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De la littérature au circuit touristique

Dans sa forme, le tourisme littéraire s’apparente à un pèlerinage dans les maisons d’écrivains ouvertes au public à travers le monde. Au Québec, la préservation des lieux qui ont vu naître certains écrivains célèbres demeure limitée. Il faudrait dresser un inventaire de ces lieux et les organiser de manière à les rendre attrayants pour les visiteurs et la population locale. Une excellente façon de le faire, c’est de créer différents circuits littéraires, des cartes interactives et des sites Internet. Voyons comment il faut s’y prendre.

Qu’est-ce que le tourisme littéraire?

Le tourisme littéraire constitue une forme de tourisme culturel qui fait référence à la visite de lieux fréquentés par un auteur ou encore à ceux dont il est fait mention dans ses livres. Ces «pèlerinages» servent à rendre hommage à l’écrivain ou à retrouver l’ambiance particulière d’un moment spécifique d’un livre donné.

Selon TripAdvisor, Londres, Stratford-upon-Avon, Édimbourg, Dublin et la région des lacs, New York, Concord et San Francisco, Rome, Paris et Saint-Pétersbourg figurent au rang des destinations les plus populaires auprès des amateurs de littérature.

Les circuits littéraires

Les circuits littéraires constituent une excellente façon de mettre en valeur les maisons d’écrivains, les lieux qu’ils ont fréquentés ou encore ceux qu’ils ont dépeints dans leurs livres. Plusieurs agences se spécialisent, en tout ou en partie, dans l’offre de circuits littéraires thématiques. Elles proposent des itinéraires, guidés ou non. Certaines offrent aussi la planification du séjour complet du visiteur: réservations d’hébergement, transferts, excursions, etc.

Catégories de circuit

  1. Circuit biographique. Il vise une compréhension profonde de la vie de l’auteur et de son impact sur son œuvre. Le circuit s’apparente à un pèlerinage et le ton laisse entendre que le visiteur devrait adopter une attitude d’admiration et de respect. Cette conception de l’expérience suppose qu’il possède déjà une connaissance approfondie de l’auteur et sera donc moins populaire auprès du profane.On présente l’histoire d’une manière très cohérente en utilisant la plupart du temps l’ordre chronologique de la vie. Le parcours biographique s’appuie sur les mots pour raconter l’histoire; le texte est habituellement dense, de style didactique et écrit à la troisième personne. Pour son aspect visuel, on utilise des photos historiques, des images ou des illustrations, souvent en noir et blanc ou sépia. Ces circuits sont en général gratuits
  2. Paysage littéraire. Ces parcours couvrent une vaste zone géographique et sont généralement réalisés par des consortiums de partenaires, dont les collectivités locales, les offices de tourisme, les groupes de citoyens et, de plus en plus, par le secteur privé. L’expérience en est une de divertissement et d’évasion qui utilise  une variété de méthodes d’interprétation et de stimuli pour procurer des impressions sensorielles au visiteur. Ces circuits sont très accessibles, car ils ne se fondent pas sur une connaissance approfondie de l’auteur ou de son œuvre.Le texte est sommaire, mais tout à fait approprié. Il s’appuie sur des citations bien connues ou des phrases susceptibles d’évoquer une humeur ou une impression qui s’harmonisent avec l’environnement.Les «paysages»  littéraires peuvent inclure des sous-thèmes ou fournir des suggestions d’activités complémentaires: liens avec d’autres circuits, lieux à visiter, restaurants et hôtels à découvrir.
  3. Circuit «générique». Ces circuits sont conçus par les autorités locales, dont les offices de tourisme. L’objectif principal est de célébrer la tradition intellectuelle d’une région de manière à renforcer le statut d’une ville et sa réputation, à la fois auprès des collectivités locales et des groupes de visiteurs potentiels. L’expérience combine des dimensions éducatives et esthétiques et regroupe, sur le même itinéraire, une gamme de personnalités littéraires toutes liées à la ville ou à la région.Le langage utilisé possède habituellement les mêmes caractéristiques que les outils  promotionnels écrits par les annonceurs. Les dispositifs visuels sont des images du patrimoine bâti associé à la littérature. Typiquement, la route sera marquée au sol et des panneaux signaleront des éléments clés de l’histoire.

Le tableau 1 présente un exemple de chacun des types de circuit.

Cartes interactives

Les circuits littéraires sont diffusés sur des cartes imprimées ou interactives qui guident le visiteur tout au long d’un parcours piétonnier, cyclable ou carrossable.

Un exemple d’ici:

  • l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville, à Montréal. Accessibles en ligne, près d’une quarantaine de lieux sont associés à des extraits de textes d’auteurs et de citoyens de l’arrondissement.


Source: http://residence.bibliomontreal.com/circuit.html

Un exemple d’ailleurs:

  • une carte littéraire de Manhattan, New York.  Également accessible en ligne, cette carte, créée avec l’aide de lecteurs du New York Times, recense une centaine de lieux fréquentés par des personnages célèbres de roman.


Source: http://www.nytimes.com/packages/khtml/2005/06/05/books/20050605_BOOKMAP_GRAPHIC.html

  • une autre carte de New York répertorie plusieurs maisons d’écrivains.


Source: John Flood, Librarian at Hudson Park Library, New York City

Sites Internet

La construction d’un site Internet présentant sous forme virtuelle une maison d’écrivains peut sembler paradoxale. Pourtant, l’exposition virtuelle constitue une approche nouvelle qui permet de représenter, avec un maximum de vraisemblance, des lieux, des œuvres, des objets, souvent en plus de la visite réelle de l’endroit. Par exemple, l’Université du Mississippi offre un tour virtuel de la maison de l’écrivain William Faulkner ainsi que la visite de sa demeure.


Source: http://www.olemiss.edu/depts/u_museum/rowan_oak/interactive.html

Au Québec

La préservation des lieux qui ont vu naître certains écrivains célèbres demeure limitée au Québec. Disséminées à travers le Québec, les initiatives visant la sauvegarde des maisons d’écrivains sont la plupart du temps l’œuvre de sociétés historiques, de sociétés d’amis et de passionnés ou encore d’institutions locales. Leur accessibilité au public repose sur la volonté de ces instances de mieux faire connaître les auteurs, mais il faut d’abord procéder à un recensement des lieux. En 2000, l’historien Alain Roy dénombrait 276 lieux de mémoire littéraire répartis sur le territoire, dont plus du tiers se trouve dans la région de Montréal. Il s’agit maintenant de les mettre en valeur par des aménagements de qualité et de les faire connaître par des moyens modernes de mise en marché.

Sources:

– Commission des biens culturels du Québec. «La mise en mémoire des lieux de création littéraire au Québec», février 2003, 32 pages.
– MacLeod, Nicola et al. «Reading the Landscape: The Development of a typology of Literary trails that incorporate an Experiential Design perspective», Journal of Hospitality & Management, février 2009, p. 154-172.
– «Top Ten Literary Tourist Destinations», 2 mars 2009, Tourism-Review.com.

Sites Internet:
Carte littéraire de Manhattan
–  Circuit littéraire Ahuntsic-Cartierville
–  Tour virtuel de la maison William Faulkner

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Les microbrasseries en pleine effervescence… touristique!

Qu’elle soit blonde, brune ou rousse, la bière de microbrasserie est à la mode. Elle accompagne les plats gastronomiques et intéresse les touristes par sa fabrication artisanale et régionale. Les microbrasseries québécoises sont nombreuses et leur nombre ne cesse de croître. Elles font désormais partie des intervenants touristiques, alors comment peuvent-elles aider à promouvoir le Québec comme destination?

Une tendance enivrante: Beer is the new wine

Selon le magazine Flavor & The Menu, la tendance numéro un en 2009 dans le milieu de la restauration est le mariage de la bière et d’une variété de mets gastronomiques. L’article confirme que la «révolution des microbrasseries» est la cause de cette nouvelle perception favorable, car les produits qui en sont issus présentent une palette de saveurs qui se marient mieux avec celles des aliments que du vin.

En raison de son prix moins élevé, la bière se prête davantage à une dégustation dans un cadre informel, une ambiance décontractée, ce qui convient bien au climat économique actuel. Cet avantage expliquerait la popularité croissante des pubs gastronomiques ou «gastro-pub» en Europe et en Amérique du Nord.

Faire mousser l’intérêt touristique

Cette nouvelle popularité pour la bière artisanale se traduit par un intérêt accru pour la tradition brassicole et ses origines. En 2008, les petites et grandes brasseries de la République tchèque ont reçu 380 000 touristes, une hausse de 8,5% par rapport à l’année précédente. Le «tourisme de bière» constitue le segment à plus forte croissance dans ce pays.

En Belgique, on mise beaucoup sur la culture de la bière pour vendre la destination. En effet, le site Internet de l’Office de tourisme de Belgique fournit le calendrier des nombreux événements et festivals de bières qui ont lieu pendant l’année, dresse la liste des brasseries et musées par région ainsi que des grossistes et des forfaits thématiques sur la bière. On y trouve également une panoplie de ressources permettant aux visiteurs de mieux connaître le produit belge. Ailleurs, la ville de Copenhague invite les touristes à visiter les brasseries, à goûter le produit et à échanger leurs impressions avec le maître-brasseur.

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Dans les Alpes suisses, la brasserie Monsteiner Bier offre aux visiteurs neuf expériences uniques de dégustation, dont un forfait découverte qui inclut un parcours panoramique en train, une randonnée en montagne, la visite de la brasserie et, bien sûr, la dégustation de ses produits.

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La popularité des microbrasseries s’observe également aux États-Unis, où les ventes de bières artisanales ont augmenté de 12% en 2007, selon le Brewers Association. Le magazine Forbes affirme d’ailleurs que les visites de brasseries deviennent de plus en plus sophistiquées. De la tournée animée par le maître-brasseur aux leçons brassicoles pour les touristes, ces visites attirent un nombre grandissant d’amateurs locaux et internationaux. Constatant cet intérêt pour ses produits, la brasserie Rogue à Newport, en Oregon, a ouvert un petit hôtel-appartement judicieusement appelé Bed & Beer.

Les microbrasseries du Québec: levons notre verre!

De nos jours, les Québécois consomment 90 litres de bière par année en moyenne. Toutefois, même si la tradition brassicole est bien ancrée dans les racines du Québec, ce n’est que depuis la fin des années 1980 qu’on produit de la bière artisanale un peu partout dans la province. Et ce n’est pas terminé! «Les brasseries artisanales poussent comme des champignons», affirme l’éditeur en chef du magazine Bières et plaisirs. En 2007, la part de marché des microbrasseries du Québec atteignait 4,3%, mais l’Association des microbrasseries du Québec (AMBQ) souhaite la faire passer à 12% d’ici 2017.

Au Québec, on commence depuis quelques années à voir les microbrasseries dans le portrait touristique. Cette année, la Microbrasserie du Lac St-Jean a été désignée lauréate d’or des Grands prix du tourisme 2009, dans la catégorie «Développement touristique – Restauration». L’an dernier, la Microbrasserie Nouvelle-France en Mauricie emportait le bronze dans cette même catégorie.

Actuellement, 14 des 22 régions touristiques du Québec ont au moins une microbrasserie sur leur territoire. Leurs bières plaisent aux touristes à la recherche de produits de fabrication locale et d’expérience authentique. En raison de noms comme «L’écume» (Îles-de-la-Madeleine), la «P’tit train du Nord» (Laurentides), «La Ciboire» (Québec) ou «La Noix de marmotte» (Montérégie), les bières des microbrasseries québécoises deviennent de véritables produits identitaires qui se rattachent à la région, à ses spécificités géographiques, à son peuple et même parfois à son folklore. De plus, l’AMBQ vise l’augmentation de son approvisionnement en ingrédients locaux, ce qui permettrait à certaines microbrasseries d’obtenir une appellation réservée.

Pour aider le consommateur à s’y retrouver, les Éditions Néopol consacrent un guide Petit Futé complet aux microbrasseries du Québec (Petit Futé s’est d’ailleurs associé à la microbrasserie Au Maître Brasseur (Laval) pour commercialiser sa propre bière!). De plus, le Mondial de la bière distribue une carte des microbrasseries du Québec, mais celle-ci n’est offerte qu’en version papier seulement. Peut-être y aurait-il lieu de créer une version électronique de cette carte afin de promouvoir ce produit distinctif et de le diffuser en ligne, à un public élargi. Fait intéressant, le site de planification de vacances www.quebecvacances.com dresse maintenant la liste des microbrasseries sous la catégorie «Activités et attraits».

Le Québec s’exporte…

Le Mondial de la bière de Montréal célèbre les bières d’ici et d’ailleurs depuis maintenant 17 ans. En octobre, l’événement ira faire connaître le Québec par le biais de ses bières à Strasbourg, de l’autre côté de l’Atlantique. Le lancement d’une édition sud-américaine du festival fait également partie des projets envisagés.

microbrasseries3La bière «400e» d’Unibroue, brassée à l’occasion du 400e anniversaire de Québec, a réellement souligné l’événement. Servie dans les établissements de la capitale, la «400e» était aussi en vente dans le reste du Québec, aux États-Unis et dans la vingtaine de pays où les produits Unibroue son distribués, procurant ainsi une visibilité accrue à la microbrasserie, mais aussi à la ville et aux festivités qui s’y déroulaient. La fête étant maintenant terminée, la «400e» sera toujours vendue au Québec en guise de passage à l’histoire.

Sachant que cette entente a profité autant à Unibroue qu’aux festivités, y aurait-il lieu d’avoir une plus grande collaboration entre les microbrasseries, les événements et les attraits touristiques? Une chose est certaine, les microbrasseries et leurs bières sont à la mode. On aurait tout avantage à en offrir plus aux clientèles touristiques dans les bars et les restaurants du Québec, mais aussi dans les boutiques de souvenirs!

Sources:
–  Artis, Olivier. «Le 400e part, la 400e d’Unibroue reste», Bières et plaisirs, février-mars 2009.
–  Artis, Olivier. «Capitaine Marois contre vents et marées», Bières et plaisirs, juin-juillet 2009.
–  Morin, Annie. «Les microbrasseries locales en quête d’ingrédients québécois», Le Soleil, 1er mars 2009.
–  Ruiz, Rebecca. «World’s Top Brewery Tours», Forbes Magazine, 1er juillet 2008. [http://www.forbes.com]
–  Wouters, Philippe. «Mot de l’éditeur», Bières et plaisirs, février-mars 2009.
–  Wouters, Philippe. «Invitation à la gourmandise», Bières et plaisirs, avril-mai 2009.
–  Wouters, Philippe. «Fiers d’être bleu!», Bières et plaisirs, juin-juillet 2009.
–  «Czech Republic Flooded by Beer Tourists», Tourism Review, 18 décembre 2008. [http://www.tourism-review.com]

Sites:
www.bonjourquebec.com
www.festivalmondialbiere.qc.ca
www.neopol.ca
www.quebecvacances.com
www.unibroue.com
www.visitbelgium.com
www.visitcopenhagen.com

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Produits et activités Transport

Routes panoramiques, peut-être plus déterminantes qu’on le pense!

Depuis l’arrivée de l’automobile, le tourisme en voiture n’a fait que croître. En Amérique du Nord, les voyages en automobile sont particulièrement importants, et sillonner une route panoramique peut constituer une activité fort attirante au cours d’un périple, ou même déterminante dans le choix d’une destination.

Selon la Travel Industry Association (TIA), le tourisme automobile – qui inclut auto, camion et caravaning – représente 85% des voyages domestiques aux États-Unis. Au Québec, c’est plus de 90% des voyages des Québécois ou des Canadiens (agrément et visites de parents et d’amis confondus), 62% et 71% de ceux des Américains (respectivement pour l’agrément et la visite de parents et d’amis) qui ont pour mode de transport principal l’automobile. Lire aussi: Provenance géographique des Américains au Québec, selon leur mode de transport).

Des chercheurs de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard se sont penchés sur l’analyse du tourisme sur des routes panoramiques. Les résultats présentés ici sont le fruit d’un sondage réalisé en 2007 auprès d’un échantillon de 855 répondants composé de voyageurs canadiens (81%) et américains (19%) et concerne l’intérêt pour les routes panoramiques de n’importe quelle destination.

Propension à fréquenter une route panoramique

La propension à emprunter une route panoramique lors d’un voyage en automobile est très forte, tant pour les Canadiens que les Américains. En fait, 58% des répondants indiquent qu’ils parcourent parfois une route panoramique et 40% le font tout le temps. Seulement 1,8% des répondants n’emprunte pas de telles routes.

Le graphique 1 indique la propension à explorer des routes panoramiques officielles (signalisées comme telles par les autorités locales) versus les routes non officielles. Il en ressort que les touristes utilisent les deux types.

Recherche d’information

Près des trois quarts des répondants (73%) s’étaient informés des routes panoramiques existantes dans une destination avant le voyage et 86% d’entre eux ont poursuivi leur recherche de renseignements une fois rendus sur place. Une proportion plus élevée d’Américains s’est renseignée sur les routes panoramiques avant le départ ou une fois à destination.

Les sources d’information utilisées par les répondants varient légèrement entre les deux échantillons. Voici les résultats du sondage sur les sources d’information les plus populaires:

Les Canadiens sont davantage portés à se fier aux conseils d’amis et de parents ainsi qu’aux publicités télévisées que les Américains. Ces derniers se renseignent plus souvent auprès des bureaux d’information touristique, sur le site Web de la destination ou de la route panoramique, à l’aide d’articles de journal ou de magazine ou encore auprès d’un club automobile.

Influence sur le choix de la destination

Pour les répondants à ce sondage – et rien n’empêche de croire que les données puissent être extrapolées aux touristes en général –, l’attrait d’une route panoramique influe fortement sur le choix d’une destination ou d’une autre. À la question: «Dans quel pourcentage une route panoramique influence-t-elle la décision de visiter un lieu?», la moyenne des répondants se situe à 52% (tant canadiens qu’américains). Par conséquent, il s’agirait d’un produit touristique déterminant!

Moment décisif

La grande majorité des répondants avait fixé d’avance de parcourir une route panoramique, soit 87% (voir graphique 3). Pour certains (15%), il s’agissait même d’une des raisons justifiant le choix de la destination. Plus de Canadiens (14%) que d’Américains (9%) ont décidé d’emprunter une route panoramique simplement parce qu’ils se déplaçaient dans la région, sans qu’ils l’aient planifié.

Temps consacré à l’exploration de la route

Idéalement, sillonner une route panoramique dure de 4 à 5 heures pour les répondants au sondage. Il s’agit d’une information importante à prendre en considération. Ainsi, une route panoramique de plus longue durée, comme le tour de la Gaspésie, doit être organisée de façon à permettre des escales attrayantes pour respecter le rythme de déplacement des touristes.

Motivations et intérêts

La principale raison pour laquelle les touristes choisissent de prendre une route panoramique est l’observation du paysage (86%). Cet aspect doit donc être pris en compte lors de la création des outils marketing. Les autres motivations varient davantage selon les répondants. Plusieurs de nos voisins du Sud ont répondu qu’ils avaient suivi la recommandation d’un guide de voyage ou qu’ils s’étaient fiés à la réputation de la route. De plus, pour 36% des Américains, il s’agit d’une activité régulière lors de la visite d’une destination. De leur côté, les Canadiens ont emprunté, dans une proportion plus grande, une route panoramique parce qu’ils estimaient que c’était la meilleure façon de voir les attraits de la région ou parce que des parents ou des amis la leur avaient conseillée.

Pas de surprise, les types de routes panoramiques qui intéressent le plus les voyageurs sont celles en bord de mer, longeant des lacs et des rivières ou dans les régions montagneuses ou alpines. Les routes permettant d’observer la faune sont aussi très populaires ainsi que les lieux historiques. Les routes liées à des films, des émissions de télévision ou des livres, les panoramas urbains ou les marécages occupent un rang inférieur.

Enfin, l’enquête indique qu’il est très important pour les répondants de posséder de la documentation avec eux lorsqu’ils parcourent la route panoramique. Proposer une brochure, un CD explicatif ou, de façon plus moderne, la possibilité de télécharger un audioguide est certainement une bonne stratégie à adopter.

Les résultats de cette étude conduisent à réévaluer la promotion des routes panoramiques en fonction des préférences des touristes en matière de planification de voyage et de la pratique de l’activité. La publicité est-elle faite aux bons endroits, à la bonne étape de planification du voyage, selon les clientèles auxquelles on s’adresse? Les bureaux d’information touristique sont des lieux-clés, mais le site Internet de la destination est tout aussi important.

Sources:
–    Ph.D. Hennessey, Sean M., Ph.D. Dongkoo Yun, Melissa MacEachern, et Ph.D. Roberta MacDonald. «The Importance of Scenic Drive Tourism: An Exploratory Study», Tourism Research Centre and School of Business Administration, University of Prince Edward Island, étude présentée lors de la 39e conference de Travel & Tourism Research Association, 17 et 18 juin 2008.
–    Statistique Canada. «Enquête sur les voyages des résidents du Canada» et «Enquête sur les voyages internationaux», traitement spécial, 2006.

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Marketing Produits et activités

Le cidre: un produit touristique identitaire?

«Auparavant, lorsque nous visitions des amis à l’étranger, nous leur apportions du sirop d’érable. Aujourd’hui, nous leur offrons une bouteille de cidre de glace». Cette observation de Véronique Rivest, une sommelière réputée, a bien résumé le potentiel identitaire du cidre québécois à l’occasion du colloque national sur le cidre, tenu le 12 février 2009 en Montérégie. Comment une région peut-elle asseoir son développement sur la mise en valeur d’un produit agrotouristique?

La région de Niagara s’est créé une réputation de destination agrotouristique solide grâce à la production de vin et, plus particulièrement, de vin de glace. Est-ce que la Montérégie peut aspirer à une renommée semblable avec ses cidres?

Les atouts: unicité et qualité du produit

La production ayant débuté au début des années 1990, le cidre de glace est un produit relativement nouveau, mais qui commence à se faire connaître à l’étranger. Au Québec, on dénombre une cinquantaine de producteurs qui apportent leur touche personnelle à leurs produits. Ensemble, ils fabriquent trois types de cidre différents: le «tranquille» (ou plat), l’«effervescent» (ou mousseux) et le produit vedette, le fameux cidre de glace. Le Québec se démarque par la qualité de ces trois produits, surtout par le dernier puisqu’il n’y a qu’au Québec où les froids hivernaux permettent à la pomme de geler de façon naturelle.

Aujourd’hui, comme tous les autres cidres, la fabrication du cidre de glace est encadrée par une réglementation qui impose de sévères normes de qualité. D’ailleurs, pour qu’une région comme la Montérégie se bâtisse une réputation, ses producteurs doivent respecter rigoureusement ces normes. Cela semble être le cas, car plusieurs cidres ont déjà reçu des prix d’envergure et leur qualité est stable d’année en année.

L’expérience touristique

Outre la qualité, il importe aussi de créer une expérience touristique autour du produit. Par exemple, la vallée de l’Okanagan en Colombie-Britannique mise sur une programmation bien remplie (un festival par saison) pour faire connaître ses vins et sa gastronomie. De son côté, la «Wine Route», en Ontario, est particulièrement fournie et diversifiée.

Le cidre est produit dans plusieurs régions du Québec, mais il y a une forte concentration en Montérégie. Elle est d’ailleurs la seule région qui place ce produit au cœur de son positionnement touristique. Les activités touristiques axées sur le cidre sont les suivantes:

  • La «Route des cidres» regroupe onze producteurs qui offrent des dégustations ou des visites des installations (voir un aperçu de la carte interactive, ci-dessous).
  • La deuxième édition du «Mondial des cidres de glace» a eu lieu en février dernier et a accueilli plus de 10 000 visiteurs.
  • La cueillette des pommes est une activité fort populaire à l’automne, particulièrement auprès des familles, et ce, tant chez certains cidriculteurs que dans de nombreux autres vergers de la région.
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Se faire connaître et reconnaître

La réputation du produit compte pour beaucoup dans l’attractivité d’une expérience. Celle des vins de Napa Valley en Californie n’est plus à faire et contribue à elle seule à attirer de nombreux touristes et amateurs. La connaissance et la reconnaissance du produit sont également des étapes à franchir dans la route vers le positionnement d’une région autour d’un produit agrotouristique. La Montérégie et ses producteurs de cidres cheminent dans cette direction mais demeurent encore grandement méconnus. De plus, ils ont à lutter contre la faible réputation générale de cette boisson, ce qui n’est pas le cas du vin.

À ce sujet, divers points de vue ont ponctué ce premier colloque national sur le cidre. Jean-François Demers, professeur, conférencier et sommelier, mentionnait que l’on trouvait les meilleurs cidriculteurs du monde parmi l’assistance mais que ceux-ci font face à un défi gigantesque. Pour faire connaître leur produit, ils doivent se tailler une place dans la cour des grands: l’industrie du vin. Ils devront travailler ensemble pour arriver à se faire reconnaître.

Thierry Debeur, des éditions et des guides du même nom, souligne que les actions des producteurs sont peu publicisées. Il mise aussi sur la force du nombre pour mieux se faire connaître.

La distribution

La connaissance et la reconnaissance du produit passent aussi par une vaste distribution. Un autre défi pour les cidriculteurs est donc de réussir à s’implanter auprès de nombreux restaurants du Québec. Il s’agit d’une avenue difficile à emprunter, puisqu’elle repose sur la demande des consommateurs qui, justement, demandent rarement du cidre. M. Demers encourage les producteurs à s’impliquer ensemble dans l’éducation de la population et des restaurateurs.

La distribution se fait donc directement par le producteur ainsi qu’à la Société des alcools (SAQ), pour quelques produits seulement. La SAQ fait de plus en plus de place aux boissons québécoises et dans la catégorie Terroirs d’ici, le cidre est le produit le plus vendu (environ 81% en 2007, une augmentation de 528% en 10 ans).

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À l’instar de régions telles que la vallée de l’Okanagan, Napa Valley et la région de Niagara, le succès d’un positionnement touristique basé sur un produit agrotouristique repose sur deux principales conditions: la reconnaissance du produit, qui passe nécessairement par une qualité exemplaire et une excellente distribution ainsi qu’une expérience touristique authentique et attrayante. L’industrie du cidre semble sur la bonne voie, mais demeure encore toute petite et très jeune. Autant elle est prometteuse, autant elle n’a pas vraiment droit à l’erreur…

Source:
– Colloque national sur le cidre. Tourisme Montérégie, 12 février 2009

Sites Web:
cidre du quebec
tourisme Monteregie

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Gestion Produits et activités

Destinations à déguster

Plus que jamais, les vacanciers tiennent compte des attraits culinaires d’une région lorsque vient le temps de choisir une destination de voyage. Ils souhaitent une expérience authentique et la cuisine s’avère une goûteuse expression de la culture locale. Vous avez déjà sûrement remarqué les photos alléchantes qui figurent au premier plan des images servant à vendre une région, un hôtel ou un centre de villégiature. Mais quelles autres stratégies envisager pour devenir une destination culinaire?

Un intérêt qui se confirme

Le tourisme culinaire peut prendre différentes formes: apprendre sur la production, visiter les marchés, suivre des leçons de cuisine, déguster des vins, effectuer un séjour à la ferme et, bien sûr, fréquenter les restaurants servant une cuisine typique.

Selon une enquête récente d’American Express Travel, les voyages rattachés à des intérêts personnels sont très importants (87%) et ce type de voyage se répétera ou augmentera au cours des deux prochaines années. L’un de ces intérêts, d’ailleurs le plus populaire selon le sondage, est d’élargir ses horizons culinaires. Essayer une cuisine nouvelle basée sur des mets locaux et exotiques se révèle très important pour 42% des répondants. Cette proportion est encore plus forte auprès des 18-34 ans (55%). La Specialty Travel Agents Association (STAA) confirme cette tendance et indique que les voyages culinaires constituent l’un des types de tourisme les plus en croissance.

Devenir une destination culinaire

Une région qui souhaite devenir une destination culinaire peut envisager différentes avenues.

Elle doit d’abord miser sur la restauration locale.

  • Inventorier les restaurants qui offrent une expérience culinaire typique.
  • Amener les restaurateurs à encourager le tourisme culinaire dans la région à travers leur créativité et leurs bonnes pratiques.
  • S’appuyer sur une ou quelques spécificités locales que chacun des restaurants adapte à sa manière.
  • Créer une expérience inoubliable par des démonstrations de chefs ou des formations en cuisine.
  • Mobiliser les résidants afin qu’ils deviennent des ambassadeurs du tourisme culinaire. Ils doivent pouvoir répondre adéquatement à la question: «Où puis-je trouver un bon restaurant dans les environs?».
  • Faciliter l’accès des visiteurs en mettant à leur disposition suffisamment d’espaces de stationnement, un service de valet gratuit ou encore en indiquant où ils peuvent se garer.
  • Amener les différents acteurs du tourisme culinaire à ne pas se voir comme des concurrents mais plutôt comme des partenaires. Une masse critique de bons restaurants procure un meilleur effet.
  • Envisager la possibilité d’instaurer une semaine des restaurants comme le font plusieurs villes nord-américaines. Une telle semaine, où les restaurants offrent ce qu’ils ont de meilleur au menu et à prix abordable, fait connaître les établissements à la population locale et attire des visiteurs. Pour que cet événement soit réussi, la destination doit déployer des efforts marketing auxquels les restaurateurs participent.

Les marchés publics sont des lieux privilégiés pour se plonger dans l’univers culinaire d’une destination. Même s’ils sont d’abord fréquentés par la population locale, il importe aussi de les placer à l’avant de l’offre touristique et d’en faciliter l’accès aux visiteurs.

De plus en plus, les chefs et les producteurs agroalimentaires locaux travaillent main dans la main pour satisfaire l’appétit de fraîcheur et de produits régionaux des consommateurs. Ces producteurs, qui collaborent avec les restaurateurs, peuvent ainsi adapter leurs récoltes aux besoins et à la vision du chef.

Certaines destinations se dotent d’un concierge-restaurant. L’employé à ce poste peut être consulté par les hôtels et les autres établissements touristiques afin de diriger les touristes exactement à l’endroit qui leur convient.

Les festivals représentent également un moyen d’exploiter le potentiel du tourisme culinaire. Bien qu’il y ait ceux à grande échelle comme le grand Taste of Chicago qui attire plus de 6 millions de visiteurs, les plus modestes peuvent aussi obtenir de très grands succès. La Fête des vendanges Magog-Orford célèbrera son 16e anniversaire en 2009 et la municipalité estime avoir accueilli environ 60 000 visiteurs en 2008.

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La ville de Ludlow, au Royaume-Uni, est un exemple parmi de nombreuses destinations qui misent sur le tourisme culinaire pour asseoir leur notoriété. Elle semble bien réussir et voici quelques stratégies qui ont mené à la base de son succès:

  • utiliser la cuisine locale comme moyen de créer un capital culturel et un cachet social;
  • s’associer à divers fournisseurs d’aliments et de boissons afin de susciter une riche expérience de restauration et de magasinage;
  • créer une promesse d’authenticité locale basée sur une offre de qualité et des prix concurrentiels;
  • surpasser l’offre des autres destinations culinaires;
  • amener les producteurs à se sentir partie intégrante du tourisme de la région;
  • inciter les fournisseurs de services touristiques à se différencier par la cuisine.

Le tourisme culinaire semble promis à un avenir alléchant parce qu’il répond aux nouvelles valeurs des touristes. Goûter la cuisine locale donne aux visiteurs la sensation de vivre une expérience authentique.

Lire aussi:
–    Le tourisme et l’éveil culinaire québécois: une recette appétissante!
–    Faire saliver les touristes américains

Sources:
– American Express Travel. «American Express Travel survey finds pursuing personal interests drives travel despite current economic conditions»,  Communiqué de presse, 29 juillet 2008.
– Marzella, Dennis A. «Culinary Tourism: Does Your Destination Have Potential?»,  hiver 2008.
– Specialty Travel Agents Associations. «Culinary Travel One Of The Fastest Growing Segments In Travel», Travel Industry Wire, 2 décembre 2008.
– Yeoman, Ian. «Why food tourism is becoming more important», Hospitality Net, 11 août 2008.
– Ying, Tianyu, Ph.D. Shenoy, Sajna S. et Ph.D. Norman, William C. «Classifying Food Tourists: A Comparison of Thee Approches», Travel & Tourism Research Association, 39th proceeding, juin 2008.

Sites Web:
www.explorechicago.org
www.fetesdesvendanges.com

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Ailleurs dans le monde Gestion

Quand un espace touristique transcende frontières administratives et nationales (Compte rendu de conférence)

Le touriste qui visite un coin de pays n’a que faire du découpage administratif des régions touristiques. Trop souvent, ce découpage lui cause du souci, l’obligeant à se procurer de l’information à de multiples endroits alors que, pour lui, le circuit choisi présente une suite physique et logique de points d’intérêts. Jérôme Piriou, doctorant à l’université d’Angers en France, prône la coopération professionnelle et la continuité des espaces. Léman sans frontière est, à ce titre, un bel exemple de coopération entre la Suisse et la France.

Jérôme Piriou se passionne pour la géographie du tourisme. L’espace touristique et ses frontières a fait l’objet d’une de ses recherches. À l’occasion des Rendez-vous Champlain tenus à Montréal et à Québec au début de juin 2008, il a présenté ses réflexions à ce sujet, de même qu’un exemple de bonne pratique.

Est-il normal que le voyageur qui visite les châteaux de la Loire doive se procurer un nouveau guide au fil des départements traversés alors qu’il perçoit ce trajet comme une continuité et que ce circuit constitue un territoire touristique homogène malgré ses frontières politico-administratives?

Un lac Léman sans frontière

Voyant leur complémentarité, deux sites touristiques suisses, le Bouveret et le Moléson, l’un situé au bord du lac Léman et l’autre à proximité, dans les montagnes en Gruyère, décident en 1994 d’unir leurs forces pour mettre en place une promotion commune. Cette base étant jetée, l’association «Léman sans frontière» fait son apparition l’année suivante, regroupant 12 partenaires suisses et français. Cette association s’est agrandie depuis, pour comprendre une quarantaine de sites en périphérie du lac, dans les Alpes avoisinantes et en Gruyère. Moyennant une cotisation annuelle, les entreprises qui y adhèrent signent pour une durée de trois ans, renouvelables.

Le but de cette association? Faire circuler les 12 millions de visiteurs autour des sites partenaires afin de les retenir plus longtemps et de les fidéliser.

Léman sans frontière, c’est un portail Internet, un guide d’une cinquantaine de pages imprimé à 400 000 exemplaires, mais aussi téléchargeable sur le site Internet, une présence à dix salons touristiques, un infocourriel envoyé 8 fois l’an à plus de 400 offices de tourisme français, suisses et à d’autres partenaires, de même que 500 000 napperons distribués dans des restaurants et des bars franco-suisses. L’information du site est aussi accessible depuis les ordinateurs et des téléphones portables. Deux projets sont en cours:

  • la mise en place d’une signalétique afin de baliser les principales entrées sur le territoire et l’établissement de points d’information;
  • l’harmonisation des différentes bases de données touristiques tant du côté suisse (cantons de Genève, Vaud, Valais et Fribourg) que du côté français (Rhône-Alpes) avec celle de Léman sans frontière.

Jérôme Piriou définit une région touristique comme la rencontre entre la perception d’un territoire par le touriste et un système d’acteurs qui proposent une offre globale. Chacun des acteurs, qu’il s’agisse d’un jardin, d’un zoo, d’un château, doit avoir conscience que tous bénéficient de la même clientèle. Il soulève ainsi l’importance d’un tourisme cohérent comme outil de développement socioéconomique.

– Ferrara, Marco. «Le Léman, un lac qui sait gommer ses frontières», 24 heures, 31 mai 2007.
– Franco, Fabien. «La géographie touristique du Léman», Kaëlemagazine.com, no 36, 2 juillet 2007.
Léman sans frontière. Dossier de presse 2008, 22 avril 2008.
– Piriou, Jérôme. «L’espace touristique et ses frontières: une approche régionale de la destination: Étude des cas du Saumurois et du bassin Lémanique», Les Rendez-vous Champlain, Québec, 2 juin 2008.

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Marchés géographiques Marketing

Le Mexique: un marché en croissance – Assises du tourisme 2008

Au cours des Assises du tourisme 2008 s’est tenu un atelier sur le marché mexicain où trois panelistes ont présenté leur expérience auprès de cette clientèle. Leurs interventions fort pertinentes illustraient les actions et les préoccupations associées à trois paliers de démarchage, rendant ainsi la présentation particulièrement concrète.

Introduction du Réseau de veille

Les Mexicains voyagent de plus en plus à l’étranger; leurs voyages internationaux ont connu une croissance de 57% en 10 ans, totalisant 13,6 millions de déplacements en 2006. Pour le Québec, il s’agit maintenant du troisième marché d’outre-mer en importance, nez à nez avec l’Allemagne. En 2006, 73 600 Mexicains ont visité le Québec, une croissance de 29% depuis 2004. La hausse soutenue en 2007 pour l’ensemble du Canada laisse présager une autre bonne année pour le Québec, qui reçoit environ 35% des voyageurs. Avec 250 600 touristes mexicains au Canada en 2007, la croissance a atteint 45% en trois ans.

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Au Québec, environ 70% des touristes mexicains viennent avant tout par agrément, alors que cette proportion est plutôt de 50% pour l’ensemble du Canada.

Michel Gagné, coordonnateur du marché mexicain au ministère du Tourisme

Oublions le Mexique des ponchos et des sombreros, ses cités sont modernes et vivent des réalités semblables à celles de leurs acolytes de l’Amérique du Nord; on oublie trop souvent que le Mexique en fait partie. Le Québec jouit d’ailleurs d’un avantage de proximité: la durée du vol vers Montréal est de 5h10, 4h50 pour New York et 10h55 pour Madrid. Il existe quelques liens aériens directs vers Montréal et d’autres passent par Toronto, ce qui est un avantage certain pour les Mexicains qui ne possèdent pas le visa requis pour visiter les États-Unis ou y faire escale.

Malgré une hausse de la valeur du dollar canadien par rapport au peso mexicain, le prix des forfaits est encore compétitif. Un circuit de 7 jours entre Niagara et Québec est un peu plus coûteux qu’une semaine à Orlando, mais moins cher qu’un parcours entre Paris et Madrid. Le prix de l’essence préoccupe davantage et fera augmenter le prix des billets d’avion.

L’été est clairement la période la plus populaire, mais nous devrions miser davantage sur les Fêtes ainsi que les mois de mars et avril, puisque les Mexicains démontrent un intérêt à découvrir l’hiver.

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Environ 40% des Mexicains sont des visiteurs individuels et 60% choisissent d’acheter un forfait. Environ le tiers de ces visiteurs louent une voiture.

Selon M. Gagné, la croissance de ce marché est là pour durer car de nombreux éléments positifs sont déjà en place. Il est donc primordial de continuer d’agir sur les éléments suivants:

  • un accueil chaleureux;
  • l’adaptation des outils et de l’accueil à la langue parlée;
  • une description honnête du produit;
  • la présentation de la destination: les Mexicains connaissent le Canada et se sentent attirés, mais connaissent mal ses attraits, les activités offertes et les différentes régions (à l’exception de Montréal et de Niagara);
  • le renouvellement de l’offre: le circuit classique est encore à l’honneur, mais les Mexicains sont de plus en plus ouverts à découvrir d’autres aspects de notre offre. Plusieurs souhaitent essayer des activités hivernales (ex.: ski, traîneau à chiens) ou estivales (ex.: parcs nationaux) et visiter d’autres régions.

Le bouche-à-oreille est particulièrement fort au Mexique et les bonnes expériences vécues par les voyageurs se communiquent allègrement. Il faut donc séduire la clientèle mexicaine non seulement pour générer des retombées touristiques, mais surtout pour établir une relation durable.

Luzana Rada, vice-présidente, Global Tourisme International

La présentation de Mme Rada a apporté un regard clair sur la façon dont l’offre de service devrait être adaptée pour répondre aux attentes et aux besoins du marché mexicain.

Elle insiste sur le fait que si l’on s’intéresse à ce marché, il faut être en mesure de relever le défi de la dernière minute. Il s’agit d’une caractéristique intrinsèque à la culture mexicaine: tout est urgent, tout est en retard. Confirmations, changements et annulations surviennent jusqu’au jour du départ. La clientèle mexicaine est en effet très impulsive et il est bien difficile pour un grossiste de fournir des confirmations de réservation aux hôteliers et aux autres fournisseurs longtemps à l’avance. Une grande flexibilité est donc nécessaire.

En ce qui concerne les produits offerts, c’est encore le traditionnel circuit qui se vend le mieux. Toutefois, celui-ci s’agrémente toujours de plus en plus d’activités, les croisières aux baleines par exemple. Les itinéraires se renouvellent et de nouveaux voient le jour: des circuits VIP, des voyages en famille, des voyages de ski ou de multi-activités hivernales. La représentante du grossiste souligne l’importance d’une présence constante tout au long de l’année pour pouvoir garantir les départs.

Le marché mexicain apprécie grandement la qualité des services et les valeurs ajoutées à leur séjour. Voici quelques cartes à jouer:

  • offrir aux consommateurs et aux grossistes mexicains une ligne téléphonique 24 heures, en espagnol;
  • aider les voyageurs à l’aéroport pour les arrivées, les départs et les pertes de bagages.
  • transiger et recevoir avec efficacité et rapidité, en espagnol;
  • proposer un surclassement au même prix (chambre, catégorie hôtelière, petit déjeuner américain, chambre communicante pour les familles);
  • toujours être transparent quant à l’offre et aux produits optionnels.

Initier des actions auprès de ce marché devrait se faire dans une perspective de long terme. Il importe d’être persévérant et de se faire voir en participant aux salons et à des tournées de familiarisation. La création de liens d’affaires passe par l’établissement d’une bonne communication et d’une relation de confiance.

Cynthia Leon, directrice des groupes, Le Nouvel Hôtel et Spa Montréal, Groupe hôtelier Tidan

Le Nouvel Hôtel a décidé de miser sur le marché mexicain il y a quelques années et il en récolte aujourd’hui les bénéfices.

Le principal défi des fournisseurs est de travailler avec des ajouts de clients jusqu’à la toute dernière minute. Il est nécessaire de changer les habitudes de travail. Alors que la politique de l’hôtel est de recevoir une liste des voyageurs 15 jours à l’avance, cette pratique est presque impossible du côté du marché mexicain et il faut s’adapter en conséquence.

Le respect de la clientèle mexicaine est primordial et il importe d’éviter tout préjugé blessant. Le souci du détail afin d’offrir une expérience inoubliable est également une stratégie payante.

Voici les principales actions réalisées auprès de ce marché depuis 2005 par Mme Leon et son équipe:

    • 2005: analyser le marché, connaître et rencontrer les agences réceptives;
    • 2006: analyser le volume de chaque agence réceptive, leurs besoins et leurs attentes, déterminer un tarif compétitif, appuyer les réceptifs en participant aux bourses touristiques et participer aux promotions offertes par Tourisme Québec et Tourisme Montréal;
    • 2007: poursuivre l’appui à la promotion en participant à Conozca Canada, présenter du matériel en espagnol lors des bourses, être attentifs aux besoins des grossistes et participer à chaque tournée de familiarisation offerte en s’y démarquant des compétiteurs présents.

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Sur trois ans, les investissements s’avèrent relativement peu élevés, considérant l’ampleur des retombées (graphique 3).

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Des périodes d’échanges stimulantes

Les intervenants qui agissent auprès du marché mexicain commencent à déployer des efforts pour stimuler les voyages d’affaires et de motivation. Ils observent une tendance en ce sens, même pour les offres hivernales. Le marché gai représente également un fort potentiel.

L’offre s’élargit donc petit à petit pour déborder du forfait classique. Avec les années, une place grandissante apparaîtra pour de nouvelles régions du Québec et ses acteurs et, puisque le démarchage est un processus qui débute longtemps d’avance, il est temps de se préparer.

Les panelistes s’entendent pour soutenir qu’il ne s’agit pas d’un engouement circonstanciel et que, même si on ne peut lire l’avenir, plusieurs facteurs jouent en faveur d’une croissance continue de l’arrivée de Mexicains au Québec et au Canada. L’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), la proximité, le contraste de l’hiver et l’accueil chaleureux en sont quelques-uns. Mais il importe également de faire en sorte que l’image du Canada demeure forte dans l’esprit des Mexicains, par la poursuite et le déploiement de relations solides et durables.

Lire aussi: Quel est le troisième marché géographique international d’importance au Québec?

Sources:
– Gagné, Michel. «Séduire (mais sans tromper)», Ministère du Tourisme, Assises du tourisme 2008.
– Leon, Cynthia. «Retombées concrètes pour le Nouvel Hôtel & Spa», Nouvel Hôtel & Spa Montréal, Groupe hôtelier Tidan, Assises du tourisme 2008.
– Rada, Luzana. «Adapter l’offre de service… Comment?», Global Tourisme International, Assises du tourisme 2008.

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Gestion Produits et activités

Être éleveur d’émeus ou gestionnaire touristique? Les deux…

Offrir des produits du terroir signifie souvent aussi exploiter une entreprise touristique. Cette dualité devient inévitable. Les notions de gestion, d’économie et de marketing doivent côtoyer l’élevage des canards, les vendanges ou la préparation de fins fromages. La plupart des producteurs ont compris qu’une stratégie d’accueil touristique comporte des avantages, mais est-il possible d’optimiser les façons de faire?

La distribution des produits du terroir n’est pas chose simple au Québec

Dès leurs débuts, les producteurs de produits du terroir québécois ont adopté des stratégies d’accueil, d’interprétation et d’animation de la clientèle pour stimuler les ventes sur place en raison d’un contexte difficile de distribution de produits. Nous n’entrerons pas dans la multitude des subtilités qui complexifient la distribution à grande échelle des différentes catégories de produits ou alcools au Québec, mais il en résulte que, à l’heure actuelle, l’accent est mis sur les ventes directes des produits du terroir, lesquelles ont l’avantage de générer des marges beaucoup plus importantes pour les producteurs.

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Une clientèle segmentée, un marketing adapté

Clarifier les différents types de consommateurs en fonction de leur comportement d’achat permet de mieux cibler chaque segment par une approche marketing adaptée.

  • Les «amateurs de lieux de production» se déplacent spécifiquement dans le but de visiter des vignobles et des fermes artisanales. La ligne marketing directrice pour les attirer est de mettre de l’avant les modes de fabrication et les atouts propres du lieu.
  • Les «amateurs du produit» veulent parfaire leur connaissance des vins ou des fromages ou de tout autre produit et ils souhaitent généralement une dégustation gratuite. La qualité du produit sera ici l’élément central pour séduire cette clientèle.
  • Les «amateurs de la région» préfèrent la découverte et l’achat de produit ne constitue pas le moteur de leur visite. En raison de leur méconnaissance des modes de fabrication, ils seront attirés par un marketing axé sur l’apprentissage et l’initiation.
  • Les «amateurs de l’offre touristique» considèrent que les produits du terroir ne sont qu’un élément de séduction parmi d’autres. Il faut donc jouer sur la différenciation pour les attirer, d’abord dans la région, ensuite chez les producteurs.

Quelques stratégies clés

Voici quelques exemples de stratégies concrètes pouvant contribuer au succès d’une entreprise productrice de produits du terroir:

  • Profiter pleinement du contact avec la clientèle existante pour identifier les besoins des consommateurs. Cela peut se faire en conversant avec les visiteurs ou en portant une attention spéciale aux commentaires (livre d’or ou fiches commentaires). Ensuite, il importe d’adapter l’offre de services à ces besoins.
  • Vendre son entreprise par divers moyens: publicité, relations de presse, participation à des événements, etc.; les visiteurs ne viendront pas par magie. La stratégie marketing développée devra être en accord avec les segments de marché identifiés.
  • Se rapprocher des acteurs institutionnels (exemple: ministère de l’Agriculture, des pêcheries et de l’alimentation du Québec) et promotionnels (associations touristiques régionales, offices de tourisme, municipalités régionales de comté, etc.).
  • Devenir le meilleur ami de quelques restaurateurs et hôteliers bien ciblés! Si ces acteurs croient au produit, ils n’hésiteront pas à le servir à leur clientèle, à en vanter les mérites et à les inviter à visiter le lieu de production.
  • Proposer des offres aux voyagistes ou à d’autres organisateurs de circuits organisés (exemple: écoles), que ce soit individuellement ou de concert avec d’autres intervenants touristiques de la région (exemple: circuits thématiques).
  • Jouer la carte du marketing expérientiel. Il s’agit de stimuler les sens du consommateur dans le but de solliciter l’achat. Qui de mieux placé que les entreprises productrices de produits fins pour créer une expérience sensorielle alléchante?
  • Aménager les lieux à visiter et l’espace de vente pour que le consommateur se sente bien et ait envie d’acheter. S’offrir une brève formation de baseen merchandising peut être une stratégie payante!
  • Fidéliser la clientèle par le développement de relations personnalisées. Pour faciliter ce volet: créer une base de données de la clientèle, envoyer des courriels de fidélisation ou créer un événement privé ou réservé aux clients existants.

Et n’oublions pas la qualité de l’expérience, la formation du personnel, une présence dynamique sur Internet et combien d’autres idées novatrices et stimulantes! Il s’agit donc de trouver l’équilibre entre l’objectif du producteur qui développe le tourisme pour vendre ses produits et les clients qui ne viennent pas forcément sur le lieu pour acheter un produit, mais bien pour découvrir la vie du producteur et visiter le site.

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Outre les actions déployées par les producteurs de produits du terroir, l’industrie touristique a également un rôle à jouer dans le succès de cette filière. D’ailleurs, la mise en place d’une vingtaine de circuits thématiques depuis quelques années a grandement favorisé le développement du tourisme dans les fermes, les vignobles, les vergers, les érablières, etc. Par ailleurs, l’organisme Agricotour contribue grandement à la promotion de ces produits. De façon globale, il reste cependant du chemin à parcourir pour développer et consolider leur place dans l’offre touristique.

Bien comprendre les bénéfices d’une stratégie touristique sur les lieux

Intégrer le tourisme au sein des entreprises productrices de produits du terroir est bien plus qu’un moyen de vendre son produit et comporte plusieurs avantages:

  • Une expérience entre le consommateur et le producteur. Ce dernier peut expliquer ses produits, rencontrer ses clients ou des prospects et mieux comprendre leurs attentes et leurs besoins.
  • Une façon d’améliorer ou de développer l’image de marque de l’établissement et d’accroître la notoriété.
  • L’opportunité de lier le produit à son histoire, à la culture locale et de lui donner ainsi davantage de personnalité.
  • La possibilité d’essayer le produit, notamment par la dégustation, représente une forme de marketing direct généralement très appréciée de la clientèle.
  • Un moyen de fidéliser la clientèle et de stimuler le bouche-à-oreille par l’expérience de moments agréables.
  • Une occasion pour l’exploitant d’élargir sa mission à l’éducation et à la sensibilisation des consommateurs aux produits de qualité.

Tirer profit d’un territoire riche

Les richesses du Québec jumelées au travail des exploitants agricoles ont permis le déploiement d’une grande diversité de produits célébrant le terroir québécois. En attendant l’assouplissement des structures monopolistiques comme celle de la Société des alcools du Québec et une réelle reconnaissance de l’importance de la production locale et artisanale par l’État, la vente à la propriété est la solution des entreprises de produits du terroir. Alors, pourquoi ne pas mettre toutes les chances de son côté et tirer le maximum de ce mode de distribution?

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Voir aussi:
L’agrotourisme au Québec: point de mire

Sources:
– Castaing, Yohan. «Œnotourisme. Mettez en valeur votre exploitation viticole», Éditions La Vigne, Dunod, Paris 2007.
– Tourisme Québec. «Agrotourisme: diagnostic sectoriel/plan de développement et de commercialisation», Zins Beauchesne et associés, juin 2006.
– Knowd, Ian. «Tourism as a Mechanism for Farm Survival», Journal of Sustainable Tourism, volume 14, numéro 1, 2006.
– Photos: www.pdphoto.org

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Produits et activités

Urban Dare: la chasse aux trésors version urbaine et techno!

Urban Dare est une compétition où la vivacité d’esprit peut très bien battre la vitesse. Il s’agit d’une course où des équipes de deux personnes parcourent une ville pour compléter une série d’épreuves. Entre le safari-photo, les défis, les questions de connaissances et les énigmes, elles se rendent d’un point de contrôle à un autre. La caméra numérique est essentielle, mais un GPS (système de positionnement par satellite) et un téléphone cellulaire pour appeler un ami branché à Wikipedia ou à Google Maps sont d’autres atouts à avoir dans sa manche. Les courses durent environ trois à quatre heures et les participants parcourent autour de 10 kilomètres, en transport en commun ou à pied (pas de taxi, de vélo ou de voiture).

Urban Dare est donc très attirant pour les offices de tourisme et les commanditaires des villes et plusieurs souhaitent qu’une telle course se tienne chez eux, à l’instar de nombreuses villes des États-Unis.

Quelle belle façon pour une ville de faire découvrir ses trésors, tant à ses résidants qu’à ses touristes.

À quand le tour des villes du Québec?

 

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Source: [www.urbandare.com].

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Ailleurs dans le monde Produits et activités

SuisseMobile: un projet de développement durable et mobilisateur

Les individus deviennent de plus en plus sensibles aux enjeux liés à l’environnement. C’est aussi dans ce contexte que plusieurs organisations, afin de prévenir la détérioration et la pollution de l’environnement, adoptent de bonnes pratiques de développement responsable. C’est notamment le cas en Suisse avec la mise en place d’un intéressant projet mobilisateur qui mérite d’être souligné: SuisseMobile. Ce projet a attiré notre attention parce qu’il regroupe plusieurs types d’activités basées sur des déplacements non motorisés dans une offre globale et intégrée.

Une collaboratrice du réseau de veille s’est rendue dans trois destinations européennes afin de comparer les façons de faire dans le développement et la mise en marché du cyclotourisme et d’étudier certains exemples de succès. Voici une deuxième analyse des meilleures pratiques touristiques observées. (Lire aussi: Meilleures pratiques en cyclotourisme, le cas de la Route du Coeur.)

Description du projet

SuisseMobile est un ambitieux projet visant à rendre accessible une offre globale d’activités axées sur des déplacements non motorisés. L’objectif poursuivit est «d’encourager la mobilité par sa propre force musculaire humaine et ses combinaisons avec les transports publics et privés». Avec ce projet initié en 2000 par la fondation «La Suisse à vélo», le pays compte se positionner comme chef de file mondial des voyages à caractère durable.

Plus précisément, ce sont la randonnée pédestre, le vélo de montagne, le patin à roues alignées, le canoë et le vélo de route qui sont intégrés à SuisseMobile. On privilégie le développement d’une offre de qualité et bien intégrée, composée d’itinéraires nationaux, de forfaits et de hauts lieux pour chaque type d’activités.

Par ailleurs, un important volet de communication et de commercialisation accompagne la démarche. La création d’une signalisation distincte, la connexion aux transports publics et l’installation d’infrastructures de communication s’inscrivent en support au projet. Arrivé depuis peu au stade du déploiement, on s’attend à ce que SuisseMobile soit inauguré officiellement au printemps 2008.

Une mobilisation nationale

L’organisation de SuisseMobile ne se limite pas à l’équipe de «La Suisse à vélo». De nombreux partenaires ont accordé leur appui et leur participation financière. Son comité de direction regroupe six instances responsables, dont l’équipe de «La Suisse à vélo» qui assume le leadership. Voici les autres groupes représentés:

  • les partenaires de la Confédération,
  • l’ensemble des cantons,
  • des organisations nationales de transport,
  • des organisations nationales de tourisme,
  • des organisations nationales de sport.

Une signalisation bien orchestrée

Chaque mode de déplacement possède une signalisation qui lui est propre et un pictogramme distinct qui indique clairement le type d’activité proposé. Les schémas colorés illustrent à la fois le contexte dans lequel est pratiquée l’activité et le genre de mobilité suggéré. Cette signalisation demeurera uniforme dans l’ensemble du pays au sein des itinéraires conçus, de même que dans les endroits identifiés comme des hauts lieux (voir schéma).

Une fois la totalité de son réseau complété, le choix des itinéraires et des hauts lieux devrait se répartir à peu près comme suit:

  • La Suisse à pied: 3 itinéraires nationaux et 40 hauts lieux (5300 km);
  • La Suisse à vélo: 9 itinéraires nationaux, 50 itinéraires régionaux et 20 hauts lieux (7500 km);
  • La Suisse en vélo de montagne: 2 itinéraires nationaux et 15 hauts lieux (2500 km);
  • La Suisse en patins à roues alignées: 1 itinéraire national et 10 hauts lieux (1100 km);
  • La Suisse en canoë: 1 itinéraire national et 10 hauts lieux (400 km).

Critères de sélection pour les itinéraires nationaux

Afin de se doter d’une vision cohérente et d’une offre homogène répondant à des standards de qualité, SuisseMobile a adopté certaines normes d’évaluation. Le choix des itinéraires a notamment été basé sur les critères suivants:

  • La portée nationale. Les circuits sont déployés sur l’ensemble du territoire et doivent combler l’objectif d’augmenter la compétitivité touristique de la Suisse.
  • La diversité des réalisations. Les parcours nationaux doivent viser un large public grâce à des activités comprenant des degrés de difficulté variés.
  • La qualité. Les tracés nationaux doivent présenter des paysages attrayants, rejoindre les attraits qui suscitent le plus d’intérêt, relier les itinéraires et les chemins existants et intégrer les modes de transport déjà présents.
  • La facilité de commercialisation. On doit pouvoir créer des forfaits à partir des itinéraires nationaux; s’ils existent déjà, ces forfaits doivent être intégrés aux activités de commercialisation de l’itinéraire.
  • La présence de services. L’itinéraire doit permettre aux utilisateurs de se restaurer et de se loger, en plus de favoriser un arrimage convivial avec les transports publics.

«MobilCenter» pour communiquer l’offre

La stratégie de communication de SuisseMobile repose sur un concept: le MobilCenter. Il s’agit de rendre accessible l’ensemble du réseau à l’aide d’un site Internet convivial ainsi que par des bornes d’information. Le site Web proposera une navigation sur la base d’une carte nationale et s’affichera dans les quatre langues officielles. C’est en cliquant sur la carte que l’on obtiendra des offres d’itinéraires nationaux, régionaux et de hauts lieux. On mise beaucoup sur le Web afin de courtiser la clientèle internationale.

Le deuxième volet du MobilCenter est l’installation de bornes d’information et de centrales de mobilité. Les bornes d’information seront réparties dans plus de un millier de lieux à travers le pays, notamment les gares, les centres d’information touristique et les principaux points de jonction du trafic urbain. À partir de ces bornes, il sera possible d’organiser un voyage ou une excursion pour l’une des cinq activités ciblées. Les centrales de mobilité offriront quant à elles un niveau plus élevé de services. On y trouvera par exemple de l’information sur les attraits et les manifestations touristiques, un guichet de réservation et de location d’équipement et un stationnement.

Le budget annuel du MobilCenter est évalué à 2,7 millions CAD. Quant à la planification et à la réalisation des bornes d’information, il en coûtera environ 17 millions CAD. On estime que 10% du financement du MobilCenter provient du secteur privé.

Un exemple à suivre

Bien que son déploiement ne soit pas encore complété, plusieurs observateurs entrevoient positivement l’avenir de SuisseMobile. On l’associe déjà à un cas de bonne pratique pour les raisons suivantes:

  • il représente un produit qui se démarque par son développement durable;
  • il innove tout en empruntant un modèle éprouvé, soit celui de «La Suisse à vélo»;
  • il bénéficie d’une grande coopération entre les secteurs public et privé;
  • il utilise des stratégies de communication qui avantagent tous les partenaires et qui favorisent une grande accessibilité;
  • il s’agit d’un modèle facilement exportable dans d’autres pays.

Par cette initiative, la Suisse se donne une vision de développement durable. Elle entend bien sûr tirer profit de ce positionnement afin de maintenir une position compétitive comme destination touristique. Rêvons un peu: à quoi pourrait ressembler un QuébecMobile quatre saisons?

En collaboration avec Amélie Racine

Voir aussi

SuisseMobile
Suisse-a-velo

Sources:
– Racine, Amélie et Mark Schanzleh. «Étude sur le cyclotourisme suisse, allemand et néerlandais», Réseau de veille en tourisme, mars 2006.