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Suivre l’évolution des déplacements d’affaires

Le secteur vit de profondes turbulences depuis 2020. Bien que certains déplacements aient repris leur rythme prépandémique, d’autres se font toujours attendre. Que disent les chiffres à propos de la performance mondiale des derniers mois et quelles sont les tendances qui rythmeront ce secteur à l’avenir ?  

Selon le plus récent index sur les voyages d’affaires de la Global Business Travel Association (GBTA), les dépenses mondiales de 2022 devraient atteindre 65 % des dépenses observées en 2019, ce qui représente une progression de 34 % par rapport à 2021. Le secteur pourrait devoir patienter jusqu’en 2026 pour retrouver ou dépasser les niveaux de dépenses comptabilisés juste avant la pandémie, soit la somme de 1,4 billion de dollars américains.  

Plusieurs facteurs complexifient la reprise, notamment les enjeux géopolitiques, l’inflation et l’impact de la hausse du prix de l’énergie sur le coût des voyages, les perturbations provenant des chaînes d’approvisionnement ainsi que les contrecoups de la pénurie de main-d’œuvre sur la fluidité des opérations. À cela s’ajoutent les besoins de profitabilité des entreprises, leur volonté d’atteindre des objectifs de réduction d’émissions de carbone ainsi que l’usage d’outils de communication efficaces facilitant les réunions à distance (lire aussi : les grands défis du tourisme d’affaires). 

La relance du secteur au Québec

De nouveaux comportements émergent et représentent parfois un casse-tête pour les lieux d’accueil.

La reprise des événements d’affaires se fait bien sentir dans les hôtels et centres de congrès de la province. Depuis le printemps 2022, la demande est au rendez-vous et certains lieux peinent même à y répondre.  

Bien qu’il y ait une volonté des individus à reprendre les rencontres en personne, de nouveaux comportements émergent et représentent parfois un casse-tête pour les lieux d’accueil, par exemple : 

– des annulations de dernière minute qui touchent parfois jusqu’à 20 % des invités ; 

– une hausse des demandes pour des réunions et événements de petite taille, ce qui nécessite une reconfiguration des espaces ;  

– une demande pour des événements plus créatifs qui offriront une réelle valeur ajoutée pour les délégués qui se déplacent ; 

– des réservations effectuées peu de temps avant l’événement, ce qui demande une grande réactivité. 

Sans oublier la pénurie de main-d’œuvre qui continue de faire mal aux entreprises du secteur et qui les empêche, dans certains cas, de rebondir aussi rapidement que souhaité. 

Les nouvelles modalités de travail engendrent d’autres types de déplacements

Se rendre au bureau serait-il devenu un déplacement d’affaires pour les employés en télétravail ? Une rencontre avec ses collègues constitue-t-elle un événement professionnel ? Oui et non, selon le contexte. Chose certaine, le secteur se trouve en pleine mutation ! 

Plusieurs organisations qui préconisent le télétravail (partiel ou total) adaptent leurs façons de se réunir. Pour compenser la relation à distance que vivent leurs employés, certaines sociétés organisent plus fréquemment des séminaires, des réunions ou des activités qui visent à resserrer les liens entre chacun. Dans bien des cas, c’est aussi l’occasion de mobiliser l’équipe à l’extérieur du bureau.  

Ce type de rassemblement prend désormais différentes formes et pour s’adapter au phénomène, plusieurs destinations actualisent leur positionnement en tourisme d’affaires. Joindre l’utile à l’agréable devient le mot d’ordre, car bien que ces rencontres soient d’ordre professionnel, elles doivent aussi être plaisantes.  

C’est le cas de la Suisse, qui aborde le sujet avec humour à travers une vidéo promotionnelle intitulée « Nous avons besoin de voyages d’affaires avec un air de vacances. », qui témoigne de l’attrait pour ces rencontres « nouveau genre ».   

 

La campagne promotionnelle «Montérégie – Destination affaires rêvée» véhicule cette même idée de travail et de plaisir. En fusionnant des expériences de bien-être et d’agrotourisme à son offre de réunion et de congrès, la région se positionne stratégiquement. 

 

Étirer le temps et profiter du déplacement

Une tendance qui poursuit sa lancée est celle des voyages de type bleisure. Déjà avant la pandémie, prolonger un déplacement professionnel pour des motifs d’agrément constituait une pratique populaire pour un bon nombre de voyageurs d’affaires, particulièrement chez les millénariaux (lire aussi : Regard sur les tendances du tourisme d’affaires). Selon les données du Future Market Insights report, le bleisure représente de 30 % à 35 % du marché mondial des voyages d’affaires. 

Plusieurs facteurs contribueront à la croissance de ce type de voyage, notamment : 

– l’usage courant d’équipement technologique efficace (un legs de la pandémie) ; 

– la stabilisation des politiques de télétravail dans les organisations ;  

– la volonté des employeurs d’offrir des conditions de travail attractives et qui favoriseront la rétention du personnel. 

Les voyages de type bleisure évoluent. Ils s’effectuent en solo, entre collègues, avec des amis et même en famille. Si certains avaient l’habitude d’ajouter quelques jours d’agrément à leur déplacement, le télétravail ouvre maintenant la porte à l’ajout de plusieurs périodes de travail qui s’effectueront à distance. Selon les politiques internes de leur employeur, les adeptes du bleisure ont la possibilité de réaliser des séjours plus longs à destination. 

Faire preuve de prudence en cette période encore incertaine

Certains phénomènes entourant les déplacements d’affaires pourraient n’être que transitoires. Plusieurs organisations tentent de nouvelles approches et évaluent les options qui s’offrent à elles. Il faut se rappeler que le secteur vit de profondes turbulences et que l’écosystème qui dessert cette clientèle devra encore faire preuve d’agilité et d’adaptation. 

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Connaissez-vous les routes du lait ?

L’industrie touristique québécoise possède la réputation d’être l’une des plus accueillantes au monde. Des initiatives pour mieux servir et accompagner les mères de jeunes enfants lors de leurs déplacements se développent. De plus en plus d’entreprises décident d’adhérer aux Routes du lait. 

En bref

Selon le Mouvement Allaitement du Québec (MAQ), une route du lait est : « un regroupement d’établissements publics et de commerces favorables à l’allaitement. Ces lieux acceptent volontiers de poser un autocollant de la Route du lait sur leur porte d’entrée afin de signaler aux personnes allaitantes qu’elles seront accueillies pour nourrir leur bébé, notamment sans obligation d’achat. » Comme le rappelle madame Raphaëlle Petitjean, directrice générale du MAQ, l’objectif n’est pas de faire la promotion de l’allaitement, puisqu’il s’agit d’une décision personnelle, mais de soutenir en tant que société les personnes qui ont pris la décision d’allaiter. 

Un endroit favorable à l’allaitement, c’est un lieu où les parents qui allaitent sont les bienvenus. Les employés reconnaissent et appuient le droit de la personne d’allaiter un enfant en public. 

Il est intéressant de constater qu’en 2018, selon un sondage Léger réalisé auprès de 1566Canadiens et 1000 Américains, à léchelle du pays, cest au Québec que les gens sont les plus tolérants envers lallaitement en public. Quelque 86% des Québécois trouvent la pratique «socialement acceptable» comparativement à 76% des Albertains, qui sont les moins ouverts à ce sujet. Environ 8 Canadiens sur 10 (83%) trouvent acceptable que la femme allaite en public. Chez nos voisins du sud, la proportion diminue à 7 Américains sur 10. 

Le saviez-vous ? 

Dans la province, l’allaitement dans les lieux publics est protégé par la Charte des droits et libertés de la personne du Québec. 

Historique 

Si des initiatives semblables aux Routes du lait ont vu le jour au Canada dans les années 90, ce n’est qu’au début du nouveau millénaire que la province voit apparaître un service plus organisé pour les familles allaitantes. Désormais, 19 routes parcourent la plupart des régions du territoire québécois. Chacune d’entre elles est chapeautée par une ressource communautaire à l’allaitement (Nourri-Source, le RAM, etc.). D’autres projets similaires existent, mais sous une terminologie différente. Dans plusieurs cas, les municipalités ou les CLSC appuient les démarches et deviennent des partenaires. 

Pourquoi l’industrie touristique devrait-elle s’y intéresser ?

Les Routes du lait s’inscrivent parfaitement dans une approche bienveillante et de responsabilité sociale. Être à l’écoute des jeunes familles québécoises et de l’international ne peut qu’être bénéfique pour une entreprise. Comprendre leur réalité et leur offrir un espace visant à leur faciliter la vie plaira non seulement aux parents, mais également aux autres clients. Comme l’explique cette analyse, la cohabitation des différentes clientèles est parfois ardue. Aider les parents à mieux répondre aux besoins de leurs jeunes enfants montre l’ouverture d’esprit de l’entreprise et favorise un meilleur climat pour tous.  

Allaiter devant les loups 

Pour le Zoo Ecomuseum, l’adhésion à la Route du lait de l’ouest de l’île (Montréal) s’est faite naturellement. Présentée par Nourri-Source, l’entente fut facilement acceptée et signée par la direction. Sarah Prince-Robin, directrice des Communications, explique que les familles et les mamans représentent une grande partie de la clientèle du zoo. Répondre à leurs besoins s’avère donc essentiel. La participation à la Route du lait reflète les valeurs de l’organisation et leur volonté d’être proche de la communauté. Le personnel à l’accueil est formé et prêt à accueillir les mamans à la recherche d’un espace pour allaiter. 

L’avenir des routes

Le temps et le financement disponible aux organismes responsables du projet varient d’une région à l’autre, ce qui a un impact sur le recrutement des entreprises et le développement des routes. La pandémie a également affecté l’accès des lieux aux familles. Cependant, en cette ère de post-confinement, une mise à jour s’effectue et le recrutement se fait à nouveau. D’ailleurs, une nouvelle route verra bientôt le jour dans le secteur de Rouyn-Noranda. 

Certaines organisations ont développé des outils qui aident les familles à trouver facilement des membres de la route. Par exemple, Nourri-Source Montréal propose sur son site Web une carte interactive indiquant les 250 établissements membres. 

Source : Nourri-Source Montréal 

Le CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean, en collaboration avec les organismes de soutien à l’allaitement, a développé une application mobile pour localiser les entreprises membres selon la position géographique ou la ville sélectionnée. 

Source : Google Play 

Cette application sera reprise par le Mouvement allaitement du Québec qui souhaite y intégrer l’ensemble des routes du lait de la province. Le lancement est prévu pour la fin de l’année 2022.   

Au Québec, plusieurs familles profitent de leur congé parental pour effectuer un périple allant de quelques jours à plusieurs mois. C’est une belle occasion pour l’industrie touristique d’attirer cette clientèle. Dans un contexte de reprise des voyages, l’envie de sortir des familles est encore plus criante ! Elles seront très reconnaissantes de ce service qui leur simplifie la vie et heureuses de partager leurs expériences à leur retour !  

Pour trouver l’organisme responsable de la route de votre région.

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Qui sont les consommateurs en 2022 ?

La pandémie a eu un impact sur le comportement des consommateurs. Cette année, ils reprennent les rênes et tracent une voie en fonction de leurs passions et de leurs valeurs. Êtes-vous prêts à répondre à leurs besoins ? 

Euromonitor International a publié une étude visant à déchiffrer le contexte d’achat de plusieurs types de consommateurs. Ces portraits illustrent les influences et les motivations qui poussent les individus à acheter. Une meilleure connaissance des profils aide les entreprises à mieux cibler les différents types de consommateurs, les nuances de leur personnalité, leurs motivations et les canaux à utiliser pour mieux les atteindre.  

Voici un aperçu des profils. 

Les transformés

Pour ces consommateurs, la pandémie a entraîné des changements personnels drastiques et un renouvellement des valeurs, des modes de vie et des objectifs. Les transformés recherchent des activités et des produits qui contribuent positivement à la santé mentale et physique. Ils apprécient désormais davantage l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée.  

Comment les rejoindre ? 

Les entreprises qui s’adressent aux transformés doivent être considérées comme des partenaires les aidant à profiter de leur nouveau mode de vie, tel que le télétravail. C’est l’occasion d’établir un nouveau type de relation avec cette clientèle. L’hôtellerie ainsi que de nombreuses destinations ont d’ailleurs adapté leur offre pour répondre aux besoins des télétravailleurs et de leurs organisations. 

Les environnementalistes

La protection de l’environnement est ancrée dans leurs valeurs. Ils sont inquiets des changements climatiques. Ils réduisent l’utilisation du plastique à usage unique et diminuent le gaspillage alimentaire.

Les environnementalistes font des choix plus durables tout en exigeant des actions et de la transparence de la part des marques. Les générations Y et Z, en particulier, estiment qu’elles peuvent faire la différence grâce à leurs actions durables. 

Comment les rejoindre ? 

Il s’avère intéressant de proposer des outils technologiques comme levier pour faire valoir ses actions, être transparent et faciliter les choix éthiques pour ce type de clientèle. Par exemple, TravelPerk a développé l’outil GreenPerk qui permet aux voyageurs d’affaires de connaître leur empreinte carbone en fournissant les informations de leurs déplacements (avion, train, voiture, etc.) et de compenser leur impact directement par le biais de la plateforme de la compagnie. 

Les seniors numériques

Désormais familiers avec la technologie, les seniors numériques effectuent des achats et utilisent des services en ligne. Ils y socialisent, assistent à des examens de santé ou utilisent des services de finances et y apprennent une foule d’informations. Ils n’hésitent pas à faire affaire avec les concurrents si les produits ou outils s’avèrent difficiles à employer.

Comment les rejoindre ? 

Les entreprises doivent adapter leur expérience en ligne, développer des interfaces faciles à utiliser et simplifier l’usage des technologies existantes. L’optimisation des applications mobiles, des réseaux sociaux et des sites Web sera essentielle pour capter leur pouvoir d’achat.

Les citadins ruraux

Tous les consommateurs ne sont pas prêts à renoncer à la vie urbaine comme certains de leurs voisins partis en banlieue ou en campagne. Cependant, le besoin d’espaces verts à proximité des habitations et de déplacements plus rapides et plus propres redéfinit les préférences des citadins ruraux qui restent en ville. En général, ils investissent davantage dans leur maison et leur communauté, car ils y passent plus de temps. 

Comment les rejoindre ? 

L’intégration dinitiatives plus durables dans les zones métropolitaines trouvera un écho auprès des citadins ruraux. Accès à des espaces verts, mobilité durable et commerces de proximité sont des éléments attractifs pour ce type de clientèle. La densification et la dynamisation des quartiers pour créer des milieux de vie de qualité où il fait bon vivre contribuent également à la résilience des collectivités comme le souligne cette analyse. 

Les virtuels

Désormais, la socialisation en ligne est la forme de divertissement préférée de ce groupe de consommateurs, en particulier pour les jeunes générations. Ils passeront encore plus de temps dans des mondes virtuels, tels que le métaverse. Leurs environnements immersifs stimulent le commerce électronique et les ventes de produits virtuels à mesure que l’accès s’étend.  

Comment les rejoindre ? 

Les entreprises qui établissent une présence dans ces mondes virtuels seront à l’avant-garde puisqu’elles suivront le rythme de développement des environnements sociaux. Ces univers modifient la relation entre l’industrie du voyage et leurs clients en diminuant les distances physiques et en offrant de nouvelles expériences. Le concept de métaverse permet d’inspirer les voyageurs et de fournir des informations précieuses susceptibles d’augmenter les réservations. 

Les prévoyants

Dans un contexte de crise dans la chaîne d’approvisionnement, ces consommateurs n’hésitent pas à choisir des articles similaires à leurs produits préférés lorsqu’ils ne trouvent pas ce qu’ils recherchent. Sinon, ils veulent sécuriser l’achat de leurs produits préférés soit en payant une prime ou en utilisant d’autres options, telles que l’achat d’occasion ou la location. Les prévoyants peuvent également dépenser plus pour avoir un accès privilégié à leurs produits préférés. 

Comment les rejoindre ? 

Dans ce contexte, plusieurs entreprises se tournent vers l’achat local pour surmonter les pénuries de produits. La promotion d’articles exclusifs ou en prévente à un prix supérieur pourrait attirer ces consommateurs et générer des revenus. 

Par exemple, PepsiCo a lancé deux sites de vente directe. Les consommateurs peuvent commander des offres groupées personnalisées, telles que « Rise & Shine » et « Family Favorites », sur PantryShop.com ou acheter des articles individuels sur Snacks.com à partir du portefeuille d’aliments et de boissons de PepsiCo.  

Les réutilisateurs

Ce type de consommateurs veulent adopter des pratiques durables et minimiser leur empreinte environnementale. Ils préconisent la réutilisation des biens et des matériaux. Le coût des produits est un facteur crucial alors que la situation économique demeure instable.  

Comment les rejoindre ? 

Les entreprises qui mettent en œuvre de nouveaux modèles commerciaux et adoptent une démarche d’économie circulaire rejoignent davantage ce type de consommateurs. Les entreprises doivent réutiliser ou recycler les matériaux pour le développement de nouveaux produits et pour réduire les déchets. Le nombre d’initiatives ne fait qu’augmenter en tourisme. C’est le cas de l’application Too Good To Go quipermet aux restaurateurs de vendre à moindre coût des paniers surprises composés de restants de la journée. 

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La vanlife en 2022 : un état de la situation

Voyager en VR ou en van n’est pas nouveau, mais l’engouement pour la pratique bat des records. D’après une étude de 2021 réalisée par la Chaire de tourisme Transat portant sur les habitudes touristiques estivales des voyageurs québécois, les road trips figurent parmi les principales expériences touristiques recherchées durant l’été, selon 44 % des répondants.

D’après le rapport 2022 sur le camping en Amérique du Nord, près de 15 millions de ménages américains ont effectué un séjour en véhicule récréatif en 2021. Parmi ces voyageurs, 11 millions étaient propriétaires des véhicules. Le marché de la location de VR a également connu une croissance marquée avec près de deux millions de nouveaux locataires l’année dernière.

En 2021, Go Van a publié les résultats d’une étude menée auprès d’un échantillonnage de convenance de 1 000 vanlifers québécois. Le sondage visait à brosser un portrait des membres de cette communauté de voyageurs nomades. Voici ce que l’on sait à leur sujet jusqu’à présent :

Un peu moins de 55 % des répondants ont de 25 à 49 ans tandis que 40 % sont âgés de 50 ans et plus.

Source de l’image : Go Van

Quelque 29 % des répondants effectuent des voyages en van depuis au moins cinq ans. On dénombre tout de même plusieurs nouveaux adeptes. En effet, c’est une personne sur cinq qui réalise des voyages en van depuis moins d’un an.

Source de l’image : Go Van

Les voyageurs en van s’intéressent à différents types de passe-temps lors de leurs séjours ; voilà une opportunité d’offrir des expériences mixtes. Quelque 30 % des répondants identifient les activités sportives comme représentant la plus grande part de leurs dépenses, suivi de très près par les restaurants et les microbrasseries (28 %).

Source de l’image : Go Van

Sur le plan des nuitées, la grande majorité des répondants dit privilégier des sites en nature, soit en bord de route ou en forêt, alors que le tiers affirme dormir souvent dans les campings traditionnels.

Source de l’image : Go Van

Le camping nomade est donc courant et apprécié par ces voyageurs. Ce type de camping connaît un boom impressionnant depuis les dernières années. Surnommé boondocking en anglais, cette pratique consiste à camper temporairement et gratuitement dans un endroit où il n’est généralement pas possible d’avoir accès à l’eau potable, l’électricité ou une sortie d’égout.

Certaines destinations demeurent mitigées face à cette pratique, d’autant plus que la pandémie de COVID-19 n’est venue qu’amplifier le phénomène.

Un intérêt grandissant qui ne plaît pas à tout le monde

La popularité croissante de la vanlife provoque certainement des enjeux de cohabitation. On se rappelle notamment l’onde de choc occasionnée par les campeurs sur les plages de la Gaspésie à l’été 2020. Gaspé a d’ailleurs réitéré l’interdiction de camper sur ses plages ainsi que dans tout autre lieu public à l’approche de la saison estivale 2022.

La situation est semblable à Tadoussac. En 2021, la ville a commencé à donner des amendes aux propriétaires de VR et de van qui campaient gratuitement sur le territoire. Il va sans dire que depuis les dernières années, le secteur des dunes a particulièrement été touché par les campeurs qui y laissent des déchets.

D’autres pays sont également aux prises avec la même problématique ; c’est le cas notamment du Portugal où il est illégal de camper en dehors des campings officiellement désignés. Praia da Ingrina, une plage située dans le sud-ouest de l’Algarve, est particulièrement affectée par cet enjeu. Bien que le camping nomade puisse entraîner des amendes allant de 200 à 4 000 euros, les vanlifers n’hésitent pas à s’y cantonner. Les résidents déplorent les comportements des voyageurs qui laissent des déchets, détruisent la flore et allument des feux sur la plage.

Source de l’image : The Portugal News

Des initiatives d’ici qui accueillent les vanlifers

Plusieurs régions québécoises perçoivent la présence des vanlifers comme une opportunité. Elles choisissent d’encadrer la pratique plutôt que de l’interdire. Avec l’achalandage accru des terrains de camping à l’été 2020 et 2021, des espaces de stationnement gratuit nommés « sites de débordement » ont été mis en place pour bien accueillir ces voyageurs et pour tenter de les inciter à rester plus longtemps dans la région. Bien que ces haltes aient été pensées pour soulager les campings affichant complet, certains préfèrent s’y rendre directement étant donné la gratuité du service.

À cet effet, Baie-Comeau dédie plusieurs espaces de stationnement, en bord de mer ou plus près du centre-ville, aux voyageurs en van et en VR. Certains possèdent même des toilettes et des stations de vidanges. La municipalité des Escoumins détient également un parc aménagé pour les véhicules récréatifs et les vans comprenant des poubelles et une toilette. Le village souhaite d’ailleurs devenir une destination incontournable pour la vanlife. Pour éviter les débordements qu’ont connu leurs voisins de la péninsule gaspésienne, la municipalité utilise des applications, telles que iOverlander, afin de diriger les voyageurs vers des lieux propices à leur bien-être et à celui des communautés locales.

Au Bas-Saint-Laurent, la ville de Rimouski a mis à disposition à l’été 2021 une quarantaine d’espaces de stationnement dédiés aux véhicules récréatifs et aux vans. Les voyageurs avaient la possibilité d’y rester 24 heures et étaient ensuite invités à poursuivre leur séjour dans un camping de la région. En Gaspésie, la ville d’Amqui a aussi mis en place ce type de halte dans certains stationnements.

D’autres lieux souhaitent aussi tirer parti de cette clientèle grandissante et mettent tout en place pour y arriver. Le sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, situé à Trois-Rivières, invite les voyageurs en van et en VR à utiliser des parcelles de leur terrain en bordure du fleuve pour quelques nuitées. Les vanlifers ont, entre autres, accès à l’eau potable, aux toilettes ainsi qu’au restaurant du sanctuaire et sont ensuite invités à effectuer un don pour leur séjour.

Source de l’image : Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap

Les adeptes du terroir et d’expériences gourmandes et agrotouristiques sont comblés par ce qu’offre Terego. La plateforme met en contact des voyageurs en VR avec des producteurs agricoles (lire aussi Trois tendances en plein air pour s’inspirer). Pour des frais annuels de 105 $, les vanlifers ont accès à tout le réseau Terego et peuvent donc s’installer pour une nuit sur le terrain d’un vignoble ou d’une ferme locale, par exemple. En Finlande, le Café Bar Pesula accueille à bras ouverts ces voyageurs et leurs véhicules dans leur stationnement (lire aussi Un restaurant « Bienvenue aux VR »).

Source de l’image : Terego

Exemple de structuration : la Nouvelle-Zélande

La Nouvelle-Zélande est reconnue par les amateurs de roadtrip pour être une destination de choix… et il faut croire que le pays est actuellement victime de son succès. Selon un rapport publié en février 2021, le nombre de campeurs nomades étrangers est passé de 10 000 au début des années 2000 à 123 000 en 2018. Sans grande surprise, cet engouement massif déplaît à certaines communautés locales ; l’encombrement des espaces de stationnement et des plages, la congestion des routes ainsi que les déchets des campeurs sont devenus de réelles préoccupations.

Source de l’image : The Conversation

Fort d’une longue tradition, le ministre du tourisme Stuart Nash ne souhaite pas interdire la pratique du camping nomade. Cependant, des modifications sont proposées ; de nouvelles règles devraient être mises en place progressivement à partir de l’été 2022. Ces changements visent notamment à protéger l’environnement naturel, à garantir une pratique responsable du camping et à s’assurer du bien-être des communautés locales touchées par cet enjeu.

Voici quelques changements proposés :

  • Établir un système réglementé pour la certification et l’enregistrement des véhicules autonomes ;
  • Exiger que les campeurs en van utilisent un véhicule autonome certifié lorsqu’ils séjournent sur les terrains municipaux, à moins que le site soit désigné comme convenant aux véhicules non autonomes ;
  • Obliger les véhicules à disposer d’une toilette fixe pour être certifiés autonomes ;
  • Renforcer le système d’infraction (par exemple en augmentant les amendes).

Une période de transition de deux ans est prévue avant que tous les véhicules autonomes ne doivent adhérer aux nouvelles normes.

Plusieurs destinations et lieux sont favorables à la vanlife, mais cette pratique demeure tout de même controversée, notamment à cause des traces que laissent certains de ces nomades derrière eux. Encadrer ou interdire, la question se pose !

Image à la une : Unsplash

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Les grands-parents, des ambassadeurs pour les musées

Le Louvre-Lens fait preuve d’originalité pour épauler les grands-parents qui planifient des sorties au musée accompagnés de leurs petits-enfants. Un samedi par mois, les principaux intéressés sont invités à prendre part à l’atelier « L’art d’être grands-parents », une initiative gratuite qui vise notamment à consolider les liens intergénérationnels. Pendant l’activité, ils reçoivent des conseils et des astuces pour apprendre à stimuler la curiosité des enfants et rendre leur prochaine visite à la fois plus accessible et ludique.

Les ateliers visent notamment à donner des astuces aux grands-parents pour faire sourire les enfants, attirer leur regard et capter leur attention sur certaines œuvres d’art.

Le médiateur en charge présente d’abord les différents services et supports qui sont mis à disposition des familles, tels que l’aire intérieure dédiée aux pique-niques, la médiathèque, un coin lecture pensé pour les enfants, ou les livrets-jeux de la Galerie du temps. Il poursuit ensuite l’atelier en racontant des anecdotes en lien avec certaines œuvres d’art que les grands-parents pourront à leur tour dépeindre ; l’objectif ici est de faire sourire les enfants, attirer leur regard et capter leur attention. Enfin, les participants sont invités à échanger autour d’un café. Le médiateur conclut la rencontre en proposant des idées d’activités artistiques simples, comme la réalisation de théâtres de papier ou de films en stop-motion, le tout pour prolonger le plaisir au retour à la maison.

Source de l’image : © Musée du Louvre-Lens/Gunilla Lapointe

En 2019, le Musée McCord à Montréal a également eu l’idée de miser sur la complicité intergénérationnelle pour faire découvrir le milieu muséal aux plus jeunes le temps d’une fin de semaine. L’événement offrait l’entrée gratuite à tous les grands-parents accompagnés de leurs petits-enfants. En plus de l’accès à une visite permettant de découvrir les diverses expositions du musée, les petits comme les grands avaient l’occasion de participer à La boîte à souvenirs, une activité spécialement conçue pour susciter l’intérêt de tous les participants. Ces derniers étaient alors plongés dans les souvenirs d’enfance des Montréalais et Montréalaises d’ici et d’ailleurs.

Source de l’image : Musée McCord

Les grands-parents ont le potentiel de devenir de réels ambassadeurs du milieu muséal et même du tourisme en général.

Quelle place voulez-vous leur accorder ?

Image à la une : © Musée du Louvre-Lens/Gunilla Lapointe

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Hébergement Segments de clientèles

Le renouveau du tourisme de luxe

Les résultats d’une récente étude effectuée par GlobalData montrent une reprise impressionnante des voyages de luxe. La pandémie de COVID-19 a permis aux plus fortunés de continuer de s’enrichir et à d’autres voyageurs d’économiser plus qu’à la normale. En effet, les données de 2021 du Economic Tracker montrent que le taux d’épargne des Américains à revenu élevé est de 10 % à 20 % plus élevé que celui des consommateurs aux salaires moyens ou faibles. Les clientèles nanties sont maintenant prêtes à profiter de ces économies.  

Selon le Economic Tracker, les dépenses des Américains à revenu élevé n’ont cessé d’augmenter de janvier à novembre 2021 (de 0,5 % à 28,2 % par rapport au niveau prépandémique). Ces consommateurs aisés, disposant d’un pouvoir d’achat plus élevé, ont déjà recommencé à voyager à la fin de l’année 2021. Aux États-Unis, GlobalData constate que le revenu total des hôtels de luxe a connu la plus forte reprise en 2021, avec une augmentation de 147 % par rapport à 2020. Il s’agit d’une croissance nettement supérieure à celle de l’hôtellerie économique, qui a connu une hausse de revenu annuel de 42 %.   

Selon une enquête en ligne réalisée par la Chaire de tourisme Transat en décembre 2021 auprès de 1 206 voyageurs québécois, les ménages ayant un revenu annuel de plus de 150 000 $ se trouvent davantage en situation de télétravail que les autres (62 % d’entre eux contre 40 %) ce qui leur permet une plus grande flexibilité et en font une clientèle potentielle pour le workation (lire aussi : Les télétravailleurs, un segment à saisir). D’après Statistiques Canada, parmi les couples formés de deux salariés et appartenant à la tranche supérieure des revenus d’emploi, 45 % d’entre eux travaillaient à domicile d’avril 2020 à juin 2021. Ce taux est 9 fois plus élevé que celui de la tranche salariale tout juste en dessous. Les couples plus aisés occuperaient ainsi des emplois se prêtant mieux au télétravail, ce qui représente une opportunité pour les prestataires d’expériences de luxe.  

Inégaux face à l’inflation

Bien que la pandémie ait été bénéfique pour un segment de clientèle particulier, d’autres consommateurs ont, à l’inverse, ressenti les effets de la crise sur leur épargne. Selon une étude de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS), l’inflation des dernières années a plus particulièrement eu un impact sur les ménages québécois plus démunis. En vingt ans, l’augmentation du coût du panier de consommation de ces ménages est pratiquement 27 % plus forte que celle qui affecte les familles les plus riches.  

En contrepartie, la hausse des prix ne semble pas avoir affecté les habitudes de consommation des ménages québécois plus fortunés qui allouent en moyenne 8,2 % de leur budget aux loisirs, contre 4,9 % pour les ménages plus pauvres. Cet écart est particulièrement prononcé pour les dépenses reliées aux spectacles et aux forfaits-voyages.  

Un nouveau segment de voyageurs de luxe

Certains des éléments plus traditionnels ou formels d’un séjour de luxe sont mis de côté au profit d’une approche plus détendue, informelle et inclusive, correspondant mieux aux millénariaux.

Les codes du luxe sont en pleine évolution et s’imbriquent dans plusieurs sphères telles que la mode, le design, l’art ou les technologies. Le nouveau luxe est principalement porté par la génération Y qui serait responsable de près de 85 % de la croissance du secteur et devrait représenter 45 % de la clientèle en 2025, selon le balado de FERRANDI Paris. Certains des éléments plus traditionnels ou formels d’un séjour de luxe sont donc mis de côté au profit d’une approche plus détendue, informelle et inclusive, correspondant mieux aux millénariaux.  

Les voyageurs de luxe modernes ont donc de nouvelles attentes et désirs qui dépassent les grandes chaînes hôtelières luxueuses ou les billets d’avion en première classe. En concordance avec les intérêts de leur génération, ils favorisent les hébergements prônant des pratiques durables. Ils souhaitent également être en mesure de créer des liens avec le personnel touristique. Ils prônent aussi les expériences uniques et personnalisées, ancrées dans la communauté locale. Les offres d’hébergement correspondant à ces critères voient de plus en plus le jour. 

C’est notamment ce que propose le KAJ Hotel, une capsule flottante danoise entièrement fabriquée à partir de matériaux récupérés. Le KAJ Hotel est situé dans une partie tranquille du port de Copenhague, mais demeure à proximité de plusieurs attractions touristiques. L’hébergement, équipé tel un appartement complet, répond à la tendance générale des voyageurs à vouloir vivre comme les locaux. Cet hôtel comporte toutefois un caractère exclusif, car il comprend une seule résidence ; y dormir représente donc un privilège pouvant être perçu comme du luxe.  

Source de l’image: KAJ Hotel 

De son côté, Moliving, un hôtel nomade d’unités modulaires préfabriquées, permet aux voyageurs de vivre des expériences luxueuses en mettant en valeur et en respectant le milieu environnant. Chaque cabine de 400 pieds carrés comprend une chambre, une salle de bains, deux terrasses et un espace de vie. Entièrement meublées, les unités perturbent peu lenvironnement et peuvent facilement être déplacées sans endommager le terrain, en plus d’être autosuffisantes sur le plan énergétique. 

Source des images: Moliving 

Ces deux types d’hébergement sont au cœur même de ce que recherche le nouveau segment de voyageurs de luxe en 2022 ; une expérience hors du commun. Une étude menée par Flywire auprès de 600 voyageurs de luxe américains suggère qu’ils chercheront à tirer parti des économies accumulées pendant la pandémie de COVID-19 pour vivre des expériences inoubliables. C’est ce que confirme également une enquête d’Expédia menée auprès de 12 000 voyageurs américains. Les répondants âgés de 18 à 34 ans seraient à l’origine d’une tendance forte pour 2022 ; celle du voyage extraordinaire et de la quête d’expériences enrichissantes et significatives. 

Les voyageurs de luxe millénariaux obligeront les voyagistes à diversifier leur offre. Ces derniers devront miser sur l’émerveillement et la personnalisation des expériences qui devront être en harmonie avec les communautés locales et l’environnement.  

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L’évolution des milieux de travail : une tendance qui bouscule l’écosystème urbain

En réponse aux contraintes sanitaires, les entreprises ont dû rapidement intégrer des solutions technologiques efficaces pour maintenir leurs opérations. Ainsi, l’usage d’outils numériques s’est imposé et le télétravail s’est normalisé. Cette nouvelle réalité accélère des changements majeurs au sein des organisations, notamment en termes : 

  • de modalités de travail (hybride, flexible…) ;  
  • de leadership et de processus de travail (équipes autonomes, collaboration, agilité…) ;  
  • d’expérience employé (inclusion, bienveillance, équilibre travail et vie personnelle…) ;  
  • de compétences recherchées (savoir-faire et savoir-être).  

Et ce n’est pas tout. Les lieux de travail se retrouvent fragmentés entre le bureau, la maison et parfois d’autres lieux, selon les envies des télétravailleurs. 

Les défis des centres-villes

La transformation des milieux de travail engendre de nombreuses répercussions pour les organisations, mais aussi pour tout l’écosystème dans lequel elles gravitent. Les centres-villes vivent aux premières loges les contrecoups de cette réorganisation. Une forte concentration d’emplois s’effectuant habituellement à partir des tours de bureaux peut désormais se faire en télétravail, ce qui explique en partie l’importante baisse d’achalandage. Le recours au commerce en ligne est lui aussi pointé du doigt. 

D’après un rapport présenté le 25 février 2022 par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), la majorité des entreprises qui ont expérimenté le télétravail durant la pandémie compte aujourd’hui offrir des modèles hybrides de travail. L’adoption de cette pratique pourrait contribuer à une baisse de 19 % à 25 % de l’achalandage des travailleurs au centre-ville (par rapport à février 2020) et représenter une diminution de dépenses de l’ordre de 14 %. 

De nouveaux besoins et des occasions à saisir

Aujourd’hui, les villes doivent demeurer attractives, mais aussi s’adapter aux nouveaux comportements qu’engendre cette transformation organisationnelle. D’après un article publié dans la revue Gestion, le déplacement des travailleurs doit se justifier par des occasions de socialiser et collaborer, et aussi être bénéfique pour leur bien-être et leur santé mentale. Pour demeurer concurrentielles face aux autres entreprises, particulièrement dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, les organisations cherchent à offrir une expérience employé renouvelée.  

L’écosystème d’un centre-ville peut tirer profit de cette nouvelle ère en créant et en structurant une offre de propositions qui s’arrime avec les besoins des organisations et des employés. Des collaborations avec des restaurants, des commerces, des installations culturelles ou autres lieux pourraient être bénéfiques, tant pour les employeurs que pour les partenaires choisis.  

Une approche visionnaire

Les travailleurs qui se déplacent vers les centres-villes doivent être perçus comme des « voyageurs d’affaires » locaux.

Les travailleurs qui se déplacent vers les centres-villes doivent être perçus différemment que par le passé. Considérant qu’un bon nombre d’individus s’y rendront à temps partiel, le rapport de la CCMM suggère de les considérer comme des « voyageurs d’affaires » locaux. Cette approche s’explique par le fait que ce segment de travailleurs pourrait être tenté de concentrer ses habitudes de consommation sur deux ou trois jours au lieu de les étaler sur la semaine, comme auparavant. Ainsi, lors d’un déplacement, il ne serait pas surprenant que des collègues en profitent pour se réunir après le travail (5 à 7), pour participer à la vie culturelle, pour organiser des dîners d’affaires avec des clients ou encore pour se rendre dans des commerces identitaires du centre-ville. Ce changement de paradigme maintiendrait un certain niveau d’achalandage qui contribuerait à la vitalité de la destination urbaine.   

L’hôtellerie fonce

En France, la société Adagio cherche à répondre aux besoins occasionnels d’hébergement des télétravailleurs avec son programme Commuters. Celui-ci cible les travailleurs urbains qui résident en région éloignée, mais qui doivent se rendre sur leur lieu de travail deux ou trois jours par semaine. Les appartements-hôtels offrent plusieurs commodités, dont celle de laisser quelques affaires sur place d’un séjour à l’autre. Le groupe Accord propose lui aussi un programme (Commute and Stay) pour les télétravailleurs qui désirent rester au centre-ville. D’ailleurs, d’après un article publié dans le New York Times, de nombreux hôteliers notent une augmentation de fréquentation en milieu de semaine par des « voyageurs d’affaires » locaux. 

Le secteur de l’hôtellerie s’adapte non seulement aux besoins des télétravailleurs locaux, en modifiant leurs espaces et leurs fonctions, mais aussi à ceux provenant de tout horizon qui pourraient être tentés de s’installer pour une période un peu plus longue afin de joindre le travail et les vacances. C’est ce qu’on appelle des séjours de workation.  

Les destinations s’organisent

Tout au long de la pandémie, plusieurs destinations ont voulu se positionner auprès des télétravailleurs. C’est le cas de Venise avec sa plateforme Venywhere. Lancé en décembre 2021 par l’Université Ca’ Foscari et la Fondation internationale de Venise, le projet consiste à attirer les travailleurs qui jouissent d’une grande mobilité afin qu’ils occupent temporairement des espaces inhabités du centre-ville. La plateforme offre un service clé en main pour faciliter l’organisation du séjour. 

Source : venywhere.it 

La firme WorkMotion, qui offre des solutions de ressources humaines à l’international, a réalisé un index des villes qui facilitent le mieux le travail à distance et qui sont les plus accessibles et les plus attrayantes pour les télétravailleurs. Sur 80 villes analysées, Montréal se classe au deuxième rang, derrière Melbourne. Les quatre principaux facteurs étudiés pour établir ce classement étaient : 

1.La conformité aux cadres législatifs pour le télétravail ; 

2.La possibilité de visa de télétravailleur ; 

3.Les infrastructures publiques ; 

4.La qualité de vie. 

Avec la réouverture des frontières et la fin (ou mise sur pause) de plusieurs restrictions sanitaires, les milieux urbains chercheront à attirer de nouveaux segments de clientèle pour dynamiser leur centre-ville. En créant des offres et en adaptant des services qui visent à mieux répondre aux nouvelles réalités des travailleurs d’ici, la destination sera aussi attractive pour les télétravailleurs d’ailleurs ! 

Image à la une : Helena Lopes de Pexels 

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Des voyageurs québécois enthousiastes, mais prudents

Comportement des voyageurs québécois à l’été 2021

Une enquête longitudinale menée par la Chaire de tourisme Transat auprès de voyageurs québécois à la fin de l’année 2021 permet d’analyser les déplacements touristiques qu’ils ont effectués entre mai et octobre. En comparaison avec l’été 2020, ils ont été beaucoup plus nombreux à voyager au Québec (une variation de 22 pts de %), et plus particulièrement à y faire un séjour d’une à trois nuits (variation de 15 pts de %).   

Se rendre dans une autre région que celle du domicile principal fut également plus populaire en 2021 qu’en 2020 (variation de +23 pts de %). Les voyageurs québécois ont aussi été plus nombreux à séjourner à l’extérieur de la province et hors du pays.  

Les Québécois semblent reprendre certaines habitudes quand les mesures s’assouplissent. Par exemple, le retrait de la quarantaine obligatoire pour les voyageurs canadiens entièrement vaccinés à l’été 2021 pourrait avoir contribué à la hausse des séjours à l’extérieur du Canada.  

Le faible nombre de cas positifs à la COVID-19 durant la saison estivale, le taux élevé de personnes vaccinées, la mise en place du passeport vaccinal et l’application générale des mesures barrières pourraient expliquer la hausse du niveau de confiance des répondants face aux déplacements en général. On observe d’ailleurs que le désir de voyager dans le contexte actuel est plus élevé en 2021, comparativement à 2020 (2021 : 39 % contre 2020 : 26 %, une variation de +13 points de %).  

Attitude générale face au voyage et au ricochet du variant Omicron

L’enquête de la Chaire de tourisme Transat a aussi permis de jauger l’attitude des voyageurs québécois à l’égard du voyage dans un contexte pandémique. Près de la moitié des personnes sondées (48 %) a affirmé préférer voyager au Québec au cours des prochaines années, que les frontières soient rouvertes ou non. À l’inverse, plus du tiers (37 %) a apprécié découvrir la province durant la dernière année, mais privilégiera toutefois les voyages hors de celle-ci au cours de la prochaine.  

La fluctuation des mesures restrictives mises en place pour maîtriser les vagues de la pandémie de COVID-19 continue d’avoir des répercussions sur le comportement des consommateurs. L’arrivée du variant Omicron en fin d’année 2021 a altéré les plans de nombreux Québécois lors de la période des Fêtes et influence aujourd’hui les intentions de voyage à court et moyen terme. L’incertitude plane.  

En décembre 2021, un sondage mené par la firme Léger révèle que 88 % des Québécois n’ont pas l’intention de voyager à l’étranger pendant l’hiver. L’état d’esprit des citoyens fluctue au fil des semaines. Sondés à nouveau en février 2022 par Léger, 57 % (c. 21 % en janvier) des Québécois croient que le pire de la crise est derrière nous, 21 % (c. 45 % en janvier) que nous vivons le pire, et 12 % (c. 25 % en janvier) que le pire est à venir. 

Le retour à la vie « normale » est plus que jamais incertain. L’Institut national de santé publique du Québec s’est intéressé aux perceptions des Québécois quant au moment où ils pensent pouvoir reprendre leurs activités (voyager, grands rassemblements, etc.) comme avant la pandémie. Les résultats du sondage mené en janvier et février 2022 sont mitigés. Seuls 15 % affirment les avoir déjà reprises, 36 % indiquent que cela sera plutôt remis à juin 2022, 16 % vers la fin de l’année 2022, 29 % au cours de l’année 2023 et 5 %, jamais. 

Impacts de la COVID-19 sur les façons de voyager

Interrogés sur les répercussions de la pandémie sur leurs habitudes de planification au cours des prochaines années, les voyageurs québécois ont révélé à la Chaire de tourisme Transat en 2021 qu’ils seront nombreux à réserver des options offrant une politique d’annulation. Ils accorderont par ailleurs plus d’importance aux mesures sanitaires à destination, et croient qu’ils voyageront plus localement qu’avant. L’adhésion à ces deux paramètres, mesurée également lors de l’édition 2020 de l’étude, s’avère plutôt stable. On observe toutefois une légère tendance haussière concernant les voyages plus locaux (2021 : 50 % contre 2020 : 42 %; +8 pts de %). 

Comparativement à l’année 2020, la proportion de voyageurs qui estiment faire plus souvent des séjours en nature s’est légèrement amenuisée (2021 : 20 %, contre 2020 : 30 %). Connaissant l’engouement des Québécois pour le plein air, cette baisse n’est pas à craindre. Mais elle pourrait suggérer une certaine stabilisation du phénomène.  

Prévoir des plans A, B et C

Les entreprises touristiques ont assoupli leur politique de réservation et font preuve d’une grande flexibilité étant donné les circonstances changeantes. Les consommateurs en profitent bien : réserver un voyage à l’étranger comme plan A, mais planifier un séjour au pays si les frontières ferment à nouveau; louer un grand chalet avec des amis, mais prévoir un autre hébergement de plus petite taille comme plan B. Pour éviter de se retrouver le bec à l’eau, des voyageurs multiplient ainsi les réservations pour une même période et annulent l’option rejetée au dernier moment, ou selon les délais prescrits par la politique de l’entreprise. En anglais, on parle de trip stacking, un phénomène qui pourrait toutefois être éphémère et s’estomper lorsque la pandémie sera résorbée. 

Bien que l’année 2022 débute encore une fois dans l’incertitude, les consommateurs ont acquis deux années d’expérience et s’adaptent au contexte instable. Les voyageurs ont hâte de partir et même s’ils souhaitent vivre des expériences extraordinaires, composées, entre autres, de moments enrichissants et significatifs, ils demeurent hésitants pour l’instant.  

Image à la une : Cassiano Psomas de Pexels

Cet article fait partie du cahier des perspectives touristiques 2022 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat.

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Les télétravailleurs, un segment à saisir

Pour saisir les occasions qui émergent de ce segment, il faut comprendre les multiples visages de ceux et celles qui le composent. Il serait judicieux d’identifier leurs besoins et envies ainsi que s’attarder aux périodes clés durant lesquelles ils jouissent d’une flexibilité, et donc d’une réorganisation de leur temps libre. Le potentiel que représente cette clientèle pourrait bien accroître une fois que le contexte pandémique sera terminé, car le télétravail est là pour de bon!   

Les voyageurs québécois en situation de télétravail

Selon une enquête en ligne réalisée par la Chaire de tourisme Transat en décembre 2021 auprès de 1 206 voyageurs québécois, 42 % des répondants se trouvaient en situation de télétravail au cours de l’année 2021 (19 % en totalité et 23 % en partie). De ceux-ci, 38 % affirment avoir travaillé hors de leur résidence principale (lire : Les télétravailleurs explorent de nouveaux lieux pour travailler).  

L’enquête de la Chaire indique également que près d’un quart (24 %) des télétravailleurs sondés l’ont fait dans leur région, 14 % dans une autre région du Québec, 3 % ailleurs au Canada, 2 % hors du Canada, et seulement 1 % dans un tout-inclus.  

Joindre le travail à l’agrément

La ligne qui sépare le travail et la vie personnelle s’estompe depuis l’intégration du télétravail et des horaires flexibles. Cette nouvelle réalité permet à un plus grand nombre de personnes de s’offrir des périodes de loisir à des moments inhabituels et de profiter d’une plus grande mobilité. Il n’est donc pas surprenant que plusieurs experts s’attendent à une recrudescence des voyages de typeworkationau cours des prochaines années.  

Leworkationest une contraction des mots anglaiswork(travail) et vacation (vacances) et se caractérise par des séjours en télétravail durant lesquels des périodes libres ou des journées de congé sont consacrées aux vacances. Les nomades numériques exploitent depuis plusieurs années ce mode de vie et depuis peu, certains télétravailleurs y prennent part eux aussi.   

Pour Brian Chesky, président-directeur général d’Airbnb, la nouvelle organisation du travail aura un impact direct sur le futur du tourisme.

Selon le Skift Research Travel Tracker de septembre 2021, près d’un Américain sur quatre qui était en situation de télétravail déclarait avoir prolongé de plus de dix jours ses vacances grâce au travail à distance. Pour Brian Chesky, président-directeur général d’Airbnb, la nouvelle organisation du travail aura un impact direct sur le futur du tourisme. En se basant sur le comportement de réservation de ses clients, il croit même qu’une certaine révolution est en train de se produire — soit des déplacements plus longs qui imbriquent les dimensions vacances et travail. Entre juillet et septembre 2021, 20 % du chiffre d’affaires de l’organisation a été induit par de longs séjours (plus de 28 jours), représentant une augmentation de 68 % par rapport aux réservations de 2019.    

Le secteur de l’hôtellerie observe également ce phénomène et tente de capitaliser sur le volume grandissant de télétravailleurs. Par exemple, c’est le cas du groupe Hyatt avec ces trois forfaits : « Office for the Day (1 journée), « Extended Stays » (+ de 5 nuitées) et « The Great Relocate » (+ de 29 nuitées). De son côté, Marriott propose aussi des séjours prolongés, mais se distingue par l’intégration d’une offre de villas et de maisons de vacances (depuis 2019), ce qui lui permet de faire directement concurrence à Airbnb et VRBO. Hilton courtise également les voyageurs aux longs séjours avec son concept Homewood Suites. Au centre-ville de Montréal, le groupe hôtelier loue 97 appartements équipés (cuisine, laveuse-sécheuse, espaces de rangement) et inclut des services tels que le petit déjeuner, la livraison d’épicerie et une offre de repas prêt-à-manger. Les animaux de compagnie sont également les bienvenus.   

Le phénomène du workation est-il adopté par les Québécois?

L’enquête menée par la Chaire de tourisme Transat a permis d’aborder la tendance du workation sous deux angles différents : ceux qui ont effectué un séjour spécifiquement pour faire du télétravail (16 % des télétravailleurs) et ceux qui prolongent un séjour d’agrément pour ensuite exercer leur profession à distance (13 % des télétravailleurs sondés). En 2021, 85 % des répondants qui ont fait un séjour de télétravail en ont fait un au Québec. Ils ont réalisé en moyenne 4,9 séjours, ce qui représente 12 nuitées attribuables au workation dans l’année.

Les adultes âgés de 25 à 34 ans adhèrent davantage au phénomène du workation. Une forte proportion possède un diplôme universitaire et près de la moitié jouit d’un revenu annuel supérieur à 100 000 $. Les habitants de la grande région de Montréal constituent le principal marché, particulièrement lorsqu’il s’agit de prolonger un séjour de vacances. Enfin, près du tiers de ceux qui pratiquent le workationont des enfants, ce qui pourrait vouloir dire qu’ils sont contraints au calendrier scolaire, selon l’âge et l’autonomie de leur progéniture.   

Près d’un répondant sur trois (29 %) estime qu’il sera en télétravail en 2022 (6 % en totalité et 23 % en partie). De ce nombre, 19 % comptent faire un séjour pour travailler à distance et 14 % prévoient prolonger un séjour d’agrément grâce au télétravail. Ces proportions pourraient s’avérer plus importantes puisque le sondage a été effectué juste avant que le gouvernement Legault n’impose le travail à distance en décembre 2021.  

Dans un contexte encore incertain, identifier le plein potentiel de cette clientèle demeure complexe pour l’industrie touristique. Cependant, les organisations ont avantage à commencer (ou poursuivre) leur réflexion quant à la façon de saisir les opportunités qui découleront de ce segment.   

Image à la une : Samson Katt de Pexels

Cet article fait partie du cahier des perspectives touristiques 2022 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat.

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Les télétravailleurs explorent de nouveaux lieux pour travailler

Selon une enquête en ligne réalisée par la Chaire de tourisme Transat en décembre 2021 auprès de 1206 voyageurs québécois, 42% des répondants se trouvaient en situation de télétravail au cours de la dernière année (19% en totalité et 23% en partie). De ceux-ci, 38% affirment avoir travaillé hors de leur résidence principale. Près dun cinquième (19%) en a fait chez des parents ou amis, 11d’un chalet, d’une maison ou d’un condo loués, 8% dans un café ou un restaurant et 5d’une chambre d’hôtel. Parallèlement, un peu plus de la moitié (55%) des propriétaires de résidences secondaires ont profité de leur chalet pour télétravailler. 

Le sondage de la Chaire de tourisme Transat a permis d’aborder le contexte de télétravail sous deux angles différents: ceux qui prolongent un séjour dagrément pour ensuite exercer leur profession à distance et ceux qui ont effectué un séjour spécifiquement pour faire du télétravail

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