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Enjeux Tendances

Le monde en 2030

Le monde change et il change vite. Skierons-nous encore sur de la vraie neige? Cohabiterons-nous avec des robots? Vivrons-nous jusqu’à 125 ans? Restera-t-il du pétrole pour faire voler nos avions? Beaucoup plus de questions que de réponses donc et les hypothèses sur notre avenir sont aussi nombreuses que contradictoires. Difficile de s’y retrouver dans tout le discours des futurologues, mais amusons-nous à suivre quelques pistes de réflexion. Peut-être celles-ci auront-elles un effet inéluctable sur l’industrie touristique?

La population mondiale

Nous sommes près de 7 milliards de personnes en 2008 et nous serons plus de 8 milliards en 2030. Il faudra donner à manger et à boire à tout ce monde et combler ses besoins en énergie! Vivrons-nous une pénurie de ressources?

Cette croissance démographique proviendra de certaines régions du monde, dont l’Asie et l’Afrique. La déjà si populeuse Chine devrait être dépassée par l’Inde en 2030. En effet, selon un rapport de l’Organisation des Nations Unies (ONU), l’Inde sera le pays le plus peuplé du monde en 2030, soit cinq ans plus tôt que prévu lors des précédentes estimations. C’est la natalité nettement plus élevée dans le sous-continent qu’en Chine qui explique ce résultat.

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En plus de croître, la population change de profil. En 2006, environ une personne sur 13 avait plus de 65 ans. Cette proportion pourrait passer à une personne sur 8, soit 1 milliard de personnes en 2030. Et ces ratios sont beaucoup plus élevés dans les pays développés. Une forte immigration des pays moins développés vers les plus riches, l’aide robotisée ainsi que la technologie s’occuperont de cette cohorte vieillissante. Qui se prépare à recevoir une clientèle touristique du 3e et même du 4e âge?

Le réchauffement de la planète

Selon un rapport produit par le Benfield-UCL Hazard Research Center, intitulé Holiday 2030, la température globale devrait augmenter de un à deux degré d’ici 2030. Ce changement pourrait avoir des répercussions importantes sur les destinations touristiques. Certaines destinations soleil souffriront d’une chaleur trop extrême; l’Espagne en été par exemple. La hausse du niveau de l’eau contribuera à l’érosion des côtes. L’augmentation des risques d’ouragan, la dégradation des récifs coralliens sont quelques autres conséquences possibles.

Les destinations hivernales seront également touchées. Un récent slogan de la station Aspen au Colorado qui dit «La neige est une espèce en danger» annoncerait-il donc un réel déclin des sports d’hiver? Selon une étude prospective de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le nombre de stations de ski européennes devrait fondre. Au Québec aussi, la saison de ski sera plus courte et reposera de plus en plus sur l’enneigement artificiel (difficile à croire en date d’aujourd’hui!). Mais, dans un contexte d’économie des ressources, les canons à neige gourmands en eau et en énergie auront-ils libre jeu? Et quel sera le prix d’un billet de remontée?

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Lire aussi: Si le climat vous intéresse!

Les enjeux liés aux transports

Nous approchons du moment où le pétrole sera trop dispendieux pour une consommation massive comme maintenant. D’autant plus que, avec une hausse de la population et de la classe moyenne, les besoins énergétiques doubleront dans les 25 prochaines années, malgré une préoccupation grandissante pour l’environnement.

L’époque où la technologie automobile était au service de la vitesse et de la performance achève. Les efforts sont mis à développer des modes de propulsion innovants et bien moins polluants. L’hydrogène ou l’électricité? Les véhicules hybrides se répandent, mais la technologie a encore du chemin à parcourir en matière d’autonomie. En utilisant uniquement sa batterie électrique, la Prius de Toyota ne peut rouler que sur une distance de 2 kilomètres.

On comptait 24 millions de passagers aériens en 1950 et 2,1 milliards en 2006. L’Association internationale du transport aérien (IATA) en prédit 2,75 milliards en 2011… alors combien en 2030? Voici quelques réflexions sur les impacts de cette situation:

  • Le pétrole de plus en plus cher amène les recherches actuelles à réfléchir à des avions qui consommeraient moins et transporteraient encore plus d’individus. Airbus s’est engagé à réduire de 50 % les émissions de dioxyde de carbone de ses avions d’ici à 2020. On parle aussi «d’ailes volantes», c’est-à-dire des machines très plates et triangulaires qui accueilleraient des passagers dans leurs ailes. On fait également des essais pour remettre les dirigeables en service. Près de 80 ans après leur disparition, ils volent à nouveau en 3D sur les écrans d’ordinateur. Ils consommeraient quatre fois moins que les avions et sont envisagés dans le domaine du fret. Leur taille gigantesque demeure un handicap; il faut toujours un mètre cube d’hélium par kilo de charge.
  • Pour que l’essor se poursuive, il faudrait multiplier les aéroports et ce, dans un contexte où les enjeux environnementaux s’accentuent.
  • Comment éviter un encombrement du ciel? En poursuivant le passage des actuelles routes aériennes (marquées au sol par des phares électromagnétiques) vers des routes totalement virtuelles où les avions utilisent les satellites GPS.
  • La question du contrôle aérien demeure. Le système actuel est «humain», donc limité par le nombre d’avions qu’un contrôleur peut diriger à un moment donné. Le monde de l’aviation espère toujours créer des avions totalement indépendants, qui auraient à leur bord les instruments nécessaires pour leur permettre d’éviter les collisions.

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L’avenir du tourisme de masse

Selon une étude du Groupe Cendant, le simple forfait avion-plage ne sera plus au goût du jour en 2020. Les individus préféreront les voyages excitants, ludiques, riches en expériences et en découvertes culturelles. L’industrie touristique devra relever le défi de conjuguer tourisme de masse et authenticité. Il y a cependant un décalage entre les attentes des voyageurs des pays émergents et celles des pays qui ont de l’expérience en matière de voyage. Les exigences des Chinois et des Indiens, par exemple, sont celles d’un Européen des années 1970 ou d’un Japonais d’il y a 10 ans.

La famille nouvelle

Les trente dernières années ont vu la famille se métamorphoser drastiquement. Les tendances actuelles – les différents modes de cohabitation, un nombre élevé de divorces, des naissances hors mariage et des parents célibataires – seront encore plus prononcées en 2020. Les chercheurs s’entendent pour dire que nous pourrons très difficilement parler de «familles typiques» et que ce concept fera place à des familles de tous types et de toutes tailles. De plus, avec la combinaison des dettes étudiantes et de l’augmentation du coût des propriétés, les enfants resteront avec leurs parents plus longtemps!

L’offre touristique devra donc être créative et flexible pour répondre aux intérêts de toute la famille, des grands-parents aux petits-enfants. Chacun aura ses intérêts particuliers, mais ils devront aussi pouvoir se retrouver tous ensemble.

Cependant, tous ne vivront pas en famille, aussi éclatée soit-elle, et la société de demain comptera encore plus de célibataires et de personnes seules. Il faudra leur permettre de se joindre à des groupes qui ont les mêmes centres d’intérêt qu’eux.

Et ce n’est pas tout!

La société comporte combien d’autres facettes qui seront différentes demain. Pensons à la révolution médicale, déjà bien entamée, qui devrait prolonger notre espérance de vie et nous permettre encore plus simplement de subir des retouches esthétiques. Imaginons un monde ou l’Internet sans fil est omniprésent et permet des formules de travail ultra-flexibles, mais aussi une surveillance technologique et un partage de l’information personnelle à grande échelle. Réfléchissons à la présence de robots dans tous les aspects de notre vie quotidienne; cette vision futuriste est certes à nos portes. Spéculons sur l’avenir des grandes villes, toujours plus audacieuses… Mais, surtout, soyons à l’affût de ce qui nous attend, préparons-nous et essayons de préserver ce monde aux mille facettes, qui offre tant à découvrir.

Sources:

– Dugain, Marc. «Le futur, enfin! – Vivre en 2020», Le Monde hors série, 2007.
– Ihaddadène, Luc. «Vous pensiez aller au ski en 2050? – Vivre en 2020», Le Monde hors série, mars 2007.
– Lauer, Stéphane. «Auto: Adieu la frime – Vivre en 2020», Le Monde hors série, octobre 2006.
– Garot, Jean-Marc. Entrevue «La Planète en overbooking – Vivre en 2020», Le Monde hors série, novembre 2005.
– Hopquin, Benoit. «Revoilà le dirigeable! – Vivre en 2020», Le Monde hors série, avril 2007.
– Agence France-Presse. «Le tourisme a encore de beaux jours devant lui jusqu’en 2030», Journal de Montréal, 1er décembre 2007.
– Robertet, Éric. Entrevue «Tourisme – En 2020, « bronzer idiot » ne suffira plus», [LCI.fr], 31 mars 2008.
– Hammond, Ray. «The World in 2030», Plastics Europe, novembre 2007.
– Guardian Special. «The World in 2020», [www.guardian.co.uk], 2004.
– McGuire, Bill, Benfield-UCL Hazard Research Centre. Holiday 2030, Halifax Travel Insurance, 2006.

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Marketing Tendances

Free, comme dans gratuit!

C’est tendance. C’est la mode. Et pour Chris Anderson, spécialiste marketing et auteur d’’un article intitulé «The Long Tail», c’est même le futur du commerce. On observe en effet une croissance continue des produits et services distribués gratuitement; des billets d’avion aux couches, en passant par la musique. Tactique éprouvée pour attirer l’attention sur-stimulée des consommateurs, de nombreuses entreprises, dont plusieurs en tourisme, ont déjà mis en pratique la stratégie du «gratuit» et les consommateurs y ont plongé. Les attentes existent donc. Laissez-vous inspirer par nos exemples…

D’où vient cette tendance?

  • Les entreprises se font la guerre pour attirer l’attention du client.
  • Internet permet de créer, de copier et de distribuer tout ce qui est numérique à très peu de frais.
  • La diminution drastique des coûts de fabrication de nombreux produits en facilite la distribution gratuite. Par exemple, le prix des téléviseurs a baissé en moyenne de 9% à chaque année depuis 1998 et il est maintenant possible de se procurer un T-shirt pour le même prix qu’un café.
  • L’avalanche de contenus créés par les internautes, dont le meilleur exemple est certes Wikipedia. Mais pensons aux milliards de mégabits de contenus provenant des blogues, des vidéos, des photos, etc.
  • L’accroissement des attentes des consommateurs à obtenir des biens ou des services gratuits, en ligne et hors ligne.

De la publicité pour l’annonceur et l’annoncé

La tendance free se manifeste le plus visiblement chez les entreprises qui offrent des biens ou des services gratuitement. Celles-ci tirent leur profit soit de la publicité que cela leur procure, soit des commandites. Voici quelques exemples:

  • Journaux – Les sites d’informations gratuits pullulent depuis longtemps, mais voilà que les quotidiens papiers se rendent disponibles gratuitement, sur le Web ou en format papier. Métro, leader du marché des quotidiens papiers, distribue 8 millions de copies par jour. Au total, au moins 70 millions de personnes lisent les journaux gratuits chaque jour.
  • Télécommunications – Les produits ou services gratuits ne se comptent plus. Obtenir un téléphone cellulaire gratuitement à la signature d’un contrat est une stratégie éprouvée. Qui donc paiera pour les appels avec l’essor des Skype (téléphonie par Internet gratuite) de ce monde? Autre apparition récente, les connexions Internet sans fil gratuites et commanditées. Metrofi a des ententes avec plusieurs villes américaines et WIGO offre un accès Internet gratuit dans les restaurants, les cafés et les aires commerciales de Manille, aux Philippines. Les 7000 Starbucks des États-Unis offrent deux heures de connexion gratuite par jour à leurs clients. À Montréal, l’organisme Île sans fil travaille avec des cafés, des magasins, des organisations communautaires et des individus pour fournir un accès Internet gratuit dans le plus d’endroits publics possible. Il s’agit en outre d’un outil marketing pour les commerces participants.
  • Compagnies aériennes low cost – En mars 2007, Ryanair faisait la promotion suivante: un million de sièges gratuits (100% gratuit, sans taxe ni frais supplémentaires). Ils ont reçu 4 millions de visiteurs en 5 heures. Ryanair offre maintenant des vols gratuits à 25% de ses clients. En contrepartie, l’entreprise retire d’importants revenus de la publicité (sur les tablettes des passagers, au dos des sièges, jusqu’à la possibilité d’annoncer sur tout l’extérieur des avions, qui deviennent de véritables panneaux d’affichages. Air Asia, Spirit, SkyBus et Wizz Air sont d’autres transporteurs qui offrent sporadiquement des sièges gratuits ou à des prix dérisoires.

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    La visibilité et les revenus de commandites sont des avantages clairs, mais mentionnons également tous les revenus provenant de la vente de produits ou de services complémentaires. Les compagnies aériennes low cost ou ultra low cost l’ont bien intégré: location de voiture, réservation d’hôtel, assurances voyages, échange de devises étrangères, communications téléphoniques en vol, nourriture et boissons, frais pour bagages additionnels ou pour embarquement prioritaire. En 2007, Ryanair a généré 221 millions de livres sterling en revenus dérivés. (Les voyagistes en direct, le mouvement s’accélère).

  • Location de voiture – LaudaMotion permet aux consommateurs autrichiens et allemands de louer une voiture (affichant de la publicité) pendant trois jours pour un euro par jour. Afin de favoriser la visibilité, les conducteurs doivent rouler un minimum de 30 kilomètres par jour. À Paris, Voiturelib met à la disposition des membres inscrits 2000 voitures électriques, disponibles à divers endroits dans la ville. Communauto, au Québec, exploite un concept semblable, mais ces deux services, quoique peu dispendieux, ne sont pas gratuits. Le deviendraient-ils s’ils ouvraient la porte aux annonceurs?
  • Photos – Vos photos imprimées et même livrées chez vous gratuitement en échange d’une bande publicitaire au bas de celles-ci? Telle est l’offre de l’entreprise française MesPhotosOffertes.
  • Guide de voyage – On trouve depuis longtemps des guides de voyage gratuits, surtout pour les grandes métropoles, qui sont en fait une vitrine publicitaire pour les commerçants. Mais Boomerang Media publie maintenant des guides de voyage plus détaillés qui sont distribués gratuitement sur les vols vers la destination concernée. Lonely Planet et Michelin expérimenteront-ils cette stratégie?

L’essayer c’est l’adopter

Le principe de l’échantillon gratuit a débuté en 1903 lorsque King Gillette inventa le rasoir jetable et en distribua à très bas prix à un large public, dont les soldats de l’armée, ainsi qu’aux banques, afin qu’elles en offrent à leurs clients lors de l’ouverture d’un compte. Petit à petit, il créa une demande pour ses rasoirs.

Les lieux d’accueil touristique sont souvent des endroits où les individus sont plus ou moins captifs et sont susceptibles d’avoir le temps d’essayer un nouveau produit. Voici quelques exemples plus actuels:

  • 3000 systèmes de jeux éducatifs électroniques ont été mis à la disposition des clients de la chaîne hôtelière Windham afin qu’ils puissent les essayer pendant leur séjour.
  • Westin Hotel and Resort a placé ses oreillers et ses couettes de duvet dans les sections affaires et première classe des avions de United Airlines l’été passé. Au cours de l’année, la chaîne hôtelière ouvrira des salons avec musique, parfums apaisants et services spas dans les aéroports de New York JFK et de San Francisco.
  • Des bagels et du fromage à la crème Philadelphia sont offerts gratuitement à 500 000 passagers sur les vols de JetBlue.
  • Samsung compte plusieurs salons dans des aéroports (Dallas, JFK, Séoul) offrant fauteuils de cuir, stations de travail, prises de téléphone cellulaire et accès Internet.
  • BrandConnections est une entreprise qui distribue 200 millions d’échantillons de produits dans un réseau de 5000 sites, dont les navires de croisières, les resorts, les spas et les gîtes.
  • Au Simple Lab à Tokyo, ouvert en juillet 2007, les clients peuvent essayer une multitude de produits gratuits et repartir avec cinq articles. Ils doivent répondre à un court sondage sur leur satisfaction par rapport au produit.
  • En décembre dernier, Charmin a ouvert une grande toilette publique en plein cœur de Time Square où les passants pouvaient tester un éventail de leurs produits.
  • La chaîne hôtelière Le Méridien a mis sur pied le programme «Unlock Art» qui permet à ses clients de visiter les institutions culturelles en présentant leur clé magnétique. Austrian Airlines propose une formule semblable où la carte d’embarquement permet d’entrer dans les lieux culturels de Vienne.

Envisagez…

Inévitablement, on observera une tendance constante vers l’innovation, les nouveaux concepts et stratégies marketing. Le principe du «gratuit» étant maintenant possible pour de nombreuses entreprises et considérant qu’il y a dorénavant une attente des consommateurs, envisagez de suivre la tendance et posez-vous les questions suivantes:

  • Lesquels parmi vos produits ou services pourraient éventuellement faire l’objet d’une stratégie marketing axée sur la «gratuité»?
  • Y a-t-il un secteur où vous pourriez changer les règles du jeu et devenir le premier à expérimenter le «gratuit»?
  • Quels produits ou services commandités pourriez-vous introduire dans votre offre?

Sources:
– TrendWatching. «Free Love», [www.trendwatching.com], février 2008.
– Anderson, Chris. «Free! Why $0.00 Is the Future of Business», Wired Magazine, 25 février 2008.

Sites Web:
www.communauto.com
www.ilesansfil.org

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Réseaux de distribution Tendances

Regard sur les grands changements du «tour-operating» mondial

Les grands «tour-opérateurs» ont récemment été très actifs sur le plan des fusions et des acquisitions afin de mieux se positionner sur l’échiquier mondial. La concurrence s’intensifie et, surtout, provient de nouveaux fronts. Pour y faire face, les géants européens ont choisi de s’unir et de devenir doublement imposants. Le tour-operating traditionnel n’y échappe pas; il se fait bousculer de toutes parts par tous ces nouveaux modèles d’affaires propulsés par la vague du tourisme en ligne.

La concentration des acteurs reprend de plus belle

La distribution du voyage a subi une transformation importante alors que les grands «tour-opérateurs» mondiaux ont relancé leurs efforts de concentration des activités touristiques. Déjà en l’an 2000, la Chaire de tourisme Transat dressait un portrait de l’industrie du réseau de distribution et faisait état d’une course aux regroupements. Des conglomérats comme le géant allemand Preussag délaissaient progressivement certaines de leurs activités traditionnelles pour se consacrer davantage au tourisme.

Si l’industrie du voyage était concentrée en 2000, elle l’est encore davantage aujourd’hui. Après une accalmie de quelques années à la suite des événements du 11 septembre 2001, la course aux fusions et aux acquisitions a récemment repris son envol. D’abord il faut savoir que le cœur du réseau de distribution mondial en termes tui.jpgde tourisme d’agrément siège en Europe où deux géants trônent au sommet de la liste des grands T-O: TUI Travel et Thomas Cook. Aux États-Unis, la situation est complètement différente et l’industrie est très fragmentée. Du côté canadien, le groupe Transat A.T. conserve sa position de chef de file.

Quelques mouvements observés

Afin d’illustrer l’effervescence et le dynamisme de la concurrence au sein du réseau de distribution, voici quelques transactions récentes:

  • 2005: achat de lastminute.com par Travelocity Europe (Sabre).
  • Juin 2006: Blackstone achète Travelport (Cendant, ebookers, Galileo, Orbitz, Cheaptickets, HotelClub, Gullivers).
  • Décembre 2006: Travelport acquiert Worldspan, ce qui lui confère la position de leader dans les GDS (global distribution system).
  • Mars 2007: Travelport cède Orbitz, qui devient entité publique.
  • Silver Lake et Texas Pacific Group achètent Sabre.
  • Novembre 2007: Liberty Travel est acheté par la compagnie australienne Flight Centre Limited.
  • Janvier 2008: easyJet acquiert le low cost britannique GB Airways.

Un ralentissement généralisé de la croissance du segment d’agrément a conduit à la fusion des numéros 1 et 5 (TUI et First Choice) et des numéros 2 et 3 (Thomas Cook et MyTravel) au premier trimestre de 2007. Les deux conglomérats espèrent ainsi créer des synergies importantes.

Bien qu’il soit difficile de s’y retrouver avec tous ces mouvements, on remarque notamment l’intérêt récent des firmes d’investissement privé qui commencent à placer leurs billes dans le tourisme. De plus, certains grands T-O comme First Choice ont entrepris de diversifier leur offre en procédant à l’acquisition de nombreux grossistes «de niche».

Europe: foyer du tourisme d’agrément

Les années 2000 ont été difficiles pour la distribution du tourisme d’agrément, dominée par TUI, Thomas Cook, MyTravel, Rewe et First Choice (graphique 1).

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En 2006, les revenus des T-O européens représentaient 54% du marché mondial. L’important regroupement de TUI–First Choice et de Thomas Cook–MyTravel confère des parts de marché respectives de 34% et de 23% sur l’Europe à ces deux nouvelles entités. Fort d’un chiffre d’affaires de 18 milliards d’euros, TUI Travel s’inscrit désormais comme un joueur dominant à l’échelle mondiale. Avec son virage Internet, il devient même le numéro 2 du tourisme en ligne en Europe et aspire sérieusement à la position de tête d’Expedia.

Stratégies d’affaires des grands groupes

Le tourisme de masse traditionnel vendu par les groupes intégrés en Europe subit néanmoins beaucoup de pression concurrentielle. Plusieurs se sont retirés ou ont diminué leur présence sur les destinations de masse court-courrier comme l’Espagne. On observe une augmentation de la capacité vers de nouvelles destinations éloignées, plus exotiques, avec notamment une offre de produits différenciés (aventure, voyage d’«activité», etc.).

La désintermédiation, ou plus simplement la vente en direct, constitue un enjeu majeur pour les grossistes et plusieurs ont choisi de développer une forte présence Internet, dont des portails d’hébergement indépendants. Aussi permettent-ils dorénavant une modulation de l’assemblage des vacances en ligne avec des blocs distincts (vol et hébergement séparés), par opposition aux forfaits tout compris.

Voici quelques autres constats ou stratégies d’affaires associés aux grands T-O:

  • La diversification de l’offre des transporteurs low cost et la popularité de la forfaitisation dynamique menacent les T-O qui misent principalement sur le volume avec faibles marges.
  • L’obligation de conserver de lourdes immobilisations, comme des avions et des hôtels, devient risquée financièrement.
  • La conciliation difficile d’une offre inélastique avec une demande très élastique.
  • La menace vient des petits T-O qui versent de meilleures commissions aux agences.
  • La stratégie de différentiation des grossistes par le concept de value for money qui inclut l’utilisation de récompenses (surclassement, nuitée additionnelle, voiture de location comprise, repas gratuits, etc.) et la diminution du temps de recherche.
  • L’ajout d’expériences inhabituelles, de forfaits à forts contenus éducationnels.
  • Les stratégies d’affaires incluant davantage les métamoteurs de recherche tels que Kayak et Mobissimo, lesquels deviennent de plus en plus pertinents.
  • Les partenariats avec les groupes environnementaux dans le but de permettre aux voyageurs de contribuer financièrement à la réduction d’émissions de carbone.
  • L’amélioration de l’expérience Internet, par exemple par l’introduction de la technologie Human Digital Assistance, plate-forme personnalisée comprenant un comptoir d’aide numérisé de forme humaine et un service autonome, en temps réel.

Marché américain fragmenté

Du côté américain, le marché est excessivement fragmenté. On recense plus de 2500 exploitants qui œuvrent dans le transport nolisé. Plus de 50% de ces compagnies détiennent moins de trois avions. Quant aux grossistes présents sur le marché de l’agrément, la concurrence est vive en raison du nombre d’acteurs. Les cinq plus grands joueurs détiennent 32% du marché (Liberty Travel 16%, Mark Travel 9%, AmericanTours International 4,4%, Extraordinary Vacations Group 1,2%, Tauck Inc 1,2%). Les analystes prévoient d’ailleurs une consolidation.

Environ 48% de la clientèle des T-O est constituée de seniors. À l’instar de ce que l’on observe déjà en Europe, on verra davantage de grossistes se connecter directement en ligne avec les consommateurs et les entreprises, tant pour les réservations que pour le paiement. La forte préférence des consommateurs pour la réservation en ligne accentuera la pression sur les T-O, même pour les entreprises de niche. Il faut aussi anticiper une réduction des taux de commission sur les ventes de forfaits.

En plus de Liberty Travel (Gogo Worldwide Vacations) et de Mark Travel (16 bannières dont Funjet Vacations et TransGlobal Vacations), les autres T-O américains d’importance sur le marché de l’agrément sont:

  • Extraordinary Vacations Group (Maupintour),
  • American Tours International,
  • Tauck Inc.,
  • Contiki Holidays,
  • Trafalgar Tours.

Une tendance de fond est fortement ancrée derrière tous ces grands changements qui bouleversent le réseau de distribution: le phénomène de la désintermédiation qui change les règles du jeu, forçant chacun des maillons de la chaîne de distribution à revoir son positionnement traditionnel et ses stratégies. Nous y reviendrons plus en profondeur lors d’une prochaine analyse.

Sources:
– Badrinathan, Ram et Michael Cannizzaro. «The Breakdown of the Tour Operator Business Model: Fixed Menu or Buffet?», PhoCusWright, mars 2007.
– Chaire de tourisme Transat. «La tourisme à l’heure des alliances, des fusions et des acquisitions», novembre 2000.
– IBISWorld. «Tour Operators in the US», 19 janvier 2008.
– Lainé, Linda. «Faut-il craindre les TO en ligne?», L’Écho touristique, no 2836, 7 au 13 décembre 2007.
– Market Business Development. «The UK Tour Operators Market Development», 2007.
– Merten, Ralph. «Multi-Channel Distribution: Focus on Tour Operators», PhoCusWright, octobre 2007.
– Mintel International Group. «European Leisure Travel Industry», septembre 2007.

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Enjeux Tendances

Qu’est-ce qui rythmera l’industrie des congrès au cours de la prochaine année?

Pour l’année à venir, prévoit-on moins ou plus de réunions et de congrès? Et de participants? Des budgets plus serrés ou mieux garnis ? Qu’est-ce qui devrait marquer l’industrie des congrès au cours des 12 prochains mois? Chaque année le regroupement Meeting Professionals International (MPI) effectue un sondage auprès de ses membres afin de prendre le pouls de l’industrie et d’établir des prévisions pour l’année à venir. Le FutureWatch 2008, la dernière édition de cette enquête, révèle plusieurs renseignements clés sur l’état de la situation et les préoccupations des intervenants de ce secteur d’activité. En voici un aperçu suivi de quelques tendances.

L’étude, réalisée auprès de 1643 intervenants de l’industrie des congrès dans le monde, représente l’opinion de 611 planificateurs internes, de 265 gestionnaires d’événements, soit indépendants soit à l’emploi d’une entreprise externe (PCO) et de 732 fournisseurs et autres intervenants dans des domaines liés à l’industrie.

Autant d’événements et davantage de participants

Quoique l’industrie des congrès devrait bien se porter au cours de l’année 2008, on envisage peu de changements en termes de nombre de congrès et de réunions. Seuls les planificateurs indépendants anticipent une croissance significative de la quantité d’événements à organiser. Pour l’ensemble des répondants, par ailleurs, le taux de participation à ces rencontres sera à la hausse comparativement à 2007. Un plus grand nombre d’événements (21,9% vs 17,4% en 2007) devraient ainsi accueillir 500 personnes et plus.

Des budgets à la hausse

Malgré le climat économique incertain qui règne aux États-Unis, les planificateurs d’événements anticipent, dans l’ensemble, des budgets mieux garnis qu’en 2007. Comme pour cette même année, près du quart (24,1%) se chiffrent à moins de 200 000$, mais une plus grande part (11,4% vs 8,4%) se situe entre 500 000 et 999 999$. C’est le milieu corporatif qui prévoit l’augmentation la plus généreuse, avec une hausse de 27% par rapport à l’année passée. Les planificateurs des milieux associatifs indiquent plutôt une diminution de 9,3% de leurs budgets.

Enjeux globaux

Les principales influences extérieures qui pourraient affecter l’industrie en 2008 diffèrent quelque peu selon le type de planificateurs, mais, globalement, voici celles qui semblent préoccuper l’ensemble des répondants:

  1. Le ralentissement économique et la crainte d’une récession;
  2. Les coûts de l’huile et de l’essence / la hausse des coûts de voyage;
  3. L’inflation / la hausse générale des coûts;
  4. Les avancées et les changements technologiques;
  5. L’accès grandissant à l’information disponible en ligne;
  6. Enjeux liés à l’environnement.

Les trois premiers enjeux inquiètent les répondants, puisque, selon leur évolution, ils pourraient exercer une influence importante sur la santé de l’industrie. Dans la version 2007 de cette enquête, la menace terroriste se situait au premier rang des enjeux majeurs pouvant affecter l’industrie… On la retrouve maintenant en dixième place.

Les changements technologiques et la facilité à obtenir de l’information en ligne incitent les planificateurs et les fournisseurs à demeurer à l’affût et à se servir de ces avancées pour accroître l’efficacité des événements. Bien que le recours à la webdiffusion et aux autres technologies facilitant la diffusion en direct soit à la hausse, cela ne semble pas constituer une menace pour les rencontres face à face. Comme c’est le cas dans l’ensemble de l’industrie touristique, la question environnementale constitue un objet de préoccupation.

Pénurie de main-d’œuvre qualifiée: un enjeu majeur

Les répondants du Canada, davantage touchés par cet enjeu, ont été questionnés plus spécifiquement sur la question de la pénurie de la main-d’œuvre dans les hôtels, les restaurants et les centres de congrès. (Lire aussi: Le recrutement de la main-d’œuvre en tourisme: il est minuit moins une.) Il s’agit d’un défi considérable qui préoccupe l’ensemble des intervenants (77,3% des répondants du Canada). La majorité d’entre eux estime que cette problématique pourrait éventuellement entraîner une baisse du nombre d’événements au pays, ainsi qu’une chute du taux de participation.

Le passeport obligatoire

L’obligation de présenter son passeport lors des voyages entre les États-Unis et le Canada, le Mexique et la Caraïbe semble avoir un impact modéré sur le nombre de congrès jusqu’à présent. Mais cette situation pourrait changer. Plus de la moitié (58%) des répondants canadiens et le tiers (33,6%) des Américains s’attendent à ce qu’ils diminuent en 2008.

Quelques tendances

Outre les grands enjeux avec lesquels les intervenants du milieu auront à traiter, plusieurs tendances rythmeront l’industrie au cours de la prochaine année. En voici quelques-unes:

  • Vers un partage du risque. Les comités organisateurs ne veulent plus assumer seuls les risques financiers qu’implique un événement. Ils demandent au planificateur externe de prendre en charge une partie de ce risque, par exemple par la signature de contrats avec l’hôtel ou encore une rémunération au rendement, selon le nombre de délégués inscrits.
  • La techno omniprésente. Avec un accès Internet sans fil sur tout le site du congrès, de nombreux outils pour la logistique et les présentations, la webdiffusion de certaines conférences et la création de communautés grâce au Web 2.0 dans le but d’alimenter les discussions avant, pendant et après l’événement, l’industrie des réunions et des congrès est très branchée! Autrefois perçue comme une menace, la techno est plutôt considérée comme étant au service des événements.
  • Des congrès plus responsables. C’est une tendance qui devrait marquer l’industrie au cours des prochaines années, de plusieurs façons. On change les façons de faire et on instaure de nouvelles habitudes. En ce qui a trait à l’environnement, notamment, on réduit les communications papier, les emballages individuels, on introduit les produits locaux et on minimise le gaspillage. Sur le plan social, certains suggèrent aux participants de poser un geste positif dans la communauté. Il peut s’agir de s’impliquer dans une activité caritative ou encore d’encourager une cause locale.
  • Pour les réunions à l’extérieur des grands centres: recours à l’imagination! L’offre en région fait également face à une concurrence grandissante et c’est souvent l’originalité qui permettra à une destination de se démarquer, par exemple en ayant recours à des lieux non traditionnels pour la tenue de réunions ou encore en développant une thématique rattachée au site.
  • Du contenu et des occasions de contact. Dans un contexte où le monde du travail exige efficacité et performance, les participants aux réunions et aux congrès s’attendent à retirer de l’information pertinente et à établir des contacts qui leurs seront bénéfiques sur le plan professionnel.

Quoique sa santé dépende de plusieurs facteurs dynamiques, l’industrie des congrès et des réunions devrait continuer à bien se porter. La concurrence est féroce entre les destinations de même qu’entre les sites. Pour se positionner avantageusement, les intervenants doivent notamment s’assurer que leurs infrastructures et les services offerts répondent aux besoins actuels, mais ils doivent aussi être proactifs et mieux se démarquer.

Merci aux personnes suivantes de leur collaboration:
Amélie Asselin, conseillère Affaires publiques et communications, Palais des congrès de Montréal;
Nancy Lambert, présidente, Association des bureaux de congrès du Québec (ABCQ);
Geneviève Leclerc, CMP, chef du Service aux congrès internationaux, JPDL.

Lire aussi:

Le recrutement de la main-d’œuvre en tourisme: il est minuit moins une

Sources:
– Davidson, Rob. «EIBTM 2007 Industry Trends & Market Share Report», novembre 2007.
– Davidson, Tyler. «2008 Meetings Market Trends Survey», Meetings South, janvier 2008.
– Meeting Professionals International. «Future Watch 2008», American Express, 2007.

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Segments de clientèles Tendances

Oui, je le veux! Tendances dans le marché des lunes de miel

Il s’agit souvent du voyage le plus important d’une vie. Pas nécessaire d’en dire plus pour comprendre que les amoureux souhaitent vivre une expérience mémorable. Les lunes de miel ont cependant évolué depuis quelques années et s’adaptent au profil des nouveaux mariés: la génération Y. Leurs intérêts sont plus diversifiés que jamais, mais certaines tendances ressortent: aventure, exotisme, variété, romantisme.

Quelques statistiques sur les mariages et les lunes de miel

On le sait, depuis plusieurs années, de plus en plus de Canadiens – les jeunes surtout, mais non exclusivement – délaissent le mariage au profit d’un autre type d’union. Selon Statistique Canada, le pourcentage des familles constituées d’un couple marié par rapport à l’ensemble des familles recensées a chuté à un niveau record de 68,6 % au Canada et à 54,5% au Québec en 2007.

Cela dit, 21 900 mariages ont été célébrés au Québec en 2006 et 149 792 au Canada, soit des taux de nuptialité respectifs de 2,8 et de 4,7 mariages par 1000 habitants. Chez nos voisins du Sud, plus conservateurs, une moyenne de 2,4 millions de couples unissent leur destinée chaque année. En fait, 88% des Américains se marient au moins une fois dans leur vie.

Selon un sondage du magazine Mariages Québec, 62% des mariages ont lieu durant l’été et 60% comportent une cérémonie religieuse. Parmi les nouveaux mariés qui planifient une lune de miel, 74% iront ailleurs qu’au Canada.

Voici quelques statistiques concernant les mariages et les voyages de noces aux États-Unis:

  • Parmi les couples qui se marient traditionnellement, 99% partent en lune de miel.
  • Ils dépensent en moyenne 3700 $ par couple pour le voyage de noces, soit trois fois plus que la moyenne des dépenses en voyage de la population américaine.Les budgets varient: 20% disposeraient de 500$ par personne, comprenant l’avion et l’hôtel, mais 30% iraient jusqu’à 3000$ par personne.
  • La durée moyenne de séjour est de huit jours et 85% n’excèdent pas deux semaines.
  • 37% des Américains font des voyages dans leur pays, alors que 63% en sortent.
  • Les mariages et les lunes de miel se font à toutes les périodes de l’année, quoique l’été soit la plus populaire (par ordre d’importance: juin, août, mai, juillet et septembre).
  • Seulement un homme sur trois aide sa future épouse à organiser le voyage.

La génération Y est en âge de se marier

L’âge moyen des fiancés au Québec est de 29 ans, ce qui correspond à ceux du reste du Canada et des États-Unis. Les individus de la génération Y, nés entre 1978 et 1989, atteignent maintenant cet âge et apportent leurs valeurs à la tradition. Ils sont prêts pour des expériences différentes et désirent aller plus loin, tant en ce qui concerne la destination que les activités. Ces couples qui recherchent de façons inédites de célébrer leur union créent de nouvelles tendances pour l’industrie des voyages de noces. En voici quelques-unes.

Voyages d’aventure pour commencer la grande aventure

L’arrivée massive de la génération Y parmi les nouveaux mariés amène un souffle d’aventure. Ce type de voyage prend petit à petit le dessus sur les autres. Les amoureux recherchent une expérience unique, où ils seront actifs et où ils pratiqueront des activités d’aventure et de plein air. De l’insolite, de l’authentique, des émotions fortes, les amants sont de plus en plus audacieux. Certains seront attirés par des expériences extrêmes, allant du safari en Alaska au kayak de mer au Mexique, mais la plupart préféreront l’aventure douce et les écolodges (où ils auront un toit au-dessus de leur tête et une douche chaude à la fin de la journée). Pour comprendre l’intérêt envers les voyages d’aventure, il suffit de jeter un coup d’œil aux destinations de lune de miel proposées par diverses agences: Pérou, Tanzanie, Madagascar, Mexique, Kenya, Costa Rica, Indonésie, Thaïlande, Malaisie ou Afrique du Sud.

Les forfaits «voyage de noces» de l’agence réceptive Authentik Canada reflètent aussi cette tendance avec ses nombreuses activités de plein air et d’aventure. Et saviez-vous qu’Air Inuit offre une réduction aux jeunes mariés?

Se dire oui les pieds dans le sable

Se marier en voyage – et ainsi combiner la lune de miel – est une pratique de plus en plus répandue. Plusieurs resorts l’ont bien compris et ces voyages représentent une grande part de leur clientèle estivale. Les avantages sont nombreux, en commençant par le fait que les resorts organisent entièrement la cérémonie.

Aux États-Unis, 16% des mariages se font à l’occasion d’un voyage (une augmentation de 400% en 10 ans). Souvent, cela convient bien pour un deuxième mariage où les époux ne souhaitent pas organiser une cérémonie à grand déploiement. La principale destination est le Sud et ses plages, mais les croisières gagnent de plus en plus en popularité (10% des nouveaux mariés).

Urbanité et culture

L’âge moyen des mariés aux États-Unis étant de 29 ans (tout comme au Canada), cela signifie que de plus en plus d’individus se marient plus tard qu’il y a quelques années. Il en résulte une tendance à délaisser légèrement les traditionnelles destinations du Sud au profit de certaines grandes villes qui offrent le cadre romantique recherché, les restaurants haut de gamme et la vie culturelle. À chacun son style: Las Vegas est très populaire, d’autres choisissent Orlando et Disneyland ou encore New York. L’Europe rejoint ceux que la culture et la découverte des Vieux-Pays intéressent, Paris, Rome ou Londres étant des classiques. La force de l’Euro par rapport à plusieurs devises amène aussi à lorgner du côté de l’Europe de l’Est, vers des pays qui ne font pas partie de l’Union européenne. Nos grandes villes québécoises s’insèrent parfaitement dans cette tendance, Montréal et Québec ayant toutes deux leur charme particulier; la dernière a d’ailleurs dédié une campagne publicitaire aux mariages et aux voyages de noces «Oui, je le veux».

Inégalables plages du Sud

Les forfaits tout inclus de la Caraïbe et du Mexique occupent une place très importante depuis plusieurs années déjà et ces endroits demeurent les principales destinations des tourtereaux. La clientèle des voyages de noces compte pour environ 25% de l’achalandage des Superclubs pendant l’été. La chaîne de tout inclus Sandals se spécialise dans les voyages en couple. Les enfants ne sont d’ailleurs pas admis (leur filiale voisine, Beaches, s’adresse spécifiquement aux familles). Pour fidéliser leur précieuse clientèle, ils ont par ailleurs développé une offre spéciale où les couples s’étant mariés dans un de leurs établissements peuvent ensuite bénéficier d’une nuit gratuite à chaque anniversaire de mariage dans un resort de leur réseau, et recréer ainsi la magie de leur lune de miel.

Une lune de miel canadienne?

Pour les Américains, le Canada représente une destination facile d’accès avec une offre variée, dont la romantique ville de Québec, les centres de villégiature situés dans des cadres enchanteurs, sans oublier les auberges de charme. Par exemple L’Auberge Ripplecove & Spa dans les Cantons-de-l’Est fait partie, selon le Hideaways International & Hideaways Aficionado Club, des sept escapades les plus sexy et romantiques au monde. La capitale canadienne des lunes de miel, Niagara Falls, jouit d’une tradition plus que centenaire et attire encore 50 000 nouveaux mariés chaque année.

Enfin, si vous visez ce marché, ne vous cantonnez pas uniquement aux lunes de miel, mais pensez aussi aux voyages pour célébrer les anniversaires de mariages, les fiançailles ou tout autre événement marquant de la vie amoureuse d’un couple.

Sources:

– Beslow Sardone, Susan. «Facts and Statistics about Engagement, Wedding and Honeymoon Events», About.com, 10 octobre 2006.
– Beslow Sardone, Susan. «Top Honeymoon Travel Trends», About.com, 2007.
– Désiront, André. «Quand l’industrie du voyage de noces se marie à celle du voyage», 7 juin 2004.
– Hotel News Resource. «Survey – Honeymoon Trends, Travelocity and Modern Bride Magazine», 3 août 2006.
– Fairchild Bridal Group. «Fairchild Bridal Infobank American Wedding Study», 2002.
– Filliatre, Pascale. «Des lunes de miel tout autour de la terre», L’Échotouristique, 18 janvier 2008.
– Lochhead, Clarence et Robert Glossop. «L’état de nos unions», L’Institut Vanier de la famille, 13 septembre 2007.
– Niagara Falls Tourism. «Fairchild Niagara Falls, Canada Continues to Earn Moniker Honeymoon Capital of the World After Over 200 Years», communiqué de presse, 24 septembre 2007.
– Statistique Canada. «Mariage, par province et territoire», 19 décembre 2007.
– Statistique Canada. «Pleins feux sur les mariages», 29 janvier 2007.

Sur le Web:
www.quebecregion.com
www.airinuit.com
www.authentikcanada.com

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Tendances

Client, produit, concurrence, Web… un joyeux «melting pot» de tendances!

À quoi le voyageur ressemble-t-il? Quels sont les produits qui lui plaisent? Dans quel type d’environnement évolue l’industrie touristique? Que nous réservent la technologie et Internet? Voici la suite des incontournables qui rythment notre industrie avec les hétéroclites, les populaires, les marginaux, les essoufflants et les étourdissants.

Les hétéroclites

On s’éloigne de la culture de masse. Le marché se fragmente et est intimement lié aux sociostyles. Essayer de définir tous les profils possibles devient un véritable tour de force.

  • Sociostyles – ils constituent un heureux mélange de courants sociaux, de modes, de valeurs, d’intérêts, de parcours personnels et professionnels, d’obligations, etc.
  • Segmentation – il suffit de brasser tous les sociostyles ensemble et les profils de clientèle se segmentent presque à l’infini: seniors actifs, gais, familles mondialisées, gangs de filles, travailleurs en vadrouille, bobos (bourgeois bohèmes), étudiants et travailleurs en sabbatique, célibataires, amants de la nature, classe élite de voyageurs d’affaires, fanatiques du sport, etc. Les différents segments peuvent souvent transcender les groupes d’âges: il est possible d’être un nouveau papa à 20, 30, 40 et même 50 ans ou de gravir le Kilimandjaro à tout âge.
  • Hybride – un même voyageur peut se payer un week-end de luxe en amoureux, se reposer en famille sur une plage du Sud dans un resort tout compris et réserver par la suite un forfait aventure en Patagonie avec ses copains. Un même voyageur, mais une façon différente de le rejoindre et de s’adresser à lui.
  • Personnalisation – le touriste souhaite du sur-mesure.

Les populaires et les marginaux

D’un côté, plusieurs produits très populaires tendent à se différencier et à se personnaliser et, de l’autre, les marchés de niche gagnent en popularité.

  • Phénomène long tail – c’est l’abondance de variété, de choix. L’avenir est au marché de niche, à l’exploitation de créneaux spécialisés. Internet met fin aux limites physiques et géographiques de même qu’à la suprématie des grandes entreprises. Il offre un choix illimité de produits et il en facilite la recherche et la distribution.
  • Niches – tourisme religieux, visite de lieux de bataille, aventure extrême, lune de miel spécialisée pour la clientèle gaie, circuits de magasinage lors de la période des soldes, tourisme médical, slow travel, séjour gastronomique, observation des oiseaux, cours de toutes sortes (peinture, vin, langue, cuisine, etc.), nommez-les…, ils peuvent trouver preneur.
  • Courts séjours – ils deviennent presque la norme.
  • Luxe – la demande de villas privées est en hausse, le luxe s’intéresse au camping, les grands du luxe apposent leur signature dans l’hôtellerie. D’un côté, le nombre de gens fortunés augmente et ils recherchent de plus en plus d’intimité et des produits hors du commun. De l’autre, le luxe se démocratise car, peu importe le niveau de revenus, beaucoup de gens veulent, à un moment ou à un autre, se «payer du luxe». Par conséquent, le luxe emprunte de nouvelles avenues et ce genre de produit affiche une forte croissance.
  • Santé et bien-être – pour contrer l’effervescence du quotidien, pour atténuer les effets du stress au travail, pour s’accorder un temps d’arrêt et relaxer, pour recharger ses batteries, pour se dorloter – rien n’indique que ces besoins s’estomperont dans un avenir rapproché.
  • Voyages multigénérationnels – les grands-parents voyagent avec leurs petits-enfants ou se joignent à la famille.
  • Combinaison affaires et agrément – on joint l’utile à l’agréable. Les voyageurs d’affaires prolongent leur séjour pour visiter les alentours et sont souvent accompagnés de membres de la famille.
  • Croisières – ce produit ne s’essouffle pas car il a su s’adapter à différents créneaux de clientèles en développant des thématiques diverses: croisières fitness et spa, familiales, religieuses, gaies, artistiques, scientifiques, gourmandes, de luxe, etc. On assiste à une surenchère quant à la capacité des navires, au design, au luxe et aux activités offertes. Les itinéraires en Asie et en Europe (Croatie, mer Noire) gagnent en popularité, de même que les services à la carte.
  • Hébergement – l’hébergement traditionnel perd du terrain au profit des art hotels, lifestyle hotels, hôtels-capsules, hôtels sous l’eau, condos-hôtels, campings de luxe, échanges de maisons ou de canapés, yourtes, tipis, etc.
  • Terroir, santé, bio, raffinement – la gastronomie occupe une grande place dans l’expérience touristique. Les produits du terroir sont recherchés et mis en valeur. Les gras trans sont honnis ou bannis. Les portions s’ajustent aux appétits (petites bouchées, entrée seulement ou choix de portion). La fraîcheur est de mise et le bio fait son «frais». Les goûts se raffinent, les produits aussi (huiles, sels, eaux, etc.). Que dire de la cupcake revolution? Elle frappe fort!

Les essoufflants

Pas de répit à l’horizon! La concurrence ne cesse de s’accentuer. Pour se tailler une place et la garder, il faut savoir se renouveler.

  • Concurrence – elle force à faire des prouesses. Elle n’a pas fini d’étonner en se multipliant, en se démarquant, en se personnalisant, en s’éclatant. Les destinations hot? Elles changent au gré des sources, des humeurs du voyageur et des battages médiatiques. L’Espagne, New York et l’Australie côtoient Abu Dhabi, le cap Vert, Reykjavik, la Lituanie et Madagascar. Même les villes américaines, comme Baltimore ou Cleveland qui ne sont pas des icônes touristiques, se réinventent et deviennent très compétitives: projets de développement d’envergure, centre ville revitalisé, habité et animé, nouvelles infrastructures de congrès.
  • Chine et Inde – deux marchés gigantesques, tant émetteurs que récepteurs, en pleine effervescence.

Originalité, folie et démesure – cette tendance est à la hauteur de ses ambitions! Macao veut surpasser Las Vegas. La région du Moyen-Orient, avec Dubaï en tête, continue de concrétiser des projets au superlatif. Les voyageurs dans l’espace se préparent pour l’embarquement. On construit des hôtels démontables, transportables et même dirigeables. Les lits en forme de cercueil trouvent preneurs. Nous n’avons encore rien vu!

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Source: Manned Cloud, Studio Massaud en partenariat avec ONERA – centre français de recherche aérospatiale.

  • Différenciation et innovation – des moyens de survie à notre disposition. Un moyen de penser le tourisme autrement afin de contrer les effets néfastes qu’il génère.

Les étourdissants

Le grand parapluie s’appelle Web 2.0. Il modifie radicalement les façons de communiquer et il évolue à une vitesse effarante. Savoir en tirer profit donne une longueur d’avance sur la concurrence.
Il permet au consommateur de s’exprimer et d’échanger…

  • Médias sociaux, blogues, etc. – l’entreprise et les médias n’ont plus le monopole de l’information; le consommateur s’en mêle (Facebook, YouTube, Travelistic, FlickR, etc.) et une interaction s’installe. Les bons coups comme les mauvais s’y propagent à la vitesse de l’éclair. L’univers virtuel permet même de s’inventer un personnage et une entreprise (SecondLife).

Il garnit le coffre à outils du voyageur branché…

  • e-touriste – que ce soit pour trouver le plus bas prix pour un billet d’avion (métamoteurs de recherche, Kayak, Farecast), pour se tenir informé des dernières aubaines disponibles (flux RSS), pour connaître l’appréciation des voyageurs sur la qualité d’un hôtel (Tripadvisor, IgoUgo), pour localiser le meilleur siège disponible dans un avion (SeatGuru), pour dénicher le partenaire de voyage idéal (TravBuddy)… tout ce pouvoir se trouve au bout des doigts du voyageur.

Il offre à l’entreprise, petite et grande, des occasions en or de s’annoncer et d’interagir avec le consommateur…

  • Génération Participation – un dialogue s’installe entre le consommateur et l’entreprise. Elle écoute le point de vue du consommateur, lui fait tester ses produits et crée ses publicités avec son aide.
  • Marketing viral – type de marketing qui se pratique sur le Web et qui se propage.
  • SMO Social Media Optimisation – après le SEO (search engine optimisation), voilà que l’on commence à parler du SMO.
  • Mobile – tout tourne autour de la mobilité que procurent les appareils portatifs (téléphone cellulaire, Blackberry, iPod, etc.). On y télécharge du contenu multimédia sous toutes ses formes: publicités, cartes routières, podcasts de visites guidées, etc. Après l’écran du téléviseur et de l’ordinateur, l’écran du téléphone cellulaire devient le troisième instrument de communication et de marketing d’importance et ce, grâce, entre autres, aux SMS (short message service).
  • Web 3.0 – S’agit-il du web sémantique, de la technologie devenue intelligente? Pour l’instant, il alimente les discussions.
  • Cyber-recrutement – un mode de recrutement qui représente une voie incontournable pour courtiser le bassin de jeunes travailleurs.

Essoufflé?

Désolé, le changement, lui, ne présente aucun signe d’essoufflement!

Sources:
– Chesshyre, Tom. «40 Travel Trends and Tips for 2008», TimeOnline, 29 décembre 2007.
– Deloitte – Tourism, Hospitality & Leisure. «Industry Trends 2008», [www.deloitte.com].
– Freeman, Andrew. «2008 Top Hotel and Restaurant Trends to Watch», Hotel & Resort Insider, janvier 2008.
– Harpaz, Beth J. «Cruise Trends – New ships, More Luxury», ETurboNews, 28 janvier 2008.
– Levine, Daniel. «American Trends Important To Know», Tourism Industry Association of Canada / TIAC’s Leadership Summit, novembre 2007.
– TripAdvisor.com. «Travelers Predict ’08 Trends in Annual TripAdvisor Survey», communiqué de presse, 25 octobre 2007.
– Réseau de veille en tourisme. Analyses produites au cours de 2007.
– Sanders, Lorraine. «Daily Travel Advice, Tips and Ideas from TravelPost.com and Around the Web», [TravelPost.com], 17 janvier 2008.

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Produits et activités Tendances

Les tendances 2008 pour des spas en «santé»!

Le produit spa s’est développé à la vitesse grand V et s’insère tout naturellement dans l’offre touristique actuelle, du moins en ce qui concerne les spas d’hôtel et de destination. L’offre de spas semble maintenant bien implantée en Amérique du Nord et elle est rythmée par des tendances qui lui sont propres. L’International Spa Association (ISPA), le regroupement québécois Spa Relais Santé ainsi que d’autres intervenants de ce secteur ont identifié les principales tendances qui devraient teinter 2008. Voici celles qui ont retenu notre attention.

  • Le spa nordique. Le concept visant à passer du chaud au froid – du sauna ou du bain vapeur à une «saucette» dans un cours d’eau ou un lac, surtout en hiver – en séduit plus d’un. Ce type de produit, qui offre un moment de détente en plein air, connaît une croissance importante au Québec. Il semble constituer, entre autres, une porte d’entrée pour une clientèle pour qui le spa classique n’est pas familier.
  • La cuisine à l’honneur. Spa et repas gastronomique santé forment une combinaison recherchée. Mais on veut aussi participer et rapporter à la maison les bonnes idées! Selon l’ISPA, quelque 19% des spas offrent des expériences
    culinaires telles que des cours de cuisine avec des chefs célèbres ou encore des leçons privées de cuisine santé.
  • Les produits locaux en vedette. Tant pour la cuisine que les traitements, on priorise les produits du terroir. Ces derniers sont de plus en plus appréciés et recherchés.
  • Pour un style de vie santé. La moitié des spas américains offrent des programmes axés sur l’adoption d’un style de vie sain, comme des consultations sur la nutrition, sur l’adoption de bonnes habitudes alimentaires, la perte de poids et la prévention de l’obésité, ou encore des programmes d’exercices et de méditation.
  • Des expériences personnalisées. Les spas créent des expériences sur mesure pour leurs clients. Ces derniers peuvent réserver une plage horaire plutôt que des services spécifiques. L’expérience est alors entièrement composée selon leurs préférences: des traitements aux produits, en passant par la musique.
  • Les ados: un segment de clientèle grandissant. Selon l’ISPA, près de 4 millions d’adolescents ont fréquenté un spa. Quelque 16% des spas proposent des traitements spécifiques pour ados, 34% ont conçu des forfaits pour eux et 17% en ont pour les enfants. À titre d’exemple, le Pedicure Party du Arizona Grand Spa comprend une séance de pédicure pour un minimum de trois personnes (ados ou adultes), de la musique, des magazines, des amuse-gueule et quelques accessoires mode.
  • Les affaires et le spa. On prévoit davantage de séjours au spa pour une réunion, un congrès ou encore une retraite entre cadres pour réflexion stratégique!
  • Des spas plus verts. Selon l’ISPA, environ 86% des spas au Canada appliquent des mesures pro environnementales: jardins biologiques sur place, recours aux produits locaux et bio, maquillages minéraux, bâtiments verts, etc.
  • Internet au spa. Pour accommoder les clients qui souhaitent avoir accès à Internet à certains moments de leur visite, des spas intègrent des salles ou des chambres de relaxation avec connexion sans fil.
  • Habiter au spa. L’achat d’une unité d’hébergement dans un spa est à la hausse aux États-Unis. Le réputé spa Canyon Ranch compte désormais des extensions immobilières composées de condos de luxe et des mêmes services et infrastructures que dans ses établissements de spa. Au Québec, plusieurs nouveaux complexes immobiliers haut de gamme aménagent des installations complètes de détente.
  • Plus de traitements… indigènes et exotiques (méthodes faisant référence aux coutumes aborigènes, massages orientaux, produits inusités, etc.), anti-âge, par l’eau, pour favoriser la fertilité… Tous ces traitements existent déjà depuis un bon moment, mais on les retrouve dans un nombre croissant de spas.

Quelques chiffres…
L’International Spa Association (ISPA) dévoilait, en décembre 2007, les résultats de sa 2007 Spa Industry Study concernant les États-Unis et le Canada. D’entrée de jeu, le rapport révèle qu’il s’agit d’un secteur d’activité fort et en santé. Pour illustrer le poids de cette industrie, le tableau qui suit résume les faits saillants de cette étude. Les données concernent l’année 2006 et celles entre parenthèses indiquent l’évolution par rapport à 2001. Précisons avant tout que les critères de l’ISPA concernant l’appellation «spa» ne sont pas les mêmes que ceux considérés par le regroupement québécois Spa Relais Santé qui, dans ce dernier cas, sont plus restrictifs. Les chiffres ci-dessous doivent donc être interprétés avec une certaine réserve.

La croissance des cinq dernières années est particulièrement forte au Canada, alors que les États-Unis semblent avoir atteint une certaine saturation. Selon les données du Print Measurement Bureau (PMB 2007), 8% (538 000) des Québécois de 12 ans et plus sont allés dans un spa au cours des douze derniers mois; c’est presque trois fois plus qu’en 2001 (PMB 2002).

Une autre étude, réalisée pour la Commission canadienne du tourisme en 2006, indique que l’offre de spas en Colombie-Britannique et au Québec est axée sur le tourisme plus qu’ailleurs au pays. Certains établissements déploient une offre de calibre international. On soutient d’ailleurs que le tourisme de santé au Canada, malgré la qualité de son produit, demeure encore un secret bien gardé… Ébruitons-le et tirons profit de ces tendances pour bonifier les expériences en spa.

Merci à Claire Levasseur, directrice générale de Spas Relais Santé, de sa collaboration.

Lire aussi:

L’industrie des spas a-t-elle atteint la saturation?
Le spa en hôtel: simple service complémentaire ou centre de profits?

Sources:
– Chaire de Tourisme Transat. «Portrait des spas et des centres de santé sur le plan mondial et positionnement de l’industrie au Québec», juillet 2003.
– Commission canadienne du tourisme. «Profil du secteur des spas au Canada», juillet 2006, (consulté le 23 janvier 2008).
– Here Is the City. «Spa Trends to Watch in 2008», 16 décembre 2007.
– ISPA. «2008 Spa Industry Trend Watch», (consulté le 18 janvier 2008).
– ISPA. «ISPA Releases 2007 Spa Industry Study Profiling the United States and Canada», (consulté le 23 janvier 2008).
– Karimi, Sabah. «Top Spa Trends and Treatments for 2008», (consulté le 21 janvier 2008).
– SpaFinder. «Top Ten Spa Trend to Watch in 2008», (consulté le 21 janvier 2008).

Sites Internet:
Arizona Grand Resort
Canyon Ranch Resort & Hotel
Spas Relais Santé
The Lodge at Woodloch

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Tendances

Des incontournables qui rythment l’industrie touristique en 2008

L’année touristique sera-t-elle un grand cru, bonne ou juste ordinaire? Voici certaines tendances qui, à court terme, conditionnent le succès de l’année 2008 et d’autres qui, à plus long terme, façonnent l’industrie touristique. Voyez ce qui est sous haute surveillance, les inéluctables et les classiques.

Sous haute surveillance

Les voyages d’affaires et d’agrément, les taux d’occupation dans les hôtels seront-ils en croissance? Les facteurs qui suivent conditionnent grandement les flux touristiques et les recettes des entreprises.

  • Économie – les déboires du marché immobilier aux États-Unis se répercutent sur d’autres secteurs d’activité et une récession menace l’économie américaine, mais, pour l’instant, on préfère parler de ralentissement. Cette situation mine la confiance des consommateurs. Inévitablement, le marasme économique américain a des conséquences sur l’économie canadienne et ailleurs dans le monde.
  • Taux de change – on surveille la force du huard et le déclin de la devise américaine. Au Canada, la valeur élevée du dollar canadien favorise la tendance des voyages à l’étranger. D’autres monnaies qui ont pris de la vigueur incitent les voyageurs – européens et australiens, notamment – à sortir de leur pays.
  • Prix du pétrole – l’augmentation du prix du pétrole pousse les consommateurs à réduire leurs déplacements en raison des répercussions sur le prix à la pompe et sur le coût des billets d’avion.
  • Politique – la course à l’investiture pour la présidentielle américaine et les élections à la présidence retiennent l’attention. Généralement, les Américains voyagent moins durant cette période. La politique internationale continue de teinter le choix des destinations des voyageurs.
  • Sécurité, menaces terroriste, sanitaire et climatique – ces éléments influencent la décision des voyageurs dans leur choix de destination et peuvent, à tout instant, compromettre la saison touristique (violences postélectorales au Kenya, ouragan, etc.). La date butoir qui exige pour toute personne, entrant ou retournant aux États-Unis par voie terrestre ou maritime, d’être en possession d’un passeport ou d’un autre document de voyage sécurisé, a de nouveau été repoussée, cette fois-ci au 1er juin 2009. Malgré ces multiples reports qui n’ont réussi qu’à semer la confusion, plusieurs voyageurs, tant canadiens qu’américains, se sont procuré leur passeport, ce qui rend les voyages à l’étranger encore plus accessibles.

Aux États-Unis, les contrecoups de la situation économique, du prix élevé de l’essence, des exigences relatives aux passeports, de la faiblesse du dollar pourraient favoriser les voyages intérieurs. Selon les experts, les Américains voyageront quand même, mais ils feront des voyages plus courts et à proximité de chez eux. Ils feront des compromis. La durée des vacances et des séjours dans les hôtels sera réduite. Ils resteront plus près de la maison ou visiteront des amis ou des proches. De plus, la force du huard par rapport à la devise américaine nuit à la compétitivité des prix des destinations canadiennes.

Les inéluctables

On en a parlé, on en parle et on en parlera encore et encore. Il faut les avoir constamment dans le collimateur, car ces facteurs, dont plusieurs sont interreliés, doivent guider les décisions et les actions des décideurs et des gestionnaires. Attention, certains mouvements pourraient s’accélérer plus rapidement que l’on pense!

  • Tourisme durable – il comporte trois volets: économique, social et environnemental. Il est devenu une condition sine qua non pour développer un type de tourisme respectueux de la nature, des gens visités et de la main-d’œuvre embauchée. Il est une condition aussi pour sauvegarder notre ressource première, pour contribuer à l’essor économique d’une région et pour redorer l’image parfois écorchée de l’industrie.
  • Changements climatiques – avec les gaz à effet de serre (GES) en tête, ils n’ont pas fini d’alimenter les médias, d’alerter les groupes de pression et d’interpeller les gouvernements, les scientifiques et la population. Il faut donc s’y attaquer dès aujourd’hui car les répercussions sur l’industrie touristique sont inévitables.
  • Vert et éco – la «verdure» est de tous les discours, le préfixe éco se greffe à de nombreux produits et les initiatives prolifèrent. Un but: réussir à établir une grande chaîne verte – voyageurs, entreprises, fournisseurs et intervenants.
  • Responsabilité sociale – cela prévaut tant pour le voyageur que pour l’entreprise touristique. Déjà sensibilisés à la protection de l’environnement, les voyageurs démontrent leur volonté de passer à l’action. Ils veulent être des touristes responsables. La croissance des voyages à caractère humanitaire et engagé, des voyages équitables et de l’écotourisme en fait foi. Par conséquent, la responsabilité sociale des entreprises, où il faut montrer «patte verte», constitue un facteur important pour les consommateurs dans le choix des produits et des services.

Dans un autre ordre d’idées…

  • Vieillissement de la population – l’importance de ce phénomène oblige à segmenter une clientèle vieillissante en fonction de ses goûts, de ses revenus et de sa capacité physique, à modifier les infrastructures d’accueil et à redéfinir les modes de voyages et la pratique d’activités.
  • Main-d’œuvre – la pénurie de main-d’œuvre annoncée oblige les entreprises à se bâtir une réputation d’employeur de choix et à élargir le bassin de travailleurs en vue du recrutement: immigrants, préretraités, retraités, personnes en réinsertion sociale (décrocheurs, chômeurs, etc.).

Les classiques

A-t-on encore besoin d’explication pour les suivants?

  • Expérience mémorable – le Wow!
  • Qualité du produit et du service – un must!
  • Valeur ajoutée – le plus qui fait la différence!

À suivre sous peu, les hétéroclites, les populaires, les marginales, les essoufflantes, les étourdissantes.

Sources:
– Commission canadienne du tourisme. «L’appréciation de la monnaie stimule l’ensemble des voyages à l’étranger», Bulletin de renseignements sur le tourisme, no 42, novembre 2007.
– Conference Board du Canada. «Voyages intérieurs et voyages en provenance des États-Unis et d’outre-mer à destination du Canada», Analyse des perspectives du marché à court terme, Premier trimestre de 2008 / Résumé, Commission canadienne du tourisme, décembre 2007.
– Hospitality Net. «Travelodge Building New ‘Lego Style’ Hotels with Modified Shipping Containers», [www.hospitalitynet.org], 8 janvier 2008.

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Ailleurs dans le monde Segments de clientèles Tendances

Le tourisme religieux: les disciples se font nombreux

Que vous vient-il en tête lorsque vous entendez parler de tourisme religieux? Plusieurs penseront: marché de niche, petit budget, pèlerinages et marché de seniors. Cela était vrai… en 1975. Actualisons: aujourd’hui le tourisme religieux, les déplacements, l’hébergement et les activités qui y sont rattachés représentent une industrie dynamique de 18 milliards de dollars et de 300 millions de voyageurs dans le monde.

La niche devient un marché de masse

Le tourisme religieux n’est pas simple à définir puisqu’il englobe plusieurs formes de voyage. Dans son sens large, il s’agit de voyages dont le but est la visite de lieux, de bâtiments dits sacrés ou saints. Toutefois, le tourisme religieux s’est divisé en plusieurs segments et la plupart d’entre eux semblent prendre de l’ampleur, quoiqu’il s’avère difficile d’en évaluer la taille exacte.

Les quelques observations suivantes témoignent, malgré tout, d’un phénomène important et en forte croissance.

  • Travel Industry Association (TIA) indique que 25% des voyageurs américains sont actuellement intéressés à prendre des vacances spirituelles et que 12% le sont même plus qu’il y a cinq ans.
  • Selon la Religious Conference Management Association, le segment des congrès religieux est passé de 4,4 millions de participants en 1994 à 14,7 millions en 2006.
  • Les pèlerinages et les voyages vers les lieux de culte ne sont pas en reste. Le Vatican a vu le nombre de ses visiteurs doubler au cours des dix dernières années pour atteindre 4,2 millions de personnes en 2006. Celui-ci a même sa propre ligne aérienne low cost depuis août 2007! La croissance est forte également dans d’autres lieux de culte tels que Lourdes, Fatima, la cathédrale de Canterbury, Saint-Jacques de Compostelle, la route de l’apôtre saint Paul en Grèce et, bien sûr, la Terre Sainte (Bethléem et l’église de la Nativité, Jérusalem, Nazareth, la mer de Galilée, etc.) malgré les conflits qui y règnent.
  • Il y a vingt ans, il n’existait aucune croisière à caractère religieux et spirituel, avec des prestations de chorales gospel et où la librairie pieuse a remplacé le casino. Aujourd’hui, plus d’une douzaine d’opérateurs reçoivent de 2000 à 3000 passagers chacun annuellement qui recherchent ce type de voyage.
  • Les missions de courte durée comptent environ 1,6 million de participants (25 000 en 1979) et plus de 55 millions d’Américains sont partis en voyage d’aide volontaire avec des églises, des groupes religieux ou organisés par une personne de foi.
  • Les autres segments sont les retraites dans des monastères ou des temples, les événements religieux (par exemple, la Semana Santa en Espagne), les congrès ou les conférences de groupes religieux ainsi que les voyages étudiants ou familiaux et intergénérationnels comportant un volet lié à la religion.

Selon certaines sources, le tourisme religieux peut aussi englober des voyages non rattachés à un acte de foi (visites d’églises, ressourcement). Les motivations sont diverses: demander de l’aide ou une bénédiction, chercher des réponses à certaines questions ou du réconfort lors d’une période difficile, trouver la paix intérieure, se retrouver en présence d’autres croyants, espérer une guérison, remercier de la venue d’un événement positif, etc. Globalement, le tourisme religieux répond au désir des individus d’intégrer les croyances dans la vie de tous les jours et est vu comme une façon de vérifier ses croyances et sa spiritualité.

Une des principales conclusions de la Conférence internationale sur le tourisme, les religions et le dialogue des cultures de l’Organisation mondiale du tourisme, tenue en octobre 2007, est que le tourisme religieux et culturel est clairement en croissance dans le monde, mais qu’il importe d’en assurer le développement durable.

Profil de la clientèle

Le graphique suivant aide à comprendre la répartition des différentes religions dans le monde. Il s’agit d’indications et non de chiffres exacts et, quoique tous ne soient pas pratiquants, on observe néanmoins qu’il y a un très large bassin potentiel de touristes religieux.

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De façon générale, la clientèle est plutôt hétérogène. Néanmoins, selon une étude réalisée pour Globus, le plus important organisateur de voyages religieux, les touristes américains intéressés par la visite de lieux de culte préfèrent les voyages de groupes (75%), mais un cinquième d’entre eux choisissent plutôt une croisière ou un voyage en solo. La majorité des touristes religieux sont mariés (70%) et les deux tiers sont actifs au sein de leur église, temple ou synagogue. Plus de 60% ont complété des études collégiales ou universitaires et plus de la moitié disposent d’un revenu de plus de 75 000 USD. D’ailleurs, certains d’entre eux ne se contentent plus seulement de voyages à petit budget: l’opérateur ultra luxueux TCS Expeditions offre un tour du monde nommé «Great Faiths» pour 45 000 USD.

On dénote également un intérêt pour des expériences plus authentiques, personnalisées et diversifiées. En plus de visiter des sites liés à la religion, 42% souhaitent profiter d’autres activités non pieuses pendant la moitié de leur séjour.

Le marché américain présente de toute évidence beaucoup de potentiel. Selon Lifestyle Profiles, les Américains qui font des lectures bibliques ou pieuses sont plus enclins que la moyenne de la population à voyager à l’international. Ces lecteurs bibliques affichent une forte propension à assister à des événements culturels et apprécient les croisières.

Un verset pour le Québec?

Bien que l’Europe et les lieux rattachés à l’histoire sainte soient les premières destinations du tourisme religieux, celles-ci sont infiniment plus variées qu’on ne peut l’imaginer. D’ailleurs, l’expansion de ce marché amène les groupes religieux à se tourner de plus en plus vers l’Amérique du Nord pour leurs rencontres, leurs congrès, leurs croisières, leurs retraites, leurs voyages humanitaires ou étudiants.

Le Québec compte quelques attraits religieux notables, une multitude d’églises ainsi qu’une culture catholique encore bien ancrée. L’oratoire Saint-Joseph attire environ 2 millions de visiteurs annuellement, dont 40% viennent de l’étranger. La basilique Notre-Dame a vendu 485 000 visites guidées en 2006 et le sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré, qui fête ses 350 ans en 2008, est un lieu de pèlerinage qui attire plus de 1,5 million de visiteurs par année. Lors de la populaire Neuvaine de Sainte-Anne, près de 100 000 pèlerins et visiteurs se rendent sur les lieux. La ville de Québec a structuré son offre et, depuis 1988, la Corporation du patrimoine et du tourisme religieux veille à l’animation, à l’interprétation et à la mise en valeur du patrimoine religieux de la ville.

Les opportunités que représente le tourisme religieux pour l’industrie touristique n’ont jamais été aussi grandes. Sans être la Terre Sainte, le Québec compte non seulement des attraits, mais aussi un environnement magnifique et vaste, fort propice au recueillement. Il y a certainement lieu d’être plus présent auprès de ce marché et des organisateurs, alors «Allez dans le monde entier et prêchez la bonne nouvelle à toute la création.» (Marc 16.15)

Sources:

– Wright, Kevin. «Religious Tourism: A New Era, a Dynamic Industry», Group Travel Blog, 9 novembre 2007.
– Mintel. «Religious Tourism», Mintel Travel & Tourism Analyst, no 4, mars 2005.
– Simon, Anne-Catherine. «Les voyages religieux, un marché de niche», Cahier Espaces, décembre 2007.
– Tobelem, Jean-Michel. «Développer l’attractivité d’une destination par la valorisation des sites religieux», Cahier Espaces, décembre 2007.
– Clément, Éric. «Une superbe falaise retrouvée à l’Oratoire», La Presse, 5 mars 2007.
– Agence France Presse. «Le tourisme en progression à Bethléem», La Presse, 11 décembre 2007.
– Travel Agent Europe News. «Research Shows Religious Travel on the Rise», Travel Agent Central, 8 novembre 2007.
– The Lifestyle Market Analyst 2007, Bible/Devotion Reading.
– Désiront, André. «Des voyages à valeur spirituelle», La Presse, 12 décembre 2007.
– Modern Agent. «Globus Releases Survey of Religious Travel Patterns», 2 novembre 2007.
– Kurlantzick, Joshua. «21st-Century Religious Travel: Leave the Sackcloth at Home», New York Times, 29 avril 2007.
– Asia Pacific News. «UNWTO: Tourism For International Understanding», 31 octobre 2007.

Sites Web:
www.patrimoine-religieux.com
www.ssadb.qc.ca
www.tourisme-montreal.org

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Réseaux de distribution Technologies Tendances

Le voyage déploie sa «long tail»

Rendu populaire par Chris Anderson, l’éditeur de Wired Magazine, le phénomène «long tail» s’impose de plus en plus comme trame de fond dans les nouveaux modèles de gestion, particulièrement dans l’industrie touristique. C’était d’ailleurs le thème principal de la dernière conférence de PhoCusWright, «Braving the Long Tail», qui s’est déroulée en novembre 2007 à Orlando.CP_2008-01_long_tail_img1

Web 2.0 rime avec long tail

À l’automne, le Réseau de veille s’est intéressé une première fois au phénomène «long tail», en le définissant comme suit:
«Les produits qui font l’objet d’une faible demande ou qui ont un faible volume de ventes peuvent collectivement rivaliser ou même surpasser la part de marché des produits très populaires.» (Lire aussi: PME, attention, grâce au phénomène «long tail», la célébrité vous guette!)
Philip Wolf, chef de la direction chez PhoCusWright, résume bien, d’entrée de jeu, à quoi ressemble la nouvelle réalité du voyage dans l’univers du Web 2.0:

««Davids» are beating «Goliaths» because the size of a reputation matters more than the size of a marketing budget.»

La conférence visait justement à faire la lumière sur ces nouvelles forces du marché liées au phénomène «long tail» devenu omniprésent dans un contexte où maintenant la moitié des produits touristiques aux États-Unis sont vendus en ligne.

Dans le secteur touristique, l’adoption massive des applications technologiques liées au Web 2.0 a fait en sorte de placer les consommateurs à l’avant-scène. Le niveau d’influence de chaque individu est plus imposant que jamais. (Lire aussi: L’ère de la transparence: adaptez votre mentalité.) C’est ce nouvel environnement de tourisme 2.0 qui conditionne et rend propice le succès d’une panoplie de petites entreprises de niche.

À qui profite la long tail?

Tant les nouveaux arrivants que les organisations traditionnelles adaptent leur modèle d’affaires et développent des stratégies compatibles avec la réalité «long tail». Selon Bob Offutt de PhoCusWright, ils obéissent aux mêmes règles de base, soit exploiter le pouvoir du Web et reconnaître la portée significative des créneaux commerciaux, tant chez les fournisseurs que dans les canaux de distribution.

Les exemples d’entreprises qui tirent leur épingle du jeu de la long tail sont nombreux et concernent tous les secteurs touristiques. Du côté de certains transporteurs aériens tels que Southwest, United et Air Canada, les sites de réservation sont devenus de véritables portails multi-produits d’agences de voyages, avec une présence accrue d’autres services tels que: activités, réservations dhôtel ou location de voiture (voir image).

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Les compagnies aériennes s’attendent à réaliser de 2 à 5% de leurs ventes en ligne à partir d’une offre non traditionnelle. Autre signe révélateur de l’effet «long tail»: on recense près de 300 compagnies aériennes qui ne proposent plus d’inventaires aux GDS, pourtant incontournables il n’y a pas si longtemps.

La révolution touche aussi le secteur de l’hébergement alors que l’on ne compte que 60 000 à 80 000 propriétés offertes par le biais des GDS. Jusqu’à récemment, toutes les autres catégories telles que les gîtes, les auberges et les condos n’étaient pas efficacement accessibles par les internautes pour des réservations en ligne. Aujourd’hui, le consommateur a accès à une palette de choix qui n’a jamais été aussi garnie avec des centaines de portails de réservation spécialisés dans une offre d’hébergement non traditionnelle.

Le champ d’influence du phénomène «long tail» s’étend à peu près à tous les autres secteurs touristiques. Les compagnies de voitures de location n’y échappent pas avec un site comme www.carrentalexpress.com qui permet de réserver directement en ligne auprès de plus de 300 entreprises indépendantes dans le monde.

Même chose pour le tourisme d’affaires où lon offre aux voyageurs des solutions Web plus raffinées que jamais. Par exemple, www.reardencommerce.com offre un outil en ligne qui se rapproche davantage d’un véritable assistant personnel de voyage (voir image). Dans une approche tout à fait intégrée aux agendas électroniques, on y trouve, en plus des fonctions de réservations traditionnelles, un panier varié d’ajouts tels que les attraits et les événements, les restaurants, les stationnements d’aéroports, le transport terrestre, ainsi que d’autres fonctions utilitaires comme le statut des vols, les directions routières, un service de messager, etc. Il s’agit encore une fois d’une occasion formidable, grâce au Web, pour tous les prestataires de services liés de près ou de loin au tourisme d’affaires de se forger une niche quelque part dans cette long tail.

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Un profil de la «long tail»

Terry Jones, de la firme Reardon Commerce, a partagé sa vision d’un profil touristique de la long tail. Selon lui, il faut considérer que, d’un point de vue financier, les nombreux produits connexes qui se greffent aux principales composantes du voyage jouissent de fortes marges bénéficiaires (voir illustration). Ainsi, les items plus marginaux recherchés par le consommateur sont ceux qui obtiennent les meilleurs taux de conversion de vente.

 

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Courbe long tail associée aux voyages

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En plus de son accessibilité générale sur le Web, l’autre élément clé du succès des services de la long tail, selon Terry Jones, repose dans leur capacité à être accessibles au bon moment. On apprend par exemple que 64% des gens d’affaires qui voyagent fréquemment et qui achètent en ligne ont aussi acheté un billet pour assister à un événement au cours de la dernière année. Auparavant, comme ce type de service ne faisait pas partie du processus de réservation, la prestation était habituellement achetée à destination. Maintenant, on est en mesure de proposer une approche de recherche beaucoup plus verticale au consommateur et de lui offrir, au moment opportun, la possibilité d’ajouter d’autres services à son panier de voyage.

Terry Jones a aussi fait remarquer que les entreprises ont autant l’occasion de participer à la queue de la courbe qu’à sa tête. Par exemple, un touriste qui achète un billet d’autobus pour visiter la ville de New York peut se voir offrir, sur le site du transporteur, des billets de dernière minute pour un spectacle sur Broadway. À l’inverse, un transporteur peut proposer des billets d’autobus sur la vitrine culturelle de la ville de New York aux visiteurs à la recherche de billets de spectacles. Voilà ce qui fait la force de la long tail: être au bon endroit au bon moment.

Que doivent surveiller les gestionnaires?

Une fois de plus, les règles du jeu changent rapidement et les gestionnaires en tourisme doivent plus que jamais demeurer vigilants. On doit notamment s’attendre à voir apparaître plusieurs nouveaux portails spécialisés de réservations en ligne. La remise en question du modèle de Pareto, la fameuse loi du 80-20, interpelle les dirigeants à capitaliser sur les nouvelles tendances du marché afin d’identifier de nouveaux créneaux de marché. Grâce au Web et à la multiplication des réseaux de distribution spécialisés, tout bon produit peu devenir visible et possiblement rentable.

Lire aussi:
PME, attention, grâce au phénomène «long tail», la célébrité vous guette!
L’ère de la transparence: adaptez votre mentalité

Source:
– Conférence PhoCusWright «Braving The Long Tail», tenue à Orlando du 12 au 15 novembre 2007.