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Destinations

Partager le regard des migrants pour découvrir une ville

La diversité fait partie intégrante de lidentité de Bruxelles avec plus de 184 nationalités présentes et environ 100 langues parlées au quotidien. Afin de promouvoir l’appropriation du territoire par les habitants migrants, véritables passeurs de culture et ambassadeurs de leur quartierASBL AlterBrussels a développé un guide touristique alternatif «Un autre Bruxelles, le Bruxelles des autres».  

Le document est produit en collaboration avec une vingtaine d’associations du secteur de la cohésion sociale et de l’apprentissage du français et de l’alphabétisation. Les visiteurs peuvent également voir l’exposition «Bruxelles des autres» qui reprend une portion des textes et des photos réalisés par les différents participants du projet (voir la vidéo).  

ASBL AlterBrussels estime qu’il s’agit d’une bonne occasion de donner la parole aux citoyens de la ville, de favoriser les échanges et de réfléchir sur le développement d’un tourisme inclusif et accessible. Cela renforce également l’attractivité des quartiers de la capitale eune meilleure répartition des flux sur le territoire bruxellois. Le projet a remporté le prix de la meilleure initiative durable2019 lors des Visit Brussels Award2020. 

 

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Hébergement Marketing

Une chasses aux trésors pour promouvoir son hôtel

La pandémie mondiale touche fortement le secteur de l’hôtellerie. En manque de voyageurs internationaux, de nombreux établissements d’hébergement mettent sur pied des initiatives pour attirer la clientèle locale.  

Les propriétaires de QT Hotel & Resort à Aucklanden Nouvelle-Zélande, ont décidé de célébrer l’ouverture de leur nouvel hôtel en offrant 150 nuitées gratuites aux résidents. Pour gagner, les citoyens devaient participer à une chasse au trésor et dénicher une clé qui se trouvait dans un des boitiers sécurisés, dissimulés aux quatre coins de la ville. Chaque boîte comportait un code à déchiffrer. Pour faciliter quelque peu la quête aux chasseurs, les codes étaient publiés quotidiennement sur le site Web de l’hôtel, mais sans spécifier la localisation des boitiers auxquels ils étaient associés, bien sûr! 

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Source : Instagram 

Il s’agit d’une initiative originale poucréer un buzz autour de l’ouverture d’un hôtel, favoriser les staycations et faire de la promotion dans sa communauté par l’implication active des résidents. 

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Destinations Produits et activités

Vitaliser les espaces extérieurs en hiver

À l’approche de l’hiver, plusieurs organisations, entreprises, municipalités et citoyens appréhendent la saison froide en temps de pandémie. Pour des raisons de santé mentale et physique, la population aura plus que jamais besoin de sortir. Cet hiver, la qualité de vie des citoyens passera entre autres par l’aménagement des sites extérieurs.

 

 

 

Un hiver de proximité

La fermeture des frontières ainsi que les restrictions en matière de déplacements et de rassemblements continueront de frapper la scène touristique du Québec cet hiver. Dans ce contexte limitatif, il faudra faire preuve de flexibilité, d’innovation et de simplicité pour que les Québécois puissent profiter des lieux extérieurs à proximité de leur domicile.

Lors de la conférence « L’hiver en temps de COVID : adapter nos espaces publics », qui s’est tenue à la mi-octobre, les intervenants ont soulevé le fait que plusieurs initiatives pourront être déployées cet hiver, même en zone rouge. Par exemple, embellir et entretenir les espaces de déambulation, les rendre plus sécuritaires, inclusifs et accessibles. Une fois plus accueillants, ces corridors encourageront la libre circulation vers des commerces locaux ou des places publiques dans lesquelles on pourrait joindre des animations sporadiques.

Pour clarifier l’étendue des possibilités, Jérôme Glad, cofondateur de La Pépinière, Espaces Collectifs, a présenté une charte qui reprend les codes de couleurs évoqués par le gouvernement.

pepiniere_espaces_collectifs_zonesSource : La Pépinière, Espaces Collectifs

Offrir un cadre et laisser la magie opérer

Pour sa part, Olivier Legault, cofondateur du Laboratoire de l’hiver, croit qu’il faut miser sur l’action citoyenne, offrir un cadre et laisser la magie opérer. En créant des pôles de voisinage en ville ou en intégrant de modestes aménagements sur les rues principales ou dans les cœurs villageois en région, on met en place un environnement qui facilite l’appropriation des lieux par les communautés. Encore une fois, la simplicité s’impose : jeux de lumière, chauffage d’appoint, butte de neige, patinoire et terrasse éphémère. En initiant de petites actions, on laisse les citoyens adapter le projet à leurs couleurs.

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Source : Le Laboratoire de l’hiver

Dans un contexte où chacun doit respecter des mesures de distanciation sociale, vouloir aménager et animer des lieux représente un défi supplémentaire, particulièrement dans les zones plus touristiques ou dédiées au divertissement. Tel que précisé par Catherine Girard-Lantagne, directrice de la programmation pour le Partenariat du Quartier des Spectacles, il devient laborieux de créer une proposition, car « le but est d’attirer des gens… mais pas trop, il faut que le concept soit intéressant… mais pas trop, l’annoncer… mais pas trop fort ».

Dans de telles conditions, le mieux consiste à développer un projet qui pourra répondre aux différentes phases de confinement émises par la santé publique et de concevoir un canevas souple dans lequel s’imbriqueront diverses animations, selon les possibilités du moment.

Imaginer, créer, s’inspirer

En cette période de COVID-19, l’enjeu de l’aménagement impose des réflexions et des actions rapides. Plusieurs designers, architectes, urbanistes et autres experts pluridisciplinaires ont documenté des bonnes pratiques afin d’accompagner les autorités locales dans l’élaboration de concepts adaptés à la nouvelle réalité.

Dans son recueil « Reactivating Space in the Age of COVID-19 », la firme coUrbanize & Bench Consulting affirme que les meilleures stratégies possèdent trois caractéristiques communes. Elles :

  1. tournent autour d’une programmation extérieure ;
  2. stimulent l’économie « hyperlocale » ;
  3. reflètent les besoins uniques des communautés d’aujourd’hui.

En prévision de l’hiver, de nombreux appels à proposition et concours sont lancés afin de dénicher des solutions pour vitaliser les espaces extérieurs. Par exemple, Bench Consulting a organisé la compétition « Winter Places » dans le but d’identifier des installations à faibles coûts et à implantation rapide. Le but étant de ramener les visiteurs sur les rues principales et d’encourager les commerces qui s’y trouvent. Voici une idée issue de cette initiative.

Le projet Snowed In consiste à construire des cloisons de neige soutenues sur une simple structure de bois afin de couper le vent. Imaginées par l’organisme Stantec, ces barrières peuvent s’adapter à divers contextes et même faciliter la création de zones qui favorisent la distanciation sociale.

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Source : projet Snowed In de Stantec

À Chicago, le concours Winter Dining visait à concevoir des terrasses et des espaces extérieurs dédiés à la restauration. À la mi-octobre, trois gagnants ont été sélectionnés sur plus de 640 propositions. Les concepts retenus consistent en des cabines chauffées, des unités modulaires avec sièges et chauffage ainsi que des tables basses chauffantes. 

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Source : projet Block Party 

Un hiver qu’il faut apprivoiser

L’amour pour les festivals et les carnavals d’hiver, les sports et les activités de plein air s’inscrit dans l’ADN de bien des Québécois. Or, pour plusieurs, le grand défi consiste à embrasser le quotidien hivernal. Il y aura certes un « avant » et un « après » pandémie. Cette ère peu ordinaire pourrait être l’occasion de s’intéresser et de documenter les bienfaits qu’apporte l’aménagement des lieux de proximité des Québécois, en ville comme en région. Cette crise permettra de tirer beaucoup d’enseignements pour améliorer la qualité de vie des citoyens durant la saison froide. Car n’oublions pas que cette pandémie n’est qu’éphémère alors que l’hiver reviendra chaque année !

 

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Hébergement

L’hébergement touristique au Québec : des performances inégales pour la saison estivale

La Chaire de tourisme Transat, en collaboration avec le ministère du Tourisme, l’Alliance de l’industrie touristique du Québec et les associations régionales et sectorielles, a suivi de près les répercussions de la COVID-19 sur l’industrie touristique grâce à une série de trois enquêtes. 

Les résultats présentés ci-après proviennent de la collecte en ligne réalisée du 14 au 24 août dernier auprès de 1 210 organisations touristiques québécoises. Ils mettent en perspective la situation des répondants du secteur de l’hébergement, ce qui correspond à un échantillon de 502 répondants.

Amélioration de la santé financière pour une majorité d’établissements

Plus de la moitié (56 %) des répondants appartenant à l’hébergement touristique estiment que la situation financière de leur organisation s’est améliorée depuis le début de l’été ; davantage que la moyenne de l’industrie touristique (45 %). Cette amélioration est surtout attribuable à la performance des résidences de tourisme (catégorie qui comprend les chalets), à celle des campings/prêt-à-camper/hébergement insolite ainsi qu’à l’hôtellerie de moins de 100 chambres. Toutefois, la catégorie d’hébergement dont la situation financière s’est dégradée pour la plus grande part des répondants depuis juin est l’hôtellerie de 100 chambres et plus. Le portrait pour les pourvoiries est plus mitigé : la moitié des répondants affirment que la situation s’est améliorée alors que 41 % déplorent plutôt une détérioration de leur santé financière.  

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Préoccupés par les pertes financières

Les pertes financières, les liquidités et l’endettement de l’organisation sont les éléments qui soulèvent le plus d’inquiétudes chez les répondants du secteur de l’hébergement touristique au Québec (voir le graphique ci-dessous). Globalement, les niveaux de préoccupation sont assez semblables à ceux de l’ensemble de l’industrie. Toutefois, les responsables de l’hôtellerie de 100 chambres et plus sont davantage préoccupés que ceux d’autres catégories d’hébergement, et ce, pour la plupart des indicateurs pour lesquels ils ont été sondés. Les répondants des résidences de tourisme et des campings, quant à eux, sont significativement moins préoccupés que ceux de plusieurs autres secteurs, dont l’hôtellerie et les gîtes.

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Une satisfaction inégale

La satisfaction à l’égard de la saison estivale varie fortement selon le type d’hébergement. Les campings et les résidences de tourisme remportent les moyennes les plus fortes alors que l’hôtellerie de 100 chambres et plus enregistre une moyenne beaucoup plus faible compte tenu de la forte proportion d’insatisfaction face à la saison estivale 2020. À titre comparatif, le niveau de satisfaction moyen pour l’ensemble de l’industrie touristique s’élève à 6,0. Il se situe à 6,2 pour l’hébergement.

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Performance par rapport à 2019

En moyenne, les entreprises de l’industrie touristique évaluent avoir reçu l’équivalent de 70 % de l’achalandage enregistré à l’été 2019 durant la saison estivale 2020. Cette moyenne est similaire pour l’hébergement (69 %), mais elle varie beaucoup selon le type d’établissements. Certains déclarent une fréquentation comparative plus accrue que les autres, notamment les campings (91 % de l’année 2019), les résidences de tourisme (88 %) et les pourvoiries (72 %).

Le chiffre d’affaires a souffert de la baisse d’achalandage. La clientèle hors Québec dépense généralement plus que les visiteurs intra-Québec. Ainsi, les répondants de l’hébergement touristique estiment que l’été 2020 a permis de récolter 63 % du chiffre d’affaires de 2019. Les campings (79 %), les résidences de tourisme (78 %) et les pourvoiries (66 %) s’en sortent mieux que les autres.

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Un avenir incertain

Alors que 37 % des répondants d’établissements d’hébergement sondés sont plutôt inquiets pour la survie de leur organisation d’ici les six prochains mois, c’est le cas de plus de la moitié (52 %) de ceux qui représentent les gîtes ou encore les hôtels de 100 chambres et plus (54 %).  

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Le milieu de l’hébergement de plein air, soit les campings, les résidences de tourisme et les pourvoiries, se dit plutôt optimiste face à l’avenir. Le graphique suivant démontre en effet que si ce n’est déjà fait, un retour à la normale des activités est envisageable d’ici un an pour la plus grande part de ces types d’établissements. Il en est de même pour l’hôtellerie de moins de 100 chambres et les gîtes, qui croient en un retour à leur vitesse de croisière habituelle d’ici un an ou deux. Les répondants pour l’hôtellerie de 100 chambres et plus se disent plus pessimistes. Les signaux envoyés jusqu’ici leur indiquent que cette reprise pourrait prendre deux (47 %) voire trois ans (34 %). 

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Le 3e volet du sondage de la Chaire de tourisme concernant les impacts de la COVID-19 sur l’industrie touristique vient confirmer certaines observations quant à la forte attractivité des destinations de plein air durant l’été 2020, et ce, au détriment des grandes villes. Ces dernières, où se trouvent plus des trois quarts des répondants de l’hôtellerie de 100 chambres et plus, font face à de nombreux défis qui pourraient s’exacerber si la crise sanitaire perdure. En milieu rural, l’attrait du plein air ouvre de nouvelles fenêtres pour les organisations concernées, du moins tant que le confinement est levé.

Pour en savoir plus, consultez les faits saillants du 3e volet de l’enquête portant sur l’impact de la COVID-19 sur les organisations touristiques québécoises. 

 

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Destinations

Profiter de la crise pour réinventer la ville et le tourisme

Une pause révélatrice du tourisme urbain

Les villes fortement sollicitées sur le plan touristique jusqu’à récemment connaissent une accalmie inespérée depuis la mi-mars. À Amsterdam, l’ambiance a radicalement changé. La très forte progression du nombre de visiteurs au cours de la dernière décennie a généré des effets collatéraux non désirables comme une désertion des restaurants et des cafés du centre-ville par les résidents. La pandémie aura provoqué leur retour. Ces derniers découvrent leur ville sous un jour nouveau. Ils apprécient la tranquillité, la propreté, ainsi que la résurgence du néerlandais comme langue d’approche au lieu de l’anglais.

Même constat à Venise et à Barcelone. La pandémie aura permis une réappropriation des lieux par la population locale, mais aussi une remise en question quant à la gestion des flux et de certains enjeux ayant contribué jusque-là à l’abandon des quartiers centraux par les résidents. Le prix des loyers couplé à leur rareté due, en partie, à la prolifération des locations de type Airbnb, en est un exemple.

La mobilité active à l’honneur

Une ville paraît très différente lorsqu’elle n’est plus dominée par la circulation automobile. Les stimulus ne sont plus les mêmes. L’air est également moins pollué. La piétonnisation des rues, la création de voies cyclables, l’ouverture des espaces publics pour les restaurants et les cafés permettent aussi de vivre la ville autrement. Cette tendance de réaménagement pour faciliter la mobilité active et la fréquentation des commerces locaux, dans un contexte où la distanciation physique constitue le mot d’ordre, est observable partout sur la planète.

Les autorités de nombreux centres urbains sont d’avis qu’il faut profiter de l’occasion pour mieux planifier l’avenir.

Les autorités de nombreux centres urbains sont d’avis qu’il faut profiter de l’occasion pour mieux planifier l’avenir dans une optique de développement durable, autant en matière d’aménagement que de gestion touristique.

Mieux aménager

À Paris, la mairesse Anne Hidalgo a des plans audacieux. Elle souhaite profiter du courant des derniers mois et pousser encore davantage les initiatives pour encourager les déplacements à pied et à vélo. Elle met de l’avant le concept de « ville ¼ d’heure », qui consiste à favoriser la mixité des vocations dans les quartiers afin que chaque résident puisse travailler, faire ses courses, accéder à des espaces verts et se divertir dans un rayon de 15 minutes. Ce modèle séduisant permet de créer des milieux de vie dynamiques et attractifs à échelle humaine. Il engendre aussi une stimulation de l’économie locale, une réduction du recours à l’automobile et suscite l’esprit de communauté.

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Source : Paris en commun!

Ce modèle peut paraître utopique, surtout pour les villes canadiennes où le transport en commun et les aménagements pour les déplacements actifs font cruellement défaut. C’est d’ailleurs dans cette mouvance qu’une cinquantaine d’experts et de personnalités influentes au pays, sous l’impulsion de l’ex-urbaniste en chef de la Ville de Toronto, Jennifer Keesmaat, signent la Déclaration 2020 pour la résilience des villes canadiennes.

Réparer 50 ans de développement non durable mettant notamment en péril l’accès à la propriété, la santé des populations, la qualité de l’air et de l’eau et la santé économique à long terme des villes, voilà l’intention de ce groupe multidisciplinaire. Il propose de développer une économie verte, propre et sobre en carbone en changeant la façon de planifier et d’opérer les milieux urbains.

Les signataires formulent ainsi 20 mesures à mettre en place comme point de départ à ce virage. Celles-ci se regroupent sous trois thématiques. À titre d’exemple, voici ces grands thèmes accompagnés chacun d’une mesure :

Assurer une occupation responsable du territoire

  • Restreindre la location à court terme de logements pour assurer que ceux-ci ne soient pas à nouveau soustraits du marché locatif de l’après-COVID-19.

Accélérer la « décarbonisation » de nos systèmes de transport

  • Prioriser la transformation des rues et des routes existantes pour le transport actif, à la fois pour la période immédiate de reprise post-pandémie et comme mesures permanentes, tout en ajoutant de l’espace supplémentaire pour répondre aux besoins des personnes à pied, celles à mobilité réduite ou à vélo.

Adhérer au développement durable dans nos environnements naturels et bâtis

  • Adopter un plan détaillé et financé visant l’atteinte d’un couvert forestier urbain de 40 %.

Avec la pression que subissent actuellement les budgets municipaux, les propositions soumises dans cette déclaration nécessitent principalement une réallocation des ressources plutôt que des investissements supplémentaires. Un examen des priorités s’avère donc essentiel.

Mieux planifier la gestion touristique

Dans certaines villes européennes, la gestion des flux touristiques à l’égard de la reprise fait partie des grands enjeux. L’organisation à but non lucratif Amsterdam & Partners, dont la mission consiste à vendre la ville comme endroit pour vivre, travailler et découvrir, œuvre sur une relance durable et mise sur un meilleur équilibre visiteurs/visités. Ces efforts ont débuté il y a environ deux ans, alors que les résidents démontraient leur exaspération face à une situation devenue intolérable. La Ville ainsi que des mouvements de citoyens ont contribué à mettre en place plusieurs mesures, comme le resserrement des contrôles sur les locations d’appartement à court terme, ou encore la campagne de sensibilisation « We live here » visant à rappeler les règles de civisme aux touristes venus faire la fête.

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Source : We live here

Amsterdam & Partners travaille actuellement sur une campagne qui vise à séduire les voyageurs d’affaires, ceux qui s’intéressent aux musées et au patrimoine, mais aussi la population locale et les invite à redécouvrir l’offre culturelle, le centre historique ainsi que d’autres quartiers moins connus. L’OGD souhaite aussi donner une grande vitrine aux entrepreneurs locaux. Son but : profiter de l’accalmie pour développer une économie touristique qui ne nuit pas à la viabilité de la population.

Vers le tourisme lent

À Venise, des groupes de citoyens se forment pour éviter le retour à la case départ. On souhaite retrouver la possibilité d’habiter la ville, de consommer dans les commerces du centre et de profiter de ses beautés. On encourage aussi le tourisme lent, c’est-à-dire les séjours avec nuitées plutôt que les excursions d’un jour — l’un des enjeux importants de Venise —, et la fréquentation des artisans, des églises et des musées à un rythme raisonnable. On y voit là une façon de mieux disperser les visiteurs et de favoriser les interactions de qualité avec les résidents.

On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs

Mais ces propositions de changement de cap provoquent des débats. De nombreuses entreprises attendent le retour de la manne touristique avec impatience. Plusieurs ont été contraintes de mettre la clé sous la porte. Un virage vers un tourisme plus durable et harmonieux bousculera les conventions et les modèles d’affaires.

Profiter de l’impulsion du moment

Miser sur des villes qui répondent d’abord et avant tout aux besoins des résidents, où règne une économie durable et diversifiée, grâce à une mixité harmonieuse de commerces et d’usages semble faire consensus parmi les experts de la planification urbaine. L’occasion de corriger le tir est unique. Saurons-nous tirer profit de cet élan ?

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Produits et activités

Le vélo électrique pour propulser le tourisme plus loin

Déjà offert depuis quelques décennies, le vélo électrique est bien connu des cyclistes, mais son poids et son volume massif le rendaient moins désirable. Toutefois, l’année 2016 marque le début d’un second souffle. Une nouvelle technologie propulse le bolide à deux roues : la batterie au lithium. Plus légère, performante et durable que celles au plomb et au nickel, elle charme les fabricants et révolutionne le marché.

S’observe alors une éclosion de prototypes et cette concurrence provoque une baisse du prix affiché. Ce phénomène attire l’œil de la firme internationale de statistique Statista, qui réalise en 2017 une large étude sur la consommation de vélos électriques à travers le globe. Les résultats reflètent la réalité : on constate un boum des ventes en Europe et en Asie Pacifique.

Cette tendance ne fait qu’augmenter depuis. En 2009, près de 500 000 vélos électriques parcouraient les routes du Vieux Continent. En 2018, on en comptait autour de 2,6 millions.

Aux États-Unis, selon le groupe NPD, spécialiste en mobilité, la popularité du ebike explose depuis 2016 (voir image ci-dessous).

Source : Cycle Volta

Si la bicyclette assistée était déjà en vogue, la pandémie lui donne une bonne poussée. Aux mois de mars et avril 2020 seulement, aux apogées du confinement, les ventes ont augmenté de 87 % aux États-Unis. Statista projette que le marché mondial du vélo électrique aura une valeur de 24 milliards de dollars américains en 2025, comparativement à 16,3 milliards en 2017.

Source : Statista

Le potentiel du vélo électrique en tourisme

La montée du vélo électrique dessine-t-elle une occasion pour le tourisme au Québec ? Plusieurs destinations optent pour ce moyen de transport durable qui favorise la distanciation physique et donne une plus grande accessibilité aux territoires.

Bicle, une plateforme Web pour les professionnels du deux-roues motorisé, suggère aux entreprises touristiques de proposer la location de vélos électriques. En ville comme dans les attraits ou les parcs régionaux et nationaux, ils représentent d’excellents outils pour renouveler l’offre cyclotouristique. On peut penser à des tours guidés urbains, ou encore des escapades de plusieurs jours, voire de plusieurs semaines. Le bolide attire les amoureux du confort et du plein air, mais donne aussi l’occasion aux sportifs de se dépasser, en allant plus vite et plus loin. Plusieurs voyagistes en profitent.

En Australie, dans les territoires montagneux du Nord, la compagnie Outback Cycling propose d’enfourcher un vélo électrique pour une tournée des microbrasseries qui inclut une nuitée sous les étoiles.

Source : Outback Cycling

Dans plusieurs pays d’Europe, l’offre d’ebike semble s’installer. En France, le site Web Rando Vanoise propose une carte interactive identifiant des endroits propices à sa pratique dans le parc national de la Vanoise. Pour les régions aux grands dénivelés comme l’Autriche et l’Allemagne, l’assistance électrique repousse les limites des voyages en distance et en temps. Les destinations soleil telles que la Croatie, le Danube et le sud de la France combinent vélo à propulsion et navigation à voile pour réinventer la mobilité sans moteur à essence. Les séjours varient de quelques nuitées à plusieurs semaines.

Source : UTracks

Aux États-Unis, les gestionnaires de grands espaces comme le National Park Service travaillent depuis plus d’un an à introduire le ebike dans les parcs nationaux. La possibilité de réduire la congestion automobile, d’augmenter la qualité de l’air des sites et de diminuer la demande en stationnement motive l’accueil de ce silencieux véhicule. La compagnie Escape Adventure offre déjà plus d’une trentaine de tours en bicyclette électrique combinés à des activités de plein air à travers les majestueux paysages des territoires protégés. Ces aventures, qui paraissent moins exigeantes que les séjours à vélo traditionnels, attirent les débutants en cyclisme, les familles et les retraités actifs.

Source : Escape Adventure

Ebike au Québec

Au Québec, c’est plutôt récemment que le ebike arpente les décors urbains et ruraux. La première compétition de vélo de montagne électrique a eu lieu en 2019 au mont Saint-Anne. En février 2020, il « volait la vedette » au Salon du vélo de Montréal. L’association Aventure Écotourisme Québec liste déjà au moins quatre entreprises de plein air qui louent des vélos à assistance et des e-fatbike en région.

Quelques facteurs indiquent que l’industrie touristique pourrait bénéficier de la bicyclette motorisée. Selon une étude de la Chaire de tourisme Transat réalisée en 2017 auprès des Québécois ayant effectué une activité de plein air au cours des trois années précédant le sondage, le vélo sur route représentait le loisir le plus populaire. La principale raison qui démotive 31 % des cyclistes québécois à voyager à vélo (incluant au moins une nuitée) demeure l’exigence physique qu’il requiert. Offrir le confort de l’assistance électrique pourrait pallier le cafard de l’effort. Quelque 58 % des répondants ont indiqué que la possibilité de louer du matériel les encourageait à « pratiquer des activités en nature ».

Quelques défis à relever

Bien que l’univers touristique l’acclame pour ses nombreuses vertus, le vélo électrique s’invite sur des voies déjà occupées. Plus vite que le vélo traditionnel, mais plus lent que la voiture, sa place doit s’harmoniser aux parcs automobiles et cyclistes. En 2018, l’administration Trump donnait carte blanche à l’utilisation du vélo électrique sur les sentiers destinés aux bicyclettes non motorisées. Même si elle demeure controversée par les réseaux de protection de la nature et les communautés de chasse, l’industrie en pleine croissance se montre convaincante et pousse l’adoption de cette nouvelle mesure. Les vélos électriques des classes I à III* s’invitent sur les pistes normalement réservées aux vélos de montagne, à condition qu’ils restent sur assistance seulement.

Le vélo électrique arrive et son récent gain en popularité représente une occasion pour développer l’offre touristique durable et devenir une solution intéressante pour découvrir les villes, les villages et les parcs autrement. Saurez-vous en profiter ?

 

 

*Il existe trois classes de vélos électriques : les véhicules de la classe I fournissent une assistance au pédalage pour les cyclistes roulant jusqu’à 36 km/h ; ceux de la classe II sont actionnés par un accélérateur positionné sur le guidon et ne dépassent pas les 36 km/h ; et ceux de la classe III assistent aussi le pédalage, en plus d’être en mesure d’atteindre les 45 km/h.

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Destinations

Distanciation physique : les milieux urbains s’organisent

La vigilance s’impose

Bien que le déconfinement progressif soit en cours à peu près partout dans le monde, la distanciation physique devra être maintenue durant encore plusieurs mois, la saison estivale n’y échappant pas. Un traitement efficace ou un vaccin à la COVID-19 verra possiblement le jour, mais dans un délai qui peut s’étirer jusqu’à un an et demi.

En attendant, la vie reprendra tranquillement. Les résidents voudront profiter du beau temps et, dans un avenir plus ou moins rapproché, des visiteurs s’ajouteront à la population et déambuleront dans les rues. Comment faire pour respecter l’éloignement physique dans un tel contexte ? Par ailleurs, les autorités des grandes villes craignent que les transports en commun soient boudés par les travailleurs de retour au boulot au profit de l’auto solo, un scénario non souhaitable.

L’urbanisme tactique à la rescousse

Comme on l’a vu jusqu’à maintenant, les autorités municipales font preuve d’imagination pour aider les citadins à respecter un certain écart entre eux lors de leurs déplacements. Elles ont recours aux méthodes de l’urbanisme tactique, qui normalement consiste en « des aménagements temporaires qui utilisent du mobilier facile à installer (et à désinstaller) pour démontrer les changements possibles à l’aménagement d’une rue, d’une intersection ou d’un espace public. On peut ainsi montrer comment l’aménagement peut influencer le comportement des usagers. » (Définition élaborée par le Centre d’écologie urbaine de Montréal.)

En effet, comme les trottoirs devant les commerces de proximité tiennent lieu de salle d’attente pour les clients, certaines rues sont amputées de places de stationnement au bénéfice des passants. Mais des villes vont plus loin et prévoient de transformer des voies et des places publiques pour favoriser les déplacements actifs sécuritaires, mais aussi pour accommoder les commerçants.

Vilnius : la ville devenue terrasse

Les restaurants et les cafés, durement affectés par la crise, devront rouvrir tout en respectant les mesures de distanciation physique. La plupart des établissements ne disposent pas de l’espace nécessaire pour rentabiliser un tel aménagement. À Vilnius, en Lituanie, les autorités ont rapidement pallié ce problème en permettant aux restaurateurs et aux exploitants de cafés d’installer des tables sur les espaces publics à proximité de leur commerce et même dans certaines rues. Cette destination gourmande s’est émancipée touristiquement au cours des dernières années, grâce entre autres, à une campagne marketing audacieuse intitulée : « Vilnius, the G-spot of Europe ». Elle doit aujourd’hui se tourner vers les visiteurs « hyperlocaux », comme partout ailleurs.

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Source : Go Vilnius

Revoir la vocation des rues

À Bruxelles, le secteur du centre-ville nommé le Pentagone devient provisoirement une zone de rencontres, soit un quartier où les piétons et les cyclistes ont la priorité sur toute la largeur de la voie publique. Les autos peuvent y circuler, à une vitesse maximale de 20 km/h.

La Ville d’Oakland, en Californie, transforme quelque 120 km de rues (près de 10 % de son réseau routier) en voies pour les piétons, les cyclistes et les personnes en fauteuil roulant. L’accès aux voitures est réservé aux résidents et aux véhicules d’urgence.

À Portland, en Oregon, le Bureau des transports lance un plan d’adaptation des rues pour faire face à la crise. L’initiative Slow Streets|Safe Streets prévoit, selon le type de secteur, la fermeture de certaines artères à la circulation automobile, l’élargissement des trottoirs, l’aménagement de pistes cyclables, l’ajout d’espaces pour les piétons aux intersections ou encore la création de zones dédiées aux camions de livraison, etc.

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Source : City of Portland

La piétonnisation des rues principales

En Alberta, les élus de Canmore envisagent de piétonniser la rue principale pour une réouverture sécuritaire des commerces en favorisant la distanciation physique des visiteurs. La petite municipalité de 12 000 habitants vibre grâce notamment à la vivacité de sa rue commerçante. En fait, les autorités hésitent à prendre cette décision de peur de créer un achalandage trop élevé. La Ville travaille ainsi de concert avec la Canmore Business Association pour trouver une solution viable pour tous.

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Source : Downtown Canmore/Facebook

À Montréal, la promenade Wellington sera piétonne pour la période estivale. Cela facilitera la fréquentation des lieux tout en maintenant une certaine distance entre les marcheurs, mais permettra aussi aux restaurateurs et aux propriétaires de cafés d’agrandir leurs terrasses et ainsi d’accueillir plus de clients.

Offrir la rue pour les déplacements actifs

La mairesse de Paris, Anne Hidalgo, refuse de voir sa ville envahie par les voitures après le confinement. Ce dernier a permis de constater à quel point la cité est apaisée lorsque les autos désertent les rues. Pour favoriser les déplacements à pied et à vélo, la rue de Rivoli, un axe important à Paris, devient presque entièrement dédiée aux cyclistes et aux piétons. Aussi, on prévoit d’ajouter de nouvelles pistes cyclables et d’autres chaussées seront fermées à la circulation automobile, au bénéfice des piétons.

De nombreuses villes américaines comme Boston et Minneapolis choisissent de consacrer certaines rues aux cyclistes et aux piétons. Même New York compte y réserver jusqu’à 160 kilomètres de voies publiques. Seuls les résidents et les livreurs pourront circuler en voiture, à une vitesse de moins de 10 km/h. La vidéo suivante illustre le projet NYC Open Streets :

Source : NYC Dot

Des changements temporaires ?

Cette crise pourrait bien accélérer le processus de réappropriation des centres urbains par les résidents, les piétons et les cyclistes. Certains de ces aménagements éphémères constituent de véritables projets pilotes qui transformeront probablement notre rapport à la ville et pourraient s’inscrire dans la « nouvelle normalité ».

 

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Le surtourisme : amplification médiatique, mais enjeux réels

La Chaire de tourisme Transat, en collaboration avec Tourisme Montréal, a dévoilé, le 21 janvier, les sept tendances qui rythmeront l’activité touristique dans les prochaines années. Les conférenciers Paul Arseneault et Pierre Bellerose ont partagé le fruit de leur réflexion afin d’aider les entreprises à amorcer la nouvelle décennie.

Certains problèmes associés à une trop forte concentration de visiteurs dans un espace et un temps précis font la une des médias. Les prévisions en hausse du tourisme international, en plus des budgets imposants en marketing des organisations de gestion de la destination (OGD), laissent envisager d’autres situations conflictuelles.

Le terme surtourisme (overtourism) — apparu dans les médias en 2015 — est souvent utilisé de manière alarmiste et associé à des phénomènes négatifs, mais est-il possible de reprocher aux touristes d’être présents si une destination les invite?

Comment expliquer le phénomène?

Le surtourisme s’applique sur un territoire lorsque les flux touristiques excèdent la capacité de charge sociophysique d’un espace dans un contexte précis et que cette situation provoque des réactions chez les populations résidentes.

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Il s’agit d’un phénomène plutôt rare et complexe, aux causes multiples et variant d’une destination à l’autre. Certaines études permettent désormais de mieux comprendre le surtourisme. Voici les principaux facteurs qui l’expliquent :

  • La croissance du tourisme et des flux touristiques (massification), souvent directement alimentée par le marketing de la destination;
  • La trop forte concentration en certains lieux précis, sans égard à leur capacité de charge, souvent imputable à la sous-gestion des grands flux de visiteurs, pourtant prévisibles;
  • Les enjeux de développement et de gouvernance des destinations, associés au manque de planification de l’activité touristique et sous-estimés dans les plans d’urbanisme et les schémas d’aménagement régionaux.

Ces facteurs devraient inciter les OGD à adopter de meilleures pratiques.

Les paradoxes du surtourisme

Le tourisme peut jouer un rôle positif dans la revitalisation de certains milieux. Ainsi, le développement touristique permet des investissements majeurs dans la revitalisation d’artères commerciales désuètes, dans la mise en valeur de bâtiments patrimoniaux ou dans la diffusion de traditions et de savoir-faire locaux. Mais le tourisme peut aussi être perçu comme une menace à la qualité de vie, même là où il constitue l’une des principales activités économiques. Cette perception négative provient souvent de l’observation de nuisances diverses telles que les comportements inappropriés, la pollution, la congestion, etc.

Y a-t-il des solutions?

Différentes mesures de prévention ou de mitigation peuvent être mises en place afin de mieux gérer une affluence problématique.

Miser sur la qualité des expériences offertes plutôt que sur le nombre de visiteurs

Il s’agit d’un enjeu majeur d’après divers dirigeants d’OGD. Pour y parvenir, le profil et les comportements des touristes doivent être pris en compte selon leur contexte d’accueil, afin d’encourager la rencontre harmonieuse et d’éviter la confrontation. Savoir optimiser les retombées pour les résidents tout en accueillant moins de visiteurs, voilà le défi à relever dans les prochaines années.

Mieux comprendre les préoccupations citoyennes et assurer des retombées positives

Cette démarche mise sur l’écoute et une plus grande participation des communautés résidentes. La coopération entre les parties prenantes doit permettre une réflexion approfondie sur les politiques et les pratiques locales à mettre en place afin d’assurer une meilleure distribution des flux touristiques. Ainsi, les impacts négatifs diminueront au profit d’effets positifs.

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Améliorer les pratiques de planification et de gestion locales de l’activité touristique

Les responsables du développement de l’offre, de la mise en marché et de l’accueil doivent travailler davantage en amont avec les professionnels participant à l’aménagement et à la gestion du territoire de la destination : urbanistes, aménagistes, gestionnaires de parcs, responsables des transports, etc.

Diverses stratégies permettent d’intégrer de manière plus harmonieuse les flux touristiques à la dynamique locale, afin de réduire la pression sur les milieux fragiles. En voici quelques-unes :

  1. Des actions réfléchies en marketing : limiter l’augmentation de la demande dans certains lieux, à des périodes précises, en cessant toute forme de promotion.
  2. La mise en place de certaines mesures contraignantes : limiter la demande en imposant des tarifications, des règles ou des conditions limitatives.
  3. L’étalement de la demande : promouvoir les destinations moins connues ou promouvoir seulement en basse saison pour répartir les flux dans le temps et l’espace.
  4. L’amélioration des infrastructures et des services : fournir des structures, des services à l’accueil de visiteurs afin de réduire l’impact sur la vie quotidienne des résidents.
  5. L’éducation : informer les voyageurs des coutumes locales et des comportements à adopter, en plus de créer un sentiment de bienveillance qui participe à rassurer les citoyens.

Pour d’autres suggestions et idées inspirantes concernant la gestion des flux touristiques, il est possible de consulter le rapport publié en 2018 par l’Organisation mondiale du tourisme à l’intention des destinations urbaines, comme le mentionne une précédente analyse.

Bien qu’il soit amplifié par une forte couverture médiatique des cas problèmes les plus connus, comme ceux de Barcelone ou de Venise, le phénomène du surtourisme traduit une réelle sensibilité des populations d’accueil lors d’une trop forte concentration de visiteurs.

Les solutions exigent une action proactive et concertée des responsables du tourisme et de la gestion urbaine des destinations, afin que le voyage soit une occasion de rencontres entre résidents et visiteurs, et non pas une fatalité.

Pour connaître l’ensemble des tendances et trouver du contenu supplémentaire, nous vous invitons à consulter le livre blanc Tendances touristiques 2020 : paradoxes et transformations en cliquant ici.

 

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Sources :

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SWEETS hotel redonne vie au patrimoine industriel

Autrefois utilisées par les personnes responsables de lever des ponts sur les canaux d’Amsterdam, les maisonnettes de pont (bridge house) n’avaient plus leur raison d’être depuis la centralisation des systèmes de contrôle. Ces structures sont aujourd’hui transformées en suites d’hôtel grâce aux travaux initiés par une firme d’architectes et d’un partenaire hôtelier, 

 

Ces petites habitations d’inspiration architecturale diverse ont été construites à différentes époques. La plus ancienne date de 1673 et la dernière, de 2009. Elles sont situées dans différents quartiers de la ville, chaque chambre possède ainsi sa propre histoire.

 

Comme il n’y a pas de réception, les clients réservent leur suite sur le site Web de l’hôtel et se procurent la clé par l’entremise d’une application mobile.

sweets hotel maison canal

Source : © SWEETS hotel / Mirjam Bleeker

 

Ce petit établissement de 28 chambres permet de réaffirmer la place prépondérante qu’occupe l’eau et les canaux dans l’histoire d’Amsterdam. Il donne une seconde vie à ce patrimoine et offre une expérience riche et unique aux visiteurs. De plus, le SWEETS hotel contribue à maximiser l’utilisation des espaces urbains de grande valeur.

 

Image à la une :© SWEETS hotel / Mirjam Bleeker

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Comment encadrer la location sur les plateformes comme Airbnb

Le gouvernement du Québec vient de resserrer les règles permettant aux particuliers de louer leur résidence sur des plateformes comme Airbnb ou HomeAway. Les municipalités peuvent aussi réglementer en la matière si elles souhaitent aller plus loin pour encadrer davantage cette pratique. C’est d’ailleurs le cas de nombreuses villes ailleurs dans le monde.

 

 

Un règlement plus clair au Québec

À compter du 1er mai 2020, les personnes qui souhaitent louer temporairement leur maison, leur appartement ou leur chalet sur des plateformes comme Airbnb devront se conformer aux nouveaux règlements. À cette fin, le système de classification comprendra un nouveau type d’établissement : la résidence principale.

 

Un numéro d’enregistrement et une taxe d’hébergement

Le propriétaire qui veut louer légalement sa résidence principale, en tout ou en partie, sur une base temporaire, devra d’abord se procurer un numéro d’enregistrement auprès de la Corporation de l’industrie touristique du Québec (CITQ) en effectuant une requête en ligne. Ce numéro devra paraître sur toutes les offres de location, peu importe le média (en ligne ou imprimé). Le propriétaire devra aussi percevoir la taxe sur l’hébergement (3,5 % du tarif de chaque nuitée).

Un locataire pourra faire de même s’il a la permission de son propriétaire. Le détenteur d’un appartement en copropriété (condo) devra aussi obtenir l’aval du comité des copropriétaires avant de le louer temporairement. Le règlement ne statue pas sur le nombre maximal de jours annuellement, du moins pour l’instant.

 

Les résidences secondaires

Il ne sera pas possible de procéder ainsi pour la location à court terme d’une résidence secondaire. Le but est d’éviter qu’un propriétaire de plusieurs appartements ou condos, par exemple, puisse les louer à court terme, à répétition. La résidence secondaire devra plutôt être considérée comme un établissement commercial pour qu’elle puisse être louée légalement pour quelques jours ou quelques semaines. À cette fin, le lieu doit recevoir une classification de la CITQ comme établissement touristique.

 

Les villes invitées à aller plus loin, au besoin

Le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation souligne qu’il s’agit d’un règlement de base. Les autorités locales pourront ensuite bonifier la réglementation selon leurs besoins. Voyons quelques exemples à l’international de municipalités ayant établi leurs propres critères.

 

Amsterdam : un maximum de 30 jours par année

À Amsterdam, un résident peut louer son appartement s’il le fait en respectant, entre autres, les conditions suivantes :

  • Aviser la Ville chaque fois qu’il loue sa résidence;
  • Payer la taxe touristique à la municipalité et inclure tous les revenus de location dans sa déclaration de revenus;
  • Restreindre à quatre le nombre maximal de personnes pouvant être accueillies à la fois.

 

Une résidence privée peut être offerte en location pour un maximum de 30 jours par an. La Ville procède ainsi principalement pour éviter que la location à court terme contribue à la pénurie de logements, pour limiter l’offre d’hébergement, étant donné la fréquentation touristique déjà abondante à certaines périodes de l’année, ainsi que pour préserver le charme et l’authenticité de la ville.

 

San Francisco : un guide de démarrage

La ville qui a vu naître Airbnb, San Francisco, a formulé un guide de démarrage pour informer de la réglementation et de la marche à suivre les résidents qui souhaitent louer occasionnellement leur logement. Ainsi, les personnes admissibles à la location temporaire de leur habitation doivent notamment répondre aux critères suivants :

  • Être résidentes permanentes de San Francisco;
  • Être propriétaires ou locataires du logement à louer;
  • Avoir occupé le logement en question pour une période d’au moins 60 jours précédant la demande;
  • Prévoir de demeurer à cette adresse pour un minimum de 275 nuits par année;
  • Louer seulement l’unité qu’elles habitent, dans le cas où elles en possèdent plus d’une.

Aussi, le logement en question doit être conforme aux codes dictés par la Ville. De plus, il ne doit pas être :

  • Situé dans un des quartiers suivants : The Presidio, Fort Mason ou Treasure Island;
  • Loué à un tarif inférieur à celui du marché.

 

La marche à suivre comprend une série d’inscriptions permettant de valider la location.

Airbnb San Francisco guide demarrage

Source : San Francisco Business Portal

 

Berlin : des contraventions salées

En avril 2016, les autorités berlinoises ont décidé d’interdire toute location d’appartement à court terme aux visiteurs. Mais depuis le 1er mai 2018, la situation a complètement changé. Le propriétaire occupant peut louer son logement principal autant qu’il le veut et peut aussi louer sa résidence secondaire jusqu’à 90 jours par année. Néanmoins, les règles doivent être respectées sous peine de sévères contraventions. Une entorse à la réglementation entraîne une pénalité pouvant atteindre 500 000 euros (plus de 730 000 dollars canadiens), soit cinq fois plus que ce qu’elle était avant ce changement de cap.

 

Le résident qui souhaite louer son logement principal doit obtenir un permis de son arrondissement. Le processus est plutôt simple. Il est un peu plus exigeant en ce qui concerne la location d’une résidence secondaire. Depuis le 1er août 2018, le numéro d’enregistrement doit être affiché sur toutes les publications qui concernent la location.

 

Londres : une entente avec Airbnb

La location d’un logement complet à court terme, à Londres, ne nécessite pas de permis si elle ne dépasse pas 90 jours (consécutifs ou non) par année civile. Par ailleurs, une entente entre les autorités de la grande région londonienne et Airbnb stipule qu’une résidence sera automatiquement retirée de la liste des offres sur le portail de la société après 90 jours de location dans une même année. Pour louer au-delà de cette limite, le résident doit obtenir un permis de Temporary Sleeping Accommodation. Lorsque cette demande est approuvée par la Ville, elle doit être transmise à Airbnb pour maintenir l’affichage de l’offre. L’infographie suivante, conçue par l’entreprise Keycafe, illustre ce processus.

Londres Airbnb infographie 90 jours

Source : Keycafe

 

Les domaines de réglementation

Une étude de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) dévoile les règles en place dans 21 destinations concernant le marché de la location à court terme. Les mécanismes d’encadrement ont été regroupés en sept catégories. Le tableau suivant montre ces grandes catégories et la proportion des destinations étudiées ayant recours aux outils qu’elles comprennent pour encadrer le secteur de l’hébergement entre particuliers. Ainsi, tout comme le fait le Québec, 95 % des destinations analysées par l’OMT exigent la perception de taxes lors de la location à court terme des résidences.

facteurs d_encadrement Airbnb OMT

Encadrer plutôt qu’interdire

Les plateformes de location à court terme de résidences privées sont bien implantées dans le paysage de l’hébergement touristique. La popularité de ces offres a créé des retombées qui nécessitent un encadrement. Parmi ces impacts, mentionnons la concurrence que ces résidences représentent pour l’offre hôtelière largement réglementée, la contribution à la rareté des logements et à la hausse de leur loyer pour les résidents ainsi que la dilution de l’esprit de communauté dans certains quartiers centraux, due au taux de roulement des occupants des logements.

 

Bannir cette forme d’économie n’a pas porté ses fruits, l’exemple de Berlin le démontre. Il importe donc d’en maximiser les bienfaits pour les locateurs, leurs communautés et les voyageurs, tout en minimisant les risques d’abus et les comportements néfastes pour l’ensemble de la collectivité.

 

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