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Tourisme durable

Accessibilité et responsabilité sociale : l’approche Scandic

Premier groupe hôtelier des pays nordiques, Scandic Hotels exploite 280 établissements, soit environ 55 000 chambres, répartis dans six pays. L’accessibilité et la responsabilité sociale sont toutes deux profondément ancrées dans la culture de l’entreprise. À la base se trouve une croyance profonde que tous les gens sont égaux et, en tant que tels, méritent un traitement équitable. C’est dans l’esprit de réaliser ces idéaux que l’entreprise a décidé de rendre ses hôtels plus accessibles aux personnes ayant tout type de handicap en misant sur la synergie entre les aménagements adaptés aux personnes handicapées et une culture organisationnelle axée sur la responsabilité sociale.

Une norme d’accessibilité en 135 points

Introduite en 2005, la norme d’accessibilité a été conçue par Magnus Berglund, directeur de l’accessibilité de la chaîne, en collaboration avec diverses organisations suédoises œuvrant auprès des personnes vivant avec un handicap. Des clients de l’hôtel et des membres de l’équipe ont également formulé de judicieux conseils sur les améliorations à apporter pour faciliter la vie des personnes handicapées. Les 135 critères qui composent cette norme englobent toutes les composantes de l’hôtel.

Source : Youtube

La dimension humaine de l’accessibilité

La norme d’accessibilité de Scandic comporte aussi des éléments visant à offrir un service à la clientèle qui va au-delà des normes traditionnelles. On y trouve les soins apportés par le personnel de l’hôtel et la compassion manifestés vis-à-vis des clients ayant des besoins spéciaux ainsi que toutes sortes de comportements simples et civilisés visant à faciliter le séjour. Les employés sont soutenus par l’organisation dans leurs efforts pour aider les personnes handicapées, principalement par une formation adéquate et essentielle. Scandic encourage aussi ses employés à voir les choses du point de vue des personnes handicapées. Pour y parvenir, l’entreprise organise entre autres un moment dans l’année où chaque employé, à tour de rôle, a les yeux bandés ou doit effectuer son travail en fauteuil roulant pour vivre « de l’intérieur » les difficultés rencontrées par ces clientèles. Leurs remarques sont ensuite prises en considération et servent de base à d’éventuelles modifications dans les façons de faire.

Une entreprise responsable

Une entreprise responsable intègre les préoccupations sociales, environnementales et économiques dans ses valeurs et ses activités. Le code de conduite de Scandic définit son éthique commerciale et s’applique universellement aux employés, aux fournisseurs et aux partenaires. Ainsi, tous les produits et services achetés sont conçus et livrés dans de bonnes conditions de travail et de production.

Engagement social

En 2001, la chaîne a lancé le programme Scandic in Society au sein duquel tous les hôtels et les membres des équipes se sont impliqués de différentes manières. Au fil des ans, le programme a conduit à plus de 500 activités orientées par les intérêts des employés, souvent en lien étroit avec les communautés locales : aide aux enfants norvégiens en partenariat avec « Right to Play », visite d’hôpitaux pour enfants, distribution de literie dans les refuges pour les sans-abri, ou encore collectes de fonds pour lutter contre le cancer. Déjà en 2007, l’engagement social de Scandic lui a valu le prix de la Meilleure initiative responsabilité sociale remis lors des Worldwide Hospitality Awards organisés par Hospitality ON.

Comme elle a aussi à cœur la santé de ses employés et de ses clients, l’entreprise a mis à leur disposition des vélos et des bâtons de marche ainsi qu’une nourriture saine au restaurant comme à la cantine. Elle procure une aide aux employés qui souhaitent arrêter de fumer. Depuis la fin de l’année 2015, Scandic offre 28 produits différents au petit-déjeuner pour accommoder les gens souffrant d’allergies au gluten et au lactose.

Engagement environnemental

En 1993, Scandic a choisi de devenir un leader en matière de développement durable dans le secteur de l’hôtellerie. Cet aspect constitue un élément central de toutes les actions des équipes et de la chaîne. Chaque employé a la possibilité de participer à des formations sur les questions environnementales et un responsable de l’environnement est présent dans chaque hôtel. En 1999, un premier hôtel Scandic a été certifié sous l’Ecolabel Nordic et à la fin de 2016, 180 établissements détenaient l’Ecolabel Nordic ou l’écolabel européen.

Une politique de la diversité et de l’inclusion

Scandic reconnaît que des personnes de différents horizons, avec des connaissances, des talents et des expériences variés contribuent positivement à l’organisation et renforcent l’efficacité et la créativité. L’entreprise s’engage donc à promouvoir une culture valorisant activement la diversité (identité de genre, âge, appartenance ethnique, nationalité, langue, religion, culture, santé, éducation, orientation sexuelle, statut parental, handicap) et l’inclusion à tous les niveaux. De plus, la chaîne crée les conditions pour que tous les membres de l’équipe atteignent leur plein potentiel, développent leurs connaissances et grandissent en tant qu’individus sans craindre la discrimination. La sensibilisation à la diversité et à l’inclusion est comprise dans la formation des employés. Cette politique est révisée annuellement, ou plus souvent si nécessaire.

Un programme de formation innovant

Scandic a mis sur pied une formation interactive en ligne pour tous les employés de la chaîne dans le but de favoriser la compréhension des différents types de défis en matière d’accessibilité et l’importance de bien traiter tous les clients. Ce programme procure conseils et astuces à l’aide de vidéos pédagogiques dans lesquelles on suit la route d’un client à travers l’hôtel. À la fin de chaque section, l’employé effectue un test et obtient son diplôme. À la fin de 2013, Scandic a franchi une nouvelle étape en rendant sa formation interactive accessible sur son site Web, ce qui a permis de sensibiliser davantage le grand public au quotidien des personnes vivant avec un handicap.

L’approche Scandic en ce qui a trait à l’accessibilité et à la responsabilité sociale lui a valu plusieurs récompenses au fil des ans. Elle prouve qu’en adoptant une culture d’organisation responsable favorisant le bien-être de tous, clients comme employés, tout le monde y gagne.

 

Source de l’image à la une : Pexels

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Hébergement

L’hôtel, un havre de sécurité

Bien que le Canada jouisse d’un climat de sécurité considérablement supérieur à celui de nombreuses autres destinations, l’adoption de mesures pour prévenir des situations problématiques et y réagir est cruciale. Ces précautions permettent de limiter les dégâts dans l’éventualité malheureuse d’un incident et qui plus est de rassurer la clientèle et le personnel. Il s’agit d’un élément décisif dans l’organisation d’un déplacement, principalement pour les voyageurs internationaux et d’affaires.

Montréal et l’ensemble du Québec devraient promouvoir davantage cet aspect de la destination

 

Lors de son récent passage à l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec (ITHQ), Stefan Vito Hiller a rappelé l’importance de la sécurité dans les établissements touristiques, notamment dans les hôtels. À la tête de Sky Touch Global Hotel Security Consulting, M. Hiller se spécialise dans la certification des établissements hôteliers en matière de gestion des risques. Selon lui, Montréal et l’ensemble du Québec devraient promouvoir davantage cet aspect de la destination.

Les risques ont évolué, les politiques doivent suivre

Les voyages ont, de tout temps, comporté certains risques. L’industrie touristique a toujours adapté ses façons de faire, le plus souvent de manière réactive. Que l’on parle de terrorisme, de cybercrime, d’attaque armée, de vol, de fraude, d’incendie ou d’événements liés à des phénomènes naturels, de sécurité autour de l’établissement et de la route vers l’aéroport ou encore de disponibilité des soins médicaux, une approche proactive est désormais de mise. Les mesures de sécurité d’il y a dix ans ne conviennent plus nécessairement aux enjeux actuels et doivent être revisitées régulièrement.

Vendre la quiétude

L’industrie hôtelière est dans une position idéale pour créer des havres sécuritaires pour les voyageurs. Il doit s’agir d’endroits où les voyageurs peuvent se reposer en toute quiétude.

Les voyageurs d’affaires fréquents, les entreprises qui organisent les déplacements de leurs employés et les organisateurs de congrès et réunions se soucient particulièrement de la sécurité dans le choix des composantes du voyage. Certains demandent même de la documentation ou une présentation des mesures de sécurité déployées par l’établissement. Ces entreprises sont susceptibles de s’informer, entre autres, sur :

  • La politique de sécurité
  • Les mesures en place
  • La conformité et les résultats d’audits
  • La formation du personnel
  • La vidéosurveillance
  • La prévention contre les pertes et les vols
  • Le plan de gestion de crise
  • Les premiers soins disponibles

De façon générale, elles demandent plus de transparence et d’uniformité. Êtes-vous en mesure de répondre de façon rassurante à ces questions ? Avez-vous un document de présentation ?

Ne serait-ce donc que pour mieux se vendre, il peut s’avérer payant de mettre en place un plan de sécurité et de le communiquer clairement.

Quelques pistes pour passer à l’action

L’élaboration d’un plan de sécurité doit se faire de manière rigoureuse. Voici déjà quelques actions en matière de sécurité qui peuvent faire partie d’un tel plan :

  • Analyser la politique de sécurité actuelle;
  • Évaluer les mesures de sécurité physique, la surveillance, les systèmes d’alarme et de communication;
  • Mettre en place des protocoles d’intervention en matière de sécurité publique, de plans d’évacuation et de verrouillage;
  • Établir des stratégies de communication et de relations publiques en cas de crise et former un porte-parole pour minimiser la réaction négative du public face à une sécurité accrue et à la suite d’un incident réel;
  • Prévoir un plan B, C et D ou, en d’autres mots, des alternatives aux différentes mesures.

Quelques bonnes pratiques: 

  • Faire régulièrement un audit de sécurité et réduire les vulnérabilités;
  • Intégrer les règles de sécurité à la gestion de la qualité;
  • Former les gérants ou les gestionnaires à la gestion des risques d’aujourd’hui;
  • Former tous les employés en fonction du plan de sécurité;
  • Se doter de trousses de secours pour traumatismes (trauma kit);
  • Développer un guide de poche rappelant les principaux gestes à poser en cas d’urgence.
  • Explorer les nouvelles technologies qui aident les hôteliers à mieux contrôler l’établissement, de la protection des biens et des personnes à l’accès aux chambres en passant par la surveillance des lieux. Certains hôtels se dotent de coffres forts assez grands pour loger un ordinateur portable avec prise de recharge, de serrures avec capteurs RFID (sans clés et sans carte) ou de lecteurs de téléphones intelligents.

Les certifications

Il existe diverses certifications permettant aux hôteliers d’améliorer leurs pratiques et de mieux les communiquer par la suite. Celle de M. Hiller, Sky Touch, se décline selon la taille de l’établissement et propose des modules supplémentaires pour des marchés particuliers tels que les stations de ski ou encore les clients avec un handicap. Un questionnaire d’auto-évaluation est disponible en ligne. Mentionnons également Safehotels Alliance qui recense près de 250 établissements certifiés, dont les hôtels Radisson.

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Source : Safehotels Alliance

L’hôtel de l’ITHQ a d’ailleurs reçu la certification Sky Touch lors du passage de M. Hiller en mai dernier. L’établissement reçoit beaucoup de hauts fonctionnaires et cette préoccupation pour l’aspect sécuritaire est particulièrement importante.

Êtes-vous prêt à faire face à des enjeux de sécurité? Êtes-vous équipés pour rassurer la clientèle?

 

Source de l’image à la une : Pixabay

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Produits et activités

Le métier de guide à l’heure de la cocréation

La profession de guide subit des pressions depuis déjà plusieurs années. La croissance, la démocratisation et la sophistication des technologies mobiles, l’évolution du comportement du voyageur et la recherche d’expériences significatives et mémorables bousculent bien des secteurs liés au tourisme, dont celui des guides touristiques. En effet, les voyageurs deviennent de plus en plus autonomes et trouvent facilement de l’information sur le Web ou par des applications conçues pour les accompagner à leur rythme, au moment souhaité et selon leurs intérêts.

Guide : une profession sur la corde raide

En décembre 2014, les autorités françaises ont déposé un projet de loi visant à supprimer l’exigence de posséder la carte professionnelle pour pratiquer le métier de guide-conférencier. Ce titre nécessite notamment une formation universitaire de trois ans après le bac, ainsi que des connaissances spécifiques et la maîtrise d’au moins deux langues étrangères. Mais les principaux concernés ont clamé leurs inquiétudes et la position du gouvernement a évolué en leur faveur.

En janvier 2016, c’est la Ville de Québec qui décidait de ne plus imposer de permis aux guides touristiques afin de faciliter la vie des voyagistes étrangers qui devaient absolument recourir aux services des guides locaux détenteurs de permis. Mais les protestations ont poussé l’administration de la ville à se rétracter et à plutôt envisager une nouvelle façon de procéder d’ici 2017, avec la collaboration de l’Association des guides touristiques.

Par ailleurs, la multiplication des plateformes qui mettent en relation les voyageurs et des individus prêts à faire visiter leur quartier, souvent gratuitement, la ville ou certains de ses aspects vient brouiller les cartes. C’est le cas avec le phénomène des greeters, ces résidents qui offrent de faire découvrir les lieux, comme ils le feraient avec un ami.

Mettre les guides à l’avant-plan

Pour valoriser les produits touristiques et ceux qui les interprètent le mieux, l’Office du Tourisme et des Congrès du Grand Lyon (OnlyLyon) a créé un microsite : Visiter Lyon. Celui-ci permet de réserver en quelques secondes une visite guidée parmi les 28 thèmes proposés. Chaque guide s’y présente lui-même et inclut une photo, ce qui ajoute une touche plus personnelle et une couleur unique aux prestations. Les avis des visiteurs concernant chaque visite sont partagés directement sur le site.  

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Source : Visiter Lyon

OnlyLyon propose aussi un service de greeters. La présentation de ce dernier est très différente. On parle plutôt de découvrir la ville avec un résident, selon ses centres d’intérêt.

Une cocréation du guide et du visiteur

Une étude réalisée par deux chercheurs australiens propose de revoir le rôle de guide touristique, de l’ajuster en fonction des besoins et des attentes des touristes d’aujourd’hui. D’après leurs recherches et leurs analyses, les auteurs concluent que les guides doivent parfois activement impliquer les participants dans la cocréation de leur expérience guidée. Pour ce faire, ces guides doivent passer d’une communication de type « exposé oratoire » à une expérience touristique conçue en cocréation, soit conjointement, avec le visiteur.

(…) les guides doivent parfois activement impliquer les participants dans la cocréation de leur expérience guidée.

À titre d’exemple, l’entreprise de formation dédiée aux professionnels du tourisme TAMS propose une nouvelle approche afin de mieux répondre aux désirs d’expérience des voyageurs, surtout pour les clientèles non initiées, les familles et les jeunes. Les formations offertes aux guides ont pour objectif de leur apprendre à stimuler la curiosité du public, peu importe leur bagage culturel.

L’approche sensorielle proposée par TAMS permet de découvrir l’art et le patrimoine différemment. L’un des exercices enseignés consiste à commenter un tableau à l’aide de sept bonbons. L’étonnement laisse ensuite place à l’interprétation. On peut comparer les textures, les couleurs, les formes des bonbons avec des éléments de la toile. Voilà qui brise la glace et ouvre la discussion.

Une autre activité consiste à entrer dans une cathédrale avec un miroir sous les yeux afin de voir le plafond. Cela donne l’impression de marcher sur les fresques tout en prenant conscience de leur beauté et de leur ampleur. Un tel exercice suscite la surprise et l’admiration. Le guide obtient ainsi l’intérêt et l’attention des visiteurs afin de leur transmettre des connaissances à propos de ces œuvres.

Ces expériences offrent une découverte différente et mémorable et prédisposent à recevoir davantage d’informations expliquant le lieu.

En se promenant les yeux bandés dans les traboules de Lyon — passages piétons qui traversent les cours d’immeubles —, les autres sens sont davantage sollicités. Les participants marchent en tâtonnant les murs, ressentent davantage l’humidité et perçoivent mieux, par l’écho, la hauteur ou l’étroitesse des voûtes. Ces expériences offrent une découverte différente et mémorable et prédisposent à recevoir davantage d’informations expliquant le lieu.

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Source : Consultants TAMS

Innover, toujours innover

En tourisme comme dans bien des domaines, la concurrence et l’arrivée de nouveaux modèles d’affaires créent une pression sur les organisations plus traditionnelles. Avec toutes les options en place, souvent gratuites, l’offre d’un guide professionnel doit certainement constituer une plus-value menant à une expérience extraordinaire. La surprise et l’innovation en sont souvent la clé.

Image à la une : Chaire de tourisme Transat de l’ESG UQAM

 

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Segments de clientèles

Le label Destination pour tous

Mme Annette Masson, présidente de l’association Tourisme et Handicaps, en France, est venue présenter le nouveau label «Destination pour tous» lors du Sommet mondial Destination pour tous qui s’est tenu à Montréal du 19 au 22 octobre 2014.  

Le label «Tourisme et Handicap»

L’association Tourisme et Handicaps œuvre depuis 12 ans pour un libre accès aux loisirs, à la culture, aux vacances et au tourisme des personnes en situation de handicap. Elle regroupe 78 adhérents, dont les ministères de l’Artisanat, du Commerce et du Tourisme, de la Culture et de la Communication, les comités régionaux et départementaux du tourisme et les offices de tourisme. Elle est responsable de l’attribution du label Tourisme et Handicap, qui a pour objectif «d’apporter une information fiable, descriptive et objective de l’accessibilité des sites et équipements touristiques en tenant compte des quatre types de handicaps (moteur, mental, auditif et visuel) et de développer une offre touristique adaptée».

À ce jour, la France compte sous ce label 3000 hébergements certifiés, 400 établissements culturels, 500 offices de tourisme et de nombreuses activités de pleine nature ou sportives: sentiers de randonnée, parcs et jardins, plages et piscines, etc. En tout, plus de 5300 structures ont reçu le label «Tourisme et Handicap» pour une période de cinq ans renouvelable. Elles sont promues dans les brochures touristiques et les sites Web des offices de tourisme, des comités départementaux du tourisme et autres structures chargées de la promotion. Le ministère du Tourisme, quant à lui, recense les sites labellisés sur son portail Les marques nationales du tourisme.

Le label «Destination pour tous»

Créé en 2013 et lancé conjointement par les ministères responsables des personnes handicapées et le ministère du Tourisme, le label Destination pour tous vise à «valoriser les territoires proposant une offre cohérente globale, intégrant l’accessibilité des sites touristiques, mais facilitant aussi la vie quotidienne et l’ensemble des déplacements sur le territoire concerné». Le label est décerné aux territoires ayant développé une offre touristique pour au moins deux des quatre familles de handicaps et qui s’engagent à élargir leur offre touristique aux autres familles de handicaps et à proposer de nouvelles prestations accessibles. Il est attribué pour une durée de trois ans.

L’association Tourisme et Handicaps a retenu 6 territoires (2 sur le littoral, 2 urbains et 2 ruraux) sur les 21 candidatures reçues. Pour être admissible, une destination devait:

  • occuper un territoire circonscrit géographiquement, détenir une vocation touristique et privilégier la qualité de vie des touristes;
  • être soutenue par une autorité légitime et reconnue;
  • être fédératrice et dynamique en démontrant la capacité des acteurs à se mobiliser et à construire une offre touristique et de vie quotidienne complète (commerces de proximité, services de soin, d’aide et d’accompagnement);
  • garantir des services de voirie et de transport adaptés pour arriver sur le territoire et au sein de celui-ci: transport en commun, places de stationnement réservées, bancs et espaces de repos;
  • mettre en place un comité de pilotage, une charte d’engagement, une stratégie de communication et une politique de formation à l’accueil des personnes en situation de handicap;
  • procurer des bénéfices aux populations locales.

Plusieurs critères précis ont été définis pour chaque type d’entreprise, qu’elle soit touristique ou non. Une aide financière pour les exploitants privés, le Fonds d’intervention pour les services, l’artisanat et le commerce (FISAC), a permis d’accompagner les propriétaires de bars et de restaurants dans la réalisation des aménagements destinés notamment à faciliter l’accessibilité pour les personnes handicapées et à mobilité réduite (mise aux normes des sanitaires, des lieux de passage, des entrées, etc.)

Bordeaux, première destination pour tous

CN_Label_destinations_pour_tous_image1Les premiers pas de Bordeaux en ce qui a trait à l’accessibilité remontent à 2007, moment où elle est devenue une ville pilote pour la mise en place de circuits de découverte adaptés aux clientèles à besoins spécifiques en milieu urbain. À la suite de cette démarche, trois itinéraires ont été labellisés «Tourisme et Handicap» pour les handicaps moteur et auditif: «Palais Galien», 2 km; «Centre historique», 3,6 km; et «Jardin botanique – Bastide», 2,8 km.

En 2011, la ville poursuit sa route vers une plus grande accessibilité en soumettant sa candidature pour obtenir le label «Destination pour tous», qui lui a finalement été attribué en juin dernier. Bordeaux est donc devenue la première ville française à porter ce label. Elle propose une offre globale et adaptée aux personnes en situation de handicap moteur et mental dans un premier temps: transports, hébergements, restaurants, lieux culturels, services, équipements sportifs et sites adaptés sont ainsi identifiés pour permettre à tous de découvrir la ville. Un site Web optimisé pour les téléphones intelligents accompagne cette démarche. Il permet de géolocaliser les lieux et l’équipement accessible, les voies accessibles en fauteuil roulant ainsi que les parcours découverte «Ville et handicap».

Se rendre sur le territoire, y circuler, accéder aux locaux et à l’équipement, utiliser cet équipement, se repérer, communiquer, s’héberger, se restaurer, visiter et se cultiver sont autant de composantes de la chaîne de déplacements, toutes essentielles à l’autonomie d’une personne. C’est ce qu’offre une destination pour tous! Québec, à nous de jouer!

 

image à la Une: http://www.tourisme-handicaps.org

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Produits et activités

La labellisation des beaux villages comme outil de développement

stimuler le tourisme régional et rural en offrant aux visiteurs nationaux et internationaux un label de qualité touristique reconnu

L’Association des plus beaux villages du Québec (APBVQ) regroupe 38 villages répartis dans 11 régions touristiques du Québec, mais particulièrement concentrés dans celles de Québec (8 villages), de la Montérégie (6), de Chaudière-Appalaches (5), du Bas-Saint-Laurent et des Cantons-de-l’Est (4 chacun). Son défi consiste à constituer un réseau de villages exceptionnels et variés, situés généralement au bord de l’eau, et sélectionnés pour leur patrimoine architectural et historique de même que pour la beauté de leurs paysages. L’APBVQ a comme objectif de stimuler le tourisme régional et rural en offrant aux visiteurs nationaux et internationaux un label de qualité touristique reconnu par la Fédération des Plus Beaux Villages de la Terre.

Un concept qui répond aux attentes des clientèles…

L’affiliation au réseau constitue une reconnaissance du soin que les villageois ont apporté à préserver les charmes de leur municipalité. Elle incite les visiteurs à adopter un comportement écotouristique et leur offre l’occasion de vivre un séjour de découverte et de détente qui privilégie l’authenticité, les contacts humains, les activités en milieu naturel et les produits du terroir: autant de manières de répondre aux tendances touristiques actuelles. Les réseaux des Plus Beaux Villages s’inscrivent aussi dans la mouvance du slow travel et des voyages en solo, puisque les municipalités qui y adhèrent sont faites pour être visitées à pied ou à bicyclette, loin des foules et de l’agitation!

… et qui offre des retombées non négligeables

Constituer un réseau de «Plus Beaux Villages» contribue au développement et à la qualité de l’offre touristique régionale

Constituer un réseau de «Plus Beaux Villages» contribue au développement et à la qualité de l’offre touristique régionale. En France, d’où il tire ses origines, le label est reconnu par les visiteurs et son influence est réelle. En effet, selon l’association Les Plus Beaux Villages de France®, l’augmentation de la fréquentation touristique peut se situer dans une fourchette allant de 10% à 50%, notamment en ce qui concerne les clientèles internationales, selon la notoriété du village.

Structurer l’offre des villages

Pour structurer leur offre touristique, certains beaux villages d’ici et d’ailleurs ont effectué des actions touchant des domaines variés. En voici quelques exemples.

La valorisation du territoire
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Kamouraska, dans la région du Bas-Saint-Laurent, a créé un circuit du patrimoine avec panneaux d’interprétation et visites guidées de l’église, mettant en valeur le patrimoine bâti et historique de l’endroit. D’ailleurs, afin de préserver cette richesse, la municipalité a adopté un plan d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA) qui guidera ses différentes interventions. Quant à Saint-Pacôme, située dans la même région touristique, elle a instauré un circuit pédestre patrimonial avec panneaux pour guider le visiteur vers les plus beaux bâtiments du village. 

 

 

 

Saint-Pacôme – Source: St-Pacome

L’accessibilité

En partenariat avec Braille et Culture, l’association Les Plus Beaux Villages de France a depuis 2005 mis sur pied dans 11 villages des parcours sensoriels ainsi que des circuits adaptés à l’aide d’audioguides, de carnets de visite en braille ou en gros caractères ainsi que de maquettes tactiles de sites et monuments. Des formations à l’accueil des déficients visuels ont aussi été dispensées aux prestataires touristiques.            

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Collonges-la-Rouge – Source: Les plus beaux villages de France

L’animation

Il peut s’agir de foires artisanales, de marchés du terroir ou des vins, ou encore de parcours animés. Un rallye de prestige reliera par exemple, pour la troisième année, une vingtaine des «Plus Beaux Villages» de France entre Paris et Cannes, à la découverte du patrimoine, du terroir, de la gastronomie et de l’artisanat des divers villages traversés.

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La Route des Villages, Paris-Cannes – Source: 4 roues sous 1 parapluie

La fidélisation

Par leur contribution financière, les membres du Club des Amis des Plus beaux Villages de Wallonie, de France et d’Italie participent à la sauvegarde du patrimoine et bénéficient en retour d’offres privilèges lors de leurs séjours dans les villages, ainsi que d’un abonnement au bulletin de l’association et à la lettre d’information interne du réseau.

La mise en marché de l’offre touristique des villages

Tous les réseaux ont mis en place des supports classiques de promotion, notamment un guide officiel et un site Web. Pour atteindre le grand public, ils organisent des actions médiatiques auprès de la presse, mais aussi de chaînes de télé qui diffusent des films promotionnels et des vidéos.

En ce qui a trait aux initiatives de mise en marché, il en existe peu à l’heure actuelle, à l’exception de la France et de l’Italie qui se sont toutes deux associées à des voyagistes. Come To France propose des séjours thématiques à l’attention d’une clientèle individuelle, étrangère et française. Au programme: hébergement de charme, cours de cuisine au retour du marché, stage d’artisanat, visite privée du village, initiation à la pêche à la ligne, etc.

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Borghi Travel est le voyagiste officiel et exclusif du réseau italien des Plus Beaux Villages. Les particuliers peuvent réserver leur séjour en ligne en choisissant parmi plus de 200 destinations, 400 structures d’hébergement et de restauration, et 50 forfaits thématiques: vélo, trekking, sport, bien-être, mer, montagne, cuisine, etc. L’association italienne I Borghi più Belli d’Italia évalue la fréquentation dans les villages à 10 millions de nuitées, dont plus du tiers (36%) sont réservées par des clientèles étrangères.

Au Québec, l’absence d’une masse critique de villages, leur éparpillement sur le territoire et la capacité d’accueil disparate d’une région à l’autre sont quelques irritants à la commercialisation. Toutefois, la localisation des villages du réseau le long des Routes et circuits touristiques officiels du Québec offre d’excellentes occasions de partenariats.

CN_beaux_village_image4Actuellement, l’offre de l’Association des plus beaux villages du Québec est disponible sur l’application mobile Nestor – Le Québec de Mobeva, qui regroupe un ensemble d’attraits touristiques de la province. Le touriste peut y télécharger une description des villages membres et les géolocaliser. D’autres associations de renom sont aussi partenaires de l’application (Circuit du Paysan et Hôtellerie Champêtre).

 

 

 

 Source: Association des plus beaux villages du Québec

L’attractivité touristique des «Plus Beaux Villages» et la notoriété du label à travers le monde renforcent l’image de l’ensemble de la destination Québec et de ses régions touristiques, contribuant en cela à sa croissance économique et touristique.

 

– Image à la UNE: Association des plus beaux villages du Québec © Yves Laframboise

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Hébergement

Les hôtels verts: source de confusion pour les consommateurs

Marketing ou relations publiques

Selon Cronin, Smith, Gleim, Ramirez et Martinez (2011), les entreprises doivent élaborer des stratégies de marketing vert pour répondre à la demande du public et déclarent que souscrire au triple résultat leur permet d’accroître leur chiffre d’affaires.

La hausse de la demande en tourisme durable entraîne l’accroissement du marketing vert. Les consommateurs qui veulent faire le «bon» choix sont bombardés d’options écologiques, mais doivent rester prudents et avoir la possibilité de distinguer le tourisme vert de l’«écoblanchiment» («Green wash» ou «green washing»). Dans l’industrie du tourisme, les mentions «vert», «durable» ou «éco» ont fait l’objet d’une attention considérable de la part des hôtels au cours des dernières années, se traduisant par un nombre accru des programmes verts. Ceux-ci prétendent offrir l’efficacité opérationnelle, une économie des coûts, l’adoption des valeurs de l’entreprise par les employés, du marketing et de meilleures relations publiques. La question est de savoir si ces programmes sont efficaces en ce qui concerne le marketing et les relations publiques.

De nombreuses études ont été faites sur le comportement en matière de tourisme durable (voir sustainabletourism.net pour ces études). Par exemple, un sondage fait en 2012 par TripAdvisor a permis de constater que 71% des personnes interrogées feraient des choix écologiques au cours des douze mois subséquents. En 2012, le voyagiste TUI, a appris que 54% des sondés connaissaient très bien la notion de durabilité et que 40% d’entre eux s’y intéressaient. En 2011, 93% des lecteurs du Conde Nast Traveler croyaient que les agences de voyages devraient s’occuper de la protection de l’environnement et 58% d’entre eux ont dit que leur choix de destination était influencé par le soutien qui est apporté à la communauté locale.

Informations confuses

Pour connaître les pratiques des hôtels verts, une étude approfondie du Web a été effectuée entre les mois de septembre et de décembre 2013. Plus de 100 pages de Google ont été analysées à cinq occasions différentes. Parmi les termes utilisés: «Green hotels» («hôtels verts»), «Ecohotels» («écohôtels») et «Sustainable hotels» («hôtels durables»).

Un nombre de divergences découlent des recherches effectuées. Les résultats montrent que certains hôtels qui apparaissent dans Google à la requête «vert» ou «éco» n’adoptent pas vraiment de pratiques «vertes». Un hôtel en Colombie-Britannique s’autoproclamant «centre de villégiature écotouristique», par exemple, est relié au réseau électrique et ses pratiques écologiques les plus importantes sont le recyclage et le compostage.

Il n’existe pas non plus de réel système de classement mondialement reconnu pour les sites «d’hôtels verts». Actuellement, l’industrie touristique possède un bon nombre de programmes de certification et pourtant aucun n’a de masse critique. Par ailleurs, certains programmes qui gagnent du terrain ne figurent pas dans les résultats des moteurs de recherche parce qu’ils ne portent pas les mentions «vert» ou «éco». Tous ces termes, comme «durable», «responsable», «vert», «éco», etc., alimentent la perplexité des membres de l’industrie et des consommateurs.

Les sites Web analysés occupent quatre catégories principales:

1. Des hôtels individuels qui font la promotion de leur propre programme vert. Il s’agit surtout de ceux liés à des groupes hôteliers importants (Kimpton, Marriott, etc.).

2. Des sites Web qui certifient l’aspect écologique des hôtels selon un ensemble de critères précis et leur attribuent une cote. Dans cette catégorie, on trouve:

a. Des organismes qui fournissent des critères précis, quantifiables et détaillés – Clef verte, Green Globe, LEED, ISO 1400, Green Seal, Energy Star, GSTC, et;

b. Des organismes dont les critères sont vagues et difficiles à quantifier – Eco Luxury hotels, Eco hotels of the World, etc.

3. Des sites Web qui proposent des hôtels écologiques en fonction des critères d’autres fournisseurs (Expedia, TripAdvisor).

4. Des sites Web qui donnent des renseignements et des outils pour devenir écologique (souvent des articles de revues conseillant les hôtels sur leur façon de réduire leur empreinte écologique).

La majorité des résultats des recherches sur le Web portaient sur des hôtels écologiques évalués selon des critères d’autres fournisseurs. Par exemple, Eco lodge, Element et Green Tourism contenaient tous des hôtels ayant obtenu la certification LEED, ou qui utilisaient des appareils homologués Energy Star. Dans ce cas, le site Web, plutôt que de certifier les hôtels de façon indépendante, fournissait une liste des hôtels verts évalués selon des systèmes de certification établis. Ces critères étaient presque tous de nature écologique et n’abordaient pas l’impact sur les communautés ou les autres aspects sociaux qui intéressent les consommateurs. D’autres sites Web donnaient des renseignements et des outils aux hôtels ou aux voyageurs pour devenir plus écologiques. Ce sont plutôt des outils de formation et des fournisseurs de services en matière de mise en œuvre de solutions durables qui étaient proposés dans ce cas.

Conclusions

De ces recherches, nous pouvons tirer deux conclusions. D’abord, de nombreuses prétentions de «durabilité» ne sont en fait que de l’«écoblanchiment». Ce terme qui désigne des tactiques de marketing (affirmations mensongères ou exagérées) utilisées par des entreprises pour donner l’impression qu’elles sont vertes[1]. L’objectif principal de ce stratagème marketing est de convaincre les consommateurs que les entreprises, ou les hôtels dans ce cas, mettent en œuvre des initiatives durables, même si c’est faux. Aujourd’hui, la sensibilisation des consommateurs se limite surtout au lavage des serviettes et les hôtels tardent à aborder des sujets tels que les déchets, l’électricité, le chauffage/la climatisation ou les éléments sociaux et communautaires.

Ensuite, il est manifeste que les valeurs écologiques s’imposent. Bien que les renseignements soient difficiles à comprendre – ils sont beaucoup plus nombreux. Le fait que TripAdvisor offre un classement «vert» peut être bénéfique parce qu’il possède assez d’influence pour forcer les hôtels à améliorer la qualité de leurs services ou de tout autre élément dont se plaignent les voyageurs. Plus de 40 millions de personnes accèdent à TripAdvisor par mois, ce qui porte à croire qu’il peut inciter les consommateurs à faire des choix plus durables. Malheureusement, il ne cote les hôtels qu’en fonction de critères environnementaux et délaisse les critères sociaux. Ce qui est regrettable, étant donné que bon nombre de voyageurs veulent savoir ce que fait l’hôtel pour la communauté locale.  

L’idée de profiter des retombées du voyage écologique peut sembler attrayante, toutefois, l’information qui s’y rapporte actuellement n’aide pas les consommateurs à faire des choix éclairés. Les hôtels ne devraient pas seulement se contenter d’utiliser les programmes verts comme moyen d’attirer les consommateurs. Ces programmes servent également à améliorer l’efficacité opérationnelle, à réduire les coûts ainsi qu’à attirer, à retenir et à inspirer les employés. Leur mise en œuvre en vaut la peine, même si le marketing ne fonctionne pas.

Si l’industrie du tourisme désire vraiment inciter les consommateurs à faire des choix «verts», elle doit tenir compte des éléments clés suivants:

  1. Les sites Web devraient être transparents pour permettre aux consommateurs de déterminer ce qui est réellement écologique.
  2. Un seul site Web principal regroupant tous les hôtels «verts» devrait être créé afin de simplifier les recherches.
  3. Les critères d’évaluation devraient être les mêmes standardisés pour faciliter leur compréhension.

[1] Le terme a été utilisé pour la première fois par l’écologiste Jay Westerveld lorsqu’il s’est opposé aux hôteliers qui plaçaient dans les chambres des avis demandant aux clients de réutiliser leurs serviettes pour «sauver la planète». En réalité, cette initiative était plutôt motivée par la réduction des coûts liée au fait de laver moins de serviettes (Motavalli, 2011).

En collaboration avec Julie Ellefsen

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Gestion

Des destinations touristiques qui répondent au phénomène climatique

Parce qu’il faut atténuer mais aussi s’adapter

En 2013, la Commission européenne (CE) a mis en ligne un système d’indicateurs pour la gestion durable des destinations touristiques. Ce guide vise à soutenir et à orienter les destinations dans leur démarche vers un développement viable des ressources. L’atténuation, soit la réduction des gaz à effet de serre, demeure la clé de la durabilité économique, environnementale et sociale. Néanmoins, les critères liés à l’adaptation au climat (p. ex.: infrastructures touristiques en zone vulnérable, mise en place d’une stratégie) s’inscrivent maintenant dans le volet environnemental, signe que l’industrie subit ou profite déjà de certains impacts.

L’Australie, un leader

Les écosystèmes fragiles de l’Australie (les récifs, régions tropicales, parcs nationaux ou régions montagneuses) sont sensibles aux effets des changements climatiques. L’engagement des entreprises en adaptation figure dans la stratégie touristique nationale à long terme de l’Australie, intitulée Tourism 2020.

Dans la même optique, Sustainable Tourism Australia, une organisation appartenant à Ecotourism Australia, a mis sur pied une certification pour reconnaître les efforts mis de l’avant face au climat. Elle est accessible à l’ensemble des organisations touristiques publiques ou privées.

KG_DestinationAdapte_Climat_image1Le programme Climate Action Australia classe les organisations en trois niveaux:

  1.  Certifié business: l’entreprise a mis en place des actions de réduction de gaz à effet de serre et d’adaptation, mais ne mesure pas nécessairement son empreinte carbone.
  2.  Certifié innovator: l’entreprise a mis en place des actions de réduction de gaz à effet de serre et d’adaptation, évalue et mesure son empreinte carbone.
  3.  Certifié leader: l’entreprise a mis sur pied une stratégie intégrée sur les changements climatiques à tous les niveaux pertinents des activités et de la planification d’affaires.

Une mise à jour sera effectuée au même rythme que l’évolution des technologies, de la disponibilité de l’information et des changements législatifs. Voici quelques-uns des critères du programme:

  • éthique et responsabilité collective: considérer les options d’assurance pour se prémunir des dommages liés aux événements météorologiques extrêmes, travailler ensemble pour réduire les coûts;
  • clientèle: colliger de l’information sur les répercussions sociales du changement climatique (décision d’achat, comportement de voyage) pour adapter son produit, son service et son marketing, assurer le confort du visiteur, communiquer les risques liés à la santé et à la sécurité;
  • choix de fournisseurs responsables.

Investir dans la sauvegarde du patrimoine naturel

Dans la région de Devon, située au sud-ouest de l’Angleterre, l’offre touristique est composée de parcs nationaux, de sports extrêmes, de plages, de plaisirs gastronomiques, de villages et de villes rustiques. L’organisation de gestion de la destination, Visit Devon, engage autant les habitants et entreprises de la région que les touristes dans une démarche durable et collective pour la conservation de l’héritage naturel, la façon qu’elle a choisie pour combattre les impacts du réchauffement. L’objectif est que la région devienne la plus «verte» d’Angleterre.

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Source: Visit Devon

Le site destiné aux professionnels, Devon Tourism Advice, propose des ressources aux entrepreneurs actuels et futurs pour le développement durable. Plusieurs outils sont mis à leur disposition, notamment:

  • un réseau de «champions» formé d’entrepreneurs prêts à aider les autres dans leur processus de gestion responsable;
  • des suggestions pour partager la responsabilité de conservation avec les clients (projet Visitor Gifting). Par exemple, les entreprises peuvent collecter de l’argent lors d’événements spéciaux ou ajouter un supplément sur des produits locaux;
  • le guide Green Tourism Marketing Toolkit;
  • plusieurs certifications et récompenses régionales (p. ex.: Dartmoor first, Devon Environmental Business Initiative Awards) et nationales (p. ex.: Green Tourism Business Scheme) axées sur la durabilité (environnementale, sociale, économique et locale).

La promotion du site Climateprepared, un site Web qui aide les gestionnaires à agir maintenant face aux inondations, aux sécheresses, à l’érosion côtière et aux périodes de canicule. 

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 Source: Climateprepared

Miser sur l’excellence

La destination de ski Åre en Suède a participé au programme de recherche international Clim-ATIC de 2009 à 2011 pour s’adapter aujourd’hui au changement potentiel dans les habitudes de voyage dû aux changements climatiques. La destination vise à diversifier l’offre et répartir les risques d’affaires sur un plus grand éventail d’activités de même qu’à réduire sa dépendance à l’égard des combustibles fossiles, par le développement d’un réseau de transport écologique alternatif et l’économie énergétique. La destination de ski a opté pour une stratégie environnementale nourrie par des alliances entre les autorités locales et le secteur privé (110 entreprises). Elle compte assurer le leadership européen en matière d’adaptation et développer les sports (hiver et été) en misant sur l’excellence et la recherche.

Des solutions adaptées

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Source: Facebook. The North Face Ultra-Trail du Mont-Blanc.

Après trois ans de mauvaises surprises météorologiques, l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (France, Suisse et Italie) propose un format de course garanti pour 2013 en cas de mauvais temps. Les organisateurs ont prévu des parcours de rechange avec des caractéristiques semblables à ceux d’origine, ce qui assurera la sécurité des coureurs et des bénévoles.

Dans un autre ordre d’idées, certains se proclament anticaniculaires. Par exemple, France Montagnes, un organisme de promotion des sports de montagne, profite des vagues de chaleur pour attirer la clientèle dans ses «zones de fraîcheur».

Au Québec, les entreprises réagissent depuis longtemps à l’imprévisibilité des conditions météorologiques et communiquent de plus en plus efficacement avec leur clientèle. Le simple fait d’être proactives leur permet de mieux se préparer et de se prémunir contre des effets indésirables. À un autre niveau, un encadrement législatif et politique pour soutenir les entrepreneurs s’avèrent nécessaires pour l’élaboration de stratégies face aux effets des événements météorologiques en matière de ressources humaines, financières et matérielles de l’entreprise. 

Également, l’anticipation des changements de comportement de la clientèle assurera une plus grande résilience de l’industrie touristique et, par le fait même, un meilleur positionnement à long terme.

 

Cette analyse a été rédigée en collaboration avec Stéphanie Bleau.

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Tourisme durable

Petits… mais durables!

Pour les petites structures, la voie de la classification peut sembler longue, exigeante et coûteuse. Pourtant, les avantages sont nombreux et un rendement de l’investissement est constatable dans les trois premières années d’exploitation.

Comment choisir une accréditation durable?

Avant de partir à la recherche de l’accréditation verte la plus adaptée, l’hôtelier doit être convaincu de vouloir s’inscrire dans une démarche de développement durable (lire aussi: L’hôtellerie durable et ses accréditations: où en est le voyageur?). En effet, l’adhésion à une classification verte nécessite de sa part des changements dans la façon de concevoir le produit proposé au client, de sa création à sa mise en marché. Un rapport du Forum for the Future, en association avec la Travel Foundation, dresse la liste des actions incontournables que l’hôtelier doit appliquer en amont d’une demande d’accréditation:

  • «Verdir» sa stratégie principale: intégrer les principes du développement durable à toutes les sphères de son entreprise;
  • Avoir une vision et définir des cibles atteignables: déterminer le positionnement de l’établissement pour les dix prochaines années, définir des objectifs réalistes et anticiper les difficultés à venir;
  • Mesurer les progrès dès le début: motiver l’équipe par l’évaluation du succès de la démarche, à chaque étape du processus;
  • Investir dans la mise à jour de son produit: éviter le gaspillage pour permettre à l’établissement de constater rapidement un rendement de l’investissement. Ce revenu ne devrait pas être considéré comme un profit, mais plutôt réinvesti dans de nouveaux projets durables;
  • Se concentrer sur sa chaîne d’approvisionnement: privilégier des fournisseurs responsables, afin d’accroître ses chances d’être admissible à une accréditation verte;
  • Impliquer le personnel: intégrer le développement durable dans le quotidien professionnel de tous et inviter les employés à suggérer des idées de changement;
  • Vendre… tout en étant honnête: fuir l’écoblanchiment (lire aussi: Gare au greenwashing, votre réputation est en jeu!);
  • Innover et se réinventer: utiliser la créativité des employés et des clients pour mettre sur pied de nouveaux scénarios de développement responsable;
  • Mobiliser la communauté locale: inciter d’autres acteurs touristiques à verdir leurs pratiques afin de développer une destination durable;
  • Regarder ce qui se fait ailleurs: s’inspirer de bonnes pratiques vertes.

Après avoir clarifié sa position quant au développement durable, l’hôtelier en quête de classification verte doit évaluer son offre et, comme le rappelle une étude d’Atout France, jauger les critères suivants:

  • les motivations: être prêt à faire face au changement;
  • les capacités: identifier de façon réaliste les actions à mettre en place pour construire ou rénover l’établissement;
  • le degré d’exigence: choisir une accréditation dont les normes ne sont pas trop exigeantes, mais qui offre la possibilité d’améliorer son engagement vert progressivement;
  • les ressources financières: définir un budget consacré à la classification verte, en vue d’un rendement de l’investissement;
  • les ressources humaines: identifier les personnes responsables du projet d’accréditation et celles mobilisables à long terme;
  • le positionnement marketing de la classification: privilégier un label ou une certification connu du visiteur. Inutile de choisir une accréditation européenne pour une clientèle québécoise;
  • l’originalité de la démarche: la classification doit apporter une plus-value à l’établissement;
  • la zone d’implantation de l’hébergement: opter pour une accréditation en adéquation avec l’environnement de l’hôtel (zone rurale ou urbaine, taille de l’établissement, etc.).

Après la réflexion, il est temps de passer à l’action! Nombre d’accréditations proposent des questionnaires afin que l’hôtelier puisse juger des adaptations à apporter. L’important est de ne pas oublier que les changements doivent avoir été réalisés avant de déposer une demande d’accréditation. Dans le cadre d’une labellisation, l’établissement devra devenir membre de l’association gérant le label.

Il est essentiel de garder en mémoire qu’une fois accrédité, l’établissement doit continuer à fournir les efforts nécessaires pour maintenir son niveau d’engagement, voire l’améliorer. Le processus de classification durable peut s’avérer long et contraignant, particulièrement pour les petites structures qui peinent parfois à trouver les ressources humaines et financières adaptées à la démarche. Cependant, les avantages sont nombreux et justifient les efforts fournis.

Les avantages de l’accréditation durable

Le passage au vert n’est pas un luxe réservé aux grandes chaînes hôtelières. En choisissant la classification appropriée, les petites et moyennes entreprises peuvent facilement adopter les conceptions écologiques et jouir des nombreux avantages de l’accréditation verte:

  • C’est le meilleur moyen de diminuer efficacement son impact sur l’environnement et de montrer son engagement;
  • L’accréditation permet de se positionner sur les scènes locale, nationale et internationale en intégrant un réseau;
  • Un hôtel vert se démarque de la concurrence et dispose d’un outil de commercialisation supplémentaire;
  • L’entreprise améliore sa gestion grâce à de meilleures pratiques d’affaires et devient plus rentable en diminuant les coûts opérationnels;
  • Les employés sont valorisés, responsabilisés et plus impliqués;
  • La démarche s’inscrit dans une tendance lourde (par exemple, 3 000 hôtels sont membres du label Clé verte, mis en place par l’Association des hôtels du Canada).

En bref, le fait pour un établissement de devenir vert lui confère une bonne image, lui permet de s’inscrire dans un réseau et, selon l’International Finance Corporation, lui assure un rendement de l’investissement dès les trois premières années d’opération. Les acteurs du tourisme et les visiteurs sont de plus en plus exigeants envers l’engagement des établissements dans une démarche verte (lire aussi: L’hôtellerie durable et ses accréditations: où en est le voyageur?. De plus, en participant volontairement à un programme de classification verte, l’hôtelier anticipe les règlements environnementaux futurs, auxquels les établissements d’hébergement devront se plier. Alors, une fois accrédité, faites-le savoir!

 

Analyse écrite avec la collaboration de Camille Derelle.

Cette analyse a été produite pour alimenter le site Web EspaceTourismeDurable.com, destiné aux acteurs touristiques de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine.

 

Image à la une : Unsplash 

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Produits et activités

La valorisation d’une destination touristique par l’aménagement floral

Les fleurs et les plantes contribuent à l’embellissement des villes, des maisons et des lieux touristiques. L’aménagement floral au sein d’espaces publics ou privés est un prétexte au spectacle ou à l’animation, mais permet surtout la revitalisation et la consolidation de l’attractivité touristique du lieu. En étant une composante des jardins et des espaces verts, comment peut-il accroître l’attrait d’une destination?

Qu’est-ce que le tourisme des jardins?

Le jardin est, par définition, un espace intérieur ou extérieur clôturé, où l’on cultive des végétaux. Cependant, cette analyse considère uniquement les aménagements de fleurs et de plantes. Le caractère éphémère du jardin permet un perpétuel renouveau et incite à la créativité, associant ainsi l’art à cette pratique. Différents segments de clientèle sont attirés par ces offres, que ce soient des jardiniers amateurs ou professionnels, des adeptes de tourisme culturel, de loisirs ou tout simplement des amoureux de la nature. Produit d’appel ou de soutien, le thème du jardin est bel et bien intégré dans l’offre touristique et revêt différentes formes.

Les jardins floraux

Certains jardins ont une renommée internationale, tels le Sissinghurst Castle Garden en Angleterre, les jardins Butchart en Colombie-Britannique, le Kirstenbosch au Cap, en Afrique du Sud, la récente High Line de New York, ou encore le jardin Majorelle au Maroc. Au-delà de ces quelques attraits, il existe des milliers de jardins publics et privés. En France, 40% des 1 000 jardins ouverts au public seraient privés. Le Québec recèle aussi de nombreux trésors, tels que les Jardins de Métis et le Jardin botanique de Montréal. Selon les données 2012 de Print Measurement Bureau, ce dernier a été visité par près de 9% des Québécois âgés de douze ans et plus au cours des douze derniers mois.

Sources: Sissinghurst Castle Garden, et Kirstenbosch

D’importantes associations se sont donné comme mandat de promouvoir les jardins. La Royal Horticultural Society recense actuellement 370 000 membres dans le monde. Elle organise des événements floraux, encourage les labels de qualité, les villes fleuries, mène des campagnes pour le jardinage à l’école, etc. Une autre association, Jardins sans Limites, regroupe des jardins de la France, de l’Allemagne et du Luxembourg, et propose de courts séjours incluant des visites de plusieurs jardins. Enfin, l’Association des jardins du Québec a pour mission de développer et de promouvoir les jardins ouverts au public.

Les Gîtes de France proposent une catégorie gîtes au jardin, qui inclut plus de 300 chambres d’hôtes et de 1 200 locations de vacances, tenues par des personnes souhaitant partager leur passion. À titre d’exemple, lors d’un séjour à l’un des écogîtes de Baugnac, les clients peuvent suivre un parcours pédagogique composé de 14 bacs de fleurs et de plantes.

Source: Gîtes de Beaugnac

Des labels pour la reconnaissance de l’expression florale

La Corporation des Fleurons du Québec a depuis 6 ans instauré un programme de certification, qui attribue aux 350 municipalités participantes de 1 à 5 fleurons, selon leur embellissement horticole et paysager (voir la photo ci-dessous). Cette classification existe aussi à l’échelle nationale et est gérée par l’organisme Collectivités en fleurs, qui en est à sa 18e édition. Il évalue entre autres l’action environnementale, la conservation du patrimoine, la foresterie urbaine, l’aménagement paysager et floral, ainsi que l’implication communautaire de la Ville.

 

Source: Ville de Maniwaki

Le label Villes et Villages Fleuris est très populaire en France, puisque plus de 3 800 communes ont été certifiées en 2010. Créé il y a plus de 50 ans, il découle d’une volonté encore plus ancienne d’inciter les gares ferroviaires et les hôteliers à fleurir leurs infrastructures, afin de dynamiser l’activité touristique. Le Comité des Parcs et Jardins de France et le ministère de la Culture ont mis en place le label Jardin remarquable, pour «les jardins ouverts au public présentant un intérêt culturel, esthétique, historique ou botanique». Il permet à ces jardins d’obtenir une signalisation routière spécifique.

Les retombées engendrées par ces labels sont nombreuses et touchent surtout l’amélioration du cadre physique. Selon un sondage Ipsos mené en 2011, les Français estiment que la qualité de vie est meilleure au sein des communes fleuries. De plus, 37% des répondants pensent que ce label constitue un élément pouvant déterminer le choix de leur séjour touristique.

Les routes touristiques

Reliant 19 jardins et 28 Collectivités en fleurs, la Route des jardins du Canada traverse le pays d’est en ouest. VIA Rail, le principal commanditaire, a établi une carte répertoriant les arrêts incontournables (voir la carte ci-dessous).

 Source: Canada Garden Route

Au Québec, Tourisme Gaspésie propose un Circuit jardins et ponts couverts; sur le site de Tourisme Lanaudière, il est possible de consulter le parcours Jardins et horticulture sur une carte interactive; à Montréal, l’organisme Sentier Urbain offre un circuit reliant huit jardins cachés au cœur de l’arrondissement de Ville-Marie, attirant chaque été 12 000 visiteurs. En plus de représenter des lieux d’apprentissage pour les enfants, ces jardins accueillent aussi des spectacles et des conférences.

Les festivals et événements

Festivals, expositions, événements, fêtes, conférences: les rassemblements ne manquent pas pour mettre à l’honneur les plantes et les fleurs! La plus grande exposition d’horticulture au monde, Floriade, a lieu chaque année aux Pays-Bas, où deux millions de personnes se réunissent. Son pendant canadien, Canada Blooms, se situe à Toronto (voir les photos ci-dessous). Selon l’American Bus Association, c’est l’un des 100 événements majeurs en Amérique du Nord.

 

Source: Canada Garden Route

Certains festivals, comme celui organisé par les Jardins de Métis, rassemblent des projets imaginés et réalisés par des architectes, des designers et des artistes de nombreux pays. Le Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire, en France, est ouvert d’avril à octobre et propose un thème différent lors de chaque édition (voir les photos ci-dessous). Cette année, les créateurs disposeront d’une parcelle du parc afin de concevoir leur projet inspiré de la thématique «Jardins des délices, jardins des délires». Les Mosaïcultures Internationales, qui ont eu lieu deux fois à Montréal, sont un exemple de rayonnement touristique. L’événement, qui se veut un lieu d’inventions et de curiosités, a attiré 750 000 visiteurs en 2003 et revient en 2013 au Jardin botanique, sur le thème «Terre d’Espérance».

 

Source: Domaine Chaumont, Édition 2011

Enfin, les fleurs peuvent être le symbole d’une région. Leur éclosion est un véritable événement et suscite la curiosité des touristes qui se déplacent pendant cette période afin de les admirer, comme le mimosa sur la Côte d’Azur, les pommiers en fleur de la Montérégie, ou encore les tulipes des Pays-Bas.

 

L’Ontario semble accorder de l’importance au tourisme des jardins, puisque l’association Landscape Ontario organise tous les deux ans un congrès sur ce thème. Au Québec, malgré une baisse de la fréquentation dans les différents sites publics, l’intérêt de la part des entreprises et des institutions est bien présent. En témoignent le retour des Mosaïcultures Internationales de Montréal ainsi que la revitalisation du Jardin botanique dans le cadre du projet Espace pour la vie. L’offre de produits touristiques autour des jardins suit la croissance de la pratique de l’horticulture par la population. Elle est assez diversifiée pour être intégrée dans la stratégie marketing du Québec.

 

Sources:

– Bélisle, Sarah. «Un circuit-jardin au cœur du centre-ville», journaldemontreal.com, 10 août 2011.

– Canada Blooms. «Canada Blooms honoured among Ontario’s top events», communiqué de presse, mai 2010.

– CNW Telbec. «Les Mosaïcultures internationales reviendront à Montréal en 2013 sous le thème Terre d’Espérance», newswire.ca, 15 mars 2012.

– Origet du Cluzeau, Claude. «Vendre le tourisme des jardins», Économica, Paris, 2011, 152 p.

– Print Measurement Bureau. Étude PMB Printemps 2012, mars 2012.

– Villes et Villages Fleuris. «Les Français et les villes et villages fleuris», villes-et-villages-fleuris.com, 14 octobre 2011.

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Produits et activités Tourisme durable

Les plages écologiques sont une source de profits accrus

Comme toutes les plages offrent sensiblement les trois mêmes éléments, soit le soleil, le sable et la mer, elles doivent trouver d’autres façons de se distinguer de la concurrence. En Europe et en Ontario, de nombreuses plages ont pour cela adopté le programme de certification Pavillon bleu, reconnu mondialement et créé spécialement pour les plages.

Source: Rachel Dodds

À propos de Pavillon bleu

Le programme Pavillon bleu a été créé en France en 1987 par la Fondation pour l’Éducation à l’Environnement en Europe (FEEE). Il a certifié plus de 3000 plages dans 44 pays, ce qui fait de lui le programme d’écocertification pour les plages le plus connu du monde. Bien que la majorité des plages certifiées soient en Europe, le programme est de plus en plus répandu au Canada, puisqu’il compte 17 certifications, soit14 en Ontario, 2 au Québec et 1 au Manitoba. Pour qu’une plage puisse obtenir le Pavillon bleu, elle doit répondre aux critères des quatre catégories suivantes:

  • information et éducation à l’environnement;
  • qualité de l’eau;
  • gestion environnementale;
  • santé et sécurité.

Si ces critères sont respectés, la plage peut arborer son Pavillon bleu et profiter de la publicité gratuite qui lui est faite sur le site Web de ce programme.

Choisir une plage pour ses vacances

Récemment, une étude effectuée en Ontario et subventionnée par l’Ausable Bayfield Conservation Authority (Dodds, 2010) a conclu que la salubrité est un facteur clé dans l’appréciation globale d’une plage. Même si bon nombre de Canadiens ne s’informent pas de l’état de salubrité et de sécurité d’une plage avant de s’y rendre, 26% d’entre eux en choisiraient une autre, s’ils apprenaient que son eau est impropre à la baignade.

En Ontario, la certification Pavillon bleu n’est pas un facteur déterminant dans la sélection des plages, parce que la majorité des vacanciers ne connaissent pas encore ce programme. Cependant, selon un sondage semblable effectué au pays de Galles – qui compte 43 plages certifiées Pavillon bleu, soit 2,5 fois plus qu’au Canada –, 63% des répondants connaissaient le programme et, pour eux, la certification d’une plage était plus importante que la distance à parcourir pour s’y rendre (Dodds, 2010). Étant donné que le Canada désire accroître le nombre de plages certifiées Pavillon bleu, on peut s’attendre à ce que la certification devienne un facteur de plus en plus décisif au cours des prochaines années.

Source: Rachel Dodds

Quelles conséquences pour la popularité et la rentabilité d’une plage?

Les gens dépensent environ 10$, lorsqu’ils vont à la plage de leur région (à peu près trois fois par semaine durant l’été), ce qui représente un total de 270$ pour les mois de juillet et d’août. Les touristes s’y rendent moins souvent, mais déboursent 50$ pour la journée. Une plage peut donc perdre une bonne partie de ses revenus si ses visiteurs, surtout ceux des environs, décident de ne plus la fréquenter parce que son eau est jugée néfaste pour la santé des nageurs.

La certification Pavillon bleu fournit l’assurance qu’une plage respecte et même dépasse les normes de sécurité, par une surveillance constante de la clarté, de la qualité et de la propreté de l’eau, ainsi que par la présence de sauveteurs et de patrouilleurs pour les cas d’urgence. Ces normes rassurent les nageurs et les incitent à rester plus longtemps, ce qui fait qu’ils dépenseront davantage.

De plus, la certification exige des plages qu’elles soient dotées de toilettes, de cabines pour se changer, d’un accès pour les personnes handicapées, de zones où les chiens sont admis, et de poubelles pour les déchets et les matières recyclables. Des études ont montré que la présence de ces éléments contribue à la satisfaction globale des clients par rapport à une plage, ce qui accroît sa rentabilité.

Que dire des plages du Québec?

Les plages du Québec, commencent à emboîter le pas à l’Ontario en faisant la demande de certification Pavillon bleu. Jusqu’à maintenant, seules les plages des Cantons et celle de l’Est et de l’Ouest à Magog, au Québec, l’ont obtenue.

Toutefois, la province a mis sur pied le programme Environnement-Plage, auquel tous les exploitants de plages sont invités à participer chaque été. Ils doivent pour cela assumer les coûts associés à l’analyse de l’eau, tandis que le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs fournit des ressources utiles, comme du personnel spécialisé dans la collecte d’échantillons. Pour pouvoir faire partie de ce programme, la plage doit satisfaire aux deux exigences suivantes:

  • être une plage publique;
  • être jugée sécuritaire par la Régie du bâtiment.

Bien que ce programme permette d’informer le public sur l’état des plages et leur sécurité, il est loin de comporter les critères rigoureux de la certification Pavillon bleu, qui n’est accordée qu’aux littoraux les plus propres et durables du monde.

Tournés vers l’avenir

Une plage durable présente une multitude d’avantages. Sur le plan environnemental, elle aide à l’amélioration de la qualité de l’eau et à la protection contre l’érosion. Sur le plan socio-économique, elle vise la satisfaction des clients et l’augmentation des revenus des commerces locaux. Les plages européennes ont constaté que le programme de certification Pavillon bleu et une sensibilisation accrue à ce dernier ont permis aux gens de mieux connaître le concept de durabilité. Au fur et à mesure que ce programme se répand au Canada, on peut s’attendre à ce que bon nombre de plages obtiennent la certification; le Pavillon bleu aura alors une plus grande incidence sur le choix des habitués de la plage.

 

Sources:

– Blue Flag. «Programme Eco-label for Beaches and Marinas», www.blueflag.org, 2012.

– Dodds, Rachel. «Determining the Economic Impact of Beaches: Lake Huron Shoreline from Sarnia to Tobermory», Ted Rogers School of Hospitality and Tourism Management, Université Ryerson, 15 avril 2010.

– Tudor, D. T. et A. T. Williams. «A rationale for beach selection by the public on the coast of Wales, UK», Area, vol. 38, no 2, juin 2006, p. 153-164.

 

Rachel Dodds, professeure, Ted Rogers School of Hospitality & Tourism Management, Ryerson University

Rachel Dodds est reconnue à travers le monde en tant qu’experte du tourisme durable. Elle est professeure à la Ted Rogers School of Hospitality and Tourism Management à l’Université de Ryerson et directrice de la firme de consultants Sustaining Tourism. Elle est l’auteure des livres “Power and Politics” et “Sustainable Tourism in Islands”. Ses champs d’expertise se concentrent sur le tourisme durable, les changements climatiques et la responsabilité sociale des entreprises. Elle est titulaire d’un Ph.D. de l’Université de Surrey en Angleterre et d’une Maîtrise en gestion du tourisme de l’université de Griffith en Australie. Elle est membre fondatrice de la Canada’s Icarus Foundation, participe au Sustainability Council for the Tourism Industry Association et est ex-membre de la Travel and Tourism Research Association of Canada. Elle a vécu et travaillé sur quatre continents et a voyagé dans plus de 75 pays.

Champs d’expertise:

  • Tourisme durable
  • Changements climatiques
  • Responsabilité sociale des entreprises

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