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La Nouvelle-Zélande a disparu des cartes du monde

Dans la vidéo, l’humoriste néozélandais Rhys Darby, inquiet de la situation, décide de faire des recherches à ce sujet. La rivalité avec l’Angleterre au rugby et la concurrence avec l’Australie sur le plan touristique ou avec certains pays concernant la viticulture, l’amènent à conclure à une conspiration mondiale. Il fait alors appel à la première ministre dont la participation contribue à transmettre l’image sympathique du pays.

Comme l’explique Stephen England-Hall, directeur général de Tourism New Zealand, cette vidéo à saveur humoristique a pour but d’attirer l’attention et de faire rire. C’est aussi l’occasion de lancer une campagne promotionnelle sur le Web et sur les médias sociaux avec #getNZonthemap.

Source : Youtube, Guardian News

L’autodérision paie, puisqu’une semaine après son lancement, la vidéo a été vue par près de 200 000 personnes sur YouTube et a été partagée plus de 2000 fois sur la page officielle de 100 % Pure New Zealand.

 

Source image à la Une : Youtube, Guardian News

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Heureux comme un Finlandais

L’organisation de gestion de la destination de la Finlande, Visit Finland, saisit une occasion en or de faire valoir les atouts de son territoire et de sa culture. Le pays se classe au sommet de la liste des 156 États analysés sur le plan du bonheur de ses habitants, tel que dévoilé en début d’année 2018 dans le World Happiness Report. Parmi les facteurs considérés dans ce palmarès, mentionnons la liberté de choix, le bien-être, les mesures sociales, la qualité de vie et la générosité.

La recette du bonheur

C’est dans cet esprit que Visit Finland publie sur sa page d’accueil « 6 steps to be happy like a Finn » en révélant quelques ingrédients qu’elle considère comme étant la recette du bonheur des Finlandais. Les voici brièvement :

    1. Suer au sauna sur une base régulière ;
    2. Marcher dans la forêt ;
    3. Nager dans un lac gelé ;
    4. Cueillir des petits fruits ;
    5. Apprécier les changements de luminosité : le soleil de minuit en été, les aurores boréales en hiver ;
    6. Fréquenter les grands espaces.

Heureux comme un Finlandais_bonheur Source : Visit Finland

Visit Finland réussit bien, dans l’ensemble de ses communications, à faire ressortir ses principaux attraits, à promouvoir les éléments distinctifs qui constituent sa marque de commerce, plutôt que d’essayer de tout vendre.

Le Canada obtient la septième place au palmarès du bonheur. D’après vous, quelle est la recette des Canadiens ?

 

Image à la une : Visit Finland

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Ouvrez grand vos oreilles : le marketing par les sons

L’utilisation de l’audio dans les communications marketing est généralement liée au visuel, en soutien le plus souvent. Il est plus facile de montrer des icônes d’une destination pour la promouvoir. Pourtant, les approches multisensorielles génèrent davantage d’émotions et une plus grande connexion avec la marque.

Sortez vos écouteurs ou montez le volume, cette analyse s’écoute autant qu’elle se lit. 

 

Musique et ambiance des États-Unis

L’organisation de promotion des États-Unis, Brand USA, a créé une campagne marketing audio en partenariat avec Expedia Media Solutions. Sounds Travels mise sur le pouvoir des sons pour inspirer et propose des expériences audio 3D immersives qui tentent de traduire le dynamisme et la diversité des États-Unis. La campagne est déployée au Canada, en Australie, au Mexique et au Royaume-Uni.

L’utilisation d’une technologie en trois dimensions permet de présenter un aperçu abstrait de l’expérience, du point de vue d’un individu. Cette visualisation repousse les limites de l’imagination et transporte l’individu à travers des villes américaines ou des expériences, simplement à l’aide d’écouteurs. Les choix d’écoute de l’utilisateur orientent les destinations et les activités qui lui sont suggérées par la suite. Le microsite inclut d’autres types de contenus inspirationnels ainsi qu’un module de réservation.

 Marketing_sons_BrandUSA

Source : Brand USA

Cette campagne s’aligne sur le film IMAX créé par Brand USA, America’s Musical Journey, où le narrateur Morgan Freeman présente l’histoire des États-Unis à travers la musique et les sons.

Les sons de Terre-Neuve-et-Labrador : miroir du territoire

Bien que les images occupent une place importante, le son est la véritable vedette de la stratégie marketing de l’OGD de Terre-Neuve-et-Labrador. Elle repose sur l’idée que les bruits représentent le miroir de leurs paysages et de leur culture. La stratégie se décline en quelques actions :

  • Une vidéo promotionnelle transporte l’auditoire au pays du vent, des vagues s’écrasant sur les rochers, des cornes de brume, du souffle des baleines et des oiseaux marins.

Source : Youtube 

  • Le microsite Sounds from the Edge propose pour sa part une « radio » que l’on peut syntoniser sur quelques fréquences présentant des sons et des images typiques de la destination.

Marketing_sons_NewfoundlandSource : Newfoundland Labrador Canada 

  • L’OGD a établi un partenariat avec Newfoundland Symphony Orchestra et un compositeur local pour créer une symphonie célébrant les sons qui leur sont uniques.

Les bruits de la nature : l’arme de l’Estonie contre le stress

S’attaquer aux méfaits du stress grâce aux sons de la nature, voici l’angle d’une récente campagne de l’OGD Visit Estonia. Le Stress Buster identifie les personnes stressées à l’aide d’une technologie de reconnaissance faciale développée par un professeur de l’université Humboldt de Berlin. Un Estonien les aborde ensuite, armé des sons de la nature et d’une forêt éphémère. Pour une cure plus durable, un voyage en Estonie leur est offert gratuitement. Après ces traitements, il va sans dire que les individus repartent avec le sourire. La campagne se déroule dans quelques grandes villes européennes et s’accompagne d’un microsite.

Source : Youtube

Cet exemple n’est pas sans rappeler le coup d’éclat le voyage virtuel en Irlande de la bière Old Irish en 2016.

La ville en mille et un bruits

Le consortium d’entreprises ferroviaires de transport de passagers Thalys avait fait la promotion de certaines villes desservies (Paris, Amsterdam et Bruxelles) en 2015 à travers les sons. La campagne The Sounds of a City s’est matérialisée par la création de trois panneaux d’affichage où chacun pouvait écouter les bruits traduisant l’ambiance particulière, des airs musicaux populaires ou des discours historiques illustrant chaque ville et ses quartiers. Les panneaux comptaient chacun plus de 1300 éléments d’écoute différents. Les passants n’avaient qu’à brancher des écouteurs pour s’imaginer dans la destination.

Un tableau interactif, ne présentant aucune image, a bel et bien un pouvoir attractif et d’incitation à voyager.

Source : Youtube

Comme les sens du goût ou de l’odorat, l’ouïe fait appel à des émotions ou à des souvenirs de façon moins précise, mais plus intime et personnelle. La réaction peut ainsi s’avérer surprenante, incitant à l’achat subtilement, mais efficacement. De plus, ces émotions se traduisent généralement par une affection particulière envers la marque ou la destination et un plus grand engagement.  

Lire aussi : Comment créer l’identité sonore d’une destination

 

Source de l’image à la Une : Pexels

 

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Ces souvenirs qui vous prennent par les sentiments

En quête d’authenticité et d’expériences, les touristes apprécient toujours plus les souvenirs de voyage porteurs de sens. Les objets fabriqués à la chaîne dans des pays lointains ne correspondent plus aux valeurs de tous les voyageurs. Heureusement, l’offre de produits design, écoresponsables ou créés localement éclate et de nombreuses organisations rivalisent d’originalité pour séduire ces visiteurs.

En plus des nombreuses boutiques et ateliers créatifs proposant ce type d’objets, des OGD, organismes et entreprises touristiques prennent souvent les choses en main et développent des gammes de produits porteuses de leur image de marque et vectrices d’un sentiment d’appartenance tant pour la population locale que pour les visiteurs.

Nostalgie et inspiration pour la moquette de l’aéroport de Portland

En 2013, l’aéroport de Portland en Oregon perdait l’un de ses symboles, sa moquette. Par sentimentalisme, elle a survécu en se déclinant depuis 2015 sous de multiples facettes qui ravissent les nostalgiques et les touristes en quête du souvenir original. T-shirt, bière, chaussures sport Adidas, chaussettes, etc. : le motif du revêtement de plancher iconique ne cesse d’inspirer.

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Source : Made in Oregon

L’attachement que la population locale lui témoigne le rend d’autant plus attractif pour les visiteurs. À l’époque, la disparition imminente de la célèbre moquette a suscité la création par des amateurs d’une page Facebook, de quelques comptes Twitter et Instagram et d’une page Wikipedia.

Conscientisation à la Sépaq

La Sépaq a choisi la firme W Communication pour élaborer des produits dérivés actuels et pour la plupart fabriqués au Québec.

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Source : W Communication et Sépaq 

Fierté et attitude à Brive-la-Gaillarde

La commune de Brive-la-Gaillarde dans le sud-ouest de la France a commencé les travaux sur sa marque de destination en 2004. Reposant sur deux éléments identitaires, l’attitude 100 % gaillarde et les moustaches, elle ne cesse de rayonner, notamment à travers les produits dérivés. La marque « 100 % gaillard » apparait en 2009 et les moustaches en 2010. Le succès des premiers objets promotionnels a mené à l’ouverture d’une boutique en 2014 et les collections se multiplient depuis. On y retrouve des tasses, des manteaux, des casquettes, des chemises, des polos, etc.

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Source : Brive 100 % gaillarde

La stratégie se base sur l’adhésion des résidents qui sont devenus de véritables ambassadeurs de la destination, tout comme les entreprises touristiques de la région qui adoptent les produits dérivés et personnifient l’attitude.

Brive_la_gaillarde_restaurant

Source : Brive 100 % gaillarde

Engagement et appartenance envers les parcs nationaux américains

Aux États-Unis, la National Park Foundation multiplie les partenariats qui, non seulement génèrent des revenus considérables, mais surtout permettent aux visiteurs de garder un bon souvenir de leur passage et aux supporteurs d’afficher leur appartenance. Sa boutique souvenir en est le reflet.

L’entreprise Marine Layer a créé une ligne de t-shirts écoresponsables en collaboration avec la National Park Foundation. Six parcs sont ainsi représentés et les clients peuvent voter pour déterminer quels seront les prochains. Dans le même esprit, Parks Project est un organisme indépendant de promotion, protection et préservation des parcs nationaux. Leur vaste collection de vêtements et d’articles design contribue à financer les projets liés à leur mission.

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Source : Parks Project

Une série d’affiches ont été créées dans le cadre du 100e anniversaire des parcs nationaux en 2016 par la firme Anderson Design Group. Celles-ci ont d’abord été éditées sous la forme d’un élégant livre d’illustration et par la suite d’un livre à colorier. Les imprimés s’adressent tant aux enfants qu’aux adultes pour occuper une journée pluvieuse en séjour dans un parc ou comme un souvenir à personnaliser.

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Source : Anderson Design Group

Faire appel à la production participative (crowdsouring) est une avenue intéressante. Également dans le cadre du 100e anniversaire, le National Park Service a établi un partenariat avec la plateforme sociale et collaborative hitRECord. L’importante communauté d’artistes qui y est associée était invitée à soumettre des projets de design, de vidéos et d’autres créations sur ce thème. Des objets promotionnels attrayants sont issus de cette démarche créative et peu coûteuse pour le service des parcs.

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Source : hitRECord

Toucher le marché affaires par le design montréalais

Le Code souvenir Montréal est une initiative du Bureau du design de la Ville de Montréal pour promouvoir la créativité montréalaise. Il s’agit d’un catalogue d’objets souvenir évocateurs, résultat d’un vaste appel de propositions auprès des designers-producteurs et éditeurs montréalais. Le catalogue facilite les achats corporatifs, notamment pour les congressistes et les cadeaux offerts à l’étranger, et inspire le grand public. Cette vidéo présente l’initiative.

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Source : Design Montréal

Se la jouer cool à Victoria, Colombie-Britannique

Un des volets de la campagne Victoria Beyond Words de Tourism Victoria visant une clientèle jeune s’est articulé autour d’un partenariat avec la boutique locale Baggins Shoes. Des images représentatives de Victoria Beyond Words sont imprimées sur quelques modèles de chaussures Converse. Les entreprises privées pouvaient également participer à la campagne en faisant imprimer à leur tour une image ou un logo sur les chaussures. 


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Source : Baggins Shoes

Cette action avait pour objectif principal de faire parler de la destination dans les médias et les réseaux sociaux et les résultats ont été à la hauteur des attentes. Outre le succès publicitaire, la campagne a stimulé le commerce local, la ligne de chaussures est devenue la meilleure vente du magasin. 


La douce sensation de l’étoffe des draps d’hôtels, version chemise

Quelque 600 clients du programme de fidélisation de la chaîne hôtelière Ibis ont eu droit à une chemise taillée sur mesure dans les draps — neufs — de l’hôtel et livrée à la chambre le lendemain. L’opération éphémère et originale permet de faire rayonner la marque, d’offrir un avantage personnalisé aux fidèles clients et de prolonger l’expérience. Cette initiative ponctuelle pourrait être reconduite.

Jouer sur les sentiments, représenter l’image de marque, ne pas sous-estimer la qualité et l’écoresponsabilité, s’adresser tant à la population qu’aux voyageurs : voici quelques conseils gagnants pour la création d’objets souvenirs qui pourraient contribuer à votre rayonnement !

 

Source de l’image à la une : Source : W Communication et Sépaq

 

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Marketing

Le « storytelling » pour inspirer

Pour illustrer l’esprit de la région des Adirondacks dans l’État de New York, Visit Adirondacks, l’organisme qui en fait la promotion, publie une série de courtes vidéos mettant en vedette des visiteurs et des résidents qui partagent leur passion, leurs expériences.

Célébrer les Adirondacks

Le portail Web Area ADK, un microsite de Visit Adirondacks, rassemble des récits appuyés de photos, des itinéraires et des vidéos célébrant la région. Ce recours au principe du storytelling permet de mettre en valeur la relation des gens avec les Adirondacks, avec ses ressources et ses paysages. Les vidéos, présentées sous forme d’épisodes, transmettent bien la dynamique qui anime le territoire. Elles mettent en vedette des personnes, résidents comme visiteurs, qui ont un attachement à la région et s’avèrent une belle façon de découvrir les Adirondacks, l’ambiance et l’esprit qui y reignent. Voici l’exemple de l’épisode 7 intitulé Farm Fresh From the Adirondacks :

Ces vidéos professionnelles inspirent le visiteur potentiel, tout en créant un lien émotif entre celui-ci et le territoire. Mais l’expérience véritable doit se vivre sur le terrain… On peut d’ailleurs lire sur le site Web présentant ces épisodes que pour ressentir l’effet réel des Adirondacks, il faut s’y rendre.

 

Image à la une : © Adirondack Regional Tourism Council, 2002 – 2018

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De Hipsterville au tourisme social…

À l’occasion de la 26e édition du Nordic Symposium of Tourism and Hospitality Research qui se déroulait à Falun, en Suède, en octobre dernier, une grande variété de sujets et d’enjeux ont été abordés. Le Réseau de veille y était, en voici un aperçu.

Bienvenue à Hipsterville

Jan Henrik Nilsson de l’Université Lund, en Suède, s’intéresse à une forme récente de destinations touristiques : Hipsterville. Il fait bien sûr référence aux quartiers urbains en vogue, souvent en processus d’embourgeoisement, où l’on retrouve un grand nombre de cafés, de microbrasseries, de brocantes, d’espaces dédiés à l’art urbain, de commerces indépendants, ainsi qu’une faune urbaine jeune et branchée. Ces quartiers occupent une place grandissante dans le marketing des destinations.

hipsterville_cafe Source : Unsplash

Les visiteurs cherchent à découvrir des lieux authentiques, fréquentés par la population locale. Ces quartiers, qui vibrent d’une scène culturelle souvent riche et variée, exercent ainsi un fort pouvoir d’attraction pour ces voyageurs.

Ces quartiers exercent ainsi un fort pouvoir d’attraction pour ces voyageurs

Les produits touristiques y sont pour ainsi dire absents. Les gens y vont pour se promener, faire les boutiques, visiter les ateliers d’artistes, fréquenter les cafés, les bars et les restaurants. La diversité et la qualité de l’offre culinaire sont souvent des éléments attractifs à Hipsterville. Les visiteurs s’y rendent aussi pour l’esprit, la mentalité véhiculée par ces quartiers, soit l’aspect :

  • local ;
  • cosmopolite ;
  • branché ;
  • conscientisé aux différents enjeux sociaux et de santé ;
  • sensible à l’environnement.

 

Pour vivre cette ambiance, les circuits à vélo ou simplement la location de vélos sont populaires. Ils offrent une meilleure immersion dans la communauté que la visite en autobus et permettent de découvrir davantage que la promenade à pied. Habituellement, on ne retrouve pas d’hôtels traditionnels dans ces quartiers, mais plutôt une offre d’appartements à louer sur les plateformes en ligne comme Airbnb, des gîtes ou encore de petites auberges de jeunesse.

Selon le chercheur, l’intérêt grandissant pour ces quartiers urbains est propulsé par :

  • le tourisme urbain facilité par les tarifs des compagnies aériennes à bas prix, surtout en Europe ;
  • la croissance du phénomène bleisure, soit la prolongation par les voyageurs d’affaires de leur séjour pour agrément ;
  • les options offertes sur les plateformes comme Airbnb ;
  • les médias sociaux et la mobilité.

 

Enfin, M. Nilsson s’interroge sur la durabilité d’un tel type de tourisme, compte tenu d’une croissance de la fréquentation de ces quartiers par les voyageurs qui pourraient, conséquemment, fragiliser l’écosystème en place. Pour lui, l’étude de ce phénomène suscite des questions intéressantes à propos du tourisme urbain durable.

Une image de marque collective

La professeure Diane Nijs est venue présenter le concept de l’« émergence » ou de la création collective en partageant notamment le cas du positionnement de l’Estonie. Elle explique qu’un expert en image de marque, Peter Kentie, venu des Pays-Bas, a proposé le slogan « Just Estonishing » et toute une déclinaison de qualificatifs incluant « est » qui peut s’en suivre, afin de qualifier les secteurs d’activités phares du pays (voir l’image ci-dessous).

just-estonishing

Source : Estonian World

Cet admirateur de l’Estonie a même offert son concept de branding national gratuitement, et s’est fait insistant en rappelant les principes du marketing territorial, persuadé de la trouvaille marketing qu’il avait faite. Pour s’assurer de l’adhésion de la communauté envers ce concept venu de l’extérieur, un grand quotidien estonien a commandé un sondage qui a confirmé l’approbation de la population. Cette dernière ainsi que l’ensemble de la communauté d’affaires se sont approprié cette approche, comme le démontre la vidéo suivante où l’hôtel Park Inn Radisson met ses employés à l’avant-plan et utilise le concept -est.

Vidéo : YouTube

Les bienfaits du voyage sur l’être humain

Le professeur Nigel Morgan, de l’Université Swansea au Royaume-Uni, a souligné à quel point l’industrie touristique frappe sur le clou de l’apport économique du tourisme pour en justifier l’importance. D’autres secteurs d’activité, comme les loisirs et le sport ont plutôt une tradition liée à la recherche des bienfaits que procure la pratique d’activités physiques sur la santé et donc l’économie en matière de soins de santé. Les bénéfices personnels et sociaux qu’engendre le tourisme sont pourtant nombreux. Pour le voyageur, le tourisme permet de :

  • réduire le stress lié à la routine du quotidien ;
  • contribuer à une bonne santé mentale et physique ;
  • favoriser les interactions sociales ;
  • ouvrir les horizons, acquérir des expériences avec d’autres cultures ;
  • développer son indépendance et sa résilience ;
  • renforcer les liens avec sa famille, ses amis, ses partenaires de voyage.

De plus, M. Morgan ajoute que le tourisme est devenu une composante intégrante au mode de vie actuel ; ceux qui en sont exclus se trouvent en marge de la norme, ce qui contribue de surcroît à leur exclusion.

Il ajoute même que souvent, ceux qui bénéficieraient le plus d’un séjour de vacances sont aussi ceux qui en sont le moins capables financièrement. Le tourisme social, qui permet d’offrir à ces individus et à leur famille un support pour bénéficier de séjours touristiques, s’avère certainement une avenue envisageable si on appuie davantage la recherche sur les bienfaits du tourisme sur la santé.

Des sujets variés et actuels

Le tourisme ratisse large et les sujets qui s’y rattachent sont innombrables. Des chercheurs ont dévoilé leurs projets de recherche sur l’évolution des technologies dans l’industrie touristique, sur les comportements des voyageurs dans un environnement connecté en permanence, ou encore sur les façons dont les DMOs présentent l’offre touristique à une clientèle de plus en plus informée. Le développement de cette connaissance s’avère extrêmement enrichissant pour l’industrie notamment en l’outillant dans sa prise de décision, en favorisant la réflexion et en démystifiant certains phénomènes.

 

Image à la une : Visit Stockholm

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Lorsque la science et la musique s’en mêlent !

De l’ADN en note de musique ?

À l’occasion du centenaire de la Finlande, l’office du tourisme souhaite marquer l’évènement par une nouvelle campagne pour faire rayonner ses forces, ses industries et ses habitants. Bien loin de s’en tenir à une simple liste de caractéristiques, Visit Finland a lancé un appel à tous les citoyens afin de collecter des échantillons d’ADN à travers le pays.

Une fois la collecte et l’analyse de l’ADN réalisées, les génomes ont été convertis en sons avec l’aide de Jonathan Middleton, professeur et compositeur numérique, qui a développé un programme spécialisé pour cette tâche. Il a réussi à extraire différents thèmes musicaux. Ils ont ensuite été confiés au groupe de métal Apocalyptica, qui en a fait une symphonie. Ce choix était presque naturel pour le projet. Ce genre musical est très populaire en Finlande et le groupe sélectionné fait des tournées mondiales depuis plus de 20 ans.

Les extrêmes d’un pays comme image de marque

La composition, The Symphony of Extremes, est mise en valeur par une vidéo conçue pour présenter la Finlande comme une destination captivante et authentique. Une combinaison de séquences numériques et de visuels représente les paysages du pays.

La Finlande est une nation d’extrêmes et de forts contrastes : la température, la nuit polaire, les villes et les grands espaces, la solitude et la liberté. La campagne et la symphonie combinent tout cela dans une histoire de science et d’art. En outre, la musique rassemble les gens et permet d’atteindre de nouveaux publics. Ainsi, Visit Finland amène à un autre niveau le partage des connaissances sur ses habitants, leurs comportements, leurs valeurs et façons de vivre.

Selon vous, avec quel type de musique pourrions-nous faire découvrir l’ADN québécois ?

 

Source de l’image à la une : Unsplash

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Marketing

5 tactiques efficaces de marketing hors ligne

 

Le marketing en ligne occupe toutes les tribunes. Pourtant, les actions hors ligne s’avèrent tout aussi cruciales pour la plupart des petites et moyennes entreprises. L’Adventure Travel Trade Association (ATTA) collige dans un document des astuces marketing hors ligne peu coûteuses. Voici les grandes lignes de ce rapport.

  1. Faire de la communauté un levier

Dans un premier temps, rappelons l’importance de se joindre et de participer aux activités de l’association touristique régionale, aux chambres de commerce de la région et autres regroupements cohérents. En plus de bénéficier de leurs vitrines, les entreprises membres peuvent profiter de ce réseau pour faire connaître leur offre et développer des partenariats.

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Source : Pexel

Mais la communauté ne se limite pas aux autres entreprises. Participer à la vie sociale de la collectivité crée un sentiment d’appartenance de la population envers l’organisation. L’engagement de la communauté envers l’entreprise peut exercer une forte influence sur le bouche-à-oreille et l’image de marque. Voici deux exemples de gestes porteurs :

  • Donner des prix : les écoles, les groupes communautaires cherchent souvent des prix pour des concours ou pour remercier des bénévoles; profitez-en pour offrir un de vos produits ou une réduction sur vos services.
  • Organiser des événements grand public : choisir une thématique cohérente comme une conférence-atelier sur la cuisine en plein air ou encore sur les voyages en famille. Pour une ambiance agréable, il s’avère judicieux d’offrir quelques bouchées et des boissons.

 

  1. Développer une expertise et la partager

Gérer une entreprise dans un secteur niché, en tourisme d’aventure par exemple, permet de développer un savoir-faire et des connaissances basées sur l’expérience. Cette information intéresse les voyageurs d’aventure ou les autres professionnels du milieu :

  • Devenir conférencier : les organisateurs d’événements cherchent des conférenciers et l’indiquent parfois sur le site Web de l’événement.
  • Intervenir en classe : les professeurs en tourisme, au collégial comme à l’université, souhaitent souvent intégrer une conférence d’un intervenant du milieu afin de compléter la théorie par des expériences pratiques avec des gens de terrain. Voilà une excellente façon de faire connaître l’entreprise à une jeune clientèle ainsi qu’à un bassin de main-d’œuvre potentiel.
  • Effectuer une étude et la partager : il peut s’agir d’une enquête auprès de la clientèle ou d’une recherche sur les bonnes pratiques. Le partage des résultats peut être fait lors d’un congrès annuel, d’une foire ou en ligne sur les médias sociaux.

 

  1. Concevoir du matériel imprimé mémorable

Selon la firme Miles Partnership, plus de la moitié des voyageurs américains ont utilisé des médias imprimés (tous types confondus) comme sources d’information pour un séjour touristique en 2016. Mais ces publications doivent sortir du lot pour marquer les esprits et éviter qu’elles ne tombent trop rapidement dans le bac à recyclage.

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Source : ATTA

Les dépliants, les brochures et les prospectus retiendront l’attention s’ils se déploient dans un format original, un design attrayant et proposent un contenu distinctif. Il faut donner envie aux consommateurs de conserver la publication. Aussi, celles-ci doivent être disposées à des endroits propices à la rencontre du marché cible. Par exemple, une entreprise de pêche récréative de la Norvège a installé ses dépliants à la poissonnerie de certaines épiceries grâce à un partenariat avec l’entreprise en alimentation Whole Foods.

 

  1. Établir les bons partenariats

Le choix des partenaires d’affaires est très important puisque ceux-ci peuvent aider à promouvoir votre organisation auprès de sa clientèle. Il peut s’agir d’organisations complémentaires situées dans la même destination avec lesquelles il est possible de développer des forfaits. Des entreprises offrant le même type de produits, mais œuvrant dans des régions différentes peuvent également s’associer pour créer une offre groupée avec rabais, comme le font plusieurs stations de ski, au Québec et ailleurs.

 

  1. Convertir les anciens clients en ambassadeurs

Les clients satisfaits sont les meilleurs ambassadeurs d’une marque. Des entreprises cultivent cet intérêt par des petites attentions comme l’envoi de courrier personnalisé à Noël et à l’anniversaire du client. Certaines entreprises font parvenir des photos du séjour. Un vignoble envoie une bouteille de vin un an après le séjour aux clients qui ont participé aux vendanges. Ce type d’attention crée une impression très favorable, remémore de bons souvenirs et alimente les conversations.  

 Mettre tout ça en ligne pour faire plus de bruit!

Évidemment, les tactiques hors ligne sont encore plus porteuses lorsqu’elles sont jumelées à des actions en ligne qui offrent une immense visibilité, surtout lorsqu’elles sont partagées sur les médias sociaux. C’est notamment le cas des campagnes guérillas, soit celles qui surprennent le consommateur et créent un buzz marketing.

Dans tous les cas, rappelons au moins deux éléments importants à considérer avant de produire une campagne marketing, qu’elle soit en ligne ou hors-ligne :

  • Identifier clairement le marché cible de cette campagne et ses caractéristiques;
  • Formuler l’action souhaitée chez le consommateur avec cette campagne. S’agit-il de l’inciter à consulter le site Web? À réserver un service? À assister à un événement? L’objectif doit être clair pour en mesurer les résultats.

 

Source de l’image à la une : @Teemu Paananen sur Unsplash

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Comment créer une expérience

Il y a 18 ans, les auteurs américains Joseph Pine et James H. Gilmore publiaient un ouvrage qui allait bousculer le marketing : The Experience Economy. Cette approche, testée pendant plusieurs années par des entreprises et des destinations touristiques, a maintenant fait ses preuves. Gregory Guzzo et Jean-Philippe Gold maîtrisent tout à fait ce concept. Ils l’ont chacun mis en application dans leur organisation respective, soit l’Office du tourisme de Val Thorens et le Comité régional de tourisme Hauts de France. Devenus des experts en la matière, ils ont obtenu l’accréditation des auteurs susmentionnés leur permettant d’offrir des formations sur le design d’expérience.

C’est à ce titre que la Chaire de tourisme Transat de l’ESG UQAM les recevait, le 8 novembre dernier, afin de permettre à des organisations québécoises de mieux cerner le design d’expérience. Voici un aperçu de cette rencontre.

L’évolution vers l’expérience

L’émotion, l’authenticité, la surprise, des employés heureux et engagés, la personnalisation, un client transformé, ces termes reviennent continuellement dans le langage associé à celui de l’expérience client. Pour bien comprendre le concept, les formateurs proposent de revenir à la base en démystifiant le modèle de la progression de la valeur économique.

progression-valeur-economique-experience

Pour illustrer simplement cette progression, ils utilisent l’exemple du café. En se référant à l’image ci-dessus, la matière première est formée des grains de café. Le stade du produit se traduit par le paquet de café que l’on peut se procurer à l’épicerie. Prendre un café dans un établissement comme un bar ou un restaurant représente l’étape du service. Cette action s’inscrit comme expérience lorsqu’elle permet de faire vivre un instant mémorable grâce à l’ambiance, à la qualité de l’interaction avec le personnel, à l’esthétisme du lieu et à la thématique globale de l’endroit, comme le véhicule la marque Starbuck. Alors, le client est prêt à débourser plus pour obtenir cette expérience.

Un exemple concret en tourisme

Dans le cadre d’un exercice, les participants à la formation devaient illustrer un cas concret issu de l’industrie touristique. Voici celui d’un attrait touristique situé en Abitibi-Témiscamingue présenté par la directrice de l’association touristique régionale, Randa Napky. Le Refuge Pageau accueille et soigne des animaux sauvages blessés dans la région avant de les remettre en liberté. Le refuge est ouvert aux visiteurs.

En appliquant au Refuge Pageau le même modèle que celui du café, cela permet de se recentrer sur l’essence même de l’activité. D’abord, la faune de la région, plus particulièrement les animaux blessés, constitue la ressource première du Refuge Pageau. Le produit est le refuge qui rassemble ces animaux en un seul lieu. Le service se traduit par le tour guidé, ou non, de l’endroit, à travers lequel le visiteur découvre les animaux et peut lire les informations sur les panneaux installés le long du parcours. Le fondateur de ce lieu, Michel Pageau, a longtemps représenté le point culminant de l’expérience au Refuge. Ce personnage unique, son charisme, les histoires sur chacun des animaux blessés, la relation particulière qu’il entretenait avec les animaux (l’homme qui parle avec les loups) a fait la popularité de cet endroit et constitué l’expérience client et l’élément mémorable de la visite.

Une expérience réussie 

À la suite de son décès, en octobre 2016, le Refuge a dû revoir la façon de livrer l’expérience. C’est ainsi qu’une activité unique a été développée. Les visiteurs qui le souhaitent peuvent rencontrer les animaux, sous les conseils et la supervision du personnel. Ils peuvent ainsi les approcher, les flatter, les prendre dans leur bras dans certains cas. Le tout doit être fait dans le plus grand respect. Pendant ce temps, les employés relatent l’histoire et l’évolution de ces animaux, offrant ainsi un contact privilégié entre l’animal et le visiteur. Ce dernier peut donc approcher la moufette ou flatter le loup, malgré les risques que cela représente puisqu’il s’agit bien d’animaux sauvages. Mais les rencontres se font sous la bienveillance des employés qui savent comment s’y prendre. Cet échange ne laisse personne indifférent. La plupart des clients sont émus et perçoivent la faune et leur relation avec celle-ci d’un œil différent à la suite de leur visite.

Voilà un exemple type d’expérience. Les émotions, les relations, les histoires, les intentions sincères (authenticité), la transformation de l’individu grâce à cette visite, la mémorabilité de cette activité, puis le bouche-à-oreille qu’elle suscite sont tous des éléments qui contribuent à en créer une expérience. Cette dernière constitue en elle seule le marketing de l’établissement puisque comme le précisent messieurs Guzzo et Gold, l’expérience est le marketing!

Comment concevoir une expérience

Lorsqu’on entame une réflexion sur la création d’une expérience, il s’avère utile de se poser deux questions :

  1. Quelle personne votre client souhaite-t-il devenir ou quel est son besoin transformationnel ?
  2. Comment mon organisation peut-elle l’aider à y arriver?    

Les réponses orienteront la conception de l’expérience. Pour ce faire, les formateurs ont présenté des outils qui permettent de mieux cerner l’offre et d’identifier ce qui manque pour en faire une expérience. Voici la liste des cinq principes de conception d’une expérience :

  • Attribuer un thème à l’expérience : trouver un fil conducteur qui donnera une pertinence à l’ensemble de l’expérience (ex. : faune régionale, bien-être, connexion avec la nature, etc.).
  • Harmoniser les impressions : identifier le besoin du client, ce qu’il veut devenir, et nommer cinq à huit impressions que l’on souhaite laisser en ce qui a trait à ce besoin (ex. : transformation personnelle, évasion, connexion avec les proches, etc.).
  • Éliminer les aspects négatifs : quels éléments peuvent atténuer la qualité du parcours client (ex. : musique trop forte au restaurant, attente longue à tel point de contact, etc.).
  • Solliciter agréablement les cinq sens : identifier chaque élément sensoriel du parcours client pour en assurer la qualité. Attention à l’odorat. Il s’agit d’un important vecteur de souvenirs qui peut aussi s’avérer un ennemi si l’odeur est mauvaise.
  • Identifier le ou les moments « signature », ceux qui resteront gravés à l’esprit.

Développer une culture de l’expérience

Messieurs Guzzo et Gold l’ont répété à plusieurs reprises, les employés doivent être partie prenante de ce processus. Ce sont eux qui livrent l’expérience. La joie de vivre et les impressions positives passeront par le contact avec les employés. Ceux-ci doivent être considérés comme des collaborateurs. Il faut leur donner les moyens d’être créatifs pour susciter la surprise, créer des moments magiques, des moments « signature ». Développer ce réflexe exige du temps. Mais il faut entamer le processus pour basculer vers une culture de l’expérience et devenir des metteurs en scène de notre destination.

Image à la une : © Chaire de tourisme Transat

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Comment réduire les effets de la saisonnalité

À l’occasion de la conférence intitulée The Future of Winter Tourism, qui s’est déroulée à Rovaniemi, dans la Laponie finlandaise, M. Antti Honkanen de l’University of Lapland a présenté son étude sur la saisonnalité. En voici un aperçu, suivi de la situation au Québec ainsi que de quelques astuces pour atténuer les effets de la saisonnalité pour les entreprises touristiques.

Les hauts et les bas de la saisonnalité

La saisonnalité, cette fluctuation des flux touristiques qui correspond à une ou des saisons, est habituellement cyclique. Comme l’indique le chercheur Antti Honkanen, il existe deux grandes familles de causes de la saisonnalité en tourisme : les facteurs climatiques et institutionnels. Dans le premier cas, on parle de causes associées à la nature, soit les saisons, le climat. La seconde cause est plutôt le résultat de décisions humaines comme le calendrier scolaire et les jours fériés.

On observe plusieurs conséquences négatives à la saisonnalité dans le secteur touristique, dont :

  • La sous-utilisation des infrastructures d’accueil en période creuse;
  • La congestion routière et les files d’attente en saison haute;
  • Les difficultés de recrutement vu l’irrégularité des emplois;
  • La qualité du service ou du produit mis en péril.

Après la haute saison, le ralentissement permet néanmoins un moment de récupération pour la communauté et les travailleurs, mais aussi pour la nature et les sites touristiques.

Certaines destinations voient leurs flux touristiques s’organiser principalement autour d’une ou deux périodes dans l’année. Le cas illustré par M. Honkanen, celui de Rovaniemi, implique deux périodes d’achalandage : de décembre à mars puis de juin à août. L’image ci-dessous illustre l’évolution de la situation de 1995 (courbe verte) à 2016 (courbe bleue). On remarque qu’en 1995, la destination enregistrait un seul sommet de fréquentation, soit en été. La situation est tout autre aujourd’hui avec des pointes hivernales qui dépassent celles des mois d’été. La destination s’est beaucoup développée au cours des dernières années en misant notamment sur le tourisme hivernal.

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Source : Antti Honkanen

Le Québec : une destination estivale?

La fréquentation touristique du Québec en 2014 — données disponibles les plus récentes — se décline de la façon suivante :

  • plus du tiers (35 %) des visites se déroulent durant les mois de juillet, août et septembre (3e trimestre);
  • le quart (25 %) se produisent d’octobre à décembre (4e trimestre);
  • un peu moins du quart (23 %) se déroulent au printemps, d’avril à juin (2e trimestre;
  • quelque 17 % des visites ont lieu de janvier à mars (1er trimestre).

On constate qu’au fil des années, la saisonnalité au Québec s’est atténuée. Entre 2000 et 2014, la part des visites concentrées au 3e trimestre (juillet, août et septembre) a baissé de six points de pourcentage au bénéfice des 1er et 4e trimestres (voir les graphiques 2 et 3).

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frequentation-touristique-quebec-saisons-2014

Une saisonnalité plus prononcée parmi les voyageurs hors Québec

Le graphique 4 indique que les voyageurs venant d’outre-mer se déplacent particulièrement plus que les autres au printemps et à l’été – 2e et 3e trimestres – au Québec (72 %).

Seulement 12 % des visites provenant d’autres pays que le Canada et les États-Unis se déroulent de janvier à mars

Ce graphique démontre aussi à quel point la saison hivernale occupe une faible part de la fréquentation touristique au Québec. Seulement 12 % des visites provenant d’autres pays que le Canada et les États-Unis se déroulent de janvier à mars.

visites-touristiques-provenance-saisons

Des astuces pour attirer des touristes hors saison

Pour modifier la forme d’une courbe de fréquentation, des efforts importants doivent être faits pour développer l’offre et la promouvoir. Mais la spécialiste en marketing touristique, Paige Rowett, propose quelques astuces marketing aux entreprises qui souhaitent prolonger leurs opérations afin de réduire certains effets négatifs liés à la saisonnalité. En voici quelques-unes.

Créer des forfaits d’expériences uniques

  • Forfaitiser un circuit ou un ensemble de services touristiques pour attirer les voyageurs en période de basse fréquentation.
  • L’ajout de composantes exclusives qui ne sont pas offertes durant la haute saison devient certainement une plus-value et incite à l’achat.
  • Il s’agit d’une astuce particulièrement intéressante pour le secteur de l’hébergement qui peut s’allier à des entreprises qui proposent des produits saisonniers.

Solliciter les résidents et les clients fidèles avec des rabais 

  • La population locale contribue à l’expérience touristique; la basse saison devient un moment privilégié pour leur offrir une certaine marque de reconnaissance.
  • La fidélisation de la clientèle peut être renforcée par des offres exclusives à tarif réduit durant les périodes creuses.

Utiliser les événements qui se déroulent hors-saison comme levier 

  • Les entreprises de la région ont tout intérêt à promouvoir les événements et à partager sur leurs comptes de médias sociaux des publications liées à ceux-ci en utilisant les mots clés associés.
  • Assurer une présence aux événements, soit comme commanditaire, comme partenaire ou en déployant un kiosque, par exemple.

Considérer le marché des réunions et des voyages de motivation 

  • Ce marché est actif toute l’année; les revenus qui y sont associés sont souvent très intéressants puisque les voyageurs d’affaires dépensent davantage que les touristes d’agrément. Ils sont aussi de plus en plus portés à prolonger leur séjour pour profiter des attraits locaux.
  • Les salles de réunions dans les hôtels, les restaurants, les musées et les exploitants touristiques divers peuvent y trouver leur compte en s’associant aux activités pré et post-conférence.
  • Les groupes de motivation ont tendance à se tourner vers des expériences sur-mesure, authentiques et uniques, ouvrant la porte à des options offertes par de petites entreprises.

Le défi des ressources humaines

Dans la foulée des actions mises de l’avant avec la stratégie de mise en valeur du tourisme hivernal du ministère du Tourisme, la courbe de saisonnalité sera certainement appelée à évoluer différemment prochainement. L’évolution de la destination Rovaniemi, dans le nord de la Finlande, démontre que des initiatives en ce sens peuvent porter fruit. Néanmoins, les difficultés de recrutement demeurent un frein à l’étalement des saisons touristiques en dehors des congés scolaires. La rareté des ressources humaines est déjà un enjeu bien présent durant la saison estivale alors que le principal bassin de main-d’œuvre est disponible à l’emploi. Il faudra faire preuve d’innovation et se tourner vers des marchés non conventionnels pour continuer à livrer des expériences de qualité.

Image à la une :Bucketlistly Photos