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Les cimetières: un patrimoine religieux et un héritage socioculturel à préserver et à valoriser

Les cimetières représentent un héritage religieux, historique, artistique et social. Leur visite permet de jouir d’une meilleure compréhension de l’histoire et des traditions des communautés locales. Ces nécropoles, témoins d’un patrimoine culturel et identitaire, se modernisent, se diversifient et innovent pour accueillir des visiteurs aux comportements hétéroclites. Réaménagements, interprétation historique et adaptation technologique sont autant de projets qui animent les cimetières à travers le monde.

Pourquoi visiter des cimetières?

Source: The Dark Tourism Forum (cemetery tourism)

Les cimetières, gardiens de la richesse d’une mémoire collective, attirent les gens pour plusieurs raisons:

Ils ont une fonction sociale, dans la mesure où ils représentent des lieux de rassemblement et de recueillement pour les vivants. Autrefois visités lors de promenades familiales, ils demeurent de nos jours des endroits de souvenirs où les vivants inscrivent la mémoire de leurs défunts. Cela leur permet de les visiter et de se recueillir sur leur tombe.

Certains visiteurs sont attirés par le calme et la sérénité qui règnent dans ces lieux. Hors de l’espace et du temps, ils sont des endroits propices au repos et à la réflexion.

La beauté de ces musées à ciel ouvert séduit les visiteurs. Cet esthétisme se reflète dans l’architecture des lieux (chapelles funéraires, mausolées, aménagement des allées), leur aménagement paysager (environnement naturel, végétation) ainsi que leur art funéraire (sculptures, monuments, ornements, stèles). Ces richesses sont parfois de véritables œuvres d’art qui donnent à chaque cimetière un caractère particulier.

Source: Art funéraire du Cimetière Recoleta (Buenos Aires)

La célébrité des défunts attire des admirateurs voulant leur rendre un dernier hommage et s’imprégner de leur aura. Les cimetières du Père-Lachaise à Paris ou La Recoleta à Buenos Aires bénéficient d’une renommée internationale, entre autres grâce à la notoriété des défunts qui y ont trouvé leur dernier repos.

Pour augmenter leur attractivité, les cimetières doivent remplir certains critères:

L’interprétation du patrimoine des lieux est essentielle, car elle enrichit la visite. Le cimetière du Père-Lachaise, par exemple, accueille chaque année environ deux millions de visiteurs. Deux de ses conteurs prodigieux sont devenus de vraies icônes du cimetière. Thierry Le Roi, nécro-romantique comme il se plaît à se définir, y offre d’incontournables visites-spectacles qui mettent en valeur l’aménagement, les monuments, les célébrités et l’art funéraire du cimetière. Bertrand Beyern, lui, parle de «Safaris nécropolitains» qu’il organise autour de thématiques variées.

Bien entendu, l’interprétation ne se limite pas aux visites guidées; elle peut également inclure de la documentation ou la création de musées. Par exemple, l’Écomusée de l’Au-Delà, organisme à but non lucratif fondé à Montréal, œuvre pour sensibiliser les citoyens et les autorités à la sauvegarde, la conservation, la restauration et la connaissance des cimetières.

Si la proximité des transports publics facilite et favorise l’accès aux cimetières, l’éloignement de ceux-ci les désavantage, les visiteurs privilégiant les sites qui leur sont accessibles plus facilement.

Des traditions et des initiatives qui se démarquent

Certains cimetières se distinguent par l’originalité des activités qu’ils proposent, d’autres séduisent par l’héritage traditionnel qu’ils continuent de célébrer, d’autres encore s’allient et font front ensemble.

À titre d’exemple, le cimetière de Nashville aux États-Unis organise des visites historiques, Living history tours, animées par des guides costumés en personnages d’antan. Premiers colons, soldats, maires, artistes et autres citoyens éminents ainsi que des gens ordinaires de toutes les époques jouent la visite-spectacle.

Source: Visite guidée du cimetière de Nashville

Au Mexique, et plus particulièrement dans la région d’Oaxaca, la visite des cimetières prend tout son sens lors de la célébration de la Fête des morts, un véritable festival se tenant la dernière semaine d’octobre. Les entrées des maisons, des hôtels, des restaurants et des boutiques sont décorées de fleurs et d’offrandes. Des autels y sont érigés et l’encens embaume l’air.

Source: Veillée dans un cimetière de Oaxaca pour la célébration de la fête des morts

Une veillée est organisée dans les cimetières, et les étrangers sont les bienvenus pour assister à ce recueillement commémoratif où seuls les chants funèbres animent le silence de la nuit. Ces festivités sont très prisées par les touristes qui veulent prendre part à des coutumes authentiques et pittoresques.

Le cimetière Evergreens dans l’État de New York propose des visites guidées sous des thématiques très variées allant des tours militaires de la guerre de sécession à des visites d’observation des oiseaux, surtout pendant les périodes migratoires.

En Europe, la Route des Cimetières, soutenue par l’Association des cimetières significatifs d’Europe (ACSE), a reçu en mai 2010 la mention «Itinéraire culturel du Conseil de l’Europe». Cet itinéraire a pour objectif de promouvoir la valeur patrimoniale des nécropoles européennes. Plus d’une quinzaine de pays participent à cette initiative.

Si les cimetières évoquent le passé, leur gestion est moderne: place à la technologie

Au Québec, nos cimetières font aussi leur chemin. Agrandissements, réaménagements, fouilles archéologiques et interprétation historique sont des défis permanents.

Le parc-cimetière Saint-Matthew dans la ville de Québec a rouvert ses portes récemment après qu’un chantier de modernisation lui ait permis de prendre un virage technologique. Depuis peu, la nécropole propose un circuit guidé sur iPod et iPhone. L’itinéraire dure environ 40 minutes et est agrémenté d’ambiance sonore, de documents d’archives et de photographies pour mieux comprendre l’histoire du cimetière et de ses locataires.

Source: La technologie au service de  visites de cimetières

En Israël, la Hevra Kaddisha (l’assemblée sainte faisant office de pompes funèbres) a aussi investi dans les nouvelles technologies. Un service SMS permet aux visiteurs d’envoyer un message comportant le nom du défunt à un numéro particulier, et ils reçoivent en réponse un texte indiquant le chemin pour se rendre au tombeau désiré. Bientôt, un assistant personnel (PAD) sera mis à la disposition des visiteurs pour les mener directement à la pierre tombale souhaitée tout en leur permettant, en cours de route, de voir des photos du défunt, de lire sa biographie et d’accéder à des prières. Plus tard, des services auxiliaires seront ajoutés, comme l’abonnement aux services de maintenance des tombes. Ces services sauront-ils interpeller les fervents admirateurs de certains défunts?

À Montréal, le cimetière Notre-Dame-des-Neiges propose un dispositif appelé «Le Médaillon de la mémoire». Il se fixe sur un monument, une crypte ou une niche et permet de visualiser une photographie et une biographie du défunt grâce à un lecteur portatif.

Source: Cimetière Notre Dame des Neiges

Bien que les cimetières soient des espaces dédiés aux morts, ils parlent également aux vivants. Les considérer uniquement comme un lieu commémoratif serait nier une grande partie de leur richesse. La compréhension de leur patrimoine présente une véritable occasion de contribuer à valoriser et à faire connaître la mémoire collective.

Sources

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Consécration des saints et popularité des sanctuaires

Peut-on dire que la canonisation du Frère André, prévue le 17 octobre 2010, aura un impact important sur l’oratoire Saint-Joseph, lieu de repos du Bienheureux? Cela aura-t-il une incidence sur le tourisme religieux montréalais? Peut-on avancer que la renommée d’un sanctuaire dépend de la consécration des saints qui le représentent?

Examinons comment la médiatisation et le marketing religieux entourant le Padre Pio ont été déterminants dans le développement de la basilique de San Giovanni Rotondo. Recueillons par le fait même quelques idées d’articles commémoratifs liés à la canonisation du père Damien, qui a eu lieu en octobre 2009.

La médiatisation de Padre Pio a favorisé la propagation du culte et la popularité du sanctuaire


La basilique de Padre Pio (Pio da Pietrelcina), moine capucin canonisé en 2002, mystique connu pour sa dévotion à Dieu, pour les soins qu’il prodiguait aux malades et pour ses dons surnaturels, est le deuxième sanctuaire catholique le plus visité au monde. Dans un rapport paru en 1999, l’évêque Francesco Giogia, à titre de secrétaire du Conseil Pontifical pour la Pastorale des Migrants et des Personnes en Déplacement, estimait que le sanctuaire de San Giovanni Rotondo accueillait entre six et sept millions de visiteurs par an. Depuis l’exhumation du corps de Padre Pio, huit à neuf millions de visiteurs s’y rendraient annuellement.

Grâce à la popularité du culte de Padre Pio, le village de San Giovanni Rotondo, peuplé d’environ 27 000 âmes, a connu une phase de développement touristique importante. Plus de 50 nouveaux hôtels ont été construits pour recevoir la foule croissante de visiteurs qui s’y pressent depuis l’an 2000. La basilique peut accueillir 6 500 personnes dans son enceinte et 30 000 personnes debout sur la place en face de l’édifice.

La force médiatique et le rassemblement des fidèles autour du Padre Pio de son vivant ont beaucoup contribué à la propagation de son culte et à la popularité du sanctuaire. Voici quelques facteurs attribués au succès de la médiatisation du culte de Padre Pio:

  • Les diverses publications de la basilique de San Giovanni, des Capucins et des groupes de prière ont aussi grandement contribué à la propagation du culte Pio. Plus de 2 000 groupes de prière constitués en Italie ont pour règle de visiter le sanctuaire deux ou trois fois par an.
  • Les expressions physiques de la foi de Padre Pio telles que les stigmates, la bilocation, la clairvoyance, la prescience et la lévitation ont été largement médiatisées, encourageant ainsi ses dévots à vouloir établir le plus de contacts physiques possible avec lui.
  • En 2000, les Capucins ont dédié une station de radio exclusivement au Padre Pio: La Voce di Padre Pio.
  • Deux grands films portant sur le Padre Pio ont été diffusés sur les réseaux de télévision les plus importants en Italie. L’un des films a enregistré des cotes d’écoute de 42% la première soirée et de 50% la deuxième.
  • L’association à d’autres cultes. Depuis sa béatification en 1999, l’image de Padre Pio a été renforcée à travers des objets de dévotion placés dans d’autres lieux de culte populaires tels que ceux d’Assise ou de Maria Goretti ou même en France, à la chapelle Notre-Dame-de-la-médaille-miraculeuse.
  • Un contexte favorable. L’expansion du culte Pio a également été assistée par le pape Jean-Paul II lors d’une manœuvre stratégique visant à marginaliser les mouvements fondamentalistes de l’Église, afin d’offrir au culte Pio une existence plus «normale» et officielle.

Un bon marketing religieux, mais aussi un contexte propice

En plus de la grande visibilité accordée au Padre Pio, l’une des plus grandes forces du développement de son culte a été son interaction directe avec ses fidèles. Ce n’était pas un personnage surgissant d’un passé lointain, mais un contemporain dont le public avait entendu parler à la radio, à la télévision et dans la presse écrite.

Le phénomène du Padre Pio a également été amplifié grâce à la position particulière de la religion en Italie et aux différentes façons de considérer le «sacré» dans cette société. Bien que la participation aux célébrations de l’église institutionnelle ait diminué, la religiosité traditionnelle et les dévotions populaires ont survécu.

La canonisation, moment de vérité et de visibilité

La canonisation permet l’évocation historique et la mise en valeur de l’œuvre religieuse et humaine léguée par les nouveaux saints. C’est aussi l’occasion de voir émerger plusieurs initiatives de célébrations autour de ces Bienheureux.

Ainsi, lors de la canonisation du père Damien, le saint patron des lépreux, en octobre 2009, la Monnaie royale de Belgique a frappé une médaille commémorative de 20 euros, dont le tirage était limité à 15 000 exemplaires. La pièce, présentée dans un bel emballage illustré, se vendait 49 euros. Rappelons qu’une pièce avait déjà été frappée lors de sa béatification et une autre pour son plébiscite en 2005, en tant que plus grand Belge.

Plusieurs cérémonies ont eu lieu pour marquer l’événement, à commencer par des veillées de prière. Le jour même de la canonisation, une célébration eucharistique en plein air a été retransmise en direct sur grand écran dans le village de naissance du père Damien. L’inauguration d’une statue au musée Damien, un spectacle son et lumière, une marche silencieuse, une fête populaire et un feu d’artifice ont clos les festivités.

Une série limitée de timbres-poste représentant le père Damien a également été produite pour célébrer la canonisation du Bienheureux. Des forfaits de voyage ont été mis en marché pour permettre aux intéressés d’assister à la canonisation du père Damien à Rome.

Le couple royal, le premier ministre et plusieurs membres du gouvernement ont également participé à la cérémonie.

Bien que l’impact de la canonisation d’un nouveau saint sur la popularité du lieu religieux qui le représente soit statistiquement difficile à établir, il n’en demeure pas moins qu’on peut en tirer certaines leçons:

  • Le marketing religieux joue un rôle fondamental dans la médiatisation des saints et de leurs cultes. Outre San Giovanni de Rotondo, le site de Notre-Dame de Lourdes en a également bénéficié lorsque les Augustins de l’Assomption, un ordre religieux basé à Paris, ont fait du site leur lieu de pèlerinage national. Grâce au chemin de fer et à la presse catholique populaire, les Assomptionnistes ont transformé Lourdes en un site de pèlerinage de masse.
  • Notons que la popularité d’un site religieux dépend également de la qualité de ses infrastructures (entretien du bâtiment, espaces verts, salles de prière, etc.) ainsi que de l’expérience de visite qu’il offre (accueil, cafétéria, boutique, hébergement, transport, etc.).
  • Il y a tout à gagner à ce que les résidents locaux s’approprient leur saint et sa personnalité religieuse. C’est le cas du Padre Pio, très populaire auprès des Italiens eux-mêmes. C’est aussi le cas de Nuestra Señora de Guadalupe, à Mexico City, le sanctuaire catholique le plus visité au monde, endroit d’une grande importance pour les Mexicains.

Pour faciliter cette appropriation, l’Oratoire Saint-Joseph a lancé de nouveaux articles promotionnels à l’effigie du frère André et organise un voyage en destination de Rome auquel pourront participer les fidèles pour assister à la cérémonie de canonisation.

La ferveur religieuse est plus faible au Québec que dans d’autres pays et pour toucher la population d’ici, il est peut-être plus judicieux de rappeler l’humanité, la grandeur d’âme et l’identité francophone du Bienheureux André.

Sources:

– Baedeker, Rob. «World’s Most Visited Religious Destinations. Religious Travel Is One of the Biggest Forms of Tourism in the World», Forbes traveler, 12 avril 2009.

– Eternal Word Television Network. «Shrine of Guadalupe Most Popular in World», 13 juin 1999.

– Forment, D. «Sur les ailes d’Air André», Les Affaires, du 29 mai au 4 juin 2010. p.5.

– Le Journal de Montréal. «Canonisation du Frère André une affaire payante», 22 mars 2010.

– Louise, Leduc. «Le frère André sera canonisé le 17 octobre», Cyberpresse, 19 février 2010.

– Margry, Jan. «Merchandising and Sancticity: The Invasive Cult of Padre Pio», Journal of Modern Italian Studies, 11 mars 2010.

– Pastoralia, Archidiocèse de Malines-Bruxelles, «Canonisation du Père Damien», 11 octobre 2009.

– Razaq, Raj. Nigel et D. Morphet. «Religious Tourism and Pilgrimage Management: An International Perspective», août 2007.

– RTBF. «Le Père Damien a été proclamé saint par le pape Benoît XVI», 11 octobre 2009.

– Sacred destinations, «Shrine of Padre Pio, San Giovanni Rotondo», consulté le 30 avril 2010.

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Ailleurs dans le monde Produits et activités Tendances

Nouvelles tendances et pratiques pour le tourisme catholique

Au-delà du pèlerinage traditionnel, le tourisme religieux moderne se décline sous plusieurs formes. Ainsi, de nouvelles expériences touristiques voient le jour pour satisfaire des voyageurs aux motivations diverses, qu’ils soient de fervents croyants ou simplement des passionnés d’architecture ou d’art religieux qui visitent des cathédrales. Dans cette mouvance, qu’en est-il de l’évolution du tourisme catholique? Quelles nouvelles pratiques voit-on émerger et quelles expériences touristiques propose-t-on pour les faciliter?

L’espace physique religieux

Historiquement, les protestants ont rejeté l’idée que certains lieux étaient sacrés et d’autres profanes. Cela a permis au tourisme religieux protestant d’innover constamment en matière de développement d’expériences et de nouvelles pratiques. La notion voulant que Dieu est omniprésent élargit l’espace religieux physique et ne le confine plus dans des endroits sacrés tels que les églises ou des «terres saintes».

Aujourd’hui, ces mêmes pratiques protestantes qui se sont développées au fil du temps servent d’options modernes pour le voyage religieux catholique et orthodoxe.

De nouvelles pratiques et un nouveau genre de sites religieux

Bien que l’image du pèlerin parcourant de longues distances dans des conditions rudimentaires ne soit plus d’actualité, les touristes religieux d’aujourd’hui continuent de visiter des sanctuaires, de se nourrir de la force des lieux sacrés et de rechercher des expériences qui les lient au divin.

Ce sentiment de rapprochement peut être vécu sous diverses formes:

Contemplation de l’art architectural. Lors d’un voyage, plusieurs touristes visitent des sites religieux pour en apprécier la beauté esthétique et architecturale, et non seulement par dévotion religieuse. On peut dire que cet important volet du tourisme religieux est surtout répandu en Europe, terre des églises médiévales, dont le raffinement et le patrimoine architectural charment les amoureux de la pierre.

Développement de parcs thématiques (Themed environments ou Christian theme sites). Certains sites, sous forme de parcs d’attractions, reproduisent des scènes bibliques et transportent les visiteurs hors du temps. Citons notamment The Holy Land Experience à Orlando et Nazareth Village en Israël. Ces attractions religieuses de tradition protestante sont également développées pour d’autres religions. Tierra Santa en Argentine non loin de la capitale Buenos Aires,  en est un exemple.

Conférences et congrès. Les gens assistent à des rassemblements et à des colloques religieux pour plusieurs motifs: célébration de cérémonies, accomplissement de rituels, apprentissage ou simplement communion avec ses semblables. Le rassemblement pour la Journée mondiale de la jeunesse (JMJ), célébrée dans chaque diocèse le dimanche des Rameaux, en est un bel exemple. En 2011, c’est Madrid qui recevra les célébrations de la JMJ, pour lesquelles plus d’un million et demi de jeunes sont attendus.

En avril dernier, plus de 100 000 participants étaient attendus à la Latter-day Saints (LDS) General Conference à Salt Lake City.  Cette conférence traduite en 92 langues se tient deux fois par année, en octobre et en avril. Elle est aussi filmée et diffusée à travers plusieurs médias.

Le volontourisme religieux. On distingue le bénévolat sur des sites chrétiens de la participation à des projets d’aide humanitaire. Par exemple, la préservation de la Tombe du jardin (Garden Tomb), site où Joseph d’Arimathie aurait enterré Jésus après sa crucifixion, repose presque exclusivement sur la charité et le dévouement de bénévoles chrétiens qui viennent travailler sur le site. L’aide humanitaire, en revanche, se caractérise par des missions de courte durée souvent réalisées par des congrégations des pays développés. Elles sont destinées à aider les nécessiteux dans les pays en voie de développement; les activités visent à améliorer la vie de la communauté d’accueil. Il existe aussi des missions de courte durée destinées à exprimer sa solidarité à des communautés chrétiennes minoritaires.

Des spectacles religieux. Certaines représentations dramatiques de la Passion du Christ sont des attractions touristiques très populaires. C’est entre autres le cas de The Oberammergau Passion Play, qui se joue à ciel ouvert tous les 10 ans en Allemagne, en Bavière, et dont la 41e représentation aura lieu cette année. Le spectacle, dont la tradition a été préservée à travers le temps, est présenté depuis 1633. Il dure 5 heures et met en scène 2 000 acteurs. Des forfaits touristiques sont en vente pour assister à l’événement, qui se tiendra de mai à octobre 2010. Il y a également d’autres spectacles, comme The Great Passion Play in Eureka Springs en Arkansas, Hill Cumorah Pageant à New York et The Nativity Pageant of Knoxville.

De nouveaux chemins reprennent vie

Les pèlerinages traditionnels, tels que le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, celui de Sainte Fátima ou encore celui de Canterbury se développent aussi. En effet, l’éclosion du tourisme religieux et l’engouement des admirateurs de saint François d’Assise ont dû être des facteurs motivant la mise en marché touristique, en 2003, du chemin de saint François d’Assise sur une route traversant la France et l’Italie.

Bien que l’idée d’un pèlerinage traditionnel ne nous semble plus d’actualité, il n’en demeure pas moins que les touristes religieux contemporains veulent aussi vivre des expériences sacrées qui les rapprochent du divin, ou tout simplement qui les connectent à la beauté et à l’histoire du lieu visité. Dans cette perspective, il faut tenir compte de leurs motivations et planifier l’offre de produits et de visites en conséquence.

Dans une prochaine analyse, nous nous attarderons sur l’impact de la médiatisation, de l’accroissement de la visibilité et du marketing religieux sur la fréquentation des sites et la renommée des saints qui y sont associés.

Lire aussi:

Sources:

– Amos, S. Ron. “Towards a typological model of contemporary Christian travel”, Journal of Heritage Tourism, novembre 2009.
– Garden Tomb, Jerusalem.
– Hill Cumorah PageantThe Knoxville nativity.– JMJ2011 Madrid.
– Lyman, Kirkland. “Attending General Conference in Salt Lake City”, 4 avril 2010.
– Oberammergau 2010 Passion Play Vacations.
– Razaq, Raj. Nigel et D. Morphet. “Religious Tourism and Pilgrimage Management: An International Perspective”, août 2007.
– The Great Passion Play– World Religious Travel Association.

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    Ailleurs dans le monde Segments de clientèles

    Profil sociodémographique des visiteurs de maisons d’écrivain et caractéristiques de la visite

    Peu d’études sur les publics littéraires existent actuellement. La seule que nous ayons recensée a été réalisée en 2008 par la Fédération des maisons d’écrivain et des patrimoines littéraires, en France. En voici les résultats.

    • Près de 80% des visiteurs ont plus de 40 ans. Ils sont sur le marché du travail ou à la retraite.
    • Le bouche à oreille représente la première source d’information avant la visite (30%), suivi des guides et brochures (25%). Internet et les offices de tourisme sont très peu utilisés, de même que les cartes touristiques et l’affichage dans la région, probablement en raison du fait que ces outils sont fort peu développés ou pas très efficaces.
    • La majorité des visiteurs en est à sa première visite.
    • Près des deux tiers des visiteurs viennent en couple ou en famille et ils restent plus d’une heure (66%) sur les lieux. Ils veulent y approfondir leurs connaissances de la vie et de l’œuvre de l’auteur (40%) — entre 60 et 70 % des visiteurs connaissent l’œuvre.
    • Les lectures de passages d’œuvres par des guides sont très appréciées.
    • La visite libre (46%) est presque aussi populaire que la visite commentée (47,9%).

    Source:

    – Fédération des maisons d’écrivain et des patrimoines littéraires. «Accueil des publics dans les lieux littéraires», novembre 2008, 46 pages.

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    Gestion Marketing Produits et activités Technologies

    Avant, pendant et après la visite touristique culturelle

    L’expérience culturelle d’aujourd’hui débute bien avant de se balader sur les lieux et se poursuit au-delà de la visite. Le Web et les nouveaux outils technologiques aident à gérer la relation avec un touriste. Ce dernier s’attend d’ailleurs à ce que l’entreprise réponde à ses besoins à chacune des trois étapes: avant, pendant et après la visite. «Pour les sites culturels et touristiques, il ne s’agit donc plus seulement de fournir un service limité dans le temps, mais de construire une véritable gestion de la «relation client» par une communication ininterrompue.»

    Cette analyse est inspirée principalement par l’étude, Visite culturelle et TIC,  réalisée par Atout France (dont la citation précédente) ainsi que par divers écrits de Philippe Fabry, responsable du e-tourisme à ATOUT France (l’agence de développement touristique de la France), qui s’intéresse particulièrement à l’apport des technologies aux cours d’une expérience culturelle. L’expérience touristique d’un attrait est aujourd’hui autant physique que virtuelle. Le site, tant sur place qu’à travers son portail Web doit inviter le visiteur à découvrir les alentours, à consommer et à acheter des produits dérivés ou locaux et à partager son expérience.

    Avant

    Le premier contact se fait généralement par Internet. Le touriste potentiel s’y rend pour se renseigner et c’est l’occasion de faire preuve d’attractivité, de piquer sa curiosité mais aussi de lui fournir toutes les informations pratiques dont il pourrait avoir besoin. Il s’agit en fait de se mettre à la place de l’internaute pour le comprendre et répondre à ses motivations, ses questionnements et ses intérêts. Les façons de s’y prendre ont bien évolué au cours des dernières années.

    T1-Avant-visite-culturelle

    Source: Visite culturelle et TIC, ATOUT FRANCE

    Outre les exemples mentionnés dans le tableau, il est possible de proposer une visite virtuelle comme le font les centres de villégiature CenterParcs en France ou encore de présenter des collections en ligne. Le Musée d’art de Joliette offre une belle vitrine à une partie de sa collection avec le projet «Itinéraire en art contemporain».

    Musee-Joliette

    Musée d’art de Joliette

    Les jeux interactifs sont une façon intéressante de prendre contact avec l’éventuel visiteur, particulièrement les groupes scolaires. Le musée Pointe-à-Callière en offre quelques exemples.

    PAC

    Musée Pointe-à-Callière

    Pendant

    Une fois in situ, la visite doit être à la hauteur des attentes, tant sur le plan de l’orientation dans l’espace que de la satisfaction de la curiosité et des désirs. Les nouveaux outils technologiques permettent de multiplier les possibilités d’information pour répondre à différents publics cibles (enfants, touristes, handicapés) et agrémentent ou encore facilitent la visite.

    Pour la visite de Versailles par exemple, plusieurs documents sonores et vidéos sont téléchargeables gratuitement et géolocalisés. À surveiller, la nouveauté de l’heure: la réalité augmentée. Pour les lieux culturels, elle offre de multiples possibilités comme, entre autres, la visualisation de monuments disparus ou des simulations du passé (lire aussi: La réalité augmentée au service de l’expérience client).

    Autre exemple, le Musée de la civilisation de Québec œuvre à la mise en place d’une visite de la place Royale à Québec en utilisant comme guides des outils mobiles comme l’iPhone ou l’iPod (lire aussi: La démocratisation des audioguides: l’ère du numérique.

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    Source : Visite culturelle et TIC, ATOUT FRANCE

    Après

    Souvent négligée, cette dernière étape est de plus en plus importante en raison de la facilité avec laquelle les consommateurs peuvent maintenant partager leur opinion à un très grand nombre de personnes grâce à Internet. Le bouche-à-oreille d’aujourd’hui a une très grande portée, que l’expérience soit positive ou négative. M. Fabry recommande aux établissements culturels de prendre les devant en offrant des tribunes sur le Web, que ce soit un questionnaire de satisfaction en ligne, un forum ou par le biais de sites connexes. Il est aussi possible de favoriser les commentaires des visiteurs sur le site même par des bornes Internet ou des supports mobiles.

    Pour faire de ce touriste un bon ambassadeur, il doit d’abord se souvenir de son expérience et conserver son enthousiasme. Ensuite, il faut l’inciter à partager ses souvenirs (idéalement positifs!) auprès du plus grand nombre possible de personnes. Il a une influence importante sur sa famille et ses amis, mais également par le biais des réseaux sociaux en ligne auxquels il participe. Enfin, il est aussi possible de lui proposer des achats de produits ou de services liés à son expérience.

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    Source : Visite culturelle et TIC, ATOUT FRANCE

    Enfin, il importe de profiter du Web pour développer ou renforcer les liens entre l’offre culturelle et touristique et ainsi proposer des expériences combinées, ce qui ne se fait que très peu d’ailleurs. Le musée Guggenheim de Bilbao est, à cet égard, un exemple inspirant. M. Fabry pose une question à ses lecteurs d’outre-mer et je vous questionne à mon tour: quel attrait culturel propose sur son site Internet des possibilités de restauration, d’hébergements ou d’activités dans les environs ?

     

    Analyse rédigée dans le cadre d’un partenariat avec Tourisme Montréal sur le tourisme culturel

     

    Lire aussi: Du tourisme à la culture, le Web 2.0 se décline

    Sources:

    – Portnoff, André-Yves, Susbielle, Jean-François et Dalloz, Xavier. «Visite culturelle et TIC», ATOUT FRANCE, septembre 2009.

    – Fabry, Philippe. «Du bon usage des nouvelles technologies pour le tourisme culturel», Tourisme Culturel.net, 26 juin 2008.
    – Fabry, Philippe. «Usages numériques et le continuum temps», Blog tourisme et TIC, 12 novembre 2008.
    – Dos-Santos, Marjorie. «Valoriser la visite culturelle et touristique avec les NTIC –  conférence de Philippe Fabry», I-Tourisme, 9 juin 2009.
    – Dalbera, Jean-Pierre. «Quelle politique numérique choisir à l’heure du Web collaboratif?», présentation lors du colloque «Le patrimoine mis en scène à l’Université d’Avignon, 15 mai 2008.
    – Fabry, Philippe. «Rêver et sélectionner, c’est avant, pendant et après le voyage», Blog tourisme et TIC, 25 septembre 2008.
    – Cameron, Daphné. «Musées: à la conquête du web», Cyberpresse.ca, 15 août 2009.

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    Tourisme durable

    Quand l’architecture donne une âme à un lieu (Compte rendu de conférence)

    Contrer l’effet de mode, s’inspirer d’un lieu, ancrer un bâtiment dans son milieu, donner une âme à un projet constituent l’essentiel d’une architecture «durable». Heinz Julen, artiste et spécialiste de l’architecture alpine, est venu nous faire rêver en exprimant sa vision artistique de l’architecture hôtelière l’espace d’une conférence au Symposium international sur le développement durable du tourisme. De son côté, Renée Daoust, architecte et associée chez Daoust Lestage inc., nous a présenté des exemples probants de vision et de projets porteurs dans un esprit de développement durable.

    Imaginez… une montagne, un hôtel et la notion de spiritualité…

    Inspirant n’est-ce pas? Ces composantes émanent d’un projet que Heinz Julen a dans ses cartons. Originaire de Zermatt en Suisse, c’est dans son atelier à flanc de montagne qu’il met son génie artistique à l’élaboration de réalisations singulières qui ne laissent personne indifférent. Les lieux peu développés, les grands espaces, les montagnes l’inspirent particulièrement.

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    Cet artiste ne voit pas un hôtel comme étant un service complémentaire. Un lieu possède une âme, un milieu naturel, un patrimoine culturel et architectural qu’il importe de respecter. C’est dans cet esprit que ce lieu devient pour lui une source d’inspiration pour développer un projet hôtelier qui s’intègre à l’environnement et contribue à l’héritage patrimonial de la destination.

    À travers une réalisation, il faut savoir susciter le rêve.

    Les pièges de la mondialisation

    Pour Renée Daoust, le développement du milieu bâti sert de levier pour le tourisme. Il existe des bâtiments iconographiques  qui traversent le temps, qui témoignent de la culture de l’époque et de l’innovation technologique. Nous n’avons qu’à penser aux grandes pyramides d’Égypte, plutôt révolutionnaires pour cette période, ou à la tour Eiffel.

    Toutefois, les tendances en architecture constituent un piège de la mondialisation. Elles donnent parfois lieu à une architecture éphémère, jetable, qui traverse mal le temps. L’architecture ou plutôt la «starchitecture» devient spectacle, sans référence identitaire, mal intégrée à son milieu. Beaucoup de destinations ont tendance à vouloir reproduire le syndrome Bilbao, faisant abstraction du contexte d’implantation de ce projet.

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    Des projets porteurs

    Le 400e anniversaire de la ville de Québec a été l’occasion de saluer le génie du lieu, l’architecture et le design urbain identitaire en créant la promenade Samuel-De Champlain et le quai des Cageux. Sur cette promenade, quatre jardins thématiques – le Quai-des-Brumes, le Quai-des-Flots, le Quai-des-Hommes et le Quai-des-Vents – témoignent de l’importance du leg permanent en ce qui a trait à l’espace urbain et au patrimoine bâti.

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    Après la période sombre du SRAS, il a fallu moins de six ans pour que la renaissance culturelle de Toronto fasse renouer cette ville avec la croissance. Grâce à une vision coordonnée, les efforts de redressement  déployés ont porté tant sur la culture événementielle que sur la culture permanente. Du spectacle des Rolling Stones au Luminato Festival, le savoir-faire local pour la conception de trois grands bâtiments (Four Seasons Centre for the Performing Arts, Canada’s National Ballet School, Young Centre for the Performing Arts) couplée à la synergie de l’expertise internationale (Royal Ontario Museum, Sharp Centre for Design, Ontario College of Art & Design, Leslie L. Dan Pharmacy Building, University of Toronto), on peut affirmer que Toronto s’est rapidement  taillé une place au sein des destinations culturelles.

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    Les Jeux olympiques de Beijing 2008 constituent un exemple remarquable de réussite. Une vision partagée, un financement approprié, la compréhension d’une culture millénaire, l’érection d’un bâtiment iconographique ont fait de cet événement un succès et un haut lieu du tourisme chinois.

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    Réussir un projet architectural durable

    Vision, qualité, pérennité, identité et investissement dans le savoir-faire local résument les éléments importants de l’architecture durable.

    Le fondement d’un projet viable est constitué d’une vision coordonnée, claire et cohérente, partagée par l’ensemble des partenaires financiers, politiques, culturels et sociaux. Pour en susciter l’adhésion, il faut savoir célébrer l’événement, définir des projets mobilisateurs, réaliser des interventions significatives en matière d’espace urbain et de patrimoine bâti, reconnaître la culture permanente et l’arrimer à la culture événementielle.

    Un projet peut être durable si l’on investit dans la qualité avec un objectif de pérennité et s’il bénéficie d’un cadre budgétaire approprié.

    Favoriser l’émergence de la culture identitaire afin de confirmer la spécificité du lieu, favoriser aussi le développement de l’expertise et des créateurs locaux, créer une relation synergique et équilibrée entre les concepteurs locaux et internationaux sont autant de mesures pour assurer un développement durable.

    L’architecture occupe une place importante dans la culture et, à ce titre, il faut reconnaître les créateurs.

    Un mot sur l’architecture en milieu rural

    L’architecture n’est pas liée qu’aux grandes villes. En région, il faut harmoniser l’intégration d’un bâtiment au paysage. Pourquoi un centre commercial devrait-il avoir un stationnement à l’avant alors que cette immense surface asphaltée n’a rien d’esthétique? Trop souvent, les commerces à grande surface, les chaînes et les multinationales défigurent l’entrée des villes et villages au Québec et laissent une piètre impression au visiteur.

    Sources:
    – Daoust, Renée et Heinz Julen. Atelier: Stratégies d’implantation pour les entreprises – Initiatives responsables du tourisme patrimonial et culturel bâti, Symposium international sur le développement durable du tourisme, Québec, 18 mars 2009.

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    Ailleurs dans le monde Produits et activités

    Dentelle et design pour rajeunir une tradition!

    La dentelle et l’art contemporain ont peu de choses en commun direz-vous… Eh bien détrompez-vous! Le projet «Dentelle et design», à Bruges, a clairement démontré le contraire! De novembre 2008 à mars 2009 se déroulait une exposition toute particulière mettant en vedette la spécialité de la ville, la dentelle, sous le thème du design et de la mode. Artistes, designers d’intérieur, dessinateurs de mode se sont emparés de ce «médium» pour le décliner en de multiples œuvres plutôt étonnantes, exposées à travers cinq sites de musées de la ville. Inspirant pour la ceinture fléchée ou encore la chemise à carreaux… Quelques images:

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    Ailleurs dans le monde Hébergement

    L’hôtel s’éclate en Autriche!

    Ce n’est pas parce qu’un espace urbain est inutilisé qu’il n’a pas une histoire intéressante à raconter. Voilà l’idée derrière le Pixel Hotel, conçu à Linz à l’intérieur du programme de capitale européenne de la culture 2009.  Grâce à ce projet architectural, touristique et de développement urbain, six espaces dispersés à travers la région métropolitaine ont été convertis en suites d’hôtel peu traditionnelles par de jeunes architectes locaux.

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    Les clients peuvent donc choisir de coucher dans un ancien atelier, dans une galerie d’art ou même dans un bateau remorqueur. Pour le forfait avec petit déjeuner, il faut se diriger vers les cafés locaux, à proximité de chacune des suites. Il en est de même pour les autres repas. Au centre d’information touristique, on vous remet, en plus de vos clefs, une carte de Linz et un laissez-passer pour les transports en commun afin de pouvoir découvrir la ville et ses plaisirs culinaires. Les pubs de quartier à saveur locale deviennent ainsi le bar de l’hôtel, et tous les restaurants de la ville servent de salle à manger.

    C’est ce qu’on appelle repousser les murs de son établissement!

    Sources:
    www.pixelhotel.at
    www.coolhunting.com

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    Produits et activités

    La question qui tue: «Offrez-vous une expérience authentique?»

    On l’emploie à toutes les sauces. Sa signification varie d’un visiteur à l’autre, d’une entreprise à l’autre… C’est une tendance indéniable: l’authenticité. Après des décennies de mise en scène et de coups d’éclat, l’effet «wow», tant recherché, se trouve maintenant ailleurs pour de nombreux touristes. On observe un retour aux valeurs plus traditionnelles et à des remises en question quant à la société de consommation, surtout dans le contexte économique actuel. Or, qu’est-ce qu’une expérience authentique?

    Un concept interprété de mille et une façons

    Selon Le nouveau Petit Robert, on qualifie d’authentique «ce qui exprime une vérité profonde (…) et non des habitudes superficielles, des conventions». C’est en effet ce que recherche un nombre grandissant de voyageurs: des expériences vraies qui représentent véritablement les lieux, ce qui s’y passe, ce que les gens y font dans la «vraie vie», plutôt que de suivre les circuits touristiques qui regroupent les sites fréquentés presque exclusivement par les touristes. L’idée est d’entrer en contact avec le lieu par le biais de produits purs, «non contaminés» par le tourisme de masse.

    Une étude publiée dans Tourism Management sur le tourisme authentique présente les tendances et les aspirations des consommateurs qui permettent d’expliquer cette quête, en voici quelques-unes:

    • ouverture sur le monde;
    • consommation éthique et volontarisme;
    • consommateur bien nanti et économie d’expérience;
    • consommateur éduqué;
    • individualisme;
    • multiculturalisme.

    L’auteur et futurologue Ian Yeoman estime que dans le terme authentique, on doit voir les qualificatifs suivants:

    • Éthique. L’authenticité est fondée sur des principes de participation de la communauté, de développement durable et de consommation éthique.
    • Naturel. Le tourisme devrait être un phénomène naturel et pur. Les produits touristiques «naturels» sont ceux étant le plus intimement liés à la destination et à ses caractéristiques intrinsèques.
    • Honnête. Ne pas promettre ce qu’on ne peut livrer ou faire croire qu’il s’agit d’un produit authentique alors que ce n’est pas le cas.
    • Simple. Une expérience authentique doit être simple pour être crédible.
    • Beau. Une destination authentique possède une beauté qui lui est unique, qu’il s’agisse d’un paysage magnifique ou d’un moment qui ne peut être vécu ailleurs ou copié parce qu’il appartient au lieu où il se produit.
    • Enraciné. L’authenticité fait référence à un certain passé – lointain comme moins lointain –  enraciné dans la destination.
    • Humain. Une expérience authentique doit être humaine, vivante, orientée vers les gens, favorisant les contacts vrais avec la population locale.

    Les composantes proposées par Yeoman correspondent à sa vision de l’authenticité. Mais il est très difficile de s’entendre sur ce concept. Certains auteurs estiment que l’authenticité doit évoquer le folklore ou encore se vivre en milieu naturel éloigné, voire isolé, sur des terres presque vierges. Pourtant, des expériences authentiques peuvent très bien se dérouler en milieu urbain, au cœur de la population locale, dans un restaurant de quartier ou à une partie de hockey! La beauté fait-elle toujours partie de l’expérience authentique? Un groupe de quatre touristes déambulant dans un bidonville qualifieront-ils le lieu de beau? Il s’agit toutefois d’une expérience authentique. Les interprétations sont nombreuses, et les nuances, presque sans fin.

    Le rôle de l’éducation et du bagage culturel du voyageur

    En fait, il existe probablement autant de définitions que d’individus. L’interprétation du concept  d’authenticité dépend généralement de l’éducation du voyageur et de son bagage culturel. Un individu bien informé sur la destination saura davantage faire la distinction entre une expérience authentique et une autre qui l’est moins. Un Français suffisamment renseigné, par exemple, sait que les Québécois n’ont pas l’habitude de pratiquer la promenade en traîneau à chiens. Bien qu’il s’agisse d’un mode de déplacement traditionnel chez les Inuits, cette pratique s’est essentiellement développée dans le sud du Québec pour le plaisir des touristes.

    Le tourisme et l’authenticité: un paradoxe?

    L’industrie touristique est une représentation, une mise en scène, et cela, depuis fort longtemps. Les produits sont conçus puis commercialisés pour les touristes, de façon à correspondre aux besoins et aux attentes d’un grand nombre de personnes. En réponse à cette demande d’authenticité, l’industrie joue cette carte allègrement. Le concept est tellement flou qu’il prend la forme qu’on lui donne.

    Et concrètement?

    Si l’authenticité signifie par exemple visiter des lieux particuliers qui sont fréquentés par la population locale, qui ont une valeur et une signification pour celle-ci et qui ne sont pas envahis par des hordes de touristes, de nombreux produits ont vu le jour dans le but de répondre à cette demande. Les visites de quartiers ou thématiques comme les marchés publics de la ville s’inscrivent bien dans ce concept. «See the Paris tourists never see», slogan de la petite entreprise de visites guidées par Richard Nahem, évoque autant cette idée d’authenticité (lire aussi: Les visites guidées revues et améliorées). La série de guides de restaurants des villes américaines «Where the locals eat» suggère également des expériences plus «authentiques» ou se rapprochant de la vraie vie. La descente d’une rivière du Québec en canot ou la découverte du mode de vie des Inuits au Nunavik ouvre aussi la porte à des expériences authentiques en favorisant un véritable contact avec une nature vierge ou une communauté autochtone.

    Dans le contexte du géotourisme, l’authenticité prend tout son sens

    Le type de tourisme se rapprochant le plus du concept de l’authenticité est probablement le géotourisme, appellation créée par la National Geographic Society (lire aussi: Vous avez dit «géotourisme»?). En effet, il s’agit d’un tourisme qui soutient et met en valeur le caractère géographique d’un lieu, son environnement, sa culture, son esthétisme, son patrimoine et le bien-être de ses habitants. L’une de ses composantes consiste d’ailleurs à encourager l’intégrité et l’originalité du lieu. Ce sont ainsi les principes du développement durable qui s’appliquent. La capacité à respecter l’authenticité d’un lieu deviendra sans doute un critère de réussite dans le développement de produits touristiques durables.

    Somme toute, c’est le touriste avec son bagage culturel qui reste juge de son expérience…

    Lire aussi: Les touristes à la recherche d’authenticité, mais que veulent-ils au juste?

    Sources:
    – Deglise, Fabien. «Êtes-vous authentiques?», Le Devoir, 30 septembre 2007.
    – Delisle, Marie-Andrée. «À propos de l’authenticité d’une destination», E-Nouvelles, vol. 6, no 1.
    – Ruiz, Rebecca. «How Authentic Is Your Vacation?», Forbes, 18 juin 2008.
    – Yeoman, Ian, Danna Brass et Una McMahon-Beattie. «Current issue in tourism: The authentic tourist», – Tourism Management, no 28, 2007.
    – Yeoman, Ian. «The Authentic Tourist», 4 aout 2008, [www.hospitalitynet.org], page consultée le 6 janvier 2008.

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    Marketing Tourisme durable

    Partagez vos coups de cœur montréalais!

    Le géotourisme est une forme de tourisme qui maintient ou valorise le caractère géographique d’un milieu (l’environnement, la culture, l’esthétique, le patrimoine) et le bien-être des résidants. Selon la National Geographic Society (NGS), le géotourisme englobe le concept de tourisme durable, ce qui signifie que les destinations devraient préserver une nature vierge pour les générations à venir tout en réalisant des améliorations susceptibles de protéger l’endroit dans son intégrité. Ainsi, le géotourisme contribue aux principes de durabilité en se fondant sur le caractère géographique du milieu. Une dizaine de destinations ont déjà adhéré à la Charte en géotourisme de la NGS, dont la ville de Montréal qui est devenue, en 2007, la première destination urbaine dans le monde à l’avoir signée.

    L’adhésion à la Charte en géotourisme de la NGS procure de nombreux avantages aux destinations; celles-ci peuvent profiter d’une solide synergie entre les acteurs de l’industrie du tourisme et de la communauté locale grâce aux cartes guides géotouristiques de la NGS. Les cartes guides visent à sensibiliser davantage la communauté à la destination, puisque celle-ci est tenue de collaborer avec la NGS à une démarche de création d’une carte commune qui met en évidence tous les acquis de la destination, autant naturels qu’historiques et culturels. De nombreuses destinations américaines signataires de la Charte disposent d’une telle carte, dont les Appalaches, le Vermont, l’Arizona-Sonora, la péninsule de Baja California et la région du parc Yellowstone. Des cartes guides sont en voie d’être réalisées pour Montréal, le Pérou et le nord de la Californie. L’initiative Crown of the Continent, qui regroupe les provinces canadiennes de l’Alberta et de la Colombie-Britannique ainsi que l’état du Montana aux États-Unis, soutient la création d’une carte guide de la NGS qui sert d’outil au démarrage de projets transfrontaliers venant appuyer la synergie entre le secteur du tourisme et les communautés de ces régions.

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    Pour pouvoir participer à la création de la carte guide de Montréal, veuillez vous rendre sur le site Internet www.geomontreal.com d’ici le 15 janvier 2009 et soumettez les attractions, sites, événements ou expériences qui, selon vous, confèrent à Montréal son caractère authentique. Une sélection de 150 points d’intérêts de partout sur l’île de Montréal sera publiée dans la carte guide de la NGS.