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Gestion durable des événements: laisser sa marque sans y laisser sa trace

Comment intégrer la notion de «durable» à un événement ponctuel, qui a un début et une fin dans le temps? En effet, comment instaurer des pratiques de développement durable lorsqu’il n’y a pas d’infrastructure permanente et lorsque notre équipe se compose principalement de gens qui ne sont pas sur la liste de paie, ou du moins qui ne le sont que temporairement? Voilà le défi que doivent relever les festivals. Compte rendu des bonnes pratiques mises en place par le Festival Roskilde au Danemark et le Paléo Festival Nyon en Suisse.

Thomas Niebuhr est directeur Environnement pour le Festival Roskilde, importante prestation musicale internationale qui se déroule dans un champ de Roskilde, à 35 km de Copenhague. Pendant 8 jours, grâce aux campeurs qui viennent assister au festival, la population du village atteint 110 000 personnes, ce qui le classe temporairement au 5e rang des villes du pays en importance. De 40 à 50% des festivaliers proviennent de l’extérieur du Danemark. L’équipe se compose de 30 employés auxquels s’ajoutent 300 bénévoles à l’année et plus de 20 000 bénévoles durant l’événement même.

Daniel Rosselat est président du Paléo Festival Nyon, le plus grand festival suisse et l’un des plus importants d’Europe. Consacré à la musique, il accueille 227 000 spectateurs, dont 7 000 campeurs qui s’installent autour des scènes extérieures pendant les 7 jours de l’événement.

Les principes de développement durable sont au centre des préoccupations de ces deux organismes à but non lucratif et se traduisent par des actions concrètes, ciblées en fonction des clientèles et qui s’articulent autour de trois piliers de base: l’environnement ainsi que les aspects social et économique.

L’environnement

En 1994, le Festival de Roskilde s’est doté d’une politique environnementale dont les objectifs mesurables sont régulièrement réévalués. Depuis, l’environnement prend une place de plus en plus prépondérante et fait partie intégrante de l’expérience du festivalier. Cette ligne de conduite est axée sur quatre points principaux en lien avec la gestion de tout événement extérieur.

Les transports. Le vélo, les transports en commun et le covoiturage sont fortement encouragés. Ainsi, en 2008, 58% des festivaliers sont arrivés par transport en commun. De ceux qui sont venus en voiture, 69% pratiquaient le covoiturage. Quelques idées à retenir:

  • ouverture de la gare locale spécialement pour l’événement;
  • stationnement et atelier de réparation de vélos;
  • forum de discussion sur le site Internet de l’événement pour encourager le covoiturage;
  • diminution des véhicules de location pour le personnel de l’événement et choix de véhicules à meilleur rendement énergétique.

L’électricité. Les sources d’énergies nouvelles sont privilégiées (énergie 100% éolienne en 2009) et les technologies de pointe sont explorées afin de réduire la demande en électricité:

  • ampoules fluocompactes;
  • éclairage de scène à DEL.

Les politiques d’achat. Les produits locaux, équitables, organiques, compostables et à label écologique sont favorisés, tant dans les kiosques que dans les bureaux de l’organisme.

La gestion des déchets. Plusieurs mesures sont mises en place pour contrôler et ultimement réduire les déchets, dont les deux tiers proviennent du camping. De plus, les festivaliers sont incités à apporter leur contribution en:

  • recyclant à grande échelle (les matières sont triées en 13 catégories);
  • retournant les contenants, tels les verres de bière, pour se faire rembourser la consigne (le système est si efficace que le taux de retour des verres en plastique atteint 97%);
  • troquant leurs déchets contre une consommation grâce au programme d’échange Trash for beer;
  • participant à la campagne Less trash, more music.

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Source: www.roskilde-festival.dk

Au-delà des actions entreprises lors de l’événement, l’organisme encourage également les festivaliers à adopter des comportements plus responsables une fois qu’ils ont quitté les lieux en les incitant à faire partie d’une communauté virtuelle vouée à la cause environnementale. Ainsi, les participants peuvent obtenir des invitations à des conférences et des ateliers et des privilèges uniques pour le prochain festival, tels que l’accès aux douches solaires et la possibilité de réserver un espace de camping.

Paléo met en pratique un programme environnemental semblable visant lui aussi la réduction de la consommation d’eau et d’électricité, des déchets et des gaz à effet de serre liés au transport.

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Les organisateurs vont même jusqu’à utiliser de la vaisselle lavable dans les restaurants et renoncent à la remise d’échantillons par les entreprises commanditaires.

Source: www.2009.paleo.ch

L’aspect social

Depuis ses débuts, le Paléo Festival Nyon est animé des valeurs de respect, de partage et de convivialité:

  • Bien qu’il ne soit pas subventionné, les organisateurs tiennent à ce qu’il soit financièrement accessible à tous.
  • Il offre aux jeunes la possibilité d’acquérir des expériences professionnelles de qualité.
  • Ses bénévoles sont de véritables collaborateurs et leur contribution est valorisée.
  • Son succès est mis au profit de la scène musicale suisse.
  • Il joue un rôle de modèle et souhaite partager son expertise en développement durable (DD).

Quant à lui, le Festival de Roskilde remet 100% des profits générés par l’événement à des organisations culturelles et humanitaires.

L’aspect économique

Selon Daniel Rosselat, «l’argent est un moyen et pas un but, mais il faut savoir compter». Bien que les deux festivals soient à but non lucratif, leur effet sur l’économie des lieux qu’ils exploitent est certainement ressenti, d’autant plus qu’ils privilégient les fournisseurs et les produits locaux. La portée de l’impact va même au-delà de la région où se tient l’événement. Ainsi, les retombées économiques directes du Festival de Roskilde liées au tourisme au Danemark sont évaluées à 51 M d’euros pour l’édition 2008.

Dans les deux cas, les organisateurs utilisent la notoriété et la popularité de leur festival pour sensibiliser, voire éduquer les festivaliers, bénévoles, artistes et employés ainsi que pour faire évoluer la conscience collective. Par leur propre engagement, Roskilde et Paléo incitent les participants à devenir fidèles, impliqués et complices et à adhérer eux aussi aux principes de développement durable, même une fois les scènes démontées.

Source:
– Niebuhr, Thomas et Rosselat, Daniel. Symposium international sur le développement durable du tourisme, atelier: Gestion durable des événements, 18 mars 2009.

Sites:
Festival Roskilde
Paléo Festival Nyon

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Ailleurs dans le monde Marketing Produits et activités

Bientôt à l’affiche! Prestations touristiques sur grand écran

Selon vous, quel lien existe-t-il entre le Metropolitan Opera de New York, l’assermentation de Barak Obama et un match de baseball des Mets? Avez-vous deviné le cinéma? La diffusion d’événements importants et de produits à caractère sportif ou culturel sur grand écran est une tendance de divertissement qui semble se maintenir en 2009. Toutefois, quelles seront les répercussions sur ces manifestations touristiques? S’agit-il d’une version bas de gamme d’un même produit offert à moindre coût et à la même clientèle ou bien est-ce là un moyen inusité de courtiser de nouveaux consommateurs?

Une industrie en déclin se réinvente grâce à la technologie HD

Agrandissement des écrans de télé, sorties de DVD accélérées, téléchargement de films sur le Web, voilà autant de raisons pour que les ventes de billets de cinéma déclinent ou stagnent en Amérique du Nord, et ce, malgré le nombre record de superproductions des studios de Hollywood.

Bien que la technologie numérique existe depuis longtemps, ce n’est que récemment qu’elle a été intégrée dans les salles de cinéma.

En 2005, les États-Unis avaient 200 salles équipées de projecteurs numériques. En 2008, ce chiffre grimpait à 5000 et l’on projette que d’ici 2010, 10 000 salles américaines en seront pourvues, 17 000 à travers le monde entier.

La technologie permet ainsi la diffusion simultanée en haute définition et ouvre la porte à des possibilités infinies en matière de contenu.

De Coppola à Carmen, l’opéra prend le grand écran

En diffusant ses productions de la saison 2006-2007 en direct dans les salles de cinéma, Peter Gelb, directeur général du Metropolitan Opera de New York (le MET), a créé toute une commotion dans le monde de la culture.

Néanmoins, les résultats sont concluants. Lors de sa première année, l’entente établie entre le MET et la compagnie Cineplex a permis la retransmission en direct et en reprise de 6 productions pour lesquelles 325 000 billets ont été vendus à travers le monde. Fort de ce premier succès, Peter Gelb a ajouté deux productions pour la saison 2007-2008 et les ventes de billets ont grimpé à 935 000, rapportant ainsi des recettes de 13,3 millions de dollars en Amérique du Nord et de 5 millions à l’étranger. L’expérience atteint même un seuil inattendu, le nombre de billets vendus au cinéma dans l’année dépasse le nombre de sièges occupés pour toutes les 225 représentations présentées au MET.

En effet, pourquoi se déplacer à l’opéra, surtout si l’on n’habite pas en région métropolitaine, quand on peut écouter de la musique sur un système ambiophonique, voir de gros plans des artistes sur scène et profiter des vues en coulisse à l’entracte, le tout pour une fraction du prix?

Michel Beaulac, directeur artistique de l’Opéra de Montréal, demeure convaincu: « …la transmission et l’amplification ne pourront jamais battre la force et l’impact émotif d’un spectacle en salle. Sinon, pourquoi irait-on voir Céline et les Canadiens au Centre Bell?». Ce sont donc des expériences différentes, voire des produits complémentaires.

De plus, au-delà des revenus supplémentaires générés par les diffusions de ces productions, il va sans dire que l’expérience du MET aura créé un véritable engouement pour l’opéra et lui aura permis d’apprivoiser de nouvelles clientèles à travers le monde. En fait, le nombre d’abonnements annuels au MET a augmenté de 10% après sa première année au cinéma. Sa popularité au grand écran aura également eu pour effet d’ancrer sa réputation au palmarès des attraits touristiques incontournables de New York, contribuant ainsi au rayonnement national et international de la ville.

Le cinéma pour rejoindre la masse

Parallèlement, le 20 janvier dernier, le réseau de nouvelles MSNBC comptait sur le fait que les Américains qui ne pouvaient se rendre à Washington DC pour assister en personne à l’assermentation du président Barak Obama voudraient vivre ce moment historique en direct, en communauté et sur grand écran.

Pour accroître son image de marque, le réseau s’est donc associé à la compagnie Screenvision afin de diffuser sa couverture de l’événement en simultanée sur 27 écrans et dans 21 villes des États-Unis. «Nous voulions atteindre des personnes que nous n’avions jamais atteintes auparavant», affirme Phil Griffin, président de MSNBC. Question de renforcer le lien entre l’événement et le réseau, les intéressés pouvaient se procurer les billets gratuitement sur son site Internet MSNBCEvents.com.

Dans un même ordre d’idées, l’équipe de baseball des Mets a organisé en 2008 la série «Mets at the Movies» pour augmenter sa clientèle dans la grande région métropolitaine de New York. Des t-shirts ont été lancés dans la foule et la mascotte de l’équipe a même fait son tour dans les salles de cinéma dans le but d’y partager un peu l’ambiance de Shea Stadium.

Les entreprises canadiennes se mettent de la partie

Ceux et celles qui n’ont pas eu l’occasion d’admirer la performance de Christopher Plummer au Stratford Shakespeare Festival de l’été 2008 ont eu la chance de le faire au cinéma le 30 janvier dernier. En effet, la production de Caesar and Cleopatra a été diffusée dans 80 salles de cinéma au Canada, procurant ainsi une seconde vie au festival ainsi qu’une excellente publicité pour la prochaine édition.

Le Cirque du Soleil teste le concept en association avec The Hot Ticket, une nouvelle division de Sony Pictures Releasing. La dernière représentation de la tournée mondiale du spectacle Delirium à l’aréna O2 de Londres a été présentée au grand écran pendant quatre soirs au mois d’août 2008 et en spectacles supplémentaires au mois d’octobre.

La diffusion d’événements sur grand écran devient actuellement un outil marketing puissant qui permet d’exposer un produit à de nouvelles clientèles régionales, nationales et internationales. En fait, plus les salles de cinéma proposeront une «programmation alternative», plus les consommateurs auront le réflexe de les privilégier pour leurs sorties. Encore faut-il que les prestations offertes soient uniques en leur genre ou qu’elles jouent à guichets fermés pour avoir un pouvoir d’attraction important. Les grands événements québécois auraient-ils intérêt à tirer profit de ce média? Aurons-nous l’occasion de les voir bientôt à l’affiche?

 

Analyse rédigée dans le cadre d’un partenariat avec Tourisme Montréal sur le tourisme culturel

Sources:
– Barnes, Brooks. «At Cineplexes, Sports, Opera, Maybe a Movie», New York Times, 23 mars 2008.
– Bergeron, Steve. «Abonnés à l’opéra… de Sherbrooke», La Tribune, 8 octobre 2008.
– Goodman, Matthew. «Digital Age Ushers in Epic Cinema Changes», The Sunday Times, 30 juillet 2006.
– Gough, Paul J. «Obama Inauguration to Air in Theaters», The Hollywood Reporter, 12 janvier 2009.
– Hayes, Dade. «Baseball Bats Bigscreen», Variety, 18 mai 2008.
– McClintock, Pamela. «Met’s Cinema Shows Hit High Note», Variety, 8 juin 2008.
– Midgette, Anne. «Met Opera to Expand in Theaters Across Globe», New York Times, 9 août 2007.
– Nestruck, J. Kelly. «Now playing at a theater near you: The Stratford Shakespeare Festival?», The Globe and Mail, 29 janvier 2009.
– Nicoud, Annabelle. «L’opéra investit les salles obscures», La Presse, 29 décembre 2008.
– Siegel, Tatiana. «Sony Introduce Hot Ticket», Variety, 21 mai 2008.
– Stelter, Brian. «News Outlets Hope to Capitalize on Inauguration», New York Times, 13 janvier 2009.
– Wakin, Daniel. «Met Opera to Expand Simulcasts in Theaters», New York Times, 17 mai 2007.

Sites:
www.metoperafamily.org

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Marketing Produits et activités

Le cidre: un produit touristique identitaire?

«Auparavant, lorsque nous visitions des amis à l’étranger, nous leur apportions du sirop d’érable. Aujourd’hui, nous leur offrons une bouteille de cidre de glace». Cette observation de Véronique Rivest, une sommelière réputée, a bien résumé le potentiel identitaire du cidre québécois à l’occasion du colloque national sur le cidre, tenu le 12 février 2009 en Montérégie. Comment une région peut-elle asseoir son développement sur la mise en valeur d’un produit agrotouristique?

La région de Niagara s’est créé une réputation de destination agrotouristique solide grâce à la production de vin et, plus particulièrement, de vin de glace. Est-ce que la Montérégie peut aspirer à une renommée semblable avec ses cidres?

Les atouts: unicité et qualité du produit

La production ayant débuté au début des années 1990, le cidre de glace est un produit relativement nouveau, mais qui commence à se faire connaître à l’étranger. Au Québec, on dénombre une cinquantaine de producteurs qui apportent leur touche personnelle à leurs produits. Ensemble, ils fabriquent trois types de cidre différents: le «tranquille» (ou plat), l’«effervescent» (ou mousseux) et le produit vedette, le fameux cidre de glace. Le Québec se démarque par la qualité de ces trois produits, surtout par le dernier puisqu’il n’y a qu’au Québec où les froids hivernaux permettent à la pomme de geler de façon naturelle.

Aujourd’hui, comme tous les autres cidres, la fabrication du cidre de glace est encadrée par une réglementation qui impose de sévères normes de qualité. D’ailleurs, pour qu’une région comme la Montérégie se bâtisse une réputation, ses producteurs doivent respecter rigoureusement ces normes. Cela semble être le cas, car plusieurs cidres ont déjà reçu des prix d’envergure et leur qualité est stable d’année en année.

L’expérience touristique

Outre la qualité, il importe aussi de créer une expérience touristique autour du produit. Par exemple, la vallée de l’Okanagan en Colombie-Britannique mise sur une programmation bien remplie (un festival par saison) pour faire connaître ses vins et sa gastronomie. De son côté, la «Wine Route», en Ontario, est particulièrement fournie et diversifiée.

Le cidre est produit dans plusieurs régions du Québec, mais il y a une forte concentration en Montérégie. Elle est d’ailleurs la seule région qui place ce produit au cœur de son positionnement touristique. Les activités touristiques axées sur le cidre sont les suivantes:

  • La «Route des cidres» regroupe onze producteurs qui offrent des dégustations ou des visites des installations (voir un aperçu de la carte interactive, ci-dessous).
  • La deuxième édition du «Mondial des cidres de glace» a eu lieu en février dernier et a accueilli plus de 10 000 visiteurs.
  • La cueillette des pommes est une activité fort populaire à l’automne, particulièrement auprès des familles, et ce, tant chez certains cidriculteurs que dans de nombreux autres vergers de la région.
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Se faire connaître et reconnaître

La réputation du produit compte pour beaucoup dans l’attractivité d’une expérience. Celle des vins de Napa Valley en Californie n’est plus à faire et contribue à elle seule à attirer de nombreux touristes et amateurs. La connaissance et la reconnaissance du produit sont également des étapes à franchir dans la route vers le positionnement d’une région autour d’un produit agrotouristique. La Montérégie et ses producteurs de cidres cheminent dans cette direction mais demeurent encore grandement méconnus. De plus, ils ont à lutter contre la faible réputation générale de cette boisson, ce qui n’est pas le cas du vin.

À ce sujet, divers points de vue ont ponctué ce premier colloque national sur le cidre. Jean-François Demers, professeur, conférencier et sommelier, mentionnait que l’on trouvait les meilleurs cidriculteurs du monde parmi l’assistance mais que ceux-ci font face à un défi gigantesque. Pour faire connaître leur produit, ils doivent se tailler une place dans la cour des grands: l’industrie du vin. Ils devront travailler ensemble pour arriver à se faire reconnaître.

Thierry Debeur, des éditions et des guides du même nom, souligne que les actions des producteurs sont peu publicisées. Il mise aussi sur la force du nombre pour mieux se faire connaître.

La distribution

La connaissance et la reconnaissance du produit passent aussi par une vaste distribution. Un autre défi pour les cidriculteurs est donc de réussir à s’implanter auprès de nombreux restaurants du Québec. Il s’agit d’une avenue difficile à emprunter, puisqu’elle repose sur la demande des consommateurs qui, justement, demandent rarement du cidre. M. Demers encourage les producteurs à s’impliquer ensemble dans l’éducation de la population et des restaurateurs.

La distribution se fait donc directement par le producteur ainsi qu’à la Société des alcools (SAQ), pour quelques produits seulement. La SAQ fait de plus en plus de place aux boissons québécoises et dans la catégorie Terroirs d’ici, le cidre est le produit le plus vendu (environ 81% en 2007, une augmentation de 528% en 10 ans).

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À l’instar de régions telles que la vallée de l’Okanagan, Napa Valley et la région de Niagara, le succès d’un positionnement touristique basé sur un produit agrotouristique repose sur deux principales conditions: la reconnaissance du produit, qui passe nécessairement par une qualité exemplaire et une excellente distribution ainsi qu’une expérience touristique authentique et attrayante. L’industrie du cidre semble sur la bonne voie, mais demeure encore toute petite et très jeune. Autant elle est prometteuse, autant elle n’a pas vraiment droit à l’erreur…

Source:
– Colloque national sur le cidre. Tourisme Montérégie, 12 février 2009

Sites Web:
cidre du quebec
tourisme Monteregie

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Gestion Produits et activités

Destinations à déguster

Plus que jamais, les vacanciers tiennent compte des attraits culinaires d’une région lorsque vient le temps de choisir une destination de voyage. Ils souhaitent une expérience authentique et la cuisine s’avère une goûteuse expression de la culture locale. Vous avez déjà sûrement remarqué les photos alléchantes qui figurent au premier plan des images servant à vendre une région, un hôtel ou un centre de villégiature. Mais quelles autres stratégies envisager pour devenir une destination culinaire?

Un intérêt qui se confirme

Le tourisme culinaire peut prendre différentes formes: apprendre sur la production, visiter les marchés, suivre des leçons de cuisine, déguster des vins, effectuer un séjour à la ferme et, bien sûr, fréquenter les restaurants servant une cuisine typique.

Selon une enquête récente d’American Express Travel, les voyages rattachés à des intérêts personnels sont très importants (87%) et ce type de voyage se répétera ou augmentera au cours des deux prochaines années. L’un de ces intérêts, d’ailleurs le plus populaire selon le sondage, est d’élargir ses horizons culinaires. Essayer une cuisine nouvelle basée sur des mets locaux et exotiques se révèle très important pour 42% des répondants. Cette proportion est encore plus forte auprès des 18-34 ans (55%). La Specialty Travel Agents Association (STAA) confirme cette tendance et indique que les voyages culinaires constituent l’un des types de tourisme les plus en croissance.

Devenir une destination culinaire

Une région qui souhaite devenir une destination culinaire peut envisager différentes avenues.

Elle doit d’abord miser sur la restauration locale.

  • Inventorier les restaurants qui offrent une expérience culinaire typique.
  • Amener les restaurateurs à encourager le tourisme culinaire dans la région à travers leur créativité et leurs bonnes pratiques.
  • S’appuyer sur une ou quelques spécificités locales que chacun des restaurants adapte à sa manière.
  • Créer une expérience inoubliable par des démonstrations de chefs ou des formations en cuisine.
  • Mobiliser les résidants afin qu’ils deviennent des ambassadeurs du tourisme culinaire. Ils doivent pouvoir répondre adéquatement à la question: «Où puis-je trouver un bon restaurant dans les environs?».
  • Faciliter l’accès des visiteurs en mettant à leur disposition suffisamment d’espaces de stationnement, un service de valet gratuit ou encore en indiquant où ils peuvent se garer.
  • Amener les différents acteurs du tourisme culinaire à ne pas se voir comme des concurrents mais plutôt comme des partenaires. Une masse critique de bons restaurants procure un meilleur effet.
  • Envisager la possibilité d’instaurer une semaine des restaurants comme le font plusieurs villes nord-américaines. Une telle semaine, où les restaurants offrent ce qu’ils ont de meilleur au menu et à prix abordable, fait connaître les établissements à la population locale et attire des visiteurs. Pour que cet événement soit réussi, la destination doit déployer des efforts marketing auxquels les restaurateurs participent.

Les marchés publics sont des lieux privilégiés pour se plonger dans l’univers culinaire d’une destination. Même s’ils sont d’abord fréquentés par la population locale, il importe aussi de les placer à l’avant de l’offre touristique et d’en faciliter l’accès aux visiteurs.

De plus en plus, les chefs et les producteurs agroalimentaires locaux travaillent main dans la main pour satisfaire l’appétit de fraîcheur et de produits régionaux des consommateurs. Ces producteurs, qui collaborent avec les restaurateurs, peuvent ainsi adapter leurs récoltes aux besoins et à la vision du chef.

Certaines destinations se dotent d’un concierge-restaurant. L’employé à ce poste peut être consulté par les hôtels et les autres établissements touristiques afin de diriger les touristes exactement à l’endroit qui leur convient.

Les festivals représentent également un moyen d’exploiter le potentiel du tourisme culinaire. Bien qu’il y ait ceux à grande échelle comme le grand Taste of Chicago qui attire plus de 6 millions de visiteurs, les plus modestes peuvent aussi obtenir de très grands succès. La Fête des vendanges Magog-Orford célèbrera son 16e anniversaire en 2009 et la municipalité estime avoir accueilli environ 60 000 visiteurs en 2008.

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La ville de Ludlow, au Royaume-Uni, est un exemple parmi de nombreuses destinations qui misent sur le tourisme culinaire pour asseoir leur notoriété. Elle semble bien réussir et voici quelques stratégies qui ont mené à la base de son succès:

  • utiliser la cuisine locale comme moyen de créer un capital culturel et un cachet social;
  • s’associer à divers fournisseurs d’aliments et de boissons afin de susciter une riche expérience de restauration et de magasinage;
  • créer une promesse d’authenticité locale basée sur une offre de qualité et des prix concurrentiels;
  • surpasser l’offre des autres destinations culinaires;
  • amener les producteurs à se sentir partie intégrante du tourisme de la région;
  • inciter les fournisseurs de services touristiques à se différencier par la cuisine.

Le tourisme culinaire semble promis à un avenir alléchant parce qu’il répond aux nouvelles valeurs des touristes. Goûter la cuisine locale donne aux visiteurs la sensation de vivre une expérience authentique.

Lire aussi:
–    Le tourisme et l’éveil culinaire québécois: une recette appétissante!
–    Faire saliver les touristes américains

Sources:
– American Express Travel. «American Express Travel survey finds pursuing personal interests drives travel despite current economic conditions»,  Communiqué de presse, 29 juillet 2008.
– Marzella, Dennis A. «Culinary Tourism: Does Your Destination Have Potential?»,  hiver 2008.
– Specialty Travel Agents Associations. «Culinary Travel One Of The Fastest Growing Segments In Travel», Travel Industry Wire, 2 décembre 2008.
– Yeoman, Ian. «Why food tourism is becoming more important», Hospitality Net, 11 août 2008.
– Ying, Tianyu, Ph.D. Shenoy, Sajna S. et Ph.D. Norman, William C. «Classifying Food Tourists: A Comparison of Thee Approches», Travel & Tourism Research Association, 39th proceeding, juin 2008.

Sites Web:
www.explorechicago.org
www.fetesdesvendanges.com

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Produits et activités

Un success story inspirant: le Festival Shakespeare de Stratford

Quand une petite ville choisit le théâtre pour relancer son économie et qu’elle y parvient haut la main, bien des questions surgissent, entre autres: mais comment est-ce possible? C’est pourtant le tour de force qu’a réalisé la ville de Stratford dans le sud-ouest de l’Ontario, il y a de cela plus de 55 ans. Le Festival Shakespeare de Stratford représente aujourd’hui une grande part de l’identité de cette ville qui s’est forgée une réputation enviable comme destination touristique. Mais comment en est-elle arrivée là? Antoni Cimolino, directeur exécutif du festival, racontait ce success story le 14 novembre dernier dans le cadre du colloque culture et tourisme: au cœur de l’identité urbaine, qui se déroulait à Montréal.

Le festival Shakespeare de Stratford: qu’est-ce que c’est?

Dès sa première saison en 1953, le festival Shakespeare de Stratford connut un succès immédiat. Aujourd’hui, ce festival de théâtre, qui s’étend sur une période de six mois, constitue une entreprise de 60 millions CAD,  présente une quinzaine de spectacles par saison et compte quatre salles permanentes. Le festival attire quelque 300 000 visiteurs (différents) et vend 550 000 billets chaque année. Précisons que Stratford est aujourd’hui une ville de 30 000 habitants.

Un festival de théâtre pour redonner vie à la ville

Au début des années 50, le Canadien National (CN), jusque-là bien implanté à Stratford avec son siège régional et ses ateliers d’entretien de locomotives, décide d’y retirer ses activités. Cette décision entraîne au chômage quelque 2 000 résidants sur une population de 18 000. Un certain Tom Patterson, natif de l’endroit et apparemment visionnaire, s’interrogeait sérieusement sur le virage que la ville devait alors prendre. Avec des noms évocateurs comme Strafford, la rivière Avon et le petit hameau voisin du nom de Shakespeare, l’idée d’un festival du théâtre de Shakespeare jaillit. Pas particulièrement fan de théâtre, Tom Patterson prit pourtant se projet à bout de bras et réussit, par sa détermination et son sens de la persuasion, à convaincre le Conseil municipal et la Chambre de commerce de Stratford d’entreprendre une étude de faisabilité.

Quelque chose de significatif

Plusieurs embûches ont bien  faillit tout faire basculer. Mais la foi… non pas en un dieu mais plutôt en un projet, peut s’avérer déterminante dans ce genre d’entreprise novatrice et audacieuse. Comme le souligne M. Cimolino: «Vous pouvez avoir foi en ce que vous entreprenez et échouer quand même, mais je doute fort que vous obteniez du succès sans la foi».

Produire le meilleur Shakespeare au monde. Il n’était pas question d’une autre industrie, culturelle ou autre, mais de quelque chose de spécial, d’unique, qui serait une source de fierté, qui permettrait au village de Stratford, Ontario, d’être le meilleur au monde.

Se renouveler

Au fils des ans, le festival  prit de l’envergure et puisa dans d’autres répertoires que celui de Shakespeare – classiques de la Grèce antique, Molière, Racine, mais aussi Tennessee Williams, Arthur Miller, Oscar Wilde. Plus récemment, on y présenta des œuvres canadiennes contemporaines (en premières). Les organisateurs du Festival sont actuellement en pourparlers avec Wajdi Mouawad (directeur artistique du Théâtre français du Centre national des Arts d’Ottawa) pour présenter certaines de ses pièces en 2010. Des comédies musicales sont aussi à l’affiche. Mais le cœur du festival demeure la présentation du théâtre de Shakespeare. La mission du festival: présenter du Shakespeare mieux que tout le monde.

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Une destination touristique en soit

À proximité d’un marché potentiel important, Stratford bénéficie d’une localisation plutôt avantageuse puisqu’elle se trouve dans un rayon de 3 heures de route ou moins de Toronto, Buffalo et Détroit.

Avec les années, elle est devenue une véritable destination touristique. On y trouve notamment:

  • une école de restauration réputée;
  • un vaste choix de restaurants;
  • un orchestre symphonique;
  • un festival de musique annuel qui attire des artistes de renommée mondiale;
  • un quartier commerçant;
  • de grands espaces verts.

Quelques faits et chiffres

Étonnamment, le gouvernement ne finance que 4% des coûts du festival. En fait, outre la vente de billets, ce sont les 25 000 membres qui constituent, par leurs dons, la seconde source de revenus. Le financement du festival se répartit de la façon suivante:

  • vente des billets: 68%
  • donateurs privés: 22%
  • fonds de dotation: 6%
  • gouvernement: 4%

Le festival est le moteur économique de l’industrie touristique de Stratford. Selon une étude du Conference Board, le Festival entraîne:

  • des retombées économiques de 145 M$;
  • des retombées fiscales de 56 M$;
  • l’embauche de 1 200 personnes;
  • le soutient indirect de 3 300 emplois dispersés dans divers secteurs;
  • une dépense moyenne par séjour de 275$/visiteur.

Dernièrement, le Festival a mis sur pied une activité promotionnelle innovante: des web-émissions sur le site du Festival et hébergé par Youtube. Le plus souvent, il s’agit d’entrevues avec les acteurs. Les gens sont invités à soumettre leurs questions en direct aux artistes. Ces web-émisssions connaissent beaucoup de succès et permettent au festival de franchir un premier pas dans la communication en instantanée.

Un défi de taille

Mais la ville de Stratford fait face à des défis majeurs. Depuis quelques années, sa clientèle touristique américaine fond littéralement, chutant de 35% depuis 2002. À son plus fort, elle représentait 34% de l’achalandage comparativement à 25% aujourd’hui. Le Festival tentera d’éveiller plus de Canadiens à son offre. Il tente aussi d’attirer une clientèle outre-mer. La diversification du répertoire des auteurs, une distribution multiculturelle et des méthodes de mise en scène novatrices devraient contribuer à intéresser une clientèle plus jeune et ouverte sur le monde. Enfin, une publicité qui cible de façon amusante la clientèle jeune est disponible sur le site web du Festival.

Une histoire inspirante

L’histoire de Stratford nous apprend, entre autres, qu’il faut des projets, oui, mais il faut surtout des porteurs de projets. Soit des personnes qui transmettent leur passion, leur vision, qui ont une force de persuasion et une foi qui défoncent les portes et qui font rêver.

Source :
–    Cimolino, Antoni. «Stratford, Ontario: la mise en scène d’une destination touristique unique», Colloque Culture et Tourisme : au cœur de l’identité urbaine, conférence qui s’est déroulé à Montréal le 14 novembre 2008.

Site Internet :
–    Festival Shakespeare de Stratford

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Mes chiffres sont plus gros que les tiens: démystifier l’évaluation de l’impact économique d’un événement

Les nombreux festivals et événements enrichissent l’offre touristique et participent au rayonnement domestique et international d’une destination. Quoiqu’ils génèrent souvent d’importantes retombées économiques, il s’avère souvent ardu de les évaluer. Par ailleurs, les résultats d’études d’impact économique ont souvent été critiqués ces dernières années, à tort ou à raison. La présente analyse se penche sur les considérations qui affectent ces évaluations.

Il s’agit de démystifier les grandes étapes et les principaux enjeux liés aux études d’impact économique.

Connaître les sources d’impact économique

  • La construction d’installations – si cela s’applique, il est essentiel d’obtenir un estimé réaliste de la portion des coûts de construction (professionnels, matériaux, sous-contrats, etc.) qui sont versés dans la communauté.
  • L’organisation et l’opération de l’événement – par exemple, les salaires, les fournitures, la publicité et toutes les dépenses associées aux activités quotidiennes relatives à l’événement.
  • Les dépenses de l’assistance – celles des spectateurs comme celles des participants, des artistes, des vendeurs, des exposants et des médias. Les dépenses incluent tous les frais de voyages et les autres achats motivés par l’assistance à l’événement.

Déterminer la région d’étude

Il s’agit d’une décision cruciale qui peut avoir des répercussions majeures sur les résultats de l’analyse. La prémisse est que la région devrait inclure tous les endroits où la plupart des dépenses associées à l’événement se produiront. Par exemple, dans le cas d’un événement qui serait tenu à Tadoussac, la région d’étude pourrait être la MRC (municipalité régionale de comté) de la Haute Côte-Nord et tous les visiteurs ne provenant pas de ce comté constitueraient la clientèle touristique. Pour un autre événement, une MRC hôte qui ne compterait pas suffisamment d’unités d’hébergement pourrait inclure les MRC environnantes dans sa zone d’étude. Dans un tel cas, si la zone d’étude se limitait à la MRC hôte, les impacts évalués seraient beaucoup moindres. Il n’y a donc pas de formule précise pour délimiter la région d’étude et c’est plutôt le «gros bon sens» qui est requis.

Effectuer la collecte de données

C’est généralement par la collecte de données qu’il est possible d’établir la provenance des visiteurs, leurs motivations et leurs dépenses. Interroger les visiteurs sur le site ou une fois qu’ils sont retournés chez eux sont les deux façons de récolter de l’information, chacune ayant ses forces et faiblesses. Alors qu’intercepter les visiteurs pendant leur visite signifie souvent qu’ils estimeront leurs dépenses, interroger ceux-ci après l’événement peut aussi comporter des lacunes puisque la justesse des réponses dépendra de leur mémoire. Demander aux visiteurs de tenir un registre de leurs dépenses peut éviter ces problèmes, mais repose sur la motivation du répondant à inscrire correctement ses frais et à retourner le formulaire une fois rentré chez lui.

Également, l’échantillon retenu doit être judicieusement sélectionné pour être le plus représentatif possible. Par exemple, les visiteurs en semaine n’ont peut-être pas le même comportement que ceux du week-end; même chose pour les participants aux activités de jours versus celles en soirée.

Estimer l’assistance à une manifestation touristique peut être très simple ou ardu, dépendant si des billets sont vendus pour l’entrée ou si celle-ci est libre. Ce deuxième cas peut soulever des débats quant à la méthode d’estimation. On peut avoir une bonne idée de la clientèle touristique en sondant quelques établissements hôteliers et en extrapolant à la capacité d’hébergement totale ou encore en comptant le nombre de personnes à chaque entrée du site pendant quelques minutes à chaque heure. Ce ne sont là que de brefs exemples et, selon les circonstances, différentes méthodes peuvent être utilisées ou élaborées.

Estimer les impacts économiques directs et indirects

L’impact économique total est composé de:

  • L’impact direct: l’argent nouveau, c’est-à-dire toutes les dépenses qui n’auraient pas eu lieu sans l’événement (les coûts d’exploitation et d’immobilisations de l’événement, les dépenses des visiteurs – provenant de plus de 40 km – ainsi que les taxes générées par ces frais).
  • L’impact indirect (et induit): les dépenses subséquentes générées par la dépense initiale dans l’économie.

L’estimation de l’impact direct est l’aspect le plus souvent critiqué. Toutes les considérations à prendre en compte ne seront pas expliquées ici et varient selon l’événement. Mentionnons toutefois l’importance de départager la clientèle touristique de la clientèle locale, ainsi que la motivation des visiteurs à participer à la manifestation. Ces renseignements déterminent s’il y a de l’argent nouveau qui est dépensé ou s’il s’agit d’un substitut à un autre divertissement. Dans ce dernier cas, l’effet sur l’économie devrait être nul. En ce qui concerne la clientèle touristique, si le visiteur s’est déplacé principalement pour assister à l’événement, ses dépenses devraient être incluses dans l’impact économique. Encore une fois, il n’y a pas de méthodologie unique, mais une compréhension des motifs de participation à l’événement est fondamentale.

L’estimation des impacts économiques indirects se fait à l’aide de modèles:

  • Les modèles multiplicateurs constituent la plus ancienne méthode de calcul, mais, malgré des lacunes, ils demeurent souvent une alternative simple d’utilisation.
  • Les modèles «entrées-sorties» ont l’avantage de produire des résultats par secteurs d’activité et sont les plus utilisés de nos jours.
  • Les matrices de comptabilité sociale (Social accounting matrices) et le modèle «Computable general equilibrium» sont des variantes plus élaborées des modèles entrées-sorties.

Lors du choix de la méthode de calcul des impacts économiques, il est important de considérer l’ampleur de l’événement, les perturbations économiques pouvant affecter les résultats et les préoccupations des décideurs.

Utiliser et interpréter les résultats

Il a été démontré qu’une évaluation de l’impact économique d’un événement, basée sur une méthodologie rigoureuse et des chiffres conservateurs, peut s’avérer un outil très utile pour les décideurs. Mais encore faut-il bien interpréter les résultats.

Pour les décideurs locaux, l’apport dans la localité est la donnée la plus intéressante et contrebalance les éventuels coûts associés à la tenue de l’événement. Les études d’impact économique servent aussi à décider, parmi quelques événements, lequel choisir ou lequel financer. D’ailleurs, le gouvernement québécois, comme plusieurs autres, augmente d’année en année sa participation au financement, mais instaure de nouvelles règles visant à recentrer l’aide vers les événements qui ont une réelle incidence touristique (dépenses de visiteurs non-québécois) et demande aux organisateurs de fournir différents renseignements.

Pour les organisateurs, l’impact économique est un argument marketing pour les éditions suivantes. De plus, l’utilisation d’un modèle entrées-sorties pour évaluer les impacts indirects permet d’identifier quels secteurs de l’économie sont favorisés, ce qui peut servir à identifier et à convaincre les commanditaires potentiels.

Quelques outils

Réaliser une étude d’impact économique pour un événement requiert donc du temps, des ressources et des connaissances. Ceux qui peuvent se le permettre font appel à des firmes spécialisées, mais la plupart des manifestations de petite envergure ne disposent ni du temps, ni des ressources, ni du budget pour mettre en œuvre des études sérieuses et aboutissent souvent à des résultats peu fiables.

Voici quelques outils pouvant aider les organisateurs à obtenir des données crédibles et cohérentes:

  • Tourism British Columbia propose six guides – personnalisés par type d’événement – sur les méthodes de sondage permettant d’évaluer l’impact du tourisme sur l’économie (http://www.tourism.bc.ca/template_list_research.asp?id=7147), dont deux sont traduits en français par Tourisme Ontario (http://www.tourism.gov.on.ca/french/research/resources/).
  • Tourisme Ontario propose également un Modèle de calcul des répercussions du tourisme sur l’économie régionale, présenté sous forme de questionnaire (http://www.tourism.gov.on.ca/french/research/treim/index.html).
  • Le Modèle d’évaluation économique du tourisme sportif (MEETS) de l’Alliance canadienne du tourisme sportif (pour ses membres seulement) (http://www.canadiansporttourism.com/frn_doc.cfm?DocID=20).
  • L’Office du tourisme de Québec met également un outil à la disposition de ses membres.
  • Le plus fréquemment utilisé est le modèle intersectoriel du Québec (http://www.stat.gouv.qc.ca/services/etudes.htm), qui s’appuie sur les tableaux d’entrées-sorties du Québec, ceux-ci comportant des données très détaillées relatives aux échanges de biens et services entre les agents économiques. Cet outil de l’Institut de la statistique du Québec permet de présenter les effets directs, indirects et totaux sur la main-d’œuvre, les salaires, la valeur ajoutée et les importations. Il fournit également une estimation des recettes fiscales et parafiscales découlant d’un projet de dépenses.

Enfin, les études d’impact économique ne représentent qu’une partie des bénéfices que peut retirer une localité. Il importe de considérer également la visibilité de la destination, l’attention des médias et l’amélioration ou la création de nouvelles infrastructures.

Lire aussi:
Comment mesurer les impacts économiques des événements sportifs sur les communautés hôtesses?
Quels impacts ont les grands événements sportifs sur le tourisme? (compte-rendu de conférence)

Sources:
– Hodur, M. Nancy et F. Larry Leistritz. «Estimating the Economic Impact of Event Tourism: A Review of Issues and Methods», Journal of Convention & Event Tourism, vol. 8, no 4, 2006.
– Ministère du tourisme. «Aide aux festivals et aux événements touristiques – Québec dévoile un programme révisé pour 2008-2009», communiqué de presse, 25 octobre 2007.
– Alliance canadienne du tourisme sportif. «FIFA U-20 World Cup Canada 2007», Economic Impact Assessment, octobre 2007.

Sur le Web:
Alliance canadienne du tourisme sportif
Institut de la statistique du Québec
Ministère du Tourisme de lOntario
Tourism British Colombia

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Les fanatiques: une niche passionnée

Les mordus de golf, les grands adeptes de Star Trek et les fous de NASCAR voyagent tous pour satisfaire leur intérêt et leur passion. Mais qui sont-ils? Jusqu’où vont-ils pour assouvir leur passion?

Les fanatiques constituent une niche touristique peu connue. Pour en savoir plus, le Journal of Vacation Marketing a analysé leur profil psychosocial et leur comportement de voyage. Conclusion: les fanatiques présentent des comportements semblables en termes de consommation et de voyage, qu’ils soient adeptes de voile, de ski, de jeux vidéo ou d’observation d’oiseaux, collectionneurs ou disciples des Rolling Stones. C’est pourquoi ils constituent un marché considérable et intéressant à comprendre.

Définir les fanatiques

La poursuite de leur passion prend une place très grande dans la vie des fanatiques, que ce soit sur le plan de la religion, de la politique, des arts, des sports, des jeux ou de la musique. Souvent extrêmes et passionnés, ils présentent parfois des façons d’agir et de penser pouvant sembler excessives à d’autres personnes. Comme consommateurs, les fanatiques peuvent devenir irrationnels en ce qui concerne leur passion et ils y consacrent du temps et de l’argent.

Dans le cadre de cette analyse, nous n’abordons pas le côté sombre du fanatisme qui peut mener à des comportements dangereux (les guerres de religions, les batailles entre fans d’équipes sportives, etc.). La plupart des fanatiques arrivent à jumeler leur passion avec les autres aspects de leur vie de façon très raisonnable.

Loisirs et voyages

Dans la pratique de leur loisir de prédilection, les fanatiques cherchent une progression constante et toujours de nouveaux défis. Par exemple, ils souhaitent sans cesse s’améliorer à la pêche à la mouche, observer de nouvelles espèces d’oiseaux ou accumuler encore et encore des objets liés au Seigneur des Anneaux. Ils appartiennent souvent à des clubs ou des associations qui leur permettent d’échanger sur leur dada avec d’autres fanatiques.

Leur passe-temps les amène à voyager. Leurs motivations peuvent être de collectionner des objets, d’interagir avec d’autres lors d’un congrès, et bien sur, de vivre leur passion, comme escalader une montagne ou nager avec les requins. Les fanatiques se dirigent souvent vers des destinations peu communes à la recherchent d’un haut niveau de spécialisation et d’authenticité dans la pratique de leur activité. Ils préfèrent une expérience personnalisée à un forfait pour tous et, si leur loisir requiert un équipement particulier, ils voyagent généralement avec leur propre matériel. Les activités complémentaires à la poursuite de leur passion ont une importance relative.

Les fanatiques peuvent représenter une niche intéressante et si l’expérience offerte s’avère suffisamment spécialisée et unique, des fanatiques de tous les coins du globe afflueront. Cela, plusieurs destinations l’ont compris. Le Québec propose d’ailleurs des expériences de pêche et de chasse pouvant assouvir les plus aguerris et se positionne de plus en plus comme un haut lieu en matière de jeux vidéo, notamment par le festival Arcadia. D’autres destinations exploitent un attrait, c’est le cas de Memphis au Tennessee avec Graceland, la demeure d’Elvis Presley, qui accueille plus de 600 000 visiteurs par année.

On trouve également des agences de voyages spécialisées dans l’organisation de forfaits permettant aux fanatiques de sports d’assister à des matchs de leurs équipes préférées. En Australie, l’agence The Fanatics organise des séjours de groupes pour suivre les équipes et les athlètes australiens à travers le monde. Ici au Québec, l’agence Les Sportifs en Voyage propose un calendrier de forfaits pour assister à des matchs de football, hockey, baseball, basketball, tennis, soccer, boxe, etc. à travers le Canada et les États-Unis.

Événements

Les festivals, rassemblements, compétitions, congrès et expositions répondent tous à des objectifs des fanatiques: créer un environnement où ils peuvent vivre leur passion, perfectionner leurs habiletés ou leur collection et échanger avec d’autres grands adeptes. Il existe probablement un événement pour chaque intérêt et certains sont très spécialisés. Souvent excessifs par rapport à la population en général, les fanatiques peuvent se sentir «normaux» lors de telles manifestations. Selon les clientèles visées et le niveau de spécialisation, les événements peuvent se diviser en quatre catégories: ceux pour amateurs, enthousiastes, experts et, finalement, pour les fanatiques.

On trouve des fanatiques dans chaque type d’événements, mais ceux qui les ciblent s’avèrent hautement spécialisés et certains aspects tels que le coût, la localisation ou le niveau d’expertise tendent à restreindre automatiquement le grand public.

Considérations marketing

Le comportement et les besoins des fanatiques suggèrent qu’il est essentiel d’offrir une expérience authentique, à la hauteur de leurs attentes. En outre, pour de telles expériences, on peut demander un prix plus élevé. En matière de distribution, les clubs et les réseaux sociaux représentent un bon moyen de rejoindre la clientèle et offrent des opportunités pour varier les stratégies marketing. La forfaitisation avec d’autres produits ne semble pas particulièrement répandue, sauf pour les événements sportifs. La vente de produits dérivés est généralement une réussite. La publicité peut prendre différentes formes mais le bouche-à-oreille est très fort et les fanatiques accordent une grande importance aux figures de proue de leur champ d’intérêt. L’événement de course automobile NASCAR mise sur l’image de fanatiques pour son marketing et cherche ainsi à attirer une clientèle fidèle et fortement encline à dépenser en produits dérivés.

Somme toute, les fanatiques peuvent s’avérer un marché lucratif puisqu’ils voyagent et dépensent pour leur loisir de prédilection, ils séjournent de longues périodes pour ne rien manquer d’un événement et en parlent allégrement au sein de leurs clubs et réseaux de fans. Les implications pour l’industrie touristique prennent tout leur sens lorsque l’on comprend que les fanatiques, peu importe leur champ d’intérêt, présentent des comportements semblables en termes de consommation et de voyage. Les caractéristiques décrites dans ce texte constituent un point de départ à l’étude de ces clientèles passionnées et passionnantes.

Sources:
– Mackellar, Joanne. « Fanatics, fans or just good fun? Travel behaviors and motivations of the fanatic », Journal of Vacation Marketing, volume 12, numéro 3, février 2006.

Sur le Web:
www.sportifs.qc.ca
www. thefanatics.com

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Les activités culturelles sont diverses… les motivations des visiteurs aussi!

Afin de comprendre le consommateur d’activités culturelles, on tente souvent d’établir son profil sociodémographique en fonction de ses habitudes d’achat ou de fréquentation culturelle au sens large. Toutefois, une étude démontre que l’on fait fausse route en considérant une activité culturelle comme étant une «activité globale», car la motivation du visiteur n’est pas la même selon le type d’activité pratiquée. En effet, on ne fréquente pas les musées pour les mêmes raisons que l’on assiste à un spectacle ou que l’on participe à un festival!

Publiée en novembre 2005, cette étude de la Wallace Foundation, une des plus importantes fondations américaines visant la promotion des arts, examine les motivations à l’origine de la fréquentation de certaines activités et sorties culturelles. Lors du sondage, les répondants (1231 Américains) devaient identifier, parmi sept principales motivations, celles qui correspondaient le plus à leur état d’esprit lors de leurs plus récentes sorties culturelles. Les résultats démontrent que, indépendamment du profil sociodémographique, les raisons de leur participation différaient sensiblement selon l’activité pratiquée.

Les arts de la scène: une volonté de socialiser

Sur les cinq activités analysées, trois sont liées aux arts de la scène (théâtre, musique et danse). Pour ces dernières, la volonté de socialiser avec la famille ou les amis représente la motivation la plus souvent mentionnée par les participants (de 60% à 67,9%), suivie du désir de s’offrir des émotions et de vivre une expérience artistique de haute qualité (voir graphique 1).

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Par ailleurs, les répondants amateurs d’arts de la scène semblent plus fortement lier le désir d’enrichir leurs connaissances à une activité de théâtre ou de danse (respectivement 36,2% et 35%) qu’à un spectacle musical (29%). Toutefois, la volonté de soutenir une activité ou un organisme communautaire est plus fréquemment mentionnée (32,4%) par les répondants qui ont assisté à un spectacle musical que par ceux ayant opté pour d’autres formes d’arts de la scène.

L’étude nuance les résultats associés aux représentations musicales. Ainsi, le désir de vivre une expérience artistique de haute qualité est plus fortement énoncé par les répondants qui ont assisté à un spectacle de musique classique (61%) ou de jazz (47%) que par ceux présents à une prestation rock/pop (35%) ou country (24%).

Festivals artistiques et de métiers d’art: encore la socialisation!

Le désir de socialiser avec la famille et les amis et la volonté de se gratifier émotivement correspondent aux principales motivations des répondants ayant vécu un festival ou une foire d’art et d’artisanat. Contrairement aux arts de la scène, le désir de vivre une expérience artistique de haute qualité est moins présent chez eux (25,5%), laissant plutôt place à la volonté d’enrichir leurs connaissances (39,3%) et de soutenir une activité ou un organisme communautaire (voir graphique 2).

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Souhaiter réaliser une activité à bas prix figure seulement au 5e rang des sept motivations proposées, laissant entrevoir que la tarification, si abordable soit-elle, ne semble pas être un déclencheur pour expliquer la participation à ce type d’événement. Toutefois, parmi les 5 activités analysées, les festivals artistiques et de métiers d’art présentent le plus haut taux de motivation en regard au bas prix (31,2%), comparativement à des taux de 21,1% à 24,5% pour les quatre autres activités analysées (y compris les musées et les galeries d’art).

Musées ou galeries d’art: la volonté d’enrichir ses connaissances domine!

La qualité de l’expérience apparaît clairement au niveau des motivations des répondants ayant participé à une visite de musées ou de galeries d’art. En effet, la volonté d’enrichir ses connaissances domine fortement (64,6%), suivie du souhait de vivre une expérience artistique de haute qualité (55,5%) et du désir de vivre des émotions gratifiantes (54,4%) (voir graphique 3).

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Dans le cas des musées et des galeries d’art, l’aspect de socialisation avec la famille et les amis est moins fortement énoncé que dans les autres types d’activité culturelle, mais demeure toutefois très présent (44,5%).

Par ailleurs, l’attrait pour les bas prix ne semble pas motiver une forte proportion d’amateurs de musées et de galeries d’art (23,8%). Cette proportion est semblable aux taux de réponses observés pour les trois types d’arts de la scène (de 21% à 24,5%), pourtant souvent perçus comme étant plus onéreux.

De l’attente à l’expérience: quelques écarts!

Le sondage interrogeait également les répondants sur l’expérience réellement vécue lors de leurs récentes sorties culturelles, dans le but de comparer les perceptions finales aux motivations ressenties avant l’activité. Les résultats tendent à démontrer que les attentes sont généralement comblées.

Toutefois, certains écarts subsistent. Par exemple, en ce qui concerne les festivals artistiques et les métiers d’art, une plus forte proportion de répondants (59 %) énonce une volonté de socialiser comparativement à la proportion qui affirme après coup que ladite activité a été une sortie sociale agréable (43 %). Des différences similaires apparaissent en matière de gratification émotive chez les amateurs de théâtre et d’acquisition de connaissances chez les visiteurs de galeries d’art.

Mieux promouvoir les sorties culturelles!

Les conclusions de l’étude mettent en lumière la nécessité de tenir compte des caractéristiques propres à chacune des activités culturelles pour réussir à accroître la fréquentation. Les efforts déployés pour intéresser le public ne peuvent pas se fonder uniquement sur les raisons générales qui attirent les gens vers les sorties culturelles, mais plutôt sur les motivations particulières qui les attirent vers un type d’activité culturelle plutôt qu’un autre.

Les actions de développement et de promotion gagneraient donc à tenir compte des différentes motivations et attentes des gens afin de les attirer vers une activité culturelle qui saura les satisfaire. À cet égard, force est de constater que, malgré l’importance naturelle accordée à la volonté de vivre une expérience culturelle de qualité, les répondants évoquent fortement leur désir d’utiliser leurs sorties culturelles comme moment propice à la socialisation avec leurs proches. Lors de votre prochain effort de communication, ne vantez donc pas seulement la qualité de votre création, moussez aussi le plaisir de la découvrir entre amis!

Source:
– Ostrower, Francie. «Motivations Matter: Findings and Practical Implications of a National Survey of Cultural Participation», Wallace Foundation & Urban Institute, novembre 2005.

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S’il vente dans votre région, profitez-en!

L’exploitation du vent à des fins touristiques se développe et se diversifie. Les activités se pratiquent souvent dans un cadre de loisir, mais également lors de séjours touristiques. Certaines requièrent même un environnement adapté (montagnes, plages), ce qui entraîne des déplacements. Il s’agit d’un marché de niche qui représente une opportunité pour l’industrie touristique, surtout en termes de partenariats.

Les activités liées au vent: un souffle de nouveauté!

Au cours des dernières années, les activités liées au vent se sont subdivisées en un éventail de sports et de loisirs. Faisons un rapide tour d’horizon:

  • Le cerf-volant a grandement évolué et ses types sont très variés: cerf-volant de une à quatre lignes, cerf-volant de traction, acrobatique, dirigeable, statique, combattant, etc.
  • La planche à voile ou windsurf est constituée d’un flotteur propulsé par une voile. Elle se pratique aussi bien en eau calme que sur des plans d’eau agités, voire dans les vagues.
  • Le kitesurf, planche de surf tractée par un cerf-volant, se pratique également sur l’eau et attire de plus en plus d’adeptes des sports de glisse.
  • Le char à voile (ou char à cerf-volant ou kite buggy) est un sport de vitesse composé d’un petit engin sur roue propulsé par une voile qui peut atteindre des vitesses de l’ordre de 80 km/h. On le pratique en général sur de grandes plages.

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  • Le snowkite et le kiteski, dérivés du kitesurf, se pratiquent l’hiver en montagne; une planche à neige ou des skis remplacent la planche de surf.
  • Le mountainboard, genre de skateboard tout-terrain, permet un certain nombre de figures de sauts dérivés du kitesurf.
  • Le parapente et le delta-plane ont besoin d’abord d’altitude, mais également de vent pour faire durer la descente et pour se déplacer.

Plusieurs rassemblements sont organisés pour la pratique de ces sports, tant sous la forme de festivals que de compétitions. Mentionnons le WindFest de Shippagan sur la péninsule acadienne et celui d’Oka, qui sont des rassemblements d’amateurs de kitesurf et de planche à voile. Ailleurs dans le monde, il y a, entres autres, le Mondial du Vent à Leucate dans le sud de la France qui regroupe, durant une semaine, des compétitions de planche à voile, de kitesurf et des kiosque d’exposition de matériel lié à ce sport.

Outre ces sports «extrêmes», les cerfs-volants constituent aussi une activité très douce, pour toute la famille, qui donne souvent lieu à des rassemblements et à des festivals; en voici quelques exemples:

  • Le Festi-Vent, à Saint-Placide dans les Laurentides, qui se déroule en hiver et accueille annuellement plus de 25 000 visiteurs, est reconnu comme le plus grand festival hivernal de cerfs-volants au Canada. Il a reçu le Grand Prix régional du tourisme dans la catégorie événement budget d’exploitation de moins de 1 M $ en 2006.

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Festi-Vent (Photo: Patrick Lauzé)

  • Le festival Saint-Honoré dans l’Vent, près de Chicoutimi, vise une clientèle familiale avec son rassemblement de cerfs-volants géants, de l’animation et des spectacles.
  • L’Isle en Cerfs-Volants à l’Isle-aux-Coudres regroupe les amateurs de char à voile, de cerf-volant de traction et de cerf-volant acrobatique, des artisans et des créateurs de la région.

Il existe d’autres événements au Québec et un grand nombre ailleurs dans le monde.

La destination vedette: les îles de la Madeleine

Le vent y est omniprésent et régulier. Avec ses grands espaces ouverts sans obstacle – ses plages par exemple -, peu d’endroits au monde sont aussi propices aux sports et aux loisirs de vent ainsi qu’à la pratique du cerf-volant que cet archipel. Entreprises de location et de formation, établissements d’hébergement et organismes de promotion se sont structurés pour en faire un produit d’appel. Mais des conditions idéales et une bonne organisation du milieu ne suffisent pas toujours; il faut également un support financier, surtout pour les événements phares. C’est cet élément qui semble avoir fait défaut cette année aux organisateurs du principal événement, le Rendez-vous Aventure, une compétition d’envergure internationale combinant une étape de Coupe du Monde de la PKRA (Professional Kiteboard Riders Association), la Coupe des Îles, le championnat canadien de planche à voile, des compétitions amateurs de kitesurf, ainsi que Tour bleu, un challenge de kayak de mer. En effet, le Rendez-vous Aventure a dû cesser ses activités cette année après cinq ans d’exploitation, en raison du manque de financement. Cet événement avait pourtant permis aux Îles d’être classées par la presse internationale parmi les cinq plus belles destinations mondiales pour la pratique des sports de glisse et de vent.

Alors que le Nouveau-Brunswick et l’Île-du-Prince-Édouard s’organisent de façon dynamique à cet égard, le Québec devrait soutenir ce petit bijou pour le garder dans la course!

Une clientèle dans le vent!

Il n’existe que peu de statistiques permettant d’analyser le taux de pratique de ce type d’activité. Toutefois, l’information que l’on peut obtenir du Print Measurement Bureau concernant la pratique de la planche à voile sont surprenantes. Les Québécois sont de réels fans; 114 000 personnes ont pratiqué ce sport en 2006, soit 1,7% de la population. Au Canada, 312 000 personnes ont fait de la planche à voile l’année dernière; les taux de pratique de l’Ontario et de la Colombie-Britannique sont moins élevés, soit respectivement 1,2% et 0,6% de leur population. On estime que la pratique de la planche à voile est en décroissance au profit, entre autres, du kitesurf.

La clientèle qui pratique les sports de vent est souvent regroupée en club et en association, lesquels organisent beaucoup de voyages au Québec et à l’étranger. Il existe aussi quelques compétitions qui attirent des adeptes; l’origine des participants varie en fonction de l’envergure de l’événement.

Il arrive qu’on manque d’air!

Notons que la pratique de la planche à voile et du kitesurf requiert des conditions similaires, mais que ces activités cohabitent parfois mal, tant entre elles qu’avec les plaisanciers et les baigneurs, quand le site est exigu. Les associations d’adeptes de ces activités se penchent actuellement sur un partage approprié et sécuritaire de certaines rives et baies très achalandées afin de préciser les distances minimales qu’il est fortement conseillé de respecter et de définir des zones de décollage/atterrissage pour la pratique du kitesurf.

Surfez la vague! Quelques pistes de stratégies

Il s’agit d’activités de niche et le taux de pratique, quoiqu’en croissance, demeure limité. La quasi-absence de partenariats en matière de forfaitisation ou d’organisation de l’offre en fait des opportunités à saisir pour l’industrie touristique. Outre les Îles de la Madeleine, les autres lieux de pratique de ces activités ne proposent que très rarement des forfaits adaptés à cette pratique.

Quelques-uns le font, par exemple l’Auberge la Camarine située près du mont Sainte-Anne qui offre un forfait de parapente. Également, le Club Wind and Kite de Shippagan, une entreprise récréotouristique qui organise principalement des ateliers d’initiation et de perfectionnement de kitesurf, a mis sur pied un portail touristique (www.shippaganwindkite.com) regroupant divers services (hébergement, réparation, etc.). On y propose des forfaits vacances de formation en kitesurf ou en snowkite. Ce type d’initiative est encore rare et permet de structurer l’offre.

Une autre stratégie pourrait être de devenir partenaire des événements existants, que ce soit un festival familial de cerf-volant ou une compétition sportive, ce qui pourrait non seulement générer de l’achalandage, mais également contribuer à mousser l’événement par l’offre d’activités ou de services complémentaires.

Dans un autre ordre d’idée, les établissements d’hébergement sont sans cesse à la recherche de concepts pour bonifier leur offre d’activités et ils considèrent rarement celles liées aux vents. Pour ceux qui sont à proximité de grands espaces (champs, plages, etc.), la location de cerfs-volants ou de planches à voile peut représenter une occasion intéressante, tant du côté de la famille que des sportifs.

Enfin, les destinations ou les établissements d’hébergement qui sauront proposer une expérience qui plaira aux adeptes de sports de vent auront l’avantage d’être parmi les premiers. Tel que mentionné précédemment, ceux-ci ont tendance à se regrouper, favorisant le bouche-à-oreille. Les bonnes expériences sont vite partagées et les meilleures deviennent des lieux de pèlerinage à ne pas manquer. Si l’envie vous prend de vous adresser à cette clientèle, contactez leurs associations; celles-ci seront certainement de bon conseil pour vous guider dans l’élaboration d’un forfait. Mais rappelez-vous qu’il s’agit d’une clientèle généralement jeune, à l’affût de nouveauté et d’émotions fortes!

Bon vent!

Sources:

– Print Measurement Bureau 2007, Table 18.
www.shippaganwindkite.com
www.mondial-du-vent.com
www.festi-vent.com
www.sthonoredanslvent.com
www.islecerf.com
www.tourismeilesdelamadeleine.com
www.windsurfing.qc.ca
www.camarine.com

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Le tourisme autochtone du côté de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande

Pour faire suite au texte publié précédemment «Le tourisme autochtone, plus qu’un simple produit» où il était question du pont entre le tourisme et la culture autochtone et de leur apport mutuel, voici maintenant quelques exemples d’approches qui ont servi d’instruments d’éducation et de compréhension entre diverses cultures ailleurs dans le monde. Les exemples suivants sont documentés plus en détail dans le «Projet sur le tourisme autochtone et la compréhension interculturelle – Rapport documentaire» du Groupe de travail sur les cultures autochtones et le tourisme de Patrimoine Canada.

Les Aborigènes d’Australie

L’Australie reconnaît que la contribution des autochtones au tourisme revêt un sens différent. L’idée d’utiliser le tourisme pour rétablir des relations difficiles entre les autochtones et le grand public a été qualifiée de «tourisme de réconciliation». Parmi les initiatives entreprises, mentionnons:

  • La publication de guides touristiques sur l’Australie autochtone – Travelling Aboriginal Australia: Discovery and Reconciliation inclut des renseignements sur le mouvement de réconciliation. L’ouvrage Always Ask – Guidelines for Visitors to Indigenous Communities donne une description des endroits à visiter selon les régions géographiques de l’Australie et la façon d’aborder avec respect les communautés. Lonely Planet a mis trois ans à produire le guide de voyage détaillé par région géographique intitulé Aboriginal Australia and the Torres Strait Islands: Guide to Indigenous Australia, lequel fait état des enjeux importants concernant l’Australie autochtone. Il a fallu trouver des rédacteurs autochtones, leur fournir du perfectionnement professionnel, consulter les aînés et recevoir l’approbation finale des leaders autochtones.
  • La tenue d’événements – le Festival of the Dreaming accorde une place d’importance aux cultures autochtones et vise à leur donner une vitrine internationale.
  • La création d’entreprises touristiques – le Camp Coorong est reconnu comme étant l’une des cinq initiatives touristiques autochtones les plus réussies en Australie. Créé en 1985, le Centre d’éducation culturelle et de relations raciales de Camp Coorong servait à renseigner les écoliers du Sud de l’Australie sur les valeurs culturelles, les traditions et l’histoire des Ngarrindjeris. Ce centre a depuis élargi son rayonnement à d’autres clientèles (étudiants, groupes environnementaux, groupes de réconciliation, organisations non gouvernementales et touristes). Outre les services touristiques et d’hébergement habituels, l’apprentissage se fait à travers les promenades à pied dans la brousse, les visites au Keeping Place (musée culturel), les ateliers de tissage de paniers et les visites guidées au pays des Ngarrindjeris. Le peuple autochtone sensibilise également les visiteurs à des modes de vie plus harmonieux et durables. Des groupes autochtones d’Australie et d’ailleurs y viennent pour partager leurs expériences et établir des réseaux d’échanges internationaux. Au Camp Coorong, les engagements de la collectivité ont préséance sur les réservations touristiques. Le peuple autochtone ne souscrit pas aux façons de faire de l’industrie touristique. Il ne veut pas du statut d’intervenant et être catégorisé comme on le fait avec les parcs de caravanes, les motels ou les voyagistes. Il se considère comme le gardien de sa propre terre et de sa culture.
  • Le Parc culturel autochtone Tjapukai dans la région nord du Queensland en Australie présente la culture djabugay. Une entente négociée et signée entre le peuple djabugay et les autres intervenants du parc assure à ce peuple des retombées sur les plans économique et social, élimine toutes formes d’exploitation, leur accorde le contrôle de l’authenticité culturelle de même que la propriété d’au moins 50% du territoire. Chaque partie reconnaît l’expertise de l’autre dans leur domaine respectif, gestion des affaires, processus décisionnels et culture.

Histoire, création, danse, camp traditionnel, musée, magasin et galerie d’art sont autant de moyens d’y exposer la culture djabugay. Les membres de la communauté participent à la présentation de leur patrimoine culturel aux touristes. À leurs yeux, l’interaction interculturelle entre eux et les touristes s’avère un moyen d’atténuer les impressions de stéréotypes, améliorant ainsi la compréhension de leur culture et de leur communauté.

Même si l’adaptation de leur culture pour répondre aux attentes de la demande touristique a soulevé quelques inquiétudes chez les Djabugays, ils estimaient que le fonctionnement du parc avait instauré une certaine fierté et provoqué un intérêt renouvelé pour la renaissance culturelle.Bien que dans leur culture, leur emploi comme danseurs pour la troupe Tjapukai Theatre soit associé à des pratiques de travail occidentalisées et aille à l’encontre de leurs valeurs, les djabugays le considèrent plutôt comme un rôle d’ambassadeur de leur peuple.

Autre événement d’importance, les Jeux Olympiques de 2000 à Sydney ont offert une vitrine privilégiée à la culture autochtone.

Les Maoris de la Nouvelle-Zélande

L’implication des Maoris dans le tourisme ne date pas d’hier en Nouvelle-Zélande. Le tourisme étant considéré comme une source majeure de croissance économique et d’indépendance pour les peuples autochtones, le gouvernement a instauré une politique qui vise à accroître la participation des autochtones à l’industrie touristique et à la recherche d’avenues de développement. Authenticité des produits, consentement du peuple maori, utilisation d’outils de gestion, interprétation et interaction avec les touristes guident le développement et le marketing du tourisme autochtone.

Des enquêtes menées auprès des touristes ayant expérimenté la culture maorie dans ce pays révèlent que ces derniers veulent un contact direct avec les autochtones et qu’ils considèrent que c’est le moyen privilégié pour connaître leur culture. Une «expérience authentique» implique la participation personnelle à l’expérience, le contact avec la culture dans son habitat naturel, l’expérience de la vie quotidienne et l’appréciation des valeurs originales. En outre, lors d’une visite, le récit direct et l’interprétation d’un autochtone ajoutent à l’importance de l’expérience.

Une approche moins structurée laissant place à l’échange et à la spontanéité de même qu’à une interaction plus significative entre les interlocuteurs constitue une autre avenue de développement appropriée.

Source:

– Patrimoine Canada. INITIATIVE FPT (fédéral-provincial-territorial) SUR LE RAPPORT CULTURE/PATRIMOINE ET TOURISME, Groupe de travail sur les cultures autochtones et le tourisme.