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Tendances dans le secteur des croisières de courte durée

Les croisières-excursions sont encore considérées comme de «nouveaux» produits touristiques. Développées au Québec autour du pôle vedette de l’observation des baleines, les croisières de courte durée comptent sur une offre des plus diversifiées à l’échelle de la planète. Voici un portrait des grandes tendances qui caractérisent ce secteur, vecteur important du développement économique régional.

La popularité des thématiques

Les entreprises de croisières de courte durée continuent de se développer à un rythme intéressant, proposant une gamme de produits très variés. Parmi les produits classiques, on compte les croisières «coucher de soleil», les escapades «feux d’artifice», les excursions contemplatives, les croisières dansantes et les soupers romantiques.

On constate cependant que la croisière devient de plus en plus un prétexte pour pratiquer des activités originales dont le dénominateur commun semble être le jeu de rôle, un certain dédoublement de soi où le passager est invité à abandonner momentanément sa personnalité sur les quais le temps d’une escapade sur l’eau. Les croisières thématiques occupent une place de choix dans la gamme des produits nautiques offerts dans les métropoles nord-américaines et européennes. Outre une expérience nautique originale permettant d’aborder la ville sous un angle différent, ces excursions offrent à leurs participants la possibilité de se plonger dans un univers ludique où ils deviennent les acteurs à part entière du spectacle qui leur est proposé. Parmi les thèmes les plus souvent proposés, on compte les croisières «casinos», les «chasses au trésor», les «enquêtes criminelles».

Les croisières invitant les passagers à se plonger dans l’histoire, la petite et la grande, qu’elle soit locale, nationale ou internationale, sont également très présentes. La participation et l’interprétation prennent ainsi le pas sur la simple observation passive de paysages urbains.

Des produits riches en expérience

La reconnaissance du besoin d’évasion de leur clientèle par les professionnels des croisières de courte durée, de cet appétit qu’elle manifeste pour l’aventure dans le cadre d’une odyssée relativement originale, se traduit souvent par l’utilisation de navires évocateurs d’un temps révolu ou d’un exotisme recréé. Ainsi, les bateaux à roue, les voiliers et goélettes constituent la flotte hétéroclite et chargée en symboles des intervenants de ce secteur. Le bateau pirate est même de la partie avec la Captain Memo’s Pirate Cruise en Floride.

Les croisières peuvent procurer aux voyageurs l’occasion de se familiariser avec les cultures locales et ancestrales. Par exemple, le Icy Strait Point en Alaska, dans lequel est située Hoonah, le plus grand village de la tribu amérindienne Tinglit, est visité par un nombre croissant de croisiéristes. Cette escale permet en effet à la clientèle d’être en contact avec cette culture dans son environnement naturel.

La gastronomie est également un élément important du produit croisière. La compagnie Viking River Cruises, dans le cadre de ses croisières fluviales en Chine, propose des menus « conçus » par un chef chinois de renommée internationale, Martin Yan.

La compagnie australienne Red Balloon Days, spécialisée dans les cadeaux originaux, offre la croisière Massage & Beauty Cruise dans le port de Sydney. Cette croisière de trois heures inclus un massage complet, un massage facial, et d’autres services ayant trait à la relaxation et aux soins du corps.

La compagnie australienne Captain Cook Cruises propose des croisières-souper dans le port de Sydney durant lesquelles des chanteurs d’opéras offrent un récital d’arias célèbres.

Pour une clientèle de tous genres

On remarque que les compagnies de croisières s’efforcent d’attirer des clientèles qu’elles ont eu tendance à délaisser par le passé. Ceci se traduit par l’émergence de croisières spécifiquement destinées à certains types de clientèles (gais et lesbiennes, familles, célibataires, nudistes, etc.).

La clientèle d’affaires fait partie des segments de marchés visés par les croisières fluviales de courte durée. Brunchs, réunions, repas d’affaires, incentives et fêtes d’entreprises sont autant d’occasions de faire appel à des spécialistes et de profiter des animations et services spécialement conçus pour répondre aux besoins de cette clientèle. Ces croisières se déclinent selon différentes thématiques et comptent sur l’exiguïté propre aux navires pour faciliter les rapprochements entre collègues.

Un nombre important d’opérateurs de croisières de courte durée visent également la clientèle familiale. Ils ne se contentent donc plus d’attirer les couples en tirant sur la corde du romantisme, mais ils entendent faire de leur produit une activité familiale à part entière, éducative et amusante pour les enfants, encadrée et relaxante pour les parents.

Misant sur le caractère ludique et festif, de nombreuses entreprises combinent l’aspect nautique à la musique (groupes de musique, DJs, karaoké, etc.), à la danse (bals, soirées salsa, etc.) ou à des fêtes occasionnelles (Halloween, Oktoberfest, Mardi Gras, bals de graduation, etc.). C’est ainsi une clientèle plus jeune et dynamique que ces exploitants courtisent.

Enrichir le produit par la qualité de l’interprétation

Les entreprises de croisières-excursion tâchent de se démarquer en faisant appel à des intervenants de marque ou en embauchant du personnel spécialisé dans des domaines étroitement reliés aux milieux naturels et sociaux visités. Ceci rehausse les produits offerts d’une touche de professionnalisme, dont voici quelques exemples:

  • Des compagnies membres de Niche Cruise Marketing Alliance font appel à des spécialistes (historiens, géographes, zoologistes, anthropologues, etc.) pour leurs croisières afin de prodiguer leurs connaissances aux passagers. 
  • La compagnie Quark Expeditions a quant à elle convié l’auteure Jennifer Niven à intervenir sur l’une de ses croisières. En effet, la croisière Russia’s Far East & Wrangel Island visite les lieux que l’écrivain dépeint dans deux de ses romans. Voici l’occasion d’évoquer, auprès des passagers, les histoires que ses romans mettent en scène.
  • La compagnie américaine Clipper Cruise Line propose des croisières qui visitent les lieux où se sont tenus des combats majeurs ayant impliqué des soldats américains au XXe siècle. Que cela soit en Méditerranée, sur la côte Atlantique européenne, dans le Pacifique ou au Viêt-nam, les passagers sont invités à revivre ces batailles par l’entremise d’historiens et de spécialistes de ces périodes de l’Histoire.

Aménagement des zones portuaires

Certaines zones portuaires, longtemps laissées à l’abandon, semblent attirer aujourd’hui l’attention des promoteurs. Ainsi, dans un contexte où les espaces libres viennent naturellement à manquer dans les centres-villes des métropoles nord-américaines et européennes, les anciennes zones industrielles, et notamment portuaires, constituent une option intéressante afin d’y développer de nouvelles structures et de nouveaux quartiers. Leurs dimensions parfois importantes ouvrent en effet la voie à des plans d’aménagement ambitieux et multifonctionnels. D’autre part, l’attrait naturel que constituent les abords d’un plan d’eau permet de concevoir ces plans d’aménagement dans une perspective de réconciliation entre zones résidentielles et activités récréotouristiques.

C’est sur cette voie que s’engagent des villes comme Boston et Toronto, suivant en cela les exemples probants qu’ont notamment initiés plusieurs villes européennes. Ainsi, Barcelone, quand elle réaménagea son port à l’occasion des Jeux Olympiques de 1992, fut une des pionnières dans ce domaine. Décidant de s’ouvrir résolument sur la mer, la ville a bouleversé son paysage urbain et créé un espace où culture, animation, activités commerciales et marines cohabitent en harmonie.
 
Par ailleurs, de récentes pratiques peuvent induire une conception nouvelle de certains ports d’attaches de bateaux de croisière. Ainsi, à Moscou, quand la Volga gèle en hiver et que le fleuve est impraticable, la compagnie Volga Flotte pratique une forme de «recyclage saisonnier». Un de ses bateaux, alors qu’il demeure amarré à la gare maritime de la métropole russe durant la saison froide, fait office d’hôtel.

À venir: «Croisières urbaines: les exemples de Toronto et de Chicago»

Avec la collaboration de Matthieu Saillant 

Source:
– Chaire de Tourisme ESG UQAM. «Étude de l’offre récréotouristique nautique et portuaire dans les centres urbains», mars 2006.

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Produits et activités

Redéfinir le tourisme culturel, c’est aussi redéfinir la culture!

[15 juin 2006] Tenter de définir le «touriste culturel» est un exercice périlleux! Comment aller plus loin que la traditionnelle approche qui veut qu’un touriste culturel soit un touriste qui pratique une activité culturelle ou qui visite une attraction culturelle? En considérant également l’importance de la culture dans le choix d’une destination touristique, de nouvelles approches émergent pour tenter de redéfinir les concepts de «culture» et de «tourisme culturel».

Qu’est-ce qu’un touriste culturel?

La tâche de définir ce qu’est un «touriste culturel» exige que nous puissions déterminer les motivations, les attentes et les besoins de ces touristes dits «culturels» et que nous soyons en mesure de savoir comment la consommation de produits récréotouristiques à caractère culturel y répond.

Dans une étude portant sur le tourisme culturel en milieu urbain, la Commission Européenne du Tourisme (CET) présente une classification des touristes culturels selon deux axes distincts: d’abord, celui de l’importance que la culture revêt dans leur choix de visiter une destination; mais aussi, et peut-être surtout, celui relatif à l’intensité de l’expérience culturelle réellement vécue ou recherchée par les touristes au cours de leur séjour.

Cette typologie, développée par McKercher et Du Cros, propose cinq catégories de touristes culturels [traduction libre]:

  • Le passionné (purposeful cultural tourist): la culture est son motif premier de visite et il vit une expérience culturelle très profonde.
  • Le consciencieux (sightseeing cultural tourist): la culture occupe une place importante dans son choix de visiter une destination, mais l’expérience culturelle vécue est moins profonde.
  • L’instinctif (serendipitous cultural tourist): il ne voyage pas pour des raisons culturelles mais, du fait de sa participation, il se trouve à vivre une expérience culturelle très profonde.
  • Le désinvolte (casual cultural tourist): la culture n’est pas sa motivation première pour voyager et l’expérience culturelle qui en résulte est superficielle.
  • L’accidentel (incidental cultural tourist): il ne voyage pas pour des raisons culturelles, mais participe cependant à des activités qui lui procurent une expérience culturelle superficielle.

Cette nouvelle typologie révèle que chaque touriste, à un degré ou à un autre, délibérément ou «par mégarde», est en fait un touriste culturel. De plus, elle suggère que l’expérience culturelle peut être plus ou moins intense, cette intensité étant fonction de la participation du touriste et pas seulement de ses motifs.

Enfin, bien qu’elle entraîne une nouvelle problématique sur le plan de l’évaluation de l’expérience recherchée et vécue, cette taxinomie va tout de même plus loin que la traditionnelle approche qui veut qu’un touriste culturel en soit un qui pratique une activité culturelle ou qui visite une attraction culturelle.

L’intention vs la pratique

Deux approches s’affrontent donc quant à la compréhension de ce qu’est un touriste culturel:

1) L’approche fonctionnelle. Centrée sur l’offre, cette approche est plus institutionnelle et est aussi plus élitiste, car elle reconnaît la valeur culturelle du touriste selon sa participation à une activité culturelle de nature plus traditionnelle ou «institutionnalisée».

2) L’approche conceptuelle. Centrée sur la demande, cette approche tient compte des intentions et des motivations des touristes en analysant le rôle de la culture comme motif de voyage. Par contre, sans une définition reconnue de la culture, il devient difficile de circonscrire le phénomène du tourisme culturel.

Malgré l’émergence d’une deuxième approche basée sur la demande, la réalité du tourisme culturel et de ses adeptes demeure difficile à cerner et à délimiter sans sacrifier à un certain parti pris.

Un tourisme culturel redéfini

Jane Lutz de l’université Birmingham propose une typologie intéressante afin de surmonter cette impasse et de réconcilier les perspectives de l’offre et de la demande. Cette typologie se déploie le long de deux axes: celui de la production de la culture (l’offre) et celui de sa consommation (la demande). Elle intègre les notions de «culture noble» et de «culture populaire», mais les cantonne à l’axe de production. Qui plus est, elle leur adjoint la notion de «culture du quotidien» ou «culture ancrée», notion faisant référence aux caractéristiques culturelles «immatérielles» ou à ce que l’on appelle communément les us et coutumes. Pour ce qui est de la consommation, elle peut être définie selon le degré de participation, de passif à actif.

Le tourisme culturel peut ainsi être divisé en quatre formes de tourisme distinctes mais entrecroisées: les tourismes patrimonial, culturel, artistique et créatif. Cette typologie permet de sortir de l’impasse en rappelant une évidence que les autres approches oublient de mentionner, à savoir que si le concept de culture réfère à une réalité complexe, multiple et variée, le phénomène de tourisme culturel doit nécessairement référer à une réalité tout aussi complexe, multiple et variée.

Ainsi, s’il y a différentes formes de culture (artefacts/produits, processus, expériences), si sa production peut être catégorisée selon différents niveaux et selon différentes époques et si sa consommation prend des formes diverses, le touriste culturel devient lui-même un personnage changeant et disparate, affublé d’une personnalité multiple variant selon les lieux où il se trouve (musée, bâtiment historique, théâtre, opéra, festival de rue, restaurant gastronomique, etc.), ses modes de consommation (participatif, contemplatif, éducatif, festif, etc.), mais aussi l’espace temporel (passé, présent et futur) et les objets (artefacts/produits, processus, expériences) sur lesquels son attention se fixe.

Ce qui peut faire qu’un touriste quelconque devienne ou soit considéré comme un touriste culturel, c’est alors tout stimulus culturel à même d’éveiller sa curiosité, son attention ou sa participation, et ce, quelle que soit la nature de ce stimulus.

Conclusion

Un touriste culturel est avant tout en interaction avec son environnement, c’est-à-dire que, non content de recevoir, il est également en mesure de donner et de partager avec la culture hôte. Le touriste culturel est donc un agent culturel au sein d’une culture qui lui est étrangère ou peu connue; il sera de ce fait appelé à devenir un élément de la culture hôte – élément perturbateur ou façonneur -, mais un élément à part entière…

François-G. Chevrier, en collaboration avec Mattieu Clair-Saillant

Sources :

  • Commission Européenne du Tourisme (2005). «City Tourism & Culture – The European Experience». ISBN 92-990034-1-6, p. 4.
  • Arnaud, Gilles (2005). «Envie de France – Rapport de prospective sur l’attractivité culturelle de la France». Commissariat général du Plan, Centre d’Analyse stratégique, p. 39.
  • Lutz, Jane. «Cultural Tourism: Trends and Prospects». University of Birmingham, 10 novembre 2005. http://www.artswales.org/publications/Keynote%20Cultural%20Tourism.ppt.
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Ailleurs dans le monde Technologies

Visiter un site archéologique tout en recréant les acteurs du passé

Que diriez-vous si vous aviez la possibilité de visiter un site historique ou archéologique, tout en côtoyant les acteurs du passé? Voyons comment la technologie d’aujourd’hui peut contribuer avantageusement à l’accès dynamique aux ressources culturelles et historiques, tout en jouant la carte de la conservation du patrimoine.

Dans le cadre d’un programme de travail 2002-2006 de la Communauté européenne pour la recherche et le développement technologique (programme FP6), le Conseil des ministres et le Parlement européen ont adopté un budget de 17,5 milliards d’euros (soit près de 4% de tout le budget de l’Union européenne pour 2002) pour des activités de recherche. Une des sept priorités thématiques visait les technologies de la société de l’information (TSI), avec un budget indicatif de 3,62 milliards d’euros.

Un des projets pilotes au sein du TSI, Agamemnon, qui vise plus particulièrement le secteur du tourisme, a débuté en janvier 2004 – pour une durée de 30 mois.

Ce projet utilise la technologie des téléphones cellulaires de 3e génération (3G) avec appareil photo incorporé (loués pour l’occasion), afin de fournir aux visiteurs de musées ou de sites archéologiques en plein air une expérience personnalisée et enrichie.

Tout au long de leur visite des monuments et des sites touristiques d’intérêt, les touristes sont munis d’un téléphone cellulaire qui leur sert de guide virtuel et leur permet:

  • de reconnaître les monuments spécifiques, grâce à des photos qui ont été prises préalablement par les visiteurs et stockées dans une banque d’images;
  • d’«ergonomiser» au mieux le tracé de leur visite (et ainsi d’éviter de revenir sur leurs pas);
  • de personnaliser l’information diffusée par le guide virtuel, sur la base d’un profil d’utilisateur;
  • d’interagir avec Agamemnon sous forme de commande vocale et d’écouter des messages préenregistrés;
  • de recevoir l’information dans la langue de leur choix.

Trois sites archéologiques de grande envergure ont participé au projet, les villes de Paestum et de Pompéi en Italie, ainsi que Mycène en Grèce, où un prototype était à l’essai en février 2005.

Visiter Pompéi en réalité virtuelle

Plus impressionnant encore, MIRALab, le laboratoire des réalités virtuelles de l’Université de Genève, en partenariat avec l’EPFL (Ecole Polytechnique fédérale de Lausanne), la société 2D3 et l’Université de Milan, a également travaillé au projet Lifeplus destiné à promouvoir le développement technologique et la valorisation culturelle et touristique des sites archéologiques.

Lifeplus fait appel à la réalité virtuelle afin de recréer un site archéologique, en l’occurrence les ruines de Pompéi. Le programme informatique recrée une image virtuelle des rues et des décors de la ville qui a été détruite par l’irruption du Vésuve, tout en permettant d’y superposer des personnages virtuels en mouvement.

Comme son nom l’indique, le principal objectif du projet était de «donner plus de vie aux sites archéologiques en augmentant l’impact émotif de la visite grâce aux nouvelles technologies».

Les visiteurs déambulent sur le site, munis de lunettes spéciales connectées à un ordinateur. Des scènes de la vie quotidienne leur sont alors projetées, en trois dimensions, afin de recréer la vie de l’époque (costumes, attitudes, objets familiers, faune et flore, etc. à l’appui). Une liaison satellite assure le géopositionnement en continu.

Les touristes peuvent alors mieux se rendre compte de quoi était composée la vie des anciens habitants dans leur environnement naturel. Ils sont également capables de visualiser les différentes étapes de construction des monuments tout au long d’une reconstruction tridimensionnelle. De plus, ajoutant à la réalité, ils entendent également des conversations fictives (ici, en latin) entre les différents personnages virtuels.

Quoi de plus intense que de voir, mais surtout de ressentir, l’expérience telle que la vivaient les habitants d’autrefois?

MIRALab précise que le projet est adaptable à d’autres sites qui désirent mieux comprendre et faire comprendre le patrimoine construit. Leur intention est d’améliorer la technique et d’alléger le matériel).

Les applications des technologies de la réalité virtuelle sont nombreuses et prometteuses, et pas seulement dans l’industrie du tourisme. Elles sont néanmoins encore relativement limitées, dû à leur complexité d’installation (logiciels et matériels) et à leurs coûts encore très élevés.

Maintenant, fermez les yeux et imaginez ce que donnerait la visite virtuelle des plaines d’Abraham ou, encore, une plongée sous-marine avec les baleines du Saint-Laurent?

Le sujet vous intéresse, lisez aussi : Quelles influences auront les technologies visuelles sur le tourisme et les loisirs?

Sources:

– TXT e-Solutions Spa. «Pictures from the Past», (sans date).
– Université de Genève. Presse Information Publications, octobre 2004.
– Valentin, Émilie. «Visiter Pompéi avant l’irruption du Vésuve», Le Courrier, 29 septembre 2004.

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Segments de clientèles Technologies

müvmédia 2006: découvrir le Québec à la manière des jeunes

Qui ne se souvient pas des magnifiques moments de télévision transmis par les jeunes explorateurs de «La Course destination monde»? C’est un peu cette magie que Tourisme Jeunesse, Voyages Campus et müv, le magazine québécois spécialisé dans le tourisme pour les jeunes, désirent recréer en proposant l’événement müvmédia 2006. Initiative intéressante alors que le concours devient prétexte à la découverte des régions du Québec, à la manière des jeunes.

Nature de l’événement

Müvmédia 2006, le rallye du nomade, consiste en un concours de reportages multimédias pour les jeunes de 18 à 30 ans dont l’objectif vise à promouvoir le voyage comme véhicule d’apprentissage et de découverte. De plus, il s’agit d’une initiative toute québécoise alors que, pendant 11 semaines à l’été 2006, six jeunes (sélectionnés parmi des centaines de candidatures) sillonneront le Québec et créeront chacun 10 reportages. Ces derniers constitueront une vitrine promotionnelle fort intéressante pour l’industrie touristique puisqu’ils seront présentés au public sur le Web et dans certains médias québécois. Mentionnons que Télé-Québec et Téléfilm Canada agissent également à titre de partenaires de l’événement.

Même si le voyage ne s’inscrit que comme toile de fond, les participants découvriront plusieurs régions du Québec, séjourneront dans les auberges de jeunesse et communiqueront aux gens leur vision de l’expérience. Les reportages seront jugés à la fois par un jury sélectionné et par le grand public.

Des restrictions comme une allocation de séjour et un «Passeport transport» comprenant un nombre déterminé de laissez-passer pour des moyens de transport variés obligeront les participants à bien gérer leurs dépenses et leur itinéraire de voyage. 

Qui sont ces jeunes?

Dans le cadre d’un sondage réalisé au printemps 2005, le magazine müv a dressé un portrait de la clientèle cible des jeunes voyageurs de 18 à 30 ans visés par l’expérience müvmédia 2006, soit à titre de participants ou encore à titre de spectateurs du concours. Voici quelques caractéristiques:

  • 42% ont déjà complété des études universitaires;
  • 55% sont encore aux études;
  • 24% s’intéressent particulièrement au plein air;
  • 87% ont effectué un voyage au cours des 12 derniers mois;
  • 64% effectuent de 2 à 4 voyages par année;
  • 79% ont accès à Internet à la maison.

Promouvoir autrement

On se demande souvent comment vendre nos produits touristiques pour qu’ils plaisent à différents segments de population. Dans le cas de la clientèle des jeunes, quoi de mieux que de leur montrer nos richesses touristiques telles que perçues par les jeunes eux-mêmes? Dans un contexte où le consommateur est de plus en plus immunisé contre la publicité mal adaptée, une approche innovatrice comme celle de müvmédia 2006 est susceptible de créer un effet réel sur la clientèle visée. L’angle du voyage qui aura passionné le jeune reporter interpellera très certainement le voyageur en devenir de sa génération.

Certains gestionnaires pourraient se laisser tenter à répéter ce type d’expérience afin de cibler d’autres segments de clientèle. Pourquoi pas la promotion du tourisme des seniors tel que vu par les seniors?

On peut aussi fort bien imaginer que certains reportages pourront être récupérés à d’autres fins promotionnelles, notamment sur les portails des destinations concernées ou même sur le site de BonjourQuébec.com. La visibilité et la portée de l’événement demeurent encore inconnues et il est trop tôt pour en évaluer les effets escomptés, mais l’initiative vaut certes la peine d’être saluée. 

Source:
Müvmédia 2006

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Produits et activités

Le tourisme industriel, un volet du tourisme d’apprentissage

Curieux de connaître le fonctionnement d’un barrage, le processus de confection des petits gâteaux Vachon ou la méthode d’élevage des moutons? Découvrir l’envers du décor et les secrets de fabrication des objets utilisés au quotidien intéressent de plus en plus de personnes, particulièrement les retraités et les groupes, scolaires ou autres.

Comment doit-on l’appeler?

En France, on le nomme «tourisme de découverte économique». Il comprend la visite d’entreprises, le patrimoine industriel, le tourisme scientifique et technique. Au Québec, cette dénomination ne coule pas de source.

L’appellation «tourisme industriel» soustrait certains secteurs comme l’artisanat, les laboratoires, l’agriculture, etc. Il s’avère difficile de dénicher une désignation qui engloberait l’ensemble des activités. Ces types de visites constituent un volet du tourisme d’apprentissage, au même titre que les cours de cuisine régionale ou de peinture.

Pourquoi ouvrir ses portes aux consommateurs?

Proposer une visite de son entreprise requiert temps et argent. Il faut, entre autres:

  • établir des normes de sécurité ou d’hygiène;
  • éviter de nuire au travail des employés;
  • concevoir le déroulement de la visite;
  • établir la logistique;
  • sélectionner les guides et les former;
  • faire de la publicité.

Devant toutes ces démarches, il est possible que l’entreprise ne soit pas très ouverte à l’idée. Pourtant, elle peut en retirer plusieurs avantages:

  • se faire connaître du public;
  • développer son image de marque et accroître sa notoriété;
  • effectuer du marketing direct en offrant la possibilité d’essayer le produit – dégustation, vente ou autres – généralement très appréciée de la clientèle;
  • couvrir une partie des frais par un prix d’entrée ou par la vente du produit;
  • profiter du bouche à oreille. Un client satisfait de sa visite parlera en bien de l’entreprise;
  • sensibiliser la clientèle à un secteur d’activité;
  • faire connaître ou valoriser certaines professions et même recruter des gens dans une période de pénurie de main-d’oeuvre;
  • éduquer la clientèle.

La France s’est penchée sur ce secteur touristique

En 2002, la France effectuait une vaste enquête nationale sur le tourisme de découverte économique auprès de 2398 entreprises, de même que 393 musées-patrimoine et sites scientifiques. On distinguait six secteurs d’activité:

  • l’agroalimentaire;

  • l’artisanat;

  • les services (aéroport, centre de communications, etc.);

  • l’industrie;

  • les laboratoires de recherche;

  • les autres (agriculture, presse, santé, bâtiment, etc.).

Les faits saillants (les résultats n’englobent pas la totalité des organismes sondés, certains n’étant pas en mesure de répondre à toutes les questions) révèlent que:

  • les entreprises ont attiré plus de 6,2 millions de visiteurs, soit une hausse de 6,2% par rapport à l’année précédente;
  • l’agroalimentaire (2,8 millions), les autres (2,1 millions) et l’artisanat (750 000) sont les secteurs ayant reçu le plus grand nombre de visiteurs;
  • selon le ratio du nombre moyen de visiteurs par secteur, les laboratoires de recherche occupent le premier rang (en hausse de 18% par rapport à 2001), suivi de l’agroalimentaire (en baisse de 11%);
  • on rapporte un taux de 15% de visiteurs étrangers, soit 2% de plus qu’en 2001. L’agroalimentaire, les laboratoires de recherche et l’artisanat constituent les secteurs les plus populaires auprès de cette clientèle. Les entreprises typiquement françaises en attirent une forte part, surtout grâce à leur notoriété et leur savoir-faire.
    Les compagnies accueillent principalement des Britanniques (73%), des Allemands (71%), des Belges (45%) et des Néerlandais (38%);
  • la clientèle de groupe est majoritaire au sein de ce type de tourisme (57%);
  • la clientèle d’agrément (incluant les groupes scolaires) constitue la plus forte proportion, soit 82%;
  • les visites guidées sont les plus largement répandues (75%) et la majeure partie des visites est gratuite (72%);

  • le quart des entreprises offre à la fois des visites libres et guidées; selon le type d’activités, les visites guidées atteignent une proportion de 86% et les gratuites s’élèvent à 90%;
  • la tarification des visites ne constitue pas un frein à l’achat, puisque 53% des gens se procurent ensuite des produits de l’entreprise;
  • une proportion de 95% des visites guidées est réalisée par un membre du personnel de l’entreprise. Cette personne, souvent bien placée pour connaître l’histoire de l’entreprise et ses processus de fabrication, peut néanmoins présenter des lacunes quand il s’agit de l’aspect pédagogique, de l’accueil et de l’interaction avec la clientèle;
  • la majorité des entreprises (94%) exige une réservation pour la visite;
  • quelque 62% des entreprises travaillent en partenariat avec différents organismes (offices de tourisme, chambres de commerce, associations du secteur ou autres) pour assurer la promotion et l’accompagnement;
  • en moyenne, 27% du budget est consacré à la promotion (en hausse de 4% par rapport à l’année précédente) et le reste au fonctionnement.

Un exemple concret: une mine de charbon qui veut se transformer en mine d’or

Misant sur la croissance du tourisme expérientiel, la ville de Lynch au Kentucky veut faire revivre un des plus grands camps miniers du monde, à la manière de Disney. Les organisateurs retraceront l’évolution de l’exploitation du charbon au pic, à la pelle et avec un âne jusqu’à l’équipement de pointe utilisé aujourd’hui. La ville voisine possède déjà un musée qui accueille 30 000 visiteurs annuellement et une auberge installée dans une ancienne école de la compagnie minière. Expositions animatroniques (contraction d’animation et d’électronique), bâtiments de l’époque, gens témoignant de leur expérience, tout est mis en oeuvre pour sauver cette région du marasme économique. L’État sera partie prenante de ce projet et l’intégrera au Kingdom Come State Park de Cumberland.

Beaucoup de gens aiment apprendre et sont curieux. Curieux de découvrir les coulisses. Curieux d’admirer les innovations de l’Homme et les beautés de la nature, d’en savoir plus sur la fabrication des objets qu’ils utilisent au quotidien ou de connaître de nouveaux métiers. Curieux de percer le secret de la Caramilk!

Sources:
– Alford, Roger. «Coal mine may be tourist gold mine», The Washington Times, 4 mars 2005.
– Assemblée des chambres françaises de commerce et d’industrie et Direction du tourisme. «Le tourisme de découverte économique en France en 2002», enquête TDE 2002, publiée en 2003.
– Astraud, Louis-Paul. «Bertrand Labes: De plus en plus de personnes ne veulent plus bronzer « idiot »!», L’Internaute Magazine [www.linternaute.com].
– Tourismexpress. «Le viaduc de Millau, nouveau haut lieu du tourisme industriel», [www.tourismexpress.info], 14 décembre 2004.

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Ailleurs dans le monde Produits et activités

Je me souviens: le tourisme de mémoire

Châteaux, forteresses, villes fortifiées, champs de bataille, cimetières et columbariums constituent autant d’endroits qui reflètent notre histoire. Le «tourisme de mémoire» invite le public à découvrir ce patrimoine.

Certains sites historiques ne présentent aucun attrait visuel et ne prennent de valeur patrimoniale que parce qu’ils sont associés à un personnage ou un événement particulier, comme la maison du général de Gaulle à Lille, les cimetières militaires de Picardie, les plages du débarquement en Normandie, les camps de concentration allemands, les plaines de Waterloo en Belgique ou les plaines d’Abraham au Québec.

Le tourisme dit «de mémoire» sert donc à découvrir un lieu où s’est jouée une part de l’histoire nationale. Il fait oeuvre de culture et d’éducation. Il répond surtout à une nécessité, celle de se souvenir.

 
Québec et ses fortifications

En France, le souvenir se porte bien

En France comme en Europe en général, on constate, depuis quelques années, une demande croissante pour ce type de tourisme. Tant et si bien que le ministère de la Défense, en partenariat avec les collectivités locales et les ministères de la Culture et du Tourisme, a décidé d’en faire un enjeu touristique et économique. Cette démarche possède également des objectifs culturels, pédagogiques et civiques.

En février 2004, Léon Bertrand, secrétaire d’État au Tourisme, et Hamlaoui Mekachera, secrétaire d’État aux Anciens Combattants, ont signé une convention, Tourisme de mémoire, portant sur l’aménagement touristique (information en plusieurs langues, mise en réseau, stationnement, etc.) et la promotion de ces sites.

Cette convention met en exergue la valeur touristique des sites de mémoire, en France et à l’étranger (par l’intermédiaire de Maison de la France), notamment dans les zones ne disposant pas toujours d’attraits touristiques majeurs.

Citons par exemple, le site Web Chemins de mémoire, instauré par le secrétariat d’État aux Anciens Combattants, qui a été créé pour guider les touristes au travers des différents sites patrimoniaux de notoriété nationale et internationale. Ces chemins s’articulent autour de quatre thématiques principales, soit la fortification du 16e au 20e siècle, la guerre de 1870-1871, la guerre de 1914-1918 et la Seconde Guerre mondiale.

Une demande en croissance

Et même si les acteurs du milieu du tourisme déplorent un manque de statistiques précises concernant les amateurs de tourisme de mémoire, on note un intérêt certain pour ce type de produit, tant dans l’industrie que dans la population.

En septembre 2004, une enquête Ipsos-Le Figaro Magazine démontrait le goût des Français pour leur patrimoine culturel. Près de la moitié des personnes interrogées avaient, par exemple, visité un musée ou une exposition cette année-là. Les seniors, en famille ou en groupe, sont particulièrement friands de cette forme de tourisme.

Une volonté de rajeunir le public pour transmettre le souvenir existe bel et bien. Elle s’exprime notamment dans la recherche d’une interprétation plus adéquate (discours et présentation).

Le tourisme de mémoire sur les bancs d’école

Cette volonté se traduit également au niveau de la formation. En effet, l’Université de Nancy 2 (IUT Nancy-Charlemagne) dispense une licence professionnelle en Développement et protection du patrimoine culturel, tourisme de mémoire.

Celle-ci vise à répondre aux besoins actuels des acteurs du développement local, régional et du tourisme, la mémoire – sous ses différentes déclinaisons (de guerre, industrielle, naturelle, etc.) – s’y présentant comme un axe de développement local.

Les titulaires de cette licence seront aptes à mettre en place des projets de développement local en adéquation avec le thème traité, mais aussi en cohérence avec le marché. Disposant de connaissances de l’histoire, des territoires, de la conduite de projet et de marketing du tourisme, ces personnes devront effectuer l’analyse d’une situation avant de proposer une stratégie de valorisation touristique.

 


Le fort de Chambly (Québec)

Au Québec, je me souviens

Ce développement du tourisme de mémoire ne se limite pas à la France. On le retrouve également au Congo, en Grande-Bretagne, aux États-Unis et… au Québec.

L’an dernier, un projet d’itinéraire culturel de la Nouvelle-France a vu le jour en complément à l’Inventaire des lieux de mémoire de la Nouvelle-France (www.memoirenf.cieq.ulaval.ca). Pour faciliter la compréhension de l’expérience coloniale française en Amérique du Nord et pour assurer un développement local et durable, il propose une mise en relation des lieux de mémoire, des ressources et des partenaires.

Il existe chez nous de nombreux sites historiques importants, comme:

  • la ville de Chambly: ville riche d’histoire et de patrimoine puisqu’elle constitue un des premiers lieux de peuplement au Québec. Elle possède sur son territoire deux sites historiques nationaux, soit le canal et le fort de Chambly. Tous les ans, elle y accueille plus de 300 000 visiteurs, plaisanciers et cyclistes.
  • Grosse-Île et le mémorial des Irlandais: ancienne porte d’entrée de l’immigration au Québec, du début du 19e siècle jusqu’à la Première Guerre mondiale.
  • Québec et ses fortifications: Québec est la seule ville en Amérique du Nord à avoir conservé ses fortifications. Ce lieu historique raconte l’histoire militaire de la ville sur plus de trois siècles.

Plusieurs avenues s’offrent aux partenaires touristiques pour la mise en valeur de ces sites, entre autres:

  • la création d’itinéraires axés sur des thématiques fortes, telles que les fortifications, la traite des fourrures, l’immigration, etc.;
  • la promotion de ces circuits par différents moyens: site Internet, dépliants, brochures, cartes postales, fiches historiques, bibliographies, relevés géographiques, ouvrages biographiques, etc., élaborés avec des partenaires locaux ou régionaux;
  • l’intégration de ces lieux dans des rendez-vous culturels (fêtes de la musique, journées du patrimoine, expositions, concours, etc.);
  • l’organisation de commémorations officielles;
  • l’accentuation de leur vocation pédagogique et la sensibilisation des jeunes par la création de partenariats avec le ministère de l’Éducation et les commissions scolaires, par exemple;
  • la collaboration avec les collectivités locales, les différentes institutions et les acteurs culturels de la région (musées, centres d’interprétation, etc.);
  • etc.

Bien qu’il soit relativement récent, le patrimoine culturel et historique québécois offre une belle diversité. Déjà, plusieurs acteurs contribuent, à des degrés divers, à sa conservation et à sa mise en valeur… parce qu’au Québec, on se souvient!

Voir aussi

Chemins de mémoire 
Inventaire des lieux de mémoire de la Nouvelle-France
IUT Nancy-Charlemagne
Musée virtuel de la Nouvelle-France

Sources:
– Institut Charles de Gaule charles-de-gaulle.org). «Signature de la convention relative au tourisme de mémoire, à la maison natale de Charles de Gaulle – Lille – le 9 février 2004», février 2004.
– Ipsos France. «Le patrimoine culturel est à la mode», 17 septembre 2004.
– Robillart, Dominique et Béatrice Dancer. «La promotion du tourisme de mémoire en Artois. Une action à l’échelle d’un territoire», Cahier Espaces, décembre 2003.
– Tribot, Élodie. «Conception d’un itinéraire culturel sur la Nouvelle-France. Inventaire des lieux de mémoire de la Nouvelle-France», Centre interuniversitaire d’études québécoises, Laboratoire de géographie historique (Université Laval), août 2004.

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Tourisme durable

Commentaires du professeure Julianna Priskin sur le texte «Quand l’étiquette écotourisme est utilisée à toutes les sauces»

Expert associé au Réseau de veille en tourisme, Mme Julianna Priskin est professeure en écotourisme et développement régional au Département d’études urbaines et touristiques de l’Université du Québec à Montréal. Voici ses commentaires au sujet de l’analyse intitulée «Quand l’étiquette écotourisme est utilisée à toutes les sauces».

Dans cet article paru dans l’édition du 9 février du Globe-veilleur, on fait bien ressortir l’imprécision qui existe entre les notions d’écotourisme et de tourisme durable. Comment s’en étonner puisque ces deux concepts, qui ne représentent pas la même chose, n’ont pas de définition universellement reconnue. On ne devrait accoler l’étiquette écotouristique à une activité qu’à la condition de respecter un certain nombre de principes.

L’écotourisme est une forme de tourisme qui se déroule dans un environnement naturel. Il s’inscrit donc dans le contexte plus général du tourisme de nature. Mais l’écotourisme se distingue des autres formes de tourisme de nature, en ce qu’il est le seul à contribuer à la conservation de la nature, à la sensibilisation environnementale (volet éducatif) et au bien-être de la population hôte.

Alors, comment faire la distinction, en termes concrets? Si vous passez la journée à faire du kayak sur un lac ou une rivière et que vous rentrez chez vous le soir, vous vous livrez à une simple activité de loisirs ou de plein air. Si vous faites du kayak dans un parc national et passez la nuit dans une auberge ou dans le terrain de camping du parc, vous faites du tourisme de nature. Comme le kayak exige un effort physique et peut faire courir un certain degré de risque (selon le cours d’eau choisi), on peut le considérer comme une forme de tourisme d’aventure «douce». Toutefois, si vous pratiquez le kayak dans un parc national, en compagnie d’un guide formé et expérimenté qui vous renseigne sur votre environnement naturel et les moyens de le conserver, et que votre séjour est organisé par un voyagiste, alors vous vivez probablement une forme d’écotourisme. Dans quelle mesure? Cela dépend d’une foule d’autres facteurs, mais en règle générale, l’écotourisme :

  • contribue directement à la conservation de la nature, par des moyens financiers, par exemple, ou par la participation à des activités de gestion environnementale;
  • sensibilise le touriste à l’environnement, au moyen d’une promenade commentée dans un parc national en compagnie d’un guide professionnel qui fournit un enseignement sur l’écologie du lieu;
  • illustre l’adoption de politiques et de pratiques qui réduisent les impacts biophysiques des activités des clients et de l’entreprise: ainsi, un chalet qui utilise des technologies permettant de réduire la consommation d’énergie ou d’eau, ou dont les occupants prônent des pratiques de recyclage ou de réduction des déchets;
  • contribue favorablement au bien-être de la population hôte en créant de l’emploi et en faisant en sorte que les profits ne soient pas tous drainés hors de l’économie locale; et
  • respecte la culture de la population hôte, par exemple en la faisant participer à la planification de l’activité touristique.

En principe, il faudrait répondre à tous les facteurs énumérés plus haut pour mériter l’appellation d’écotourisme. Mais en pratique, une entreprise qui répond à un ou deux de ces critères peut souvent qualifier ainsi ses activités. C’est malheureux, car il devient ainsi impossible de distinguer les véritables produits écotouristiques de ceux qui ne le sont que partiellement. Il serait donc utile d’adopter pour chaque critère des indicateurs de performance, quantitatifs et mesurables, grâce auxquels on pourrait situer sur une échelle le «degré d’écotourisme» de chaque activité. C’est d’ailleurs le principe qui sous-tend bon nombre des étiquettes d’accréditation actuelles. Mais, tout comme l’usage de définitions différentes pour représenter un même concept, la multiplication des étiquettes crée en fait beaucoup d’incertitude, ce qui n’est pas du tout souhaitable pour un secteur d’activités aussi répandu que le tourisme.

Pour ajouter au caractère nébuleux des termes vus ici, plusieurs définitions exigent que l’écotourisme soit une forme de développement durable – une notion elle-même encore plus nébuleuse. On peut dire simplement que le développement durable est un cadre de développement qui vise le long terme et qui s’applique à toutes les sociétés et à tous les secteurs économiques. Il s’agit aussi d’une idéologie qui a pour objectif de trouver l’équilibre entre l’économie, la société et les ressources biophysiques dont tout le reste dépend. Il va de soi qu’un tel idéal devrait aussi s’appliquer au tourisme.

Le tourisme durable constitue une forme de tourisme qui se développe et se gère de manière à rester viable, du point de vue social, économique et environnemental, et ce, de génération en génération. Il s’agit aussi d’une forme de tourisme qui ne nuit en rien au développement d’autres activités dans la même région. Selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), le tourisme durable doit :

  • faire un usage optimal des ressources environnementales;
  • respecter l’authenticité socioculturelle des communautés hôtes; et
  • procurer des avantages socioéconomiques à tous les intervenants.

Les règles directrices pour le développement durable du tourisme et les pratiques de gestion qui s’y rapportent s’appliquent à toutes les formes de tourisme, ainsi qu’à toutes les destinations. Un centre de tourisme de masse situé sur une montagne ou sur une plage peut évaluer son degré actuel de durabilité et adopter des mesures qui amélioreront son rendement. Il est vrai que certains secteurs touristiques peuvent plus facilement que d’autres réaliser un tel idéal, mais tous peuvent faire quelque chose. Depuis plus d’une dizaine d’années, on a produit une abondante documentation expliquant comment générer un tourisme durable, mais en pratique, il reste encore de nombreux défis à relever.

À bien des égards, l’écotourisme peut réellement contribuer à la concrétisation d’un idéal de tourisme durable. Et comme l’écotourisme et le développement durable présentent de nombreux avantages pour la société et l’environnement, il serait bon d’évoluer dans ce sens, quelle que soit la difficulté.

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Produits et activités

Le tourisme d’apprentissage fait ses classes dans une multitude de domaines

Longtemps associé au traditionnel cours de langue à l’étranger, le tourisme d’apprentissage offre maintenant de multiples activités à ceux qui veulent apprendre tout en voyageant. La Commission canadienne du tourisme s’est penchée sur ce phénomène.

Une combinaison d’éducation, d’interaction, de stimulation, de recherche d’authenticité et d’expérience caractérise le tourisme d’apprentissage. Le produit est typiquement offert à un petit groupe ou individuellement afin de maximiser la qualité de l’expérience.

Découvrir le mode de vie des autochtones, suivre un atelier de peinture, apprendre mille et un trucs horticoles, parcourir les rues d’une ville à la découverte du passé, assister à la répétition d’une pièce de théâtre et échanger avec les artistes, s’initier à la culture de la vigne et la fabrication du vin, cuisiner les poissons et fruits de mer, tout savoir sur les baleines, passer une journée en compagnie d’un pêcheur afin de se familiariser avec son métier et son mode de vie, découvrir la paléontologie, voilà autant d’activités qui attestent la diversité de ce type de tourisme.

Les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie sont des destinations réputées sur le marché des vacances éducatives. On retrouve aux États-Unis la plus grande concentration d’intervenants majeurs d’envergure internationale (Smithsonian Associates, Saga Holidays, Academics Abroad, Elderhostel, National Geographic Expeditions, Sierra Club). Comparées à celles qui sont offertes chez nos voisins du Sud, les vacances éducatives au Canada sont plutôt au stade embryonnaire.

Les amateurs de vacances éducatives

Le marché des vacances éducatives vise principalement:

  • les adultes d’âge moyen, d’âge mûr et de l’âge d’or, car cette clientèle dispose de plus de temps pour voyager et elle peut se permettre d’étudier pour le plaisir – la proportion de la population correspondant à ce profil est en croissance;
  • les associations et les groupes d’affinités qui recherchent des expériences d’apprentissage en lien avec leur champ d’intérêt;
  • les plus jeunes baby-boomers qui considèrent souvent les vacances éducatives en famille comme un investissement contribuant à l’éducation des enfants;
  • les personnes voyageant seules, qui forment un segment moins homogène, mais qui sont tout aussi intéressées à ce type d’activités.

De plus en plus de touristes en quête d’apprentissage recherchent des expériences uniques en leur genre, authentiques, novatrices ou simplement «qu’on ne vit qu’une seule fois». Cette clientèle présente les profils suivants:

  • des adultes instruits, en bonne santé, dotés d’une sécurité financière et avides de connaître le monde;
  • des adultes bien informés, qui s’expriment avec aisance et cherchent à vivre des expériences authentiques, animées par des professionnels;
  • des adultes disposés à payer le prix demandé; leur perception de la qualité et de l’authenticité des activités et des destinations devient un facteur prédominant dans leurs décisions d’achat.

Elderhostel a effectué, auprès de clients nord-américains ayant participé à des programmes se déroulant au Canada, un sondage qui a fait ressortir quatre grands types d’amateurs de vacances éducatives:

  • Les «explorateurs» qui recherchent des programmes leur permettant d’explorer une nouvelle partie du monde (région à proximité ou éloignée) afin d’en découvrir les us et coutumes, la géographie et l’histoire.
  • Les «voyageurs actifs», amants de la nature et soucieux d’environnement, qui privilégient les programmes se déroulant en plein air.
  • Les «amateurs de contenu» qui ont un intérêt marqué pour un sujet particulier (ex. généalogie, photographie).
  • Les «voyageurs recherchant la commodité», qui s’intéressent aux programmes offerts à proximité de leur domicile – des destinations qu’ils peuvent atteindre en une journée de conduite automobile.

«N’essayez pas de vendre le Canada, vendez plutôt les découvertes que l’on peut y faire!»

Les thèmes les plus populaires présentés dans le tableau suivant ont été répertoriés lors d’entrevues menées auprès de planificateurs de voyages et de voyagistes réunis à la conférence Non-Profits in Travel (NPT – aujourd’hui appelée Educational Travel Conference), tenue à Washington en février 2000. À ces thèmes, on peut ajouter les voyages linguistiques.

Une étude menée en 1999 auprès des acheteurs participants à la bourse touristique Rendez-Vous Canada (RVC) rapporte que:

  • 33% des  participants américains et 20% des participants originaires d’Asie-Pacifique souhaitent avoir accès à plus de forfaits éducatifs;
  • 39% des participants de la région Asie-Pacifique préfèrent les forfaits spécialisés haut de gamme, tout comme 29% des participants des États-Unis et 22% de ceux provenant du Royaume-Uni et de l’Europe.

Une multiplicité d’intervenants

De multiples entreprises et organismes participent au développement des expériences touristiques éducatives. La figure suivante présente les intervenants engagés dans cette dynamique. Les fournisseurs effectuent un réseautage différent selon qu’ils s’adressent au voyageur autonome ou à un groupe d’affinités.

Des initiatives heureuses au Québec

S.N. Tourisme culturel s’est fixé pour objectif «d’amener les visiteurs d’ici et d’ailleurs à découvrir et à partager les richesses culturelles, patrimoniales et artistiques du Québec». En partenariat avec Excursion Nouvelle-France (ENF Canada), l’entreprise a produit une brochure couleur d’une trentaine de pages, A True Learning Travel Destination, destinée aux professionnels du voyage dans le créneau des vacances éducatives. Deux types de produits complémentaires y sont combinés: nature et culture. Cette brochure a été lancée à Washington en février 2004 lors de l’Educational Travel Conference, qui regroupait des spécialistes de tous les continents. Elle sera traduite en français en 2005 afin de courtiser l’Europe.

Dans les Cantons-de-l’Est, Imagine Bromont, une institution à but non lucratif issue du partenariat entre plusieurs entreprises et organismes réputés dans leur domaine respectif, propose aux jeunes et aux adultes une expérience d’apprentissage dans trois disciplines: gastronomie, golf et équitation. Au cours du séjour qui dure une semaine, les participants reçoivent, selon le thème choisi, une formation spécialisée prodiguée par des professionnels renommés.

Le concept, qui peut prendre la forme d’un forfait vacances jeunesse, consiste à concilier le plaisir d’apprendre au développement d’habiletés personnelles, à l’intérieur d’un séjour d’agrément bien structuré sur le plan des activités proposées. L’Office de tourisme Granby-Bromont, le Domaine hôtelier Château Bromont, l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec, l’Association des golfeurs professionnels du Québec, le Centre Inter-golf, ainsi que le Centre équestre de Bromont, agissent comme partenaires. 

Le tourisme d’apprentissage s’ouvre sur un rayon très large d’activités et laisse place à la créativité pour offrir des produits «nouveau genre», afin de s’établir en force sur ce marché. Bâtir une expérience de qualité dans ce domaine exige la collaboration de plusieurs intervenants et aucune composante ne doit être négligée.

Sources:
– Cazelais, Normand. «Voyages: Tourisme distinct», Le Devoir, 24 avril 2004, p. D14.
– Commission canadienne du tourisme. «Tourisme d’apprentissage – Vacances, aventures et séjours éducatifs au Canada : un aperçu», vol. 1, avril 2001.

Sur le Web:
Learning & Enrichment Travel Alliance  [www.letacanada.com]
Routes to learning Canada [www.routestolearning.ca]
SN Tourisme culturel [www.sntourismeculturel.com]

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Produits et activités Tourisme durable

Éducation, environnement et tourisme: un ménage à trois prometteur

L’intérêt pour les espaces naturels, la faune et la flore, souvent avivé par les nombreux documentaires écrits et télévisés sur le sujet, a certainement contribué à faire du patrimoine naturel le point de départ de nombreux voyages. Mais attention: finie la simple contemplation des paysages! On veut maintenant comprendre, s’instruire et participer… tout en voyageant.

Les voyages forment la jeunesse… et l’esprit

L’évolution du tourisme mondial se caractérise par une multiplication de l’offre et une diversification des segments de clientèles. Les touristes sont désormais plus expérimentés et exigeants, car ils voyagent davantage et sont en mesure de comparer les destinations les unes aux autres. La venue d’Internet, qui a notamment permis la démocratisation de l’information, a grandement facilité l’autonomie du voyageur dans son processus de planification.

Comme l’affirme Bertrand Labes, auteur d’un guide sur le tourisme industriel, les touristes d’aujourd’hui ne veulent plus bronzer «idiots». Ils recherchent des expériences touristiques qui reflètent leurs motivations, lesquelles prennent la forme des trois «E»: Entertainment, Excitement, Education (divertissement, émotions fortes, apprentissage). Parmi les créneaux qui affichent une très forte croissance, on remarque notamment l’écotourisme et les voyages éducatifs.

Cette recherche d’une véritable expérience signifie une quête de produits sur mesure, personnalisés et authentiques, grâce auxquels le touriste peut participer et apprendre tout en se divertissant.

En raison du code de conduite qu’il propose, l’écotourisme constitue le véhicule tout désigné pour promouvoir l’importance de l’environnement, tout en répondant à la demande d’un créneau de clientèle bien réel.

Le maillage entre l’écotourisme et l’apprentissage du milieu naturel s’avère d’autant plus propice qu’il se prête volontiers à des expériences vécues par de petits groupes (10-15 personnes) désirant bénéficier d’une expérience pratique. Une panoplie de milieux peuvent être envisagés pour développer un tourisme de plein air éducatif.

Le tourisme au service de la science

On note également l’émergence d’un nouveau créneau de spécialisation, soit le tourisme scientifique. Il peut arriver qu’un visiteur passionné émette le souhait d’interagir avec des experts scientifiques. À titre d’exemple, la station de recherche des îles Mingan, un organisme à but non lucratif consacré à l’étude écologique des mammifères marins et de leur environnement, offre aux touristes d’accompagner l’équipe de biologistes pour des excursions en mer et de participer à ses recherches, dans le but de soutenir financièrement ses activités scientifiques. Certains parcs animaliers et aquariums empruntent aussi cette avenue en permettant l’interaction directe du public avec les biologistes sur place.

Plusieurs lieux d’étude ou d’observation peuvent être ciblés pour développer un tourisme proche des valeurs environnementales. Que ce soit au sein d’un milieu naturel comme la réserve de la biosphère du Lac-Saint-Pierre, dans un centre d’interprétation ou dans un laboratoire, de nombreux sites peuvent ainsi être mis à profit.

Le défi réside dans la valeur du contenu et la qualité de l’interaction et de l’apprentissage. En effet, ces voyageurs présentent des attentes très élevées, d’autant plus qu’ils consentent à débourser davantage pour recevoir un produit de qualité. Plusieurs ne se contentent plus des réponses vagues et toutes préparées du guide-naturaliste, souvent formé rapidement dans le cadre d’un emploi d’été.

Des alliances entre des producteurs québécois d’écotourisme, des organismes responsables de la protection de l’environnement (notamment pour déterminer des thématiques pertinentes) et des partenaires gouvernementaux apportent d’intéressants résultats. Soulignons par exemple le partenariat entre l’Institut Maurice-Lamontagne de Pêches et Océans et le Centre de découverte Explorama en Gaspésie visant à jumeler intervention scientifique et qualité d’interprétation des espaces marins visités.

Par ailleurs, il faut utiliser les bons canaux de distribution pour rejoindre les clientèles susceptibles d’être intéressées par ce type de produit. De plus en plus de grossistes se spécialisent dans des niches bien particulières, incluant notamment le Learning Travel. Les itinéraires sont alors pleinement «meublés», de manière à maximiser l’enseignement de nouvelles connaissances liées à la thématique de voyage.

Internet constitue un canal de distribution de choix pour atteindre des marchés cibles. La clientèle recherchant de tels produits de créneau est souvent expérimentée et plus à l’aise avec Internet pour la planification de ses voyages.

Voir aussi

Station de recherche des Îles Mingan
Institut Maurice-Lamontagne

Sources:
– Keefe, Cathy. «TIA Shows Continued Growth in Online Travel Bookers; Nearly One-Third Book All Their Travel Online», Tourism Industry Association of America [www.tia.org], 22 janvier 2004.
– Couture, Maurice. «L’écotourisme, un concept en constante évolution», Téoros, vol. 21, no 3, automne 2002.
Astraud, Louis-Paul. «Bertrand Labes : De plus en plus de personnes ne veulent plus bronzer « idiot »!», L’internaute Magazine [www.linternaute.com], consulté le 5 août 2004.
– Labes, Bertrand. «Guide des sites industriels et techniques», Paris, éditions Horay, 2004.