantaine d’aires équipées de différents espaces thématiques pour la lecture, le sport ou encore pour la sieste.

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Source : VINCI Autoroutes

En plus des nombreux services disponibles comme des stations d’essence, des bornes de recharge pour véhicules électriques, des connexions Wi-Fi, des toilettes, des douches et de la restauration variée, plusieurs de ces aires mettent en valeur les atouts de la région. C’est le cas des 26 aires remarquables, comme celle de Villeray qui propose un circuit piétonnier pour découvrir des paysages diversifiés, typiques de l’endroit. L’aire de Narbonne rend honneur à Charles Trenet, originaire de la région, par un circuit artistique consacré à son œuvre. Celle de Montélimar est devenue le plus grand point de vente de nougat au monde.

Des événements contribuent également à animer ces aires, tels que des démonstrations de producteurs locaux et la vente de produits du terroir. D’autres sites ont organisé des activités sportives à sensations comme l’escalarbre, la tyrolienne et l’équilibre sur sangle (slacklining). Le calendrier des activités est disponible sur le site Web et sur l’application mobile de VINCI Autoroutes. Les voyageurs sont ainsi invités à organiser leurs déplacements en tenant compte de ces animations.

Plus que des aires de repos : des attraits touristiques

Dans un tout autre registre, les routes panoramiques nécessitent aussi des points d’arrêt qui offrent aux voyageurs un répit de même qu’une connexion avec les lieux, une occasion de contemplation.

En 2005, la Norvège a dévoilé un réseau de routes touristiques, The National Tourist Routes. Dix-huit circuits ont été mis sur pied afin de mettre en valeur les paysages uniques du pays en y combinant le design scandinave. Le gouvernement a fait appel à des firmes d’architecture afin de concevoir des haltes de repos et des belvédères qui valorisent le paysage et constituent des points de vue le long de ces routes. Ces aires de repos représentent désormais des points de repère et un véritable réseau de sites à découvrir. L’une d’entre elles, qui donne sur la mer, consiste en une petite structure en forme de vague. On y trouve de l’eau potable et des toilettes. Une plateforme et des bancs complètent l’aménagement minimaliste mais distinctif, qui incite à la méditation.

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Source : Steinar Skaar – nasjonaleturistveger.no

Des aires écoresponsables attractives

Site d’innovation en transport durable

Dans l’État de la Géorgie, aux États-Unis, un tronçon de l’autoroute I-85 a reçu, en 2014, une appellation en l’honneur d’un grand leader en matière de développement durable : The Ray, pour Ray C. Anderson. Dans la foulée, la fondation du même nom a décidé de faire de cette route un laboratoire d’innovation pour le transport durable. Plusieurs de ses expérimentations sont menées dans une aire de repos, le long de l’autoroute. Parmi les technologies à l’essai, mentionnons une station de recharge pour véhicules électriques alimentée à l’énergie solaire. Aussi, une portion du stationnement est recouverte de cellules photovoltaïques permettant de fournir l’électricité au centre des visiteurs. Voilà qui confère une double utilité à ce type de grand espace, souvent sous-exploité. En mettant en valeur les technologies propres, l’aire de repos attire les visiteurs, tout en les sensibilisant à des solutions plus écoresponsables.

Source : Inhabitat

La « machine vivante »

Le Vermont Vietnam Veterans Memorial Welcome Center, une aire de repos et un site commémoratif accueillant plus de 500 000 visiteurs chaque année, comprend une serre avec panneaux d’interprétation. Cette installation est principalement utilisée pour le traitement des eaux usées qui sont générées par le centre d’accueil. Bien que The Living Machine, un système de filtration naturel utilisant les plantes et les micro-organismes, requière un entretien rigoureux, elle permet d’expérimenter des approches écoresponsables de la gestion des déchets, d’éduquer la population et de contribuer à la réputation « verte » de l’État.

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Source : YouTube

Pour recharger ses batteries… et celle de la voiture

Au Danemark, une station de recharge pour voitures électriques située en bordure d’autoroute offre une oasis de verdure aux voyageurs. Le design de cette aire de repos est inspiré de la forêt. Construite en bois recyclé, la structure est composée de « troncs » et d’un toit végétalisé. Durant la recharge de la voiture (15 minutes), les conducteurs et les passagers peuvent profiter d’un environnement apaisant. En tout, 48 stations similaires sont prévues au Danemark, en Suède et en Norvège.

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Source : Rasmus Hjortshøj – COAST

Un vent de nouveauté au Québec

Le ministère des Transports s’apprête à rénover des haltes routières et des aires de service au cours des prochaines années. On prévoit de moderniser les installations et d’améliorer l’offre. On y trouvera de l’eau potable, des toilettes, une salle d’allaitement, une salle de repos et, à l’extérieur, des espaces de jeux. Selon l’emplacement, les sites seront pourvus d’une offre de restauration, d’une station-service ou d’un dépanneur, de même que de bornes de recharge pour véhicules électriques et de zones Wi-Fi. Voici la vidéo de présentation :

Source : YouTube

À l’heure actuelle, le réseau routier québécois compte 137 lieux d’arrêts, soit 9 aires de service, 41 villages-relais, 16 haltes routières permanentes, 29 haltes saisonnières, 34 belvédères et 8 aires de repos pour camionneurs. Surprendre les voyageurs dans ces lieux de passage enrichit l’expérience touristique et favorise certainement leur retour pour une découverte plus en profondeur. La mise à niveau de ces sites mérite qu’on y accorde une attention particulière.

 

Image à la une : Rasmus Hjortshøj – COAST – COBE

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Destinations

Touristes et population locale peuvent-ils faire bon ménage?

Plusieurs initiatives inspirantes ont été présentées à l’occasion de l’événement français Place Marketing Forum 2019, organisé par la Chaire Attractivité et Nouveau Marketing Territorial. Voici trois cas ayant fait l’objet d’une présélection en vue de la remise des Place Marketing Awards, qui récompensent les réalisations les plus remarquables en matière de marketing territorial.

 

 

Éduquer tout en formant des ambassadeurs : Culture Captcha

Le tourisme au Kenya constitue l’une des principales sources de revenus. Dans le but de mieux guider les visiteurs et d’accroître le tourisme intérieur, l’office de tourisme du Kenya a développé un test ludique destiné aux Kenyans, afin d’améliorer leurs connaissances des principaux attraits et monuments du pays. Le portail Culture Captcha fait référence aux tests d’identification que l’on trouve à la fin de certains formulaires en ligne et qui servent à distinguer un utilisateur humain d’un robot. Le format s’en inspire aussi. Il consiste en de courtes vidéos, de type GIF, illustrant des attraits touristiques du Kenya. L’utilisateur doit écrire le nom de l’attrait qu’il voit (ce nom apparaît dans la vidéo) pour passer au suivant. S’il le souhaite, il peut obtenir davantage d’informations à propos du site en question. La vidéo suivante présente plus en détail l’initiative Culture Captcha :

Source : Vimeo

Voilà qui devrait accroître chez la population la connaissance du territoire et favoriser un sentiment de fierté, tout en suscitant davantage d’interactions avec les voyageurs à la recherche de renseignements.

Créer des lieux hybrides : le Comptoir des Loisirs d’Évreux

À l’été 2018, l’Office de Tourisme et du Commerce d’Évreux, en Normandie, a été remplacé par le Comptoir des Loisirs, dont les locaux ont été relocalisés pour mieux servir, bien sûr, les voyageurs, mais d’abord et avant tout la population locale. En effet, le Comptoir des Loisirs répond à un besoin de la communauté, soit celui de redécouvrir sa ville, en lui faisant connaître l’offre au moyen d’une animation et d’activités jusque-là méconnues. Ce lieu se prête aussi bien aux touristes qu’aux locaux grâce à des services et des équipements utiles pour tous :

  • La présence de conseillers pour un contact personnalisé;
  • Des écrans d’affichage dynamique pour annoncer les événements en cours ou à venir;
  • Une carte géante de la Normandie, avec une application ludique pour la consulter;
  • Un coin de détente et de lecture, avec une bibliothèque;
  • Un lieu d’exposition, de coworking et de réunion;
  • Un espace de divertissement pour les enfants;
  • Une boutique de produits de la région;
  • Une station de recharge pour les appareils mobiles.

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Source : Mise en Sens – Agence de Retail Design et Merchandising

La fréquentation du Comptoir des Loisirs a plus que doublé par rapport à celle de l’Office de Tourisme et du Commerce. Alors qu’elle était de 17 000 visiteurs en 2017, le Comptoir a accueilli 41 000 personnes en 2018. Le nouvel emplacement du bureau, au centre de la ville, de même que l’approche ciblant une clientèle locale ont contribué à cette forte croissance. En valorisant l’offre d’activités auprès des résidents, l’agglomération améliore leur qualité de vie et favorise la création d’ambassadeurs.

Copenhague : engager les résidents dans l’expérience touristique

L’organisation de gestion de la destination (OGD) de Copenhague, Wonderful Copenhaguen (WoCo) a lancé, il y a quelques années, sa stratégie 2020, dans laquelle les résidents occupent une place centrale. Dans cette optique, l’OGD a réalisé une étude pour mieux connaître la perception des résidents par rapport aux visiteurs et vice versa. Cette consultation s’avère d’autant plus pertinente dans un contexte de développement durable et alors que certaines villes européennes semblent victimes de leur succès. Voici quelques-uns des résultats de cette étude :

  • Plus des deux tiers des résidents sondés ne sont pas d’avis que le tourisme à Copenhague leur pose problème;
  • Une forte majorité (81 %) estime que WoCo devrait poursuivre ses efforts promotionnels afin d’accueillir davantage de visiteurs;
  • Néanmoins, les résidents sont moins friands à l’idée qu’il y ait davantage de touristes dans leur quartier;
  • Quelque 87 % des visiteurs de Copenhague explorent le centre-ville. Cette proportion s’élève à 72 % parmi les résidents (pendant leurs temps libres), ils partagent donc le même territoire;
  • Les principaux problèmes évoqués par les résidents relèvent surtout du tourisme en général plutôt que des visiteurs individuels. Ils pointent du doigt, par exemple, le trafic généré au centre-ville par les autocars touristiques;
  • Les résidents apprécient davantage les visiteurs qui se mêlent à la population, qui découvrent les lieux de façon subtile, en petits groupes, plutôt qu’en masse.

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Source : 10xCopenhagen

Plusieurs autres aspects font l’objet des travaux de WoCo afin de développer un tourisme durable, en harmonie avec la volonté de la population locale et l’ADN de Copenhague. En procédant ainsi, l’OGD souhaite mieux cerner les perceptions des uns et des autres, orienter le développement touristique en conséquence et, ainsi, faciliter les échanges entre les résidents et les visiteurs. 

Voilà des initiatives inspirantes dans un contexte où l’intégration de la population locale à l’expérience touristique s’impose de plus en plus pour créer une offre authentique et, surtout, pour favoriser un développement touristique qui profite à tous.

Image à la une : Stock Snap

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Ressources humaines

Des ressources pour favoriser l’intégration au travail des personnes handicapées

L’embauche de personnes handicapées peut représenter un défi pour les employeurs. L’organisation du travail, l’aménagement des tâches, l’adaptation du poste de travail, l’environnement physique et les moyens de communication constituent des aspects sur lesquels il est essentiel de se pencher pour réussir l’intégration. 

Un défi surmontable grâce à des organismes spécialisés

Pour accroître l’embauche de personnes ayant une incapacité, il est essentiel pour les entreprises de s’associer à des organismes œuvrant en employabilité pour les personnes handicapées.

Pour accroître l’embauche de personnes ayant une incapacité et tirer parti des avantages qui en découlent, il est essentiel pour les entreprises de s’associer à des partenaires communautaires — des organismes œuvrant en employabilité pour les personnes handicapées — qui comprennent leurs besoins en main-d’œuvre. Ces collaborateurs devraient être en mesure de recommander des candidats et d’aider les gestionnaires à éliminer les obstacles et à créer des emplois adaptés. Les partenaires communautaires travaillent également avec les postulants pour les préparer à leur nouvel environnement. Une fois le processus d’embauche complété, l’organisme doit participer à la conception des activités d’accueil, d’intégration et de formation et fournir un soutien, tant à l’employeur qu’à l’employé, pour assurer le maintien en emploi et le bien-être au travail de la personne vivant avec un handicap.

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Source : Freepik

Les employeurs peuvent compter sur plusieurs organismes œuvrant en employabilité pour ce type d’individus. Le Regroupement des organismes spécialisés pour l’emploi des personnes handicapées (ROSEPH) rassemble 24 services spécialisés de main-d’œuvre répartis dans presque toutes les régions du Québec. Sa mission : favoriser l’intégration et le maintien en emploi des personnes handicapées. En partenariat avec le Conseil du patronat du Québec et le Centre de recherche pour l’inclusion scolaire et professionnelle des personnes en situation de handicap, le ROSEPH a concocté une formation d’une journée (six heures) ou d’une demi-journée présentant des outils pratiques et des mises en situation concrètes aux gestionnaires d’entreprises, afin de mieux les aider lors d’un processus d’embauche inclusif. L’organisme SPHERE offre des services adaptés aux besoins de main-d’œuvre des entreprises, comportant de la formation, de l’accompagnement et de l’aide financière. Enfin, le Conseil québécois des entreprises adaptées propose de multiples formations sur mesure, entre autres, la série « superviser avec brio » les personnes sourdes, déficientes intellectuelles ou ayant un trouble du spectre de l’autisme.

Les entreprises peuvent également bénéficier d’appuis financiers

Les entreprises peuvent également bénéficier d’appuis financiers pour accueillir et soutenir cette clientèle ou faciliter son intégration ; le contrat d’intégration au travail en est un. Grâce à cet outil, un employeur qui embauche une personne handicapée peut obtenir une aide pécuniaire pour payer une partie du salaire de ce nouvel employé et pour adapter l’environnement de travail à ses besoins.

Pénurie de main-d’œuvre en tourisme : un sommet

Au début de la saison estivale, plus de 20 000 travailleurs en tourisme manquaient à l’appel, un nombre record selon Lucie Charland, présidente du Conseil québécois des ressources humaines en tourisme (CQRHT). Pour combler leurs besoins de personnel, les employeurs doivent se tourner vers de nouveaux bassins d’employés tels que les préretraités, les retraités, les immigrants et, pourquoi pas, les personnes handicapées ? Ces dernières constituent l’un des segments de main-d’œuvre les plus sous-représentés sur le marché du travail. Au Québec, le taux d’emploi des individus âgés de 25 à 64 ans ayant une incapacité s’établit à 56 % en 2017, un taux nettement inférieur à celui des personnes sans incapacité (79 %), selon les résultats de l’Enquête canadienne sur l’incapacité réalisée en 2017 par Statistique Canada.

Il y a environ 300 000 personnes en situation de handicap, aptes au travail au Québec

À l’heure actuelle, il y a environ 300 000 personnes en situation de handicap, aptes au travail au Québec. Voilà pourquoi le gouvernement du Québec annonçait, au début du mois de juin, l’injection de près de 239 millions de dollars sur cinq ans pour favoriser l’intégration des personnes handicapées sur le marché du travail. Cet argent servira à déployer les 33 mesures de la Stratégie nationale pour l’intégration et le maintien en emploi des personnes handicapées 2019-2024. L’une de ces mesures vise à « mettre à la disposition des entreprises un aide-mémoire sur les services offerts en matière de ressources humaines par Services Québec, pour les soutenir dans leurs pratiques d’embauche et de maintien en emploi des personnes handicapées ».

L’histoire inspirante de l’hôtel Prince George

Hôtel de luxe et restaurant gastronomique situé à Halifax en Nouvelle-Écosse, le Prince George emploie depuis presque toujours, quelque 160 personnes, dont plusieurs qui vivent avec un handicap. Très bien établie dans sa communauté, l’organisation a recours à des partenaires pour trouver de nouveaux candidats.

Pour faciliter les interactions entre travailleurs handicapés et clients, l’hôtel a mis en place plusieurs moyens simples et ingénieux. Par exemple, la direction dépose des notes dans les chambres pour avertir les clients que l’employé responsable du ménage est malentendant et les invite à s’adresser à la réception s’ils ont besoin d’aide pour communiquer avec lui.

Les autres employés n’hésitent pas à prêter main-forte à leurs confrères pour les aider à bien exécuter leurs tâches. À la buanderie, ils vérifient que l’aménagement de la pièce ne nuira pas au travail de leur collègue malvoyant pendant que son chien guide demeure dans une pièce adjacente. Les gens se soucient les uns des autres et la réaction des clients est positive.

Bien que cela puisse paraître contraignant au premier abord, il existe de nombreuses ressources pour guider et épauler les employeurs dans l’embauche de personnes handicapées, au bénéfice des deux parties.

 

Source de l’image à la UNE : Cyril Doisneau 2021, collaboration spéciale pour la Chaire de tourisme Transat

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Ressources humaines

Briser les mythes du bénévolat

Le bénévolat représente une ressource inestimable en tourisme. Le bon fonctionnement de nombreux organismes culturels et de loisirs en dépend. C’est également le cas d’un grand nombre d’organisations dans d’autres secteurs d’activité. Selon les données de Statistique Canada (2015), 32 % des Québécois font du bénévolat au sein d’organismes; la moyenne canadienne s’élève à 44 %.

À cet égard, le Réseau de l’action bénévole du Québec (RABQ) cherche des moyens de promouvoir le bénévolat afin d’inciter plus de Québécois à s’y adonner. Pour ce faire, le RABQ a commandé deux sondages. Le premier, réalisé en janvier 2018 auprès de 1 000 Québécois, avait pour but de connaître les perceptions de la population face au bénévolat. Afin d’obtenir un portrait de la réalité, un autre sondage a été mené auprès de 2 000 bénévoles en février 2018. Ces travaux ont contribué à la réalisation d’une étude, Le bénévolat selon les Québécois, publiée par le RABQ. En voici un aperçu auquel sont intégrés quelques exemples liés à l’industrie touristique.

La culture et les loisirs : le secteur privilégié des bénévoles

Plus de la moitié des Québécois sondés sur leur perception du bénévolat pensent que le secteur d’activité où se trouvent le plus de bénévoles est celui des services sociaux. Près du quart estiment que c’est le milieu de la santé qui en compte le plus et 11 %, celui de la culture et des loisirs. La réalité est tout autre. Comme le démontre le graphique suivant, c’est plutôt le secteur de la culture et des loisirs qui rassemble la plus forte proportion de bénévoles au Québec (37 %), suivi de loin par ceux des services sociaux et de la santé.

La plupart des festivals et des événements, y compris le Festival d’été de Québec, recrutent des bénévoles pour informer les visiteurs sur leur programmation et les attraits de la région. Des musées, des parcs animaliers, des centres de plein air ou encore des stations de ski ont aussi recours à des bénévoles pour différents types d’activités. Le Musée national des beaux-arts du Québec en rassemble un très grand nombre effectuant différentes tâches, notamment l’interaction avec les visiteurs ou des corvées administratives. Au Mont Sutton et à Ski Saint-Bruno, on fait appel à des patrouilleurs bénévoles.

Faire du bénévolat par plaisir

Les participants au sondage supposent que la principale raison qui pousse les gens à faire du bénévolat est l’idée de rendre service (42 %) ou encore le désir de réaliser un projet social ou de participer à une cause citoyenne (33 %). Dans les faits, les bénévoles s’impliquent principalement par plaisir ou par intérêt (voir le graphique 2). Le fait de socialiser et d’échanger (19 %) ou celui de réaliser un projet social (19 %) font aussi partie des motivations.

L’Association des guides bénévoles du Musée des beaux-arts de Montréal illustre bien ces motivations. Elle regroupe quelque 210 membres qui enrichissent l’expérience des visiteurs. Il s’agit d’hommes et de femmes passionnés qui viennent partager leurs connaissances et encourager les échanges d’idées et de savoirs.

Des organisations de petite taille font également appel aux services de leurs adeptes pour assurer leur bon fonctionnement. C’est le cas de Plein-Air Sainte-Adèle (PASA), un OBNL des Laurentides qui fait notamment la promotion et le développement des activités de plein air non motorisés sur le territoire de Sainte-Adèle. L’organisme est formé de bénévoles qui voient, entre autres, à l’entretien des sentiers.

Un engagement récurrent

Les incitatifs qui poussent les bénévoles à poursuivre leur engagement diffèrent aussi de ceux perçus par la population sondée. Cette dernière donne l’idée de contribuer à la communauté (42 %) ou celle d’appuyer une cause (33 %) comme les deux grandes raisons poussant les bénévoles à poursuivre leur implication. Bien que la contribution à la communauté arrive aussi au 1er rang dans la réalité, elle ne concerne qu’un bénévole sur quatre (voir le graphique 3). L’idée d’appuyer une cause ne concerne que 6 % des bénévoles sondés. Mais partager son expérience motive 18 % d’entre eux, tout comme le fait d’être touché par la cause.

Le manque de temps…

Selon les répondants ne faisant pas de bénévolat, le manque de temps constitue le premier obstacle à l’engagement (51 %). Le fait de ne pouvoir s’engager à long terme (17 %), le manque d’occasions (15 %), le fait de ne pas avoir été invité à en faire (14 %) ou la préférence pour les dons d’argent (13 %) suivent loin derrière.

Le bénévolat, c’est pour les retraités?

Plus de la moitié des Québécois sondés pensent que le bénévolat est surtout pratiqué par des retraités et des personnes âgées. Cette affirmation est vraie en partie, mais elle véhicule faussement l’idée que les jeunes ne s’adonnent pas au bénévolat. Le graphique suivant illustre la répartition des bénévoles du Québec selon l’âge. Plus du quart ont 65 ans et plus, mais les 18 à 34 ans représentent sensiblement la même proportion.

Les occasions de bénévolat sollicitent différents profils pour tous les âges. Vélo Québec a recours à des bénévoles pour ses grands événements cyclistes. Les photos publiées sur son compte Facebook témoignent d’une belle variété d’individus en termes d’âge.

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Source : Vélo Québec

Enfin, l’étude démontre qu’il y a un important décalage entre l’image perçue du bénévolat et ce que celui-ci représente en réalité. À cet égard, l’organisme RABQ travaille à briser les mythes et à promouvoir l’aide bénévole à travers différents programmes afin de susciter une plus grande adhésion des Québécois à cette forme de contribution.

Promouvoir le bénévolat en tourisme

Les organisations touristiques, lorsqu’elles s’y prêtent, ont tout à gagner à promouvoir davantage les possibilités du bénévolat. Elles sont bien équipées pour offrir des avantages très attrayants (réduction de tarifs pour certaines activités, accès gratuit à des spectacles, etc.). De plus, le bénévolat peut devenir une porte d’entrée du secteur. Des bénévoles pourraient ainsi être tentés de poursuivre une carrière dans l’industrie s’ils sont bien traités et encadrés. Les jeunes adultes (et les moins jeunes aussi) sont à la recherche d’expériences significatives, offrons-leur des occasions d’en vivre!

 

Image à la une : © Festival d’été de Québec/Jean-Philippe Labrie