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Marketing Technologies

La carte postale à l’ère du numérique

La carte postale constitue un excellent outil de promotion de la destination et elle demeure largement utilisée par les voyageurs qui souhaitent rester en contact avec leurs proches. Elle doit toutefois se moderniser pour répondre au désir de personnalisation d’une clientèle de plus en plus branchée.

Une image vaut mille mots. Ce vieux cliché, tous l’ont compris. Tant les organisations de gestion de la destination (OGD) que les entreprises touristiques l’utilisent allègrement pour présenter et promouvoir leur identité auprès des voyageurs potentiels. Pour ce faire, ils emploient toutes sortes de méthodes où l’image domine: publicités télé ou imprimées, photos − publiées sur des sites Internet, dans les brochures de voyages, dans les magazines spécialisés −, vidéos et… cartes postales. Pour une destination ou une entreprise touristique, la carte postale permet de communiquer ses attributs, ses caractéristiques, ses valeurs et bien souvent, sa culture populaire. Accessibles dans de nombreux points de vente, elles constituent le souvenir le plus largement distribué et le plus acheté par les touristes (lire aussi: Les souvenirs de voyage pour promouvoir la destination).

Le rôle de la carte postale dans la création de l’image de la destination

Pour la destination ou l’entreprise touristique, la carte postale, si elle est correctement conçue, peut soutenir les efforts de marketing visant à amener une destination du stade de l’inconscience à celui de la conscience, de l’intérêt, du désir, et même, de l’action. Alors que le processus de choix implique une comparaison constante entre les destinations, le fait d’avoir reçu une carte postale en provenance d’une destination donnée peut jouer un rôle dans l’estimation des avantages et des inconvénients de cette destination potentielle. Comme la carte postale est souvent perçue comme digne de confiance, cela la rend particulièrement intéressante pour créer une image de la destination ou d’un produit touristique. N’oublions pas que l’image de la destination est la somme des croyances, des idées et des impressions basées sur de l’information traitée à partir d’une variété de sources dans le temps. Elle peut être influencée par un large éventail de facteurs, dont les images véhiculées par les cartes postales.

L’importance de demeurer en contact avec ses proches

Malgré l’essor de nouveaux moyens de communication, la carte postale traditionnelle reste toujours d’actualité: plus d’un quart des touristes internationaux (28%) envoient une carte postale pour garder contact avec leurs proches, selon un sondage de Generator Hostels réalisé auprès de 505 internautes en août 2012.

Plus des deux tiers (69%) des Français postent des cartes pour rester en contact avec leurs proches pendant leurs vacances; cette proportion atteint 79% chez les 65 ans et plus, selon une étude réalisée par l’institut LH2 pour ebookers.fr auprès de 1006 Français âgés de 15 ans et plus en juin 2011. Seulement 24% emploient les réseaux sociaux comme Facebook, Twitter ou Windows Live pour donner de leurs nouvelles à leur famille et amis. Toutefois, ces outils sont beaucoup plus populaires auprès des jeunes: 46% des 25-34 ans et 60% des 15-24 ans les utilisent. Ceux qui privilégient les réseaux sociaux plutôt que les cartes postales apprécient surtout l’instantanéité (53%) de ce médium, ainsi que la possibilité de personnaliser le contact notamment en intégrant ses propres photos (35%). Qu’à cela ne tienne, il existe maintenant une variété de sites Internet ou d’applications mobiles qui permettent de personnaliser ses cartes postales à partir de photos de voyage et de les envoyer via un appareil mobile; en voici quelques exemples.

Des exemples de cartes postales à l’ère du 2.0

Cartes traditionnelles personnalisées

Postagram et Cardagram, son pendant européen, sont deux applications pour iPhone ou Android qui permettent d’imprimer et d’envoyer des cartes postales par la poste en utilisant des photos à partir d’une variété de sources telles que Instagram, Facebook, Flickr ou sa galerie photo personnelle. Cards In The Post et Simply Post Cards offrent les mêmes possibilités, mais les cartes postales peuvent aussi être créées à partir du Web.

Certaines entreprises touristiques comme Quantas, célèbre transporteur aérien australien, offrent aussi à leur clientèle de créer leurs propres cartes postales et de les envoyer pour eux, par la poste, à leurs proches partout dans le monde pour une modique somme. Les images sont choisies à partir des photos des clients ou d’une banque d’images fournie par Quantas sur son site Internet.

Cartes électroniques

Plusieurs sites Internet et applications permettent d’envoyer des cartes postales électroniques. Mentionnons entre autres mtrip, une application qui permet de télécharger des guides de voyages sur un téléphone intelligent. Après le téléchargement, il suffit de cliquer sur n’importe quel élément du guide − attrait, bar, restaurant, hôtel, etc. − puis sur l’icône carte postale pour créer une carte et l’envoyer dès que l’on peut accéder à l’Internet (voir l’image).

Certaines destinations offrent elles aussi la possibilité d’envoyer des cartes postales virtuelles à partir de leur site Internet; c’est le cas de l’Écosse et des Îles-de-la-Madeleine. À noter, l’hyperlien qui renvoie au site Internet de la destination au bas de la carte postale (voir l’image).

 

La carte postale comme guide de voyage

Un jeune designer de Singapour a créé un tout nouveau type de guide de voyage qui rassemble des photographies, des cartes et des descriptions de destinations pittoresques de la ville de Beijing sous la forme de 60 cartes postales. Chaque jour, les voyageurs suivent des itinéraires prédéterminés en emportant avec eux une dizaine de cartes postales. Lors de la visite d’un lieu, les touristes peuvent griffonner leurs pensées et faire parvenir leur carte à la maison ou à des amis.

Les bornes interactives pour la conception de cartes postales

Certaines destinations comme Colmar dans la région de l’Alsace, en France, ont installé des bornes d’information dans un lieu fréquenté par les touristes, soit à la gare ou dans les bureaux de l’office de tourisme. Les visiteurs peuvent s’en servir, notamment, pour envoyer des cartes postales électroniques. Combien d’offices de tourisme québécois offrent ce type de bornes à leur clientèle? Vous le faites? Laissez-le nous savoir en nous transmettant un commentaire ci-bas.

 

La technologie existe, la demande existe, l’offre doit s’adapter à l’ère du numérique, car la carte postale n’est pas près de disparaître!

 

 

Sources:

– «France : la carte postale a toujours le vent en poupe», Tourmagazine.fr, 11 août 2011.

– ebookers.fr. «Les Français et la mobilité. Rester en contact avec ses proches en vacances – Rapport de résultats», , 23 juin 2011.

– «mTrip Travel Guide allows you to share postcards Offline while you travel», mtripblog, 4 mai 2011.

– RelaxNews. «Vacances: la carte postale fait de la résistance face à Facebook», La Presse, 28 août 2012.

– Fox, Linda. «New world brings old to your mail box via social media», tnooz, 1er août 2012.

– Milman, Ady. «The Symbolic Role of Postcards in Representing a Destination Image: The Case of Alanya, Turkey», International Journal of Hospitality & Tourism Administration, Vol.12, no2, avril 2011, pp. 144-169.

– Milman, Ady. «Postcards as representation of a destination image: The Case of Berlin», Journal of Vacation Marketing, vol. 18, no 2, avril 2012, pp 157-170.

– Office de tourisme de Colmar. «Pour vous aider en ville: 3 bornes d’information wifi».

– Squires, Jeff. «Postcard Travel Guide», PSFK.com, 17 octobre 2008

– Yüksel, Atila et Olcay Akgül. «Postcards as affective image makers: An idle agent in destination marketing», Tourism Management, Vol.28, no3, juin 2007, pp. 714-725.

 

Sites Internet:

A little Beijing

Cardagram

Cards In The Post

Postagram

Quantas

Simply Post Card

Tourisme Îles-de-la-Madeleine

Visit Scotland

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Marketing Tourisme durable

Le marketing vert, ou comment communiquer son engagement social ou environnemental?

Le marketing vert se base avant toute chose sur des arguments honnêtes et exige la transparence, et ce, quel que soit le type de client à qui il s’adresse: l’inconditionnel, le «vert à intensité variable» ou le déconnecté. Cette analyse présente les différents types de messages ainsi que le choix des médias pour le véhiculer et vous propose une grille d’analyse pour vous lancer dans votre propre communication verte.

Qu’est-ce que le marketing vert?

D’emblée, mentionnons qu’il existe une variété de définitions et de synonymes tels que marketing écologique, environnemental, social, durable, écomarketing, etc. Nous avons retenu celle de Laville et Daveaux: «Le marketing vert consiste à vendre avec un argumentaire éthique des produits ayant une valeur ajoutée sociale ou environnementale puis à en faire la promotion». Il peut se baser sur les caractéristiques écologiques d’un produit (matières premières écologiques, produit recyclable, etc.), sur des promotions vertes (un arbre planté pour un achat) ou sur les promesses environnementales de l’entreprise (fondation, actions écologiques). Tous les secteurs d’activité se prêtent au marketing vert, le tourisme y compris.

Comprendre les attitudes des consommateurs et le type de message qui leur convient

Le principal défi du marketing vert est de toucher un maximum de consommateurs, donc de touristes. La plupart d’entre eux sont conscients de leur impact environnemental, mais ils ne sont pas tous prêts à effectuer des changements dans leurs habitudes. Bien comprendre leurs motivations constitue la clé de la communication et permet d’utiliser la meilleure approche.

Voici trois types de consommateurs et quelques conseils pour un marketing vert efficace:

1. Les inconditionnels. Peu nombreux, ils choisissent une destination de vacances qui a déjà intégré des pratiques responsables. Ils se disent prêts à payer plus cher pour leur séjour si cela permet de garantir des salaires équitables aux travailleurs de l’industrie et de soutenir des actions de protection en faveur des communautés locales.

Pour communiquer avec cette clientèle, il s’avère primordial d’éviter l’écoblanchiment (greenwashing), c’est-à-dire l’utilisation abusive, infondée, biaisée ou excessive du marketing vert (lire aussi: Gare au greenwashing, votre réputation est en jeu! (Compte rendu de conférence)).

Il importe également d’être transparent en tout temps. Les normes sont particulièrement élevées quand il s’agit de la durabilité, mais les efforts de transparence et d’honnêteté sont plus importants que la perfection pour assurer la fidélisation. Tenez-vous en aux faits véridiques et si vous le pouvez, quantifiez vos réalisations par des chiffres vérifiables.

2. Les «verts à intensité variable». Ces derniers possèdent une conscience environnementale, mais ne sont pas encore prêts à effectuer des changements qui vont dans le sens de leurs convictions, ni à payer un surplus pour s’offrir une destination ou un produit verts. Ils le feront si on leur prouve qu’ils en tireront un bénéfice personnel; sauver la planète ne constitue pas un incitatif assez percutant pour cet important groupe de touristes.

Il faut promouvoir à la fois les bénéfices écologiques et économiques de votre produit/destination tout en puisant dans des arguments d’ordre affectif plutôt que rationnels; l’achat d’un voyage étant un processus qui souvent ne repose pas seulement sur la raison.

3. Les déconnectés. Ces touristes n’aspirent qu’à une chose: «se débrancher» et prendre une pause de leur routine et de leurs responsabilités. Ils n’apprécieront pas les efforts déployés pour sauver l’environnement, rien ne sert de les mettre de l’avant dans les communications; plutôt leur faire valoir comment cela améliorera leur expérience.

Le message

Le contenu de la communication peut porter sur les aspects environnementaux ou sur le service. En voici quelques exemples:

  • Le message environnemental: raconte la façon dont l’organisation respecte et honore la nature, agit pour la restaurer et l’améliorer tout en compensant pour ses effets néfastes, passés et actuels, sur l’environnement. Ainsi, Marriott s’est engagé à restaurer une partie de la forêt amazonienne afin de palier l’utilisation importante d’énergie à travers son réseau d’hôtels et le groupe Transat, à gérer de manière rigoureuse sa consommation de carburant afin de réduire ses émissions de gaz à effet de serre.
  • Le message axé sur le client: donne aux gens ce qu’ils veulent, ce qui inclut la responsabilité environnementale. Par exemple, au lieu de demander à ses clients de sauver la planète en économisant l’eau et l’énergie en réutilisant draps et serviettes (message environnemental), Wyndham utilise l’approche client: «Nous savons que plusieurs d’entre vous s’intéressent à la protection de l’environnement, voilà pourquoi nous avons créé le programme EarthSmart».

Le choix des médias

Plusieurs médias existent, mais vous devrez choisir les plus pertinents en fonction de votre clientèle cible:

1. Les relations de presse jouent un rôle crucial dans l’établissement d’une communication environnementale réussie. Elles sont essentielles pour les entreprises et les destinations qui souhaitent faire part de leurs initiatives en matière d’environnement. Mais attention, les éditeurs de voyage sont bombardés de demandes d’organisations qui se prétendent durables. Ils veulent savoir ce qui vous différencie et en quoi cela peut intéresser leurs lecteurs? Une fois accrochés par votre histoire, leur impact peut être plus important que n’importe quelle certification. N’oubliez pas d’éditer l’article sur votre site Internet.

 2. Le site Internet. Comme point de départ, décrivez les pratiques que vous avez mises en place, les politiques et les valeurs derrière elles dans une section du site dédiée à la durabilité (voir image ci-après) ou dans celles qui vous dépeignent comme entreprise, généralement la section «À propos de nous». Racontez votre histoire. Ajoutez-y quelques photos ou vidéos, des témoignages de clients et d’employés. Puis, tentez de véhiculer votre message à travers tout votre site de diverses manières, par exemple en identifiant des moyens de transport verts tels que les transports en commun, le train, ou le vélo; des produits locaux sur le menu de votre restaurant; en mettant l’accent sur la population locale, les attraits naturels, etc.

3. Les médias sociaux. L’utilisation de Facebook, Twitter, YouTube, et autres médias sociaux peut servir à diffuser de l’information sur une destination ou un service durable, mais aussi à encourager la participation des consommateurs. Invitez-les à commenter vos actions et même à voter sur les orientations que vous devriez prendre dans le futur. Joignez-vous à une communauté qui parle de développement durable comme les mardis DD (@mardiDD) pour partager vos initiatives et vos projets, mais aussi pour démontrer votre expertise dans le domaine de la durabilité. Et n’oubliez pas de promouvoir votre présence sur les médias sociaux en ajoutant ces liens sur votre site Internet ou dans vos communications électroniques.

Source: Tourisme Gaspésie

4. Les brochures et les dépliants. Bien sûr, quand on parle environnement, l’imprimé n’a pas la cote… sauf si vous utilisez du papier recyclé, du papier en provenance de forêts bien gérées et surtout, si vous le laissez savoir à vos clients! D’ailleurs, l’imprimé ne compte que pour 1,1% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Place à l’action

Pour vous lancer dans le marketing vert, remplissez cette grille et faites-nous part de vos projets en nous laissant un commentaire; ce sera peut-être votre première communication verte.

 

Analyse réalisée grâce à un partenariat avec Tourisme Montréal sur le tourisme urbain durable.

 

Sources:

– Jameson, Daphné A. et Judi Brownell. «Telling Your Hotel’s Green Story: Developing an Effective Communication Strategy to Convey Environmental Values», Cornell Hospitality Tools, vol.3 no 2, avril 2012.

– Laville E. et R. Daveaux. «La nouvelle frontière du marketing responsable» dans Le développement durable: théories et applications au management,  2007.

– Leclerc Vincent, Michael Paulin et Yohann Rippe. «Le marketing vert et le positionnement de la communication marketing», ESG-UQAM, mars 2012.

– Ogilvy Pr et Totem Tourism. «Sustainable Tourism MarKeting Guide 2011. Move into tourism sustainability communicatins 2.0» , 2011.

– Tourism Industry Association of Canada, Canadian Tourism Commission and Parks Canada. «Green your Business: Toolkit for Tourism Operators», 2008.

– Tourism Victoria. «Communicating your Green Credentials».

– United Nations Environment Programme. «Communicating Sustainability. How to produce effective public campaigns».

– Visit Wales. «Keep it real», février 2012.

Sites Internet:

Marriott

Office du tourisme et des Congrès de Paris

Tourisme Gaspésie

Transat

Wyndham 

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Marketing

Comment les Québécois perçoivent-ils les enquêtes?

Dans le cadre du Symposium sur les mesures de performance et les contributions économiques du tourisme, la Chaire de tourisme Transat de l’ESG UQAM a mandaté la firme Ipsos Marketing pour réaliser une enquête omnibus en ligne, sur diverses questions relatives à l’industrie touristique et aux voyages au Québec (lire aussi: Quels endroits, attraits ou régions les Québécois recommandent-ils à leurs amis en visite au Québec? ). On a profité de l’occasion pour questionner les répondants sur les sondages eux-mêmes, afin d’ajouter un certain éclairage à la table ronde portant sur la question (lire aussi: Les sondages: nouvelles réalités, nouveaux enjeux – Compte rendu du Symposium 2012).

Interrogés sur leur honnêteté lorsqu’ils répondent à une enquête, plus de la moitié (56%) des 1260 Québécois sondés ont indiqué qu’ils feraient preuve de la même franchise au cours d’un sondage téléphonique et d’une enquête en ligne, alors que plus de 4 personnes sur 10 (43%) seraient plus enclines à être franches sur Internet.

En ce qui a trait aux sondages maison et aux cartes de commentaires des hôtels ou des restaurants, 58% des Québécois interviewés admettent qu’ils n’y répondent jamais ou le font rarement. Cela n’est pas dû à un manque de crédibilité des résultats de ces enquêtes, puisque la moitié des répondants les jugent tout aussi exacts que ceux obtenus par des firmes spécialisées.

Les résultats d’enquêtes ou les palmarès des meilleures destinations touristiques ont un effet sur les décisions en matière d’achat de voyage (42%); celles des femmes (47%) et des jeunes de 18 à 34 ans (48%) encore plus que les autres. L’influence des résultats de sondage est beaucoup moins importante en ce qui a trait aux intentions de vote (10%).

 

Source:

– Chaire de tourisme Transat, ESG UQAM. «Sondage omnibus sur les perceptions des Québécois», Ipsos Marketing, septembre 2012.

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Enjeux Faits et chiffres Gestion

Le calcul des retombées économiques: où en sommes-nous?

Lors du Symposium sur les mesures de performance et les contributions du tourisme organisé par la Chaire de tourisme Transat en septembre dernier, Larry Dwyer, professeur à l’Australian School of Business de l’université de New South Wales, expert reconnu mondialement, a dressé le portrait des outils de mesure du tourisme et de l’économie. Sébastien Gagnon, de la Direction des statistiques économiques et du développement durable de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), a présenté le modèle intersectoriel du Québec et Jean-Marc Bergevin, président du Bureau d’études stratégiques et techniques en économique a exposé les pratiques utilisées au Québec.

Les principaux outils d’analyse du tourisme et de l’économie: définitions, forces et limites

Calculer l’importance économique du tourisme s’avère un exercice complexe. Il existe tout de même d’importants outils qui permettent de le faire; le choix dépendra du contexte. Voici les quatre approches présentées par M. Dwyer: retombees_economiques_image1

  1. les mesures de rendement, la principale étant les dépenses des touristes par séjour et par nuitée. Ces mesures permettent de mieux orienter les efforts de marketing en déterminant l’importance des divers marchés, mais elles ne permettent pas d’évaluer l’impact économique. Il s’agit d’un outil limité, mais qui revêt une certaine importance pour les PME;
  2. le compte satellite du tourisme (CST) permet d’analyser en détail tous les aspects de la demande de biens et de services qui provient des visiteurs et de décrire les interactions qui existent entre cette offre et les autres secteurs économiques. Il fournit des informations importantes sur les effets directs (mais pas indirects) de la consommation, ainsi que la valeur ajoutée des industries touristiques et des autres industries qui les servent, comme le transport aérien ou terrestre et l’hébergement, entre autres. Fait non négligeable, le CST favorise les comparaisons inter industries et pays et il peut aussi être développé à un niveau régional, ce qui est le cas en Australie où chaque État ou territoire possède un compte satellite, mentionne M. Dwyer. Retenons que le CST mesure la contribution du tourisme à l’ensemble de l’économie et non son impact;
  3. l’analyse d’impact économique retrace les flux de dépenses associés à l’activité touristique pour identifier les changements qui en résultent dans certaines variables économiques comme les ventes, la production, les revenus fiscaux gouvernementaux, le revenu du ménage, la valeur ajoutée et l’emploi. L’analyse d’impact économique requiert l’utilisation d’un modèle pour projeter les effets directs, indirects et induits de la demande sur l’économie de la province. Celui présenté par M. Dwyer est le Computable General Equilibrium (CGE). Ce modèle montre que les effets de la croissance du tourisme ne peuvent pas être prévus a priori. Il admet donc la création de scénarios à partir d’hypothèses («si») qui seront développés afin que les décideurs puissent mieux comprendre les effets économiques des différents changements qui affectent l’industrie touristique. Le modèle CGE peut donc évaluer l’impact de crises comme le SRAS, d’événements spéciaux tels que les Jeux Olympiques ou de certaines politiques économiques.
  4. l’analyse coûts-bénéfices (ACB) est la plus complète des techniques d’évaluation économique. Il s’agit d’un processus systématique qui vise à identifier et à évaluer les coûts et les avantages d’une proposition (projet, programme, politique) en termes monétaires. L’ACB est particulièrement importante dans l’évaluation des politiques touristiques, des programmes, des règlements ou des projets de développement, car il existe souvent un compromis clair entre les avantages économiques et les coûts sociaux. Ainsi, les projets touristiques qui pourraient être économiquement avantageux peuvent être rejetés en raison de leur environnement défavorable et de leurs impacts sociaux. L’analyse coûts-bénéfices favorise donc l’utilisation efficace des ressources. Elle encourage une prise en compte claire de la véritable valeur ajoutée d’une proposition, en se concentrant sur les avantages nets supplémentaires.

Mieux comprendre le modèle intersectoriel de l’Institut de la statistique du Québec

Sébastien Gagnon présente en détail le modèle intersectoriel du Québec (MISQ) qui vise à mesurer les impacts de l’ensemble des dépenses touristiques réalisées au Québec. Cet instrument permet:

  • de quantifier l’effet de certains changements réels, anticipés ou hypothétiques relatifs à l’économie québécoise comme ceux attribuables au secteur touristique;
  • d’estimer la valeur ajoutée, l’emploi et les importations à partir de différents types de dépenses, aussi appelés chocs;
  • d’estimer les revenus des gouvernements sous forme d’impôts et de taxes et les parafiscalités payées par les travailleurs salariés;
  • de classer les impacts dans la chaîne de production selon qu’ils se retrouvent dans le secteur directement simulé (effets directs) ou chez les fournisseurs de ce dernier (effets indirects). Retombees_economiques_image2

Les résultats produits par le modèle découlent de chocs liés à différents types de demandes initiales. Leur fiabilité est en étroite relation avec la qualité de l’information qui alimente le modèle.

Une analyse d’impact économique rigoureuse repose également sur la capacité d’interpréter les résultats obtenus en fonction des limites et des hypothèses inhérentes au MISQ; parmi ces limites:

  • le modèle ne prend pas en considération la notion de temps. C’est un modèle statique, une photo;
  • il ne permet pas de régionalisation;
  • les relations intersectorielles et les parts de marché sont fixes et indépendantes du niveau de production des secteurs d’activité;
  •  il ne calcule pas les effets induits.

Pour plus de détails concernant le MISQ, vous pouvez consulter ce document.

Les études d’impact économique, de la théorie à la pratique

Retombees_economiques_image3Comme le soulignait M. Bergevin, dans l’industrie touristique, l’étude d’impact économique vise souvent à orienter ou à justifier l’utilisation de fonds publics en permettant d’apprécier l’impact de dépenses sur certaines variables économiques.

Il s’agit en fait de calculer les impacts économiques qui n’auraient pas eu lieu dans la région, n’eut été de la tenue du festival et de l’événement (F&E). Ces impacts découlent des dépenses financées par de l’argent neuf, soit celui qui est dépensé dans la région par les visiteurs centrés, c’est-à-dire ceux dont le voyage s’est effectué en raison du F&E à l’étude. Ainsi, les dépenses des visiteurs dont le voyage n’a pas été motivé par le F&E à l’étude ne doivent pas être prises en compte dans le calcul des retombées économiques. Malheureusement, la méthodologie la plus utilisée au Québec inclut aussi la moitié des visiteurs venus partiellement pour le F&E. Elle comprend aussi toutes les dépenses d’organisation, qui elles, devraient se limiter à celles financées par les revenus associés aux dépenses des visiteurs centrés (p.ex. : les billets de spectacle). Cela fait en sorte que les décideurs disposent d’une information inadéquate pour mesurer la véritable contribution d’un festival ou d’un événement. M. Bergevin souligne à grand trait le besoin, pour la province, de mettre sur pied un guide méthodologique, reconnu et appliqué par tous, pour le calcul des impacts économiques.

 

Sources:

– Présentations dans le cadre du Symposium sur les mesures de performance et les contributions économiques du tourisme de la Chaire de tourisme Transat, Montréal, 24 septembre 2012:

– Bergevin, Jean-Marc. «Impact économique – théorie et pratique au Québec»

– Dwyer, Larry. «The calculation of economic spin-offs: an essential exercise, a necessary evil or a bubble waiting to burst?»

– Gagnon, Sébastien. « Le modèle intersectoriel du Québec»

  
Cliquez pour visionner les conférences:
 
Symposium 2012 – Les contributions du tourisme: des modèles et des méthodes de calcul revisités

Symposium 2012 –Le calcul des retombées économiques, où en sommes-nous: un exercice vital, un mal nécessaire ou un ballon à dégonfler?

Lires aussi:

Lessard, France. «Les entreprises touristiques au cœur du développement économique − cahier du participant au Symposium sur les mesures de performance et les contributions économiques du tourisme», 2012.

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Gestion

Les sondages: nouvelles réalités, nouveaux enjeux

Un bon ou un mauvais sondage? Telle est la question principale posée à trois panélistes autour d’une table ronde lors du Symposium sur les mesures de performance et les contributions économiques du tourisme, organisé par la Chaire de tourisme Transat de l’ESG UQAM, tenu au Palais des congrès de Montréal les 24 et 25 septembre dernier. Cet outil est-il toujours le meilleur moyen pour connaître, comprendre et mesurer les diverses facettes du tourisme? Est-il efficace? A-t-il, doit-il ou peut-il évoluer? Ces questions ont ouvert la voie aux discussions animées par Denis Brisebois, associé et directeur de DAA Stratégies; autour de la table: Jean Moscarola, fondateur et directeur scientifique de la société Sphinx-Développement, Élaine Plamondon, directrice du Développement touristique et du Service des loisirs, de la culture et de la vie communautaire de la Ville de Bromont et Luc Durand, président d’Ipsos Québec.

Les principales forces et faiblesses du sondage

Dépenses touristiques, durée de séjour, transports utilisés, profil et origine des visiteurs, motifs de voyage, activités pratiquées, médias consultés, satisfaction ou insatisfaction face au produit offert, intentions de voyage, etc. Toutes ces données et informations critiques à la prise de décision en tourisme proviennent d’enquêtes menées auprès des visiteurs à destination ou des clientèles ciblées sur les marchés. Le sondage demeure un outil privilégié pour récolter ces informations, les traiter et en tirer des enseignements que l’on veut utiles, fiables et fondés scientifiquement, souligne M. Moscarola. Toutefois, la mise en place de systèmes d’observation en continu ou de suivis des comportements en ligne est encore meilleure. Mme Plamondon rappelle, quant à elle, que le sondage doit être combiné à d’autres méthodes de collecte d’informations, car la rapidité de la prise de décision et d’exécution constitue un enjeu majeur.

Quelques forces du sondage, selon Mme Plamondon:

  • son coût inférieur à celui d’un recensement systématique de l’ensemble des clients;
  • la disponibilité de plusieurs outils pour atteindre les sondés potentiels: par téléphone, sur place, par Internet;
  • la possibilité de mesurer l’écart entre les perceptions de l’entrepreneur et celles de ses clients. Cet écart permet d’affirmer ou d’infirmer ces perceptions;
  • permet de prendre des décisions éclairées;
  • permet de déceler rapidement les forces et les faiblesses de l’organisation.

Et certaines faiblesses que les panélistes n’ont pas manqué de faire ressortir, entre autres:

  • son coût souvent élevé peut aussi devenir une contrainte. Ainsi, une petite organisation n’a pas nécessairement les ressources financières ni humaines requises pour effectuer le sondage;
  • la longueur du processus: mise en place, récolte des données, interprétation, etc. qui fait en sorte que les résultats parviennent parfois un an plus tard;
  • il permet d’appréhender seulement des éléments mesurables, ce qui risque de limiter la prise d’information à des éléments comptabilisables ou économiques;
  • il peut devenir très illusoire et trompeur si on l’applique de manière dogmatique à des éléments relatifs aux perceptions, comme la satisfaction par exemple;
  • il procure un portrait donné (photo) dans des circonstances et à un moment précis qui ne sont pas toujours garants de l’avenir;
  • il mesure des éléments qu’on a déjà identifiés et qu’on veut vérifier, rien de plus.

Qu’en est-il de la représentativité?

Pour être efficace, le sondage doit être lié à des objectifs clairs et suivre une bonne méthodologie afin d’assurer sa représentativité. Selon Luc Durand, il s’agit de l’élément le plus important lorsqu’on sonde une population. De nos jours, avec les nouvelles technologies comme l’Internet, il est de plus en plus facile de joindre différents types de répondants, notamment les jeunes. Cependant, il faut se méfier. M. Moscarola souligne que les taux de réponse de plus en plus faibles des enquêtes grand public effectuées via le Web deviennent une importante source de biais. La consultation de panels administrés est une solution pour répondre aux exigences de taux de réponse et de représentativité, avec toutefois les risques de l’usure et de la standardisation provoqués par la «professionnalisation» des répondants.

La technologie au service des sondeurs?

Il est vrai que les innovations technologiques sont très nombreuses et spectaculaires; tout devient possible, facile et gratuit. La technologie ouvre de nouvelles possibilités pour administrer les sondages, mais les firmes spécialisées telles Ipsos ne délaissent pas pour autant les contenus méthodologiques et les méthodes de prévision, souligne Luc Durand.

«De nouveaux professionnels venus du Web et de l’informatique proposent des approches novatrices souvent séduisantes, mais ignorent parfois la rigueur méthodologique qui caractérise les approches classiques», mentionne M. Moscarola. Un équilibre doit s’instaurer entre l’exigence méthodologique et l’exploitation des possibilités offertes par les nouvelles technologies. Attention au mauvais usage des Survey Monkey de ce monde!

Et les résultats dans tout ça?

La crédibilité des résultats obtenus semble de plus en plus souvent remise en question: un paradoxe, selon M. Moscarola! Juger des conclusions d’un sondage en termes de crédibilité c’est accepter que les croyances ou les idées préconçues soient vraies et reflètent la réalité. Or, ce qui justifie le coût d’un sondage, c’est soit l’incertitude ou le regard critique portés sur les évidences factuelles, soit le souhait de découvrir des opinons ou des appréciations insoupçonnées. Pour échapper au paradoxe, il faut d’excellentes méthodologies.

Mme Plamondon mentionne, quant à elle, qu’il est erroné de prendre les résultats d’un sondage comme le reflet parfait de la réalité. «Les gens disent ce qu’ils veulent bien dire. Ils disent aussi ce qu’ils croient à un moment précis. Cela n’est pas garant de ce qu’ils penseront demain ou la semaine prochaine». En fait, le sondage est un outil de mesure. Pour comprendre, il existe d’autres outils, comme le faisait remarquer Luc Durand.

De plus en plus souvent, les sondés se voient offrir un incitatif pour répondre au sondage, un élément parfois incontournable, selon MM. Durand et Moscarola; par exemple, lorsque le questionnaire est très long et qu’il s’adresse à peu de gens. Mais si tel est le cas, l’incitatif ne doit pas créer de biais (p.ex. : donner une passe de saison de ski dans une station X pour répondre à un sondage sur le ski).

Les enquêtes ludiques: pour explorer et stimuler, communiquer autant que mesurer

M. Moscarola a mentionné la nécessité de considérer des approches novatrices aux sondages traditionnels compte tenu, d’une part, des nouvelles réalités du marché touristique (diversification et complexification de l’offre, changements de comportement des touristes, nouvelle donne numérique), et d’autre part, de la baisse des taux de réponses. Parmi ces nouvelles façons de faire: les enquêtes ludiques, qui mélangent les approches quantitative et qualitative, tiennent le haut du pavé. Elles permettent d’engager une conversation avec le répondant.

Dans l’exemple présenté par M. Moscarola, le sondage visait à savoir ce qui rend les stations de ski attrayantes. Plutôt que de présenter une série de questions, cette enquête proposait un «mur d’images ou de mots» exposant les différentes facettes d’un séjour dans une station de montagne (voir l’image). Le sondé n’avait qu’à choisir celles ou ceux correspondant le mieux à ses goûts et à ses préférences.

Il était ensuite invité à expliquer son choix et à raconter un souvenir de vacances lié aux images ou aux mots sélectionnés. Cette façon de faire stimule le discours et offre des données textuelles de qualité.

 

Les réponses, de nature quantitative et qualitative, sont reportées sur un axe, puis analysées; novateur n’est-ce pas?

Ce type d’enquête est-il promis à un bel avenir? Qu’en pensez-vous?

 

 Source:

– Chaire de tourisme Transat, ESG-UQAM. «Un bon ou un mauvais sondage? Nouvelles réalités, nouveaux enjeux», table ronde lors du Symposium sur les mesures de performance et les contributions économiques du tourisme, 25 septembre 2012.

Cliquez ici pour visionner la table ronde.

Obtenez ici la présentation de M. Moscarola.

 
Lire aussi:
Lessard, France. «Les entreprises touristiques au cœur du développement économique – cahier du participant au Symposium sur les mesures de performance et les contributions économiques du tourisme», 2012.

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Faits et chiffres Segments de clientèles

Quels endroits, attraits ou régions les Québécois recommandent-ils à leurs amis en visite au Québec?

Dans le cadre des récents travaux ayant conduit au Plan de développement de l’industrie touristique 2012-2020, le ministère du Tourisme a identifié, à partir d’indices de performance, les produits touristiques jugés les plus porteurs. Mais qu’en est-il de la perception des Québécois sur le sujet? Quelle opinion ces ambassadeurs de choix auprès de la clientèle touristique ont-ils sur les principaux attraits touristiques du Québec? Les résidants de la région de Québec ont certes une vision très différente de ceux de la région de Montréal du potentiel touristique d’une région par rapport à une autre. Voici les détails de leurs états d’âme sur la question.

Mettre la table pour le Symposium

Dans le cadre du Symposium sur les mesures de performance et les contributions économiques du tourisme, la Chaire de tourisme Transat de l’ESG-UQAM a mandaté la firme Ipsos Marketing pour réaliser un sondage Web Omnibus sur diverses questions relatives à l’industrie touristique et aux voyages au Québec. L’enquête a été menée du 17 au 19 septembre dernier auprès de 1260 Québécois.

Les Vieux remportent la palme des endroits les plus recommandés 

Le Vieux-Québec (63%) se classe au premier rang d’une vingtaine d’attraits ou d’endroits présélectionnés que les Québécois, toutes origines confondues, recommanderaient à des amis étrangers en visite au Québec. Il est suivi de loin par le Vieux-Port de Montréal et par les nombreux festivals de Montréal (32% chacun), par le Rocher Percé et l’Île Bonaventure (24%) et par les parcs nationaux du Québec (23%) (voir le graphique 1).

 

Parmi les autres choix de réponse figuraient:

  • le fleuve Saint-Laurent et les croisières internationales (7%);
  • l’expérience villégiature (p.ex. : le centre de villégiature Tremblant) (6%);
  • la motoneige (5%);
  • la chasse et la pêche (5%);
  • le Grand Nord-du-Québec (aurores boréales, caribous, etc.) (4%);
  • la culture autochtone (4%);
  • les circuits de randonnée à vélo (P’tit Train du Nord, P’tit Témis, etc.) (3%);
  • les centres de ski alpin du Québec (3%);
  • le Massif de la Petite-Rivière-Saint-François (2%);
  • le tourisme d’affaires (Montréal et Laval) (2%).

Une fierté touristique bien sentie

On remarque de grandes disparités entre les réponses des habitants de la région métropolitaine de recensement (RMR) de Québec et ceux de la RMR de Montréal. Les premiers recommanderaient majoritairement le Vieux-Québec (88%) ainsi que des destinations et des activités de nature comme l’observation des baleines, le fjord du Saguenay, le Rocher Percé et l’île Bonaventure plutôt que le Vieux-Port de Montréal, qui remporte la faveur de moins de 10% des répondants de la RMR de Québec (voir le graphique 2). Les seconds prôneraient la visite du Vieux-Québec (53%) avant même celle du Vieux-Port ou des festivals de Montréal. L’Oratoire Saint-Joseph reçoit une mention favorable de la part de 17% des répondants de la RMR de Montréal comparativement à seulement 4% de ceux de Québec. Quant aux répondants des autres régions du Québec, ils proposeraient majoritairement le Vieux-Québec.

 

Les jeunes âgés de 18 à 34 ans recommanderaient un peu moins que leurs aînés la visite du Vieux-Québec, mais davantage celle des parcs nationaux et des circuits agrotouristiques (16% comparativement à 10%) (voir le graphique 3). L’attrait de l’eau semble beaucoup plus fort chez les gens âgés de 55 ans et plus qui proposeraient un séjour au fjord du Saguenay et aux Îles de la Madeleine dans de plus grandes proportions que leurs cadets (22% et 19% comparativement à 10% et 9%).

 

Communauté multiculturelle par excellence, Montréal semble la destination privilégiée des répondants anglophones. En effet, ceux-ci recommanderaient à leurs amis principalement le Vieux-Port (71%) et les festivals de Montréal (60%), mais aussi l’Oratoire Saint-Joseph (29%) (voir le graphique 4). Ils seraient également plus nombreux que la moyenne des répondants à proposer l’expérience de villégiature (10%). La population francophone, quant à elle, recommande en priorité le Vieux-Québec (67%), mais elle est plus sensible aux paysages et activités maritimes (observation des baleines et de la faune aquatique, fjord du Saguenay et Îles-de-la-Madeleine) que la majorité des répondants au sondage.

 

Les régions touristiques les plus recommandées

Ici, peu de surprises! De toutes les régions de la province, encore une fois ce sont celles de Québec (55%) et de Montréal (40%) qui devancent leurs consœurs au chapitre des recommandations des Québécois. Les régions touristiques traditionnelles comme Charlevoix (39%) et la Gaspésie (38%) talonnent la métropole montréalaise, suivies des zones de villégiature que sont les Cantons-de-l’Est (25%) et les Laurentides (18%), puis du Saguenay (18%) (voir le graphique 5). Les autres régions sont mentionnées par moins de 15% des répondants.

 

La proximité semble jouer un rôle majeur dans l’intention de recommander une région touristique plutôt qu’une autre. Ainsi, les sondés des RMR de Québec et de Montréal sont nettement plus enclins à proposer la visite de leur propre région touristique et de la région de villégiature voisine – Charlevoix, Chaudière-Appalaches, les Laurentides et les Cantons-de-l’Est − que les autres répondants (voir le graphique 6). Les gens du reste du Québec recommanderaient moins Montréal (24%) et les Laurentides (13%), mais plutôt les régions plus éloignées comme la Gaspésie, le Saguenay–Lac-Saint-Jean, les Îles-de-la-Madeleine et le Bas-Saint-Laurent.

Encore une fois, les différences entre francophones et anglophones sont marquées. Ces derniers recommanderaient la visite de la région de Montréal dans une proportion de 79% comparativement à 32% des francophones (voir le graphique 7). Les anglophones sont aussi moins enclins à proposer la visite des autres régions du Québec hormis celle des Cantons-de-l’Est, des Laurentides et de l’Outaouais. Les recommandations des francophones, quant à elles, ne diffèrent pas tellement de celles des répondants en général.

 

Les jeunes âgés de 18 à 34 ans proposeraient un peu plus que les autres la visite de Montréal (49%) et de la Gaspésie (42%), mais moins Charlevoix et les Cantons-de-l’Est qui sont des régions plutôt recommandées par le groupe des 55 ans et plus. Ces derniers sont également plus favorables aux Îles-de-la-Madeleine que leurs cadets.

 

Les résultats de ce minisondage en disent long sur la manière dont les Québécois perçoivent les attraits, produits et régions touristiques phares du Québec. Une conclusion marquante: l’absence de l’hiver comme produit touristique vedette auprès de la population québécoise… une note discordante avec le Plan de développement de l’industrie touristique 2012-2020 qui mise, entre autres, sur le produit touristique hivernal. Il faudra apprendre aux Québécois à aimer l’hiver pour en faire des ambassadeurs de la marque «Québec».

 

Source:

Chaire de tourisme Transat, ESG-UQAM. «Sondage Omnibus sur les perceptions des Québécois», Ipsos Marketing, septembre 2012.

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Marchés géographiques

Doit-on continuer de s’intéresser au marché mexicain?

En 2011, les Mexicains ont effectué près de 33 000 séjours d’une nuit ou plus au Québec et ont dépensé 34,2 millions de dollars. Il s’agit de la première augmentation du volume d’arrivées depuis 2009, date d’entrée en vigueur de l’obligation pour les Mexicains de détenir un visa pour entrer au Canada. Toutefois, la pente à remonter est plutôt abrupte, le Québec ayant perdu près des deux tiers de son volume de touristes mexicains au cours des 3 dernières années.

Évolution des voyages au Canada

De 2005 à 2008, le nombre de touristes mexicains ayant séjourné une nuit ou plus au Canada a augmenté de 11% en moyenne avant de chuter drastiquement en 2009 (-37%) et en 2010 (-28 %). L’année 2011 voit poindre une reprise avec une croissance de 11% du nombre de touristes comparativement à l’année précédente (voir le graphique 1). Cet accroissement s’est poursuivi durant les premiers mois de 2012; au 1er trimestre, le Canada a reçu plus de 25 000 touristes mexicains, une nette progression (25%) par rapport à la même période l’an dernier.

Marche_mexicain_image1

De 2006 à 2008, le Québec se classait au deuxième rang des provinces canadiennes les plus visitées par les touristes mexicains, tout juste derrière l’Ontario, avec près de 30% des visites-provinces au pays. Toutefois, en 2009, cette proportion a baissé légèrement au profit de la Colombie-Britannique, le Québec glissant ainsi au troisième rang.

Évolution des voyages au Québec

De 2007 à 2011, la part de marché du tourisme international – excluant les États-Unis – des voyageurs d’agrément mexicains ayant séjourné une nuit ou plus au Québec (tous buts de voyage confondus) a connu une baisse constante, passant de 10% en 2007 à 3% en 2011. Il faut dire qu’en 2009 et en 2010, le Québec a enregistré des baisses respectives de 46% et 41% de son volume de voyageurs mexicains (voir le tableau 1). L’année 2011 renoue avec la croissance (15% par rapport à 2010); mais le Québec n’a accueilli que 33 000 touristes comparativement aux 88 000 d’avant la récession et l’entrée en vigueur du visa obligatoire, soit une diminution de 63% des arrivées de voyageurs mexicains au cours des 3 dernières années.

Marche_mexicain_tableau1

En 2011, les Mexicains ont dépensé 1043$ en moyenne par séjour au Québec, soit une légère augmentation de près de 1% par rapport à 2010. Notons que l’évolution des dépenses suit à peu près la même courbe que celle du volume des arrivées (voir le graphique 2). On remarque ainsi une relative stabilité dans les dépenses moyennes par séjour, malgré l’accroissement de la durée moyenne du séjour, qui elle, s’allonge à nouveau (19,1 nuits en 2011), dépassant largement celle des visiteurs d’outre-mer (excluant les États-Unis) qui atteint 12,5 nuits en moyenne en 2011.

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En 2011, les touristes mexicains séjournaient au Québec principalement dans un but d’agrément (42%), puis pour visiter des parents ou des amis. Toutefois, la proportion des voyages d’agrément a diminué au fil des années au profit des visites de parents ou d’amis; ces dernières sont passées de 10% en 2007 à environ 21% en 2009 pour atteindre 35% en 2011 (voir le graphique 3).

Marche_mexicain_image3 

Les voyageurs mexicains qui visitent le Québec sont relativement jeunes. En 2011, plus de la moitié d’entre eux étaient âgés de moins de 35 ans. Cette proportion est plutôt stable depuis 2007 (voir le tableau 2). La majorité des Mexicains effectuent des voyages solos et la part de ce type de voyage a augmenté ces cinq dernières années, passant de 39% en 2007 à 75 % en 2011. Ils visitent surtout Montréal et Québec.

Les séjours des touristes mexicains au Québec s’effectuent principalement aux 2e (35%) et 3e trimestres (33%). Notons quand même que le tiers des entrées à la frontière du Canada par le Québec se font pendant l’hiver (de novembre à avril), majoritairement en décembre. Ceci s’explique en partie par une augmentation significative du nombre de sièges disponibles à bord de vols directs entre le Mexique et le Québec en 2010 par rapport à 2009 (15%), surtout en mai, juin et décembre, favorisant les déplacements à ces périodes. La capacité aérienne — nombre de vols directs — aurait augmenté de plus de 30% à l’été 2011.

Marche_mexicain_tableau2

Les principales activités pratiquées au Québec sont le magasinage, les visites touristiques, la fréquentation d’un bar ou d’une boîte de nuit, la visite d’un parc national, d’un site historique ou d’un musée/galerie d’art.

Les perspectives de croissance des séjours au Canada et au Québec

Les informations contenues dans cette section sont tirées d’un sondage réalisé par la Commission canadienne du tourisme en juillet 2011 auprès de 1500 voyageurs d’agrément mexicains ayant fait des vols long-courriers — dont 200 ont visité le Canada récemment. Selon cette enquête, près de la moitié des répondants mentionnent leur intention de voyager au Canada (49%), surtout pour de brèves escapades de 1 à 3 nuits (44%). Malgré un potentiel de 1,7 million de voyageurs (ceux qui ont affirmé qu’ils visiteront certainement ou fort probablement le Québec au cours des 2 prochaines années), la part du Québec dans les intentions de voyage au Canada ne cesse de diminuer depuis 2008.

 La récession économique, l’obligation de détenir un visa, mais également le développement des liaisons aériennes directes jouent un rôle majeur dans l’évolution des déplacements internationaux des Mexicains. Or, la capacité aérienne au départ des trois plus importants aéroports du Mexique à destination du Canada a diminué de 22% entre 2005 et 2011. Faut-il se surprendre alors de la performance du Canada et du Québec ces dernières années?

 

Sources:

– Commission canadienne du tourisme. «Tourisme en bref — Décembre 2011», vol.7 no 12

– Commission canadienne du tourisme. «Tourisme en bref — Janvier 2012», vol. 8, no 1.

– Commission canadienne du tourisme. «Tourisme en bref — Février 2012», vol. 8, no 2.

– Commission canadienne du tourisme. «Tourisme en bref — Mars 2012», vol. 8, no 3.

– Commission canadienne du tourisme. «Tourisme en bref — Avril 2012», vol. 8, no 4.

– Commission canadienne du tourisme. «Regard approfondi sur le marché du Mexique», 2010.

– Commission canadienne du tourisme. «Veille touristique mondiale, Mexique, Rapport sommaire 2011», 2011.

– Conference Board du Canada. «Voyages en provenance des États-Unis et d’outre-mer à destination du Canada», novembre 2010.

– Euromonitor International. «Euromonitor: Tourism Flows Outbound in Mexico», 4 avril 2012.

– Geomedia et OCDE. «Perspectives économiques Mexique — Prévisions croissance Mexique», geomedia.fr.

– Ministère du tourisme. «Profil statistique — Autres marchés ciblés des Amériques, Brésil, Mexique», avril 2011.

– Statistique Canada, Enquête sur les voyages internationaux, compilation spéciale, 2007 à 2011.

– Statistique Canada, Dénombrement à la frontière, 2007 à avril 2012.

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Produits et activités

Le tourisme de lumière ou l’art d’allumer les visiteurs!

Une récente étude d’Atout France, l’agence de développement touristique de la France, montre à l’aide d’exemples concrets que la mise en lumière peut contribuer au développement des villes à travers de multiples facettes, dont le tourisme. Toutefois, la multiplication des événements lumière engendre un risque de banalisation qui nécessite d’accorder une attention particulière à la stratégie de différenciation. Cette dernière doit bien définir les objectifs touristiques, les cibles et le positionnement du projet.

Le projet de mise en lumière s’inscrit généralement dans une dynamique de valorisation urbaine globale. Mais, en façonnant l’image de la ville, la lumière peut facilement devenir un facteur d’attractivité touristique et permettre de séduire de nouvelles clientèles.

Aménager l’espace public en cohérence avec les usages touristiques

Pour accueillir les visiteurs dans des conditions acceptables de confort et de sécurité, il importe, entre autres, de développer l’accessibilité des sites. Cela exige une connaissance approfondie des besoins de mobilité nocturne, de développer l’offre de transports en commun pour tous les publics et celle des transports alternatifs tels les vélos en libre-service. Ainsi, pendant le festival MONTRÉAL EN LUMIÈRE, la Société de transport de Montréal adapte son offre pour assurer les déplacements entre les divers lieux de diffusion culturels et les activités lors de la Nuit Blanche et en fournissant un service spécial de transport adapté pour les personnes à capacité physique restreinte.

Source: MONTRÉAL EN LUMIÈRE

Favoriser une circulation agréable à l’aide de cheminements piétonniers et d’une bonne signalétique permet également de faciliter l’accès pour les visiteurs. À cet effet, mentionnons l’un des volets du parcours lumière du Quartier des spectacles qui intègre les exigences de la signalétique grâce au marquage lumineux composé d’une double ligne de ronds rouges au sol — clin d’œil au Red Light des années 1920 — déployée sur la devanture de près d’une dizaine de lieux de diffusion culturelle pour en signaler la présence. En 2010, on y ajoutait un système de projection au sol permettant aux piétons de connaître la direction à suivre pour accéder aux principaux lieux de diffusion à proximité (voir la vidéo).

 Source: Quartier des spectacles

Créer et valoriser l’expérience touristique 

Les visiteurs aspirent à une expérience festive et partagée. Inscrire les projets de mise en lumière dans une dynamique participative favorise les échanges et les rencontres entre les touristes et la population locale, ce qui répond à une tendance actuelle en tourisme (lire aussi: Découvrir la destination comme le ferait un résident). L’ancien Mur Lumières de La Vitrine du Quartier des spectacles de Montréal (voir la vidéo ) et le théâtre des Célestins à Lyon, transformé en «machine à boules» (flipper) géante, dont les manettes actionnées par le public font rebondir une balle sur les différents obstacles architecturaux mis en lumière (voir la vidéo), constituent de bons exemples d’expériences participatives. 

Des exemples concrets de projets de mise en lumière

Le tourisme joue un rôle important dans la décision de créer un projet de mise en lumière événementielle, qui permet de:

1. Créer ou renforcer une image festive et dynamique de la ville: l’exemple du Quartier des spectacles de Montréal

Lieu de festivités depuis près de 100 ans, le Quartier des spectacles de Montréal est le cœur des activités culturelles de Montréal. On a choisi d’utiliser la lumière pour exprimer son caractère distinctif. Hormis son parcours lumière, on utilise un éclairage architectural et scénographique pour mettre en valeur 15 lieux de diffusion culturelle et des espaces publics, ainsi que des vidéoprojections qui animent, entre autres, les façades de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec et du Pavillon de design de l’UQAM (voir image). Sa Place des festivals permet d’accueillir de grandes manifestations en plus d’offrir le plus grand jeu de fontaines animées et interactives au Canada, avec ses 235 jets d’eau, 4 superstructures d’éclairage et 2 vitrines. 

 

  2. Réactiver une fête traditionnelle locale: l’exemple de la Fête des Lumières de Lyon, en France

Neuf ans après le déploiement du Plan Lumière de la municipalité, la Fête des Lumières de Lyon voyait le jour. Cette traditionnelle fête religieuse, enracinée dans l’histoire de Lyon depuis le 19e siècle, dure 4 jours complets au début du mois de décembre. Selon les estimations de la mairie, l’événement accueille 3 millions de visiteurs qui viennent admirer plus de 60 réalisations lumière réparties à travers la ville.

3. Enrichir l’image touristique de la ville: l’exemple de Beaune, en France

La notoriété touristique de la ville de Beaune, en Bourgogne, repose sur ses vignobles et ses hospices, particulièrement l’Hôtel-Dieu, un ancien établissement hospitalier du 15e siècle, aujourd’hui converti en musée. Ses visiteurs y viennent pour la journée et la municipalité enregistre un pic touristique à l’automne. La mise en lumière vise donc à enrichir l’image de Beaune en affirmant son dynamisme et sa modernité par l’audiovisuel et les projections lumineuses pour attirer une nouvelle clientèle et échelonner la saison touristique sur l’année entière. 

 À partir de 2010, des scénographies de trois à cinq minutes, basées sur l’histoire de la ville, sont projetées sur sept sites du patrimoine architectural. Cette mise en lumière se déroule d’avril à septembre, puis pendant la vente des vins des Hospices, soit en novembre et jusqu’aux fêtes de fin d’année. Elle se conclut par la Fête de la Lumière avec ses spectacles d’arts de la rue et ses animations.

 4. Repositionner la ville sur l’échiquier touristique: l’exemple du Festival de Lumière de Gand

La première édition du Festival de Lumière de Gand , en Belgique, s’est tenue en 2011 et s’inscrit dans le plan lumière de la municipalité mis en œuvre en 1999. Cet événement vise à améliorer la fréquentation touristique pendant la période hivernale et à modifier la  perception négative de la ville l’hiver. La dynamique lumière déployée par Gand depuis plus d’une décennie représente un produit clé pour le tourisme, et le Festival contribue à son positionnement de ville jeune, vibrante et créative, selon Koen De Borger, coordinateur de communication pour la Ville. De plus, chaque année à la fin du Festival, Gand achète une œuvre pour la convertir en installation permanente avec comme objectif de construire, au fil des ans, un parcours de lumière artistique durable.

La lumière constitue un atout exceptionnel pour le développement touristique des villes, petites et grandes. Et vous? Comment la mettez-vous en valeur dans votre patelin?

 

Analyse rédigée dans le cadre d’un partenariat avec Tourisme Montréal sur le tourisme culturel.

 

Sources:

–    Atout France et LUCI. «Concevoir la lumière comme un levier de développement touristique», avril 2012.

Sites Internet:

–    Fête des Lumières Lyon 

–    Festival de Lumière de Gand 

–    Festival MONTRÉAL EN LUMIÈRE 

–    Quartier des spectacles 

–    Ville de Beaune 

 

 

 

                                                    

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Ailleurs dans le monde Technologies Transport

Voyages et technologies à l’horizon 2020

Les services de géolocalisation et de communication de champ proche (Near Field Communication, NFC) de même que les systèmes de paiement mobiles changeront profondément la prestation des services touristiques. Alors que les compagnies se demandent encore comment naviguer dans le paysage évolutif des dispositifs et des plateformes, elles doivent aussi s’efforcer de s’adapter aux besoins des consommateurs «en déplacement» et trouver le juste équilibre entre la simplicité et l’abondance des fonctionnalités. La clé du succès à ce stade précoce du développement mobile est d’adapter et de personnaliser l’expérience pour répondre aux multiples besoins des voyageurs. Au fil du temps, les limitations des petits écrans seront compensées par les reconnaissances vocale et visuelle qui faciliteront leur utilisation. Les informations stockées deviendront de plus en plus sophistiquées. Voilà les principales conclusions des entrevues menées par PhoCusWright sur l’impact des nouvelles technologies sur la planification future des voyages auprès de cadres d’agences de voyages en ligne et autres leaders d’opinion à travers le monde.

Des ventes privées «vraiment privées»

Depuis plusieurs années, les marchés sont inondés de promotions, d’offres et de ventes éclair diffusées par des sites tels que Groupon, qui sèment leurs rabais à tout vent, sans distinguer les besoins des uns et des autres. La pertinence de ces offres laisse souvent à désirer et ni le consommateur ni le vendeur n’y trouvent leur compte. Pour soutenir un engagement à long terme, les marques pratiquant l’éloge des rabais devront apprendre à maîtriser un tout nouveau mantra: offrir le bon produit, au bon client, au moment opportun! Au fur et à mesure que la technologie permettra d’affiner la segmentation des consommateurs et de cibler certains types de comportements, les vendeurs pourront offrir des promotions et des produits qui sont réellement pertinents à de minigroupes de consommateurs triés sur le volet, pour un produit bien précis.

Des résultats de recherche intelligents

Actuellement, les acheteurs en ligne sont submergés de centaines d’options. Éventuellement, les programmes informatiques seront capables «d’apprendre» du comportement d’un consommateur par l’observation et l’agrégation de modèles communs ou répétitifs. La microsegmentation aidera les entreprises à analyser le comportement des consommateurs pour leur fournir des résultats de plus en plus «intelligents».

Par exemple, lorsqu’un internaute effectue une recherche pour la cinquième fois, les résultats devraient être plus pertinents que la première fois. Autre exemple: après avoir sélectionné un certain hôtel pour voir ses caractéristiques plus en détail, en retournant à la liste des résultats de recherche, l’ordre serait automatiquement rajusté pour déplacer vers le haut de la liste les autres hôtels de même type.

Les systèmes intelligents et les assistants virtuels privés

L’idée que les puces informatiques envahiront de nombreux objets et que les dispositifs eux-mêmes seront «intelligents» et interconnectés est plus que probable. En effet, la programmation manuelle sera vraisemblablement remplacée par l’intercommunication entre les périphériques. Nous continuerons d’utiliser des sites Web différents pour maintes choses. Toutefois, un programme qui collecte et stocke l’information pourra agir comme un assistant personnel virtuel — reconnaissant et traitant les diverses données des sites que nous visitons et ce que nous y faisons — et interagir avec des sites au nom du client.

Source: Tnooz

Par exemple, les compagnies aériennes connaîtront à l’avance les préférences de leurs clients; et les agrégateurs de contenu (p. ex. : Kayak, Mobissimo), leur compagnie aérienne préférée. Les conversations n’auront pas lieu avec des représentants bien vivants, mais plutôt avec des avatars dotés d’intelligence artificielle et de compréhension du langage oral naturel. Déjà, des hologrammes apparaissent aux portes de certains grands aéroports pour guider les voyageurs (New York, Washington, Londres) et certaines compagnies aériennes (United et Alaska) «embauchent» des assistants virtuel, Alex et Jenn pour répondre aux questions de leur clientèle sur leurs sites Internet. Ces assistants pavent la voie d’une plus grande personnalisation des services. L’énorme quantité de renseignements qui peuvent être glanés et analysés à partir des conversations enregistrées permet aux entreprises de se faire une meilleure idée de ce que les clients veulent vraiment puisque ces derniers ne sont pas confinés aux limites des liens et des termes de recherche; ils peuvent s’exprimer dans leurs mots pour demander ce qu’ils recherchent. Tous les secteurs de l’industrie touristique peuvent développer ce genre d’aides virtuelles.

La biométrie, entre l’acceptable et l’inacceptable

De nos jours, la biométrie est généralement basée sur les traits physiologiques et conçue pour des raisons de sécurité. Toutefois, il existe une toute autre facette de la biométrie qui met l’accent sur le comportement. Des données comme l’expression du visage, le mouvement des yeux et les battements cardiaques pourraient un jour être décodées par ordinateur, aussi banalement que la localisation géographique l’est aujourd’hui. Les entreprises auraient ensuite la possibilité d’utiliser ces informations pour déterminer l’humeur et les réactions des consommateurs afin d’adapter leurs offres en conséquence. Comme avec l’assistant personnel virtuel, la question du respect de la vie privée doit tracer la ligne entre ce qui est acceptable ou non, entre les avantages du partage de l’information et les inconvénients.

Au cours des dix dernières années, on a assisté à l’avènement des appareils mobiles, des agences de voyage en ligne, des réseaux sociaux; que nous réserve donc l’horizon 2020?

Sources:

– PhocusWright. «Empowering Inspiration: The Future of Travel Search», février 2012.

– Wooters Charles. «How artificial intelligence could create a personalised and perfect travel service», tnooz.com, 30 mai 2012.

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Hébergement Marketing

La fin du magazine imprimé? Pas encore…

À l’ère des réseaux sociaux où l’entreprise contrôle de moins en moins le message destiné au consommateur, quoi de mieux que le bon vieux magazine papier pour reprendre les commandes, générer des revenus additionnels et surtout, prolonger l’expérience client? C’est le pari qu’a pris le Groupe Germain qui lançait en 2011, CHIC, sa publication maison distribuée dans ses chambres d’hôtels ainsi que chez les marchands Audi, surfant ainsi sur la vague des transporteurs aériens et des vendeurs au détail tels Costco (Contact), IGA (Inspirés) et Pharmaprix (Pure). L’abonnement au CHIC magazine permet de créer des liens à long terme avec la clientèle. Un exemple à suivre? Seulement si l’entreprise se positionne dans le milieu ou idéalement dans le haut de gamme, selon les experts.

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Source: Hôtel boutique

Source:

– Fournier, Marie-Ève. «Pourquoi ils veulent tous leur magazine maison», lesaffaires.com, 9 juin 2012.