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L’innovation et l’hôtel de demain

En hôtellerie, l’innovation est essentielle pour rester dans la course, se démarquer de la concurrence et s’adapter aux nouvelles tendances de consommation et de voyage. Qu’elle soit liée au produit, au service ou au processus de gestion, elle doit être au cœur des réflexions stratégiques des hôteliers. Pour éveiller des idées, rêver et se préparer au futur, voici une vision de l’hôtel de demain.

L’innovation débroussaillée

L’innovation en matière d’hébergement n’est pas aussi radicale que dans d’autres secteurs comme celui des nouvelles technologies, par exemple, où de nouveaux produits et services sont créés de toutes pièces. On parle davantage d’innovations qui augmentent la valeur de l’offre. Elles peuvent être liées soit au produit soit au processus de livraison de la prestation touristique.

Innovations liées au produit

  • Le produit lui-même:

–  Offre nouvelle ou modifiée;
–  Produit exemplaire (éco-installation, écoresponsable);
–  Produit combiné (hébergement, restauration, activités).

  • Le client: produit ciblé (jeunes, femmes d’affaires).
  • Le lieu: offre située dans un endroit insolite, unique.

Innovations liées à la livraison de la prestation touristique

  • La co-création. Les clients participent à la définition de l’offre ou de nouveaux produits, notamment par les communautés virtuelles. Technique d’abord utilisée par les Nike et Apple de ce monde, les chaînes hôtelières s’y mettent aussi.
  • Le recours à des experts. Par exemple, s’adjoindre les services de professeurs de yoga, de langues ou de danse, s’associer à une entreprise de production de spectacles ou encore à des experts en interprétation de la nature ou des arts.
  • Modes de réservation et de tarification innovants.
  • Gestion des ressources humaines.

Pour les entreprises de petite taille, c’est-à-dire la majorité, l’accès à l’innovation est souvent difficile. Elles doivent alors se doter de compétences ou de technologies adéquates et prendre du temps pour développer de nouveaux produits ou modes de gestion.

Maintenant, imaginez…

M. Mark Watkins, président du Comité pour la modernisation de l’hôtellerie française, partage sa vision de l’hôtel des 15 à 25 prochaines années dans la revue Espaces.

La technologie sera au cœur de l’hôtellerie de demain
Que ce soit pour modifier la température par commande vocale, l’éclairage ou le niveau d’humidité,  pour régler le volume du téléviseur ou pour contrôler la pression de la douche, tout sera automatisé. Le «sans-fil» est bien sûr la norme, et la sécurité est renforcée par la biométrie qui permet le contrôle de l’accès grâce à la détection de l’iris ou l’effleurement du doigt. Les clients détiennent une «carte» contenant des informations sur leurs préférences et d’autres aspects, comme leur santé. Les bornes d’enregistrement et de paiement existent déjà dans quelques hôtels. Elles se multiplieront et seront plus performantes. Tant les réservations que les paiements pourront également se faire à partir de téléphones intelligents.

La technologie est aussi un outil de gestion de l’hôtel. Elle permettra de détecter toute anomalie ou tout appareil en panne. Les téléviseurs sont toujours plus grands et de meilleure définition. Les modèles 3D envahissent les hôtels. Ces écrans sont liés à Internet ainsi qu’aux services de l’établissement (conciergerie, réception).

Un confort adapté au client
Les chambres d’hôtel n’ont pas beaucoup évolué depuis les quarante dernières années, le modèle est sensiblement le même. Il est peut-être temps de le revoir! La chambre de demain sera polyvalente et modifiable en temps réel. En effet, les murs pourront changer de teinte, les meubles seront plurifonctionnels (lit, plan de travail, espace de lecture) afin de mieux répondre aux divers besoins des voyageurs d’affaires, des familles, des seniors, etc.

L’humain gagne un centimètre tous les huit ans et les lits passeront donc de 2,1 à 2,2 mètres de long. L’ergonomie sera une condition à tout aménagement. Le bruit, principal aspect de mécontentement des clients, sera du passé grâce à une isolation phonique optimisée.

À l’attaque!
L’hôtel de demain fera la guerre aux bactéries, aux acariens et aux saletés. Les personnes asthmatiques s’y sentiront bien. Tous les matériaux seront hypoallergéniques, antitaches, voire autonettoyants, ou nécessiteront peu d’entretien.

Écologie et durabilité
À l’instar de l’hôtel viennois Stadhalle qui produit autant d’énergie qu’il en consomme, les établissements seront en mesure de fabriquer l’énergie renouvelable nécessaire à leurs besoins. Le recyclage des eaux usées et des déchets solides servira aussi à créer de l’énergie. Les serviettes jetables (mais récupérables et produisant éventuellement de l’énergie) existent déjà, mais sont peu agréables au toucher. Ce produit sera sûrement perfectionné dans les années à venir.

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www.hotelstadthalle.at/en

Les choix en matière de construction tiendront compte de la durabilité des matériaux. La société de consommation telle qu’on la connaît depuis plusieurs années n’a plus sa place. Il importe de protéger les ressources naturelles.

N’oublions pas le plus important: le client!
Les voyageurs auront toujours autant besoin d’émotions, de dépaysement et d’être rassurés. Il faudra faire attention de ne pas tomber dans le piège d’une présence trop forte de la technologie, au détriment de l’aspect social. Les avancements technologiques devront être compensés par les échanges et la chaleur du personnel. Cette partie n’est pas gagnée; malgré les progrès informatiques des dernières années, l’accueil n’a pas réellement changé. Bref, l’innovation sera aussi mise au service de la relation client qui devra être repensée.  M. Watkins conclut en rappelant qu’«un hôtel doit être un lieu où l’on s’ouvre à l’autre, où l’empathie règne, où l’on échange: c’est un lieu communicant et convivial».

Sources:

– Petit, Olivier et Pierre Liger. «L’innovation, une nécessité pour les hébergements touristiques», Espaces, novembre 2009.
– Watkins, Mark. «L’hôtel de demain est déjà sur les planches à dessins», Espaces, novembre 2009.
www.hotelstadthalle.at/en

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Ailleurs dans le monde Marketing Produits et activités

Cartes urbaines: un outil touristique enthousiasmant!

De plus en plus de villes et même des régions émettent des cartes urbaines (city pass ou city card). La proposition de ce type de carte constitue un avantage compétitif pour une destination touristique. Il s’agit d’un instrument utile pour créer une offre intégrée (qui utilise les attraits majeurs comme force d’attraction pour les plus modestes et les moins connus), pour stimuler la coopération entre différents partenaires ainsi que pour gérer les flux touristiques et la saisonnalité.
Il existe différents types de cartes:

  • la carte musée «classique»: entrées gratuites dans plusieurs ou quelques musées de la ville;
  • la carte tout inclus: entrées gratuites dans différents établissements et transports publics;
  • la carte de rabais: entrées et transports publics à prix réduit.

En Amérique du Nord, CityPass offre des cartes pour les destinations suivantes: Atlanta, Boston, Chicago, Hollywood, Houston, New York, Philadelphie, San Francisco, Seattle, le sud de la Californie et Toronto. À Montréal, une carte valide (Carte Musées Montréal) durant trois jours donne accès gratuitement à 34 musées avec ou sans transport en commun.
Les cartes peuvent apporter les avantages suivants:

  • augmenter la durée de séjour des visiteurs;
  • améliorer la compétitivité d’une destination;
  • attirer davantage de touristes en basse saison;
  • gérer l’attente plus efficacement dans les attractions;
  • connaître le comportement des visiteurs et leurs dépenses lorsque les cartes sont munies de puces RFID.

Leur succès repose sur une offre bien intégrée et de haute qualité. Le budget initial requis pour produire la carte et l’engagement des différents partenaires agissent comme des barrières à l’entrée.

Des avantages pour les établissements participants

Pour les visiteurs, la carte urbaine peut améliorer la qualité du séjour grâce à la possibilité d’économiser de l’argent et du temps et d’approfondir leur connaissance de la destination. Les visiteurs ne sont pas les seuls à apprécier ces cartes. Les attraits, les musées et les bureaux d’information y voient aussi des avantages, malgré la réduction sur le prix d’entrée qu’elles signifient.

Source de revenus additionnels

La hausse des revenus pour les attractions peut provenir de deux sources:

  • Attirer des visiteurs, principalement des touristes, qui ne seraient peut-être pas venus sans une carte urbaine;
  • Dégager des marges bénéficiaires de la vente de cartes (les musées et attraits sont souvent des distributeurs). Ces revenus peuvent être considérables, comme c’est le cas par exemple pour le Space Center Houston au Texas.

En fait, les revenus tirés de la vente de cartes peuvent être importants pour certains établissements et minimes pour d’autres. Par exemple, au kiosque d’accueil d’un musée dont l’entrée est de 20$, il est intéressant d’acheter la carte qui donne accès à d’autres établissements au coût de 40$. Cette proposition est moins avantageuse lorsque l’entrée est peu coûteuse. De plus, les établissements moins connus ou hors des grands centres en tirent des revenus moindres.

Avantages marketing

Les cartes peuvent aussi constituer des outils marketing non négligeables. Comme l’observe le directeur du Teatermuseet de Copenhague, «même si les détenteurs de la Copenhagen Pass représentent moins de 10% des visiteurs au musée, le programme des cartes urbaines est associé à des relations publiques et donne de la visibilité à l’établissement dans les outils promotionnels».

Portée internationale

Les services de cartes internationaux (CityPass et European City Cards) offrent une vitrine mondiale avantageuse, surtout pour les établissements ayant un budget promotionnel limité. Ellen Flowers, responsable des relations avec les médias pour le Centre des sciences de l’Ontario, confirme que CityPass permet au musée de faire une distribution plus vaste vers des marchés qu’il avait du mal à atteindre, tels que l’Europe. Au London Canal Museum, presque tous les visiteurs détenteurs de la London Pass sont des voyageurs étrangers, tout l’inverse de ceux qui paient leur entrée sur place.

Quelques bonnes pratiques

Ciblage des marchés

Certaines cartes proposent une différenciation de prix, par exemple un tarif jeunesse. La Madrid Card Niños offre des réductions sur les attractions pour enfants (différentes de ceux de la Madrid Card standard). Il existe aussi des cartes qui s’adressent au marché MICE (meetings, events, exhibitions and conferences), comme la Frankfurt Kongress Museums Ticket qui donne accès à 33 musées et institutions culturelles (coût de la carte: un euro). À défaut de générer des revenus pour les établissements, cette carte leur offre une visibilité importante et représente un avantage pour les organisateurs de congrès ou d’événements.

Technologie

Les cartes de Madrid, de Burgos, de Córdoba et de Séville sont munies d’une puce intelligente qui est reconnue par les terminaux de validation de chacun des établissements participants. La carte est activée automatiquement pour la durée choisie (24, 48 ou 72 heures) et permet de compiler des données sur les visiteurs. Les cartes CityPass sont maintenant associées à WhereTraveler, un éditeur de guides de voyages, afin d’offrir un service mobile. Les détenteurs de la carte ont ainsi accès à de l’information et à des conseils voyage à partir de leur téléphone intelligent.

Étalement saisonnier

Pour attirer les touristes en hiver, la Winter Card de Dubrovnik (gratuite) offre des rabais dans divers services et établissements de la ville à tous ceux qui séjournent un minimum de deux nuits à l’hôtel.

Environnement

La plupart des cartes incluent le transport en commun et certaines ont récemment ajouté l’accès aux vélos en libre-service.

Accès à Internet

Quelques cartes, comme celle de Reykjavík, incluent un accès gratuit à Internet.

Comment optimiser la carte?

  • En en faisant la promotion.
  • En proposant l’achat de billets d’entrée pour les expositions temporaires et les événements aux détenteurs de la carte.
  • En considérant la possibilité de consacrer une entrée particulière aux détenteurs de carte pour leur éviter l’attente, s’il y a lieu.

Cependant, la promotion de la carte n’est pas uniquement l’affaire des musées et des établissements. Les acteurs de promotion de la destination et de la culture doivent unir leurs efforts pour en faire une mise en valeur concertée et pour optimiser l’expérience du client.

Analyse rédigée dans le cadre d’un partenariat avec Tourisme Montréal sur le tourisme culturel

Sources:
– Anderson Mann, Lisa. «A Broader Audience», FunWorld, édition de novembre-décembre 2009.
– Professor d’Angella. «A City Card for Milan». Master in Tourism Management IULM University, janvier 2009.
Carte Musée Montréal
Frankfurt Kongress Museum Ticket
Dubrovnik Winter Card

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Gestion Marketing Produits et activités Technologies

Avant, pendant et après la visite touristique culturelle

L’expérience culturelle d’aujourd’hui débute bien avant de se balader sur les lieux et se poursuit au-delà de la visite. Le Web et les nouveaux outils technologiques aident à gérer la relation avec un touriste. Ce dernier s’attend d’ailleurs à ce que l’entreprise réponde à ses besoins à chacune des trois étapes: avant, pendant et après la visite. «Pour les sites culturels et touristiques, il ne s’agit donc plus seulement de fournir un service limité dans le temps, mais de construire une véritable gestion de la «relation client» par une communication ininterrompue.»

Cette analyse est inspirée principalement par l’étude, Visite culturelle et TIC,  réalisée par Atout France (dont la citation précédente) ainsi que par divers écrits de Philippe Fabry, responsable du e-tourisme à ATOUT France (l’agence de développement touristique de la France), qui s’intéresse particulièrement à l’apport des technologies aux cours d’une expérience culturelle. L’expérience touristique d’un attrait est aujourd’hui autant physique que virtuelle. Le site, tant sur place qu’à travers son portail Web doit inviter le visiteur à découvrir les alentours, à consommer et à acheter des produits dérivés ou locaux et à partager son expérience.

Avant

Le premier contact se fait généralement par Internet. Le touriste potentiel s’y rend pour se renseigner et c’est l’occasion de faire preuve d’attractivité, de piquer sa curiosité mais aussi de lui fournir toutes les informations pratiques dont il pourrait avoir besoin. Il s’agit en fait de se mettre à la place de l’internaute pour le comprendre et répondre à ses motivations, ses questionnements et ses intérêts. Les façons de s’y prendre ont bien évolué au cours des dernières années.

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Source: Visite culturelle et TIC, ATOUT FRANCE

Outre les exemples mentionnés dans le tableau, il est possible de proposer une visite virtuelle comme le font les centres de villégiature CenterParcs en France ou encore de présenter des collections en ligne. Le Musée d’art de Joliette offre une belle vitrine à une partie de sa collection avec le projet «Itinéraire en art contemporain».

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Musée d’art de Joliette

Les jeux interactifs sont une façon intéressante de prendre contact avec l’éventuel visiteur, particulièrement les groupes scolaires. Le musée Pointe-à-Callière en offre quelques exemples.

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Musée Pointe-à-Callière

Pendant

Une fois in situ, la visite doit être à la hauteur des attentes, tant sur le plan de l’orientation dans l’espace que de la satisfaction de la curiosité et des désirs. Les nouveaux outils technologiques permettent de multiplier les possibilités d’information pour répondre à différents publics cibles (enfants, touristes, handicapés) et agrémentent ou encore facilitent la visite.

Pour la visite de Versailles par exemple, plusieurs documents sonores et vidéos sont téléchargeables gratuitement et géolocalisés. À surveiller, la nouveauté de l’heure: la réalité augmentée. Pour les lieux culturels, elle offre de multiples possibilités comme, entre autres, la visualisation de monuments disparus ou des simulations du passé (lire aussi: La réalité augmentée au service de l’expérience client).

Autre exemple, le Musée de la civilisation de Québec œuvre à la mise en place d’une visite de la place Royale à Québec en utilisant comme guides des outils mobiles comme l’iPhone ou l’iPod (lire aussi: La démocratisation des audioguides: l’ère du numérique.

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Source : Visite culturelle et TIC, ATOUT FRANCE

Après

Souvent négligée, cette dernière étape est de plus en plus importante en raison de la facilité avec laquelle les consommateurs peuvent maintenant partager leur opinion à un très grand nombre de personnes grâce à Internet. Le bouche-à-oreille d’aujourd’hui a une très grande portée, que l’expérience soit positive ou négative. M. Fabry recommande aux établissements culturels de prendre les devant en offrant des tribunes sur le Web, que ce soit un questionnaire de satisfaction en ligne, un forum ou par le biais de sites connexes. Il est aussi possible de favoriser les commentaires des visiteurs sur le site même par des bornes Internet ou des supports mobiles.

Pour faire de ce touriste un bon ambassadeur, il doit d’abord se souvenir de son expérience et conserver son enthousiasme. Ensuite, il faut l’inciter à partager ses souvenirs (idéalement positifs!) auprès du plus grand nombre possible de personnes. Il a une influence importante sur sa famille et ses amis, mais également par le biais des réseaux sociaux en ligne auxquels il participe. Enfin, il est aussi possible de lui proposer des achats de produits ou de services liés à son expérience.

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Source : Visite culturelle et TIC, ATOUT FRANCE

Enfin, il importe de profiter du Web pour développer ou renforcer les liens entre l’offre culturelle et touristique et ainsi proposer des expériences combinées, ce qui ne se fait que très peu d’ailleurs. Le musée Guggenheim de Bilbao est, à cet égard, un exemple inspirant. M. Fabry pose une question à ses lecteurs d’outre-mer et je vous questionne à mon tour: quel attrait culturel propose sur son site Internet des possibilités de restauration, d’hébergements ou d’activités dans les environs ?

 

Analyse rédigée dans le cadre d’un partenariat avec Tourisme Montréal sur le tourisme culturel

 

Lire aussi: Du tourisme à la culture, le Web 2.0 se décline

Sources:

– Portnoff, André-Yves, Susbielle, Jean-François et Dalloz, Xavier. «Visite culturelle et TIC», ATOUT FRANCE, septembre 2009.

– Fabry, Philippe. «Du bon usage des nouvelles technologies pour le tourisme culturel», Tourisme Culturel.net, 26 juin 2008.
– Fabry, Philippe. «Usages numériques et le continuum temps», Blog tourisme et TIC, 12 novembre 2008.
– Dos-Santos, Marjorie. «Valoriser la visite culturelle et touristique avec les NTIC –  conférence de Philippe Fabry», I-Tourisme, 9 juin 2009.
– Dalbera, Jean-Pierre. «Quelle politique numérique choisir à l’heure du Web collaboratif?», présentation lors du colloque «Le patrimoine mis en scène à l’Université d’Avignon, 15 mai 2008.
– Fabry, Philippe. «Rêver et sélectionner, c’est avant, pendant et après le voyage», Blog tourisme et TIC, 25 septembre 2008.
– Cameron, Daphné. «Musées: à la conquête du web», Cyberpresse.ca, 15 août 2009.

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Ailleurs dans le monde Hébergement Marketing Produits et activités

Artistes en résidence: nouveaux acteurs dans l’expérience touristique

Que l’on parle d’expositions d’artistes dans les aéroports ou d’une œuvre peinte à même le mur d’un foyer d’hôtel, il n’y a pas de doute, la culture s’intègre de plus en plus aux composantes de l’expérience touristique. Pourquoi alors ne pas pousser l’idée encore plus loin en transformant une partie de votre espace en véritable lieu d’inspiration et de création artistique? Des intervenants touristiques développent des programmes d’artistes en résidence, et ce, au grand bonheur de leurs clients.

Le contact avec l’artiste en création permet à l’entreprise:

  • de se faire remarquer, de se distinguer de la concurrence et de faire parler d’elle;
  • d’améliorer la qualité de l’expérience touristique de ses clients en y ajoutant un élément inusité et un brin d’authenticité;
  • de se positionner comme mécène et de créer un environnement propice aux échanges culturels;
  • d’offrir à un artiste une occasion inouïe de s’inspirer d’un nouveau milieu afin d’y produire une œuvre.

Nous vous présentons quelques exemples d’artistes en résidence dans divers secteurs de l’industrie en espérant qu’ils puissent être une source d’inspiration.

Dans les hôtels

L’Hôtel Pfister de Milwaukee a lancé son programme d’artiste en résidence au printemps en rénovant son centre d’affaires pour y inclure un studio ainsi qu’une galerie d’art. L’artiste y peint une bonne partie de la semaine et des fins de semaine pendant que les clients de l’établissement sont invités à venir découvrir ses créations au fur et à mesure qu’il les réalise. Reginald Baylor, l’artiste résident actuel, est également chargé des visites de la collection d’art de l’hôtel à l’occasion des forfaits «Overnight Art Package» et il accueille même les groupes scolaires pour leur expliquer son processus créatif.

Artiste en residence

Source: www.thepfisterhotel.com

Voyez l’artiste qui emménage dans ses nouveaux locaux de création:

Le Creators Inn by Elvine est un microhôtel à l’intérieur de l’Hôtel Scandic Malmen de Stockholm, où les âmes créatrices sont invitées à soumettre une demande pour loger gratuitement pendant l’été. En plus de la chambre, les personnes acceptées ont accès à un espace de travail commun, à une cuisine, à une salle à manger, à un studio de musique et à un atelier au sous-sol. Selon le concepteur du projet, le but est de promouvoir la région auprès des artistes dont la seule présence contribue à rendre la ville plus intéressante. Le site Internet du microhôtel propose même des entrevues avec les artistes qui donnent leurs commentaires sur la ville et sur les services de l’établissement. Le concepteur qualifie l’initiative de responsabilité sociale créative (Creative Social Responsibility), mais avoue qu’il s’agit là d’un exercice de marketing efficace.

artiste en residence
Oeuvre en papier de l’artiste Shin Tanaka, client invité du Creators Inn.
Source: www.creatorsinn.com

L’Hôtel Marienbad de Berlin offre une chambre cinq étoiles aux artistes fauchés en échange d’une œuvre. Certains y ont laissé des traces permanentes (sculptures, tableaux, installations) tandis que d’autres ont présenté leurs œuvres éphémères à l’occasion d’événements ouverts au public. Ainsi, des projections de films, des lectures poétiques et des concerts électropunk ont eu lieu à l’hôtel, lui procurant une atmosphère comparable aux soirées élégantes du 18e siècle consacrées aux arts.

artiste en residence
Source: www.cultureprojects.com

Dans les grands espaces

Le programme d’artiste en résidence dans le parc national du Gros-Morne, à Terre-Neuve, est une activité de diffusion de la Art Gallery of Newfoundland and Labrador (AGNL), créée en 1998 dans le but de rendre le parc plus accessible au public à partir des arts. Le parc héberge de 3 à 4 artistes canadiens ou internationaux par année qui, en plus de s’adonner à un effort créatif, participent à la programmation et interagissent avec les visiteurs, les résidents, les scientifiques et les employés. Les œuvres inspirées des lieux sont ensuite exposées dans des galeries d’art à travers le monde. Le programme connaît un tel succès qu’il a été lancé dans d’autres parcs nationaux à Terre-Neuve et au Yukon.

Dans le Rocky Mountain National Park du Colorado, les artistes en résidence demeurent deux semaines dans une cabane historique à flanc de montagne. À la fin de leur séjour pendant lequel ils interagissent avec les visiteurs, une œuvre est choisie; elle sera soit intégrée à la collection d’art du parc pour exposition, soit vendue. Les fonds recueillis serviront à financer le programme d’artiste en résidence ainsi que la préservation du bâtiment.

artiste en residence
Source: www.nps.gov

Dans l’aéroport

L’aéroport de Heathrow a invité l’écrivain Alain de Botton à y passer une semaine à titre d’artiste en résidence dans le but de prouver qu’un aéroport est un lieu intéressant d’observation. L’auteur a donc eu un accès libre au nouveau Terminal 5, récemment critiqué pour ses longues files d’attentes à la sécurité. Récemment publié, son livre intitulé A Week At The Airport: A Heathrow Diary expose les rouages de l’aéroport; les voyageurs et employés rencontrés deviennent les personnages de son récit, écrit, en partie, sur place. L’ouvrage sera distribué gratuitement à 10 000 passagers dans l’aéroport et mis en vente en librairie. C’est ce que l’on peut qualifier de stratégie de marque pour le moins innovatrice.

artiste en residence
Source: www.heathrowairport.com

Même dans les DMO

En juillet, l’Office de tourisme de Chicago, la seule organisation de gestion de la destination (OMD) aux États-Unis à faire partie intégrante du service des affaires culturelles de la ville, a annoncé l’arrivée du créateur Jim Lasko à titre d’artiste en résidence. Il est chargé de la réalisation d’un événement de très grande envergure pour 2011 qui unira artistes, résidents et visiteurs dans la promotion de la ville comme destination culturelle incontournable.

Danse, musique, arts du cirque, nouveaux médias, théâtre, littérature… toutes les formes d’art ont de quoi émerveiller votre clientèle. Avez-vous un espace sous-utilisé à un moment de l’année que vous pourriez transformer en un lieu d’inspiration et de création artistique?
De L’Écart à Rouyn-Noranda à la coopérative Lézarts à Montréal, les centres de création ne manquent pas au Québec. Pourquoi alors ne pas faire appel à cette communauté artistique pour établir des liens qui bénéficieront à tous?

 

Analyse rédigée dans le cadre d’un partenariat avec Tourisme Montréal sur le tourisme culturel

Lire aussi: Et si la culture allait à la rencontre des touristes?
Au lieu de penser produit, pensez expérience

Sites:
www.thepfisterhotel.com/
www.creatorsinn.com/
www.cbc.ca/artspots/
www.therooms.ca/artgallery/summer_residencies_2010.asp
www.nps.gov/romo/supportyourpark/artist_in_residence.htm
www.explorechicago.org/
www.lezarts.coop
www.lecart.org/residence.asp

Sources:
–  Agence France-Presse. «Un écrivain en résidence à l’aéroport d’Heathrow», Cyberpresse, 19 août 2009.
–  Connolly, Kate. «Room service: Berlin hotel tells artists to pay for stay with artwork, not cash», The Guardian, 9 août 2009.
–  Kogan, Rick. «The City is his Canvas», Chicago Tribune, 30 août 2009.
–  «De Botton’s airport diary launched at Heathrow today», www.springwise.com , 22 septembre 2009.
–  «Un écrivain en résidence dans un aéroport», Le Devoir, 20 août 2009.
–  «Stockholm hôtel offers free haven for creative souls», The Local, 15 mai 2009.

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Ailleurs dans le monde Hébergement

Le tout inclus urbain

Ce n’est pas parce l’économie souffre que plus personne ne recherche le confort… Partant de cette prémisse, un nouvel hôtel-boutique, le Quincy Hotel, a récemment ouvert ses portes à Singapour. La singularité de l’établissement, stratégiquement situé au cœur du centre-ville, tient à sa formule tout inclus. Plutôt original pour un établissement urbain visant la clientèle d’affaires!

Le prix de la location d’une chambre inclut pratiquement tout. Une limousine vient chercher le client à son arrivée à l’aéroport et celle-ci est dotée d’une connexion Internet sans fil. Sont également inclus trois repas par jour ainsi que les cocktails entre 18h et 20h. Il n’y a pas à se gêner avec le minibar, qui est réapprovisionné chaque jour. Toutes les chambres comprennent un grand lit de première qualité, un bain à remous, une douche, Internet et un rangement de sécurité. L’hôtel règle même la facture pour le nettoyage de deux vêtements par chambre,  par jour. À 150 USD par nuit, c’est du service !!! Depuis son ouverture en mars dernier, son taux d’occupation est d’environ 76%.

La formule tout inclus en ville, y avons-nous pensé?

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Source:
–    Kollau, Raymond. «All-inclusive boutique biz hotel opens in Singapore», [www.springwise.com], 27 mai 2009.
–    www.quincy.com.sg

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Produits et activités

La randonnée pédestre: une activité qui fait son chemin…

La randonnée pédestre, en raquettes, en souliers à crampons, en montagne, la marche nordique, urbaine, rapide, de santé… les dénominations sont nombreuses et les adeptes abondent. Le territoire québécois semble l’endroit tout indiqué pour développer une offre et devenir une destination prisée dans ce domaine en pleine croissance. Topo de ce secteur d’activité et quelques trucs pour attirer et accueillir adéquatement la clientèle lors de séjours touristiques.

D’entrée de jeu, spécifions que la randonnée pédestre se pratique en milieu naturel, alors que la  «marche» ratisse plus large et englobe autant la randonnée pédestre que celle qui s’effectue en milieu urbain.

Les données du Print Measurement Bureau (PMB 2008) indiquent que 20% des Québécois de 12 ans et plus ayant réalisé un voyage de vacances au Canada au cours des 12 derniers mois nomment la randonnée pédestre parmi les activités qu’ils pratiquent. Cette proportion était de 17% quatre ans plus tôt.

De bonnes raisons de marcher

Le directeur de la Fédération québécoise de la marche, M. Daniel Pouplot, observe un réel engouement pour cette activité. Il soutient qu’en 12 ans, le nombre de membres du regroupement a quadruplé. Plusieurs facteurs expliquent cette augmentation, dont:

  • le vieillissement de la population;
  • une meilleure conscience environnementale;
  • l’aspect économique de l’activité;
  • l’accessibilité aux jeunes familles.

Ces facteurs devraient favoriser le développement de cette activité pour encore de nombreuses années. Les obstacles qui limitent son épanouissement résident surtout dans le fait qu’il s’agit d’une activité très répandue, dont les aménagements sont forcément déjà existants ou ne sont pas jugés nécessaires. Les gens et les organisations s’impliquent peu dans leur développement. En ce qui a trait à la relève, les jeunes de la génération Y (dans la vingtaine) sont très sollicités par les activités extrêmes et sont moins interpellés par la randonnée pédestre, à moins qu’elle ne se pratique en haute montagne ou encore qu’elle suppose un niveau d’endurance élevé, comme la longue randonnée.

Une offre inégale

L’offre du Québec comme destination de randonnée atteint 8914 km allant de l’ascension de hauts sommets, comme les monts Chic-Chocs ou ceux des parcs de Charlevoix, à des sentiers de type linéaire et de niveau de difficulté facile ou intermédiaire, qui sont les plus répandus. Malgré cela, l’offre et le positionnement du Québec comme destination de randonnée demeurent peu structurés et mal définis. Une étude publiée en 2001 par Zins Beauchesne & associés révélait un certain nombre de faiblesses de l’offre en matière de randonnée pédestre au Québec. En voici quelques-unes:

  • une mauvaise signalisation des points d’entrée à certains endroits;
  • une information peu disponible ou déficiente sur les sentiers lorsqu’on arrive à destination;
  • une qualité très inégale des sentiers proposés;
  • de nombreux tronçons sans valeur d’expérience particulière.

Pour séduire les randonneurs…

Les infrastructures d’accueil peuvent jouer un rôle important pour favoriser la fréquentation des sentiers et faire valoir la destination auprès des randonneurs. L’organisme écossais de promotion touristique VisitScotland s’est penché sur la question et propose un guide aux entreprises qui se situent à proximité des sentiers de randonnée pédestre – court ou long trajet – dans lequel il décrit quatre types de touriste-randonneur:

  • L’explorateur engagé fréquente les montagnes et les milieux reculés ou peu achalandés. C’est avant tout un passionné et le but premier de son voyage est la randonnée.
  • L’explorateur à mi-temps recherche le même type de milieu que le premier, mais souhaite du confort à la fin de sa randonnée. Il aime aussi pratiquer d’autres activités liées au milieu d’accueil, comme découvrir la culture et l’histoire.
  • Le marcheur engagé effectue des randonnées intermédiaires (moins de huit kilomètres ou cinq miles). Il aime la marche mais dans une zone de confort. Il connaît ses limites et compte les respecter. Il aime bien récompenser son effort.
  • Le marcheur à mi-temps fait des randonnées intermédiaires et faciles. Il aime bien marcher lorsque ça fait partie d’un ensemble d’activités.

Les recommandations qu’on trouve dans le guide peuvent très bien s’appliquer aux entreprises québécoises. Ainsi, pour satisfaire (et fidéliser) les voyageurs adeptes de la marche dans votre établissement…

  • Assurez-vous de connaître les sentiers et les promenades qui débutent à moins de cinq kilomètres de votre entreprise.
  • Munissez-vous des cartes de ces sentiers et prenez connaissance des niveaux de difficulté.
  • Identifiez les marcheurs parmi les membres du personnel et faites-en des ambassadeurs de cette activité dans le secteur.
  • Prenez connaissance des heures d’arrivée et de départ des moyens de transport publics et privés et trouvez un moyen (navette, taxi) d’accommoder ces visiteurs vers les accès aux sentiers et autres attraits.
  • Soyez flexibles pour les heures de repas.
  • Assurez-vous qu’ils trouveront tout le confort à leur retour, car le mauvais temps n’empêche pas les plus endurcis d’aller marcher.
  • Offrez-leur la possibilité de transférer leurs bagages, dans le cas des longues randonnées.
  • Tenez-vous toujours au courant de la météo du moment et de celle prévue pour les prochains jours.

Mettre à niveau et bonifier le produit

Enfin, la mise à niveau du réseau des sentiers, les efforts pour en assurer la pérennité ainsi que la promotion font partie des principaux enjeux. Le potentiel de développement est pourtant bien présent et les possibilités de randonnées de différents types existent, mais certaines sont méconnues du grand public. Pensons notamment à la longue randonnée de plus de trois jours, par le Sentier national. Exploitons davantage ce créneau prometteur en optimisant l’offre en place et en renforçant le positionnement du Québec. La mise en valeur et la bonification du réseau passent indéniablement par l’offre touristique qui le borde.

Sources:
–    Conseil québécois du loisir. «Loisir de plein air au Québec: Portrait et enjeux de développement des sentiers et des lieux de pratique», mars 2008.
–    Print measurement bureau. «Activités lors des voyages – voyage de vacances au cours des 12 derniers mois (au Canada)», 2008.
–    Print measurement bureau. «Loisirs – participe personnellement», 2008.
–    Tourism Intelligence Scotland, Scottish Enterprise, Visit Scotland et Highlands and islands Enterprise. «Walking tourism… opportunities for growth».
–    Zins Beauchesnes et associés pour Tourisme Québec. «La randonnée pédestre au Québec», mars 2001.

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Ailleurs dans le monde Technologies

Le très moderne centre d’information touristique de New York

Le centre d’information touristique de New York a récemment subi une métamorphose en profondeur. Les murs tapissés de brochures touristiques ont disparu pour laisser place à l’attraction principale: les écrans tactiles. Ces derniers permettent de rechercher tous les évènements, activités ou services touristiques sur l’interface de Google Maps. Les visiteurs peuvent ainsi naviguer à travers la ville et préparer leur itinéraire personnalisé.

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Comment ça fonctionne?

En consultant la carte interactive de Google Maps, l’utilisateur choisit ce qui l’attire parmi les restaurants, les attractions touristiques ou dix autres catégories, puis les enregistre sur une disquette. Une fois ses choix terminés, il insère sa disquette dans un lecteur qui lui présentera une visite virtuelle de son itinéraire dans un modèle 3D géant de la ville de New York. Cet itinéraire peut également être envoyé par courriel et messagerie texte ou être imprimé. Le tout, servi en neuf langues différentes.

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Le fonctionnement des interfaces étant particulièrement intuitif, il semble que les visiteurs y naviguent avec aisance et facilité. Le centre d’information est situé au 810 de la 7e avenue, entre les 52e et 53e rues.

Des brochures digitales sont également disponibles et incluent des vidéos et des recommandations de célébrité new-yorkaises. Visitez également leur nouveau site Web, nycgo.com, qui remplace nycvisit.com.

Sources:
–    Gould, Dan. «New York City’s Google Maps Powered Information Center», PSFK, 27 janvier 2009.
–    O’Neill, Sean. «New York City: A clever new trip planning website and tourist info center», Budget Travel, 21 janvier 2009.

Site Web:
–    www.nycgo.com

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Gestion Produits et activités

Foule au musée! Stratégies pour une expérience mémorable (Compte rendu de conférence)

La dernière conférence du CECA, le Comité pour l’éducation et l’action culturelle de l’ICOM (Conseil international des musées), s’est tenue à Montréal du 29 septembre au 3 octobre 2008 et avait pour thème «Tourisme culturel: tendances et stratégies». Un panel, composé de gestionnaires de grands musées, a abordé la question de la gestion de la foule. Non seulement leur intervention a été fort intéressante, mais leurs exemples peuvent être suivis par différents types d’attraits touristiques. Voici les stratégies du Museum of Modern Art, du Musée du Louvre, du Musée canadien des civilisations et du Musée national des beaux-arts du Québec… pour des expériences mémorables.

Catherine Guillou, directrice des Publics, Musée du Louvre, Paris

Le Musée du Louvre connaît bien la foule. Avec plus de 8,2 millions de visiteurs en 2007, il s’agit du musée le plus achalandé au monde, avec une bonne avance sur le British Museum (5,4 millions) et le Tate Modern Museum (5,2 millions). Le public français représente 31% des visiteurs; les 69% restants sont des touristes internationaux provenant principalement des États-Unis, de l’Italie, de l’Espagne, du Royaume-Uni, de l’Allemagne, de la Chine, du Japon, de la Russie, du Canada et de l’Australie. C’est tout un défi pour un tel établissement d’offrir une expérience unique à chaque visiteur.

Le Louvre aborde la foule en termes d’«hyperfréquentation», expliquait Mme Guillou. Cette appellation ne la limite pas à ses aspects négatifs que sont la désorganisation, les mouvements de foule ou la panique ; elle permet plutôt de réfléchir sur ce qui anime une foule, sur ce qu’elle ressent, sur ce qu’elle provoque, sur les liens qui la créent. La foule a un effet contradictoire sur le public. Elle peut entraîner des stratégies d’évitement, des visites écourtées ou passives, de la déception, de la fatigue ou de la frustration ; pourtant, elle détient un grand pouvoir d’attraction.

Voici les principales stratégies de gestion de l’hyperfréquentation du Louvre, selon Mme Guillou:

  1. professionnaliser les équipes et anticiper les crises;
  2. développer une forte coordination entre les services;
  3. connaître ses publics, faire de la prospective sur l’évolution du tourisme mondial ainsi que sur les pratiques et les comportements culturels;
  4. développer encore plus fortement une culture de l’hospitalité: chaque visiteur est unique;
  5. accepter, sans culpabilité, qu’une partie de la gestion de la fréquentation doit être assumée par les visiteurs (information préalable, prévente par Internet préparation à la visite);
  6. créer une ambiance conviviale ainsi que les conditions de la civilité;
  7. ajuster régulièrement horaires, tarifs, accès, services et offres.

En matière de civilité, le Louvre a tout récemment mis en place une campagne d’affichage originale où les règlements sont présentés aux visiteurs d’une façon fort sympathique.

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Michèle Canto, directrice Marketing et Affaires commerciales, Musée canadien des civilisations, Ottawa

Le Musée canadien des civilisations reçoit en moyenne 1,3 million de visiteurs par année et gère le Musée canadien de la guerre qui accueille 475 000 personnes annuellement. Ensemble, ils représentent les musées les plus visités au Canada. Les groupes constituent 30% de la clientèle, et les «locaux», 50%. Non seulement l’achalandage est fort pendant la semaine de relâche, la fin de l’année scolaire, l’été et la période de Noël, mais ces deux musées tiennent également de nombreuses expositions temporaires qui génèrent, elles aussi, des flux inégaux de visiteurs au cours de l’année.

Afin d’accueillir le mieux possible ses publics, Mme Canto explique que les musées se concentrent sur l’expérience du visiteur par diverses mesures:

  • un engagement de tous les paliers hiérarchiques pour une gestion axée sur le visiteur;
  • des sondages continus auprès de la clientèle;
  • une programmation et des expositions renouvelées;
  • des normes et directives de service à la clientèle, de la formation et des réunions quotidiennes pour les employés.

Comme ces musées comptent une vaste clientèle locale et de groupes, l’expérience offerte doit être sans cesse réinventée. En d’autres mots, il s’agit de s’assurer d’une bonne sélection des expositions temporaires, de leur diversité et de leur programmation au cours de l’année. Mme Canto explique également qu’une attention particulière est portée au processus d’achat de billets: prévente, file dédiée à ceux ayant acheté leur billet à l’avance, gestion de la file d’attente (sièges, employé pour répondre aux questions, dépliants disponibles) et division de l’accueil en plusieurs kiosques (information, membership, audioguides).

Une signalisation, des communications et des renseignements clairs en plusieurs langues, de même que l’usage de technologies, facilitent la visite des musées. Les groupes scolaires font aussi l’objet d’une gestion particulière.

Mme Canto conclut en mentionnant que l’évaluation des opérations est une étape importante de la gestion de l’achalandage pour mieux s’adapter et corriger les erreurs.

Glenn D. Lowry, directeur, Museum of Modern Art (MOMA), New York

En 2004, le MOMA recevait environ 1,5 million de visiteurs par année. À la suite d’un agrandissement, la fréquentation est passée à 2,7 millions de visiteurs en 2007 avec des pointes pouvant aller jusqu’à 18 000 personnes par jour. Ces dernières se répartissent entre les collections permanentes du Musée et les expositions temporaires.

La grande attention portée à la présentation des œuvres facilite l’accueil de tous ces gens. En effet, M. Lowry estime qu’il doit y avoir un parcours principal clair et simple à suivre. Il importe aussi de comprendre comment les visiteurs disposent de leur temps de visite pour ensuite organiser les services en conséquence (sièges, toilettes, etc.). Selon lui, l’atmosphère est très importante et passe, entre autres, par la densité des salles et l’éclairage. En fait, on doit y créer juste assez d’espace pour que les gens se sentent confortables et puissent interagir entre eux s’ils le souhaitent.

Le directeur du MOMA terminait sa présentation sur cette sage parole: «Le succès d’un musée ne devrait pas se mesurer au nombre de personnes qui le fréquentent, mais plutôt au fait que les œuvres exposées soient bien reçues par le public et qu’elles le touchent».

John R. Porter, directeur honoraire, Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) et président de la Fondation du MNBAQ, Québec

Le Musée national des beaux-arts du Québec n’est pas en reste avec environ 550 000 visiteurs en 2008. L’établissement a connu toute une croissance depuis les 160 000 visiteurs de 1993, grâce à quelques grands succès, dont l’exposition sur Rodin. Ces événements ont conféré au Musée une expérience qui lui a été bien utile pour l’année 2008: année toute spéciale pour le MNBAQ qui recevait une exposition du Louvre à l’occasion des Fêtes du 400e de Québec.

Pour l’occasion, on a créé un parcours, un cahier de visite ainsi qu’une scénographie originale. L’événement a été une réussite, en partie grâce à l’implantation d’un système permettant de réserver la journée et l’heure de la visite. Une telle stratégie comportait une part de risque, mais la mesure a majoritairement été appréciée par les visiteurs qui ont pu éviter la cohue. Si les réservations ont peut-être empêché de battre des records de fréquentation, la qualité de l’expérience a généralement été préservée.

M. Porter a terminé sa présentation en rappelant les incidences heureuses d’un succès, que ce soit en matière d’image, de retombées financières ou de réputation de l’établissement.

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Enfin, ses propos résumaient bien le défi que représente l’accueil d’un public nombreux; il a rappelé qu’à l’impossible nul n’est tenu et qu’il y aura toujours des gens qui souhaiteraient être seuls dans le musée pour contempler une œuvre. Cela dit, il importe de tenir compte des suggestions des visiteurs et de veiller à s’améliorer constamment.

Sources:

Présentations lors de la conférence Tourisme culturel: tendances et stratégies de l’ICOM et du CECA, du 29 septembre au 2 octobre 2008, panel Foule au Musée! Stratégies pour une expérience mémorable.

– Canto, Michèle, directrice Marketing et Affaires commerciales, Musée canadien des civilisations, Canada
– Guillou, Catherine, directrice des Publics, Musée du Louvre, France
– Lowry, Glenn D., directeur, Museum of Modern Art, USA
– Porter, John R., directeur honoraire du Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) et président de la Fondation du MNBAQ

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Ailleurs dans le monde Marketing

La mode est aux privilèges!

Dans une industrie qui ne jure que par l’expérience client, chacun souhaite donc l’améliorer constamment. Mais que veulent les consommateurs? Un statut privilégié, des services permettant de gagner du temps et de l’empathie pour leur vie étourdissante et compliquée. D’où l’abondance de nouvelles formes de privilèges et des types d’entreprises qui en mettent de l’avant. Voici quelques exemples concrets.

Mais pourquoi?

Vous offrez déjà un excellent service à vos clients, alors pourquoi vous lancer dans une stratégie additionnelle? Eh bien, parce que les privilèges:

  • vous aident à devenir uniques (ceux qui développeront l’offre la plus exclusive, ce qui se fait souvent avec un partenariat, gagneront);
  • augmentent la loyauté des consommateurs;
  • vous permet de vous démarquer lorsque vient le temps d’attirer de nouveaux clients;
  • sont souvent une valeur intéressante en matière de relations publiques;
  • cultivent une perception séduisante de la marque.

Les exemples suivants devraient continuer à vous convaincre, mais surtout, à vous inspirer…

Être le premier et le seul

Qu’il est doux de posséder ou d’expérimenter un bien ou un service exclusif! Ces privilèges ont la cote.

  • Lorsque les clients de la compagnie de téléphone cellulaire anglaise O2 achètent des billets de spectacle, ils reçoivent un Perks Pack qui leur donne accès à des avantages pour le spectacle en question. Par exemple, le forfait Diva (disponible aux spectacles d’artistes comme Tina Turner) inclut des cocktails et une séance de maquillage dans le lounge de l’entreprise.
  • L’équipe de soccer brésilienne Palmeiras réserve 5000 sièges aux détenteurs de la carte Visa. Cette section comprend un salon, un restaurant, un bar, des téléviseurs à écran plasma et d’autres privilèges. Mais surtout, les fans peuvent acheter leur billet à l’avance sans faire la queue.
  • L’Association des propriétaires d’autobus du Québec (APAQ) a bien saisi cette notion d’exclusivité. Les entreprises membres exploitent cet aspect de différentes façons: par exemples, un 5 à 7 exclusif à la cidrerie La Face Cachée de la Pomme, une visite des coulisses de la Place des Arts ou de l’Aquarium de Québec ou encore un repas à l’Auberge des battures à La Baie, où le groupe est introduit aux origines de la cuisine québécoise par un expert.

À bas la file d’attente

Qui a du temps à perdre dans une file d’attente? La vie est trop courte pour cela!

  • Le programme Avis Preferred évite aux personnes qui louent un véhicule de remplir les formulaires et leur permet d’accéder immédiatement à leur voiture.
  • À Disney, on fait une pierre deux coups avec le programme FASTPASS depuis 1999. Non seulement les clients peuvent réduire considérablement leur temps d’attente, mais l’entreprise gère ainsi beaucoup mieux son achalandage.
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Du service SVP!

N’est-ce pas un privilège que de recevoir des services spéciaux qui répondent exactement à nos besoins? Oui, et certaines entreprises l’ont bien compris.

  • La compagnie d’assurance brésilienne Porto Seguro offre à ses clients des services d’entretien gratuits pour l’équipement relatif à la maison. Si le réfrigérateur d’un client brise, un représentant de l’entreprise ainsi qu’un technicien lui feront une petite visite!
  • La boutique en ligne de vêtement Chickdowntown.com propose les services personnalisés d’un spécialiste de la mode ainsi que des promotions exclusives à ses clientes qui dépensent plus de 3500$ annuellement.
  • Le programme Vitality de la compagnie d’assurance sud-africaine Discovery récompense les clients qui ont un style de vie sain. Les membres reçoivent des points s’ils posent des actions qui diminuent les facteurs de risque de maladie. Plus ils ont de points, plus ils ont accès à des rabais pour des achats en magasin et des voyages.
  • Nokia a installé des bornes de recharge pour les détenteurs de ses téléphones cellulaires dans toutes les stations du métro de Manille aux Philippines.
  • En 1939, American Airlines inventait le salon VIP, un concept qui n’a cessé de se développer au cours des soixante dernières années. Les salons Delta Crown Room Club offrent la télévision par satellite, des bars, l’accès Internet, des magazines et des journaux et même des verts de pratique de golf.
  • Et que de privilèges dans les hôtels pour les voyageuses! Des étages entiers dédiés aux femmes: des assortiments de cosmétiques, une décoration adaptée, etc.
  • Ajoutons enfin une petite mention aux nouveaux privilèges en matière de stationnement. Ikea réserve des espaces aux voitures hybrides, et Babies’R’Us a pensé aux femmes enceintes. De nombreux lieux (stade des Braves d’Atlanta, par exemple) ont des espaces dédiés aux propriétaires de Lexus. Mais la palme revient à cette compagnie d’assurance brésilienne mentionnée précédemment, Porto Seguro. À Sao Paulo, leurs clients peuvent laisser leur voiture dans les stationnements d’une banque affiliée, où des vélos leur sont prêtés gratuitement pour se rentre au centre-ville et ainsi éviter le trafic.
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Et dans la catégorie grand luxe

  • Vous êtes invité à planter un arbre avec le personnel du New Zealand’s Treetops Luxury Lodge. En tant que propriétaire de cet arbre, vous contribuez à la luxuriance du pays.
  • Offrez-vous une bataille d’oreillers digne d’un film: le Ritz de Palm Beach vous fournit les munitions, la musique, les gants de boxe, des suggestions de jeux ainsi que les biscuits et verres de lait ou champagne et chocolat.
  • Pour une expérience réellement «comme à la maison», les villas de la chaîne Four Seasons garnissent le réfrigérateur de vos aliments préférés.
  • Le dernier, mais non le moindre: avec une réservation d’une semaine au Emirates Palace à Abou Dhabi, au coût d’un million de dollars, vous avez accès à leur jet privé! Sympa!
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L’amour des consommateurs pour les privilèges n’est pas récent. Depuis des années, les compagnies aériennes, les hôtels, les compagnies de cartes de crédit et les banques ont récompensé leurs meilleurs clients avec des surprises, des statuts spéciaux et des services. Certains secteurs de l’industrie touristique font partie des pionniers en matière de privilèges avec des propositions allant de la garantie «pas de siège du milieu» à des surclassements ou à des rabais pour des concerts. Aujourd’hui, alors que d’autres industries s’en inspirent, les acteurs touristiques sauront-ils se renouveler?

Quelques petits conseils en terminant. Attention de ne pas favoriser uniquement vos clients plus aisés et soyez prêts à offrir le privilège sur une longue période; il n’est jamais agréable de se faire retirer un avantage. La mode n’est plus vraiment aux programmes de fidélité de l’ancienne école ou aux simples programmes de rabais peu personnalisés. Aujourd’hui, tout est dans l’art de surprendre et de charmer les consommateurs. Dépoussiérez votre créativité!

Sources:
–    Brown, Emily. «10 amazing hotel perks», Forbes Traveller, 29 octobre 2008.
–    Delisle, Marie-Andrée. «APAQ and the PRIVILEGE experience for bus group», Commission canadienne du tourisme, Tourisme en ligne, volume 4, numéro 6, juin 2008.
–    Trendwatching. «Perkonomics», [www.trendwatching.com], octobre 2008.
Sur le Web:
–    APAQ
–    Avis

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Produits et activités Segments de clientèles

C’est le temps de naviguer!

La navigation est une affaire de passion. Et pour le Québec, pays nordique où l’été est court, l’engouement se révèle étonnamment important. Il y a certes une demande pour cette activité, mais comment évolue-t-elle? Et qu’en est-il de l’offre en matière de tourisme nautique? Examinons la clientèle des adeptes de voile et de bateau à moteur ainsi que les efforts d’amélioration de l’offre et de commercialisation déployés par différents joueurs.

Des buts variés, des bateaux différents

Chacun ne voit pas la navigation du même œil et le type d’embarcation privilégié change aussi drôlement la donne.

  • Pour beaucoup d’adeptes, la navigation constitue un loisir au même titre que la randonnée et ceux-ci profitent de leur embarcation durant les belles journées, mais n’y dorment pas.
  • Pour d’autres, il s’agit d’un sport: par exemple, utiliser son embarcation pour faire des régates ou un bateau à moteur dédié au ski nautique ou au wakeboard.
  • Un bateau habitable peut être considéré comme un «chalet d’été» ou une «roulotte flottante» qui permet de passer les weekends dans les différentes baies d’un plan d’eau et de partir un peu plus loin pour les vacances.
  • Enfin, il y a les grands aventuriers qui entreprennent même des périples sur de longues distances. Les voiliers peuvent se permettre de longues traversées alors que les bateaux à moteur nécessitent des escales pour se ravitailler en carburant.

Notons que cette analyse se limite à la navigation de plaisance (voiliers et bateaux à moteur) et ne traite pas des autres facettes du nautisme (canot, kayak, etc.).

La demande: nombre et profil

L’an dernier, au-delà de 100 000 personnes ont fait de la voile au Québec et plus de 300 000 en Ontario. Ces taux de pratique semblent plutôt constants depuis 2003 (graphique 1). La légère augmentation canadienne est attribuable à une hausse de popularité dans les provinces de l’Ouest.

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Les courbes d’évolution de la pratique du bateau à moteur et du voilier sont semblables; toutefois, un plus grand nombre de Canadiens s’adonnent à ce loisir (graphique 2). En effet, 689 000 Québécois ont fait du bateau à moteur en 2007, comparé à environ 1,4 million de personnes du côté ontarien et à un peu plus de 3,5 millions au Canada.

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Le graphique 3 présente l’intérêt de ce loisir au Québec. Quoique plusieurs s’y adonnent seulement 1 ou 2 fois par année, une proportion considérable navigue de façon répétée. Le quart des gens qui ont fait du bateau à moteur en 2006 l’ont fait plus de 10 fois dans l’année. Considérant qu’il y a environ 12 semaines de conditions idéales de navigation au Québec, cela signifie tous les weekends de l’été. Ce taux est néanmoins en baisse par rapport à 2004. Chez les amateurs de voile, c’est environ 14% d’entre eux qui pratiquent cette activité de façon intensive.

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Le tableau 1 présente le profil sociodémographique des amateurs de bateau à moteur et de voilier au Canada. Les premiers sont légèrement plus jeunes: 43% ont moins de 34 ans, 31% ont de 35 à 49 ans et 26% ont plus de 50 ans. Chez les seconds, 44% ont moins de 34 ans, 26% ont de 35 à 49 ans et 30% ont plus de 50 ans. En général, les deux groupes font partie des couches de la population dont le revenu est élevé, puisque plus de la moitié des ménages gagnent au-delà de 75 000$ annuellement. En outre, près de la moitié des adeptes ont des enfants de moins de 18 ans.

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L’offre québécoise: en mode «organisation»

L’offre n’est pas un élément à considérer à la légère lorsqu’on parle de navigation; le plan d’eau, l’accessibilité aux berges et aux attraits ainsi que les services sont des critères essentiels aux navigateurs. Tout plan d’eau n’est pas nécessairement intéressant. En 2002, un rapport du Groupe DBSF dressait un portrait du nautisme au Québec et l’une des principales conclusions était le manque de structuration de l’offre. Depuis, quelques initiatives ont vu le jour.

Le Corridor bleu est né d’une mise en commun des efforts des Sociétés d’aide au développement des collectivités (SADC) et de marinas à but non lucratif de la Gaspésie et des Îles de la Madeleine afin de commercialiser le golfe du Saint-Laurent et la Baie-des-Chaleurs (y compris une partie du Nouveau-Brunswick) auprès des navigateurs de plaisance. La commercialisation du Corridor bleu se fait avec des panneaux d’affichage par voie de terre et de mer, un dépliant présentant les services des marinas ainsi que des placements publicitaires dans des magazines spécialisés.

Le Sentier maritime du Saint-Laurent est actuellement constitué de quatre Routes bleues déjà accessibles et d’une en développement, en plus de deux autres en projet et deux potentielles. Ces routes s’adressent plus spécifiquement aux kayakistes, mais de petites embarcations à faible tirant d’eau pourraient aussi en bénéficier. Il s’agit d’un réseau d’accès de mise à l’eau, d’abris sécuritaires, d’aires de repos, de services d’hébergement, d’alimentation et de camping accessibles aux plaisanciers.

Depuis mai 2007, l’Association maritime du Québec a pris l’initiative d’améliorer la qualité et la structuration du réseau des marinas du Québec. Deux programmes ont vu le jour:

  • Le programme de classification vise la revitalisation des marinas par l’instauration de standards de qualité de service, où la certification décernée se décline de 0 à 5 ancres d’or. La gestion de ce programme est assurée par la Corporation de l’industrie touristique du Québec (CITQ).
  • Éco-marinas, de son côté, atteste des modes de gestion respectueux de l’environnement par une certification de 0 à 5 gouttes d’or.

À ce jour, les 25 marinas du Québec qui ont reçu une classification se rangent entre 3 et 5 ancres et 10 marinas sont éco-certifiées.

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Les grandes destinations pour la navigation

  • Le fleuve Saint-Laurent. Ce cadre exceptionnel pour la navigation s’adresse aux expérimentés. Les fortes marées, le courant, le trafic maritime et les conditions de plus en plus extrêmes au fur et à mesure que l’on navigue vers l’Est en font une destination difficile, mais combien palpitante, diversifiée et immense. L’accès à la mer est aussi un atout pour les grands aventuriers.
  • Les lacs Saint-François (Valleyfield), Saint-Louis (Montréal) et Saint-Pierre (Trois-Rivières). Ces lacs, à même le fleuve, sont tous des lieux de navigation très intéressants. Détail non négligeable, étant sur la voie maritime du Saint-Laurent, tous ces plans d’eau donnent accès aux Grands Lacs ou au golfe du Saint-Laurent.
  • Le lac des Deux-Montagnes. Quoique isolé par l’écluse de Sainte-Anne-de-Bellevue, c’est également un lieu de nautisme populaire, situé à proximité de Montréal.
  • Les rivières des Prairies, des Mille-Îles, des Outaouais, Saint-Maurice. Il s’agit d’axes de navigation importants pour les bateaux à moteur; toutefois, certains barrages hydroélectriques peuvent être limitatifs.
  • La rivière Richelieu. Elle relie le fleuve Saint-Laurent, à la hauteur de Sorel, au lac Champlain, via le canal Chambly et un système d’écluses.
  • Le lac Champlain. Bien que le lac soit essentiellement en eaux américaines, il constitue un lieu de navigation très populaire auprès des Québécois. C’est aussi via le lac Champlain et la rivière Hudson que plusieurs plaisanciers s’exilent vers la Floride, les Bahamas, etc.
  • Le lac Saint-Jean et le fjord du Saguenay sont également des lieux appréciés pour la navigation de plaisance.
  • Enfin, il y a tous les autres lacs intérieurs du Québec, particulièrement prisés pour la pêche et les balades, sans oublier la montée en flèche du wakeboard.

Montez à bord!

Les navigateurs sont passionnés par l’eau, leur bateau et la pratique de leur loisir. Ils sont prêts à dépenser et à voyager pour optimiser leur expérience. Le Québec répond de mieux en mieux aux besoins des amateurs de navigation d’ici. Mais la province n’est toutefois pas arrivée à un niveau d’attractivité qui suscite une forte demande auprès de navigateurs étrangers. Des pistes d’actions pour maximiser l’offre nautique au Québec ont déjà été avancées par le Groupe DBSF à la suite d’une étude (lire aussi: Tourisme nautique: la carte cachée des régions), mais il faudra aussi continuer d’en améliorer la qualité et développer des promotions concertées.

Où vous insérez-vous dans cette aventure? Où pouvez-vous vous impliquer pour stimuler la navigation de plaisance au Québec… et en tirer profit…?

Sources:
– Print Measurement Bureau, 2005 à 2008.

Sites Web:
www.nautismequebec.com
www.navigationquebec.com
www.marinaquebec.qc.ca
www.sentiermaritime.ca
www.corridorbleu.com