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Tourisme durable

Le tourisme durable par la voie culinaire

La gastronomie est devenue un élément indispensable pour connaître la culture et le mode de vie d’un territoire. Elle englobe quelques dimensions du tourisme d’aujourd’hui: respect des cultures et des traditions, mode de vie sain, authenticité, durabilité, expérience. Elle représente également une occasion de revitaliser et de diversifier l’offre touristique, de promouvoir le développement économique local, d’impliquer des professionnels de différents secteurs et d’ouvrir de nouvelles voies au secteur primaire. Du mouvement Slow Food à la certification Fourchette bleue, les valeurs préconisées par le tourisme durable s’apprécient même à la table!

Lorsque la gastronomie cadre avec le tourisme durable

Selon le Global Report on Food Tourism de l’Organisation Mondiale du Tourisme, la popularité du tourisme culinaire résulte de la croissance des offres de qualité et de la consolidation d’un marché distinct. Ses adeptes recherchent le caractère authentique des lieux visités. Ils sont soucieux de l’origine des produits qu’ils consomment et reconnaissent la gastronomie comme moyen de socialisation et de partage d’expériences. Ce type de touriste dépense plus que la moyenne, est exigeant et évite l’uniformisation.

Les clés de succès d’un positionnement axé sur la gastronomie reposent sur plusieurs éléments:

  • Le territoire est la colonne vertébrale de l’offre gastronomique. C’est l’élément distinctif et la source de l’identité locale. Il englobe les caractéristiques environnementales, l’histoire, la culture, les traditions, etc. Le défi est de convertir un territoire en destination touristique culinaire.
  • Les produits sont bien sûr à la base de l’expérience. Il importe donc de définir les éléments liés à la nature et à l’héritage propres à la destination. La qualité de ceux-ci, tout comme le professionnalisme des ressources humaines faisant partie de l’expérience, est très importante pour assurer la satisfaction des visiteurs.
  • Une offre touristique culinaire ne sera pas viable si elle n’est pas liée à l’héritage culturel du territoire. La gastronomie permet aux touristes d’accéder au patrimoine culturel et historique d’une destination. Sans se déconnecter du présent, la tradition et l’innovation coexistent parfaitement.
  • Le tourisme culinaire permet de répondre à des enjeux culturels et environnementaux d’une façon qui est compatible avec des arguments purement économiques. L’idée n’est pas de créer une nouvelle pression sur l’héritage culinaire, mais bien le mettre en valeur de façon durable et responsable. Il n’est pas question de créer des offres gastronomiques de toutes pièces, mais plutôt d’attirer des visiteurs à participer à la réalité culturelle d’une destination à travers sa cuisine, ses produits locaux et les services ou activités qui l’entourent.
  • Les destinations doivent articuler un message clair et authentique autour de leur offre gastronomique. Les organismes de promotion et de gestion de la destination (DMO) sont les premiers concernés, mais les chefs peuvent aussi jouer un rôle clé dans la construction de l’image en mettant la cuisine en valeur, en communiquant avec les médias, les guides touristiques, les blogues culinaires et les réseaux sociaux.
  • La coopération des acteurs (producteurs, fermiers, chefs, restaurateurs, DMO, hôteliers, etc.) est nécessaire à la définition et à la gestion d’une offre touristique culinaire.

Beaucoup d’éléments favorisent le déploiement d’un positionnement alliant la gastronomie et le tourisme durable, mais peu de destinations empruntent cette voie de communication. Et pourtant, le tourisme culinaire:

  • s’avère particulièrement important pour les communautés rurales;
  • fait le pont entre les fermes et les tables en milieu urbain;
  • s’appuie sur des valeurs éthiques et durables;
  • met en lumière les savoir-faire traditionnels;
  • repose sur la mise en valeur des territoires et des produits locaux;
  • aide au développement rural en diversifiant les sources de revenus et en améliorant l’emploi.

Le slow food

Le mouvement slow food s’inscrit directement dans cette perspective de tourisme durable (lire aussi: L’évolution du slow travel), à la croisée des chemins entre l’écologie, la gastronomie, l’éthique et le plaisir.

Né en Italie dans les années 80 afin de s’opposer à la standardisation des aliments tels que présentés par le fast food et à la culture «rapide», voire «instantanée», le mouvement tend à soutenir l’alimentation locale, à favoriser la nourriture de qualité, bonne au goût, cultivée dans le souci de l’environnement, des animaux et de la santé et enfin récoltée et cuisinée de façon équitable. Pour le consommateur, il s’agit de prendre le temps de déguster les saveurs et d’apprécier les produits d’un lieu. Cela peut aussi être l’occasion de rencontrer les producteurs et de s’informer sur les particularités des aliments issus du terroir.

Dans un désir de maintenir les traditions culinaires d’antan, la Toscane, région italienne bien connue pour son mouvement slow et haut lieu touristique, représente également un modèle pour l’agriculture biologique. À titre d’exemple, soulignons le district biologique (biodistretto) de Panzano dans le Chianti qui compte plus de 40 producteurs biologiques: 30 viticoles, 10 d’huile et 2 fromagers.

Certifications et routes gourmandes

Dans certains contextes, l’usage d’une certification peut faciliter l’identification de produits ou de commerces qui répondent aux critères de celle-ci et favoriser leur commercialisation. Par exemple, mentionnons la certification fourchette bleue. Cette mesure, qui a vu le jour à l’été 2009, incite les restaurateurs et les poissonniers à utiliser davantage près d’une vingtaine d’espèces plus méconnues de la population afin de diversifier la consommation de produits marins au Québec. Ultimement, elle vise la saine gestion des ressources marines en réduisant la pression provenant de la pêche sur les espèces les plus menacées. Dans la province, on compte près de 60 restaurants certifiés, dont la forte majorité se trouve en Gaspésie.

De surcroît, l’association Gaspésie Gourmande, qui vise à promouvoir, à commercialiser et à mettre en tourisme les produits de la région, intègre à ses outils de promotion les informations nécessaires aux consommateurs désirant manger des produits locaux et identifie les endroits certifiés. Cette cohérence entre les actions des différents intervenants optimise les chances de succès d’une telle initiative et répond aux besoins des clientèles gourmandes.

 

 

 

 

 

 

Source: Gaspésie Gourmande

Le tourisme culinaire n’a pas besoin d’être synonyme d’une cuisine haut de gamme; il s’agit plutôt d’une question d’unicité et d’expériences mémorables mises en valeur par des acteurs d’une région. La gastronomie doit avoir une personnalité. Et si celle-ci était durable?

 

Analyse écrite avec la collaboration de Maïthé Levasseur.

Cette analyse a été produite pour alimenter le site web EspaceTourismeDurable.com, destiné aux acteurs touristiques de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine.

 

Source:

• World Tourism Organization. «Global Report on Food Tourism», AM Reports: volume four, 2012.

• Green Report. «Tra Greve e Panzano, nasce nel Chianti il primo bio-distretto vitivinicolo d’Europa», 4 juillet 2012.

Sites Web:

Exploramer

Food Oregon

Gaspésie Gourmande

Le bon goût frais des îles

Slow Food

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Ailleurs dans le monde Transport

Se déplacer à pied serait plus rapide que l’on pense

Le département municipal des transports publics de Londres, Transport for London (TFL), a créé la campagne «It’s quicker than you think», dont l’objectif est d’encourager la marche lors des déplacements cet été. Avec l’arrivée de milliers de personnes en raison des Jeux olympiques, dont des athlètes, des médias et des touristes, on a voulu éviter la surfréquentation du Tube, le réseau de métro londonien.

L’idée mise de l’avant par la campagne consiste à faire réaliser aux Londoniens et aux visiteurs que plusieurs déplacements peuvent être plus rapides à pied, tout en contribuant à la dépense de calories (voir le tableau 1). 

Selon une recherche menée par TFL, 53% des voyages effectués en métro au centre-ville seraient plus rapides à la marche. Au total, 47 circuits par métro prendraient moins de 10 minutes à pied. Et si on laissait l’effervescence olympique transformer les courts trajets en déplacements actifs?

Sources:

Site Web:

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Tourisme durable

Le tourisme communautaire ajoute une couleur locale à la durabilité

Grâce à sa récente croissance, le tourisme durable s’est fait davantage connaître. Il a également permis à de nombreuses autres formes de tourisme centrées sur la durabilité sociale et environnementale de voir le jour. L’une de ces formes est le tourisme communautaire, que l’on décrit comme étant «local et géré par la communauté qui, par conséquent, reçoit une bonne partie des bénéfices» (Trejos et Chiang, 2009). Ce type de tourisme sert souvent à promouvoir la durabilité environnementale, surtout dans les zones protégées.

Idéalement, le tourisme communautaire vise l’amélioration des conditions de vie de la communauté par le biais des trois piliers de la durabilité: économique, social et environnemental. Notre étude récente sur le tourisme communautaire nous a permis de constater ses six éléments principaux:

  1. Participation et formation de la communauté
  2. Collaboration et partenariat avec l’industrie
  3. Gestion et autonomisation locales
  4. Objectifs environnementaux et communautaires
  5. Aide des secteurs public et privé
  6. Considérations financières pour une durabilité à long terme

Participation et formation de la communauté

Le succès du tourisme communautaire dépend beaucoup de la capacité de la communauté à travailler ensemble et à s’entendre sur un plan d’action pour sa stratégie touristique. Les membres de la communauté doivent pouvoir choisir des dirigeants et décideurs compétents afin que les divergences d’opinions ne nuisent pas constamment au processus décisionnel. Les dirigeants doivent également s’assurer que la communauté participe activement au projet; les communautés qui accueillent favorablement les touristes ont un meilleur taux de réussite que celles qui négligent ou méprisent les visiteurs.

La cohésion et l’attitude de la communauté déterminent sa réussite au même titre que ses aptitudes et ses connaissances. Étant donné que le niveau de scolarité de nombreuses communautés désirant faire du tourisme communautaire est généralement peu élevé, des cours de perfectionnement en anglais ou des cours en gestion du tourisme et de l’hôtellerie, en marketing, en communications, en finance et en gouvernance, ainsi qu’une formation pour les guides, sont cruciaux pour leur succès.

Collaboration et partenariat avec l’industrie

En plus d’obtenir la formation nécessaire, les destinations se livrant au tourisme communautaire, et surtout celles misant sur le tourisme rural, devraient collaborer avec l’industrie touristique afin de diminuer de façon considérable leur risque d’échec. Un partenariat avec les hôtels et les voyagistes permet à une destination d’accéder à un marché bien plus vaste grâce à une meilleure visibilité et à un marketing accru.

Gestion et autonomisation locales

Si la communauté locale gère son propre projet avec succès, cette autonomisation aura des retombées positives pour la région. Les membres de la communauté pourront améliorer leurs aptitudes et assurer davantage le bien-être des leurs, tout en faisant preuve d’une plus grande fierté locale et culturelle. Ces aptitudes et cette fierté inciteront davantage de touristes à visiter la région, se traduisant par une meilleure réussite du projet.

Cependant, il doit y avoir un équilibre entre cette autonomisation et la collaboration et les partenariats avec l’industrie; en effet, une intervention externe trop grande diminuera la participation communautaire, tandis que le contraire limitera la taille du marché que la communauté pourrait rejoindre.

Objectifs environnementaux et communautaires

Ces objectifs dénotent l’engagement d’une communauté face à la durabilité. En se fixant des objectifs environnementaux, la communauté évite de se concentrer uniquement sur les gains pécuniaires. Parmi les objectifs environnementaux communs, on compte les projets de conservation, l’agriculture biologique, le reboisement et la gestion des déchets, de l’eau et de l’énergie.

Puisque le tourisme communautaire vise l’amélioration des conditions de vie de la communauté, les objectifs sociaux sont tout aussi importants. Ils se traduisent souvent par la construction d’écoles, l’approvisionnement en eau des communautés ainsi que par la formation des résidents et leur embauche dans le cadre des attractions touristiques.

Aide des secteurs public et privé

Les projets de tourisme communautaire nécessitent généralement du financement; les organismes subventionnaires et les organismes non gouvernementaux sont souvent sollicités pour soutenir l’amélioration d’infrastructures, l’achat d’équipement et la formation.

De nombreux pays commencent également à établir des politiques nationales de mise en œuvre de projets de tourisme communautaire. Ces politiques couvrent, notamment, l’aide technique et financière pour la création de tels projets.

Considérations financières pour une durabilité à long terme

En raison d’un manque de connaissances, la stabilité financière à long terme est difficile à atteindre pour bon nombre de projets. Pour cette raison, on propose aux communautés de voir le tourisme comme une source supplémentaire de revenus, qui peut être greffée à leurs moyens habituels de subsistance. Par exemple, les caféiculteurs pourraient, en implantant le tourisme du café, offrir aux touristes une visite de leurs plantations.

Exemples d’ici et d’ailleurs

La communauté autochtone de Manawan, qui fait partie de la nation atikamekw au Québec, a mis sur pied un modèle de tourisme durable où les clients vivent une expérience authentique d’apprentissage, d’aventure et d’échanges culturels avec des guides locaux, terminant leur journée par une nuitée dans un tipi. L’élaboration d’activités touristiques par le chef du Conseil de bande a été soutenue par de nombreux membres de la communauté. Ils y ont vu l’occasion de créer des entreprises et des emplois en misant sur la beauté du cadre naturel et la richesse culturelle de leurs traditions, tout en partageant leurs habitations caractéristiques avec leurs hôtes.

 

Source: Tourisme Manawan

 

Situé à Montego Bay, en Jamaïque, The Rastafari Indigenous Village est un centre culturel qui porte sur le mode de vie des habitants de la région. Les touristes y découvrent le patrimoine naturel de la Jamaïque. Ils peuvent également y battre du tambour, danser, faire de l’artisanat, cuisiner ou travailler dans les jardins d’herbes biologiques et médicinales. Peuplé d’authentiques familles rastafari, le village est une entreprise communautaire qui croît lentement, mais qui réussit bien dans l’ensemble.

Source: Kipahulu ‘Ohana

La clé du succès

Somme toute, réussir un projet de tourisme communautaire peut être difficile; surmonter des obstacles tels que le manque d’aptitudes, de gestion, de marketing et de financement l’est tout autant. Toutefois, grâce à l’équilibre des pouvoirs, une communauté peut tirer profit d’un contexte où les aspects environnementaux, sociaux et financiers sont pris en compte.

 

Sources:

– Ping, W. “Community-Based Ecotourism and Development in Northern Thailand”.

– Trejos, B. & Chiang, L.-H. “Local economic linkages to community-based tourism in rural Cost Rica”, Singapore Journal of Tropical Geography vol 30, 2009, p 373.

 

Sites Internet:

Kipahulu ‘Ohana

Tourisme Manawan

 

Rachel Dodds, professeure, Ted Rogers School of Hospitality & Tourism Management, Ryerson University

Rachel Dodds est reconnue à travers le monde en tant qu’experte du tourisme durable. Elle est professeure à la Ted Rogers School of Hospitality and Tourism Management à l’Université de Ryerson et directrice de la firme de consultants Sustaining Tourism. Elle est l’auteure des livres “Power and Politics” et “Sustainable Tourism in Islands”. Ses champs d’expertise se concentrent sur le tourisme durable, les changements climatiques et la responsabilité sociale des entreprises. Elle est titulaire d’un Ph.D. de l’Université de Surrey en Angleterre et d’une Maîtrise en gestion du tourisme de l’université de Griffith en Australie. Elle est membre fondatrice de la Canada’s Icarus Foundation, participe au Sustainability Council for the Tourism Industry Association et est ex-membre de la Travel and Tourism Research Association of Canada. Elle a vécu et travaillé sur quatre continents et a voyagé dans plus de 75 pays.

Champs d’expertise:

  • Tourisme durable
  • Changements climatiques
  • Responsabilité sociale des entreprises

Site de l’institution

Voir les analyse de Rachel Dodds

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Produits et activités Tourisme durable

Les plages écologiques sont une source de profits accrus

Comme toutes les plages offrent sensiblement les trois mêmes éléments, soit le soleil, le sable et la mer, elles doivent trouver d’autres façons de se distinguer de la concurrence. En Europe et en Ontario, de nombreuses plages ont pour cela adopté le programme de certification Pavillon bleu, reconnu mondialement et créé spécialement pour les plages.

Source: Rachel Dodds

À propos de Pavillon bleu

Le programme Pavillon bleu a été créé en France en 1987 par la Fondation pour l’Éducation à l’Environnement en Europe (FEEE). Il a certifié plus de 3000 plages dans 44 pays, ce qui fait de lui le programme d’écocertification pour les plages le plus connu du monde. Bien que la majorité des plages certifiées soient en Europe, le programme est de plus en plus répandu au Canada, puisqu’il compte 17 certifications, soit14 en Ontario, 2 au Québec et 1 au Manitoba. Pour qu’une plage puisse obtenir le Pavillon bleu, elle doit répondre aux critères des quatre catégories suivantes:

  • information et éducation à l’environnement;
  • qualité de l’eau;
  • gestion environnementale;
  • santé et sécurité.

Si ces critères sont respectés, la plage peut arborer son Pavillon bleu et profiter de la publicité gratuite qui lui est faite sur le site Web de ce programme.

Choisir une plage pour ses vacances

Récemment, une étude effectuée en Ontario et subventionnée par l’Ausable Bayfield Conservation Authority (Dodds, 2010) a conclu que la salubrité est un facteur clé dans l’appréciation globale d’une plage. Même si bon nombre de Canadiens ne s’informent pas de l’état de salubrité et de sécurité d’une plage avant de s’y rendre, 26% d’entre eux en choisiraient une autre, s’ils apprenaient que son eau est impropre à la baignade.

En Ontario, la certification Pavillon bleu n’est pas un facteur déterminant dans la sélection des plages, parce que la majorité des vacanciers ne connaissent pas encore ce programme. Cependant, selon un sondage semblable effectué au pays de Galles – qui compte 43 plages certifiées Pavillon bleu, soit 2,5 fois plus qu’au Canada –, 63% des répondants connaissaient le programme et, pour eux, la certification d’une plage était plus importante que la distance à parcourir pour s’y rendre (Dodds, 2010). Étant donné que le Canada désire accroître le nombre de plages certifiées Pavillon bleu, on peut s’attendre à ce que la certification devienne un facteur de plus en plus décisif au cours des prochaines années.

Source: Rachel Dodds

Quelles conséquences pour la popularité et la rentabilité d’une plage?

Les gens dépensent environ 10$, lorsqu’ils vont à la plage de leur région (à peu près trois fois par semaine durant l’été), ce qui représente un total de 270$ pour les mois de juillet et d’août. Les touristes s’y rendent moins souvent, mais déboursent 50$ pour la journée. Une plage peut donc perdre une bonne partie de ses revenus si ses visiteurs, surtout ceux des environs, décident de ne plus la fréquenter parce que son eau est jugée néfaste pour la santé des nageurs.

La certification Pavillon bleu fournit l’assurance qu’une plage respecte et même dépasse les normes de sécurité, par une surveillance constante de la clarté, de la qualité et de la propreté de l’eau, ainsi que par la présence de sauveteurs et de patrouilleurs pour les cas d’urgence. Ces normes rassurent les nageurs et les incitent à rester plus longtemps, ce qui fait qu’ils dépenseront davantage.

De plus, la certification exige des plages qu’elles soient dotées de toilettes, de cabines pour se changer, d’un accès pour les personnes handicapées, de zones où les chiens sont admis, et de poubelles pour les déchets et les matières recyclables. Des études ont montré que la présence de ces éléments contribue à la satisfaction globale des clients par rapport à une plage, ce qui accroît sa rentabilité.

Que dire des plages du Québec?

Les plages du Québec, commencent à emboîter le pas à l’Ontario en faisant la demande de certification Pavillon bleu. Jusqu’à maintenant, seules les plages des Cantons et celle de l’Est et de l’Ouest à Magog, au Québec, l’ont obtenue.

Toutefois, la province a mis sur pied le programme Environnement-Plage, auquel tous les exploitants de plages sont invités à participer chaque été. Ils doivent pour cela assumer les coûts associés à l’analyse de l’eau, tandis que le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs fournit des ressources utiles, comme du personnel spécialisé dans la collecte d’échantillons. Pour pouvoir faire partie de ce programme, la plage doit satisfaire aux deux exigences suivantes:

  • être une plage publique;
  • être jugée sécuritaire par la Régie du bâtiment.

Bien que ce programme permette d’informer le public sur l’état des plages et leur sécurité, il est loin de comporter les critères rigoureux de la certification Pavillon bleu, qui n’est accordée qu’aux littoraux les plus propres et durables du monde.

Tournés vers l’avenir

Une plage durable présente une multitude d’avantages. Sur le plan environnemental, elle aide à l’amélioration de la qualité de l’eau et à la protection contre l’érosion. Sur le plan socio-économique, elle vise la satisfaction des clients et l’augmentation des revenus des commerces locaux. Les plages européennes ont constaté que le programme de certification Pavillon bleu et une sensibilisation accrue à ce dernier ont permis aux gens de mieux connaître le concept de durabilité. Au fur et à mesure que ce programme se répand au Canada, on peut s’attendre à ce que bon nombre de plages obtiennent la certification; le Pavillon bleu aura alors une plus grande incidence sur le choix des habitués de la plage.

 

Sources:

– Blue Flag. «Programme Eco-label for Beaches and Marinas», www.blueflag.org, 2012.

– Dodds, Rachel. «Determining the Economic Impact of Beaches: Lake Huron Shoreline from Sarnia to Tobermory», Ted Rogers School of Hospitality and Tourism Management, Université Ryerson, 15 avril 2010.

– Tudor, D. T. et A. T. Williams. «A rationale for beach selection by the public on the coast of Wales, UK», Area, vol. 38, no 2, juin 2006, p. 153-164.

 

Rachel Dodds, professeure, Ted Rogers School of Hospitality & Tourism Management, Ryerson University

Rachel Dodds est reconnue à travers le monde en tant qu’experte du tourisme durable. Elle est professeure à la Ted Rogers School of Hospitality and Tourism Management à l’Université de Ryerson et directrice de la firme de consultants Sustaining Tourism. Elle est l’auteure des livres “Power and Politics” et “Sustainable Tourism in Islands”. Ses champs d’expertise se concentrent sur le tourisme durable, les changements climatiques et la responsabilité sociale des entreprises. Elle est titulaire d’un Ph.D. de l’Université de Surrey en Angleterre et d’une Maîtrise en gestion du tourisme de l’université de Griffith en Australie. Elle est membre fondatrice de la Canada’s Icarus Foundation, participe au Sustainability Council for the Tourism Industry Association et est ex-membre de la Travel and Tourism Research Association of Canada. Elle a vécu et travaillé sur quatre continents et a voyagé dans plus de 75 pays.

Champs d’expertise:

  • Tourisme durable
  • Changements climatiques
  • Responsabilité sociale des entreprises

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Tendances

Quelques grandes tendances de consommation

Urbain, vert, justicier, autonome et mobile: voilà, entre autres, comment on peut définir le consommateur d’aujourd’hui. Comment ces caractéristiques influencent-elles ses habitudes de consommation? Voici quelques tendances présentées par Euromonitor et un panel d’experts.

Le règne de l’urbanité

En 2012, Euromonitor International, une firme de recherche stratégique sur les grands marchés de consommation, prévoit qu’il y aura 3,7 milliards de citadins dans le monde, et ce nombre continuera d’augmenter, tant dans les métropoles traditionnelles, comme New York, que dans de nouvelles agglomérations. Une large part de ces néo-urbains se situent au «bas de la pyramide». Ils disposent d’un revenu disponible inférieur à la moyenne, mais aspirent à une consommation élevée.

Ces mégalopoles constituent de véritables plaques tournantes, composées à la fois de nouveaux groupes ethniques et de communautés bien installées, de personnes âgées, d’étudiants, de travailleurs migrants hautement qualifiés et à faible revenu, de LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) ainsi que de ménages intergénérationnels.

En raison de la pollution et de la surpopulation, les questions écologiques et le développement durable sont incontournables pour les consommateurs, d’où leur intérêt grandissant pour l’agriculture urbaine, le vélo, le covoiturage et l’auto électrique.

La culture joue un rôle croissant dans l’expérience de la consommation. Les lieux culturels servent de courroie de transmission pour le placement de produits. Par exemple, le Musée d’art contemporain de Shanghai a accueilli l’exposition Culture Chanel, qui visait à faire découvrir Coco Chanel à un public chinois plus large. Lors de l’exposition Reebok du musée des Arts décoratifs, à Paris, le visiteur pouvait tester une nouvelle chaussure durant sa visite, le musée se transformant ainsi en espace publicitaire.

Les justiciers de la consommation

En ligne ou hors ligne, la protestation est à l’honneur. Comme les événements le démontrent – manifestations qui s’étendent des quartiers aux villes, au pays, et à Internet –, les consommateurs sont mécontents et s’expriment de plus en plus. Leur fidélité aux marques diminue, et ils se regroupent pour faire valoir leur point de vue. Récemment, au Québec, les Industries Lassonde (jus Oasis) ont subi la foudre des internautes et un appel au boycottage de leurs produits, après que les médias ont relaté la bataille judiciaire que livre une petite entreprise pour pouvoir utiliser le mot «oasis» dans sa marque de commerce.

Les entreprises ripostent par le crowdsourcing, cette méthode qui consiste à faire appel à la créativité, à l’intelligence, à la connaissance et au savoir-faire des internautes (Lire aussi: Le crowdsourcing, un phénomène émergent! ). Ainsi, le site américain Cliq, lancé l’automne dernier, permet aux consommateurs de décider où manger, quoi acheter et quoi faire sur la base des opinions de leur réseau social.

L’approche «faites-le vous-même» (Do it yourself – DIY)

Le consommateur se targue de pouvoir tout contrôler: sa santé, son identité, ses habitudes de communication et d’achats. En 2012, la tendance «faites-le vous-même» connaîtra un flot sans fin d’innovations, entraîné par la technologie, qui alimente à son tour le désir illimité des consommateurs de tout contrôler. En tourisme, les exemples foisonnent: enregistrement libre-service dans les aéroports et les hôtels, impression des étiquettes de bagages par les passagers, cartes munies de code-barres 2D permettant l’enregistrement à la maison, à la borne, sur un téléphone intelligent, etc.

Le vert… avec une touche de fraîcheur et d’originalité

De plus en plus, les consommateurs se soucient des questions écologiques. Ils réagiront donc positivement au fait qu’un hôtel est certifié LEED, clé verte ou encore qu’il dispose d’un excellent programme de recyclage. Ils seront de plus charmés par toute initiative verte qui sort de l’ordinaire; par exemple celle du Château Frontenac, à Québec, et de ses désormais célèbres ruches sur le toit, ou encore le bien nommé Watt, une boîte de nuit de Rotterdam dont le plancher de danse génère de l’électricité quand les gens s’y agitent.

L’univers de la mobilité et du téléphone intelligent

La technologie mobile possède un pouvoir d’influence énorme et croissant sur les choix des consommateurs, qui prennent leurs décisions de façon quasi instantanée, aujourd’hui. Selon Euromonitor International, les ventes annuelles mondiales de téléphones intelligents sont passées de 8,4 milliards de dollars américains à 83,1 milliards entre 2005 et 2010. En 2012, elles atteindront 137,4 milliards de dollars. Pour de nombreux consommateurs des marchés développés, les ordinateurs et les portables sont complètement dépassés.

Le facteur F (friends, fans, followers)

Le mot de la fin revient à Trendwatching, cette firme qui relève les tendances de consommation les plus prometteuses à travers le monde. Selon elle, les consommateurs puisent de plus en plus dans leur réseau d’amis, de fans et d’adeptes pour découvrir, discuter et acheter des biens et des services de manière toujours plus approfondie.

Le facteur F influe sur le comportement des consommateurs de différentes manières:

  • F-Découverte, ou comment les consommateurs découvrent de nouveaux produits et services en s’appuyant sur leurs réseaux sociaux. Encourager vos clients à parler de leur expérience dans leurs réseaux peut devenir un puissant outil de découverte.
  • F-Classement, ou comment les consommateurs reçoivent de plus en plus (et automatiquement) d’avis et de recommandations classés en provenance de leurs réseaux sociaux. L’intégration de commentaires de gens que l’internaute connaît plutôt que d’une personne inconnue constitue la prochaine étape dans la personnalisation des commentaires. À cet effet, Facebook s’est associé à TripAdvisor pour que puisse être personnalisé le contenu qu’il présente à ses utilisateurs, grâce à la personnalisation instantanée.
  • F-Rétroaction, ou comment les consommateurs peuvent demander en retour à leurs amis et adeptes d’améliorer et de valider leurs décisions d’achat. Les entreprises devraient intégrer les réseaux sociaux tout le long du processus d’achat du consommateur. Par exemple, pourquoi ne pas lancer une application qui permettrait aux utilisateurs de demander des conseils à leurs réseaux sociaux avant, pendant et après leur réservation? Les consommateurs apprécieront toute initiative qui les aidera à trouver le meilleur résultat.

Voilà quelques-unes des tendances de consommation susceptibles d’influencer l’industrie touristique. Comment votre organisation se prépare-t-elle à y faire face? Partagez vos réflexions avec vos collègues en nous laissant un commentaire.

Sources:

– Euromonitor International. «Top 10 Consumer Trends of 2012», euromonitor.com, 20 mars 2012.

– Euromonitor International. «Top 10 Consumer Trends for 2012: City Living Reigns», euromonitor.com, 28 mars 2012.

– Euromonitor International. «Top 10 Consumer Trends for 2012: Consumer Vigilantes Speak Up!», euromonitor.com, 2 avril 2012.

– Lenhart, Maria. «5 consumer trends driving travel in 2012», travelmarketreport.com, 19 janvier 2012.

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Ailleurs dans le monde Enjeux Marketing

Verdir le transport

Pour réduire la congestion sur les routes et diminuer la pression sur les stationnements des centres de ski, Keystone Resort, au Colorado, récompense les visiteurs qui font du covoiturage. En effet, les automobiles comprenant quatre passagers ou plus sont dirigées vers les meilleures places de stationnement, qui leur sont d’ailleurs réservées.

 

Source:

– Patton, Tom. «Give Folks a Lift», Ski Area Management, juillet 2011.

 

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Tourisme durable

Que signifie le tourisme durable pour le client?

Dans un sondage mené en 2011 par l’Institut de tourisme de la Lucerne University of Applied Sciences and Arts, en Suisse, auprès de voyageurs de huit pays, les deux tiers des répondants ignoraient quels étaient les produits de tourisme durable. M. Roger Wehrli, responsable de la recherche, a commenté les résultats de cette étude au Congrès ITB Berlin, le 8 mars dernier. Les auteurs de l’étude ont défini cinq profils de touristes selon leur vision du tourisme durable, afin d’évaluer l’importance qu’ils accordent à ces produits.

Quels sont les aspects essentiels du tourisme durable?

Le sondage a été réalisé conjointement avec IPK International auprès de voyageurs de huit pays: le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Suisse, la Suède, la Russie, les États-Unis, le Brésil et l’Inde. Dans chaque pays, environ 750 répondants (pour un total de 6 113 voyageurs) ont exprimé leur vision du tourisme durable. Les répondants étaient invités à évaluer les caractéristiques qui décrivent le tourisme durable sur une échelle de 1 à 5, où 1 signifie «fortement en désaccord» et 5 «fortement d’accord».

L’aspect local est le principal élément du tourisme durable qui est ressorti du sondage. Plus de 60% des répondants sont d’accord ou fortement d’accord pour affirmer que les offres à caractère «local» (produit, communauté et culture) sont celles qui se rapprochent le plus de ce type de tourisme.

Voici les autres composantes importantes, selon les touristes.

Dimension environnementale:

  • efficacité énergétique;
  • gestion des déchets.

Dimension sociale:

  • conservation des paysages et du patrimoine culturel;
  • implication de la communauté locale;
  • prise en considération des répercussions des activités touristiques pour la population locale.

Dimension économique:

  • utilisation de produits et de services locaux;
  • recours à la main-d’œuvre locale;
  • santé économique de la région à long terme.

Les différents profils de touristes et la manière de les approcher

Les cinq profils de touristes établis pour les répondants en fonction de leur vision du tourisme durable ont permis de déterminer les aspects du développement durable qui y sont liés.

L’équilibré (33%)

Il est le plus intéressé par le tourisme durable et celui qui réalise le plus de voyages de ce type (26% d’entre eux). Il accorde de l’importance aux trois dimensions, même s’il est conscient qu’il ne pourra peut-être pas les respecter tout au long de son voyage. Il cherche alors un compromis, un équilibre entre les trois. Ce profil est celui qui rassemble le plus de personnes âgées et les touristes les plus scolarisés. Les Brésiliens et les Indiens dominent dans cette catégorie.

Comment l’approcher?

Le produit doit englober les trois dimensions du développement durable.

Le sceptique (25%)

Il a une attitude critique et est sceptique par rapport aux caractéristiques du tourisme durable. Les explications possibles sont qu’il trouve que cette forme de tourisme est trop compliquée ou trop sophistiquée, que les conséquences liées par exemple aux changements climatiques ne sont pas si dangereuses ou qu’il ne peut rien faire contre ces problèmes mondiaux. Ce profil rassemble une grande part d’Allemands et de Britanniques. Ils sont 16% à avoir réservé un voyage en lien avec le tourisme durable.

Comment l’approcher?

L’information sur l’aspect durable du produit doit être dense, claire et transparente.

L’écolo (15%)

L’écologie lui tient à cœur. Les deux autres dimensions du tourisme durable sont jugées moins pertinentes. Plus de 16% d’entre eux ont réalisé ce type de voyage. Une grande portion est en accord avec le principe des crédits compensatoires de carbone. Selon ce touriste, la préservation de l’environnement et l’efficacité dans la gestion des ressources sont cruciales. Ce profil rassemble une majorité de femmes, de Brésiliens et de Suisses, ainsi que des personnes ayant de hauts revenus.

Comment l’approcher?

Le produit doit inclure la compensation de CO2, des énergies renouvelables, une gestion des déchets et une offre de biodiversité.

Le local (15%)

Il donne la priorité aux aspects local et culturel dans sa vision du tourisme durable. Il recherche une expérience authentique qui lui permet de mieux connaître la culture locale. Il adhère au principe «donner pour recevoir». Les femmes sont surreprésentées dans ce profil, ainsi que les Russes. Ils sont 23% à avoir déjà effectué ce type de voyage.

Comment l’approcher?

L’offre doit impliquer une expérience authentique, mobilisant la communauté de la région et incluant des produits locaux, un apprentissage de la culture et l’utilisation des transports publics.

Le socio-économique (12%)

Tourné vers les dimensions sociale et économique du développement durable, ce touriste accorde de l’importance aux relations durables et égalitaires entre les personnes. Il est celui qui achète le moins ces produits touristiques (15%). Ce profil rassemble une grande part de répondants d’origine britannique, et les personnes de moins de 44 ans y sont plus représentées.

Comment l’approcher?

Il est important que les conditions de travail des employés sur place soient équitables et qu’il n’y ait pas de discrimination. Les produits à vendre doivent être de la région.

Quelle place occupe le développement durable dans leurs voyages?

Lors du choix d’une destination, l’importance du développement durable se place en septième position. Cependant, 22% des touristes le classent parmi les trois facteurs les plus influents lors de la réservation.

Les deux tiers des répondants ignorent quels sont les produits de tourisme durable, mais 55% de ceux qui en connaissent ont déjà réservé un de ces voyages. Cela démontre qu’à partir du moment où une personne sait que ce type d’offres existe, elle est très souvent prête à en acheter.

Au regard des résultats de cette étude, les entreprises doivent concentrer leurs efforts sur l’aspect local et l’expérience vécue par le touriste. Seule une partie des répondants possède des connaissances sur le tourisme durable, il est donc important d’accroître leur sensibilisation si l’on veut augmenter la taille de ce marché. Selon M. Wehrli, il est primordial de viser l’un de ces cinq profils de touristes lors de la conception d’un produit. Cela indiquera la taille du marché potentiel, mais permettra aussi d’adapter le produit et de communiquer de manière efficace avec cette clientèle.

 

Sources:

– Wehrli, Roger. «Sustainability: What Does it Mean for the Customer?», Lucerne University of Applied Sciences and Arts, 8 mars 2012. [Présentation effectuée lors du Congrès ITB Berlin, du 7 au 11 mars 2012, Berlin, Allemagne].

– Wehrli, Roger, Hannes Egli, Martin Lutzenberger et Dieter Pfister. «Is there Demand for Sustainable Tourism? – Preliminary results of the first empirical phase of the WTFL-study: Understanding sustainable tourism», Lucerne University of Applied Sciences and Arts, 2011.

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Marchés géographiques Tourisme durable

Un modèle touristique différent dans les communautés autochtones

++ Commentaire de Sylvie Blangy, chercheure en tourisme autochtone ++

 

Une communauté Saami au Nord de la Suède a su bâtir un réseau touristique pour mettre en valeur sa culture. Que le tourisme autochtone se base sur un modèle d’affaires ou, plutôt, sur une philosophie de vie, les entrepreneurs locaux partagent une même vision : préserver et valoriser leur culture, la faire connaître à leurs hôtes, créer des emplois pour les jeunes et diversifier les sources de revenus. La création d’un projet touristique comporte toutefois plusieurs défis tels que la mobilisation de la collectivité et le recrutement d’une main-d’œuvre intéressée et qualifiée. En ce sens, regardons les initiatives autochtones étrangères et les programmes qui méritent une attention particulière.

Qu’est-ce que le tourisme autochtone?

Butler et Hinch définissent le tourisme autochtone comme suit:

«Une activité dans laquelle les peuples autochtones sont directement impliqués, qu’ils contrôlent en partie ou en totalité et dont l’attraction principale est leur culture. Le degré de contrôle et le contenu “autochtone” de la prestation varient d’une entreprise à l’autre et génèrent une grande diversité d’expériences.»

De l’aventure à l’immersion culturelle, le tourisme autochtone prend plusieurs formes et est souvent offert en forfait d’une durée variable (lire aussi: Le tourisme autochtone, plus qu’un simple produit). Les défis auxquels font face les exploitants divergent selon l’intérêt, le leadership et l’emplacement géographique de la communauté. La participation active des parties prenantes, l’innovation et la créativité s’avèrent primordiales pour la réalisation d’un projet collectif.

Quelques modèles à succès

Nutti Sami Siida

En 1997, pour répondre à un besoin financier, Nils-Torbjörn Nutti et Carina Pingi ont décidé de lier leur mode de vie traditionnel, comme éleveurs de rennes, au tourisme. Située à Jukkasjärvi, au nord de la Suède, leur offre est basée sur la culture Saami et sur la nature: un écolodge, des journées d’immersion (gastronomie, lancée du lasso, éducation du visiteur) et des randonnées en traîneau tiré par des rennes. Dès le départ, le partenariat que ces entrepreneurs ont établi avec l’hôtel de glace à proximité de leur entreprise s’avèrera très fructueux et durable. Certifié par le label de qualité Nature’s Best Sweden, Nutti Sami Siida sert d’exemple autant pour son implication auprès de l’industrie touristique que pour la commercialisation réussie de son produit dans les marchés extérieurs.

 

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Source: Nutti Sámi Siida

Min Eallin

Aussi éleveurs de rennes, Britt-Marie Labba et Per-Nils Päiviö d’Övre Soppero, en Suède, ont converti une hutte traditionnelle Saami et une ferme en lieu d’hébergement pour des visiteurs. Ce lieu a été bonifié d’un musée, d’un sauna et d’un spa, et plusieurs activités de plein air y sont organisées. Leur savoir est également transmis aux élèves lors de sorties scolaires éducatives.

 

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Source: Mineallin

VisitSápmi

Min Eallin et Nutti Sami Siida sont membres de VisitSápmi, l’association touristique suédoise Saami. La création de cette dernière découle d’un séjour d’étude au Québec, organisé en 2009. Cette visite visait l’échange d’idées entre quelques nations québécoises et les Saami. Inspirés en grande partie par le modèle de l’association touristique Eeyou Istchee, les fondateurs de VisitSápmi s’occupent maintenant de la formation, de la promotion, du marketing et de la certification des entreprises. La plupart des entrepreneurs Saami conjugent l’élevage de rennes au tourisme. L’association les représente dans divers événements avec un rayonnement international tels que ITB Berlin et WTM Londres.

Écotourisme et culture à Arviat : un modèle en développement

En 2008, Nunavut Tunngavik inc., l’organisation formée sous l’accord des revendications territoriales du Nunavut, et l’Association Inuit de Kivalliq ont entrepris une démarche avec la collectivité d’Arviat. Ce projet quinquennal vise à développer un produit touristique durable et à promouvoir la destination. Arviat a été sélectionné pour plusieurs raisons:

  • son intérêt pour le tourisme;
  • sa culture traditionnelle forte;
  • ses possibilités d’excursion en nature et d’observation de la faune;
  • son emplacement géographique au nord de Churchill, surnommé la «capitale mondiale de l’ours polaire».

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Source: Arviat Community Ecotourism

Le projet a débuté par deux années de consultations, plusieurs ateliers et visites des lieux. En faisant appel à l’ensemble des parties prenantes, les conseillers ont ainsi convenu de ce qui devait être partagé avec le visiteur. Ils ont offert une formation à plus de 50 personnes dans divers champs de compétence: service à la clientèle, sécurité, planification d’événements, photographie, etc. En janvier 2011, les résidents ont évalué leur programme culturel en se mettant dans la peau de touristes. L’appropriation de l’offre touristique, sa gestion et sa commercialisation par les entreprises et les résidents sont souhaitées pour 2013. L’offre s’harmonise autour:

  • de la valorisation des savoir-faire, du partage des traditions;
  • de camps de chasse et de pêche autour du village;
  • de démonstrations des méthodes de survie des Inuit, de rencontres d’artistes et de conteurs, de chants de gorge, de partage du thé avec les personnes âgées, etc.

Un facteur d’attractivité non négligeable repose sur les 20 000 visiteurs qui se déplacent à Churchill chaque année. Arviat apparaît comme une valeur ajoutée au circuit traditionnel.

Quelques actions marketing ont été déployées, telles que l’accueil de cinq opérateurs de tours canadiens et britanniques au printemps (deux d’entre eux ont déjà manifesté l’intérêt de les ajouter à leur brochure 2012), la création d’un site Internet et une présence active dans les médias sociaux. Un projet de camp mobile pour l’observation de la migration de caribous et la construction d’un écolodge sont dans l’air…

 

Tourisme_autochtone_image4

Source: Arviat Community Ecotourism

Un enjeu majeur: une main-d’œuvre qualifiée

Le profil démographique dans le Nord du Québec diffère de celui au sud; dans les régions au nord, les jeunes de moins de 30 ans représentent de 32% à 62% de la population, et dans les régions au sud, environ de 30% à 40%. Le développement de l’entrepreneuriat constitue une nécessité. Voici deux programmes qui encouragent le leadership.

Indigee pour les jeunes entrepreneurs autochtones scandinaves et russes

Ces deux dernières années, plus d’une centaine de jeunes Saami, Nenets, Komis et Vepses, âgés de 18 à 28 ans, ont participé à Indigee en poursuivant un des deux objectifs suivants:

  • développer leur projet d’affaires pour mettre sur pied une entreprise;
  • augmenter la valeur et la productivité de leur entreprise.

Des conseillers les ont accompagnés durant un an et leur ont offert une formation personnalisée, orientée vers des résultats concrets, en plus de trois conférences par année. Indigee mise sur le réseautage pour développer une culture d’affaires dans la région.

Institut de formation en patrimoine

Pour former la relève en patrimoine et dans le secteur muséal, le projet Gaining toward the Future se caractérise par la remise d’une certification reconnue comme un programme non crédité du Nunavut Arctic College. Ce projet vise le rehaussement des connaissances et prévoit des formations au Nunavut et dans les régions du sud du Canada.

Au Québec, onze nations se répartissent un territoire naturel d’une grande richesse. Tourisme Autochtone Québec propose sur son site Internet une multitude d’immersions culturelles sous les thématiques «Apprendre», «Découvrir» et «Voir». Ce dernier met l’accent sur l’histoire des onze nations, appuyé par un visuel qui met de l’avant la convivialité des communautés hôtes. La société soutient aussi l’entrepreneuriat et le développement de meilleures pratiques d’affaires autochtones.

 

Commentaire de Sylvie Blangy, chercheure en tourisme autochtone

J’ai publié un livre en 2006, Le Guide des Destinations Indigènes, qui réunit 200 initiatives de tourisme autochtone à travers le monde, sur tous les continents, et qui a été mis en ligne sur un site interactif et géoréférencé. Les auteurs de ces témoignages peuvent dialoguer entre eux sur le forum de discussion. Ce site donne pour la première fois la parole aux entreprises autochtones. Depuis la parution du livre, les initiatives n’ont pas cessé de se multiplier sur les 5 continents. Cette multitude d’offres ne peut plus être ignorée.

Les hôtes accueillent les touristes dans d’excellentes conditions et sont fiers de partager avec eux leur quotidien et leur savoir-faire. Ces communautés veulent être les actrices de leur propre changement: préserver leurs ressources, se réapproprier leur culture, financer leurs infrastructures de base, donner aux jeunes des emplois et valoriser leurs savoir-faire traditionnels. Leurs territoires abritent 80% de la biodiversité de la planète. On y trouve la plus grande partie du patrimoine linguistique de l’humanité. Le tourisme autochtone surpasse en diversité de langues, de cultures, de modes de vie et d’écosystèmes le tourisme traditionnel de masse. Il n’y a pas de modèles d’affaires dans le tourisme autochtone. C’est donc, avant tout, un accueil conçu, réalisé et géré par des populations autochtones et villageoises ayant la volonté de maîtriser leur développement et de bénéficier, les premiers, des recettes de cette nouvelle activité économique. Le tourisme y est toujours le résultat d’une longue concertation. Ses conséquences et ses répercussions ont été étudiées et sont constamment évaluées. La communauté montre à la fois une réelle aptitude à l’accueil et un désir de partage et d’échange. Les ressources naturelles sont gérées avec soin. Les retombées en matière d’emplois ne sont pas réservées à une poignée de privilégiés et les bénéfices font l’objet d’une redistribution équitable.

L’intérêt croît dans nos sociétés pour ces peuples et pour ce qu’ils peuvent nous apporter. Le tourisme se redéfinit alors comme un lien permettant à des cultures de se reconnecter entre elles.

Mais qui est au juste ce voyageur amateur de «tourisme autochtone»? L’étude de l’Union Nationale des Associations de Tourisme (UNAT) révèle que près des deux tiers des personnes interrogées se déclarent intéressées par le tourisme solidaire. Elles l’associent spontanément au commerce équitable. Ces nouveaux voyageurs veulent: «avoir des contacts avec la population locale, connaître et respecter la nature et le patrimoine local, savoir exactement à qui va l’argent payé pour le voyage et se sentir utile au pays visité».

Être un touriste responsable, c’est aussi savoir anticiper l’effet, y compris négatif, qu’on peut avoir sur la survie des villages-hôtes, en exploitant les ressources rares comme l’eau, les combustibles et les produits agricoles de base en régions désertiques ou de haute montagne. Des «codes de conduite», des «chartes éthiques» existent aujourd’hui et servent à guider les voyageurs. Ils ont été conçus par les communautés hôtes en concertation avec les professionnels de l’écotourisme (1). La plupart des hôtes qui accueillent des touristes ont dressé un inventaire des comportements à adopter et de l’étiquette à respecter lors de leurs séjours.

Le tourisme autochtone ne se réduit pas, fort heureusement, à une succession de devoirs. Il apporte d’abord des plaisirs inédits comme la découverte d’un autre rythme de vie, celui de l’hôte. Les Saami du nord de la Suède accueillent le nouvel arrivant avec ces mots: «Notre programme? Eh bien… Jour 1: surprise! Jour 2: surprise! Jour 3: surprise!» Indulgence, humour, chaleur et dévouement sont de mises. Les communautés prennent aussi, de jour en jour, plus clairement conscience qu’un accueil bien pensé, planifié et autogéré peut devenir un outil de reconquête, de réappropriation culturelle et un levier de revendications territoriales.

(1) Chartes éthiques et codes de conduite:

Charte éthique du voyageur d’Atalante

Code de conduite de TIES

 

Sites Internet:

Arviat Community Ecotourism

Indigee

Mineallin

Nutti Sámi Siida

Spirit Bear Lodge

VisitSapmi

 

Références:

– Bechtloff, Katja. Nutti Sámi Siida Leads the Way for Responsible Development of Indigenous Ecotourism in Swedish Sápmi, yourtravelchoice.org, 21 juin 2011.

– Blangy, Sylvie. «Co-construire le tourisme autochtone par la recherche-action participative et les Technologies de l’Information et de la Communication», thèse pour l’obtention du grade de docteur de l’Université Paul Valéry Montpellier III, septembre 2010.

– Blangy, Sylvie. «Le Guide Des Destinations Indigènes», Indigene Editions, Collection Indigène Esprit, 2006, 384 pages.

– Blangy S. et A. Laurent. «Le tourisme autochtone. Un lieu d’expression privilégié pour des formes de solidarité innovantes», TEOROS- Revue de recherche en tourisme, Université du Québec à Montréal, numéro spécial sur le tourisme solidaire, septembre 2007.

– Blangy S. et R. Lemelin. «Special Issue on « Aboriginal Ecotourism »», The Journal of Ecotourism, Guest editors (dir.), juin 2009, double volume.

– Blangy, S., R. McGinley et R.H. Lemelin. «La recherche action participative et collaborative autochtone peut-elle améliorer l’engagement communautaire dans les projets touristiques?», Teoros, vol. 29, no 1 : printemps 2010.

– Butler, Robert et Tom Hinch. Tourism and Indigenous Peoples: Issues and Implications, Burlington, Butterworth-Heinemann, 2007.

– Canada’s Arctic Journal Above and Beyond. « The Arviat Community Ecotourism Initiative », mai/juin 2011.

– Donohoe, H. et Blangy, S. «The Role of Indigenous Tourism in Supporting and Meeting the United Nations Millennium Development Goals», dans K. Bricker, R. Black et S. Cottrell (dir.), «Ecotourism and Sustainable Tourism: Transitioning into the New Millenium», Jones and Bartlett, 2011.

– Inuit Heritage Trust. Sivumut Piruqpalliajuq (Gaining Towards the Future): Heritage Training Institute, consulté le 12 octobre 2011.

– Robins, Mike. «Preserving Inuit Cultural Traditions Through Tourism in Arviat, Nunavut, Canada», Papier soumis pour la 3e Conférence internationale sur la philanthropie des voyageurs, Costa Rica, 20-23 juillet 2011.

– Statistique Canada, Division de la démographie et Institut de la statistique du Québec, Direction des statistiques sociodémographiques. MRC et territoires équivalents, population selon l’âge et le sexe, consulté le 13 octobre 2011.

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Ailleurs dans le monde Hébergement

Albergo diffuso : pour développer l’offre d’hébergement autrement

Des bâtiments situés dans des quartiers historiques se dotent d’un second souffle et hébergent des visiteurs avides de connaître et de vivre la culture du lieu. Voici l’albergo diffuso, un concept italien qui allie l’ancien à la modernité.

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Tourisme durable

Démystifier la perception de certains consommateurs par rapport au tourisme vert

Les voyageurs soucieux de l’environnement croient présentement que le tourisme vert se pratique principalement dans les hôtels. Ce type de consommateurs souhaite pouvoir participer aux démarches écologiques existantes et y contribuer par de petits gestes, même en vacances! Bien qu’ils soient sensibles aux enjeux environnementaux, ils n’aiment pas devoir payer plus cher pour obtenir des produits et des services verts.

Des voyageurs «écoresponsables»

Une étude effectuée par la firme CMIGreen Community Marketing inc. présente la perception des voyageurs ayant une conscience écologique «très grande» ou «extrême» en ce qui concerne le tourisme vert. Le sondage reposait sur un échantillon composé de 951 personnes ayant fait, au cours de la dernière année, un séjour d’une nuit et plus à plus de 80 kilomètres de leur domicile. Les répondants provenaient majoritairement des États-Unis (76%) et du Canada (12%). Près de la moitié (44%) a fait au moins un séjour urbain, et environ un participant sur cinq (22%) a déjà voyagé au Canada.

Concrètement, quelles actions exécutent ces voyageurs qui accordent une si grande importance à l’environnement? Les petits gestes tels qu’éteindre les lumières ou le climatiseur en sortant de la chambre d’hôtel, recycler ainsi que réutiliser les serviettes et les draps s’inscrivent dans les pratiques courantes de plus de 75% des répondants (voir graphique 1). Consommer localement et minimiser son empreinte écologique en privilégiant les transports en commun et en réutilisant sacs et bouteilles sont aussi des démarches importantes pour plus de 50% de ce groupe. Près de 30% de ces individus partagent, avec les responsables des entreprises visitées, leurs commentaires quant à leur performance en matière d’écologie et font la promotion du tourisme vert en partageant ses expériences avec d’autres.

 

L’hôtellerie dans le point de mire des préoccupations vertes

Selon le CMIGreen Traveler Study Report, l’élément qui contribue le plus au tourisme vert est l’écoresponsabilité des hôteliers (voir graphique 2). Outre cet aspect incontournable, il existe une grande disparité entre les réponses des participants, ce qui laisse sous-entendre que le concept de tourisme vert demeure encore vague.

Pour être considérés par une clientèle sensible aux questions environnementales, les hôteliers doivent faire preuve d’initiative sur plusieurs plans, par exemple: la mise en place de programmes facilitant la responsabilisation des clients, la gestion énergétique du bâtiment, le contrôle de la consommation d’eau et l’utilisation de matériaux et de produits verts (voir graphique 3).

 

Le sondage met en évidence l’importance d’offrir des choix aux visiteurs désirant contribuer aux démarches lancées par les hôteliers. D’ailleurs, lorsque de telles options existent, 90% des voyageurs écoresponsables souhaitent y participer volontairement. Ce constat n’est pas surprenant, puisqu’à la maison, une forte majorité de répondants a pris l’habitude de recycler (92%), de faire un effort pour minimiser sa consommation d’eau, de gaz et d’électricité (88%) et d’entreprendre plusieurs autres actions vertes. Ne pas pouvoir poursuivre ces efforts à l’extérieur de leur domicile pourrait être un irritant pour ces voyageurs, voire aller à l’encontre de leurs valeurs.

Lorsque les pratiques d’un hôtelier s’inscrivent dans une démarche verte, celui-ci a tout avantage à l’indiquer sur son site Internet. Plus de la moitié (51%) des personnes interrogées lors de l’étude ont mentionné avoir visité directement les portails des entreprises pour découvrir si l’établissement sélectionné agit de façon écoresponsable. Mais attention au greenwashing (lire aussi: Gare au greenwashing, votre réputation est en jeu!), soyez honnête et n’inventez surtout rien.

Quand vient le temps de choisir un hôtel, les deux arguments décisifs touchent l’emplacement de l’hôtel (27%) et le coût des services (26%) (voir graphique 4). Les réponses concernant des pratiques vertes demeurent toutefois importantes, mais n’occupent pas le premier rang des facteurs influant sur le choix de l’hôtel.

 

Vert, mais pas à n’importe quel prix

La majorité (62%) des voyageurs interrogés n’ont pas payé plus cher afin de réduire leur empreinte écologique lors de leur dernier voyage, tandis qu’un peu plus du tiers (34%) ont versé une somme représentant de 1% à 10% de plus.

Qu’en est-il des Québécois? L’enquête Ipsos-RVT (lire: les faits saillants de l’étude), effectuée en mars 2011, révèle des conclusions similaires, mais cette fois quant aux intentions futures des Québécois. En fait, on remarque que 60% ne seraient pas prêts à payer plus cher pour un produit ou un service dit «durable». Par ailleurs, parmi les 40% en accord avec ce principe, une majorité (78%) est encline à payer de 1% à 10% de plus (voir graphique 5). Il faut noter que, contrairement à l’échantillon du Green Traveler Study, celui de l’enquête Ipsos-RVT représente des Québécois dont le degré de conscience écologique varie d’un individu à l’autre.

Se lancer ou ne pas se lancer: telle n’est pas la question

Les nouvelles façons de faire pour s’adapter aux défis environnementaux ne représentent pas une tendance passagère, mais bien un enjeu incontournable avec lequel l’industrie touristique doit et devra conjuguer dans le futur. Les consommateurs entament graduellement le pas et exigeront sous peu que les organismes fassent de même. Bientôt, l’écoresponsabilité des gestionnaires d’entreprises ne sera plus perçue comme un extra, mais bien comme un standard. Pour l’industrie, ce ne sera alors plus le coût des investissements verts qu’il faudra évaluer, mais bien le coût de ne pas les avoir faits. Avec des outils de plus en plus accessibles et des exemples de bonnes pratiques présentés sur plusieurs médias, il est aujourd’hui plus facile que jamais de prendre part à cette révolution verte.

 

Analyse réalisée grâce à un partenariat avec Tourisme Montréal sur le tourisme urbain durable

Sources

– ACCOR. «Hôtellerie durable: ready to check in?», juin 2011.

– François-Lecompte, Agnès et Isabelle Prim-Allaz. «Pour une consommation touristique plus durable: quel chemin reste-t-il à parcourir?», 19 mai 2011.

– Marcoux, Aude Marie. «88% des Québécois ne font pas de tourisme écologique», 6 septembre 2011.

– Millar, Michelle et Seyhmus Baloglu. «Hotel guests’ preferences for green guest room attributes», Cornell Hospitality Quarterly, 15 juillet 2011.

– Chevalley, Sarah. «Les clients veulent des hôtels plus verts», L’Écho touristique, 2 septembre 2011, p. 17.

– CMI Green Community Marketing Inc. «The CMIGreen Traveler Study 2010-11».