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Crowdsourcing: des exemples

Besoin d’aide? Demandez aux internautes de faire l’essai de votre nouveau produit, de l’évaluer, de trouver des solutions à vos problèmes. Aujourd’hui, l’internaute se fait designer, scientifique, critique et bien plus. Pour faire suite au texte Le crowdsourcing, un phénomène émergent, voici divers exemples, dont un regard inspirant dans d’autres secteurs d’activités.

Pourquoi l’internaute s’y adonne-t-il avec autant d’enthousiasme?

Les gratifications de l’internaute qui partage son savoir-faire, ses connaissances ou ses idées sont multiples. Grâce à sa participation, il peut être propulsé au rang des célébrités, gagner un montant d’argent parfois substantiel, obtenir la reconnaissance d’un milieu, voir le résultat de son travail dans la rue ou dans son quotidien, bénéficier d’une gratuité ou d’une récompense, avoir une porte d’entrée pour un emploi ou encore retirer la satisfaction personnelle d’avoir su relever un défi, aidé des gens, fait avancer une cause ou émis son opinion.

On s’arrache le génie créateur des internautes

Chez Threadless, une compagnie de tee-shirt de Chicago, les processus de design et d’approbation sont remis entièrement aux internautes, amateurs et professionnels. Chaque semaine, elle publie sur son site les modèles proposés. Les quatre ou six modèles ayant obtenu la meilleure cote sont mis en production à condition qu’il y ait assez de clients qui se soient engagés à acheter le tee-shirt. Donc, pas d’équipes de designers à embaucher, les risques sont réduits, car les préventes assurent la rentabilité de la production et les clients disposent d’un grand choix. Les designers des modèles retenus reçoivent 2000$ USD et autres récompenses, leur nom apparaît sur l’étiquette du tee-shirt et ils peuvent s’enorgueillir de voir leur création portée par les gens.

Crowdsourcing-GuardianLe journal Guardian de Londres a demandé à ses lecteurs de passer au peigne fin 700 000 documents rendus publics pour y déceler les dépenses scandaleuses des 646 membres du Parlement. À l’aide d’outils mis à sa disposition, le public peut classer et coter les reçus. Un tableau de bord indique l’évolution du traitement, les personnes ayant traité le plus de documents, celles qui ont trouvé les éléments les plus intéressants, et des compteurs présentent les dépenses des différents partis et le «best of» des découvertes.

Crowdsourcing-Postcode-lotteryÀ Amsterdam, le Postcode Lottery Green Challenge invite le public à trouver des façons novatrices de réduire la production des gaz à effet de serre et à développer des produits verts. Le grand gagnant bénéficie de 500 000 euros pour mettre à exécution son idée, de l’accompagnement d’un expert et d’une liste initiale de clients. Deux autres gagnants reçoivent 100 000 euros chacun.

Du côté de l’industrie touristique

Basé à Madrid et spécialisé dans les voyages d’aventure (Espagne, France, Italie, Suisse, Suède, Maroc et Népal), YokmoK invite ses clients à participer au développement de nouveaux produits. Une fois les recherches complétées pour l’établissement d’un nouvel itinéraire, l’équipe de YokmoK les convie à explorer le terrain avec elle pour finaliser le produit avant de l’offrir au public. En échange de leur participation, les clients ont droit à une réduction sur le prix du voyage et à une expérience exclusive. Les dirigeants comptent proposer un voyage exploratoire tous les 12 à 18 mois.

Airbus lançait à l’automne 2008 le concours «Fly your ideas», doté d’une récompense de 30 000 euros, pour trouver des idées créatives permettant de contribuer au développement futur de l’aviation et de réduire son impact sur l’environnement. Pas moins de 2365 étudiants provenant de 82 pays ont formé 225 équipes. Les cinq finalistes retenus ont présenté leur concept au Salon du Bourget à Paris en juin dernier à un jury composé de cinq experts indépendants de renommée internationale et de cinq représentants d’Airbus.

Spécialiste du divertissement digital et des solutions Internet pour le milieu hôtelier, iBAHN a lancé une campagne en ligne, Our Hotel Room, dans le but de créer collectivement les services et les technologies que les clients souhaiteraient dans une chambre d’hôtel. Plus de 1000 participants y sont allés de leurs suggestions et ont voté pour leurs services préférés.

Le KLM Bluelab Agent se veut un laboratoire virtuel, où les agents de voyages peuvent exprimer leurs souhaits et leurs idées pour améliorer les services du transporteur.

La fondation suisse New7Wonders qui avait organisé un concours pour choisir les sept «nouvelles» merveilles du monde a repris du service pour lancer cette fois celui des sept merveilles de la nature. Les internautes peuvent voter jusqu’en 2011.

Il est aussi de plus en plus courant qu’un hôtelier fasse appel à ses clients pour publier sur son site leurs commentaires, photos ou vidéos. Certains hôteliers leur prêtent même une caméra vidéo pour qu’ils saisissent les bons moments de leur séjour ou passent par le biais des enfants pour recueillir leurs souvenirs.

Des sites qui permettent aux internautes et aux entreprises de se rencontrer

Chez InnoCentive, on oublie la notion du chercheur ecrowdsourcing-ideaconnectionn sarrau blanc dans son laboratoire. Initialement lancé en 2001 pour trouver des solutions pharmaceutiques, ce site réunit aujourd’hui de grandes entreprises et un bassin de gens de tous horizons (scientifiques, amateurs et passionnés). La rémunération peut atteindre 100 000 dollars USD. Ed Melcarek, un scientifique de 57 ans, a gagné 25 000 dollars USD en aidant Colgate-Palmolive à trouver une nouvelle façon d’injecter de la poudre fluorée dans un tube de dentifrice. Pour lui, c’était un jeu d’enfant alors que l’équipe de recherche et développement de l’entreprise n’y arrivait pas.

De grandes compagnies telles que Boeing, DuPont, Procter & Gamble soumettent leurs problèmes à ce type de réseaux externes qui regroupent des milliers de «chercheurs» potentiels prêts à collaborer. Ce qui fait la force de ces réseaux, c’est leur diversité intellectuelle et leur capacité de mettre en relation un bassin de connaissances, d’information et d’expériences.

Il existe une multitude de sites où entreprises et internautes désireux d’échanger peuvent se rencontrer. En voici quelques exemples: YourEncore, RedesignMe.com, ideaconnection, IdeaCrossing, InnovationExchange, Big Idea Group.

Comme on peut le constater, les avenues sont multiples. Vous manquez d’imagination? Voilà une bonne occasion de faire appel aux internautes!

Sources:
– Boutin, Paul. «Crowdsourcing: Consumers as Creators», BusinessWeek, 13 juillet 2006, [www.businessweek.com/print/innovate/content/jul2006/id20060713_755844.htm].
– Cornell University. «Hotel guest community collaborates online to develop next generation room», 3 avril 2009, [www.hotelschool.cornell.edu/research/chr/news/newsroom/item-details.html?id=4040749].
– Frechette, Zach. «Crowdsourcing the British MP Expense Scandal», GOOD, 22 juin 2009, [www.good.is/post/crowdsourcing-the-british-mp-expense-scandal/], [mps-expenses.guardian.co.uk/].
– Guillaud, Hubert. «La montée du “crowdsourcing”», InternetActu.net,  1er juin 2006, [www.internetactu.net/2006/06/01/la-montee-du-crowdsourcing/].
– Hepher, Tim. «Visionary or plane crazy? Airbus contest to decide», Reuters.com, 7 mai 2009, [www.reuters.com/article/lifestyleMolt/idUSTRE54653920090507?feedType=RSS&feedName=lifestyleMolt], [www.airbus-fyi.com/].
– Howe, Jeff. «The Rise of Crowdsourcing», WiredMagazine, juin 2006, [www.wired.com/wired/archive/14.06/crowds.html].
– Johnson, Emma. «Crowdsourcing: Free Problem-Solving for Your Biz», 25 février 2009, [www.entrepreneur.com/marketing/article200350.html].
– Mackenzie, Josiah. «5 Examples of Guestsourcing in Action », 26 juin 2009, [www.hotelmarketingstrategies.com/5-examples-of-guestsourcing/].
– Presse canadienne. «Sept merveilles de la nature – La baie de Fundy toujours en lice», La Presse, 25 juillet 2009.
– Springwise. «Travel company invites clients on planning trips», 4 mars 2009,
[springwise.com/tourism_travel/yokmok/].
– Springwise. «Consumers get paid for input on new products», 29 juillet 2008, [springwise.com/style_design/consumers_get_paid_for_input_o/].

Sites Internet:
– BIG – Big Idea Group [www.bigideagroup.net/].
– Ideaconnnection [www.ideaconnection.com/].
– Idea Crossing [www.ideacrossing.com/].
– InnoCentive [www.innocentive.com/].
– Innovation Exchange [innovation-exchange.org/].
– New7Wonders [www.new7wonders.org/].
– Postcode Lottery – Green challenge [www.greenchallenge.info/].
– Redesignme.com [www.redesignme.com/].
– Site d’exemples de crowdsourcing [crowdsourcingexamples.pbworks.com/], [www.openinnovators.net/list-open-innovation-crowdsourcing-examples/].
– Threadless [www.threadless.com/].
– Yomok [www.yokmok.com/exploratory-trips.html].
– Your Encore [www.yourencore.com/] .

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Au lieu de penser produit, pensez expérience

D’entrée de jeu, la Commission canadienne du tourisme (CCT) explique, dans sa boîte à outils, la différence entre les deux notions suivantes: le produit touristique, c’est ce que le voyageur achète tandis que l’expérience touristique, c’est ce dont il se souvient. La boîte à outils fournit des conseils aux entreprises de toutes tailles afin qu’elles puissent améliorer l’expérience touristique de leur produit. Comment la mesurer? Une méthode toute simple: deux brèves questions qui exigent un oui ou un non comme réponse. Comment l’améliorer? En y intégrant des éléments inattendus, de l’interaction sociale, des avenues d’apprentissage.

Une méthode simple pour évaluer la satisfaction du client

Deux petites questions à poser au client pour évaluer son expérience touristique:

  • L’expérience correspond-elle à ce que vous attendiez? Oui – Non
  • Avez-vous apprécié votre expérience? Oui – Non

La compilation des résultats sert à tracer un diagramme (voir image ci-dessous) et à évaluer votre programme de marketing et votre produit.

  • Oui / Oui (quadrant I) – L’expérience correspond à ce qu’ils attendaient et ils l’ont appréciée. Si la plus forte proportion occupe ce quadrant, vos clients sont satisfaits et l’expérience offerte est à la hauteur de leurs attentes. Vous ne devez jamais cesser d’améliorer votre expérience afin d’augmenter cette proportion de gens satisfaits. Assurez-vous que votre publicité correspond à l’expérience livrée.
  • Oui / Non (quadrant II) – L’expérience correspond à ce qu’ils attendaient, mais ils ne l’ont pas appréciée. Ce segment est plus difficile à cerner. Peut-être voyageaient-ils avec d’autres personnes et ils les ont accompagnés sans grand enthousiasme. Ils ont peut-être été déçus à certains moments de leur expérience, ce qui a influencé leur appréciation globale. Autre possibilité: ils ont été contraints d’opter pour votre produit faute de trouver ce qu’ils voulaient (dernier hôtel disponible, restaurant concurrent fermé).

boite_outils_cct

  • Non / Oui (quadrant III) – L’expérience ne correspond pas à ce qu’ils attendaient, mais ils l’ont appréciée. Votre produit est satisfaisant, mais il y aurait lieu de modifier votre message, car il ne correspond pas à l’expérience livrée.
  • Non / Non (quadrant IV) – L’expérience ne correspond pas à ce qu’ils attendaient et ils ne l’ont pas appréciée. Votre image de marque n’est pas fidèle à la promesse faite et attendue par le client (ce qu’il croit au sujet de votre entreprise et de votre produit). Vous devez soit revoir votre programme de marketing pour qu’il reflète le produit livré, soit modifier votre produit pour qu’il réponde aux attentes des consommateurs.

Ces deux questions toutes simples ne permettent pas d’effectuer un diagnostic précis et d’apporter toutes les réponses. Cependant, elles sont faciles à poser et orientent les actions.  (Lire aussi: Pour faire vivre une expérience extraordinaire au client: savoir doser ses attentes et gérer ses perceptions)

Pour bonifier votre expérience

Selon vous, quel souvenir le plus intense de votre expérience les visiteurs emporteront-ils?
Examinez votre offre de produits et déterminez, en toute lucidité, quel véritable moment d’émerveillement l’expérience procure aux visiteurs. Voici quelques éléments qui permettront d’améliorer votre expérience.

  • Portez attention aux éléments de base.
  • Intégrez des éléments inattendus – c’est souvent un petit détail qui fait toute la différence et transforme un bon produit en une expérience mémorable.
  • Ajoutez des possibilités d’apprentissage – vous pourriez être surpris de l’abondance d’experts locaux disponibles dans votre collectivité (enseignants, artisans, scientifiques intéressés à partager leurs connaissances avec des visiteurs).
  • Offrez des «expériences d’initiés» – donnez l’accès à quelque chose qui n’est pas ouvert au grand public comme la découverte des coulisses d’un restaurant ou d’un théâtre, une rencontre avec des personnalités locales.
  • Pensez à un espace de socialisation – prévoyez une promenade ou une activité qui encourage l’interaction sociale et la conversation avec la population locale.
  • Tenez compte des commodités et des services qui soutiennent votre offre de produits – les touristes se montrent de moins en moins tolérants à l’égard des installations négligées ou vieillissantes.

Comment transformer votre produit en expérience

Comment faire découvrir aux touristes les huîtres de Malpèque de l’Île-du-Prince-Édouard? En leur permettant de…

  • suivre les pêcheurs locaux et de ramasser leurs propres huîtres;
  • apprendre à les ouvrir aux côtés d’un vieux loup de mer ou d’un écailleur expérimenté de la région, à bord d’un bateau de pêche;
  • effectuer une visite personnalisée des criques de l’île;
  • écouter un pêcheur raconter des anecdotes de son enfance sur l’île;
  • savourer le fruit de leur travail en dégustant des vins de la région.

Un passage obligé pour demeurer concurrentiel

Voici quelques questions à se poser:

  • Les clients associent-ils mon produit au lieu où il est offert ou ont-ils le sentiment qu’ils pourraient l’avoir n’importe où?
  • Mon produit est-il intégré à l’expérience touristique globale proposée par le marché environnant?
  • Y a-t-il un élément de surprise et de découverte dans mon produit?
  • Mon expérience se distingue-t-elle de la concurrence et peut-elle se démarquer sur la scène internationale?
  • Quel(s) aspect(s) devrais-je mettre en valeur pour souligner ce caractère distinctif?
  • Est-ce que j’indique aux consommateurs le produit qu’ils doivent acheter ou ce qu’ils ressentiront lorsqu’ils en feront l’expérience?

En consultant le document Expériences: une boîte à outils de la CCT, vous pourrez approfondir le sujet.

Source:
– Commission canadienne du tourisme. «La boîte à outils sur les expériences», février 2008.

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Le crowdsourcing, un phénomène émergent!

Saviez-vous qu’il existe des milliers d’internautes prêts à vous aider à résoudre un problème, à développer un produit, à parler de vous, à donner son opinion? Les consommateurs sont désormais au service de l’entreprise. Le crowdsourcing est un phénomène émergent que l’on ne peut ignorer et qui changera rapidement les façons de faire. Ne vous demandez plus ce que vous pouvez faire pour la communauté, demandez-vous plutôt ce que la communauté peut faire pour vous. C’est le monde à l’envers!

B2C, C2C, C2B

Jusqu’à tout récemment, l’entreprise était au service du consommateur (B2C). Désormais, avec le crowdsourcing, les rôles sont inversés. Voyant la richesse des contenus et des échanges générés par le consommateur grâce au Web 2.0 (C2C), les entreprises sautent sur l’occasion pour solliciter l’internaute: le consommateur est maintenant au service de l’entreprise (C2B).
(Note: B: Business, 2: to, C:Customer)

Demander de l’aide à l’univers

Terme inventé en 2006 par Jeff Howe et Mark Robinson, rédacteurs au Wired Magazine, le crowdsourcing est la juxtaposition du mot crowd (la puissance du nombre et la facilité d’y accéder par Internet) et du mot outsourcing (impartir, donner en sous-traitance une tâche plutôt que de l’assurer à l’interne). Il consiste à faire appel, sous un mode collaboratif ou individuel, à la créativité, à l’intelligence, à la connaissance et au savoir-faire des internautes.

Plusieurs auteurs ont écrit sur ce phénomène qui semble vouloir prendre de l’ampleur. Des millions de personnes produisent et s’échangent de l’information sur le Web. Alors, pourquoi ne pas en tirer profit? Ces auteurs prétendent que la puissance de la foule (du nombre) peut surpasser celle d’un groupe d’experts.

À ses débuts, le crowdsourcing était cantonné au monde du logiciel libre (open source) ou à l’encyclopédie collaborative (Wikipédia). On constate que le logiciel libre évolue plus rapidement que le logiciel commercial vu l’effort communautaire déployé pour son amélioration. Il s’attaque même au géant Microsoft en offrant un meilleur produit et gratuit de surcroît. Aujourd’hui, des milliers de gadgets logiciels (widgets) et d’interfaces de programmation (API – application programming interface) sont conçus par les internautes. (Lire aussi: Les logiciels «libres», des outils technologiques économes et faciles d’accès.

Ce mouvement retient désormais l’attention du monde des affaires en raison de la valeur des contenus et de la puissance du réseautage.

Aidez-nous à nous améliorer

L’entreprise peut tirer parti du crowdsourcing en sollicitant les internautes pour…

  • comprendre leurs besoins;
  • susciter de nouvelles idées ou les valider;
  • créer un nouveau produit ou service, le développer plus rapidement, en augmenter la qualité, l’optimiser, en faire l’essai ou le publiciser;
  • résoudre des problèmes;
  • faire de la recherche et du développement;
  • obtenir une visibilité;
  • accéder à un marché plus rapidement;
  • les fidéliser;
  • réduire les coûts;
  • rechercher du personnel;
  • amasser des fonds pour une cause philanthropique;
  • stimuler l’entrepreneuriat…

Toutefois, une mise en garde s’impose: assurez-vous que votre demande ne soit pas jugée comme du travail à bon marché, de l’exploitation ou un moyen d’avoir de la main-d’œuvre gratuite. Des expériences malheureuses font rapidement le tour du cyberespace et se retrouvent vite dans les journaux.

Le monde du travail pourrait se transformer

Si le crowdsourcing devenait pratique courante, il pourrait supplanter les formes traditionnelles du travail et en bouleverser le milieu – organisation du travail, emploi des talents, conduite de la recherche et du développement, réalisation des produits, mise en marché. De plus, il soulèverait inévitablement des questions d’éthique et la nécessité d’y mettre de l’ordre.

À titre d’exemple, Jeff Howe raconte comment Claudia Menashe, à la recherche de photos pour préparer une exposition dans un musée, s’est tournée vers un marché en ligne (iStockphoto) en raison du coût trop élevé du travail d’un photographe professionnel. Ce site lui a permis d’exploiter les photos de centaines d’amateurs à un dollar pièce. Avec l’avènement des appareils photo numériques, des logiciels pour les retoucher et des multiples canaux Internet pour les diffuser, le crowdsourcing a modifié les règles du jeu dans le monde des photographes professionnels.

Du crowsourcing au guestsourcing

Par le biais de son blogue, Hotel Marketing Strategies, Josiah Mackenzie souhaite aider l’industrie hôtelière à accroître sa visibilité en ligne. Ce blogueur a adapté le concept du crowdsourcing et du contenu généré par l’utilisateur à la réalité de l’hôtellerie: le guestsourcing est né. Le voyageur peut se faire agent de voyage, guide, critique ou agent de marketing. Étant donné que la personne qui planifie son voyage accorde plus d’importance à l’opinion des autres voyageurs qu’à la publicité de l’entreprise, le guestsourcing est tout indiqué pour l’entreprise touristique.

Appel à tous!

Ayant perdu le contrôle de l’information depuis un moment déjà, l’entreprise essaie tant bien que mal de s’insérer dans le dialogue des internautes. De toute évidence, le consommateur s’attend de plus en plus à pouvoir dire son mot sur les produits qu’il consomme, ce qui est particulièrement vrai pour la génération Y qui a grandi avec le Web 2.0. Alors, pourquoi ne pas tirer profit de l’émergence de ce nouveau type de relation commerciale, de cette nouvelle façon de faire et de la force qu’elle représente?

Dans un texte subséquent, vous constaterez, à l’aide d’exemples, comment le crowdsourcing, sous forme de concours, de sondages, de clubs ou autres, peut apporter une plus-value à l’entreprise qui sait s’en servir.

 

Analyse rédigée dans le cadre d’un partenariat avec Tourisme Montréal sur le tourisme culturel

Lire aussi:
– Le «Customer-Made», vous connaissez?
– James Surowiecki – The Wisdom of Crowds: Why the Many Are Smarter Than the Few and How Collective Wisdom Shapes Business, Economies, Societies and Nations (2004)
– Don Tapscott et Anthony D. Williams – Wikinomics: How Mass Collaboration Changes Everything (2006)
– Barry Libert et John Spector – We Are Smarter Than Me: How to Unleash the Power of Crowds in Your Business (2007)
– Jeff Howe – Crowdsourcing: Why the Power of the Crowd is Driving the Future of Business (2008).

Sources:
– Boutin, Paul. «Crowdsourcing: Consumers as Creators», BusinessWeek, 13 juillet 2006, [www.businessweek.com/print/innovate/content/jul2006/id20060713_755844.htm].
– Buhler, Joe. «Destination marketing in the age of Web 2.0 and beyond», HotelMarketing.com,
[www.hotelmarketing.com/index.php/content/article/destination_marketing_in_the_age_of_web_20_and_beyond/].
– Guillaud, Hubert. «La montée du “crowdsourcing”», InternetActu.net,  1er juin 2006, [www.internetactu.net/2006/06/01/la-montee-du-crowdsourcing/].
– Howe, Jeff. «Crowdsourcing: A Definition», blogue du Crowdsourcing, 2 juin 2006, [crowdsourcing.typepad.com/cs/2006/06/crowdsourcing_a.html].
– Howe, Jeff. «The Rise of Crowdsourcing», WiredMagazine, juin 2006, [www.wired.com/wired/archive/14.06/crowds.html].
– Johnson, Emma. «Crowdsourcing: Free Problem-Solving for Your Biz», 25 février 2009, [www.entrepreneur.com/marketing/article200350.html].
– Kembel, John. «Three Essential Market-Research Methods in an Online Community», MarketingProfs, 30 juin 2009, [www.marketingprofs.com/9/online-community-essential-market-research-methods-kembel.asp].
– Lucier, Todd. «What is the Value of Video Like This to a DMO?», blogue, 30 juillet 2009,
[www.tourismkeys.ca/blog/2009/07/what-is-the-value-of-video-to-dmo/].
– Mackenzie, Josiah. «Guestsourcing: The Art of Turning Your Guests Into Content Producers», 18 juin 2009, [www.hotelmarketingstrategies.com/guestsourcing/].

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Ailleurs dans le monde Faits et chiffres Marchés géographiques

Les touristes lisent-ils les classements?

Certains classements mondiaux ont été instaurés pour permettre à l’industrie touristique d’analyser les pays selon différentes composantes, de se comparer entre eux et d’évaluer le chemin parcouru. À ce chapitre, on constate que le Canada progresse depuis quelques années et qu’il figure avantageusement dans ces classements: 10e au Global Competitiveness Index (GCI), 5e au Travel & Tourism Competitiveness Index (TTCI) et 2e au Country Brand Index (CBI).

Cette analyse présente différents classements qui permettent aux pays de se comparer entre eux, de prendre de nouvelles directions ou simplement de poursuivre leurs efforts. Pour un complément d’information sur chacun de ces classements, nous vous invitons à lire Comment le monde voit-il le monde?.

Global Competitiveness Index

Dans le Global Competitiveness Report publié depuis huit ans, le World Economic Forum établit le rang de compétitivité entre les pays et se veut un outil d’étalonnage (benchmarking) pour déterminer les forces et les faiblesses de chacun. Ce rapport sert à améliorer notre compréhension des facteurs clés qui influent sur la croissance économique d’un pays et à expliquer pourquoi certains pays offrent une meilleure performance que d’autres. Le Global Competitiveness Index (GCI) compile douze pôles d’évaluation tels que la stabilité macroéconomique, la santé et l’éducation, le marché du travail, etc.

Depuis 2001, la Finlande, les États-Unis, la Suède, le Danemark (sauf 2001), la Suisse (sauf 2001) et Singapour occupent une place au classement des dix premiers pays. Taïwan, la Norvège et l’Australie ont quitté les dix premières positions depuis 2006 alors que l’Allemagne, les Pays-Bas et le Japon y ont fait leur apparition.

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Quant au Canada, il revient au classement des dix premiers pays en 2008 après y avoir figuré en 2001 et en 2002 (graphique 1).

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Le Canada occupe la 10e position en 2008-2009 grâce à sa performance remarquable sur le plan des infrastructures de transport et de téléphonie (6e rang), à l’efficacité de ses marchés du travail et financier (respectivement au 7e et au 10e rang) de même qu’au bon fonctionnement et à la transparence de ses institutions (15e rang). Il obtient aussi une note satisfaisante au chapitre de la santé (6e rang), de la disponibilité des équipements technologiques (9e rang), de la qualité de son système d’éducation et de formation permettant aux travailleurs de maîtriser les technologies et de hausser leur niveau de productivité (9e rang). Par contre, il obtient une mauvaise cote en ce qui a trait à la stabilité macroéconomique (43e rang). Parmi les cinq facteurs qui composent cet indicateur, la dette (près de 70% du PIB) le place au 107e rang, et le taux national d’épargne, au 61e rang.

On observe une avancée importante des pays du Moyen-Orient au classement: Qatar, du 31e au 26e rang; Arabie Saoudite, du 35e au 27e rang; Émirats arabes unis, du 37e au 31e rang; Bahreïn, du 43e au 37e rang; et Oman, du 42e au 38e rang.

Travel & Tourism Competitiveness Index

D’autres rapports complémentaires (technologie, commerce, etc.) se greffent au Global Competitiveness Report, dont un rapport spécifique sur le tourisme et les voyages, The Travel & Tourism Competitiveness Report, publié depuis trois ans.

Présentant un profil détaillé de 133 pays et des classements comparatifs, ce rapport mesure plusieurs indicateurs qui ont une incidence sur le développement de l’industrie touristique et sur sa compétitivité.

Mises à part les suprématies de la Suisse, de l’Autriche et de l’Allemagne, respectivement au 1er, 2e et 3e rang depuis trois ans, les autres pays présentent une instabilité sur le plan de leur progression (tableau 2). L’Islande et le Luxembourg ont subi les plus importants glissements au classement, passant respectivement des 4e et 9e rangs en 2007 aux 16e et 23e rangs en 2009. Grâce à un gain de quatre échelons, le Canada devance tous les pays du continent américain.

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Le tableau 3 décortique la performance du Canada. Les 14 indicateurs regroupent 73 critères.

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Le Canada peut s’enorgueillir de sa première position liée à ses infrastructures de transport aérien (6.) et de son 4e rang dans la section environnement d’affaires et infrastructures (B). En matière de compétitivité des prix (10.), sa 106e position comptabilise sa performance en ce qui a trait à la parité du pouvoir d’achat, aux prix de l’essence et des hôtels, aux frais aéroportuaires, aux taxes sur les billets d’avion et à d’autres types de taxation. Des pays comme le Royaume-Uni, la France, le Danemark, l’Italie et la Norvège occupent les derniers échelons à ce chapitre.

Le Canada occupe le 5e rang en matière de politiques et de réglementations (1.), quoiqu’il figure au 72e rang du classement pour les exigences en ce qui concerne les visas, un des critères qui composent cet indicateur. Ayant une 46e place pour ce qui est de l’environnement (2.), il devra réduire tout particulièrement ses émissions de dioxyde de carbone (121e rang) et renforcer la protection des espèces menacées (50e rang). Sa 51e position en santé et hygiène (4.) s’explique par le faible ratio des médecins et des lits d’hôpitaux.

Les ressources humaines, naturelles et culturelles (C) le placent au 10e rang du classement en raison de la qualité du système d’éducation et de la formation, de neuf sites naturels classés patrimoine mondial, de plusieurs grandes manifestations culturelles et d’industries créatives qui rayonnent internationalement. Les aires protégées (81e rang) et la difficulté d’embauche des travailleurs étrangers (82e rang) viennent assombrir sa performance. Bien que l’attitude de la population envers les visiteurs étrangers soit positive (14e rang), il semble que l’ouverture quant au tourisme (100e rang) le fasse reculer au 67e rang pour l’indicateur «Intérêt pour le tourisme» (12.).

Country Brand Index

Le Country Brand Index se concentre principalement sur l’image de marque d’un pays en tant que destination touristique. Depuis la création de cet index il y a quatre ans, l’Australie domine le classement tandis que les États-Unis se promènent de la 2e à la 3e place. Depuis les deux dernières années, ce classement est composé sensiblement des mêmes pays qui se déplacent dans la hiérarchie des dix premières positions. Le Canada a fait son apparition au classement en 2007 en occupant la 6e position pour se hisser au 2e rang en 2008.

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Les pays sont évalués selon une trentaine de critères qui concernent tant la réputation du pays que les perceptions et les expériences des touristes. Le tableau 5 indique les principales forces et faiblesses du Canada à cet égard.

Tableau 5
Les trente critères d’évaluation du Country Brand Index
La performance du Canada et les cinq premiers pays au classement

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Loin des préoccupations de la petite entreprise tous ces indicateurs?

Penser que le succès touristique ne dépend que des attraits naturels et des produits d’une destination semble bien réducteur comme en fait foi l’image suivante.

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La petite entreprise est fortement liée à l’image et à la réputation de la destination ainsi qu’aux nombreuses mesures mises en place pour favoriser l’essor de l’industrie.

Sources:
– Global Competitiveness Report.
– Travel & Tourism Competitiveness Report.
– Country Brand Index.

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Perspectives Ressources humaines

Si la tendance se maintient… grave pénurie de main-d’œuvre dans les prochaines décennies

L’offre de la main-d’œuvre aura de plus en plus de difficulté à suivre le rythme de croissance de la demande. Les chiffres indiquent que la situation se détériorera et que la pénurie potentielle de main-d’œuvre dans le secteur touristique pourrait atteindre, en 2025, 256 700 postes au Canada et 55 400 au Québec. Le secteur de la restauration sera le plus fortement touché, et seuls les services de voyages échapperont à cette tendance. On doit agir sans tarder afin de déjouer les prévisions et de ne pas perdre des milliards de dollar$.

Le Conseil canadien des ressources humaines en tourisme (CCRHT), l’Institut canadien de recherche sur le tourisme et le Conference Board du Canada ont travaillé en partenariat afin de mesurer les répercussions des tendances démographiques et économiques à long terme sur l’offre et la demande de  main-d’œuvre dans le secteur du tourisme au Canada. Le récent rapport L’avenir du secteur du tourisme au Canada: reprise économique et retour des pénuries de main-d’œuvre fait état de ces données et met à jour l’étude L’avenir du secteur du tourisme au Canada: de grandes possibilités … un petit bassin de main-d’œuvre, publiée en juin 2008.

Une année de sursis avant que la pénurie de main-d’œuvre s’accentue

La croissance du secteur touristique nécessitera un plus large bassin de travailleurs et l’offre de la main-d’œuvre aura de la difficulté à répondre à cette demande pour les raisons suivantes:

  • départs massifs des baby-boomers à la retraite;
  • population vieillissante;
  • chute du taux de fécondité qui engendre une diminution du nombre de jeunes qui entrent sur le marché du travail;
  • immigration qui, malgré son augmentation, ne peut contrecarrer les effets négatifs de la pénurie annoncée et qui est principalement constituée de travailleurs hautement qualifiés;
  • concurrence d’autres secteurs de l’économie pour attirer les travailleurs.

Bien que les conditions économiques actuelles atténuent ce manque à gagner, le déséquilibre s’accentuera dès la reprise en raison de la croissance de la demande touristique, cette dernière étant stimulée, entre autres, par la retraite des baby-boomers.

Parmi les principales préoccupations des gestionnaires au cours des cinq prochaines années, les problèmes liés à la main-d’œuvre occupent le premier rang (65%). Le recrutement et le maintien en poste des travailleurs deviendront des enjeux cruciaux.

En 2025, dans l’industrie touristique canadienne…

  • On estime la demande potentielle de biens et services touristiques à 237 milliards de dollars, alors qu’elle était de 152 milliards de dollars en 2006. La plus forte augmentation devrait survenir entre 2010 et 2015.
  • La demande d’emploi pourrait passer de 1,71 million en 2006 à 2,21 millions en 2025, soit une hausse de 29%.

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N.B. La courbe de la demande du transport n’est pas visible, car elle chevauche la courbe de l’hébergement.

  • L’offre de main-d’œuvre étant inférieure à la demande de 11,6%, la pénurie d’emplois se traduit par 256 669 postes non comblés (graphique 2).
  • De façon générale, les provinces et les villes qui emploient le plus grand nombre de travailleurs sont celles qui connaissent les pénuries de main-d’œuvre les plus marquées.

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  • L’Alberta et Calgary affichent les taux de croissance de la demande de main-d’œuvre les plus élevés, avec respectivement  45% et 51%. La demande des travailleurs de la province devrait passer de 193 308 emplois en 2006 à 279 269 en 2025, et pour Calgary, de 71 720 à 108 323.
  • L’Ontario connaît la pénurie la plus sévère, ne pouvant pourvoir 97 903 postes (graphique 3).
  • Le Nouveau-Brunswick est aux prises avec le taux le plus élevé de pénurie d’emplois par rapport à la demande, soit 17,2%. À ce chapitre, les provinces de l’Atlantique occupent le haut du classement grâce à leurs taux allant de 13,2 à 17,2%.

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  • Les villes les plus touchées par le problème de pénurie d’emplois sont, dans l’ordre: Toronto (49 606), Montréal (30 491), Vancouver (27 134), Calgary (11 553), Edmonton (10 934).

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  • La restauration est le secteur d’activité qui connaît la plus grande croissance de la demande et qui est le plus touché par le manque de travailleurs, soit 172 258 (graphique 4). Ce secteur compte quatre des cinq professions qui font face à la plus grave pénurie: préposé au comptoir et aide-cuisinier (55  256 postes), préposé au service des mets et boissons (51 855 postes), cuisinier (18 964 postes), préposé au bar (10 880 postes) – (ces chiffres incluent les besoins de l’hébergement). Animateur et responsable de programmes de sports et loisirs constitue la cinquième fonction de travail, ayant 8635 postes non pourvus. Le secteur «loisir et divertissement» occupe le deuxième rang des secteurs les plus touchés par la pénurie.
  • En raison d’un surplus de 231 emplois, le secteur des services de voyages est celui qui s’en tire le mieux.

En 2025, dans l’industrie touristique québécoise…

  • On estime le besoin de main-d’œuvre à 438 167 emplois, tous secteurs confondus, soit une hausse de 17% par rapport à 2006 (374 912 emplois).
  • L’offre étant inférieure à la demande de 12,6%, on évalue le manque à gagner à 55 379 emplois, alors qu’il était de 4953 en 2006 (graphique 5).

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  • Tout comme au Canada, la restauration est le secteur le plus durement touché au Québec. Après un surplus en 2010, la pénurie de main-d’œuvre pourrait dépasser les 35 000 travailleurs en 2025 (graphique 6).
  • Les services de voyages représentent le seul secteur épargné. L’offre québécoise surpasse la demande de près de 300 travailleurs.

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Essayons de faire mentir les chiffres

Comment faire en sorte que ces prévisions catastrophiques ne se réalisent pas? Pas de baguette magique pour régler la situation!

Selon le rapport L’avenir du secteur du tourisme au Canada…, une augmentation des salaires ne saurait régler le problème. Les entreprises étant forcées de «refiler» la hausse des coûts d’exploitation aux clients, on estime que cette stratégie ferait fléchir la demande. En fait, elle augmenterait l’offre de 50 200 emplois et en contrepartie, la baisse de la demande engendrerait des pertes évaluées à 22,2 milliards de dollars en dépenses touristiques.

Accroître la productivité et l’offre de la main-d’œuvre demeure un défi réalisable si l’industrie, les gouvernements, les maisons d’enseignement travaillent de concert afin d’améliorer l’attractivité des emplois et de réduire les barrières qui entravent l’entrée aux travailleurs potentiels. Et… les entreprises ne doivent surtout pas négliger la gestion des ressources humaines au quotidien.

À consulter:
Vous pouvez consulter le rapport L’avenir du secteur du tourisme au Canada… afin d’obtenir plus de détails au sujet des données ainsi que des statistiques intéressantes en cliquant ici.

Sources:
– Conseil canadien des ressources humaines en tourisme. L’avenir du secteur du tourisme au Canada: reprise économique et retour des pénuries de main-d’œuvre, Institut canadien de recherche sur le tourisme et Conference Board du Canada, mars 2009.
– Conseil canadien des ressources humaines en tourisme. L’avenir du secteur du tourisme au Canada: reprise économique et retour des pénuries de main-d’œuvre – Québec 2009, Institut canadien de recherche sur le tourisme et Conference Board du Canada, 2009.
– Conseil canadien des ressources humaines en tourisme. L’avenir du secteur du tourisme au Canada: de grandes possibilités … un petit bassin de main-d’œuvre, Institut canadien de recherche sur le tourisme, Conference Board du Canada et The Bristol Group, juin 2008.
– The Conference Board of Canada. «Tourism Labour Shortages to Re-Emerge as the Economy Recovers», Travel Exclusive, juillet et août 2009.

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Gestion

Pour faire vivre une expérience extraordinaire au client: savoir doser ses attentes et gérer ses perceptions

On parle de l’effet WOW depuis déjà un bon moment, mais qu’est-ce qui le provoque chez le consommateur? La satisfaction du client se mesure par la différence entre ses attentes et sa perception des résultats. Un produit ou un service est jugé excellent parce qu’il surpasse les attentes du client; celles-ci sont évaluées en fonction de la promesse faite. Donc, pour un WOW assuré, promettez moins, faites-en plus et terminez l’expérience par de l’inattendu ou un moment fort.

L’équation est simple

À l’occasion des Rendez-vous des festivals, événements et attractions touristiques tenus à Terrebonne en mars dernier, Jasmin Bergeron, professeur de marketing à l’Université du Québec à Montréal, a démystifié l’effet WOW!

Tout est une question d’attentes, de perceptions et de promesses. Vous est-il déjà arrivé d’aller voir un film que vos amis vous avaient conseillé à grands coups de qualificatifs et d’avoir été moins emballé qu’eux ou franchement déçu? En fait, vos attentes étaient très élevées en raison des recommandations de votre entourage.

Vous pouvez avoir la plus belle expérience à offrir selon votre perception, mais le client achète sa perception d’une belle expérience mise en relation avec sa perception d’un prix juste. C’est pourquoi il faut, par le biais de votre proposition, savoir doser les attentes des clients et essayer de gérer leurs perceptions.

L’authentique

Même son de cloche de la Commission canadienne du tourisme (CCT) dans son document  Expériences: une boîte à outils. Généralement, les consommateurs évaluent plus favorablement une bonne expérience dans un hôtel deux étoiles qu’une expérience moyenne dans un hôtel cinq étoiles. Même si l’expérience vécue dans l’hôtel cinq étoiles était supérieure à celle de l’hôtel deux étoiles, les consommateurs ont des attentes beaucoup plus élevées pour un hôtel haut de gamme.

La CCT souligne que la réaction à une expérience touristique est essentiellement fondée sur deux facteurs: l’anticipation de l’expérience par le voyageur et son appréciation de l’expérience réelle. Les anticipations du consommateur sont conditionnées par tout ce qu’il a entendu au sujet de la prestation et par l’expérience qu’il a déjà vécue, le cas échéant, avec des produits semblables. L’image qu’il s’est constituée peut être influencée par de multiples sources: la promotion du produit, l’histoire, les bulletins de nouvelles, les opinions de parents et d’amis, son bagage culturel, etc. Elle peut être très éloignée de la réalité. Si l’expérience réelle n’est pas à la hauteur de cette image, le consommateur aura le sentiment que le produit n’était pas authentique. L’authenticité étant un point important dans le milieu touristique, l’essentiel à retenir est que le voyageur ne visite pas la réalité d’une destination, mais le stéréotype qu’il a en tête.

Les dimensions rationnelle et émotionnelle

Lors de son passage au Symposium international sur le développement durable du tourisme, Liping A. Cai, professeur et directeur du Purdue University Tourism & Hospitality Research Center, soulignait l’importance des dimensions rationnelle et émotionnelle du voyageur et de l’authenticité de l’expérience.

La dimension rationnelle est liée au produit lui-même, à son niveau fonctionnel et à sa valeur économique, tandis que la dimension émotionnelle se rattache à la qualité de l’expérience et du service ainsi qu’à la marque. De plus, l’employé qui interagit avec le client devient pour lui le représentant de la marque.

La perception du prix par le voyageur est en lien avec sa perception de l’expérience. Un Chinois peut faire de folles dépenses aux Galeries Lafayette à Paris alors qu’il trouvera qu’une tasse de thé y est beaucoup trop cher.

Selon le professeur Cai, l’authenticité c’est de tenir ses promesses et de livrer l’expérience annoncée, d’où l’importance de la promesse qu’on fait au voyageur.

Et surtout, finissez fort!

Comme le soulignait Jasmin Bergeron, ce que le client retient le plus, c’est la dernière impression, la fin de l’expérience. Une journée peut être spectaculaire, mais si elle se finit mal, le client restera avec un goût amer. Il faut donc le suivre jusqu’à sa sortie et terminer en force pour qu’il soit impressionné et ait envie de raconter son expérience.

Lire aussi:
– L’EXPÉRIENCE touristique, c’est…
– La question qui tue: «Offrez-vous une expérience authentique?»

Sources:
– Bergeron, Jasmin. «Wow», Rendez-vous des festivals, événements et attractions touristiques – Marketing: Inspiration et Innovation, Société des attractions touristiques du Québec, Terrebonne, 12 mars 2009.
– Cai, Liping A. «L’authenticité, l’expérience et l’image de marque d’une destination touristique», Symposium international sur le développement durable du tourisme, Québec, 19 mars 2009.
– Commission canadienne du tourisme. «La boîte à outils sur les expériences», février 2008.

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Gestion

Des clients satisfaits à peu de frais: petits trucs pratiques

Voici quelques façons de faire une différence dans votre relation avec le client qui contribueront à accroître sa satisfaction. Jasmin Bergeron, professeur de marketing à l’Université du Québec à Montréal, a donné quelques conseils pour améliorer le service à la clientèle lors des Rendez-vous des festivals, événements et attractions touristiques tenus à Terrebonne en mars dernier.

Souriez, vous êtes à…

Souriez aux gens, soyez de bonne humeur. Cette attitude positive aura immanquablement un effet d’entraînement sur la clientèle. La décision de dire OUI dépend surtout d’une chose: l’humeur. Alors assurez-vous que votre enthousiasme est contagieux.

L’effet de surprise

Un effet de surprise peut augmenter l’évaluation positive du client et, par le fait même, avoir une incidence sur son degré de satisfaction. La surprise influe favorablement sur la satisfaction du client, le bouche à oreille, la confiance et l’intention d’achat.

Trichez un peu

Vous dites à votre client que vous le rappelez d’ici la fin de la journée. Si vous l’appelez à 11 h 30, votre attention n’aura pas la même incidence sur sa perception que si vous lui téléphonez à 16 h.

Au restaurant, le client sera satisfait si vous lui dites que le temps d’attente est d’environ 10 minutes et qu’au bout de 5 minutes, vous lui annoncez que sa table est prête, alors que l’inverse accentuera son mécontentement.

La popularité donne de la crédibilité. Si un restaurant est vide, il y a de fortes chances qu’un client passe son chemin. Pourquoi ne pas offrir aux employés de l’hôtel des rabais substantiels s’ils prennent leur repas au restaurant juste avant les fortes périodes d’achalandage.

Une carte c’est bien, mais trois c’est mieux!

Donnez deux ou trois cartes professionnelles au lieu d’une seule au cas où votre client serait tenté de relayer l’information à une autre personne.

Plutôt que de faire imprimer votre numéro de téléphone cellulaire sur votre carte professionnelle, écrivez-le manuellement sur celle-ci en la remettant à un client. Il aura l’impression que vous lui accordez un privilège.

Pour deux cents dollars vous aurez…

Indiquez le prix en premier et les avantages par la suite, car les gens retiennent surtout la fin de votre déclamation. Si l’énumération des avantages est longue, il aura l’impression d’en avoir beaucoup plus pour son argent.

Souvent, le client ne sait pas trop ce qu’il recherche ou ne connaît pas la gamme de vos services. Au lieu de lui demander «Vous souhaitez une chambre?», énumérez-lui des choix.

Qui se ressemble s’assemble!

Il faut savoir jauger la personne à qui l’on s’adresse et se faire caméléon. Le consommateur aime faire affaires avec des personnes comme lui. Une attitude «empesée» pourrait risquer de créer un malaise, de faire fuir le client ou de le convaincre de ne plus revenir. Il importe donc de s’adapter à son client, à la vitesse de sa voix, à son vocabulaire, à ses intérêts, etc.

Les gens aiment bien quand on s’adresse à eux par leur nom.

Un suivi simple et efficace

L’envoi régulier d’un courriel d’information à vos clients constitue un moyen efficace de garder contact avec eux – vos nouveaux services, un document visuellement attirant, une invitation à relayer l’information à leurs amis, etc. Mais attention à la qualité des courriels envoyés (fautes d’orthographe, présentation, etc.), tout type de communication est lié à la perception de la qualité.

De multiples occasions vous permettent de garder contact avec le client. En voici quelques exemples:

  • Une semaine avant son arrivée, envoyez un petit courriel à votre client qui a réservé une chambre d’hôtel pour lui demander s’il a des requêtes particulières ou s’il a besoin d’un service quelconque – transport, visites, billets, etc.
  • À son arrivée à sa chambre, passez-lui un coup de fil pour savoir si elle lui convient.
  • La veille de son départ, laissez-lui une note manuscrite le remerciant de sa visite et l’invitant à revenir.
  • À son retour à la maison, demandez-lui si son séjour a été agréable.

Sachez écouter…

… vos clients. Plutôt que de vous efforcer à être intéressant, intéressez-vous à votre client. Vous augmenterez assurément sa satisfaction.

Si on y va de nos propres suggestions

Que pensez-vous de la formule suivante: «Cela a été un plaisir de vous servir»? Évidemment, il faut être sincère, car si cela sonne faux, le client ne sera pas dupe!

Sources:
– Bergeron, Jasmin. «Wow», Rendez-vous des festivals, événements et attractions touristiques «Marketing: Inspiration et Innovation», Société des Attractions Touristiques du Québec , Terrebonne, 12 mars 2009.
– Bergeron, Jasmin, Jasmin Roy et Jean-Mathieu Fallu. «Pleasantly Surprising Clients: A Tactic in Relationship Marketing for Building Competitive Advantage in the Financial Services Sector», Canadian Journal of Administrative Sciences, vol. 25, no 3, septembre 2008.
– Mayock, Patrick. «Five no-cost tactics that add value», blogue HotelNewsNow.com, 6 avril 2009.

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Tourisme durable

Une destination «durable», oui c’est possible! (Compte rendu de conférence)

Le Conseil régional du tourisme du South West of England s’est donné comme mission de faire de sa destination un modèle de tourisme durable. Il assume donc le leadership pour bien orchestrer, à l’échelle régionale, ce virage où la qualité prime sur la quantité, la planification à long terme guide les actions et les changements climatiques s’inscrivent dans les priorités.

Malcolm Bell, chef de direction du South West Tourism of England et membre expert du groupe sur le tourisme durable de la Commission européenne, a présenté la démarche de développement durable (DD) entreprise dans sa région lors du Symposium international sur le développement durable du tourisme tenu à Québec en mars dernier.

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Le South West England représente la destination vacance la plus populaire des Britanniques. Cette région reçoit 26 millions de visiteurs pour des retombées de près de 9 milliards d’euros. Elle compte 30% de zones protégées et de parcs nationaux soit plus que toute autre région du Royaume-Uni. Le tourisme, c’est 10% du produit intérieur brut de la région et 307 000 emplois, soit un sur huit.

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Il ne faut pas avoir à «tolérer» le tourisme

dd_symposium4Le South West Tourism, conseil régional du tourisme pour la région du South West of England, fait du développement durable sa priorité et le place comme l’élément central de la stratégie touristique régionale pour l’avenir. Grâce à la mise en place de son plan stratégique, Towards 2015 Shaping Tomorrow’s Tourism, cet organisme souhaite que la région soit reconnue internationalement comme une destination modèle. Il assume les rôles de coordination, de leadership et de contrôle auprès de l’industrie, des décideurs, des destinations et des visiteurs.

La croissance n’a pas que des effets positifs. Elle peut amener des effets indésirables comme des emplois de piètre qualité, des pressions indues sur l’environnement ou l’aliénation des communautés locales. La stratégie de DD du Conseil régional s’articule autour d’un changement de priorités: planifier à long terme, s’adapter aux changements climatiques et miser sur la valeur et la qualité plutôt que sur la quantité. L’organisation veut établir un équilibre entre l’environnement, la communauté locale, l’industrie touristique et la satisfaction des visiteurs et ainsi, améliorer la qualité de vie des gens qui y vivent et y travaillent de même que celles des touristes.

L’organisme veut concentrer ses efforts promotionnels sur les voyageurs qui adhèrent aux valeurs de la région et sur les marchés de proximité (Union européenne) afin de réduire l’empreinte écologique et carbonique.

À l’horizon 2015, le DD ne constituera pas une niche, un marché ou un produit touristique pour la région du South West England. Il sera plutôt une approche naturelle, le moteur de son développement et de sa gestion, de façon à créer une synergie entre le développement économique et les besoins de la société dans les limites environnementales.

Le tourisme représente beaucoup plus qu’une force économique. C’est un instrument qui permet de créer un sentiment de fierté locale, qui aide à se différencier comme communauté, à développer la culture, l’éducation, la santé, les sports et beaucoup plus.

Comment articuler cette stratégie?

Sans plan détaillé, le Conseil régional du tourisme mise principalement sur la concertation et l’entraide.

À l’origine, les gens accolaient le discours environnemental aux fanatiques qui veulent tout peindre en vert et qui s’accrochent aux arbres. Il convient plutôt d’adopter une approche positive, de parler d’équilibre et d’apporter des solutions plutôt que d’opter pour une approche restrictive associée à des interdictions et à des limitations.

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Plusieurs actions sont mises de l’avant: formation, documentation, accréditation, sensibilisation auprès des décideurs dans le but d’établir des politiques, sensibilisation aussi auprès des touristes (achats locaux, transport en commun, etc.), support des destinations, aide aux autorités locales, coordination des acteurs environnementaux, prix de reconnaissance, etc.

La mise en place d’outils de mesure constitue un élément important pour évaluer la progression des efforts vers les objectifs établis: veille et recherche (tendances, démographie, scénarios de crise, etc.), mesure des empreintes environnementales (REAP modeling), statistiques (nombre de visiteurs, retombées économiques, évolution des marchés, etc.), mesure de la productivité de l’industrie (VICE evaluation tool).

La pression exercée par les touristes sur la population locale s’avère parfois néfaste. On effectue un sondage auprès de la population afin de vérifier l’accueil qu’elle réserve aux touristes et son ouverture à leur égard. La qualité de l’emploi fait aussi partie du questionnaire. Par ce sondage, le Conseil régional souhaite amener des milliers de gens à faire une différence et à socialiser avec les visiteurs.

Beaucoup de voyageurs souhaitent vivre une expérience de qualité tout en évitant les effets négatifs. Aussi, une enquête est-elle réalisée auprès des visiteurs afin de vérifier la satisfaction par rapport à leur expérience (infrastructures, services, signalisation, propreté, etc.).

Tourisme et développement durable…

Évidemment, accomplir une telle mission ne constitue pas une voie facile, mais l’organisation compte mettre les efforts nécessaires pour y arriver. Le Conseil régional est finaliste pour les Tourism for Tomorrow Awards 2009 du World Travel & Tourism Council (WTTC).

«By getting this right, it will be the dawn of a new era of tourism development
with wise growth and decades of prosperity, rather than the sunset of tourism in our region»

Pour paraphraser M. Liping A. Cai, professeur et directeur de la Purdue University Tourism & Hospitality Research Center aux États-Unis, c’est à vous de décider quel type de destinations vous voulez être…

Le Québec pourrait-il s’inspirer de ce modèle?

Source:
– Bell, Malcom. Atelier: Développement durable d’une destination touristique – Destinations durables, Symposium international sur le développement durable du tourisme, Québec, 17 mars 2009.

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Tourisme durable

Quand l’architecture donne une âme à un lieu (Compte rendu de conférence)

Contrer l’effet de mode, s’inspirer d’un lieu, ancrer un bâtiment dans son milieu, donner une âme à un projet constituent l’essentiel d’une architecture «durable». Heinz Julen, artiste et spécialiste de l’architecture alpine, est venu nous faire rêver en exprimant sa vision artistique de l’architecture hôtelière l’espace d’une conférence au Symposium international sur le développement durable du tourisme. De son côté, Renée Daoust, architecte et associée chez Daoust Lestage inc., nous a présenté des exemples probants de vision et de projets porteurs dans un esprit de développement durable.

Imaginez… une montagne, un hôtel et la notion de spiritualité…

Inspirant n’est-ce pas? Ces composantes émanent d’un projet que Heinz Julen a dans ses cartons. Originaire de Zermatt en Suisse, c’est dans son atelier à flanc de montagne qu’il met son génie artistique à l’élaboration de réalisations singulières qui ne laissent personne indifférent. Les lieux peu développés, les grands espaces, les montagnes l’inspirent particulièrement.

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Cet artiste ne voit pas un hôtel comme étant un service complémentaire. Un lieu possède une âme, un milieu naturel, un patrimoine culturel et architectural qu’il importe de respecter. C’est dans cet esprit que ce lieu devient pour lui une source d’inspiration pour développer un projet hôtelier qui s’intègre à l’environnement et contribue à l’héritage patrimonial de la destination.

À travers une réalisation, il faut savoir susciter le rêve.

Les pièges de la mondialisation

Pour Renée Daoust, le développement du milieu bâti sert de levier pour le tourisme. Il existe des bâtiments iconographiques  qui traversent le temps, qui témoignent de la culture de l’époque et de l’innovation technologique. Nous n’avons qu’à penser aux grandes pyramides d’Égypte, plutôt révolutionnaires pour cette période, ou à la tour Eiffel.

Toutefois, les tendances en architecture constituent un piège de la mondialisation. Elles donnent parfois lieu à une architecture éphémère, jetable, qui traverse mal le temps. L’architecture ou plutôt la «starchitecture» devient spectacle, sans référence identitaire, mal intégrée à son milieu. Beaucoup de destinations ont tendance à vouloir reproduire le syndrome Bilbao, faisant abstraction du contexte d’implantation de ce projet.

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Des projets porteurs

Le 400e anniversaire de la ville de Québec a été l’occasion de saluer le génie du lieu, l’architecture et le design urbain identitaire en créant la promenade Samuel-De Champlain et le quai des Cageux. Sur cette promenade, quatre jardins thématiques – le Quai-des-Brumes, le Quai-des-Flots, le Quai-des-Hommes et le Quai-des-Vents – témoignent de l’importance du leg permanent en ce qui a trait à l’espace urbain et au patrimoine bâti.

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Après la période sombre du SRAS, il a fallu moins de six ans pour que la renaissance culturelle de Toronto fasse renouer cette ville avec la croissance. Grâce à une vision coordonnée, les efforts de redressement  déployés ont porté tant sur la culture événementielle que sur la culture permanente. Du spectacle des Rolling Stones au Luminato Festival, le savoir-faire local pour la conception de trois grands bâtiments (Four Seasons Centre for the Performing Arts, Canada’s National Ballet School, Young Centre for the Performing Arts) couplée à la synergie de l’expertise internationale (Royal Ontario Museum, Sharp Centre for Design, Ontario College of Art & Design, Leslie L. Dan Pharmacy Building, University of Toronto), on peut affirmer que Toronto s’est rapidement  taillé une place au sein des destinations culturelles.

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Les Jeux olympiques de Beijing 2008 constituent un exemple remarquable de réussite. Une vision partagée, un financement approprié, la compréhension d’une culture millénaire, l’érection d’un bâtiment iconographique ont fait de cet événement un succès et un haut lieu du tourisme chinois.

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Réussir un projet architectural durable

Vision, qualité, pérennité, identité et investissement dans le savoir-faire local résument les éléments importants de l’architecture durable.

Le fondement d’un projet viable est constitué d’une vision coordonnée, claire et cohérente, partagée par l’ensemble des partenaires financiers, politiques, culturels et sociaux. Pour en susciter l’adhésion, il faut savoir célébrer l’événement, définir des projets mobilisateurs, réaliser des interventions significatives en matière d’espace urbain et de patrimoine bâti, reconnaître la culture permanente et l’arrimer à la culture événementielle.

Un projet peut être durable si l’on investit dans la qualité avec un objectif de pérennité et s’il bénéficie d’un cadre budgétaire approprié.

Favoriser l’émergence de la culture identitaire afin de confirmer la spécificité du lieu, favoriser aussi le développement de l’expertise et des créateurs locaux, créer une relation synergique et équilibrée entre les concepteurs locaux et internationaux sont autant de mesures pour assurer un développement durable.

L’architecture occupe une place importante dans la culture et, à ce titre, il faut reconnaître les créateurs.

Un mot sur l’architecture en milieu rural

L’architecture n’est pas liée qu’aux grandes villes. En région, il faut harmoniser l’intégration d’un bâtiment au paysage. Pourquoi un centre commercial devrait-il avoir un stationnement à l’avant alors que cette immense surface asphaltée n’a rien d’esthétique? Trop souvent, les commerces à grande surface, les chaînes et les multinationales défigurent l’entrée des villes et villages au Québec et laissent une piètre impression au visiteur.

Sources:
– Daoust, Renée et Heinz Julen. Atelier: Stratégies d’implantation pour les entreprises – Initiatives responsables du tourisme patrimonial et culturel bâti, Symposium international sur le développement durable du tourisme, Québec, 18 mars 2009.

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Enjeux Gestion

La crise, une opportunité pour innover? (Compte rendu des Assises du tourisme 2009)

Avec ce thème comme prémisse, les Assises du tourisme 2009 ont réuni quatre grands ténors de l’industrie touristique pour en discuter. Ceux-ci s’accordent à dire que la crise actuelle n’en est qu’une de plus dans la liste déjà longue, et que nous évoluons constamment dans le chaos. Peu importe la situation, il faut continuellement innover pour progresser. Et sur cette lancée, pourquoi ne pas miser sur le milieu culturel et le génie de nos créateurs qui savent si bien se distinguer sur la scène internationale pour s’ouvrir à de nouveaux horizons, insuffler une vision originale de notre Québec touristique et le réinventer?

Animée par Paul Arseneault, directeur du Réseau de veille de la Chaire de tourisme Transat de l’ESG-UQAM, la table ronde était composée des interlocuteurs suivants:

  • Charles Lapointe (C. L.), président de Tourisme Montréal;
  • Alain April (A. A.), directeur général du Château Bonne Entente et du Georgesville, président de la Société du Centre des congrès de Québec et président du Conseil québécois de l’industrie touristique ;
  • Philippe Sureau (P. S.), président de la distribution à Transat A.T. ;
  • Michel Archambault (M. A.), titulaire de la Chaire de tourisme Transat de l’ESG-UQAM.

D’entrée de jeu… la crise, une opportunité pour innover?

C. L. – Il pleut, nous sommes en crise…
Attendre une crise pour innover est une idée éculée. Nous devons toujours innover, être constamment en alerte, sinon nous allons péricliter.

A. A. – Les crises font partie des cycles économiques.
Il ne faut pas attendre une crise pour réagir. Toutefois, une crise ou un ralentissement des activités sont une occasion d’aller chercher des employés que les autres entreprises ont mis à pied, d’investir dans l’immobilisation, de revoir les ententes avec les fournisseurs.

P. S. – Quelle crise, celle d’il y a dix ans, cinq ans, six mois ?
Il y a quelques mois, l’énergie était trop chère, le taux de change du dollar canadien n’était pas favorable, et la liste pourrait s’allonger. Aujourd’hui, ces situations se sont redressées et c’est au tour de la crise financière doublée de la grippe porcine. Il y a toujours eu des crises, il y en aura toujours. Selon Darwin,  ceux qui savent s’adapter survivront.

Écoutons-nous nos clients pendant la crise? La vraie mutation s’est effectuée en 1999 avec la montée d’Internet. Désormais, nous pouvons tout savoir, tout le temps et le dire à tout le monde.

M. A. – Le modèle d’affaires ne fonctionne plus.
Des chantiers sont arrêtés, on observe une baisse de la clientèle chez les voyagistes, la confiance des investisseurs n’est plus au rendez-vous. La crise est bien présente. Nous sommes constamment appelés à gérer dans le chaos et nous devons être capables de réagir.

Pour éviter de courir à notre perte, pourquoi ne pas miser sur ceux qui vont nous faire rêver et s’attaquer résolument au marché international?

La crise changera-t-elle la dynamique touristique de façon temporaire ou permanente? Le Québec est-il en train de se marginaliser?

P. S. – Le tourisme durable est sans contredit le premier perdant à court terme, mais il sera le gagnant à long terme. La solution passe par l’intégration d’une économie qui réduit la surconsommation, par une nouvelle dynamique qu’est le tourisme social. La reprise doit emprunter cette voie pour innover.

A. A. – Il faut apprendre des crises pour en ressortir plus fort.
La mémoire est une faculté qui oublie. Les gestionnaires baissent les prix et choisissent la voie de la facilité. Il importe de maintenir les prix et d’offrir une plus-value au client, de le dorloter, de le respecter. Il faut retirer une fierté de ce que l’on accomplit. Une crise permet aux meilleures entreprises de perdurer et contribue à éliminer les plus faibles, ceux qui nuisent à notre image.

P. S. – Internet, c’est à la fois la liberté et le Far West.
Internet offre des possibilités incroyables. Grâce au phénomène du long tail, une petite entreprise peut s’ouvrir au marché mondial.

C. L. – Nous devons écouter sur le Web 2.0 ce que l’on dit de nous.
Cela nous permet d’ajuster l’offre en temps réel.

Quels sont les gagnants et les perdants de la crise actuelle (secteurs, régions, entreprises)?

M. A. – Le grand gagnant est le consommateur en raison de l’offre avantageuse dont il dispose.
Les perdants sont sans doute le Canada et le Québec. Comment reconquérir le marché américain d’autant plus que leur image à l’international s’améliore. Les destinations, tels Dubaï, Shanghai et les pays de l’Europe de l’Est, qui ont su investir et parfaire leur produit en ressortent gagnants.

C. L. – Les perdants, le Canada et le Québec.
Ces destinations se marginalisent dans l’offre internationale. L’Amérique du Nord constitue la région ayant la plus faible croissance selon l’Organisation mondiale du tourisme.

Depuis la fin du 19e siècle, le palmarès des régions touristiques du Québec (Québec, Montréal, Laurentides, Cantons-de-l’Est, Charlevoix et la Gaspésie) demeure inchangé, même après la crise. D’autres régions peuvent compter sur des produits spécifiques comme les pourvoiries. Apprenons à nous connaître, à miser sur nos produits exceptionnels et à savoir à quel client nous nous adressons.

M. A. – Nous faisons face à la détérioration de nos infrastructures.
Des entreprises avec un long passé ont dû fermer boutique faute d’investissement au fil des années, par exemple La Sapinière, l’Estérel… Nous devons concentrer nos investissements et éviter le saupoudrage.

A. A. Il est important de bien déterminer qui tu es, qui tu vises, et dans quel but.
Les entreprises qui ont dû mettre la clef sous la porte n’ont pas investi. La règle d’or: pour faire de l’argent, il faut en investir.

Quelles sont les plus grandes innovations touristiques québécoises des dix dernières années?

C. L. – Nous ne sommes pas les premiers de classe en matière d’innovation.
Certes, on s’améliore. Il n’y a qu’à regarder les secteurs du spa et du ski, le développement du marché gai par Montréal. Mais on n’invente rien. Nous sommes de bons élèves et nous suivons les tendances.

M. A. – L’innovation au Québec provient de nos créateurs.
Le Cirque du Soleil, Robert Lepage, Fred Pellerin… Pourquoi ne pas effectuer une séance de remue-méninges avec nos créateurs qui ont une vision internationale et qui ne sont pas issus du secteur touristique pour qu’ils nous fassent rêver.

P. S. – L’événementiel est un milieu qui a su innover.
Le Festival International de Jazz de Montréal a réussi à se maintenir parmi les grands et à évoluer. Les activités des fêtes du 400e de Québec se sont distinguées par leur diversité et leur originalité.

A. A. Nous sommes de bons «suiveux».
Le maire Régis Labaume a su donner une impulsion dynamique à la ville de Québec. Il serait intéressant d’aller voir ce qui se fait ailleurs et de l’importer.

P. S. – Nous avons à apprendre de nos erreurs.
L’avortement du projet du Casino et du Cirque du Soleil au Bassin Peel en est un bon exemple.

M. A. – Il existe 2 713 îles dans le St-Laurent.
Le St-Laurent constitue une icône, une image forte que nous devrions mettre davantage de l’avant.  Les îles représentent  notre flore, notre faune et notre histoire. Il faudrait miser sur un tel produit et le mettre en marché.

Nous sommes capables de réaliser de grandes choses comme les barrages hydro-électriques. Nos projets devraient se fonder sur l’architecture.

P. S. – L’effervescence culturelle devrait devenir un moteur, un critère dominant.
Au Québec, le milieu culturel a su innover. La culture est essentielle et il faut tabler sur cet aspect pour dévier de l’activité touristique et porter un regard neuf. Nous avons les ressources, les capacités, les talents.

A. A.  – Il faut avoir le bon rêveur… qui s’assure que le projet est rentable!

C. L. – Misons sur la qualité, la créativité, le talent des architectes.
Le Millenium Park à Chicago représente un exemple probant de réussite à cet effet. La vision du maire de même qu’un concours international faisant appel aux architectes et aux créateurs ont réussi à faire de ce parc un attrait touristique couru.

Quelques interventions de la salle

France Lessard  (Office du tourisme et des congrès de Québec) soulignait notre inertie relativement à la réalisation de grands projets: le projet archipel, le train à grande vitesse, etc. Il serait facile de faire une liste de 30 projets porteurs qui ont avorté. Nous lui lançons le défi, histoire de nous emparer de quelques bonnes idées et de les relancer.

François Rioux (Groupe Riôtel) indiquait que la Gaspésie est en crise depuis 50 ans. Il faut croire en notre potentiel et investir. Regarder en avant.

Marcel Levy (Éditions du Gecko) soulignait que le monde est en crise depuis la nuit des temps. Ce qui conduit les gens, c’est le rêve, le bonheur. En période de crise, il faut réduire les craintes du consommateur et réussir à le faire rêver.

Dommage…

Comme on sentait que les panélistes commençaient à sortir de leur cadre de gestionnaire et qu’ils s’engageaient dans une démarche créative, il a fallu terminer la session, horaire oblige!

Source:
– Assises du tourisme 2009. L’innovation, moteur de croissance touristique!, table ronde «La crise, une opportunité pour innover», Québec, 15 mai 2009.