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L’importance du marché des résidences de tourisme de villégiature au Québec

Saviez-vous que 35% de tous les voyages d’agrément des Canadiens au Québec ont été réalisés dans des résidences de tourisme de villégiature, communément appelées chalets? Cette forme d’hébergement touristique est la plus utilisée par les touristes d’agrément canadiens; elle génère 18% de l’ensemble des dépenses de cette catégorie de voyageurs. Pourtant, il s’agit d’un secteur de l’hébergement qui est méconnu des intervenants touristiques de la province.

D’entrée de jeu, soulignons que les chalets incluent les cabines et maisons de villégiature, selon la définition de Statistique Canada, et se divisent en deux catégories:

  • chalet privé: résidence secondaire fréquentée sans rémunération par le propriétaire, sa famille ou ses amis;
  • chalet loué: hébergement commercial ou une résidence secondaire.

Cette première analyse d’une série de trois vise à cerner la demande liée au marché des résidences de tourisme de villégiature au Québec, alors que les suivantes délimiteront le profil de la clientèle et les défis de la commercialisation de ce type d’hébergement.

Une minorité de touristes internationaux séjourne dans les chalets

Selon les données de l’enquête effectuée auprès des voyageurs internationaux par Statistique Canada (EVI), une forte majorité de la clientèle d’agrément en provenance d’outre-mer (incluant le Mexique) et des États-Unis préfère séjourner dans les hôtels (graphique 1).

Graphique 1
Nombre de voyages-personnes des touristes d’agrément internationaux au Québec, selon le mode d’hébergement (2008)

Source: Statistique Canada

La clientèle d’agrément provenant d’outre-mer ne séjourne presque pas dans des chalets (1 800 voyages-personnes), alors que les Américains ont effectué 47 700 voyages-personnes dans des chalets en 2008, ce qui représente 4% du marché des États-Unis.

Il est important de souligner que les données de l’EVI ne permettent pas de faire la distinction entre l’utilisation des chalets loués et celle des chalets de villégiature privés, mais il est permis de croire que la majorité des touristes internationaux ont payé pour séjourner dans un chalet.

Un mode d’hébergement prisé par les touristes québécois

Plus de 90% des touristes séjournant dans les chalets privés ou loués sont des Québécois. À l’exception des visiteurs de la région d’Ottawa, très peu de touristes canadiens hors Québec demeurent dans une résidence de tourisme durant leur séjour au Québec.

Un volume impressionnant de séjours dans les chalets privés

Plus de 29% des voyages d’agrément des Canadiens ont été réalisés dans des chalets de villégiature privés au Québec, ce qui représente environ 2,7 millions de voyages-personnes et 8,2 millions de nuitées (graphique 2). En comparaison, le nombre de séjours dans les établissements hôteliers du Québec est évalué à 1,9 million de voyages-personnes pour 3,9 millions de nuitées.

Graphique 2
Nombre de voyages-personnes des touristes d’agrément canadiens au Québec selon le mode d’hébergement, en milliers (2006, 2007 et 2008*)

*Données en cours de révision               Source: Statistique Canada

Les chalets loués sont moins populaires auprès des touristes d’agrément canadiens. À ce titre, les séjours dans cette catégorie d’hébergement représentent 6% des voyages-personnes, ce qui équivaut tout de même à 550 000 séjours touristiques et à 1,9 million de nuitées.

Le changement méthodologique que Statistique Canada a apporté à l’Enquête auprès des voyageurs résidents du Canada (EVRC) en 2005 ne nous permet pas de comparer les dernières données avec celles des années antérieures. Depuis ce changement, le nombre de voyages-personnes était relativement stable entre 2006 et 2007, mais les données de 2008 sont en cours de révision par Statistique Canada, en raison de l’évolution atypique des voyages-personnes effectués dans les chalets loués et privés.

Importance économique du marché des résidences de tourisme au Québec

En dépit du flou entourant l’évolution de ces deux catégories d’hébergement touristique, l’importance économique des chalets et des résidences de tourisme est indéniable au Québec. Selon Statistique Canada, les touristes canadiens ayant séjourné dans des chalets privés ont déclaré des dépenses atteignant 262 millions CAD en 2008, alors que ceux ayant loué des chalets ont déboursé plus de 249 millions CAD (graphique 3).

Graphique 3
Répartition du nombre de voyages-personnes et des dépenses déclarées par les touristes d’agrément canadiens au Québec, selon le mode d’hébergement (2008)

Source: Statistique Canada

Le marché des résidences secondaires se démarque donc par un grand volume de touristes, alors que celui des chalets loués génère des dépenses totales équivalentes, et ce, malgré un nombre de séjours moins important. Précisons néanmoins que dans le cas des chalets privés, ces données ne tiennent pas compte des autres types de dépenses, notamment les taxes foncières, les dépenses d’entretien des bâtiments, les investissements en rénovation, effectuées par les propriétaires de chalets privés.

Un marché mondial en pleine expansion?

Malgré le fait qu’il soit difficile de circonscrire avec exactitude le marché des résidences de tourisme en France, on peut affirmer qu’il s’agit d’un type d’hébergement touristique populaire. Selon le Syndicat national des résidences de tourisme, 11 millions de personnes ont séjourné dans des résidences de tourisme en 2006, dont 74% de résidents français.

Aux États-Unis seulement, la firme PhoCusWright estime que le marché des résidences de tourisme et des condos génère des revenus annuels de location de 24,3 milliards USD, ce qui représente 8% de l’ensemble des dépenses de voyage aux États-Unis.

Entre septembre 2008 et 2009, l’achalandage du site HomeAway.com, le plus important portail pour la location de résidences de tourisme au monde, a crû de 48% pour atteindre plus de 85 millions de visites sur une base annuelle. En 2009, l’agence de tourisme Orbitz mettait en ligne le site Zonder.com, dont le contenu est dédié à l’offre de résidences de tourisme.

Une clientèle internationale à conquérir

Pour la clientèle européenne, les chalets commerciaux correspondent à la recherche d’une expérience authentique dans la nature et ses grands espaces. Quant à la clientèle canadienne hors Québec et américaine, les chalets représentent pour eux une forme d’hébergement touristique plus abordable en fonction de l’espace disponible, offrant tout le confort de la maison, que ce soit en couple, en famille ou en groupe.

Dans ce contexte, le marché des résidences de tourisme représente une formidable opportunité de croissance pour l’industrie touristique au Québec, à cause du niveau de dépenses de cette clientèle, qui est élevé, et du faible volume actuel de touristes hors Québec.

Sources:

– CITQ. Compilation spéciale à partir de leur calcul des établissements d’hébergement touristique (à l’exclusion des établissements de camping) en exploitation le 24 mars 2010.

– Connolly, Daniel J. et Douglas Quinby. “Vacation Rental Marketplace: Poised for Change”, PhoCusWright, 2009, 43 p.

–HomeAway, Homeaway.com, 2010.

– May, Kevin. “Is HomeAway Right When It Says Holiday Rentals Is the Hottest Sector in Travel?”, Twooz.com, 6 novembre 2009.

-Sabbah, Catherine. «Avantages et limites de la résidence de tourisme», Veilleinfotourisme.fr, 14 mai 2007.

– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages des résidents du Canada», traitement spécial, 2006-2008.

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Du piquet de tente au véhicule récréatif, l’évolution de la pratique du camping au Québec

Depuis 2005, les séjours des campeurs utilisant la tente ont chuté de 34%, alors qu’on observe une augmentation des voyages en véhicules récréatifs (VR) de 6,9%. Malgré tout, la pratique du camping est à la hausse au Québec, principalement à cause de l’augmentation importante du nombre de campeurs saisonniers. Les adeptes du camping sont moins nombreux parmi la clientèle hors Québec de l’Ontario et des États-Unis, alors que seulement 3,5% des séjours touristiques des Canadiens et à peine 1,4% des voyages des Américains au Québec sont réalisés en plein air. Voici un portrait sommaire de l’évolution de la pratique du camping au Québec et du profil des campeurs québécois.

Les campings saisonniers et les véhicules récréatifs ont la cote

Selon une récente étude du ministère du Tourisme du Québec, l’achalandage des terrains de camping s’est accru de 7,2% entre 2005 et 2009. Cette croissance est le reflet de l’augmentation de 12% du nombre de campeurs saisonniers, comparativement à une diminution de 8,7% du nombre de campeurs de passage (graphique 1). Les campeurs saisonniers louent un emplacement pour lequel il existe un contrat de location valide pour la saison, alors que les campeurs de passage louent un emplacement à la journée. Le marché des campeurs saisonniers est majeur pour les exploitants de campings, puisqu’il représente 79% des emplacements occupés.

Graphique 1
Nombre moyen d’emplacements de location loués quotidiennement à tous les campeurs, 2009 comparé à 2005

Source: ministère du Tourisme

La diminution du nombre de campeurs de passage est directement attribuable au déclin important du nombre d’adeptes du camping traditionnel (graphique 2). Entre 2005 et 2009, l’utilisation de la tente a diminué dans toutes les régions touristiques du Québec, à l’exception de Manicouagan. À l’opposé, la pratique du camping en VR est à la hausse. De plus, il est fort probable que les emplacements loués sur une base saisonnière accueillent essentiellement ce type de véhicule. Veuillez noter que, dans le cadre de l’étude du ministère du Tourisme, la catégorie VR comprend les tentes-roulottes, les roulottes et les véhicules motorisés.

Graphique 2
Nombre moyen d’emplacements de location loués quotidiennement aux campeurs de passage, 2009 comparé à 2005

Source: ministère du Tourisme

Autrefois considéré comme un mode de vacances économiques et populaires, le camping semble évoluer vers ce qu’on appelle en France l’hôtellerie de plein air. Louis Jean, directeur général de Camping Québec, observe que la clientèle adepte du tourisme de plein air cherche de plus en plus de commodités et de confort (lire aussi: Le plein air et le luxe font bon ménage!, Et si l’hôtellerie de luxe diversifiait son offre par le biais du camping). La popularité grandissante des voyages de vacances en VR s’inscrit dans cette tendance. Dans une analyse précédente (lire aussi: Le tourisme lié aux véhicules récréatifs), Claude Péloquin soulignait que plus de 170 000 Québécois ont effectué un voyage en VR en 2008-2009, comparativement à seulement 94 000 Québécois cinq ans auparavant.

Qui sont les adeptes de camping au Québec?

Voici quelques faits saillants du profil des campeurs québécois. Certaines données sont présentées avec celles de l’ensemble des voyageurs d’agrément à des fins comparatives.

  • En plus d’une majorité de campeurs qui proviennent de Montréal (graphique 3), ils sont plus nombreux à provenir de l’extérieur des régions métropolitaines (35%) que la moyenne des touristes d’agrément québécois (29%).

Graphique 3
Répartition de l’origine de l’ensemble des touristes d’agrément québécois et de ceux séjournant en camping en 2008

Source: Statistique Canada

  • Ils sont légèrement plus jeunes (tableau 1). Plus de 54% des adeptes de camping sont âgés de 35 à 54 ans, alors que 32% ont moins de 34 ans.

Tableau 1: Âge, dépenses et durée de séjour de l’ensemble des touristes d’agrément québécois et de ceux séjournant en camping en 2008

Source: Statistique Canada

  • Les campeurs possèdent un diplôme universitaire (18%) dans une proportion moindre que la moyenne des touristes d’agrément québécois (29%).
  • Les travailleurs de la construction (11%) et de la fabrication de biens durables (15%) sont surreprésentés parmi les campeurs québécois.
  • Les revenus des ménages des adeptes du camping sont légèrement inférieurs à la moyenne des touristes d’agrément québécois (graphique 4). Toutefois, ils dépensent presque autant que ceux-ci, notamment grâce à une durée de séjour plus longue (tableau 1).

Graphique 4
Revenu par ménage de l’ensemble des touristes d’agrément québécois et de ceux séjournant en camping en 2008

Source: Statistique Canada

  • Près de 78% des séjours de camping se déroulent entre les mois de juin et d’août, ce qui correspond à la période ciblée par l’étude du ministère du Tourisme du Québec.
  • Ce sont des touristes actifs qui privilégient particulièrement les activités de plein air. De plus, ils pratiquent des activités culturelles et de divertissement dans une proportion similaire à celle des touristes d’agrément québécois (graphique 5).

Graphique 5
Proportion de quelques activités pratiquées par l’ensemble des touristes d’agrément québécois et par ceux séjournant en camping en 2008
*Source: Statistique Canada
*Plus d’une réponse était acceptée


Un marché important pour le Québec

L’industrie du camping est d’une importance majeure au Québec. En 2008, Statistique Canada estimait que les Québécois avaient réalisé près de 1,4 million de voyages-personnes en camping au Québec et avaient dépensé plus de 346 millions CAD durant leur séjour, excluant les nombreux achats liés aux équipements. Cela représente plus de 16% des dépenses rapportées par les touristes d’agrément québécois au Québec.

Tout comme les chalets et autres modes d’hébergement alternatifs, le camping, en véhicule récréatif ou en tente, est un mode d’hébergement très peu utilisé par les clientèles hors Québec (graphique 6). C’est d’ailleurs la forme d’hébergement la moins utilisée par les touristes en provenance des États-Unis.

Graphique 6
Nombre de voyages-personnes réalisés au Québec par l’ensemble des touristes d’agrément et par ceux séjournant en camping, en fonction de la provenance (2008)

Sources: Statistique Canada, EVI et EVRC

Pourtant, le camping est très populaire auprès des populations des marchés limitrophes du Québec. Selon PMB, 779 000 adultes ontariens ont effectué un séjour touristique incluant au moins une nuitée en camping au Canada en 2009.

Aux États-Unis, une étude de l’Outdoor Foundation estime que 42,4 millions d’Américains ont séjourné en camping en 2008. Ces adeptes du camping sont très actifs et dorment en plein air en moyenne 14 fois par année.

Avec ses grands espaces et son réseau de parcs nationaux et provinciaux, le Québec a les atouts pour séduire les adeptes du tourisme de plein air.

Sources:
– Fédération nationale de l’hôtellerie de plein air (FNHPA). «Dossier de presse – Les multiples visages du camping», Fnhpa-pro.fr, mai 2010.
– Ministère du Tourisme. «La fréquentation des terrains de camping du Québec – Étés 2005 à 2009», Tourisme.gouv.qc.ca, 2010.
– Outdoor Foundation et Coleman. «A special report on camping», Outdoorfoundation.org, 2009.
– Print Measurement Bureau, Pmb.ca, 2009.
– SEPAQ. «Rapport annuel 2009-2010», Sepaq.com, consulté en juin 2010.
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages des résidents du Canada (EVRC)», traitement spécial, 2008.

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Ailleurs dans le monde Hébergement Produits et activités

Quand l’expérience culinaire ne suffit plus…

Est-ce qu’un simple repas dans un décor traditionnel est une espèce en voie de disparition? Le concept de divertissement devient-il plus important que ce qu’on sert dans l’assiette? Voici un panorama de restaurants qui ne se limitent pas à la gastronomie. Les journaux se plaisent à en parler; on les répertorie et les commente dans divers guides touristiques, blogues et autres. Dans ce créneau, les pays asiatiques, Japon en tête, détiennent la palme. Des expériences bien plus que culinaires qui ont de quoi piquer la curiosité du touriste!

Les thématiques sont à l’honneur

Une multitude de restaurants exploitent une thématique reflétée tant dans le décor que dans le menu et le service. Cette tendance ne signifie pas pour autant que les établissements négligent le contenu de l’assiette au profit de l’atmosphère.

À Beyrouth, au Liban, le Buns & Guns a opté pour le thème militaire. On y entend même un bruit d’hélicoptère en arrière plan, et la nourriture (de type restauration rapide) est emballée dans du papier camouflage. Au New Lucky Restautant d’Ahmadabad, en Inde, on se sustente parmi des cercueils tout ce qu’il y a de plus réel.

Certains poussent le thème jusqu’au personnel : la cuisine et le service du KinderKookKafe, à Amsterdam, sont assurés par des enfants; des robots évoluent sur le plancher du Robot Kitchen, à Hong Kong; des singes font office de serveurs au Kayabukiya Tavern d’Utsunomiya, au Japon. Sans oublier le Hobbit House de Manille, aux Philippines, qui embauche les plus petits serveurs au monde et dont la décoration rappelle le célèbre Seigneur des anneaux. Le Ninja, à New York, plonge quant à lui sa clientèle dans l’imaginaire de ces guerriers avec son décor de village féodal japonais composé d’un labyrinthe de 22 espaces différents.

L‘Observatory, à Johannesburg, en Afrique du Sud, jumelle astronomie et gastronomie, tandis que le Wizard of the Opera, à Tokyo, se donne des airs d’opéra. Le A380 In-Flight Kitchen, à Taipei, est une réplique de l’intérieur d’un avion. Les serveuses sont vêtues comme des agentes de bord, et on choisit la classe désirée: première, affaires ou économique.

À Miami, on troque ses chaussures pour des chaussettes et on s’installe sur d’énormes matelas et piles d’oreillers au B.E.D. (Beverage, Entertainment and Dining). Au dessert, on commande «Le ménage à trois».

Plusieurs restaurants plongent le client dans l’univers carcéral ou celui des gangsters. Mentionnons, entre autres, le Tommy Gun’s Garage de Chicago, où le client se retrouve dans les années de la prohibition et assiste même à une descente de police.

Les plaisirs sensuels sont à l’honneur au Hadaka Sushi d’Hollywood, en Californie. Dans la tradition japonaise du nyotaimori, un véritable corps humain est utilisé en guise d’assiette.

Le thème médical est très populaire. À Riga, en Lettonie, le concept du restaurant Hospitalis est le fruit d’une collaboration entre médecins, établissements médicaux, musée de l’histoire de la médecine et jeunes artistes de la génération montante. Préférez-vous la salle d’opération ou la pseudo morgue pour prendre votre repas? Des instruments chirurgicaux adaptés sont utilisés en guise d’ustensiles.

Source: http://www.hospitalis.lv/eng/parmums.php

Le Cannabalistic Sushi, à Tokyo, s’inspire aussi du nyotaimori, mais à ce restaurant, c’est le corps humain qui est comestible. Le client déguste la peau (sorte de pâte) et le sang (sauce). On découpe le corps à l’aide d’un scalpel et savoure les organes comestibles.

Des concepts de restos qui laissent pantois

Le restaurant itinérant Ghetto Gourmet s’est inspiré du concept des restaurants pirates. Tantôt dans une galerie d’art, tantôt dans un stationnement ou dans une maison privée, Ghetto Gourmet signale à sa clientèle par courriel les coordonnées de ses repas improvisés où musique, décor et divertissement accompagnent le menu quatre services. On compte maintenant plus de 350 événements tenus annuellement à travers les États-Unis.

L’agence de publicité Indie Amsterdam a permis à la chaîne de restauration américaine Domino’s Pizza de révolutionner la livraison traditionnelle (domicile et bureau) aux Pays-Bas. En installant des bornes «Dubbed Domino’s Delivery Point» (porte ornée du logo et munie d’une sonnerie) sur la plage et dans les parcs, ils ont fait d’une pierre deux coups : un point de rencontre pour la livraison et une plus grande visibilité de la marque.

Source: http://springwise.com/marketing_advertising/dominosdoors

La chaîne de restauration espagnole Fresc Co permet aux clients de perfectionner leur anglais dans deux de ses établissements à Barcelone, et ce, gratuitement. Le Language Lounge de Hambourg, en Allemagne, offre la même possibilité à sa clientèle, mais moyennant certains frais.

À Tokyo, les cat cafes sont populaires; on y sirote son thé en compagnie d’une multitude de chats de races différentes. Ceux qui cherchent une ambiance plus animée la trouveront dans l’un des restaurants de la chaîne américaine Dick’s Last Resort, où les employés se paient la tête des clients avec humour.

Dans les airs… grâce au concept belge Dinner in the sky, où une table est suspendue à une grue.

Source: http://www.dinnerinthesky.com/dits_dinner/index.php

Sous les mers… au restaurant du Conrad Maldives Rangali Island’s  ou au Red Sea Star à Eilat, en Israël.

Source: http://conradhotels1.hilton.com/en/ch/hotels/dining.do?ctyhocn=MLEHICI&id=DIN2

À San Francisco, Destination Dinners offre une variété d’expériences culinaires d’un peu partout à travers le monde : libanaises, mexicaines, thaïlandaises, coréennes… Épices, condiments, ingrédients secs, liste des aliments frais à acheter, recettes et instructions sont fournis, en plus d’anecdotes et de faits amusants sur la région d’origine du mets. Vaisselle, musique d’ambiance et autres sont aussi disponibles; le tout est expédié au client par la poste.

Source: http://springwise.com/food_beverage/destinationdinners

Dans la foulée de la télé-réalité et de l’Internet, voici la cuisine-réalité. Grâce à des caméras installées dans la cuisine du D’Amico Kitchen Osteria and Bar, on peut visionner ce qui s’y passe de 19 h 30 à 22 h sur le site damico-kitchen.com. De plus, le chef John Occhiato partage ses secrets culinaires en vidéo sur son blogue (blog.damico-kitchen.com).

Tous ces exemples sont la preuve que le domaine de la restauration emprunte résolument de nouvelles avenues et que les établissements, au-delà de développer de nouveaux concepts, deviennent bien souvent des attractions touristiques en soi.

Sources:
– «Craziest and Weirdest Restaurant Across the World», Crazy Junkyard.com, 21 mai 2009,
http://www.crazyjunkyard.com/craziest-and-weirdest-restaurant-across-the-world.
–  «The World’s Most Unusual Restaurants», WalletPop.com,
http://www.walletpop.com/specials/worlds-most-unusual-restaurants.
– «Roaming Restaurant», Springwise.com, 13 août 2006, http://springwise.com/food_beverage/roaming_restaurant.
– Askin, Dan. «The World’s Weirdest Restaurants », Independent Traveler, 19 février 2010,
http://www.independenttraveler.com/resources/article.cfm?AID=1024&category=43.
– Buchan, Noah. «Restaurants : A380 In-Flight Kitchen», TaipeiTimes.com, 20 février 2009,
http://www.taipeitimes.com/News/feat/archives/2009/02/20/2003436606.
– Chiang, Jim. «Recipe Kits Bring the World To the Dinner Table«, Springwise.com, 17 mars 2010,
http://springwise.com/food_beverage/destinationdinners.
– Dolnick, Sam. «Better Not Stiff Your Waiter in Indian Café», Seattle Times, 12 décembre 2007,
http://seattletimes.nwsource.com/html/nationworld/2004066677_gravecafe12.html.
– Elliott, Stuart. «If You Can’t Stand the Web Camera, Get Out of the Kitchen», NewYorkTimes.com, 7 décembre 2009, http://www.nytimes.com/2009/12/07/business/media/07adnewsletter1.html.
– Hanaoka, Mimi. «Customers Coo, Crawl Around Floor and Snap Photos at Increasingly Popular Cat Cafes», GlobalPost, 6 avril 2009, http://www.globalpost.com/dispatch/japan/090406/tokyos-cat-cafes.
– Haynie, Susanna. «A Being Space for Learning English», Springwise.com, 19 septembre 2008,
http://springwise.com/education/a_being_space_for_learning_eng.
– McRae, Judy. «Domino’s Delivers Pizzas To Doors on Beach & in Park», Springwise.com, 8 septembre 2009, http://springwise.com/marketing_advertising/dominosdoors.
– Michael, Kris. «Tokyo’s Theme Restaurants», Guardian.co.uk, 27 novembre 2008,
http://www.guardian.co.uk/travel/2008/nov/27/tokyo-theme-restaurants-japan-food.
– Pérez Prieto, Leticia. «Free English Lessons at Spanish Restaurant Chain»,Springwise.com, 12 mars 2010, http://springwise.com/education/frescco.
– Rafei, Raed. «Buns and Guns: Killer Burgers in Beirut», Los Angeles Times, 1er juillet 2008,
http://articles.latimes.com/2008/jul/01/world/fg-eatery1.
– Ryzik, Melena. «The Anti-Restaurants», NewYorkTimes.com, 26 août 2008, http://www.nytimes.com/2008/08/27/dining/27boar.html?_r=1.
– Steph. «15 of the Strangest Themed Restaurants: From Buns and Guns to Cannabalistic Sushi», WebUrbanist.com, 15 octobre 2008, http://weburbanist.com/2008/08/10/15-of-the-strangest-themed-restaurants-from-buns-and-guns-to-cannabalistic-sushi.
– Steph. «12 More Bizarre Theme Restaurants», WebUrbanist.com, 12 septembre 2008,
http://weburbanist.com/2009/08/09/12-more-bizarre-theme-restaurants.

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Faits et chiffres Hébergement Perspectives Transport

Le tourisme canadien affecté par la lenteur de la reprise économique

La croissance de l’industrie touristique canadienne est retardée en raison de la lente reprise du tourisme international dans sa globalité. D’ici 2014, Euromonitor International prévoit une augmentation des revenus des secteurs de l’hébergement, du transport et des attractions touristiques dans des proportions respectives de 18%, 21% et 20%. Comment ces hausses surviendront-elles au fil des ans et à quoi devons-nous nous attendre?

Le secteur de l’hébergement

L’année 2009 a été très difficile pour l’hôtellerie canadienne, et les projections d’Euromonitor International n’envisagent l’amorce d’une saine croissance qu’en 2011.

Dans l’ensemble, le niveau de performance de 2008 sera atteint au début de 2014 pour en arriver à des recettes de 14,8 milliards de dollars (tableau 1). Les ventes des hôtels indépendants et des hôtels sous bannière connaîtront respectivement 20% et 17% d’augmentation de recettes entre 2009 et 2014.

Bien qu’on s’attende à ce que les Américains voyagent plus au Canada durant les prochaines années, ce seront les arrivées internationales hors États-Unis qui offriront de meilleures possibilités de croissance à l’industrie. En effet, les recettes de ce segment dépassent celles des voyageurs domestiques qui dépensent, en général, moins que les touristes étrangers. De ce fait, la relance des voyages internationaux s’avère déterminante pour la reprise du secteur de l’hébergement, et plus particulièrement pour les hôtels haut de gamme des grandes métropoles.

Internet demeurera en constante évolution comme plateforme transactionnelle pour l’hébergement. Il représentera 29% de la valeur totale des transactions en 2014 contre 25% en 2009. Environ 56% des transactions s’effectueront sur le site des fournisseurs, tandis que 44% s’exécuteront par le biais d’intermédiaires.

Le secteur des transports

Selon les prévisions actuelles d’Euromonitor International, le secteur du transport atteindra les résultats enregistrés en 2008 uniquement vers la fin de l’année 2011, voire au début de 2012, pour ensuite s’établir à 19 milliards de dollars de recettes en 2014 (tableau 2).

Le segment du transport aérien, qui représente une grande partie du secteur du transport, a connu une baisse de 12% de ses revenus et de 10% de son volume en 2009. Malgré ce marasme, les vols nolisés ont enregistré une croissance de 5% des recettes et du volume.

La valeur du transport aérien devrait croître à un taux de 20% pour atteindre 60 millions de passagers en 2014. En outre, les compagnies à bas coûts devraient connaître un taux de croissance annuel d’environ 11% d’ici 2014, et atteindre près de 4 milliards de dollars de recettes (tableau 2).

Après les compagnies à bas coûts et les vols nolisés, ce sont les croisières qui connaîtront la plus grande augmentation de leurs recettes, soit 30% d’ici 2014.

Bien entendu, la fluctuation des prix du pétrole ainsi que d’autres facteurs pourraient influencer les prévisions.

miniature_industrie_canadienne

Les plateformes transactionnelles pour le secteur du transport garderont à peu près les mêmes proportions de transactions de 2009 à 2014 (graphique 1). Cela veut dire que 13% des transactions passeront par les sites Web des fournisseurs, 8% par des intermédiaires Web et 79% hors ligne.

De plus, le gouvernement canadien est sollicité par les entrepreneurs touristiques pour investir en matière de transport afin de rendre l’expérience des voyageurs plus facile, moins coûteuse et plus écologique. En conséquence, le gouvernement fédéral a annoncé en 2009 le financement d’un certain nombre d’initiatives clés du tourisme, incluant l’investissement dans l’amélioration du transport ferroviaire entre Toronto et Montréal, une facture de plus de 300 millions de dollars. Dans la même lancée, une nouvelle liaison ferroviaire a été inaugurée, durant l’été 2009, entre l’aéroport de Vancouver et son centre-ville pour mieux accommoder les voyageurs par avion.

Les attractions touristiques

Euromonitor International prévoit que les principales attractions touristiques connaîtront un taux de croissance annuel de leur achalandage de l’ordre de 2%, ainsi qu’une hausse constante annuelle des recettes de 4%, pour atteindre 205 millions de visiteurs et 7,3 milliards de dollars de recettes d’ici 2014 (tableau 3).

La raison pour laquelle la croissance projetée n’est pas si importante est que le tourisme domestique et les arrivées en provenance des pays outre-mer ne seront pas en mesure de compenser entièrement la baisse du nombre de visiteurs américains durant la période étalée entre 2009 et 2014.

D’ici 2014, les casinos demeureront l’attraction la plus importante générant le plus de revenus et recevant le plus de visiteurs (graphique 2). Pour profiter de ce créneau, la région de Vancouver essaie d’attirer des joueurs à «hautes mises» par l’ouverture de nouveaux établissements plus grands, comme le Grand Casino Villa à Burnaby.

Selon les projections d’Euromonitor International, les parcs nationaux, de même que les galeries d’art, devraient afficher la plus forte croissance, de 2009 à 2014, en nombre de visiteurs et en recettes. L’initiative de Parcs Canada d’investir pour sensibiliser les gens aux parcs nationaux du pays y joue un rôle.

Globalement, on s’attend à ce que le flux des voyageurs et des recettes touristiques augmente à la suite de la reprise économique mondiale, ce qui amènera les autres attractions touristiques à sortir du ralentissement économique de 2009.

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Ailleurs dans le monde Hébergement Tendances

Confort, design, urbanité et petits prix: le nouveau créneau de l’hôtellerie économique

Le secteur de l’hôtellerie économique est en plein essor, principalement en Europe. En fait, les termes «économique» et «budget» ne sont plus synonymes de bas de gamme ou défraîchi. Ce type d’hébergement offre plutôt une gamme d’établissements allant du plus petit budget au luxury budget, où les moindres détails font la différence. Les auberges de jeunesse flirtent avec ce secteur qui embrouille les règles de la classification. Une révolution? Peut-être pas. Une prise de conscience? Certainement.

Le terme hôtel économique est souvent utilisé mais rarement défini. Cela va du dortoir de lits superposés à l’hébergement moyen de gamme vendu sous l’étiquette économique, dans le but d’obtenir un meilleur taux d’occupation. La mode actuelle est aux chambres de petite taille (une moyenne de 18 pieds carrés, selon la firme PKF) incluant un lit très confortable, alors que le hall d’entrée est un lieu de rencontres permettant l’enregistrement, la communication, l’amusement, le travail ainsi que la restauration. Les salles de bains avec douche vitrée ont la cote, ou sont plutôt un impératif par rapport aux baignoires comportant un rideau en tissu, où le pommeau pluie ou multijets est de mise. Chaque détail du design et des services offerts permet de se démarquer de la concurrence. Par exemple, les petits déjeuners sont-ils composés d’ingrédients froids seulement ou, mieux, d’un buffet chaud? Quelle est la qualité du pain, du café, des jus et la variété des plats offerts?

Depuis l’apparition des hôtels CitizenM ou Motel One, il est possible de séjourner dans un endroit confortable et ayant du style à faible coût (à partir de 59 euros).

Source: www.motel-one.com

Source: www.citizenm.com

On se moque de la crise économique

En Europe plus particulièrement, la crise économique semble avoir favorisé le secteur de l’hôtellerie économique. En effet, la croissance auparavant en faveur des établissements quatre ou cinq étoiles a basculé vers les chambres à une ou deux étoiles. Bien sûr, le succès varie d’une entreprise à l’autre, mais mentionnons le groupe B & B Hotels, numéro trois français de l’hôtellerie économique, qui a défié la crise financière l’an dernier. Celui-ci a réalisé un chiffre d’affaires de 180 millions d’euros, en augmentation de 10,9% par rapport à 2008. Le président, Georges Sampeur, estime que «la crise valide le positionnement» de la chaîne, qui se veut low cost et de qualité. «Nous avons encore gagné des parts de marché», ajoute-t-il. La chaîne de 216 hôtels, dont 182 en France, poursuivra son développement paneuropéen.

À l’échelle mondiale, pour 2009, les résultats de l’hôtellerie économique présentent néanmoins une baisse.

Les étoiles… quelles étoiles?

Les règles de la classification sont confondues: une chambre de petite superficie comporte un matelas d’excellente qualité et une salle de bains très moderne. Si un établissement ou une chaîne combine des caractéristiques propres à différentes catégories d’hébergement, le nombre d’étoiles ne veut plus rien dire. Sa marque devient donc l’élément distinctif. C’est une des raisons pour lesquelles la classification n’est pas appliquée à de nombreux hôtels économiques en Europe.

Les auberges de jeunesse s’en mêlent

Les auberges de jeunesse font la concurrence aux hôtels deux étoiles. Les dortoirs négligés sont révolus et remplacés par des chambres de qualité à quelques lits et à prix raisonnable. L’exposition ITB Berlin reflétait d’ailleurs la vitesse à laquelle cette tendance prend forme par la taille et la diversité de l’espace Economy Accommodation. Chaînes hôtelières, auberges de jeunesse, designers, portail Internet et associations étaient présents. Un autre exemple de l’importance de ce phénomène est l’association STAY WYSE (acronyme de Safe Travel Accommodation for Youth et World Youth Student & Educational Travel Confederation), qui regroupe 108 membres dans 18 pays. Une étude menée par WYSE indique que 60% des jeunes voyageurs séjournent dans des auberges de jeunesse et que 40% choisissent des hôtels économiques accueillant aussi des familles et des gens d’affaires. Ajoutons que le nombre de séjours de cette clientèle est passé de 160 millions en 2005 à 180 millions en 2008.

La tendance à l’amélioration de la qualité diminue l’écart entre les auberges de jeunesse et l’hôtellerie économique. D’ailleurs, un des membres de STAY WYSE opère sous deux bannières: A&O Hostel et A&O Hotel, selon la clientèle à laquelle il s’adresse.

La crise financière a accéléré ce rapprochement. Cela dit, cette tendance avait débuté bien avant avec, par exemple, les hôtels Meininger. Ce groupe d’auberges établi en 1999 a rapidement constaté la demande de confort dans le secteur de l’hôtellerie économique et a graduellement révisé sa stratégie pour faire évoluer son concept d’«auberge» à «hôtel». Le but de leur slogan «Meininger – the urban traveller’s home» est clair: ils ne s’adressent pas uniquement aux backpackers.

Et au centre-ville, SVP!

L’hôtellerie économique en pleine ville, très rare auparavant (à l’exception des auberges de jeunesse), est en plein essor, principalement en Europe. Les chaînes situées aux abords des autoroutes offrent un produit très standardisé, souvent sans personnalité. Le groupe Motel One, basé à Munich, s’est rapidement développé dans les centres-villes allemands sous le concept «a lot of design for very little money», concept aujourd’hui copié. Mentionnons également les établissements Easyhotel, situés en plein cœur de Londres et d’autres capitales européennes, ainsi que les cityhotels NiteNite ou Big Sleep Hotel, également au Royaume-Uni.

Source: www.thebigsleephotel.com

Plus que timides en Amérique du Nord

Ce type d’hôtellerie, qui est de plus en plus développé en Europe, tarde à rejoindre les marchés nord-américains. Ici, les gîtes et l’hôtellerie trois étoiles sont plus largement répandus et offrent un produit intéressant, mais on ne trouve que peu d’hôtels économiques proposant un concept moderne, design et adapté à diverses clientèles. Les hôtels Alt se rapprochent de ce concept en étant toutefois légèrement plus haut de gamme. La tendance semble gagner doucement New York avec des établissements comme le Broadway Hotel, qui propose à la fois des chambres individuelles et des dortoirs.

Source: www.broadwayhotelnyc.com

Est-ce que ce secteur révolutionnera l’industrie hôtelière comme les compagnies aériennes low cost l’ont fait au cours de la dernière décennie? C’est un dossier à suivre, mais rappelons qu’il répond tout à fait aux goûts et aux besoins des générations X, Y et des flashpackers.

Lire aussi: Connaissez-vous les flashpackers?

Sources:
– EhotelMarketing. «B & B Hotels snobe la crise et s’européanise», le 27 avril 2010.
– Pütz-Willems, Maria. “A Lot of Comfort for Very Little Money: The Budget Market Is Booming: Increasing Competition Between Hostels and Hotels”, Special Press Release, ITB Berlin 2010.
– Travel Click. “Hotel Market Performance”, eMonitor, consulté en 2010.
– Wilkening, David. “NYC Hostel Paving the Way to Hotel-Like Services?”, 11 mai 2010.

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Hébergement Tendances

Hôtel lifestyle: autopsie d’un concept

Subtile évolution de l’hôtel boutique et apanage des grandes chaînes hôtelières, l’hôtel lifestyle est à la mode. Ce type d’hôtellerie tente de répondre aux besoins des consommateurs en matière d’innovation et de personnalisation en misant sur la convivialité, sur l’accessibilité de la technologie, sur l’émotion et sur la polyvalence. En fait, on souhaite que le client y reconnaisse son propre style de vie.

Thierry Mailliez et Laura Siery, de la firme DELOITTE, analysent ce courant dont voici les grandes lignes.

Son «inspiration»: l’hôtel boutique

Dans les années 1990, l’hôtel boutique faisait souffler un vent de modernité et de fraîcheur sur l’hôtellerie de charme traditionnelle. La standardisation était devenue trop forte, et la nouveauté des hôtels boutiques en matière de design et de personnalisation a fait fureur. Rappelons quelques caractéristiques de l’hôtel boutique:

  • Style urbain;
  • Architecture et design sophistiqués et différenciés, souvent signés par un créateur;
  • Capacité d’accueil limitée;
  • Service personnalisé;
  • Positionnement généralement haut de gamme.

La popularité du concept a tranquillement amené sa banalisation, plusieurs s’arrogeant cette appellation sans en offrir réellement les avantages. De plus, ce modèle non standardisé était difficile à opérationnaliser pour les grandes chaînes hôtelières en raison des impératifs de rentabilité et d’efficacité. Cela dit, elle ne pouvait toutefois pas se permettre d’ignorer les nouveaux critères d’innovation et de personnalisation introduits par les hôtels boutique.

Afin de concilier ces nouvelles dimensions avec leurs impératifs de gestion, les chaînes hôtelières ont donc développé le modèle hôtelier lifestyle. Mentionnons entre autres:

  • Aloft, de Starwood Hotel & Resort;
  • Hotel Indigo, d’Intercontinental;
  • Edition, de Marriott International;
  • Andaz et Hyatt Place, de Hyatt Hotels & Resort;
  • HNow, de NH Hoteles.

Il ne faut pas croire pour autant que les hôtels lifestyle sont l’exclusivité des grandes chaînes! Ils sont en croissance également en tant qu’établissements indépendants, comme le prouve le succès que connaît l’hôtel Fox, à Copenhague, qui mise sur l’originalité de chacune de ses chambres.

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Source: Hotel Fox

La frontière entre l’hôtel lifestyle et l’hôtel boutique est parfois un peu floue. Ce dernier est toujours aussi intéressant et pertinent; seulement, il ne correspond pas à tous les modèles d’affaires ni à tous les budgets.

Tendances à l’appui

Selon les auteurs, le concept lifestyle répond à des tendances comportementales et à des attentes des consommateurs :

  • Voyager n’est plus exceptionnel, et les individus se déplacent souvent pour des motifs professionnels ou personnels. Ils veulent se sentir chez eux à travers l’ambiance, les aménagements et les services proposés;
  • Le besoin de trancher d’avec les produits standardisés fait de l’originalité, de l’innovation et de la personnalisation des atouts attrayants;
  • Avec les nouvelles technologies et les horaires de travail plus flexibles, la frontière entre le travail et le temps de loisir perd de sa netteté. Le client s’attend donc à une dimension «loisir» dans son hôtel d’affaires, et à des services «affaires» dans son hôtel de loisirs;
  • Les motivations émotionnelles sont de plus en plus importantes dans le choix d’un établissement. C’est l’occasion d’expériences nouvelles, d’une ouverture culturelle, d’échanges;
  • L’engagement et les achats responsables et éthiques comptent aux yeux des consommateurs;
  • Les nouvelles technologies sont partout et les clients s’attendent à les trouver dans les hôtels.

Le concept décomposé en cinq principes

L’hôtellerie lifestyle traduit ces tendances à travers un ensemble de principes innovants.

Emphase sur les émotions et les sensations
Comme son nom l’indique, l’hôtel lifestyle se veut le prolongement du style de vie du client. C’est à travers les cinq sens que l’établissement tente de rejoindre ce dernier: la vue (éclairage, décoration, œuvres d’art), l’ouïe (musique d’ambiance ou silence dans certaines aires), l’odorat (spa, décorations florales), le goût (restaurants et bars au menu inventif, authentique et bio) et le toucher (textures, matériaux).

Source: Hôtel Saint-Paul (Montréal)

Technologies au service de la convivialité
Outre l’incontournable Internet sans fil dans tout l’établissement, on trouve aussi des ordinateurs libre-service. Dans les chambres, téléviseurs à écran plat, consoles MP3, consoles de jeu et lecteurs DVD se côtoient. Certains hôtels proposent d’ailleurs ces appareils en location. L’Andaz de Liverpool, par exemple, prête des iPod avec une sélection musicale choisie par une personnalité locale.

Service convivial
Les contacts avec le personnel se veulent plus décontractés et davantage en mode «conseil» que «vente». Les comptoirs d’accueil sont ouverts et conviviaux, et l’automatisation de certaines fonctions permet au personnel de consacrer davantage de temps à l’accueil, à l’orientation et aux conseils personnalisés.

Facilité et accessibilité
La commodité est au cœur du concept de l’hôtel lifestyle. Cela passe par des formalités d’arrivée et de départ simplifiées, comme à l’hôtel Andaz de Londres où l’enregistrement s’effectue à l’aide d’ordinateurs de poche, mais aussi par l’accessibilité de la restauration. Ainsi, dans les Hyatt Place, on propose une cuisine familiale qu’il est possible de commander de sa chambre par un écran tactile. La polyvalence et la flexibilité du personnel accentuent cette impression de facilité et de fluidité qui se dégage de l’hôtel lifestyle.

Services multiples
Les services additionnels sont variés et attrayants afin d’offrir une expérience globale: salles de réunion ultramodernes, spa, boutique, etc. On peut aussi y trouver des services inhabituels comme la location de vélo, de scooter ou de Smart, le gardiennage, des forfaits pour les animaux de compagnie et bien plus.

«L’atelier» du Mama Shelter à Paris est une salle de travail conçue par Philippe Starck

Vivant, réactif et évolutif
Dans la perspective de se renouveler, certains hôtels lifestyle optent pour une animation culturelle et artistique liée à la destination (exposition temporaire d’œuvres d’art, soirée de lecture, concert ou DJ, etc.). Les réseaux sociaux favorisent ce côté vivant. La plupart des établissements sont d’ailleurs actifs sur Facebook, Twitter, Youtube ou encore sur un blogue.

Bonne espérance de vie

Puisque ce type d’hôtel s’appuie sur les tendances sociétales et est en harmonie avec les nouvelles technologies, il y a lieu de croire à la durabilité du concept. Les grandes chaînes ne semblent pas s’être trompées avec ces bannières lifestyle, et de plus en plus d’indépendants développent de tels hôtels.

Le terme lifestyle commence toutefois à être utilisé à la légère pour désigner tout hôtel un peu différent. Les auteurs de l’analyse rappellent que le concept est plus qu’un simple enrobage thématique et qu’il s’agit plutôt d’une nouvelle approche de la relation avec le client et de la façon dont le client vit son expérience, en y reconnaissant les éléments de son style de vie.

Daniel Edward Craig, directeur général des hôtels Opus de Vancouver et de Montréal, considère ses établissements comme lifestyle. Les concepts de fraîcheur, de chaleur et de sensualité évoquent non seulement le style de vie privilégié par le client, mais aussi l’âme des hôtels Opus. M. Craig estime justement que les hôtels doivent avoir une âme, particulièrement ceux de type lifestyle. Il s’agit pourtant d’un concept abstrait qui ne peut être produit à la chaîne et qui repose en grande partie sur les employés. Le processus commence par la définition de la vision et des valeurs qui doivent guider toute décision. De là se crée une culture d’entreprise qui, avec le temps, devient l’âme de l’établissement.

Sources:
– Mailliez, Thierry et Siery, Laura. «Nouveaux concepts hôteliers: Du « boutique hotel » à l’hôtel « lifestyle » », Espaces numéro 275, novembre 2009.
– Craig, Daniel Edward. «Lifestyle Hotels: Gotta Have Soul», Hotel Opus Blog, 23 décembre 2009.

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Hébergement

Capsule – Des piscines «cool»

Au Joule Hotel de Dallas, la piscine à débordement située sur le toit s’avance à 2,5 mètres dans le vide et la paroi vitrée à son extrémité donne aux nageurs un coup d’œil sur la ville et ses passants.

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Prôner la transparence des tarifs hôteliers

Partons de la prémisse qu’un client ayant l’impression d’avoir payé un prix équitable dans un hôtel sera plus satisfait de son expérience et plus enclin à y retourner. Qu’est-ce qui influe sur cette impression d’équité du prix? Des chercheurs de l’Université Cornell se sont penchés sur les effets de trois facteurs sur l’évaluation du prix d’une nuitée en hôtel par les clients: la connaissance des pratiques tarifaires, la transmission d’information sur ce qui a déterminé le prix, et la catégorie de l’établissement. Voyez comment la transparence l’emporte, encore une fois.

Depuis plusieurs années déjà, les hôtels ont adopté une tarification flexible à l’aide de systèmes automatisés d’optimisation des revenus (yield management). Les stratégies de prix peuvent contribuer à l’augmentation des revenus, mais les hôteliers doivent s’assurer que le client les perçoit comme étant équitables, puisque ces perceptions peuvent influer sur la rentabilité à long terme (lire aussi: L’internaute prêt à payer plus pour sa chambre dans un environnement transparent).

Méthodologie

Pour évaluer la justesse d’un prix, les clients se basent sur ce qu’ils ont payé par le passé, sur ce qu’ont payé d’autres clients ainsi que sur la façon dont les prix sont déterminés. Les chercheurs ont traité distinctement la perception de l’équité et celle de l’iniquité, puisque les consommateurs ont souvent plus de facilité à identifier une situation d’injustice que l’inverse. Toutefois, à des fins de simplification, nous ne présenterons dans cet article que la perception d’équité du prix.

Les facteurs étudiés par les chercheurs sont les suivants:

  • la connaissance des pratiques en matière de stratégie de prix, c’est-à-dire savoir que les prix varient en fonction de plusieurs facteurs (organisation gouvernementale, sénior, fin de semaine, haute ou basse saison, etc.) et sont généralement déterminés par des outils informatisés de yield management;
  • le type et la quantité d’information qui est transmise au consommateur lors de sa réservation (explication des différences de prix en fonction du jour de la semaine, de la durée de séjour, d’une réservation à l’avance);
  • la catégorie de l’établissement. Dans ce sondage, on analyse la différence entre un établissement trois et cinq étoiles;
  • la fréquence à laquelle le client séjourne dans ce type d’hôtel, l’âge et le sexe des répondants.

Huit scénarios ont été élaborés et testés auprès d’un échantillon de 815 répondants à l’automne 2008. Les résultats sont présentés selon une échelle d’un à sept d’un indice composite – et non une cote attribuée par le répondant. Un indice composite, ou composé, est calculé à partir de plusieurs autres indices. C’est ce qui explique que, malgré un léger écart comme au graphique 2, celui-ci a une valeur significative.

Résultats

Les répondants qui connaissaient bien les pratiques tarifaires hôtelières ont évalué les scénarios présentés comme étant plus équitables que ceux qui les connaissent moins. Pour un individu ne connaissant pas nécessairement les pratiques tarifaires, le fait d’être informé lors de la réservation a aussi un effet sur la perception d’équité du prix.

La catégorie de l’établissement n’est pas un facteur déterminant sur la perception d’équité par les répondants. Que le scénario présenté concerne un hôtel trois ou cinq étoiles n’a pas généré de résultats suffisamment distincts.

Il est logique de constater que les répondants n’ayant jamais fréquenté le type d’établissement mentionné dans le scénario estimaient les tarifs moins équitables que ceux des établissements qu’ils fréquentent six fois ou plus par an. L’habitude aide à la compréhension des pratiques ou simplement, amène à percevoir les différences de prix comme normales.

Enfin, les hommes, tout comme les jeunes, ont tendance à évaluer les prix comme étant plus équitables que les femmes ou les répondants plus âgés.

Implications pour les hôteliers

Il ressort de cette étude que c’est la connaissance des pratiques tarifaires qui influe le plus sur les perceptions d’équité des tarifs hôteliers par les clients. Plus ces derniers connaissent le fonctionnement de détermination des prix, plus ils acceptent cette façon de faire. Même si le fait d’informer le client lors de sa réservation et le but de voyage ont aussi un effet, ces facteurs sont surpassés par celui de la connaissance des pratiques.

Les gestionnaires ont donc tout intérêt à être le plus possible transparents dans leur démarche et à informer leur clientèle sur les stratégies de détermination des prix afin qu’elle se familiarise avec les pratiques tarifaires. Pour ce faire, les chercheurs de l’Université Cornell suggèrent trois approches:

  • Offrir de l’information sur les différents taux offerts et les conditions qui y sont rattachées sur le site Web de l’hôtel, sur les sites tiers et dans les bureaux de réservation.
  • Lorsque des promotions sont développées, il faut s’assurer de mentionner les conditions spécifiques de celles-ci.
  • Former les agents de réservation et les employés à l’accueil sur la façon de transmettre de l’information pertinente et précise sur les différents tarifs ainsi que sur les conditions s’y rattachant.

L’amélioration des connaissances des pratiques tarifaires influera donc sur la perception d’équité des prix et, ainsi, sur les intentions de retour.

Sources:

– Taylor, Wayne J., Sheryl E. Kimes. «How Hotel Guests Perceive the Fairness of Differential Room Pricing», Cornell Hospitality Report, Cornell University, janvier 2010.
– Perez, Bruno, Jean-François Mourier. «Hotel rate transparency discussion», RevPAR Guru, 1er février 2010.

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Gestion Hébergement

Si le tourisme médical vous intéresse: quelques stratégies d’adaptation de l’hébergement

Certains hôtels ou centres de villégiature se sont tournés vers le tourisme médical à cause de son fort potentiel de développement. Toutefois, servir ces clients nécessite certains changements en ce qui a trait à l’aménagement physique des lieux d’hébergement et à la formation du personnel. Au-delà des soins médicaux de première qualité dans la destination choisie, quelle est la combinaison optimale des installations et des services avant et après une opération pour le touriste médical?

Un marché en pleine croissance

Le concept du tourisme médical existe depuis plusieurs années, mais on commence seulement à en prendre la véritable mesure en raison des coûts des soins de santé qui continuent de grimper aux États-Unis. Selon le dernier recensement, 47 millions d’Américains n’ont pas d’assurance maladie et 120 millions ne sont pas complètement assurés (lire aussi: Tourisme médical: opportunités et controverses). Par ailleurs, une étude de la firme de consultation Deloitte prévoit que 6 millions d’Américains recevront un traitement médical à l’étranger en 2010 et 10 millions en 2012.

L’aménagement physique des chambres

Bien que les installations hôtelières fassent partie de l’expérience habituelle du voyageur, la manière dont elles seront évaluées par le touriste médical potentiel peut être fortement influencée par le type de traitement qu’il doit recevoir. Parmi les éléments à prendre en considération, on pense, entre autres, à l’aménagement physique des chambres et des lieux ainsi qu’à la capacité du personnel à comprendre les besoins du client.

L’adaptation des chambres doit se faire selon deux principes de base: le touriste médical en convalescence 1) a de grandes chances de passer plus de temps qu’un autre client dans sa chambre; 2) aura probablement moins d’énergie et peut-être certaines limitations physiques. Voici un aperçu des modifications envisageables à peu de frais.

  • Offrir des chambres plus isolées dans l’établissement ou sur un étage dédié à cette clientèle.
  • Installer certains outils technologiques tels qu’un bouton d’urgence pour appeler à l’aide si nécessaire et une télécommande universelle au chevet du client lui permettant ainsi d’ouvrir ou de fermer les rideaux, de faire fonctionner la télévision ou le lecteur DVD et d’ajuster la lumière dans la chambre. Il existe aussi des systèmes technologiques plus sophistiqués qui permettent de régler le thermostat ou de créer des sons ambiants – bruit de vagues, de pluie, d’oiseaux, musique – susceptibles d’améliorer le sommeil des convalescents.
  • Choisir du tapis et des rideaux comme éléments de décor plutôt que des tuiles ou des volets, puisqu’ils réduisent les sons extérieurs de 70% à 90%.
  • Offrir Internet sans fil pour permettre l’utilisation d’un ordinateur portable directement à partir du lit.
  • Installer le téléphone sur la table de chevet afin qu’il soit facilement accessible à partir du lit.
  • Fournir un lit «séparé» pour un accompagnateur.
  • Aménager les meubles de manière à permettre une libre circulation en fauteuil roulant.
  • Installer des tablettes ajustables dans les garde-robes de manière à pouvoir les mettre rapidement à la bonne hauteur pour une personne en fauteuil roulant.
  • Installer dans la douche une pomme de douche amovible et un siège dans le cas où le client doit garder certaines parties de son corps hors de l’eau ou voudrait simplement s’asseoir pour se reposer. L’installation d’un téléphone dans la salle de bain ajoute la possibilité de téléphoner pour recevoir de l’aide au besoin, en cas de chute par exemple.
  • Utiliser des tablettes en verre trempé pour permettre aux personnes à mobilité réduite d’en voir le contenu par en dessous.
  • Ajouter, si possible, des prises électriques supplémentaires pour y brancher des appareils médicaux.

L’aménagement des lieux

De plus en plus d’hôtels sont adaptés aux personnes à capacité physique restreinte. Si ce n’est pas le cas, il faut absolument songer à réduire les obstacles dans et autour de l’établissement afin d’accueillir des touristes médicaux. Par exemple, un petit hôtel ou un gîte sans ascenseur devra forcément loger ses convalescents au rez-de-chaussée ou au premier étage. De plus, si les rampes d’accès sont nécessaires aux personnes en fauteuil roulant, elles sont plus difficiles  à franchir que les escaliers pour celles ayant des difficultés d’équilibre; il faut donc prévoir les deux.

Les modifications aux services

Certains changements apportés aux services offerts par les établissements hôteliers concernent le personnel alors que d’autres relèvent d’adaptations mineures aux procédures habituelles. En voici quelques-uns:

  • l’enregistrement à la chambre pour éviter l’attente à la réception;
  • l’utilisation d’une entrée privée pour plus d’intimité;
  • la programmation d’heures précises d’entretien de la chambre qui ne troubleront pas les heures de repos du client;
  • l’offre d’un service de magasinage;
  • le service de transport (pouvant aussi accueillir un fauteuil roulant) vers l’hôpital et à partir de celui-ci;
  • le service aux chambres 24 heures sur 24;
  • l’expertise d’un diététicien pour faciliter le respect des diètes prescrites et l’élaboration de menus santé;
  • les services d’une infirmière privée par l’intermédiaire d’un sous-traitant (tierce partie).

Certaines de ces considérations soulèvent la nécessité de coordonner les services, comme c’est le cas lors de la tenue de réunions d’affaires dans l’hôtel. Cette coordination peut même s’étendre à l’extérieur de l’hôtel. En effet, le touriste médical, spécialement pendant sa convalescence, doit pouvoir compter sur le professionnalisme et les compétences d’une variété de professionnels, tels que les transporteurs, les infirmières, les thérapeutes, les pharmaciens, ainsi que sur le soutien du concierge de l’établissement. Localiser tous ces prestataires de service dans une ville étrangère peut être épuisant pour n’importe quel voyageur, encore plus pour celui qui subit les fatigues physiques et émotionnelles liées à une intervention chirurgicale récente. Un tel soutien est extrêmement utile au touriste médical, car il diminue grandement son stress.

La coordination des divers services offerts aux touristes médicaux peut devenir une source de revenus additionnels pour l’hôtel, de la même manière qu’un centre d’affaires l’est pour les touristes d’affaires. Le coordonnateur développe une expertise, entretient les contacts nécessaires pour bien servir les clients et s’assure que tous les services sont coordonnés efficacement, tant au bénéfice du client qu’à celui de l’hôtel. Il devient ainsi un puissant outil de marketing pour l’hôtel.

Les prix tout inclus

Les touristes qui voyagent pour recevoir des soins médicaux se préoccupent beaucoup du prix. Dans le cas des Américains, on peut ajouter l’incertitude du coût final. Comme les anesthésistes, les médecins, les hôpitaux, les médicaments et d’autres services sont facturés séparément, le prix final peut varier considérablement de l’estimation initiale. Plusieurs hôpitaux étrangers ont répondu à cette incertitude en proposant des tarifs tout inclus. Les hôteliers qui s’intéressent à la clientèle médicale doivent suivre cet exemple. Le forfait tout inclus permet à l’hôtelier d’augmenter ses revenus en offrant une variété de services de soutien que le client utilisera, ou non. Par exemple, le prix peut inclure le soutien d’un concierge «médical», des visites dans les spas, les transports terrestres, peut-être même une ou deux activités de tourisme. Pour le touriste médical, un tel forfait élimine les craintes liées au coût final et lui assure que s’il désire un service particulier, il y aura accès.

Plusieurs hôteliers à travers le monde ont déjà fait le pas en s’alliant à des cliniques ou à des hôpitaux pour offrir des chambres de convalescence postopératoire. Au Québec, la clinique montréalaise Omnium-Santé est associée à l’hôtel Hyatt Regency et offre un forfait «bilan de santé complet» à la clientèle américaine et aux touristes québécois à Montréal. Saurez-vous tirer parti de cette clientèle en plein essor?

Sources:

– Cormany, Dan. «Taking a pulse – The hospitality & tourism industries», Medical Tourism Magazine, 15 octobre 2008.
– Cormany, Dan. «The Evolution of the Hotel Industry with the rise of Medical Tourism», Medical Tourism Magazine, 1er février 2009.
– Cormany, Dan. «The Physical Innovation of Hotels in Medical Tourism», Medical Tourism Magazine, 1er avril 2009.
– Gasparoni, Lourdes. «Planning Your Medical Trip Abroad:Recovery Retreat or Hotel?», Medical Tourism Magazine, 9 octobre 2007.
– Lambier, Cayla. «Travel Agencies, Airlines and Convention Bureaus ~ Leveraging Destinations»,  Medical Tourism Magazine, 18 décembre 2009.
– Stephano, Renee-Marie. «New Skyscrapers The Rise of Intercontinental Hotel Group into Medical Tourism», Medical Tourism Magazine, 7 janvier 2008.

Site Internet:
– Medical Tourism Training Inc.

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Hébergement Tendances

L’innovation et l’hôtel de demain

En hôtellerie, l’innovation est essentielle pour rester dans la course, se démarquer de la concurrence et s’adapter aux nouvelles tendances de consommation et de voyage. Qu’elle soit liée au produit, au service ou au processus de gestion, elle doit être au cœur des réflexions stratégiques des hôteliers. Pour éveiller des idées, rêver et se préparer au futur, voici une vision de l’hôtel de demain.

L’innovation débroussaillée

L’innovation en matière d’hébergement n’est pas aussi radicale que dans d’autres secteurs comme celui des nouvelles technologies, par exemple, où de nouveaux produits et services sont créés de toutes pièces. On parle davantage d’innovations qui augmentent la valeur de l’offre. Elles peuvent être liées soit au produit soit au processus de livraison de la prestation touristique.

Innovations liées au produit

  • Le produit lui-même:

–  Offre nouvelle ou modifiée;
–  Produit exemplaire (éco-installation, écoresponsable);
–  Produit combiné (hébergement, restauration, activités).

  • Le client: produit ciblé (jeunes, femmes d’affaires).
  • Le lieu: offre située dans un endroit insolite, unique.

Innovations liées à la livraison de la prestation touristique

  • La co-création. Les clients participent à la définition de l’offre ou de nouveaux produits, notamment par les communautés virtuelles. Technique d’abord utilisée par les Nike et Apple de ce monde, les chaînes hôtelières s’y mettent aussi.
  • Le recours à des experts. Par exemple, s’adjoindre les services de professeurs de yoga, de langues ou de danse, s’associer à une entreprise de production de spectacles ou encore à des experts en interprétation de la nature ou des arts.
  • Modes de réservation et de tarification innovants.
  • Gestion des ressources humaines.

Pour les entreprises de petite taille, c’est-à-dire la majorité, l’accès à l’innovation est souvent difficile. Elles doivent alors se doter de compétences ou de technologies adéquates et prendre du temps pour développer de nouveaux produits ou modes de gestion.

Maintenant, imaginez…

M. Mark Watkins, président du Comité pour la modernisation de l’hôtellerie française, partage sa vision de l’hôtel des 15 à 25 prochaines années dans la revue Espaces.

La technologie sera au cœur de l’hôtellerie de demain
Que ce soit pour modifier la température par commande vocale, l’éclairage ou le niveau d’humidité,  pour régler le volume du téléviseur ou pour contrôler la pression de la douche, tout sera automatisé. Le «sans-fil» est bien sûr la norme, et la sécurité est renforcée par la biométrie qui permet le contrôle de l’accès grâce à la détection de l’iris ou l’effleurement du doigt. Les clients détiennent une «carte» contenant des informations sur leurs préférences et d’autres aspects, comme leur santé. Les bornes d’enregistrement et de paiement existent déjà dans quelques hôtels. Elles se multiplieront et seront plus performantes. Tant les réservations que les paiements pourront également se faire à partir de téléphones intelligents.

La technologie est aussi un outil de gestion de l’hôtel. Elle permettra de détecter toute anomalie ou tout appareil en panne. Les téléviseurs sont toujours plus grands et de meilleure définition. Les modèles 3D envahissent les hôtels. Ces écrans sont liés à Internet ainsi qu’aux services de l’établissement (conciergerie, réception).

Un confort adapté au client
Les chambres d’hôtel n’ont pas beaucoup évolué depuis les quarante dernières années, le modèle est sensiblement le même. Il est peut-être temps de le revoir! La chambre de demain sera polyvalente et modifiable en temps réel. En effet, les murs pourront changer de teinte, les meubles seront plurifonctionnels (lit, plan de travail, espace de lecture) afin de mieux répondre aux divers besoins des voyageurs d’affaires, des familles, des seniors, etc.

L’humain gagne un centimètre tous les huit ans et les lits passeront donc de 2,1 à 2,2 mètres de long. L’ergonomie sera une condition à tout aménagement. Le bruit, principal aspect de mécontentement des clients, sera du passé grâce à une isolation phonique optimisée.

À l’attaque!
L’hôtel de demain fera la guerre aux bactéries, aux acariens et aux saletés. Les personnes asthmatiques s’y sentiront bien. Tous les matériaux seront hypoallergéniques, antitaches, voire autonettoyants, ou nécessiteront peu d’entretien.

Écologie et durabilité
À l’instar de l’hôtel viennois Stadhalle qui produit autant d’énergie qu’il en consomme, les établissements seront en mesure de fabriquer l’énergie renouvelable nécessaire à leurs besoins. Le recyclage des eaux usées et des déchets solides servira aussi à créer de l’énergie. Les serviettes jetables (mais récupérables et produisant éventuellement de l’énergie) existent déjà, mais sont peu agréables au toucher. Ce produit sera sûrement perfectionné dans les années à venir.

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www.hotelstadthalle.at/en

Les choix en matière de construction tiendront compte de la durabilité des matériaux. La société de consommation telle qu’on la connaît depuis plusieurs années n’a plus sa place. Il importe de protéger les ressources naturelles.

N’oublions pas le plus important: le client!
Les voyageurs auront toujours autant besoin d’émotions, de dépaysement et d’être rassurés. Il faudra faire attention de ne pas tomber dans le piège d’une présence trop forte de la technologie, au détriment de l’aspect social. Les avancements technologiques devront être compensés par les échanges et la chaleur du personnel. Cette partie n’est pas gagnée; malgré les progrès informatiques des dernières années, l’accueil n’a pas réellement changé. Bref, l’innovation sera aussi mise au service de la relation client qui devra être repensée.  M. Watkins conclut en rappelant qu’«un hôtel doit être un lieu où l’on s’ouvre à l’autre, où l’empathie règne, où l’on échange: c’est un lieu communicant et convivial».

Sources:

– Petit, Olivier et Pierre Liger. «L’innovation, une nécessité pour les hébergements touristiques», Espaces, novembre 2009.
– Watkins, Mark. «L’hôtel de demain est déjà sur les planches à dessins», Espaces, novembre 2009.
– www.hotelstadthalle.at/en