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Le Mexique: un marché en croissance – Assises du tourisme 2008

Au cours des Assises du tourisme 2008 s’est tenu un atelier sur le marché mexicain où trois panelistes ont présenté leur expérience auprès de cette clientèle. Leurs interventions fort pertinentes illustraient les actions et les préoccupations associées à trois paliers de démarchage, rendant ainsi la présentation particulièrement concrète.

Introduction du Réseau de veille

Les Mexicains voyagent de plus en plus à l’étranger; leurs voyages internationaux ont connu une croissance de 57% en 10 ans, totalisant 13,6 millions de déplacements en 2006. Pour le Québec, il s’agit maintenant du troisième marché d’outre-mer en importance, nez à nez avec l’Allemagne. En 2006, 73 600 Mexicains ont visité le Québec, une croissance de 29% depuis 2004. La hausse soutenue en 2007 pour l’ensemble du Canada laisse présager une autre bonne année pour le Québec, qui reçoit environ 35% des voyageurs. Avec 250 600 touristes mexicains au Canada en 2007, la croissance a atteint 45% en trois ans.

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Au Québec, environ 70% des touristes mexicains viennent avant tout par agrément, alors que cette proportion est plutôt de 50% pour l’ensemble du Canada.

Michel Gagné, coordonnateur du marché mexicain au ministère du Tourisme

Oublions le Mexique des ponchos et des sombreros, ses cités sont modernes et vivent des réalités semblables à celles de leurs acolytes de l’Amérique du Nord; on oublie trop souvent que le Mexique en fait partie. Le Québec jouit d’ailleurs d’un avantage de proximité: la durée du vol vers Montréal est de 5h10, 4h50 pour New York et 10h55 pour Madrid. Il existe quelques liens aériens directs vers Montréal et d’autres passent par Toronto, ce qui est un avantage certain pour les Mexicains qui ne possèdent pas le visa requis pour visiter les États-Unis ou y faire escale.

Malgré une hausse de la valeur du dollar canadien par rapport au peso mexicain, le prix des forfaits est encore compétitif. Un circuit de 7 jours entre Niagara et Québec est un peu plus coûteux qu’une semaine à Orlando, mais moins cher qu’un parcours entre Paris et Madrid. Le prix de l’essence préoccupe davantage et fera augmenter le prix des billets d’avion.

L’été est clairement la période la plus populaire, mais nous devrions miser davantage sur les Fêtes ainsi que les mois de mars et avril, puisque les Mexicains démontrent un intérêt à découvrir l’hiver.

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Environ 40% des Mexicains sont des visiteurs individuels et 60% choisissent d’acheter un forfait. Environ le tiers de ces visiteurs louent une voiture.

Selon M. Gagné, la croissance de ce marché est là pour durer car de nombreux éléments positifs sont déjà en place. Il est donc primordial de continuer d’agir sur les éléments suivants:

  • un accueil chaleureux;
  • l’adaptation des outils et de l’accueil à la langue parlée;
  • une description honnête du produit;
  • la présentation de la destination: les Mexicains connaissent le Canada et se sentent attirés, mais connaissent mal ses attraits, les activités offertes et les différentes régions (à l’exception de Montréal et de Niagara);
  • le renouvellement de l’offre: le circuit classique est encore à l’honneur, mais les Mexicains sont de plus en plus ouverts à découvrir d’autres aspects de notre offre. Plusieurs souhaitent essayer des activités hivernales (ex.: ski, traîneau à chiens) ou estivales (ex.: parcs nationaux) et visiter d’autres régions.

Le bouche-à-oreille est particulièrement fort au Mexique et les bonnes expériences vécues par les voyageurs se communiquent allègrement. Il faut donc séduire la clientèle mexicaine non seulement pour générer des retombées touristiques, mais surtout pour établir une relation durable.

Luzana Rada, vice-présidente, Global Tourisme International

La présentation de Mme Rada a apporté un regard clair sur la façon dont l’offre de service devrait être adaptée pour répondre aux attentes et aux besoins du marché mexicain.

Elle insiste sur le fait que si l’on s’intéresse à ce marché, il faut être en mesure de relever le défi de la dernière minute. Il s’agit d’une caractéristique intrinsèque à la culture mexicaine: tout est urgent, tout est en retard. Confirmations, changements et annulations surviennent jusqu’au jour du départ. La clientèle mexicaine est en effet très impulsive et il est bien difficile pour un grossiste de fournir des confirmations de réservation aux hôteliers et aux autres fournisseurs longtemps à l’avance. Une grande flexibilité est donc nécessaire.

En ce qui concerne les produits offerts, c’est encore le traditionnel circuit qui se vend le mieux. Toutefois, celui-ci s’agrémente toujours de plus en plus d’activités, les croisières aux baleines par exemple. Les itinéraires se renouvellent et de nouveaux voient le jour: des circuits VIP, des voyages en famille, des voyages de ski ou de multi-activités hivernales. La représentante du grossiste souligne l’importance d’une présence constante tout au long de l’année pour pouvoir garantir les départs.

Le marché mexicain apprécie grandement la qualité des services et les valeurs ajoutées à leur séjour. Voici quelques cartes à jouer:

  • offrir aux consommateurs et aux grossistes mexicains une ligne téléphonique 24 heures, en espagnol;
  • aider les voyageurs à l’aéroport pour les arrivées, les départs et les pertes de bagages.
  • transiger et recevoir avec efficacité et rapidité, en espagnol;
  • proposer un surclassement au même prix (chambre, catégorie hôtelière, petit déjeuner américain, chambre communicante pour les familles);
  • toujours être transparent quant à l’offre et aux produits optionnels.

Initier des actions auprès de ce marché devrait se faire dans une perspective de long terme. Il importe d’être persévérant et de se faire voir en participant aux salons et à des tournées de familiarisation. La création de liens d’affaires passe par l’établissement d’une bonne communication et d’une relation de confiance.

Cynthia Leon, directrice des groupes, Le Nouvel Hôtel et Spa Montréal, Groupe hôtelier Tidan

Le Nouvel Hôtel a décidé de miser sur le marché mexicain il y a quelques années et il en récolte aujourd’hui les bénéfices.

Le principal défi des fournisseurs est de travailler avec des ajouts de clients jusqu’à la toute dernière minute. Il est nécessaire de changer les habitudes de travail. Alors que la politique de l’hôtel est de recevoir une liste des voyageurs 15 jours à l’avance, cette pratique est presque impossible du côté du marché mexicain et il faut s’adapter en conséquence.

Le respect de la clientèle mexicaine est primordial et il importe d’éviter tout préjugé blessant. Le souci du détail afin d’offrir une expérience inoubliable est également une stratégie payante.

Voici les principales actions réalisées auprès de ce marché depuis 2005 par Mme Leon et son équipe:

    • 2005: analyser le marché, connaître et rencontrer les agences réceptives;
    • 2006: analyser le volume de chaque agence réceptive, leurs besoins et leurs attentes, déterminer un tarif compétitif, appuyer les réceptifs en participant aux bourses touristiques et participer aux promotions offertes par Tourisme Québec et Tourisme Montréal;
    • 2007: poursuivre l’appui à la promotion en participant à Conozca Canada, présenter du matériel en espagnol lors des bourses, être attentifs aux besoins des grossistes et participer à chaque tournée de familiarisation offerte en s’y démarquant des compétiteurs présents.

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Sur trois ans, les investissements s’avèrent relativement peu élevés, considérant l’ampleur des retombées (graphique 3).

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Des périodes d’échanges stimulantes

Les intervenants qui agissent auprès du marché mexicain commencent à déployer des efforts pour stimuler les voyages d’affaires et de motivation. Ils observent une tendance en ce sens, même pour les offres hivernales. Le marché gai représente également un fort potentiel.

L’offre s’élargit donc petit à petit pour déborder du forfait classique. Avec les années, une place grandissante apparaîtra pour de nouvelles régions du Québec et ses acteurs et, puisque le démarchage est un processus qui débute longtemps d’avance, il est temps de se préparer.

Les panelistes s’entendent pour soutenir qu’il ne s’agit pas d’un engouement circonstanciel et que, même si on ne peut lire l’avenir, plusieurs facteurs jouent en faveur d’une croissance continue de l’arrivée de Mexicains au Québec et au Canada. L’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), la proximité, le contraste de l’hiver et l’accueil chaleureux en sont quelques-uns. Mais il importe également de faire en sorte que l’image du Canada demeure forte dans l’esprit des Mexicains, par la poursuite et le déploiement de relations solides et durables.

Lire aussi: Quel est le troisième marché géographique international d’importance au Québec?

Sources:
– Gagné, Michel. «Séduire (mais sans tromper)», Ministère du Tourisme, Assises du tourisme 2008.
– Leon, Cynthia. «Retombées concrètes pour le Nouvel Hôtel & Spa», Nouvel Hôtel & Spa Montréal, Groupe hôtelier Tidan, Assises du tourisme 2008.
– Rada, Luzana. «Adapter l’offre de service… Comment?», Global Tourisme International, Assises du tourisme 2008.

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Technologies Transport

C’est beau la techno!

Le géant Google et Gilbarco Veeder-Root (entreprise manufacturière de pompes à essence) s’associent et planifient l’intégration du service de cartographie sur 3500 pompes à essence aux États-Unis. L’écran pourra afficher le parcours vers la destination demandée par l’automobiliste, les attraits locaux, les hôtels, les restaurants et les hôpitaux. Il sera même possible d’imprimer les itinéraires.

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Apparemment sans publicité, le papier d’impression comportera tout de même des bons de réduction. Si les commerces environnants doivent payer pour y être inclus, la recherche peut s’avérer biaisée. Cela dit, c’est brillant non?

Source:
– Ricker, Thomas. «Google Gas Pumps: The Savior of Lost Men», [www.engaget.com], 7 novembre 2007.

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Enjeux Marchés géographiques

Quel est le troisième marché géographique international d’importance au Québec?

Ce sont les touristes mexicains. Ils sont nez à nez avec les Allemands et suivent de près les Britanniques. Ils connaissent une croissance continue au Québec depuis quelques années, ce qui n’est pas le cas de tous les visiteurs internationaux. Cette clientèle est prise au sérieux par nos organismes de promotion provincial et fédéral, mais les intervenants d’ici la connaissent-ils bien? Voici un portrait sommaire du marché, de ses perspectives de croissance et des enjeux futurs.

Parmi les grands joueurs

En termes d’entrées directes, plus de 47 000 Mexicains ont visité le Québec en 2006, une hausse de 23% par rapport à 2004 (voir graphiques 1 et 2). Il s’agissait alors du quatrième marché outre-mer en importance au Québec, après la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne. Pour la période de janvier à août 2007, le Mexique a atteint le troisième rang, avec près de 4000 visiteurs de plus que l’Allemagne.

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Source : Statistique Canada

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Source : Statistique Canada

Nous parlons ici d’entrées directes par le Québec. Le nombre de visites-personnes (qui inclut les visiteurs entrant au Canada par une autre province) est considérablement plus élevé (environ 40% de plus).

La croissance des entrées directes des Mexicains se poursuit en 2007 et, pour les mois de janvier à août, le nombre de touristes mexicains croît encore de 5% par rapport à la même période en 2006 (voir graphique 3).

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Source : Statistique Canada

Pour un portrait plus détaillé du marché mexicain, consulter le Profil de marché 2006 de Tourisme Québec.

La démographie et l’économie mexicaines

La population mexicaine était de 107,4 millions en 2006. Il existe d’importantes disparités entre les classes sociales dans ce pays et, selon la Banque mondiale, environ la moitié de la population vit sous le seuil de la pauvreté, dont un cinquième dans une situation de pauvreté extrême. Seuls les individus plus fortunés voyagent et la plupart d’entre eux vivent dans les centres urbains de Mexico, de Guadalajara et de Monterrey. Quoique le pays enregistre une croissance économique (4% en 2006 et 3,5% en 2007), le salaire annuel moyen se situe encore à moins de 11 000 USD. Toutefois, la longue période de stabilité économique amène un sentiment de sécurité ainsi que l’augmentation du nombre de consommateurs à fort revenu qui recherchent des biens et des expériences luxueuses.

Les voyages internationaux des Mexicains

Les Mexicains ont effectué 14 millions de voyages internationaux en 2006, une augmentation de 57% en dix ans. Le Canada se trouve en quatrième position et les principales destinations concurrentes sont les États-Unis, l’Espagne et l’Italie. Le tableau suivant présente également les résultats d’une enquête effectuée auprès de la population de Mexico sur les destinations qu’ils rêvent de visiter (sans contraintes budgétaires). Avec une sixième position, le Canada semble occuper une place de choix dans l’esprit des Mexicains, après l’Europe.

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Source: Visit Britain, Mexico Market & Trade Profile, janvier 2007

Les principaux avantages du Québec par rapport aux États-Unis sont le visa non obligatoire, un meilleur accueil, le côté européen qui le démarque des autres destinations nord-américaines ainsi qu’un niveau de vie et une qualité de service équivalents.

Par rapport à l’Europe, la proximité du Québec joue en sa faveur et les prix sont encore concurrentiels. Toutefois, de plus en plus de vols vers l’Europe sont disponibles et, quoique les démarches promotionnelles ne soient pas massives, le Vieux Continent présente une attraction incontestable pour conquérir les touristes mexicains qui délaissent les États-Unis.

Un taux de change qui défavorise le Québec

La valeur du dollar canadien s’est considérablement appréciée face au peso mexicain au cours des dernières années. Les forfaits pour le Canada leur coûtent donc plus chers. Par exemple, au cours des trois dernières années, la somme déboursée pour un forfait aurait augmenté de plus de 30%. Cela ne semble pas avoir affecté les flux touristiques de façon importante, mais, si la tendance se maintient, un ralentissement est prévisible.

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Source : Banque du Canada

Il plane une rumeur de visas…

Le gouvernement canadien pourrait imposer un visa aux visiteurs mexicains, comme le font les États-Unis. Les Mexicains figurent maintenant au premier rang des ressortissants de différentes nationalités qui demandent un statut de réfugié au Canada. Une telle situation s’est déjà présentée pour plusieurs pays d’Amérique centrale et aujourd’hui tous les voyageurs du Guatemala, du Salvador, du Costa Rica, du Honduras, du Nicaragua, du Belize et du Panama doivent obtenir un visa pour visiter le Canada. Cette situation est moins probable dans le cas du Mexique, en raison de l’accord de libre-échange (ALENA). Néanmoins, l’industrie touristique a un rôle de lobbying à jouer pour éviter qu’une telle mesure, qui aurait un effet significatif sur la venue de touristes mexicains au Canada, soit mise en place.

Un marché où le Web a tout son potentiel

Les Mexicains planifient leurs voyagent peu de temps à l’avance et sont donc réceptifs à des promotions de dernière minute. La plupart des intervenants rejoindront ce marché par le biais des voyagistes, mais Internet sera de plus en plus accessible. Même si seulement 16% de la population y avait accès en 2006, cette proportion augmente et s’avère beaucoup plus élevée chez les clientèles aisées ou jeunes. La plupart des internautes utiliseront le Web principalement pour s’informer et effectueront leur réservation au téléphone ou en personne. Le potentiel pour les communications Web est en conséquence très élevé. Enfin, quoiqu’une forte proportion de la population soit apte à communiquer en anglais, un accueil en espagnol représente un atout certain.

Le Québec, une destination avantagée et vulnérable

Tant la Commission canadienne du tourisme que Tourisme Québec comprennent l’importance de ce marché et y réalisent des actions de promotion. De plus, la présence de la compagnie aérienne Mexicana à Montréal, la bonne desserte aérienne, nolisée ou régulière, entre le Québec et Mexico, et la présence d’une délégation du Québec à Mexico sont autant d’atouts qui favorisent le tourisme mexicain au Québec. Mais ne seraient-ce pas la culture latine du Québec à quelques heures de vol seulement et notre accueil chaleureux qui les feraient craquer? Or, ces prérogatives n’arrivent pas seules et la forte concurrence ainsi que la valeur du peso sont quelques menaces qui fragilisent le marché.

En définitive, le potentiel de ce marché n’est plus à démontrer. D’ailleurs, Jim O’Neil de la banque Goldman Sachs, auteur de l’appellation BRIC qui désigne les quatre pays à fort potentiel (Brésil, Russie, Inde et Chine), affirme que, s’il pouvait revenir cinq ans en arrière, son équipe et lui auraient plutôt parlé du BRIMC pour inclure le Mexique!

Sources:
– Commission canadienne du tourisme. «Rapport trimestriel sur le marché», éditions de janvier à mars 2007 et d’avril à juin 2007.
– Commission canadienne du tourisme. «Le Canada: une destination incontournable pour les Mexicains», TOURISME au quotidien, 1er octobre 2007.
– Ministère du Tourisme du Québec. «Profil de marché 2006 Mexique», Direction générale du marketing, mai 2006.
– Ministère du Tourisme du Québec. «Le tourisme au Québec en bref», Direction générale du marketing, mai 2006.
– Propos recueillis par Motte, Muriel. «Les «BRIC» tiennent leurs promesses», Le Figaro.fr, 23 octobre 2006.
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages internationaux», 2005.
– Tourisme Montréal. «Profil de marché géographique: Mexique», mise à jour avril 2006.
– Visit Britain. «Mexico Market & Trade Profile», mise à jour janvier 2007.

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Marketing Tendances

Une fois à destination, quels services le touriste choisit-il?

Toute la planification d’un voyage ne se fait pas avant de partir et de nombreuses décisions se prennent une fois à destination ou en transit. Une récente étude rapporte des faits et des chiffres relatifs au processus de décision et aux sources d’information à destination en fonction du but de voyage et de l’origine des visiteurs. Bref, des outils et des précisions pour mieux rejoindre la clientèle, parce que l’éventail des actions doit varier selon le type d’entreprise!

Le processus décisionnel est complexe, particulièrement en ce qui concerne les voyages, en raison du caractère intangible des services liés à l’expérience et certaines facettes entraînent plus d’incertitudes que d’autres. On parle de décisions principales, telles que le choix de la destination, la durée du voyage, l’hébergement et le budget de voyage, ou de décisions secondaires, les divertissements et les repas par exemple, ces derniers étant souvent finalisés une fois à destination. Quoique cette affirmation soit acceptée de tous, il s’agit d’un thème très peu documenté.

Vers une compréhension du processus décisionnel

Une étude de la revue International Journal of Tourism Research apporte des précisions quant au moment où les décisions sont prises ainsi que sur les sources d’information à destination. Néanmoins, bien que les conclusions de l’étude soient pertinentes, il faut les lire avec discernement puisque l’enquête dont il est question concerne un site précis, en l’occurrence une destination internationale du centre de la Floride; les résultats pourraient être différents pour d’autres destinations ou encore d’autres échantillons de clientèle.

L’hébergement et le moyen transport sont clairement des décisions prises avant le départ (dans 90% des cas). À l’opposé, les choix relatifs à la restauration et à l’alimentation sont le plus souvent effectués sur place (70%), en transit ou à plus d’une étape. Les divertissements et les loisirs sont choisis autant avant de partir que sur place (graphique 1).

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Source: International Journal of Tourism Research, 2007

 

La force des sources d’information référentielles à destination

Les sources d’information les plus fréquentes concernant les décisions prises à destination sont les recommandations (graphique 2).

Les conseils des parents et des amis représentent la principale référence pour tous les types de décision. L’étude ne précise pas la proportion de répondants qui voyagent dans le but de visiter des parents ou des amis et ceux-ci sont inclus dans les voyages d’agrément (plus de 70% des répondants).

Le personnel des offices de tourisme est également consulté par les voyageurs, plus particulièrement sur les divertissements et les loisirs. Quel que soit le service recherché, la clientèle interroge assez régulièrement le personnel hôtelier (une source citée par un quart des répondants), mais peu le personnel de restauration. Enfin, les recommandations de la population locale (autre que le personnel touristique ou les parents et les amis) affectent plus significativement les choix en matière de divertissement, de restauration et d’alimentation que ceux qui concernent les loisirs.

La catégorie «autres» sources d’information à destination comprend le plus souvent des expériences personnelles ou antérieures ainsi que l’Internet.

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Source: International Journal of Tourism Research, 2007

 

Les caractéristiques des voyageurs affectent le processus décisionnel

L’étude apporte également des indications quant au moment où les décisions sont prises en fonction du sexe, du but du voyage et de l’origine des voyageurs.

  • Les femmes ont davantage tendance à planifier leur voyage à l’avance, particulièrement la portion divertissements et loisirs.
  • Ces mêmes décisions sont également prises plus souvent avant le départ pour les voyageurs d’agrément, contrairement aux voyageurs d’affaires qui décident plutôt sur place.
  • Les voyageurs domestiques semblent décider de leurs divertissements avant le départ plus souvent que les voyageurs internationaux.

Il ne s’agit que de pistes d’information, mais celles-ci suggèrent que les organismes souhaitant mieux connaître le processus décisionnel de leur clientèle devraient tenir compte de tels indicateurs. Par exemple, sachant que les voyageurs d’agrément choisissent leurs divertissements avant de partir plus que les voyageurs d’affaires, les entreprises visant cette clientèle devraient, dans leur publicité ou leur site Internet, mettre l’accent sur les activités ludiques.

Un aperçu de la clientèle montréalaise

Une étude de Tourisme Montréal et Convercité (réalisée en 2003) nous apprenait que 43% des visiteurs de la métropole avaient décidé des activités qu’ils allaient réaliser avant leur arrivée. L’autre 57% avait plutôt choisi de prendre ces décisions soit une fois à destination, soit tout à fait spontanément. (Lire aussi: Processus décisionnel des touristes à Montréal.) Ces proportions confortent l’idée qu’il est important de savoir bien accueillir et informer nos touristes!

Deux préceptes à retenir et à intégrer dans l’approche marketing

Ce sont clairement les décisions relatives à la restauration, au divertissement et au loisir qui sont régulièrement prises une fois à destination. C’est donc sur ces thèmes que devraient être formés les employés qui sont en contact avec la clientèle touristique.

L’étude met aussi en évidence l’importance de la population locale dans le processus décisionnel d’un voyageur. Les résidants sont perçus comme les experts de la destination et comme étant objectifs. Plus précisément, les entreprises de loisir, de divertissement et de restauration peuvent tirer profit des recommandations des résidants de la destination. En tissant des liens avec la communauté, elles augmentent leurs chances de réussir leur marketing viral avec la clientèle. (Lire aussi: Vous connaissez l’offre touristique de votre région? Vraiment?)

Prédiction

Avec le déploiement du Web 2.0 et l’utilisation massive des téléphones cellulaires, les touristes ont déjà accès à des conseils et à des recommandations en temps réel. Misons que cette façon de fonctionner explosera! Entre les choix de restaurants listés dans votre guide touristique et ceux ayant une grande cote de popularité auprès de la population locale, lesquels choisiriez-vous si vous aviez accès à cette information au creux de votre main?

Sources:
– DiPietro, Robert B., Youcheng Wang, Paul Rompf et Denver Severt. «At-destination Visitor Information Search and Venue Decision Strategies», International Journal of Tourism Research, no. 9, 175-188, 2007.
– Tourisme Montréal et Convercité. «Enquête sur le processus décisionnel des touristes à Montréal», 8 décembre 2003.

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Gestion Produits et activités

Être éleveur d’émeus ou gestionnaire touristique? Les deux…

Offrir des produits du terroir signifie souvent aussi exploiter une entreprise touristique. Cette dualité devient inévitable. Les notions de gestion, d’économie et de marketing doivent côtoyer l’élevage des canards, les vendanges ou la préparation de fins fromages. La plupart des producteurs ont compris qu’une stratégie d’accueil touristique comporte des avantages, mais est-il possible d’optimiser les façons de faire?

La distribution des produits du terroir n’est pas chose simple au Québec

Dès leurs débuts, les producteurs de produits du terroir québécois ont adopté des stratégies d’accueil, d’interprétation et d’animation de la clientèle pour stimuler les ventes sur place en raison d’un contexte difficile de distribution de produits. Nous n’entrerons pas dans la multitude des subtilités qui complexifient la distribution à grande échelle des différentes catégories de produits ou alcools au Québec, mais il en résulte que, à l’heure actuelle, l’accent est mis sur les ventes directes des produits du terroir, lesquelles ont l’avantage de générer des marges beaucoup plus importantes pour les producteurs.

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Une clientèle segmentée, un marketing adapté

Clarifier les différents types de consommateurs en fonction de leur comportement d’achat permet de mieux cibler chaque segment par une approche marketing adaptée.

  • Les «amateurs de lieux de production» se déplacent spécifiquement dans le but de visiter des vignobles et des fermes artisanales. La ligne marketing directrice pour les attirer est de mettre de l’avant les modes de fabrication et les atouts propres du lieu.
  • Les «amateurs du produit» veulent parfaire leur connaissance des vins ou des fromages ou de tout autre produit et ils souhaitent généralement une dégustation gratuite. La qualité du produit sera ici l’élément central pour séduire cette clientèle.
  • Les «amateurs de la région» préfèrent la découverte et l’achat de produit ne constitue pas le moteur de leur visite. En raison de leur méconnaissance des modes de fabrication, ils seront attirés par un marketing axé sur l’apprentissage et l’initiation.
  • Les «amateurs de l’offre touristique» considèrent que les produits du terroir ne sont qu’un élément de séduction parmi d’autres. Il faut donc jouer sur la différenciation pour les attirer, d’abord dans la région, ensuite chez les producteurs.

Quelques stratégies clés

Voici quelques exemples de stratégies concrètes pouvant contribuer au succès d’une entreprise productrice de produits du terroir:

  • Profiter pleinement du contact avec la clientèle existante pour identifier les besoins des consommateurs. Cela peut se faire en conversant avec les visiteurs ou en portant une attention spéciale aux commentaires (livre d’or ou fiches commentaires). Ensuite, il importe d’adapter l’offre de services à ces besoins.
  • Vendre son entreprise par divers moyens: publicité, relations de presse, participation à des événements, etc.; les visiteurs ne viendront pas par magie. La stratégie marketing développée devra être en accord avec les segments de marché identifiés.
  • Se rapprocher des acteurs institutionnels (exemple: ministère de l’Agriculture, des pêcheries et de l’alimentation du Québec) et promotionnels (associations touristiques régionales, offices de tourisme, municipalités régionales de comté, etc.).
  • Devenir le meilleur ami de quelques restaurateurs et hôteliers bien ciblés! Si ces acteurs croient au produit, ils n’hésiteront pas à le servir à leur clientèle, à en vanter les mérites et à les inviter à visiter le lieu de production.
  • Proposer des offres aux voyagistes ou à d’autres organisateurs de circuits organisés (exemple: écoles), que ce soit individuellement ou de concert avec d’autres intervenants touristiques de la région (exemple: circuits thématiques).
  • Jouer la carte du marketing expérientiel. Il s’agit de stimuler les sens du consommateur dans le but de solliciter l’achat. Qui de mieux placé que les entreprises productrices de produits fins pour créer une expérience sensorielle alléchante?
  • Aménager les lieux à visiter et l’espace de vente pour que le consommateur se sente bien et ait envie d’acheter. S’offrir une brève formation de baseen merchandising peut être une stratégie payante!
  • Fidéliser la clientèle par le développement de relations personnalisées. Pour faciliter ce volet: créer une base de données de la clientèle, envoyer des courriels de fidélisation ou créer un événement privé ou réservé aux clients existants.

Et n’oublions pas la qualité de l’expérience, la formation du personnel, une présence dynamique sur Internet et combien d’autres idées novatrices et stimulantes! Il s’agit donc de trouver l’équilibre entre l’objectif du producteur qui développe le tourisme pour vendre ses produits et les clients qui ne viennent pas forcément sur le lieu pour acheter un produit, mais bien pour découvrir la vie du producteur et visiter le site.

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Outre les actions déployées par les producteurs de produits du terroir, l’industrie touristique a également un rôle à jouer dans le succès de cette filière. D’ailleurs, la mise en place d’une vingtaine de circuits thématiques depuis quelques années a grandement favorisé le développement du tourisme dans les fermes, les vignobles, les vergers, les érablières, etc. Par ailleurs, l’organisme Agricotour contribue grandement à la promotion de ces produits. De façon globale, il reste cependant du chemin à parcourir pour développer et consolider leur place dans l’offre touristique.

Bien comprendre les bénéfices d’une stratégie touristique sur les lieux

Intégrer le tourisme au sein des entreprises productrices de produits du terroir est bien plus qu’un moyen de vendre son produit et comporte plusieurs avantages:

  • Une expérience entre le consommateur et le producteur. Ce dernier peut expliquer ses produits, rencontrer ses clients ou des prospects et mieux comprendre leurs attentes et leurs besoins.
  • Une façon d’améliorer ou de développer l’image de marque de l’établissement et d’accroître la notoriété.
  • L’opportunité de lier le produit à son histoire, à la culture locale et de lui donner ainsi davantage de personnalité.
  • La possibilité d’essayer le produit, notamment par la dégustation, représente une forme de marketing direct généralement très appréciée de la clientèle.
  • Un moyen de fidéliser la clientèle et de stimuler le bouche-à-oreille par l’expérience de moments agréables.
  • Une occasion pour l’exploitant d’élargir sa mission à l’éducation et à la sensibilisation des consommateurs aux produits de qualité.

Tirer profit d’un territoire riche

Les richesses du Québec jumelées au travail des exploitants agricoles ont permis le déploiement d’une grande diversité de produits célébrant le terroir québécois. En attendant l’assouplissement des structures monopolistiques comme celle de la Société des alcools du Québec et une réelle reconnaissance de l’importance de la production locale et artisanale par l’État, la vente à la propriété est la solution des entreprises de produits du terroir. Alors, pourquoi ne pas mettre toutes les chances de son côté et tirer le maximum de ce mode de distribution?

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Voir aussi:
L’agrotourisme au Québec: point de mire

Sources:
– Castaing, Yohan. «Œnotourisme. Mettez en valeur votre exploitation viticole», Éditions La Vigne, Dunod, Paris 2007.
– Tourisme Québec. «Agrotourisme: diagnostic sectoriel/plan de développement et de commercialisation», Zins Beauchesne et associés, juin 2006.
– Knowd, Ian. «Tourism as a Mechanism for Farm Survival», Journal of Sustainable Tourism, volume 14, numéro 1, 2006.
– Photos: www.pdphoto.org

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Produits et activités Segments de clientèles

Réunions d’affaires: sur l’eau, entre deux manèges ou au fond des bois

Les traditionnels lieux de tourisme d’agrément ne se contentent plus d’accueillir exclusivement des vacanciers; ils ouvrent volontiers leurs portes à des groupes pour des séminaires, des conférences et des comités de direction. Plusieurs touchaient déjà au tourisme d’affaires par les voyages de motivation, mais, aujourd’hui, ils adaptent leur produit et offrent des lieux de travail et de réunion dans un cadre de loisir. Pour les exploitants de parc à thème, les croisiéristes et les gestionnaires de centre de villégiature, ce type de séjour représente un complément d’activités particulièrement apprécié en basse saison.

Par rapport aux traditionnels lieux de réunions et de conférences, ils permettent une expérience originale, dépaysante et chaleureuse qui favorise les relations humaines et donne une image positive de l’entreprise. Les divertissements associés aident à souder les liens entre les employés. Aussi, de plus en plus de lieux de vacances qui reçoivent la clientèle d’affaires disposent-ils d’équipements et d’installations (salles de réunions, amphithéâtres, matériel audiovisuel) très professionnels.

Les centres de villégiature, les pourvoiries et les camps: l’offre «tout inclus»!

Que ces lieux d’hébergement accueillent la clientèle d’affaires n’est pas nouveau; de plus en plus le font mais ils offrent de meilleurs services et ils s’organisent. Les centres de villégiature, les camps et les pourvoiries ont généralement l’avantage d’offrir la plupart des services sur place (hébergement, restauration et activités); il ne manque que des espaces de réunions. Toutefois, outre les services et les activités, il est essentiel d’adapter l’accueil à la clientèle corporative et de la rejoindre par des stratégies de marketing et de réseautage adaptées.

  • Club Med possède une entité propre pour la gestion des événements d’entreprises. Son offre comprend 31 villages et un bateau de croisière ouverts aux séminaires. Par exemple, le village d’Opio en France possède 42 salles de réunions.
  • De nombreux centres de villégiatures québécois sont en mesure de recevoir des groupes d’affaires, notamment le centre de villégiature Jouvence, l’Auberge Matawinie ou l’Hôtel Sacacomie.
  • Plusieurs pourvoiries améliorent également leur offre; le site www.reunionenpourvoirie.com de la Fédération des Pourvoiries du Québec se démarque par la présentation claire et détaillée de ses membres qui visent la clientèle corporative.
  • Les camps de vacances ou les camps familiaux peuvent aussi diversifier leur clientèle en basse saison par les réunions d’affaires. Le cadre naturel et les installations, souvent plus modestes, permettent d’offrir des prix très compétitifs. Le camp le Havre Familial dans Lanaudière dispose des infrastructures requises et propose aussi l’organisation d’un programme d’activités de plein air sur mesure pour les groupes d’affaires.

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Les croisières: l’appel du large

Certains bateaux de croisière peuvent offrir des voyages de quelques jours alors que d’autres, sans installations d’hébergement, offrent la possibilité de réunions ou de séminaires d’une journée ou de quelques heures. Dans les deux cas, le cadre est original et la clientèle captive, donc plus encline à la synergie d’équipe.

  • Les 25 bateaux de CroisiEurope parcourent les principaux fleuves européens et sont adaptés pour des congrès, des salons, des expositions, des soirées de gala ou des sessions de formation. Tous sont privatisables et les salles sont pourvues d’équipements audiovisuels.
  • Les Croisières AML ont développé un forfait clé en main pour les réunions d’affaires qui inclut des salles avec vue panoramique, l’audiovisuel, les repas et les pauses-café, à partir de Montréal ou de Québec.

Les parcs à thème: entre le boulot et l’amusement

Encore plus original, des parcs à thème se positionnent maintenant sur le marché du tourisme d’affaires avec une offre originale, complète et de qualité, souvent adaptée aux petits comités. Des parcs d’attractions, des aquariums, des parcs animaliers ou des espaces scientifiques possèdent des salles de réunions et de congrès bien équipées. Certains disposent même d’une équipe commerciale dédiée au secteur affaires qui offre des solutions clé en main ou sur mesure.

  • La Ronde dispose de plusieurs salles pouvant accueillir jusqu’à 400 personnes et offre aussi un programme de location exclusive du parc en semaine ou l’accès au parc une heure avant ou après l’ouverture pendant des journées régulières d’exploitation.
  • Les installations du Zoo de Granby sont particulièrement récentes et modernes. Outre l’accueil des groupes pour des réunions ou des événements dans un choix de plusieurs salles (dont une extérieure), le Zoo propose d’ajouter une expérience exclusive telle qu’un rallye ou la visite des coulisses.
  • En France et en Europe, de nombreux parcs sont très actifs sur le marché des affaires: Disneyland Resort Paris, le Parc Astérix, la Cité de l’Espace, la Cité de la Mer, Bellewaerde Park (Belgique), Port Aventura (Espagne), etc.

Bien d’autres équipements de tourisme de loisir reçoivent la clientèle de réunions, de séminaires et de conférences. Plusieurs spas, centres de ski, clubs de golf, musées et sites historiques sont aussi entièrement équipés pour accueillir ces groupes.

Un possible conflit d’usage…

Les clientèles d’affaires et d’agrément étant différentes, cette double fréquentation peut parfois créer un conflit d’usage. Pour des réunions concluantes, une ambiance calme et propice au travail est requise, ce qui n’est pas toujours le cas dans les sites de tourisme d’agrément. La solution la plus fréquente est généralement d’accueillir les groupes d’affaires en basse saison ou en semaine alors que le site est peu fréquenté. En outre, certains équipements permettent de privatiser un site, ce qui peut être très attrayant pour la clientèle d’affaires, tant sur le plan de l’ambiance de travail que pour rapprocher les équipes.

Suivez la tendance!

Que ce soit pour quelques heures ou pour quelques jours, le cadre ludique des infrastructures de tourisme d’agrément peut constituer un lieu très intéressant pour les clientèles d’affaires. Voici quelques conseils pour ceux qui souhaitent se mettre au goût du jour:

  • Soyez moderne! Les clientèles d’affaires sont de plus en plus exigeantes en termes d’équipement technologique.
  • Adaptez votre accueil et votre animation. On ne s’adresse pas à des gens d’affaires comme on le fait à des familles ou à des couples. Le professionnalisme est d’autant plus important.
  • Invitez le reste de la famille! Puisque la réunion amène à se rendre directement dans un lieu de vacances, pourquoi ne pas en profiter pour voyager en famille ou en couple.
  • Développez une stratégie marketing adaptée. La clientèle d’affaires est, le plus souvent, rejointe par une stratégie de vente en direct et non par les médias de masse. En outre, les tournées de familiarisation auprès des décideurs d’entreprise peuvent constituer une approche de vente efficace. Pour les attraits plus modestes, imitez les pouvoiries et regroupez-vous!
  • Consacrez une section de votre site Internet à cette clientèle! Par exemple, le Jardin botanique de Montréal a préparé une présentation détaillée de ses salles en location.
  • Pensez à développer des accès privilèges pour la clientèle des réunions d’affaires, tels que des visites d’arrière-scène, un accès rapide à l’arrivée même s’il y a une file d’attente, etc.

Sources :
– «Du tourisme de loisirs… au tourisme d’affaires», Tour Hebdo. Le magazine des professionnels du tourisme, destination affaires et incentive, novembre 2006.
www.jouvence.com
www.reunionenpourvoirie.com
www.havrefamilial.com
www.croisièresaml.com
www.zoodegranby.com
laronde.sixflags.com
jardin botanique

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Tourisme durable

Un autre tourisme est-il possible?

Marie-Andrée Delisle, directrice d’une entreprise spécialisée en développement touristique, et Louis Jolin, professeur en tourisme à l’UQAM, se sont posé la question: «Un autre tourisme est-il possible?», ce qui a donné lieu à la publication d’un livre du même titre. Le tourisme passe lui aussi dans le collimateur de la responsabilité sociale, de la protection des droits humains et de l’environnement et l’on dénonce de plus en plus ses impacts négatifs. Et si un «autre tourisme» c’était de contrer les effets négatifs du tourisme et d’en maximiser les effets positifs? C’est un ouvrage qui aide à mieux comprendre le tourisme et l’univers dans lequel il évolue.

Cette publication interpelle tant les acteurs du développement touristique que les voyageurs eux-mêmes et les communautés locales qui les accueillent. Elle traite des questions éthiques touchant le tourisme, propose un «autre tourisme», explique, dans un contexte de développement durable, les contraintes à surmonter et, finalement, propose de bonnes pratiques touristiques.

Une question éthique

L’activité économique est souvent exempte de «principes» et est plutôt régie par la loi du profit et l’enrichissement des actionnaires. Toutefois, les pressions venant des différentes valeurs des dirigeants, des employés, des clients, de la communauté et de certains lobbys imposent à l’entreprise de faire un choix éthique. C’est dans cet esprit que l’économie sociale a émergé, voulant aller au-delà du rendement financier et voulant servir ses membres et la collectivité. L’éthique du tourisme se base sur des principes, des règles de conduite qui servent à guider les acteurs (organisations, entreprises, voyageurs et communautés visitées) dans leurs actions et à susciter les bonnes pratiques.

Les activités touristiques doivent:

  • être conduites en harmonie avec les spécificités et les traditions des régions et des pays d’accueil, et dans l’observation de leurs lois, de leurs us et coutumes;
  • permettre la survie, l’épanouissement et la mise en valeur de la culture locale et non provoquer sa standardisation et son appauvrissement;
  • faciliter l’accès du visiteur sans formalité exagérée ni discrimination.

Les entreprises touristiques doivent:

  • fournir une information objective au voyageur, assurer une prestation de qualité et la confidentialité des renseignements personnels;
  • instaurer des relations de confiance avec leurs collaborateurs et promouvoir des comportements éthiques auprès d’eux;
  • respecter leurs employés et offrir des conditions d’emploi équitables (formation, rémunération, horaire, avantages sociaux, etc.);
  • assumer leurs responsabilités sociales (obligations légales, respect de l’environnement, création d’emplois locaux, intégration harmonieuse dans les milieux physique et social, études d’impacts, transparence, dialogue avec la population locale, amélioration de la qualité de vie, etc.).

Les touristes doivent :

  • éviter tout comportement pouvant choquer ou blesser les populations locales.

Les communautés d’accueil doivent :

  • respecter les touristes qui les visitent et comprendre leurs modes de vie, leurs besoins et leurs attentes.

Un monde de contradictions

Diverses enquêtes révèlent que le touriste est sensible aux facteurs sociaux et environnementaux, mais qu’il ne s’engage pas encore fermement à changer les choses:

  • il est sensible aux problèmes environnementaux, mais ne veut pas s’encombrer de contraintes à l’étranger si les autorités locales ne l’exigent pas;
  • il rejette la responsabilité de certaines situations en alléguant qu’elles peuvent être contrôlées par les gouvernements en place ou accuse les multinationales (ex. dégradation des côtes, tourisme sexuel, pauvreté, etc.);
  • il a entendu parler du tourisme responsable, mais il ne le met pas nécessairement en pratique;
  • il recycle, il fait des dons à des organismes de charité ou encore il veut connaître les conséquences sociales, culturelles et environnementales de son voyage, mais il se préoccupe peu des politiques environnementales dans le choix d’une entreprise touristique;
  • il est peu disposé à payer davantage pour des vacances éthiques;
  • il est rarement prêt à modifier ses plans de voyage pour favoriser une approche responsable;
  • il appuie les certifications et les labels, mais il est rare qu’il soit en mesure de les reconnaître ou de comprendre leur portée.

Du côté de la communauté d’accueil, on trouve la même ambivalence:

  • elle veut la manne, elle veut bénéficier des retombées économiques des touristes, mais elle juge néfastes leurs influences;
  • elle dénonce les ravages du tourisme de masse, mais elle en profite souvent pour exploiter les touristes et les arnaquer;
  • elle devrait accueillir les visiteurs avec convivialité et jouer son rôle d’hôte, mais elle dénonce son état de servilité envers eux.

L’équilibre passe donc par l’éthique de la responsabilisation.

Un «autre tourisme»

Le tourisme revêt plusieurs formes allant du tourisme de masse au tourisme alternatif. À un bout du spectre se situe le tourisme enclavé où le visiteur évolue à l’intérieur d’un complexe touristique sans contacts avec la population locale outre les employés; à l’autre, le tourisme intégré où le voyageur vit avec et au rythme de la communauté visitée.

Un chapitre complet est consacré à définir ces formes de tourisme (responsable, social, équitable, culturel, etc.) qui font tantôt référence à des valeurs, à des façons de voyager ou à des façons de développer et font ressortir une dimension des pratiques touristiques comme la dimension politique de l’action, la redistribution des bénéfices, le droit aux vacances et l’accessibilité au tourisme, la solidarité avec la population visitée ou encore la responsabilité de son comportement.

Au-delà de la sémantique…, si un «autre tourisme», voulait dire contrer les effets négatifs du tourisme, en maximiser les effets positifs et adopter de bonnes pratiques?

Ce volet sera abordé dans un prochain texte: «Vers l’instauration d’un ‘autre tourisme’».

    Source:
    – Delisle, Marie-Andrée et Louis Jolin. «Un autre tourisme est-il possible?», Presses de l’Université du Québec, 2007, 144 pages.
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Gestion Produits et activités

Quand les musées font la cour aux familles

Quoique plusieurs équipements culturels, musées et sites historiques reçoivent la clientèle familiale depuis longtemps, ce n’est pas le cas de tous. Il s’agit pourtant d’une clientèle qui présente plusieurs avantages et adapter son offre pour la recevoir ne requiert souvent que peu d’investissements. Toutefois, pour bien accueillir les familles, il faut un peu plus qu’un tarif familial. Une adaptation est de mise, surtout si le contenu des expositions s’avère peu ludique. Voici quelques conseils à cet effet et des exemples de bonnes pratiques.

La famille, mais quelle famille

La famille traditionnelle frôle l’exception de nos jours et les familles monoparentales, recomposées ou élargies sont de plus en plus présentes. La définition la plus englobante de la clientèle familiale est un groupe composé d’enfants et d’adultes (parents, grands-parents, amis) qui désirent faire des activités ensemble. (Lire aussi: Les grands-parents voyagent de plus en plus avec leurs petits-enfants.) Les attentes de ces familles peuvent être différentes, notamment en termes d’accueil et de tarification.

Graphique 1 – Composition de la famille québécoise

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Les attentes spécifiques des familles

  • Une visite adaptée donnant les meilleures conditions de visites possibles. La visite ne devrait pas dépasser 1,5 heure pour répondre à la capacité de concentration des plus petits. Le parcours doit être simple, sans trop de détours. Rappelons aussi que les parents avec un enfant en poussette sont comptabilisés dans la catégorie des personnes à mobilité réduite.
  • Une tarification familiale préférentielle assez flexible pour s’adapter aux familles monoparentales, celles avec plusieurs enfants, aux visites avec les grands-parents, etc. L’ère des forfaits pour deux adultes et deux enfants est révolue! On peut par ailleurs proposer des rabais dans la boutique ou au restaurant. Certains musées offrent des tarifs annuels permettant de participer plusieurs fois par année à différentes animations ou activités.
  • Une signalisation particulière tout le long de la visite pour orienter et donner de ‘information spécifique sur les commodités, les espaces de jeux, les ascenseurs, etc.
  • Des explications avec deux niveaux de lecture afin d’intéresser aussi bien l’enfant que l’adulte. Ces renseignements ainsi que les objets à observer se doivent d’être à la hauteur des enfants.
  • Des services complémentaires tels qu’une boutique pour acheter un souvenir ou un jeu éducatif, des espaces de jeux, des sanitaires adaptés, un vestiaire, un coin cafétéria et le prêt de poussettes.

L’animation: le coeur de l’expérience

Le défi d’une bonne animation familiale est de réussir à ce que le discours soit adapté aux plus petits tout en demeurant intéressant pour les parents. Il s’agit donc d’avoir un animateur capable de modeler son discours en fonction de son public. Les visites guidées peuvent prendre différentes formes:

  • «classique» – le discours est spécialement adapté aux enfants,
  • «théâtralisée» – se fait en compagnie de personnages liés au site ou à l’exposition,
  • «contée» – les lieux revivent en devenant le théâtre d’une histoire,
  • ad hoc – peut être organisée de manière différente, par exemple visite des coulisses.

L’audioguide ou les contenus explicatifs téléchargeables sur lecteur MP3 ou iPod sont également une bonne façon d’animer la visite et de bénéficier d’un discours adapté. De façon générale, toute animation audiovisuelle ou interactive (écrans tactiles, hologrammes, vidéos) est plus susceptible d’intéresser la jeune clientèle. Une autre idée est d’offrir gratuitement un dépliant explicatif dédié aux familles. Ce livret peut proposer des questions d’observation et des compléments d’information. À la différence d’un dépliant pour les groupes scolaires, celui-ci doit être ludique puisque la visite se fait dans un cadre de loisir. Le site du Biodôme de Montréal permet par exemple de télécharger des dépliants avant la visite.

Il est important de dissocier les activités spécifiques pour les enfants de celles qui s’adressent à toute la famille, auxquelles les parents souhaitent généralement participer avec l’enfant. Il n’est pas rare de voir des ateliers où les enfants peuvent manipuler des objets ou créer quelque chose, mais il serait bien de voir davantage d’ateliers où parents et enfants peuvent faire une activité ensemble. Le musée du Louvre offre d’ailleurs une visite «Toucher pour voir» au cours de laquelle parents et enfants découvrent ensemble la sculpture, ses matériaux et ses techniques.

Exemples amusants d’ici et d’ailleurs

  • Le Musée national des beaux-arts du Québec offre des ateliers pour tous inspirés des expositions en cours et visant à explorer le processus de création d’une œuvre. Un premier atelier invite à recomposer sa propre vue sur la mer, à partir de photos et de reproductions marines rehaussées de dessin et de pastel. Un autre propose de réaliser un portrait en miniature d’un personnage célèbre en explorant le dessin sur médaillon, en utilisant la couleur et la dorure. Enfin, il est aussi possible de décorer un ornement en céramique au moyen de motifs d’animaux, de fleurs, de paysages et de personnages peints, à la manière des peintres hollandais présents à l’exposition «De Cranach à Monet».
  • Le Musée d’archéologie et d’histoire de Pointe-à-Callière propose des fêtes d’enfant spéciales en trois volets: une chasse aux trésors dans le site archéologique avec un guide animateur professionnel, une simulation de fouille archéologique et la sculpture en argile de l’artefact archéologique choisi par l’enfant.
  • Au château Ramezay, les familles sont invitées à revivre les habitudes de la Nouvelle-France en faisant des activités telles que confectionner du beurre ou cuisiner le pain brioche.
  • L’exposition «Empress of Ireland» au site historique maritime de Pointe-au-Père propose une animation intéressante: Emmy, le chat du navire, est présent tout au long du parcours de l’exposition et interagit avec les enfants afin de leur faire découvrir les secrets de ce paquebot.

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Source: Site historique maritime de Pointe-au-Père

  • Le parc Mini-Châteaux près d’Ambroise en France prête gratuitement des déguisements à toute la famille.
  • Le Bristish Museum à Londres a aménagé six parcours permettant aux familles d’effectuer une visite adaptée à l’âge des enfants (quatre pour les six ans et plus et deux pour les cinq ans et moins). Il offre aussi un sac à dos avec des casse-tête et des jeux à faire en famille, des ateliers variés et un audioguide familial.

Une fois l’offre adaptée, il reste à se faire connaître. Et parler aux parents ne suffit pas; non seulement les enfants ont un pouvoir d’influence très élevé sur les décisions, mais les activités se font aussi avec les grands-parents. Il est donc recommandé de parler à tous ces décideurs. Toutefois, lorsqu’on s’adresse directement aux enfants, il ne faut pas négliger une présence sur Internet qui fait partie de la culture des jeunes et où ils naviguent souvent seuls. Plusieurs sites culturels visant les enfants créent des environnements intéressants et interactifs associés à leur produit, comme des visites interactives, ou encore, à l’exemple du musée Pointe-à-Callière, des jeux éducatifs en ligne.

Sources:
– Bonnin, Luc et Aurélie Henry. «Le musée découvre la famille», Espaces 242, novembre 2006.
– Fédération des Stations vertes. «Stations Vertes: comment mieux accueillir les familles?», Congrès des Stations Vertes, 2006.
– Réseau Éducation Médias. «Comment les spécialistes du marketing ciblent les enfants», [www.media-awareness.ca].
www.pacmusee.qc.ca
www.mnba.qc.ca
www.chateauramezay.qc.ca
www.shmp.qc.ca
www.thebritishmuseum.ac.uk

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Ailleurs dans le monde Enjeux Marketing

Capsule – Le «Berlinizer»: un ambassadeur nouveau genre!

Une initiative novatrice pour bonifier l’accueil des touristes! À Berlin, les visiteurs peuvent désormais compter sur les «Berlinizers», des Berlinois spécialement sélectionnés qui acceptent de devenir une ressource pour les touristes! Afin que les visiteurs puissent les reconnaître, les Berlinizers portent des badges qui précisent la langue qu’ils parlent. N’hésitez pas à les aborder pour trouver votre chemin ou simplement un café branché!

Lancée en mai 2006 par le Berlin Partner GmbH, l’organisme responsable du soutien au développement de la ville, en collaboration avec une série d’acteurs économiques et touristiques, cette initiative permet aux visiteurs de rapidement identifier les citoyens aptes à les orienter ou à leur venir en aide et ce, dans plus de huit langues.

Selon le maire de Berlin, «Ces ambassadeurs sont à l’image de Berlin: ils sont polyglottes, ouverts sur le monde et communicatifs. Ils représentent la vitalité et l’hospitalité de la population berlinoise.»

Un site Internet a été conçu afin de permettre aux intéressés de s’informer ou de passer le test du parfait «Berlinizer»! Pour plus de renseignements:

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Ailleurs dans le monde Tourisme durable

Lorsque le touriste dit: Oui, je le veux!

Même si certaines entreprises ne se sont pas encore engagées de façon concrète dans le mouvement du tourisme durable, toutes en ont certainement entendu parler. Mais il n’y a pas que l’entreprise qui doive faire sa part, le touriste aussi! Alors comment interpeller celui-ci de façon à ce qu’il adopte une attitude responsable? Voici quelques initiatives qui incitent le touriste à s’impliquer chez vous.

Comme citoyen, le touriste entend parler des mesures pour protéger l’environnement, pour réduire les gaz à effet de serre, pour devenir un individu «responsable». Il existe aussi des façons de susciter son engagement lorsqu’il voyage.

Une belle invitation de la région des Alpes de Haute-Provence

En s’engageant dans une démarche de tourisme durable, le département des Alpes de Haute-Provence souhaite améliorer l’accueil du touriste. Aussi, l’Agence de Développement Touristique de cette région propose-t-elle à ce dernier de partager ce privilège et cette responsabilité et l’invite à devenir Citoyen des Alpes de Haute-Provence par le biais de la «Charte de l’accueil partagé».

Le futur visiteur peut consulter le dépliant de la Charte ainsi que la liste des entreprises touristiques qui ont adhéré à la démarche. En y souscrivant lui-même, il démontre la volonté de s’impliquer dans cette communauté et de la respecter. Il obtient alors une carte Tourisme Citoyen des Alpes de Haute-Provence, un carnet de route pour les échanges et les expériences lors de son séjour et un autocollant «Vivons ensemble les Alpes de Haute-Provence».

Cette approche constitue une façon intéressante de renforcer les liens entre le voyageur, la population et la région visitée.

Diverses initiatives de centres de villégiature et de stations de ski

Plusieurs centres de villégiature et stations de ski aux États-Unis sollicitent de différentes façons la participation des visiteurs à des programmes environnementaux.

Vingt-cinq resorts effectuent une levée de fonds à raison de 1$ par nuitée ou à l’achat d’un billet de remontée mécanique au profit de la National Forest Foundation. Cette dernière s’engage à investir 1,50$ pour chaque dollar reçu dans des projets de conservation soumis par les régions où sont situés les centres participants. Cette initiative est généralement bien reçue des skieurs lorsqu’on leur explique cette surcharge. Bien qu’ils aient toujours la possibilité de la refuser, très peu le font.

Comme suite à son adhésion à un programme d’énergie éolienne, la station Crystal Mountain au Michigan encourage les skieurs et les employés à l’imiter en offrant un billet de remontée gratuit à ceux qui souscrivent à ce type de programme.

Pour contrer les émissions de carbone générées par l’exploitation du centre de villégiature, le Ski Cool Program de Smugglers’ Notch au Vermont invite les skieurs à verser 10$ additionnels lors de l’achat d’une passe de saison ou 0,50$ à chaque visite. Pour chaque dollar amassé, la station ajoute 0,25$. Les sommes recueillies l’an dernier (environ 1780$) ont été versées au Schrack Family Farm Methane Project à Loganton en Pennsylvanie.

Développé par Bonneville Environmental Foundation, le programme SkiGreen s’adresse aux centres de sports d’hiver dont 14 y ont déjà adhéré. En se procurant un autocollant «mini green tag» (équivalent au 1/10 du «full green tag») au coût de 2$, les clients supportent des projets d’énergie éolienne en Amérique du Nord. La saison dernière, les skieurs ont acheté l’équivalent de 2000 mégawattheures, ce qui représente la puissance énergétique annuelle de 166 résidences ou la réduction de 2,8 millions de livres de gaz à effet de serre.

Un partenariat entre Jackson Hole (Washington) et American Forests a vu le jour en 2003, lequel a permis aux skieurs de financer, pour la somme de 10$, le reboisement de bandes de terre dans les forêts nationales. Cette saison, ils ont ajouté la vente d’un bracelet vert (Releaf Fund) au coût de 2$.

Le programme «Leave no trace» pour les adeptes de plein air

Le programme «Leave no trace – Sans trace» vise à éviter ou à réduire au minimum les impacts sur les milieux naturels tout en assurant une expérience positive aux adeptes du plein air.

Aventure Écotourisme Québec (AÉQ), en partenariat avec le Leave No Trace Center for Outdoor Ethics (LNT), a formé depuis septembre 2004 près de 250 instructeurs, lesquels pourront refiler leurs connaissances aux visiteurs de sites naturels.

Les 7 principes du programme Sans trace sont :

1. Prévoir et planifier à l’avance
2. Voyager et camper sur des surfaces durables
3. Gérer adéquatement les déchets
4. Laisser intact ce qu’on trouve
5. Minimiser l’impact des feux
6. Respecter la vie sauvage
7. Respecter les autres usagers

Le code d’éthique de l’Organisation mondiale du tourisme


Bien malin le touriste qui connaît le Code mondial d’éthique du tourisme proposé par l’Organisation mondiale du tourisme (OMT). Même si ce code s’adresse aussi aux voyageurs, il sert plus souvent d’orientations générales aux pouvoirs publics et aux professionnels du tourisme. Alors, il est de leur responsabilité de mettre en application ces règles et de les promouvoir auprès du voyageur.

Sources:
– Aventure Écotourisme Québec – Sans trace, [www.aventure-ecotourisme.qc.ca].
– Agence de Développement Touristique des Alpes de Haute-Provence – Charte de l’accueil partagé, [www.alpes-haute-provence.com/soleil/index.php].
– Darrow, April. «Programs Help Guests Go Green», National Ski Areas Association – NSAA Journal, février/mars 2007, p. 31-33.
– Organisation mondiale du tourisme. «Code mondial d’éthique du tourisme», [www.world-tourism.org].