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Tourisme durable

Gestion responsable d’événements: un véritable effet domino

Le virage vert dans le domaine événementiel engendre de nouvelles pratiques novatrices. Bien plus qu’une simple tendance, l’évaluation des retombées et la diffusion des résultats constituent désormais une priorité pour les organisateurs d’événements écoresponsables. Un festival précurseur au Royaume-Uni, le Croissant Neuf Summer Party, parvient même à prouver que les participants à la dernière édition ont émis en moyenne 50% moins de CO2 que s’ils étaient restés à la maison cette même fin de semaine!

État des lieux

Depuis juin 2010, la mise sur pied de la norme BNQ 9700-253 en gestion responsable d’événements a permis de consolider l’expertise québécoise en matière de développement durable.

État des lieux

  • Après plus d’un an d’application de la norme BNQ, 10 organisateurs sont maintenant certifiés et environ 35 événements ont été classifiés.
  • Le Conseil québécois des événements écoresponsables (CQEER), en collaboration avec Loto-Québec, lance cette année la première édition du concours Les Vivats: plus de 160 candidatures en provenance de 15 régions administratives ont été déposées.
  • En date du 21 juin 2011, la Charte d’engagement envers le développement durable des commanditaires et partenaires majeurs d’événements comptait quant à elle déjà 13 signataires.

Certains commanditaires ont été à l’avant-garde de ce courant. En guise d’exemple, mentionnons le cas du festival de jazz le plus important de la planète. C’est grâce à l’achat de crédits compensatoires pour les 2000 tonnes de carbone émises par les activités du Festival international de jazz de Montréal (FIJM) chaque année que Rio Tinto Alcan a fait du FIJM le premier événement carboneutre au Canada en 2008.

À l’international, la norme ISO 20121, visant à promouvoir le développement durable dans les critères de l’organisation d’événements, est en cours d’élaboration. Quelque 30 pays se sont déjà engagés en qualité de membres participants ou de membres observateurs du comité de projet. Le lancement officiel de la norme ISO devrait concorder avec la tenue des Jeux olympiques de Londres cet été.

Principales tendances

On constate une toute nouvelle approche de gestion chez les organisateurs d’événements. Les principales tendances s’articulent notamment autour d’une planification plus rigoureuse des mesures écoresponsables et d’une utilisation accrue des nouvelles technologies.

Les gestionnaires d’événements ont de plus en plus tendance à:

  • planifier, mesurer et certifier le volet responsable des événements;
  • évaluer les retombées relatives à la mise en place de pratiques écoresponsables, comme le retour sur investissement, ainsi que les répercussions sociales et environnementales. Selon un sondage international de KPMG réalisé en 2011, 95% des 250 plus grandes entreprises au monde produisent maintenant des bilans témoignant de leur responsabilité sociale, une augmentation de 14% par rapport à 2008;
  • miser sur l’atteinte d’objectifs de qualité en se concentrant sur deux ou trois mesures à la fois;
  • exiger des fournisseurs écoresponsables (par exemple pour le choix du lieu où se tiendra l’événement, l’achat de produits promotionnels et alimentaires, etc.);
  • utiliser les technologies pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Contrairement à ce que certains promoteurs ont encore tendance à croire, la présence virtuelle de certains invités ou participants – à l’occasion d’un congrès ou d’une réunion d’affaires par exemple – ne compromet généralement pas le taux de participation. Il s’agit plutôt d’un complément qui contribue à réduire le nombre de déplacements et à diminuer les coûts, tout en bonifiant la programmation et en étendant la portée d’un événement.

Deux exemples de bonnes pratiques

Croissant Neuf Summer Party

Lors du Greener Festival Award en octobre 2011, un gala récompensant les initiatives de festivals en matière de développement durable, Croissant Neuf Summer Party a été proclamé événement le plus écoresponsable du Royaume-Uni. Depuis sa création, le respect de l’environnement a toujours constitué une valeur primordiale pour ses organisateurs.

L’énergie requise lors de la tenue de cet événement est générée exclusivement par des panneaux solaires et des éoliennes. Tout ce qui peut être recyclé l’est. La nourriture et les boissons servies sur le site sont des produits aussi biologiques, locaux et équitables que possible. Pour chaque voiture qui se déplace jusqu’au site, trois arbres sont plantés aux alentours. Un bel exemple qui prouve qu’au fil des années, un pas à la fois, les promoteurs d’événements atteignent des résultats impressionnants.

 

Lightning in a Bottle

Lightning in a Bottle, un festival ayant lieu annuellement au Oak Canyon Ranch à Silverado, en Californie, est reconnu comme un chef de file en ce qui a trait à l’écoresponsabilité. Sur le site Internet de l’événement, on trouve notamment des informations à propos du programme Leave No Trace – Sans Trace en français –, déjà bien implanté au Canada et aux États-Unis.

  

Source: Lightning in a Bottle

Parmi leurs initiatives, les organisateurs offrent gratuitement de l’eau filtrée sur le site, ils utilisent des matériaux recyclés et réutilisables pour la conception des divers éléments de décor, tels que du bambou, du rotin et même certains déchets!

Grâce à l’achat de crédits compensatoires, l’événement est également carboneutre. En 2011, cette contribution a été versée à la protection de Big River/Salmon Creek Forests dans le comté de Mendocino, en Californie. Lors de l’achat d’un laissez-passer, on offre aux festivaliers qui le désirent de débourser un montant optionnel de 3$ pour l’achat de crédits carbone. En échange, ils reçoivent un rabais applicable à l’achat d’une bouteille d’eau réutilisable à l’effigie du festival, des semences, etc.

Des mesures innovatrices à la portée de tous

Bien qu’elle puisse être fort bénéfique pour la notoriété de certaines organisations, l’obtention d’une certification ne constitue donc pas un prérequis pour emboîter le pas. L’objectif du développement durable étant de réduire les effets négatifs et d’augmenter les répercussions positives des événements, tant sur le plan environnemental que social, de multiples mesures sont à la portée de tous les organisateurs d’événements. Bref, il faut continuer à faire preuve d’audace et à innover pour que le Québec devienne une référence en matière d’organisation d’événements écoresponsables!

 Analyse réalisée grâce à un partenariat avec Tourisme Montréal sur le tourisme urbain durable.

Sources :

Bigwood, Guy. «Will Sustainability Reporting go Mainstream ?», Less Conversation More Action, 16 janvier 2012.

Luehrs, Michael. «Predictions for sustainable meetings and events, 2012: part 1-2-3», Less Conversation More Action, 30 décembre 2011, 2 et 3 janvier 2012.

Organisation internationale de normalisation, communiqué de presse. «Avec les Jeux olympiques 2012 en ligne de mire, évènementiel et développement durable s’inscrivent au programme de l’ISO », iso.org, 5 janvier 2010.

 

Sites Internet:

Conseil québécois des événements écoresponsables

Takt-etik

Festival international de jazz de Montréal

Greener Festival Award

Croissant Neuf Summer Party

Lightning in a Bottle Festival

Sans Trace Canada

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Hébergement Tourisme durable

Pratiques vertes en restauration

Grands consommateurs d’énergie et d’aliments, les restaurateurs saisissent de plus en plus le rôle qu’ils ont à jouer dans la préservation de l’environnement et des ressources. Et les consommateurs font pression sur eux: 70% souhaitent que les restaurants deviennent plus verts. Alors que de nombreux établissements modifient leurs façons de faire, beaucoup ont encore du chemin à parcourir pour améliorer leurs pratiques. L’heure n’est plus à la réflexion, mais à l’action.

De grands pollueurs

Selon l’Association des restaurateurs du Québec (ARQ), l’industrie serait à l’origine de 17% à 32% des émissions humaines de gaz à effet de serre. Aux États-Unis, la restauration à elle seule représente plus de 33% de l’électricité consommée par le secteur du commerce de détail. Le restaurant américain moyen utilise annuellement plus d’un million de litres d’eau et génère en moyenne 11,5 tonnes de déchets. De plus, il achète chaque année des kilos de viandes, de produits de la mer, de fruits et de légumes qui, souvent, proviennent de régions éloignées ou ont été produits avec divers agents polluants.

Une tendance lourde

La demande pour une consommation plus responsable et des pratiques respectueuses de l’environnement fait partie des grandes tendances qui touchent toute la société, et l’industrie de la restauration n’y échappe pas. Mentionnée entre autres par Food Channel et Hospitality Times, cette tendance repose sur le fait que les consommateurs sont davantage informés des conséquences d’actions irresponsables. Ils se soucient de ce qu’ils mangent, de la provenance des aliments, de leur mode de transformation, de leur fraîcheur ainsi que du cycle saisonnier. Les producteurs locaux prendront plus de place dans l’industrie de la restauration dans le futur et nous verrons le nombre de jardins associés à des établissements s’accroître (lire aussi: À crier sur tous les toits). Les restaurants seront plus nombreux à tenter d’obtenir une certification «verte» pour attirer la niche croissante de consommateurs préoccupés par l’environnement.

Une étude parue dans Tourism and Hospitality Research confirme l’existence d’un marché pour les restaurants verts et révèle que les consommateurs sont prêts à payer davantage pour une telle expérience. En réalisant un sondage auprès de 455 consommateurs de 5 restaurants décontractés (casual dining) de la ville de Colombus, en Ohio, des chercheurs ont tenté de répondre à quatre questions. En voici un petit résumé.

Est-ce que les consommateurs s’attendent à ce qu’un restaurant s’engage dans des pratiques vertes?

Non seulement une majorité (71%) des répondants estiment que choisir un établissement vert aide à la protection de l’environnement, mais ils croient également (70%) qu’il est souhaitable qu’un restaurant agisse en ce sens.

Laquelle des trois pratiques vertes est perçue comme la plus importante aux yeux de la clientèle?

Les chercheurs ont d’abord déterminé à partir des lignes directrices de la Green Restaurant Association (GRA) trois principaux axes d’interventions possibles: les actions vertes (énergie, efficacité, recyclage, construction, etc.), les aliments verts (biologiques et locaux) ainsi que les actes de compensation (dons ou engagement dans des projets verts). Il ressort de l’enquête que les actions vertes sont perçues comme plus importantes, suivies par le choix des aliments.

Dans quelle proportion les consommateurs sont-ils prêts à payer davantage pour fréquenter un restaurant vert?

Un pourcentage particulièrement élevé (85%) des répondants seraient prêts à payer une somme additionnelle pour un restaurant vert (voir graphique 1). Environ 20% se disent d’accord pour débourser un excédant d’au moins 10%.

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Les débuts des programmes de certification

Au même titre que l’industrie hôtelière, celle de la restauration se dote de certifications pour encadrer les initiatives des exploitants ainsi que pour différencier les établissements engagés dans une démarche environnementale. Aux États-Unis, la GRA fraye la voie depuis 1990.

En octobre 2010, l’ARQ annonçait le lancement de la phase préliminaire du projet Resto-Vert, un programme de certification environnementale visant à accroître et à reconnaître les efforts écologiques de l’industrie de la restauration. Ce projet répond à la demande des intervenants; 96% des 299 restaurateurs interrogés en 2008 estimaient «important que les entreprises du secteur de la restauration se préoccupent de l’environnement et fassent des efforts pour améliorer la situation».

Au Canada, le programme de certification pour restaurants et services d’alimentation Leaders in Environmentally Accountable Foodservice (LEAF) a vu le jour à Calgary en 2009. Peu d’établissements y sont pour le moment associés, mais Toronto compte maintenant son premier restaurant vert. Le propriétaire du Cowbell n’achète ses produits que dans un rayon de 200 km et utilise des matériaux recyclés et d’occasion pour la décoration, par exemple des bancs d’église.

 

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Source: Cowbell Restaurant

Quelques exemples d’actions possibles

Plusieurs sources d’information donnent des conseils en matière de bonnes pratiques. Voici quelques exemples d’actions possibles.

  • Afin de conserver l’eau et l’énergie, utilisez un lave-vaisselle efficace et écoénergétique, un éclairage homologué Energy Star et des toilettes à faible consommation d’eau.
  • Achetez des produits consignés, réutilisables et recyclés (serviettes de table par exemple) tant pour la clientèle que pour le personnel. Utilisez des bacs de récupération et de compostage si possible.
  • Effectuez un entretien approprié des filtres d’aération, gardez les espaces de rangement ou extérieurs exempts de déchets, d’huile ou d’autres polluants potentiels.
  • Choisissez des aliments biologiques locaux produits de façon responsable.

Alors qu’un nombre croissant de restaurants adoptent un comportement plus responsable, la nature des actions progresse également. Certes, on recycle, mais on fait des choix de produits beaucoup plus réfléchis. Un nombre grandissant d’établissements entretiennent leur propre jardin, parfois sur leur toit; certains élèvent même leurs animaux. On évite également de servir les espèces en danger ou en voie d’extinction. À cet effet, le chef du restaurant Heaven City à Mukwonago au Winsconsin va plus loin et met de l’avant des espèces invasives. Le Invasivore Tapas Dinner contribue à rétablir l’équilibre marin, car il est composé de poissons et de fruits de mer qui prennent trop de place dans certaines régions. Dans la même veine, le parc aquarium Exploramer en Gaspésie propose le programme de certification «Fourchette bleue, pour une saine gestion des ressources marines». Celui-ci encourage les restaurants et les poissonneries à offrir des saveurs méconnues parmi les nombreuses espèces comestibles du Saint-Laurent, dans une perspective de développement durable et de protection de la biodiversité.

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Source: Exploramer

En outre, des organismes collectent et distribuent de la nourriture provenant de restaurants ou d’événements. Mentionnons l’heureuse initiative de la Tablée des chefs avec leur service de courtage en alimentation durable, qui sert d’agent de liaison entre les producteurs de surplus alimentaires comestibles et les organismes qui les redistribuent aux personnes dans le besoin.

Un positionnement marketing encore peu utilisé

L’intégrité de l’environnement naturel est souvent un élément clé pour un lieu touristique, particulièrement pour les établissements d’hébergement situés en milieu naturel. Les hôteliers sont impliqués dans l’amélioration des pratiques environnementales depuis plusieurs années. Ce n’est pas nécessairement le cas de l’industrie de la restauration qui en est encore à ses débuts. Elle peut faire mieux et profiter de l’occasion pour en faire un positionnement marketing!

Sources:

– Bay Area Green Business Program. «Becoming a Green Restaurant», consulté le 9 mars 2011.

– Brooks, Steve. «Next gen green», MonkeyDish, 4 mars 2011.

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Hébergement Tourisme durable

Tirer des leçons du concept d’écolodge

Il n’est pas nécessaire de prétendre au statut d’écolodge pour se laisser inspirer par sa philosophie, que ce soit pour l’harmonie avec l’environnement, l’ancrage dans la communauté ou l’éducation des clientèles. Comprendre le concept constitue la première étape d’un cheminement vers l’écohébergement, repenser sa façon de faire, la deuxième et, qui sait, en récolter fierté et bénéfices par la suite.

En quoi consiste le concept d’écolodge ?

La construction d’écolodges un peu partout à travers le monde vient du fait que les communautés autochtones considèrent l’écotourisme comme une façon durable de promouvoir leur mode de vie et de préserver leur culture ainsi que la biodiversité. Il s’agit d’un concept plutôt récent (environ dix ans), mais bien défini, même s’il n’existe pas encore de certification reconnue pour ce type d’établissement. Une définition généralement acceptée est celle de Hitesh Mehta, auteur du livre International Ecolodge Guidelines:

«Un écolodge est une infrastructure d’accueil, de 5 à 75 chambres, financièrement durable, construite dans un souci d’harmonie avec la nature et dont l’impact sur l’environnement est par conséquent minime. Il contribue à protéger les espaces environnants fragiles, implique les communautés locales et leur permet de générer des bénéfices, offre aux touristes une expérience interprétative et interactive, et s’avère propice à une communion spirituelle entre nature et culture. L’écolodge est pensé, conçu, construit et exploité en accord avec des principes environnementaux et sociaux responsables.»

Atout France cite encore cet auteur, selon qui l’écolodge doit respecter trois principes fondamentaux:

  • la conservation patrimoniale;
  • les retombées positives pour les communautés locales;
  • l’interconnaissance entre le visiteur et la population d’accueil.

Voici d’autres critères de reconnaissance d’un écolodge qui peuvent être applicables à n’importe quel lieu touristique:

  • la participation à la conservation de la faune et de la flore;
  • la collaboration avec la communauté locale;
  • les programmes d’interprétation éducatifs pour les employés et les touristes liés à la richesse naturelle et culturelle de l’environnement;
  • l’utilisation de solutions de rechange pour la consommation économique de l’eau;
  • les dispositifs de réduction et de recyclage des déchets;
  • l’utilisation de ressources renouvelables en énergie;
  • la construction privilégiant matériaux et techniques traditionnels ou leur contrepartie contemporaine;
  • la réduction maximale des répercussions sur l’environnement pendant la construction;
  • l’immersion dans l’environnement physique et culturel et le respect de l’architecture traditionnelle;
  • la contribution au développement durable des communautés locales à travers des programmes d’éducation et de recherche.

En fait, l’objectif dans plusieurs cas est que le site soit en meilleur état après la construction. Pour ce, on procède de plusieurs manières: on reboise, on améliore la qualité de l’eau, on enrichit les sols, on protège la faune, on instaure des programmes de restauration, etc.

Puisque la construction des écolodges est en lien avec les contextes économique et touristique du pays, les enjeux ne sont pas les mêmes s’ils se trouvent au Canada ou en Amazonie, par exemple. Pour les pays en voie de développement, l’écolodge permet une valorisation et le développement des communautés locales. Alors que pour les pays comme le Canada, les États-Unis et l’Australie, il représente davantage un mode de séjour «alternatif» respectueux de l’environnement.

Deux concepts aux antipodes, deux clientèles distinctes

Hector Ceballos-Lascuráin, un réputé auteur sur le sujet, consacre une section sur le concept d’écolodge dans son avant-propos du livre L’écotourisme visité par les acteurs territoriaux: entre conservation, participation et marché. L’hébergement à forfait peut prendre diverses formes et le tableau suivant présente les principales différences entre un établissement de villégiature traditionnel et un écolodge.

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Source: Hector Ceballos-Lascuráin, «L’écotourisme visité par les acteurs territoriaux: entre conservation, participation et marché», p. XIII – adapté de Hawkins et al. «The Ecolodge Sourcebook for Planners and Developers», 1995.

Le concept d’écolodge est plus répandu dans d’autres régions du monde comme le Costa Rica ou l’Australie. Plus près d’ici, deux établissements mettent ces principes en valeur.

– Le Cree Village Ecolodge reflète les valeurs culturelles et morales de la nation crie de l’Eeyou; il est situé sur l’île de Moose Factory, en Ontario, et est géré par des membres de la communauté.

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Source: Cree Village Ecolodge

L’ÉCOlodge Matagami est situé près du 50e parallèle; il offre un hébergement conçu selon des normes environnementales élevées, tout en misant sur le confort et la qualité des infrastructures.

Les principaux attraits de l’écolodge résident dans la qualité de l’environnement immédiat, son emplacement naturel, la possibilité de pratiquer des activités dans la nature et d’établir un contact rapproché avec la culture locale. Son intégration comporte un minimum d’effets négatifs sur le milieu. À l’inverse, l’hébergement traditionnel présente principalement des aménagements et des activités artificiels. Ce dernier ne devrait-il pas s’inspirer davantage des principes de l’écolodge?

Sources:

  • Atout France – Grand Angle. «L’hébergement en espace sensible: les écolodges», numéro 18, janvier 2010.
  • Blangy, Sylvie et Mehta, Hitesh. «Ecotourism and ecological restoration», Journal for Nature Conservation, volume 14, mai 2008.
  • Collectif. «L’écotourisme visité par les acteurs territoriaux: entre conservation, participation et marché», sous la direction de Christiane Gagnon, Presses de l’Université du Québec, Collection tourisme, Québec, 2010, 259 p.

Sites Web:

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Ailleurs dans le monde Hébergement

Des labels touristiques pour les familles

De nos jours, voyager en famille nécessite parfois une bonne dose de sang-froid et d’audace pour braver le regard souvent réprobateur des autres. Heureusement, certaines destinations et certains secteurs touristiques favorisent l’accueil des familles et les mettent en valeur grâce à des labels touristiques. Où en est le Québec?

Certains labels européens

Reconnaissant le potentiel des familles qui voyagent, certaines destinations ont choisi d’accorder une attention toute particulière à ce créneau en créant des programmes de qualité spécifiques.


En Espagne, Tourisme Catalogne a conçu un label «destination de tourisme familial», qu’elle accorde aux municipalités ou aux zones touristiques qui offrent des ressources et des services de qualité répondant aux besoins des familles: hébergement, restauration, diversité de loisirs et d’activités.


Aux îles Canaries, tous les hôtels, établissements et services inscrits sous le label «Islas Canarias Family Welcome» proposent une grande variété d’options en matière de qualité et d’adéquation aux différents âges: baignoires, berceaux, poussettes, chauffe-biberons, service de gardiennage, pédiatre, menus spécialement conçus pour les enfants, programmes d’animation, mini-club, ludothèques, bibliothèques et vidéothèques.

En Angleterre, le label «Families Welcome» est accordé aux lieux d’hébergement qui offrent des installations et des services pour les enfants de tous âges. L’établissement doit également fournir des informations sur les attraits et activités touristiques des environs qui accueillent favorablement les familles.


La Fédération suisse du tourisme créait, quant à elle, le label de qualité «Familles bienvenues» en 1996. Pour l’obtenir, les destinations de vacances suisses doivent satisfaire à plusieurs conditions et critères élaborés par une commission de la qualité, indépendante, présidée par la Fédération suisse du tourisme (FST). Ces critères réfèrent aux secteurs suivants:

  • infrastructures: hébergement, restaurants, aires de jeux et de pique-nique;
  • activités: sentiers thématiques, eau pour la baignade, animaux, aventure ou sport, culture et divertissement, transports, animation;
  • prestations et services: sécurité, forfaits, information des hôtes, encadrement des enfants.

Ce label est décerné pour trois ans au terme desquels la «destination de vacances» est réévaluée.

En France, le label «Famille Plus, destination pour petits et grands» a été créé en 2006 par le ministère délégué au Tourisme et trois partenaires. Ce label national qualifie l’accueil et les prestations proposés aux familles et aux enfants dans les communes touristiques françaises. Il se divise en quatre types de destination: montagne, mer, nature et ville. En 2006, 45 communes ont obtenu le label; on en compte près de 65 aujourd’hui.


Le label «Famille des Logis de France», quant à lui, est décerné aux logis disposant de chambres spécialement adaptées pour les familles ainsi que de menus spécifiques pour les enfants.


L’«Association Nationale des Stations Kid» identifie les communes françaises qui s’engagent à respecter les huit critères de qualité de la charte, entre autres:

  • nombreuses activités et animation pour les enfants et les familles;
  • accueil spécifique à l’office de tourisme avec un espace dédié aux enfants;
  • hébergements et restaurants proposant une offre attrayante pour les enfants;
  • équipements sécuritaires;
  • politique de sensibilisation à l’environnement.

L’association accorde le label pour trois ans. En 2008, la France recensait 27 Stations Kid destinées aux enfants âgés de 3 à 12 ans réparties dans de nombreuses régions.

Enfin, l’Association nationale des maires de stations de montagne (ANMSM) a créé en 1998 le club «Les p’tits Montagnards», pour aider les familles à choisir les stations adaptées à leurs demandes en matière d’accueil, d’équipements et d’animation, et ce, pour les enfants de trois mois à 12 ans. Élaborés à partir d’enquêtes réalisées tous les deux ans auprès des familles en séjour à la montagne, les critères de la charte de qualité intègrent les nouvelles attentes et tiennent compte des évolutions sociologiques de la famille. Les critères de sélection sont très sévères et diffèrent l’été de l’hiver.

La situation au Québec

Il n’existe aucun programme de certification québécois, ni même canadien, encourageant les entreprises touristiques à adhérer à des normes de qualité spécifiques aux familles. Hormis dans le réseau des Villages vacances famille, où il est certain de trouver une animation adaptée aux enfants de différents âges et une série d’activités répondant aux besoins des familles, le voyageur avec enfants ne dispose d’aucun moyen préalable de savoir s’il sera le bienvenu avec sa marmaille.

Bien sûr, il y a la Certification Qualité Tourisme, mise de l’avant par le ministère du Tourisme. Cette dernière assure au consommateur que l’entreprise certifiée offre des services de qualité, notamment en ce qui a trait au service à la clientèle, à la compétence de son personnel, à l’entretien optimal de ses équipements, à l’adaptation de ses services aux personnes ayant des contraintes et des besoins particuliers et au respect de l’environnement. Ne pourrait-on pas inclure les familles dans les critères de certification, au même titre qu’on y inclut les personnes ayant des besoins particuliers, c’est-à-dire, les personnes handicapées? À quand un label «Qualité Famille» québécois?

Lire aussi: Poussée de croissance des voyages en famille

Sources:

– Observatoire régional du tourisme – Alsace. «Le tourisme des familles», juin 2009.

Sites Internet:

Families Welcome , Qualityintourism.com, consulté en juillet 2010.
Tourisme îles Canaries, Turismodecanarias.com, consulté en juillet 2010.

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Ailleurs dans le monde Produits et activités Tourisme durable

La valeur de la nuit étoilée

Voûte céleste, constellations, étoiles filantes, aurores boréales, mais aussi faune nocturne, jeux d’ombres et tranquillité: il s’agit de la nuit comme on prend rarement le temps de la vivre. Gravement menacée par la pollution lumineuse, quelques initiatives encourageantes tentent de préserver sa noirceur. Mais la nuit peut-elle aussi être un atout touristique? Et comment la mettre en valeur?

Une récente édition de la revue Espaces traite de différents aspects liés à la nuit noire.

La pollution lumineuse

Les causes de pollution lumineuse sont l’éclairage des villes, le suréclairage des sites industriels et des complexes sportifs et la multiplication des constructions éclairées en permanence hors des villes. Très à la mode depuis quelques années, l’illumination du patrimoine bâti suscite l’engouement de la population mais est, elle aussi, source de pollution lumineuse. L’éclairage du Viaduc de Millau, par exemple, empêche de voir les étoiles à des kilomètres à la ronde. L’éclairage urbain est souvent mal conçu et une grande partie du rayonnement est diffusé vers le ciel au lieu d’être dirigé vers le sol, en plus, d’être souvent trop mal dosé.

La sécurité a toujours été le premier motif de l’éclairage, mais ce dernier entraîne aujourd’hui la plus méconnue des sources de pollution créées par l’homme. Elle touche plus de 20% de la surface du globe et continue d’augmenter de 5% par an en moyenne.


Image satellite de la pollution lumineuse dans le monde.
Source: P. Cinzano, F. Falchi (University of Padova), C.D. Elvidge (NOAA National Geophysical Data Center, Boulder) © Royal Astronomical Society

Les conséquences de la pollution lumineuse sont multiples:

  • Esthétiques et astronomiques: impossibilité de voir le ciel bleu profond et les étoiles. Aujourd’hui, un humain sur cinq n’aperçoit plus la Voie lactée.
  • Écologiques: menaces pour l’écosystème, la faune et la flore et disparition d’espèces. L’éclairage artificiel constitue la seconde source de mortalité des papillons de nuit. En Amérique du Nord, des centaines de millions d’oiseaux migrateurs s’écrasent sur les immeubles illuminés chaque année.
  • Économiques: gaspillage d’énergie. Aux États-Unis, 22% de l’énergie produite est utilisée pour l’éclairage, dont 8% pour l’éclairage public extérieur. Au Québec, zone géographique réputée pour générer le plus de lumière par habitant au monde, les économies pouvant résulter d’une meilleure gestion de l’éclairage sont estimées à plus de 50 millions de dollars par an.
  • Sanitaires: perturbation du sommeil des hommes.

D’après des photos satellites, à l’hiver 1997, la ville de Québec générait autant de pollution lumineuse que Boston, et Montréal était autant éclairé que New York. Même si une part considérable de notre pollution lumineuse provient de la réflexion de la neige, le niveau d’éclairage utilisé par habitant est très élevé.

Actions pour limiter la pollution lumineuse

La préservation de zones de nuit noire n’en est qu’à ses débuts. L’International Dark-Sky Association (IDA) a établi des normes liées à diverses appellations et  le parc national du Mont-Mégantic est le premier détenteur du titre d’International Dark-Sky Reserve.

Quelques réserves de ciel étoilé existent aussi, dont la région entourant le mont Mégantic ainsi que cinq autres régions au Canada. Toutefois, il n’y a pas, pour le moment, de standards officiels pour l’établissement de ce label. De plus, certains observatoires astronomiques bénéficient d’une zone tampon où la pollution lumineuse est contrôlée sans que la désignation de réserve de ciel étoilé soit utilisée.

Mentionnons également qu’un processus de «mise en réserve» est amorcé pour le Pic du Midi, en France, et que l’Unesco étudie l’idée d’inscrire des «réserves de ciel étoilé» sur la Liste du patrimoine mondial.

Outre ces réserves, la protection passe aussi par les villes. Par exemple, Calgary a modifié sa façon de s’éclairer en créant le programme EnviroSmart, destiné entre autres à réduire l’intensité des lumières de rue. Ce programme a permis à la ville d’atténuer sa pollution lumineuse et en plus, d’économiser presque deux millions de dollars par année sur sa facture d’énergie.

Du tourisme la nuit

Le ciel peut s’avérer un atout touristique, et certaines destinations l’ont compris et l’ont mis en valeur.

L’ASTROLab, l’observatoire et le parc national du Mont-Mégantic unissent leurs efforts pour proposer une offre liée à l’observation des étoiles: des randonnées à pied, en ski ou en raquettes avec un interprète de l’astronomie, des soirées d’observation de la voûte céleste ou encore la visite guidée des observatoires, de l’ASTROLab, de la salle d’exposition ou encore visionnement d’un film haute définition. Mentionnons enfin le Festival d’astronomie populaire du Mont-Mégantic.

En 2009, l’organisme français Agir pour l’environnement a lancé l’opération le Jour de la nuit, qui a généré environ 400 manifestations publiques. Cette excellente réceptivité des communautés témoigne d’un intérêt important. L’évènement sera renouvelé en octobre 2010.

Le département français des Hautes-Alpes organise divers événements portant sur le thème de la nuit, qui vont de la randonnée sous les étoiles à l’astronomie, en passant par la découverte du patrimoine bâti à la seule lumière des lampions. Mentionnons également l’ascension du col de l’Izoard, une étape du Tour de France, à la pleine lune, et du ski alpin et du ski de fond nocturnes. La région bénéficie d’un ciel particulièrement pur et on y trouve d’ailleurs six observatoires, dont le célèbre Pic de Bure.

La Ferme des étoiles en Gascogne propose des soirées d’observation et des repas champêtres, un stage spécialisé en astrophotographie numérique, un week-end de découverte ou des stages d’observation d’une semaine. L’établissement a entrepris des négociations avec la municipalité afin que l’éclairage des rues soit conçu et implanté dans le but de minimiser son impact sur le ciel. Les activités de la Ferme des étoiles sont proposées par l’association À Ciel ouvert, qui organise également le festival d’astronomie de Fleurance et le festival Astro-Jeunes, entièrement consacré aux enfants. La préservation de la qualité du ciel a donc permis de développer une offre touristique originale dans cette région.

La nuit noire n’est pas un produit facile à commercialiser. D’abord, pour en profiter, il faut être éloigné des grands centres, donc des bassins de population. Les attraits liés à l’astronomie sont nécessairement excentrés. Le développement d’une activité touristique est possible, mais il s’adresse généralement à une petite niche de visiteurs. Cela dit, le terrain de jeu est pratiquement vierge et il y a place à l’innovation!

Sources:
– Bumat, Sylvain. «Nuits noires pour échappées belles – Découvrir les Hautes-Alpes la nuit», Espaces, numéro 281, mai 2010.
– Levy, Robert. «Sauve qui peut la nuit! Une approche philosophique de la nuit», Espaces, numéro 281, mai 2010.
– Ministère du Développement durable, Environnement et Parcs, Mddep.gouv.qc.ca, consulté le 22 juin 2010.
– Monflier, Bruno. «La Ferme des étoiles préserve la nuit gasconne», Espaces, numéro 281, mai 2010.
– Osadtchy, Clara. «Le Jour de la nuit, une idée… lumineuse», Espaces, numéro 281, mai 2010.
– Piednoël, Éric et Michael Leblanc. «Ciel… des étoiles! Le tourisme et les loisirs peuvent-ils sauver la nuit?», Espaces, numéro 281, mai 2010.
– Site Web de l’ASTROLab du parc national du Mont-Mégantic, Astrolab-parc-national-mont-megantic.org, consulté le 22 juin 2010.

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Investir dans la qualité, ça me rapporte!

Investir dans une démarche d’amélioration de la qualité de l’expérience client présente de nombreux avantages mais soulève également beaucoup de défis pour les exploitants touristiques. Dans cet atelier, nos conférenciers ont témoigné des actions qu’ils ont menées et des résultats qu’ils ont obtenus lors de l’application d’une telle démarche.

La qualité n’est plus un choix

Le touriste d’aujourd’hui est plus expérimenté et devient donc très exigeant sur le plan du rapport qualité/prix des prestations qui lui sont proposées. Devant cette réalité, l’amélioration des produits et des services devient incontournable.

À ce sujet, madame Dubuc, propriétaire du Spa Eastman, souligne l’importance de l’existence de standards de haut niveau pour encadrer le secteur des spas, qui touche la santé des clients de très près. De ce fait, l’absence de normes sectorielles capables d’assurer la pérennité et la crédibilité de cette industrie a été palliée par la création de l’organisme Spas Relais santé, ayant pour vocation la protection des intérêts des clients, des employés et des entreprises elles-mêmes.

Monsieur Duchesneau, directeur général du Centre d’Aventure Mattawin, relate que la notion de démarche qualité a émergé au Centre à un moment où la croissance de l’entreprise stagnait et où les dirigeants souhaitaient réaliser une percée internationale et développer des produits hivernaux. Une telle démarche s’est avérée un réel appui pour la structuration de la croissance de l’entreprise.

À la suite de la participation de monsieur Lecointre, coordonnateur de la Véloroute des Bleuets, à un cercle de qualité organisé par la Société des attractions touristiques du Québec, les dirigeants de l’organisme à but non lucratif ont été sensibilisés à l’importance d’entreprendre une démarche qualité. Depuis, rehausser le niveau de service et en garantir l’uniformité et la constance sont devenus un objectif crucial pour monsieur Lecointre.

À chacun son expérience

Plusieurs normes et standards existent; il s’agit de déterminer la certification la plus adéquate pour répondre à ses propres besoins et objectifs.

Source: Présentation de madame Jocelyna Dubuc.

Madame Dubuc insiste sur le fait qu’une démarche qualité doit être une occasion de réaffirmer l’authenticité de son produit et d’en approfondir les particularités. La qualité se vit dans les moindres détails, à commencer par la propreté, un aspect simple et évident dont les clients pardonnent très peu le laxisme. Madame Dubuc témoigne du fait que la concurrence peut s’avérer une fausse motivation pour entreprendre une telle démarche et que l’authenticité et la volonté de donner le meilleur de soi demeurent la voie privilégiée pour atteindre la qualité. Toujours selon madame Dubuc, un bon choix des ressources humaines est primordial. En d’autres termes, il s’agit de s’assurer que la bonne personne est à la bonne place au bon moment et qu’elle dispose de la formation nécessaire pour la supporter dans l’exécution de son travail.

Adhérer à des normes de qualité, c’est aussi gérer le changement. Parfois, cela nécessite d’aller au-delà de la résistance des employés, qui craignent d’être jugés et évalués. Le Spa Eastman l’a entre autres vécu lors de l’introduction de la reconnaissance professionnelle du Conseil québécois des ressources humaines en tourisme pour les femmes de chambre. Mais une fois ce moment d’inquiétude géré, la valorisation de ce métier, qui a gagné en reconnaissance et en lettres de noblesse, a rendu les employés fiers et a augmenté leur sentiment d’appartenance et leur souci de la qualité de leurs prestations.

Une autre méthode utilisée par le Spa Eastman pour sensibiliser ses employés à la qualité est de faire vivre à ses nouvelles recrues 24 heures dans la peau d’un client, ce qui leur permet de comprendre l’impact de leur travail sur l’expérience client.

Source: Centre d’Aventure Mattawin.

Selon monsieur Duchesneau, pour cibler le marché international, le Centre d’Aventure Mattawin devait rehausser son image, que ce soit par le perfectionnement des connaissances des guides, l’amélioration du service à la clientèle ou encore le renouvellement de l’équipement. C’est ainsi que la Certification Qualité Tourisme du Bureau de normalisation du Québec les a aidés à structurer leurs méthodes de gestion et à améliorer leurs produits. Il en a résulté un grand sentiment d’appartenance de la part des employés, de plus en plus à l’écoute des clients, et plus sensibilisés à l’importance de la qualité du service à la clientèle.

D’autre part, et bien que cette certification ne soit pas connue de tous, monsieur Duchesneau constate qu’elle met tout de même en confiance les clients qui ont besoin d’être rassurés dans ce type d’activité qu’est le tourisme d’aventure.

Cette reconnaissance a également permis au centre d’économiser jusqu’à 20% des coûts d’assurances et de bénéficier de certains incitatifs mis en place par Tourisme Québec.

Monsieur Duchesneau rappelle que cette initiative représente également des défis, comme celui de convaincre les employés du bien-fondé de la démarche, qui demande plus d’engagement et d’efforts de leur part. Motiver les employés qui travaillent depuis un certain temps au sein d’une entreprise à obtenir une certification dont ils ne voient pas forcément les bénéfices est également difficile, vu qu’ils ont déjà une bonne connaissance de leur métier.

Selon monsieur Lecointre, la démarche qualité a permis à la Véloroute des Bleuets de répondre à deux objectifs principaux, soit l’obtention d’une reconnaissance externe qui leur a donné de la crédibilité auprès de leurs partenaires politiques, ainsi que l’accès à la promotion internationale par le ministère du Tourisme, qui s’était engagé à promouvoir les entreprises modèles du cyclotourisme ayant obtenu une certification.

La démarche qualité a touché le développement des aménagements (surface de roulement, signalisation et attractivité des infrastructures complémentaires) en gardant en vue la création d’une expérience cyclotouristique mémorable, et ce, dans n’importe quelle municipalité où se trouverait le client. La démarche a également touché l’aspect de la commercialisation du produit : élaboration de la politique d’accueil, encadrement sécuritaire des activités, diversification de la restauration, etc. Monsieur Lecointre conclut en dénombrant les avantages d’entreprendre une démarche qualité permettant d’utiliser des procédures de gestion claires, de standardiser les méthodes de travail et d’uniformiser le service client.

N’oublions pas qu’une telle démarche permet également d’augmenter le sentiment d’appartenance et de susciter l’esprit de concertation entre les différents intervenants.

La certification n’est pas une fin en soi

Nos conférenciers ont souligné l’importance de mettre sur pied une démarche qualité qui corresponde aux besoins et aux objectifs précis de l’entreprise, qu’elle aboutisse à une certification ou à la mise en place de normes internes particulières à ses activités. Cette démarche doit être un perpétuel recommencement qu’il faut documenter, suivre et mettre à jour régulièrement pour en assurer la continuité et en préserver les acquis. L’entreprise peut contrôler la rétroaction par l’entremise d’audits internes ou externes, ou encore à son insu, par la prise de parole de ses clients ou employés sur les différents sites de commentaires.

Consulter les présentations des conférenciers lors des ateliers.

Sources:

–  Lecointre, David. Véloroute des Bleuets. Assises de l’industrie touristique 2010.

– Duchesneau, Eric. Centre d’Aventure Mattawin. Assises de l’industrie touristique 2010.

– Dubuc, Jocelyna. «Investir en qualité, miser sur les bonnes cibles», Spa Eastman. Assises de l’industrie touristique 2010.

 

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Ailleurs dans le monde Produits et activités

Explications et réflexions sur le patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO

Le patrimoine culturel ne se limite pas aux monuments et aux lieux qui ont été préservés à travers le temps. Il embrasse à la fois les expressions vivantes et les traditions que d’innombrables communautés du monde entier ont apprises de leurs ancêtres et qu’elles transmettent à leurs descendants, souvent oralement. Saviez-vous que l’UNESCO a récemment officialisé une liste de chefs-d’œuvre du patrimoine vivant? Apprenez-en un peu plus…

Définition

Lors de sa 32e Conférence générale, en octobre 2003, l’UNESCO adoptait la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Celle-ci définit le patrimoine culturel immatériel comme étant «les pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir-faire – ainsi que les instruments, objets, artéfacts et espaces culturels qui leur sont associés – que les communautés, les groupes et les individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel».

Pour être protégé par la Convention, il est également nécessaire de répondre à ces éléments de définition:

  • transmis de génération en génération;
  • recréé en permanence par les communautés et les groupes, en fonction de leur milieu, de leur interaction avec la nature et de leur histoire;
  • procure aux communautés et aux groupes un sentiment d’identité et de continuité;
  • contribue à promouvoir le respect de la diversité culturelle et de la créativité humaine;
  • conforme aux instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme; conforme aux exigences de respect mutuel entre les communautés et de développement durable.

Le patrimoine immatériel ou le patrimoine vivant se manifeste, entre autres, dans les domaines suivants:

  • les traditions et expressions orales (mythes, chansons, jeux, etc.);
  • les arts du spectacle;
  • les pratiques sociales, rituels et événements festifs;
  • les connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers;
  • les savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel.

Le patrimoine culturel immatériel est mis en péril par une uniformisation culturelle attribuable entre autres à la mondialisation, aux migrations des populations, au tourisme ainsi que par le manque de moyens, d’appréciation et de compréhension qui fragilisent ces éléments et qui peuvent entraîner le désintérêt des jeunes générations. D’où l’importance d’un cadre de sauvegarde.

Quelques exemples

En 2001, 2003 et 2005, l’UNESCO a proclamé 90 chefs-d’œuvre répartis dans près de 70 pays à travers le monde. Toutefois, la Liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité est «officiellement» née le 4 novembre 2008.

Vingt-six de ces éléments culturels appartiennent à l’Asie et au Pacifique, 20 à l’Europe, 19 à l’Amérique latine et aux Caraïbes, 18 à l’Afrique, 7 aux États arabes. Neuf d’entre eux touchent plus d’un pays.

Parmi quelques exemples de ce patrimoine, on trouve:

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La samba de Roda de Recôncavo de Bahia (Brésil) qui tire son origine des danses et traditions des esclaves de la région et qui a influencé la samba actuelle, un symbole essentiel de l’identité nationale brésilienne.

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Le Carnaval de Binche, en Belgique, qui remonte au Moyen Âge.

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La fabrication de tissus d’écorce, en Ouganda, une technique préhistorique antérieure à l’invention du tissage.

Ou encore :

  • les traditions et expressions orales des Pygmées Aka (République centrafricaine) ou des Ifugao aux Philippines (récits hudhud);
  • le Ballet royal du Cambodge;
  • les fêtes indigènes dédiées aux morts au Mexique;
  • les dessins de sable du Vanuatu;
  • l’art du travail du bois des Zafimaniry, forme traditionnelle d’artisanat;
  • les espaces culturels de Jemaa el-Fna au Maroc ou du district de Boysun en Ouzbékistan.

Consultez la liste complète à l’adresse suivante: http://www.unesco.org/culture/ich/index.php?pg=00173.

Enfin, mentionnons que la Convention de l’UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel vise en quelque sorte à rétablir un équilibre entre les pays occidentaux et ceux de l’Afrique, de l’Asie ainsi que des Amériques Centrale et du Sud qui sont plus riches en traditions populaires et en rituels qu’en patrimoine matériel.

Fonctions de sauvegarde et de promotion

Il existe en fait deux listes internationales issues de cette convention:

  1. La liste représentative mentionnée précédemment s’inspire de la Liste du patrimoine mondial que nous connaissons et qui comporte 878 biens ou lieux. Cette liste a plus d’un rôle:
    –    procurer une meilleure visibilité;
    –    sensibiliser à l’importance de ce patrimoine;
    –    encourager le dialogue dans le respect de la diversité culturelle.
  2. La Liste du patrimoine immatériel nécessitant une sauvegarde urgente.

Le fait d’être inscrit sur l’une ou l’autre de ces listes peut aider à la sauvegarde ou à la promotion d’un élément du patrimoine vivant et à recevoir des appuis. Par exemple, la division chinoise de BMW a récemment apporté un soutien financier au China Intangible Cultural Heritage Protection Center.

Projets en demande

La liste s’allongera en 2009, puisque l’UNESCO a reçu un total de 112 candidatures émanant de 35 États. Selon le directeur général de l’organisme, le nombre élevé de candidatures présentées «démontre l’intérêt que suscite la sauvegarde du patrimoine vivant au sein de la communauté internationale». D’autres candidatures pourront être déposées chaque année.

Parmi les projets soumis, mentionnons la calligraphie chinoise. Celle-ci existe depuis plus de 3000 ans et malgré son caractère symbolique, sa pratique se déprécie et son existence «artistique» est en danger.

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Le 23 février dernier, Nicolas Sarkozy annonçait son audacieuse volonté d’inscrire la gastronomie française à la liste de l’UNESCO. La cuisine pourrait être classée dans la catégorie «pratiques sociales, rituels et événements festifs» ou «savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel». Le principal défi de la France est de cerner un angle d’approche pertinent qui permettra de circonscrire le «chef-d’œuvre». Pour l’instant, aucune gastronomie ne figure encore au patrimoine immatériel de l’humanité.

À propos du Québec et du Canada

À l’heure actuelle, aucun élément du patrimoine vivant des États-Unis et du Canada n’est reconnu par l’UNESCO. Mais le Canada héberge certaines richesses culturelles immatérielles qui mériteraient peut-être une sauvegarde et une promotion. Ne pensez-vous pas que l’art de la sculpture inuit ou certains rituels amérindiens s’inscrivent bien dans la philosophie de la Convention et qu’une forme de protection à leur égard s’impose? Quels autres éléments de notre folklore ou événements rejoindraient les valeurs de la Liste du patrimoine immatériel de l’UNESCO?

Avec la mondialisation qui tend à uniformiser beaucoup de nos pratiques, chacun est aujourd’hui de plus en plus conscient que le patrimoine immatériel joue un rôle essentiel dans notre vie culturelle et sociale, qu’il nous enrichit par sa diversité et qu’il importe de le préserver.

Sources:

– Agence France Presse. «La gastronomie française, marque ou monument?», Journal de la culture France 24, 10 juillet 2008.
–  ChinaCSR. «BMW Aids China’s Intangible Cultural Heritage», [ChinaCSR.com], 9 octobre 2008.
–  Organisation des nations unies. «Naissance de la Liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité», Centre d’actualité de l’ONU, 4 novembre 2008.
–  Show China. «Calligraphie en train de devenir le patrimoine immatériel», [www.showchina.org], 2 octobre 2008.

Sur le Web:

Sauvegarde du patrimoine culturel immatériel
–  Patrimoine immatériel

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C’est le temps de naviguer!

La navigation est une affaire de passion. Et pour le Québec, pays nordique où l’été est court, l’engouement se révèle étonnamment important. Il y a certes une demande pour cette activité, mais comment évolue-t-elle? Et qu’en est-il de l’offre en matière de tourisme nautique? Examinons la clientèle des adeptes de voile et de bateau à moteur ainsi que les efforts d’amélioration de l’offre et de commercialisation déployés par différents joueurs.

Des buts variés, des bateaux différents

Chacun ne voit pas la navigation du même œil et le type d’embarcation privilégié change aussi drôlement la donne.

  • Pour beaucoup d’adeptes, la navigation constitue un loisir au même titre que la randonnée et ceux-ci profitent de leur embarcation durant les belles journées, mais n’y dorment pas.
  • Pour d’autres, il s’agit d’un sport: par exemple, utiliser son embarcation pour faire des régates ou un bateau à moteur dédié au ski nautique ou au wakeboard.
  • Un bateau habitable peut être considéré comme un «chalet d’été» ou une «roulotte flottante» qui permet de passer les weekends dans les différentes baies d’un plan d’eau et de partir un peu plus loin pour les vacances.
  • Enfin, il y a les grands aventuriers qui entreprennent même des périples sur de longues distances. Les voiliers peuvent se permettre de longues traversées alors que les bateaux à moteur nécessitent des escales pour se ravitailler en carburant.

Notons que cette analyse se limite à la navigation de plaisance (voiliers et bateaux à moteur) et ne traite pas des autres facettes du nautisme (canot, kayak, etc.).

La demande: nombre et profil

L’an dernier, au-delà de 100 000 personnes ont fait de la voile au Québec et plus de 300 000 en Ontario. Ces taux de pratique semblent plutôt constants depuis 2003 (graphique 1). La légère augmentation canadienne est attribuable à une hausse de popularité dans les provinces de l’Ouest.

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Les courbes d’évolution de la pratique du bateau à moteur et du voilier sont semblables; toutefois, un plus grand nombre de Canadiens s’adonnent à ce loisir (graphique 2). En effet, 689 000 Québécois ont fait du bateau à moteur en 2007, comparé à environ 1,4 million de personnes du côté ontarien et à un peu plus de 3,5 millions au Canada.

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Le graphique 3 présente l’intérêt de ce loisir au Québec. Quoique plusieurs s’y adonnent seulement 1 ou 2 fois par année, une proportion considérable navigue de façon répétée. Le quart des gens qui ont fait du bateau à moteur en 2006 l’ont fait plus de 10 fois dans l’année. Considérant qu’il y a environ 12 semaines de conditions idéales de navigation au Québec, cela signifie tous les weekends de l’été. Ce taux est néanmoins en baisse par rapport à 2004. Chez les amateurs de voile, c’est environ 14% d’entre eux qui pratiquent cette activité de façon intensive.

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Le tableau 1 présente le profil sociodémographique des amateurs de bateau à moteur et de voilier au Canada. Les premiers sont légèrement plus jeunes: 43% ont moins de 34 ans, 31% ont de 35 à 49 ans et 26% ont plus de 50 ans. Chez les seconds, 44% ont moins de 34 ans, 26% ont de 35 à 49 ans et 30% ont plus de 50 ans. En général, les deux groupes font partie des couches de la population dont le revenu est élevé, puisque plus de la moitié des ménages gagnent au-delà de 75 000$ annuellement. En outre, près de la moitié des adeptes ont des enfants de moins de 18 ans.

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L’offre québécoise: en mode «organisation»

L’offre n’est pas un élément à considérer à la légère lorsqu’on parle de navigation; le plan d’eau, l’accessibilité aux berges et aux attraits ainsi que les services sont des critères essentiels aux navigateurs. Tout plan d’eau n’est pas nécessairement intéressant. En 2002, un rapport du Groupe DBSF dressait un portrait du nautisme au Québec et l’une des principales conclusions était le manque de structuration de l’offre. Depuis, quelques initiatives ont vu le jour.

Le Corridor bleu est né d’une mise en commun des efforts des Sociétés d’aide au développement des collectivités (SADC) et de marinas à but non lucratif de la Gaspésie et des Îles de la Madeleine afin de commercialiser le golfe du Saint-Laurent et la Baie-des-Chaleurs (y compris une partie du Nouveau-Brunswick) auprès des navigateurs de plaisance. La commercialisation du Corridor bleu se fait avec des panneaux d’affichage par voie de terre et de mer, un dépliant présentant les services des marinas ainsi que des placements publicitaires dans des magazines spécialisés.

Le Sentier maritime du Saint-Laurent est actuellement constitué de quatre Routes bleues déjà accessibles et d’une en développement, en plus de deux autres en projet et deux potentielles. Ces routes s’adressent plus spécifiquement aux kayakistes, mais de petites embarcations à faible tirant d’eau pourraient aussi en bénéficier. Il s’agit d’un réseau d’accès de mise à l’eau, d’abris sécuritaires, d’aires de repos, de services d’hébergement, d’alimentation et de camping accessibles aux plaisanciers.

Depuis mai 2007, l’Association maritime du Québec a pris l’initiative d’améliorer la qualité et la structuration du réseau des marinas du Québec. Deux programmes ont vu le jour:

  • Le programme de classification vise la revitalisation des marinas par l’instauration de standards de qualité de service, où la certification décernée se décline de 0 à 5 ancres d’or. La gestion de ce programme est assurée par la Corporation de l’industrie touristique du Québec (CITQ).
  • Éco-marinas, de son côté, atteste des modes de gestion respectueux de l’environnement par une certification de 0 à 5 gouttes d’or.

À ce jour, les 25 marinas du Québec qui ont reçu une classification se rangent entre 3 et 5 ancres et 10 marinas sont éco-certifiées.

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Les grandes destinations pour la navigation

  • Le fleuve Saint-Laurent. Ce cadre exceptionnel pour la navigation s’adresse aux expérimentés. Les fortes marées, le courant, le trafic maritime et les conditions de plus en plus extrêmes au fur et à mesure que l’on navigue vers l’Est en font une destination difficile, mais combien palpitante, diversifiée et immense. L’accès à la mer est aussi un atout pour les grands aventuriers.
  • Les lacs Saint-François (Valleyfield), Saint-Louis (Montréal) et Saint-Pierre (Trois-Rivières). Ces lacs, à même le fleuve, sont tous des lieux de navigation très intéressants. Détail non négligeable, étant sur la voie maritime du Saint-Laurent, tous ces plans d’eau donnent accès aux Grands Lacs ou au golfe du Saint-Laurent.
  • Le lac des Deux-Montagnes. Quoique isolé par l’écluse de Sainte-Anne-de-Bellevue, c’est également un lieu de nautisme populaire, situé à proximité de Montréal.
  • Les rivières des Prairies, des Mille-Îles, des Outaouais, Saint-Maurice. Il s’agit d’axes de navigation importants pour les bateaux à moteur; toutefois, certains barrages hydroélectriques peuvent être limitatifs.
  • La rivière Richelieu. Elle relie le fleuve Saint-Laurent, à la hauteur de Sorel, au lac Champlain, via le canal Chambly et un système d’écluses.
  • Le lac Champlain. Bien que le lac soit essentiellement en eaux américaines, il constitue un lieu de navigation très populaire auprès des Québécois. C’est aussi via le lac Champlain et la rivière Hudson que plusieurs plaisanciers s’exilent vers la Floride, les Bahamas, etc.
  • Le lac Saint-Jean et le fjord du Saguenay sont également des lieux appréciés pour la navigation de plaisance.
  • Enfin, il y a tous les autres lacs intérieurs du Québec, particulièrement prisés pour la pêche et les balades, sans oublier la montée en flèche du wakeboard.

Montez à bord!

Les navigateurs sont passionnés par l’eau, leur bateau et la pratique de leur loisir. Ils sont prêts à dépenser et à voyager pour optimiser leur expérience. Le Québec répond de mieux en mieux aux besoins des amateurs de navigation d’ici. Mais la province n’est toutefois pas arrivée à un niveau d’attractivité qui suscite une forte demande auprès de navigateurs étrangers. Des pistes d’actions pour maximiser l’offre nautique au Québec ont déjà été avancées par le Groupe DBSF à la suite d’une étude (lire aussi: Tourisme nautique: la carte cachée des régions), mais il faudra aussi continuer d’en améliorer la qualité et développer des promotions concertées.

Où vous insérez-vous dans cette aventure? Où pouvez-vous vous impliquer pour stimuler la navigation de plaisance au Québec… et en tirer profit…?

Sources:
– Print Measurement Bureau, 2005 à 2008.

Sites Web:
www.nautismequebec.com
www.navigationquebec.com
www.marinaquebec.qc.ca
www.sentiermaritime.ca
www.corridorbleu.com

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Hébergement Tourisme durable

Les tendances en matière d’adhésion à des labels écologiques dans les hôtels canadiens

Les améliorations de la performance environnementale du secteur de l’hôtellerie ne font pas l’objet d’une évaluation systématique. Il est donc difficile d’estimer la réelle ampleur du changement qui, dans le cas du Canada, n’est pas uniforme selon les divers programmes auxquels les établissements peuvent adhérer (voir tableau 1). Si quelques hôtels arrivent à verdir leur performance, le secteur n’en est qu’à la case départ en ce qui concerne la réduction de son empreinte écologique. En effet, moins de 2% des établissements hôteliers du Québec enregistrés par la CITQ (Corporation de l’industrie touristique du Québec) participent officiellement à l’un ou l’autre des programmes offerts.

Le Programme d’évaluation écologique Clé verte

Le programme d’évaluation écologique Clé verte a été inauguré en 1997; sa gestion est assurée par l’Association des Hôtels du Canada (HAC). Les clés vertes permettent d’identifier les établissements participants et le nombre de clés qui leur est accordé sert d’indicateur des mesures «vertes» mises en œuvre. Bien que cette étiquette soit disponible à tout demandeur, le programme est conçu pour les grands hôtels. Pour participer, il faut compléter un questionnaire en ligne composé de 140 questions portant sur cinq secteurs d’exploitation. Depuis 2007, l’AHC procède à des vérifications aléatoires sur le terrain.

Présentement, environ 600 propriétés à travers le Canada sont inscrites au programme (tableau 1). D’ici la fin de 2008, on souhaite atteindre 1000 établissements, soit 30 à 40% de tous les hôtels canadiens d’une capacité de 50 chambres ou plus. En mars 2008, l’Ontario et la Colombie-Britannique comptaient le plus grand nombre d’hôtels dans ce programme (tableau 1), la majorité d’entre eux affiliés à une chaîne et classés trois clés (graphique 1). Dans l’ensemble, on considère que les hôtels classés cinq clés ont respecté les normes les plus élevées en matière de gestion environnementale et de responsabilité sociale dans tous les secteurs d’exploitation. Les normes sont établies à l’échelle internationale et portent sur la durabilité des activités hôtelières (voir la liste en fin de texte pour des exemples).

Graphique 1: Nombre d’hôtels canadiens et leur classement selon le nombre de clés

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Au Québec, les établissements ayant obtenu une certification sont inégalement distribués dans les régions touristiques (graphique 2). Montréal en compte le plus grand nombre, suivi de Québec et de la Montérégie, qui se classent respectivement aux deuxième et troisième rangs. Certaines régions ne sont pas du tout représentées.

 

Graphique 2: Nombre d’établissements qui participent au programme d’évaluation
écologique Clé verte selon les différentes régions touristiques québécoises

 

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Programme Greenleaf d’Audubon

Depuis 2000, le programme d’évaluation écologique de l’organisme Audubon International est offert en collaboration avec l’agence TerraChoice Environmental Marketing, Inc. Les entreprises qui participent obtiennent de une à cinq feuilles vertes et le nombre de feuilles est une indication du nombre de mesures environnementales mises en œuvre. Les participants réalisent une autoévaluation des six principaux secteurs d’exploitation qui est ensuite analysée par TerraChoice Environmental Services. Ce dernier assure également la gestion du processus indépendant de contrôles ainsi que la tenue de vérifications aléatoires des adhérents sur le terrain.

Bien que tous les genres d’établissements hôteliers puissent adhérer au programme, à ce jour (mars 2008), seulement 44 membres au Canada – répartis surtout dans les provinces du Manitoba, de la Nouvelle-Écosse et de l’Ontario – l’ont fait (tableau 1). Au Canada, la plupart de ces établissements ont reçu trois feuilles. Au Québec, il y a deux établissements, situés à Montréal, et ils sont classés deux feuilles. Le faible nombre de participants canadiens s’explique par la popularité du programme Clé verte de l’AHC, bien que certains hôtels adhèrent aux deux programmes.

Réser-vert

En novembre 2007, l’Association des hôteliers du Québec, en collaboration avec ses partenaires des secteurs privé et public, a lancé son propre programme visant à identifier les établissements qui ont intégré les principes de développement durable à leurs opérations. Les établissements certifiés peuvent afficher un logo arborant un Thuya occidentalis, dont les trois couleurs sont représentatives des trois piliers du développement durable. Comparable aux autres, Réser-vert comprend aussi une autoévaluation, qui porte sur 140 opérations particulières dans 10 catégories. Tous les établissements hôteliers peuvent déposer une demande d’adhésion. Il est encore trop tôt pour calculer le taux de participation à l’aide de données statistiques.

LEED

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Présentement, parmi tous les programmes en matière d’environnement bâti, LEED (Leadership in Energy and Environmental Design) est le plus rigoureux. Ce programme, géré par le Conseil du bâtiment durable du Canada, est conçu pour les établissements en construction ou en rénovation. Les participants réalisent une évaluation à partir d’indicateurs de rendement, de même qu’une évaluation qui porte sur plusieurs secteurs d’exploitation, dans le but de recevoir un certificat argent, or, ou platine. En mars 2008, parmi les six hôtels canadiens participants, la moitié se trouve en Ontario (tableau 1) et la certification la plus élevée octroyée jusqu’à présent est l’or.

Le marché réagit-il?

Il existe des preuves (avancées du moins par les grandes chaînes hôtelières) selon lesquelles être vert se traduit par une bonne image, des épargnes et une nette amélioration du rendement économique. Pendant cette période d’ajustement du marché à la «révolution verte», l’importance d’être vert ne cessera de croître. D’après les études recensées, il est clair que la demande pour un hébergement vert est grandissante, mais il est difficile de l’évaluer pour différentes destinations en s’appuyant sur des données avérées. Cela dit, il semble que les voyageurs sensibilisés à l’environnement ne se contentent plus seulement de mesures symboliques comme la réutilisation de serviettes de bain.

Selon des rapports en provenance d’Europe, la responsabilité sociale corporative devient de plus en plus un facteur de poids dans le secteur des conférences et des événements pour les années à venir et cette tendance se confirme également en Amérique du Nord. Le site greenlodgingnews.com présente les résultats d’un sondage réalisé en 2008 par l’Association des Hôtels du Canada et Fleishman Hillard sur les intentions de voyage à l’étranger. On y rapporte que 29% des voyageurs d’affaires et 21% des voyageurs d’agrément étaient prêts à débourser 5% de plus pour un séjour respectueux de l’environnement. L’étude montre aussi que 52% de tous les voyageurs interrogés recherchaient, «à l’occasion» ou «le plus possible», des hôtels qui ont adopté de solides pratiques vertes, alors que 46% ont répondu «rarement ou jamais». Il est intéressant de noter que 91% des répondants n’étaient pas au courant du programme canadien d’évaluation écologique Clé verte. À la question portant sur l’adoption par leur organisation d’une politique relative aux déplacements écologiques, 60% ont répondu non, 8% oui et 32% ont admis ne pas savoir.

Pendant ce temps, l’industrie hôtelière doit poursuivre ses «affaires». Un établissement qui présente une faiblesse sur le plan des valeurs et de la compétence commerciale n’améliore pas ses chances de succès. L’aperçu de la participation aux programmes de certification écologique donne à penser que l’attitude de responsabilité à l’égard de l’environnement des petits hôtels est moins évoluée que celle des hôtels certifiés appartenant à des chaînes. Dans les faits cependant, les petits établissements sont nombreux à améliorer leur performance de développement durable. Pour eux, l’environnementalisme comme moyen de générer un réel profit est peut-être un défi top ambitieux. Le fait que les touristes verts ne sont pas encore assez nombreux leur permet toutefois de gagner du temps. D’autres forces qui sont en jeu pourraient les inciter à changer de cap et à être plus respectueux de l’environnement, notamment l’augmentation de 70% des coûts énergétiques dans certaines provinces canadiennes ainsi que des coûts d’enfouissement des déchets plus élevés au cours des cinq prochaines années.

Tous les hôtels, sans exception, doivent apporter des modifications à leurs pratiques et progresser vers une responsabilisation accrue de leurs opérations. En vue de les aider à réussir dans cette démarche, il existe aujourd’hui des centaines de ressources et de nombreuses pratiques exemplaires.

Liste d’hôtels qui ont des pratiques exemplaires selon les programmes qui ont fait l’objet de cette étude:

Siwash Lake Ranch
The Fairmont Chateau Lake Louise
Hospitality Inns & Suites, Lloydminster
Monterey Inn Resort & Conference Centre
Trout Point Lodge
Aurum Lodge
E’Terra Inn

Notes:

Les droits de participation aux programmes sont variables. Pour les membres d’une organisation, les droits d’adhésion aux programmes de reconnaissance sont:

Clé verte de l’Association des Hôtels du Canada: 350 CAD (+ taxes) par propriété, payables annuellement.

Greef Leef d’Audubon: 500 CAD (+taxes) et 1 $ en sus par chambre, pour les établissements d’une capacité de 50 chambres ou moins; 800 CAD (+taxes) et 1$ en sus par chambre pour les établissements de plus de 50 chambres.

Réser-vert de l’Association des hôteliers du Québec: 150 CAD lors de l’adhésion; par la suite, cotisation annuelle fixe de 350 CAD (+taxes).

Leadership in Energy and Environmental Design (LEED): droits de participation variables selon la taille de l’établissement. Pour un hôtel québécois d’une superficie de plancher de moins de 500 mètres carrés, un investissement d’environ 4200 CAD (+taxes) est nécessaire pour obtenir la certification, en plus des frais d’enregistrement de 1000 CAD (+taxes). Pour les établissements en rénovation, le tarif est réduit de 50%, y compris les frais d’enregistrement.

Sources:

– Association des Hôtels du Canada. [[http://www.hacgreenhotels.com/index.htm], dernière consultation le 30 mars 2008.
– Association des hôteliers du Québec. [[http://www.hoteliers-quebec.org/fr/accueil.php], dernière consultation le 30 mars 2008.
– Audubon Green Leaf Eco-rating Program. [[http://www.terrachoice.ca/hotelwebsite/indexcanada.htm], dernière consultation le 30 mars 2008.
– Buckley, R. «Tourism Ecolabels», Annals of Tourism Research, vol. 29, no 1, 2002, p. 183-208.
– Conseil du bâtiment durable du Canada. [http://www.cagbc.org], dernière consultation le 30 mars 2008.
– Corporation de l’industrie touristique du Québec. [http://www.citq.info/nouvelles/statistiques.asp], dernière consultation le 30 mars 2008.
– Font, X. et C. Harris. «Rethinking Standards from Green to Sustainable», Annals of Tourism Research, vol. 31, no 4, 2004, p. 986-1007.
– Hasek, G. «Leed Gold-Certified E’Terra Inn Is Natural Fit for Niagara Reserve», Green Lodging News, 6 février 2008 [www.traveldailynews.com], dernière consultation le 30 mars 2008.
– Hasek, G. «Canada’s Hoteliers Gather To Explore Green Trends, Best Practices», Green Lodging News, 26 février 2008 [www.greenlodgingnews.com], dernière consultation le 30 mars 2008.
– Hospitality and Sales Association International. Resources for Resourceful – Hospitality Firms, été 2007, p. 28-30.
– McDonald-Gibson, C. «Des hôtels écolos tendent la main aux voyageurs», Agence France-Presse, jeudi 3 avril 2008.
– Reiser, A. et D.G. Simmons. «A Quasi-experimental Method for Testing the Effectiveness of Ecolabel Promotion», Journal of Sustainable Tourism, vol. 13, no 6, 2005, p. 590-616.
– Terra Choice Environmental Marketing. [http://www.terrachoice.com], dernière consultation le 30 mars 2008.
– Verikios, M. «CSR Higher on the Business Agenda», Travel Daily News 19 octobre 2007 [www.traveldailynews.com], dernière consultation le 19 octobre 2007.
– Verikios, M. «Focus on Environmental Responsibility Within Meetings Industry», Travel Daily News, 04 septembre 2008 [www.traveldailynews.com], dernière consultation le 10 avril 2008.