Catégories
Hébergement

Nouveau service en hôtellerie: le marché alimentaire en libre-service

Parce qu’un restaurant offrant le service complet ne convient pas à tout moment ou à tous les goûts, et que le service aux chambres peut être coûteux et peu flexible, la boutique alimentaire du Grand Hyatt de New York réinvente la façon de se sustenter lors d’un séjour à l’hôtel.

Le «Market», boutique également populaire auprès de la clientèle locale, offre un design soigné et propose les meilleures gâteries new-yorkaises ainsi que des plats simples, des salades, des fruits frais ou des boissons.

Authenticité, personnalisation, mobilité et innovation: quelques tendances fortes qui trouvent écho dans ce nouveau service.

Sources:
– Berthier, Florence. «Un concept de restauration à composer soi-même et à emporter», Influencia.net , 21 juillet 2010.
– Hyatt. Communiqué de presse, www.hyatt.com, 5 avril 2010.

Catégories
Hébergement

Clin d’oeil – L’expérience client vue par un gîte du passant

Découvrez ce qu’un couple de propriétaires d’un gîte du passant de l’île-du-Prince-Édouard a fait pour mieux satisfaire ses clients. Conscients du fait que leurs clients ont toujours deux questions à poser, «Qu’est-ce qu’on peut faire aujourd’hui?» et »Où pouvons-nous aller aujourd’hui?», ils ont développé, avec l’aide d’entrepreneurs locaux, une série d’expériences uniques qui permettent à leurs clients de stimuler leurs cinq sens et plus encore. Regardez, par exemple, comment ils travaillent avec un chocolatier pour offrir une expérience complète et inoubliable : Totally Chocolate

Ce qui au départ n’était qu’une mise en relation avec d’autres entreprises est devenu un centre de revenus supplémentaires pour les aubergistes.

Cette approche innovante a été récompensée par une couverture de presse, une renommée dans la province, et surtout par des clients satisfaits qui viennent, reviennent et recommandent à d’autres leur établissement.

Source :

– Experience PEI

 

Frédéric Dimanche, professeur et directeur, Centre de Management du Tourisme, SKEMA Business School (Nice, France)

 

Champs d’expertise:

  • Marketing touristique
  • Systèmes d’information en tourisme

Site de l’institution

Voir les analyses de Frédéric Dimanche

Catégories
Gestion Hébergement Marketing

Quand la psychologie s’en mêle!

Vous voulez inciter votre clientèle à réutiliser leurs serviettes dans leur chambre d’hôtel? Vous souhaitez que les visiteurs respectent le milieu naturel? Pour réussir, sachez que tout est dans la façon de s’adresser au client! Des recherches portant sur le comportement du consommateur et sur les facteurs qui l’influencent nous aident à rendre notre message plus efficace.

Psycho et serviettes, un mélange inusité!

Des chercheurs universitaires (Goldstein, Cialdini et Griskevicius) ont mesuré l’efficacité de la petite carte encourageant les clients à réutiliser leurs serviettes dans leur chambre d’hôtel en y variant les messages inscrits.

D’un côté, l’argument environnemental: la protection de l’environnement constitue un argument de poids pour encourager le client à réutiliser ses serviettes. De nombreux voyageurs y sont sensibilisés et plusieurs d’entre eux souhaitent récompenser le comportement responsable des entreprises.

De l’autre, les arguments psychologiques basés sur la norme sociale, celle faisant en sorte que, dans un cas d’incertitude, le consommateur s’en remet aux autres pour savoir quelle conduite adopter (lire aussi: Petit traité psychologique du consommateur). L’argument-clé: Tout le monde le fait! Cette théorie est d’autant plus vraie si l’individu s’identifie à un groupe en particulier, se reconnaît en lui (élément de similarité, sentiment d’appartenance).

Un premier test a été effectué avec les deux énoncés suivants:

Arguments Taux de participation
Environnemental

HELP SAVE THE ENVIRONMENT. You can show your respect for nature and help save the environment by reusing your towels during your stay…

35,1%

Norme sociale

JOIN YOUR FELLOW GUESTS IN HELPING TO SAVE THE ENVIRONMENT. Almost 75% of guests who are asked to participate in our new resource savings program do help by using their towels more than once…

44,1%

Au verso de chacune des cartes étaient indiqués les bénéfices que leur participation pourrait susciter: économie de 72 000 gallons d’eau, de 480 gallons de détergent, etc.

Quand la similarité peut faire la différence

Un deuxième test a été réalisé pour pousser plus loin la théorie de la norme sociale en y ajoutant l’élément de la similarité, c’est-à-dire le sentiment d’appartenance à un groupe. Les cinq énoncés suivants ont été placés dans différentes chambres:

Arguments Taux de participation
Message standard soulignant l’importance de préserver l’environnement

HELP SAVE THE ENVIRONMENT. You can show your respect for nature and help save the environment by reusing your towels during your stay…

37,2%

Norme sociale

JOIN YOUR FELLOW GUESTS IN HELPING TO SAVE THE ENVIRONMENT. In a study conducted in Fall 2003, 75% of the guests participated in our new resource savings program by using their towels more than once. You can join your fellow guests in this program to help save the environment by reusing your towels during your stay.

44%

Élément d’appartenance à un groupe: les clients qui ont occupé cette chambre

JOIN YOUR FELLOW GUESTS IN HELPING TO SAVE THE ENVIRONMENT. In a study conducted in Fall 2003, 75% of the guests who stayed in this room (#room number) participated in our new resource savings program by using their towels more than once. You can join your fellow guests…

49,3%

Élément d’appartenance à un groupe: les concitoyens

JOIN YOUR FELLOW CITIZENS IN HELPING TO SAVE THE ENVIRONMENT. In a study conducted in Fall 2003, 75% of the guests participated in our new resource savings program by using their towels more than once. You can join your fellow citizens…

43,5%

Élément d’appartenance à un groupe: le sexe féminin ou masculin

JOIN THE MEN AND WOMEN WHO ARE HELPING TO SAVE THE ENVIRONMENT. In a study conducted in Fall 2003, 76% of the women and 74% of the men participated in our new resource savings program by using their towels more than once. You can join the other men and women…

40,9%

Le taux de participation du premier énoncé (37,2%) – argument environnemental – s’est avéré inférieur à tous les autres énoncés (44,5%) et c’est le troisième – les clients de la même chambre – qui a obtenu le taux de participation le plus élevé (49,3%). Ce résultat confirme que plus un individu s’identifie à un groupe en particulier, parfois même inconsciemment, plus il est probable qu’il adopte le comportement de celui-ci.

Argument justificatif, norme sociale et groupe d’appartenance font bon ménage pour susciter l’engagement du consommateur. Et ce mélange ne s’applique pas qu’à la réutilisation de serviettes!

Donnant, donnant, la théorie de la réciprocité

Ces mêmes chercheurs ont aussi évalué la théorie de la réciprocité: le consommateur se sent redevable envers une personne qui lui fait une faveur, lui rend service ou lui porte une attention particulière. Comme cette théorie repose sur le principe du «donnant, donnant», vous avez avantage à faire les premiers pas, comme le test suivant en fait foi.

Le premier énoncé proposait au client de coopérer avec l’hôtel pour préserver l’environnement en réutilisant ses serviettes. L’hôtel s’engageait en retour à verser un pourcentage des économies réalisées à des organisations vouées à la protection de l’environnement. Le taux de participation a atteint 30,7%.

PARTNER WITH US TO HELP SAVE THE ENVIRONMENT. In exchange for your participation in this program, we at the hotel will donate a percentage of the energy savings to a nonprofit environmental protection organization. The environment deserves our combined efforts. You can join us by reusing your towels during your stay.

Par la suite, l’énoncé a été modifié pour préciser que l’hôtel avait versé une contribution financière à des organisations vouées à la protection de l’environnement et qu’en retour, elle demandait la coopération du client afin qu’il réutilise ses serviettes. Le taux de participation a augmenté à 45,2%.

WE’RE DOING OUR PART FOR THE ENVIRONMENT. CAN WE COUNT ON YOU? Because we are committed to preserving the environment, we have made a financial contribution to a nonprofit environmental protection organization on behalf of the hotel and its guests. If you would like to help us in recovering the expense, while conserving natural resources, please reuse your towels during your stay.

Cette étude est assez révélatrice de la façon de rédiger un message lorsque l’on veut influencer les actions du client. Et cette tactique peut être utilisée dans de multiples situations.

L’exemple positif prévaut

Pour encourager les visiteurs à cesser de prélever des morceaux d’arbres dans le US Petrified Forest National Park en Arizona, les responsables du parc ont affiché le message suivant: «Your heritage is being vandalized every day by theft losses of petrified wood of 14 tons a year, mostly a small piece at a time». Selon le principe de la norme sociale de Cialdini, cet avis a un effet «promotionnel» plutôt que dissuasif ou préventif. En effet, cette affiche déculpabilise les gens qui volent des morceaux de bois pétrifié, car ils constatent qu’ils ne sont pas les seuls à le faire.

Pour vérifier ces hypothèses, Cialdini et ses collègues ont placé des morceaux de bois pétrifié préalablement identifiés sur les sentiers. À l’entrée des sentiers, ils ont installé des affiches tantôt normatives – «Many past visitors have removed petrified wood from the Park, changing the natural state of the Petrified Forest», accompagnées d’une image montrant trois visiteurs prélevant du bois –, tantôt restrictives – «Please don’t remove the petrified wood from the Park, in order to preserve the natural state of the Petrified Forest», accompagnées de l’image d’un visiteur volant du bois où un cercle rouge barré était superposé sur sa main. Avant l’affichage des avis, le ratio de vols se situait tout juste sous la barre des 3%. L’affichage de l’avis normatif a fait augmenter ce ratio à 7,92%, tandis que l’avis restrictif l’a diminué à 1,67%.

On constate que faire état ou dénoncer un mauvais comportement n’a pas l’effet escompté. Un message sera beaucoup plus efficace s’il met l’accent sur le comportement souhaité plutôt que sur celui qui souligne une mauvaise action.

Sources:

– Cialdini, Robert B. «Descriptive Social Norms as Underappreciated Sources of Social Control», Psychometrika, vol. 72, no 2, juin 2007, p. 263-268.

– Cialdini, Robert B. «Crafting Normative Messages to Protect the Environment», Psychological Science.org, août 2003.

– Goldstein, Noah J., Robert B. Cialdini et Vladas Griskevicius. «A Room with a Viewpoint: Using Social Norms to Motivate Environmental Conservation in Hotels», Journal of Consumer Research, vol. 35, août 2008.

– Goldstein, Noah J., Steve J. Martin et Robert B. Cialdini. «Yes!: 50 Scientifically Proven Ways to Be Persuasive», Free Press, 2008.

– Goldstein, Noah J., Vladas Griskevicius et Robert B. Cialdini. «Invoking Social Norms: A Social Psychology Perspective on Improving Hotels’ Linen-Reuse Programs», Cornell Hotel and Restaurant Administration Quarterly, vol. 48, no 2, mai 2007.

– Marketingsherpa.com. «Six Scientifically Proven Ways to Succeed in Office Politics», 12 janvier 2010.

Catégories
Gestion Hébergement

Le «Revenue Management» pour les hôteliers indépendants

La plupart d’entre vous associent sans doute les termes yield management ou revenue management aux gros établissements et à un système informatique complexe.  Vous vous dites, «ce n’est pas pour moi».  Erreur!  Tous les établissements hôteliers, même de petite taille peuvent appliquer les principes de revenue management.  Ils se doivent même de le faire pour dynamiser leurs ventes, particulièrement s’ils vendent sur Internet.

Le revenue management, qu’est-ce que c’est?

C’est une technique de management et marketing qui vise à optimiser vos revenus en jouant sur les prix, les capacités disponibles (chambres), et la demande.  Les compagnies aériennes ont été les premières à développer ces techniques, qui sont maintenant utilisées par les compagnies hôtelières, mais aussi d’autres prestataires de services tels que les agences de location de voitures, les transport en commun, les terrains de golf, ou autres.  Pour traduire directement de l’anglais, c’est la gestion du rendement ou du chiffre d’affaires.  Mais l’objectif n’est pas seulement de gagner plus d’argent!  C’est aussi une stratégie qui permet de mieux satisfaire ses employés et ses clients.

Attention aux mythes!  Le revenue management, ce n’est pas un système informatique complexe; ce n’est pas une mode passagère; et ce n’est pas non plus une politique de prix réduits.  Il s’agit d’une nouvelle pratique de gestion permettant un meilleur contrôle de vos ventes; c’est une nouvelle conception du marketing tarifaire.  Le revenue management travaille sur la compréhension des marchés et l’optimisation des revenus; il n’est pas concerné par la réduction des coûts.  Pour faire simple, c’est un moyen d’influencer le comportement des clients avec l’objectif de générer des bénéfices pour votre hôtel et vos clients.

Que vous faut-il pour mettre en place une stratégie de revenue management?

  • Des produits périssables ou non stockables – c’est-à-dire des chambres.  Si vous ne vendez pas vos chambres ce soir, vous perdez pour toujours la chance de les vendre et donc de gagner de l’argent sur ces chambres, ce soir. C’est en ce sens qu’une chambre est un bien périssable.
  • Des coûts fixes importants – La vente supplémentaire d’une chambre n’engendre pas de forts coûts variables, mais elle contribue fortement à couvrir vos coûts fixes ou à générer des profits.
  • Un processus de réservation, pour permettre d’anticiper la demande (vente en avance) – Vous devez avoir un système qui vous permet de suivre et d’anticiper les réservations.
  • Des «produits» à la vente qui vont permettre de trier la demande pour ces produits – La chambre avec petit déjeuner, la chambre «famille», la chambre «affaires» avec wi-fi, etc.  Chacun de ces produits pourra vous permettre d’identifier des marchés différents (le voyageur d’affaires, le touriste de loisirs, la famille, le touriste de groupe, etc.).
  • S’assurer que le produit qui est vendu moins cher n’est pas de qualité inférieur ou perçu comme tel par vos clients.  De plus, il faut garantir l’image de qualité et la notoriété de votre établissement afin de ne pas être perçu comme un discounter qui pratique sans cesse des offres promotionnelles.
  • Une demande fluctuante – Vous avez sans doute des hauts et des bas, une évolution de vos ventes, selon la saison, les événements de loisirs ou d’affaires qui se tiennent dans votre destination.
  • La possibilité des segmenter des marchés cibles, que vous étudiez pour faire des prévisions sur leurs comportements – Vous pouvez identifier vos marchés et vous connaissez leurs comportement d’achat (ce qu’ils veulent, quand ils achètent, le prix auquel ils sont prêts à payer, etc.).
  • Des processus de décisions rapides – Il vous faut mettre en place, surtout si vous avez une présence sur le Web, des processus de décision rapides; il vous faut être réactifs et prêts à changer vos tarifs sur vos canaux de distribution.

Et finalement, pour être efficace, il vous faut être en mesure de mesurer correctement votre succès.  Vous devez donc avoir en place un système de mesure pour appréhender les indicateurs suivants (vous devez tous mesurer ces indicateurs de performance, que vous fassiez du revenue management ou non!):

  • taux d’occupation;
  • ADR – average Daily Rate (prix moyen par jour);
  • REVPAR – Revenue Per Available Room (revenue par chambre disponible);
  • NREVPAR – Net Rooms Revenue per Available Room (revenu net par chambre disponible).  Cet indicateur devrait être mesuré pour chacun de vos segments, en n’oubliant pas de soustraire vos coûts de communication et de distribution (par exemple, les commissions) par segment;
  • GOPPAR – Gross Operating Profit Per Available Room (bénéfice brut d’exploitation par chambre disponible).

L’objectif du revenue management est à la fois d’augmenter vos revenus par client ou par chambre (prix moyen par chambre) ET d’augmenter le nombre de clients (vos taux d’occupation) pour augmenter votre REVPAR, votre NREVPAR, et votre GOPPAR.

Principes de tarification

Le revenue management repose sur le principe de flexibilité des tarifs.  Il ne faut pas hésiter à faire varier les prix pour stimuler la demande et augmenter les revenus.

Un des principes de base est l’élasticité des prix: un changement de prix entraîne un changement de la demande.  Par exemple, une variation des prix de – 20% peut entraîner une variation des ventes de + 40%.  Dans ce cas, le gain en volume compense la perte de prix moyen.  Attention cependant à la dilution des revenus: en baissant le prix, on peut ne pas augmenter le chiffre d’affaires.  Cela dépend des marchés cibles, des dates de vente, ou encore de la conjoncture économique générale.

La lisibilité (clarté de la tarification vis-à-vis des clients, et surtout auprès des partenaires de distribution) est essentielle.  Soyez sûr de mettre en vente un même produit pour la même date au même prix dans tous vos canaux de distribution.

L’étanchéité des tarifs doit être pratiquée avec attention.  Il s’agit de mettre en place des «barrières» pour dissuader les clients d’un segment d’aller profiter de prix plus bas offerts à un autre segment.  Exemple: une chambre est vendue sur Internet à 100 CAD au tarif affaires.  Votre client affaires cherche sur Internet et trouve l’opportunité d’acheter une chambre dans votre hôtel à 65 CAD  Il faut bien faire comprendre à votre client qu’à 65 CAD les services ne sont pas les mêmes.  À 100 CAD (tarif affaires),  le prix est valable tous les jours, toujours disponible, la réservation est modifiable et remboursable en cas d’annulation, et le wi-fi est gratuit.  Le tarif à 65 CAD (promotion loisir) n’est valable que certains jours, la disponibilité est réduite, les modifications sont soumises à une pénalité, et le wi-fi est payant.

Offrir plusieurs prix optimise les revenus

Si vous vendez toutes vos chambres à 75 CAD (voir graphique 1),  vous n’aurez sans doute pas assez de clients pour remplir votre hôtel sur un jour J, et vous vous privez de l’opportunité de vendre certaines chambres à des tarifs plus élevés.  Étudiez donc la demande et adaptez vos produits et vos tarifs à divers marchés.  Gardez 20 chambres à bas tarif pour une vente de groupe à un voyagiste; assurez des revenus en vendant à 75 CAD; vendez des chambres à 100 CAD; et protégez des chambres à 125 CAD pour des ventes de dernière minute et des voyageurs d’affaires.

Veillez au fait qu’une vente facile à 75 CAD peut vous faire perdre de l’argent!  En effet, cette chambre vendue à 75 CAD aurait pu être vendue, avec un peu d’efforts de commercialisation ou en attendant un peu plus dans le temps, à 125 CAD . . .   Il vous faut donc analyser vos opportunités de vente par rapport aux ventes antérieures (réservations), aux autres ventes immédiates, et aux ventes futures et probables.

Vous devez aussi maîtriser la variable «temps» des réservations.  Certains marchés (groupes loisirs) réservent et achètent plus tôt que d’autres (individuels affaires).

Que pouvez-vous commencer à faire?

  1. Analysez vos ventes passées sur plusieurs saisons ainsi que l’historique de vos réservations.  Dégagez ensuite des tendances par marché et par type de produit.
  2. Faites des projections de ventes futures.  Essayez de dégager des niveaux de prix de vente.
  3. Intégrez les données de la concurrence (à quels prix vos concurrents vendent-ils leurs chambres?) par l’utilisation d’outils de shopping (utilisez pour commencer google, venere, ou tripadvisor).
  4. Utilisez des règles pour augmenter ou diminuer vos prix en fonction de votre propre estimation de remplissage et de votre observation du marché.

Diversifiez vos réseaux de distribution
Votre hôtel est présent sur Internet; vous avez votre propre site avec la possibilité de ventre directement.  Mais cela ne suffit pas; les ventes sur Internet sont en forte croissance, mais pour en bénéficier il vous faut être présent dans des réseaux de distribution qui vous permettront d’accéder à des marchés qui jusqu’ici vous ignorent.  Qu’il s’agisse de Venere, d’Hotelbeds, de HRS ou d’autres, ces e-distributeurs peuvent faciliter vos ventes en France et à l’étranger.  Mais il vous faut gérer ces canaux, gérer les tarifications, et mesurer leur retour sur investissement.  C’est aussi là le rôle du revenue manager.

Externalisez
Si vous n’avez pas le temps ou la capacité de le faire, pensez à l’externalisation!  Vous pouvez travailler avec des entreprises qui sauront gérer vos canaux de distribution et vos stratégies de tarification, en respectant vos objectifs d’image, tout en garantissant une augmentation de vos revenus.

Conclusion

La pratique du revenue management est maintenant inévitable pour tout hôtelier moderne qui utilise des canaux de distribution Internet et qui segmente sa clientèle.  Comprenez vos clients, anticipez leurs comportements, et influencez leurs achats.  Faites la démarche de comprendre, apprendre, et mettre en place les outils et pratiques nécessaires. Vous saurez ainsi vendre le bon produit, au bon prix, au bon moment, et au bon client pour optimiser vos chambres et vos revenus.  Tout le monde dans votre hôtel doit être concerné par le revenue management et ses principes.  Cette brève introduction ne remplacera pas une formation adéquate; n’oubliez donc pas de vous former, ainsi que votre personnel, au revenue management.  Vous pourrez ensuite témoigner de ses bénéfices.

Cette analyse a également été publiée dans le Livret de la Commercialisation Hôtelière.

 

Frédéric Dimanche, professeur et directeur, Centre de Management du Tourisme, SKEMA Business School (Nice, France)

 

Champs d’expertise:

  • Marketing touristique
  • Systèmes d’information en tourisme

Site de l’institution

Voir les analyses de Frédéric Dimanche

Catégories
Hébergement

Capsule – Service aux chambres si désiré

Est-il nécessaire de nettoyer la chambre quotidiennement, surtout si les clients souhaitent réutiliser leurs serviettes, ne pas faire changer leurs draps et que le savon est presque intact? Plusieurs voyageurs constatent le ridicule de la situation, tandis que d’autres souhaitent une chambre impeccable. Alors pourquoi ne pas leur donner le choix du type de service? Cette proposition devient d’autant plus alléchante lorsqu’elle s’allie à une promotion.

La chaîne hôtelière Best Western l’a compris. Elle demande à ses clients quel type de service ils préfèrent: aucun service, service réduit (serviettes, poubelles et balayeuse) ou service complet. Le client n’a qu’à accrocher une carte à la poignée de la chambre indiquant sa préférence et l’heure à laquelle il souhaite obtenir le service. Depuis son lancement l’an dernier, environ 40% de la clientèle a choisi les deux premières options.

Le Marmara Manhattan Hotel à New York offre, quant à lui, une tarification «verte» à ceux qui ont réservé trois nuits ou plus: une réduction de 20$ par jour si le client n’utilise pas les services de la femme de chambre pendant trois jours.

Par cette initiative, on fait d’une pierre quatre coups: on réduit les dépenses, on protège l’environnement, on offre une promotion attrayante au client pour qui cela compte et on apporte, en partie, une solution aux problèmes de main-d’œuvre.

Source:

Yu, Roger. «Budget-conscious hotels turn to optional housekeeping», USA TODAY, 23 juin 2010.

Catégories
Hébergement

Les défis de la commercialisation des résidences de tourisme au Québec

Le marché de la location des résidences de tourisme semble en croissance sur la scène mondiale. Entre les mois de mars et de juillet 2010, le nombre de propriétés à louer sur le site HomeAway.com, le plus important portail de location de vacances au monde, est passé de 185 000 à 230 000 propriétés affichées, en augmentation de près de 25%. Au Québec, c’est la forme d’hébergement touristique qui a connu la plus grande croissance de son offre au cours des dernières années. Dernière analyse d’une série de trois portant sur le marché des résidences de tourisme de villégiature.

Le portrait des chalets loués au Québec

Residences_tourisme_graph1

Entre 2002 et 2009, le nombre d’attestations de classification pour les résidences de tourisme, officiellement répertoriées par la Corporation de l’industrie touristique du Québec (CITQ), est passé de 1119 à 2063, ce qui représente une hausse de 84% (graphique 1). L’attestation de classification tient lieu d’autorisation pour exploiter un établissement d’hébergement touristique. Elle est obligatoire depuis l’entrée en vigueur de la Loi sur les établissements d’hébergement touristique en décembre 2001, ce qui a fortement contribué à l’augmentation et à la structuration de l’offre.

Residences_tourisme_tabl1

Quant au nombre de résidences de tourisme disponibles, il est passé de 7020 à 9304 durant cette même période, en augmentation de 33%. Selon les données de la CITQ, les établissements hôteliers génèrent 60% de l’offre d’hébergement commercial. De leur côté, les résidences de tourisme représentent environ 7% du nombre total d’unités disponibles sur le marché (tableau 1).

Ces données sont toutefois difficilement comparables. Dans le cas des établissements hôteliers, les unités représentent généralement une chambre, alors que dans le cas des résidences de tourisme, elles signifient soit un appartement, une maison ou un chalet, incluant une ou plusieurs chambres. Par ailleurs, il est généralement convenu que l’offre de résidences de tourisme est beaucoup plus importante. En dépit de la Loi sur les établissements d’hébergement touristique, il existe un vaste marché de résidences secondaires non répertoriées. Ces propriétés sont louées à court terme ou pour la saison, sans déclaration de revenus, le plus souvent à des proches, mais aussi à d’autres particuliers.

En plus du pouvoir persuasif de la Loi et du travail des classificateurs de la CITQ, la croissance du marché immobilier des résidences secondaires a également favorisé le développement de l’offre, les nouveaux propriétaires cherchant à financer une partie de leur acquisition. Enfin, Internet a favorisé l’essor de ce type d’hébergement; à preuve, les nombreux portails offrant la possibilité de trouver des chalets, notamment avec des outils de gestion de la disponibilité en ligne (tableau 2).

Residences_tourisme_tabl2

Trois types de détenteurs d’une attestation de classification

Le marché locatif des résidences de tourisme peut être divisé en trois types de détenteurs d’une attestation de classification: les résidences de tourisme gérées par les propriétaires, celles administrées par des gestionnaires et les locataires.

Les résidences de tourisme gérées par des gestionnaires représentent 15% des attestations de classification et 29% des unités de résidences de tourisme (tableau 3). Tremblant Sunstar et Wyndham Cap Tremblant en sont des exemples. Quant aux détenteurs d’une attestation de locataire, ce sont généralement des compagnies spécialisées dans le domaine de la location de résidences de tourisme qui se voient attribuer un contrat pour gérer un immeuble ou un regroupement de plusieurs résidences de tourisme à louer.

Residences_tourisme_tabl3

Une majorité de clients magasinent en ligne, une minorité achète sur la toile

En raison de la spécificité du produit, le processus de location des résidences de tourisme est complexe. La firme PhoCusWright s’est intéressée au phénomène et malgré le fait que les données se limitent à la clientèle étatsunienne, les constats qui en ressortent offrent une meilleure compréhension du défi que représente la commercialisation des résidences de tourisme.

Aux États-Unis, environ 64% des voyageurs d’agrément ayant séjourné dans une résidence de tourisme ont effectué une recherche en ligne. Il s’ensuit une série d’échanges par courriel ou par téléphone pour ultimement effectuer la réservation. Seulement 12% ont fait une réservation en ligne et près de 100% de ces revenus sont générés par les compagnies responsables de la gestion de résidences de tourisme. Si la réservation est effectuée directement auprès du propriétaire, les deux parties doivent également s’entendre sur le mode de paiement. Très souvent, peu ou pas de garanties sont offertes aux consommateurs. Les propriétaires qui désirent louer leur propriété ont intérêt à s’annoncer dans différentes catégories de sites, car seulement 15% des répondants affirment visiter les sites des propriétaires (graphique 2).

Residences_tourisme_graph2

Au Québec, 60% des résidences de tourisme officiellement répertoriées par la CITQ ont un courriel et un site Web, alors que 36% ne possèdent pas de site Internet. Seulement 12% n’ont ni courriel ni site Web (tableau 4).

Residences_tourisme_tabl4

Un défi majeur: combattre les préjugés et séduire les clientèles touristiques

Parmi les raisons évoquées par les voyageurs américains ne séjournant pas en résidence de tourisme, le manque de notoriété (36%) et la méconnaissance du produit (19%) sont régulièrement cités. Les résidences de tourisme sont également considérées comme plus coûteuses par 31% des répondants. Pour plusieurs propriétaires, plus de 50% des revenus de location proviennent des clients loyaux et des références de ceux-ci. Un des enjeux est donc d’augmenter la proportion de nouveaux utilisateurs de cette forme d’hébergement.

Le Québec, capitale mondiale du chalet?

Avec ses cabanes de bois rond et ses chalets en pleine nature, le Québec aurait avantage à mieux promouvoir son offre de résidences de tourisme dans son ensemble aux visiteurs hors Québec, et plus particulièrement aux visiteurs de la France et de l’Angleterre, qui sont friands de ce type d’expérience. Une section de BonjourQuebec.com pourrait regrouper de façon plus officielle, et surtout sécurisante pour les touristes, l’offre de chalets au Québec.

Le défi de l’industrie touristique du Québec est entier et réside dans sa capacité à mieux structurer son offre, mais aussi à séduire et à sécuriser les touristes potentiels par rapport à ce mode d’hébergement.

À lire aussi:

– L’importance du marché des résidences de tourisme de villégiature au Québec
– Découvrir le profil des consommateurs des résidences de tourisme de villégiature au Québec

Sources:

CITQ, traitement spécial, 2009.

Connolly, Daniel J. et Douglas Quinby. «Vacation Rental Marketplace: Poised for Change», PhoCusWright, 2009.

Corporation de l’industrie touristique du Québec (CITQ)

HomeAway

Catégories
Hébergement Produits et activités

Découvrir le profil des consommateurs des résidences de tourisme de villégiature au Québec

Au Québec, le marché des résidences de tourisme de villégiature gagne à être connu. Saviez-vous que 2,7 millions de voyages-personnes ont été réalisés dans des chalets privés en 2008? Que les séjours dans les chalets loués ont engendré des dépenses de 122 millions de dollars, ce qui représente le second rang en termes de revenus d’hébergement au Québec? Qui sont ces touristes? Que font-ils?

Dans le cadre du deuxième texte d’une série d’analyses portant sur les résidences de tourisme de villégiature, voici un profil détaillé de ces voyageurs, selon qu’ils ont séjourné dans un chalet loué ou privé. Le profil des touristes séjournant dans les hôtels sera également décortiqué à des fins comparatives.

Soulignons tout d’abord que les chalets (type d’hébergement qui regroupe les chalets, cabines et maisons de villégiature selon la définition de Statistique Canada) se divisent en deux catégories:

  • le chalet privé: résidence secondaire fréquentée sans rémunération par le propriétaire, sa famille ou ses amis;
  • le chalet loué: un hébergement commercial ou une résidence secondaire.

Une clientèle québécoise… urbaine

Les touristes d’agrément canadiens qui séjournent dans les résidences de tourisme sont majoritairement des Québécois (graphique 1). En comparaison, 25% de la clientèle d’agrément canadienne qui fréquente les établissements hôteliers provient de l’extérieur du Québec.

Graphique 1
Provenance des touristes d’agrément canadiens, selon le mode d’hébergement et la province d’origine (2008)

Source: Statistique Canada

Sans surprise, le marché de la région métropolitaine de Montréal génère le plus important volume de voyages-personnes, suivi de ceux d’Ottawa-Gatineau et de la région de Québec. À l’exception des visiteurs de la région d’Ottawa, l’hébergement dans les résidences de tourisme de villégiature est peu prisé par les touristes canadiens provenant de l’extérieur du Québec (graphique 2).

Graphique 2
Provenance des touristes d’agrément canadiens au Québec, selon le mode d’hébergement et la région d’origine, en milliers (2008)

Source: Statistique Canada

Un mode d’hébergement touristique dominant dans plusieurs régions

À l’exception des régions de Montréal, Québec et Charlevoix, le volume de voyages-personnes dans les chalets privés surpasse celui des hôtels (graphique 3). Les régions des Laurentides, des Cantons-de-l’Est et de Québec se démarquent par le volume de séjours réalisés dans les chalets loués.

Graphique 3
Destination des touristes d’agrément canadiens au Québec,
selon le mode d’hébergement, en milliers (2008)

Source: Statistique Canada

Un profil qui varie peu selon le mode d’hébergement

  • Les chalets loués sont très populaires auprès des jeunes: 39% des voyageurs qui s’y arrêtent sont âgés de 34 ans et moins (graphique 4). L’âge moyen de cette clientèle est de 43,7 ans, ce qui est similaire à la clientèle des hôtels, dont l’âge moyen est de 44,2 ans. Les utilisateurs des chalets privés sont plus âgés; ils ont en moyenne 50,9 ans.

Graphique 4
Âge des touristes d’agrément canadiens au Québec,
selon le mode d’hébergement (2008)

Source: Statistique Canada

  • Les clientèles ayant séjourné dans un chalet privé, loué ou dans un hôtel sont majoritairement à l’aise financièrement. Plus de 60% de ceux qui séjournent dans un chalet privé ont un revenu du ménage supérieur à 75 000$, alors que cette proportion atteint 51% pour les chalets loués (graphique 5).
  • S’il est vrai que cette catégorie d’hébergement touristique correspond bien aux besoins des familles, on observe que 75% des séjours dans les chalets privés s’effectuent sans enfant, alors que cette proportion passe à 81% pour les séjours dans les chalets loués. Rappelons que 77% de tous les séjours des touristes d’agrément canadiens au Québec sont effectués par des groupes composés d’adultes seulement.
  • Comme les autres formes d’hébergement, l’industrie des résidences de tourisme est saisonnière, quoique cela s’avère un peu moins marqué pour les chalets privés.

Graphique 5
Revenu du ménage des touristes d’agrément canadiens au Québec,
selon le mode d’hébergement (2008)

Source: Statistique Canada

Les activités prisées lors des séjours dans les chalets

Sans surprise, les activités de plein air comme la pêche, la randonnée pédestre, l’observation de la faune et la visite de parcs nationaux sont plus fréquemment pratiquées par les touristes d’agrément canadiens (graphique 6).

Graphique 6
Proportion d’activités pratiquées par les touristes d’agrément canadiens au Québec,
selon le mode d’hébergement (2008)

Source: Statistique Canada

Les touristes qui séjournent dans les chalets privés sont proportionnellement moins actifs que ceux séjournant dans les chalets loués, relativement à leur participation à des activités culturelles. À l’exception de la participation à un festival, ils visitent dans une moindre proportion les musées, les sites historiques, les parcs thématiques et les zoos et les aquariums.

L’influence du type d’hébergement sur la durée de séjour et les dépenses

Il est peu surprenant de constater que les séjours dans les chalets durent plus longtemps que ceux dans les hôtels; 27% des séjours dans les chalets loués durent cinq nuits et plus. Toutefois, il ne faut pas négliger le fait que 47% des voyages-personnes effectués dans les chalets loués sont de deux jours ou moins.

Malgré une durée de séjour moyenne intéressante (3,08 nuits), les touristes d’agrément ayant séjourné dans une résidence secondaire dépensent très peu (tableau 1). Ce phénomène s’explique en partie par les débours en hébergement, qui sont inexistants chez les utilisateurs de chalets privés (graphique 7).

Tableau 1: Caractéristiques des voyages des touristes d’agrément canadiens au Québec selon le mode d’hébergement (2008)


Source: Statistique Canada

Graphique 7
Dépenses moyennes des voyageurs d’agrément canadiens au Québec, selon le mode d’hébergement, en dollars (2008)

Source: Statistique Canada

On remarque également le faible niveau de dépenses des touristes séjournant dans les chalets privés pour les autres catégories répertoriées par Statistique Canada. Plus particulièrement, les débours de ces visiteurs pour les divertissements, les sports et loisirs ainsi que les restaurants et les bars sont minimes.

Quand les défis représentent des occasions d’affaires

D’une part, les organismes locaux de tourisme doivent séduire les touristes qui séjournent dans des chalets privés afin de les encourager à profiter davantage des activités touristiques offertes dans leur région. À l’exception des activités de plein air, le taux d’activité touristique de ces touristes est particulièrement faible. On observe également que le niveau de dépenses dans les restaurants et les bars est également très bas. Est-il possible que cette clientèle touristique soit peu sollicitée par les organisations touristiques? Sur ce plan, les interventions se réaliseront principalement à l’échelon local et régional (lire aussi: Connaître et amadouer les touristes en visite chez des parents ou des amis).

D’autre part, le défi est tout autre pour le marché des résidences de tourisme à louer. Malgré une offre diversifiée et de qualité, les séjours dans ce type d’hébergement demeurent marginaux auprès de la clientèle hors Québec et internationale. C’est un secteur fortement fragmenté, composé d’un nombre élevé de propriétaires, ainsi que de nombreuses petites et moyennes entreprises responsables de la gestion d’un groupe de résidences de tourisme. Très souvent, peu ou pas de garanties sont offertes aux consommateurs. Cette réalité nuit à la perception de la clientèle et complexifie grandement la commercialisation et le mode de distribution de ce type d’hébergement. Cela joue contre la notoriété du marché et la confiance des consommateurs et des agents de voyages.
Est-ce que l’industrie touristique saura relever le défi?

À lire aussi:
– L’importance du marché des résidences de tourisme de villégiature au Québec

Sources:
– Connolly, Daniel J. et Douglas Quinby. «Vacation Rental Marketplace: Poised for Change», PhoCusWright, janvier 2009, 43 p.
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages des résidents du Canada», traitement spécial, 2006-2008.

Catégories
Ailleurs dans le monde Hébergement Tourisme durable

Pédaler pour de l’électricité: une idée lumineuse qui fait du chemin!

Les habitants de Copenhague ont de la suite dans les idées! Après l’illumination du sapin de Noël (lire aussi: Mon beau sapin, roi des vélos), voilà que la chaîne hôtelière Crowne Plaza emboîte le pas et encourage ses clients à enfourcher une de ses bicyclettes d’exercice afin de produire de l’électricité pour l’hôtel. Seulement 15 minutes suffisent pour générer les 10 wattheures permettant de réclamer un coupon-repas d’une valeur de 36 USD échangeable dans l’un des restaurants de l’établissement. Si l’expérience s’avère concluante après une année, la chaîne prévoit instaurer cette promotion dans tous ses établissements du Royaume-Uni. Un bon coup de pédale pour l’économie!

Source:
– Ferri, Jim. «Save the Mermaids», Ferri & Partners, Ferriandpartners.com, 14 juin 2010.

Catégories
Ailleurs dans le monde Hébergement

Des labels touristiques pour les familles

De nos jours, voyager en famille nécessite parfois une bonne dose de sang-froid et d’audace pour braver le regard souvent réprobateur des autres. Heureusement, certaines destinations et certains secteurs touristiques favorisent l’accueil des familles et les mettent en valeur grâce à des labels touristiques. Où en est le Québec?

Certains labels européens

Reconnaissant le potentiel des familles qui voyagent, certaines destinations ont choisi d’accorder une attention toute particulière à ce créneau en créant des programmes de qualité spécifiques.


En Espagne, Tourisme Catalogne a conçu un label «destination de tourisme familial», qu’elle accorde aux municipalités ou aux zones touristiques qui offrent des ressources et des services de qualité répondant aux besoins des familles: hébergement, restauration, diversité de loisirs et d’activités.


Aux îles Canaries, tous les hôtels, établissements et services inscrits sous le label «Islas Canarias Family Welcome» proposent une grande variété d’options en matière de qualité et d’adéquation aux différents âges: baignoires, berceaux, poussettes, chauffe-biberons, service de gardiennage, pédiatre, menus spécialement conçus pour les enfants, programmes d’animation, mini-club, ludothèques, bibliothèques et vidéothèques.

En Angleterre, le label «Families Welcome» est accordé aux lieux d’hébergement qui offrent des installations et des services pour les enfants de tous âges. L’établissement doit également fournir des informations sur les attraits et activités touristiques des environs qui accueillent favorablement les familles.


La Fédération suisse du tourisme créait, quant à elle, le label de qualité «Familles bienvenues» en 1996. Pour l’obtenir, les destinations de vacances suisses doivent satisfaire à plusieurs conditions et critères élaborés par une commission de la qualité, indépendante, présidée par la Fédération suisse du tourisme (FST). Ces critères réfèrent aux secteurs suivants:

  • infrastructures: hébergement, restaurants, aires de jeux et de pique-nique;
  • activités: sentiers thématiques, eau pour la baignade, animaux, aventure ou sport, culture et divertissement, transports, animation;
  • prestations et services: sécurité, forfaits, information des hôtes, encadrement des enfants.

Ce label est décerné pour trois ans au terme desquels la «destination de vacances» est réévaluée.

En France, le label «Famille Plus, destination pour petits et grands» a été créé en 2006 par le ministère délégué au Tourisme et trois partenaires. Ce label national qualifie l’accueil et les prestations proposés aux familles et aux enfants dans les communes touristiques françaises. Il se divise en quatre types de destination: montagne, mer, nature et ville. En 2006, 45 communes ont obtenu le label; on en compte près de 65 aujourd’hui.


Le label «Famille des Logis de France», quant à lui, est décerné aux logis disposant de chambres spécialement adaptées pour les familles ainsi que de menus spécifiques pour les enfants.


L’«Association Nationale des Stations Kid» identifie les communes françaises qui s’engagent à respecter les huit critères de qualité de la charte, entre autres:

  • nombreuses activités et animation pour les enfants et les familles;
  • accueil spécifique à l’office de tourisme avec un espace dédié aux enfants;
  • hébergements et restaurants proposant une offre attrayante pour les enfants;
  • équipements sécuritaires;
  • politique de sensibilisation à l’environnement.

L’association accorde le label pour trois ans. En 2008, la France recensait 27 Stations Kid destinées aux enfants âgés de 3 à 12 ans réparties dans de nombreuses régions.

Enfin, l’Association nationale des maires de stations de montagne (ANMSM) a créé en 1998 le club «Les p’tits Montagnards», pour aider les familles à choisir les stations adaptées à leurs demandes en matière d’accueil, d’équipements et d’animation, et ce, pour les enfants de trois mois à 12 ans. Élaborés à partir d’enquêtes réalisées tous les deux ans auprès des familles en séjour à la montagne, les critères de la charte de qualité intègrent les nouvelles attentes et tiennent compte des évolutions sociologiques de la famille. Les critères de sélection sont très sévères et diffèrent l’été de l’hiver.

La situation au Québec

Il n’existe aucun programme de certification québécois, ni même canadien, encourageant les entreprises touristiques à adhérer à des normes de qualité spécifiques aux familles. Hormis dans le réseau des Villages vacances famille, où il est certain de trouver une animation adaptée aux enfants de différents âges et une série d’activités répondant aux besoins des familles, le voyageur avec enfants ne dispose d’aucun moyen préalable de savoir s’il sera le bienvenu avec sa marmaille.

Bien sûr, il y a la Certification Qualité Tourisme, mise de l’avant par le ministère du Tourisme. Cette dernière assure au consommateur que l’entreprise certifiée offre des services de qualité, notamment en ce qui a trait au service à la clientèle, à la compétence de son personnel, à l’entretien optimal de ses équipements, à l’adaptation de ses services aux personnes ayant des contraintes et des besoins particuliers et au respect de l’environnement. Ne pourrait-on pas inclure les familles dans les critères de certification, au même titre qu’on y inclut les personnes ayant des besoins particuliers, c’est-à-dire, les personnes handicapées? À quand un label «Qualité Famille» québécois?

Lire aussi: Poussée de croissance des voyages en famille

Sources:

– Observatoire régional du tourisme – Alsace. «Le tourisme des familles», juin 2009.

Sites Internet:

– Families Welcome , Qualityintourism.com, consulté en juillet 2010.
– Tourisme îles Canaries, Turismodecanarias.com, consulté en juillet 2010.

Catégories
Hébergement Tendances

Au menu aujourd’hui: la santé

Pourquoi l’industrie touristique doit-elle prendre le virage santé? Parce que la clientèle touristique s’en préoccupe et que c’est un positionnement gagnant. De nombreux Québécois sont en mauvaise santé et cela devient préoccupant. Mieux comprendre les tendances en matière d’alimentation affectant votre clientèle ainsi que ses préoccupations vous aidera à adapter l’éventail des mets que vous offrez. Mais peut-être que germera aussi l’idée d’une stratégie de mise en marché concertée…

Plusieurs informations citées dans cette analyse proviennent d’une étude de Transformation alimentaire Québec réalisée en 2009.

État de santé et préoccupations des Québécois

  • Près de 27% des Québécois âgés de 15 à 74 ans considèrent leurs journées assez ou extrêmement stressantes (23% pour les Canadiens). Au travail, cette proportion passe à 37% (contre 29% pour les Canadiens).
  • La proportion d’adultes obèses (IMC de 30 et plus) est passée de 13% en 1990 à 22% en 2004, soit plus d’un adulte sur cinq; 56% des adultes font de l’embonpoint.
  • 62% des Québécois âgés de 20 ans ou plus sont physiquement inactifs.
  • Au Québec, 20 000 décès sont causés par le cancer chaque année. Ce type de maladie est en hausse chez les jeunes adultes de 20 à 29 ans et chez les femmes de 39 ans et moins. De plus en plus d’études confirment les liens entre l’alimentation et le cancer.
  • Si la proportion de maladies cardiovasculaires a diminué au cours des dernières années (de 25% au cours des dix dernières années), elles demeurent responsables du décès de plus de Canadiens que ne l’est toute autre maladie.

Les Québécois se préoccupent donc de plus en plus de leur santé. Leurs principales inquiétudes sont liées à leur forme physique, au stress, à leur poids et au manque d’énergie (graphique 1).

Graphique 1
Principales préoccupations des Canadiens à l’égard de certains aspects de la santé

virage_sante_graph1

Source: Sondage Zins Beauchesne et associés – Ipsos Descarie, 2008

Tendances en matière d’alimentation

Depuis quelques années déjà, l’alimentation santé fait partie des préoccupations des consommateurs et influence l’industrie alimentaire. Parmi un échantillon de personnes ayant décidé de modifier leurs habitudes alimentaires, leurs principales actions sont de boire plus d’eau (77%), manger moins de gras (64%), moins de sucre (59%), plus de fibres (52%), moins de sel (54%) et boire du lait régulièrement (48%). Aussi, les aliments enrichis d’oméga-3, de minéraux ou de vitamines ont la cote; on tend à diminuer la consommation de viande rouge et à opter pour les aliments biologiques.

La qualité des aliments ne doit cependant pas faire ombrage au goût; les choix alimentaires demeurent guidés par la recherche du plaisir. Le consommateur veut découvrir de nouvelles saveurs. La gastronomie, plus présente que jamais, et le mouvement slow food contribuent à faire découvrir et apprécier les produits du terroir, spécialisés ou exotiques.

Les produits du terroir ou régionaux répondent aux besoins d’authenticité et de qualité des consommateurs. De plus, la provenance des aliments compte de plus en plus. Les achats locaux sont populaires, tant pour minimiser l’impact sur l’environnement qu’à cause des scandales alimentaires (listériose, vache folle, etc.), ou encore par solidarité envers l’économie locale. Notons à cet effet l’engagement du gouvernement du Québec, par exemple avec la campagne «Mettez le Québec dans votre assiette». Plusieurs de ces tendances alimentaires sont influencées par la télévision et les restaurateurs de renom.

S’il n’y a pas de montée notable du végétarisme pur, il y a néanmoins une croissance de ce qu’on appelle le flexarisme, c’est-à-dire une diète riche en grains, en fruits et légumes, mais comportant un apport de viande à l’occasion.

L’industrie alimentaire tend également à segmenter ses consommateurs, une tendance que les restaurateurs tardent à suivre. On remarque de plus en plus de produits s’adressant spécifiquement aux femmes enceintes, aux enfants, aux personnes souffrant d’allergies, aux personnes ayant des prédispositions aux maladies cardiovasculaires et autres.

Plus globalement, l’influence des baby-boomers, le manque de temps des consommateurs, leur sensibilité au prix et leur infidélité aux marques, l’ouverture à l’immigration et aux voyages sont quelques-unes des tendances de consommation qui affectent les habitudes alimentaires. Enfin, les médias contribuent à conscientiser les populations.

Un «vrai» menu santé

Pour qu’un menu suive le virage santé, la créativité doit y figurer. Il ne s’agit pas de tout modifier, mais plutôt de mieux faire les choses. Voici quelques idées en vrac:

  • Offrez de nouvelles recettes, mais aussi des versions revisitées de recettes traditionnelles. Par exemple, au restaurant Chez Victor à Québec, on peut substituer la boulette de bœuf par une des cinq boulettes végétariennes offertes (céréales, gruau, végé-pâté, tofu et même aux épinards).
  • Variez les aliments et ne négligez jamais la fraîcheur!
  • Restez simple.
  • Soyez vigilant sur la qualité des gras utilisés.
  • Diminuez votre consommation de sucre et de sel, des bêtes noires de l’alimentation.
  • Des légumes SVP! Dans la restauration moyen de gamme, ils sont souvent sans saveur et dans les restaurants haut de gamme, la quantité est souvent minuscule.
  • Sachez plaire aux personnes âgées.
  • Attirez les végétariens à temps partiel par l’innovation! Les pâtes primavera ne sont pas un mauvais choix mais il s’agit d’un plat peu original. Proposez d’autres plats renfermant des aliments qui remplacent la viande.
  • Choisissez des modes de cuisson affectant le moins possible la valeur nutritive des aliments.
  • Prévoyez un menu pour enfants offrant autre chose que des croquettes de poulet.
  • Privilégiez les producteurs locaux.

Le succès d’un tel virage passe donc par l’innovation dans les produits utilisés, mais aussi par la constance de la mise en marché. Expliquez vos choix et vos changements à votre clientèle afin qu’elle ne se sente pas déstabilisée.

Une perche tendue pour l’industrie touristique?

La clientèle québécoise est donc sensibilisée, mais un réel virage santé dans l’industrie touristique susciterait également des réactions positives auprès des touristes étrangers. Les problèmes de santé des Américains sont bien connus et les Européens se soucient depuis toujours de la qualité des mets qu’ils consomment.

Les industries hôtelière et de la restauration sont de plus en plus haut de gamme, offrent des produits santé, écologiques, achetés localement, biologiques et exotiques. Mais bien que les restaurants n’offrant pas de mets nutritifs tendent à diminuer, il reste du chemin à parcourir. Qu’arriverait-il si l’ensemble de l’industrie touristique se mobilisait vers une alimentation plus saine et qu’elle en faisait un positionnement?

Sources:
– Blouin, Christine et Rose-Hélène Coulombe. «Menu santé, menu d’avenir», Hôtels, Restaurants & Institutions, volume 11, numéro 4, septembre 2007.
– Deraspe, C., DT.P., MBA, J.-P. Sylvain, DT.P. et S. Savoie, Ing. FCSI – Équipe de gestion des opérations des services alimentaires – Genivar. «Êtes-vous d’attaque pour négocier le virage santé», Hôtels, Restaurants & Institutions, volume 13, numéro 4, 2009.
– Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec. «Étude de la dynamique et des tendances des marchés au sein du secteur agroalimentaire québécois», Mapaq.gouv.qc.ca, 2009.