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L’aventure, c’est pour tout le monde!

Les jeunes, mais aussi les baby-boomers, les couples en lune de miel et les familles recherchent l’aventure. Parfois extrême, souvent douce, de plus en plus responsable, le tourisme d’aventure prend de l’expansion et interpelle différents segments de clientèles. En voici un aperçu.

Autrefois réservé aux jeunes et aux sportifs aguerris, le tourisme d’aventure ratisse maintenant beaucoup plus large. Le besoin des gens de sortir de leur routine et l’intérêt pour des voyages actifs et riches d’expériences favorisent le développement du tourisme d’aventure. (Lire aussi: Tourisme d’aventure: de quoi parle-t-on au juste?) L’homme a besoin de relever des défis, de tester ses capacités, d’apprendre, de se surpasser et, surtout, d’avoir des histoires extraordinaires à raconter!

Qui pratique le tourisme d’aventure?

Une étude publiée dans le Travel & Tourism Analyst de mai 2008 sur le tourisme d’aventure en Europe révèle que ces voyageurs à la recherche d’expériences actives proviennent généralement des milieux urbains et sont scolarisés (educated urbanites). Sur cette base, de nombreux segments se dessinent:

  • Les jeunes. Ils sont plus enclins à organiser eux-mêmes leurs voyages d’aventure et pratiquent des sports extrêmes et des activités plus énergiques, comme le kayak de rivière, la descente en rafting, l’héli-ski ou encore la plongée sous-marine.
  • Les baby-boomers. Les participants au London’s Adventure Travel Show 2007 étaient âgés de plus de 40 ans (55%) et de 52 ans et plus (40%). Les plus âgés d’entre eux sont souvent sans enfants à la maison, ont parfois des revenus discrétionnaires élevés, davantage de temps libre et ils désirent voir le monde. Selon l’Adventure Travel Trade Association (ATTA), le segment des baby-boomers enregistre la plus forte croissance.
  • Les familles. Les parents qui ont eux-mêmes réalisé des voyages d’aventure étant plus jeunes souhaitent faire découvrir ce type de voyage à leurs enfants.
  • Les femmes. L’ATTA estime à 52% la proportion de femmes parmi les voyageurs en tourisme d’aventure à travers le monde. L’âge moyen de ces dernières est de 45 ans. Elles sont portées vers l’aventure douce et les voyages comprenant des activités diverses.
  • Les couples en lune de miel. Les nouveaux mariés ne se contentent plus, bien souvent, d’un voyage de noces traditionnel. (Lire aussi: Oui je le veux! Tendances dans le marché des lunes de miel.) Comme ils n’en sont pas à leur premier voyage, et pour souligner cet événement qu’ils veulent mémorable, un nombre grandissant de couples optent pour une destination très exotique ou encore pour un voyage d’aventure. Le plein air et le luxe forment ici une combinaison recherchée.
  • Les voyageurs en solo. Les producteurs de tourisme d’aventure remarquent aussi une croissance des voyageurs seuls, surtout dans le cas des petits groupes guidés.

Et tous ces voyageurs sont généralement prêts à débourser un bon montant pour vivre une expérience mémorable. Ceux qui passent par un voyagiste sont souvent des professionnels qui ont les moyens de se payer des vacances haut de gamme, mais qui préfèrent l’aventure. Et pourquoi pas les deux! (Lire aussi: Le plein air et le luxe font bon ménage!)

Quelques tendances

  • Les courts séjours. On remarque une hausse dans la demande de voyages d’aventure de courte durée. Des week-ends, des séjours de 3 à 4 nuitées, voilà des formules qui gagnent en popularité, soit pour ceux qui veulent s’initier au tourisme d’aventure ou encore pour ceux qui n’ont pas beaucoup de temps.
  • Voyages responsables. Le tourisme d’aventure se pratique en milieu naturel et implique parfois, même souvent, un contact privilégié avec la population locale. C’est souvent ce qui motive le voyageur à choisir ce type de voyage. L’empreinte environnementale et les retombées dans la communauté générées par leur passage préoccupent plus particulièrement ces touristes. Les intervenants en tourisme d’aventure adoptent le virage vert.
  • Plus d’activités extrêmes. Bien qu’il s’agisse d’une petite part du marché, l’aventure extrême prend de l’ampleur. Certaines activités autrefois marginales deviennent de plus en plus courantes. De nouvelles pratiques voient le jour dans le but de répondre à cette soif de sensations fortes des adeptes de sports extrêmes ou encore pour ceux qui sont à la recherche d’expériences inédites. Le canyoning, soit le parcours d’un canyon qui combine des activités comme la randonnée, l’escalade, la nage et la descente en eau vive, ou encore le speedriding, un croisement entre le ski et le parapente, en sont des exemples.
  • Des destinations peu communes. Qui dit aventure dit aussi exploration de nouvelles contrées! Des pays dont on n’entendait peu (ou pas) parler auparavant comme destination touristique incitent maintenant à l’aventure. Les tours opérateurs montent des forfaits se déroulant au Kirghizistan, en Éthiopie, en Libye, au Pakistan ou encore en Arctique et en Antarctique.
  • Aventure et volontarisme. De plus en plus de gens font des voyages dont le but consiste à venir en aide à une communauté ou à encourager la protection d’une espèce animale ou d’un site naturel menacé. Relever un défi sportif, comme l’ascension d’un sommet ou la traversée d’une région à vélo, pour soutenir une cause s’inscrit également dans cette tendance.

Au Québec

Le rapport «Loisir de plein air au Québec: Portrait et enjeux de développement des sentiers et des lieux de pratique», publié en mars 2008 par le Conseil québécois du loisir, regroupe beaucoup de renseignements concernant l’offre dans cette région. On peut y lire, notamment, que le Québec rassemble:

  • 9392 km de sentiers de randonnée pédestre et de raquette,
  • 6300 km de sentiers de ski de fond et de randonnée,
  • environ 3000 km de sentiers de randonnée équestre,
  • 6789 km de voies cyclables,
  • 2300 km de sentiers de vélo de montagne,
  • 38 642 km de voies canotables,
  • 74 sites de plongée sous-marine,
  • 486 cavités de spéléologie,
  • 73 sites d’escalade de rochers,
  • 210 sites d’escalade de glace,
  • et 2,4 millions d’adeptes de plein air.

Le tourisme d’aventure est un secteur en pleine croissance et tout indique que celle-ci devrait se poursuivre. Bien cerner les besoins et les désirs de la clientèle ciblée sans chercher à conquérir tous les segments, bonifier l’offre en conséquence et renforcer le positionnement du tourisme d’aventure au Québec, voilà quelques opportunités à saisir pour tirer profit de cette tendance!

Lire aussi:
Les tendances du tourisme d’aventure.
Portrait du secteur de l’écotourisme au Québec en 2007.

Sources:
– Churchill Carolyn. «Couples Find that Adventure Beats Romance on Honeymoon. Only 10 Percent Opt for Conventional Holiday». The Herald, 5 juin 2008.
– Conseil québécois du loisir. «Loisir de plein air au Québec: Portrait et enjeux de développement des sentiers et des lieux de pratique», mars 2008.
– Mintel. «Adventure Tourism – Europe», Travel & Tourism Analyst, no 8, mai 2008.
– Scott, Megan K. «Trends in Adventure Travel», USA Today, 5 février 2008.

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Réseaux de distribution Technologies Tendances

Dernières tendances dans l’utilisation du Web chez les voyageurs

Le tourisme en ligne fait maintenant partie intégrante du processus de décision des voyageurs. Environ les trois quarts des voyageurs branchés se servent du Web pour magasiner et/ou acheter leurs voyages. Alors qu’elles semblaient en perdition, les agences de voyages en ligne ont repris du gallon en 2007. Les recommandations d’inconnus agissent comme un facteur déterminant d’achat pour plus de 87% des voyageurs. Voici un topo des dernières tendances dans l’univers très changeant de la distribution en ligne.

Contexte de l’enquête

Depuis maintenant 10 ans, la firme de recherche PhoCusWright, spécialisée dans les tendances du tourisme en ligne, dresse un profil annuel complet des voyageurs branchés aux États-Unis. Selon un sondage de PhoCusWright qui s’est déroulé à l’automne 2007, un «e-touriste» est celui qui a voyagé dans un avion commercial au cours de la dernière année, a séjourné dans un hôtel par agrément et a utilisé Internet au cours du dernier mois.

La grande majorité des voyageurs sont aussi des internautes. En effet, 67% de l’ensemble des voyageurs américains et 73% des voyageurs «branchés» achètent habituellement leurs voyages d’agrément sur le Web (graphique 1). Ces derniers correspondent à près de 24% de la population adulte américaine.

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On évalue à 19% la proportion des voyageurs branchés qui achètent «hors ligne», après avoir magasiné ou non sur Internet. Ceux qui magasinent sur le Web ont tendance à fréquenter un plus grand nombre de sites avant de procéder à l’achat.

La résurrection des agences en ligne

Jusqu’en 2006, les agences en ligne représentaient une référence de choix comme outil de comparaison, mais un nombre grandissant de voyageurs préféraient transiger directement auprès du fournisseur. En effet, 61% des gens utilisaient des intermédiaires pour magasiner, mais seulement 48% transigeaient avec eux. Les chiffres de 2007 illustrent un renversement évident de cette tendance, du moins aux États-Unis (graphiques 2 et 3).

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Un bémol s’impose en ce qui a trait à la compréhension qu’a une partie des voyageurs quant à la nature et au fonctionnement de certains canaux de distribution. Par exemple, on constate que 10% de ceux-ci affirment avoir acheté leur prestation de voyage par le biais d’un moteur de recherche (ex.: Google), soit un intermédiaire. L’évaluation de l’importance du direct est ainsi probablement sous-évaluée.

La situation au Canada est pourtant bien différente. Les agences en ligne n’accaparent que 23% du marché. Toutefois, les tendances observées aux États-Unis nous rejoignent habituellement un an ou deux plus tard.

Quelques raisons expliquent la recrudescence de l’intérêt pour les intermédiaires:

  • notoriété de leur marque bien appuyée par des campagnes promotionnelles massives;
  • grande attirance de la part des internautes novices;
  • contenu diversifié avec une offre de plus en plus complexe;
  • élimination de certains frais par des agences telles que Priceline, Hotwire et Hotels.com;
  • date d’expiration de plusieurs programmes de fidélisation ayant réduit l’avantage concurrentiel des fournisseurs.

En vertu des pratiques de yield management, les consommateurs doivent s’adapter à une importante volatilité des prix, particulièrement en ce qui concerne les billets d’avion et l’hébergement, ce qui influence le comportement des voyageurs au moment de la planification. Plus de la moitié (51%) visitent au moins deux sites avant d’acheter un vol ou une chambre d’hôtel, comparativement à seulement 30% lors de la réservation d’une voiture de location (graphique 4). Avec l’accroissement anticipé de l’utilisation des métamoteurs de recherche tels que Kayak, on peut s’attendre à ce que le nombre de sites visités baisse quelque peu au cours des prochaines années.

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Les combinaisons ont la cote

L’année 2007 fut celle des produits plus complexes qui semblent désormais avoir le vent dans les voiles. Plusieurs voyageurs optent maintenant pour l’achat de forfaits de vacances en ligne ou simplement l’achat d’une combinaison de prestations en une seule transaction. Plus de 26% des voyageurs branchés ont acheté un forfait de vacances en ligne en 2007 et 39% ont combiné des achats. Non seulement ils sont plus nombreux à transiger en ligne, mais ils le font aussi sur une base plus régulière (tableau 1).

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Domination d’Internet ou non, la forfaitisation n’est clairement pas en péril. Comme on ne parle plus d’une demande marginale, cela met en évidence l’importance, pour les fournisseurs de produits complexes, d’offrir un support à la clientèledurant tout le processus de planification et de réservation.

Quelques autres tendances observées

  • Le voyage compte parmi les secteurs qui génèrent le plus d’achats en ligne et où les barrières à l’entrée demeurent plutôt faibles. De nombreux nouveaux entrants continuent de faire leur apparition.
  • Le voyageur branché est maintenant particulièrement avisé et fort actif sur le Web. Il discerne plus aisément les différents canaux de réservation et les méthodes de réservation de voyages.
  • La popularité des voyages de courte durée et des longs week-ends surpasse celle des vacances traditionnelles. Le manque de temps des voyageurs les incite à simplifier leur processus de recherche. Ils favorisent davantage les combinaisons de prestations et les forfaits, consultent les sites de commentaires personnels d’autres voyageurs et utilisent les métamoteurs de recherche pour limiter le nombre de sites qu’ils visitent.
  • Les différents outils de comparaison, particulièrement les métamoteurs de recherche, devraient profiter d’une meilleure couverture médiatique et voir leur utilisation augmenter significativement.
  • La moitié des voyageurs adopte le même comportement d’achat qu’il s’agisse d’un voyage d’agrément ou d’affaires, ce qui représente des occasions intéressantes pour les fournisseurs qui souhaitent être présents sur ces deux marchés.
  • Les voyageurs branchés sont maintenant plus nombreux à se fier à d’autres voyageurs plutôt qu’à des publications ou à d’autres sources d’experts. Les médias sociaux tel Facebook influencent directement les achats de plus de 70% des voyageurs branchés.
  • Le caractère beaucoup plus «mobile» des médias sociaux, grâce notamment à l’explosion des fonctionnalités des téléphones cellulaires, favorisera leur intégration dans l’ensemble des étapes de planification et augmentera la portée des recommandations d’individus.

Même si tous les résultats de cette exhaustive étude de PhoCusWright se limitent à la population américaine, rappelons-nous que les tendances observées se répercutent tôt ou tard de notre côté de la frontière. À la vitesse à laquelle les changements se dessinent sur la scène de la distribution en ligne, les gestionnaires ne peuvent que profiter de cet élément d’anticipation.

Sources:
– Quinby, Douglas. «PhoCusWright’s Canadian Online Travel Overview», PhoCusWright, juin 2007.
– Steinbrink, Susan. «The PhoCusWright Consumer Travel Trends Survey Tenth Edition», PhoCusWright, mai 2008.

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Technologies Tendances

Les Gamers, un créneau plus important qu’on le pense…

Tous les amateurs de jeux vidéo, communément appelés gamers, ne sont pas des ados qui s’isolent dans leur sous-sol… loin de là! Une enquête fait ressortir qu’une importante part de la population s’intéresse à ces jeux, soit à l’occasion, soit plus régulièrement. Des jeunes hommes qui occupent des emplois bien rémunérés et qui voyagent… mais aussi des femmes et des baby-boomers. De plus en plus d’hôtels saisissent cette opportunité. Et vous?

Une étude réalisée en septembre 2006 révèle que:

  • dans le monde, 76% des joueurs occasionnels sont des femmes;
  • 25% des amateurs de jeux vidéo ont plus de 50 ans;
  • et 44% ont de 18 à 49 ans.

Au moment de l’étude, 90 millions de personnes aux États-Unis se disaient gamers et 145 millions jouaient à des jeux vidéo fréquemment ou occasionnellement. Grosso modo, il s’agit là de la moitié de la population américaine: un marché plus grand que celui des baby-boomers…! Et encore, ces données datent… elles doivent être encore plus importantes aujourd’hui.

Des exemples

Un nombre grandissant d’hôtels tente de séduire les gamers. Le Best Western Hotel Tomo, à San Francisco, propose la suite des joueurs (Players Suite). On y trouve un écran plat géant à haute définition, ainsi que des consoles Wii, Sony PS3 ou encore Nintendo.

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Le Westin intègre depuis peu la Wii dans ses centres de mise en forme à titre de projet-pilote. Une dizaine d’établissements aux États-Unis testent le produit.

L’amusement et le raffinement ne sont pas mutuellement exclusifs: voilà l’approche du chic Hotel Sax de Chicago. En partenariat avec Microsoft, cet hôtel offre une expérience de jeu à la fine pointe de la technologie, grâce au salon conçu expressément pour jouer.

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Pensez-y!

Si vous songez à améliorer les chambres de votre hôtel ou encore les espaces communs, pensez à la possibilité d’y intégrer des consoles de jeu! Si vous en avez déjà, faites-le savoir à vos clients potentiels!

Sources:
– eMarketer. «Video Games Aren’t Just for the South Park Set Anymore», 13 avril 2007.
– Grenberg, Peter. «Totally Geeked-out, High-tech Hotels», [www.MSNBC.com], 2 avril 2008.
– Van Hartesvelt, Scott. «An Unexpected New Target», [www.hotelmag.com], 16 juin 2008.
– Yancey, Kitty Bean. «Hotels Crown Guitar Heroes with Wii, Xbox Action», USA Today, 27 mars 2008.

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Tendances

Les «staycations» ou les vacances à la maison…

La forte hausse du coût de l’essence, le contexte économique défavorable, les irritants liés à l’organisation et à la planification d’un voyage, les longs trajets en voiture avec les enfants, voilà autant de raisons qui poussent un grand nombre d’Américains à passer leurs vacances à la maison.

Phénomène de l’été 2008: les «staycations». Explications et stratégies de destinations touristiques pour inviter les gens à sortir de leur foyer.

«Stay at home vacations» ou «staycations»

Après les «mancations», soit les vacances entre hommes, et les «mothercations», celles entre mères, voici les vacances à la maison ou à proximité: les «staycations». Cette tendance qui se dessine aux États-Unis pour l’été 2008 résulte d’un contexte particulier plus ou moins propice aux voyages:

  • flambée du prix de l’essence,
  • économie incertaine,
  • valeur à la baisse du dollar américain,
  • approche des élections,
  • aéroports bondés et mesures de sécurité contraignantes,
  • surcharges liées aux bagages,
  • nécessité d’obtenir un passeport ou un visa pour des destinations qui n’en n’exigeaient pas auparavant.

D’autant plus que la préparation d’un voyage entraîne déjà son lot de préoccupations, qui, même dans un contexte normal, peuvent engendrer un certain niveau de stress, surtout avec des enfants:

  • réserver les billets d’avion, les chambres d’hôtels, louer une voiture,
  • prévoir un itinéraire et des arrêts lors des voyages en voiture,
  • sécuriser la maison (interrompre le courrier, le journal, prévenir les voisins, etc.),
  • préparer les valises, etc.

Selon une enquête du USA Today/Gallup, les hausses record du prix de l’essence poussent plus du tiers des Américains à revoir leurs plans de voyages pour, entre autres, les écourter ou encore choisir des destinations de proximité. Toujours selon le quotidien USA Today, les Américains ayant déjà planifié leurs vacances estivales ont préféré des destinations situées dans leur État de résidence dans une plus forte proportion qu’en 2007.

Un autre sondage indique qu’un grand nombre d’Américains opteront notamment pour des «staycations». Selon Access America’s National Survey, 41% des répondants qui ont voyagé l’été dernier ont décidé de rester à la maison cette année.

Et le terme «staycations» fait du chemin. Vu la popularité de la formule, plusieurs sites Internet présentent des trucs pour réussir ses vacances à la maison! Parmi ces derniers:

  • minimiser les tâches ménagères,
  • se «déconnecter» du bureau,
  • jouer au touriste dans sa propre ville et visiter des attraits qui ont souvent été recommandés mais qu’on n’a jamais visités,
  • essayer de nouveaux restaurants,
  • jouer dehors: faire un pique-nique dans un parc, du vélo, de la randonnée, profiter des spectacles en plein air,
  • se gâter: magasiner, aller au spa.

Comment tirer son épingle du jeu

Afin de contrer cette tendance à ne pas s’éloigner, certaines destinations ont décidé d’agir:

Virginia Tourism Corporation
Les vacances dans sa propre ville ou son État font l’objet d’une promotion particulière par la Virginia Tourism Corporation. La campagne «Park the Car and Enjoy a Virginia Getaway» propose une série de forfaits qui, comme son nom l’indique, ne requièrent pas de voiture pour les déplacements. Sur le site Internet de l’organisme, on fait valoir que la Virginie regroupe villes, villages, parcs et centres de villégiature où il est possible de séjourner deux ou trois jours sans avoir besoin d’une automobile.

Phoenix Convention and Visitors Bureau
Les hôtels de la Valley of the Sun, soit la grande région métropolitaine de Phoenix en Arizona, s’adressent aux locaux et offrent des forfaits «staycations». Selon le Phoenix Convention et Visitors Bureau, il s’agit là d’une excellente façon pour les résidants de s’offrir des vacances à bon prix tout en stimulant l’économie locale. Les hôtels offrent, entre autres, des rabais aux résidants de l’Arizona pour la location de chambres, des soins dans les spas, des repas ou encore des cartes prépayées d’essence.

Et ce type d’initiative relative à l’escalade du prix du pétrole est également observable sur le continent européen. En effet, des hôteliers français offrent à leurs clients de rembourser un plein d’essence, moyennant certaines conditions.

Au Québec

Moins touchés que les Américains par le phénomène des «staycations» puisque le ralentissement économique se répercute plus faiblement de ce côté-ci de la frontière, les vacanciers québécois doivent quand même composer avec la hausse fulgurante du prix du carburant. Un sondage CAA-Québec réalisé auprès de ses membres durant le mois de mai révèle que:

  • 47% d’entre eux réduiront leurs déplacements,
  • 29% choisiront une destination vacances à une courte distance du domicile,
  • 24% demeureront dans leur région de résidence.

Aussi, seulement 16% des répondants estiment que le prix de l’essence n’aura aucun impact sur leurs projets de vacances.

Pour minimiser l’influence du prix du carburant, le centre de vacances Pohénégamook santé plein air, dans le Bas-Saint-Laurent, présente des avantages intéressants. D’abord, les villégiateurs bénéficient d’une essence moins chère, exempte de certaines taxes, par le biais des postes d’essence frontaliers. De plus, ceux qui y séjournent au moins 4 nuitées lors de semaines spécifiques de l’été auront droit à un remboursement de 3% de la valeur du séjour en crédit-essence.

La région de la Mauricie joue aussi la carte du coût de carburant. La campagne promotionnelle estivale de Tourisme Mauricie s’adressant notamment aux marchés de Montréal et de Québec met ainsi l’accent sur la proximité de la destination: (…) à 90 minutes de Montréal, 90 minutes de Québec, ça coûte beaucoup moins cher qu’un plein d’essence».

Chacun chez soi? Bien sûr que non!

Malgré les incitatifs à demeurer chez soi, plus de 25 millions d’Américains voyageront à l’international cet été. Un sondage de l’American Automobile Association (AAA) indique qu’il s’agit là d’une hausse de 2,6% par rapport à 2007. Et les Québécois seront nombreux à voyager au Québec pour leurs vacances et à visiter les attraits d’ici!

Sources:
– Arranaga, Tony. «Valley Hotels Lure Locals with ‘Staycation’ Deals», abc15.com, 31 mai 2008.
– CAA. «Sondage CAA-Québec – Le prix de l’essence influence les projets de vacances», 4 juin 2008.
– Cravit, Cynthia Ross. «Need a Staycation?», 50PLUS.com, 5 juin 2008.
– L’Écho touristique. «Les hôteliers remboursent le plein», [http://www.lechotouristique.com/les-h-tels-remboursent-le-plein.141553], 24 juin 2008.
– Lévesque, Cindy. «La campagne estivale franchit le million $», Le Nouvelliste, 3 juin 2008.
– Owens, Charles. «Tourism Officials Emphasize Option of ‘Staycations’», Bluefield Daily Telegraph, 14 juin 2008.
– Rackl, Lori. «A Much-needed Staycation», USA Today, 4 juin 2008.
– Yates, Jennifer C. «Get Away on Vacation – at Home», 12 mars 2008.

Sites Internet:
Pohénégamook santé plein air
Virginia Tourism Corporation

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Produits et activités Segments de clientèles Tendances

Tendances croisières: à chacun son expérience

Si le ralentissement économique inquiète certains acteurs touristiques, l’industrie des croisières internationales continue de voguer allègrement vers de nouveaux sommets. La demande de la part des Nord-Américains continue de croître à un rythme annuel supérieur à 4%. Chez les Européens, les taux de progression annuels atteignent 15%. Quant aux Québécois, ils n’échappent pas à cette tendance. Ils sont plus de un quart de million à être partis en croisière au cours des trois dernières années.

Un segment profitable pour le Québec

Puisque environ 50% de la clientèle est constituée de clients récurrents, de nouvelles destinations comme le Québec émergent pour satisfaire le besoin de nouveauté. Pour un grand nombre de croisiéristes, le fleuve Saint-Laurent exerce un fort attrait touristique; la ville de Québec principalement récolte la plus importante partie de la croissance des croisières internationales. Elle anticipe un sommet de 107 000 passagers, y compris les membres d’équipage, pour l’année 2008 (graphique 1). Toutefois, les acteurs présents sur le Saint-Laurent bénéficieront d’investissements majeurs – 115 millions CAD – pour permettre d’attirer davantage de croisiéristes et de rehausser leur expérience au Québec, notamment pour de nouvelles escales telles que Havre-Saint-Pierre, Bagotville et Gaspé.

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À l’échelle canadienne, Vancouver domine le marché des croisières internationales puisqu’elle accueille la moitié de l’ensemble des passagers au Canada.

Émergence de nouveaux marchés

Actuellement, de tous les voyageurs qui embarquent sur ces paquebots, une personne sur deux réalise sa première croisière. Selon la Cruise Line International Association (CLIA), qui représente la grande majorité des compagnies de croisières nord-américaines, en 2007, le nombre de croisiéristes a atteint 12,6 millions, dont près de 82% provenaient de l’Amérique du Nord. Chaque année, le taux de croissance surpasse les 4%. Et cette tendance se poursuivra en 2008 selon un récent sondage mené par la CLIA auprès de ses agents de voyages. En effet, plus de 60% d’entre eux s’attendent à obtenir des résultats supérieurs à ceux de 2007 et 20% croient même que la saison 2008 sera la meilleure jamais enregistrée.

Depuis deux ans, l’Europe affiche une progression spectaculaire, selon le European Cruise Council. Après une hausse de 9% du nombre de passagers en 2006, le nombre de croisiéristes a atteint les quatre millions en 2007, soit une croissance de plus de 15%. Le plus important contingent est composé de Britanniques (1,3 million), suivi d’Allemands (763 000), d’Italiens (640 000), d’Espagnols (518 000) et de Français (280 000). Le potentiel du marché européen demeure énorme alors que seulement 1% de la population a déjà fait une croisière.

L’engouement des Québécois

L’intérêt des Québécois pour les croisières augmente encore plus rapidement (en 2008* 25% de croissance par rapport à 2004) que celui de la demande en général (tableau 1) et le nombre de croisiéristes s’établit à plus de 260 000, soit près de 3,5% de l’ensemble de la population.

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Parmi les croisiéristes québécois, la proportion ayant réalisé une croisière de plus de une semaine a triplé en 2008 par rapport à 2001 (30% vs 10%); il s’agit majoritairement des segments des personnes âgées de 40 à 59 ans (38%) et de 60 ans et plus (30%).

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Voici quelques données additionnelles concernant les croisiéristes canadiens:

  • moyenne d’âge: 49 ans;
  • l’Ontario représente 47% du marché canadien, le Québec 20% et la Colombie-Britannique 18%;
  • Toronto représente 22% du marché canadien, Montréal et Vancouver, 12% chacun;
  • environ 46% des adeptes résident dans des villes de plus de un million d’habitants – la moyenne canadienne est de 35%;
  • près de la moitié (47%) disposent d’un revenu familial de plus de 75 000$, la moyenne canadienne s’élève à 38%;
  • séduit davantage les couples sans enfant au foyer (40%).

Dernières tendances

L’augmentation de la demande est notamment stimulée par l’ajout constant de nouveautés et la multiplication d’expériences. (Lire aussi: La croisière: un produit réinventé pour de nouveaux passagers.)

Voici quelques-unes des dernières tendances observées:

  • Les segments qui affichent les plus fortes croissances sont les familles multi générationnelles et les baby-boomers.
  • Les destinations dont la hausse de la demande est la plus forte sont la Méditerranée, l’Alaska et Hawaï. D’autres produits comme l’Amérique centrale et du Sud, l’Europe du Nord, l’Océanie et l’Asie sont aussi à surveiller.
  • La croisière de 6 à 8 jours demeure la plus prisée.
  • Les trois principales raisons évoquées pour choisir une croisière sont un bon rapport qualité/prix, une occasion de voir plusieurs destinations lors d’un même voyage ainsi que la simplicité et l’aspect pratique.
  • La restauration adopte une approche beaucoup plus flexible et diversifiée, dont une variété de menus santé.
  • La très grande majorité des croisières sont réservées plus de six mois à l’avance.
  • Les navires deviennent très imposants, pouvant accueillir plus de 3500 passagers. Oasis of the Seas, un mastodonte qui verra le jour en 2009, pourra en recevoir 5400.
  • Pour rejoindre une plus large clientèle, les expériences se diversifient, sur l’eau (pique-nique et pratique de golf sur gazon naturel, jeu de quilles, démonstration de verre soufflé, etc.) et à destination (circuits à vélo, programme «Silver Links» pour découvrir les clubs de golf dans le monde, etc.).
  • Les compagnies de croisières ciblent davantage les jeunes en développant des services dédiés tels que club de nuit, piscine de surf, saut à l’élastique sur trampoline, escrime, patin à glace, escalade, parc aquatique, cinéma 4D, etc.
  • Davantage de services payants viennent compléter l’offre de la croisière «tout inclus» (acuponcture, menus spécialisés préparés par des chefs de renom, cours de boxe, simulateur de golf, spas, dégustation de vin, etc.).
  • On note une tendance à la spécialisation des croisières (poker, religion, motocyclisme, musique, etc.) avec notamment la création d’un regroupement d’entreprises de niche: Niche Cruise Marketing Alliance.

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Un avenir radieux

Encore aujourd’hui, les consommateurs hésitent avant de réserver un forfait de croisière en ligne. Selon PhoCusWright, seulement 7% des internautes américains favorisent le Web comme mode de réservation de leurs vacances de croisière. Le réseau de distribution traditionnel constitue le principal outil de vente alors que l’expertise des agents de voyages demeure hautement valorisée.

Reste qu’en dépit d’une économie qui tourne au ralenti et des prix élevés à la pompe, l’intérêt pour les croisières ne s’atténue pas. Selon la CLIA, 77% des gens qui ont fait une croisière dans le passé souhaitent en faire une autre au cours des trois prochaines années. Dans le cas de la clientèle potentielle, c’est 55% qui se montrent intéressés à entreprendre une croisière au cours des trois prochaines années. All aboard!

Lire aussi: La croisière: un produit réinventé pour de nouveaux passagers.

Sources:
– Business Research & Economics Advisors. «The Economic Contribution of the International Cruise Industry in Canada 2007», mars 2008.
– CNN. «Cruise Trends for 2008: More Luxury, Potential Deals», [www.cnn.com], 31 janvier 2008.
– Diotte, Simon. «Croisières internationales: année record dans le Saint-Laurent», La Presse, 29 mai 2008.
– Dunham-Potter, Anita. «Recession? Not for the Cruise Industry», [Tripso.com], 17 mars 2008.
– Print Measurement Bureau. «Two-Year Readership Database», 2001, 2004, 2007 et 2008.
– Sarna, Heidi. «The Hottest New Cruise Ships for 2008», Forbes Traveler, 29 février 2008.
– Scemama, Corinne. «La croisière s’éclate», L’Express, 6 mars 2008.
– Steinmetz, Thomas. «CLIA’s Travel Professionals Reveal Top Cruise Trends», eTurboNews, 19 janvier 2008.
– TNS. «Cruise Lines International Association 2008 Cruise Market Profile Study», [www.cruising.org], mai 2008.

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Enjeux Marchés géographiques Tendances

Le tourisme de demain: les économies émergentes d’aujourd’hui

Le tourisme de demain sera dominé par les pays dont l’économie est émergente, et ce, non seulement en tant que nouvelles destinations, mais aussi en tant que nouvelles clientèles. Depuis l’avènement du tourisme de masse et ensuite l’arrivée d’Internet, il s’agit d’une nouvelle révolution qui modifie en profondeur les rouages du monde du voyage.

La troisième révolution du tourisme: les économies émergentes

Selon une analyse du magazine The Economist, la troisième révolution de l’industrie touristique des 50 dernières années est amorcée. La première est survenue dans les années 1960 avec l’accessibilité aux voyages pour un plus grand nombre. Le transport aérien et les voyages organisés sont devenus abordables et la hausse des revenus moyens a permis aux individus ayant des moyens modestes de voyager vers des lieux de plus en plus éloignés de la planète. La deuxième révolution est apparue avec l’arrivée d’Internet qui a permis à des millions de personnes de réserver les vols, les hôtels, les locations de voiture et les forfaits sans l’entremise d’un agent de voyages.

Aujourd’hui, les économies émergentes que sont les pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine), mais aussi d’autres comme Dubaï, la Corée du Sud, le Vietnam, le Mexique, etc., changent le visage du monde du voyage encore une fois. Ils représentent autant des destinations à la mode que des marchés émetteurs explosifs. C’est d’ailleurs ce que croit M. Baumgarten, président du World Travel & Tourism Council (WTTC), qui relativise l’importance des États-Unis et de l’Europe dans le tourisme de demain.

En tant que destination

Selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), les arrivées internationales ont crû de 6% en 2007. Cette croissance a été de 13% dans le Moyen-Orient, de 10% en Asie et de 8% et en Afrique.

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Dubaï illustre les propos du magazine The Economist de façon théâtrale. L’Émirat s’est tourné vers le tourisme et la finance et a ébloui le monde par ses projets d’envergure démesurée. À ce titre, mentionnons le Palm Jumeirah, trois îles en forme de palmier où abondent hôtels, immeubles d’affaires et résidences de luxe; l’unique hôtel sept étoiles qu’est le Burj al-Arab; ainsi qu’une station de ski intérieure. Mais le projet de l’heure est Dubailand, complexe de tourisme et de divertissement intégrant sept thématiques du monde, qui sera le Disneyland du coin. Une superficie de 81 kilomètres carrés, principalement sur la mer, où 15 millions de touristes sont attendus pour 2015. Rien que ça! Environ 30% du produit intérieur brut (PIB) de Dubaï provient du tourisme, mais ses dirigeants souhaitent voir cette proportion augmenter encore. (Lire aussi: Dubaï, région de la démesure.)

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La Chine explose depuis quelques années et le tourisme n’est pas en reste. Le pays est dans une course à la construction de routes, de chemins de fer et d’aéroports. En effet, 97 autres aéroports sont planifiés pour 2020. Dans les prochaines semaines, le plus long pont du monde traversant la mer (36 km) reliera Ningbo et Shanghai, deux ports majeurs, en un trajet de deux heures.

Par rapport aux pays susmentionnés, les infrastructures d’accueil de l’Inde sont pour l’instant moins développées, mais le gouvernement prévoit y investir environ 500 milliards USD d’ici 2012.

Les grandes entreprises touristiques occidentales ont bien compris le potentiel de croissance et envahissent ces régions. Ainsi, Marriott mise sur le Moyen-Orient et y construira 65 hôtels d’ici 2011, de même qu’il se développe en Chine et en Inde. C’est aussi dans ce dernier État que le groupe Carlson, déjà propriétaire des hôtels Radisson et des croisières Regent Seven Seas, déploie ses efforts: 50 hôtels en développement en Inde comparativement à 10 en Chine.

En tant que marché

Le pouvoir d’achat des sociétés émergentes croît à un rythme rapide et une partie de celui-ci sera consacrée aux voyages domestiques et internationaux. Nous avons récemment parlé des marchés chinois, indien, brésilien et mexicain, lesquels figurent parmi les plus en croissance et dont les prévisions sont enthousiasmantes. Pour plusieurs pays, le développement touristique représente une route importante vers une diminution de la pauvreté. Non seulement l’activité touristique génère-t-elle des revenus, mais les individus qui ont oeuvré à l’accueil des voyageurs deviennent souvent touristes à leur tour.

Les citoyens de ces pays visitent de plus en plus d’autres nations émergentes. Par exemple, les destinations premières des Russes en 2007 ont été la Turquie, la Chine et l’Égypte. Par ailleurs, l’industrie touristique du Vietnam prend des proportions énormes avec l’augmentation des visiteurs chinois et indiens qui se font maintenant plus nombreux que les Occidentaux. La Thaïlande vit une situation semblable et prévoit la visite de 1,3 million de Chinois en 2008, soit 10% de plus qu’en 2007.

Selon M. Geoffrey Lipman, de l’Organisation mondiale du tourisme, ce scénario de croissance des marchés émergents souffrira des aléas économiques, de crises, de la hausse du prix du pétrole et d’autres freins, mais le potentiel de voyageurs est tellement énorme que les perspectives futures demeureront substantielles.

Pour comprendre notre monde

Ces pays dont l’économie est effervescente révolutionnent actuellement le tourisme mondial. Ce changement dans les flux touristiques affectera de nombreux acteurs; des compagnies aériennes qui modifieront leurs routes, aux hôteliers qui accueilleront de nouvelles clientèles aux caractéristiques propres, en passant par les distributeurs qui transformeront leur offre. Les impacts multiples s’avéreront parfois grandioses, parfois subtils. Il ne s’agit toutefois pas d’un bouleversement qui influencera la gestion de tout un chacun à court terme, mais plutôt d’un virage macro qu’il importe de comprendre afin de regarder vers l’avant avec clairvoyance.

Le président du WTTC, M. Baumgarten, illustre l’essentiel de ce changement en disant que l’expression «lorsque les États-Unis éternuent, l’Europe attrape un rhume et le reste du monde meurt d’une pneumonie» n’est plus à propos. Il avance plutôt que, «aujourd’hui, les États-Unis éternuent et le reste du monde va magasiner» (traduction libre).

Lire aussi:
Dubaï, région de la démesure
Mais qui sont ces Chinois-ci?! Profil des touristes chinois au Canada
Apprivoisons le tigre indien
Le marché brésilien: une puissance montante
Quel est le troisième marché géographique international d’importance au Quebec

Sources :
– Baumgarten, Jean-Claude. «Travel & Tourism Outlook», Présentation du président du World Travel & Tourism Council à la conférence de la US Travel Insurance Association, 25 février 2008.
– Lipman, Geoffrey. «Emerging Tourism Markets – The Coming Economic Boom», Présentation de l’assistant secrétaire général de l’Organisation mondiale du tourisme au congrès annuel de la UK Tourism Society, 20 juin 2008.
– Organisation mondiale du tourisme. «Baromètre OMT du tourisme mondial», vol. 6, no 1, janvier 2008.
– The Economist. «A New Itinerary», The Economist, 17 mai 2008.

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Hébergement Tendances

Faisons grand cas de l’hôtellerie de long séjour

Les hôtels spécialisés en «longs séjours» (extended-stay hotels) occupent une niche unique dans l’industrie hôtelière. Ils desservent des clients qui demeurent dans l’établissement pour environ une semaine en souhaitant se sentir un peu «comme à la maison». Particulièrement bien implantés aux États-Unis, on en compte également plusieurs au Canada et ils envahissent tranquillement l’Europe et l’Asie.

Le concept d’hôtel de long séjour a vu le jour aux États-Unis en 1974 lorsque Marriott a ouvert son premier Residence Inn. Depuis, le pays compte près de 2000 établissements et 273 autres sont en construction (30 000 chambres), soit 51% de plus qu’en 2006.

Description des hôtels de long séjour

La définition communément acceptée décrit le produit comme un hôtel comportant des suites avec cuisinette et aire de travail où les clients logent pendant cinq jours ou plus. Ces établissements n’offrent généralement pas de services auxiliaires comme un bar, un restaurant ou le service des bagages, mais proposent bien souvent une salle à petit déjeuner. Ils sont habituellement composés d’une combinaison de studios et d’appartements à une ou deux chambres.

Aux États-Unis, les hôtels avec service complet ont un ratio de un employé par chambre; ceux des établissements typiques de long séjour, de un pour quatre chambres, ces hôtels nécessitant moins de personnel à l’accueil et à l’entretien.

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La clientèle qui choisit de séjourner dans un hôtel de long séjour souhaite se sentir un peu «chez soi», et ce, durant une période plus ou moins longue. Pour cette raison, le service doit être particulièrement personnalisé.Les principaux joueurs sont présentés dans le tableau suivant.

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Aperçu de la performance du secteur

Les hôtels de long séjour représentent 5,8% de l’offre hôtelière aux États-Unis et leur part des revenus est passée de 4,7% en 2003 à 5,6% en 2007. Smith Travel Research segmente les hôtels de long séjour en trois catégories, soit supérieure, moyenne et inférieure. Depuis 2003, l’offre de chambres a augmenté de façon plus significative dans le cas des établissements de catégorie supérieure.

Le taux d’occupation des hôtels de long séjour est généralement plus élevé que pour l’ensemble de l’hôtellerie américaine, étant moins affecté par l’occupation en semaine en comparaison des fins de semaine et par le taux de roulement de la clientèle. Le taux d’occupation a légèrement diminué de 2005 à 2007, se situant à 74% en 2007, mais conserve son avance de plus de 10 points de pourcentage sur l’hôtellerie en général.

Avec moins d’aires communes de services, ces hôtels engendrent des coûts de construction moindres que l’hôtellerie en général, même si les chambres sont mieux équipées. Puisqu’il s’agit de suites spacieuses avec cuisinette, les tarifs moyens sont souvent plus élevés que ceux des hôtels de qualité comparable. Les prix sont d’ailleurs ajustés en fonction de la durée du séjour. Il en résulte une marge bénéficiaire au-dessus de la moyenne de l’industrie.

Clientèles diversifiées

La clientèle d’affaires prédomine. Les gestionnaires d’aujourd’hui sont particulièrement mobiles et flexibles. Directeurs, consultants, professionnels sont souvent assignés à un lieu de travail différent pour une durée plus ou moins longue. Les voyageurs qui participent à des congrès, à des formations ou à des expositions peuvent également rechercher un hébergement de long séjour. Mentionnons entre autres les artistes, les musiciens et les sportifs qui sont susceptibles de s’arrêter plusieurs jours au même endroit.

La clientèle d’agrément est aussi attirée par ce type d’hébergement qui leur procure un espace habitable plus spacieux. Les familles apprécient le bon rapport qualité/prix et la possibilité d’y prendre les repas. Cette clientèle est concentrée en été. On trouve plusieurs hôtels de long séjour autour des grands parcs à thème et ils sont généralement reliés au site par un service de navette.

Selon la firme HVS Research, les établissements situés en milieu urbain reçoivent une majorité de clients (60%) pour une durée de séjour moyenne (pour ce type d’hébergement), c’est-à-dire de une semaine à un mois. Les séjours de moins de une semaine représentent environ 30% des nuitées et les 10% restant séjournent plus de un mois.

Bénéfices multiples

Les hôtels de long séjour présentent des bénéfices pour chacun des intervenants.

  • Pour les développeurs, les propriétaires et les investisseurs: des coûts inférieurs d’exploitation et de développement, un risque plus faible et un meilleur retour sur l’investissement.
  • Pour les acheteurs corporatifs: un produit nouveau et de qualité, souvent à moindre coût.
  • Pour les consommateurs: un éventail large et flexible de choix d’hôtels lorsqu’ils recherchent un établissement et une solution adaptée aux longs séjours.
  • Pour l’hôtellerie en général: les hôtels de long séjour ne concurrencent pas directement l’hôtellerie traditionnelle, s’avérant plutôt complémentaires. Leur présence contribue néanmoins à une hausse de l’offre de qualité.

Les établissements de long séjour sont particulièrement pertinents dans les marchés où il y a un volume d’affaires important et où les déplacements d’affaires représentent de longues distances, ainsi qu’autour des parcs à thème.

Sources:
– Bowers, Bobby. «Extended-stay Hotel Segment Experiences Market Growth», Hotel & Motel Management, 7 mars 2008.
– Baker, Micheal B. «Suite Clarity: Homewood, Homestead Sweep Ext.Stay», Business Travel News U.S. Hotel Chain Survey 2008, 17 mars 2008.
– Geieregger, Elke et Arlett Oehmichen. «A Home For The Modern Nomad: Extended Stay Hotels», HVS London Office, avril 2008.
– Highley, Jeff. «Extended-stay Builds on History», Hotel & Motel Management, 15 octobre 2007.
– PriceWaterhouseCoopers. «Extended-stay Hotels: a US Model Whose Time Has Come in the UK?», PriceWaterhouseCoopers, Hospitality Directions Europe Edition, mars 2007.

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Hébergement Tendances Transport

Soyez tendance, soyez no-frills chic!

Le no-frills chic est un modèle d’affaires où les entreprises misent sur des produits ou des services à bas prix, mais en y ajoutant un design attrayant, des éléments haut de gamme ou un service exceptionnel, pour créer des expériences uniques à un prix abordable. C’est ce qui se passe quand le low cost rencontre le style boutique. Un concept bien ancré en Europe qui gagne l’Amérique du Nord à une vitesse folle.

Le concept no-frills chic est l’évolution naturelle du concept low cost; il s’agit d’entreprises qui pratiquent des prix très bas grâce à une planification à long terme, à une automatisation maximale des prestations ainsi qu’à l’ajout de surcharges pour tout service additionnel. Les compagnies aériennes ont été les premières à commercialiser le concept, mais il est applicable à d’autres secteurs d’activités. (Lire aussi: La «low cost mania», première et deuxième parties.)

C’est l’ajout du «chic» qui change toute la donne! De la simple prestation de service, on parle dorénavant d’expérience. Quoi de mieux que des exemples concrets pour illustrer le concept.

Compagnies aériennes

Alors que Ryanair et easyJet sont de purs low cost, sans aucun fla-fla, les entreprises américaines JetBlue et Song vont un peu plus loin et constituent de bonnes illustrations du no-frills chic. En effet, JetBlue offre de larges sièges de cuir tous équipés d’une télévision satellite gratuite et s’ajouteront bientôt plus de 100 chaînes de radio satellite et de films à la carte.

La filiale de Delta, Song, a misé sur un menu qui, quoiqu’il ne soit toujours pas inclus dans le prix, est composé d’aliments de qualité et de marques bien connues.

Au Japon, la nouvelle entreprise StarFlyer combine aussi les bas prix et la haute qualité. Spacieux, leurs avions se limitent à 144 sièges pour des appareils pouvant en contenir 170. L’image ci-dessous illustre bien l’espace, les sièges de luxe et les moniteurs LCD individuels. On y trouve aussi un branchement pour ordinateur portable.

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source: www.starflyer.jp

Établissements hôteliers

En ce qui concerne l’hôtellerie, la marche est bien entamée en Europe et gagne rapidement l’Amérique du Nord. Une vague de nouveaux hôtels combinent petits prix et style, amenant ainsi un vent d’innovation sur l’industrie.

  • La chaîne Intercontinental a lancé sa filiale Hotel Indigo, des hôtels boutiques alliant design et prix abordables. On compte déjà 23 établissements – le premier hôtel a vu le jour en 2004 – et près de 180 autres sont à venir!

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  • En Allemagne, les 25-Hours Hotels ne manquent pas de style! Le rétro embrasse l’ultramoderne à partir de 90 euros par nuit.

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  • Un autre pionnier, Qbic, présente un design original visant à maximiser l’espace. L’ameublement est très moderne, certains éléments de la salle de bains sont dessinés par le célèbre Philippe Stark, l’enregistrement est automatisé et plusieurs autres services complètent le portrait: téléviseur, espace pour travailler ou manger, connexion Internet et un éclairage permettant de changer l’ambiance (du fuchsia à l’ambré en passant par le vert menthe et le bleu ciel).

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  • Le géant indien Tata Group s’est aussi lancé dans la course avec indiOne où ses chambres agréablement décorées, à partir de 20 USD, offrent aussi l’air climatisé, un réfrigérateur et un écran plat. Le groupe prévoit en ouvrir 150!
  • Les deux hôtels Alt, l’un à Québec et l’autre dans le quartier Dix30 de Brossard, font partie de la toute nouvelle classe d’établissement du Groupe Germain, qui prévoit en construire 15 à 20 de plus au Canada d’ici 5 ans. On y applique parfaitement le concept du no-frills chic, c’est-à-dire du style, un lit confortable, un plafond de 2,9 mètres (9,6 pieds), une bonne insonorisation et un prix de 129$ par chambre.

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Cette liste pourrait se poursuivre et inclure les chaînes Yotel (lire aussi: Yotel! Quand l’hôtellerie s’éclate), CitizenM, Nitenite, etc.

Le concept no-frills chic instaure de nouveaux standards en hôtellerie où certains services tels qu’une connexion Internet sans fil, une douche-pluie, un téléviseur à écran plat sont offerts sans coûts supplémentaires, le tout à un prix très abordable. Ces établissements optimisent généralement leur site Internet pour présenter les services auxquels les clients peuvent s’attendre lors du séjour. Ne sentez-vous pas derrière ces hôtels no-frills chic un esprit de modernité?

Un concept qui plaît à plusieurs

Le no-frills chic se révèle une tendance déterminante puisqu’elle est susceptible de changer les attentes des consommateurs. Les économes apprécieront l’expérience chic à bas coût et délaisseront les produits et services simplement low cost. Les habituels consommateurs de produits de luxe seront tentés de renoncer aux offres traditionnelles. Le marché visé est donc large: il touche autant des individus purement préoccupés par le prix que des plus sophistiqués qui apprécient le design et la qualité. Le marché inclut également les voyageurs d’affaires qui se sentiront confortables et bien desservis par les services et qui pourront respecter des politiques d’entreprise de plus en plus strictes en matière de dépenses. Notons que plusieurs de ces établissements proposent également des salles de réunions toutes équipées, comme c’est le cas des hôtels Alt.

Le no-frills chic vise donc son large auditoire d’une façon nouvelle, c’est-à-dire sans distinction selon les segments démographiques ou le revenu comme le font plusieurs chaînes hôtelières.

Le low cost est là pour durer (et même s’amplifier; lire aussi: Free comme dans gratuit!), mais il devra de plus en plus procurer des expériences agréables et esthétiques. Voilà pourquoi le no-frills chic se développe rapidement. En effet, quels produits ou services ne requièrent aucune expérience?

Lire aussi:
La «low cost mania» première partie
La «low cost mania» deuxième partie
Yotel! Quand l’hôtellerie s’éclate
Free comme dans gratuit!

Sources:
– Herter, Elliott. «Budget Hotels Pare Staff, Space», Universal Press Syndicate, 13 novembre 2007.
– Cloutier, Laurier. «Groupe Germain veut construire de 15 à 20 hôtels ALT en 5 ans», La Presse, 16 avril 2008.
– Ballaira, Annalisa. «Emerging Trends in the Hotel Industry: No Frills More Trills for European Travellers?», 14 octobre 2007
– Trend Watching. «No-Frills Chic», juin 2004.
– The Economist. «Capsule Hotels: Thinking Small», 17 novembre 2007.

Sites Web:
www.25hours-hotel.com
www.hotelindigo.com
www.jetblue.com
www.althotels.ca
www.qbichotels.com

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Tendances

Place à la «starchitecture»!

Dans un monde de plus en plus urbain, pour se renouveler et se démarquer, les villes cherchent à se procurer une signature forte, une icône sur laquelle appuyer leur personnalité et qui les inscrira dans les villes de l’avenir. «L’effet Guggenheim», vous connaissez? Soit l’impact sans précédent du projet de revitalisation urbaine de Bilbao, dont l’objet central a été la construction du spectaculaire musée dessiné par Frank Gehry. Le design se démocratise, les architectes sont des vedettes, les projets affluent et les concepts sont parfois très audacieux! Et les villes canadiennes n’y échappent pas! Regard sur quelques projets audacieux récents ou en devenir.

Toronto

Depuis quelques années déjà, le centre-ville de Toronto jouit d’une vitalité culturelle et d’un renouveau architectural exponentiel. Parmi les grandes transformations récentes ou en cours:

L’agrandissement du Musée royal de l’Ontario (ROM)
La nouvelle structure, inaugurée en juin 2007, tranche le paysage par son style contemporain audacieux. Dessiné par l’architecte de renommée mondiale Daniel Libeskind – il remporta le concours pour la reconstruction du World Trade Center de New York –, le design controversé du Michael Lee-Chin Crystal fait jaser. L’architecte estime, lui, que le design permet de communiquer le passage vers un renouvellement de la ville:

« Why should one expect the new addition to the ROM to be ‘business as usual’? Architecture in our time is no longer an introvert’s business. On the contrary, the creation of communicative, stunning and unexpected architecture signals a bold re-awakening of the civic life of the museum and the city. »
– Daniel Libeskind
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L’agrandissement de l’Art Gallery of Ontario (AGO)
Presque achevée, la transformation très attendue de l’AGO est l’oeuvre du célèbre architecte Frank Gehry, natif de Toronto. C’est d’ailleurs pour ce dernier que l’on créa le terme «starchitecture», qualifiant les ouvrages au design bien distinctif qui deviennent des sites d’intérêt pour les visiteurs. L’inauguration de l’AGO est prévue pour l’automne 2008.

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Le Toronto International Film Festival Group s’offre un nouveau toit et en fera une destination accessible toute l’année à tous les amateurs de cinéma, ainsi qu’aux professionnels de l’industrie. Située au cœur de l’Entertainment District, la structure sera composée d’un édifice «plate-forme» de cinq étages sur lequel reposera une tour de condominiums. La firme d’architectes KPMG a été retenue pour ce projet.

Calgary

Les projets d’envergure ne manquent pas à Calgary. On parle même d’une «révolution architecturale». D’ici 2011, le paysage de cette ville aura considérablement changé. L’un des projets les plus audacieux est celui de l’édifice Bow, qui consiste en une tour de bureaux de 58 étages en forme de croissant et offrant une vue sur la Bow River, d’où son nom. Il a été dessiné par Norman Foster, grand nom de l’architecture. Les travaux, qui ont débuté à l’été 2007, devraient être complétés en 2011.

Edmonton

Le nouvel édifice de l’Art Gallery of Alberta, actuellement en construction, devrait ouvrir ses portes à la fin de l’année 2009. Au cœur du quartier des Arts, cette structure de verre symbolise les courbes de la North Saskatchewan River qui traverse la ville, ainsi que les aurores boréales. Elle se veut aussi une empreinte de la renaissance culturelle d’Edmonton et du tournant de la ville vers l’avenir.

Vancouver

Le Vancouver Library Square, projet de 100 millions de dollars complété en 1995, a été conçu par l’architecte Moshe Safdie, l’homme derrière Habitat ’67. Le complexe occupe tout un îlot de la ville et comprend sept édifices abritant notamment bureaux gouvernementaux, boutiques, cafés et restos, dont un bâtiment particulièrement monumental par son design original inspiré du Colisée de Rome. Le toit de la bibliothèque fait office de grand jardin public.

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Halifax

Même Halifax, ville dont le patrimoine historique très riche domine le centre, ose défier l’opinion publique avec des tours asymétriques en verre. Le projet a fait couler beaucoup d’encre dans la capitale néo-écossaise. Les défenseurs du patrimoine et ceux qui estiment que les édifices vont entraver l’ouverture sur le port et la mer ont tenté de convaincre la Cour suprême des torts que pourrait entraîner la construction de ces bâtiments au design contemporain. Mais le projet est conforme à la Municipal Planning Strategy et ira de l’avant. Surnommées les «Twisted Sisters» à cause de leur forme incurvée, elles sont composées de verre, de cuivre et de pierre. Elles comprendront un hôtel, des condos et des espaces commerciaux.

Audace et vision à long terme

Les concours internationaux d’architecture ouvrent la porte à un renouveau urbain très stimulant. Les projets majeurs, les coups d’éclats, les constructions spectaculaires font souvent l’objet de controverse parce qu’ils dérangent les conventions et choquent parfois par leur design surprenant. Dans une perspective de développement durable, ces concepts doivent respecter certaines règles et s’insérer dans une vision à long terme. À titre d’exemple, le fameux musée Guggenheim de Bilbao constitue l’image forte d’un projet global de revitalisation du centre de la ville et, encore aujourd’hui, le processus de renouvellement se poursuit.

Le design, parfois audacieux, fait de plus en plus partie intégrante des projets de développement, surtout dans le cas d’institutions culturelles. Il s’agit d’un intérêt collectif récent appelé à rejoindre une part grandissante de la population puisqu’il favorise l’émergence de milieux de vie séduisants, dynamiques, et permet de renforcer la personnalité d’une ville, de créer une signature. Le directeur du projet d’agrandissement du Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ), John Porter, l’a bien compris et clame son ambition de faire du musée une icône de la ville de Québec, l’équivalent pour le 21e siècle de ce qu’à été le château Frontenac pour le siècle précédent. Voilà l’expression d’une vision plutôt emballante! Saura-t-elle rallier la population et les intervenants impliqués? C’est à suivre!

Sources:
– Catto, Susan. «A Revitalized Toronto Pins Its Hopes on the Hobbits», The New York Times, 22 mars 2006.
– CBC News. «Halifax ‘Twisted Sisters’ Development Gets Go-Ahead», 13 septembre 2007.
– McDonald, Roberta. «Calgary’s Architectural Revolution», Where, septembre 2007.
– Radio-Canada. «La beauté et le design des villes», entrevue de Marie-France Bazzo avec Gérard Beaudet et François Cardial, Indicatif Présent, 2 mai 2005.
– Toderian, Brent. «Does Vancouver Need (or Want) Iconic Architecture?», Planitizen: the Planning & Development Network, [http://www.planetizen.com/node/29385], 21 janvier 2008.
– Williams, Patricia. «Building a Future for Art in Edmonton», Journal of Commerce, 14 juin 2006.

Sites Internet:
Art Gallery of Alberta
Art Gallery of Ontario
Bell Lightbox
Foster & Partners
Royal Ontario Museum
Vancouver Public Library

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Marchés géographiques Tendances

Apprivoisons le Tigre indien

Une croissance des voyages internationaux de plus de 10% annuellement, une classe moyenne qui se multiplie, une population qui devrait dépasser celle de la Chine dans 20 ans et une explosion du tourisme en ligne. Encore timide au Québec, le marché indien suit néanmoins une courbe de croissance qui en surpasse plus d’un.

La classe moyenne: pas du tout en voie d’extinction!

L’Inde, un des quatre pays du BRIC, jouit actuellement d’une économie forte, avec un PIB (produit intérieur brut) qui augmente d’environ 8% par année. (À propos du BRIC, c’est-à-dire les pays émergents que sont le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine, lire: Le marché brésilien: une puissance montante.) Sa population s’élève à plus de 1,1 milliard de personnes et les Nations Unies prévoient qu’elle surpassera celle de la Chine en 2030.

Cette situation engendre une croissance de la classe moyenne: le premier facteur favorisant les voyages des Indiens. Environ 300 millions de ménages indiens gagnent plus de 2000 USD par année et 58 millions plus de 4400 USD. Bien que de tels revenus situent ceux-ci dans la classe moyenne, en raison du faible coût de la vie dans le pays, ils sont encore insuffisants pour leur permettre de faire des voyages internationaux.

La Pacific Asia Travel Association (PATA) rapporte que les individus dont le revenu est de 3000 à 5500 USD sont en mesure d’économiser pour s’offrir des biens et des expériences de voyages et qu’ils représentent 22% de la population. Ils devraient compter pour 33% en 2015. Le groupe dont le revenu dépasse 5500 USD équivaut actuellement à 10% des ménages et cette part augmentera à 15% en 2015. Pour être en mesure de faire un voyage long-courrier, par exemple vers le Canada, les revenus doivent être encore plus élevés. Ils le sont d’ailleurs dans les régions urbaines de Chandigarh, de Goa et de New Delhi.

Le pays présente néanmoins d’importantes disparités salariales. Certaines régions s’enrichissent, notamment dans le sud du pays, alors que les très peuplés États du centre et du nord-est de l’Inde demeurent parmi les plus pauvres du monde. Environ 400 millions de personnes y vivent avec moins de un dollar par jour.

La faune voyageuse actuelle et potentielle

Le potentiel du marché indien a souvent été comparé à celui de la Chine. (Lire aussi: L’Inde, un marché à surveiller.) Contrairement à cette dernière, l’Inde permet à sa population de voyager librement, sans contraintes gouvernementales. (Lire: Mettre les pendules à l’heure… de la Chine.) De plus, les Indiens ont davantage d’expérience en matière de voyages et parlent plus couramment l’anglais. C’est, en fait, un des marchés touristiques émetteurs qui enregistre la croissance la plus rapide du monde.

Les campagnes agressives de promotion auprès du marché indien (de plus en plus d’organismes nationaux de promotion touristique ont reconnu le potentiel de l’Inde et envahissent le pays) et l’avancée des transporteurs low cost, avec leurs tarifs abordables, sont d’autres éléments qui ont contribué au désir des Indiens de voyager à l’étranger. Le tourisme expéditif demeure toutefois plutôt désorganisé, avec plus de 20 000 agents de voyages disséminés dans tout le pays.

Les habitants de l’Inde ont fait près de 8,3 millions de voyages internationaux en 2006, comparé à 6,2 millions en 2004 et à 4,4 millions en 2000, soit une augmentation moyenne de plus de 10%. Les dépenses touristiques suivent un rythme encore plus déroutant.

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Les destinations de voyages des Indiens varient considérablement selon les sources d’information. En ordre d’importance, on trouve d’abord l’Asie et le Moyen-Orient, l’Europe, les Amériques, la région de l’Australie et du Pacifique et, finalement, l’Afrique.

Le Canada gagne en popularité et les visites suivent un taux de croissance annuel moyen de 15% depuis 2004 (graphique 1).

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La part du Québec était d’environ 16% en 2005, avec 13 100 touristes. Parmi eux, 5600 (43%) étaient entrés directement par le Québec (7600 en 2007). À titre comparatif, l’Ontario a enregistré 54 000 entrées directes en provenance de l’Inde en 2007. Les vols directs ainsi que l’importante communauté indienne favorisent grandement Toronto. Pour le Québec, l’Inde se situait au 14e rang des visiteurs outre-mer en 2005 et au 13e rang pour le Canada, derrière Hong Kong mais devant l’Italie et la Suisse.

Comportement de voyage

Comme c’est le cas pour les destinations, l’information concernant les buts de voyages varie selon les sources. La PATA présente les données d’ACNielsen, qui suggère que le tourisme d’affaires domine les autres motifs primaires (tableau 2). En effet, bien que ce type de déplacement soit stimulé par l’économie effervescente de l’Inde, ces voyageurs ont peut-être aussi fait des visites touristiques ou du magasinage comme second but de voyage.

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Les voyageurs d’agrément deviennent de plus en plus sophistiqués et exigeants. D’ailleurs, selon un sondage de l’agence Thomas Cook, les voyages d’aventure gagnent en popularité, tout comme les activités nautiques et sportives.

Une enquête réalisée par la Commission canadienne du tourisme (CCT) en 2007 auprès d’Indiens ayant voyagé au Canada au cours des trois dernières années nous éclaire sur leur profil et leur comportement de voyage:

  • La population de l’Inde est jeune: 50% a moins de 35 ans; ceux qui voyagent au Canada le sont aussi: les voyageurs indiens au Canada ont de 18 à 49 ans et, de ce groupe, 41% ont 29 ans ou moins.
  • La durée moyenne des séjours est de 9 nuits, certains pouvant durer jusqu’à 21 nuits.
  • La majorité des voyages se font de mars à juin, pour éviter la période la plus chaude en Inde.
  • La plupart sont des voyageurs indépendants (67%).
  • Les principales motivations de voyage sont la visite des points d’intérêts et la détente, alors que d’autres visitent des amis ou des parents (20%).
  • Seulement 21% séjournent chez des parents ou des amis, 54% préférant des hôtels à prix moyen ou modique et 18% choisissant des lieux de villégiature. Parmi les Indiens interrogés par la (CCT) qui ont voyagé au Canada, 89% étaient des professionnels ou des cadres instruits et 82% gagnaient de 6360 CAD à 19 080 CAD, ce qui correspond à des revenus très élevés pour ce pays.
  • Les répondants ont d’ailleurs dépensé en moyenne 6500 CAD par voyage, par groupe, soit plus que ce que gagne un Indien de classe moyenne en une année complète.

Le Tigre est de plus en plus branché!

Alors que seulement 39 millions d’Indiens avaient accès à Internet en 2005, l’Internet & Mobile Association of India prédit que ce nombre s’élèvera à 120 millions en 2010. Internet permet aux Indiens d’être plus au fait des opportunités touristiques et facilite les réservations en ligne. Il y avait 60 millions de téléphones cellulaires en circulation en 2006 et 5 millions s’y ajoutent à chaque mois.

Selon PhoCusWright, le marché indien du tourisme en ligne devrait connaître une croissance retentissante au cours des prochaines années. La propagation d’Internet auprès d’une classe moyenne montante, l’augmentation de la demande pour des voyages, la présence de plus en plus d’entreprises touristiques sur la toile indienne (notamment des low cost) et le développement de plateformes transactionnelles virtuelles sont les principaux facteurs expliquant cette explosion.

PhoCusWright estimait que le marché du tourisme en ligne en Inde, évalué à 295 millions USD en 2005, devrait atteindre 2 milliards USD en 2008. Euromonitor va dans le même sens et prévoit que la vente de voyages par Internet aura augmenté de 272% de 2005 à 2010.

Les entreprises qui souhaitent rejoindre le marché indien par le biais du Web se doivent d’adapter leur mode de paiement aux systèmes de cartes prépayées, très populaires dans le pays. Les cartes de crédit sont encore peu utilisées par les Indiens, traditionnellement économes, quoique la croissance soit forte en cette matière. Les cartes prépayées permettent aux consommateurs de mieux gérer leurs dépenses et peuvent être compatibles avec le paiement en ligne.

En définitive, comme les renseignements statistiques sur l’Inde manquent encore de fiabilité, il est difficile de bien comprendre ce marché et de l’approcher de façon appropriée. Néanmoins, il ne fait aucun doute qu’il continuera de croître à un rythme rapide. Serons-nous dans la course?

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Sources:
– Commission canadienne du tourisme. «Étude sur les consommateurs et l’industrie touristique de l’Inde», décembre 2007.
– PhoCusWright. «The Emerging Online Travel Market Place in India», 2006.
– Pacific Asia Travel Association. «Total Tourism India», 2006.
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages internationaux», 2007.