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Produits et activités

Innovation et différenciation dans les spas

Une innovation réussie résulte de la rencontre de la différenciation et des besoins des consommateurs. Chacun tente d’offrir une expérience mémorable et, plus important encore, des résultats concrets sur la santé et le bien-être des clients. Se distinguer par un design raffiné, une architecture originale ou pro-environnementale, offrir des traitements exclusifs ou optimiser l’utilisation des ressources naturelles locales, rien n’arrête l’industrie des spas dans la course à l’innovation.

Design audacieux et ancré dans le milieu

Construit sur un ancien traversier, le spa Bota Bota est amarré aux Quais du Vieux-Port de Montréal; on peut y vivre une expérience particulière de bien-être en milieu à la fois urbain et maritime. La firme Sid Lee Architecture a d’ailleurs reçu un Lion d’or à Cannes lors du Festival international de la créativité, dans la catégorie «Design», pour ce nouvel attrait du Vieux-Montréal.

 

Source: Bota Bota

Le centre de villégiature et spa Stonewaer Cove reçoit ses clients dans des cabanes sur pilotis au cœur de la Mark Twain National Forest. Ainsi juchées et largement vitrées, les salles de détente et de massage offrent un lieu en symbiose avec la nature.

Source: Discover Spas

Vers des soins santé plus poussés

De nombreux spas ont pris le virage vers la santé et le bien-être, et cette tendance semble perdurer. Selon Amy MacDonald, consultante dans le développement de spas, le segment de clientèle qui recherche un style de vie santé est en hausse. De plus en plus d’individus sont en quête d’une certaine spiritualité.

Parmi les établissements donnant des soins de santé plus avancés, mentionnons le Sanctuary Spa, en Arizona, qui a récemment fait suivre une formation spécialisée à tous ses thérapeutes, désormais qualifiés pour effectuer des massages thérapeutiques aux personnes atteintes d’un cancer. Le Spa Eastman a également formé ses thérapeutes pour mieux répondre aux besoins de cette clientèle. De plus, le spa London Syon Park du Waldorf Astoria s’est affilié à un chirurgien plastique afin de développer des soins avancés de rajeunissement non chirurgicaux.

De telles offres ne rejoignent habituellement pas la majorité de la clientèle, mais permettent à l’établissement de se différencier des autres, ce qui peut néanmoins être rentable.

Pionniers dans les pratiques environnementales

Dans la perspective d’inscrire l’ensemble de l’établissement dans un véritable esprit de bien-être, des pratiques respectueuses de l’environnement sont de mise afin d’assurer une certaine crédibilité. De nombreux spas suivent cette ligne directrice et certains se démarquent par leurs innovations. Situé dans une réserve de l’UNESCO en Malaisie, le spa Andaman n’utilise que des produits et traitements 100% certifiés biologiques. Le principal défi quant aux traitements verts est leur efficacité; il importe donc de prendre le temps de bien les tester.

L’architecture peut également être une façon de faire figure de précurseur en matière d’environnement. Par exemple, le Spa Mont Saint-Hilaire en Montérégie utilise un système géothermique. Les bassins extérieurs chauffés d’un spa sont très énergivores, particulièrement pendant la saison hivernale. Verte et renouvelable, la géothermie permet su Spa Mont Saint-Hilaire de combler presque tous ses besoins énergétiques: chauffer et climatiser un bâtiment de 7 500 pi2, faire fondre la neige sur les sentiers et maintenir la température des bassins. Cette technologie est coûteuse au départ, mais elle permet à l’établissement d’économiser substantiellement par la suite sur les frais d’énergie.

À l’échelle d’une destination touristique

Désigné comme une réserve de biosphère par l’Unesco, le Spreewald Therme en Allemagne est une station thermale qui utilise de l’eau minérale située à plus de 1 300 mètres sous la terre et composée de minéraux et de sels semblables à ceux de la mer Morte. À la découverte de cette source d’eau, la destination a rapidement gagné en popularité grâce à la fondation de plusieurs spas, hôtels et resorts offrant des soins corporels. Une route thématique, kurortroute (routes des spas, en français) ainsi qu’un sentier cyclable sillonnent la communauté. Attrait central de la région en tant que spa de destination, le Spreewald Therme est un complexe moderne de neuf piscines alimentées par l’eau de la source. À des degrés différents (variant entre 18 °C et 38 °C), ces piscines couvrent 772 m2.

 

Source: The New York Times

La Chine, en pleine expansion touristique, accueillera prochainement un resort basé sur des sources d’eau chaude, le Liaoning Wulong International Hot Spring Town. Le coût global du projet s’élèvera à plus de dix milliards de dollars américains. Les créateurs souhaitent rivaliser avec des lieux réputés mondialement tels qu’Evian en France.

Charme historique et traditions ancestrales

La ville de Bath, au Royaume-Uni, est associée à l’hydrothérapie depuis l’Empire romain et a été également très populaire à l’époque georgienne. L’organisme English Heritage a récemment confirmé la création du premier hôtel spa depuis plus de 100 ans. La ville se réapproprie donc ce patrimoine architectural et culturel. Toujours au Royaume-Uni, un luxueux spa, Ellenborough Park, a été construit sur une propriété du 16e siècle dans la région de Cotswolds.

Les spas inspirés par les cultures ancestrales ont vraiment la cote. La dernière décennie a vu la prolifération des établissements «zen» d’influence asiatique. Aujourd’hui apparaissent des spas s’inspirant des traditions amérindiennes. On y offre des rituels basés sur des remèdes anciens et des traitements liés à la terre. Dans les hôtels Marriott de Dubaï du Qatar, les spas Saray offrent un voyage à travers l’histoire et la culture du Moyen-Orient. Au Québec, l’Auberge du Lac-Taureau offre un forfait amérindien.

Vers des soins nouveaux ou un raffinement extrême

Ayant développé un véritable «art de chatouiller», un spa de Madrid, le CosquilleArte, ne titille pas et ne déclenche pas le fou rire. Il s’agit plutôt d’un traitement en douceur visant le corps et l’esprit.

L’aromathérapie est également une avenue innovante. Au NoMi Spa du Park Hyatt de Chicago, on propose une expérience sensorielle complète, où des spécialistes personnalisent un mélange d’huiles essentielles intégré à toutes les étapes du traitement.

En matière de raffinement, mentionnons le nouveau Spa Six Senses de l’Hotel Missoni au Koweït qui offre une variété de traitements dans un décor haut de gamme.

Source: Luxe Magazine

L’industrie des spas s’est depuis longtemps définie comme une composante d’un mode de vie sain plutôt que comme un luxe frivole. L’esprit du moment: authenticité, prévention et design.

 

Sources :

– Bagel Storck, Ann. «Next-Generation Spas», Hotels, juin 2011.

– Bradley, Kimberly. «Hot Water Below Brings Pleasures Above in Germany», The New York Times, 26 août 2010.

– Discover Spas. «New Spa Treehouses to Premier at Stonewater Cove Resort on the Shores of Beautiful Table Rock Lake Memorial Day Weekend», Discoverspas.com, 3 février 2011.

– Gayot.com. «The Current Spa & Salon – Native American Rituals in Washington State», Gayot.com, juin 2010.

– Gayot.com. «CosquilleArte, the World’s First Tickle Spa, Debuts in Madrid», Gayot.com, juillet 2011.

– HMM Editorial Staff. «Top Ten luxury spa openings in 2011», Hospitality World Network, 10 août 2011.

– Lafrance, Annie. «Des spas urbains dépaysants à Montréal», Le Soleil, 28 juillet 2011.

– Luxe Magazine. «Six Senses Spa opens at Hotel Missoni Kuwait», luxemagazine.com, mai 2011.

– Perreault-Labelle, Anick. «La géothermie est aussi rentable pour les petits projets», Les Affaires, 23 avril 2011.

– Spa Eastman. «Le Spa Eastman réalise enfin son rêve d’offrir des services de massothérapie et soins corporels adaptés aux clients atteints de cancer», communiqué de presse, 12 mai 2009.

– Spa Opportunities. «English Heritage grant for Buxton spa hotel», Spaopportunities.com, 8 juillet 2011.

– Spa Opportunities. «Spa opens at historic estate», Spaopportunities.com, 15 juin 2011.

– Turenne, Martine. «Sid Lee: La créativité absolue fait recette», Les Affaires, 9 juillet 2011.

– Tourisme Hôtellerie (Vanessa), «Projet de plus d’un milliard d’euros en Chine pour concurrencer les plus grandes références du thermalisme», Tourismehotellerie.fr, 17 août 2011.

 

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Ailleurs dans le monde Produits et activités

Les Randos Bistrots

La Fédération nationale des bistrots de pays de France répond aux besoins des marcheurs gourmands et avides de découvertes en proposant les Randos Bistrots. Ce projet original vise à sensibiliser le public à la consommation de produits locaux et équitables, tout en valorisant la rencontre avec les producteurs.

Au total, 14 itinéraires sillonnent le Pays de Haute-Provence. Selon le degré de difficulté de la randonnée, un guide du pays ou un accompagnateur en montagne encadre la marche des participants.

Source: Pays de Haute-Provence

Les «menus» de la journée comprennent une variété de visites ainsi qu’un repas pour une somme variant de 26 à 45 euros. Les itinéraires de découverte se déroulent généralement de 8 h 30 à 17 h 30. En voici trois exemples.

Source: Pays de Haute-Provence

Les Randos Bistrots s’inscrivent dans le projet européen Promo Terroir, destiné à mettre en valeur les productions agroalimentaires de qualité des territoires transalpins France-Italie.

 

Sources:

Pays de Haute-Provence

Voyages SNCF

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Produits et activités Tourisme durable

Lorsque le tourisme carbure à l’énergie

La société exige de plus en plus des entreprises qu’elles respectent l’environnement et qu’elles utilisent des énergies renouvelables lorsque c’est possible; le secteur touristique n’y échappe pas. Mais peut-il bénéficier de cette mouvance sociétale? Quel type de clientèle pourrait être intéressée par le tourisme de l’énergie? Deux questions auxquelles ont tenté de répondre des chercheurs de l’University of Natural Ressources and Applied Life Sciences Vienna qui ont présenté les résultats de leurs recherches à la 61e Conférence de l’Association internationale d’experts scientifiques du tourisme (AIEST) à Barcelone en août dernier.

Deux types de clientèle cible

Le tourisme de l’énergie se fonde sur l’idée que les vacanciers peuvent vivre des moments agréables, tout en expérimentant diverses façons d’économiser l’énergie ou d’utiliser les énergies renouvelables. Les chercheurs définissent deux principaux segments de clientèle, soit les touristes avides de connaissances techniques ou scientifiques et les touristes d’apprentissage, qui favorisent l’expérience et la découverte.

Les touristes avides de connaissances techniques ou scientifiques

Cible: les leaders de la communauté, les entreprises, les universités et les écoles techniques.

Conditions préalables: au moins une centrale d’énergie renouvelable ou des concepts énergétiques durables dans la région.

But principal de la visite: l’innovation technique, le transfert des connaissances, les possibilités d’adaptation à leur région d’origine ou à l’intérieur de leur vie professionnelle.

Produit: visites guidées des installations techniques et séminaires axés sur les options d’énergie renouvelable, leurs coûts et leurs avantages.

Communication: axée sur la dimension cognitive compte tenu du concept de transfert des connaissances.

Durée: excursions d’une journée.

Les touristes d’apprentissage

Cible: les familles et les Lohas (acronyme de Lifestyles of Health and Sustainability) ou plutôt les «Lohasians», comme on les appelle aux États-Unis. Ce sont des consommateurs particulièrement préoccupés par l’écologie et qui ont compris, en raison du réchauffement climatique et des effets de la pollution, que leur bien-être passe par la préservation de leur environnement. Les Lohas consomment des produits biologiques, font du yoga, n’achètent que des vêtements ou des produits d’entretien biologiques, conduisent des véhicules hybrides, utilisent le transport en commun ou encore favorisent des systèmes d’énergie renouvelable. Ils donnent un nouveau sens à leur vie à travers ces pratiques.

Conditions préalables: un certain savoir-faire et des infrastructures énergétiques durables dans la région.

But principal de la visite: les loisirs et l’agrément.

Produit: expérience de loisir d’apprentissage permettant de découvrir, par l’exploration personnelle, la pertinence des énergies renouvelables et leur fonctionnalité.

Communication: axée sur l’apprentissage par le jeu, le plaisir et l’émotion.

Durée: plus d’une journée, surtout en offrant des forfaits combinés à l’offre touristique traditionnelle de la région.

La création d’un produit touristique de niche: l’exemple de Güssing, en Autriche

Güssing, c’est l’histoire d’une reconversion. Il y a 20 ans, l’économie de cette ville de 4 300 habitants de l’est de l’Autriche reposait majoritairement sur l’agriculture; les deux tiers de la population active étaient au chômage. Grâce à l’aide financière de l’Union européenne et à l’impulsion du maire, un Centre européen des énergies renouvelables a vu le jour en 1995 et a marqué le tournant de la politique énergétique de la Ville, qui s’est dès lors tournée vers l’énergie solaire et la mise à profit de sa biomasse. Ainsi, plutôt que de laisser ses forêts à l’abandon, la Ville les nettoie et exploite durablement le bois qui ne peut être utilisé par l’industrie forestière. Les résidus organiques sont convertis en biogaz et en biodiesel. Ce changement de cap a fait en sorte que la ville est entièrement autonome sur le plan énergétique; une réussite saluée par un achalandage annuel de plus de 50 000 visiteurs, dont une grande partie provient de l’international.

Source: EEE

Ce succès est également à la base d’un tout nouveau concept inventé par l’Université des ressources naturelles et des sciences de la vie de Vienne, en collaboration avec les acteurs locaux du tourisme, du développement régional, de la politique, du secteur privé et du milieu de l’éducation de la région de Güssing: VISIONe (Vital Solar Innovation energy). Ce projet touristique novateur vise à sensibiliser les gens aux énergies renouvelables. Il inclut un camp «énergie» ainsi que des visites guidées thématiques.

Le camp «énergie»

L’une des principales composantes de VISIONe est le camp «énergie», qui s’adresse aux touristes d’apprentissage et qui favorise la découverte par l’exploration. Les participants y apprennent de façon ludique comment produire eux-mêmes de l’énergie, notamment à l’aide du soleil. La planification et la conception des infrastructures nécessaires à la vie du camp font partie intégrante de l’offre touristique, et les visiteurs doivent se partager les différentes tâches.

Ils dorment dans des tentes munies de panneaux solaires; ceux-ci emmagasinent l’énergie qui servira à éclairer le campement le soir venu. Des chaudrons «solaires» chauffent l’eau nécessaire pour préparer les repas et faire la vaisselle. Des sacs à dos solaires permettent de recueillir l’électricité qui alimentera le cellulaire, l’ordinateur ou la caméra vidéo. Pour le divertissement musical de la soirée, les touristes devront enfourcher une bicyclette afin d’obtenir l’énergie indispensable au fonctionnement de leur lecteur CD.

Les visites guidées du pays de l’écoénergie

Un regroupement de dix municipalités des environs de Güssing qui utilisent plusieurs formes d’énergie renouvelable composent le «pays de l’écoénergie». Cette région offre des visites guidées des usines de production d’énergie combinées à la découverte des attraits culturels tels que le monastère des Franciscains, le château de Güssing, divers musées, vignobles et caves à vin. Tout au long des 120 kilomètres du circuit, les communautés ont érigé des sculptures thématiques qui définissent leur spécificité régionale. Par exemple, une cruche de vin géante se tient à l’entrée d’un village vinicole.

Le Québec est un des leaders mondiaux en hydroélectricité; déjà, ses grandes centrales sont visitées par des milliers de personnes annuellement, sans oublier la Cité de l’énergie qui agit comme un pôle touristique important en Mauricie. Il détient tous les atouts pour se démarquer par une combinaison d’énergies renouvelables (biomasse, énergies solaire ou éolienne, géothermie) et, pourquoi pas, par le tourisme de l’énergie!

Source : EEE

 

Sources:

– Jiricka Alexandra, Ulrike Pröbstl et al. «Creating a powerful niche product: Energy tourism – adapting societal trends to a tourism issue?», présentation lors de la 61e Conférence de l’AIEST, Barcelone, 28 au 31 août 2011.

Sites Internet:

Centre européen des énergies renouvelables

Energy Tourism

 

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Produits et activités Tendances

Tendances et bonnes pratiques dans les destinations touristiques de montagne

Ces dernières années, les centres de villégiature en montagne se sont lancés dans une course effrénée pour devenir des lieux récréotouristiques quatre saisons.

Il est révolu le temps où les stations de montagne misaient uniquement sur le ski pour rentabiliser leurs investissements. Selon un sondage de la revue Ski Area Management (SAM) mené en 2011 auprès de 100 stations de ski en Amérique du Nord, 44% d’entre elles fonctionnent à longueur d’année.

Sur fond d’enjeux financier et environnemental, les acteurs touristiques rivalisent d’ingéniosité pour développer des produits et des services répondant à une demande de plus en plus diversifiée. Voici quelques tendances et bonnes pratiques adoptées par ces territoires en redéfinition.

Des activités récréatives diversifiées

Les activités estivales gagnent en popularité auprès des clientèles des stations. (Lire aussi: La tentation quatre-saisons des stations de ski). Un quart des stations interrogées lors du sondage SAM ont déclaré que l’exploitation estivale génère 20% et plus des revenus annuels. Le vélo de montagne est l’activité sportive estivale (lire aussi: Le vélo de montagne représente-t-il un potentiel touristique sous-exploité?) la plus souvent proposée (61%) après les réunions d’affaires (64%) et les mariages (81%).

D’ici les deux prochaines années, les stations prévoient mettre l’accent sur les activités familiales au détriment des loisirs traditionnels, tels que le tennis ou le golf (voir graphique 1). Un peu moins de la moitié des destinations proposeront la tyrolienne (42%), et presque un quart d’entre elles seront équipées d’une luge sur rail (23%) et d’un parcours dans les arbres (22%).

 

Les murs d’escalade et les sauts à l’élastique sont en forte croissance, ainsi que les parcs de planche à roulettes (skates parks), les parcs aquatiques et les minigolfs. À titre d’exemple, le Massif du Sud en Chaudière-Appalaches se proclame «pourvoirie de sports d’aventures quatre saisons».

De nouveaux segments de clientèles

Dans de nombreuses stations, il est possible de louer des salles pour des évènements festifs ou d’affaires. Banff Centre, situé au cœur du Parc national de Banff, s’est lancé dans le marché des réunions, des voyages de motivation, des conférences et des évènements (MICE). Certaines stations telles que le Crystal, situé sur la côte ouest des États-Unis, ou le Mont-Sainte-Anne ciblent activement le segment des mariages durant la période estivale et louent leurs chalets au sommet des pistes.

 

Source: Crystal Mountain

Les forfaits, la solution miracle à de nombreux maux

Les forfaits se multiplient dans les centres de villégiature. Ils permettent de rendre la destination attractive pour de nouvelles clientèles, d’augmenter la fréquentation en basse saison et d’attirer la clientèle régionale grâce aux courts séjours. De plus, ils répondent aux intérêts diversifiés des voyageurs multigénérationnels et des non-skieurs.

Des séjours pour prendre soin de soi et se faire plaisir

Les spas sont devenus indissociables de l’expérience de villégiature en montagne. La santé et le bien-être sont intégrés dans la commercialisation des séjours et servent même de prétexte pour un regroupement, comme c’est le cas cette année dans la station de Squaw Valley en Californie, où a eu lieu le festival de yoga Wanderlust.

 

Source: First Track On Line Ski Magazine

On observe une amélioration de l’offre culinaire dans certaines stations, qui proposent plusieurs choix pour se ressourcer et mettent en valeur les produits régionaux. La station Samoëns dans les Alpes françaises a organisé cet hiver la première édition de la Semaine Vigneronne. Des stands et des ateliers de découverte permettaient aux touristes de découvrir les vins de plusieurs régions. Au Québec, le Mont Saint-Sauveur vient de commencer le réaménagement complet de son bistro-bar pour en faire le lieu branché de la région, où l’on offrira des menus santé et variés aux visiteurs.

Marketing en ligne, applications mobiles et nouvelles technologies

Le webmarketing est aujourd’hui l’un des plus importants canaux de promotion. Quelques stations tirent leur épingle du jeu. La station Wild Mountain au Minnesota a lancé une promotion sur LivingSocial, un site d’achats groupés, afin de vendre à rabais un forfait incluant les remontées et la location d’équipement de ski. Son objectif était d’attirer une nouvelle clientèle de skieurs débutants.

Source: livingsocial

La station Snowbird dans l’Utah, une des premières à avoir sa propre application, a mis en place une stratégie médias sociaux en intégrant sur son site des contenus partagés par sa clientèle.

Source: Snowbird

La station de Brighton dans l’Utah a installé sur une piste deux appareils photos automatiques qui photographient les skieurs et les planchistes. Ces derniers peuvent ensuite télécharger leurs performances sur la page Facebook de la station.

La compagnie Vail Resorts a créé Epic Mix, une application pour utilisation mobile ou en ligne offrant la possibilité aux clients de ses cinq stations de ski de partager leurs performances sur les réseaux sociaux. Les services sont nombreux: vitesse de descente, classement des skieurs et planchistes, météo, géolocalisation des contacts. Cet hiver, 100 000 personnes l’ont utilisé et 40% d’entre elles ont téléchargé l’application.

Source: Epicmix

Les nouvelles technologies impactent grandement le fonctionnement des stations. Celles du Mont Saint-Sauveur et du Mont Avila implanteront au début de la saison d’hiver 2011-2012 un système de radio-identification aux remontées, capables de détecter les cartes des usagers sans qu’ils aient à la montrer, comme c’est déjà le cas au Massif de Charlevoix.

Une offre élargie d’hébergement

Les offres de location en ligne de propriétés de particuliers sont très nombreuses dans les stations de montagne. Au Québec et en Colombie-Britannique, elles représentent environ 60% des annonces diffusées sur HomeAway. Une telle offre permet d’élargir le bassin de la clientèle potentielle de la destination. Pour beaucoup de gestionnaires de stations, ce type d’hébergement est complémentaire à l’hébergement en condo et en hôtel.

Cependant, cela ne freine pas le développement immobilier des groupes tels qu’Intrawest, Boyne Resorts, Aspen Skiing et Vail Resort. De plus, on assiste à un engouement pour l’achat de maisons secondaires au pied des montagnes. Enfin, de nouveaux projets voient le jour. Au Massif de Charlevoix, le complexe hôtelier de la Ferme ouvrira ses portes au printemps 2012, et au Mont-Sainte-Anne, un centre de villégiature quatre saisons devrait être construit dans les prochaines années.

Source: Le Massif

Le développement durable comme axe de restructuration

La station de Whistler s’est dotée d’un plan à long terme, Whistler 2020. Elle a établi différentes priorités et stratégies pour un développement durable de la station et diffuse sur son site Internet les indicateurs de mesure.

Source: Whistler 2020

L’Association des terrains de golf du Québec (ATGQ) a amorcé cet été une démarche en développement durable et a créé le programme ParTROIS afin de guider les clubs dans l’implantation de mesures visant à obtenir une certification.

La National Ski Areas Association aux États-Unis vient d’ajouter un nouveau volet à sa charte environnementale Sustainable Slopes dédié aux stations, le Climate Challenge. C’est une compétition amicale qui vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Avec l’aide d’experts, les employés des huit stations volontaires se sont engagés dans cette démarche.

 

 

Clientèles à la recherche de nouvelles expériences, menaces du réchauffement climatique, avancées technologiques et popularité des médias sociaux, les enjeux et défis sont nombreux. Mais ils ont conduit les stations à innover afin qu’elles maintiennent leur attractivité, et les quelques projets amorcés au Québec laissent poindre un bel avenir pour les destinations de montagne.

 

Sources:

– Bast, Morgan. «EpicMix gets nearly 100,000 activations in first season», buzz.snow.com, 22 avril 2011.

– Bergeron, Patricia. «Réaménagement à la base de la montagne- Mont Saint Sauveur se peaufine», carnetduski.com, 13 juillet 2011.

– Kahl, Rick. «Condos on the cheap», Ski Area Management, vol. 50, no 2, mars 2011.

– Morrison, Alastair M. «International Trends in Mountain Tourism, Marketing and Development», Belle Tourism Consulting, 2010.

– Organisation Mondiale du Tourisme. «Congrès de l’OMT pour débattre de l’avenir du tourisme de neige et de montagne», www2.unwto.org, 31 mars 2011.

– Rufo Samantha, Ken Castle et Katie Bailey. «Best/Worst Marketing 2010-2011», Ski Area Management, vol. 50, no 3, mai 2011, p. 41-45.

– Ski Area Management. «Sustainable slopes report highlights resorts’ green efforts», saminfo.com, 8 juillet 2011.

– Ski Area Management. «Summer in the mountain», vol. 50, no 3, mai 2011, p.46-47.

– Urban Land Institute. «Ten Resorts Trends», www.uli.org, consulté le 13 juillet 2011.

– Watson, Tom. «Brighton offers freestylers an ancillary stoke», National Ski Areas Association, vol. 19, no 3, juillet 2011.

– Wine Tourism in France. «L’œnotourisme, nouveau sport d’hiver», winetourisminfrance.com, 29 décembre 2010.

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Enjeux Transport

(Éco)Mobilité vers les espaces naturels et les régions rurales

De nombreux Québécois et touristes sont restreints lorsqu’ils visitent la province sans voiture. Se rendre dans des parcs et des campagnes semble parfois même impossible pour ce type de visiteur. Des navettes ou des projets de partenariat avec les compagnies de transport collectif pourraient contribuer à résoudre cette problématique. Nous avons sélectionné trois exemples de bonnes pratiques qui illustrent des solutions d’écomobilité vers des espaces naturels.

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Ailleurs dans le monde Tourisme durable

Les grands bols d’air du Poitou-Charentes

En France, le Poitou-Charentes a lancé un portail entièrement dédié aux produits touristiques verts de sa région. Il s’adresse principalement aux amants de la nature qui souhaitent découvrir et pratiquer des activités écotouristiques. Au menu: de grands bols d’air!

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Hébergement Tourisme durable

Pratiques vertes en restauration

Grands consommateurs d’énergie et d’aliments, les restaurateurs saisissent de plus en plus le rôle qu’ils ont à jouer dans la préservation de l’environnement et des ressources. Et les consommateurs font pression sur eux: 70% souhaitent que les restaurants deviennent plus verts. Alors que de nombreux établissements modifient leurs façons de faire, beaucoup ont encore du chemin à parcourir pour améliorer leurs pratiques. L’heure n’est plus à la réflexion, mais à l’action.

De grands pollueurs

Selon l’Association des restaurateurs du Québec (ARQ), l’industrie serait à l’origine de 17% à 32% des émissions humaines de gaz à effet de serre. Aux États-Unis, la restauration à elle seule représente plus de 33% de l’électricité consommée par le secteur du commerce de détail. Le restaurant américain moyen utilise annuellement plus d’un million de litres d’eau et génère en moyenne 11,5 tonnes de déchets. De plus, il achète chaque année des kilos de viandes, de produits de la mer, de fruits et de légumes qui, souvent, proviennent de régions éloignées ou ont été produits avec divers agents polluants.

Une tendance lourde

La demande pour une consommation plus responsable et des pratiques respectueuses de l’environnement fait partie des grandes tendances qui touchent toute la société, et l’industrie de la restauration n’y échappe pas. Mentionnée entre autres par Food Channel et Hospitality Times, cette tendance repose sur le fait que les consommateurs sont davantage informés des conséquences d’actions irresponsables. Ils se soucient de ce qu’ils mangent, de la provenance des aliments, de leur mode de transformation, de leur fraîcheur ainsi que du cycle saisonnier. Les producteurs locaux prendront plus de place dans l’industrie de la restauration dans le futur et nous verrons le nombre de jardins associés à des établissements s’accroître (lire aussi: À crier sur tous les toits). Les restaurants seront plus nombreux à tenter d’obtenir une certification «verte» pour attirer la niche croissante de consommateurs préoccupés par l’environnement.

Une étude parue dans Tourism and Hospitality Research confirme l’existence d’un marché pour les restaurants verts et révèle que les consommateurs sont prêts à payer davantage pour une telle expérience. En réalisant un sondage auprès de 455 consommateurs de 5 restaurants décontractés (casual dining) de la ville de Colombus, en Ohio, des chercheurs ont tenté de répondre à quatre questions. En voici un petit résumé.

Est-ce que les consommateurs s’attendent à ce qu’un restaurant s’engage dans des pratiques vertes?

Non seulement une majorité (71%) des répondants estiment que choisir un établissement vert aide à la protection de l’environnement, mais ils croient également (70%) qu’il est souhaitable qu’un restaurant agisse en ce sens.

Laquelle des trois pratiques vertes est perçue comme la plus importante aux yeux de la clientèle?

Les chercheurs ont d’abord déterminé à partir des lignes directrices de la Green Restaurant Association (GRA) trois principaux axes d’interventions possibles: les actions vertes (énergie, efficacité, recyclage, construction, etc.), les aliments verts (biologiques et locaux) ainsi que les actes de compensation (dons ou engagement dans des projets verts). Il ressort de l’enquête que les actions vertes sont perçues comme plus importantes, suivies par le choix des aliments.

Dans quelle proportion les consommateurs sont-ils prêts à payer davantage pour fréquenter un restaurant vert?

Un pourcentage particulièrement élevé (85%) des répondants seraient prêts à payer une somme additionnelle pour un restaurant vert (voir graphique 1). Environ 20% se disent d’accord pour débourser un excédant d’au moins 10%.

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Les débuts des programmes de certification

Au même titre que l’industrie hôtelière, celle de la restauration se dote de certifications pour encadrer les initiatives des exploitants ainsi que pour différencier les établissements engagés dans une démarche environnementale. Aux États-Unis, la GRA fraye la voie depuis 1990.

En octobre 2010, l’ARQ annonçait le lancement de la phase préliminaire du projet Resto-Vert, un programme de certification environnementale visant à accroître et à reconnaître les efforts écologiques de l’industrie de la restauration. Ce projet répond à la demande des intervenants; 96% des 299 restaurateurs interrogés en 2008 estimaient «important que les entreprises du secteur de la restauration se préoccupent de l’environnement et fassent des efforts pour améliorer la situation».

Au Canada, le programme de certification pour restaurants et services d’alimentation Leaders in Environmentally Accountable Foodservice (LEAF) a vu le jour à Calgary en 2009. Peu d’établissements y sont pour le moment associés, mais Toronto compte maintenant son premier restaurant vert. Le propriétaire du Cowbell n’achète ses produits que dans un rayon de 200 km et utilise des matériaux recyclés et d’occasion pour la décoration, par exemple des bancs d’église.

 

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Source: Cowbell Restaurant

Quelques exemples d’actions possibles

Plusieurs sources d’information donnent des conseils en matière de bonnes pratiques. Voici quelques exemples d’actions possibles.

  • Afin de conserver l’eau et l’énergie, utilisez un lave-vaisselle efficace et écoénergétique, un éclairage homologué Energy Star et des toilettes à faible consommation d’eau.
  • Achetez des produits consignés, réutilisables et recyclés (serviettes de table par exemple) tant pour la clientèle que pour le personnel. Utilisez des bacs de récupération et de compostage si possible.
  • Effectuez un entretien approprié des filtres d’aération, gardez les espaces de rangement ou extérieurs exempts de déchets, d’huile ou d’autres polluants potentiels.
  • Choisissez des aliments biologiques locaux produits de façon responsable.

Alors qu’un nombre croissant de restaurants adoptent un comportement plus responsable, la nature des actions progresse également. Certes, on recycle, mais on fait des choix de produits beaucoup plus réfléchis. Un nombre grandissant d’établissements entretiennent leur propre jardin, parfois sur leur toit; certains élèvent même leurs animaux. On évite également de servir les espèces en danger ou en voie d’extinction. À cet effet, le chef du restaurant Heaven City à Mukwonago au Winsconsin va plus loin et met de l’avant des espèces invasives. Le Invasivore Tapas Dinner contribue à rétablir l’équilibre marin, car il est composé de poissons et de fruits de mer qui prennent trop de place dans certaines régions. Dans la même veine, le parc aquarium Exploramer en Gaspésie propose le programme de certification «Fourchette bleue, pour une saine gestion des ressources marines». Celui-ci encourage les restaurants et les poissonneries à offrir des saveurs méconnues parmi les nombreuses espèces comestibles du Saint-Laurent, dans une perspective de développement durable et de protection de la biodiversité.

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Source: Exploramer

En outre, des organismes collectent et distribuent de la nourriture provenant de restaurants ou d’événements. Mentionnons l’heureuse initiative de la Tablée des chefs avec leur service de courtage en alimentation durable, qui sert d’agent de liaison entre les producteurs de surplus alimentaires comestibles et les organismes qui les redistribuent aux personnes dans le besoin.

Un positionnement marketing encore peu utilisé

L’intégrité de l’environnement naturel est souvent un élément clé pour un lieu touristique, particulièrement pour les établissements d’hébergement situés en milieu naturel. Les hôteliers sont impliqués dans l’amélioration des pratiques environnementales depuis plusieurs années. Ce n’est pas nécessairement le cas de l’industrie de la restauration qui en est encore à ses débuts. Elle peut faire mieux et profiter de l’occasion pour en faire un positionnement marketing!

Sources:

– Bay Area Green Business Program. «Becoming a Green Restaurant», consulté le 9 mars 2011.

– Brooks, Steve. «Next gen green», MonkeyDish, 4 mars 2011.

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Gestion Tourisme durable

Des pratiques et des modèles d’affaires touristiques durables

Les hauts dirigeants en tourisme qui étaient présents à la dernière conférence du World Tourism Forum à Lucerne arrivent à la même conclusion: la pérennité de l’industrie passe par des pratiques et des modèles d’affaires durables. Les initiatives des entreprises touristiques prennent la forme de politiques internes, de partenariats ou de projets novateurs. Certains professionnels de l’industrie voient déjà au-delà du triple résultat (sur les plans économique, social et environnemental) pour y rattacher la notion d’engagement à l’égard de la marque. Voici quelques témoignages de différents secteurs d’activité.

Des programmes internes qui font la différence

Pionnier, le Paradise Bay Resort and Spa se distingue par un programme durable unique en son genre dans les Caraïbes. Pour garantir un séjour «vert» à ses hôtes, le resort a installé un moulin à vent qui permet de répondre à une très grande partie des besoins énergétiques de la propriété. Le centre de villégiature compense également les émissions de carbone des vols, du transport local ainsi que des activités des clients par le recours à des énergies renouvelables. En plus d’être alimenté en partie par de l’énergie éolienne, l’établissement utilise l’énergie solaire et cultive son propre potager biologique.

Des nouveaux partenariats fleurissent

Selon Intergovernmental Panel on Climate Change, les émissions de CO2 causées par les déplacements aériens sont plus dommageables que celles provoquées par les activités terrestres à cause des polluants rejetés dans l’atmosphère supérieure, entraînant deux à quatre fois plus de dégâts.

Conscientes de ce défi, quelques compagnies aériennes testent des solutions énergétiques plus durables. Ainsi, British Airways, qui prévoit utiliser les biocarburants pour alimenter une partie de sa flotte à partir de 2014, s’est alliée à Solena Group, une firme spécialisée en bioénergie et basée à Washington DC. Les deux partenaires construisent une usine pour convertir une grande variété de déchets destinés à l’enfouissement en biocarburant pour les avions. À la fin de son implémentation, l’usine permettra de convertir 500 000 tonnes de déchets par an en 16 millions de gallons de biocarburants. Selon British Airways, ce volume dépasse le double de la quantité nécessaire pour rendre tous ses vols, via l’aéroport de Londres, neutres en émissions de carbone. Ce partenariat unique avec Solena ouvrira la voie à la réalisation de l’ambitieux objectif de British Airways: réduire ses émissions de carbone de 50% d’ici 2050. De plus, cette initiative permettra à la Ville et à l’aéroport de Londres de diminuer considérablement leurs coûts de gestion et d’enfouissement des déchets urbains.

Solena travaille sur un projet similaire avec la compagnie aérienne australienne Qantas.

L’hôtellerie aussi a développé des partenariats salutaires. Dans le cadre de sa stratégie visant à réduire les émissions de carbone, Marriott International a signé un accord de l’ordre de 2 millions de dollars américains avec l’État brésilien Amazonas afin de protéger et de préserver 1,4 million d’acres de forêt tropicale en voie de disparition en Amazonie. La zone porte le nom de The Juma Sustainable Development Reserve.

La préservation des forêts tropicales est une pierre angulaire de la stratégie environnementale de Marriott, qui permet aussi à ses clients de contribuer au fond Juma pour compenser volontairement les émissions causées par leur séjour à l’hôtel.

Des modèles d’affaires novateurs

Certaines entreprises sortent de l’ordinaire dans le but de sensibiliser les consommateurs et d’établir de nouvelles façons de faire. C’est le cas des restaurants végétariens Otarian situés à Londres et à New York, qui sont les premiers établissements à mesurer l’empreinte écologique de chaque élément de leur menu. L’objectif principal de cette démarche est d’encourager les clients à réfléchir sur les répercussions de leurs choix alimentaires et de comprendre les avantages environnementaux de la réduction de la consommation de viande.

La compagnie Sustain, qui a mesuré l’empreinte écologique des aliments, a tenu compte de chaque étape du cycle de vie des produits, incluant l’approvisionnement des matières premières, la fabrication, l’emballage, le transport, la cuisine et l’élimination du produit.

Toujours dans le but de créer une plus value pour le voyageur, un nouveau genre d’entreprises touristiques voit le jour. Tel est le cas de moteurs de recherche comme Carbon Friendly Flight qui permettent aux voyageurs d’effectuer des recherches de vols selon leur impact environnemental, entre autres.

Source: Globaltravelmarket

En 2009, l’outil a enregistré environ 10 000 recherches; 57% des visiteurs ont sélectionné l’option de vol la plus verte même si son prix était en moyenne plus élevé de 19%.

De son côté, Gap Adventures, un tour-opérateur canadien qui figure parmi les précurseurs du tourisme durable dans les années 1990, a aujourd’hui élargi son modèle 3P (personnes, planète et profit) à un concept plus évolué. Depuis sa création, Gap Adventures a étendu ses activités à plus de 1000 itinéraires dans une centaine de pays. Selon l’inspirant fondateur et président Bruce Poon Tip, au-delà du modèle du triple résultat (triple bottom line), les entreprises doivent davantage enrôler leurs employés ainsi que leurs clients dans cette voie.

Pour une entreprise dont les activités s’étendent à l’international, comment s’assurer que les employés qui la représentent donnent la même qualité de service et qu’ils démontrent leur engagement et leur affiliation à la marque, sans même ne jamais avoir rencontré leurs collègues?

 

pratiques_touristiques_durables_image1

Source: Présentation de Gap Adventures au World Tourism Forum – Lucerne, avril 2011

 

M. Bruce Poon Tip pense que pour y parvenir, il est nécessaire d’enrôler les employés dans le modèle d’affaires de l’entreprise et d’impliquer les voyageurs au-delà du produit vendu.

Gap Adventures base son modèle d’affaires sur la notion du bonheur dont traite le livre Delivering Happiness: A Path to Profits, Passion, and Purpose. M. Bruce Poon Tip met un point d’honneur à transposer ce concept philosophique dans la gestion de ses équipes et dans l’animation de sa communauté de voyageurs.

Selon lui, une entreprise doit créer un environnement qui offre aux employés un sentiment de:

  • perceived progress (percevoir la possibilité de progresser et de développer sa carrière);
  • perceived control (avoir un sentiment de contrôle sur son travail et sur son avancement);
  • connectedness (être en contact et en bonne relation avec ses collègues);
  • vision/meaning (faire partie de quelque chose de plus grand que soi).

Ce sont là, selon M. Bruce Poon Tip, les fondements mêmes du bonheur (voir image).

Source: Présentation de Gap Adventures au World Tourism Forum – Lucerne, avril 2011

Pour que les clients s’investissement dans cette cause, GAP Adventures a créé la fondation Planeterra, qui gère plus de 30 projets de développement communautaire à travers le monde et qui offre aux voyageurs la possibilité de participer au bien-être des populations qu’ils rencontrent dans leurs circuits.

Google et Apple, des géants de la gestion de la marque et de l’engagement du consommateur, reconnaissent l’intelligence du modèle d’affaires de Gap Adventures. La compagnie canadienne a également reçu les honneurs de Condé Nast Traveller et de National Geographic.

Ralentir la croissance touristique pour épargner l’environnement n’est pas une solution viable. Plusieurs économies en voie de développement dépendent de cette industrie souvent considérée comme une importante source de devises. En revanche, les modèles d’affaires des entreprises touristiques doivent impérativement changer et intégrer des pratiques de gestion durables.

«Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s’adaptent le mieux aux changements.» (Charles Darwin – 1809-1882).

Sources:

– Conférence du World Tourism Forum, à Lucerne en avril 2011.

– Walsh, Luke. «Restaurant puts carbon footprint on the menu», edie.net, 26 avril 2010.

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Tourisme durable

Quelques réflexions pour les décideurs sur le tourisme durable

À l’heure actuelle, l’économie mondiale vit de grands bouleversements. Le poids économique de l’Asie qui devient prédominant, la croissance des écarts entre les riches et les pauvres, le rythme accéléré du changement, l’accroissement de la population, l’augmentation de la consommation et la rareté des ressources en sont quelques exemples. Le World Tourism Forum tenu à Lucerne en avril dernier a levé le voile sur les nouvelles réalités qui poussent l’industrie touristique à innover pour gagner en efficacité, tout en préservant la qualité des richesses naturelles. Que nous réserve le futur et quels sont les obstacles et les défis qui guettent nos entrepreneurs?

Que nous réserve l’avenir?

Le tourisme joue un rôle essentiel dans l’économie mondiale. Le World Travel & Tourism Council (WTTC) et Oxford Economics projettent qu’en 2011, l’industrie représentera 6 billions de dollars américains, c’est-à-dire 9,5% du produit intérieur brut mondial, et emploiera près de 260 millions de personnes. Dans 10 ans, on estime que ces chiffres seront respectivement de 9,2 billions de dollars américains pour 324 millions d’emplois.

Par ailleurs, la demande mondiale de pétrole devrait croître d’environ 22% au cours des 20 prochaines années, surtout en Chine, en Inde et dans d’autres économies émergentes. Les transports représenteront 97% de cette augmentation. Ces prévisions signifient que la dépendance des économies du monde par rapport à l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) sera grandissante, que les processus de forages seront plus coûteux et que les prix seront plus volatils.

À l’avenir, l’industrie touristique aura crucialement besoin de solutions énergétiques efficaces qui lui permettront de soutenir sa croissance, tout en continuant d’offrir des produits et services rentables et abordables.

Les pratiques durables sont essentielles

On observe un désir croissant des consommateurs pour la responsabilité sociale et environnementale, l’interaction et les expériences de voyage authentiques ainsi que les pratiques commerciales équitables. Les entreprises qui s’adaptent à ces nouvelles réalités et qui les intègrent à leur philosophie sont les mieux outillées pour les années à venir. Pourquoi est-ce si crucial?

  • Sans la préservation des ressources naturelles (plages, déserts, montagnes, récifs coralliens, forêts et jungles) et des richesses culturelles (traditions, us et coutumes), l’essence même du produit touristique est compromise.
  • Les pratiques durables peuvent donner de meilleures marges de profits, grâce à des coûts d’exploitation réduits et à un meilleur positionnement auprès des consommateurs.

Bien que la volonté des professionnels touristiques soit au rendez-vous, plusieurs d’entre eux témoignent des défis que représente l’intégration du concept de durabilité dans cette industrie.

Les défis du tourisme durable

Malgré les quelques micro-solutions déployées par les professionnels du milieu, sur une grande échelle, l’industrie touristique continue de faire face à certains défis.

  • La durabilité ne doit pas être exclusive. L’écotourisme ne peut pas, à lui seul, résoudre le problème de la durabilité dans l’industrie touristique. Ce type de voyage s’adresse à un petit marché et n’atteint pas la masse critique nécessaire pour constituer une solution pour les grandes destinations. «It is a micro- solution for a micro problem, it can not be a destination game.» Professeur Ernst A. Brugger.
  • L’industrie touristique est diversifiée. Plus de 80% de l’activité mondiale du voyage est représentée par des petites et moyennes entreprises (PME), dont beaucoup sont situées dans des pays en voie de développement. Or ces PME ont souvent un accès limité à la connaissance, aux ressources et à l’efficacité énergétique. Par conséquent, une partie du défi consiste à tenir compte de la localisation, de la diversité et de la taille des entreprises touristiques.
  • Un investissement à long terme. Au-delà de l’investissement technologique, les investissements éducationnel et institutionnel nécessitent du temps. En effet, la sensibilisation et la formation adéquate de la main-d’œuvre s’étalent sur plusieurs années. De plus, pour qu’un appareil législatif et régulateur atteigne une maturité d’exécution, il faut que le processus soit testé et peaufiné des années durant, voire des décennies.
  • Une perception non fondée. De nouvelles surtaxes environnementales basées sur une perception erronée imposent un fardeau à l’industrie touristique. Celle-ci doit largement communiquer sa grande valeur économique ainsi que ses progrès continus déployés en matière de durabilité, surtout que le voyage contribue relativement peu aux émissions mondiales de carbone. Il est primordial de changer l’image de l’industrie.

Pour réussir à dépasser ces contraintes, certaines conditions telles que l’innovation technologique, la coordination entre les intervenants et la mise en place d’un cadre législatif s’avèrent importantes. Voici des facteurs clés de succès nécessaires pour une transition durable de l’industrie.

  • Favoriser la technologie et l’innovation. L’innovation technologique joue un rôle crucial dans le développement durable. L’organisation mondiale du tourisme estime que plus d’un tiers du potentiel d’atténuation d’émissions de CO2 au cours des 20 prochaines années peut être réalisé grâce à l’innovation, notamment en facilitant les transferts de connaissance des pays développés vers les pays en développement. L’industrie doit se concentrer sur l’expérimentation de nouvelles technologies pour réduire les émissions de carbone, accroître l’efficacité énergétique et recourir à des solutions renouvelables, limitant ainsi les déchets et l’utilisation excessives des ressources naturelles.
  • Coordonner l’implication des intervenants sur tous les plans. La durabilité exige une collaboration entre le gouvernement, les intervenants du secteur privé, les Organisations Non Gouvernementales et les communautés d’accueil. Ces partenariats doivent être menés tant sur le plan micro-économique (hôtels, restaurants, attractions, associations, fédérations et regroupements) que sur le plan macro-économique (transport, routes, infrastructures, sécurité, éducation, etc.). En outre, un leadership et une vision claire doivent guider l’industrie globalement.
  • Investir dans la sensibilisation. Une meilleure compréhension des répercussions des changements climatiques influera sur le choix de consommation des générations futures. Même si le coût et la commodité demeureront des facteurs clés dans les décisions de voyage, les conséquences sur l’environnement deviendront le troisième facteur important pour les entreprises et les particuliers.

Pour soutenir sa croissance économique, l’industrie touristique doit se mobiliser pour trouver des solutions énergétiques efficaces, accessibles et rentables, capables de préserver les ressources naturelles et d’améliorer les expériences de voyage.

 

Source:

– Conférence du World Tourism Forum Lucerne – Avril 2011

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Hébergement Tourisme durable

Tirer des leçons du concept d’écolodge

Il n’est pas nécessaire de prétendre au statut d’écolodge pour se laisser inspirer par sa philosophie, que ce soit pour l’harmonie avec l’environnement, l’ancrage dans la communauté ou l’éducation des clientèles. Comprendre le concept constitue la première étape d’un cheminement vers l’écohébergement, repenser sa façon de faire, la deuxième et, qui sait, en récolter fierté et bénéfices par la suite.

En quoi consiste le concept d’écolodge ?

La construction d’écolodges un peu partout à travers le monde vient du fait que les communautés autochtones considèrent l’écotourisme comme une façon durable de promouvoir leur mode de vie et de préserver leur culture ainsi que la biodiversité. Il s’agit d’un concept plutôt récent (environ dix ans), mais bien défini, même s’il n’existe pas encore de certification reconnue pour ce type d’établissement. Une définition généralement acceptée est celle de Hitesh Mehta, auteur du livre International Ecolodge Guidelines:

«Un écolodge est une infrastructure d’accueil, de 5 à 75 chambres, financièrement durable, construite dans un souci d’harmonie avec la nature et dont l’impact sur l’environnement est par conséquent minime. Il contribue à protéger les espaces environnants fragiles, implique les communautés locales et leur permet de générer des bénéfices, offre aux touristes une expérience interprétative et interactive, et s’avère propice à une communion spirituelle entre nature et culture. L’écolodge est pensé, conçu, construit et exploité en accord avec des principes environnementaux et sociaux responsables.»

Atout France cite encore cet auteur, selon qui l’écolodge doit respecter trois principes fondamentaux:

  • la conservation patrimoniale;
  • les retombées positives pour les communautés locales;
  • l’interconnaissance entre le visiteur et la population d’accueil.

Voici d’autres critères de reconnaissance d’un écolodge qui peuvent être applicables à n’importe quel lieu touristique:

  • la participation à la conservation de la faune et de la flore;
  • la collaboration avec la communauté locale;
  • les programmes d’interprétation éducatifs pour les employés et les touristes liés à la richesse naturelle et culturelle de l’environnement;
  • l’utilisation de solutions de rechange pour la consommation économique de l’eau;
  • les dispositifs de réduction et de recyclage des déchets;
  • l’utilisation de ressources renouvelables en énergie;
  • la construction privilégiant matériaux et techniques traditionnels ou leur contrepartie contemporaine;
  • la réduction maximale des répercussions sur l’environnement pendant la construction;
  • l’immersion dans l’environnement physique et culturel et le respect de l’architecture traditionnelle;
  • la contribution au développement durable des communautés locales à travers des programmes d’éducation et de recherche.

En fait, l’objectif dans plusieurs cas est que le site soit en meilleur état après la construction. Pour ce, on procède de plusieurs manières: on reboise, on améliore la qualité de l’eau, on enrichit les sols, on protège la faune, on instaure des programmes de restauration, etc.

Puisque la construction des écolodges est en lien avec les contextes économique et touristique du pays, les enjeux ne sont pas les mêmes s’ils se trouvent au Canada ou en Amazonie, par exemple. Pour les pays en voie de développement, l’écolodge permet une valorisation et le développement des communautés locales. Alors que pour les pays comme le Canada, les États-Unis et l’Australie, il représente davantage un mode de séjour «alternatif» respectueux de l’environnement.

Deux concepts aux antipodes, deux clientèles distinctes

Hector Ceballos-Lascuráin, un réputé auteur sur le sujet, consacre une section sur le concept d’écolodge dans son avant-propos du livre L’écotourisme visité par les acteurs territoriaux: entre conservation, participation et marché. L’hébergement à forfait peut prendre diverses formes et le tableau suivant présente les principales différences entre un établissement de villégiature traditionnel et un écolodge.

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Source: Hector Ceballos-Lascuráin, «L’écotourisme visité par les acteurs territoriaux: entre conservation, participation et marché», p. XIII – adapté de Hawkins et al. «The Ecolodge Sourcebook for Planners and Developers», 1995.

Le concept d’écolodge est plus répandu dans d’autres régions du monde comme le Costa Rica ou l’Australie. Plus près d’ici, deux établissements mettent ces principes en valeur.

– Le Cree Village Ecolodge reflète les valeurs culturelles et morales de la nation crie de l’Eeyou; il est situé sur l’île de Moose Factory, en Ontario, et est géré par des membres de la communauté.

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Source: Cree Village Ecolodge

L’ÉCOlodge Matagami est situé près du 50e parallèle; il offre un hébergement conçu selon des normes environnementales élevées, tout en misant sur le confort et la qualité des infrastructures.

Les principaux attraits de l’écolodge résident dans la qualité de l’environnement immédiat, son emplacement naturel, la possibilité de pratiquer des activités dans la nature et d’établir un contact rapproché avec la culture locale. Son intégration comporte un minimum d’effets négatifs sur le milieu. À l’inverse, l’hébergement traditionnel présente principalement des aménagements et des activités artificiels. Ce dernier ne devrait-il pas s’inspirer davantage des principes de l’écolodge?

Sources:

  • Atout France – Grand Angle. «L’hébergement en espace sensible: les écolodges», numéro 18, janvier 2010.
  • Blangy, Sylvie et Mehta, Hitesh. «Ecotourism and ecological restoration», Journal for Nature Conservation, volume 14, mai 2008.
  • Collectif. «L’écotourisme visité par les acteurs territoriaux: entre conservation, participation et marché», sous la direction de Christiane Gagnon, Presses de l’Université du Québec, Collection tourisme, Québec, 2010, 259 p.

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